Examen régional : Académie de Tanger-
Tétouan (session : Juin 2011)
Texte :
Je m'approchais de mon père. Il se débarrassa des deux poulets. Il les posa à même
le sol. Ils avaient les pattes liées par un brin de palmier. Ils se mirent à battre des
ailes, à pousser des gloussements de terreur. Mon père m'intimidait. Je le trouvais
changé. Son visage avait pris une couleur terre cuite qui me déconcertait. Sa djellaba
sentait la terre, la sueur et le crottin. Lorsqu'il passa ses mains sous mes aisselles et
me souleva à la hauteur de son turban, je repris entièrement confiance et j'éclatai de
rire. Ma mère sortit de sa torpeur. Elle rit comme une petite fille, s'empara des poulets
pour les emporter à la cuisine, revint aider mon père à vider son capuchon qui
contenait des œufs, sortit d'un sac de doum un pot de beurre, une bouteille d'huile, un
paquet d'olives, un morceau de galette paysanne en grosse semoule. Prise d'une
fièvre d'activité, elle rangeait nos richesses, soufflait sur le feu, allait, venait d'un pas
pressé sans s'arrêter de parler, de poser des questions, de me gourmander gentiment.
Installé sur les genoux de mon père, je lui racontais les événements qui avaient
meublé notre vie pendant son absence. (...)
Les voisines faisaient à haute voix des vœux pour que notre bonheur soit durable et
notre santé prospère.
Des you-you éclatèrent sur la terrasse. Des femmes venues des maisons mitoyennes
manifestaient ainsi, bruyamment, la part qu'elles prenaient à notre joie. Ma mère ne
cessait de remercier les unes et les autres.
A. Étude de texte : (10 pts)
Lisez le texte et répondez aux questions suivantes :
1) Recopiez et complétez le tableau suivant : (0,25 x 4) 1 pt
Titre de l'œuvre Genre de l'œuvre
Nom de l'auteur Siècle
étudiée étudiée
2) Pour situer ce texte, dites si les affirmations suivantes sont vraies ou fausses :
a. Le père du petit garçon s'appelle Abdeslem.
b. II a quitté la maison pour travailler dans une usine.
c. Pendant l'absence du père, le petit garçon et sa mère avaient tous les moyens
pour vivre aisément.
d. Le petit garçon était malheureux après le départ de son père. (0,25 x 4) 1 pt
3) L'enfant constate que son père a changé.
Relevez dans le texte deux énoncés qui le montrent. (0,5 x 2) 1 pt
4) À l’ occasion du retour du mari, la mère devient très active.
Nommez quatre actions ou activités qu'elle fait. (0,25 x 4) 1 pt
5) Relevez dans le texte quatre termes appartenant au champ lexical de la
« nourriture ». (0,25 x 4) 1 pt
6) En vous référant au texte, dites à qui ou à quoi renvoient les pronoms soulignés :
-« Il les posa à même le sol » ;
-« Je le trouvais changé ». (0,5 x 2) 1 pt
7) « Elle rit comme une petite fille ».
La figure de style utilisée dans cet énoncé est :
a. Une métaphore
b. Une répétition
c. Une comparaison
Recopiez la bonne réponse 1 pt
8) Les voisines sont, elles aussi, heureuses à l'occasion du retour du père.
Relevez dans le texte deux énoncés qui montrent ce qu'elles font dans ce sens. (0,5
x2) 1 pt
9) Au moment où la mère rangeait ce que le père avait rapporté, où se trouvait le
petit garçon?
Que faisait-il ? (0,5x2) 1 pt
10) a) À votre avis, faut-il bien se comporter avec les voisins ?
b) Pourquoi ? (0,25x2) 1 pt
B. Production écrite : (10 pts)
Sujet :
On dit que les voisins, aujourd'hui, ne sont plus ce qu'ils étaient autrefois : ils aidaient
les vieux, les veuves et se comportaient bien avec les enfants.
Aujourd'hui, chacun ne pense qu'à ses propres intérêts.
Partagez-vous ce point de vue ?
Développez votre réflexion en vous appuyant sur des arguments et des exemples
précis.
Lors de la correction, on tiendra compte des indications contenues dans le tableau
suivant :
Pourcenta Barème de
Critères d'évaluation
ge alloué notation
-Conformité de la production à la consigne d'écriture. 2
pts
-Cohérence de l'argumentation. 1 pt 25°/° 5 points
-Structure du texte (organisation et progression du texte).
1 + 1 pts
-Critères d'évaluation de la langue.
-Vocabulaire (usage de termes précis et variés).
-Syntaxe (construction de phrases correctes).
25°/° 5 points
-Ponctuation (usage d'une ponctuation adéquate).
-Orthographe d'usage et orthographe d'accord.
-Conjugaison (emploi des temps)
Examen régional : Académie de Meknès-
Tafilalt (session : Juin 2011)
TEXTE :
- Malheur! Malheur! Etre abandonnée de son mari et vivre avec un fils affublé d'une
tête de mule est un si triste sort qu'on n'oserait pas le souhaiter à son ennemi. (...)
Dieu! Écoute mes pleurs! Exauce mes prières.
La porte du ciel devait être grande ouverte.
Zineb, partie faire une commission, revint tout essoufflée. Tout le monde l'entendit
crier de la ruelle.
- Mère Zoubida! Mère Zoubida! Je t'apporte une bonne nouvelle, une bonne nouvelle !
Une bonne nouvelle ?
Ma mère s'arrêta de vitupérer contre moi. Zineb, suffoquée par l'émotion se planta au
milieu du patio, tenta sans y parvenir d'expliquer ce dont il s'agissait. Personne ne
comprit le motif de son excitation. Les femmes avaient abandonné leur ouvrage.
Elles regardaient qui par une lucarne, qui par une fenêtre, Zineb gesticuler au milieu
de la cour. Je quittai ma cachette. Zineb s'immobilisa épuisée. Toutes les femmes se
mirent à l'interroger. Elle releva la tête en direction de notre chambre et parvint à dire
enfin :
- J'ai vu dans la rue... le Maâlem... Abdeslem!
Un silence incrédule accueillit cette déclaration.
Rahma le rompit :
- Que racontes-tu, petite menteuse?
- J'ai vu Ba Abdeslem, non loin du marchand de farine, près de la mosquée du
bigaradier. Il tient deux poulets à la main. ( ...)
Kanza de sa chambre dit :
-Si ce que raconte Zineb est vrai, nous en sommes toutes très heureuses et nous
souhaitons au Maâlem Abdeslem bon retour.
Ma mère ne disait rien. Elle me rejoignit dans notre chambre et restait au milieu de la
pièce les bras ballants. Elle avait quitté la terre, elle nageait dans la joie au point de
perdre l'usage de sa langue.
Je me précipitai vers l'escalier. Je ne savais pas au juste où je me dirigeais. J'avais
parcouru une dizaine de marches lorsque la voix de mon père monta du rez-de-
chaussée.
-N'y a-t-il personne, puis-je passer?
Le timbre n'en avait pas changé.
- Passe, Maâlem Abdeslem. Aujourd'hui est un jour béni. Dieu t'a rendu aux tiens, qu'il
en soit loué, répondit Kanza la voyante.
- Dieu te comble de ses bénédictions, dit mon père.
Je rebroussai chemin. Je voulais le voir entrer dans la chambre. L'escalier me
paraissait un lieu sombre, il n'était nullement indiqué pour revoir mon père au retour
d'un aussi long voyage. Ma mère n'avait pas bougé. Elle me parut un peu souffrante.
Moi-même, je ne me sentais plus très bien. Mon front se couvrit de gouttelettes
froides et mes mains tremblaient légèrement. Le pas pesant de mon père résonnait
toujours dans l'escalier. Une ombre obscurcit la porte de notre chambre. Mon père
entra.
Extrait de « La Boîte à Merveilles » d'Ahmed Sefrioui
QUESTIONS
I. ÉTUDE DE TEXTE (10 pts)
Relisez le texte et répondez aux questions suivantes :
1) Ahmed Sefrioui est un écrivain marocain d'expression française.
Quand et où est-il né ? (0,25x2)
Citez une de ses œuvres (autre que « La Boîte à Merveilles ». (0,25).
Quand est-il mort ? (0,25).
Pour répondre, vous pouvez choisir parmi les informations suivantes : 1905, 1915,
1984, 2004, à Fès, à Oujda, « Le Chapelet d'ambre », « Partir ». 1 pt
2) a) « La Boîte à Merveilles » est-elle une œuvre autobiographique ?
b) Pourquoi ? (0,5x2) 1 pt
3) D'après votre lecture de l’œuvre, pourquoi le mari de Zoubida a-t-il quitté sa
famille ? 1 pt
4) D'après votre lecture de l'œuvre, pourquoi Sidi Mohamed s'est-il caché ? 0,5 pt
5) a) Relevez dans le texte quatre termes appartenant au champ lexical d'une
habitation. (0,5x4)
b) Où se passe la scène ? 0,5 pt
6) Quelle nouvelle Zineb a-t-elle apportée à Zoubida ? 0,5 pt
7) Dans le texte, dégagez :
-Deux sentiments éprouvés par le narrateur.
-Deux sentiments éprouvés par sa mère.
Qu'est-ce qui est à l'origine de chacun des sentiments éprouvés ? 2 pts
8) Dégagez un trait de caractère de Maâlem Abdeslem dans cet extrait. 0,5 pt
9) a) Découpez le texte en deux parties.
b) Donnez un titre à chacune d'elles. 1 pt
10) Comment trouvez-vous la mère du narrateur dans cet extrait? 1 pt
II. PRODUCTION ÉCRITE (10 pts)
Certains lecteurs de « la Boîte à Merveilles» affirment que Lalla Zoubida, la mère du
narrateur, a quelques défauts mais elle a beaucoup de qualités.
Approuvez-vous cette affirmation ?
Rédigez un texte dans lequel vous expliquerez comment doit être une bonne mère.
NB: Lors de la correction de la production écrite, il sera tenu compte des éléments
suivants :
-Présentation de la copie : 2 pts.
-Respect de la consigne : 3 pts.
-Cohérence textuelle : 2 pts.
-Correction de la langue : 3 pts.
Examen régional : Académie de Chaouia-
Ouardigha-Settat (session : Juin 2011)
Texte :
Ma mère me calma :
- Je t'emmène prendre un bain, je te promets un orange et un œuf dur et tu trouves le
moyen de braire comme un âne !
Toujours hoquetant, je répondis :
- Je ne veux pas aller en Enfer.
Elle leva les yeux au ciel et se tut, confondue par tant de niaiserie.
Je crois n'avoir jamais mis les pieds dans un bain maure depuis mon enfance. Une
vague appréhension et un sentiment de malaise m'ont toujours empêché d'en franchir
la porte. A bien réfléchir je n'aime pas les bains maures. La promiscuité, l'espèce
d'impudeur et de laisser-aller que les gens se croient obligés d'affecter en de tels lieux
m'en écartent. Même enfant, je sentais sur tout ce grouillement de corps humides,
dans ce demi-jour inquiétant, une odeur de péché. Sentiment très vague, surtout à
l'âge où je pouvais encore accompagner ma mère au bain maure, mais qui
provoquait en moi un certain trouble.
