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Les régions arides et semi-arides d'Afrique font face à des défis climatiques croissants, notamment des sécheresses, des inondations et des variations imprévisibles des précipitations, menaçant les moyens de subsistance des populations. Le CRDI collabore avec des communautés pour développer des stratégies d'adaptation, telles que l'introduction de cultures résistantes à la sécheresse et l'amélioration des systèmes d'approvisionnement en eau. Des projets de recherche au Kenya, au Bénin et au Burkina Faso montrent que des pratiques agricoles innovantes peuvent améliorer la résilience face aux changements climatiques.

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Les régions arides et semi-arides d'Afrique font face à des défis climatiques croissants, notamment des sécheresses, des inondations et des variations imprévisibles des précipitations, menaçant les moyens de subsistance des populations. Le CRDI collabore avec des communautés pour développer des stratégies d'adaptation, telles que l'introduction de cultures résistantes à la sécheresse et l'amélioration des systèmes d'approvisionnement en eau. Des projets de recherche au Kenya, au Bénin et au Burkina Faso montrent que des pratiques agricoles innovantes peuvent améliorer la résilience face aux changements climatiques.

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Stratégies d’adaptation au stress hydrique dans les

régions arides et semi-arides d’Afrique


L es personnes qui vivent
dans les régions arides et
semi-arides d’Afrique font
face à d’importants défis
d’ordre climatique, dont
des précipitations moins
prévisibles que par le passé, des
événements météorologiques
extrêmes plus fréquents
qu’avant et une augmentation
des températures. Le Centre
de recherches pour le
développement international
(CRDI) réagit en travaillant
avec des collectivités urbaines
et rurales afin de trouver
B. NDUMA

des solutions pratiques et


abordables permettant de
Un projet de recherche mené au Kenya a permis de déterminer les cultures
protéger les personnes et adaptées et résistantes à la sécheresse et d’examiner des systèmes de production
d’améliorer leurs moyens de peu gourmands en eau qui aideront les agriculteurs locaux à s’attaquer aux
subsistance. problèmes causés par les changements climatiques.
Bénin, du Burkina Faso et du Kenya et a totales demeurent stables. Les agriculteurs
Résumé permis de recueillir des données et d’ac- ont de la difficulté à composer avec le fait
Dans les régions arides et semi-arides du quérir des connaissances qui peuvent que la pluie a de plus en plus tendance à se
Sahel et de l’Afrique de l’Est, la hausse des orienter les stratégies d’adaptation dans résumer à quelques averses importantes.
températures et l’augmentation du stress les régions sèches d’Afrique. Le présent Les inondations et les vents puissants ag-
hydrique exercent une pression extrême document résume les leçons tirées de la gravent souvent les dommages causés par
sur les systèmes de production agricole recherche susmentionnée sur des thèmes les sécheresses. Dans certaines régions du
et suscitent des craintes relatives au main- centraux qui concernent les trois pays. Bénin, on prévoit une diminution de 6 %
tien des moyens de subsistance tradition- du rendement des cultures de maïs d’ici
nels dans les milieux ruraux. Pendant ce
Le problème 2025. Les dates de plantation habituelles
temps, dans les quartiers urbains pauvres, Les habitants des régions arides et semi- et les pratiques agricoles traditionnelles
les systèmes d’approvisionnement en eau arides d’Afrique et leurs moyens de sub- tombent en désuétude en raison du décal-
permettent difficilement de répondre à la sistance sont de plus en plus menacés age des saisons. Le pays est de plus en plus
demande toujours plus importante et de par les variations climatiques, ce qui vulnérable aux risques climatiques, comme
faire face à une pénurie. La situation ne peut comprend une diminution des précipi- les sécheresses, la variabilité des précipita-
qu’empirer en raison de la variabilité et des tations, qui sont en outre moins prévis- tions, les inondations et les grands vents.
changements climatiques prévus. Pour ibles et uniformes qu’avant, l’augmen-
surmonter ces défis, il faut prendre toutes tation de la fréquence des événements À l’est, dans les régions arides et semi-arides
sortes de mesures à l’échelle nationale, lo- météorologiques extrêmes (comme les du Kenya, on s’attend à ce que les tempéra-
cale et communautaire, dont de la forma- sécheresses, les inondations et les tempêtes) tures moyennes augmentent de 3 à 4 °C d’ici
tion et du soutien relatifs aux cultures et aux et l’augmentation des températures. 2100, ce qui accentuerait la rareté de l’eau et
systèmes d’élevage résistants au climat; de réduirait le rendement des cultures de maïs,
nouvelles initiatives, comme le stockage À titre d’exemple, l’augmentation de la de sorgho et d’autres cultures de première
de l’eau et des aliments pour animaux; fréquence et de la longueur des périodes nécessité, comme les fèves et le pois cajan.
l’octroi de crédit pour financer les straté- sèches durant la période de végétation a Le rendement du maïs, la principale culture
gies d’adaptation des petits exploitants; et une incidence importante sur le dévelop- de base de la région, devrait chuter de 50 %
la promotion des changements de com- pement et le rendement des cultures des d’ici 2030, ce qui représente une grave men-
portement et de la résolution des conflits. ménages du nord du Burkina Faso qui vivent ace pour la sécurité alimentaire. La diminu-
de l’agriculture. En moyenne, les récoltes tion des niveaux d’eau souterraine cause
Le programme Changements climatiques annuelles de céréales ont fluctué de 20 % l’intrusion d’eau salée dans les champs cul-
et eau du CRDI a appuyé la recherche dans le nord du Burkina Faso depuis les an- tivés, ce qui a une incidence négative sup-
dans les régions arides et semi-arides du nées 1980 et même quand les précipitations plémentaire sur le rendement des cultures

