Exercices de Démonstration : Les Distances
Nox
Énoncés
Exercice 1 (La distance discrète). Soit E un ensemble non vide. On définit l’application
d : E × E → R+ par : (
0 si x = y
d(x, y) =
1 si x ̸= y
Démontrer que d est une distance sur E.
Exercice 2 (Distance induite par une fonction). Soit f : R → R une fonction strictement
croissante. On définit l’application d : R × R → R+ par :
d(x, y) = |f (x) − f (y)|
Démontrer que d est une distance sur R.
Indication : Expliquer pourquoi le fait que f soit strictement croissante est indispensable
pour l’un des trois axiomes.
Exercice 3 (Création d’une nouvelle distance (Niveau Avancé)). Soit E un ensemble
muni d’une distance d. On définit une nouvelle application d′ sur E × E par :
d(x, y)
d′ (x, y) =
1 + d(x, y)
Démontrer que d′ est également une distance sur E.
Indication : Pour l’inégalité triangulaire, vous pourrez étudier les variations de la fonction
t
g(t) = 1+t sur R+ .
1
Corrigés
Corrigé de l’Exercice 1
Il faut vérifier les trois axiomes de la définition d’une distance.
1. Séparation : Par définition de la fonction, d(x, y) = 0 ⇐⇒ x = y. L’axiome est
vérifié.
2. Symétrie : Si x = y, d(x, y) = 0 et d(y, x) = 0. Si x ̸= y, alors y ̸= x, donc
d(x, y) = 1 et d(y, x) = 1. Dans tous les cas, d(x, y) = d(y, x).
3. Inégalité triangulaire : Il faut montrer que d(x, y) ≤ d(x, z) + d(z, y).
— Si x = y, alors d(x, y) = 0. Comme d ne prend que des valeurs positives (0 ou
1), la somme d(x, z) + d(z, y) est forcément ≥ 0. L’inégalité est vraie.
— Si x ̸= y, alors d(x, y) = 1. Le point z ne peut pas être à la fois égal à x et à y.
Donc z est différent d’au moins l’un des deux. Cela signifie que soit d(x, z) = 1,
soit d(z, y) = 1 (ou les deux). Ainsi, la somme d(x, z) + d(z, y) vaut au moins
1. L’inégalité 1 ≤ 1 ou 1 ≤ 2 est vérifiée.
Conclusion : d est bien une distance (appelée distance discrète).
Corrigé de l’Exercice 2
1. Séparation : d(x, y) = 0 ⇐⇒ |f (x) − f (y)| = 0 ⇐⇒ f (x) = f (y). Puisque
f est strictement croissante, elle est injective. Une fonction injective ne prend la
même valeur qu’en un seul point. Donc f (x) = f (y) =⇒ x = y. La réciproque est
évidente. L’axiome est vérifié.
2. Symétrie : d(x, y) = |f (x) − f (y)| = | − (f (y) − f (x))| = |f (y) − f (x)| = d(y, x).
L’axiome est vérifié.
3. Inégalité triangulaire : On utilise l’inégalité triangulaire de la valeur absolue
classique (|A + B| ≤ |A| + |B|).
d(x, y) = |f (x) − f (y)|
= |f (x) − f (z) + f (z) − f (y)|
≤ |f (x) − f (z)| + |f (z) − f (y)|
≤ d(x, z) + d(z, y)
Conclusion : d est une distance sur R.
Corrigé de l’Exercice 3
d(x,y)
1. Séparation : d′ (x, y) = 0 ⇐⇒ 1+d(x,y) = 0 ⇐⇒ d(x, y) = 0. Comme d est une
distance, d(x, y) = 0 ⇐⇒ x = y. Donc d′ (x, y) = 0 ⇐⇒ x = y.
2. Symétrie : d(x, y) = d(y, x) car d est une distance. Donc en remplaçant au nu-
mérateur et au dénominateur, on obtient trivialement d′ (x, y) = d′ (y, x).
t 1
3. Inégalité triangulaire : Étudions la fonction g(t) = 1+t = 1 − 1+t pour t ≥ 0.
′ 1
Sa dérivée est g (t) = (1+t)2 > 0. La fonction g est donc strictement croissante sur
R+ . On sait que d est une distance, donc d(x, y) ≤ d(x, z) + d(z, y). En appliquant
la fonction g (qui conserve l’ordre car croissante), on obtient :
g(d(x, y)) ≤ g(d(x, z) + d(z, y))
2
Ce qui s’écrit :
d(x, z) + d(z, y)
d′ (x, y) ≤
1 + d(x, z) + d(z, y)
On sépare la fraction :
d(x, z) d(z, y)
d′ (x, y) ≤ +
1 + d(x, z) + d(z, y) 1 + d(x, z) + d(z, y)
En diminuant les dénominateurs (on enlève un terme positif), on agrandit les frac-
tions :
d(x, z) d(z, y)
d′ (x, y) ≤ +
1 + d(x, z) 1 + d(z, y)
Soit : d′ (x, y) ≤ d′ (x, z) + d′ (z, y). L’axiome est vérifié.
Conclusion : d′ est bien une distance.