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CHAP I. GENERALITE
I.1. DEFINITIONS DES CONCEPTS DE BASE
I.1.1. LA VACCINATIONS
La vaccination est un procédé médical consistant à administrer un antigène (vaccin) afin de
stimuler le système immunitaire et induire une protection contre une maladie infectieuse
spécifique. Elle repose sur la mémoire immunitaire, permettant à l'organisme de réagir rapidement
lors d'une exposition ultérieure à l'agent pathogène (Cambronero et al. 2017)
Elle est l’action de santé publique la plus efficace qui a permis de faire disparaître ou de réduire
très fortement l’incidence des maladies infectieuses. Elle est cependant menacée par l’hésitation
vaccinale déclenchée et entretenue par des polémiques sur ses effets indésirables, pour la plupart
non scientifiquement confirmés. Elle procure une protection individuelle mais aussi collective par
immunité de groupe.
I.1.1.1 Historique
La vaccination, aujourd’hui reconnue comme une intervention majeure en santé publique, est le
fruit d’une évolution historique progressive s’étendant sur plusieurs siècles. Les premières formes
d’immunisation remontent à l’Antiquité et au Moyen Âge, avec des pratiques empiriques
observées en Asie dès le 7ᵉ siècle. Toutefois, c’est entre le 10ᵉ et le 18ᵉ siècle que se développe la
variolisation en Chine et en Inde, constituant la première méthode structurée de prévention contre
la variole. Introduite en Europe au début du 18ᵉ siècle, cette technique marque une étape
importante, bien qu’elle présente des risques.
La fin du 18ᵉ siècle constitue un tournant décisif avec les travaux d’Edward Jenner, qui pose en
1798 les bases de la vaccination moderne en démontrant que l’inoculation de la vaccine protège
contre la variole. Au 19ᵉ siècle, les avancées en microbiologie, notamment grâce à Louis Pasteur,
permettent le développement des premiers vaccins vivants atténués et renforcent la compréhension
scientifique des maladies infectieuses. À la fin de ce siècle et au début du 20ᵉ siècle, les progrès en
immunologie conduisent à l’amélioration des vaccins et à leur diversification.
C’est au cours du 20ᵉ siècle que se met en place progressivement le calendrier vaccinal, avec
l’introduction systématique de vaccins dans les programmes de santé publique, visant à protéger
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les enfants dès les premiers mois de vie. Ce calendrier s’appuie sur les avancées scientifiques et
inclut différents types de vaccins, notamment les vaccins inactivés, sous-unitaires et conjugués.
Aujourd’hui, grâce aux progrès du génie génétique et à l’introduction de nouveaux vaccins, la
vaccination constitue un pilier essentiel de la prévention, permettant de contrôler voire d’éliminer
certaines maladies infectieuses (Dr E. Canouï.2018).
I.1.1.2 Étapes du développement de vaccins
Le vaccin, en tant que produit biologique, est soumis à des exigences strictes avant son autorisation
de mise sur le marché. Il doit répondre à trois critères fondamentaux : la sécurité, l’efficacité et la
qualité.([Link],2022).
Son développement s’organise en plusieurs étapes structurées (Donini 2022).
a. Le développement préclinique
Le développement préclinique est réalisé essentiellement chez l’animal et en laboratoire. Il vise à :
• Identifier et sélectionner l’antigène capable de déclencher une réponse immunitaire
protectrice ;
• Définir la cible antigénique ;
• Choisir la plateforme vaccinale adaptée ;
• Déterminer la dose optimale ;
• Etudier les mécanismes immunitaires impliqués ;
• Rechercher un éventuel corrélat de protection ;
• Evaluer la toxicité et la tolérance.
Cette étape permet de valider la faisabilité et la sécurité initiale du candidat vaccin avant son
administration chez l’homme.
b. Le développement clinique
Le développement clinique est conduit chez l’être humain et se déroule en trois phases
successives :
• Phase I :
Réalisée sur un petit groupe de volontaires, elle permet d’évaluer la tolérance locale et générale,
ainsi que la réponse immunitaire initiale. Elle explore également les premières données de sécurité.
