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Taleb

Ce document présente un projet de fin d'études sur les exigences en fonds propres selon la réforme Solvabilité II pour les assurances non-vie, spécifiquement appliqué à un produit d'assurance automobile. Il aborde le calcul du capital de solvabilité requis en utilisant des données de la quatrième étude d'impact (QIS 4) tout en tenant compte des spécificités du marché marocain. L'étude inclut également des prévisions sur les taux d'intérêt et une analyse des méthodes réglementaires de provisionnement.

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Ce document présente un projet de fin d'études sur les exigences en fonds propres selon la réforme Solvabilité II pour les assurances non-vie, spécifiquement appliqué à un produit d'assurance automobile. Il aborde le calcul du capital de solvabilité requis en utilisant des données de la quatrième étude d'impact (QIS 4) tout en tenant compte des spécificités du marché marocain. L'étude inclut également des prévisions sur les taux d'intérêt et une analyse des méthodes réglementaires de provisionnement.

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ROYAUME DU MAROC

*-*-*-*-*
HAUT COMMISSARIAT AU PLAN
*-*-*-*-*-*-*-*

INSTITUT NATIONAL
DE STATISTIQUE ET D’ECONOMIE APPLIQUEE

Projet de Fin d’Etudes


*****

Exigences en fonds propres conformément à la réforme


solvabilité II en assurance non-vie

Préparé par : Mlle Rajae TALEB


Sous la direction de : M Fouad MARRI (INSEA)
M Ahmed SEGHROUCHNI (RMA Watanya)

Soutenu publiquement comme exigence partielle en vue de l’obtention du

Diplôme d’Ingénieur d’Etat


Option : ACTUARIAT-FINANCE

Devant le jury composé de :

§ M Fouad MARRI (INSEA)


§ M A. MECHRAFI (INSEA)
§ M Ahmed SEGHROUCHNI (RMA Watanya)
Juin "2012"

1
2
Résumé

Toute compagnie d’assurance doit être capable d’honorer ses engagements vis-à-vis
de ses assurés et autres créanciers. La préoccupation du risque et de la solvabilité des
entreprises occupe actuellement une place prépondérante. Sur les traces des normes
bancaires « Bâle 2 » et d’autres modèles de solvabilité, comme le modèle suisse de
solvabilité (« Swiss Solvency Test»), la Commission Européenne en collaboration avec
les Etats membres de l’Union Européenne, a lancé l’ambitieux projet nommé
«Solvabilité II ». Ce projet harmonisera au niveau européen les normes de solvabilité, afin
que les intérêts des assurés soient protégés de la même manière et que les conditions de
concurrence soient égales pour toutes les entreprises d’assurance.

Les normes de Solvabilité II définissent un certain niveau d’exigence en capital et


proposent deux modes pour son évaluation : une approche standard ou une approche modèles
internes. C’est d’ailleurs l’approche standard qui constitue la problématique centrale de ce
stage, elle sera appliquée à un produit d’assurance non-vie : « AUTO Corporel ».

L’objet de ce mémoire est le calcul du capital de solvabilité requis, en utilisant des données
proposées par la quatrième étude d’impact (QIS 4). Mais le cas du Maroc diffère de la
situation en Europe, il nous faudra adapter nos données aux exigences de la solvabilité II.
C’est pourquoi nous avons décidé de faire des prévisions sur les taux d’intérêt -entre autres-,
nous avons fait l’étude de la série chronologique de la courbe des taux de maturité 1 an, afin
d’illustrer l’une des manières de faire ces prévisions.

Mots clés
Solvabilité II, QIS4, Best Estimate, SCR, Séries chronologiques, Test de Dickey-Fuller,
méthodes règlementaires de provisionnement…

3
Dédicace

À ma mère
Les mots ne suffisent pas pour décrire ma gratitude et mon amour, tes efforts n’ont pas été
vains, tu as fais de moi qui je suis.

À ma petite sœur Salma


Tu as toujours été là pour moi, tu es ma source de joie, rien que ta présence dans ma vie me
comble de bonheur, et ce, depuis le jour où tu es née.

À mon fiancé
Ton soutien et ton amour m’ont permis de surmonter toutes les épreuves, tu as toujours eu
confiance en moi, même dans les moments les plus difficiles, quoi que je puisse faire, je ne
saurais te prouver à quel point tu comptes pour moi.

À mes sœurs Zineb et Meriem


Aux beaux souvenirs d’enfance…

À mes copines : Hiba, Imane, Imane, Karima, Meriem et Roukaya


Aux moments inoubliables que nous avons passé ensemble

À mon ami Oussama


Pour ton aide précieuse dans la mise au point de mon projet

Et bien sûr…

À mes amies d’enfance : Fadoua, Fatima-zahra, Fatima-zahra et Sara

Rajae TALEB

4
Remerciement

Ce mémoire a été réalisé au sein du service Risk-Management de la


Royale Marocaine des Assurances Watanya (RMA Watanya) à
Casablanca.

Je remercie en premier lieu Monsieur Ahmed SEGHROUCHNI,


directeur du département pour m’avoir donné l’opportunité
d’accomplir mon stage de fin d’études au sein de son service et sous
sa tutelle.

Un remerciement spécial aussi à Mlle Lamia BENAMMOU, M.


Réda ZGHAOUI et M. Souhil EL KHALDI.

Finalement, j’adresse tout particulièrement un grand remerciement


à mon encadrant, Monsieur Fouad MARRI, pour ses directives
précieuses et ses conseils avisés qui m’ont été d’un appui
considérable dans mon travail et dans mon cursus à l’INSEA.

5
Table de matières

Résumé………………………………………………………………………………………………………….3
Dédicaces………………………………………………………………………………………………………4
Remerciement……………………………………………………………………………………………….5
Table des matières…………………………………………………………………………………………6
Liste des abréviations…………………………………………………………………………………….8
Liste des figures…………………………………………………………………………………………….9
Liste des tableaux………………………………………………………………………………………….10
Introduction générale……………………………………………………………………………………11

CHAPITRE I : CONTEXTE GÉNÉRAL DE L’ÉTUDE………………………………………..13

I- Le secteur des assurances au Maroc…………………………………………….....14


1) Présentation du secteur……………………………………………………………14
2) La gestion des risques au sein des compagnies d’assurance………..15
a) Les risques des compagnies d’assurance……………………………...15
b) Le système de gestion des risques (ERM)…………………………….16

II- Présentation de l’organisme d’accueil…………………………………………….18


1) Historique……………………………………………………………………………….18
2) Chiffres clés……………………………………………………………………………..18

III- De la solvabilité I à la solvabilité II………………………………………………….21


1) La solvabilité I………………………………………………………………………….21
a) Solvabilité I : le régime en vigueur en Europe………………………21
b) Les limites de la solvabilité I……………………………………………….23
2) Le projet de directive solvabilité II……………………………………………24
a) La description de la nouvelle règlementation………………………24
b) Les piliers de la solvabilité II ………………………………………………26
c) Les études d’impact (QIS)…………………………………………………..29

CHAPITRE II : LA RÈGLEMENTATION À LA RMA WATANYA………………………32

I- Les méthodes règlementaires de provisionnement…………………………33


1) La méthode Dossier par Dossier……………………………………………….33
2) La méthode du coût moyen……………………………………………………..35
3) La méthode des cadences des règlements…………………………………36

II- La solvabilité II à la RMA Watanya…………………………………………………38

CHAPITRE III : L’APPROCHE STANDARD…………………………………………………..41

I- Le Best Estimate……………………………………………………………………………42
1) Les provisions techniques………………………………………………………..42

6
a) La méthode déterministe de Chain Ladder…………………………… 43
b) La volatilité de la réserve calculée par le modèle de Mack……..47
2) Le calcul du Best Estimate…………………………………………………………49

II- Le SCR (Capital de solvabilité requis)...…………………………………………….51


1) Le SCR souscription………………………………………………………………………….52
2) Le SCR marché …………………………………………………………………………………57
a) Le risque de taux…………………………………………………………………………58
b) Le risque d’action ……………………………………………………………………….61
c) Le calcul du SCR marché………………………………………………………………64

CHAPITRE IV : LES PRÉVISIONS DES TAUX FUTURS……………………………………65

I- Étude de la stationnarité de la série des taux…………………………………….66


1) Description de la série ………………………………………………………………………..66
2) Test de Dickey-Fuller………………………………………………………………………….68
a) Modèle avec constante et avec tendance…………………………………………68
b) Modèle avec constante et sans tendance…………………………………………69
c) Modèle sans constante et sans tendance…………………………………………70

II- Stationnarisation de la série chronologique des taux ………………………..71


1) La série des taux différenciée ……………………………………………………………….71
2) Test de Dickey-Fuller……………………………………………………………………………72
a) Modèle avec constante et avec tendance…………………………………………..73
b) Modèle avec constante et sans tendance…………………………………………..73
c) Modèle sans constante et sans tendance…………………………………………..74

III- Identification et estimation des paramètres……………………………………..76


1) Le modèle ARMA(p,q) de la série différenciée……………………………………….76
2) Prévisions des taux futurs……………………………………………………………………77
a) Validation du modèle ……………………………………………………………………..77
b) Prévisions du modèle ARIMA(2,1,4)………………………………………………..78

Conclusion générale……………………………………………………………………………………….80
Bibliographie …………………………………………………………………………………………………81
Annexes…………………………………………………………………………………………………………82

7
Liste des abréviations

CASS : Casualty Actuarial Society


COSE: Committee Of Sponsoring Organizations
ERM: Entreprise Risk Management
UBP: Union Bancaire Privée
EMS: Exigence de Marge de Solvabilité
CEIOPS: Commitee of European Insurance and Occupational Pentions Supvisors
CE: Commission européenne
EIOPA: European Insurance and Occupation Pensions Authority
QIS: Quantitative Impact Studies
MCR: Minimum Capital Requirement
SCR: Solvency Capital Requirement
BSCR: Basic Solvency Capital Requirement
DAPS: Direction des assurances et de la prévoyance sociale
EEE: Espace Economique Européen
OCDE: Organisation for Economic Co-operation and Development

8
Liste des figures
Figure 1: L’évolution du chiffre d’affaire de la RMA WATANYA…………………………19.
Figure 2: la part de marché de RMA Watanya en 2010………………………………………19
Figure 3: la répartition du chiffre d’affaires par branche……………………………………20
Figure 4: les provisions techniques à RMA Watanya…………………………………………20
Figure 5: la marge de solvabilité sous solvabilité I……………………………………………..22
Figure 6 : le calendrier de la mise en place de solvabilité II………………………………...26
Figure 7 : les trois piliers de solvabilité II………………………………………………………….27
Figure 8 : Le bilan selon les normes de solvabilité II………………………………………….28
Figure 9 : Le département gestion de risque au sein de la RMA WATANYA………..38
Figure 10: triangle des sinistres réglés cumulés……………………………………………….44
Figure 11: triangle de liquidation……………………………………………………………………44
Figure 12: CC-plot pour j=0 ……………………………………………………………………………45
Figure 13: CC-plot pour j=1……………………………………………………………………………45
Figure 14 : CC-plot pour j=2…………………………………………………………………………...46
Figure 15 : vérification de l’hypothèse H2 de Mack pour i=1993………………………48
Figure 16: décomposition du SCR en BSCR et en SCR opérationnel…………………..52
Figure 17: Allure de la courbe des taux donnée par le CEIOPS………………………….60
Figure 18: Calcul du SCR actions…………………………………………………………………….63
Figure 19 : Courbe des taux de maturité 1 an………………………………………………….67
Figure 20 : Corrélogramme de la série des taux………………………………………………68
Figure 21 : Résultat du test de Dickey-Fuller d’un modèle avec constante et avec
tendance………………………………………………………………………………………………………..69
Figure 22 : Résultat du test de Dickey-Fuller d’un modèle avec constante et sans
tendance…………………………………………………………………………………………………………70
Figure 23 : Résultat du test de Dickey-Fuller d’un modèle sans constante et sans
tendance…………………………………………………………………………………………………………71
Figure 24 : Allure de la différence première de la série des taux………………………..72
Figure 25 : Résultat du test de Dickey-Fuller d’un modèle avec constante et avec
tendance (série différenciée)……………………………………………………………………………73
Figure 26 : Résultat du test de Dickey-Fuller d’un modèle avec constante et sans
tendance (série différenciée)……………………………………………………………………………74
Figure 27 : Résultat du test de Dickey-Fuller d’un modèle sans constante et sans
tendance (série différenciée)……………………………………………………………………………75
Figure 28 : Corrélogramme de la série différenciée…………………………………………..76
Figure 29 : Coefficients su modèle retenu ARMA(2,4)………………………………………77
Figure 30 : Corrélogramme des résidus…………………………………………………………...78
Figure 31 : Prévisions sur quatre mois des taux futurs……………………………………..79