C E N T R E D E R E C H E R C H E S P O U R L E D É V E LO P P E M E N T I N T E R N AT I O N A L
1
et la productivité des sols. En raison de l’im- Axe de la recherche L’introduction et l’évaluation de l’utilisation
prévisibilité grandissante de la configuration de réservoirs d’eaux pluviales pour aug-
des pluies, les agriculteurs ne savent plus Grâce au programme Changements clima- menter l’irrigation lors de périodes sèches
trop quand semer leurs cultures et combien tiques et eau, le CRDI appuie les travaux de et l’évaluation de l’incidence de la diffusion
de temps la période de végétation durera, recherche axés sur la découverte de solu- de renseignements sur le début et la fin de
ce qui les dissuade d’investir dans les in- tions concrètes et abordables aux difficultés la saison des pluies sur le rendement des cul-
trants agricoles, notamment les semences que les changements climatiques posent tures. Le projet a été réalisé dans les provinces
et engrais améliorés. Les éleveurs doivent dans les régions arides et semi-arides du de Bam et de Yatenga dans le nord du pays.
aussi surmonter des défis importants. Au Sahel et de l’Afrique de l’Est. Les solutions
cours des dernières années, le secteur de comprennent la création et la mise à l’essai Kenya
l’élevage du Kenya a été gravement touché à de nouvelles variétés de cultures, l’adoption
Trouver des cultures convenables et
plusieurs reprises par de longues sécheress- de pratiques agricoles peu gourmandes en résistantes à la sécheresse qui sont
es et des températures élevées. Les pâtur- eau, l’introduction de nouvelles technolo- acceptables pour les agriculteurs locaux
ages en culture sèche ont été incapables gies pour la conservation et le stockage de et faire des recherches sur les systèmes
de subvenir aux besoins des nombreuses l’eau et l’amélioration de l’accès à l’informa- de production peu gourmands en eau.
bêtes plutôt improductives des pasteurs. tion sur le climat en appui aux processus Le projet visait à aider des pasteurs à
de planification et de prise de décisions. faire l’élevage de races de bétail plus
Les stratégies traditionnelles d’adaptation Les approches suivantes ont été adoptées productives et résistantes au climat et à
mises en oeuvre lors de phénomènes dans les travaux de recherche de la région : adopter la production et l’entreposage de
météorologiques extrêmes, comme de fourrage pour pallier le manque éventuel
longues sécheresses, n’ont pas donné les Bénin d’aliments pour animaux. En outre, on a
résultats souhaités. Des recherches effec- donné de la formation à des agriculteurs
L’adoption de nouvelles pratiques agri-
tuées au Burkina Faso ont révélé que des sur la production fourragère améliorée
coles, comme la combinaison de maïs, de et l’on a orienté les politiques de comté
techniques de conservation de l’eau du sol, légumineuses cultivées comme engrais en matière de développement du bétail.
comme l’utilisation de puits de plantation vert et de puits de plantation améliorés,
zai et de récupérateurs d’eau de ruissel- ainsi que l’évaluation de la résistance des
lement, ne permettent pas de protéger
Solutions d’adaptation
cultures aux régimes climatiques chan-
les cultures contre les longues périodes geants et de leur rendement. Les acteurs Passage à de nouveaux types et à de
sèches durant la période de végétation, du projet ont aussi collaboré avec des com- nouvelles variétés de cultures et de races
bien qu’elles continuent de se montrer munautés locales pour éprouver l’efficac- de bétail
utiles dans des conditions moins extrêmes. ité de la plantation à différents moments
Bien que l’irrigation supplémentaire puisse Les recherches ont mis en évidence des
et ont renforcé la capacité des agriculteurs
protéger les cultures contre les longues stratégies prometteuses pour faire face
et du personnel de vulgarisation à adopter aux sécheresses. Dans certaines régions,
périodes sèches, elle est considérée com- et à répandre de nouvelles technologies.
me tabou au Burkina Faso et dans d’autres les agriculteurs pourraient devoir changer
de cultures ou d’espèces d’animaux afin
régions du Sahel, sous prétexte que la plu- Burkina Faso de survivre. Au Kenya, par exemple, on a
ie ne dépend que de la volonté de Dieu.
L’évaluation de la qualité de l’eau utilisée à découvert que les variétés à cycle court et
des fins domestiques dans des établisse- résistantes à la sécheresse, comme le pois
L’accès limité aux ressources hydriques dans cajan et le dolique sont mieux adaptées à
ments spontanés d’Ouagadougou et de
les régions arides et semi-arides exerce de une configuration des pluies imprévisible
l’efficacité de diverses pratiques pour la
plus en plus de pression sur la vie des gens que les cultures traditionnelles. Certaines
récupération et le stockage de l’eau domes-
et cause de graves conflits pour l’accès à tique. Le projet consistait aussi à analyser l’in- cultures de remplacement, comme la patate
la ressource. Dans les agglomérations ur- cidence de différentes maladies, notamment douce et le manioc améliorés ont montré
baines, comme la capitale du Burkina Faso celles qui sont liées à un approvisionnement une meilleure capacité d’adaptation et un
(Ouagadougou), on peut voir de longues insuffisant en eau et à un manque d’hygiène, meilleur rendement lors des changements
files aux robinets communautaires et aux comme la malaria, le choléra et la diarrhée. de température et de précipitations pré-
réservoirs au sol. La rareté de l’eau a aussi vus, avec un rendement pouvant être 40 %
poussé des personnes à s’abreuver à des supérieur à celui d’autres cultures tradition-
sources polluées, ce qui augmente l’inci- nelles produites durant la même saison.
dence de maladies hydriques comme le Dans le cas des éleveurs de bétail, l’adop-
choléra. Dans les zones arides et semi-arides tion de races de bétail plus productives
du Kenya, on a assisté à de graves conflits et résistantes au climat pourrait être une
liés à la rareté de l’eau entre des pasteurs, stratégie déterminante. Les bovins sahiwal
des agriculteurs-pasteurs (qui font pouss- et boran amélioré et les moutons dorper et
red masai sont des races plutôt résistantes
er des cultures et élèvent du bétail) et des
aux conditions climatiques rudes. On en-
animaux sauvages. Par exemple, les agricul-
courage aussi les agriculteurs des régions
teurs font souvent pousser leurs cultures semi-arides du Kenya à élever des cha-
sur des rives et les irriguent avec l’eau de la meaux, en raison de leur grande résistance.
rivière, ce qui réduit l’eau disponible pour
2iE