Dès notre arrivée nous grimpâmes sur une vaste estrade couverte de nattes. Après
avoir payé soixante quinze centimes à la caissière nous commençâmes notre
déshabillage dans un tumulte de voix aiguës, un va-et-vient continu de femmes à
moitié habillées, déballant de leurs énormes baluchons des caftans et des
mansourias, des chemises et des pantalons, des haïks à glands de soie d'une
éblouissante blancheur. Toutes ces femmes parlaient fort, gesticulaient avec
passion, poussaient des hurlements inexplicables et injustifiés.
Je retirai mes vêtements et je restai tout bête, les mains sur le ventre, devant ma mère
lancée dans une explication avec une amie de rencontre. Il y avait bien d'autres
enfants, mais ils paraissaient à leur aise, couraient entre les cuisses humides, les
mamelles pendantes, les montagnes de baluchons, fiers de montrer leurs ventres
ballonnés et leurs fesses grises.
Je me sentais plus seul que jamais. J'étais de plus en plus persuadé que c'était bel et
bien l'Enfer. Dans les salles chaudes, l'atmosphère de vapeur, les personnages de
cauchemar qui s'y agitaient, la température, finirent par m'anéantir. Je m'assis dans
un coin, tremblant de fièvre et de peur. Je me demandais ce que pouvaient bien faire
toutes ces femmes qui tournoyaient partout, couraient dans tous les sens, traînant de
grands seaux de bois débordants d'eau bouillante qui m'éclaboussait au passage.
I. Compréhension : (10 points)
1)
Titre de l’œuvre Auteur Genre de roman
-Remplissez le tableau ci –dessus en vous référant à l’œuvre d’où le texte est tiré.
(0,25x4)
2) D'après votre lecture de l’œuvre, quel métier (activité) exerce chacun de ces
personnages ? (0,5x2)
-Abdallah, Lalla Kanza.
3) Dans le lieu où se trouvait le narrateur :
Vrai Faux
a- Les autres enfants étaient à l'aise.
b- Les femmes parlaient à voix basse.
c- Le narrateur y est venu tout seul.
d- Les femmes rangeaient leurs affaires dans des valises.
-Mettez une croix dans la case qui convient en vous référant au texte. (0,25x4)
4) Quels sentiments le narrateur éprouve-t-il dans le dernier paragraphe du texte ?
(se limiter à deux sentiments) (0,5x2)
5) Dans ce même paragraphe (le dernier):
a) À quoi le narrateur compare-t-il ce lieu ? (0,5)
b) Justifiez votre réponse en vous limitant à deux indices. (0,25x2)
6) a)- Je ne veux pas aller en Enfer.
b) Dés notre arrivée, nous grimpâmes sur une vaste estrade couverte de nattes.
-Précisez le mode d'énonciation (le système énonciatif) utilisé dans chacun des deux
énoncés ci-dessus. (0,5x2)
7) Relevez dans le texte :
a) quatre mots relatifs au champ lexical du « corps humain ». (0,25x4)
b) une phrase comportant une comparaison. (1 pt)
8) À votre avis, le narrateur a-t-il gardé un bon souvenir du lieu où il était ?
Justifiez votre réponse. (1pt)
9) D'après votre lecture du passage, quelle idée vous faites-vous du narrateur ? (1
pt)
II. Production écrite : (10 points)
Sujet:
De nos jours, les jeunes préfèrent quitter leur maison familiale après leur mariage,
pour aller habiter ailleurs. Qu’en pensez-vous ?
Rédiger un texte dans lequel vous exprimez votre point de vue en l’illustrant par des
exemples précis.
Examen régional : Académie du Gharb-
Cherarda-benihssen (session : Juin 2011)
TEXTE :
Mon père, rassasié, but une gorgée d’eau, s'essuya la bouche, tira à lui un coussin
pour s'accouder et demanda : - Avec qui t'es-tu encore disputée?
La phrase a eut sur ma mère un effet magique .Elle cessa de pleurer, releva la tête et,
avec une explosion de fureur, s'adressa à mon père :
- Mais avec la gueuse du premier étage, la femme du fabricant de charrues ! Cette
dégoûtante créature a souillé mon linge propre avec ses guenilles qui sentent
l'étable .Elle ne se lave jamais d’ordinaire, elle garde ses vêtements trois mois, mais
pour provoquer une querelle, elle choisit le lundi, mon jour de lessive, pour sortir ses
haillons. Tu connais ma patience, je cherche toujours à aplanir les difficultés, je ne
me départis jamais de ma courtoisie coutumière ; je tiens cela de ma famille, sous
sommes polis. Les gens qui nous provoquent par des paroles grossières perdent leur
temps .Nous savons conserver notre calme et garder notre dignité. Il a fallu cette
pouilleuse ...
La voix de Rahma troua la nuit.
- Pouilleuse ! Moi ! Entendez-vous, peuple des Musulmans ? La journée ne lui a pas
suffi, les hommes sont maintenant dans la maison et pourront témoigner devant Dieu
qui de nous deux a dépassé les limites des convenances.
Ce qui se passa après ne peut être décrit par des mots, Ce furent d'abord des cris
aigus et prolongés, des vociférations, des sons sans suite et sans
signification .Chacune des antagonistes, penchée hors de sa fenêtre, gesticulait dans
le vide, crachait des injures que personne ne comprenait, s'arrachait les
cheveux .Possédées du démon de la danse, elles faisaient d'étranges
contorsions .Voisins et voisines sortirent de leurs chambres et mêlèrent leurs cris aux
cris des deux furies. Les hommes, de leur voix graves, les exhortaient au calme,
insistaient pour qu'elles maudissent solennellement Satan, mais ces sages conseils
les excitaient davantage.
Le bruit devient intolérable. C'était une tempête, un tremblement de terre, le
déchaînement des forces obscures, l'écroulement du monde.
Je n'en pouvais plus .Mes oreilles étaient au supplice, mon cœur dans ma poitrine
heurtait avec force les parois de sa cage. Les sanglots m'étouffèrent et je m'écroulai
aux pieds de ma mère, sans connaissance.
I. ÉTUDE DE TEXTE : (10 points)
1) Recopiez et complétez : (0,25x4)
Un autre titre de
Titre de l’œuvre Genre de l’œuvre Auteur
ses œuvres
2) Situez le passage par rapport à ce qui précède. (1 pt)
3) « Avec qui t'es-tu encore disputée ? » D'après cette phrase, est-ce que Lalla
Zoubida est :
a) Tolérante.
b) Querelleuse.
c) Patiente. (1 pt)
4) Qu'est ce-qui a déclenché la nouvelle dispute des deux voisines ? (1 pt)
5) Dans le texte, Lalla Zoubida ressent une fierté par rapport à sa voisine. Quelle
est l'origine de cette fierté ? (1 pt)
6) Relevez du texte quatre termes appartenant au champ lexical de l’insulte. (0,5x4)
7) « C'était une tempête, un tremblement de terre, le déchaînement des forces
obscures, l'écroulement du monde. » Dans cette phrase la gradation est :
a) Croissante.
b) Décroissante. (1 pt)
8) Quel est l'effet recherché par l'utilisation de cette figure de style ? (1 pt)
9) L'intervention des hommes a-t-elle réussi à faire revenir le calme à la maison ?
Justifiez votre réponse à partir du texte. (0,5x2)
10) Comment réagit l'enfant face à cette dispute ? (1 pt)
II. PRODUCTION ÉCRITE : (10 points)
Il arrive que certains parents se disputent devant leurs enfants sans trop se soucier
des conséquences de leurs actes.
À partir de votre expérience personnelle, rédigez un texte argumentatif où vous
montrerez les effets de ces scènes de ménage sur l'éducation des enfants et les
relations familiales.
Examen régional : Académie de Taza-
Hoceima-Taounate (Session : Juin 2011)
Texte :
Ma mère se leva pour se préparer .Elle changea de chemise et de mansouria, chercha
au fond du coffre une vieille ceinture brodée d’un vert passé, trouva un morceau de
cotonnade blanche qui lui servait de voile, se drapa dignement de haïk fraichement
lavé.
C’était, en vérité, un grand jour, j’eus droit à ma djellaba blanche et je dus quitter celle
de tous les jours, une djellaba grise, d’un gris indéfinissable, constellée de taches
d’encre et de ronds de graisse.
Lalla Aicha éprouva toutes sortes de difficultés à s’arracher du matelas ou elle gisait.
J’ai gardé un vif souvenir de cette femme, plus large que haute, avec une tête qui
reposait directement sur le tronc, des bras courts qui s’agitaient constamment. Son
visage lisse et rond m’inspirait un certain dégoût. Je n’aimais pas qu’elle
m’embrassât. (…)
Enfin, tout le monde s’engagea dans l’escalier .Nous nous trouvâmes bientôt dans la
rue.
Les deux femmes marchaient à tout petits pas, se penchant parfois l’une sur l’autre
pour se communiquer leurs impressions dans un chuchotement. À la maison, elles
faisaient trembler les murs en racontant les moindres futilités, tellement leurs codes
vocales étaient à toute épreuve ; elles devenaient, dans la rue, aphones et gentiment
minaudières.
Parfois je les devançais, mais elles me rattrapaient tous les trois pas pour me
prodiguer des conseils de prudence et de des recommandations. Je ne devais pas me
frotter aux murs : les murs étaient si sales et j’avais ma superbe djellaba blanche, je
devais me moucher souvent avec le beau mouchoir brodé pendu à mon cou, je devais
de même m’écarter des ânes, ne jamais être derrière eux car ils pouvaient ruer et
jamais devant car ils prenaient un malin plaisir à mordre les petits enfants
QUESTIONS :
I. ÉTUDE DE TEXTE : (10 points)
1) Ce texte est extrait de :
-un roman à thèse - un roman autobiographique - une tragédie - une nouvelle.
a) Recopiez la bonne proposition (0,5 pt)
b) Qui en est l’auteur ? (0,5 pt)
c) Qui en est le narrateur ? (0,5 pt)
2) D’après votre lecture de l’œuvre dans son texte intégral, recopiez les deux
propositions qui sont vraies (1 pt)
-Maalem Abdeslem est tisserand.
-Zineb est la sœur du narrateur.
-Lalla Aicha est une voyante.
-Lalla Zoubida est l’épouse de Maalem Abdeslem.