9
Liste des tableaux

Tableau 1: Courbe des taux donnée par le CEIOPS……………………………………………….50


Tableau 2 : Volatilité des réserves en fonction des branches proposé par la QIS4…54
Tableau 3: Les branches d’assurance non-vie…………………………………………………….54
Tableau 4: estimation du marché de la volatilité des primes par branche……………55
Tableau 5: Facteur de crédibilité pour le risque de primes…………………………………55
Tableau 6: matrice de corrélation des sous-modules du risque marché……………...57
Tableau 7: Structures par terme modifiés………………………………………………………….58
Tableau 8: Courbe des taux donnée par le CEIOPS……………………………………………..59
Tableau 9: Chocs sur les actions proposés par la QIS 4………………………………………61
Tableau 10: Placements en actions de la RMA Watanya (2011)…………………………63

10
Introduction générale
Le secteur des assurances est actuellement un secteur d’une très grande importance dans
toute économie en expansion. Son rôle s’inscrit dans un caractère social d’une part par la
protection des assurés contre les aléas sociaux tels que la maladie, les accidents de travail, les
accidents de la circulation, le décès, les incendies…et d’autres événements parfois
incontournables comme la retraite. D’autre part, les compagnies d’assurances mobilisent
d’importants fonds qu’ils injectent dans le marché financier, participant ainsi au financement
et au développement de l’économie.
Aujourd’hui, avec l’amorce du nouveau millénaire, l’effet domino de la crise financière a
fait à ce que le secteur soit parmi les plus touchés vu la nature du métier. En d’autres mots, le
secteur d’assurance peut générer une croissance économique remarquable comme il peut
engendrer un marasme mondial. Pour y remédier, la mise en place d’un ratio de solvabilité
assez sévère et une règlementation s'imposent.
Dans le souci de protection des assurés, la compagnie RMA Watanya est régie par le code
des assurances, et contrôlée par le Ministère des Finances et de la privatisation. Des méthodes
de calcul de provisions réglementaires, des seuils de placements en obligations, en actions et
en immobilisation dans chaque branche, des restrictions dans le choix de variables tarifaires,
et d’autres contraintes, lui sont ainsi imposées. L’une des questions les plus pertinentes pour
les actuaires est d’évaluer la charge future (provisions et paiements) de la compagnie, donc
d’estimer la sinistralité future, en observant le passé.
L’évaluation des provisions, à l’aide des méthodes règlementaires, qui sont notamment, la
méthode dossier par dossier, la méthode du cout moyen et la méthode de la cadence de
règlement, ne couvrent pas toujours la compagnie du risque d’insuffisance de liquidité.
D’ailleurs, ces réserves techniques vont être liquidées pendant des années, elles seront
nécessairement sous évaluées par le facteur d’inflation, d’où la nécessité de faire des
placements. Placer ces réserves est une autre problématique qui se pose à la compagnie.
Le projet Solvabilité II a en effet été lancé en 2001 par la commission européenne et
propose une révision et une harmonisation (à l’échelle européenne) de la réglementation
prudentielle des sociétés d’assurances dans le but de rehausser leur compétitivité
internationale et une meilleure gestion du risque par les sociétés d’assurances.
Pour son élaboration, et dans le but de l’adapter au marché de l’assurance de l’Union
Européenne, la commission européenne CEIOPS a procédé à des études d’impact depuis 2004

11
permettant d’obtenir des données de la part des intervenants sur le marché des assurances. Ces
études permettent d’évaluer les provisions techniques et d’y intégrer la formule standard du
SCR (Capital de Solvabilité Requis).
C’est dans cette optique que la DAPS « direction des assurances et prévoyance
sociale » encourage à mettre en place le modèle de solvabilité II afin que les compagnies
d’assurances marocaines s’alignent sur les mêmes normes internationales. Par conséquent,
RMA WATNYA, et dès le début des années 2008, a créé le département de gestion des
risques afin de mettre en place une cartographie du risque et une plate-forme pour le
financement de solvabilité II.
En fait, solvabilité II calcule les provisions en décortiquant le passif de l’entreprise en
marge de risque plus un Best Estimate, cette rubrique appelée selon les normes de solvabilité I
provisions techniques plus les exigences de solvabilités requises.
Dans ce contexte, la problématique traitée dans ce mémoire est la nécessité d’adopter des
nouvelles règles dans le cadre de solvabilité II dans le calcul des PSAP et des exigences en
fonds propres pour faire face aux différents risques auxquels la compagnie est exposée.
Dans une démarche simple et descriptive des différentes étapes de calcul, nous estimerons
successivement la provision de la branche AUTO Corporel par la méthode de Chain Ladder
avec une mesure de l’incertitude associée donnée par la méthode de Mack. Pour ne pas
s’éloigner du code en vigueur, nous rappellerons au chapitre II de notre mémoire les méthodes
réglementaire de ces provisions. Au nombre de trois, elles utilisent les estimations des coûts
de sinistres déclarés ou pas.
Nous avons ensuite appliqué la formule standard dans le calcul du capital de solvabilité
requis (SCR), qui permettra à la compagnie de faire face à certains risques. Le dernier
chapitre sera destiné à faire des prévisions des taux futurs qui interviennent dans le calcul du
SCR taux, et donc de faire une étude de la série chronologique de ces taux.

12
CHAPITRE I :

CONTEXTE GÉNÉRAL DE
L’ÉTUDE

13
I- Le secteur des assurances au Maroc :

1) Présentation du secteur :

Dans tout pays, le système financier est incontournable dans la stimulation de la croissance,
à travers la collecte et l'injection de fonds dans les rouages de l'économie. Dans ce contexte, le
secteur des assurances, entre autres, joue un rôle important. Il ne cesse de se développer, que
ce soit par les sommes importantes qu'il draine ou au niveau des tendances lourdes qui le
caractérisent ces dernières années.
Avec une croissance du PIB de l’ordre de 3,3%, le secteur des assurances au Maroc
enregistre des résultats satisfaisants, plus particulièrement pour la branche non-vie. L’année
2010 par exemple a confirmé le changement de cap qui s’opère au niveau de la profession,
vers une règlementation et un cadre plus strict pour accompagner le développement des
activités.
En 2010, les émissions ont atteint un montant de 21 872.8 Millions de Dirhams contre 20
939.6 Millions de Dirhams en 2009, soit une progression de l’ordre de 4.5%. Cette évolution
montre un net ralentissement par rapport à la période 2004 - 2009 qui a été marquée par un
taux de croissance annuel moyen de 11.44%.
Comme en 2009, cette évolution est contrastée selon les branches. En effet, les opérations
non Vie s’inscrivent à 15 213.3 Millions de Dirhams en 2010 (69.55% du total) contre 14
220.8 Millions de Dirhams en 2009 (67.91% du total), soit une progression de 7%. Quant aux
opérations Vie et Capitalisation, elles enregistrent en 2010 un montant de 6 659.5 Millions de
Dirhams (30.45% du total) contre 6 718.8 Millions de Dirhams en 2009 (32.09% du total),
soit une régression de 0.9%.
Cette régression ne s’explique que par le fait que normalement c’est le réseau bancaire qui
assure la collecte de la majorité des primes d’assurance vie, pourtant ce dernier a consacré ces
efforts dans la collecte de dépôts à travers des produits bancaires vue le manque de liquidité.
Concernant la répartition des primes par catégories, l’Automobile garde sa première place
avec 32.35% des primes émises. Elle est suivie par la branche Assurances Vie et
Capitalisation avec 30.45% des primes émises. Et ensuite, on trouve respectivement les
Accidents Corporels, les Accidents du Travail et l’Incendie.

14
2) La gestion des risques au sein des compagnies
d’assurances :

a) Les risques des compagnies d’assurances :

La première définition scientifique du risque a été énoncée par Daniel Bernoulli dans le
18eme siècle et plus précisément en 1738 : « le risque est l’espérance mathématique d’une
fonction de probabilité d’évènements ». En d’autre terme, le risque est la valeur moyenne des
conséquences d’évènements affectés de leur probabilité. Pratiquement dit, un risque est un
évènement qui peut surgir à n’importe quel moment et susceptible de causer un dommage aux
personnes « malchanceux », les biens ou les deux même à la fois. Dans les relations
conventionnelles, l’imprévisibilité qui porte à la fois sur la survenance et sur les conséquences
d’un évènement constitue le fondement de l’engagement de l’assureur et de son client, et aussi
le fondement de l’engagement du rentier envers son débiteur et réciproquement.
Les risques liés à l’activité de l’assurance sont principalement :

Le risque de souscription :

Le risque de souscription est le risque résultant de la souscription de contrats d’assurance,


qui est associé aux risques couverts et aux procédures suivies dans la gestion de l’activité. Le
risque de souscription non vie a trait aux incertitudes relatives aux résultats des souscriptions
de l’assureur. Ces incertitudes concernent le montant et le moment des règlements de sinistres
lies aux passifs existants, le volume d’affaires qui sera souscrit et les taux de prime qui
seraient nécessaires pour couvrir les passifs engendrés par les affaires souscrites.
Le métier de base d’une entreprise d’assurance consiste à accepter des risques de souscription
par le biais de polices d’assurances.

Le risque de contrepartie :

15
Le risque de contrepartie est le risque de pertes résultant d’une défaillance imprévue ou
d’une dégradation de la note de crédit des contreparties ou des débiteurs de contrats de
réduction des risques, tels que des dispositifs de réassurance, des titrisations et des dérivés,
ainsi que des créances auprès d’intermédiaires, et de tout autre exposition de crédit non
couverte dans le sous-module risque de spread.

Le risque opérationnel :

Le risque opérationnel est le risque de perte résultant de procédures internes inadaptées ou


défaillantes, du personnel ou des systèmes, ou d’évènements extérieurs. Il comprend
également les risques juridiques, mais il exclut les risques de réputation et les risques résultant
de décisions stratégiques. Le module risque opérationnel tient compte des risques
opérationnels non explicitement couverts dans d’autres modules de risque.

Le risque de marché :

Le risque de marché est le risque de perte lié aux variations de la valeur des actifs. Il existe
de nombreux types d’actifs et une quantité presque infinie des produits financiers qui tous
sont exposés à ce genre de risque. C’est un risque résultant du niveau ou de la volatilité des
cours des instruments financiers.

b) Le système de gestion des risques (ERM) :

L’Enterprise Risk Management est la cellule qui a comme mission au sein d’une compagnie
d’assurance de gérer la totalité des risques susceptibles de menacer sa solvabilité.
La notion du Risk Management a vu le jour au début des années 2000 suite aux travaux
réalisés par la CASS et du COSO.
Selon l’agence de notation Standard & Poor’s, l’objectif de l’Entreprise Risk Management est
d’identifier, évaluer, sélectionner et gérer les risques sachant que cette activité reste cyclique
et continuellement remise en cause par des tentatives de gestion fructueuses et non
fructueuses.

