#Jaimerai_Juste_Sourire😔
#Episode_6
C’est dans une nuit glaciale que nous étions entrain de courir, on pensait que Pablo serait sûrement
entrain de nous suivre.. Ivan a un niveau est tombé parce qu’il courait, mais je suis allée le relever et
on a continué notre chemin… A un niveau on avait déjà trop couru, parfois je portais Asma, parfois
elle-même courait mais pour combien de temps
IVAN : Ornella, je suis fatigué.. Je ne peux plus courir
ORNELLA : Si tu t’arrêtes, Pablo va nous attraper
IVAN : Je ne peux plus courir, je suis fatigué, j’ai mal aux pieds, je me suis blessé en tombant
Il s’est assis, Je ne pouvais pas l’abandonner là, je lui ai dit de me suivre juste a côté,nous sommes
entrés dans la brousse mais tout en ayant la vue sur la route, je ne sais quelle heure il était mais ce
n’était pas vraiment ça le soucis, entre le froid et les petits insectes qui nous piquaient on voyait
pire..
Je portais Asma et la voilà qui s’est endormie, je voulais qu’on se repose quelques heures et qu’on
continue de marcher, en même temps je me posais la question de savoir où est ce qu’on ira, et l’idée
de rentrer a la maison me survolait.. Mais avec ce que Ivan avait fait à Pablo, on devait voir pire que
ce qu’on vivait avant..
Ivan aussi s’est mis à dormir mais à lui, je lui ai dit
ORNELLA : Ne dors pas Ivan ! on doit arriver a l’agence où on prend les voitures, on va partir d’ici
Pendant que je lui disais cela, J’ai entendu des voix, des voix de femmes, sûrement elles rentraient du
deuil, j’ai reconnu la voix de Tata
IVAN : Voilà Ta..
J’ai fermé sa bouche, je ne savais pas si c’était une bonne idée de retourner là-bas, une chose est
sûre si on disait à Tata, elle devait nous ramener a la maison, je ne voulais plus vivre une telle
situation avec Pablo et je parie que coûte que vaille, il devait chercher à se venger..
ORNELLA : Dès qu’elle est loin, on court, on part ! Attends je nettoie ton genou
J’ai pris le bout de mon t-shirt et j’ai nettoyé son genoux saignant, dès que Tata fut loin au point où
on ne l’entendait plus, nous sommes sortis de la brousse, je portais Asma au dos et on s’est mis à
courir, Ivan boitait mais je faisais l’effort de le motiver..
Je pensais a mes parents, à mon dernier rêve, on n’avait pas une vie facile de leur vivant mais jamais
au grand jamais, cette heure de la nuit nous aurait trouvé dehors en pleine difficulté pareille.. Mais je
me suis vite ressaisie, ce n’était pas le moment d’être émotionnelle, ici on devait s’en sortir c’était
d’abord l’essentiel..
ORNELLA : On arrive bientôt.. Supporte encore
Ivan était déjà fatigué et ça se voyait, il pleurait même mais faisait l’effort de courir avec son genoux
saignant qui devait lui faire un mal de fou…
A un niveau on senti une voiture venir derrière nous, elle était à vive allure, je n’avais eu le temps de
me cacher avec mes frères que les phares nous avaient déjà éclairés.. Elle nous a traversé, puis on l’a
vu s’arrêter, j’ai mis Ivan derrière moi et je me suis placé devant.. La voiture a fait marche arrière et
est venue garer devant nous
A chaque fois que je suivais un bruit je me disais que c’était Pablo qui nous cherchait, la peur que j’ai
eue quand j’ai vu cette voiture.. Mais après, au dessus je vis des filets de vivres, des régimes de
plantains et des feuilles
- Vous cherchez quoi dehors dans la nuit ?!
Nous demanda le chauffeur… À l’intérieur, il y avait deux femmes, des commerçantes, l’une d’elle dit
- L’autre est même blessé
Le chauffeur est descendu..
- Vous ne parlez pas ?! Vous habitez où ?
ORNELLA : On n’a pas de maison !
- Vous n’avez pas de maison et vous sortez donc d’où ?
Je devais commencer par où ? Je ne savais pas ! Je le regardais seulement parler
- On va aller vous laisser à la brigade alors.. Vos parents vont venir vous chercher là-bas
Il me prit par le bras et me fit entrer dans la voiture, ainsi que Ivan.. Je m’étais laissée faire parce-que
je trouvais le commissariat mieux que retourner à la maison.. Mais quand nous sommes entrés dans
la voiture, la femme qui avait remarqué la blessure d’Ivan dit
- Quand tu vois les enfants ci, ils sont entrain de fuir quelqu’un.. Les enfants ci souffrent.. Ma
fille tu t’appelles comment ?
ORNELLA : Ornella
- Et vous fuyez quoi ?.
ORNELLA : Le mari de notre tante, il a essayé de me violer et mon petit frère est venu avec le feu
pour le brûler
- Ekie !! Vos parents sont où ?