3) « C’était, en vérité, un grand jour.» Pourquoi l’enfant qualifie-t-il ce jour de
grand ? (0,5 pt)
4) Le portrait que fait le narrateur de Lalla Aicha est :
-valorisant – dévalorisant - neutre
a) Recopiez la bonne proposition (0,5 pt)
b) Relevez dans le texte deux indices pour justifier votre réponse. (0,5 pt)
5) Quel sentiment l’enfant éprouve-t-il envers Lalla Aicha ? (0,5 pt)
6) Recopiez le tableau suivant et complétez-le à partir du texte. (1 pt)
Champ lexical des vêtements Champ lexical du corps
7) « À la maison, elles faisaient trembler les murs en racontant les moindres
futilités, tellement leurs cordes vocales étaient à toute épreuve ; elles devenaient,
dans la rue, aphones et gentiment minaudières. »
a) La figure de style contenue dans cet énoncé est :
- Une comparaison - un euphémisme - une hyperbole -une métonymie
Recopiez la bonne proposition. (0,5 pt)
b) L’emploi de cette figure de style permet de :
-montrer un contraste - critiquer Lalla Aicha - valoriser les deux femmes. (0,5 pt)
8) a)- Relevez dans le texte les trois conseils donnés à l’enfant par les deux
femmes. (1,5 pt)
b)- Quel est le verbe qui introduit ces conseils dans le texte ? (0,5 pt)
9) Le texte vous parait-il amusant ? Dites pourquoi en une phrase. (1,5 pt)
II. PRODUCTION ÉCRITE : (10 points)
SUJET :
Certains parents font des travaux à la place de leurs enfants (devoirs / exercices /
chambre / lit…)
Rédigez un texte argumentatif dans lequel vous donnerez votre point de vue sur ce
sujet.
Important : il sera tenu compte lors de l’évaluation de votre production des points
suivants :
-Respect de la consigne 2 pts
-Cohérence de l’argumentation 2 pts
-Respect de la structure argumentative du texte 2 pts
-Langue correcte (vocabulaire, syntaxe, orthographe, conjugaison et ponctuation.) 5
pts
Examen régional : Académie de
Oujda_Angad (session : Juin 2011)
Texte :
Mon père me parlait du Paradis. Mais, pour y renaître, il fallait d'abord mourir. Mon
père ajoutait que se tuer était un grand péché, un péché qui interdisait l'accès à ce
royaume. Alors, je n'avais qu'une solution : attendre ! Attendre de devenir un homme,
attendre de mourir pour renaître au bord du fleuve Salsabil. Attendre ! C'est cela
exister. À cette idée, je n'éprouvais certainement aucune frayeur. Je me réveillais le
matin, je faisais ce qu'on me disait de faire. Le soir, le soleil disparaissait et je
revenais m'endormir pour recommencer le lendemain. Je savais qu'une journée
s'ajoutait à une autre, je savais que les jours faisaient des mois, que les mois
devenaient des saisons, et les saisons l'année. J'ai six ans, l'année prochaine j'en
aurai sept et puis huit, neuf et dix. À dix ans, on est presque un homme. À dix ans, on
parcourt seul tout le quartier, on discute avec les marchands, on sait écrire, au moins
son nom, on peut consulter une voyante sur son avenir, apprendre des mots
magiques, composer des talismans.
En attendant, j'étais seul au milieu d'un grouillement de têtes rasées, de nez humides,
dans un vertige de vociférations de versets sacrés.
L'école était à la porte de Derb Noualla. Le fqih, un grand maigre à barbe noire, dont
les yeux lançaient constamment des flammes de colère, habitait la rue Jiaf. Je
connaissais cette rue. Je savais qu'au fond d'un boyau noir et humide, s'ouvrait une
porte basse d'où s'échappait, toute la journée, un brouhaha continu de voix de
femmes et de pleurs d'enfants. La première fois que j’avais entendu ce bruit, j’avais
éclaté en sanglots parce que j’avais reconnu les voix de l’Enfer telles que mon père les
évoqua un soir.
Ma mère me calma :
-Je t'emmène prendre un bain, je te promets une orange et un œuf dur et tu trouves le
moyen de braire comme un âne !
Toujours hoquetant, je répondis :
-Je ne veux pas aller en Enfer.
Elle leva les yeux au ciel et se tut, confondue par tant de niaiserie.
La Boîte à merveilles, Ahmed Sefrioui Éditions du Seuil ; 1954, pp.10-11
I. ÉTUDE DE TEXTE (10 points)
1) Répondez aux questions suivantes à partir de votre lecture de « La Boîte à
Merveilles »:
a) Placez chacun des noms suivants dans la case qui convient : (1 pt)
Maalem Abdeslem- Lalla Zoubida- Fatma Bziouya- Sidi Mohammed.
Le personnage principal :
Son père :
Sa mère :
Une voisine :
b) Parmi les affirmations suivantes, une seule est vraie, laquelle ? Recopiez-la
(0,5pt)
-Le narrateur a deux frères.
- Le narrateur a un frère et une sœur.
-Le narrateur n’a ni frère, ni sœur.
c) Quel est le métier de son père ? (0,5 pt)
2) Relevez dans le premier paragraphe deux mots qui reprennent « Paradis ». (1 pt)
3) « Alors, je n’avais qu’une solution : attendre »
a) Quelle est l’autre solution écartée par le père ? (0,5 pt)
b) Pourquoi cette solution est-elle rejetée ? (0,5 pt)
4) « J’avais six ans »
a) Combien le narrateur doit-il attendre pour devenir « presque un homme » ? (0,5
pt)
b) Que rêve-t-il de faire quand il sera « presque un homme » ? (0,5 pt)
5) Le narrateur fait-il une description valorisante ou dévalorisante du fqih? (1 pt)
6) « La première fois que j’avais entendu ce bruit… » .
a) De quel bruit s’agit-il ? (0,5 pt)
b) Ce bruit, qu’évoque t-il pour le narrateur ? (0,5 pt)
7) « tu trouves le moyen de braire comme un âne ».
a) Identifiez la figure de style dans cet énoncé. (0,5 pt)
b) Sur quoi la mère veut-elle insister en employant cette figure de style ? (0,5 pt)
8) « Elle leva les yeux au ciel… »
D’après-vous, pourquoi la mère lève-t-elle les yeux au ciel ? (1 pt)
9) Le verbe attendre est répété plusieurs fois dans ce texte.
Pourquoi cette répétition à votre avis ? (1 pt)
II. PRODUCTION ÉCRITE (10 points)
Sujet :
Vous avez certainement vu dans votre entourage des enfants trembler de peur devant
leur parents. A-t-on vraiment besoin de faire peur aux enfants pour les éduquer ?
Rédigez un texte argumentatif pour développer votre point de vue.
la Boîte à merveilles chapitre 7
Mon père ne connaissait rien à l'art délicat de vendre et d'acheter. Il ignorait les
subtilités du marchandage et la volupté d'obtenir un objet, un sou moins cher que ne
l'a payé le voisin. Il m'emmena ; après le repas du matin, faire le tour des marchands
de jouets. Dans chaque rue, résonnaient les tambourins, les grelots des hochets de
fer blanc, le chant des flûtiaux. Les marchands de tambourins se démenaient dans
leurs échoppes devenues étroites tant il s'y entassait de marchandises. Des
tambourins, des bendirs , des tambours de basque, des trompettes et des pipeaux
pendaient par grappes, s'amoncelaient en tas multicolores , envahissaient des
étagères.
Un peuple de femmes, d'hommes mûrs, de fillettes et de garçons faisaient cercle
autour de chaque magasin. Les uns essayaient un instruments, les autres les
accompagnaient de battements de mains, jacassaient, réclamaient, discutaient avec
le marchand qui ne savait plus où donner la tête.
Une foule de campagnards, descendus de leurs lointains villages, s'approvisionnaient
en sucre, épices, cotonnades et instruments de musique. Ils encombraient la rue de
leurs paquets.
Je m'accrochais à la main de mon père, occupé à écarter les passants pour nous
frayer un chemin. J'eus un tambour en forme de sablier, un petit chariot bizarre en
bois et une nouvelle trompette .Mon père me laissait choisir, payait sans discuter. Je
lui tenais de longs discours,, lui posaient mille questions auxquelles il répondait
rarement. Il souriait à me voir si excité. Nous terminâmes nos emplettes par l'achat
d'un cierge, d'une livre de poids. La rue Bab moulay Idriss débouche dans le quartier
des fabricants de ceintures brodées et des marchands de fruits secs.
LEXIQUE
[Link]é (n.f.)adresse, délicatesse, finesse, habileté, intelligence, lucidité,
maniérisme, perspicacité, pointillerie, préciosité, raffinement, ruse, souplesse,
stratagème..
[Link]é (n.f.) [Link],(figuré)grande satisfaction, grand plaisir moral.
[Link] (n.m.)cloche, clochette,sonnette…
[Link] (n.m.)jouet de bébé constitué d'un manche et de grelots.
5.flûtiau (n.m.)petite flûte.
[Link] (n.m.) (ancien)tambour étroit et haut que l'on frappe d'une seule
baguette.
[Link] (n.m.) petite flûte champêtre faite de roseau.
[Link] (v.)amasser en tas.
[Link] (n.f.) étoffe de coton.
[Link] (n.f.) étoffe de coton.
[Link] (n.f.) [Link] d'acheter un objet. [Link] que l'on a acheté.
I-COMPREHENSION
1. Situez ce passage dans l'œuvre dont il est extrait
2. Présentez l'auteur de cette œuvre en quelques lignes
3. Quels sont les jouets cités dans le passage.
4. Quel type de focalisation le narrateur utilise-t-il dans le texte ? Justifiez votre
réponse.
5. Relevez du passage des indices d'énonciation.
6. Le père du narrateur sait-il acheter et vendre ? Relevez du texte un événement qui le
prouve.
7. Relevez une hyperbole .
8. Quels marchandises le père du narrateur a –t-il acheté après ce tour au marché
[Link] (v.) 1.émettre ses cris, en parlant de la pie. [Link] de choses sans intérêt.
[Link] beaucoup et futilement avec quelqu'un.
II-PRODUCTION ECRITE
Sujet:Les marocains donnent beaucoup d'importances aux fêtes religieuses et aux
traditions. Rédigez un texte où vous parlez de ces traditions relatives aux fêtes chez
nous.
Examen régional : Académie de
Casablanca (session : Juin 2010)
Texte :
Elle (ma mère) tira de sa robe une chaînette de cuivre rongée de vert-de-gris et me la
tendit : — Ajoute ceci à tes merveilles, me dit-elle.
La chaînette délicatement travaillée absorba mon attention. Je la contemplai
longtemps. Je décidai de la nettoyer. Je savais transformer le cuivre, cette vile
matière, en or pur. Je sortis sur le palier. Dans une boîte de conserves cabossée, je
découvris du sable fin qui servait au nettoyage des tables rondes et des plateaux à
thé. Je m'attelai à l'ouvrage activement. J'en avais mal aux doigts quand le résultat
attendu parut à mes yeux. J'effectuai de nombreux rinçages dans un seau d'eau
noirâtre où nageait un petit balai de doum.
Ma chaîne se changea en bijou d'or. Je l'enroulai autour de mon poignet pour en
admirer l'effet : je la tenais par les deux bouts, me l'appliquais sur la poitrine, sur le
front, je m'en faisais un bracelet. Je sortis ma Boîte. J'étalai toutes mes richesses sur
une couverture.
Les plus humbles de mes boutons et de mes clous, par une opération de magie dont
j’avais seul le secret, se muèrent en joyaux.