16
La dernière phrase de la définition permet de noter l’activité cyclique de l’ERM : les
conséquences d’une décision dans la gestion des risques seront étudiées. En fonction du
positionnement de l’entreprise par rapport à ce qui était prévu en termes de prise de risque, la
décision sera renforcée ou modifiée. L’ERM est une activité dynamique. Elle se base sur un
suivi régulier des réalisations des risques.
Selon la directive de solvabilité II publiée en juillet 2010, la fonction Risk Management
n’est pas différente radicalement coté principes par rapport au Risk Management classique. La
mise en place de l’ERM permet d’instaurer un périmètre d’étude des risques formalisé qui
permet réellement d’optimiser les processus de gestion des risques, ce qui, en soit, constitue
un réel axe de progrès.
Les entreprises d’assurance ainsi que celles de réassurance sont en pleine période de la
mise en place d’un système de gestion des risques, celui-ci comprend les stratégies, processus
et procédures d’information afin de détecter, mesurer, contrôler, gérer et puis déclarer
quotidiennement les risques aux niveaux individuels et agrégés, auxquels elles sont exposées
ou pourraient être exposées dans le futur ainsi que l’interdépendances entre ces risques.
Ce système de gestion des risques a plusieurs avantages : d’abord il est intégré à la
structure organisationnelle et aux procédures de prise de décision de l'entreprise d'assurance
ou de réassurance, et en plus, il est pris en compte par les personnes dirigeantes ou occupant
des postes clés au sein de la compagnie. D’autre part, ce système de gestion des risques
couvre en plus des risques à prendre dans solvabilité II, l’ensemble des risques n’entartant pas
dans le calcul de solvabilité II. Ce système de gestion des risques couvre plus au moins les
points suivants : la souscription et le provisionnement, la gestion actif-passif, les
investissements en particulier dans les instruments dérivés et engagements similaires, la
gestion du risque de liquidité et de concentration, la gestion du risque opérationnel, la
réassurance et les autres techniques d'atténuation du risque.
Quant à la partie quantitative, la compagnie a entamé en réflexion avancée afin de définir
les besoins en capitaux en mobilisant les fonds propres nécessaires en face de chaque risque.

17
II- Présentation de l’organisme d’accueil :

1) Historique :

Le 08 Décembre 2004, deux compagnies d’assurances ; la Royale Marocaine d’Assurances


et Al Watanya ont donné naissance à RMA Watanya. Capitalisant ainsi deux expériences
exclusives en la matière, elles créent le plus grand assureur au Maroc. Cette fusion s’inscrit
dans la politique de concentration et de rapprochement que connait le secteur dans l’objectif
d’avoir une structure solide et concurrente.

La Royale Marocaine d’Assurance est la première compagnie d’assurances marocaine.


Créée en 1949 par un groupe d’investisseurs marocains, elle a usé d’expertise et de
professionnalisme pour devenir l’une des plus importantes compagnies d’assurances de la
place. En 1995, la compagnie a participé à la privatisation de la banque marocaine de
commerce extérieur devenue BMCE Bank. Trois ans plus tard, le groupe RMA BMCE
accompagné de Commerzbank et UBP procède au rachat des parts du groupe français le
GAN d’Al Watanya et l’Alliance Africaine d’Assurance. De cette opération résulte un
rapprochement des deux entités, qui n’a pris effet que le premier janvier 2001. Le 31 Mars
2003 le président directeur général de la RMA annonce le projet de la fusion de RMA et Al
Watanya. Celle-ci n’a été effective que le premier janvier 2005.

2) Chiffres clés :

Dans ce présent paragraphe, nous allons exposer quelques chiffres clés de la RMA
Watanya à travers lesquels on pourrait avoir une vision plus claire sur sa situation financière.

18
Le chiffre d’affaires a progressé de 5,8% en passant de 4206 millions de dirhams en 2008
pour atteindre 4 448 Mdhs en 2010. Cette performance est due principalement à l’assurance
vie qui a évolué de 9,3% (1 849 Mdhs).

Figure 1: L’évolution du chiffre d’affaire de la RMA WATANYA:

La part de marché de RMA WATANYA quant à elle, a connu une augmentation expliquée
par l’amélioration de la vie ce qui permet de compenser la légère réduction de la non vie.

Figure 2: la part de marché de RMA Watanya en 2010

Suite à la performance de la bancassurance, l’activité vie a gagné 1,5 point par rapport
à 2009. La branche retraite reste la branche la plus rentable pour la compagnie, elle représente

19
33% du chiffre d’affaire contre 31% en 2009. La deuxième branche est l’Automobile à 24%
au même niveau que l’année précédente. À noter que la branche accidents corporels dont le
calcul sera plus détaillé dans le chapitre suivant représente 13% du Chiffre d’Affaire de la
RMA Watanya.

Figure 3: la répartition du chiffre d’affaires par branche

Les provisions techniques ont connu une hausse de 4% par rapport à 2009 en parallèle avec
l’évolution du chiffre d’affaires, dans mon projet je vais traiter plus précisément les
provisions pour sinistres à payer, rubrique qui constitue une part importante dans les
provisions techniques.

Figure 4: les provisions techniques à RMA Watanya

20
III- De la solvabilité I à la solvabilité II :

1) Solvabilité I :

a) Solvabilité I, le régime de solvabilité en vigueur en Europe:

Historique :

Les premières règles de solvabilité apparaissent en Europe ou la réglementation sur la


solvabilité a été énoncée dans deux directives, en 1973 et1979. Cette dernière imposait aux
assureurs de constituer ce qu’on appelle un matelas de fonds propres afin de faire face aux
différents aléas qui peuvent surgir. L’objectif du contrôle de solvabilité est que les autorités de
contrôle arrivent à déterminer les assureurs susceptibles d’être dans une possibilité de non
remboursement.
Solvabilité I n’est apparu qu’au début de 1973-1974 directement après l’apparition de bale I
(applicable aux banques), ces années ont été caractérisées par l’apparition d’une forte
incertitude sur les marchés financiers (inflation, instabilité de taux de change..) donc l’origine
de la mise en place de solvabilité I était la mise en place de marge de solvabilité afin d’éviter
essentiellement le risque de faillite. En plus, l’application des règles prudentielles apparait
comme logique dans une économie moderne puisque le fait d’assurer les échanges va
certainement créer de la certitude et donc va favoriser les créations monétaires. Le mot
« risque» a des origines lointaines puisqu’il a été employé depuis le XIVème par les
assurances maritimes italiennes ce qui prouve que le souci d’évaluer le risque par les
compagnies d’assurance est manifesté depuis des siècles.

Réglementation :

21
La réglementation sur la solvabilité n’a connu que peu de modification depuis l’adoption de
solvabilité I et ça été en 2002. Le problème c’est que malgré l’apparition d’une diversité de
risque, solvabilité ne prend en considération que le risque de souscription. Depuis Février
2002, la législation n’a pas modifié le calcul de la solvabilité, mais elle a plutôt ajouté certains
éléments afin de mieux refléter la situation des compagnies d’assurances. La réglementation a
renforcé le contrôle par le fait d’obliger les compagnies d’assurances à respecter les exigences
de solvabilité, en plus elle a renforcé les droits d’intervention aux autorités de contrôle du
secteur.

Principes :

Le projet de solvabilité I se base sur trois grands principes :

• Des provisions techniques suffisantes qui permettraient de régler les engagements des
assureurs vis-à-vis de leurs assurés. La réglementation actuelle prévoit que les engagements
réglementés auxquels une compagnie d’assurance doit faire face sont constitués des
provisions techniques c’est-à-dire les provisions mathématiques, les provisions pour
participation aux bénéfices, les provisions pour sinistres à payer … Et autres passifs.

• Les actifs utilisés en couverture doivent être liquides et sûrs. Les principaux éléments
qui peuvent servir à couvrir les engagements règlementés envers les assurés sont les actions,
les obligations, l’immobilier et d’autres créances

• Une marge de solvabilité pour faire face à d’éventuelles pertes futures (EMS :
exigence de marge de solvabilité). Elle est constituée du capital de la société plus les
plus/moins-values latentes sur les placements financiers.

22
Figure 5: la marge de solvabilité sous solvabilité I

(Source : L’Association Française des Investisseurs en Capital - [Link])

b) Les limites de la solvabilité I :

La solvabilité I est qualifiée comme simple mais présente plus d’inconvénients que
d’avantages. Ces avantages sont sa simplicité et sa possibilité de comparer les résultats
obtenus pour différentes entreprises opérantes dans le secteur d’assurance.

Pour ses limites, on trouve que :

Le calcul des sinistres dans l’assurance non vie et des provisions mathématiques dans
l’assurance vie les deux postes les plus importants dans le calcul du passif de
l’entreprise ne se base que sur la prise en compte de risque de souscription alors qu’il
existe d’autres risques qui peuvent modifier le calcul, ce qui signifie qu’il n y a pas
une distinction entre les risques qui peuvent surgir quel que soit leur volatilité.
Le risque de placement n’est pas inclus dans l’exigence de marge de solvabilité ce qui
va donner une marge de solvabilité largement inférieure et donc l’entreprise
d’assurance peut tomber dans une situation d’insolvabilité dans le cas d’apparition
d’un nouveau risque
Le calcul des éléments d’actif et de passif se fait par la valeur comptable et non pas
par la valeur de marché introduit par les normes IFRS.
Solvabilité I ne sanctionne pas les entreprises qui sous provisionnent les risques mais
plutôt pénalise celles qui sur provisionnent vue que logiquement les compagnies
d’assurance qui placent les fonds collectés auprès des assurés dans des lieux moins
sécurisés tels que l’achat des actions d’une entreprise non cotée sont dans l’obligation
d’immobiliser plus d’argent que les autres qui gèrent mieux leurs couples risque/
rendement.

23
En résumé, on peut déduire que solvabilité I reste qu’une solution provisoire en attendant la
sortie définitive de solvabilité II afin de refléter mieux le risque auquel un assureur est
réellement confronte. Solvabilité II a un objectif principal c’est l’amélioration de solvabilité I
tout en prenant en compte les évolutions en matière techniques financières et de gestion et
maitrise de risque afin d’assurer un rapport adéquat entre les exigences règlementaires de
capital et les risques qui peuvent surgir au sein d’une compagnie d’assurance.

2) Le projet de directive solvabilité II :

a) La description de la nouvelle réglementation :

Une nouvelle procédure nommée « solvabilité II » ou solvency II en anglais est entrain


d’être élaborée par plusieurs acteurs opérants dans le secteur d’assurance. Ce concept se
différencie du premier concept sur le principe de calcul de solvabilité au sein de l’union
européenne c’est-à-dire que l’approche qui repose sur le risque de souscription va être
remplacée par une approche plus globale qui intègre l’ensemble des risques encours par une
compagnie d’assurance. Ce qu’on peut constater c’est que solvabilité II va poser d’énormes
problèmes pour les assureurs qui n’ont pas pris en compte d’une manière précise les
caractéristiques sous-jacent de leurs risques.

Les objectifs :

Selon la CEIOPS, Solvabilité II a des objectifs précis à atteindre, parmi ceux-ci on trouve :
- Assurer une implication harmonisée entre les pays européens par une approche basée
sur l’appréciation du risque et en recourant à des éléments quantitatifs que qualitatifs;
- Renforcer la protection des assurés et des bénéficiaires des contrats d’assurance ;
- Favoriser la compétitivité des assureurs ;
- Inciter les entreprises d’assurances à améliorer leur gestion des risques.

24
Les acteurs :

Les acteurs de la réforme Solvabilité II sont nombreux et regroupent deux catégories


d’intervenants : les membres mandatés par la Commission Européenne et les professionnels.
Le Comité Européen des Contrôleurs des Assurances et des Pensions Professionnelles
(CECAPP ou CEIOPS en anglais), dont le nom est EIOPA (European Insurance and
Occupational Pensions Authority) depuis le 1er janvier 2011 est en pleine phase d’implication
dans l’élaboration de solvabilité II. CEIOPS aide la commission en fournissant des conseils et
des recommandations à partir d’une analyse de résultats des études d’impact quantitatives
(QIS) et des « calls for advice » en plus il a déjà mis en place plusieurs groupes de travail afin
de répondre aux différents avis techniques formulées par la commission.
Les professionnels (compagnies d'assurances, fédérations professionnelles, actuaires,
consultants) ont quant à eux un rôle de consultation sur les projets d'avis de l’ex CEIOPS à
travers de « consultation papers » et en ce qui concerne les projets les plus quantitatifs à
travers des spécifications techniques des Etudes Quantitatives d’Impacts (Quantitative Impact
Studies en anglais)

Le calendrier :

La réforme de solvabilité II sera adoptée en 2013 et appliquée en 2014. Pourtant, les


mesures d’application sont déjà en cours de définition. Sachant que les paramètres ne
deviendront définitifs qu’à fin aout 2012.

25
Figure 6 : le calendrier de la mise en place de solvabilité II
(Source : [Link])

b) Les piliers de la solvabilité II :

La solvabilité II s’articule autour de trois piliers à savoir : les exigences en capital (pilier I)
qui vise à mesurer quantitativement les risques, la cadre du contrôle ( pilier II) qui vise à
évaluer qualitativement la gestion des entreprises, tandis que la discipline de marche ( pilier
III) vise à accroitre la transparence et la clarté des informations fournies aux assurés, aux
investisseurs ainsi qu’aux autorités de contrôle.

