0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
2 vues107 pages

Code Mini Er

La Loi N_________/CNT/2011 établit le Code Minier de la République de Guinée, définissant les dispositions générales, les titres miniers, les autorisations diverses et les droits et obligations liés aux activités minières. Elle vise à encadrer la gestion des ressources minières, à promouvoir la bonne gouvernance et à protéger l'environnement tout en favorisant le développement local. Ce code comprend également des dispositions financières et des mesures de transparence pour lutter contre la corruption dans le secteur minier.

Transféré par

Moussa Mabinty Sylla
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
2 vues107 pages

Code Mini Er

La Loi N_________/CNT/2011 établit le Code Minier de la République de Guinée, définissant les dispositions générales, les titres miniers, les autorisations diverses et les droits et obligations liés aux activités minières. Elle vise à encadrer la gestion des ressources minières, à promouvoir la bonne gouvernance et à protéger l'environnement tout en favorisant le développement local. Ce code comprend également des dispositions financières et des mesures de transparence pour lutter contre la corruption dans le secteur minier.

Transféré par

Moussa Mabinty Sylla
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

1

Conseil National République de Guinée


de la Transition Travail-Justice-Solidarité

Loi N_________/CNT/2011

Portant Code Minier de la République de Guinée

Le Conseil National de la Transition

Vu la Constitution
A délibéré en sa séance Plénière du 09 Septembre 2011 et adopté la Loi dont la
teneur suit :

CNT septembre 2011 Code minier

1
2

SOMMAIRE

TITRE I : DISPOSITIONS GÉNÉRALES

CHAPITRE I : DÉFINITIONS

Article 1 : Définitions

CHAPITRE Il : CADRE JURIDIQUE

Article 2: Objet de la loi

Article 3: Propriété de l'État

Article 4 : Zones promotionnelles

Article 5 : Zones de réserves stratégiques

Article 6 : Application de la Loi

Article 7 : Référence aux autres Codes

Article 8 : Conflit d’intérêt

CHAPITRE III: PRINCIPALES STRUCTURES DE GESTION ET D’APPUI A LA


GOUVERNANCE DU SECTEUR MINIER

Article 9 : principale structures de gouvernance du secteur minier

Article 10 : Moyens aux Structures d’Appui à la bonne gouvernance

CHAPITRE IV: CLASSIFICATION DES GITES DE SUBSTANCES MINERALES

Article Article 11 : Régime légal

Article 12 : Carrières

Article 13 : Mines

14: Changement de classification

CHAPITRE V : DROIT DE SE LIVRER A DES OPERATIONS MINIERES OU


DE CARRIERES

Article 15 : Droit des personnes

CNT septembre 2011 Code minier

2
3

Article 16 : Droit de l'État

Article 17: Actes conférant le droit de mener des activités minières

Article 18: Convention minière

TITRE Il: TITRES MINIERS ET AUTORISATIONS DIVERSES

CHAPITRE I: TITRES MINIERS

SECTION 1: PERMIS DE RECHERCHE

Article 19 : Droits conférés et obligations


Article 20 : Nombre de permis
Article 21 : Superficie et forme
Article 22 : Attribution
Article 23: Validité
Article 24 : Renouvellement
Article 25 : prolongation
Article 26 : Programme et début des travaux
Article 27 : Libre disposition des produits

SECTION Il: PERMIS D'EXPLOITATION

Article 28 : Droits conférés

Article 29 : Superficie et forme

Article 30 : Attribution

Article 31 : Indemnisation de l'inventeur

Article 32 : Validité

Article 33 : Renouvellement

Article 34 : Début des travaux d'exploitation

CNT septembre 2011 Code minier

3
4

SECTION lll : CONCESSIONS MINIÈRES

Article 35 : Droits conférés

Article 36: Superficie

Article 37: Attribution

Article 38 : Indemnisation de l'inventeur

Article 39 : Validité

Article 40 : Renouvellement

Article 41 : Début des travaux d'exploitation

CHAPITRE Il: AUTORISATIONS DIVERSES

SECTION I : AUTORISATION DE RECONNAISSANCE

Article 42 : Droits conférés

Article 43 : Attribution

Article 44 : Libre disposition des produits

Article 45 : Validité et renouvellement

SECTION ll : AUTORISATION DE RECHERCHE DE CARRIÈRES

Article 46 : Droits conférés

Article 47 : Attribution

Article 48: Validité

Article 49 : Renonciation

Article 50 : Retrait

CNT septembre 2011 Code minier

4
5

SECTION III: AUTORISATION D'EXPLOITATION ARTISANALE

Article 51 : Domaine d'application


Article 52: Superficies réservées
Article 53 : Personnes autorisées
Article 54 : Attribution
Article 55 : Encadrement
Article 56 : Droits conférés
Article 57 : Superficie
Article 58 : Droits constitués
Article 59: Agrément à la commercialisation de l’or, des diamants et autres
gemmes sur le territoire national.
Article 60 : Exportation de l’or, des diamants et autres gemmes
Article 61 : Détention et vente de l’or artisanal
Article 62 : Détention et vente des diamants et autres gemmes
Article 63 : Validité et renouvellement
Article 64: Réhabilitation des sites

SECTION IV: AUTORISATION D'EXPLOITATION DE CARRIERES

Article 65 : Application
Article 66 : Catégories de carrières
Article 67 : Droits conférés
Article 68 : Des relations avec les propriétaires du sol
Article 69 : Attribution
Article 70 : Validité
Article 71 : Dispositions d'application générale
Article 72 : Infractions
Article 73: Ouverture de carrière publique

CHAPITRE III: DES DISPOSITIONS COMMUNES AUX TITRES MINIERS ET


AUTORISATIONS DIVERSES

Article 74: Droits antérieurs


Article 75 : Superposition des titres miniers et autorisations

CNT septembre 2011 Code minier

5
6

Article 76 : Entrée en vigueur


Article 77 : Renouvellement
Article 78 : Prorogation
Article 79 : Refus de renouvellement
Article 80 : Délimitation et bornage
Article 81 : Rapports
Article 82 : Fin des titres miniers
Article 83 : Option sur les installations et constructions à la fin des titres
minier
Article 84 : Renonciation
Article 85 : Date d'effet de la renonciation
Article 86 : Portée de la renonciation
Article 87 : Force majeure
Article 88 : Retrait des titres miniers
Article 89 : Extinction des droits et obligations du titulaire
Article 90: Cessions, transmissions et amodiations
Article 91 : Enregistrement des actes de cessions et traitement des
transactions financières

CHAPITRE IV: CONDITIONS D'OBTENTION D'UN TITRE MINIER OU D'UNE


AUTORISATION

Article 92 : Obligation de se conformer


Article 93: Incapacités
Article 94: Solidarité

CHAPITRE V : GARANTIES GÉNÉRALES

Article 95 : Libertés générales


Article 96 : Non discrimination

TITRE III : DISPOSITIONS RELATIVES AUX EAUX SOUTERRAINES ET GITES


GEOTERMAUX

CNT septembre 2011 Code minier

6
7

CHAPITRE 1: RECHERCHE ET EXPLOITATION

Article 97 : Droit de se livrer à la recherche et à l'exploitation


Article 98 : Usage des eaux souterraines et gîtes thermiques
Article 99 : Permis de recherche
Article 100 : Permis d'exploitation
Article 101 : Exploitation des eaux souterraines et gîtes géothermiques
Article 102 : Périmètre

CHAPITRE II : RÉGIMES JURIDIQUES

Article 103 : Régimes juridiques

TITRE IV : DES DROITS ET OBLIGATIONS ATTACHÉS À L'EXERCICE DES


ACTIVITÉS MINIÈRES OU DE CARRIÈRES

CHAPITRE I : GÉNÉRALITÉS

Article 104 : Exploitation des ressources minières nationales


Article 105 : Election de domicile
Article 106 : Indemnisation pour préjudice et dommages
Article 107 : Préférence aux entreprises guinéennes
Article 108 : Emploi du personnel
Article 109 : Formation du personnel

CHAPITRE Il : ZONES FERMÉES, PROTÉGÉES OU INTERDITES À LA


RECONNAISSANCE, À LA RECHERCHE ET À L'EXPLOITATION DES MINES

Article 110 : Zones fermées


Article 111 : Zones protégées ou interdites
Article 112 : Zone de protection
Article 113 : Zones élargies de sécurité
Article 114 : Indemnisation

CHAPITRE III: RELATIONS DES TITULAIRES DE TITRES MINIERS ENTRE


EUX, AVEC L'ÉTAT, AVEC LES TIERS ET AVEC LES COMMUNAUTES
LOCALES

CNT septembre 2011 Code minier

7
8

SECTION I : DES RELATIONS ENTRE MINES VOISINES

Article 115 : Travaux d'intérêt commun


Article 116 : Responsabilité civile
Article 117 : Exceptions
Article 118 : Bande frontalière
Article 119: Différends non réglés

SECTION Il : DES RAPPORTS AVEC L'ÉTAT

Article 120 : Autorisations particulières


Article 121 : Réalisation et appropriation des infrastructures
Article 122 : Respect des engagements internationaux de l'État

SECTION III : DES RAPPORTS AVEC LES TIERS

Article 123 : Droits des propriétaires


Article 124 : Indemnités
Article 125: Utilité publique
Article 126 : Responsabilité, dommages et réparations
Article 127 : Autorisation au tiers et non réparation

SECTION lV : DES RAPPORTS AVEC L'ÉTAT ET LES TIERS

Article 128 : Utilisation d'infrastructures


Article 129 : Matériaux de construction

SECTION V: DES RELATIONS ENTRE LE TITULAIRE ET LES


COMMUNAUTÉS LOCALES

Article 130 : Développement de la communauté locale


Article 131 : Fermeture de l'exploitation

CNT septembre 2011 Code minier

8
9

CHAPITRE IV : DISPOSITIONS SPÉCIFIQUES APPLICABLES AUX


SUBSTANCES RADIOACTIVES

Article 132 : Domaine d'application


Articles 133 : Des conditions particulières
Article 134 : Obligation de déclaration

CHAPITRE V : DE L'EXPLOITATION DES REJETS DES MINES

Article 135 : Autorisation préalable


Article 136 : Régime

CHAPITRE VI : OPÉRATIONS DE TRANSPORT, DE TRAITEMENT OU DE


TRANSFORMATION, DE COMMERCIALISATION ET D’ASSURANCE

Article 137: Droit de transport


Article 138: Droit de Commercialisation
Article 139 : droit de Transformation
Article 140 : Obligation de se conformer au Code des assurances
Article 141 : Déclaration

CHAPITRE VII : DE L'ENVIRONNEMENT ET DE LA SANTE

Article 142 : Généralités


Article 143 : Protection de l'environnement et de la santé.
Article 144 : Fermeture et réhabilitation des sites d'exploitation

CHAPITRE VIII : DE L'HYGIÈNE ET DE LA SÉCURITÉ DU TRAVAIL

Article 145: Obligation de réglementation


Article 146 : Cas de carence
Articles 147 : Dispositions relatives aux moins de dix huit ans
Article 148 : Utilisation des explosifs à usage civil
Article 149 : Disposition particulière relative à l’Environnement, à la Santé
et à la Sécurité

CNT septembre 2011 Code minier

9
10

CHAPITRE IX : DE LA PARTICIPATION DE L’ETAT, LA TRANSFORMATION


SUR PLACE DES RESSOURCES MINERALES ET LA PROMOTION DE
L’ACTIVITE MINIERE

Article 150 : Participation de l'État


Article 151 : Facilitation des procédures administratives par le CPDM
Article 152 : Fonds d’Investissement Minier

CHAPITRE X : TRANSPARENCE ET LUTTE CONTRE LA CORRUPTION DANS


LE SECTEUR MINIER

Article 153 : Obligation d’identification des titulaires


Article 154 : Interdiction de paiement de pots-de-vin par les sociétés
Article 155 : Code de bonne conduite
Article 156 : Plan de surveillance contre la Corruption
Article 157 : Pénalités –retrait du titre

TITRE V: DES DISPOSITIONS FINANCIERES

CHAPITRE I: DROITS ET REDEVANCES MINIÈRES

Article 158: interdiction d'actes de concussion aux personnes exerçant une


fonction publique ou élective

Article 159: Droits fixes


Article 160 : Redevances superficiaires

CHAPITRE Il: TAXES MINIÈRES

Article 161 : Taxe sur les substances minières


Article 162: Taxe sur les substances de carrières
Article 163 : Taxe à l'exportation sur la production artisanale d’or et de
diamant

Article 164 : Taxe à l'exportation sur la production industrielle et semi-


industrielle du diamant
Article 165: Répartition entre différents budgets
Article 166 : Catégorisation des marchandises à importer par les sociétés
minières et leurs sous-traitants directs

CNT septembre 2011 Code minier

10
11

Article 167: Procédure d’agrément des listes pour les différentes catégories
Article 168 : Différentes phases d’activités des sociétés minières

CHAPITRE III: AVANTAGES FISCAUX ET DOUANIERS EN PHASE DE


RECHERCHE

Article 169 : Exonération de la TVA et des impôts sur le revenu


Article 170: Obligations déclaratives
Article 171: Retenue à la source des impôts sur les salaires
Article 172: Droits de douane

CHAPITRE IV : AVANTAGES FISCAUX ET DOUANIERS EN PHASE DE


CONSTRUCTION DE LA MINE

Article 173: Exonération de la TVA et des autres impôts


Article 174 : Exonération des droits de douane

CHAPITRE V: AVANTAGES FISCAUX ET DOUANIERS EN PHASE


D'EXPLOITATION

Article 175 : Exonération des impôts sur le revenu


Article 176 : Imposition sur les bénéfices et autres impôts
Article 177 : Des charges déductibles des bénéfices
Article 178 : Provision pour la reconstitution de gisement
Article 179 : Des droits de douane pour équipements de transformation sur
place

Article 180 : Des droits de douane pour les équipements d'extraction


Article 181 : Effets personnels du personnel expatrié

CHAPITRE VI : STABILISATION DES REGIMES FISCAUX ET DOUANIERS

Article 182 : Application de la stabilisation aux substances minières


Article 183 : Application de la stabilisation aux substances de carrières

CHAPITRE VII : RÉGLEMENTATION DES CHANGES

Article 184: Ouverture de comptes en devises

CNT septembre 2011 Code minier

11
12

Article 185 : Garanties de transfert


Article 186 : Déclaration d'importation et d'exportation des matières
précieuses

CHAPITRE VIII : AUTRES DISPOSITIONS COMPTABLES ET ÉCONOMIQUES

Article 187: Plan comptable national et audit


Article 188 : Dépenses engagées par l'État
Article 189 : Investissements de recherches

TITRE VI : DE LA SURVEILLANCE ADMINISTRATIVE ET TECHNIQUE DES


ACTIVITÉS MINIÈRES

Article 190 : Surveillance administrative et technique


Article 191 : Surveillance financière
Article 192 : Contrôle quantitatif et qualitatif des produits
Article 193 : Conservation de la documentation géologique et minière

TITRE VII : DECLARATIONS DE FOUILLES ET DES LEVES GEOPHYSIQUE ET


GEOTECHNIQUE

Article 194 : Obligation de déclaration


Article 195 : confidentialité des informations fournies
Article 196: Droit d'accès
Article 197 : Communication de renseignements et découvertes
Article 198 : Obligation d’analyse des échantillons par le Laboratoire National
des Mines

Article 199 : Dangers et accidents


Article 200 : Fin des travaux

TITRE VIII : DES DISPOSITIONS PÉNALES


Article 201 : Contestations
Article 202 : Rapports de la Direction Nationale des Mines
Article 203 : Action publique
Article 204 : Constatation des infractions et procès-verbaux
Article 205 : Saisies, poursuites, perquisitions et visites
Article 206 : Des falsifications
CNT septembre 2011 Code minier

12
13

Article 207 : Défaut d'autorisation d'opérer


Article 208 : Défaut de déclaration
Article 209 : Violations des zones de protection et de sécurité
Article 210 : Actes de sabotage, de destruction et voies de fait
Article 211 : Autres violations
Article 212: Infractions de détention frauduleuse des matières précieuses
Article 213: Violation des dispositions du présent Code relatives au paiement
de pots-de-vin
Article 214 : Indexation du montant des amendes
Article 215 : Pénalités prévues par les autres Codes
Article 216 : Mise à jour et publication du règlement des pénalités

TITRE IX : DES DISPOSITIONS DIVERSES, TRANSITOIRES ET FINALES

Article 217: Régime applicable aux titres antérieurs


Article 218 : dispositions transitoires en matière de santé
Article 219 Règlements de différends
Article 220 : Abrogation des dispositions antérieures
Article 221: Publication au Journal Officiel

CNT septembre 2011 Code minier

13
14

CONSEIL NATIONAL REPUBLIQUE DE GUINEE


DE LA TRANSITION Travail – Justice-Solidarité

LOI

Loi L/ 2011/……………../CNT
PORTANT CODE MINIER DE LA REPUBLIQUE DE GUINEE

Le Conseil National de la Transition

VU la Constitution

Après en avoir délibéré, adopte

Le Président de la République promulgue la Loi dont la teneur suit :

TITRE PREMIER
DISPOSITIONS GÉNÉRALES

CHAPITRE Ier : DEFINITIONS

Article 1er : Définitions

Au sens de la présente Loi, on entend par :

Acheteurs : personnes physiques ou morales de nationalité Guinéenne ou


étrangère détenant un Comptoir d’Achat de Diamants ou un Bureau d’Achat Agréé
d’or.

Activité minière : toute opération de reconnaissance, de recherche ou


d'exploitation de substances minérale;

Administration : toute Administration de la République de Guinée.

Administration Minière : Ministère chargé des Mines et l'ensemble de ses services


centraux et/ou déconcentrés.

Agents collecteurs : personnes physiques de nationalité guinéenne autorisées à


collecter et à acheter aux producteurs de l’or, des diamants et autres gemmes
provenant de l’exploitation artisanale pour les revendre aux Comptoirs d'Achat de
diamants ou aux Bureaux d’Achat Agréés pour l’or.

CNT septembre 2011 Code minier

14
15

Agents permanents (Agents Spéciaux) : Ingénieurs des Mines ou Ingénieurs


Géologues, Officiers de Police Judiciaire (Commissaires de Police ou Gendarme)

Amodiation : un louage pour une durée déterminée ou indéterminée sans faculté


de sous-louage, de tout ou partie des droits attachés à une autorisation d’exploitation de
carrière, à un permis d’exploitation minière industrielle ou semi-industrielle, ou à une
concession minière moyennant une rémunération fixée par accord entre
l'amodiant et l'amodiataire.

Audit environnemental : Démarche tendant à la connaissance de la situation d'une


entreprise, d'un site ou de leur exploitation au regard de l'environnement pour :

• mesurer et analyser l'impact que peut avoir l'activité exercée et les méthodes
d'exploitation utilisées sur tel ou tel aspect du milieu, apprécier la conformité
des méthodes d'exploitation aux prescriptions imposées par la législation, la
réglementation et les engagements contractuels,

• dresser un bilan de l'impact de l'activité antérieurement exercée sur le site,


puis soit prescrire les mesures de remise en état du site, soit à vérifier la
conformité des mesures prises ou à prendre par rapport aux prescriptions
légales, réglementaires et contractuelles,

Banque nationale des données géologiques : fonds documentaire rassemblant,


après examen, interprétation et saisie, tous les renseignements relatifs aux travaux
de fouilles et de reconnaissance du sol et du sous-sol national (géophysique,
géochimie, Géologie, hydrogéologie, etc.)

BNE : Bureau National d’Expertise de Diamants, Or et Matières Précieuses

Cadastre Minier : registre public contenant le répertoire de tous les titres miniers et
de carrière assorti de leur représentation cartographique permettant de les localiser
sur le territoire national

Centre de Promotion et de Développement Minier (CPDM) : guichet unique


relevant du Ministère en charge des Mines et servant d’interface entre les
Investisseurs et l’Administration.

Code Minier : la présente Loi et ses textes d’application

Commission Nationale des Mines : commission composée des représentants de


l’Etat et des autres composantes de la Nation chargée de participer, sur la base des
dispositions du Code minier, à l’examen des demandes d’octroi, de renouvellement, de
transfert, de prorogation et de retrait des titres miniers.

CNT septembre 2011 Code minier

15
16

Comité Technique des Titres : Comité interne de l’Administration minière chargé


d’instruire les dossiers de demande d’octroi, de renouvellement, de prorogation et
de prolongation ainsi que les dossiers de retrait des titres préparés par le CPDM.

Concession minière : titre minier, portant sur un périmètre délimité par des
coordonnées géographiques, octroyé par décret du Président de la République
autorisant son titulaire à exploiter un domaine public ayant fait l’objet de découverte
de gisement dont l’évidence est dûment établie par une étude de faisabilité et dont
l’exploitation nécessite des travaux et des investissements d’une importance
particulière.

Convention de Développement Local : convention entre le titulaire d’un titre


d'exploitation et les communautés environnantes incluant notamment les
dispositions relatives à la santé et la formation des populations locales et la mise en
œuvre de projets à vocation économique et sociale ;

Convention minière : contrat définissant les droits et obligations des parties


relatifs aux conditions juridiques, techniques, financières, fiscales,
administratives, environnementales et sociales applicables à une concession
minière.

Date de première production commerciale : la première des deux dates


suivantes : la date à laquelle la mine atteint une période continue de production
de soixante (60) jours supérieur à 30% de sa capacité de production telle
qu'établie dans l'étude de faisabilité ou le rapport de faisabilité et qui a été notifiée
au Ministre en charge des Mines et à celui du Commerce après avis motivé et
certifié par les administrations compétentes ; ou la date de la première expédition
à des fins commerciales.

Direction : Direction Nationale des Mines et Direction Nationale de la Géologie ou


toutes structures exerçant des fonctions identiques ou similaires.
Environnement : ensemble des conditions naturelles et humaines déterminant le
milieu de vie dans une zone donnée et incluant l'écosystème et les populations.

État : République de Guinée, ou toute entité lui appartenant ou dont il contrôle le


capital et agissant dument en ses lieu et place.

Étude d'impact environnemental et Social : document comportant l'analyse de


l'état initial du site et de son environnement naturel et humain, l'énoncé des
mesures envisagées pour supprimer, réduire et/ou compenser les conséquences
dommageables sur l'Environnement et l'estimation des dépenses
correspondantes ainsi que la présentation des autres solutions possibles et
raisons pour lesquelles, du point de vue de la protection de l'Environnement,
l’Activité minière envisagée est possible.

CNT septembre 2011 Code minier

16
17

Exploitant : titulaire d'une concession, d'un permis d'exploitation ou d'une


autorisation d'ouverture de carrières.
Exploitation : ensemble des travaux par lesquels on extrait des substances
minérales ou de carrière pour en disposer à des fins utilitaires et / ou
commerciales.

Exploitation Artisanale : toute exploitation dont les activités consistent à extraire


et concentrer des substances minérales et à récupérer les produits marchands
par des méthodes et procédés manuels et traditionnels.
Exploitation industrielle : toute exploitation dont les activités consistent à extraire et
concentrer des substances minérales et à récupérer les produits marchands par
des méthodes et procédés modernes et mécanisées.

Exploitation minière : Ensemble constitué par les réserves extraites et préparées


et les minerais abattus, les infrastructures au sol et dans le sous-sol, les ouvrages
au sol et dans le sous-sol, les installations au sol et dans le sous-sol, les
bâtiments, les équipements, les outils et les stocks, ainsi que tous les éléments
incorporels qui s'y rattachent;

Exploration minière : Exécution des études géologiques et géophysiques


relatives aux structures et à la géologie souterraine, des travaux d'évaluation par
excavation, sondage et forage, d'analyse des attributs physiques et chimiques des
minéraux et l'examen de la faisabilité économique du développement et de la
mise en production d'un gisement.

Extension : tous travaux ou toutes acquisitions contribuant à accroître la


production selon la réglementation en vigueur.
Extraction : ensemble des travaux visant à retirer du sol et sous sol des
substances minérales ou de carrière.

Fonds de Développement Local (FDL) : Fonds alimenté par la contribution au


développement locale destiné au financement des projets communautaires dans
le cadre de la mise en œuvre de la Convention de Développement Local.

Force majeure : tout événement, acte ou circonstance qui est imprévisible et hors
du contrôle ou de la volonté d’une Partie et qui entrave ou rend impossible
l’exécution par cette Partie de ses obligations légales ou contractuelles.

Gisement : tout gîte naturel de substances minérales économiquement


exploitable.

Gîte : toute concentration minérale naturelle pour laquelle la rentabilité de


l'exploitation n'est pas encore prouvée.

CNT septembre 2011 Code minier

17
18

Gîtes géothermiques : gîtes de minéraux naturels à haute ou basse température


et dont on peut extraire de l'énergie sous forme thermique, notamment par
l'intermédiaire des eaux chaudes et vapeurs souterraines qu'ils contiennent.
Gouvernement : Gouvernement de la République de Guinée.

Haldes, terils de mines et résidus d'exploitation de carrières : tout rejet, déblais,


résidus d'exploitation minière et de carrières.

Indice : tout renseignement certain, contrôlé directement, de l'existence en un


point donné d'une minéralisation,

Inventeur : titulaire d'un permis d'exploration qui a fait la découverte d'un gîte
d'une substance minérale indiquée sur son titre et sur le périmètre autorisé,

Masters : Personnes physiques de nationalité Guinéenne autorisées à exploiter


artisanalement le diamant et autres gemmes ou l’or.

Mine : tout lieu d'exploitation de substances minérales, à ciel ouvert ou souterrain,


y compris les installations et les matériels mobiliers et immobiliers affectés à
l'exploitation.

Minerai : substance minérale provenant d'un gisement.

Ministre : le Ministre responsable du Département en charge des Mines et de la


Géologie.

Opération ou exploitation semi-industrielle : activité minière de petite taille


permanente, possédant un minimum d'installations fixes, utilisant dans les règles
de l'art, des procédés peu mécanisés et manuels.

Parties : titulaire d’un titre minier ou de carrière et l’Etat

Permis d’exploitation minière : titre minier, portant sur un périmètre délimité par
des coordonnées géographiques, octroyé par arrêté du Ministre en charge des
Mines autorisant son titulaire à exploiter un domaine public ayant fait l’objet de
découverte de gisement économiquement exploitable.

Plan de gestion environnementale : un document défini à l'issue de l'étude


d'impact sur l'environnement et en faisant partie, qui comporte les engagements
du titulaire du titre minier en matière de protection de l'environnement sur
l'ensemble de l'assiette foncière du gîte minier. Ces obligations concernent toutes
les actions que le titulaire du titre minier mettra en œuvre pour prévenir, réduire,
supprimer ou compenser les effets néfastes de ses activités minières sur
l'environnement et sur la santé des populations riveraines du gîte minier,

CNT septembre 2011 Code minier

18
19

Plus-value de cession : gain résultant de la différence entre le prix de cession ou


la valeur de transmission du titre et le coût des investissements réalisés sur le
titre minier.
Dans le cas d’échange ou de cession d’action, la plus-value est calculée sur la
base de la valeur des actions.

Produit transformé : produit provenant de la transformation chimique ou physique


de la structure minéralogique du minéral porteur de l'élément enrichi.