le bétail. On a aussi assisté à des conflits Au Burkina Faso, des réservoirs d’eau Adopter des pratiques agricoles résistantes
dans des zones aux frontières du Kenya, de pluviale permettent une irrigation au climat
l’Éthiopie et du sud du Soudan entre des d’appoint pendant les périodes
groupes de bergers, qui luttent pour l’ac- sèches et améliorent ainsi le On peut aussi adapter des pratiques ag-
cès à l’eau et aux pâturages les plus verts. rendement des récoltes. ricoles pour les rendre plus résistantes au

STRATÉGIES D’ADAPTATION AU STRESS HYDRIQUE DANS LES RÉGIONS ARIDES ET SEMI-ARIDES D’AFRIQUE
2
climat. Au Bénin, les responsables du projet l’essai de la culture intercalaire du maïs et
ont découvert que la culture intercalaire de du pois cajan. L’expérience a montré que
maïs et de griffe du diable (Mucuna pruriens) le rendement du maïs passait à 1,2 tonne
entraînait une augmentation considérable par hectare dans une culture intercalaire
du rendement du maïs. La griffe du diable, avec du pois cajan, alors qu’il était de 0,8
considérée comme une culture d’engrais tonne par hectare lorsque le maïs était cul-
vert du fait qu’elle peut accroître la fertilité tivé seul. Au Burkina Faso, l’accès à de l’eau
du sol, réduit aussi l’évaporation de l’eau stockée dans des réservoirs de récupéra-
du sol et aide ainsi le maïs à survivre aux tion des eaux pluviales a permis à des ag-
périodes sèches. Dans le cadre d’un stage ricultrices d’augmenter leur production
pratique d’agriculture sur le terrain, des ag- de melons d’eau, de tabac et de cultures
riculteurs sont parvenus à obtenir un rende- légumières. Par conséquent, le revenu des

IDID-ONG
ment du maïs de 1,7 tonne par hectare en agricultrices a augmenté de manière impor-
faisant pousser de la griffe du diable avec tante. Les recettes moyennes de la vente
le maïs, comparativement à 0,8 tonne par de légumes se sont élevées à US$ 120 et la
hectare en faisant pousser du maïs seul. Au nutrition des ménages s’est aussi améliorée Au Bénin, les pratiques agricoles,
Kenya, des agriculteurs ont utilisé des puits en raison de la diversité de l’alimentation. telles que la culture intercalaire et
de plantation zai pour cultiver du maïs, des l’utilisation de puits de plantation
haricots, du sorgho et des patates douces Amélioration des pâturages améliorés, ont permis de renforcer les
et ont augmenté la profondeur des puits capacités des agriculteurs locaux.
pour retarder le flétrissement des plants L’amélioration des pâturages grâce à la
importante dans la province de Yatenga, où
lors de périodes extrêmement sèches. On plantation de variétés d’herbes de pâtur-
le rendement est passé de 1 à 2,2 tonnes
a combiné les puits de plantation zai à des age résistantes au climat, comme l’herbe
par hectare (augmentation de 120 %).
matériaux présentant une bonne capacité du Soudan (Sorghum sudanense) et l’her-
de rétention en eau, comme des résidus be aux bisons (Cenchrus ciliaris) est une
Amélioration de la gestion de l’eau
végétaux et du fumier biologique, afin de autre importante stratégie. Des recherch-
stimuler la croissance des plantes et de es menées au Kenya ont révélé qu’une Il est essentiel d’améliorer la gestion de
réduire au minimum la perte d’eau. La com- acre d’herbe du Soudan poussant dans l’eau pour s’adapter aux changements cli-
binaison des puits de plantation et de fumier des conditions de pâturage améliorées matiques. Les inondations peuvent être
biologique a entraîné une augmentation de donnait 3,6 tonnes de foin par année, ce aussi dévastatrices que les sécheresses
50 % du rendement des cultures de maïs en qui peut suffire à soutenir la production pour les cultivateurs. Au Bénin, des agricul-
saison normale et une réduction maximale laitière de quatre vaches pendant un an. teurs ont construit des digues de pierre et
de 30 % des pertes en cas de sécheresse. creusé des fossés dans leurs champs pour