26
Figure 7 : les trois piliers de solvabilité II

Source : Dossier technique Optimind : « Solvabilité II: Point d’étape ; Actualité de la réforme et enjeux du moment », mars 2008

Pilier I : les exigences quantitatives du capital

Le pilier I permet une analyse plus quantitative aux risques, il s’intéresse à l’harmonisation
de la valorisation des provisions techniques. Au niveau des exigences en capital, deux niveaux
de capital sont traités :
- Le Minimum de Capital Requis ou MCR (Minimum Capital Requirement) calculé à partir
des données simples et identiques pour toutes les compagnies d’assurances, ce seuil
représente le niveau minimum à partir duquel l’intervention des autorités de contrôle sera
automatique.
- Le Capital de Solvabilité Requis ou SCR (Solvability Capital Requirement) calculé à partir
d’une formule standard (basée sur des facteurs et des modules de risque) ou bien d’un modèle
interne qui permet d’exposer la situation réelle, exacte et surtout propre de la compagnie, en
fait c’est un capital qui permet de faire face à l’apparition d’un sinistre majeur au cours d’une
année.

Ce premier pilier est purement quantitatif et permet de fournir les techniques essentielles
pour mesurer la suffisance des provisions techniques et l’exigence de capital ( MCR & SCR )
c’est-à-dire les seuils de fonds propres à partir duquel on peut juger qu’une compagnie

27
d’assurance est solvable ainsi qu’une unification des principes et des outils de calcul entre les
différents compagnies d’assurance.

Voici une décomposition du bilan sous les normes de solvabilité II :

Figure 8 : Le bilan selon les normes de solvabilité II

Source : [Link]

Pilier II : les exigences qualitatives :

Ce deuxième pilier s’intéresse à définir et à harmoniser les activités de surveillance et de


contrôle des assureurs et des superviseurs.
En interne, la mise en place d’un système de contrôle doit permettre de définir une
organisation claire, une définition précise des responsabilités, existence des procédures écrites
ainsi que la fiabilité du système d’audit interne.
Du côté externe à l’entreprise, les superviseurs sont amenés à définir le processus de
contrôle sur pièce et sur place, à organiser des simulations de situation de crise, à mettre en
place un outil d’alerte mais aussi à faire respecter la directive Solvabilité II. Au cas où il y a
une insuffisance quantitative ou de gouvernance, les superviseurs seront amenés à obliger aux
assurés de mettre en place des capitaux et des fonds supplémentaires et donc faire appel à
leurs assurer pour majorer le montant des primes déposées. Les superviseurs ont aussi la
mission de contrôler des modèles internes qui peuvent être mis en place par les assureurs.

28
Pilier III : les exigences d’informations :

Ce dernier pilier concerne le type d’information qui doit être publié au public afin de
renforcer la discipline de marche. L’objectif principal de ce pilier est de progresser vers une
harmonisation diffusé dans les états appliquant ce processus de solvabilité II à différents
niveaux: les assurés, les autorités de contrôle, les investisseurs.

c) Les études d’impact (QIS) :

Le but principal du pilier I est de définir les paramètres et les méthodes dites techniques qui
vont être utilisés pour le calcul des différents postes du bilan prudentiel selon le ratio de
solvabilité II. Afin de tester les avancées en ce qui concerne ce calcul, le CEIOPS lance des
études quantitatives d’impact (QIS pour « Quantitative Impact Studies ») dans le but est
d’insister les compagnies d’assurance à appliquer à leurs propres situations les derniers
nouveautés de calcul publiant dans les QIS. Les résultats collectés auprès de ces organismes
d’assurance permettent au CEIOPS de les analyser afin d’étudier l’impact quantitatif sur les
grands postes du bilan et de corriger encore les règles et les modes de calcul afin qu’ils soient
définitifs d’ici la fin de 2012 pour être appliqués à l’ensemble des pays faisant partie de
l’union européenne début 2014 et à une date N au Maroc.

QIS 1 : Octobre 2005 – décembre 2005

QIS1 avait un double objectif, le premier est de comparer les niveaux de prudence des
provisions techniques et le deuxième est de recueillir les informations concernant les
méthodes de calcul de ces provisions. Autrement dit, il s’agit de comparer les provisions
existantes avec des provisions valorisées selon l’une de ces méthodes :

- Décomposition des provisions techniques en « best estimate » et marge de risque ce


qui nous donne:

29
- calibrage pour obtenir un niveau de confiance prédéterminé, selon une approche
« quantile » (60%, 75%, 90%).

Mais il s’est avéré par la suite que plusieurs compagnies d’assurance n’ont pas pu répondre
correctement sur l’intégralité du questionnaire vue le caractère novateur de la démarche et les
délais de réponses imposés par les autorités de contrôle. Et pourtant, les objectifs ont été
atteints quand même puisque les provisions ont été calculées selon une méthode nouvelle et
unifiée ce qui a permis de mesurer l’impact de cette harmonisation sur l’ensemble des pays
adoptant solvabilité II.

Comme résultat, il s’est avéré qu’on est incapable de prendre en compte l’ensemble des
risques avec la méthode des quantiles (catastrophes naturelle, comportement des assures,
mortalité future etc.…). Il existe peu de différence entre les trois niveaux de confiance testés
(60%, 75%, 90%). Seule la méthode quantile à 75% a par la suite été retenue dans le cadre de
QIS2.

Cette étude a démontré qu’en assurance non vie, les provisions « best Estimate » étaient les
mêmes par rapport aux provisions actuelles sauf pour certaines compagnies d’assurance
comme pour certains pays.

QIS 2 : Mai 2006 – juillet 2006

QIS 2 s’est intéressé à la structure, la faisabilité des approches et sur le calibrage des
méthodes.
Même s’il s’agit des délais courts pour la réponse des compagnies d’assurances, les
résultats de cette deuxième étude quantitative a permis d’ouvrir la discussion sur certains
éléments de la formule standard.
Une préférence pour l’approche « coût du capital » est apparu pour le calcul de la marge de
risque dans les provisions.
En moyenne, le niveau des provisions baisse mais le SCR est supérieur à la marge calculé
selon solvabilité I et les éléments éligibles en couverture des exigences de capital accroissent.

Donc QIS 2 a traité plutôt l’aspect structurel des risques en laissant le test de calibrage à
QIS 3.

30
QIS 3 : Avril 2007 – juin 2007

QIS 3 est beaucoup plus ambitieuse que les deux premières études qui restaient des études
de première approche vue que la première était destinée à calculer les provisions techniques
tandis que la deuxième était considérée comme un premier test de la structure de la future
formule standard de SCR. Les objectifs de QIS 3 sont :
- fournir des informations sur la faisabilité ou non des calculs selon solvabilité II
- collecter les informations permettant de réaliser le calibrage de la formule standard
- recueillir le maximum d’informations quantitatives disponible sur l’impact sur les bilans des
assureurs et sur leurs exigences en capital

QIS 4 :

Cette étude a permis d’éclaircir les choses en donnant une approche plus simple et surtout
plus structurée de la formule standard par rapport à QIS 3. En fait, elle permet de mieux
calculer le best estimate et la marge de risque {risk margin en anglais} pour le calcul des
provisions techniques et ainsi au niveau de SCR et MCR pour quantifier les formules
standards. La différence concrète par rapport aux études précédentes est qu’elle intègre des
simplifications et des approximations pour les compagnies d’assurance de petites tailles.

QIS 5 : Avril 2010 – juillet 2010

Il en résulte que l’élaboration du bilan prudentiel sous la nouvelle réforme de solvabilité II


semble difficile, cette difficulté provient de la complexité de la détermination de la valeur
économique des postes du bilan surtout lorsqu’il s’agit des compagnies d’assurance adoptant
les principes du plan comptable général c’est-à-dire la comptabilisation selon la valeur
d’acquisition et non pas sur la valeur de marche déterminée selon les normes IFRS.

31
CHAPITRE II :

LA RÈGLEMENTATION À LA
RMA WATANYA

32
Dans le chapitre précédent, il a été surtout question de la règlementation suggérée par la
solvabilité II, qui n’est toujours pas entrée en vigueur en Europe. Qu’en est-il du Maroc?
Qu’elles méthodes sont-elles déployées afin d’assurer la solvabilité des compagnies
d’assurance. Dans le présent chapitre, je vais expliquer en détails comment la RMA Watanya
calcule-t-elle ses provisions pour sinistres à payer, qui vont lui permettre d’être capable
d’honorer ses engagements.

I- Les méthodes réglementaires :

Il existe trois méthodes de calcul de provisions techniques, le but de chacune est de calculer
la réserve réglementaire. La provision technique à retenir sera une réserve maximum des trois
méthodes augmentée d’une réserve complémentaire

1) Méthode dossier par dossier :

Le calcul de la provision pour sinistres survenus et déclarés à la date de


l’inventaire :

Cette étape consiste à calculer la réserve des sinistres survenus et déclarés à la date de
l’inventaire. On procède par une estimation du coût final des sinistres. Cette estimation se fait
dossier par dossier selon plusieurs paramètres (âge, sexe, fonction,…)
La provision individuelle est égale à la différence entre le coût final estimé et les paiements
déjà faits, la réserve sera donc la somme de toutes ces provisions individuelles

L’estimation de la provision pour sinistres survenus et non déclarés à la date de


l’inventaire :

33
La réserve des sinistres survenus et non déclarés à la date de l’inventaire, étant égale au
produit du nombre de sinistre survenus et non déclarés par le coût moyen, il est nécessaire
d’estimer les IBNR (ou bien les tardifs) et de calculer leur coût moyen.

§ Estimation du nombre de sinistre survenus et non déclarés :

L’article 35 de l’arrêté du 10/06/96 a introduit la règle d’enregistrement des sinistres par


année de déclaration : « Tout sinistre déclaré au cours d’un exercice doit être porté au
registre des sinistres avant la clôture dudit exercice. Les sinistres déclarés au cours d’un
exercice donné et non portés au registre des sinistres avant la clôture de ce dernier sont
enregistrés dans l’exercice où le fait a été constaté .De plus, il y a lieu de répartir les
déclarations tardives par année comptable c’est à dire l’année de déroulement ».

En respectant cette règle, on arrive à construire un triangle cumulé des nombres de


sinistres déclarés comme suit :

En se référant au tableau, on calcule les coefficients d’aggravation annuels l’aide de la


formule ci-dessous :
k - h -1 k - h -1
qh = åN
i =0
i , h +1 åN
i =0
ih

Où les années de survenance sont indexées par i, et les années de déroulement par j, on
estime le triangle inférieur par:

j -1
N ij = N ik ´ Õ qh
h=k
Le nombre des IBNR est donné par la formule :

34
n -1
N i = N ik ´ (Õ q h - 1)
h=k
En utilisant le triangle de l’historique des nombres des sinistres tardifs.

§ Estimation du coût moyen :

Le coût moyen est égal au quotient du coût des sinistres terminés (C’est à dire les
sinistres réglés définitivement et les sinistres classés sans suite) au cours des cinq derniers
exercices comptables, par le nombre des sinistres terminés au cours de la même période (5
ans). Le coût d’un sinistre terminé est égal à la somme des paiements qui ont été versés au
titre du même dossier pendant l’année de fermeture (l’année où le sinistre a été déclaré
terminé) et pendant les années qui l’ont précédé.
La réserve évaluée dossier par dossier sera la somme de la réserve pour sinistres
survenus et déclarés et celle des sinistres survenus et non déclarés à la date d’inventaire.

2) La méthode du coût moyen :

On l’utilise lorsque la valeur résiduelle pour une année de survenance donnée dépasse 30%
de la charge totale des sinistres (c'est-à-dire lorsqu’on a réglé moins de 70% des sinistres
survenus). Si par contre la valeur résiduelle reste inférieure à 30% de la charge totale des
sinistres, on utilise la méthode réglementaire dossier par dossier. Par valeur résiduelle, on
entend la part des réserves totales dans la charge totale des sinistres. Il s’agit du rapport :

,é-.,/. 01023.
𝑣𝑎𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑟é𝑠𝑖𝑑𝑢𝑒𝑙𝑙𝑒 =
452,6. 01023. 7.- -898-0,.-

En utilisant le coût moyen calculé précédemment.