Prospection : processus systématique qui consiste à rechercher un gisement


minéral en délimitant des zones prometteuses. L'évaluation est basée sur
l'interprétation des résultats géologiques, géochimiques et géophysiques.

Provision pour reconstitution de gisement : Disposition fiscale qui permet à


l'entreprise minière de soustraire à l'impôt une partie de son bénéfice à condition
de réutiliser les sommes correspondantes pour effectuer des travaux de
recherche,

Recherche : ensemble des investigations de surface ou de subsurface et de


profondeur en vue de découvrir ou de mettre en évidence l'ensemble des
accumulations de substances minérales, de les délimiter et d'en évaluer
l'importance et les possibilités d'exploitation. Elle comprend les travaux
géologiques, géophysiques, géochimiques, analyses en laboratoire et essais de
traitement.

Reconnaissance : ensemble des travaux limités aux opérations de surface, de


subsurface, destinés à mettre en évidence des indices de minéralisation.

Règles de l'art minier : conditions techniques et méthodes d'exploitation pour


mieux valoriser le potentiel du gisement, ainsi que pour optimiser la productivité et
les conditions de sécurité, tant industrielle que publique, et de protection de
l'environnement,

Réhabilitation : bonne remise des anciens sites d'exploitation dans les conditions
stables de sécurité, de productivité rurale, d'aspect visuel proche de leur état
d'origine adéquats et acceptables par les administrations chargées des Mines et
de l'Environnement

Rejets des Mines : les stériles ou le remblai provenant de l'exploitation minière ou


tout résidu solide ou liquide provenant du traitement minéralogique ou
métallurgique.

Renouvellement : renouvellement d'un titre minier.

CNT septembre 2011 Code minier

19
20

Ressources Minérales : concentration minérale de matériel naturel, solide,


inorganique ou fossilisé dans la croûte quelle que soit la forme, la quantité, la
teneur ou la qualité.

Réserves : parties des ressources mesurées et indiquées pouvant être exploitée


économiquement sous les conditions du marché au moment de l’estimation. Les
réserves sont divisées en prouvées et probables

Réserves minérales prouvées : partie économiquement exploitable des


ressources minérales mesurées, démontrée par une étude de faisabilité. L’étude
doit inclure les renseignements adéquats sur l’exploitation minière, le traitement,
la métallurgie, les aspects économiques et autres facteurs pertinents démontrant
qu’il est possible, de justifier l’extraction rentable au moment de la rédaction du
rapport.

Réserves minérales probables : partie économiquement exploitable des


ressources indiquées et, dans certains cas, des ressources mesurées, démontrée
par au moins une étude préliminaire de faisabilité. L’étude doit inclure les
renseignements adéquats sur l’exploitation minière, le traitement, la métallurgie,
les aspects économiques et autres facteurs pertinents démontrant qu’il est
possible, au moment de la rédaction du rapport, de justifier l’extraction rentable.

Risque majeur : Tout événement susceptible de survenir du fait de la nature ou


de l'homme et risquant de provoquer des dégâts, non limités au périmètre du titre
minier, ni à la validité de ce titre,

Sous-traitant : toute personne physique ou morale, distincte du titulaire des


titres, exécutant pour le compte du titulaire du titre minier et sous sa
responsabilité, un travail qui s'inscrit dans le cadre des activités principales de
celui-ci.

Substances minérales : toute substance naturelle amorphe ou cristalline, solide,


liquide ou gazeuse, ainsi que des substances organiques fossilisées et les gîtes
géothermiques.

Traitement : activités de concentration et d'enrichissement du minerai extrait qui


vise soit à rendre le produit commercialisable, soit à améliorer sa qualité.

Titres miniers et autorisations : Documents de l’administration minière conférant


des droits de reconnaissance, de recherche et d'exploitation de substances
minières et de substances de carrières.

Tiers : toute personne physique ou morale autre que les parties contractantes et
les Sociétés affiliées.

CNT septembre 2011 Code minier

20
21

Transfert: mutation d'un titre minier ou d'une autorisation par cession, fusion ou
transmission par voie d'héritage.

Valorisation : les opérations de traitement, d'un tout-venant tel qu'il est extrait,
pour fournir un produit appelé concentré répondant à des exigences autant de
teneurs que de dimensions des éléments, d'impuretés contenues que de
pourcentage d'humidité, etc.

CHAPITRE Il : CADRE JURIDIQUE DU SECTEUR MINIER

Article 2: Objet de la loi


La présente loi portant Code Minier a pour objet de réguler le secteur minier en vue
de promouvoir les investissements et une meilleure connaissance du sol et du
sous-sol de la République de Guinée. Elle vise à encourager la recherche et
l'exploitation des ressources minérales de manière à favoriser le développement
économique et social de la Guinée. Elle vise aussi à promouvoir une gestion
systématique et transparente du secteur minier qui garantit des bénéfices
économiques et sociaux durables au peuple guinéen, dans le cadre d’un
partenariat réciproquement avantageux avec les investisseurs.

Article 3: Propriété de l'État

Les substances minérales ou fossiles contenues dans le sous-sol ou existant en


surface, ainsi que les eaux souterraines et les gîtes géothermiques sont, sur le
territoire de la République de Guinée ainsi que dans la zone économique
exclusive, la propriété de l'État et elles ne peuvent être, sous réserve de la
présente loi, du Code Foncier et Domanial, susceptibles d'aucune forme
d'appropriation privée.

Toutefois, les titulaires de titres d'exploitation acquièrent la propriété des substances


extraites. Les droits aux substances constituent une propriété distincte de celle de la
surface.

Article 4 : Zones promotionnelles

Il est créé en République de Guinée des Zones Promotionnelles à l’intérieur


desquelles un opérateur national public (L’entité d’administration et de Gestion du
Patrimoine Minier), la Direction Nationale de la Géologie, les Géo-services ou tout
service public équivalent) agissant directement ou indirectement va réaliser des
travaux de prospection dont les résultats seront mis à la disposition du public
conformément à la Loi minière.

Article 5 : Zones de réserves stratégiques


Il est créé en République de Guinée des zones de réserves stratégiques qui seront
CNT septembre 2011 Code minier

21
22

soustraites de toutes activité minière et ne font l’objet ni de zones promotionnelle,


ni d’attribution de titres miniers.

Ces zones sont définies par l’Etat pour limiter la surexploitation à court terme des
richesses minières du pays. Elles ne feront l’objet de permis de recherche ou de
concession minière à aucune société de droit public ou privé, et aucune activité
minière ne pourra y être exercée aussi longtemps qu’elles garderont ce statut.

Article 6 :Domaine d’ Application de la Loi


Sur le territoire de la République de Guinée, ainsi que dans la zone économique
exclusive, la reconnaissance, la recherche, l'exploitation, la possession, la détention,
la circulation, le commerce et la transformation des substances minérales ou fossiles
et le régime fiscal applicable à ces activités sont régis par les dispositions du
présent Code Minier incluant les textes pris pour son application. Seuls font
exceptions les hydrocarbures liquides ou gazeux qui relèvent de régimes particuliers
définis dans d'autres lois.

Toutefois, dans le cadre de ses intérêts stratégiques, l’Etat peut négocier des
accords particuliers avec des partenaires bilatéraux (Etats) portant sur la mise en
valeur de ses ressources minérales.

L'Etat se réserve le droit de négocier des contrats de partage de production dont les
modalités seront définies et annexées au permis de recherche.

Article 7 : Référence aux autres Codes


Les dispositions de la présente loi s'appliquent sans préjudice de celles relevant des
domaines spécifiques régis notamment par les Actes Uniformes de l’OHADA,
le Code de la Santé Publique, le Code de l'Environnement, le Code de l'Eau, le
Code général des Impôts, le Code des Douanes, le Code de l'Enregistrement et du
timbre, le Code du Travail, le Code de la Faune, le Code de l'Elevage, le Code
Foncier et Domanial, le Code Forestier, le Code Pastoral, le Code des Collectivités
locales, le Code Civil, le Code Pénal et tous les autres Codes dont les dispositions
pourront s’appliquer directement ou indirectement à l’Activité minière à condition
qu’elles ne soient pas contraires à celles du présent Code.

Article 8 : Conflit d’intérêt


Les membres du Gouvernement, les fonctionnaires du Ministère en charge des
Mines et de la Géologie ainsi que d’autres fonctionnaires jouant un rôle dans la
gestion du secteur minier, ne peuvent avoir des intérêts financiers, directs ou
indirects, dans des entreprises minières et leurs sous-traitants directs ou indirects.
Ils sont tenus sous peine de sanctions, de déclarer leurs intérêts et ou de se
déclarer incompétents pour participer à la prise de toute décision ayant un impact
direct ou indirect sur leurs intérêts.

CNT septembre 2011 Code minier

22
23

De même, les cadres et agents des sociétés minières ne peuvent, sous peine de
sanctions, avoir des intérêts financiers, directs ou indirects dans les sociétés ayant
un contrat de sous-traitance directe ou indirecte et/ou d’autres sociétés ayant un
quelconque intérêt financier avec les sociétés dans lesquelles, ils exercent en
qualité d’employé.

Toute filiale du titulaire ou d’un des actionnaires de celui-ci doit faire une
déclaration d’identité préalable précisant la nature du lien dans toute soumission à
enjeu économique et financier concernant les sociétés minières en Guinée.

CHAPITRE III: CADRE INSTITUTIONNEL DU SECTEUR MINIER

Article 9 : Principales structures de gouvernance du secteur minier


La gouvernance du secteur minier est assurée par les organes et services
centraux et déconcentrés formant l’administration minière. Ce sont notamment :

1. La Direction Nationale de la Géologie ;


2. La Direction Nationale des Mines ;
3. Le Bureau National d’Expertise des Diamants, Or et autres Matières
Précieuses (BNE);
4. Le Centre de Promotion et de Développement Miniers (CPDM) ;
5. Le Bureau d’Etude et de Stratégie (BES) ;
6. La Brigade Anti Fraude des Matières Précieuses ;
7. La Société Guinéenne de Patrimoine Minier (SOGUIPAMI).

Les attributions, la composition, l’organisation et le fonctionnement desdits


services sont fixés par Décret du Président de la République.

Il est créé une Commission Nationale des Mines et un Comité Technique des
Titres dont les attributions, l’organisation, la composition et le fonctionnement sont
fixés par Décret du Président de la République.

Article 10 : Moyens aux Structures d’Appui à la bonne gouvernance du


secteur minier
Les structures chargées de la gouvernance du secteur minier bénéficient d’un
budget adéquat, des équipements nécessaires et d’un personnel intègre et
compétent pour remplir les responsabilités dont elles ont la charge.

CHAPITRE IV: CLASSIFICATION DES GITES DE SUBSTANCES MINERALES

Article 11 : Régime légal


Les gîtes naturels de substances minérales ou fossiles autres que les hydrocarbures
liquides ou gazeux, sont classés, relativement à leur régime légal, en carrières et
CNT septembre 2011 Code minier

23
24

mines. Les carrières et les mines constituent une propriété distincte de la


propriété du sol et sont un domaine public particulier.

Article 12 : Carrières
Sont considérées comme carrières, les gîtes de matériaux de construction, de
matériaux pour l'industrie céramique, de matériaux d'amendement, de sel
gemme, et d'autres substances analogues, à l'exception des phosphates, nitrates,
sels alcalins, et autres sels associés dans les mêmes gisements. Les tourbières sont
également classées parmi les carrières.

Article 13 : Mines
Sont considérés comme mines, les gîtes de toutes substances minérales non
classées dans les carrières, à l'exception des hydrocarbures liquides ou gazeux.

Ces substances minérales sont appelées substances minières et sont divisées en


catégories distinctes :

• catégorie 1: bauxite et fer ;


• catégorie 2: substances précieuses : or, platinoïdes, diamants, gemmes ;
• catégorie 3: substances métalliques : métaux de base et métaux mineurs ;
• catégorie 4: substances non métalliques ;
• catégorie 5: substances radioactives : uranium, thorium et leurs dérivés ;
• catégorie 6: eaux minérales et thermales.

Article 14: Changement de classification


A tout moment, un arrêté pris par le Ministre en charge des Mines, éventuellement
sur requête du titulaire d’un titre minier, peut décider, à une date déterminée, du
passage dans la classe des mines, de substances antérieurement classées en
carrières.

Certaines substances minières peuvent, suivant l'usage auquel elles sont destinées,
être exploitées comme produits de carrières dans les limites d'une autorisation
délivrée à cet effet.

CHAPITRE V : DROIT DE SE LIVRER A DES OPERATIONS MINIERES OU


DE CARRIERES

Article 15 : Droit des personnes


Peuvent faire la reconnaissance d'indices, la recherche de substances minières ou
de carrières, dans les conditions de la présente loi, toutes personnes
physiques ou morales possédant les capacités techniques et financières
nécessaires pour mener à bien ces activités.

CNT septembre 2011 Code minier

24
25

Peuvent exploiter des substances minières ou de carrières, dans les conditions de la


présente loi :
- toute personne physique ou morale, publique ou privée de droit guinéen
justifiant des capacités techniques et financières pour entreprendre
l'exploitation sollicitée ;
- toute personne physique ou morale de nationalité guinéenne dûment
autorisée à se livrer à l'exploitation semi-industrielle ou artisanale.

Un Décret du Président de la République précise le contenu de ce qu’on entend par


« Capacités techniques et financières ».

Ne peuvent obtenir des titres miniers ou de carrières, les personnes ou des sociétés
sujettes à des sanctions internationales ou des investigations criminelles liées à la
fraude, à la corruption ou au blanchiment d’argent.

Article 16: Droit de l'État

L'État peut se livrer pour son propre compte à toute opération minière ou de carrière
soit directement, soit par l'intermédiaire de l’entité d’administration et de gestion
du Patrimoine minier agissant seule ou en association avec des tiers dans le
secteur minier.

Sauf disposition dérogatoire particulière, lorsque l'État entreprend ou fait


entreprendre pour son compte des activités minières, il demeure soumis aux
dispositions du présent Code, sauf pour des activités de recherche entreprises
sous l'autorité du Ministre en charge des Mines pour améliorer la connaissance
géologique du territoire de la République de Guinée ou pour des fins scientifiques.

Article 17 : Actes conférant le droit de mener des activités minières


Le droit de se livrer aux opérations minières ou de carrières ne peut être acquis
qu'en vertu des titres miniers et des autorisations ci-après :

Titres miniers :
• Permis de recherche ;
• Permis d'exploitation industrielle et semi-industrielle ;
• Concession minière.

Autorisations :
• Autorisation de reconnaissance de substances de Mines ou de Carrières ;
• Autorisation de recherche de carrières ;
• Autorisation d'exploitation artisanale de substances de Mines ou de carrières ;
• Autorisation d'exploitation de substances de carrières (autorisation
permanente ou temporaire).

CNT septembre 2011 Code minier

25
26

Les modalités de gestion des titres miniers et des autorisations seront précisées par
la réglementation minière.

Article 18: Convention minière


La concession minière pour une durée maximale de vingt cinq (25) ans est
assortie de convention minière dont le modèle est fixé par décret.

La convention minière est valable pour une période maximum de vingt cinq (25) ans.
Elle peut être renouvelée par période de dix (10) ans.
La convention minière s'ajoute aux dispositions du Code mais n’y déroge pas. Elle
précise les droits et obligations des parties et peut garantir au titulaire, la stabilité
des conditions qui lui sont offertes, notamment au titre de la fiscalité et de la
réglementation des changes tel que prévu au chapitre VII du Titre V du présent
Code.

En cas de participation de l'État à une ou plusieurs opérations minières ou de


carrière avec des tiers, la nature et les modalités de la participation de l'État sont
expressément définies à l'avance dans la convention minière qui accompagne la
concession minière.

Le Ministre en charge des mines a autorité pour signer la convention minière,


après avis favorable de la Commission Nationale des Mines et avec l'autorisation
du Conseil des ministres.

Dans un délai n’excédant pas sept (7) jours ouvrables à compter de la date de sa
signature, la convention signée est ensuite soumise à l’avis juridique de la Cour
Suprême. La convention est ensuite transmise pour ratification à l’Assemblée
Nationale.

Après signature, la convention sera publiée sur le site Web officiel du Ministère en
charge des Mines.
Après ratification, la convention sera publiée dans le Journal Officiel et le site Web
officiel du Ministère en charge des Mines.

TITRE Il: TITRES MINIERS ET AUTORISATIONS DIVERSES

CHAPITRE I: TITRES MINIERS

SECTION 1: PERMIS DE RECHERCHE

Article 19: Droits conférés et obligations


Le permis de recherche confère à son titulaire, dans les limites de son périmètre et
sans limitation de profondeur, le droit exclusif de recherche du type de la substance
minière pour lequel le permis est délivré.

CNT septembre 2011 Code minier

26
27

Pendant la période de validité du permis de recherche, seul son titulaire a droit à


un permis d'exploitation ou une concession minière pour les gisements mis en
évidence à l'intérieur du périmètre du permis de recherche et ce après avoir rendu
les résultats complets à date de la recherche, rétrocédé à l'Etat la moitié du
périmètre initial et produit le dossier constitutif conformément aux articles 30 et 37 du
présent Code.

Le permis de recherche confère à son titulaire un droit mobilier, indivisible, non


cessible et non susceptible de gage et d’hypothèque.

Article 20: Nombre de permis


Pour une même substance une même personne peut posséder 1 à 5 permis de
recherche, selon la superficie :

• Trois (3) permis au maximum pour la bauxite et le minerais de fer dans la


limite maximale de 1050 km 2 ;
• Cinq (5) permis au maximum pour les autres substances dans la limite
maximale de 250 km 2 pour l’exploitation industrielle et de 80 km 2 pour
l’exploitation semi-industrielle.

Article 21 : Superficie et forme


La superficie pour laquelle le permis de recherche est accordé est définie dans
l'arrêté institutif. Elle ne peut excéder trois cent cinquante (350) km 2 pour les
permis de recherches industrielles visant la bauxite et le fer, cinquante (50) km 2
pour les permis de recherche visant l'exploitation industrielle des autres
substances et seize (16) km2 pour les permis de recherche visant l'exploitation
semi-industrielle de ces substances.

Article 22 : Attribution

Le permis de recherche est accordé par arrêté du Ministre en charge des Mines, sur
recommandation du CPDM, après avis favorable du Comité Technique des Titres,
au demandeur ayant présenté une demande conforme aux exigences du
présent Code et de ses textes d'application et possédant les capacités
techniques et financières suffisantes, ainsi que des engagements de travaux et de
dépenses jugées acceptables.

L’instruction de la demande et l’évaluation cadastrale sont assurées par le CPDM.


L’évaluation technique et environnementale ainsi que les avis y afférents relèvent du
CPDM en rapport avec le Comité Technique des Titres.

La décision d’approbation ou de refus du titre minier, sa notification et sa publication


relèvent du Ministre en charge des Mines.

Les modalités d’attribution sont les suivantes :


CNT septembre 2011 Code minier

27
28

• Pour les périmètres sans informations géologiques ou avec des


informations géologiques ne permettant pas d’identifier un gisement: « le
premier demandeur bénéficie du titre».

• Pour les périmètres déjà prospectés, renfermant un gisement connu ou


suscitant l’intérêt de plusieurs sociétés, la procédure d’attribution sera celle
de la concurrence par appel d’offre compétitif et transparent selon des
règles à définir dans les textes règlementaires, et approuvé par la
Commission Nationale des Mines. L'appel d'offre doit être conclu dans un
délai maximum d'un an à compter de l'entrée en vigueur de l'arrêté du
Ministre en charge des Mines portant réservation du gisement à soumettre
à l'appel d'offre.

Sur proposition du Ministre en charge des Mines, un Décret du Président de


la République ouvre l’appel d’offres.

Le permis de recherche visant l'exploitation semi-industrielle sera accordé


exclusivement aux personnes physiques de nationalité guinéenne, aux sociétés
constituées de capitaux détenus entièrement par des guinéens et aux ressortissants
des pays accordant la réciprocité aux Guinéens.

Les actes qui consacrent l’attribution, la prolongation, le renouvellement, le transfert,


l’amodiation, le retrait ou la renonciation à des titres miniers doivent faire l’objet d’une
publication dans le journal officiel et sur le site Web du Ministère en charge des
mines.

L’ouverture des zones géographiques à la recherche doit faire l’objet d’une large
diffusion.

La mise sur le marché, par appel d’offres, des Périmètres déjà prospectés, en vue
de l’octroi d’un permis de recherche doit faire l’objet d’une publication dans au
moins deux journaux de large diffusion, et cela au moins 45 jours avant la date
limite de dépôt des offres.

Article 23 : Validité

Le permis de recherche industrielle est accordé pour une période initiale dont la
durée maximale est de trois (3) ans.
Le permis de recherche semi-industrielle est accordé pour une période initiale dont
la durée maximale est de deux (2) ans.

Article 24 : Renouvellement

Le renouvellement du permis de recherches industrielles peut être accordé à la


demande de son titulaire et sous les mêmes conditions que pour l’octroi du permis à
deux (2) reprises pour des durées maximales de deux (2) ans.
CNT septembre 2011 Code minier

28
29

Le renouvellement du permis de recherche semi-industrielle peut être accordé, à la


demande de son titulaire et sous les mêmes conditions que pour l’octroi du permis,
à une seule reprise pour une durée maximale de un an.

Chacun de ces renouvellements est de droit si le titulaire du permis a satisfait à


toutes ses obligations et s'il propose, dans sa demande de renouvellement, un
programme minimal de travaux adapté aux résultats de la période précédente et
représentant un effort financier au moins égal à celui fixé dans l'arrêté institutif.
La rétrocession porte sur chaque permis.

Le dossier de renouvellement comprend :

Pour le Premier renouvellement :


• tes copies des douze (12) rapports trimestriels ;
• tous les résultats des travaux et principalement les résultats géologiques,
géophysiques, géochimiques et de forage accompagnés des cartes ;
• la proposition de plan de rétrocession ;
• les documents attestant le respect des obligations visées dans l’acte
institutif ;
• le programme des travaux assorti d’un budget pour la période suivante le
chronogramme détaillé des travaux à réaliser

Pour le second renouvellement :


• les copies des huit (8) rapports trimestriels ;
• tous les résultats des travaux et principalement les résultats géologiques,
géophysiques, géochimiques et de forage accompagnés des cartes ;
• la proposition de plan de rétrocession ;
• les documents attestant le respect des obligations visées dans l’acte
institutif ;
• le programme des travaux assorti d’un budget pour la période suivante ;
• le chronogramme détaillé des travaux à réaliser.

Lors de chaque renouvellement, la superficie du permis couverte par les recherches


est réduite de la moitié de son étendue précédente. Le périmètre revenant au
demandeur devant englober dans des surfaces régulières les gîtes reconnus des
substances visées au permis.

La superficie rétrocédée à l’Etat doit être accessible pour toute mise en valeur
éventuelle. La surface rétrocédée doit former dans la mesure du possible un ou
des blocs compacts dont les côtés sont rattachés à l'un des côtés du périmètre du
titre.

CNT septembre 2011 Code minier

29
30

Les dossiers d’attribution, de renouvellement et de retrait des titres seront traités


par le Comité Technique des Titres.

Article 25 : Prolongation

Si à la fin du deuxième renouvellement, le titulaire du permis de recherches n’a


pas pu finaliser son étude de faisabilité pour des raisons justifiées et vérifiées par
l’Administration Chargée des Mines, une prolongation dont la durée ne peut
dépasser un an, peut lui être accordée.

Si à la fin de cette période de prolongation le titulaire du permis de recherche


n’arrive toujours pas à fournir l’étude de faisabilité, ledit permis devient caduc et
est annulé.

Article 26 : Programme et début des travaux

L'arrêté institutif du permis de recherche fixe le programme minimum de travaux qui


devra être exécuté par le titulaire pendant la durée de validité du permis ainsi que
l'effort financier minimum qu'il devra consacrer chaque année à ses recherches
pendant la durée de validité du permis et de ses renouvellements éventuels. A cet
effet, il est institué, pour les permis de recherche, des dépenses minimales par
km 2 dont les montants sont fixés par la Réglementation minière.

Le titulaire d’un permis de recherches est tenu de commencer, dans les six (6)
mois au plus tard à compter de la date d’émission du permis, les travaux de
recherches à l’intérieur du périmètre du permis, et de les poursuivre avec
diligence et selon les règles de l’art minier.

Pendant cette période de six (6) mois, le titulaire doit réaliser les opérations
suivantes après la déclaration à la Direction Nationale des Mines du début des
travaux :

les rapports d’activité et les rapports financiers validés par


l’administration à la suite d’un séjour de travail d’au moins trois jours
dans le périmètre de recherches par au moins un géologue engagé par le
titulaire ou, alternativement, le repérage géophysique aérien comprenant
au moins trois jours de survols du périmètre ;
• le dépôt de deux copies de sa Notice Environnementale approuvé au
CPDM;
• la transmission de la Notice Environnementale aux autorités locales à
titre d’information et explication des mesures d’atténuation et de
réhabilitation prévues.

Article 27 : Libre disposition des produits

Le titulaire d’un permis de recherches a droit à la libre disposition des produits

CNT septembre 2011 Code minier

30
31

extraits à l’occasion de ses recherches et essais à condition que ces travaux ne


revêtent pas le caractère de travaux d'exploitation, sous réserve d'en faire la
déclaration à la Direction Nationale des Mines et de respecter toutes les
dispositions prises par la réglementation minière concernant les substances minières
extraites.

SECTION Il: PERMIS D'EXPLOITATION

Article 28 : Droits conférés

Le permis d'exploitation confère à son titulaire, dans les limites de son


périmètre et indéfiniment en profondeur, le droit exclusif de reconnaissance, de
recherches, d'exploitation et la libre disposition des substances minières pour
lesquelles il est délivré.

Le permis d'exploitation crée au profit de son titulaire un droit mobilier divisible et


amodiable. Ce droit est susceptible de gage pour garantir des emprunts de
fonds destinés à l'exploitation.

Article 29 : Superficie et forme

La superficie pour laquelle le permis d'exploitation est accordé est définie dans le
décret institutif.

Elle est délimitée en fonction du ou des gisements tels que définis dans l'étude de
faisabilité.

Le périmètre du permis d'exploitation doit être entièrement situé à l'intérieur du


permis de recherche dont il dérive. Il peut dans des cas exceptionnels, couvrir
plusieurs permis de recherche appartenant au même titulaire et portant sur la
même substance , si le gisement englobe certaines parties de ces permis. Le
périmètre du permis d'exploitation doit être un polygone le plus simple possible,
aux côtés orientés nord-sud et est-ouest et comprenant un nombre de sommets
limités à dix (10) sauf dérogation.

Pour le dragage en lit vif, la longueur autorisée sur le cours d'eau ne peut excéder
dix (10) km pour les permis industriels et cinq (5) km pour les permis semi-
industriels.

Article 30 : Attribution

Le permis d'exploitation industrielle ou semi-industrielle est accordé de droit, à une


société de droit guinéen, par décret pris en Conseil des ministres sur proposition du
Ministre en charge des mines, après avis favorable de la Commission Nationale
des Mines, au titulaire du permis de recherche ayant respecté les obligations qui lui
incombent en vertu du Code Minier et présenté une demande conforme à la
réglementation, au moins trois mois avant l'expiration de la période de validité du
CNT septembre 2011 Code minier

31
32

permis de recherche en vertu duquel elle est formulée.