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• Phase II :
Effectuée sur un groupe plus large, elle vise à préciser la dose optimale, le schéma vaccinal et à
recueillir des données supplémentaires sur la sécurité et l’immunogénicité dans la population cible.
• Phase III :
Réalisée à grande échelle, elle permet de démontrer l’efficacité du vaccin en conditions réelles et
de confirmer son profil de sécurité.
c. Le développement pharmaceutique
Le développement pharmaceutique concerne la mise au point du produit final et comprend :
• La production industrielle du vaccin ;
• Le développement des méthodes de contrôle de qualité ;
• La mise au point des réactifs nécessaires ;
• L’établissement des spécifications pour la libération des lots.
Cette étape est strictement encadrée par des normes réglementaires internationales afin de garantir
la qualité, la reproductibilité et la sécurité du vaccin.
d. La surveillance post-commercialisation
Après l’obtention de l’autorisation de mise sur le marché, une phase supplémentaire est mise en
œuvre :
• Suivi des effets indésirables rares ;
• Évaluation de l’efficacité en conditions réelles ;
• Renforcement de la pharmacovigilance.
I.1.1.3 L’immunité de l’organisme
a. Immunité active
L’immunité active correspond à la capacité de l’organisme à produire ses propres anticorps après
stimulation par un antigène.
➢ Immunité active naturelle :
Elle survient après une infection réelle et entraîne le développement d’une réponse immunitaire
spécifique.
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➢ Immunité active artificielle :
Elle est induite par l’administration d’un vaccin contenant un antigène (agent atténué, inactivé,
protéine antigénique ou matériel génétique comme l’ARNm).
Mécanisme :
Reconnaissance de l’antigène → activation des lymphocytes B et T → production d’anticorps →
formation de cellules mémoire.
b. Immunité passive
L’immunité passive correspond à l’apport d’anticorps déjà formés, sans activation du système
immunitaire du sujet.
➢ Immunité passive naturelle :
Transmission des anticorps de la mère à l’enfant, soit par le placenta, soit par le lait maternel.
➢ Immunité passive artificielle :
Administration d’immunoglobulines (sérums), utilisée surtout en situation d’urgence après
exposition à une maladie (ex : rage, tétanos, hépatite B).
Tableau 1.
Caractéristiques Immunité active Immunité passive
Origine Organisme lui-même Apport externe
Délai d’action Lent Immédiat
Durée Longue Courte
Mémoire immunitaire Oui Non
I.1.1.4. Types des vaccins
a. Les vaccins tués ou inactivés :
Les vaccins inactivés ne contiennent pas d’agents infectieux vivants. Ils peuvent contenir : Soit
un fragment de l’agent infectieux (sa paroi ou sa toxine), c’est le cas par exemple des vaccins
contre l’hépatite B ou le tétanos ; Soit la totalité de l’agent infectieux qui est inactivé (vaccin contre
la coqueluche) Soit une toute petite partie seulement d’un virus, une protéine ou son acide
nucléique (son ARN ou son ADN) (Populaire and Mentouri 2021).
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[Link].2 Les vaccins atténués vivants :
Les vaccins vivants atténués sont constitués de germes (virus, bactérie) vivants qui ont été
modifiés afin qu’ils perdent leur pouvoir infectieux en gardant leur capacité à induire une
protection chez la personne vaccinée. Ce type de vaccins est très efficace ; mais parce qu’ils
contiennent un agent infectieux vivant, ils sont (sauf exception) contre-indiqués chez les femmes
enceintes et les personnes immunodéprimées (Populaire and Mentouri 2021).