Absorbé dans la contemplation de mes trésors, je n'avais pas vu entrer le chat de
Zineb. Il ronronna tout contre moi. Je ne le craignais pas. Je décidai de l'associer à
ma joie, de lui ouvrir les portes de mon univers. Il s'intéressa gravement à mes
discours, allongea la patte pour toucher mon cabochon de verre taillé, regarda avec
étonnement ma chaîne d'or. Je lui en fis un collier. Il se montra d'abord tout fier. Il
essaya ensuite de l'arracher. Elle ne céda pas à ses coups de griffes. Il se mit en
colère ; s'affola et partit en flèche, la queue hérissée, les yeux dilatés d'inquiétude. Je
courus derrière lui pour récupérer mon bien. Le maudit chat resta sourd à mes appels.
Il ne voulait rien avoir de commun avec moi, il grimpait les marches de l'escalier,
crachait des menaces.
J'alertai ma mère, demandai secours à Fatma Bziouya, à Rahma et même à mon
ennemie Zineb, la propriétaire de ce démon quadrupède. Tout le monde se précipita
sur la terrasse mais le chat, ne sachant pas pourquoi on le poursuivait, s'usait les
griffes à grimper le long d'un mur d'une hauteur vertigineuse. J'étais furieux contre le
chat. Les femmes essayèrent de me consoler.
- Il reviendra ce soir, Zineb te rendra ta chaîne.
Zineb! Zineb! C'était elle qui l'avait chargé de venir se frotter contre moi, abuser de ma
gentillesse et me voler mon plus beau bijou. Je suffoquais de colère et d'indignation.
Ma rage se déchaîna ; je me précipitai sur Zineb. Je lui enfonçai les ongles dans les
joues, lui arrachai les cheveux par touffes, lui envoyai de formidables coups de pieds
dans le ventre. Elle se défendit, la brute, avec violence, me tira les oreilles, me renversa
par terre, me marcha sur la poitrine. Les femmes criaient, essayaient de nous séparer
et recevaient des coups de poing et des coups de tête des deux adversaires.
Enfin, ma mère réussit à me maîtriser. Elle m'amena dans la chambre, me plongea la
tête dans un seau d'eau, m'essuya le visage avec un torchon et m'intima l'ordre de me
coucher
La poitrine encore secouée de sanglots, je m'endormis presque immédiatement.
I. ÉTUDE DE TEXTE, 10 points :
1. Recopiez et complétez le tableau suivant : 1 point
Titre de l'oeuvre Auteur Genre Deux autres titres
du même auteur
2. Situez le passage par rapport à ce qui précède. 1 point
3. « Ajoute ceci à tes merveilles » dit la mère
a- De quelles merveilles s'agit-il ?
b- Que représentent-elles pour l'enfant ? 1 point
4. Sidi Mohammed attribue au chat trois sentiments. Nommez-les. 1 point
5. Comment l'enfant interprète-t-il la fuite du chat ? 1 point
6. Relevez deux indices qui montrent que l'enfant caractérise le chat de manière
négative. 1 point
7. Les deux enfants échangent des coups avec la même violence. Relevez les deux
phrases qui le montrent. 1 point
8. « Le chat...s'usait les griffes à grimper le long d'un mur d'une hauteur
vertigineuse. » Nommez la figure de style contenue dans cet énoncé. 1 point
9. Quelle réaction du chat cette figure de style traduit-elle ? 1 point
10. D'après votre lecture de l'oeuvre, la réaction de Sidi Mohammed dans ce passage
correspond-elle à son caractère et à ses habitudes ? Justifiez votre réponse. 1 point
II. PRODUCTION ÉCRITE, 10 points :
Sujet :
Dans ce passage, Sidi Mohammed a usé de la violence pour régler ses problèmes
avec Zineb. Pensez-vous que le recours à la violence soit le moyen le plus efficace
pour résoudre les problèmes de la vie quotidienne ?
Répondez à cette question dans un écrit argumenté illustré d'exemples précis.
Examen régional : Académie de Tadla-
Azilal (Session : juin 2010)
Texte :
Ma mère et son amie se remirent à parler de Rahma, la femme du fabricant de
charrues, de Fatma Bziouya et de tante Kenza la voyante.
Ma mère racontait sa réconciliation avec sa voisine du premier étage, l'escapade de
Zineb, le repas offert aux pauvres. Elle faisait l'éloge de Rahma. Elle regrettait son
moment de mauvaise humeur qui avait provoqué la dispute. Rahma devenait une
charmante jeune femme, si serviable! Si honnête!...
- Et puis, dit ma mère, elle est si jolie ! Toujours souriante, toujours vive. Son mari peut
remercier Dieu de lui avoir fait présent d'une brune si délicieuse. N'aimes-tu pas cette
peau hâlée au grain si fin, ces grands yeux qui rient ? N'est-ce pas qu'elle possède une
jolie bouche aux lèvres fermes, un peu boudeuses ?
Lalla Aïcha approuvait, opinait du chef, soupirait de contentement.
Mais ma mère enchaînait déjà :
- Fatima, ma voisine d'en face, n'a pas été non plus oubliée par le Créateur. De jolis
yeux noyés de douceur ! Des sourcils d'une courbe parfaite ! Un teint ambré ! Mais je
n'aime pas le tatouage de son menton.
- Elle a, en outre, l'agrément de sa jeunesse, ajouta l'amie.
Immobile dans mon coin, j'écoutais. Je m'étonnais d'entendre ma mère rendre justice
à la beauté de nos deux voisines. Cette beauté je la sentais, mais je ne pouvais la
traduire par des formules concrètes. J’étais reconnaissant à ma mère d'exprimer, avec
des termes précis, ce qui flottait dans mon imagination sous forme d'images vagues,
confuses, inachevées.
I. Compréhension : (10 points)
1) Recopiez et complétez le tableau suivant : (1 pt)
Titre de l’oeuvre Auteur Siècle (époque) Genre littéraire
2) La mère du narrateur et son amie parlent essentiellement de deux personnages.
Lesquels ? (1 pt)
3) Recopiez et complétez le tableau suivant : (1 pt)
Personnage décrit Passage correspondant
« Elle faisait l’éloge *……+ un peu
boudeuses ? »
Fatma
4) Lisez le passage : « Elle faisait l’éloge… un peu boudeuses ? » (Lignes 4 à 10) (1
pt)
a). Relevez un mot décrivant le physique du personnage.
b). Relevez un mot décrivant le comportement ou le caractère du personnage.
5) Observez la phrase suivante : (1 pt) «..ces grands yeux qui rient? »
a). La figure employée dans cette phrase est:
A- une comparaison
B- une personnification
C- une antithèse
Choisissez la bonne réponse.
b). Le jugement porté sur le personnage décrit, est-il favorable ou défavorable ?
6) Quelle est la réaction de Lalla Aicha aux propos (paroles) de son amie ? Justifiez
votre réponse à partir du texte. (1 pt)
7) Lisez les lignes de 13 à 15 et : (1 pt)
a). Relevez une phrase comportant une caractérisation valorisante du personnage
décrit.
b). Relevez une phrase comportant une appréciation dévalorisante du personnage
décrit.
8) Sur quel aspect la mère insiste-t-elle en décrivant les deux personnages ? Justifiez
votre réponse à partir du dernier paragraphe. (1 pt)
9) Le narrateur approuve-t-il le jugement de sa mère ? Justifiez (1pt)
10) Quelle valeur le narrateur cherche-t-il essentiellement à nous communiquer ? (1pt)
A. Le respect des parents
B. Le respect d’une éducation traditionnelle
C. Le bon voisinage (recopiez la bonne réponse)
II. Production écrite : (10 points)
Sujet:
Certaines personnes trouvent du plaisir à dire du mal des autres. Qu’en pensez-vous.
Rédigez un texte dans lequel vous donnez votre point de vue en le justifiant par des
arguments précis.
Examen régional : Académie de Souss-
Massa-Daraa (session : Juin 2010)
Texte :
Brusquement, mon père me déposa à terre et disparut dans la foule. Son absence
dura. Des cris s’élevèrent à l’autre bout du souk. Ils dominaient le tumulte, éclataient
comme un orage. De grandes ondulations parcoururent cette mer humaine. Des
explosions de colère fusaient çà et là, reprenaient quelques pas plus loin, se
transformaient en tintamarre.
Voici que tous les gens du souk se mirent à courir ; Fatma Bziouya et ma mère
répétaient « Allah ! Allah ! », se plaignaient à haute voix de leurs douleurs de pieds
que la foule écrasait, essayaient de retenir leurs Haïks emportés par le courant.
Enfin, passèrent mon père et le courtier se tenant mutuellement par le collet. Le souk
leur faisait cortège. Les deux hommes avaient les yeux rouges et de l’écume au coin
des lèvres. Mon père avait perdu son turban et le dellal avait une tache de sang sur la
joue.
Ils s’en allèrent suivis par les badauds.
Ma mère, la voisine et moi, nous nous mîmes à pleurer bruyamment. Nous nous
précipitâmes au hasard, à leur poursuite. Nous débouchâmes au souk des fruits secs.
Aucune trace des deux antagonistes ni de leur cortège. Je m’attendis à voir des rues
désertes, des étalages abandonnés, des turbans et des babouches perdus dans la
panique générale. Je fus déçu. Aucune trace de la bagarre n’avait marqué ces lieux.
On vendait et on achetait, on plaisantait et de mauvais garnements poussaient
l’indifférence jusqu’à chanter des refrains à la mode.
Notre tristesse devenait étouffante dans cette atmosphère. Nous sentions tout notre
isolement. Ma mère décida de rentrer.
Il ne sert à rien, ajouta-t-elle, de courir dans toutes les directions. Rentrons pour
attendre et pour pleurer.
I. Compréhension : (10 pts)
1) Recopiez et complétez le tableau suivant :
Titre de l’oeuvre Auteur Genre Époque
2) Quelle est l’origine de la bagarre entre le père et le courtier (le dellal) ?
3) Relevez dans le texte un indice qui montre que le narrateur est un enfant.
4) Dans la liste suivante, quels sont les deux mots qui n’appartiennent pas au champ
lexical du bruit ?
Cris ; ondulation ; tintamarre ; tumulte ; turban ; explosion.
5) Relevez dans le 1er paragraphe :
A. Une métaphore.
B. Une comparaison.
6) Il ne sert à rien, ajouta-t-elle, de courir dans toutes les directions. Rentrons pour
attendre et pour pleurer.
A. Ce passage est-il : au discours direct ?
B. Discours indirect ?
C. Au discours indirect libre ?
7) Dans ce texte, il ya :
A. Plus de narration que de description.
B. Plus de description que de narration.
Recopiez la bonne réponse et justifiez-la.
8) La foule leur faisait cortège. Cette phrase signifie que :
A. La foule les empêchait d’avancer.
B. La foule les suivait.
C. La foule les ignorait.
Recopiez la bonne réponse.
9) Que pensez-vous de l’utilisation des mots arabes tels que Haïks dellal dans le
texte ?
10) Quel sentiment ressentez-vous à la lecture de ce récit ? Exprimez les raisons de
votre réaction.