La demande du permis d'exploitation industrielle ou semi-industrielle doit être


accompagnée d'un dossier dont le détail figure dans la réglementation minière et
comprenant impérativement, entre autres chacun des éléments suivants:

• une copie du permis de recherche en cours de validité et la preuve du


paiement des taxes et redevances dues ;
• le rapport sur le résultat de recherches en ce qui concerne la nature, la
qualité, le volume et la situation géographique de la ressource minérale
identifiée;
• Un plan de rétrocession accompagné des résultats des travaux de
recherches et correspondant à la moitié de la superficie précédente ;

• une étude de faisabilité intégrant :

- un plan de développement et d'exploitation du gisement comprenant,


entre autres, une étude d'impact environnemental et social assortie
des résultats de l'enquête publique, d'un plan d'atténuation des
impacts négatifs et de renforcement des impacts positifs et d'un plan
de suivi environnemental et social incluant une étude d’impact
sanitaire et un plan de développement sanitaire de base approuvé par
le Comité d’Evaluation des Impacts Sanitaires et Environnementaux
(C.E.I.S.E);

- l’analyse économique et financière du projet et le plan d’obtention des


permis et autorisations nécessaires;

- les plans et les estimations pour les infrastructures industrielles

- un plan d’appui aux entreprises guinéennes pour la création et/ou le


renforcement des capacités des PME/PMI ou des entreprises
appartenant ou contrôlés par des guinéens pour la fourniture de
biens et services nécessaires à leurs activités et un plan de
promotion de l’emploi des guinéens dont le minimum devra être
conforme aux quotas fixés dans le présent Code;

• le chronogramme détaillé des travaux à réaliser ;

• un plan pour le développement communautaire annexé à la Convention de


développement local qui couvre, entre autres, les aspects formation,
infrastructures médicales, sociales, scolaires, routières, de fourniture d’eau,
d’électricité ; la signature de cette convention de développement interviendra à
l’obtention du titre ; et

• un plan architectural du siège de la société assorti d’une demande d’attribution


de parcelle adressée à l’Administration compétente ; la réalisation du siège
CNT septembre 2011 Code minier

32
33

devant nécessairement se faire dans un délai maximum de trois ans à compter


de l’attribution du permis d’exploitation pour le minerai de fer, la bauxite, l’or et
le diamant.

En ce qui concerne les titulaires de permis d’exploitation semi-industrielle, les


obligations environnementales et celles relatives au plan de développement
communautaire seront précisées dans l’acte institutif.

L’instruction de la demande et l’évaluation cadastrale sont assurées par le CPDM.


L’évaluation technique et celle de l’étude d’impact environnemental et social ainsi
que les avis y afférents relèvent du CPDM en rapport avec le Comité Technique des
Titres.

La décision d’approbation ou de refus du titre minier, sa notification et sa publication


relèvent du Ministre en charge des Mines.

L'attribution d'un permis d'exploitation industrielle ou semi-industrielle entraîne


l'annulation du permis de recherche à l'intérieur du périmètre du permis
d'exploitation. Toutefois, la recherche liée à l'exploitation peut y continuer. Dans le
cadre de cette recherche, en cas de découverte d'une substance minière autre que
celle pour laquelle le permis d’exploitation a été accordé, le titulaire aura un droit
de préemption pour son exploitation. Ce droit devra être exercé dans un délai
maximum de dix huit (18) mois à compter de la date de notification de ladite
découverte à l'État.

En l'absence de permis de recherche en cours de validité et pour un gisement mis en


évidence, le permis d'exploitation est accordé suivant la procédure d’appel d’offres
compétitif et transparent selon des règles à définir dans les textes règlementaires.
L’appel d’offre est mis en œuvre par le Comité Technique des Titres en relation
avec la Commission Nationale des Mines.

Les actes qui consacrent l’attribution, la prolongation, le renouvellement, le


transfert, l’amodiation, le retrait ou la renonciation à un permis d’exploitation
doivent faire l’objet d’une publication dans le Journal Officiel et sur le site Web
officiel du Ministère en charge des mines.

La mise sur le marché, par appel d’offres, des Périmètres déjà prospectés en vue
de l’octroi d’un permis d’exploitation, doit faire l’objet d’une publication dans au
moins deux journaux de large diffusion, et cela au moins 45 jours avant la date
limite de dépôt des offres.

Article 31: Indemnisation de l'inventeur

Si le permis d'exploitation est délivré à une personne autre que l'inventeur du


gisement, le titulaire du permis doit verser à ce dernier une juste indemnité fixée
dans le cadre d’une transaction commerciale privée.

CNT septembre 2011 Code minier

33
34

L'indemnité est destinée à compenser le montant des frais effectivement engagés


par l'inventeur pour les travaux de recherche proprement dits effectués sur le
gisement en vertu d'un permis de recherche.
L'inventeur ne peut se prévaloir de cette disposition s'il n'a pas satisfait à
toutes ses obligations selon le présent Code.

Article 32 : Validité

Le permis d'exploitation industrielle est accordé pour une durée de quinze (15)
ans au plus. Le permis d'exploitation semi-industrielle est accordé pour une durée de
cinq (5) ans au plus.

Article 33 : Renouvellement

La validité du permis d'exploitation industrielle ou semi-industrielle est, sur la


demande de son titulaire et sous les mêmes conditions que pour l'octroi du permis,
renouvelée à plusieurs reprises, chaque fois pour des périodes de cinq (5) ans au
plus, lorsque le titulaire a exécuté les obligations mises à sa charge lors de la
délivrance ou du renouvellement du titre et celles résultant du présent Code, de ses
textes d'application et du cahier des charges ou de la convention minière.

Article 34 : Début des travaux d'exploitation

Le titulaire d'un permis d’exploitation semi-industrielle est tenu de commencer les


travaux de développement et de mise en exploitation dans un délai maximum de six
(6) mois à compter de la date de l’octroi du permis.

A compter d’un an après la date d’attribution, il s’expose à une pénalité de retard


de cinq (5) millions de GNF par mois pendant les trois premiers mois. Cette
pénalité sera augmentée de 10% par mois par rapport au mois précédent, à
compter du quatrième mois de retard et ce, jusqu’au 12ème mois de retard.

Deux (2) ans à compter de la date d’octroi du permis d’exploitation semi-


industrielle, si le titulaire n’a pas mis en exploitation son permis conformément aux
dispositions du Présent Code et de l’acte institutif, l’Etat se réserve le droit de
procéder au retrait ou à l’annulation du Titre.

Le titulaire d'un permis d’exploitation industrielle est tenu de commencer les travaux
de développement dans un délai maximum d’un an à compter de la date de l’octroi
du permis.

A compter d’un an après la date d’attribution, il s’expose à une pénalité de retard


de cent mille dollars par mois pendant les trois premiers mois. Cette pénalité sera
augmentée de 10% par mois par rapport au mois précédent, à compter du
quatrième mois de retard et ce, jusqu’au 6ème mois de retard.

CNT septembre 2011 Code minier

34
35

Dix huit (18) mois à compter de la date d’octroi du permis d’exploitation


industrielle, si le titulaire n’a pas commencé les travaux conformément aux
dispositions du Présent Code, de l’acte institutif et de la convention, l’Etat se
réserve le droit de procéder au retrait ou à l’annulation du Titre.

Le titulaire d’un Permis d’exploitation minière est tenu de mettre son gisement en
exploitation dans la durée prévue dans l’étude de faisabilité et, ce, dans la limite
maximale de quatre (4) ans à compter de la date de l’octroi du Permis.

Passé ce délai, une pénalité de retard de 30 000 USD par mois lui sera appliquée.

Le début des travaux de développement est défini par l’engagement des travaux
préparatoires, de développement et de construction pour un montant minimum se
situant entre 8 et 15% du montant total de l’investissement.

SECTION lll : CONCESSIONS MINIÈRES

Article 35: Droits conférés

La concession minière confère à son titulaire le droit exclusif d'effectuer dans son
périmètre, sans limitation de profondeur, tous travaux d'exploitation de gisements
des substances minières pour lesquelles la concession est délivrée.

La concession constitue un droit immobilier, divisible, amodiable et susceptible


d'hypothèque pour garantir des emprunts de fonds destinés à l'exploitation.

Article 36: Superficie

La superficie pour laquelle la concession est accordée est définie dans l'acte institutif.
Elle doit correspondre, autant que possible, aux limites du/des gisement(s) tel (s) que
défini (s) dans l'étude de faisabilité. Le périmètre de la concession doit être un
polygone le plus simple possible, aux côtés orientés Nord-Sud et Est-Ouest.

La délivrance de la concession vaut le retrait de tout permis de recherche ou


d'exploitation préalable pour la superficie couverte par la concession.

A moins qu'il n'en soit autrement disposé par l'acte institutif de la concession, les
obligations qui pesaient sur le titulaire en raison du permis de recherche ou du
permis d'exploitation sont réduites ou élargies pour tenir compte de la diminution ou
de l'augmentation de la superficie couverte par le permis de recherche ou le permis
d'exploitation.

Article 37 : Attribution

La concession minière est accordée de droit, à une société de droit guinéen par
décret pris en Conseil des ministres sur proposition du Ministre en charge des

CNT septembre 2011 Code minier

35
36

mines, après avis favorable de la Commission Nationale des Mines, au titulaire du


permis de recherche ayant respecté les obligations qui lui incombent en vertu du
Code Minier. Cette demande doit être présentée au moins trois mois avant
l'expiration de la période de validité du permis de recherche en vertu duquel elle est
formulée.

Sont éligibles au régime de la Concession minière établi par le présent Code, les
investissements d’un montant égal ou supérieur à un (1) milliard de dollars des
Etats unis d’Amerique (US).

La demande d'une concession minière doit être accompagnée d'un dossier dont le
détail figure dans la réglementation minière et comprenant impérativement chacun
des éléments suivants :

• une copie du permis de recherche en cours de validité et la preuve du


paiement des taxes et redevances dues ;
• le rapport sur le résultat de recherches en ce qui concerne la nature, la
qualité, le volume et la situation géographique de la ressource minérale
identifiée ;
• Un plan de rétrocession accompagné des résultats des travaux de
recherches et correspondant à la moitié de la superficie précédente ;

• une étude de faisabilité intégrant :

- un plan de développement et d'exploitation du gisement comprenant,


entre autres, une étude d'impact environnemental et social assortie des
résultats de l'enquête publique, d'un plan d'atténuation des impacts
négatifs et de renforcement des impacts positifs et d'un plan de suivi
environnemental et social incluant une étude d’impact sanitaire et un plan
de développement sanitaire de base approuvé par le Comité d’Evaluation
des Impacts Sanitaires et Environnementaux (C.E.I.S.E);

- l’analyse économique et financière du projet et le plan d’obtention des


permis et autorisations nécessaires;

- les plans et les estimations pour les infrastructures industrielles ;

- un plan d’appui aux entreprises guinéennes pour la création et/ou le


renforcement des capacités des PME/PMI ou des entreprises
appartenant ou contrôlés par des guinéens pour la fourniture de biens et
services nécessaires à leurs activités et un plan de promotion de l’emploi
des guinéens dont le minimum devra être conforme aux quotas fixés
dans le présent Code;

• le chronogramme détaillé des travaux à réaliser ;

• un plan pour le développement communautaire annexé à la Convention de


développement locale qui couvre, entre autres, les aspects formation,
CNT septembre 2011 Code minier

36
37

infrastructures médicales, sociales, scolaires, routières, de fourniture d’eau,


d’électricité ; la signature de cette convention de développement
interviendra à l’obtention du titre ; et

• un plan architectural du siège de la société assorti d’une demande


d’attribution de parcelle adressée à l’Administration compétente ; la
réalisation du siège devant nécessairement se faire dans un délai maximum
de trois ans à compter de l’attribution de la concession pour le minerai de
fer, la bauxite, l’or et le diamant.

L'attribution d'une concession minière entraîne l'annulation du permis de


recherche à l'intérieur du périmètre de la concession minière.

Toutefois, la recherche liée à l'exploitation peut y continuer. Dans le cadre de cette


recherche, en cas de découverte d'une substance minière d'une catégorie autre que
celle pour laquelle la concession a été accordée, le titulaire aura un droit de
préemption pour son exploitation. Ce droit devra être exercé dans un délai maximum
de dix-huit (18) mois à compter de la date de notification de ladite découverte à l'État.

L’instruction de la demande et l’évaluation cadastrale sont assurées par le CPDM.

L’évaluation technique et celle de l’étude d’impact environnemental et social ainsi


que les avis y afférents relèvent du CPDM en rapport avec le Comité Technique des
Titres.

La décision d’approbation ou de refus du titre minier, sa notification et sa publication


relèvent du Ministre en charge des Mines.

Une Convention fixant les modalités d’exploitation de la Concession est négociée et


signée conformément aux dispositions de l’article 18 du présent Code.

En l'absence de permis de recherche en cours de validité et pour un gisement mis en


évidence, la concession minière est accordée suivant la procédure d’appel d’offres
compétitif et transparent selon des règles à définir dans les textes règlementaires.

L’appel d’offre est mis en œuvre par le Comité Technique des Titres en relation
avec la Commission Nationale des Mines.

Les actes qui consacrent l’attribution, la prorogation, le renouvellement, le


transfert, l’amodiation, le retrait ou la renonciation à une concession minière
doivent faire l’objet d’une publication dans le journal officiel et sur le site Web
officiel du Ministère en charge des mines.

La mise sur le marché, par appel d’offres, des Périmètres déjà prospectés en vue
de l’octroi d’une concession minière, doit faire l’objet d’une publication dans au
moins deux journaux de large diffusion, et cela au moins quarante cinq jours (45)
jours avant la date limite de dépôt des offres.
CNT septembre 2011 Code minier

37
38

Article 38 : Indemnisation de l'inventeur

Si la concession est délivrée à une personne autre que l'inventeur du gisement, le


concessionnaire devra verser à ce dernier une juste indemnité fixée dans le cadre
d’une transaction commerciale privée.

L'indemnité est destinée à compenser le montant des frais engagés par l'inventeur
pour les travaux de recherches proprement dits effectués sur le gisement en vertu du
permis de recherches.

L'inventeur ne peut se prévaloir de cette disposition s'il n'a pas satisfait à ses
obligations selon le présent Code.

Article 39: Validité

La Concession minière est accordée pour une durée de vingt-cinq (25) ans au plus.

Article 40 : Renouvellement

La validité de la concession peut, sur la demande de son titulaire et sous les mêmes
conditions que pour l'octroi de la concession, notamment par le dépôt d'une
nouvelle étude de faisabilité, être renouvelée une ou plusieurs fois, à chaque reprise
pour une période maximale de dix (10) ans, lorsque le titulaire a exécuté les
obligations mises à sa charge par le titre institutif, les actes de renouvellement, la
convention minière, le présent Code et ses textes d'application.

Article 41 : Début des travaux d'exploitation

Le titulaire d'une concession minière est tenu de commencer les travaux de


développement dans un délai maximum d’un an à compter de la date de l’octroi de la
concession.

A compter d’un an après la date d’attribution, il s’expose à une pénalité de retard


de deux cent cinquante mille dollars (250.000$US) par mois pour les trois (3)
premiers mois. Cette pénalité sera augmentée de 10% par mois par rapport au
mois précédent, à compter du quatrième mois de retard et ce, jusqu’au 12ème
mois de retard.

Deux (2) ans à compter de la date de l’octroi de la Concession minière, si le


titulaire n’a pas commencé les travaux conformément aux dispositions du présent
Code, de l’acte institutif et de la convention, l’Etat se réserve le droit de procéder
au retrait ou à l’annulation du titre.

Le titulaire d’une Concession minière est tenu de mettre en exploitation son


gisement dans la durée prévue dans l’étude de faisabilité et, ce, dans la limite
maximale de cinq (5) ans à compter de la date de l’octroi de la concession. Passé
CNT septembre 2011 Code minier

38
39

ce délai, une pénalité de retard de 150 000 USD par mois lui sera appliquée.

Le début des travaux de développement est défini par l’engagement des travaux
préparatoires, de développement et de construction pour un montant minimum se
situant entre dix et quize (10) et (15) % du montant total de l’investissement.

CHAPITRE Il: AUTORISATIONS DIVERSES

SECTION 1: AUTORISATION DE RECONNAISSANCE

Article 42 : Droits conférés et obligations

L'autorisation de reconnaissance confère à son titulaire, dans les zones classées


comme zones non fermées ou ne faisant pas l'objet d'un autre titre minier pour la
même substance, le droit d'effectuer des travaux de reconnaissance d'indices
d'une ou de plusieurs substances minières. Toutefois, le titulaire de l’autorisation
est tenu de remettre les résultats des travaux de reconnaissance à l’Etat.

Article 43: Attribution

L'autorisation de reconnaissance est délivrée par le Directeur National des Mines


sur proposition du CPDM, après avis de la Direction Nationale de la Géologie aux
postulants de permis de recherche dans les zones visées à l'article 42, à
l'exception des zones visées à l'article 112 du présent Code.

En ce qui concerne l’exploitation artisanale, une carte individuelle de Prospecteur


est délivrée à toute personne physique de nationalité guinéenne désirant
prospecter des substances minérales de façon artisanale à l'intérieur d'une
préfecture déterminée. Cette carte vaut autorisation de reconnaissance artisanale.
Les modalités de délivrance et de renouvellement de la carte individuelle de
prospecteur sont fixées par voie réglementaire.

Article 44 : Libre disposition des produits

Le titulaire d'une autorisation de reconnaissance a droit à la libre disposition des


produits extraits à l’occasion de ses recherches et essais, à condition que ces
travaux ne revêtent pas le caractère de travaux d'exploitation, sous réserve d'en faire
la déclaration à la Direction Nationale des Mines et de respecter toutes les
dispositions prises par la réglementation minière concernant les substances minières
extraites.

Article 45 : Validité et renouvellement

L'autorisation de reconnaissance est accordée pour une durée de six (6) mois au
plus. Elle est renouvelable une fois pour une durée de six (6) mois au plus, si
CNT septembre 2011 Code minier

39
40

son titulaire a respecté les obligations lui incombant en vertu du présent Code et
de ses textes d'application.

SECTION ll : AUTORISATION DE RECHERCHE DE CARRIÈRES

Article 46: Droits conférés

L'autorisation de recherche de carrières confère à son titulaire, le droit de


rechercher toutes les substances de carrière sur la superficie pour laquelle elle est
délivrée. Elle est non cessible.

Article 47 : Attribution

L'autorisation de recherche de carrière est délivrée dans les mêmes formes et


conditions de l'autorisation de reconnaissance des substances minières.

L'autorisation de recherche de carrières est délivrée par le Directeur National en


charge des Mines à travers ses services déconcentrés après avis favorable du
Comité Technique des Titres.

La superficie pour laquelle est délivrée une autorisation de recherche de carrières


ne pourra excéder les limites de la préfecture considérée.

Article 48 : Validité

L'autorisation de recherche de carrières est délivrée pour un an, renouvelable deux


(2) fois au plus par période ne dépassant pas un an.

Article 49 : Renonciation

Le titulaire d'une autorisation de recherche de carrières peut y renoncer à tout


moment sous réserve d'en informer la Direction Nationale des Mines.

Article 50 : Retrait

L'autorisation de recherche de carrières peut être retirée à tout moment pour défaut
de communication des résultats d'investigation à la Direction Nationale des Mines à
travers ses services déconcentrés.

SECTION III : AUTORISATION D'EXPLOITATION ARTISANALE

Article 51 : Domaine d'application


L'exploitation artisanale s'applique à toutes les substances minières et de carrières.

CNT septembre 2011 Code minier

40
41

Article 52 : Superficies réservées

Les superficies réservées à l'exploitation artisanale des substances précieuses sont


définies par arrêté du Ministre en charge des Mines. Ni l'étendue, ni les modalités
d'exercice des droits résultant de titres miniers ou de carrière délivrés pour une
exploitation industrielle ou semi-industrielle ne pourront être affectées par des
décisions de classement parmi les superficies réservées à l'exploitation artisanale
de tout ou partie des zones pour lesquelles ces titres ont été délivrés, lorsque ces
décisions de classement sont postérieures à la date de délivrance des titres.

Article 53 : Personnes autorisées

L'octroi de l'autorisation d'exploitation artisanale est réservé aux seules


personnes physiques de nationalité guinéenne, aux personnes morales dont les
capitaux sont entièrement détenus par des guinéens ou aux ressortissants des pays
accordant la réciprocité aux Guinéens.

L'exploitation artisanale est interdite aux actionnaires et employés des sociétés


minières, des comptoirs d'achat et des bureaux d’achat d’or.

Article 54 : Attribution

L’autorisation d’exploitation artisanale est attribuée sur les zones visées à l’article
52 ci-dessus, par arrêté du Ministre en charge des Mines sur proposition de la
Direction Nationale des Mines aux personnes visées à l’article 53 ci-dessus.

L’instruction de la demande et l’évaluation cadastrale sont assurées par la Direction


Nationale des Mines.

L’évaluation technique et environnementale ainsi que les avis y afférents relèvent de


la Direction Nationale des Mines en rapport avec le Comité Technique des Titres.

La décision d’approbation ou de refus du titre minier, sa notification et sa publication


relèvent du Ministre en charge des Mines.

Article 55 : Encadrement

L'administration et le contrôle technique de l'exploitation artisanale sont organisés


au sein de la Direction Nationale des Mines qui bénéficie de l’appui de la « Brigade
Anti-fraude des matières précieuses (or, diamants et autres gemmes)».

Article 56 : Droits conférés

L'autorisation d'exploitation artisanale confère à son titulaire, dans les limites


de son périmètre et jusqu'à une profondeur de 30 mètres en cas d'exploitation par
gradins et de 15 mètres en cas d'exploitation par fouilles, les droits de
CNT septembre 2011 Code minier

41
42

prospecter et d'exploiter les substances pour lesquelles elle est délivrée.

Le titulaire d'une autorisation d'exploitation artisanale peut, à tout moment,


demander la transformation de son autorisation d'exploitation en permis
d'exploitation de mine semi-industrielle. La demande, accompagnée d'une étude
de faisabilité et d'une étude d'impact environnemental et social, est agréée s'il
fournit la preuve de capacités techniques et financières satisfaisantes.

Article 57 : Superficie

La superficie de chaque terrain pour lequel est délivrée une autorisation


d'exploitation artisanale ne peut excéder un (1) hectare pour le diamant et un demi
(½) hectare pour l’or. Aucun postulant ne peut obtenir plus de trois (3)
autorisations pour le diamant et deux (2) autorisations pour l’or.

Article 58 : Droits constitués

L'autorisation d'exploitation artisanale constitue un droit mobilier indivisible, non


susceptible d'hypothèque, incessible, non amodiable, mais transmissible pour cause
de décès.

Article 59 : Agrément à la commercialisation de l’or, des diamants et autres


matières précieuses sur le territoire national.

Des personnes physiques de nationalité guinéenne peuvent être autorisées par


arrêté du Ministre en charge des Mines sur proposition du Bureau National
d’Expertise (BNE) à exercer, dans le cadre d’une activité professionnelle,
l’achat et la vente sur l'ensemble du territoire national, de l’or, des diamants
et autres matières précieuses provenant de l'exploitation artisanale. Ce sont :

Pour l’or :
- Les Balanciers ;
- Les Masters et
- Les Collecteurs.

Pour le Diamant :
- Les Courtiers ;
- Les commissionnaires
- Les Collecteurs.

Les modalités relatives à l’organisation, aux sous-fonctions, aux droits et


obligations liés à ces fonctions sont précisées dans un texte d’application du
présent Code.

CNT septembre 2011 Code minier

42
43

Article 60 : Exportation de l’or, des diamants et autres matières précieuses

L’exportation de l’Or se fait exclusivement par l’intermédiaire des Acheteurs


organisés au sein de Bureaux d’Achat Agréés dont l’ouverture est autorisée par
arrêté du Ministre en charge des Mines pris sur proposition du Bureau National
d’Expertise (BNE), pour les personnes physiques ou morales de nationalité
Guinéenne, et/ou de nationalité étrangère.

L’exportation de diamants et autres gemmes se fait exclusivement par


l’intermédiaire des Acheteurs organisés au sein de Comptoirs d’Achat Agréés dont
l’ouverture est autorisée par arrêté du Ministre en charge des Mines pris sur
proposition du Bureau National d’Expertise (BNE), pour les personnes physiques
ou morales de nationalité Guinéenne, et/ou de nationalité étrangère.

L’or, les diamants et autres gemmes issus de la production artisanale destinés à


l’exportation sont achetés auprès des intermédiaires agréés.

Article 61 : Détention et vente de l’or artisanal

En dehors de l’achat et de la vente dans le cadre d’une activité professionnelle, la


détention et/ou la possession, la circulation et la vente de l’or par un particulier
sont libres sur l’ensemble du Territoire National.

La commercialisation et l'exportation de l'or provenant de la production artisanale


sont régies par la réglementation fixée par le Ministre en charge des Mines en
relation avec la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG). Les
modalités sont précisées dans un texte d'application du Présent Code.

Article 62 : Détention et vente des diamants et autres matières précieuses

Seuls les exploitants artisans bénéficiaires d'une autorisation d'exploitation, les


collecteurs, les acheteurs mandataires des comptoirs d'achat, peuvent détenir,
posséder et vendre des diamants et autres matières précieuses provenant de
l'exploitation artisanale.

Les diamants et autres matières précieuses ne provenant pas des zones


d'exploitation artisanale doivent suivre le circuit officiel reconnu auprès du BNE
et/ou de la BCRG, en conformité avec la réglementation en vigueur.

Article 63 : Validité et renouvellement

L'autorisation d'exploitation artisanale est délivrée pour une durée de validité


maximale d'une année. Elle peut être renouvelée à plusieurs reprises, chaque fois
pour une durée d'une année au plus, lorsque le titulaire a respecté la réglementation
en vigueur.

CNT septembre 2011 Code minier

43
44

Article 64 : Réhabilitation des sites

Le titulaire d'une autorisation d'exploitation a l'obligation de restaurer le site


d'exploitation couvert par son titre minier. Une caution de réhabilitation des sites
d'exploitation dont le montant et les modalités de perception sont fixés par Arrêté
conjoint des Ministres en charge des Mines et de l’Environnement est due par le
titulaire en vue de garantir l’exécution de cette obligation.

SECTION IV : AUTORISATION D'EXPLOITATION DE CARRIERES

Article 65 : Application

Quelle que soit la situation juridique des terrains sur lesquels se trouvent les
substances de carrière, toute activité de recherches et d'exploitation des
substances de carrière est soumise aux dispositions du présent Code.

Article 66 : Catégories de carrières

Les carrières sont classées en trois catégories :

1. Les carrières permanentes : ouvertes sur un terrain du domaine public ou


privé;
2. Les carrières temporaires : ouvertes de façon temporaire sur un terrain du
domaine public ou privé
3. Les carrières publiques : où la possibilité d'extraire des substances de
carrière pour la construction et les travaux publics est ouverte à tous.

L'ouverture des carrières permanentes et temporaires est soumise à


l'autorisation de recherches et à l'autorisation d'exploitation de carrière.

