Dr A.
SADOUKI Biophysique Diffusion
DIFFUSION
INTRODUCTION :
La diffusion dans un solvant concerne les déplacements des molécules ayant pour seul
cause l’agitation thermique (2ème principe de la thermo-dynamie) qui est un principe
d’uniformisation (appelé mouvement brownien) ce qui entraine une égalité de concentration.
Les échanges d’eau et de solutés entre les différents compartiments liquidiens de
l’organisme, en particulier entre les milieux intra et extracellulaires, s’effectuent à travers les
membranes. Ces transports de types « passif, passif facilité ou actif » dépendent de :
• La nature de la membrane :
Dialysante : perméable aux particules de dimension inférieure à la section des pores de
la membrane.
Semi-perméable : perméable à l’eau
Spécifique ou sélective : constitué de molécules appelées transporteurs consommant ou
non de l’énergie.
• La nature de la particule diffusée : neutre ou chargée – micro ou macromoléculaire.
• L’osmolarité des constituants des milieux d’échange.
• La pression mécanique ou hydrostatique s’exerçant sur la membrane.
I. Phénomène de diffusion :
Soient deux compartiments I et II séparés par une membrane
dialysante, contenants deux solutions diluées d’un même soluté
aux concentrations initiales C1 et C2.
Supposant que C1 > C2, les particules diffusent à travers les pores
de la membrane, du milieu le plus concentré vers l’autre jusqu’à
égalité des concentrations de part et d’autre de la membrane.
C2 C1
Lorsque le soluté diffuse de I vers II, les molécules d’eau
diffusent dans le sens opposé pour des raisons analogues.
II. Lois de diffusion :
II.1. Loi de Fick
II.1.1. Débit massique :
Soit Δm la masse d’un corps dissous qui passent par diffusion
à travers la membrane de surface S, durant le temps Δt d’un
point A en un point B, sur une distance Δx. Δx
Δm
B A
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La loi de Fick s’écrit :
𝛥𝑚 𝛥𝑐
= −𝐷. 𝑆.
𝛥𝑡 𝛥𝑥
D : Coefficient de diffusion
𝜟𝒎
: Débit massique
𝜟𝒕
𝛥𝑐
: Gradient de concentration particulaire, négatif (C2-C1<0)
𝛥𝑥
Le signe « - » : pour qu’une quantité Δm (forcément positive) diffuse de A vers B, il faut que
la concentration en B soit inférieure à celle de A.
S : Surface totale des pores de la membrane de rayon r : S=N.πr2 avec N = nombre de pores.
Unités :
S.I. c.g.s.
Δm/Δt Kg.s-1 g.s-1
D m2.s-1 cm2.s-1
2
S m cm2
ΔC/Δx Kg.m-4 [Link]-4
II.1.2. Débit molaire :
Supposant n le nombre de moles de particules diffusées du compartiment I au compartiment II
m = n.M 𝛥𝑚 = 𝑀𝛥𝑛
C = MCM 𝛥𝑐 = 𝑀𝛥𝑐𝑀
La loi de Fick s’écrit:
𝛥𝑚 1 𝛥𝑐 1
. = −𝐷. 𝑆. .
𝛥𝑡 𝑀 𝛥𝑥 𝑀
𝜟𝒏 𝜟𝒄𝑴
= −𝑫. 𝑺.
𝜟𝒕 𝜟𝒙
𝜟𝒏
: Débit molaire
𝜟𝒕
Unités :
S.I. c.g.s.
Δn/Δt mol.s-1 mol.s-1
D m2.s-1 cm2.s-1
S m2 cm2
ΔC/Δx mol.m-4 [Link]-4
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II.1.3. Flux massique :
Le flux massique par diffusion égale au débit massique par unité de surface
∆𝒎
𝝋 = ∆𝒕 ⁄𝑺
Unités : Kg.s-1.m-2 (S.I.) , [Link]-2 (c.g.s.)
II.1.4. Flux molaire :
Le flux molaire par diffusion égale au débit molaire par unité de surface
∆𝒏
𝝋 = ∆𝒕⁄𝑺
Unités : mol.s-1.m-2 (S.I.) , [Link]-2 (c.g.s.)
II.1.5. Concentration indépendante du temps « t » :
𝜕𝑐
Cas de la variation de la concentration à l’intérieur du pore, = 0 donc c = f(x) est une
𝜕𝑡
fonction linéaire : c’est l’état stationnaire.
II.1.6. Concentration indépendante de la distance « x » :
Cas de l’épuration extra-rénale ;
𝛥𝑚 𝛥𝑐
= −𝐷. 𝑆.
𝛥𝑡 𝛥𝑥
On a m = cV dm = dc.V
dm/dt = - dc.V/dt (la concentration diminue en fonction du temps)
dc/dx = (c1 – c0)/ (x1 – x0) avec c1< c0 d’où dc/dx = c/x <0
𝑑𝑚 𝑑𝑐 𝑑𝑐.𝑉 𝑐
= −𝐷. 𝑆. 𝑑𝑥 = −𝐷. 𝑆. 𝑥
𝑑𝑡 𝑑𝑡
𝑑𝑐.𝑉
= −𝑃. 𝑆. 𝑐 Avec P = D /x (Perméabilité)
𝑑𝑡
𝑑𝑐 𝑃.𝑆
=− 𝑑𝑡
𝑐 𝑉
𝑐1 𝑑𝑐 𝑃.𝑆 1𝑡
∫𝑐0 =− ∫𝑡0 𝑑𝑡
𝑐 𝑉
𝑐 𝑃𝑆
𝑙𝑛 𝑐1 = − 𝑡
0 𝑉
𝑷𝑺
𝒄𝟏 = 𝒄𝟎 𝒆− 𝑽 𝒕
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II.2. Formule d’Einstein:
Le coefficient de diffusion D est la caractéristique principale des interactions soluté-solvant.