II. Production écrite : (10 pts)
Sujet :
« Personnellement diriez-vous que vous vous entendez avec vos parents : très bien,
assez bien, pas très bien, pas du tout ? »
Vous exprimerez votre jugement en vous appuyant sur des arguments précis.
Examen régional : Académie d’El Jadida
(session : Juin 2010)
Texte :
Me voila devenu un homme ! J’étais complètement réveillé. J’avais hâte de partir à
l’école. Les vêtements, les chaussures, tout était neuf. Plein de dignité et d’assurance,
je précédai mon père dans l’escalier.
La lumière brillait à toutes les fenêtres de la maison. Hommes et femmes
commençaient l’année dans l’activité. Ceux qui resteraient au lit un matin comme
celui-ci se sentiraient, durant douze mois, indolents, paresseux.
L’appel d’un mendiant nous arrivait de la rue. J’entendais le bruit de sa canne. C’était
sûrement un aveugle.
Je perdais mes babouches tous les trois pas. Mes parents voyaient grand. Ni les
vêtements, ni les chaussures n’étaient à ma taille. Mais j’étais heureux.
Une fois dans la rue, mon père me glissa dans la main une pièce de cinq francs et me
mit entre les bras le cierge dont nous avions fait l’acquisition. C’étaient mes cadeaux
de nouvel an pour le maître d’école.
Les passants que nous rencontrions me souriaient avec bienveillance. Les boutiques
étaient ouvertes, les rues éclairées. Je faisais de terribles efforts pour retenir mes
babouches. De loin, j’aperçus les fenêtres à auvents de notre école.
Je faillis lâcher mon cierge d’enthousiasme. Des grappes de lumière pendaient et
transformaient cette façade habituellement triste et poussiéreuse en un décor de
féerie. Les lampes à huile, diversement colorées, scintillaient et par leur seule
présence créaient un climat raffiné de fête et de joie.
Je hâtais le pas. Les voix des élèves montaient claires dans la fraîcheur du matin.
Elles rivalisaient de gaîté avec les dizaines de petites flammes qui dansaient dans
leur bain d’huile et d’eau teintée des couleurs de l’arc-en-ciel. Cette impression de fête
fabuleuse s’accentua lorsque je poussai la porte du msid. J’entrai dans un univers de
rêve. Je n’étais plus le prince unique au gilet de drap amarante. Je devenais un
membre d’une congrégation de jeunes seigneurs, tous richement vêtus, sous la
direction d’un roi de légende des cantiques d’allégresse et des actions de grâce.
I. Étude de texte : (10points)
1) Complétez le paragraphe suivant par les informations qui manquent :
Ce texte extrait de ……………………………. est écrit en 19…….. par ………………………. qui est l’un
des premiers écrivains de la littérature ……………………………………………………………………………
2) Répondez aux questions suivantes pour situer le texte dans l’oeuvre :
a)- L’histoire racontée dans ce texte se passe à quel moment de la journée ?
b)- De quel événement s’agit-il dans cette journée ?
3) a)- À quel genre de roman appartient ce texte ?
b)- Le pronom personnel « je » dans le texte renvoie :
- à l’auteur et au narrateur.
- au narrateur et au personnage principal.
- au personnage principal et à l’auteur.
- à l’auteur, au narrateur et au personnage principal.
Recopiez la bonne réponse.
4) a)- Remettez en ordre ces lieux dans lesquels évolue le narrateur :
Le Msid – la maison – la rue.
b)- Recopiez le tableau suivant en faisant correspondre à chacun de ces lieux une
action du narrateur :
Le lieu Une action du narrateur
Le Msid
La maison
La rue
5) a)-Choisissez dans la liste suivante, les deux champs lexicaux dominants dans le
texte :
La fête – le rêve – le temps – la lumière.
b)- À partir du texte, relevez dans ce tableau, deux mots de chacun des deux champs
lexicaux choisis :
Le premier champ lexical Le deuxième champ lexical
6) a)- Quel sentiment le narrateur exprime-t-il dans l’ensemble de ce texte ?
b)- Relevez de la ligne 8 à la ligne 17 trois mots qui expriment ce sentiment.
7) Que désigne chacune de ces expressions du dernier paragraphe.
Le prince unique – jeunes seigneurs – roi des légendes – un univers de rêve
8) a)- La figure de style utilisée dans toutes ces expressions est :
La comparaison – la personnification – l’hyperbole.
Recopiez la bonne réponse.
b)- quel effet le narrateur veut-il produire par l’emploi de cette figure de style ?
9) À la lumière de votre connaissance de l’oeuvre, dites quel trait de caractère de
l’enfant se dégage du dernier paragraphe.
10) a)- Dans ce texte, le narrateur exprime une vision positive ou négative sur son
école ?
b)- Cette vision est-elle celle qui domine dans toute l’oeuvre ? Justifiez votre réponse
par un exemple.
II. Production écrite :
Sujet : certains pensent que la fête en famille ou entre amis(es) ne sert à rien car c’est
une perte de temps et d’argents. Partagez-vous cette opinion ?
Développez votre point de vue en vous appuyant sur des arguments et des exemples
pertinents.
examen de fès 2010
Texte 1 :
Le MARDI, jour néfaste1 pour les élèves du Msid, me laisse dans la bouche un goût
d'amertume2. Tous les mardis sont pour moi couleur de cendre. (…)
Le matin, je me rendis au Msid selon mon habitude. Le fqih avait son regard de tous
les mardis. Ses yeux n'étaient perméables à aucune pitié. Je décrochai ma planchette
et me mis à ânonner3 les deux ou trois versets qui y étaient écrits.
À six ans, j'avais déjà conscience de l'hostilité4 du monde et de ma fragilité5. Je
connaissais la peur, je connaissais la souffrance de la chair au contact de la
baguette6 de cognassier7. Mon petit corps tremblait dans ses vêtements trop
minces. J'appréhendais8 le soir consacré aux révisions.
Je devais, selon la coutume, réciter les quelques chapitres du Coran que j'avais appris
depuis mon entrée à l'école. À l’heure du déjeuner, le maître me fit signe de partir.
J’accrochai ma planchette. J'enfilai mes babouches qui m’attendaient à la porte du
Msid.
1-jour néfaste : jour où il arrive des malheurs.
2-goût d'amertume : goût amer, très désagréable.
3- ânonner : lire difficilement en hésitant sur les mots.
4-l'hostilité : l’intention de faire du mal, de causer un tort.
5- la fragilité : la faiblesse.
6- baguette : petit bâton mince, plus ou moins long et flexible.
7-cognassier : arbre fruitier produisant des coings.
8- appréhender : craindre, avoir peur.
Texte 2 :
Des équipes furent de nouveau constituées, chaque groupe avait sa spécialité. Je
devins un personnage important. Je fus nommé chef des frotteurs. On procéda au
lavage du sol. Une vingtaine d’élèves, chargés d’énormes seaux, faisait la corvée
d’eau. Ils allaient la chercher à la fontaine d’une zaouïa située à cinquante pas de
notre école.
Le sol fut inondé1 Je pris très au sérieux mon travail et pour donner l’exemple, je
maniai avec énergie ma balayette. J’en avais mal aux reins. De temps à autre, je me
redressais tout rouge. Les muscles des bras me faisaient mal. Au repos, je les sentais
trembler. Dans l’eau jusqu’aux chevilles, pieds nus, bousculé par celui-ci, insulté par
celui-là, j’étais heureux ! Adieu les leçons, les récitations collectives, les planchettes
rigides, rébarbatives2, inhumaines ! Frottons le sol en terre battue, incrusté de
poussière et de crasse3, orné d’énormes étoiles de chaux4, qui résistaient à notre
brossage énergique. (…)
Le soir, je revins à la maison mort de fatigue, mais très fier de ma journée.
Devant mes parents je me vantai de mes multiples exploits5.
1-Le sol fut inondé : complètement couvert d’eau.
2-les planchettes rébarbatives : qui découragent par leur contenu difficile ;
ennuyeuses.
3-la crasse : une couche de saleté.
4-Les étoiles de chaux : les gouttes du liquide blanc utilisé pour blanchir les murs.
5-je me vantai de mes exploits : j’énumérai mes réalisations d’une manière très
valorisante.
I. ÉTUDE DE TEXTE : (10 points)
A. CONTEXTUALISATION DES DEUX TEXTES
1) Lisez attentivement les deux textes puis complétez le tableau suivant après l’avoir
reporté sur votre copie : (1 point)
a-Titre de l’oeuvre
b-Nom de l’auteur
c-Genre littéraire de l’oeuvre
d-Siècle
2) a)-Comment s’appelle le personnage principal dans les deux textes ? (0,5pt)
b)-Quel âge avait-il au moment des événements racontés ? (0,5 pt)
B. ANALYSE DES DEUX TEXTES
TEXTE 1 :
3) D’après le 1er paragraphe, le souvenir du mardi au Msid est resté gravé dans la
mémoire du narrateur, devenu adulte. Pour le montrer relevez : (1 pt)
a) Un indice typographique (choix des lettres d’écriture).
b) Le temps verbal utilisé.
4) a)-« Le maître utilisait la méthode douce pour apprendre à ses élèves les versets
coraniques ». Dites si cette proposition est vraie ou fausse puis justifiez votre réponse
par une phrase ou une expression du texte. (0,5 pt)
b)-À partir des sentiments éprouvés par le narrateur, indiquez si la tonalité dominante
dans le texte est tragique, pathétique ou comique. (0,5 pt)
TEXTE 2 :
5) a)-D’après le texte, pour quelle tâche principale les élèves ont-ils constitué (formé)
des équipes ? (0,5 pt)
b)-Que devaient faire les élèves pour mener à bien cette tâche ? Citez deux actions
pour répondre. (0,5 pt)
6) En effectuant sa nouvelle tâche :
a) Le narrateur a travaillé dans l’ombre pour ne pas se faire remarquer.
b) Le narrateur a tenu à servir de modèle à suivre pour ses camarades.
c) Le narrateur a essayé de tricher en économisant bien ses efforts.
Recopiez la bonne réponse en la justifiant par une expression du texte. (1 pt)
7) a)-Le narrateur avait-il envie de garder encore le souvenir des leçons apprises et
récitées collectivement devant le fqih ? (0,5 pt)
b)-Relevez dans le texte une expression qui justifie votre réponse. (0,5 pt)
8) a)-À la fin de la journée, dans quel état physique se trouvait le narrateur ? (0,5 pt)
b)-Relevez la phrase qui le montre puis précisez s’il s’agit d’une comparaison, d’une
hyperbole ou d’une personnification ? (0,5 pt)
C. RÉACTION PERSONNELLE FACE AUX DEUX TEXTES
9) Comment jugez-vous le comportement du fqih envers ses élèves dans le premier
texte ? Expliquez pourquoi en peu de mots. (1 pt)
10) D’après vous, le fqih a-t-il bien fait de charger ses élèves des travaux cités dans le
texte 2? Justifiez brièvement votre réponse par un argument. (1 pt)
II. PRODUCTION ÉCRITE : (10 points)
Sujet : Certains affirment que l’école est faite uniquement pour les études (cours
d’histoire-géographie, de langue, de maths…). D’autres, au contraire, pensent que
l’école devrait aussi accorder de l’importance aux activités parascolaires (activités de
théâtre, ateliers de peinture, clubs de cinéma, compétitions sportives, séances de
jardinage, excursions…)
Laquelle des deux opinions partagez-vous ? Développez votre point de vue en le
justifiant à l’aide d’arguments pertinents.