Article 67 : Droits conférés

L'autorisation d'exploitation de carrières confère à son titulaire le droit exclusif


d'effectuer dans son périmètre tous travaux de recherche et d'exploitation des
substances qui y sont visées.

L'autorisation d'exploitation de carrières confère à son titulaire un droit mobilier


cessible, susceptible de gage.

Article 68 : Des relations avec les propriétaires du sol

Le propriétaire du sol, s’il est privé, a, lorsqu’il est confronté à une demande
d’autorisation de carrière sur sa propriété, trois (3) possibilités :

CNT septembre 2011 Code minier

44
45

- Refuser ;
- vendre sa propriété au demandeur ;
- mettre sa propriété à la disposition du demandeur pour une durée
déterminée dans des conditions précisées dans un décret d’application du
présent Code.

Si le terrain appartient au domaine privé de l’Etat, celui-ci peut refuser ou mettre


ce terrain à disposition pour une durée déterminée et dans des conditions
précisées dans le décret d’application.

A la cessation de cette mise à disposition, pour quelque raison que ce soit, le


propriétaire du sol est en droit d’exiger la remise en état du site. Toutefois, si cette
cessation intervient par la faute du propriétaire, il doit verser une indemnité
d’éviction à l’exploitant.

Article 69 : Attribution

L'autorisation d'exploitation de carrière permanente est délivrée aux personnes


physiques ou morales de droit guinéen, par arrêté du Ministre en charge des Mines
après examen d'un dossier comprenant entre autres une étude d'impact
environnemental et social et après avis des autorités administratives compétentes
et des collectivités locales concernées.

Les conditions d'attribution des autorisations d'exploitation de carrière permanentes


sont les mêmes que celles applicables aux permis d'exploitation minière.

L'autorisation d'exploitation de carrières temporaires est délivrée par la Direction


Nationale des Mines sur proposition de son représentant local après avis du Comité
Technique des Titres.

L’instruction de la demande et l’évaluation cadastrale sont assurées par la Direction


Nationale des Mines.

L’évaluation technique et environnementale ainsi que les avis y afférents relèvent de


la Direction Nationale des Mines en rapport avec le Comité Technique des Titres.

La décision d’approbation ou de refus du titre minier, sa notification et sa publication


relèvent du Ministre en charge des Mines pour les carrières permanentes.

Article 70 : Validité

L'autorisation d'exploitation de carrières permanentes est valable pour deux (2)


ans et peut être renouvelée plusieurs fois dans les mêmes conditions que pour
l'octroi par période de deux(2) ans.

L'autorisation d'exploitation de carrières temporaires est valable pour six (6) mois au
maximum et ne peut être renouvelée qu’une seule fois. Cependant si la poursuite de
CNT septembre 2011 Code minier

45
46

l'exploitation est justifiée, la carrière devient permanente et se trouve alors soumise,


à compter de sa date d'ouverture, aux dispositions relatives aux carrières
permanentes.

L'autorisation d'exploitation de carrières précise la durée pendant laquelle le


prélèvement est autorisé, fixe la quantité et la destination des substances à
extraire, les taxes à payer ainsi que les conditions d'occupation des terrains
nécessaires aux prélèvements et aux activités annexes.

L'autorisation d'exploitation de carrières précise également les obligations du


titulaire, notamment en ce qui concerne l'étude d'impact environnemental et social
et le plan de réhabilitation des lieux après exploitation et fermeture.

Article 71 : Dispositions d'application générale

Dans la mesure où elles ne sont pas contraires aux dispositions du présent titre et
des textes pris pour son application, le chapitre III du titre II, le chapitre III du titre
V du présent Code et les textes pris pour leur application s’appliquent à l’autorisation
de recherche et à l’autorisation d’exploitation de carrières.

Avant qu’une action affectant des droits sollicités ou acquis en vertu du Code Minier,
ne soit entreprise à l’endroit d’un titulaire de titre minier ou d’un bénéficiaire d’une
autorisation, par l'Administration minière, un avis écrit est envoyé à l'intéressé ou
publié conformément au présent Code et à la réglementation minière.

L'Administration minière ou l’autorité administrative ou les collectivités locales sont


tenues de prendre acte et de répondre à toute demande d'avis ou d'autorisation
présentée en vertu du Code Minier avant l'expiration d'un délai de trois mois.

Article 72 : Infractions

Toute infraction au régime des carrières définie par le présent Code et ses textes
d'application, ainsi que les manquements visés à l'article 88 du présent Code,
seront sanctionnés conformément aux textes en vigueur.

Article 73 : Ouverture de carrière publique

Le Ministre en charge des Mines après avis du ministre en charge des domaines,
de celui en charge de l’Environnement, des collectivités locales et des autorités
préfectorales, peut autoriser l'ouverture, par arrêté sur un terrain du domaine
public de l'État, de carrières publiques.

L'arrêté autorisant l'ouverture d'une carrière publique précise l'emplacement de la


carrière, les substances dont l'exploitation est autorisée, les conditions d'accès, le
plan d'extraction, la taxe d'exploitation et les modalités de remise en état après
extraction.
CNT septembre 2011 Code minier

46
47

CHAPITRE III : DES DISPOSITIONS COMMUNES AUX TITRES MINIERS ET


AUTORISATIONS DIVERSES

Article 74 : Droits antérieurs

Les titres miniers et autorisations sont toujours délivrés sous réserves des droits
antérieurs.

Article 75 : Superposition des titres miniers et autorisations

La superposition des permis de recherches et autorisations pour des substances


différentes appartenant à différentes catégories et entre différents titulaires est
autorisée. L’activité du titulaire du titre le plus récent devra être conduite de façon à
ne pas causer de préjudice à l’activité du titulaire du titre le plus ancien.
Dans le cas contraire, le périmètre du titre le plus récent pourra être modifié ou
l’exercice des droits de son titulaire être temporairement suspendu sur tout ou partie
de la superficie commune.

Aucune autre superposition des titres miniers et autorisations portant sur des
substances différentes appartenant à différents titulaires n’est autorisée.

A l’exception des permis et autorisations de recherches, les superpositions


autorisées entre différents titulaires seront limitées aux empiètements entre les titres
miniers et les titres de carrières d’une part, et entre les titres miniers et les titres
pétroliers d’autre part.

En cas de superposition, sur une même surface entre titres miniers et titres de
carrières d’une part, et entre titres miniers et titres pétroliers d’autre part, l’activité du
titulaire du titre le plus récent devra être conduite de façon à ne pas causer de
préjudice à l’activité du titulaire du titre le plus ancien.

Dans le cas contraire, le périmètre du titre le plus récent pourra être modifié ou
l’exercice des droits de son titulaire être temporairement suspendu sur tout ou partie
de la superficie commune.

La décision de modification du périmètre du titre le plus récent ou de suspension des


droits de son titulaire sera prise sur avis de la Direction Nationale des Mines, après
avoir entendu les deux titulaires.

Cette décision sera prise par Arrêté du Ministre en charge des Mines, si ce titre est
un permis de recherches et par Décret du Président de la République s’il s’agit d’un
permis d’exploitation ou d’une concession minière.

CNT septembre 2011 Code minier

47
48

Article 76 : Entrée en vigueur

Sauf disposition contraire dans l'acte institutif, le titre minier ou l'autorisation


prend effet à compter de la date de signature de la décision, de l'arrêté ou du décret
qui l'accorde.

Article 77 : Renouvellement

Les demandes de renouvellement des permis de recherche, d'exploitation et de


concession minière doivent être présentées respectivement au plus tard trois (3)
mois pour le permis de recherche, six (6) mois pour le permis d'exploitation et la
concession minière avant la fin de la période de validité en cours du titre.

Article 78 : Prorogation

Si à la date d'expiration de la période de validité en cours d'un titre minier


ou d'une autorisation, l’Administration n'a pas statué sur une demande de
renouvellement de ce titre ou de cette autorisation présentée dans les formes et
délais prévus par le présent Code et ses textes d'application, ce titre ou cette
autorisation sera prorogé de plein droit et sans formalité jusqu'à la date de l'acte
de renouvellement ou de la notification au titulaire de la décision de rejet de la
demande.

L'absence de décision sur une demande de renouvellement de titres miniers,


présentée dans les formes et délais prévus par le présent Code et ses textes
d'application, trois mois après sa date d’expiration vaut acceptation tacite de la
demande, lorsque les conditions du renouvellement de plein droit posées aux
articles 24, 33, 40 et 45 du présent Code, et d’obligations de rétrocession des
surfaces et des résultats géologiques du présent Code sont remplies.

Article 79 : Refus de renouvellement

En cas de refus de renouvellement dûment notifié, le titulaire du titre minier


bénéficiera d'un délai de six (6) mois pour le permis de recherche et de douze (12)
mois pour le permis d'exploitation ou la concession minière à compter de la date de
refus pour libérer les terrains qu'il occupe.

Article 80 : Délimitation et bornage


La délimitation du périmètre des titres et autorisations est établie en coordonnées
géographiques décimales.

Les droits du titulaire portent sur l'étendue limitée par des verticales indéfiniment
prolongées qui s'appuient sur le périmètre défini en surface.
Le titulaire d’un titre minier ou d'une autorisation, à l'exception de l'autorisation
de reconnaissance, doit procéder au bornage de son périmètre et ce
conformément aux textes d'application du présent Code.

CNT septembre 2011 Code minier

48
49

Les frais de bornage sont à la charge du titulaire et l’opération devrait se faire en


association avec l’administration et la communauté et se renouvelle dans les
mêmes conditions à l’occasion des rétrocessions. Un Procès-verbal signé par
chacun est versé au dossier.

Article 81 : Rapports

Le titulaire d’un titre minier ou d'une autorisation est tenu de fournir en cinq (5)
exemplaires des rapports au CPDM dont un exemplaire est déposé à la Direction
Nationale des Mines et un à la Direction Nationale de la Géologie. Chaque rapport,
remis sur supports papier et électronique devra comprendre tous les plans, figures,
coupes, tableaux, photographies nécessaires à sa compréhension.

Les rapports et tous les autres documents annexes sont présentés en français.
L’administration minière délivrera un récépissé lors du dépôt de chaque rapport.

Le contenu et la périodicité de ces rapports sont précisés dans les textes


d'application du présent Code ainsi que dans les actes institutifs.

Article 82 : Fin des titres miniers

Le titre minier ou l'autorisation prend fin à l'expiration de la période pour laquelle, il


avait été accordé, y compris ses renouvellements éventuels, par renonciation ou
par retrait. Dès la fin d'un titre minier ou d'une autorisation, les droits qu'il conférait à
son titulaire font gratuitement retour à l'État.

Les droits constitués par le titulaire au profit de tiers sur les substances et dans la
zone faisant l'objet du titre s'éteignent de plein droit dès la fin de ce titre.

Toutefois, le titulaire du titre minier et de l'autorisation d'exploitation de carrière


demeure redevable du payement des droits et taxes dus et des obligations
qui lui incombent relativement à l'environnement et à la réhabilitation des sites
exploités, ainsi que des autres obligations prévues dans le présent Code, ses
textes d'application et dans le cahier des charges ou la convention minière.

Par ailleurs, le titulaire est tenu de fournir à l'administration minière en cinq (5)
exemplaires un rapport détaillé sur les travaux réalisés. Toutes les informations
fournies deviennent la propriété de l'État.

Article 83 : Option sur les installations et constructions à la fin des titres


miniers

Lors du retrait ou à l'expiration d'un permis d'exploitation ou d'une concession


minière, l'État bénéficie d'un droit de préemption pour acquérir tout ou partie des
installations et constructions d'utilité publique destinées à l'exploitation pour un
prix n'excédant pas leur valeur comptable résiduelle auditée.
CNT septembre 2011 Code minier

49
50

L'État dispose d'un délai de trois (03) mois à compter de la fin du permis
d'exploitation ou de la concession pour faire connaître au titulaire son intention
d'exercer ce droit.

Article 84 : Renonciation

Le Titulaire d’un titre minier ou d'une autorisation peut y renoncer en totalité ou en


partie sous réserve d'un préavis de trois (3) mois pour des raisons d'ordre technique
ou économique justifiées ou en cas de force majeure dans le cas du permis de
recherche, et six (6) mois pour le permis d'exploitation ou la concession minière.

Toutefois, le titulaire du titre minier ou de l'autorisation demeure redevable du


payement des droits et taxes dus et des obligations qui lui incombent relativement à
l'environnement et à la réhabilitation des sites exploités même après la prise d'effet
de la renonciation, ainsi que des autres obligations prévues dans le présent Code,
ses textes d'application et dans le cahier des charges ou la convention minière.

Article 85 : Date d'effet de la renonciation

La renonciation est confirmée par la signature d'un arrêté du Ministre en charge des
Mines pour les permis de recherche et par décret pour les permis d'exploitation
et les concessions minières, dans un délai n'excédant pas la période de préavis.

Article 86 : Portée de la renonciation

La renonciation peut être totale ou partielle. Une renonciation partielle peut porter sur
certaines des substances énumérées dans le permis ou certaines surfaces ou sur les
deux.

Lorsque la renonciation porte sur des surfaces, les surfaces abandonnées forment
dans la mesure du possible un bloc compact dont les côtés sont orientés nord-sud et
est-ouest, et qui est rattaché à l'un des côtés du périmètre du titre.
La renonciation à tout ou partie des droits conférés par un titre d'exploitation
emporte en particulier renonciation dans la même mesure, aux droits qui y sont
attachés.

Article 87 : Force Majeure

Constitue un cas de force majeure, tout événement, acte ou circonstance


imprévisible, irrésistible, hors du contrôle ou de la volonté d’une Partie, qui entrave
ou rend impossible l’exécution par cette Partie de ses obligations.

Les événements suivants peuvent constituer des cas de Force Majeure :

1. la guerre (déclarée ou non), insurrection armée, troubles civils, blocus,


CNT septembre 2011 Code minier

50
51

émeutes, sabotage, embargo, grèves générales ;

2. toute catastrophe naturelle, incluant les épidémies, tremblements de terre,


tempêtes, inondations, éruptions volcaniques, tsunami ou autres
intempéries, explosions et incendies ;

3. toute autre cause ne relevant pas du contrôle de la Partie impliquée telle que
définie dans le présent article, à l’exception des difficultés économiques
résultant des fluctuations du prix du marché.

En conséquence, ne constitue pas un cas de force majeure au sens du présent


Code, tout acte ou événement dont il aurait été possible de prévoir la réalisation et
de se prémunir contre ses conséquences en faisant preuve d’une diligence
raisonnable. De même, ne constitue pas un cas de force majeure, tout acte ou
événement qui rendrait seulement l'exécution d’une obligation plus difficile ou plus
onéreuse pour son débiteur.

La Partie qui invoque le cas de force majeure devra, aussitôt après la survenance
ou la révélation de celui-ci dans un délai maximum de quinze (15) jours, adresser à
l’autre Partie une notification par lettre recommandée avec accusé de réception,
établissant les éléments constitutifs de la force majeure et ses conséquences
probables sur l'application des obligations contenues dans l’acte institutif.

Dans tous les cas, la Partie concernée devra prendre toutes dispositions utiles pour
minimiser l’impact de la force majeure sur l'exécution de ses obligations et assurer,
dans les plus brefs délais, la reprise normale de l'exécution des obligations
affectées par le cas de force majeure.

Si, suite à la survenance d’un cas de force majeure, la suspension des obligations
excédait un (1) mois, les Parties doivent se rencontrer dans les plus brefs délais, à
la demande de la partie la plus diligente, pour examiner les incidences desdits
évènements sur l'exécution de la Convention et, en particulier, sur les obligations
financières de toute nature incombant à chaque partie, leurs Sociétés Affiliées et
leurs Sous-traitants. Dans ce dernier cas, les Parties rechercheraient une solution
financière adéquate pour adapter le Projet à la nouvelle situation en prenant, en
particulier, toute mesure remettant les Parties dans une situation économique
rééquilibrée pour poursuivre le Projet.

En cas de désaccord sur les mesures à prendre trois (3) mois après la survenance
du cas de force majeure, conformément à l’article 219 du présent Code, une
procédure de conciliation puis le cas échéant, d’arbitrage, pourra être engagée
immédiatement à la requête de la Partie la plus diligente.

CNT septembre 2011 Code minier

51
52

Article 88 : Retrait des titres miniers

Les titres miniers institués en vertu du présent Code peuvent être retirés par
l'autorité qui les a émis pour l'un des motifs ci-après :

• L'activité de recherche ou d'exploitation est suspendue pendant plus de six (6)


mois pour la recherche, et plus de douze (12) mois pour l'exploitation ou si
elle est restreinte gravement sans motif légitime et de façon préjudiciable à
l'intérêt général.

• L'étude de faisabilité produite démontre l'existence d'un gisement


économiquement et commercialement exploitable à l'intérieur du
périmètre du permis de recherche sans être suivie d'une mise en exploitation
dans un délai de cinq (5) ans au plus pour les concessions et quatre (4) ans
au plus pour les permis d’exploitation; le tout selon les modalités prévues
aux articles 34 et 41 du présent Code.

• L'infraction à l'une des dispositions du présent Code décrite ci-dessous:

1. Travaux miniers ou montant de dépenses du titulaire inférieur de


20% sur un total de deux années consécutives à l'intégralité du
programme minimum de travaux ou du montant minimum de
dépenses prévues pour cette période par le titre minier ou par le
cahier des charges de la concession, sauf cas de force majeure
dûment justifié, de tel cas de force majeure ne pouvant excéder
douze (12) mois ;

2. Défaut de démarrage des travaux six (6) mois à compter de la date


de l’octroi du permis de recherches ; retards de dix huit (18) mois
pour le permis d’exploitation et deux (2) ans pour la Concession, le
tout selon les modalités prévues aux articles 34 et 41 du présent
Code.

3. Défaut de tenue par le titulaire de ses registres d'extraction, de


vente et d'expédition de façon régulière et conforme aux normes
établies par la réglementation en vigueur, ou refus de production de
ces registres aux Agents qualifiés de la Direction Nationale des
Mines et de la Direction Nationale des Impôts.

4. Non versement de taxes et/ou de redevances ;

5. Activités de recherche ou d'exploitation en dehors du périmètre du


titre minier ou pour des substances non visées à ce titre ;

6. Activités d'exploitation entreprises avec un permis de recherches ;

CNT septembre 2011 Code minier

52
53

7. Disparition des garanties financières ou perte des capacités


techniques qui garantissaient, au moment de la délivrance du
titre, la bonne exécution des opérations par le titulaire ;

8. Cession, transfert ou amodiation de droits miniers sans l'autorisation


préalable prévue à l'article 90 ci-après ;

9. Cession, transfert ou amodiation de tout ou partie des droits miniers


issus du permis de recherche ;

10. cas récurrent de fraude fiscale liée à la non sincérité des états
financiers et du bilan.

11. Non respect des dispositions du présent Code sur les conflits
d’intérêts et le Code de bonne conduite.

Le retrait ne peut intervenir qu'après une mise en demeure adressée par le


Ministre en charge des Mines au Titulaire du titre invitant celui-ci à apporter,
dans les délais ci-dessous, la preuve du respect de ses obligations avant la
date de la mise en demeure :

- un mois pour le permis de recherche, et


- quarante cinq (45) jours pour le permis d'exploitation et la concession
minière.

Dès réception de la mise en demeure et pendant toute la période de celle-ci,


aucune activité technique n’est autorisée sur le titre concerné.

Article 89 : Extinction des droits et obligations du titulaire

La décision de retrait d’un titre minier ou d’une autorisation précise la date à laquelle
le Titre ou l’Autorisation prend fin.

Tous les droits conférés au titulaire par le titre minier s'éteignent dès le retrait du titre.
Les obligations dont la charge pesait sur le titulaire en raison du titre minier prennent
également fin dès son retrait à l'exception des obligations mises à la charge de
tout titulaire de titre minier à l'expiration de celui-ci par le présent Code et ses textes
d'application.

Le titulaire demeure également tenu de réparer les conséquences dommageables


de son activité antérieure au retrait, et il reste justiciable des sanctions encourues au
titre de cette activité, en particulier pour les fautes qui ont motivé le retrait.

Le recours exercé contre la décision de retrait avant l'expiration d'un délai de


soixante (60) jours à compter de la notification de cette décision en suspend
l'exécution.

CNT septembre 2011 Code minier

53
54

La décision de retrait peut toutefois subordonner l'effet suspensif d'un recours


éventuel à la constitution par le titulaire d'une caution de garantie dont le montant
serait acquis à l'État en cas de rejet du recours.

Le montant maximal de la caution ou de la garantie exigible sera suffisant pour


couvrir toutes les obligations à la charge du titulaire.

Article 90 : Cessions, transmissions et amodiations

Sous peine de nullité des actes contraires et du permis concerné, le permis de


recherche n’étant pas divisible, ne peut faire l’objet de cession ou transmission
partielle ou totale, même à cause de décès.

Les permis d'exploitation et les concessions minières peuvent faire l'objet de


cessions ou transmissions partielles ou totales.

Lorsqu'un permis d'exploitation ou une concession minière a plusieurs titulaires,


l'accord de tous est nécessaire pour la cession ou la transmission des droits de
l'un d'eux, et en cas de décès de l’un ou de plusieurs d’entre eux, l’accord des
ayant droits est requis.

Tout contrat ou accord par lequel le titulaire d’un titre minier promet de confier, céder
ou transférer, partiellement ou totalement, ou confie, cède, transfère partiellement
ou totalement les droits et obligations résultant d'un titre minier doit être soumis à
l'approbation préalable du Ministre en charge des Mines. Cette autorisation est
accordée par décret en ce qui concerne les transactions portant sur les
concessions minières.

Tout changement de contrôle direct ou indirect de tout titulaire d’un intérêt dans un
titre sera soumis à l’approbation ou à la validation du Ministre en charge des
Mines.

Toute acquisition directe ou indirecte, partielle ou cumulée égale ou supérieure à


cinq pour cent (5%) du capital de la société détentrice du titre doit être soumise au
Ministre en charge des Mines pour sa validation.

La définition de ce qui constitue un changement de contrôle fera l’objet d’un arrêté


conjoint des ministres chargés des mines et des finances.
Toute décision de cession, de transmission et d’amodiation totale ou partielle, et
toute acquisition formelle d’un titre minier doit faire l’objet d’un avis favorable ou
d’une validation de la Commission Nationale des Mines avant d’être soumis à
l’approbation du Ministre en charge des Mines.

La validation ou l’approbation des autorités prévues au présent article sera


subordonnée aux critères suivants :

CNT septembre 2011 Code minier

54
55

- Le titulaire actuel du titre est en règle en ce qui concerne ses obligations


relatives à ce Code, au titre et aux autres lois guinéenne ;

- Le bénéficiaire du transfert possède des capacités techniques et financières


suffisantes pour mettre en œuvre les termes du titre ;

- Le bénéficiaire du transfert est en conformité avec les exigences de l’article


15 du présent Code ;

Toute taxe applicable en accord avec les dispositions de l’article 91 a été payée.

Toute modification de l'actionnariat d'une société titulaire d’un titre minier guinéen,
suite à une opération boursière régulière, doit faire l'objet d'une note d'information
adressée au ministre en charge des Mines dans un délai n’excédant pas 48 heures.

Tout changement dans l’actionnariat direct d’une société titulaire d’un titre minier
doit faire l’objet d’une publication dans le journal officiel et sur le site web officiel
du Ministère en charge des Mines.

Article 91 : Enregistrement des actes de cessions et traitement des


transactions financières

Tous les actes de cession, de transfert, d’amodiation et de fusion visés à l’article


précédent doivent être enregistrés conformément au Code Général des Impôts.

Toute transaction financière, et/ou toute modification de l'actionnariat des


compagnies minières, s'effectuant sur les titres miniers guinéens est assujettie à un
droit d'enregistrement suivant la réglementation en vigueur.

Selon les cas, les conditions de l’approbation visée à l’article 90 ci-dessus, seront
négociées avec les Actionnaires. Elles pourront donner lieu, le cas échéant, à la
perception d’une taxe de 10% sur la plus-value issue de l’opération et à tout autre
arrangement négocié.

CHAPITRE IV : CONDITIONS D'OBTENTION D'UN TITRE MINIER OU D'UNE


AUTORISATION

Article 92 : Obligation de se conformer

Aucune personne physique ou morale, y compris les propriétaires du sol ou de droits


de surface ne peut, sur le territoire de la République de Guinée, ainsi que
dans sa zone économique exclusive, se livrer à l'une ou plusieurs des activités
visées à l'article 6 ci-dessus, sans se conformer aux dispositions du présent Code et
de ses textes d'application.

CNT septembre 2011 Code minier

55
56

Le refus total ou partiel de la part de l'État d'octroyer un titre minier ou une


autorisation n'ouvre droit à aucune indemnisation pour le demandeur débouté
dont la demande ne répond pas aux exigences du présent Code.

Aucune personne morale ne peut obtenir un titre d'exploitation minière ou une


autorisation d'exploitation de carrière si elle n'est pas constituée conformément à
l'acte uniforme de l'OHADA relatif aux droits des Sociétés Commerciales et du
Groupement d’Intérêt Economique (GIE).

Article 93 : Incapacités

Aucune personne physique ne peut obtenir ni détenir un titre minier ou une


autorisation en cas :

- d'incompatibilité de son statut avec l'exercice des activités commerciales ;

- de condamnation à une peine d'emprisonnement pour infraction aux


dispositions du présent Code et de ses textes d'application ;

- de non conformité de sa demande aux exigences du présent Code et de ses


textes d'application.

Article 94 : Solidarité

Les titulaires de titres miniers ou d'autorisations demeurent solidaires de leurs


amodiataires et sous-traitants pour l'exploitation. Ils sont, solidairement, avec leurs
sous-traitants directs et indirects, responsables, des pratiques et actes commis par
ceux-ci.

Lorsque plusieurs personnes sont copropriétaires d'un titre minier ou d'une


autorisation d'exploitation de carrière, elles agissent à titre conjoint et solidaire.

CHAPITRE V : GARANTIES GÉNÉRALES

Article 95: Libertés générales

Dans le cadre des accords internationaux et du respect des lois et règlements de la


République de Guinée, sont garantis aux personnes visées à l'article 15:

• le droit de disposer librement de leurs biens et d'organiser leur entreprise ;


• le droit d'embauche et de licenciement conformément aux lois et règlements
en vigueur;
• le libre accès aux matières ;
• la libre circulation en République de Guinée de leur personnel et de leurs
produits ;
CNT septembre 2011 Code minier

56
57

• le droit d'importer des biens et services ainsi que des fonds nécessaires aux
activités ;
• le droit de disposer des produits sur les marchés internationaux,
d'exporter et de disposer des produits sur les marchés extérieurs.

Article 96 : Non discrimination

Dans le cadre de leurs activités professionnelles, les employeurs et les employés


étrangers sont soumis aux lois et règlements de la République de Guinée sans
discrimination aucune par rapport aux nationaux guinéens.

Ils peuvent faire partie des organismes de défense professionnelle dans le cadre
des lois et règlements de la République de Guinée et s'y faire représenter dans les
mêmes conditions que les entreprises et les particuliers de nationalité guinéenne.