Tableau 2 : types des vaccins
Types Vaccins
Bactéries : vaccin BCG
Vaccins vivants atténués Virus : anti polio oral, anti rougeole, anti
rubéole, anti varicelle, anti oreillons et anti
fièvre jaune
Bactérie : vaccin antiquelucheux a cellules
Vaccins inactivés (antigènes tués) altières (Cce)
Virus : vaccin de l’encéphalite japonaise
inactivé, vaccin antipoliomyélitique inactivés
(VPI)
I.1.1.5 Maladies évitable par la vaccination
• Tuberculose
• Diphtérie
• Tétanos
• Coqueluche
• Hépatite B
• Haemophilus influenzae type b
• Pneumonie à pneumocoque
• Rotavirus
• Poliomyélite
• Paludisme
• Rougeole
• Rubéole
• Fièvre jaune
• Autres : choléra, maladies invasives à méningocoque, covid-19…
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I.1.2 CALENDRIER VACCINAL DE ROUTINE
Le calendrier vaccinal de routine est un document officiel qui définit l’ensemble des vaccins à
administrer systématiquement à une population cible (notamment les enfants), en précisant les
âges, le nombre de doses et les intervalles nécessaires pour assurer une protection optimale contre
les maladies évitables par la vaccination. Il est élaboré en fonction de l’épidémiologie des
maladies, de l’efficacité des vaccins et des priorités de santé publique d’un pays, et constitue un
outil essentiel pour garantir une immunisation complète et organisée dès la naissance (WHO,
2023).
I.1.3 NOTION D’OBSERVANCE DU CALENDRIER VACCINAL
L’observance du calendrier vaccinal désigne le degré de conformité avec lequel les enfants, par
l’intermédiaire de leurs parents ou tuteurs, respectent les recommandations du programme de
vaccination, notamment en recevant les vaccins aux âges indiqués, selon le nombre de doses requis
et dans les intervalles appropriés. Elle constitue un indicateur du respect des prescriptions
vaccinales et contribue à l’évaluation de l’efficacité des programmes de vaccination (OMS, 2003).
I.1.4 LA COUVERTURE VACCINAL
La couverture vaccinale est la proportion de personnes appartenant à une population cible qui ont
reçu les vaccins recommandés, selon le calendrier vaccinal, dans une période donnée. Elle
constitue un indicateur essentiel permettant d’évaluer la performance des programmes de
vaccination et le niveau de protection collective contre les maladies évitables par la vaccination
(ONU. 1989).
I.1.5 ENFANT DE 0-59 MOIS
Les enfants de 0 à 59 mois désignent l’ensemble des enfants âgés de la naissance jusqu’à 59 mois
(moins de 5 ans).
• Nouveau-né (0–28 jours) : Un nouveau-né est un enfant âgé de la naissance jusqu’à 28
jours de vie.
• Nourrisson (1–11 mois) : Un nourrisson est un enfant âgé de 29 jours à 11 mois.
• Jeune enfant (12–23 mois) : Un jeune enfant est un enfant âgé de 12 à 23 mois (1 à moins
de 2 ans).
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• Enfant d’âge préscolaire (24–59 mois) : Un enfant d’âge préscolaire est un enfant âgé de
24 à 59 mois (2 à moins de 5 ans)
I.2. NOTION SUR LE CALENDRIER VACCINAL
La vaccination est l’une des interventions de santé publique les plus efficaces pour prévenir la
mortalité, la morbidité et les complications liées aux maladies infectieuses chez l’enfant. Ne pas
compléter le calendrier vaccinal expose donc l’enfant à un risque évitable de maladies graves.
Elle a permis d’améliorer significativement la santé infantile dans le monde, notamment dans les
pays à revenu faible et intermédiaire, en réduisant l’incidence des maladies évitables grâce à une
couverture vaccinale élevée.
En République Démocratique du Congo, la vaccination constitue une activité prioritaire du
Programme Élargi de Vaccination (PEV), avec pour objectif d’atteindre une couverture vaccinale
supérieure à 90 % chez tous les enfants ciblés (Christian et al. 2024).