En cultivant dans d’anciens enclos de bes- Faire des réserves d’eau et d’aliments limiter l’étendue des inondations et éliminer
tiaux, les agriculteurs ont pu produire, de pour animaux les eaux de crue. Cela a permis de réduire
façon constante, jusqu’à trois fois plus de le temps que les cultures passaient sous
La survie des agriculteurs dans les régions les eaux de crue d’au moins 65 % durant
cultures que dans des champs non fertilisés. arides et semi-arides repose sur une bonne les inondations de 2012 et de 2013 com-
planification en vue de faire face aux sécher- parativement aux inondations de 2010.
Diversification des cultures esses. Dans le cadre de projets du CRDI, des
agriculteurs ont mis à l’essai des stratégies de Dans les établissements spontanés d’Oua-
La diversification des cultures favorise le stockage d’eau en cas de pénurie. Au Kenya,
maintien des moyens de subsistance, la gadougou, les stratégies de gestion de l’eau
les responsables du projet ont recommandé ont pris une autre forme. Dans ces zones,
sécurité alimentaire et l’alimentation des la création de réserves d’aliments pour an-
communautés. Des recherches réalisées les responsables du projet ont encouragé
imaux pour des comtés individuels. Les re- l’adoption de meilleures pratiques d’hy-
au Kenya ont révélé que la diversification sponsables des réserves en question pour-
des cultures dans les régions arides et giène dans les points d’eau publics et la
raient acheter du fourrage aux agriculteurs construction d’installations de drainage et
semi-arides, selon les prévisions des coûts lorsque la production est abondante, en vue
et des bénéfices, donnerait un rendement d’assainissement adéquates pour résoudre
de le redistribuer en cas de sécheresse. Dans le problème de la contamination microbi-
40 fois supérieur au coût d’investissement le nord du Burkina Faso, les responsables du
dans les 10 premières années et que les enne des réserves d’eau domestique (on
projet ont introduit l’utilisation de grands a constaté que de quatre à huit ménag-
bénéfices pourraient grimper davan- bassins ou d’étangs pour le stockage de
tage si l’on diversifiait les cultures à une es sur dix buvaient de l’eau contaminée
l’eau de ruissellement. L’eau emmagasinée par des coliformes). On a enseigné aux
grande échelle. En dépit de ces bénéfices permet une irrigation d’appoint, ce qui per-
importants, la mise en oeuvre de telles ménages certaines pratiques d’hygiène
met de maintenir les cultures en vie lorsque touchant la récupération, le transport et
stratégies dépend de l’appui du secteur des périodes sèches viennent interrompre
public pour la recherche, la formation des le stockage de l’eau de manière à éviter la
la période de végétation. Avant le projet, diarrhée et d’autres maladies hydriques.
agriculteurs, l’adaptation technologique il n’y avait pas d’irrigation d’appoint dans
et la fourniture d’engrais et de semences. la région pour les raisons culturelles men- Amélioration de l’accès à l’information
tionnées plus tôt. Après le projet, 75 % des
Au Bénin, les responsables du projet ont agriculteurs ont adopté la technologie et Il faut informer les ménages pour les aider
cherché à déterminer l’incidence de l’ex- 60 % d’entre eux se disaient prêts à financer à surmonter les défis associés au change-
ploitation de différentes cultures dans un la construction de bassins. Dans la province ment climatique, y compris les phénomènes
même champ sur le rendement de ces de Bam, l’irrigation d’appoint a permis d’aug- météorologiques extrêmes. Au Bénin, les
dernières. Outre la réussite de la combi- menter le rendement du maïs, qui est passé responsables du projet ont travaillé avec
naison du maïs et de la griffe du diable de 2 à 3 tonnes par hectare (augmentation les communautés pour déterminer de
décrite plus haut, des agriculteurs ont fait de 50 %). L’augmentation était encore plus nouvelles dates de plantation pour le nord,

