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Choc Septique

Le choc septique est une forme grave de sepsis caractérisée par une hypotension persistante nécessitant des vasopresseurs et une lactatémie élevée malgré une réanimation adéquate. La prise en charge précoce et efficace est cruciale pour améliorer le pronostic, avec des traitements incluant le remplissage vasculaire, l'antibiothérapie et le contrôle des foyers infectieux. Le diagnostic repose sur des critères cliniques et biologiques, notamment le score SOFA et la surveillance des signes de défaillance d'organes.

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Choc Septique

Le choc septique est une forme grave de sepsis caractérisée par une hypotension persistante nécessitant des vasopresseurs et une lactatémie élevée malgré une réanimation adéquate. La prise en charge précoce et efficace est cruciale pour améliorer le pronostic, avec des traitements incluant le remplissage vasculaire, l'antibiothérapie et le contrôle des foyers infectieux. Le diagnostic repose sur des critères cliniques et biologiques, notamment le score SOFA et la surveillance des signes de défaillance d'organes.

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Choc septique

Introduction
● EDS et l’état de choc le + rencontré en réanimation 62%
● Mortalité ↑ : 40-50% malgré progrès thérapeutiques
● Pronostic est étroitement corrélé à la précocité et la qualité de la PEC.
Définition :
o Choc : Carence cellulaire aigue en O2 par inadéquation apports/consommation d’O2
o Choc septique : Hypoxie cellulaire aigue secondaire à une réponse inflammatoire systémique
d’origine infectieuse

Anciennes définitions = Définition des niveaux croissants de gravité de l’infection :


 SIRS : Réponse inflammatoire systémique définie par 2 signes ou plus parmi :
o Température>38°C ou < 36°C - FC > 90 bpm - FR>20 cpm ou PaCO2< 32mmHg
o GB > 12000/mm3 ou < 4000 / mm3 ou formes immatures > 10%
 Sepsis : SIRS + infection documentée
 Sepsis sévère : Sepsis + Hypo TA
 Choc septique : Sepsis sévère + Défaillance hémodynamique persistante (> 1h) :
o Malgré remplissage vasculaire bien conduit : 20-30 ml/ kg colloïdes ou 40-60 ml/kg cristalloïdes Ou
PAPO= 12-20 mmHg Ou nécessitant vasopresseurs

Nouvelle définition : Surviving sepsis campaign 2016 = Révolution++++


 SEPSIS = « une dysfonction d’organe secondaire à réponse inapproprié de l’organisme à une l’infection».
 L’accent est mis sur la dysfonction d’organe dés le stade sepsis a rendu le terme sepsis sévère redondant
 Cette dysfonction d’organe repose sur le score SOFA, un score >ou= à 2 est associée à une mortalité de 10 %
 Score SOFA comprend 6 défaillances coté chacune de 0_4
 Une version simplifiée le quick SOFA comporte 3 variable :
- Altération de la conscience
- Une FR >22
- PAS< 100
o coté chacune un point et peuvent être facilement mesurées au niveau des urgences
o Le qsofa ne constitue pas un critère diagnostic de sepsis mais un outil permettant une identification
rapide des patients les plus graves ou susceptibles de s’aggraver.

 CHOC SEPTIQUE = forme grave et continue du sepsis


= SEPSIS + une hypotension persistante nécessitant des vasopresseurs pour maintenir une PAM ≥ 65mmHg ET
ayant une lactatémie >2 mmol/L malgré une réanimation volumique adéquate ».

Physiopathologie
A. Déséquilibre des mécanismes de défense
1. Réponse inflammatoire : CASCADE
 Cellulaire :
 Macrophages : Reconnaissance/ Phagocytose du pathogène + Sécrétion de cytokines pro-inflammatoires
 PNN et lymphocytes : Adhésion et cytotoxicité par chimiotactisme + Sécrétion de Cytokines - RL – PAF
 Cellules endothéliales : Sécrétion de NO (vasodilatateur puissant)  Perte de la vasomotricité ↑ perm
alvéolo-capillaire Œdème cellulaire et interstitiel
 Humorale :
 Libération de Cytokines pro et anti-inflammatoires et RL modulant la réponse inflammatoire et entretenant la
réponse cellulaire