Ainsi le calendrier vaccinal est défini comme un outil officiel qui définit les vaccins obligatoires
et recommandés selon l’âge et les situations particulières, afin de protéger efficacement la
population contre les maladies infectieuses. Il est régulièrement mis à jour par les autorités de santé
pour s’adapter aux évolutions épidémiologiques et scientifiques. Elle est essentielle pour assurer
une protection précoce et efficace des enfants contre les maladies infectieuses évitables. Il
contribue à la réduction de la mortalité et de la morbidité infantiles, en prévenant des pathologies
graves telles que la rougeole et la poliomyélite (UNICEF, 2022).
I.2.1 Importance de la vaccination chez l’enfant
La vaccination est le levier le plus puissant pour assurer la survie des enfants et stabiliser la santé
publique face aux épidémies récurrentes.
La vaccination en RDC ne sert pas seulement à protéger un individu, mais à sécuriser des
communautés entières :
• Réduction de la mortalité infantile : On estime qu'une couverture vaccinale de 100%
réduirait de 31% les décès chez les enfants de 0 à 24 mois.
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• Contrôle des épidémies : Elle est l'arme principale contre les flambées de rougeole,
de poliomyélite et de choléra, qui touchent régulièrement les zones de santé les plus
fragiles.
• Protection contre les séquelles : Elle évite des handicaps à vie, comme la paralysie causée
par la polio ou les complications neurologiques de la méningite.
a. Fondation immunologique et nécessité de la vaccination précoce
La vaccination précoce est une nécessité biologique universelle. Le système immunitaire d'un
nourrisson est comme un "ordinateur sans logiciel" : il possède le matériel pour se défendre, mais
il a besoin des données (les vaccins) pour apprendre à reconnaître les virus et bactéries.
➢ La fragilité biologique
❖ Système immature : À la naissance, le système immunitaire est comme un logiciel
vierge ; il sait se défendre mais ne connaît pas ses ennemis.
❖ Protection éphémère : Les anticorps de la mère protègent le bébé au début, mais
ils disparaissent rapidement (entre 2 et 6 mois), laissant l'enfant sans défense.
➢ La fondation immunologique (L'action)
❖ Éducation du corps : Le vaccin simule une attaque sans rendre malade. Il apprend
au corps à créer sa propre "mémoire" (lymphocytes mémoire).
❖ Rapidité de réaction : Grâce au vaccin, si le vrai virus arrive, le corps le reconnaît
immédiatement et l'élimine avant que les symptômes n'apparaissent.
➢ La nécessité de la précocité (L'urgence)
❖ Course contre la montre : Le but est de protéger l'enfant avant qu'il ne soit exposé
aux microbes du monde extérieur (famille, air, objets).
❖ Gravité extrême : Les maladies infantiles (coqueluche, rougeole, polio) sont bien
plus mortelles chez le nourrisson que chez l'enfant plus âgé ou l'adulte.
❖ Efficacité collective : Vacciner tôt empêche la propagation des maladies dans la
communauté, protégeant ainsi les plus faibles.
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b. Impact socio-économique de la vaccination
La vaccination a un impact socio-économique global et multidimensionnel.
Sur le plan économique, elle constitue un investissement très rentable, permettant de réduire les
dépenses de santé et d’augmenter la productivité.
Sur le plan social, elle diminue la mortalité et la morbidité, améliore la qualité de vie et réduit les
inégalités en protégeant les populations les plus vulnérables.
Elle contribue également au développement humain en favorisant la scolarisation, en améliorant
la productivité future et en réduisant la pauvreté. Par ailleurs, elle allège la charge des systèmes de
santé et prévient les épidémies. Enfin, à l’échelle macroéconomique, elle participe à la stabilité
économique et au développement durable des pays.
I.2.2. SITUATION DE LA VACCINATION DANS LE MONDE
La situation mondiale de la vaccination en 2024-2025 montre une stabilisation fragile. Si la
couverture globale retrouve peu à peu ses niveaux d'avant la pandémie, des millions d'enfants
restent encore exclus des systèmes de santé.