STRATÉGIES D’ADAPTATION AU STRESS HYDRIQUE DANS LES RÉGIONS ARIDES ET SEMI-ARIDES D’AFRIQUE
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nouveaux systèmes de culture, d’élevage et champs pour les urgences. L’animation
de conservation du sol et de l’eau adaptés de discussions entre les communautés en
au climat. Ces stratégies d’adaptation peu- aval et en amont des bassins fluviaux peut
vent comprendre la construction de rés- permettre de conclure des ententes plus
ervoirs de récupération d’eau de ruisselle- équitables en matière d’utilisation de l’eau.
ment, l’utilisation de techniques d’irrigation
peu gourmandes en eau, comme l’irrigation Il faut faire des recherches plus appro-
au goutte-à-goutte, la gestion de la repro- fondies pour comprendre les avantages
duction du bétail, les mesures de protec- comparatifs de la propriété foncière privée
tion des fermes contre les inondations et et communautaire du point de vue de la

S. ROUAMBA
les systèmes améliorés de conservation de gestion du bétail et du pâturage. Cela peut
l’eau pour les cultures agricoles. L’avance aider à éclairer les administrations locales
de fonds aux agriculteurs pour financer et les gouvernements nationaux dans leur
L’évaluation de la qualité de l’eau les stratégies d’adaptation jouera aussi un réponse aux demandes d’accès à la pro-
jumelée à certaines pratiques d’hygiène rôle crucial. La coordination du gouver- priété privée de certains agriculteurs. Les
touchant la récupération, le transport, nement, des organisations agricoles et des chercheurs ont aussi constaté la nécessité
le stockage et l’utilisation de l’eau ont institutions de microfinance sera probable- de mettre au point un modèle intégré
contribué à réduire la contamination ment nécessaire pour offrir des garanties combinant les facteurs climatiques et non
microbienne à Ouagadougou, pour les prêts accordés aux agriculteurs. climatiques en fonction desquels les agri-
au Burkina Faso. culteurs prennent actuellement leurs déci-
Les administrations et les autorités lo- sions concernant la production de cultures
le centre et le sud du pays. Ces dates ont cales doivent envisager l’établissement et de bétail. On peut mieux cibler les efforts
remplacé les dates de plantation établies de nouveaux services et initiatives taillés de développement en ayant une meilleure
dans les années 1970, qui étaient désuètes sur mesure pour surmonter les défis que compréhension de la complexité des fac-
depuis longtemps en raison de change- pose le changement climatique. Dans les teurs en jeu. Dans les régions urbaines, plus
ments dans la configuration annuelle des régions pastorales, les administrations lo- particulièrement dans les établissements
pluies. Au Burkina Faso, 90 % des agricul- cales doivent mettre en place des réserves spontanés, il faut étudier l’incidence de
teurs participant au projet à qui l’on avait d’aliments pour animaux afin de sauver le la qualité de l’eau sur la morbidité et éval-
fourni des renseignements sur le début de bétail de la famine en cas de période sèche uer les répercussions économiques de
la période de végétation ont ensemencé prolongée. Il faut aussi réorganiser la ges- la morbidité liée à l’eau. Cela permettra
au bon moment et ont ainsi évité de de- tion du pâturage pour conserver la pâture de justifier les mesures visant à améliorer