ORNELLA : Papa et maman sont décédés
- J’ai bien dit que les enfants ci ne peuvent pas marcher seuls comme ça dans la nuit , il y’a
quelque chose.. Regarde la plus petite ci.. Weerrr , les oncles à qui on laisse souvent nos
enfants ci.. Si tu vas même les laisser a la brigade là, les mêmes gens vont encore venir les
chercher pour les ramener là-bas
L’autre femme à côté dit
- Tu es d’abord sûre qu’elle dit la vérité ?
- Quand tu vois les enfants comme ça, ils vont mentir pourquoi ? Avec un petit enfant en plus !
Moi je les amène a la maison..
- Hum..
- Oui je les amène, si j’apprends qu’on les cherche, je les ramène mais la personne va me
prouver que ce sont ses enfants.. On sait tous ce qui passe lorsque tu es une orpheline,
surtout orpheline..
A ce moment je pouvais faire même confiance au diable mais retourner chez Pablo et Tata, ça,
jamais !
C’est comme ça qu’après des discussions, j’ai revu la plaque que j’avais vu au début mais cette fois
c’était écrit « SANGMELIMA VOUS DIT AUREVOIR « .. Mon cœur s’est apaisé et c’est à ce moment
que j’ai ressenti toute la fatigue du monde, quand je me suis endormie, je ne sais pas, je quittais
enfin ce village de peine…
On m’avait juste réveillée lorsque bous sommes arrivés, nous étions dans un marché et les gens
déchargeaient les marchandises de partout, le jour tombait a peine..
- Placez vous là.. Je décharge mes filets
Nous avait dit la dame, elle est allée décharger ses choses sur la voiture, elle est allée dans un
magasin en face et les a déposé.. Puis elle est revenue..
- Allons a la maison.. Vous allez bien vous reposer là-bas
Elle a stoppé un taxi vide et nous sommes entrés, ce n’était pas très loin, nous sommes arrivés chez
elle… Une maison assez modeste, elle semblait vivre seule, elle a ouvert sa porte et nous sommes
entrés..
- Moi je vais aller au marché hein.. Vous restez ici… Je vais envoyer un enfant la vous donner
du pain
ORNELLA : Merci Tata
- Moi c’est Tata Suzanne.. ou Mama Suzanne
ORNELLA : D’accord Mama Suzanne
Bon voilà la chambre.. Je reviens en journée..
Elle est ressortie et a tiré juste la porte, j’étais la avec Asma et Ivan, on était assis on se regardait, je
ne savais même pas où on était, je mourrais de faim..
Quelques minutes après, un jeune gars est venue avec 3 pains, chargés de haricot et de spaghetti..
Depuis des années je n’avais plus mangé du pain.. Ivan a couru quand il a vu ça
- C’est Mama Suzanne qui m’a envoyé te remettre ça
ORNELLA : Oui oui elle m’a dit
Le gars a déposé en souriant et il est ressorti.. On a terminé de manger, ensuite j’ai remarqué que la
maison de mama Suzanne était en désordre et les assiettes sales.. J’étais déjà habituée a travailler, je
me suis donc mis a la tâche.. En quelques heures j’avais rendu sa maison nickel
Aux environs de 14h, j’ai entendu sa voix dehors…
MAMA SUZANNE : Non aujourd’hui je n’ai pas duré, avec le marché qui est même dur là.. J’ai des
choses a faire
Elle expliquait a sa voisine pourquoi elle était rentrée tôt..
MAMA SUZANNE : Je te dis.. Et je quis rentrée de sangmelima le matin..
Elle a terminé et elle est entrée, on était tous là, elle vit d’abord l’éclat de sa maison, les choses bien
rangées ensuite dans la cuisine tout était propre
MAMA SUZANNE : C’est toi qui as fait le ménage ?
ORNELLA : Oui maman !
MAMA SUZANNE : Merci, je regardais souvent les trucs la comme ça, je rentre du marché a 17h..
Fatiguée.. Merci ma fille
Elle s’est assise et m’a demandé ce qui se passe et que je lui raconte tout, ce que j’ai fait, il restait
juste un peu cette dame coulait des larmes quand elle a écouté mon histoire.. elle m’a dit
MAMA SUZANNE : Tu vois ? Moi je n’ai pas grand-chose, même pour manger c’est moi qui cherche,
je ne peux pas dire que je vais t’envoyer a l’école, je paye ma maison, je me soigne a l’hôpital et je
mange.. Et tout ça c’est moi qui cherche.. Moi je n’ai pas de problèmes pour vous garder mais sache
que nous tous on doit seulement mettre la main dans la pâte, tu es déjà grande, tu comprends, tu
sais ce que je veux dire..
ORNELLA : Oui
MAMA SUZANNE : Voilà ! Mais pour l’instant, vous vous reposez, quand tu seras prête là, on va
souvent aller au marché ensemble, tu vois comment ça se passe…
ORNELLA : D’accord Mama Suzanne
MAMA SUZANNE : Maintenant, je vais nous faire a manger …
A SUIVRE…