TITRE III : DISPOSITIONS RELATIVES AUX EAUX SOUTERRAINES ET GITES


GEOTHERMAUX

CHAPITRE 1: RECHERCHE ET EXPLOITATION

Article 97 : Droit de se livrer à la recherche et à l'exploitation

Nul ne peut se livrer à la recherche ou à l'exploitation de gîtes géothermiques


ou d'eaux souterraines sur le territoire de la République de Guinée si ce n'est en
vertu d'un permis de recherche ou d'un permis d'exploitation.

Article 98 : Usage des eaux souterraines et gîtes thermiques


Les eaux enfermées dans le sein de la terre peuvent être exploitées soit en tant
que gîtes géothermiques, quand leur température s'y prête, soit pour d'autres
usages. Les titres portant sur ces eaux précisent l'usage en vue duquel ils sont
délivrés.
Article 99 : Permis de recherche

Le permis de recherche des eaux souterraines et des gîtes géothermiques est


accordé par arrêté du Ministre des Mines sur recommandation du CPDM aux
demandeurs ayant présenté une demande conforme aux exigences du présent
Code et de ses textes d’application.

Le permis de recherche d'eaux souterraines ou de gîtes géothermiques définit le


périmètre dans lequel des forages peuvent être exécutés.

Article 100 : Permis d'exploitation

Le permis d’exploitation des eaux souterraines et des gîtes géothermiques est


accordé par arrêté conjoint du Ministre des Mines et du Ministre en charge de
l’hydraulique sur recommandation du CPDM.
CNT septembre 2011 Code minier

57
58

Le permis d'exploitation de gîtes géothermiques définit, par un périmètre et


deux profondeurs, le volume qui pourra être exploité. Il peut également limiter le
débit calorifique qui sera prélevé.

Le permis d'exploitation de gîtes géothermiques peut imposer au titulaire des


conditions particulières d'extraction, d'utilisation et de réinjection des fluides
calorifères et des produits qui y seraient contenus afin de préserver les ressources
du gisement dans toute la mesure du possible.

Le permis d'exploitation d'eaux souterraines définit le périmètre d'exploitation. Il fixe


le débit maximal qui pourra être prélevé par le titulaire.

Sauf disposition contraire dans l'acte institutif du titre, le titulaire d'un permis
d'exploitation d'eaux souterraines ne peut, en aucun cas, prélever un débit qui
peut compromettre le renouvellement de ces eaux.

Le permis d'exploitation d'eaux souterraines peut également définir par deux


profondeurs le volume qui peut être exploité.

Article 101 : Exploitation des eaux souterraines et gîtes géothermiques


L’exploitation des eaux souterraines et gîtes géothermiques doit être conduite de
manière à assurer une exploitation rationnelle des ressources.

Dans ce but, les titulaires des titres y afférent doivent mener les travaux à l'aide de
techniques confirmées de l'industrie hydraulique et énergétique, de manière à
préserver les eaux de toute pollution conformément aux dispositions du présent
Code, du Code de l’Eau et du Code de l’Environnement.

Article 102 : Périmètre

Le périmètre d'un permis d'exploitation d'eaux souterraines ou de gîtes


géothermiques délivré à la suite d'un permis de recherches englobe ceux des
forages effectués dans le cadre de ces recherches qui ont permis d'atteindre les
eaux présentant des qualités favorables à l'exploitation.

CHAPITRE II : RÉGIMES JURIDIQUES

Article 103 : Régimes juridiques

Un arrêté du Ministre en charge de l'Hydraulique fixe les conditions auxquelles


l'exploitation d'eaux souterraines doit être considérée de faible importance et peut
être entreprise par dérogation aux règles du présent Code, en particulier pour le
forage et l'utilisation de puits pour des usages domestiques.

CNT septembre 2011 Code minier

58
59

Les régimes définis pour les mines par le présent Code et ses textes d'application, et
pour l'hydraulique par le Code de l'Eau et ses textes d'application, s'appliquent, le
cas échéant, aux activités de recherche et d'exploitation de gîtes géothermiques et
d'eaux souterraines en toutes leurs dispositions qui ne sont pas contraires au présent
titre et aux textes prévus pour son application.

TITRE IV : DES DROITS ET OBLIGATIONS ATTACHÉS À L'EXERCICE DES


ACTIVITÉS MINIÈRES OU DE CARRIÈRES

CHAPITRE I : GÉNÉRALITÉS

Article 104 : Exploitation des ressources minières nationales

Les opérations minières ou de carrières doivent être conduites de manière à assurer


l'exploitation rationnelle des ressources minières conformément aux dispositions
du présent Code, de celles du Code de l’environnement et de leurs textes
d'application.

Dans ce but, les titulaires des titres miniers (à l’exception des activités artisanales)
doivent mener les travaux à l'aide de techniques confirmées de l'industrie minière.

Article 105 : Election de domicile

Tout titulaire d’un titre minier ou bénéficiaire d'une autorisation émise en vertu
du Code Minier, à moins qu'il ne réside en République de Guinée, doit y faire
élection de domicile et y avoir un représentant dont il fait connaître l'identité et les
qualifications à l'Administration des mines. Le mandataire ainsi désigné doit être
suffisamment informé des activités entreprises pour pouvoir fournir à l'Administration
tous les renseignements requis.

Article 106 : Indemnisation pour préjudices et dommages

Le titulaire d’un titre minier ou de carrière ainsi que les entreprises travaillant
pour leur compte sont tenus d'indemniser l'État ou toute autre personne pour
les dommages et préjudices qu'il a pu causer, selon les dispositions légales et
réglementaires en vigueur.

Article 107 : Préférence aux Entreprises guinéennes

Le titulaire de titre minier ou de carrière ainsi que les entreprises travaillant pour son
compte doivent accorder la préférence aux entreprises guinéennes de leur choix
pour tout contrat, à condition qu'elles offrent des prix, quantités, qualités et délais de
livraison comparables. Dans tous les cas, la part des PME, PMI et entreprises
appartenant ou contrôlées par des guinéens devra être progressive dans le
respect des minima ci-dessous
:
CNT septembre 2011 Code minier

59
60

Part minimale des PME, PMI et entreprises appartenant ou contrôlés par des
guinéens dans la fourniture des biens et services aux sociétés minières.

Recherche Développement Périodes d’exploitation


1ière-5ième 6ième -10ième 11ième -15ième
année année année
10% 20% 15% 25% 30%

Afin de promouvoir le développement du secteur privé, les titulaires de Permis


d’exploitation ou de concessions ainsi que les entreprises travaillant pour leur
compte, doivent exécuter le plan de soutien à la création et/ou au renforcement
des capacités des PME, PMI et entreprises appartenant ou contrôlés par des
guinéens pour la fourniture de biens et services largement utilisés dans leurs
activités.

Chaque titulaire de titre minier devra soumettre annuellement au Ministre en


charge des Mines un rapport sur son recours aux PME, PMI et entreprises
appartenant ou contrôlées par des Guinéens, qui détaillera les progrès du titulaire
de titre minier pour parvenir à la part minimale définie dans cet article, ainsi que
ses activités en faveur de la création ou du renforcement des capacités
guinéennes. Ce rapport dont un exemplaire est déposé au Ministère en charge des
PME et PMI, sera publié au Journal Officiel et sur le site web officiel du Ministère
en charge des Mines.

Article 108 : Emploi du personnel

Le titulaire du titre minier ou de carrière ainsi que les entreprises travaillant pour
leur compte doivent se conformer aux exigences de la Loi applicable à l'égard
des normes de travail.

Les permis de travail aux étrangers dans le secteur minier sont délivrés par l’Agence
Guinéenne pour la Promotion de l’Emploi ( AGUIPE) ou tout service en tenant lieu,
après avis de l'administration minière.

Sous réserve de l'alinéa 1, le titulaire du titre minier devra employer en priorité des
cadres guinéens ayant les compétences requises. En conséquence, le titulaire
d'un permis d'exploitation ou d'une concession minière pour l'exploitation
industrielle de substances minières doit, pendant la phase de développement,
présenter au ministère en charge de la formation professionnelle et à
l'administration minière un plan de formation des cadres guinéens pour leur
permettre d’acquérir les compétences exigées par le management de l'entreprise
afin d'occuper des postes d'encadrement dans les cinq premières années à
compter de la date du démarrage de la production commerciale.

Les modalités de sélection sont annoncées par voie de presse.

CNT septembre 2011 Code minier

60
61

Le titulaire d’un titre minier ou de carrière ainsi que les entreprises travaillant pour
leur compte sont tenus d’employer, en priorité, des résidents de la communauté
locale ou des communautés avoisinantes et dans tous les cas, exclusivement
des guinéens pour tous les emplois ne nécessitant pas de qualification.

Sous réserve de la loi applicable, la société peut employer un nombre


raisonnable de travailleurs expatriés.

Le quota minimal d’employés guinéens par phase d’évolution du projet et /ou par
période d’exploitation de la société est défini dans le tableau ci-dessous :

Quota minimal d’employés guinéens par catégorie aux différentes phases


d’évolution de la société

Catégorie de Recherche Développement Périodes d’exploitation


travailleurs 1ière- 6ième - 11ième -
5ième 10ième 15ième
année année année
Cadres de 33% 20 60% 80% 90%
direction
Encadrement 50% 30% 80% 90% 100%
Ouvriers qualifiés 66% 40% 80% 95% 100%
Ouvriers non 100% 100% 100% 100% 100%
qualifiés

Le non respect des présents quotas exposera le titulaire du titre à une sanction
pécuniaire dont le montant et les modalités de paiement seront définis dans un
texte d’application.

Dès le lancement de la société d’exploitation, le Directeur Général Adjoint doit être


guinéen.

Au bout d’une période de cinq (5) ans à compter de la date de mise en


exploitation, le Directeur Général de la société en exploitation doit être un Guinéen
ayant des compétences requises pour occuper cette fonction.

Chaque titulaire de titre minier devra soumettre annuellement au Ministère en


charge de l’Emploi et au Ministère en charge des Mines un rapport sur son recours
à l’emploi des guinéens, qui détaillera les progrès du titulaire de titre minier pour
parvenir aux quotas définis dans cet article, ainsi que ses activités en faveur de la
création d’emploi ou du renforcement des capacités guinéennes. Ce rapport sera
publié au Journal Officiel et sur le site Internet du Ministère des Mines.

CNT septembre 2011 Code minier

61
62

Article 109 : Formation du personnel

Tout titulaire de titre minier ou de carrière ainsi que les entreprises travaillant pour
leur compte sont tenus d’établir et de soumettre à l’approbation de l’Office National
de la Formation et du Perfectionnement Professionnel (ONFPP) ou tout service en
tenant lieu, un programme de formation et de perfectionnement qui favorise le plus
possible le transfert de technologie et de compétence au bénéfice des entreprises
et du personnel guinéen ; et un programme de guinéisation conformément aux
quotas minimum fixé dans l’article précédent.

Le plan de formation et de perfectionnement devra notamment comporter :

• l’accueil des diplômés des écoles professionnelles et des universités pour


les stages de mise en situation professionnelle pour une durée de six (6)
mois et de découverte de l’entreprise pour les élèves et étudiants en
formation initiale pour une durée de deux (2) mois ;

• la participation d’employés guinéens à des cours et/ou à des stages


organisés en République de Guinée ou à l’étranger;

L’Agence Guinéenne pour la Promotion de l’Emploi (AGUIPE) ou tout service en


tenant lieu pourra demander à l’investisseur de compléter la formation des
employés guinéens par leur participation à des opérations menées à l’étranger afin
de leur donner l’expertise dans les différents secteurs de l’activité minière.

Le titulaire du titre minier ou de carrière ainsi que les entreprises travaillant pour
leur compte devront établir un plan de carrière et de succession pour tous les
employés, notamment ceux de l’encadrement et de la direction, ou pour tout
emploi nécessitant une expertise particulière dans le cadre du respect des quotas
minimum fixés dans l’article précédent.

Les employés expatriés du titulaire du titre minier ou de carrière ainsi que les
entreprises travaillant pour leur compte doivent bénéficier d’un permis de travail
qui fixe en amont le nombre d’années pendant lequel ils doivent rester dans
l’entreprise. Cette durée ne peut excéder trois (3) ans pour les employés expatriés
du titulaire et deux (2) ans pour les employés des entreprises travaillant pour leur
compte.

CHAPITRE Il : ZONES FERMÉES, PROTÉGÉES OU INTERDITES À LA


RECONNAISSANCE, À LA RECHERCHE ET À L'EXPLOITATION DES MINES

Article 110 : Zones fermées

Pour des motifs d'ordre public, des Décrets du Président de la République sur
proposition du Ministre en charge des Mines peuvent, pour une durée limitée,
classer certaines zones comme zones fermées et suspendre dans ces zones
CNT septembre 2011 Code minier

62
63

l'attribution d'autorisation de reconnaissance ou d'exploitation artisanale, de permis


de recherche ou d'exploitation et de concessions minières pour certaines ou toutes
substances minières ou de carrière.

Article 111 : Zones protégées ou interdites

Des périmètres de dimensions quelconques, à l'intérieur desquels la reconnaissance,


la recherche et l'exploitation des substances minières ou de carrière sont soumises
à certaines conditions ou simplement interdites, peuvent être établis partout où
l'intérêt général l'exige, notamment pour la protection des édifices et
agglomérations, des lieux de culte ou de sépulture, points d'eau, zones côtières,
voies de communications, ouvrages d'art et travaux d'utilité publique, sans que le
titulaire puisse réclamer le paiement d'une quelconque indemnité à cet effet.

Une indemnité représentant le montant des dépenses afférentes aux travaux ou


ouvrages démolis ou abandonnés sera toutefois due au cas où le titulaire
devrait démolir ou abandonner des travaux ou ouvrage régulièrement établis
par lui antérieurement à la classification de ces périmètres comme zones
protégées ou interdites.

Aucun travail de prospection, de recherche ou d'exploitation de substances minières


ou de carrière ne peut être ouvert, sans autorisation, à la surface et dans un rayon
de cent (100) mètres:

- autour des propriétés closes de murs ou d'un dispositif équivalent, villages,


groupes d'habitations, puits, édifices religieux, lieux de sépulture et lieux
considérés comme sacrés, sans le consentement du propriétaire ;

- de part et d'autre des voies de communication, conduites d'eau, et,


généralement, à l'entour de tous travaux d'utilité publique et ouvrage d'art.

Les mesures prévues au présent article sont prises par arrêté conjoint du Ministre en
charge des Mines et des Ministres chargés des Départements concernés.

Est, en tout état de cause interdite, l’ouverture de carrières et/ou de mines en


bordure de mer.

Article 112 : Zone de protection

Un arrêté du Ministre en charge des Mines peut, à la demande du titulaire


d’un titre d'exploitation ou de concession minière, et après enquête menée par la
Direction Nationale des Mines, définir autour des sites de travaux du titulaire une
zone de protection dans laquelle les activités des tiers sont interdites en tout ou
partie.

CNT septembre 2011 Code minier

63
64

Article 113 : Zones élargies de sécurité

A l'intérieur du périmètre d'un titre minier ou d'un titre de carrière, un Arrêté du


Ministre en charge des Mines peut, le titulaire entendu, interdire, restreindre ou
soumettre à certaines conditions, l'exécution de travaux de recherches ou
d'exploitation par le titulaire dans les zones élargies de sécurité qu'il établit autour
des bâtiments et ouvrages visés ci-dessus, ou au contraire, autoriser certains
travaux dans les zones élargies de sécurité.

Article 114 : Indemnisation

Le titulaire d’un titre minier ou d'un titre de carrière dont les travaux sont affectés
par des mesures prises en application de l'article précédent ou par le retrait de telles
mesures est indemnisé par l'État pour les ouvrages qu'il doit démolir et pour ceux
qui deviennent inutiles, lorsque ces ouvrages ont été édifiés avant la notification de
l'Arrêté visé à l'article précédent.

Pour obtenir cette indemnité, le titulaire doit fournir à l'administration minière un


état des dépenses qu'il a engagées et des coûts qu'il a supportés pour les
ouvrages démolis ou devenus inutiles.

Ces dépenses et coûts devront faire l'objet d’une expertise en vue de leur approbation
par le Ministre en charge des Mines.

CHAPITRE III: RELATIONS DES TITULAIRES DE TITRES MINIERS ENTRE


EUX, AVEC L'ÉTAT, AVEC LES TIERS ET AVEC LES COMMUNAUTES
LOCALES

SECTION I : DES RELATIONS ENTRE MINES VOISINES

Article 115 : Travaux d'intérêt commun

Dans le cas où il serait nécessaire d'exécuter des travaux ayant pour but soit de
mettre en communication des mines voisines pour les besoins de leur aérage ou
de l'écoulement des eaux, soit d'ouvrir des voies d'aérage, d'écoulement des
eaux, de transport ou de secours destinées au service des mines voisines, les
titulaires des titres miniers considérés ne peuvent s'opposer à l'exécution de
ces travaux et sont tenus d'y participer chacun à proportion de ses intérêts.

Article 116 : Responsabilité civile

Lorsque les travaux du titulaire d’un titre minier occasionnent des dommages aux
activités du titulaire d'un autre titre minier, réparation est due à ce dernier dans les
conditions du droit commun de la responsabilité civile.

CNT septembre 2011 Code minier

64
65

Article 117 : Exceptions

Par exception à l'article précédent, lorsque les travaux d'exploitation d'une mine
occasionnent des dommages à l'exploitation d'une autre mine à raison des
eaux qui pénètrent dans cette dernière en plus grande quantité, il y aura, de ce seul
fait, lieu à une indemnité qui sera fixée en tenant compte également des éventuels
avantages résultant par endroits ou par moment pour l'exploitation de la mine qui
subit le dommage, d'un meilleur écoulement des eaux imputables aux travaux de la
mine voisine considérée.

Article 118 : Bande frontalière

Le titre minier ou un Arrêté ultérieur du Ministre en charge des Mines, pris sur
recommandation de la Direction des Mines, peut créer une bande frontalière de
largeur raisonnable dans laquelle les travaux du titulaire d’un titre minier sont
restreints ou interdits en vue de protéger les travaux sur une mine voisine qui est en
exploitation ou qui pourrait l'être.

La création de cette bande frontalière ne donne aucun droit à indemnité aux titulaires
en présence.

Article 119: Différends non réglés

La Direction Nationale des Mines sera informée par les parties de tout différend
minier entre mines voisines qui n'aurait pas été réglé à l'amiable.

SECTION Il : DES RAPPORTS AVEC L'ÉTAT

Article 120 : Autorisations particulières

Le titulaire d’un titre minier peut, à l'intérieur du périmètre de son titre, entreprendre
des travaux et activités, établir des installations et construire des bâtiments utiles ou
annexes à la mise en œuvre des droits de recherche ou d'exploitation qu'il tient de ce
titre. Il reste néanmoins assujetti au respect des dispositions des articles 68, 72 du
présent Code, ainsi qu’à celles du premier alinéa de l’article 78 du Code forestier.

Toutefois, pour les activités suivantes, le titulaire est tenu d'adresser une demande
au Ministre en charge des Mines en vue de l'obtention d'une autorisation
particulière accordée par Arrêté du Ministre concerné :

Dégagement du sol de tous les arbres, arbustes et autres obstacles, et coupe du


bois nécessaires aux activités du titulaire en dehors des terrains dont le titulaire
aurait la propriété ;

Exploitation des chutes d'eau non utilisées ni réservées et aménagement de


ces chutes pour les besoins de ses activités ;
CNT septembre 2011 Code minier

65
66

Implantation d'installations de préparation, de concentration ou de traitement


chimique ou métallurgique ;

Création ou aménagement de routes, canaux, pipelines, canalisations, convoyeurs


ou autres ouvrages de surface servant au transport de produits en dehors des
terrains dont le titulaire aurait la propriété ;

Création ou aménagement de chemins de fer, ports maritimes ou fluviaux et


aéroports.

Article 121: Réalisation et appropriation des infrastructures

La réalisation des infrastructures nécessaires à l’activité minière se fait par l’Etat


ou dans le cadre d’un Partenariat Public-Privé (PPP). Dans tous les cas l’Etat agira
soit directement soit par l’intermédiaire de toute entité qu’il détient ou qu’il contrôle.

Les projets d’infrastructure sont soumis à un appel d’offre international compétitif,


et seront dans tous les cas conformes au schéma directeur des infrastructures de
transport qui garantit l’accès des infrastructures à des tiers.

Quel que soit le mode de financement, les infrastructures de transport (chemin de


fer, routes, ponts), portuaires, aéroportuaires, les cités et leurs annexes, les
canalisations d’eau et lignes de transport d’électricité, ainsi que toute autre
immobilisation à perpétuelle demeure à l’exception de l’outil de production,
développées dans le cadre de la mise en valeur d’un titre minier doivent être
transférées à l’Etat gratuitement après leur amortissement comptable dans la limite
maximale de vingt (20) ans.

Article 122 : Respect des engagements internationaux de l'État

Tout titulaire de titre minier, tout intervenant dans la commercialisation des diamants,
gemmes et or, tels que visés à l’article 59, sont tenus de se conformer aux
engagements internationaux pris par l'État et applicables à leurs activités pour
l'amélioration de la gouvernance dans le secteur minier, notamment ceux
relatifs à la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest
(CEDEAO), au processus de Kimberley et à l'Initiative pour la Transparence dans
les Industries Extractives (ITIE).

SECTION III : DES RAPPORTS AVEC LES TIERS

Article 123 : Droits des propriétaires

Le droit minier n’éteint pas le droit de propriété. Aucun droit de recherche ou


d’exploitation ne vaut sans le consentement du propriétaire foncier, de ses ayants
droit, en ce qui concerne les activités impliquant la surface ou ayant un effet sur
celle-ci.
CNT septembre 2011 Code minier

66
67

Les droits des propriétaires, usufruitiers et occupants du sol ainsi que ceux de
leurs ayants droit ne sont pas affectés par la délivrance des titres miniers en
dehors de ce qui est prévu au présent titre.

Le titulaire d’un titre minier peut occuper dans le périmètre de ce titre les terrains
nécessaires à ses activités, s'il y est autorisé par son titre ou par Arrêté du Ministre
en charge des Mines.

Article 124: Indemnités

Le droit de propriété s’exercera pendant toute la durée de l’exploitation à travers la


perception d’une indemnité.

Le titulaire du titre minier doit verser aux éventuels occupants légitimes des terrains
nécessaires à ses activités, une indemnité destinée à couvrir le trouble de
jouissance subi par ces occupants.

Le montant, la périodicité, le mode de règlement et l’ensemble des autres


modalités relatives aux indemnités visées ci-dessus seront fixées, conformément
aux dispositions du présent Code et de ses textes d’application. Le montant de ces
indemnités doit être suffisamment raisonnable pour ne pas compromettre la
viabilité du projet et proportionnée aux perturbations causées par les opérations
minières selon les procédures prévues par la Loi.

Article 125 : Utilité publique

En l’absence du consentement du propriétaire foncier ou de ses ayants-droit, celui-


ci peut se voir imposer par l’Etat, conformément à la règlementation en vigueur,
une adéquate et préalable indemnisation, l’obligation de laisser effectuer les
travaux sur sa propriété et de ne pas les entraver. Le prix du terrain ou des
indemnités dues à raison de l’établissement des servitudes ou d’autres
démembrements de droits réels ou de l’occupation, est fixé comme en matière
d’expropriation.

Lorsque l'intérêt public l'exige, le titulaire du titre minier peut faire poursuivre
l'expropriation des immeubles et terrains nécessaires aux travaux miniers et aux
installations indispensables à l'exploitation, dans les conditions prévues par les
textes en vigueur.

L’indemnité liée à l’expropriation pour cause d’utilité publique visée au présent


article ne devra en aucun cas être inférieure à la totalité de celle relative aux droits
des propriétaires prévus à l’article 124 ci-dessus.

CNT septembre 2011 Code minier

67
68

Article 126 : Responsabilité, dommages et réparations

Tous les dommages causés par le titulaire d’un titre minier aux propriétaires,
usufruitiers et occupants légitimes du sol ou à plusieurs ayants droit, donneront
lieu à réparation par le versement des indemnités visées à l’article 124 ci-dessus.

En particulier, dans le cas où le propriétaire, l'usufruitier, l'occupant légitime du sol


ou leurs ayants droit auraient entrepris des travaux ou posséderaient des
installations qui deviendraient inutiles du fait de l'exploitation minière, le titulaire
devra leur rembourser le coût de ces travaux ou installations ou, si elle est
inférieure, leur valeur à la date à laquelle ils deviennent inutiles.

Le montant de ces indemnités se compensera toutefois avec les avantages que ceux
qui subissent ces préjudices peuvent, le cas échéant, retirer de l'activité et des
travaux du titulaire du titre minier.

Article 127 : Autorisation aux tiers et non réparation

Toute personne qui entreprend des travaux, construit des immeubles ou établit des
installations mobilières à l'intérieur du périmètre d'un permis d'exploitation ou
d'une concession minière, doit préalablement obtenir une autorisation du Ministre en
charge des Mines, après avis motivé, le cas échéant, des administrations
concernées ; à moins qu'il ne s'agisse de travaux, d’immeubles ou d’installations
destinés à l'exploitation minière et entrepris ou établis par le titulaire du titre minier
ou par ladite personne.

Les dommages causés par les activités d'exploitation minière aux travaux,
immeubles et installations entrepris ou établis sans cette autorisation spéciale
n'ouvrent aucun droit à réparation.

SECTION lV : DES RAPPORTS AVEC L'ÉTAT ET LES TIERS

Article 128 : Utilisation d'infrastructures

Sous réserve de la loi applicable, le titulaire d’un titre minier a accès et peut faire
usage des routes, ponts, terrains d'aviation, installations portuaires et
ferroviaires, installations connexes de transport ou autres, ainsi que les
canalisations d'eau et d'électricité ou les voies de communication, établies ou
aménagées par un organisme ou une entité détenu ou contrôlé par l'État, à
l'exception des Forces Armées, sans avoir à payer des frais excédant ceux payés
par les citoyens guinéens et autres personnes étrangères, le cas échéant. Le
titulaire devra cependant prendre à sa charge toute réparation ou frais de
remise en état des infrastructures appartenant à l'État résultant d'une utilisation
excédant l'usure normale de ces installations.

Les voies de communications établies ou aménagées par le titulaire d’un titre


minier à l'intérieur ou à l'extérieur du périmètre de ce titre peuvent être utilisées par
CNT septembre 2011 Code minier

68
69

l'État ou par les tiers qui en feront la demande lorsqu'il n'en résultera aucun
obstacle ni aucune gêne substantielle pour les activités du titulaire.
Les modalités de cette utilisation seront définies en accord avec les parties
prenantes.

Article 129 : Matériaux de construction

Le titulaire d'un permis d'exploitation ou d'une concession peut disposer,


conformément à la règlementation, pour les besoins de ses activités d'exploitation et
de celles qui s'y rattachent, des matériaux de construction dont ces travaux
entraînent nécessairement l'abattage.

L'État ou, dans les cas déterminés par l'État, l'occupant légitime du sol ou
l'usufruitier, peut réclamer, s'il y a lieu, la disposition de ceux de ces matériaux qui
ne seraient pas utilisés par le titulaire dans les conditions précitées.