Consignes : Dans votre production, vous devez :
-Respecter la consigne (en exprimant votre point de vue personnel sur les activités
parascolaires. (1 pt)
-Utiliser des arguments pertinents. (2 pts)
-Bien organiser votre texte (prévoir une introduction, un développement et une
conclusion / employer les liens logiques pour relier les parties du texte et les
arguments). (2 pts)
-Veiller à la correction de la langue (vocabulaire, syntaxe, orthographe, conjugaison,
ponctuation). (5 pts)
Examen régional : Académie du Gharb-
Cherarda-benihssen (session : Juin 2010)
CREON: (...) -Tu l'apprendras, toi aussi, trop tard, la vie c'est un livre qu'on aime, c'est
un enfant qui joue à vos pieds, un outil qu'on tient bien dans sa main, un banc pour
se reposer le soir devant sa maison. Tu vas me mépriser encore, mais de découvrir
cela, tu verras, c'est la consolation dérisoire de vieillir ; la vie, ce n'est peut-être tout de
même que le bonheur.
ANTIGONE, murmure, le regard perdu : - Le bonheur...
CREON, a un peu honte soudain : - Un pauvre mot, hein?
ANTIGONE : - Quel sera-t-il, mon bonheur ? Quelle femme heureuse deviendra-t-elle, la
petite Antigone ? Quelles pauvretés faudra-t-il qu'elle fasse elle aussi, jour par jour,
pour arracher avec ses dents son petit lambeau de bonheur ? Dites, à qui devra-t-elle
mentir, à qui sourire, à qui se vendre ? Qui devra-t-elle laisser mourir en détournant le
regard ?
CREON, hausse les épaules. : - Tu es folle, tais-toi.
ANTIGONE : - Non, je ne me tairai pas ! Je veux savoir comment je m'y prendrais, moi
aussi, pour être heureuse. Tout de suite, puisque c'est tout de suite qu'il faut choisir.
Vous dites que c'est si beau, la vie. Je veux savoir comment je m'y prendrai pour vivre.
CREON : - Tu aimes Hémon ?
ANTIGONE : - Oui, j'aime Hémon. J'aime un Hémon dur et jeune ; un Hémon exigeant
et fidèle, comme moi. Mais si votre vie, votre bonheur doivent passer sur lui avec leur
usure, si Hémon ne doit plus pâlir quand je pâlis, s'il ne doit plus me croire morte
quand je suis en retard de cinq minutes, s'il ne doit plus se sentir seul au monde et
me détester quand je ris sans qu'il sache pourquoi, s'il doit devenir près de moi le
monsieur Hémon, s'il doit appendre à dire " oui ", lui aussi, alors je n'aime plus
Hémon.
CREON : - Tu ne sais plus ce que tu dis. Tais-toi.
ANTIGONE : - Si, je sais ce que je dis, mais c'est vous qui ne m'entendez plus. Je vous
parle de trop loin maintenant, d'un royaume où vous ne pouvez plus entrer avec vos
rides, votre sagesse, votre ventre. (Elle rit.) Ah ! Je ris, Créon, je ris parce que je te vois
à quinze ans, tout d'un coup ! C'est le même air d'impuissance et de croire qu'on peut
tout. La vie t'a seulement ajouté ces petits plis sur le visage et cette graisse autour de
toi.
CREON, la secoue : - Te tairas-tu, enfin ?
ANTIGONE : - Pourquoi veux-tu me faire taire ? Parce que tu sais que j'ai raison ? Tu
crois que je ne lis pas dans tes yeux que tu le sais ? Tu sais que j'ai raison, mais tu ne
l'avoueras jamais parce que tu es en train de défendre ton bonheur en ce moment
comme un os.
CREON : - Le tien et le mien, oui, imbécile !
ANTIGONE : - Vous me dégoûtez tous, avec votre bonheur ! Avec votre vie qu'il faut
aimer coûte que coûte. On dirait des chiens qui lèchent tout ce qu'ils trouvent. Et cette
petite chance pour tous les jours, si on n'est pas trop exigeant. Moi, je veux tout, tout
de suite -et que ce soit entier- ou alors je refuse ! Je ne veux pas être modeste, moi, et
me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout
aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite -ou mourir.
I. Étude de texte: (10 pts)
1) Recopiez et complétez ce tableau :
Auteur: Titre de Genre Siècle:
l'oeuvre: littéraire:
2) Situez ce passage dans la pièce.
3) Dans cet extrait. Antigone et Créon échangent des propos, quel est le thème de leur
conversation ?
4) Pourquoi les répliques d'Antigone, sont-elles plus longues que celles de Créon?
5) Dans ce dialogue avec Antigone, Créon se montre de plus en plus nerveux. Relevez
dans ce passage les moyens qui traduisent cette nervosité.
6) Quel type de phrase Antigone utilise-t-elle dans la quatrième réplique. Qu'est-ce que
cela traduit sur son état d’esprit dans cette scène.
7) Quelle figure de style est contenue dans les phrases soulignées?
Les phrases sont : "...défendre ton bonheur en ce moment comme un os." /On dirait
que des chiens lèchent tout ce qu'ils trouvent."
8) Quelle image donne-t-elle de Créon?
9) Pourquoi, d'après-vous, Créon traite-t-il Antigone de folle?
10) Quelle est la conception de la vie et du bonheur selon Antigone?
II. - Production écrite : (10 pts)
Sujet : Vos parents interviennent souvent dans des choix décisifs pour votre avenir
(études, mariage, loisirs…) À partir de votre expérience personnelle. Rédigez un texte
ou vous
Examen régional : Académie de Chaouia-
Ouardigha-Settat (session : Juin 2010)
Texte :
HEMON, entre en criant : -Père !
CREON, court à lui, l'embrasse : -Oublie-la, Hémon ; oublie-la, mon petit.
HEMON : -Tu es fou, père. Lâche-moi.
CREON, le tient plus fort : -J'ai tout essayé pour la sauver, Hémon. J'ai tout essayé, je
te le jure. Elle ne t'aime pas. Elle aurait pu vivre. Elle a préféré sa folie et la mort.
HEMON, crie, tentant de s'arracher à son étreinte : -Mais, père, tu vois bien qu'ils
l'emmènent ! Père, ne laisse pas ces hommes l'emmener !
CREON : -Elle a parlé maintenant. Tout Thèbes sait ce qu'elle a fait. Je suis obligé de
la faire mourir.
HEMON, s'arrache de ses bras : -Lâche-moi !
Un silence. Ils sont l'un en face de l'autre. Ils se regardent.
LE CHOEUR, s'approche : -Est-ce qu'on ne peut pas imaginer quelque chose, dire
qu'elle est folle, l'enfermer?
CREON : -Ils diront que ce n'est pas vrai. Que je la sauve parce qu'elle allait être la
femme de mon fils. Je ne peux pas.
LE CHOEUR : -Est-ce qu'on ne peut pas gagner du temps, la faire fuir demain ?
CREON : -La foule sait déjà, elle hurle autour du palais. Je ne peux pas.
HEMON : -Père, la foule n'est rien. Tu es le maître.
CREON : -Je suis le maître avant la loi. Plus après.
HEMON : -Père, je suis ton fils, tu ne peux pas me la laisser prendre.
CREON : -Si, Hémon. Si, mon petit. Du courage. Antigone ne peut plus vivre. Antigone
nous a déjà quittés tous.
I. Compréhension : (10 pts)
1) Complétez le tableau :
OEuvre Genre littéraire Auteur Époque des
événements
2) Mettez en ordre chronologique les événements suivants selon leur apparition dans
l’oeuvre :
a) le face à face entre Créon et Antigone,
b) la tentative d’Antigone d’enterrer son frère Polynice,
c) la condamnation d’Antigone,
d) la capture d’Antigone.
3) Le texte est-il une scène d’ouverture, une scène de fermeture ou une scène qui
prépare le dénouement ? Justifiez votre réponse.
4) a). Dans cet extrait, que cherche Hémon auprès de son père ?
b). Dans sa dernière réplique, s’adresse-t-il aux sentiments ou à la raison de son père ?
5) Quel est le sentiment exprimé dans les didascalies relatives à Hémon ?
6) Créon refuse ce que lui demande Hémon en justifiant ses propos par des
arguments. Citez-en deux.
7) En faveur de quel personnage intervient le choeur ? Que propose-t-il ?
8) « La foule … hurle autour du palais » : identifiez la figure de style utilisée dans cet
énoncé. Quel en est l’effet recherché ?
9) Quel registre de langue domine dans le texte ? Relevez dans le passage « Elle a
parlé…la faire fuir demain » une phrase qui le justifie.
10) Dans cette scène, comment trouvez-vous le personnage de Créon ?
II. Production écrite : (10 pts)
Sujet : Comme beaucoup de jeunes, il vous est arrivé de contester (ne pas accepter)
la décision d’un adulte. Racontez cette expérience et exprimez votre point de vue sur
le rapport entre les jeunes et les adultes.
Examen régional : Académie de Tanger-
Tétouan (session : Juin 2010)
Texte
CRÉON : -Tu l’apprendras toi aussi, trop tard, la vie c'est un livre qu'on aime, c'est un
enfant qui joue à vos pieds, un outil qu'on tient bien dans sa main, un banc pour se
reposer le soir devant sa maison. Tu va me mépriser encore, mais de découvrir cela,
tu verras, c'est la consolation dérisoire de vieillir, la vie, ce n’est peut-être tout de même
que le bonheur.
ANTIGONE, murmure, le regard perdu. : - Le bonheur...
CRÉON, a un peu honte soudain. : - Un pauvre mot, hein?
ANTIGONE : - Quel sera-t-il, mon bonheur? Quelle femme heureuse deviendra-t-elle, la
petite Antigone? Quelles pauvretés faudra-t-il qu'elle fasse elle aussi, jour par jour,
pour arracher avec ses dents son petit lambeau de bonheur? Dites, à qui devra-t-elle
mentir, à qui sourire, à qui se vendre? Qui devra-t-elle laisser mourir en détournant le
regard?
CRÉON, hausse les épaules : - Tu es folle, tais-toi.
ANTIGONE : - Non, je ne me tairai pas! Je veux savoir comment je m'y prendrai, moi
aussi, pour être heureuse. Tout de suite, puisque c'est tout de suite qu'il faut choisir.
Vous dites que c'est si beau, la vie. Je veux savoir comment je m'y prendrai pour vivre.
CREON : - Tu aimes Hémon?
I. -Étude de texte : (10 pts)
Lisez le texte et répondez aux questions suivantes :
1) Recopiez et complétez le texte suivant : (0,25x4)
« L'auteur d'Antigone est (Nom)... . Cet homme de théâtre français est né à (lieu)......,
en (date)... Il est décédé à (lieu)... en 1987 ».