On a donc :
Réserve du coût moyen = (nombre des tardifs+ nombre des sinistre déclarés) * coût moyen

35
3) La méthode des cadences de règlement :

Elle consiste en premier lieu à déterminer une cadence moyenne pour la compagnie, et à en
déduire la réserve pour sinistres à payer PSAP.
La cadence peut se définir comme étant le rythme des règlements des sinistres par la
compagnie d’assurances. Elle estime la proportion réglée, de la charge totale des sinistres
d’un exercice, à un délai donné, c’est à dire pour une année comptable précise.
L’utilisation de la méthode de cadence de règlements nécessite un triangle de liquidation
d’au moins dix années ; donnant pour chaque exercice de survenance l’évolution de la charge
des sinistres hormis les IBNR. Cette exclusion résulte du fait que la charge des sinistres d’un
exercice comprend à la fois les réserves calculées par la méthode dossier par dossier (ces
dernières incluent les IBNR), les paiements effectués l’année en cours et les paiements
cumulés des années antérieures. La marge de dix ans a été fixée d’après l’expérience qui a
prouvé que l’information pertinente était contenue dans la dernière décennie, et qu’au delà de
dix ans, l’utilité marginale de l’information commençait à décroître. La plus part des
compagnies d’assurances liquident environ 85% de la charge de leurs sinistres pendant une
décennie.
La cadence de règlement de la compagnie résulte des cadences de règlement des exercices
de survenance utilisés. La cadence de règlement d’une année de survenance donnée est
calculée pour chaque année comptable, et est donnée par la formule :
C ij
𝑃𝐶8< =
C in

𝑃𝐶8< : est la cadence cumulée au titre de l’exercice de survenance i, au délai j.


𝐶8< : est le montant cumulé des règlements effectués au titre de l’année de survenance i, au
délai j ;
𝐶89 : est le montant cumulé des règlements effectués au titre de l’année de survenance i, au
dernier exercice inventorié.
Disposant ainsi du triangle des cadences de règlement pour toutes les années de survenance,
on déduit la cadence moyenne de la compagnie, qui est une moyenne pondérée des cadences
de règlement, par les charges sinistres du dernier exercice inventorié.

36
n- j n- j Ci, j n- j

å PC i, j ´C åC ´ C i ,n åC i, j
𝑃𝐶𝑀𝑗=
i ,n i =1
i =1 i ,n
On aura : n- j
=
n- j
= i =1
n- j

åC
i =1
i, n åC
i =1
i ,n åC
i =1
i ,n

Autrement dit, la cadence moyenne de la compagnie s’obtient en rapportant les paiements


de même délai, toutes années de survenance confondues, au paiement cumulé de toutes ces
années de survenance, au dernier exercice d’inventaire.
La réserve PSAP étant en quelques sortes une estimation de la charge des sinistres non
encore réglés, elle est déduite par la formule :

𝑟é𝑔𝑙𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡𝑠 𝑐𝑢𝑚𝑢𝑙é𝑠 ∗ (1 − 𝑃𝐶𝑀𝑗)


Réserve _CR =
𝑃𝐶𝑀𝑗

Cette réserve confirme que la réserve PSAP est nulle lorsque la cadence est de 100%.

Les provisions complémentaires :

Elles sont non nulles pour les années de survenance pour lesquelles la réserve calculée par
la méthode dossier par dossier est inférieure au maximum de celle calculée par la cadence de
règlement et le coût moyen. On a :

Réserve complémentaire = max (réserve CR, réserve CM) – (réserve D/D+ réserve IBNR)

La réserve finale réglementaire à constituer est alors pour chaque exercice de


survenance :

Réserve = max (réserve D/D, réserve CR, réserve CM) + réserve complémentaire.

En dépit de la PSAP, il existe d’autres provisions techniques à constituer par la compagnie


d’assurances comme la PPNA ou provisions pour primes non acquises, et la provision pour
risques d’exigibilité des engagements techniques.

37
II- La solvabilité II à la RMA WATANYA :
C’est à partir de 2008, que la RMA WATANYA a mis en place la direction de gestion des
risques et contrôle interne. Cette direction a pour mission de mieux recenser les risques
touchant à l’ensemble de l’activité, de mettre en place les actions et les contrôles efficaces
dans le but de les contrecarrer et de procéder, entre autre, à des exercices réguliers de gestion
actifs et passif.

Conseil de surveillance

Directoire Comité
réservé à la d’audit
GR et au CI Directoire

Gestion des risques


Audit interne
et contrôle interne

Correspondants
du CI dans les Comité de Directions
unités gestion opérationnelles
opérationnelles

Figure 9 : Le département gestion de risque au sein de la RMA WATANYA

L’objectif de la direction du département gestion des risques et contrôle interne est de


mieux gérer les risques pour atteindre ses objectifs avec le moins d’entraves possibles et dans
les meilleurs conditions, de s’assurer qu’elle connait et comprend les risques auxquels elle
s’expose et de pouvoir par la suite dresser et mettre en œuvre un plan destiné à maitriser ces
risques.
Pour RMA WATANYA, La mise en place de solvabilité II nécessite une transformation
radicale des compagnies d’assurances. La procédure adoptée a un impact direct sur
l’organisation, le système d’information ainsi que sur l’ensemble des stratégies des
compagnies d’assurances surtout celle d’investissement puisque les assurances seront dans

38
l’obligation d’étudier l’impact de chaque placement avant de placer les fonds collectés auprès
des assurés.
Pour que les compagnies d’assurances qui vont appliquer la directive de solvabilité II
notamment RMA WATANYA, elles ont besoin de :

Déterminer le modèle qu’elle va suivre, puisque les compagnies d’assurances ont


le choix d’adopter un modèle standard ou bien un modèle interne.
Définir une démarche claire et précise sur sa gestion globale de risque, c’est ce
qu’on appelle « entreprise risk management »
Prévoir des politiques de restructuration ou de rapprochement afin de pouvoir
exercer sous les normes de solvabilité II. Et donc, définir la posture qu’elle doit
adopter face à solvabilité II.

Nous pouvons présenter quelques démarches nécessaires à la mise en place de ce nouveau


cadre. D’abord, la société doit revoir ses pratiques de gestion de risque. Pour cela, une
relecture des processus permettra de mieux tracer le risque global et facilitera l’association
des mesures préventives et correctives correspondantes.

En outre, solvabilité II touchera le système d’information. La qualité de la collecte des


données est un point clé et discriminant pour la construction des modèles internes.
Sans oublier que solvabilité II touchera notamment le marché et le métier de l’assurance.
De ce fait, le dispositif doit pousser les sociétés à améliorer la qualité des produits et à revoir
leurs stratégies d’investissements.

En définitive, le déploiement de solvabilité II nécessitera la mobilisation de toutes les


directions de la compagnie. Cet enjeu majeur du monde d’assurance doit être considéré
comme un projet d’entreprise global sollicitant une organisation et un travail accrus.

D’autre part, RMA WATANYA a bien posé les bases essentielles pour le déploiement du
projet « solvabilité II ». Un «système de gestion des risques » est bien entamé suite à la
volonté de la DAPS et aux instructions de la circulaire relative au contrôle des entreprises
d’assurances et de réassurance.

39
La gestion des risques et de contrôle interne au sein de la compagnie s’articule autour de
trois entités : le département gestion des risques, le département contrôle interne et le
département audit interne.

Grâce à ses entités, plusieurs chantiers ont pu être réalisés dans le calendrier fixé au
préalable. Comme première étape, un diagnostic du dispositif de gestion des risques a été
effectué. Ce diagnostic vise à déterminer ou se situe la compagnie en termes de gestion des
risques. Cette étape préliminaire a permis à la compagnie d’élaborer sa politique en matière de
gestion des risques et s’est conclue effectivement par l’adoption d’un plan détaillant les
actions à mener pour réduire les écarts entre la situation actuelle et la vision cible.

La compagnie a aussi effectué une cartographie des risques majeurs. L’objectif de cette
cartographie est de mettre en exergue les risques qui peuvent nuire à la compagnie à tout
terme et perturber ainsi la réalisation de ses objectifs stratégiques. En outre, RMA
WATANYA a tracé une cartographie des risques opérationnels relatifs à la gestion.

Quant à la partie quantitative, la compagnie a entamé en réflexion avancée afin de définir


les besoins en capitaux en mobilisant les fonds propres nécessaires en face de chaque risque.

40
CHAPITRE III :

L’APPROCHE STANDARD

41
I- Le Best Estimate :

1) Les provisions techniques :

En assurance non-vie, les provisions techniques sont constituées afin de faire face aux
engagements futurs de l’assureur vis-à-vis des assurés, sans prendre en considération les
différents risques liés à la compagnie, l’assureur doit donc prévoir les charges engendrées par
tous les contrats en cours.

Au Maroc l’article premier de la loi 17-99 du code des assurances définit les provisions
techniques comme étant des « comptes d’épargne accumulés par l’entreprise d’assurances et
de réassurance pour faire face à ses engagements envers les assurés et bénéficiaires de
contrats d’assurance, dont la provision mathématique qui représente la différence entre les
valeurs actuelles des engagements respectivement pris par l’assureur et les assurés ».

Il existe plusieurs types de provisions (dont je définis quelque uns ci-dessous) mais les
provisions pour sinistres à payer (PSAP) constituent plus de 85% du total des provisions, c’est
pourquoi je vais me restreindre à leur calcul dans mon étude.

Les provisions pour prime non acquise :

Elles permettent de constater la part des primes émises et des primes restant à émettre entre la
date de l’inventaire et la date de la prochaine échéance de la prime (qui peut être le terme du
contrat).

Les provisions pour risque en cours :

Elles sont destinées à faire face à la charge des sinistres et aux frais liés aux contrats en cours

Les provisions pour sinistres à payer :

42
Elles constituent une valeur estimative des règlements, en principal et en frais, de tous les
sinistres survenus et non payés.

Les provisions d’égalisation et/ou d’équilibrage :

Elles permettent d’égaliser les fluctuations des taux de sinistres pour les années à venir ou
bien de couvrir des risques spéciaux qui sont rares mais coûteux (catastrophes naturelles par
exemple).

Les provisions pour risque d’exigibilité des engagements techniques :

Elles permettent de faire face au risque d’insuffisance de liquidité des placements dans le cas
par exemple d’augmentation du rythme de règlement des sinistres. Elles sont constituées par
la différence entre la valeur globale des placements en action et immobilier évaluée dans le
bilan et leur valeur de marché.

a) La méthode déterministe de Chain Ladder :

Les provisions pour sinistres à payer constituent la plus grande part des provisions sont
devrait disposer une compagnie d’assurance.
Pour faire du provisionnement il existe plusieurs techniques, ces techniques sont en général
basées sur des triangles de liquidation.

Dans la figure ci-après, je présente le triangle de liquidation qui montre l’évolution des
sinistres AUTO corporel:

43
Figure 10: triangle des sinistres réglés cumulés

Dans cette partie je vais appliquer la méthode de Chain Ladder standard pour le calcul de la
réserve pour le produit AUTO corporel. Avant de faire l’application, il est commode de
donner une brève présentation de la méthode.

La Chain Ladder est une méthode déterministe classique de provisionnement, mais avant de
l’appliquer, il faudra d’abord vérifier un certain nombre d’hypothèses :

Si l’on considère le triangle de liquidation suivant, où les 𝐶8< sont les règlements cumulés
des sinistres survenus à l’année i, effectués à l’année i+j :

Figure 11: triangle de liquidation

La méthode ne peut être effectuée que si l’hypothèse suivante est vérifiée :

Pour j fixé, il existe un paramètre 𝑓< tel que 𝐶8,<ST = 𝑓< 𝐶8< pour i=0,…, n-j-1

44
Graphiquement, les couples (𝐶8< , 𝐶8,<ST ) doivent être sensiblement alignés sur une
droite passant par l’origine. Le CC-plot qui vérifient cette hypothèse est donné par :

Figure 12: CC-plot pour j=0

Figure 13: CC-plot pour j=1

45
Figure 14 : CC-plot pour j=2

L’hypothèse est donc vérifiée, la méthode peut donc être appliquée.