voir réensemencer. Cela a non seulement pour les pénuries extrêmes et des systèmes l’approvisionnement sécuritaire en eau.
permis d’économiser de l’argent, mais aussi de reproduction doivent être mis en place
de l’énergie en permettant une utilisation pour garantir la disponibilité de mâles re- Auteurs collaborateurs :
beaucoup plus efficace des ressources hu- producteurs de grande qualité appartenant
à des races productives et résistantes. Dans Patrick Ketiem, Abdoulaye Diarra,
maines. Au Kenya, les agriculteurs reçoivent
les régions de production de cultures, les Abdramane Soura et Roger Konou.
des prévisions saisonnières et des avis agri-
coles fondés sur des données climatiques autorités locales doivent soutenir l’établisse-
à petite échelle avant le début de la saison ment et la gestion de centres de multiplica- Pour plus d’information
pour améliorer de nombreuses décisions en tion des semences de variétés améliorées
matière d’agriculture, comme le choix des et résistantes à la sécheresse. Les plans de Pour en savoir davantage sur les
cultures, les variétés de semences et d’au- développement local doivent donner la recherches en matière de changements
tres stratégies visant à atténuer les effets priorité aux stratégies d’adaptation au cli- climatiques financées par le CRDI, veuillez
nuisibles indiqués dans les prévisions. De mat et les rendre accessibles à tous. Dans visiter le [Link]/cce
nombreux agriculteurs cherchent désormais les établissements urbains spontanés, les
à obtenir des données météorologiques plans d’adaptation au climat peuvent aussi Edith Ofwona : eadera@[Link]
et des semences adéquates auprès nécessiter des règles d’hygiène plus strictes
de services gouvernementaux avant relativement à l’approvisionnement en eau.
le début de chaque saison agricole.
Les associations communautaires, les lead- Facebook “f ” Logo
@IDRC_CRDI
CMYK / .eps Facebook “f ” Logo CMYK / .eps

Investissements futurs et ers d’opinion et les organisations non gou-


vernementales doivent investir dans les
priorités de recherche activités de promotion et de sensibilisation
/[Link]

Les administrations locales et les gouverne- relatives au climat et à l’adaptation à celui-ci.


ments nationaux, plus particulièrement les Dans les régions urbaines, les femmes en /IDRCCRDI
autorités chargées de l’agriculture, doivent particulier doivent recevoir de la formation
soutenir et promouvoir une vaste gamme sur la récupération, le transport, le stock-
de stratégies pour améliorer la résilience des age et l’utilisation hygiéniques de l’eau, afin
communautés à l’égard des répercussions d’opérer un changement de comporte- Le Centre de recherches pour le
du changement et de la variabilité clima- ment. Dans les régions pastorales, les activ- développement international
tiques. Il faudra investir dans les services ités de promotion et la formation relatives Téléphone : +1 613 236 6163
de vulgarisation et le personnel technique, à la gestion du pâturage et des ressources Télécopieur : +1 613 238 7230
ce qui comprend le recours à des écoles hydriques sont nécessaires pour réduire info@[Link]
d’agriculture de terrain et à des centres les conflits causés par l’accès aux points [Link]
de démonstration, afin de s’assurer que d’eau et de pâturage, ce qui comprend la
les ménages sont en mesure d’adopter de nécessité de réserver des pâturages et des Produite par WRENmedia en mai 2015

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