➢ Données 2024-2025
• 85 % de couverture : C’est le taux mondial de nourrissons ayant reçu les trois doses du
vaccin DTC (Diphtérie-Tétanos-Coqueluche), un indicateur clé de la santé infantile
mondiale.
• 14,3 millions d'enfants « zéro dose » : Ce sont les nourrissons n'ayant reçu aucune
vaccination en 2024. Ce chiffre reste supérieur à celui de 2019 (12,8 millions).
• 154 millions de vies sauvées : C'est l'estimation du nombre total de vies épargnées par les
vaccins au cours des 50 dernières années.
➢ Progrès majeurs
• Le « Grand Rattrapage » : Entre 2023 et 2025, cette initiative a permis de vacciner 18,3
millions d’enfants âgés de 1 à 5 ans qui avaient manqué leurs doses pendant la pandémie.
• Vaccin contre le paludisme : Le déploiement s'est accéléré, avec environ 39 millions de
doses administrées dans 25 pays d'Afrique à la fin de 2025.
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• Vaccin HPV : La couverture chez les filles pour la première dose contre le cancer du col
de l'utérus est passée de 27 % en 2023 à 31 % en 2024.
➢ Défis et Zones de Risque
• Le paradoxe de la rougeole : Malgré les efforts, 59 pays ont signalé des flambées majeures
en 2024 (contre seulement 22 en 2021), en raison d'une couverture vaccinale insuffisante
(84 % pour la 1ère dose, loin de l'objectif de 95 %).
• L'impact des conflits : La moitié des enfants non vaccinés vivent dans seulement 26 pays
fragiles ou en guerre, où le nombre d'enfants « zéro dose » a bondi de 3,6 à 5,4 millions
depuis 2019.
• Réticence et désinformation : La méfiance à l'égard de la sécurité des vaccins continue de
freiner la progression, même dans les pays riches.
La RDC est l'un des pays prioritaires pour les organisations mondiales :
• Des efforts ciblés ont permis de réduire le nombre d'enfants non vaccinés.
• Des stratégies innovantes, comme les horaires adaptés (vaccination le soir ou le week-end),
ont permis d'atteindre 90 % de la cible dans certaines zones de santé comme le Haut-
I.3. CADRE CONCEPTUEL
I.3.1. L’observance du calendrier vaccinal
Un enfant est considéré comme complètement vacciné lorsqu’il a reçu l’ensemble des vaccins
recommandés selon le calendrier national de vaccination. Ceux-ci incluent notamment le vaccin
BCG administré à la naissance pour prévenir la tuberculose, les doses successives du vaccin oral
contre la poliomyélite, le vaccin combiné contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche, ainsi que
les vaccins contre les infections pneumococciques, la rougeole, la fièvre jaune et l’hépatite B.
a. BCG (Bacile de Calmette et Guérin)
✓ Indication : vaccin contre la Tuberculose.
✓ Type et Composition : Vaccin vivant atténué (souche de Mycobacterium bovis affaiblie
mais vivante).
✓ Mode d'emploi : voie intradermique stricte (dans l'épaisseur de la peau) généralement sur
la face externe du bras gauche (au niveau du muscle deltoïde).
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✓ Dose d'administration : Nouveau-nés de moins de 1 an : 0,05 ml.
Enfants de plus de 1 an : 0,1 m
b. VPO (Vaccin Polio)
✓ Indication : vaccin contre la poliomyélite (souvent appelée "Polio").
✓ Type et Composition : Vaccin vivant atténué (souche Sabin), virus de la polio types 1, 2
et/ou 3 (selon qu'il soit monovalent, bivalent ou trivalent) affaiblis, Stabilisants et Traces
d'antibiotiques.
✓ Mode d'emploi : voie Orale (par la bouche), on dépose les gouttes directement sur la
langue de l'enfant à l'aide d'un compte-gouttes.