Les facteurs de développement dont il est question sont estimés par :

∑9V<VT
8WX 𝐶8,<ST
𝑓< =
∑9V<VT
8WX 𝐶8<

A partir de ces facteurs on peut évaluer les charges ultimes des sinistres, c'est-à-dire ce qui
nous a coûté une fois payé en totalité :

𝑆8 = 𝐶89

Puis on pourra calculer les provisions pour sinistre à payer :

𝑅8 = 𝑆8 − 𝐶8,9V8

La réserve globale n’est d’autre que :


9

𝑅 = [ 𝑅8
8WT

46
L’application de la méthode Chain Ladder à notre triangle AUTO corporel a donné la
réserve suivante :

𝑅 = 1 478 222 016 𝐷𝐻

b) La volatilité de la réserve calculée par le modèle de Mack:

Nous allons appliquer par la suite la méthode de Mack afin de mesurer la volatilité des
provisions de la branche AUTO Corporel.
Le modèle de Mack est basé sur trois hypothèses :

H0- Les exercices d’origine sont indépendants, en d’autres termes, aucun changement
d’organisation ou de méthodes n’a pu affecter les données.

H1- Les facteurs de développements vérifient la relation :


𝐸e𝐶8,<ST ⁄𝐶8T , … , 𝐶8< h = 𝑓< 𝐶8< Pour j= 0,…17

Cette hypothèse implique que pour une année de développement fixée, les points (𝐶8< , 𝐶8,<ST )
doivent être sensiblement alignés sur une droite passant par l’origine, ce qui a été vérifié.

H2- Il existe un paramètre tel que :


𝑉𝑎𝑟e𝐶8,<ST ⁄𝐶8T , … , 𝐶8< h = 𝜎<k 𝐶8< Pour j= 0,…17 et i = 1993,…,2010

lm,nop V qrs lmn


Cette hypothèse impose que le graphique des résidus de Pearson ne fasse
tlmn

apparaître aucune tendance.

47
coef pearson
1000

500

0
0 5 10 15 20
-500
coef pearson
-1000

-1500

-2000

-2500

Figure 15 : vérification de l’hypothèse H2 de Mack pour i=1993

Maintenant que les hypothèses sont vérifiées, on peut mesurer l’incertitude présente dans la
prédiction de la provision pour chaque année de survenance.

9VT
𝜎v<k 1 1
𝑀𝑆𝐸𝑃e𝑅u8 h = 𝐶r89
k
[ w + z
𝑓r<k 𝐶r8< ∑9V< 𝐶
<W9V8ST yWT y<

Avec :
9V<
1
𝜎v<k = [ 𝐶8< e𝑓8< − 𝑓r< h
𝑛−𝑗−1
8WT
~
k
𝜎v9Vk k k
𝜎v9VT = min( k , 𝜎v9Vk , 𝜎v9V• )
𝜎v9V•

t𝑀𝑆𝐸𝑃(𝑅) = 47 137 078,7 𝐷𝐻

48
2) Le calcul du Best Estimate :

Les provisions techniques d’une compagnie d’assurance sont évaluées, dans le cadre de la
solvabilité II, en calculant un Best Estimate et une marge de risque (dont les modalités ne
seront pas traitées en détail dans ce mémoire).

Le Best Estimate est par définition « la valeur actuelle attendue de tous les flux futurs de
trésorerie potentiels, (moyenne pondérée en fonction des probabilités des résultats
distributionnels) ». Son calcul est basé sur des hypothèses réalistes et fait appel à des
méthodes et techniques actuarielles adéquates.

Les flux futurs doivent être actualisés sur la base des taux sans risque à la date d’évaluation.
Le calcul du Best Estimate s’effectue comme suit :
9
𝐹0
𝐵𝐸 = [
(1 + 𝑖0 )0
0WT
Avec :
𝐹0 : Le flux du passif à l’année t
𝑖0 : Le taux sans risque à l’année t
𝑛 : L’année d’extinction du portefeuille.

La valeur de l’argent change dans le temps. Lorsque l'effet de la valeur temps de l'argent est
significatif, le montant de la provision doit être la valeur actuelle des dépenses attendues que
l'on pense nécessaires pour éteindre les engagements. Les taux d'actualisation doivent être des
taux reflétant les appréciations actuelles par le marché de la valeur temps de l'argent.

Il y est préconisé de retenir comme courbe celle des taux sans risque. Le CEIOPS revient
sur la notion de courbe d'actualisation dans le CP N°40 et indique qu’elle doit vérifier 4
critères : pas de risque de crédit, doit présenter des taux réalistes, être estimée via une
méthode robuste et être très liquide. Il est considéré que les obligations d'état constituent un
benchmark et l'utilisation d'une prime de risque n'est pas admise.

49
Dans ce chapitre les taux que je vais utiliser sont donnés par le CEIOPS, dans le chapitre
qui suit j’expliquerais comment les obtenir à partir d’un historique de données.

Echéance Taux
1 0,470
2 0,453
3 0,451
4 0,453
5 0,455
6 0,458
7 0,461
8 0,475
9 0,470
10 0,474
11 0,478
12 0,482
13 0,485
14 0,488
15 0,490
16 0,492
17 0,494

Tableau 1: Courbe des taux donnée par le CEIOPS

Le Best Estimate est donc donné par :

ƒ„
𝐵𝐸 = ∑T…
0WT = 7 077 667 311 DH
(TS8„ )„

50
II- Le SCR (capital de solvabilité requis) :

Le SCR ou bien le capital de solvabilité requis correspond au montant qu’une compagnie


doit avoir dans son passif afin de faire face aux différents risques auxquels elle est exposée, et
ce, pour qu’elle soit solvable à 99,5% dans un horizon d’un an.

Le SCR est donc réévalué annuellement par deux méthodes, soit par une formule standard,
soit par un modèle interne. Dans ce mémoire j’ai appliqué la formule standard conforme à la
réforme de la solvabilité II.

Le SCR est donné, selon la formule standard, par :

𝑆𝐶𝑅 = 𝐵𝑆𝐶𝑅 + 𝑆𝐶𝑅1ˆ

Le basic SCR (BSCR) en non vie doit couvrir le risque de souscription non-vie (risque de
primes et de réserve, risque catastrophe), le risque de défaut de contrepartie et le risque de
marché (risque sur actions, risque de taux, risque de change, risque de spread, risque
immobilier, risque de concentration). Le risque opérationnel comporte quand à lui le risque de
perte due à des procédures internes inadaptées ou à des défaillances du personnel ou des
systèmes…

Cette décomposition du SCR est bien illustrée par la figure ci-contre :

51
Figure 16: décomposition du SCR en BSCR et en SCR opérationnel

Dans mon étude je vais me limiter au calcul du SCR du risque primes-réserves (pour le
risque de souscription non-vie) et du risque actions et risque de taux (pour le risque de
marché).

1) Le SCR souscription :

Le SCR souscription est composé de deux sous-modules de risques : un risque pour primes
et réserve et un risque pour catastrophes. Il n’est question dans ce mémoire que du risque
primes et réserves.

Le SCR risque pour primes et réserves :

52
Le risque de prime est le risque de sous tarification de l’exercice de souscription, en
d’autres termes c’est le risque que les dépenses au titre des sinistres soient supérieures
aux primes perçues.
Le risque de réserve est le risque de faire une mal estimation des provisions ou bien
c’est le risque dû à la nature stochastique des règlements des sinistres. Autrement dit,
c’est le risque de sous évaluation des provisions.

La charge du capital au titre des risques combinés de primes et de réserves est donnée par :

𝑆𝐶𝑅ˆ,8‰._,é-.,/. = 𝜌(𝜎). 𝑉
Où :

V : Le volume des primes et des réserves.


𝜎 : La volatilité ou l’écart type du portefeuille.
𝜌(𝜎) : C’est une fonction fixée de manière à produire un chargement en capital conforme au
standard de VaR de 99,5% sous l’hypothèse d’une distribution lognormale du risque sous-
jacent. Elle est donnée par :

expe𝑁X,••• . tlog(𝜎 k + 1)h


𝜌(𝜎) = −1
t(𝜎 k + 1)

Où 𝑁X,••• : le quantile à 99,5% de la distribution normale standard

Approximativement elle est égale à :

𝜌(𝜎) ≈ 3. 𝜎

Et c’est avec cette approximation que j’ai travaillé.

Il nous faudra donc calculer le volume des primes et des réserves et l’écart type :

53
Pour cela on a besoin de connaître le Best Estimate des sinistres à payer (déjà calculé
précédemment), une estimation des primes émises et acquises au cours de l’exercice à
venir 𝑃024•–8-.- 𝑒𝑡 𝑃0é‰8-.- .
Et du 𝐿𝑅˜ , le ratio des sinistres encourus pour les exercices historiques « y » sur les primes
acquises.

Le volume des primes de la branche AUTO corporel :

𝑉ˆ,8‰.- = max (𝑃0é‰8-.- , 𝑃024•–8-.- )

L’écart type du risque de réserve :

La 4ème étude d’impact QIS4 propose une volatilité des réserves en fonction des branches
définies ci-dessus est donné par :

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
𝝈𝒓é𝒔𝒆𝒓𝒗𝒆 12% 7% 10% 10% 15% 15% 10% 10% 10% 15% 15% 15%

Tableau 2 : Volatilité des réserves en fonction des branches proposé par la QIS4

Numéro de la branche Branches


1 Automobile, RC
2 Automobile, autres branches
3 Marine, aviation, transport (MAT)
4 Incendie et autres dommages aux biens
5 Responsabilité civile
6 Crédit et caution
7 Protection juridique assistance
8 Assistance
9 Divers

54
10 Réassurance non proportionnelle –
dommages
11 Réassurance non proportionnelle – RC
12 Réassurance non proportionnelle – MAT

Tableau 3: Les branches d’assurance non-vie


Pour la branche AUTO Corporel, L’écart-type des réserve est de :

𝝈𝒓é𝒔𝒆𝒓𝒗𝒆 = 𝟕%

L’écart type du risque prime :

C’est une combinaison linéaire de deux écart-types, le premier est une estimation
spécifique à l’entreprise, le deuxième est une estimation du marché donnée par :

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
𝝈𝒑𝒓𝒊𝒎𝒆_𝒎𝒂𝒓𝒄𝒉é 9 9 12,5 10 12,5 15 5 7,5 11 15 15 15
% % % % % % % % % % % %

Tableau 4: estimation du marché de la volatilité des primes par branche

Les deux écarts sont combinés par un facteur de crédibilité « c » donné par une étude faite
par le CEIOPS à partir des résultats de QIS4 :

C Nombre d’exercices historiques de données disponibles


1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
15 0 0 0 0 0 0 0,64 0,67 0,69 0,71 0,73 0,75 0,76 0,78 0,79
Valeur
max 14 0 0 0 0 0,64 0,69 0,72 0,74 0,76 0,79 - - - - -
5 0 0 0,64 0,72 0,79 - - - - - - - - - -
du
nombr
e

Tableau 5: Facteur de crédibilité pour le risque de primes

55
L’écart du risque de prime est :

k k
𝜎ˆ,8‰. = §𝑐. 𝜎ˆ,8‰._41‰ˆ2698. + (1 − 𝑐)𝜎ˆ,8‰._‰2,45é

L’écart type estimé par la compagnie est donné par:

1 ˜
𝜎ˆ,8‰._41‰ˆ2698. = ¨ . [ 𝑃24•–8-.- . e𝐿𝑅˜ − 𝜇h
(𝑛 − 1). 𝑉ˆ,8‰. ˜

Avec :

n : le nombre d’exercices historiques

˜
∑˜ 𝑃24•–8-.- . 𝐿𝑅˜
𝜇= ˜
∑˜ 𝑃24•–8-.-

Et 𝐿𝑅˜ est le ratio sinistres encourus sur primes acquises pour les exercices historiques y

𝑦 = 𝑡 − 1, 𝑡 − 2, … , 𝑡 − 𝑛

𝜎ˆ,8‰._41‰ˆ2698. = 5,43%

𝜎ˆ,8‰. = 6,32%

L’écart type global est donné par :

t(𝜎ˆ,8‰.- . 𝑉ˆ,8‰.- )k + 2𝛼𝜎ˆ,8‰.- 𝜎,é-.,/.- 𝑉ˆ,8‰.- 𝑉,é-.,/.- + (𝜎,é-.,/.- . 𝑉,é-.,/.- )k


𝜎=
𝑉ˆ,8‰.- + 𝑉,é-.,/.-

𝜎 = 5,24%
C’est une agrégation des deux écarts avec un coefficient de corrélation 𝛼 = 0,5

56
Finalement le 𝑆𝐶𝑅ˆ,8‰._,é-.,/. est donné par :

𝑆𝐶𝑅ˆ,8‰._,é-.,/. = 3. 𝜎. 𝑉 = 164 396 619 𝐷𝐻

2) Le SCR marché :

Le risque de marché est le risque dû aux fluctuations des instruments financiers. Il est
mesuré par l’impact des variations des variables financières (cours des actions, taux
d’intérêt,…) sur la valeur de l’actif net de la compagnie. C’est l’un des risques majeurs
auxquels sont confrontés les assureurs non-vie, son calcul par une formule standard consiste à
faire des stress-tests basés sur les scénarios de chocs subis par les marchés financiers). La
compagnie devrait donc établir annuellement un rapport de solvabilité intégrant une partie
spécifique sur la politique de placements.