2. Activation de la coagulation :
 activation de
o voie intrinsèque / Lipopolysacharides (LPS) bactériens et voie extrinsèque / FT
o la fibrinolyse : rapidement dépassée
o des anticoagulants naturels (Prot C, Prot S, thrombomoduline) : Consommation plaquettaire /
collagène sous-endothélial
 Dans le sepsis :
= Déséquilibre de ces systèmes dans le sens d’un état procoagulantOcclusion µvasculaires / CIVD
 Conséquences : Atteinte endothéliale diffuse
= L’endothélium perd son caractère et devient pro coagulant, antifibrinolytique
o Vasoplégie / ↓ de la sensibilité aux catécholamines
o Perturbation : µcirculation– O2 tissulaire / Défaillances d’organes

B. Conséquences
1. Hémodynamiques
 Vasoplégie :
o Artérielle : ↓↓ RVS : Compensation initiale par augm VES et FC puis collapsus
o Veineuse : Séquestration Sg splanchnique - Hypovolémie relative
 Hypovolémie absolue : Fuite capillaire – Hémorragies
 Atteinte myocardique :
o Dépression (MDF)
o Ischémie IIaire (Hypoxie)
o Dysfonction ventriculaire : Œdème (compliance) – Hyperkaliémie – Acidose
2. Respiratoires
 Lésion de la membrane alvéolo-capillaire Troubles de la diffusion O2
 Atteinte de la régulation du VPH

3. Oxygénation tissulaire
 Rappels :

TaO2 = DC x CaO2 (=1,34 x Hb x SaO2 + 0,003 x PaO2) = 10 – 15 ml/kg/min


VO2 = Consommation d’oxygène = 2,5 – 3,5 ml/kg/min
EO2 = VO2/TaO2 = normalement 25%

 Dans le choc septique : ↑TaO2 critique :


o ↑VO2 : Etat hypercatabolique
o ↓EO2 Troubles de la distribution des circulations régionales (Choc distributif)
Œdème endothélial et interstitielle
Microthrombi occlusions micro vasculaires
 Conséquences :
o Hypoxie tissulaire – Défaillances d’organes
o Métabolisme anaérobie : Production de lactates

4. Viscérales
 Hépatiques :
o Altération du rôle de « filtre » splanchnique : augm translocation bactérienne
o Altération de Synthèse de protéines de l’inflammation
 Digestives : Ischémie de la muqueuse + Translocation bactérienne
 Rénales : → Hypoperfusion par diminution DC
 Neurologiques :
o Secondaire ← Hypoxie / Choc / Atteinte hépatique / rénale
o Atteinte directe : Altération de la neurotransmission
 Endocriniennes :
o Insuffisance surrénalienne : Stimulation ∑ intense
o Hyperglycémie : Insulino-résistance + Toutes hormones hyperglycémiantes
o Hypercatabolisme protidique – Lipolyse

Diagnostic :
A. Positif : Signes de choc :

● Infection suspectée + SOFA ≥2 + remplissage / vasopresseurs + Lactate > 2


● +/- vasoplégie initiale :
o Elargissement de la PA différentielle (↘PAD), tachycardie
o Peau rouge, +/- chaude, veines dilatées
 Patient inquiétant (faciès gris, frissons)
 Infection +/- connue, CCV résistant RV
 Absence de distension jugulaires ou d’œdèmes membre inferieur rend peu probable le diagnostic du choc
cardiogénique
B. Gravité :
● Evaluer hypoperfusion et dysfonction d'organes (clinique)
o Hypotension artérielle – Tachycardie – Marbrures
o Tachypnée
o Oligurie
o Altération de la conscience
● Analyser le retentissement (examens répétés)
o Acidose lactique (LAC + GDSA) +/- hyperkaliémie
o SDRA : ↘ de la compliance pulmonaire, opacités diffuses RxT
o Dysfonction rénale : hyperazotémie
o Cholestase +/- cytolyse hépatique
o CIVD : thrombopénie, hypofibrinogénémie, ↘ TP, D-dimères
o Ischémie myocardique : ECG, CPK-MB, troponine I répétés
 Apprécier volémie et caractériser la défaillance circulatoire
o L’analyse de DPP : chez les patients ventilés estime la réponse à l’expansion volémique
o Monitorage débit cardiaque :
- Echographie transthoracique : ITV sous aortique, estimation débit cardiaque, Permet d’éliminer les
autres types d’EDC.
- Cathéter artériel pulmonaire controversé
- Thermodilution transpulmonaire
o 2 phases
 Hyperkinétique : ↘RVS ↘TA ↘Pressions de remplissage → ↗DC, ↗FC
 Hypokinétique : ↘RVS ↘TA ↗Pressions de remplissage ↘DC ↗FC