✓ Dose d'administration : Généralement 2 gouttes par dose.
c. Pentavalent (DTC-HepB-Hib)
✓ Indication : vaccin contre Diphtérie, Tétanos, coqueluche, Hépatite B, Haemophilus
Influenzae type b
✓ Type et Composition :
Vaccin combiné, Il mélange des anatoxines (pour Diphtérie/Tétanos), des germes inactivés (pour
la Coqueluche) et des éléments recombinants/conjugués (pour l'Hépatite B et le Hib). Il est
composé d’Anatoxines diphtérique et tétanique, antigène de surface du virus de l'Hépatite B,
bactérie de la coqueluche tuée, sucre de la bactérie Hib lié à une protéine (conjugué) et adjuvant.
✓ Mode d'emploi : voie intramusculaire profonde au niveau de la face antéro-latérale de
la cuisse (jamais dans la fesse chez le nourrisson pour éviter de toucher le nerf sciatique).
✓ Dose d'administration : 0,5 ml par dose.
d. VAR (Vaccin Anti-Rougeoleux)
✓ Indication : vaccin cotte la Rougeole.
✓ Type et Composition : Vaccin vivant atténué, un virus de la rougeole affaibli, stabilisants
(gélatine ou sorbitol) et traces d'antibiotiques (souvent néomycine)
✓ Mode d'emploi : voie sous-cutanée (juste sous la peau) généralement dans le bras (muscle
deltoïde).
✓ Dose d'administration : 0,5 ml.
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e. VAA (Vaccin Anti-Amaril)
✓ Indication : vaccin contre la Fièvre Jaune.
✓ Type et Composition : Vaccin vivant atténué (souche 17D), virus de la fièvre jaune
affaibli, stabilisants (souvent du sorbitol ou de la gélatine).
✓ Mode d’emploi : voie sous-cutanée (ou parfois intramusculaire) généralement dans le bras
(muscle deltoïde).
✓ Dose d'administration : 0,5 ml.
f. Pneumo
✓ Indication : vaccin contre les infections à Streptococcus pneumoniae.
✓ Type et Composition : Vaccin conjugué, ce sont des particules de 10 ou 13 souches de
pneumocoques (les plus dangereuses), Protéine porteuse et Adjuvant
✓ Mode d'emploi : voie intramusculaire profonde au niveau de la face antéro-latérale de
la cuisse (généralement la cuisse droite, si le Pentavalent est fait à gauche).
✓ Dose d'administration : 0,5 ml.
Tableau 3 :
Vaccins Age Voie Point d’injection
BCG A la naissance Voie intradermique La face externe du
bras gauche
VPO A la naissance, 1mois Voie Orale On dépose les gouttes
et demi, 2mois et directement sur la
demi et 3mois et demi langue de l'enfant à
l'aide d'un compte-
gouttes
PENTA A 1mois et demi, Voie Face antéro-latérale
2mois et demi et intramusculaire profo de la cuisse
3mois et demi nde
VAR A 9 mois et 15 mois Voie sous-cutanée Dans le bras (muscle
deltoïde)
VAA A 9 mois Voie sous- Dans le bras (muscle
cutanée (ou parfois deltoïde).
intramusculaire)
PNEUMO A 1mois et demi, Voie Face antéro-latérale
2mois et demi et intramusculaire profo de la cuisse
3mois et demi nde
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I.3.2 Facteurs influençant l’observance du calendrier vaccinal des enfants de 0-59 mois
1. Facteurs liés à l’enfant
a. Âge de l’enfant : l’observance diminue souvent avec l’âge (abandons après les
premières doses).
b. État de santé : maladies aiguës ou chroniques pouvant retarder ou interrompre la
vaccination.
c. Prématurité ou faible poids de naissance : peut entraîner une hésitation ou un
report des vaccins.
d. Naissance hors structure sanitaire : absence de vaccination à la naissance (ex :
BCG, VPO0).
2. Facteurs liés aux parents
a. Facteurs socio-démographiques
• Niveau d’instruction des parents (surtout la mère) : plus il est élevé, meilleure est
l’observance.
• Situation économique : pauvreté limitant l’accès aux services (transport, temps).
