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T4 Gouges

Dans son extrait de la 'Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne', Olympe de Gouges critique la condition des femmes sous l'ancien régime, où leur valeur était souvent liée à leur beauté et à leur capacité à séduire. Elle souligne les injustices et les inégalités persistantes, en comparant la situation des femmes à celle des esclaves, et dénonce l'absence de véritables opportunités pour les femmes. Gouges appelle à une révolution des mentalités pour éviter que les femmes ne soient réduites à des objets de mépris et de dédain.

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Dans son extrait de la 'Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne', Olympe de Gouges critique la condition des femmes sous l'ancien régime, où leur valeur était souvent liée à leur beauté et à leur capacité à séduire. Elle souligne les injustices et les inégalités persistantes, en comparant la situation des femmes à celle des esclaves, et dénonce l'absence de véritables opportunités pour les femmes. Gouges appelle à une révolution des mentalités pour éviter que les femmes ne soient réduites à des objets de mépris et de dédain.

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Olympe de Gouges,

« Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne »


(Postambule, 2e extrait)
Septembre 1791

Dans cette sorte d’antithèse, que de remarques n’ai-je point à offrir ! Je n’ai qu’un

moment pour les faire, mais ce moment fixera l’attention de la postérité la plus reculée. Sous

l’ancien régime, tout était vicieux, tout était coupable ; mais ne pourrait-on pas apercevoir

l’amélioration des choses dans la substance même des vices ? Une femme n’avait besoin que

d’être belle ou aimable ; quand elle possédait ces deux avantages, elle voyait cent fortunes à

ses pieds. Si elle n’en profitait pas, elle avait un caractère bizarre, ou une philosophie peu

commune qui la portait aux mépris des richesses ; alors elle n’était plus considérée que

comme une mauvaise tête. La plus indécente se faisait respecter avec de l’or, le commerce

des femmes était une espèce d’industrie reçue dans la première classe, qui, désormais,

n’aura plus de crédit. S’il en avait encore, la révolution serait perdue, et sous de nouveaux

rapports, nous serions toujours corrompus. Cependant la raison peut-elle se dissimuler que

tout autre chemin à la fortune soit fermé à la femme que l’homme achète comme l’esclave sur

les côtes d’Afrique ? La différence est grande, on le sait. L’esclave commande au maître ;

mais si le maître lui donne la liberté sans récompense, et à un âge où l’esclave a perdu tous

ses charmes, que devient cette infortunée ? Le jouet du mépris ; les portes mêmes de la

bienfaisance lui sont fermées ; « Elle est pauvre et vieille, dit-on, pourquoi n’a-t-elle pas su

faire fortune ? » D’autres exemples encore plus touchants s’offrent à la raison. Une jeune

personne sans expérience, séduite par un homme qu’elle aime, abandonnera ses parents

pour le suivre ; l’ingrat la laissera après quelques années, et plus elle aura vieilli avec lui, plus

son inconstance sera inhumaine ; si elle a des enfants, il l’abandonnera de même. S’il est

riche, il se croira dispensé de partager sa fortune avec ses nobles victimes. Si quelque

engagement le lie à ses devoirs, il en violera la puissance en espérant tout des lois. S’il est

marié, tout autre engagement perd ses droits.

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