2) Pour situer cet extrait, dites si les affirmations suivantes sont « vraies » ou
« fausses » : (0,25x4)
a) Antigone respecte l'édit de Créon qui interdit à quiconque d'enterrer le cadavre de
Polynice.
b) Créon veut sauver Antigone.
c) Pour convaincre Antigone, Créon lui dit que Polynice était un traître et un révolté.
d) Antigone reconnaît sa faute et présente ses excuses à Créon.
3) a) Dans cet extrait, qui parle le premier ?
b) A qui parle-t-il ? (0,5x2)
4) En vous référant à la première réplique, dites ce qu'est la vie pour Créon. (une seule
définition). (1 pt)
5) Antigone refuse le bonheur proposé par Créon. Citez un argument qui justifie ce
refus. (1 pt)
6) « Quelles pauvretés faudra-t-il qu'elle fasse elle aussi, jour par jour, pour arracher
avec ses dents son petit lambeau de bonheur?»
La figure de style employée dans cet énoncé est :
a) Une hyperbole
b) Une comparaison
c) Une métaphore
Recopiez la bonne réponse. (1 pt)
7) Donnez deux indices qui montrent que cet extrait est tiré d'une pièce de théâtre.
(0,5x2)
8) « Non, je ne me tairai pas! » Cette réponse montre qu'Antigone est :
a) Obéissante ;
b) Désobéissante ;
c) Indifférente.
Choisissez la bonne réponse (1 pt)
9) «Tu aimes Hémon ? » dit Créon
a) Croyez-vous que, pour Antigone, l'amour de son fiancé Hémon pourrait représenter
le bonheur?
b) Justifiez votre réponse en utilisant une phrase. (0,5x2)
10) a) Antigone ne respecte pas Créon qui est son oncle et le père de son fiancé.
Trouvez-vous ce comportement normal ?
b) Répondez par une phrase qui justifie votre réponse. (0,5x2)
II. - Production écrite : (10 pts)
Sujet : Certains affirment que les jeunes d'aujourd'hui ne respectent même pas leurs
parents. Partagez-vous ce point de vue ? Vous développerez votre réflexion en vous
appuyant sur des arguments et des exemples précis tirés de votre vie quotidienne ou
des oeuvres au programme.
Examen régional : Académie de Taza-
Hoceima-Taounate (Session : Juin 2010)
TEXTE :
Les gardes sont sortis, précédés par le petit page. Créon et Antigone sont seuls l’un en
face de l’autre.
CREON : -avais-tu parlé de ton projet à quelqu'un ?
ANTIGONE :- Non.
CREON :- As-tu rencontré quelqu'un sur ta route ?
ANTIGONE :- non, personne.
CREON : -Tu es bien sûre ?
ANTIGONE : -oui.
CREON : -Alors, écoute : tu vas rentrer chez toi, te coucher, dire que tu es malade, que
tu n’es pas sortie depuis hier. Ta nourrice dira comme toi. Je ferai disparaître ces trois
hommes.
ANTIGONE : -Pourquoi ? Puisque vous savez que je recommencerai.
Un silence. Ils se regardent.
CREON : -Pourquoi as- tu tenté d’enterrer ton frère ?
ANTIGONE : -Je le devais.
CREON : -Je l’avais interdit.
ANTIGONE, doucement : -je le devais tout de même. Ceux qu’on n’enterre pas errent
éternellement sans jamais trouver de repos. Si mon frère vivant était rentré harassé
d’une longue chasse, je lui aurais enlevé ses chaussures, je lui aurais fait à manger, je
lui aurais préparé son lit…Polynice aujourd’hui a achevé sa chasse. Il rentre à la
maison ou mon père et ma mère, et Étéocle l’attendent. Il a droit au repos.
CREON : -C’était un révolté et un traître, tu le savais.
ANTIGONE : -C’était mon frère.
QUESTIONS
I. ÉTUDE DE TEXTE : (10 pts)
1) a)- Quels sont les personnages vivants de la famille royale en présence dans ce
passage ? (0.5pt)
b)- Quel lien de parenté les unit-il ? (0.5 pt)
2) Relevez quatre noms de personnages morts dans l’extrait. (1pt)
3) Relevez dans la première didascalie un indice qui annonce l’affrontement entre les
deux personnages. (0.5 pt)
4) Lequel des deux personnages mène le dialogue ? Quelle est son intention ? (1pt)
5) « je ferai disparaître ces trois hommes.»
a)- Qui sont ces trois hommes ? (0.5pt)
b)- Créon veut les faire disparaître parce que :
- Ils ont arrêté Antigone.
- Ils étaient témoins d’une scène.
- Ils ont aidé Antigone à enterrer son frère.
Recopiez la bonne réponse. (0.5 pt)
6) « je le devais. » / « Je vous l’avais interdit. »/ « Je le devais tout de même. »
À quoi renvoient « le « et « l’ » dans le texte ? (1pt)
7) Justifiez l’emploi d’un temps du passé dans la dernière réplique : « C’était mon
frère » (1pt)
8) « Si mon frère vivant était rentré harassé d’une longue chasse, je lui aurais enlevé
ses chaussures. »
a)- L’action exprimée dans cette réplique est : - réalisée – réalisable – irréalisable
(0.5)
b)- Justifiez votre réponse en relevant deux indices relatifs au temps.
9) « Polynice aujourd’hui a achevé sa chasse. »
a)- Antigone veut dire que :
- son frère est mort.
- son frère est rentré de la chasse.
- son frère est chassé par Créon.
Recopiez la bonne réponse. (0.5pt)
b)- la figure de style employée est :
- une hyperbole.
- une comparaison.
- un euphémisme.
Recopiez la bonne réponse. (0.5pt)
10) Le comportement d’Antigone est-il punissable ? Dites pourquoi en une phrase.
(1.5 Pt)
II. PRODUCTION ÉCRITE : (10 POINTS)
Sujet :
Des parents pensent que leurs enfants doivent les consulter avant de prendre
certaines décisions. (Études, mariage, travail……)
Rédigez un texte argumentatif dans lequel vous justifierez votre point de vue à
propos de cette idée.
EXAMEN REGIONAL 2008
TEXTE
C'est aujourd'hui qu'on ferre les forçats qui doivent partir demain pour Toulon.
( ... ) Le guichetier prit les précautions d'usage pour s'assurer de moi, puis me
conduisit dans une petite cellule vide, et absolument démeublée, qui avait une fenêtre
grillée, mais une véritable fenêtre à hauteur d'appui, et à travers laquelle on apercevait
réellement le ciel.
- Tenez, me dit-il, d'ici vous verrez et vous entendrez. Vous serez seul dans votre loge
comme le roi. Puis il sortit et referma sur moi serrures. Cadenas et verrous.
La fenêtre donnait sur une cour carrée assez vaste, et autour de laquelle s'élevait des
quatre côtés, comme une muraille, un grand bâtiment de pierre de six étages. Rien de
plus dégradé, de plus nu, de plus misérable à l'oeil que cette quadruple façade percée
d'une multitude de fenêtres grillées auxquelles se tenaient collés, du bas en haut, une
foule de visages maigres et blêmes, pressés les uns au-dessus des autres, comme les
pierres d'un mur et tous pour ainsi dire encadrés dans les entrecroisements des
barreaux de fer. C'étaient les prisonniers, spectateurs de la cérémonie en attendant
leur jour d'être acteurs. On eût dit des âmes en peine aux soupiraux du purgatoire qui
donnent sur l'enfer.
Tous regardaient en silence la cour vide encore. Ils attendaient. Parmi ces figures
éteintes et mornes, ça et là, brillaient quelques yeux perçants et vifs comme des
points de feu.
( ... ) Midi sonna. Une grande porte cochère, cachée sous un enfoncement s'ouvrit
brusquement; une charrette, escortée d'espèces de soldats sales et honteux, en
uniformes bleus, épaulettes rouges et à bandoulières jaunes, entra lourdement dans
la cour avec un bruit de ferraille. C'était la chiourme et les chaines.
Au même instant, comme si ce bruit réveillait tout le bruit de la prison, les spectateurs
des fenêtres, jusqu'alors silencieux et immobiles éclatèrent en cris de joie, en
chansons, en menaces en imprécations mêlées d'éclats de rire poignants à entendre.
On eût cru voir des masques de démons. Sur chaque visage parut une grimace; tous
les poings sortirent des barreaux, toutes les voix hurlèrent, tous les yeux
flamboyèrent, et je fus épouvanté de voir tant d'étincelles reparaître dans cette cendre.
Cependant les argousins, parmi lesquels on distinguait à leurs vêtements propres et à
leur effroi, quelques curieux venus de Paris, les argousins se mirent tranquillement à
leur besogne. L'un d'eux monta sur la charrette et jeta à ses camarades les chaînes,
les colliers de voyage, et les liasses de pantalons de toile. Alors ils se dépecèrent le
travail; les uns allèrent étendre dans un coin de la cour les longues chaînes qu'ils
nommaient dans leur argot les ficelles ; les autres déployèrent sur le pavé les taffetas,
les chemises et les pantalons; tandis que les plus sagaces examinaient un à un, sous
l'oeil de leur capitaine, petit vieillard trapu, les carcans de fer qu'ils éprouvaient
ensuite en les faisant étinceler sur le pavé.
Questions
I. COMPRÉHENSION: (10 pts)
1) Recopiez et complétez le tableau suivant en cochant les cases correspondantes: (1
point) (Référez-vous à l'oeuvre d'où est extrait ce passage).
le narrateur est : vrai faux
Célibataire
Discipliné
Croyant
Analphabète
2) À la suite de quel événement se situe ce texte? (Référez-vous à l'oeuvre d'où est
extrait ce passage) (1 point).
3) Le narrateur est à Bicêtre.
a. À quelle scène va-t-il assister?
b. À partir de quel endroit y assiste-t-il ?
c. Qui d'autre que lui en est témoin? (1,5 point).
4) Dans le 5ème paragraphe («la fenêtre donnait ... sur l'enfer»), les prisonniers sont
décrits comme étant marqués physiquement.
a. Relevez dans ce paragraphe deux adjectifs qui le montrent.
b. À quoi l'aspect des prisonniers fait-il penser? (1 point).
5) Relisez le 5ème paragraphe.
a. Sur quel espace la description porte-t-elle essentiellement dans ce passage?
b. Relevez une comparaison et une hyperbole mises au service de cette description.
c. De cette description se dégagent certaines impressions. Citez-en deux.(1,5 p)
6) Relevez dans le texte quatre indices montrant le renforcement des mesures de
sécurité dans les cellules. (1 point)
7) À l'entrée des soldats dans la cour, les prisonniers réagissent différemment.
Relevez dans le texte trois expressions qui le montrent. (1,5 point)
8) Observez la réplique du gardien: " Vous serez seul dans votre loge comme le roi."
À quel registre (tonalité) renvoie cette réplique? (0,5 point).