C. Etiologique
 Orientation
 Contexte communautaire / nosocomial
 Terrain : asplénie (pneumocoque), diabète, cirrhose

 Traquer la porte d'entrée : clinique +/- imagerie


 Douleur ! contracture abdominale (péritonite, cholécystite) : TDM
 Syndrome méningé, purpura
 Pyurie (IU)
 Aspirations trachéales purulentes, opacité RxT (pneumopathies)
 Inflammation au point de ponction (infection sur cathéter)
 Suppuration de cicatrice (infection de site opératoire)

 Identifier le germe → Prélèvements larges, précoces avt ATB, orientés par clinique :
 Hémocultures (2 anaérobies), ECBU, PL
 frottis + QBC si voyage OM, porte(s) d'entrée possible(s) + Ag solubles, sérologies à posteriori

 Foyer infectieux :Souvent évident : les plus fréquents :


o Pulm (40%) – Hépatodigest (30%) –Uro (10%) – Cathéter (5%) – Cutané et méningé (5%)
o Sinon : Imagerie – Prélèvements bactériologiques

D. Diagnostic différentiel avec les autres chocs (Tableau)


 Tous évoluent si non traités vers profil distributif + Défaillance cardiaque
 SIRS précoce incriminé dans tous les types de choc
Traitement
A. Principes thérapeutiques : survaiving sepsis 2016
1. Optimisation TaO2 :
TAO2 = DC x CaO2 (=1,34 x Hb x SaO2) (O2 dissous négligeable)
 Restauration du débit cardiaque : Remplissage – Vasopresseurs – Inotropes
 Transfusion CG → Corriger une anémie sévère pour rétablir pouvoir oxyphorique du sang
 Ventilation mécanique + Sédation : Augmente PaO2 + Diminue VO2
 Monitorage :
o PA invasive – VVC voire swann-Ganz – Echo cardio
o Diurèse
o SVO2 ou SVcO2 : Valeur basse témoigne de l’incapacité du myocarde à adapter DC (et donc TaO2) à VO2
o Lactates :
- Reflet grossier du métabolisme anaérobie – Valeur évolutive
- Limites : Atteinte hépatique et rénale - Reperfusion
o Hb : Guide la transfusion
2. Traitement étiologique :
 Traitement du foyer infectieux : Chirurgie ou drainage percutané
 Antibiothérapie : Probabiliste + Large spectre + Double dose initiale

3. Traitement physiopathologique :
 Protéïne C activée :
o Effet anti-trombotique et anti-inflammatoire
o Efficacité prouvée sur la mortalité
 Corticothérapie : Insuffisance surrénalienne relative – Effet anti inflammatoire
 Epuration extra-rénale : Elimination des cytokines – Lutte contre l’acidose
4. Traitement adjuvent
 Nutrition
 Prévention de l’ulcère de stress
 Prévention de la maladie thromboembolique

B. Stratégie intégrée: Early goal-directed therapy “survaiving sepsis”2016


1. Prise en charge précoce (6 premières heures)
= Démarrer immédiatement dès diagnostic posé : Sepsis + Hypotension ou Lactates ≥ 4 mmol/l
a. Objectifs : tous à remplir :
o PVC = 8-12 mmHg
o PAM ≥ 65 mmHg
o Diurèse horaire ≥ 0,5 ml/kg
o SvcO2 ≥ 70% ou SvO2 cathé pulm (Sg veineux mêlé) ≥ 65%