SECTION V: DES RELATIONS ENTRE LE DETENTEUR ET LES


COMMUNAUTÉS LOCALES

Article 130 : Développement de la communauté locale


Tout titulaire d’un titre d'exploitation doit contracter une Convention de
Développement avec la communauté locale résidant sur ou à proximité immédiate
de son titre d'exploitation ou de sa concession minière. Les modalités d'élaboration
de ces conventions sont définies par arrêté conjoint des ministres en charge des
mines et de la décentralisation.
L’objet de cette convention est de créer les conditions favorisant une gestion
efficace et transparente de la contribution au développement local payée par le
titulaire du titre d’exploitation, et qui tienne compte du renforcement des capacités
des communautés locales à la planification et à la mise en œuvre de leur
programme de développement communautaire.

La convention doit inclure, entre autres, les dispositions relatives à la formation


des populations locales et plus généralement des guinéens, les mesures à prendre
pour la protection de l’environnement et la santé des populations, et les processus
pour le développement de projets à vocation sociale. Les principes de
transparence et de consultation seront appliqués à la gestion du Fonds de
Développement Local ainsi qu’à toute convention de développement de la
Communauté locale qui sera publiée et rendue accessible à la population
concernée.

Le montant de la contribution du titulaire d’un titre d'exploitation au


développement de la communauté locale est fixé à zéro virgule cinq pour cent
(0.5%) du chiffre d'affaire de la société réalisé sur le titre minier de la zone pour les
substances minières de catégorie 1 et à un pour cent (1%) pour les autres
substances minières.

CNT septembre 2011 Code minier

69
70

Il est créé un Fonds de Développement Local (FDL) qui sera alimenté par cette
contribution du titulaire du titre minier dès la première année d’exploitation.
Les modalités d'utilisation de cette contribution et les règles de fonctionnement et de
gestion du Fonds de Développement Local sont définies par un Décret du Président
de la République.

Article 131 : Fermeture de l'exploitation

Le titulaire d’un titre d'exploitation est tenu de tout mettre en œuvre afin de procéder
à la fermeture de son exploitation de manière progressive et ordonnée afin de
préparer la Communauté à la cessation de ses activités. Il en avisera les
administrations concernées au minimum douze (12) mois avant la date prévue de
fermeture et préparera, six (6) mois avant cette date de fermeture, en collaboration
avec l'Administration du territoire et la Communauté locale, un plan de fermeture de
ses opérations d'exploitation.

Dans le cadre de ce plan les services du Comité d’Evaluation des Impacts Sanitaires
et Environnementaux (CEISE) ou de son équivalent sont requis en vue de
déterminer la conformité et l’aptitude des mesures visant à viabiliser la zone de
manière à la rendre compatible avec toute forme de vie et d’activité dans la zone, à
savoir :
- L’élimination des risques nuisibles à la santé et à la sécurité des personnes
- La restitution du site dans un état acceptable par la communauté et
- Le rétablissement de la végétation avec des caractéristiques identiques à
celles de la végétation du milieu environnant.

CHAPITRE IV : DISPOSITIONS SPÉCIFIQUES APPLICABLES AUX


SUBSTANCES RADIOACTIVES

Article 132 : Domaine d'application

Les substances radioactives visées sont l'uranium, le thorium, les autres substances
radioactives et leurs dérivés.

Articles 133 : Des conditions particulières

Des Décrets du Président de la République sur proposition du Ministre en charge


des Mines définissent les conditions particulières auxquelles sont délivrés les titres
miniers pour les substances radioactives. Les conditions de détention, de transport et
de stockage des substances radioactives sont fixées par Arrêté conjoint des
Ministres en charge des Mines, de l'Environnement et de la Santé Publique.

Article 134 : Obligation de déclaration


Toute personne, physique ou morale, qui identifierait des gîtes ou des indices de
substances radioactives doit immédiatement en prévenir la Direction Nationale des
Mines.
CNT septembre 2011 Code minier

70
71

Tout titulaire des substances radioactives doit immédiatement en faire la déclaration


à la Direction Nationale des Mines.

Toute opération dont résulte ou pourrait résulter le transfert de propriété ou de


possession ou la transformation de substances radioactives ainsi que toute
importation de ces substances sont soumises à l'autorisation préalable du Ministre
en charge des Mines.

CHAPITRE V : DE L'EXPLOITATION DES REJETS DES MINES

Article 135 : Autorisation préalable

L'exploitation, le traitement et la valorisation des rejets d'exploitation, s'ils concernent


des substances minières autres que celles pour lesquelles le titre est délivré, sont
soumis à une autorisation préalable délivrée par arrêté du Ministre en charge des
Mines.

Article 136 : Régime

Les rejets d'exploitation sont soumis au régime minier ou au régime de carrière selon
leur utilisation.

CHAPITRE VI : OPÉRATIONS DE TRANSPORT, DE TRAITEMENT OU DE


TRANSFORMATION, DE COMMERCIALISATION ET D’ASSURANCE

Article 137: Droit de transport

Le titulaire d’un titre minier ou d'un titre de carrière peut, pendant la durée de
validité de ce titre et les six mois qui suivent, transporter ou faire transporter les
produits de l'exploitation qui lui appartiennent jusqu'aux lieux de stockage, de
traitement et de chargement.

A l’exportation, l’Etat se réserve un droit de transport maritime de ciquante pour


cent (50%) de la production. L’Etat exercera ce droit soit directement, soit par
l’intermédiaire de toute autre entité agissant en son nom.

La gestion opérationnelle de ce droit se fera conformément aux meilleures


pratiques internationales.

Article 138: Droit de Commercialisation

L’Etat ou toute entité agissant en son nom se réserve le droit d’acheter et de


commercialiser une quantité de la production du titulaire d’un titre en exploitation à
hauteur de sa participation pendant la période d’amortissement de l’investissement
initial, pour toute offre de prix supérieure au prix FOB en cours.

CNT septembre 2011 Code minier

71
72

Ce droit pourra atteindre cinquante pour cent (50%) de la production après la


période d’amortissement de l’investissement initial.

L’exercice de ce droit est notifié par écrit au plus tard à la fin du premier trimestre
de l’année en cours, pour la production de l’exercice suivant lorsque les
transactions se font dans le cadre d’un marché non compétitif ou entre affiliés.

Les sociétés exploitant du minerai brut en République de Guinée sont tenues


d’approvisionner en priorité les unités de transformation installées sur le territoire
national. Les modalités de participation individuelle à cet approvisionnement font
l’objet d’un arrêté du Ministre des Mines sur avis conforme du Conseil des
Ministres.

Article 139 : Droit de Transformation

Le titulaire d’un titre d'exploitation, sauf exploitation artisanale, ou tout autre


investisseur guinéen ou étranger est exhorté à établir en République de Guinée
des installations de conditionnement, de traitement, de raffinage et de
transformation de substances minières ou de carrières, y compris l'élaboration
de métaux et alliages, de concentrés ou dérivés primaires de ces substances
minières, conformément à la réglementation en vigueur.

Le titulaire du titre minier qui s’engage dans la transformation du minerai bénéficie


des incitations prévues à l’article 161 du présent Code relatif à la taxe minière, en
particulier l’application de taux réduits aux produits finis et l’exemption de la
majoration de la taxe minière appliquée aux titulaires de titres qui n’ont pas investi
dans la transformation après une période initiale.

Article 140 : Obligation de se conformer au Code des assurances

Le titulaire d’un titre minier ou de carrière ainsi que les entreprises travaillant pour
leur compte sont soumis aux dispositions du Code des assurances en République
de Guinée. La couverture des risques inhérents à toutes leurs activités en Guinée
est obligatoire et se fait auprès d’une société agréée en République de Guinée.

A la fin de chaque exercice fiscal une mission conjointe de la BCRG et des


ministères en charge des mines et des finances procède à la revue des contrats
d’assurances souscrits par les sociétés minières.

Les infractions constatées lors de la mission font l’objet de sanctions prévues par
la règlementation sur les assurances.

CNT septembre 2011 Code minier

72
73

Article 141 : Déclaration

Les opérations d'achat, de vente, d'importation, d'exportation de substances


minérales ou fossiles ainsi que les opérations de conditionnement, de traitement de
raffinage et de transformation y compris l'élaboration de métaux et alliages, de
concentrés ou dérivés primaires de ces substances minérales ou fossiles effectuées
sur le territoire de la République de Guinée sont soumises à déclaration préalable
au Ministre en charge des Mines. Ces opérations font l'objet de réglementations
séparées.

CHAPITRE VII : DE L'ENVIRONNEMENT ET DE LA SANTE

Article 142 : Généralités

Outre les dispositions de la présente loi, toute activité minière entreprise doit obéir à
la législation et à la réglementation en matière de protection et de gestion de
l'environnement et en matière de santé. En particulier, toute demande
d'autorisation ou de titre d’exploitation doit comporter une étude d'impact
environnemental et social conformément au Code de l’Environnement et ses textes
d’application ainsi qu’aux standards internationaux admis en la matière.

Les exigences de l'Administration sont modulées en fonction de l'ampleur des


travaux prévus, allant d'une simple Notice d'Impact Environnemental pour un
permis de recherches à une Etude d'Impact Environnemental et Social détaillée,
accompagnée d'un Plan de Gestion Environnemental et Social, d'une Etude de
Dangers, d'un Plan Hygiène Santé et Sécurité et d’un Plan de Réinstallation des
Populations Déplacées pour un permis d'exploitation ou une concession minière.
Le Plan de Réinstallation des Populations victimes des déplacements forcés causés
par les opérations minières doit, en plus de l’aspect infrastructurel intégrer la
compensation des pertes de revenu et de moyens de subsistance à la suite de ces
déplacements. Cette installation ainsi que les compensations y afférentes seront
assurés aux frais de la société minière suivant une procédure déterminée par le
Gouvernement qui intégrerait les principes internationaux de participation et de
consultation des populations affectées.

Pour le permis de recherches, la notice d’impact environnementale doit être déposée


avant le début des travaux et au plus tard six (6) mois après la date d’octroi du titre.

Des techniques et méthodes adaptées doivent être utilisées pour protéger


l'environnement, la sécurité des travailleurs et des populations riveraines
conformément au Code de l’Environnement ou aux meilleures pratiques
internationales en la matière.

Article 143 : Protection de l'environnement et de la santé

Afin d'assurer une exploitation rationnelle des ressources minières en harmonie avec
la protection de l'environnement et à la préservation de la santé, les titulaires
d'autorisations, de titres miniers et de carrières veillent à:
CNT septembre 2011 Code minier

73
74

- La prévention ou la minimisation de tout effet négatif dus à leurs activités sur la


santé et l’environnement, notamment :

• l’utilisation des produits chimiques nocifs et dangereux ;


• les émissions de bruits nuisibles à la santé de l’homme ;
• les odeurs incommodantes nuisibles à la santé de l’homme ;
• la pollution des eaux, de l’air et du sol, la dégradation des écosystèmes et de
la diversité biologique ;

- la prévention et/ou au traitement de tout déversement et/ou rejet de façon à


neutraliser ou à minimiser leur effet dans la nature ;

- la promotion ou au maintien du cadre de vie et de la bonne santé


générale des populations ;

- La Prévention et la gestion du VIH/SIDA au plan local ;

- une gestion efficace des déchets en minimisant leur production, en assurant leur
totale innocuité, ainsi qu'à la disposition des déchets non recyclés d'une façon
adéquate pour l'environnement après information et agrément des
Administrations chargées des mines et de l'environnement.

Le système de protection des travailleurs contre les maladies professionnelles et à


caractère professionnel doit comporter les dispositions relatives à l’application des
normes et des procédures définies par la Politique Nationale de Santé dans le cadre
de l’exploitation et du fonctionnement des structures de soin du secteur minier dont
entre autres, le dépistage des facteurs de nuisance, la visite médicale systématique
des travailleurs au moins une fois l’an et la réalisation du Plan d’ajustement
sanitaire.

Le titulaire est directement responsable des dommages et préjudices de santé


causés aux travailleurs et à la population de la zone géographique adjacente à son
site d’activités minières au cas où il n’aurait pas respecté les termes de son plan
sanitaire ou aurait violé l’une des obligations en matière de santé prévues au
présent Code.

En cas de cession le cessionnaire et le cédant d’un droit minier requièrent le CEISE,


ou son équivalent, afin de procéder à l’audit sanitaire et à l’audit environnemental
du site concerné.

Ces audits déterminent les responsabilités et obligations sanitaires et


environnementales du cédant pendant la période où il était titulaire du droit minier
en cause.

Les défrichements consistant à couper ou à extirper des arbres ou des végétaux


ainsi que les travaux de fouille, d’exploitation de mines et de carrières, de
CNT septembre 2011 Code minier

74
75

construction de voie de communication dont l’exécution est envisagée dans le


périmètre d’un titre minier sont soumis à l’autorisation préalable du Ministre en
charge des Forêts, et le cas échéant , à la délivrance d’un permis de coupe ou de
défrichement.

Les espèces forestières de valeur identifiées par le Code Forestier ou ses textes
d’application jouissent d’une protection spéciale et ne peuvent être coupées,
abattues ou mutilées lors des travaux de fouille, d’exploitation des mines et des
carrières, de construction de voie de communication dont l’exécution est envisagée
dans le cadre de la mise en œuvre d’un titre minier , qu’après autorisation préalable
du Ministre en charge des Forêts.

Le titulaire est tenu d'adresser une demande au ministre en charge des Mines en
vue de l'obtention desdites autorisations accordée par Arrêté du Ministre concerné :

Article 144 : Fermeture et réhabilitation des sites d'exploitations

Tout titulaire d'un permis d'exploitation de mine, de carrière ou d'une concession


minière est tenu d'ouvrir et d'alimenter, en concordance avec son Plan de Gestion
Environnementale et Sociale, un compte fiduciaire de réhabilitation de
l'environnement afin de garantir la réhabilitation et la fermeture de son site
d'exploitation. Ce compte est institué par décret et les modalités de son
fonctionnement sont fixées par un arrêté conjoint des ministres en charge des
mines, de l’environnement et des finances,

Les sommes ainsi affectées sont en franchise de l'impôt sur les bénéfices industriels
et commerciaux.

La réhabilitation et la fermeture des sites d'exploitation impliquent notamment


l'enlèvement par le titulaire de toutes les installations y compris toute usine
d'exploitation se trouvant sur le terrain. Autant que faire se peut, les anciens
sites d'exploitation doivent retrouver des conditions stables de sécurité, de
productivité agricole, sylvicole et d'aspect visuel proches de leur état d'origine,
adéquats et acceptables par les Administrations chargées des mines et de
l'environnement.

Le constat après inspection par les Administrations chargées des mines et de


l'environnement de la bonne remise en état des sites d'exploitation donne lieu à la
délivrance d'un quitus, après avis favorable du Comité d’Evaluation des Impacts
Sanitaires et Environnementaux (CEISE) ou son équivalent, qui libère l'ancien
exploitant de toute obligation concernant son ancien titre minier.

L’avis du CEISE doit comporter :

- une évaluation de l’application des mesures d’atténuation ou de rémédiation


préconisées dans l’étude d’impact environnemental et social, l’étude d’impact
sanitaire et dans le programme d’appui au développement sanitaire de base

CNT septembre 2011 Code minier

75
76

des collectivités géographiquement concernées par le projet ;

- une analyse du système sanitaire de la zone d’implantation comprenant


l’identification du potentiel dangereux, l’évaluation du degré d’exposition et la
caractérisation des risques majeurs avec calcul de la probabilité de survenue
d’affections morbides et

- une analyse du système environnemental du site comprenant une description


de l’environnement physique, biologique et sociologique

A défaut, et sans préjudice de toutes autres actions pouvant être entreprises contre
le titulaire, les travaux de remise en état et de réparation des dommages sanitaires et
environnementaux sont exécutés d'office et aux frais du titulaire par la Direction
Nationale de l’Environnement ou toute autre administration désignée à cet effet en
collaboration avec la Direction Nationale des Mines.

CHAPITRE VIII : DE L'HYGIÈNE ET DE LA SÉCURITÉ DU TRAVAIL

Article 145: Obligation de réglementation

Tout titulaire de titre minier ou de titre de carrière est tenu de respecter les normes
d'hygiène et de sécurité les plus avancées telles qu'établies par le Ministre en
charge des Mines en collaboration avec le Ministre en charge de la Santé publique,
le Ministre en charge du Travail et le Ministre en charge de l'Environnement.

Au cas où ces normes sont inférieures à celles respectées ailleurs par le titulaire,
ces dernières prévalent. Il est à cet égard tenu de prendre et d'appliquer des
règlements conformément à ces normes pour assurer dans des conditions
optimales l'hygiène et la sécurité des travailleurs.

Le texte de ces règlements est préalablement soumis à l’approbation de la Direction


Nationale des Mines après avis favorable du Comité d’Evaluation des Impacts
Sanitaires et Environnementaux (C.E.I.S.E). Une fois qu'ils sont approuvés, des
copies de ces règlements sont affichées dans les endroits les plus visibles pour les
travailleurs sur les lieux de l'exploitation et des travaux.

Lorsque dans une mine ou une carrière, certains travaux sont confiés à un
entrepreneur ou à un sous-traitant, ce dernier est tenu d'observer et de faire
observer les règlements en vertu du présent article.

Article 146 : Cas de carence

En cas de carence d'un titulaire de titre minier ou de carrière à prendre les


règlements prévus à l'article 145 ci-dessus, le Ministre en charge des Mines peut, le
titulaire entendu, prescrire par arrêté pris sur recommandation de la Direction
Nationale des Mines, les mesures nécessaires pour assurer l'hygiène et la
sécurité des travailleurs.
CNT septembre 2011 Code minier

76
77

En cas d'urgence ou de péril imminent, des mesures provisoires peuvent être


prescrites par la Direction Nationale des Mines dans l'attente de l'arrêté visé à l'alinéa
précédent.

Dans tous les cas, le titulaire est tenu de prendre les mesures prescrites dans les
délais impartis. A défaut, elles sont exécutées d'office aux frais du titulaire par
la Direction Nationale des Mines.

Articles 147: Dispositions relatives aux moins de dix huit (18) ans

Aucune personne de moins de dix huit (18) ans ne doit être employée dans une
mine ou une carrière ni sous terre ni au front de taille de travaux à ciel ouvert, ni au
fonctionnement de machines servant à hisser ou déplacer des objets, ni à celui de
treuils servant à remonter ou à descendre des personnes, ni enfin être préposée au
dynamitage.

Article 148 : Utilisation des explosifs à usage civil

L'importation, l'exportation, la fabrication, le stockage, la manutention, l'achat et la


vente des explosifs à usage civil, relèvent des Ministres chargés des Mines et de la
Sécurité.

Les conditions d'importation, d'exportation, de fabrication, de stockage, de


manutention, d'achat et de vente des explosifs à usage civil, sont délivrés par Arrêté
conjoint des Ministres en charge des Mines, de la Défense et de la Sécurité.

Article 149: Dispositions particulières relatives à l’Environnement, à la Santé


et à la Sécurité

Les dispositions du présent chapitre, relatives à l’Environnement, à la Santé et à la


sécurité font l’objet de textes règlementaires pris conjointement par les Ministres
en charge des Mines, de la Santé, de l’Environnement et de la Sécurité.

CHAPITRE IX : DE LA PARTICIPATION DE L’ETAT, LA TRANSFORMATION


SUR PLACE DES RESSOURCES MINERALES ET LA PROMOTION DE
L’ACTIVITE MINIERE

Article 150 : Participation de l'État

L'attribution faite par l'État d'un titre minier donne immédiatement droit à une
participation de l'État, à hauteur de quize pour cent (15%) au maximum, dans
le capital de la société minière, qui ne peut être diluée par des augmentations
éventuelles de capital. Cette participation de l’Etat sera libre de toutes charges et
aucune contribution financière ne peut, en contrepartie, être demandée à l'État. Cette
participation sera acquise dès la signature du titre minier.

CNT septembre 2011 Code minier

77
78

L'État se réserve également le droit d'acquérir une participation supplémentaire de


vingt pour cent (20%) en numéraire selon des modalités définies avec chaque
société concernée.
La Société de Patrimoine est le titulaire de toutes les participations de l’Etat au
capital des société d’extraction minière.

Le tableau ci-dessous fixe, par ressource et dans la limite de base de trente cinq
pour cent (35%), les taux de participation de l’Etat dans le capital des sociétés
minières en Guinée:

Taux de participation de l’Etat dans le capital des sociétés minières en


Guinée:

Ressources minérales Droit de Part en numéraire


participation non
dilutive
Bauxite 15 20
projet intégré Bauxite- 5 30
Alumine*
Alumine 7,5 27,5
Aluminium 2,5 32,5
Minerai de fer 15 20
Acier 5 30
Or et diamant 15 20
Minerai radioactif 15 20
Autres substances minérales 15 20
*financement d’une mine de bauxite et d’une raffinerie d’alumine

Il sera possible, selon les cas, de réduire les droits d’acquisition de la participation
de l’Etat en numéraire, en échange d’une augmentation du taux de la taxe minière.

La participation en numéraire est, pour l’Etat, cessible et amodiable.

L’Etat se réserve le droit de vendre tout ou partie de sa participation en numéraire,


sans droit de préemption des autres actionnaires de la société titulaire du titre
minier, à travers un processus d’enchères ouvert et transparent.

La décision et les modalités relatives à la cession de tout ou partie de la


participation en numéraire de l’Etat doivent être conformes aux dispositions de la
loi portant désengagement de l’Etat.

CNT septembre 2011 Code minier

78
79

Toutefois, la signature d’un « pacte d’actionnaire » définira les décisions qui ne


seront pas prises sans la concertation préalable de l’Etat.

Pour les sociétés évoluant sur un produit et son dérivé, la part de l’Etat
correspondra à la participation requise pour le produit le plus élaboré.

Article 151 : Facilitation des procédures administratives par le CPDM

Pour faciliter les formalités administratives et les procédures relatives aux titres
miniers, les demandeurs s'adressent au Centre de Promotion et de Développement
Miniers (CPDM) chargé de la gestion et du maintien du cadastre minier et servant
d'interface entre eux et l'Administration.

Le CPDM se charge de faire avec diligence, les démarches auprès d'autres Services
de l'Administration jusqu'à l'établissement du titre minier. Il notifiera au
demandeur, après le dépôt de sa demande, la décision d'octroi ou non du titre
minier ou de carrière, au plus tard quarante cinq (45) jours ouvrables pour un
permis de recherche et trois (3) mois pour un permis d'exploitation ou une
concession minière.

Article 152 : Fonds d’Investissement Minier

Le Fonds d’Investissement Minier a pour objet le Financement de la Recherche


minière, de la formation ainsi que des actions concourant à la promotion du
secteur minier à travers l’entité de Gestion du Patrimoine Minier. II intervient
notamment dans :

- le financement de tout ou partie des projets de recherches géologiques,


- le financement des activités de renforcement des capacités du personnel
relatives au développement du secteur minier ;
- le financement de tout ou partie des prises de participations de l’Etat dans le
secteur minier ;
- le financement du contrôle de l’Activité minière et particulièrement du
cadastre et le contrôle quantitatif et qualitatif des produits miniers et
pétroliers
- le financement des actions de promotion du secteur.

Le budget affecté au Fonds d’Investissement Minier est inscrit chaque année en


recettes et en dépenses dans la loi de Finances. Le montant alloué au Fonds
correspond à celui découlant de l’application de l’article 173 du présent Code.
Le décaissement de ces crédits s'effectue selon des procédures de décaissement
rapide qui seront définies par arrêté conjoint des Ministres en charge des Mines et
des Finances.

CNT septembre 2011 Code minier

79
80

Chapitre X : Transparence et lutte contre la corruption dans le secteur minier

Article 153 : Obligation d’identification des titulaires

Tout titulaire ou demandeur de titre minier ou d’exploitation de carrières ainsi que


leurs sous-traitants directs ont l’obligation de fournir au CPDM, l’identité de toutes
les parties ayant des intérêts dans le titre, notamment :

• Les actionnaires légalement identifiés de chaque société composant le


demandeur et, le titulaire ou son sous-traitant;

• Les filiales de chaque société composant le demandeur, le titulaire ou son


sous-traitant, leur lien avec la société et la juridiction dans lesquelles elles
opèrent ;

• L’identité des directeurs et cadres seniors de chaque société composant le


demandeur, le titulaire ou son sous-traitant, chaque actionnaire de ces
sociétés, toute personne estimée contrôler la société, et toute personne
détentrice de cinq pour cent (5%) ou plus des droits de vote donnant droit
au contrôle de la société ou des droits au bénéfice de la société, et la
chaîne par laquelle ces droits sont exercés.

Article 154 : Interdiction de paiement de pots-de-vin par les sociétés

Il est interdit à toute société active ou intéressée au secteur minier guinéen, ou à


tout fonctionnaire, directeur, employé, représentant ou sous-traitant d’une telle
société, ou à tout actionnaire de celle-ci agissant au nom d’une telle société, sous
peine de poursuite, de proposer des offres, promesses, dons, présents ou
avantages quelconques à :

• un officiel du Gouvernement guinéen ou à un Elu afin d’influencer une


décision ou un acte pris, dans le cadre de l’exercice de fonctions relatives
au secteur minier, y compris mais pas seulement, l’attribution de titres
miniers, la surveillance ou le contrôle des activités minières, le suivi du
paiement des recettes minières, et l’approbation des demandes ou décision
visant à proroger, amodier, céder, transférer ou annuler un titre minier ;

• un autre individu, une association, société, ou personne physique ou


morale afin d’utiliser son influence supposée ou réelle sur tout acte ou
décision de tout officiel du Gouvernement guinéen ou Elu dans le cadre de
l’exercice de fonctions relatives au secteur minier telles que définies dans
le paragraphe précédent.

CNT septembre 2011 Code minier

80
81

Article155 : Code de bonne conduite

Toute personne physique ou morale possédant un titre minier, fournissant une


demande pour un titre minier, négociant des droits miniers avec le Ministère en
charge des Mines ou tout autre organe du gouvernement guinéen, ou participant à
un appel d’offres pour un titre minier, signera avec le Ministre en charge des mines
un Code de bonne conduite précisant au minimum :

• son engagement à respecter les lois guinéennes, y compris les dispositions


du présent Code relatives à l’interdiction de paiement des pots-de-vin par
les sociétés ;
• son engagement à coopérer avec le Gouvernement guinéen ou le Parlement
dans le cadre de toute enquête sur des violations présumées des
dispositions du présent Code relatives à l’interdiction de paiement des pots-
de-vin par les sociétés ;
• son engagement à respecter les douze principes de l’Initiative pour la
Transparence dans les Industries Extractives (ITIE).

La non-signature d’un tel Code de bonne conduite entrainera l’exclusion de la


personne physique ou morale de tout octroi de titre minier.

Les Codes de bonne conduite signés doivent être publiés dans le Journal Officiel
et sur le Site Web officiel du Ministère en charge des Mines.