9) a). Quel sentiment le narrateur éprouve-t-il face à ce qu'il décrit?
b). Justifiez votre réponse par une phrase du texte. (1 point)
II. PRODUCTION ECRITE: (10 points)
Sujet
La mode conduit parfois les jeunes à s'habiller ou à se coiffer de manière bizarre:
piercing, tatouage, cheveux hérissés, pantalons rapiécés ...
Vous sentez-vous concerné(e) par cette tendance ?
Dans un texte d'une vingtaine de lignes, vous préciserez votre point de vue en
l'appuyant à l'aide d'arguments pertinents et d'exemples tirés de votre expérience
personnelle.
Examen régional : Académie de
Marrakech-Tansift-Haouz (session : Juin
2010)
Tant que j’ai marché dans les galeries publiques du Palais de Justice, je me suis senti
presque libre et à l'aise; mais toute ma résolution m'a abandonné quand on a ouvert
devant moi des portes basses, des escaliers secrets, des couloirs intérieurs, de longs
corridors étouffés et sourds, où il n'entre que ceux qui condamnent ou ceux qui sont
condamnés.
L’huissier m'accompagnait toujours. Le prêtre m'avait quitté pour revenir dans deux
heures: il avait ses affaires.
On m'a conduit au cabinet du directeur entre les mains duquel l'huissier m'a remis.
C'était un échange. Le directeur l'a prié d'attendre un instant lui annonçant qu'il allait
avoir du gibier à lui remettre, afin qu'il le conduisît sur-le-champ à Bicêtre par le retour
de la carriole. Sans doute le condamné d'aujourd'hui, celui qui doit coucher ce soir sur
la botte de paille que je n'ai pas eu le temps d'user.
- « C'est bon, a dit l'huissier au directeur, je vais attendre un moment; nous ferons les
deux procès verbaux à la fois, cela s'arrange bien».
En attendant, on m'a déposé dans un cabinet attenant à celui du directeur. Là, on m'a
laissé seul, bien verrouillé.
Je ne sais à quoi je pensais, ni depuis combien de temps j'étais là, quand un brusque
et violent éclat de rire à mon oreille m'a réveillé de ma rêverie.
J'ai levé les yeux en tressaillant. Je n'étais plus seul dans la cellule. Un homme s'y
trouvait avec moi, un homme d'environ cinquante-cinq ans, de moyenne taille; ridé,
voûté, grisonnant; à membres trapus; avec un regard louche dans des yeux gris, un
rire amer sur le visage; sale, en guenilles, demi-nu, repoussant à voir.
Il paraît que la porte s'était ouverte, l'avait vomi, puis s'était refermée sans que je m'en
fusse aperçu. Si la mort pouvait venir ainsi!
Nous nous sommes regardés quelques secondes fixement, l'homme et moi; lui,
prolongeant son rire qui ressemblait à un râle; moi, demi-étonné, demi-effrayé.
- « Qui êtes-vous? Lui ai-je dit enfin.
-Drôle de demande! a-t-il répondu. Un friauche.
- Un friauche ! Qu'est-ce que cela veut dire?
-Cela veut dire, s'est-il écrié au milieu d'un éclat de rire, que la taule jouera au panier
avec ma sorbonne dans six semaines, comme il va faire avec ta tronche dans six
heures ».
(1) Ma sorbonne : ma tête.
I. - Étude de texte (10 points)
1) En vous référant à votre lecture de l'oeuvre,
a) copiez et complétez le tableau suivant:
Auteur OEuvre Genre Date de parution
b) situez le passage dans l’oeuvre. (2 points)
2) Dans le premier paragraphe de ce passage, le narrateur décrit des lieux. (1 point)
a) Quelle impression se dégage de cette description?
b) Relevez deux expressions justifiant cette impression.
3) «Je me suis senti presque libre et à l'aise».
a) Ce sentiment, a-t-il duré longtemps chez le narrateur?
b) Justifiez votre réponse par une phrase du texte. (1 point)
4) a) Pour quelle raison conduit-on le condamné au cabinet du directeur ?
b) Comment sont considérés les prisonniers par le personnel de la prison?
c) Quelle image l'auteur donne-t-il de ce personnel? (1,5 point)
5) Le narrateur n'était pas seul dans la pièce qu'il occupait.
Pourquoi ne s'en est-il pas rendu compte? (1 point)
6) a) Quel sentiment le narrateur éprouve-t-il à l'égard de son compagnon?
b) Relevez deux expressions qui justifient votre réponse. (1 point)
7) a) Dans quel niveau de langue s'exprime ce compagnon?
b) Relevez deux expressions qui justifient votre réponse. (1,5 point)
8) Précisez la figure de style employée dans chacun des énoncés suivants
a) La porte l'avait vomi.
b) …..lui, prolongeant son rire qui ressemblait à un râle. (1 point)
II. - Production Écrite (10 points)
«Je n'ai jamais connu l'école ; l'ignorance m'a conduit en prison », déclare un jeune
prisonnier à un journaliste.
La situation douloureuse dans laquelle se trouve ce jeune ne vous laisse
certainement pas indifférent.
Vous rédigez un article d'une vingtaine de lignes, destiné au journal de votre lycée,
dans lequel vous essaierez de convaincre les jeunes de votre âge de l'importance du
rôle social de l'école.
Examen régional : Académie de Meknès-
Tafilalt (session : Juin 2010)
TEXTE : Chapitre VI
Je me suis dit :
-Puisque j'ai le moyen d'écrire, pourquoi ne le ferais-je pas ? Mais quoi écrire ? Pris
entre quatre murailles de pierre nue et froide (...) seul à seul avec une idée, une idée de
crime et de châtiment, de meurtre et de mort! Est-ce que je puis avoir quelque chose à
dire, moi qui n'ai plus rien à faire dans ce monde ? Et que trouverai-je dans ce cerveau
flétri et vide qui vaille la peine d'être écrit ?
Pourquoi non ? Si tout, autour de moi, est monotone et décoloré, n'y a-t-il pas en moi
une tempête, une lutte, une tragédie ? Cette idée fixe qui me possède ne se présente-t-
elle pas à moi à chaque heure, à chaque instant, sous une nouvelle forme, toujours
plus hideuse et plus ensanglantée à mesure que le terme approche pourquoi
n'essaierais-je pas de me dire à moi-même tout ce que j'éprouve de violent et
d'inconnu dans la situation abandonnée où me voilà ? Certes, la matière est riche; et,
si abrégée que soit ma vie, il y aura bien encore dans les angoisses, dans les terreurs,
dans les tortures qui la rempliront, de cette heure à la dernière, de quoi user cette
plume et tarir cet encrier. - D'ailleurs, ces angoisses, le seul moyen d'en moins souffrir,
c'est de les observer, et les peindre m'en distraira.
Et puis, ce que j'écrirai ainsi ne sera peut-être pas inutile. Ce journal de mes
souffrances, heure par heure, minute par minute, supplice par supplice, si j'ai la force
de le mener jusqu'au moment où il me sera physiquement impossible de continuer,
cette histoire, nécessairement inachevée, mais aussi complète que possible, de mes
sensations, ne portera-t-elle point avec elle un grand et profond enseignement ? N'y
aura-t-il pas dans ce procès-verbal de la pensée agonisante, dans cette progression
toujours croissante de douleurs, dans cette espèce d'autopsie intellectuelle d'un
condamné, plus d'une leçon pour ceux qui condamnent? Peut-être cette lecture leur
rendra-t-elle la main moins légère, quand il s'agira quelque autre fois de jeter une tête
qui pense, une tête d'homme, dans ce qu'ils appellent la balance de la justice? Peut-
être n'ont-ils jamais réfléchi, les malheureux, à cette lente succession de tortures que
renferme la formule expéditive d'un arrêt de mort? Se sont-ils jamais seulement
arrêtés à cette idée poignante que dans l'homme qu'ils retranchent il y a une
intelligence; une intelligence qui avait compté sur la vie, une âme qui ne s'est point
disposée pour la mort ? Non. Ils ne voient dans tout cela que la chute verticale d'un
couteau triangulaire, et pensent sans doute que pour le condamné il n'y a rien avant,
rien après.
Ces feuilles les détromperont. Publiées peut-être un jour, elles arrêteront quelques
moments leur esprit sur les souffrances de l'esprit; car ce sont celles-là qu'ils ne
soupçonnent pas. Ils sont triomphants de pouvoir tuer sans presque faire souffrir le
corps. Hé! C'est bien de cela qu'il s'agit! Qu'est-ce que la douleur physique près de la
douleur morale! Horreur et pitié, des lois faites ainsi! Un jour viendra, et peut-être ces
Mémoires, derniers confidents d'un misérable, y auront-ils contribué...
À moins qu'après ma mort le vent ne joue dans le préau avec ces morceaux de papier
souillés de boue, ou qu'ils n'aillent pourrir à la pluie, collés en étoiles à la vitre cassée
d'un guichetier.
Extrait de « Le Dernier jour d'un condamné » de Victor Hugo
QUESTIONS
I. — ETUDE DE TEXTE (10 pts)
Relisez le texte et répondez aux questions suivantes :
1) Victor Hugo est un grand écrivain français : Quand et où est-il né ? (0,25 pt x 2)
-Citez une de ses oeuvres autre que « Le Dernier Jour d'un Condamné ». (0,5pt)
-Quand et où est-il mort ? (0,25 pt x2)
Pour répondre, vous pouvez choisir parmi les informations suivantes :
1720, 1802, 1850, 1885, à Paris, à Valencienne, à Besançon.
« Notre Dame de Paris », « l'Ingénu», « Les misérables ». 1,5pt
2) D'après votre lecture de l'oeuvre :
-Qui est le narrateur ?
-Où se trouve-t-il ? 0,5pt
3) a) Quel genre d'écrit le narrateur décide-t-il de produire ?
b) Dans quel but le fera-t-il? 1 pt
4) a) Relevez une comparaison employée dans le passage allant de
« Cette idée fixe ... » à « ...à mesure que le terme approche? »
b) Quelle idée cette comparaison met-elle en relief ? 1 pt
5) Relevez dans le texte quatre termes ou expressions appartenant au champ lexical
de l'écriture. 1 pt
6) a) La tâche de l'écriture est-elle sans difficultés pour le narrateur ?
b) Dégagez du texte deux arguments pour justifier votre réponse. 1 pt
7) a) Quel type de phrases est dominant dans le texte ?
b) Quelle idée ce type de phrases met-il en valeur ? 1 pt
8) a) Donnez deux sentiments éprouvés par le narrateur.
b) Qu'est-ce qui est à l'origine de chacun d'eux? 1 pt
9) a) Découpez le texte en deux parties.
b) Donnez un titre à chacune d'elles. 1 pt
10) a) À qui le narrateur désire-t-il adresser ses écrits ?
b) Donnez une raison avancée à ce sujet. 1 pt
II. - PRODUCTION ECRITE (10 pts)
Sujet : Dans cet extrait de « Le Dernier jour d'un condamné » le narrateur pense que
l'écriture est une sorte de délivrance de la souffrance, une sorte de soulagement...
Lui donnez-vous raison ?
Rédigez un texte dans lequel vous développerez votre opinion sur l'utilité de l'écriture.