Le coefficient de diffusion D est relié aux paramètres du milieu (Température, T) et du soluté
(coefficient de friction, f) par la formule d’Einstein :
𝒌𝑻
𝑫= …………………………(05)
𝒇
𝒇 = 𝟔𝝅𝜼𝒓 (Stokes)
k: constante de Boltzmann (k = R/Ɲ = 1.38 .10-23 J.K-1)
R : constante des gaz parfaits (8.32 J.K-1)
Ɲ : nombre d’Avogadro (6.023 . 1023)
η: coefficient de viscosité du milieu.
r: rayon de la particule supposée sphérique
Dans le cas où la particule est sphérique :
𝑴
𝒎 = 𝝆𝑽 =
Ɲ
𝟒 𝟑
𝑽= 𝝅𝒓
𝟑
𝟏
𝟑𝑴 𝟑
𝒓=( )
𝟒𝝅Ɲ𝝆
𝒌𝑻
𝑫= 𝟏
𝟑𝑴 𝟑
𝟔𝝅𝜼 (𝟒𝝅Ɲ𝝆)
Si la particule est de forme géométrique quelconque :
𝑨𝑻
𝑫= 𝟑 Avec A : Constante.
√𝑴
III. Parcoure moyen de la particule par diffusion:
Plusieurs auteurs, dont Einstein, ont fait une théorie du mouvement brownien. Celui-ci
n’est pas autre chose qu’une image macroscopique de l’agitation moléculaire. Cette théorie ne
fournit pas la longueur du trajet en ligne brisée parcourue par une particule, mais la distance
moyenne ̅̅̅
∆𝒍 à laquelle la particule se trouve de son point de départ après l’écoulement d’une
durée Δt. Cette formule montre que :
𝟐𝒌𝑻
̅̅̅
∆𝒍 = √∆𝒕√
𝒇
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k: constante de Boltzmann
T : température en °K
f: coefficient de friction.
IV. Diffusion à travers les membranes artificielles :
Les membranes artificielles (cellophane, collodion, certains plastiques, ..) ne sont pas
totalement imperméables. Elles sont pourvues de pores, de taille variable selon les conditions
de fabrication. La taille de ces pores est grande devant celle d’un solvant comme l’eau, et la
diffusion de celle-ci n’est pratiquement pas gênée. Les molécules en solution vont être plus ou
moins freinées, selon leur taille. A partir d’une certaine taille, ces molécules auront un
coefficient de diffusion nul. Aussi, on peut définir un coefficient de perméabilité pour chaque
type de membrane. Celui-ci est inversement proportionnel au rapport de diamètre des
molécules à celui des pores de la membrane.
Ces membranes permettent ainsi de séparer les grosses
molécules des petites dans un mélange des deux. C’est la dialyse. On
enferme le mélange à séparer dans un sac formé d’une membrane de
cellophane par exemple. On le met dans un récipient contenant une
grande quantité d’eau pure ou d’un tampon contre lequel on veut
effectuer la dialyse. Les grosses molécules (protéines) restent
emprisonnées dans le sac, les petites molécules (sels minéraux,
réactifs), dont on désire se débarrasser, diffusent à l’extérieur.
En renouvelant le solvant (on dit qu’on effectue la dialyse « contre ce solvant », on élimine
ainsi ces petites molécules. La dialyse est très utilisée pour les purifications des
macromolécules biologiques.
V. Applications médicales :
V.1. Le rein artificiel :
L’arrêt du fonctionnement rénal entraine de considérables
perturbations dans la composition des liquides de l’organisme, en
particulier du sang. Pour éliminer les petites molécules normalement
excrétées dans l’urine et rétablir l’équilibre ionique, on fait circuler le
sang du malade dans un rein artificiel.
Celui-ci est principalement formé de membranes de cellophane
où le sang dialyse contre une solution tampon. L’excès de sodium, de
potassium, d’urée, … etc) d’autres métabolites traverse la membrane
par diffusion passive, alors que les protéines et, à plus forte raison, les
éléments figurés sont retenus.
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V.2. Dialyse intra-péritonéale :
La dialyse péritonéale consiste quant à elle à utiliser le
péritoine (membrane tapissant la cavité abdominale) pour filtrer
le sang de l’organisme. Pour cela, un liquide appelé « dialysat »
est injecté dans la cavité abdominale du patient (à travers un
cathéter précédemment implanté). Une fois dans l’abdomen, le
sang du patient est filtré à travers le dialysat qui est ensuite
récupéré et éliminé. Cette technique quotidienne nécessite
plusieurs changements de dialysat par jour. Après plusieurs
années, le péritoine perd généralement de son efficacité et le
patient doit alors changer de technique de dialyse.
V. Diffusion à travers les membranes naturelles :
Les membranes des cellules et celles des organites intracellulaires ne peuvent pas être
assimilées à une simple membrane de cellophane.
La diffusion passive est le plus souvent masquée par des phénomènes très complexes :
transport actif des ions contre un gradient de concentration ; perméabilité sélective pour de
petites molécules organiques, absorption ou excrétion de protéines par les cellules.
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