Article 156 : Plan de surveillance contre la Corruption

Chaque titulaire d’un titre minier présentera au Ministère en charge des Mines et
de la Géologie, quatre vingt dix (90) jours après la fin de chaque année civile, au
plus tard, un Plan de Surveillance contre la Corruption
.
Ce Plan, publié sur le Site Web Officiel du Ministère ou dans un journal de large
diffusion, devra contenir les éléments suivants :

• les stratégies menées pendant l’année précédente pour s’assurer que le


titulaire et tout fonctionnaire, directeur, employé, représentant ou sous-
traitant du titulaire ou tout actionnaire de celui-ci agissant dument en son
nom, ont respecté les dispositions du présent Code relatives à l’interdiction
de paiement des pots-de-vin par les sociétés, incluant mais ne se limitant
pas à l’adoption et la mise en place de mécanismes de surveillance
internes, la formation des employés et associés dans le domaine de la
prévention de la Corruption, et l’organisation d’audits et d’enquêtes internes
destinés à la prévention et à l’identification d’actes de corruption ;

• tout cas avéré de violation des dispositions du présent Code relatives à


l’interdiction de paiement des pots-de-vin par les sociétés par les personnes
visées au paragraphe précédent, porté à l’attention du titulaire, suite à une
enquête interne, ou par d’autres moyens, et les actions prises pour enquêter
CNT septembre 2011 Code minier

81
82

et, si nécessaire, réprimer le délit ;

• les stratégies envisagées pour l’année suivante pour s’assurer que le


titulaire et les personnes visées aux paragraphes précédents respectent les
dispositions du Présent Code relatives à l’interdiction de paiement des pots-
de-vin par les sociétés, incluant, mais ne se limitant pas à l’adoption et la
mise en place de mécanismes de surveillance internes, la formation des
employés et associés dans le domaine de la prévention de la corruption, et
l’organisation d’audits et d’enquêtes internes destinés à la prévention et à
l’identification d’actes de corruption.

Article 157 : Pénalités –retrait de titre


Outre les dispositions pénales prévues au Titre VIII du présent Code, la violation
par un titulaire d’un titre minier, ou par un des fonctionnaires, directeurs, employés,
représentants, sous-traitants du titulaire ou actionnaires de celui-ci agissant
dument en son nom, des dispositions du présent Code relatives à l’interdiction de
paiement des pots-de-vin par les sociétés, pourra entraîner des sanctions pouvant
aller jusqu’au retrait du titre minier concerné.
La prise de la sanction sera précédée d’une analyse qui portera sur :

• la gravité de l’infraction ;

• le temps mis depuis la commission de l’infraction ;

• les actions mises en place par le titulaire afin de constater l’infraction et


d’informer le Gouvernement ;

• le niveau d’investissement déjà engagé par le titulaire afin de développer le


projet.

Toute décision du Ministère en charge des Mines d’effectuer un retrait sera


soumise pour avis favorable à la Commission Nationale des Mines, et publiée
dans le Journal Officiel et le site web officiel du Ministère.

Article 158 : Interdiction d’actes de concussion aux personnes exerçant une


fonction publique ou élective

Il est interdit à tout fonctionnaire de l’ordre administratif ou judiciaire, ou tout autre


représentant de l’Administration publique guinéenne ou tout élu chargé de se
prononcer sur un acte de gestion du secteur minier, de solliciter ou d’agréer, sous
peine de poursuites, des offres, promesses, dons, présents ou avantages
quelconques pour accomplir, s’abstenir d’accomplir ou abuser de son influence
dans l’exercice de ses fonctions, notamment dans le cadre de l’attribution des
titres miniers, la surveillance des activités et des paiements, et l’approbation des
demandes ou décisions de prorogation, d’amodiation, de cession, de transfert ou
d’annulation d’un titre minier.

CNT septembre 2011 Code minier

82
83

TITRE V: DES DISPOSITIONS FINANCIERES

CHAPITRE I: DROITS ET REDEVANCES MINIÈRES

Article 159: Droits fixes

L'attribution des titres miniers ou de carrière et l'autorisation de


commercialisation des substances minières ou de carrière ainsi que leur
renouvellement, extension, prolongation, cession, transmission et amodiation sont
soumises au payement d'un droit fixe dont les taux sont fixés en annexe du présent
Code. Ces taux pourront être modifiés par la Loi de finances.

S'agissant des diamants, de l'or et autres substances précieuses, les redevances


fixes annuelles acquittées par les Agents Collecteurs, les Comptoirs d'Achat et les
Bureaux d’Achat Agréés sont fixées et modifiées dans les mêmes conditions.

La liquidation et le recouvrement de ces droits sont faits au ministère en charge des


mines pour le compte du ministère en charge des finances et pour le compte des
collectivités locales concernées.

Article 160 : Redevances superficiaires

Le permis de recherches, le permis d'exploitation, la concession minière et


l'autorisation d'exploitation de carrières sont soumis au payement annuel d'une
redevance superficiaire conformément au tableau ci-après.

La mise à jour de ces taux se fait par Arrêté conjoint du Ministre en charge des
Finances et du Ministre en charge des Mines.

La liquidation et le recouvrement de ces redevances sont faits au Ministère en


charge des mines pour le compte des collectivités locales concernées.

REDEVANCES SUPERFICIAIRES PAR TITRE MINIER

2
REDEVANCES SUPERFICIAIRES USD/km
NATURE DU TITRE
ER ième
Octroi 1 renouvellement 2 renouvellement
Permis de recherches 10 15 20
Permis d’exploitation industrielle 75 100 200
Permis d’exploitation semi- 20 50 100
industrielle
Concession minière 150 200 300
Permis d’exploiattion par 150* 200* 250*
dragage
*par km

CNT septembre 2011 Code minier

83
84

CHAPITRE II : TAXES MINIÈRES

Article 161 : Taxe sur les substances minières


À l'exception des substances visées à l'article 163 ci-dessous, toute substance
minière extraite brute ou à travers un produit transformé, est soumise, au
moment de sa sortie de stock à la taxe minière dont le taux et l'assiette sont définis
dans le tableau ci-dessous.
Cette taxe est déductible pour le calcul du bénéfice imposable.

TAUX DE LA TAXE MINIERE PAR SUBSTANCE

SUBSTANCE UNITE DE TAXE


EXPORTEE TAXATION TAUX ASSIETTE

MINERAI DE FER ET
PRODUITS DERIVES
Minerai de fer de teneur TM 1,5% LME official 3 months
standard seller steel billet price
Acier TM 0,7% LME official 3 months
seller steel billet price

BAUXITE ET
PRODUITS DERIVES
Bauxite Standard en Al2O3 TM 0,55% Prix Vendeur LME de la
de 50% tonne d’aluminium
primaire
Alumine TM 1% Prix Vendeur LME de la
tonne d’aluminium
primaire
Aluminium primaire TM 0,7% Prix Vendeur LME de la
tonne d’aluminium
primaire

AUTRES SUBSTANCES
NON FERREUSES
Métaux de base : Cuivre,
Etain, Nickel, Zinc
• Concentré
TM 3% Prix Vendeur LME du
métal contenu
• Métal TM 2% Prix Vendeur LME du
métal contenu
Métaux mineurs : Cobalt, TM 3% Prix Vendeur LME du
Titane, Molybdène métal contenu

SUBSTANCES
RADIOACTIVES
Uranium
• Concentré LB 3% Prix Ux Spot U2O8
(Yellowcake)

• Autres LB 2% Prix Ux Spot


substances
radioactives
CNT septembre 2011 Code minier

84
85

SUBSTANCES PRECIEUSES
Métaux précieux :
Argent, Or, Platinoïdes
• Lingot OZ 5% Fixing du jour à
Londres

Pierres précieuses
Diamants bruts : Ct
• Taxe sur la
production
................................... 5% Estimation Bureau
industrielle ……..
National d’Expertise
(BNE)
• Taxe sur la
production semi- ………………………………… 3,5% Estimation Bureau
industrielle National d’Expertise
(BNE)
………………………………. 1% Estimation Bureau
Diamants taillés ………….. National d’Expertise
(BNE)

Autres matières et pierres


précieuses et semi-précieuses :
(Emeraude, Rubis, Saphir…)

Bruts
• Taxe sur la
production
industrielle…. …………………………….. 2% Estimation Bureau
National d’Expertise
• Taxe sur la (BNE)
production semi-
industrielle ……………………………… 1,5% Estimation Bureau
National d’Expertise
(BNE)
Taillés …………………………. ……………………………….. 1% Estimation Bureau
National d’Expertise
(BNE)

TM : tonne métrique OZ : Once troy = 31, 103477 g LB : Livre US = 0,


45359237 kg Ct : Carat = 0,20519655
LME: London Metal Exchange

Au cas où les indices visés ci-dessus arrivaient à disparaître, un nouvel indice de


prix sera institué par arrêté conjoint des Ministres en charge des Mines, des
Finances et du Commerce.

Les taux fixés dans le tableau ci-dessus sont valables pour les périodes de
production initiales suivantes (en nombre d’années) par substance :

CNT septembre 2011 Code minier

85
86

PERIODE DE PRODUCTION INITIALE PAR SUBSTANCE

Société déjà en Société nouvelle


exploitation
Bauxite 8 ans 18 ans
Alumine 15 ans 20 ans
Minerai de fer - 20 ans

Passé ces périodes initiales ci-dessus, les taxes minières seront majorées de
quinze pour cent (15%) du taux applicable pendant la période initiale si la Société
n’a pas fourni un rapport approuvé par le Ministre certifiant que le titulaire du titre
minier ou au moins un des actionnaires a réalisé au moins quatre vingt pour cent
(80%) des travaux relatifs à la construction des infrastructures de transformation
en Guinée.

Pour l’application des dispositions ci-dessus, l’expression « sociétés en


exploitation » désigne les sociétés détenant un titre d’exploitation à la date
d’entrée en vigueur du présent Code, et « sociétés nouvelles » désigne les
sociétés qui bénéficieront du titre d’exploitation après cette date.

La taxe minière est perçue mensuellement par le trésor public à partir des
déclarations de douanes ou des fiches de sortie de stock des produits et de leurs
dérivés certifiées en quantité et en qualité par les services compétents du
Ministère des mines et de l’Institut de Normalisation et de Métrologie.

Le prix LME applicable pour la liquidation de la taxe minière mensuelle est la


moyenne arithmétique simple des prix LME à 3 mois des jours de sortie de stock.
Les modalités de déclaration, d’assiette, de liquidation, de contrôle et de
recouvrement seront précisées par un décret pris en Conseil des Ministres.

Article 162: Taxe sur les substances de carrières

L'exploitation et le ramassage des substances de carrières sont soumis au


payement de taxes dont les taux sont fixés par Arrêté conjoint du Ministre en
charge des Mines et du Ministre en charge des Finances.

Article 163 : Taxe à l'exportation sur la production artisanale d’or et de


diamant

La production artisanale d'or, de diamants et autres matières précieuses est


soumise à une taxe à l'exportation aux taux ci-après:

CNT septembre 2011 Code minier

86
87

• pour l'Or, le taux de cette taxe est de deux pour cent (2%) pour la Banque
Centrale de la République de Guinée (BCRG) et de un pour cent (1%) pour
le secteur privé, la valeur de référence pour le calcul de cette taxe étant le
cours d'achat de l'or par la BCRG ;

• pour les diamants, le taux est de trois pour cent (3%) de la valeur fixée par
les Experts du Bureau National d'Expertise des Diamants, Or et autres
matières précieuses.
• pour les pierres d’une valeur unitaire égale ou supérieure à cinq cent mille
dollars des Etats Unis d’Amérique (500.000 USD), ce taux est fixé à deux pour
cent (2%).

Un arrêté conjoint du Ministre en charge des Finances et du Ministre en charge


des Mines pourra ajuster ces taux en fonction de la conjoncture.

Article 164 : Taxe à l’exportation sur la production industrielle et semi-


industrielle du diamant

La production industrielle, semi-industrielle et artisanale du diamant est soumise à


une taxe à l’exportation au taux de trois pour cent (3%). Cette taxe est distincte de
la taxe minière visée à l’article 161 ci-dessus intitulé « Taxe sur les substances
minières ».

Article 165 : Répartition entre différents budgets

La taxe minière, les droits fixes, la taxe sur les substances de carrières ainsi que la
taxe sur la production artisanale de l’Or, payés au Budget National par les sociétés
minières sont repartis comme suit :

Budget National.……………………………..… quatre vingt pour cent (80%)


Appui direct au budget local de l’ensemble des
Collectivités locales du pays……………………………quinze pour cent (15%)
Le Fonds d’Investissement Minier…………………… cinq pour cent (5%)

Les taxes à l’exportation sur la production artisanale, industrielle et semi-industrielle


de Diamant visées aux articles 163 et 164 sont reparties comme suit :

Budget National…….……………………..… soixante sept pour cent (67%)


BNE ………………………………………… vingt un pour cent (21%)
Expert Evaluateur ……..…………………..… douze pour cent (12%)

Les montants correspondants font l’objet d’une publication dans le Journal Officiel
et sur le Site Web Officiel des Ministères en charge des Mines, de la
Décentralisation et des Finances.

CNT septembre 2011 Code minier

87
88

Les modalités d’utilisation, de gestion et de contrôle des quize pour cent (15%)
revenant aux collectivités locales font l’objet d’un arrêté conjoint des Ministres en
charge des Mines, de la Décentralisation et des Finances, conformément aux
dispositions du Code des collectivités locales.

Article 166 : Catégorisation des marchandises à importer par les sociétés


minières et leurs sous-traitants directs

Les importations des sociétés minières et de leurs sous-traitants directs sont


classées dans les catégories suivantes :

• 1ière catégorie : les équipements, matériels, gros outillages, engins et


véhicules figurant sur le registre des immobilisations des sociétés
concernées, à l’exclusion des véhicules de tourisme ;

• 2ième catégorie : les matières premières et tous les consommables


nécessaires à l’extraction et à la valorisation du minerais brut ;

• 3ième catégorie : les matières premières et les consommables nécessaires


à la transformation sur place du minerai en produit semi-fini ou fini ;
• 4ième catégorie : les carburants, lubrifiants et autres produits pétroliers
n’entrant pas dans la transformation du minerai en produit semi-fini ou fini;

Article 167 : Procédure d’agrément des listes pour les différentes catégories

Afin de bénéficier des allègements douaniers prévus par le Code, les sociétés
minières doivent établir et faire agréer par le Ministre en charge des mines et le
ministre en charge des finances, avant le démarrage de leurs opérations, des
listes détaillées de biens à importer entrant dans chacune des catégories visées à
l’article 166 ci-dessus.

Ces listes sont révisables périodiquement en fonction de l’évolution des besoins


des sociétés, des capacités de production ainsi que de la disponibilité à des
conditions compétitives des produits fabriqués localement.

Article 168 : Différentes phases d’activités des sociétés minières

Les avantages fiscaux et douaniers dont bénéficient les sociétés minières


varient en fonction de la phase d’activité. Ces phases sont :

• La phase de recherche ;
• La phase d’installation ou de construction ;
• La phase d’exploitation ou de production.

Ces avantages fiscaux et douaniers sont définis au présent titre.

CNT septembre 2011 Code minier

88
89

En ce qui concerne les produits pétroliers, les achats locaux des sociétés minières
ne bénéficient d’aucune exonération.
La subvention accordée par l’Etat sur les prix des produits pétroliers n’est pas
applicable au secteur minier.

CHAPITRE III: AVANTAGES FISCAUX ET DOUANIERS EN PHASE DE


RECHERCHE

Article 169 : Exonération de la TVA et des Impôts sur le Revenu

Les titulaires de permis de recherche de substances minérales bénéficient


pendant toute la durée de la recherche de l'exonération de:

- la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) pour,

• leurs importations de matériaux et pièces de rechange nécessaires au


fonctionnement des matériels et équipements professionnels à
l'exception des matériaux de construction, des pièces de rechange
automobile, de mobiliers,
• les services fournis par les sous-traitants directs ;

- l'Impôt Minimum Forfaitaire (IMF) ;


- l'impôt sur les Bénéfices Industriels et Commerciaux ou l’Impôt sur les
Sociétés;
- la contribution des patentes ;
- la contribution à la formation professionnelle ;
- droits d'enregistrement et de timbre ;
- la Contribution Foncière Unique (CFU) ;
- l'Impôt sur le Revenu des Valeurs Mobilières (IRVM) ;
- la taxe d'apprentissage.

Les titulaires d'un permis de recherches ainsi que leurs sous-traitants directs sont
exonérés de la TVA pour leurs importations de biens figurant sur la liste minière
dûment approuvée à l'exclusion des biens exclus du droit à déduction
conformément aux dispositions du Code des impôts.

Les importations de biens ne figurant pas sur la liste minière et les achats locaux
sont passibles de la TVA. L’entreprise bénéficiera du remboursement de la TVA
collectée dans le cadre des achats locaux des biens à l’exception des produits
pétroliers.

CNT septembre 2011 Code minier

89
90

Article 170 : Obligations déclaratives

Nonobstant les exonérations prévues à l'article 169 ci-dessus, les titulaires de


permis de recherche sont soumis aux obligations déclaratives d'usage
conformément aux dispositions des articles 108, 238, 239, 241 du Code général
des Impôts.

Article 171: Retenue à la source des impôts sur les salaires

Les travailleurs nationaux et expatriés sont assujettis au payement de l'impôt sur le


revenu conformément à la législation en vigueur.

Sous réserve des dispositions des conventions fiscales dûment ratifiées, les titulaires
de permis de recherche sont tenus de procéder à une retenue à la source, libératoire
de tout autre impôt sur les revenus, faite sur :

- les règlements d'honoraires et prestations des entreprises ou personnes


étrangères non établies en République de Guinée ;
- les contrats d'assurance conclus avec les compagnies étrangères non établies
en Guinée.

Cette retenue dont le taux est de 10% est à la charge des bénéficiaires des
règlements et non déductible de l'impôt sur les bénéfices. Elle doit être prélevée par
le bénéficiaire du service et reversée au Trésor Public au plus tard le 15 du mois
suivant celui au cours duquel la retenue a été opérée.

Article 172 : Droits de douane

Les titulaires de permis de recherche ainsi que leurs sous-traitants directs bénéficient
du régime de l'Admission Temporaire pour l'importation des équipements,
matériels, machines, appareils, véhicules utilitaires, engins, groupes électrogènes,
etc. pendant la durée de la recherche.

Les matériaux et pièces de rechange des véhicules utilitaires, nécessaires au


fonctionnement des matériels et équipements professionnels bénéficient de
l'exonération totale des droits de douanes, à l'exception de :

- la Redevance de Traitement des Liquidations ;


- de la Taxe d'Enregistrement ;
- du Prélèvement Communautaire (PC) ;
- des Centimes Additionnels.

Les titulaires de permis de recherche sont tenus de fournir au CPDM et au service


des Douanes dans le premier trimestre de chaque année un état de matériel ayant
bénéficié de l'admission temporaire.

CNT septembre 2011 Code minier

90
91

A l'expiration du permis de recherche, ces articles admis temporairement doivent être


réexportés. En cas de revente en République de Guinée, les titulaires deviennent
redevables de tous les droits et taxes liquidés par le service des Douanes sur la base
d'une évaluation qui tient compte de la dépréciation intervenue jusqu'au jour de la
revente.

CHAPITRE IV : AVANTAGES FISCAUX ET DOUANIERS EN PHASE DE


CONSTRUCTION DE LA MINE

Article 173: Exonération de la TVA et des autres impôts

Pendant la phase de construction de la mine, les titulaires d'un permis


d'exploitation ou d'une concession minière ainsi que leurs sous-traitants directs
sont exonérés de la TVA pour les équipements importés et figurant sur la liste
minière dûment approuvée à l'exception des biens exclus du droit à déduction
conformément aux dispositions du Code des impôts.

Les importations de biens ne figurant pas sur la liste minière et les achats locaux
sont passibles de la TVA. L’entreprise bénéficiera du remboursement de la TVA
collectée dans le cadre des achats locaux des biens à l’exception des produits
pétroliers.

En phase de construction de la mine, les titulaires d'un permis d'exploitation


ou d'une concession minière sont exonérés des impôts visés à l'article 169 du
présent Code.

Ces exonérations ne peuvent excéder la durée prévisionnelle telle que stipulée


dans l'étude de faisabilité ou la date de première production commerciale qu'il
s'agisse des mines à ciel ouvert ou des mines souterraines.

Pendant la phase de construction de la mine, les titulaires d'un permis


d'exploitation, ou d'une concession minière sont soumis à la retenue à la source
conformément aux dispositions de l'article 171 du présent Code.

Article 174 : Exonération des droits de douane

Pendant la phase de construction de la mine dont la durée est celle prévue dans
l'étude de faisabilité, les titulaires d'un permis d'exploitation ou d'une concession
minière ainsi que leurs sous-traitants directs bénéficient du régime de
l'Admission Temporaire sur les équipements, matériels, gros outillages, engins et
véhicules utilitaires importés et figurant sur la liste des immobilisations des sociétés.
En cas de revente des matériels admis temporairement, les dispositions de
l'article 172 alinéa 4 sont applicables.

Les matériaux et pièces de rechange pour véhicules utilitaires, nécessaires au


fonctionnement des matériels et équipements professionnels, les lubrifiants
accompagnant les matériels et équipements bénéficient de l'exonération totale des
CNT septembre 2011 Code minier

91
92

droits de douanes à l'exception de :

- la Redevance de Traitement des Liquidations ;


- la Taxe d'Enregistrement ;
- le Prélèvement communautaire ;
- les Centimes Additionnels.

CHAPITRE V: AVANTAGES FISCAUX ET DOUANIERS EN PHASE


D'EXPLOITATION

Article 175 : Exonération des impôts sur le revenu

Les titulaires des titres miniers en phase d'exploitation bénéficient pendant trois
(3) ans à compter de la date de la première production, de l'exonération de :

- l'impôt minimum forfaitaire ;


- la contribution à la formation professionnelle ;
- la contribution foncière unique ;
- la taxe d'apprentissage.

Article 176 : Imposition sur les bénéfices et autres impôts

En phase d'exploitation, les titulaires d'un permis d'exploitation ou d'une concession


minière sont soumis aux impôts ci-dessous selon les règles prévues par le Code
Général des Impôts :

- la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA)


- la contribution des patentes ;
- l'impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux ou à l'impôt sur les
sociétés au taux de droit commun ;
- l'impôt sur les revenus des valeurs mobilières (IRVM) au taux de dix pour cent
(10%) ;
- les droits d'enregistrement sur les actes portant création de la société,
augmentation de capital par apports nouveaux, apports en capital,
incorporation de bénéfice ou de réserve, ou fusion ;
- le versement forfaitaire sur les salaires au taux de six pour cent (6%) ;
- la retenue à la source sur les revenus non salariaux ( RNS) au taux de dix
pour cent (10%) ;
- la retenue à la source des impôts sur les salaires conformément à l'article
171 ;
- la taxe unique sur les véhicules à l'exception des véhicules et engins de
chantier au taux en vigueur.

Les carburants et les lubrifiants et autres produits pétroliers importés, sont soumis
au droit commun.
CNT septembre 2011 Code minier

92
93

En outre les titulaires des titres miniers et de carrière sont assujettis au paiement
des taxes et redevances environnementales sur les établissements classés,
conformément aux dispositions du Code de l’Environnement et de ses textes
d’application.

Article 177: Des charges déductibles des bénéfices

Pendant la phase d'exploitation, toutes les dépenses faites par les titulaires d'un
permis d'exploitation de substances minières ou d'une concession minière, dans le
but de générer un revenu sont admises pour fins du calcul de l'impôt sur les
Bénéfices Industriels et Commerciaux et pour l'impôt sur les sociétés, notamment :

- les frais généraux de toute nature, les dépenses de personnel et de main


d'œuvre, le loyer des immeubles dont l'entreprise est locataire, les dépenses
de réparation et d'entretien des locaux professionnels et du matériel, à
l'exclusion des dépenses d'extension ou de transformation ;

- les frais financiers dès lors qu'ils répondent aux conditions générales de
déduction des charges de

- l'entreprise et que les taux d’intérêt sont ceux en usage au moment où les
emprunts sont contractés, et dans les limites fixées dans le Code Général
des Impôts;

- les déficits des années antérieures conformément aux dispositions du Code


Général des Impôts;

- les amortissements réellement effectués par l'entreprise. Les sociétés


minières sont autorisées à pratiquer des amortissements dégressifs
conformément aux dispositions du Code général des impôts ;

- la provision pour réhabilitation des sites miniers ;

- la provision pour reconstitution de gisements ;

- les contributions au Fonds de Développement Local ;

- les pertes de change enregistrées à la suite de fluctuations du cours des


changes selon les modalités définies dans le Code Général des Impôts.

Article 178 : Provision pour la reconstitution de gisement

Une provision pour reconstitution de gisement d'un montant maximum de dix pour
cent (10%) du bénéfice imposable peut être constituée par les titulaires d'un
permis d'exploitation ou d'une Concession, à la fin de chaque exercice, en
franchise d'impôt sur le revenu.

CNT septembre 2011 Code minier

93
94

En cas d'exercice déficitaire, la provision sera calculée sur la base de zéro virgule
cinq pour cent (0,5%) de la valeur des produits marchands exploités par l'entreprise.

Cette provision devra être employée dans les deux ans de sa constitution au
financement de travaux de recherches ou d'exploitation de mines sur le territoire
de la République de Guinée.
La partie de la provision qui n'aurait pas été ainsi utilisée doit être rapportée aux
résultats du troisième exercice qui suit celui au titre duquel elle a été constituée.

Article 179 : Des droits de douane pour équipements de transformation sur


place

Outre les taxes et redevances visées à l’article 172, les titulaires d'un permis
d'exploitation, ou d'une convention minière acquittent, pendant la phase
d'exploitation, les droits de douane au taux unique de six pour cent (6%) pour
les équipements, matériels, gros outillages, engins et véhicules utilitaires,
figurant sur la liste des immobilisations des sociétés dès lors qu'ils sont destinés à
la transformation sur place du minerai en produits finis et semi-finis.

Les matières premières et autres consommables nécessaires à la transformation


sur place du minerai en produits finis et semi-finis ainsi que les produits
pétroliers servant à produire l'énergie sont soumis à cette même fiscalité.

Article 180 : Des droits de douane pour les équipements d'extraction

Outre les taxes et redevances visées à l’article 172, les titulaires d'un permis
d'exploitation, d'une convention minière attachée à un permis d'exploitation ou à
une concession minière ainsi que leurs sous-traitants directs acquittent, pendant la
phase d'exploitation, les droits de douanes au taux unique de huit pour cent (8%)
pour l'importation des équipements, matériels, gros outillage, engins et
véhicules utilitaires, figurant sur la liste des immobilisations des sociétés et destinés
à l'extraction du minerai.

Les matières premières et autres consommables nécessaires à l'extraction et à la


valorisation du minerai sont soumises aux droits de douanes ci-dessus.
L'extension ou le renouvellement de matériels et autres équipements, est
soumise à la fiscalité ci-dessus.

Article 181 : Effets personnels du personnel expatrié

Les effets personnels importés par le personnel travaillant pour les titulaires des
titres miniers d'exploitation ou de concession minière et pour leurs sous-traitants
directs sont exonérés de droits de douanes.

On entend par effets personnels, les effets à usage domestique et n'ayant


aucun caractère commercial.
CNT septembre 2011 Code minier

94
95

CHAPITRE VI : STABILISATION DES REGIMES FISCAUX ET DOUANIERS

Article 182: Application de la stabilisation aux substances minières

La stabilisation du régime fiscal et douanier est garantie aux titulaires du permis


d'exploitation ou bénéficiaires d'une convention ou d'une concession minière
pendant la période définie au présent article.