Le risque marché est obtenu à partir de l’agrégation des résultats de 6 sous-modules. Avec
une matrice de corrélation donnée par le CEIOPS, ses valeurs sont calculées par des lois
statistiques qui déterminent l’influence des variables les unes aux autres. Cette matrice traduit
la corrélation entre les sous-risques.

Corr SCR 𝑺𝑪𝑹𝒕𝒂𝒖𝒙 𝑺𝑪𝑹𝒂𝒄𝒕𝒊𝒐𝒏 𝑺𝑪𝑹𝒊𝒎𝒎𝒐𝒃𝒊𝒍𝒊𝒆𝒓 𝑺𝑪𝑹𝒔𝒑𝒓𝒆𝒅 𝑺𝑪𝑹𝒄𝒐𝒏𝒄𝒆𝒏𝒕𝒓𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝑺𝑪𝑹𝒗𝒉𝒂𝒏𝒈𝒆


𝑺𝑪𝑹𝒕𝒂𝒖𝒙 1
𝑺𝑪𝑹𝒂𝒄𝒕𝒊𝒐𝒏 0 1
𝑺𝑪𝑹𝒊𝒎𝒎𝒐𝒃𝒊𝒍𝒆𝒓 0,5 0,75 1
𝑺𝑪𝑹𝒔𝒑𝒓𝒆𝒅 0,25 0,25 0,25 1
𝑺𝑪𝑹𝒄𝒐𝒏𝒄𝒆𝒏𝒕𝒓𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 0 0 0 0 1
𝑺𝑪𝑹𝒄𝒉𝒂𝒏𝒈𝒆 0,25 0,25 0,25 0,25 0 1

Tableau 6: matrice de corrélation des sous-modules du risque marché

57
a) Le risque de taux :

Le risque de taux intervient dans l’actualisation des flux futurs du passif. Une variation des
taux affectera donc directement la valeur de l’actif net, dont la variation après un choc sur les
taux, constituera notre SCR taux. (Je rappelle que la valeur nette de l’actif net n’est d’autre
que la valeur de marché de l’actif moins celle du passif).

Quand on a calculé le Best Estimate, il nous a fallu actualiser les flux futurs du passif, et ce,
en supposant un scénario standard de l’évolution des taux. Mais que se passerait-il si jamais
les taux augmentaient ou baissaient par rapport à la valeur attendue.

Le SCR taux est donné par :

–ˆ
71»9
𝑆𝐶𝑅02–º = max (𝑆𝐶𝑅02–º , 𝑆𝐶𝑅02–º )
Avec :
–ˆ
𝑆𝐶𝑅02–º = ∆𝑁𝐴𝑉|𝑢𝑝𝑤𝑎𝑟𝑑𝑠ℎ𝑜𝑐𝑘. Si on a un choc à la hausse.
71»9
𝑆𝐶𝑅02–º = ∆𝑁𝐴𝑉|𝑑𝑜𝑤𝑛𝑤𝑎𝑟𝑑𝑠ℎ𝑜𝑐𝑘. Si on a un choc à la baisse.

Dans l’étude QIS4, les taux à appliquer pour les chocs sur les taux d’intérêt ont été proposés
par le CEIOPS. Ce sont :

Echéance Variation relative 𝑠–ˆ (𝑡) Variation relative 𝑠71»9 (𝑡)


1 0,94 -0,51
2 0,77 -0,47
3 0,69 -0,44
4 0,62 -0,4
5 0,56 -0,4
6 0,52 -0,4
7 0,49 -0,4
8 0,46 -0,35
9 0,44 -0,34

58
10 0,42 -0,34
11 0,42 -0,3
12 0,42 -0,3
13 0,42 -0,3
14 0,42 -0,3
15 0,42 -0,34
16 0,41 -0,33
17 0,4 -0,33

Tableau 7: Structures par terme modifiés

On multiplie la courbe des taux d’intérêt actuelle par (1+𝑠–ˆ ) et (1+𝑠71»9 )


La courbe des taux donnée le CEIOPS, selon un scénario standard (QIS 4) est :

Echéance Taux
1 0,470
2 0,453
3 0,451
4 0,453
5 0,455
6 0,458
7 0,461
8 0,475
9 0,470
10 0,474
11 0,478
12 0,482
13 0,485
14 0,488
15 0,490
16 0,492
17 0,494
Tableau 8: Courbe des taux donnée par le CEIOPS

59
Figure 17: Allure de la courbe des taux donnée par le CEIOPS

La variation de la valeur de l’actif net suite au choc sur les taux d’intérêt, en supposant
qu’aucun choc n’a été effectué sur l’actif, est donnée par :

∆𝑁𝐴𝑉 = (𝑎𝑐𝑡𝑖𝑓 − 𝑝𝑎𝑠𝑠𝑖𝑓 )-4é92,81 -02972,7 − (𝑎𝑐𝑡𝑖𝑓 − 𝑝𝑎𝑠𝑠𝑖𝑓 )451•–é


= 𝑝𝑎𝑠𝑠𝑖𝑓451•–é − 𝑝𝑎𝑠𝑠𝑖𝑓-4é92,81 -02972,7
Avec :
𝐵𝐸 -4é92,81 -02972,7
= 𝐵𝑒𝑠𝑡 𝐸𝑠𝑡𝑖𝑚𝑎𝑡𝑒 𝑎𝑐𝑡𝑢𝑎𝑙𝑖𝑠é 𝑝𝑎𝑟 𝑙𝑒 𝑐𝑜𝑢𝑟𝑏𝑒 𝑑𝑒 𝑡𝑎𝑢𝑥 𝑠𝑡𝑎𝑛𝑑𝑎𝑟𝑑 (𝐶𝐸𝐼𝑂𝑃𝑆)
= 7 077 667 311DH

𝐵𝐸451•–é_–ˆ = 4 230 984 042 𝐷𝐻

𝐵𝐸451•–é_71»9 = 11 265 711 635 𝐷𝐻

–ˆ
𝑆𝐶𝑅02–º = ∆𝑁𝐴𝑉|𝑢𝑝𝑤𝑎𝑟𝑑𝑠ℎ𝑜𝑐𝑘 = 2 846 683 269 𝐷𝐻

60
71»9
𝑆𝐶𝑅02–º = ∆𝑁𝐴𝑉|𝑑𝑜𝑤𝑛𝑤𝑎𝑟𝑑𝑠ℎ𝑜𝑐𝑘 = 4 188 044 324 𝐷𝐻

71»9 –ˆ
𝑆𝐶𝑅02–º = maxe𝑆𝐶𝑅02–º , 𝑆𝐶𝑅02–º h = 4 188 044 324 𝐷𝐻

b) Le risque actions :

Le cours des instruments financiers est très volatil, tel est le cas des cours des actions, des
taux d’intérêt, des cours immobilier, taux de change, … Cette volatilité a un impact direct sur
la valeur de l’actif net de la compagnie

Les actions ont une part relativement importante dans le portefeuille des assureurs. En effet,
ces derniers ont recours dans une certaine limite aux actions afin d’améliorer leur
performance financière. Les actions étant connues pour leur variabilité importante, engendrent
un risque qui peut fortement impacter le résultat de l’entreprise.

La détermination de la charge de capital au titre du risque sur actions, toujours dans le


cadre de la solvabilité II, fait appel à un indice « Global », qui regroupe les actions cotées
dans les pays de l’EEE (l’espace économique européen) et de l’OCDE, et à un indice
« Autres », qui comprend les actions exclusivement cotées sur les marchés émergents, les
actions non cotés, les fonds spéculatifs et les autres investissements alternatifs.

La méthodologie de calcul pour le risque sur actions s’appuie sur l’application d’un choc
à leur valeur de marché. Ces chocs supposent une baisse des taux répartie comme suit :

Global Autres

Choc sur action i 32% 45%

Tableau 9: Chocs sur les actions proposés par la QIS 4

61
Pour le cas su Maroc, il est surtout question de l’indice « Autres ». Le SCR actions
correspond donc à la perte engendrée par une baisse de 45% du cours des actions.

𝑆𝐶𝑅240819- 8 = ∆𝑁𝐴𝑉|𝑒𝑞𝑢𝑖𝑡𝑦 𝑠ℎ𝑜𝑐 𝑖


Avec

∆𝑁𝐴𝑉|𝑒𝑞𝑢𝑖𝑡𝑦 𝑠ℎ𝑜𝑐 = 𝑁𝐴𝑉 (𝑠𝑐é𝑛𝑎𝑟𝑖𝑜 𝑠𝑡𝑎𝑛𝑑𝑎𝑟𝑑 ) − 𝑁𝐴𝑉(𝑠𝑐é𝑛𝑎𝑟𝑖𝑜 𝑐ℎ𝑜𝑞𝑢é)

Pour investir dans une action, l'investisseur évalue la rentabilité de l'action et le risque
associé. Les dividendes correspondent à de l'argent effectivement transféré de l'entreprise vers
l'actionnaire, qui est la RMA Watanya. C'est un revenu réel, qui traduit une réalité
économique: la production de l'entreprise et sa bonne performance par rapport au marché. Le
risque que prend l'actionnaire est directement lié au risque économique supporté par
l'entreprise. Pour gagner le plus d'argent possible, de ce point de vue, l'actionnaire doit
identifier les actions dont le rendement est le plus élevé possible.

La valeur de l’action correspond à son cours de bourse. Il est le résultat de la confrontation


de l'offre et de la demande de titres. Plusieurs méthodes d'évaluation sont à la disposition
des investisseurs pour prendre une position sur l'action considérée.

Les placements de la RMA Watanya en actions sont répartis comme suit :

62
Tableau 10: Placements en actions de la RMA Wataniya (2011)

En effectuant un choc de 45% sur le cours des actions on obtient :

Figure 18: Calcul du SCR actions

63
𝑆𝐶𝑅240819 = 8 859 658 814 𝐷𝐻

c) Le calcul du SCR marché :

Le SCR marché est obtenu à partir de l’agrégation des de six sous modules :
Risque action
Risque de taux
Risque immobilier
Risque de change
Risque de spread
Risque de concentration

La formule utilisée pour agréger les différents résultats est donnée par :

𝑆𝐶𝑅‰2,45é = ¨[ 𝐶𝑜𝑟𝑟𝑆𝐶𝑅,º4 . 𝑆𝐶𝑅, . 𝑆𝐶𝑅4


,º4

Avec la matrice de corrélation (voir le tableau 6):

Il faut noter que ces valeurs sont calculées par des lois statistiques qui déterminent
l’influence des variables les unes sur les autres. Dans ce mémoire il n’est question que des
sous-risques actions et taux. Le SCR marché dans ce cas, et tenant compte de la matrice de
corrélation est :

𝑆𝐶𝑅‰2,45é = §𝑆𝐶𝑅240819- k + 𝑆𝐶𝑅02–º k

𝑆𝐶𝑅‰2,45é = 9 799 656 604 𝐷𝐻


64
CHAPITRE IV :

PRÉVISIONS DES TAUX


FUTURS

65
Dans le chapitre précédent, on a fait une actualisation des flux futurs du passif avec des
taux proposés par la CEIOPS. Dans le présent chapitre, j’ai voulu appliquer des taux du
marché marocain. Il nous faudra donc faire des prévisions sur les 17 ans à venir, le problème
qui s’est posé est le manque de données historique nécessaires.