b. Contrôle de l’infection :
 Prélèvements :
 Avant ATB sans la retarder
 Au moins 2 hémocultures : 1 percutanée + 1 pour chaque accès veineux
 Autres sites selon signes d’appel cliniques et radiologiques
 ATB IV :
 A démarrer avant la fin de la première heure
 Initialement empirique large spectre adaptée à l’écologie locale et au site infecté
 Réévaluation tous les 3 j avec désescalade
 Association :
o Seulement si neutropénie ou pseudomonas suspecté ou documenté
o 3 à 5 jours maximum
o Durée 7_10 jours dans la majorité des cas, prolongée =site osseux, abcès non drainé, pathogène
[Link] , candidémie
 Contrôle du foyer infectieux :
 S’atteler à identifier et évacuer un foyer accessible à la chirurgie ou au drainage percutané dans les 6 heures
 Retirer les accès veineux potentiellement infectés dès que d’autres sont en place

c. Remplissage vasculaire
 Cristalloïdes (30 ml/kg dans les 3 premières heures)
 En cas de besoin important : cristalloides + albumine
 Attention → Risque de surcharge
o Guidé par monitorage : variables dynamique et réévaluation de l’état HD ++
o Séquences de 500 ml pdt 15 min (fluide challenge ou mini fluid challenge)
 Colloides type HEA n’est plus recommandée dans ce cas.
d. transfusion :
 culots globulaires seuil à 7 g/dl
 PFC : bas associé à un saignement ou procédures chirurgicales ou invasives à risque
 Plaquettes si :
o Plq < 10000/mm3 en absence de saignement
o Plq < 20000/mm3 avec risque significatif de saignement
o Plq < 50000/mm3 en présence de saignement ou avant une chirurgie ou geste invasif.
e. Amines vaso actives :
 Noradrénalines : vasopresseur de premier choix
o Si échec remplissage → PAM < 65 mmHg
o TAD < 40 mmHg
 Adrénaline : 2 eme intention si persistance des signes d’hypoperfusion
 Dobu : atteinte myocardique associée
 dopamine a faible dose abandonnée

2. Prise en charge tardive (6-24h)


a. Corticoïdes :
 Indication : Tous patients avec PA insuffisamment élevée par vasopresseurs
 Hydrocortisone 200 mg/j = corticoïde de référence
 Sevrage progressif dès amélioration PA
 Test à l’ACTH non nécessaire
b. Glycémie :
 Objectif : glycémie < 8,3 mmol/l (1,8 g/l)
 Insuline à la SAP + Perfusion de SG – Surveillance / 1-2h puis / 4h
c. Ventilation mécanique :
 IOT → trouble de conscience (protéger VAS), détresse respiratoire ou aggravation sous ttt (améliore
hématose, et diminue VO2).
 Ventilation : Si SDRA : VT = 6ml/kg – Pr. Plateau < 30 mmHg – PEP – Hypercapnie permissive – DV
 Attention : → PEP =  précharge, sédation = HD (Titration de la sédation)
 Position de la tête : 30-45° (prévention PNAVM)
 VNI si tolérée
 Protocole de sevrage
d. EER :
 Privilégier Hémodia-filtration veino-veineuse continue (Meilleure stabilité EHD)

e. ATB :
 7- 10 jours sinon au delà si :
o Réponse clinique lente
o Foyer non drainable
o Infection fongique
o Neutropénie
 Durée plus courte si contrôle rapide d’un sepsis abd ou urinaire
 Evaluation quotidienne de l’allégement de traitement antimicrobien → Cinétique de la PCT

f. Autres
 Prophylaxie MTE : HNF ou HBPM à dose iso et/ou prophylaxie mécanique selon risque
 Prévention de l’ulcère de stress : Anti H2 ou IPP
 Bicarbonates : Pas d’indication si pH ≥ 7,15
 Nutrition entérale précoce des que possible par sondes d’alimentation chez les patients à grand risque
d’inhalation
 Immunoglobuline, antithrombine à éviter
 Eviter utilisation d’arginine et du sélénium IV

CONCLUSION :
 Choc septique = 1ère cause de décès de patients de réanimation
 Complexité → effort de recherche encore très intense
 Pour l’heure, le traitement du choc septique repose sur des mesures en apparence simple :
o la reconnaissance précoce d’une infection grave ;
o Identification + trt du foyer infectieux ;
o Trt initial par oxygène et expansion volémique sur des obj physiologiques, puis en utilisant les
substances vasoactives, VM, et une discussion de l’usage de la corticothérapie ;
o l’admission en réanimation dès que nécessaire.
 Améliorer l’application de ces pratiques doit être un enjeu de tous les jours pour les médecins en charge de
patients septiques.

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