En aucun cas, la période de stabilisation du régime fiscal et douanier ne saurait


excéder dix (10) ans pour le permis d'exploitation et dix (10) ans également pour la
concession minière avec pour cette dernière, la possibilité d’une extension de cinq
(5) ans contre une prime annuelle de stabilisation à définir avec l’investisseur.

Pendant cette période de stabilisation, les titulaires concernés ne peuvent être


pénalisés par des changements ayant pour effet une augmentation de la charge
fiscale et les taux, assiettes des impôts et taxes susvisés demeurent tels qu'ils
existaient à la date du permis ou de la concession et aucune nouvelle taxe ou
imposition de quelque nature que ce soit n'est applicable au titulaire ou
bénéficiaire pendant cette période à l'exception des droits fixes, taxes et
redevances minières.

Article 183 : Application de la stabilisation aux substances de carrières

Les substances de carrières dont l'exploitation nécessite des investissements


importants et dont la part de production destinée à l'exportation représente au moins
cinquante pour cent (50%), ou dont l’extraction annuelle dépasse dix mille (10.000)
m³, peuvent être classés en substances minières et bénéficier de ce fait des régimes
fiscaux et douaniers applicables aux substances minières à l'exclusion de ceux
auxquels elles sont assujetties par le présent Code.

Les substances de carrière n'entrant pas dans le champ d'application ainsi défini
sont assujetties au droit commun à l'exception du régime qui leur est applicable
en vertu du présent Code.

CHAPITRE VII : RÉGLEMENTATION DES CHANGES

Article 184: Ouverture de comptes en devises

Les titulaires d’un titre minier et leurs sous-traitants directs sont soumis à la
réglementation de change en vigueur en République de Guinée. Ils sont tenus
de rapatrier leurs recettes en devises issues des exportations de minerai sur les
comptes de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) ouverts dans
les livres d’une banque étrangère de premier ordre.

CNT septembre 2011 Code minier

95
96

Des arrangements bancaires appropriés sont conclus à cet effet avec la Banque
Centrale de la République de Guinée (BCRG) pour la couverture des dépenses en
francs guinéens, l’ouverture des comptes en devises, et pour tous types de
transaction à l'extérieur y compris les payements des fournisseurs étrangers de
biens et services nécessaires à la conduite des opérations minières ou de carrières
ainsi que pour le service de la dette.

Article 185 : Garanties de transfert

Sous réserve de satisfaire ses obligations, il est garanti au titulaire de titres


miniers le libre transfert à l'étranger des dividendes et des produits des capitaux
investis ainsi que le produit de la liquidation ou de la réalisation de ses avoirs.

Il est garanti au personnel étranger résidant en République de Guinée, employé


par un titulaire de titre minier et à son sous-traitant direct, la libre conversion et le
libre transfert dans leurs pays d'origine, de tout ou partie des salaires ou autres
éléments de rémunération qui leur sont dus, sous réserve que leurs impôts et
autres taxes aient été acquittés conformément aux dispositions du présent Code.

Article 186 : Déclaration d'importation et d'exportation des matières


précieuses

L'importation et l'exportation de l'or sont soumises à déclaration préalable à la


Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG). Celles des pierres
précieuses et des autres gemmes sont soumises à déclaration préalable au
Bureau National d'Expertises (BNE).

CHAPITRE VIII : AUTRES DISPOSITIONS COMPTABLES ET ÉCONOMIQUES

Article 187: Plan comptable national et audit

Le titulaire d’un titre minier ou de carrière doit tenir, en République de Guinée, une
comptabilité conformément au SYSCOA, faire certifier pour chaque exercice par
un Commissaire aux comptes agrée en Guinée son bilan et ses comptes
d'exploitation et communiquer ses états financiers à chaque fin d'exercice au
Ministre en charge des Mines et au Ministre en charge des Finances au plus tard le
30 avril de l'exercice suivant.

Il doit donner accès aux documents comptables et pièces justificatives au personnel


de l'État autorisé aux fins de vérification ou d'audit. Il doit faciliter le travail de
vérification et d'audit de ce personnel autorisé par l'État.

Pour les exploitations artisanales les obligations visées au présent article ne sont pas
applicables.

CNT septembre 2011 Code minier

96
97

Article 188: Dépenses engagées par l'État

Au cas où l'État aurait effectué des travaux de recherche dans l'emprise d'un
titre minier, préalablement à son attribution, les dépenses y afférentes sont
alors, après audit et évaluation par un auditeur indépendant, remboursées par le
titulaire du titre sur le compte du Fonds d’Investissement Minier. Les modalités de
traitement de ces dépenses seront définies lors de l'établissement de la convention
minière ou du cahier des charges.

Toutefois, ne seront pas prises en compte comme indiqué à l'alinéa premier du


présent article les dépenses engagées par l'État dans le cadre des études
géologiques fondamentales, de la cartographie géologique de base, de la
prospection minière stratégique incluant toutes les méthodes géologiques,
géophysiques, géochimiques, et autres devant aboutir à la découverte d'indices sur
le périmètre du permis de recherche préalablement à l'émission dudit permis.

Article 189 : Investissements de recherches

Le montant total des investissements de recherches que le titulaire d’un titre minier
aura effectué au jour de l'émission du permis d'exploitation et après audit et
évaluation par un auditeur indépendant, sera amorti en phase d'exploitation comme
frais de premier établissement. Les documents pris en compte sont ceux certifiés
par les services compétents du Ministère dans le cadre des missions de contrôle
ponctuelles ou périodiques.

TITRE VI : DE LA SURVEILLANCE ADMINISTRATIVE ET TECHNIQUE DES


ACTIVITÉS MINIÈRES

Article 190 : Surveillance administrative et technique

Les Ingénieurs et Agents ainsi que les Fonctionnaires du Ministère en charge des
Mines, et particulièrement ceux placés sous les ordres des Directions en charge
des Mines et de la Géologie ont la responsabilité, sous l'autorité du Ministre en
charge des Mines, de veiller à l'application du présent Code et de ses textes
d'application, ainsi que de la surveillance administrative et technique des
travaux de recherches, d'exploitation, de transformation des mines et carrières et
de leurs dépendances.

Ces Ingénieurs, Fonctionnaires et Agents visés au présent article ont qualité


d'exercer une surveillance de police pour la conservation des édifices et la
protection des titres miniers et ont qualité d'agents permanents du contrôle du
circuit de la commercialisation des substances précieuses depuis les zones de
production jusqu'aux comptoirs d'achat ou aux frontières pour leurs exportations.
Ils assistent les exploitants et les conseillent sur les inconvénients ou
améliorations de leurs activités.
CNT septembre 2011 Code minier

97
98

Des arrêtés du Ministre en charge des Mines et des Décrets pris sur sa
recommandation édictent les règles particulières à observer pour certains travaux
miniers ou de carrière.

Les cadres et agents exécutant les opérations de surveillance administrative et


technique doivent être munis d’un ordre de mission délivré par une autorité
compétente dont la durée est limitée dans le temps ou officiellement désignés pour
assumer ces fonctions par un acte revêtu de la signature du Ministre en charge
des mines.

Dans le domaine sanitaire et environnemental le suivi et le contrôle sont assurés


par la Direction Nationale des Mines en collaboration avec le Comité d’Evaluation
des Impacts Sanitaires et Environnementaux. Ces opérations peuvent être
fortuites et inopinées pour :

- s’assurer de l’application effective du plan d’ajustement sanitaire visé à


l’article 218 du présent Code ;

- évaluer le niveau d’exécution et la conformité des recommandations


précédentes ;

- modifier le plan si nécessaire ;

- établir un procès verbal à soumettre aux autorités compétentes et qui fait


état du niveau d’exécution des recommandations.

Article 191 : Surveillance financière

Les cadres et agents du Ministère en charge des mines, notamment ceux de


l’Inspection Générale et du Ministère en charge des Finances dûment habilités ont
de droit accès à tout document, relevés de compte, à tout compte financier et
pièces justificatives obtenus ou réalisés par les titulaires des titres miniers ou de
carrière. De même les titulaires des titres miniers ou d’ouverture de carrières sont
tenus de transmettre périodiquement à l’Administration toutes les informations
relatives aux mouvements de fonds opérés sur le territoire de la République de
Guinée et à l’étranger dans le cadre des opérations minières et de carrière.

Les cadres et agents exécutant les opérations de surveillance financière doivent


également être munis d’un ordre de mission conformément au dernier alinéa de
l’article 190 ci-dessus.

Article 192 : Contrôle quantitatif et qualitatif des produits

Les quantités et qualités des ressources minières à l’exportation ainsi que les
produits pétroliers importés par les sociétés minières doivent faire l’objet d’une
vérification stricte des services compétents du Ministère en charge des Mines en
rapport avec l’Institut de Normalisation et de Métrologie.
CNT septembre 2011 Code minier

98
99

Tout navire assurant l’exportation des produits miniers ou livrant des produits
pétroliers est obligatoirement soumis aux opérations de contrôle technique. Les
écarts constatés doivent être justifiés sous l’appréciation des services compétents
de l’Etat.

Article 193 : Conservation de la documentation géologique et minière

Les Ingénieurs des Mines et autres Fonctionnaires et Agents placés sous les ordres
du service en charge de l'information et de la documentation géologique sont
chargés de l'élaboration, la mise à jour, la conservation et la diffusion de la
documentation concernant les substances minérales ou fossiles.

TITRE VII : DECLARATIONS DE FOUILLES ET DES LEVES GEOPHYSIQUE ET


GEOTECHNIQUE

Article 194 : Obligation de déclaration

Toute personne physique ou morale qui entreprend un sondage, un ouvrage


souterrain, une fouille, quel qu’en soit l’objet, à l’exception des puits à usage
domestique, dont la profondeur dépasse dix (10) mètres, est tenue de le déclarer à
la Direction Nationale des Mines et doit pouvoir justifier de cette déclaration.

Toute ouverture ou fermeture de travaux de recherches ou d'exploitation de mines ou


de carrières, tout levé géophysique, toute étude géotechnique, toute campagne de
prospection géochimique ou d’études de minéraux lourds doit également faire
l'objet d'une déclaration préalable auprès de la Direction des Mines. Cette
déclaration doit être faite au moins un mois avant l'ouverture et trois (3) mois avant la
fermeture des travaux. Tout changement important dans la méthode d'exploitation
adoptée, toute modification de l'étendue des travaux et tout changement du
programme des travaux est également soumis à déclaration préalable au moins un
mois à l'avance.

Article 195 : confidentialité des informations fournies

Les documents et renseignements recueillis en application de l’article 194 ci-


dessus ne peuvent être rendus publics ou communiqués à des tiers par
l’administration minière sauf autorisation de l’auteur des travaux avant l’expiration
d’un délai de trois (3) ans à compter de la date à laquelle ils ont été obtenus.

Pour les travaux exécutés dans le lit des fleuves ou rivières et par exception aux
dispositions du paragraphe ci-dessus, les renseignements intéressant la sécurité
de la navigation, tombent immédiatement dans le domaine public.

CNT septembre 2011 Code minier

99
100

Article 196: Droit d'accès

Les Directions en charge des Mines et de la Géologie ont pouvoir d'accéder à


tous sondages, ouvrages souterrains et travaux de fouille pendant ou après leur
exécution et quelle que soit leur profondeur, et de se faire remettre tous
échantillons ou de se faire communiquer tous documents et renseignements
d'ordre géologique, géotechnique, hydraulique, hydrographique, topographique,
chimique, minier ou commercial.

Article 197 : Communication de renseignements et découvertes

Les titulaires de titres miniers ou de titres de carrières sont tenus d'aviser


immédiatement le CPDM de toutes les substances qu'ils découvrent, qu'elles soient
ou non couvertes par leur titre.

Les informations ainsi communiquées au CPDM sur les substances visées au


Chapitre IV du Titre IV du présent Code sont tenues confidentielles.

Les titulaires de titres miniers ou de titres de carrières doivent communiquer au


service d'information de documentation géologique et minière, les informations
géologiques, topographiques, minières et autres qu'ils auront recueillies au cours
de leurs travaux dans le périmètre de leur titre.

Toute défaillance à cette obligation d’information notamment, le refus de


communiquer après une mise en demeure ou la communication volontaire
d’informations erronées sur les résultats de la recherche, expose les titulaires des
titres miniers ou de carrières au paiement d’une indemnité évaluée à dire d’Expert en
fonction du préjudice causé et/ou au retrait pur et simple du titre minier ou de
carrière.

Article 198 : Obligation d’analyse des échantillons par le Laboratoire National


des Mines

Les titulaires de titres miniers ou de carrières sont tenus de déposer au


Laboratoire National de la Géologie, des échantillons provenant des recherches
géologiques et minières ainsi que des échantillons de produits miniers destinés à
l’exportation.

La teneur et la qualité de référence sont celles déterminées par le Laboratoire


National de la Géologie et éventuellement par un Laboratoire tiers en cas de
contestation.

Toutefois, sur autorisation du Directeur du Laboratoire National des Mines, le


titulaire d’un titre minier peut, lorsque le Laboratoire n’a pas les capacités requises,
effectuer des analyses d’échantillons en dehors de la Guinée. Les résultats des
analyses sont communiqués au Laboratoire.

CNT septembre 2011 Code minier

100
101

Ces analyses porteront aussi bien sur les substances du titre octroyé que sur tous
les autres éléments du groupe auquel il appartient.

Article 199 : Dangers et accidents

Tout accident survenu dans une mine, une carrière ou ses dépendances doit être
porté à la connaissance de la Direction Nationale des Mines et de son représentant
local dans un délai n’excédant pas les soixante douze (72) heures.

Tout accident grave ou mortel survenu dans une mine, une carrière ou dans ses
dépendances doit être porté par le titulaire à la connaissance de la Direction
Nationale des Mines, de son représentant local, des autorités Administratives et
Judiciaires dans un délai n’excédant pas vingt quatre (24) heures.

Dans ce cas, il est interdit de modifier l'état des lieux où est survenu l'accident
ainsi que de déplacer ou de modifier les objets qui s'y trouvaient avant que les
constatations de l'accident par les services compétents en présence du
représentant de l'Inspection Générale du travail et du représentant de la Direction
Nationale des Mines ne soient terminées ou avant que ce dernier en ait donné
l'autorisation.

Toutefois, cette interdiction ne s'applique pas aux travaux de sauvetage ou de


consolidation urgente.

Les titulaires doivent se soumettre aux mesures qui peuvent être ordonnées en vue
de prévenir ou de faire disparaître les causes de danger que leurs travaux feraient
courir à la sécurité publique, à l'hygiène des ouvriers mineurs, à la conservation de la
mine ou de la carrière ou des carrières voisines, des sources d'eau, des voies
publiques.

En cas d'urgence ou en cas de refus par les intéressés de se conformer à ces


injonctions, les mesures nécessaires sont prises par la Direction Nationale des
Mines ou des Agents dûment habilités, et exécutées d'office aux frais des intéressés.

En cas de péril imminent, la Direction Nationale des Mines ou les Agents dûment
habilités prennent immédiatement les mesures nécessaires pour faire cesser le
danger et peuvent, s'il y a lieu, adresser à cet effet toutes réquisitions utiles aux
autorités locales. Un texte d'application précisera les dites mesures.

Article 200 : Fin des travaux

L'exploitant de mine ou de carrière doit, lorsqu'il cesse l'exploitation d'un gîte où


subsistent des réserves recouvrables, le laisser dans une condition qui permettra la
reprise rationnelle de l'exploitation. A défaut, les travaux nécessaires sont exécutés
d'office par la Direction Nationale des Mines à la charge de cet exploitant.

CNT septembre 2011 Code minier

101
102

TITRE VIII : DES DISPOSITIONS PÉNALES

Article 201 : Contestations

Toutes les contestations auxquelles donnent lieu les actes administratifs pris en
exécution du présent Code sont de la compétence des juridictions nationales.

Article 202 : Rapports de la Direction Nationale des Mines

Dans tous les cas où les contestations entre particuliers concernant les
empiétements de périmètres de titres miniers ou de titres de carrières sont portées
devant les tribunaux, les rapports de la Direction Nationale des Mines peuvent tenir
lieu de rapport d'expert.

Article 203 : Action publique

Conformément aux dispositions des articles 1er et 13 du Code de Procédure


Pénale, les Ingénieurs des Mines, les autres Fonctionnaires et Agents dûment
assermentés et placés sous la responsabilité de la Direction Nationale des Mines,
sont habilités à engager et exercer l'action publique en cas d'infraction aux
dispositions du présent Code et de ses textes d'application.

Article 204 : Constatation des infractions et procès-verbaux

Les infractions aux prescriptions du présent Code et des textes pris pour son
application sont constatées par les officiers de police judiciaire, les Agents
assermentés de la Direction Nationale des Mines et tous autres Agents
spécialement commis à cet effet.
Les procès-verbaux dressés par les personnes citées et autorisées en vertu du
présent article font foi jusqu'à preuve du contraire.

Article 205 : Saisies, poursuites, perquisitions et visites

Les officiers de Police Judiciaire, les Agents assermentés de la Direction Nationale


des Mines et les autres Agents spécialement commis à cet effet ont qualité pour
procéder aux enquêtes, poursuites, saisies et aux perquisitions s'il y a lieu et
conformément aux dispositions du Code de procédure pénale.

Article 206 : Des falsifications

Sera puni d'un emprisonnement de deux mois à trois ans et d'une amende de
quinze millions (15.000.000) à vingt cinq millions (25.000.000) de Francs Guinéens
(FG) ou de l'une de ces deux peines seulement, quiconque aura :

CNT septembre 2011 Code minier

102
103

- falsifié une inscription sur un titre minier ou sur un titre de carrière ;


- fait une fausse déclaration en vue d'obtenir frauduleusement un titre minier
ou de carrière;
- détruit, déplacé ou modifié d'une façon illicite une borne de délimitation de
périmètre de titre minier ou de carrière.

En cas de récidive, l’amende est portée au triple et la peine d’emprisonnement au


double.

Article 207 : Défaut d'autorisation d'opérer

Sera puni d'un emprisonnement de deux mois à trois ans et d'une amende de dix
millions (10.000.000) à quinze millions (15.000.000) FG ou de l'une des deux
peines seulement, quiconque se sera livré à des travaux de recherches ou
d'exploitation de mine ou de carrière sans titre ou en dehors des limites de son titre
ou qui entreprend des travaux d'exploitation avec les permis de recherches.

L'amende ci-dessus sera de quinze millions (15.000.000) à vingt millions


(20.000.000) FG si la substance visée est le diamant ou une autre gemme.

La condamnation entraînera la saisie au profit de l'État des produits de l'exploitation


frauduleuse et des instruments utilisés pour celle-ci.

En cas de récidive, l’amende est portée au triple et la peine d’emprisonnement au


double.

Article 208 : Défaut de déclaration

Sera puni d'une amende de deux millions cinq cent mille (2.500.000) à cinq millions
(5.000.000) FG :

- tout défaut de déclaration, au Ministère en charge des Mines la Direction


nationale des Mines prévues au présent Code ;

- tout défaut d'aviser le Ministre en charge des Mines ou la Direction Nationale


des Mines, tel que le prévoit le présent Code ;

- toute entrave à l'exercice des droits de la Direction Nationale des Mines


que confère le présent Code.

En cas de récidive, l’amende est portée au triple et la peine d’emprisonnement au


double.

CNT septembre 2011 Code minier

103
104

Article 209 : Violations des zones de protection et de sécurité

Quiconque se sera rendu coupable de violation des dispositions contenues dans


les articles 110, 111, 112 et 113 du présent Code sera puni d'un
emprisonnement de 15 jours à 6 mois et d'une amende de cinq cent mille
(500.000) à un million de franc guinéens (1.000.000) FG ou de l'une de ces deux
peines seulement.

En cas de récidive, l’amende est portée au triple et la peine d’emprisonnement au


double.

Article 210 : Actes de sabotage, de destruction et voies de fait

Les sociétés minières et leurs sous-traitants directs doivent bénéficier de la sécurité


nécessaire à la jouissance paisible du titre pour l’exécution correcte de leurs activités
et de leurs obligations.

Sans préjudice des dispositions du Code pénal, tout acte individuel ou collectif de
sabotage, de destruction ou autres voies de fait ayant pour cible, les travailleurs, les
actifs et autres biens mobiliers ou immobiliers des sociétés minières et de leurs sous-
traitants directs donne droit, conformément aux dispositions du Code civil, à une
réparation civile de tout préjudice direct en résultant.

En cas de récidive, l’amende est portée au triple et la peine d’emprisonnement au


double.

Article 211 : Autres violations

Sans préjudice de l’application des dispositions du Code pénal, sera puni


d'un emprisonnement de quinze (15) jours à six (6) mois et d'une amende de
un million (1.000.000) à dix millions (10.000.000) FG, quiconque aura commis
une infraction aux dispositions du présent Code relatives aux :

- substances radioactives ;
- dangers et périls, ainsi qu'à l'hygiène et à la sécurité du travail.

En cas de récidive, l’amende est portée au triple et la peine d’emprisonnement au


double.

Article 212 : Détention frauduleuse des matières précieuses

A l'exception des personnes énumérées à l’article 62 ci-dessus, toute personne


trouvée en possession de Diamants et autres gemmes à l’état brut sera punie
d'une peine de six (6) mois à deux (2) ans de prison et d'une amende égale à
deux fois la valeur de la marchandise saisie sans que cette amende puisse être
inférieure à vingt millions de franc guinéens (20.000.000) FG ou de l'une de ces
deux peines seulement.
CNT septembre 2011 Code minier

104
105

En cas de récidive les peines citées plus haut sont portées au double, sans
préjudice d'une interdiction de séjour de trois (3) à cinq (5) ans.

La condamnation entraîne la saisie, au profit de l'Etat, des diamants ou des


gemmes trouvés sur le contrevenant ainsi que les moyens ayant servi au
transport des produits saisis.

Article 213 : Violation des dispositions du présent Code relatives au paiement


de pots-de-vin

Est constitutive d’actes de corruption active ou de trafic d’influence définis


respectivement aux articles 194 et 195 du Code pénal et sera punie des amendes
et emprisonnements prévus par ledit Code, la violation des dispositions du présent
Code relatives à l’interdiction de paiement des pots-de-vin par les sociétés.

Toute personne morale reconnue coupable de paiement de pots-de-vin est


sanctionnée par une amende civile maximale de cinq pour cent (5%) du chiffre
d’affaires de la dernière année avant le jugement, ou de cinq pour cent (5%) du
chiffre d’affaires de l’année pendant laquelle le délit a été commis, ou à la hauteur
des dommages causés par le délit, la valeur la plus élevée s’appliquant. Cette
amende s’appliquera nonobstant l’application de toute autre amende prévue par le
Code pénal.

Article 214: Indexation du montant des amendes

En cas de variation importante des conditions économiques prévalant en Guinée, les


montants des amendes spécifiés aux articles 207, 208, 209 et 211 du présent Code
pourront être modifiés par Arrêté conjoint des Ministres en charge des Mines et des
Finances.

Article 215 : Pénalités prévues par les autres Codes

Nonobstant les pénalités prévues au présent Code et par application de l'article 7 du


présent Code, il est expressément précisé que les pénalités prescrites par les Codes
Pénal, du Travail et de l'Environnement s'appliquent.

Article 216 : Mise à jour et Publication du règlement des pénalités

Le montant des pénalités prévues dans le présent Code pourra être ajusté par arrêté
conjoint des ministres en charge des Mines et des Finances pour refléter les
changements des conditions financières et économiques de la République de Guinée.
Le règlement des pénalités prévues au présent Code fait l’objet d’une publication dans
le Journal Officiel et sur le Site Web Officiel du Ministère en charge des Mines.

CNT septembre 2011 Code minier

105
106

TITRE IX : DES DISPOSITIONS DIVERSES, TRANSITOIRES ET FINALES

Article 217: Régime applicable aux titres antérieurs

Le présent Code ne remet pas en cause la propriété des titres miniers existants
avant son adoption.

Les dispositions relatives à la taxe minière, aux droits de douanes, à l’emploi, à la


formation, à la transparence et à la lutte contre la corruption s’appliquent à toutes
les sociétés minières en phase d’exploitation et prennent effet soixante (60) jours à
compter de la date d’entrée en vigueur du présent Code.

En ce qui concerne les autres dispositions, le présent Code s’applique entièrement


et dans toutes ses dispositions :

- aux titulaires de titres miniers et de carrières n’ayant pas encore fait l’objet
de conventions minières,

- aux titulaires de conventions minières signées mais non ratifiées ou ratifiées


avec réserves;

- aux titulaires de conventions minières non attachées à un titre d’exploitation


(Concession minière ou permis d’exploitation minière).

S’agissant particulièrement des conventions attachées à un titre d’exploitation,


dûment signées, et ratifiées conformément aux dispositions du Code minier en
vigueur à la date de leur entrée en vigueur, au cas où il y aurait incompatibilité
entre les dispositions qu’elles contiennent et celles du présent Code, autres que
celles relatives à la taxe minière, aux droits de douanes, à l’emploi, à la formation,
à la transparence et à la lutte contre la corruption, visées au second alinéa ci-
dessus, le gouvernement et les titulaires desdites conventions travailleront
ensemble afin d’harmoniser ces conventions avec le présent Code minier dans les
plus brefs délais.

Tous les titres miniers, ainsi que toute convention minière, sont publiés dans le
Journal Officiel et sur le site web officiel du Ministère en charge des Mines, et
aucune clause de confidentialité présente dans ces titres ou conventions ne pourra
être invoquée pour empêcher leur publication.

Article 218 : Disposition transitoire en matière de santé

Les titres miniers existants à la date d’entrée en vigueur du présent Code doivent
faire l’objet d’un Plan d’Ajustement Sanitaire préalablement approuvé et validé par
le Comité d’Evaluation des Impacts Sanitaires et Environnementaux, ou son
équivalent avant d’être soumis à l’approbation de l’autorité compétente dans un
délai de six (6) mois.

CNT septembre 2011 Code minier

106
107

Article 219: Règlements de différends

Les différends opposant un ou plusieurs investisseurs miniers à l'État et relatifs à


l'étendue de leurs droits et obligations, à l'exécution ou l'inexécution de leurs
engagements à la fin de leurs titres, à la cession, la transmission ou l'amodiation
de leurs droits qui en résultent peuvent être soumis à la procédure de règlement
amiable.

Si une des parties estime que la procédure amiable a échoué, le différend est porté,
soit devant les tribunaux guinéens compétents, soit à l'arbitrage national ou
international.

Dans tous les autres cas, les différends résultant de l'interprétation et de


l'application du présent Code sont portés devant les tribunaux guinéens
compétents.

Article 220 : Abrogation des dispositions antérieures

Sous réserve des dispositions de l'article 217 du présent Code sont abrogées
toutes dispositions contraires à celles du présent Code, notamment la Loi
L/95/036/CTRN du 30 juin 1995 portant Code Minier de la République de Guinée, de
la Loi L/93/025/CTRN du 10 juin 1993 relative à l'exploitation artisanale et à la
commercialisation du diamant et autres gemmes.

Article 221 : Publication au Journal Officiel

La présente loi sera enregistrée, publiée au Journal Officiel de la République de


Guinée et exécutée comme Loi de l’Etat.

Conakry ; le 09 septembre 2011

Professeur Alpha CONDE

CNT septembre 2011 Code minier

107

Vous aimerez peut-être aussi