Le présent chapitre illustre la démarche à suivre pour faire des prévisions mais sur quelques
mois seulement, à partir d’une courbe de taux de maturité 1 an.

Pour les séries stationnaires, on peut chercher à modéliser la série à l’aide d’un modèle
ARIMA par exemple, dans le but de faire des prévisions.

Une série est dite stationnaire si elle est de moyenne finie et constante dans le temps, les
liaisons linéaires entre les valeurs passées, présentes et futures de cette variable sont
indépendantes du facteur temps et enfin sa variance est fixe dans le temps. Pour étudier cette
stationnarité nous utiliserons le test de Dickey Fuller Augmenté (ADF).

I- Étude de la stationnarité de la série


chronologique des taux d’intérêt :

1) Description de la série :

La série chronologique qu’on va étudier a l’allure suivante :

66
Figure 19 : Courbe des taux de maturité 1 an

L’examen graphique de la série fait apparaitre une tendance décroissante, la série semble
être non stationnaire.
Sur le corrélogramme de la série ci-dessous, nous pouvons observer une décroissance lente
et progressive des autocorrélations ce qui caractérise bien un processus non stationnaire.

67
Figure 20 : Corrélogramme de la série des taux

Pour le vérifier, on applique le test de Dickey-Fuller.

2) Test de Dickey-Fuller :

a) Modèle avec constante et avec tendance :

68
Figure 21 : Résultat du test de Dickey-Fuller d’un modèle avec constante et avec tendance

On a : t-stat(Trend) = - 0,042783 < 2,79 (à comparer avec les valeurs critiques de la


tendance du test ADF – voir l’annexe-), donc la tendance n’est pas significativement
différente de 0 au seuil de 5%.
On passe donc à l’étude du modèle avec constante et sans tendance.

b) Modèle avec constante et sans tendance :

69
Figure 22 : Résultat du test de Dickey-Fuller d’un modèle avec constante et sans tendance

On a : t-stat(C) = 2,161072 < 2,54 (à comparer avec les valeurs critiques de constante du test
ADF), donc la constante n’est pas significativement différente de 0 au seuil de 5%. On
accepte alors H0 et on passe au modèle sans constante et sans tendance.

c) Modèle sans constante et sans tendance :

70
Figure 23 : Résultat du test de Dickey-Fuller d’un modèle sans constante et sans tendance

La statistique du test -1,449585 > -1.952910. Le coefficient n’est donc pas


significativement différent de zéro. La série des taux est alors un processus non stationnaire.
Elle comporte au moins une racine unitaire.

II- Stationnarisation de la série


chronologique des taux d’intérêt :

1) La série des taux différenciée :

71
Pour stationnariser notre série, nous allons utiliser les différences premières comme filtre.
Le graphique de la série transformée et différenciée une fois est comme suit :

Figure 24 : Allure de la différence première de la série des taux

Le graphique de la série différenciée au premier ordre ci-dessus montre l’effet de la


différenciation : la série différenciée ne semble plus présenter de tendance et sa volatilité ne
semble plus croître en fonction du temps.

On note également que les valeurs de la série semblent se répartir de façon aléatoire de part
et d’autre de l’axe des origines.

La série différenciée semble donc stationnaire de moyenne nulle. Afin de conforter cette
hypothèse, il convient cependant de vérifier cela avec le test de Dickey-Fuller.

2) Test de Dickey-Fuller sur la série des taux


différenciée :

72
a) Modèle avec constante et avec tendance :

Figure 25 : Résultat du test de Dickey-Fuller d’un modèle avec constante et avec tendance
(série différenciée)

On remarque que le coefficient de la tendance est significativement différent de zéro car on a


1,886576 < 2,79. On passe alors au modèle avec constante et sans tendance.

b) Modèle avec constante et sans tendance :

73
Figure 26 : Résultat du test de Dickey-Fuller d’un modèle avec constante et sans tendance
(série différenciée)

On a t(C) = -1,476527 < 2,54. On accepte l’hypothèse H0 et on passe au dernier modèle.

c) Modèle avec constante et sans tendance :

74
Figure 27 : Résultat du test de Dickey-Fuller d’un modèle sans constante et sans tendance
(série différenciée)

Et selon les résultats du test ADF : La statistique du test ADF (fait sur le modèle sans
tendance et sans constante) est égale à - 17,12484, elle est inférieure à -1,95. Le coefficient
est donc significativement différent de zéro. On rejette l’hypothèse de présence de racine
unitaire. La condition de stationnarité est donc vérifiée.

Ainsi, le comportement de la série des taux sera modélisé à l’aide d’un processus
ARIMA(p,d,q).

75
III- Identification et estimation des
paramètres :

1) Le modèle ARMA(p,q) de la série différenciée :

La série D(Taux,1) est stationnaire. On va lui chercher un modèle ARMA(p,q).


Pour connaitre les ordres du modèle ARMA(p,q), on regarde le corrélogramme de la série
stationnaire D(Taux,1).

Le corrélogramme simple permet d’identifier un modèle MA(q) tandis que le


corrélogramme partiel permet d’identifier un modèle AR(p).

Figure 28 : Corrélogramme de la série différenciée

L’observation visuelle du corrélogramme montre qu’il y a quatre modèles potentiels qui


sont : AR(6), MA(6), ARIMA(p,1,q), avec p = 1,2,3,4,5,6 et q = 1,2,3,4,5,6

76
Après avoir éliminé les modèles dont au moins l’un des coefficients a un t-Student inférieur
à 1,96 en valeur absolue. (Voir l’annexe)

On retient le modèle ARMA(2,4)

Figure 29 : Coefficients su modèle retenu ARMA(2,4)

2) Prévisions du modèle ARIMA(2,1,4)

a) Validation du modèle :

Pour que le modèle qu’on a choisit soit valide, il va falloir que les résidus ne soit
pas corrélés. Ce qu’on vérifie par le corrélogramme suivant :

77
Figure 30 : Corrélogramme des résidus

Les résidus ne sont pas corrélés, ils suivent un bruit blanc.

b) Prévisions :

La figure ci-contre donne l’allure des prévisions des taux sur quatre mois.

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Figure 31 : Prévisions sur quatre mois des taux futurs

Cette approche peut s’appliquer à une série de plusieurs années à partir de laquelle, on
pourra prévoir les taux sur les 17 ans à venir qu’on devrait utiliser pour le calcul du Best
Estimate.

79
Conclusion générale

L’activité d’assurance repose sur le respect d’engagements des assureurs envers les assurés.
Les assureurs doivent disposer à tout moment les fonds nécessaires afin d’honorer leurs
engagements c’est-à-dire que les compagnies d’assurances doivent être solvables à tout
moment.

Selon le ministère des finances, les compagnies d’assurances sont ainsi appelées à intégrer
dans leur analyse les risques de taux, de marché, de liquidité ainsi que le risque de mortalité et
autre.
Aujourd’hui à RMA WATANYA, solvabilité II représente à la fois une nécessité pour la
viabilité de tout un secteur, et aussi un atout concurrentiel à travers notamment l’amélioration
de la notoriété auprès du public.

Cette obligation de la mise en place d’une procédure de solvabilité a été déjà prévu sous le
nom de solvabilité I, mais cette dernière a montré certaines limites et a été considérée comme
incapable pour mesurer la capacité future des assureurs à faire face à leurs engagements, donc
solvabilité I ne permet pas à l’assureur d’exercer son activité principale qui reste le prise en
compte d’une manière cohérente la gestion et le transfert de risque.
Cette notion de solvabilité apparait dans le secteur d’assurance plus que n’importe quel
secteur vue que les assureurs dans le cadre de leur gestion d’actifs, ils placent les primes reçus
sous forme des actions, des obligations…dans d’autre entités économiques, sachant qu’on est
dans un monde de la finance qui est de plus en plus fragile et qu’aucune entreprise n’est à
l’abri d’une crise financière. D’où la nécessité d’une évaluation réaliste des risques encours
par les compagnies d’assurances semble de plus en plus obligatoire afin d’avoir une vision
plus claire sur la situation réelle de ces dernières.

80
Bibliographie :

Sites web :

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Mémoires et œuvres :

• Fouad MARRI, Séries Chronologiques, INSEA-Rabat, 2011


• Laila CHEIKHANI: Etude de solvabilité et de rentabilité d’un produit d’Epargne
sous les normes de solvabilité II, mémoire INSEA Juin 2009
• Cheick Omar DIALLO : solvabilité II et IFRS : QIS 4 et impact « bilantaire » du
passage aux normes IFRS pour une société d’assurance non-vie, mémoire INSEA
Juin 2008
• CEIOPS : Rapport de la quatrième étude d’impact de solvabilité QIS4, Bruxelles, le
31 Mars 2008.
• Aristide VIGNIKIN : Solvabilité II impact de l’utilisation d’un modèle interne sur la
valorisation du bilan en assurance. Université d’Orléans 2007
• Hélène COMPAIN : Analyse du risque de provisionnement non-vie dans le cadre
de la réforme solvabilité II. Université Paris Dauphine.
• Abderrahim OULIDI : Assurance non-vie. INSEA 2010

81
Annexes

Annexe1 : La table de Dickey et Fuller

82
Annexe 2: Tests de Dickey-Fuller :

Les tests de Dickey-Fuller et Dickey-Fuller Augmenté permettent de rendre compte de la


stationnarité ou non d’une série. Le test de Dickey-Fuller Augmenté a été proposé pour
améliorer le test de Dickey-Fuller en prenant compte le fait que les erreurs ne soient pas des
bruits blancs mais puissent être corrélées.

Ø Test de Dickey-Fuller :

Il repose sur les hypothèses suivantes :

Ces hypothèses peuvent également s’écrire sous la forme suivante :

La procédure de ce test consiste à analyser successivement les trois formes possibles de non
stationnarité de la série temporelle. Or sous 𝐻X vraie, le processus étudié est non stationnaire et
l’estimateur de 𝜙T ne suit pas une distribution normale. Par conséquent, le t-Student de peut
pas être comparé aux valeurs critiques de la table de Student. Dickey et Fuller (1979) ont donc

83
étudié la distribution asymptotique des estimateurs de b, c et 𝜙T sous 𝐻X vraie. Le résultat est
donné par la table ci-dessus.
On débute le test par l’analyse du modèle (3) et par une comparaison de la statistique
𝑡Êp aux seuils tabulés par Dickey et Fuller. Si l’hypothèse nulle 𝜙T = 1 est rejetée, on
compare le t-Student de 𝑏u (l’estimateur de b) aux valeurs critiques usuelles (1,96 à 5%).
Autrement, le t-Student de 𝑏u doit être comparé au seuil déterminé par Dickey et Fuller. Si la
tendance n’est pas significative, on poursuit le test par l’analyse du modèle 2 et ainsi de suite.

Ø Test de Dickey-Fuller Augmenté :

Dans le test de Dickey-Fuller que nous venons de présenter, l’erreur 𝜀0 est par hypothèse un
bruit blanc. Or il n’y a aucune raison pour que cette hypothèse soit, a priori, vérifiée. Le test
de Dickey-Fuller Augmenté prend en considération l’autocorrélation des erreurs en proposant
une représentation AR(p-1) pour l’erreur.
Les hypothèses du test de Dickey-Fuller deviennent alors :

La valeur p permettant de blanchir les résidus peut être déterminée à l’aide du


corrélogramme partiel de la série différenciée ∆𝑋0 . On retiendra alors la valeur p le nombre de
retards p connu, le déroulement du test est identique à celui du test de Dickey-Fuller simple.
En adoptant une structure AR(p-1) pour l’erreur, Dickey et Fuller obtiennent des
distributions asymptotiques des statistiques de test qui sont similaires è celles obtenus pour les
modèles du test de Dickey-Fuller simple. Les valeurs critiques sont donc identiques pour les
tests de Dickey-Fuller simple et Augmenté.

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Annexe 3 : Résultat d’Eviews :

Certains coefficients ont un t-Student en valeur absolu inférieur à 1,96 (à 5%)


On rejette le modèle.

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On rejette le modèle.

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On rejette le modèle.

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On rejette le modèle

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On rejette le modèle

89
On rejette le modèle

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