• Âge de la mère : les mères jeunes sont parfois moins informées ou expérimentées.
• Parité : les parents ayant plusieurs enfants peuvent négliger les rappels.
b. Facteurs cognitifs et culturels
• Connaissances sur la vaccination : ignorance du calendrier vaccinal ou de son
importance.
• Perceptions et croyances : peur des effets secondaires, rumeurs, croyances religieuses.
• Influence de l’entourage : famille, communauté, leaders religieux.
c. Facteurs comportementaux
• Oubli des rendez-vous vaccinaux.
• Manque de motivation ou négligence.
• Mobilité des familles (déplacements fréquents).
3. Facteurs liés au système de santé
a. Accessibilité des services
• Distance vers le centre de santé.
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• Coût indirect (transport, temps d’attente).
• Horaires inadaptés des services de vaccination.
b. Qualité des services
• Accueil du personnel de santé : mauvais accueil décourage les parents.
• Compétence des prestataires : qualité de l’information donnée.
• Disponibilité des vaccins : ruptures de stock fréquentes.
• Temps d’attente long.
c. Organisation du programme vaccinal
• Suivi insuffisant des enfants (absence de relance).
• Manque de sensibilisation communautaire.
• Défaillance du système de rappel (SMS, carnet de vaccination mal utilisé).
• Campagnes irrégulières ou mal coordonnées.
I.4 CALENDRIER VACCINAL EN RDC
➢ A la naissance (0-7 jours) :
L’ors de son premier rendez-vous, l’enfant recevra deux vaccins
- BCG
- VPO0
➢ A 6 semaines (1 mois et demi)
Lors de son deuxième rendez-vous, l’enfant recevra quatre vaccins
- Pneumo 1
- VPO 1
- Pentavalent (DTC-HepB-Hib)
- Rotasiil
➢ A 10 semaines (2 mois et demi)
Lors de son troisième rendez-vous, l’enfant recevra aussi quatre vaccins
- Pneumo 2
- VPO 2
- Pentavalent (DTC-HepB-Hib)2
- Rotasiil
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➢ A 14 semaines (3 mois et demi)
Lors de son quatrième rendez-vous, l’enfant recevra plusieurs vaccins
- Pneumo 3
- VPO 3
- VPI 1
- Pentavalent (DTC-HepB-Hib)3
- Rotasiil
➢ Nouveau vaccin contre le paludisme introduit à 6mois, 7mois, 8mois
- A 6 mois : VAP1
- A 7 mois : VAP2
- A 8 mois : VAP3
➢ A 9 mois
Lors de son huitième rendez-vous, l’enfant recevra tous vaccins
- VPI 2
- VAR
- ROR
- VAA
➢ A 15 mois
Lors de son neuvième rendez-vous, l’enfant recevra deux vaccins
- Rougeole/Rubéole (VAR/RR)
- Malaria (VAP4)
➢ A 15-59 mois
- Rappels vaccinaux (selon le calendrier national) si doses manquées
- Supplément en Vitamine A
- Campagne de vaccination
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Tableau 4 :
Rendez-vous Age recommandé Voie d’administration
1er rendez-vous A la naissance Intra dermique et oral
2e rendez-vous A 1 mois et demi Intramusculaire profonde et oral
3e rendez-vous A 2 mois et demi Intramusculaire profonde et oral
4e rendez-vous A 3 mois et demi Intramusculaire profonde et oral
5e, 6e, et 7e rendez-vous A 6mois, 7mois, 8mois Intramusculaire
8e rendez-vous A 9 mois Sous cutané ou intramusculaire
9e rendez-vous A 15 mois Sous cutané ou intramusculaire
10e rendez-vous 15-59 Mois -Rappels vaccinaux (selon le
calendrier national) si doses
manquées
-Supplément en Vitamine A
-Campagne de vaccination
Conclusion
En somme, la vaccination constitue un pilier fondamental de la santé publique, particulièrement
chez les enfants de 0 à 59 mois. Le respect du calendrier vaccinal garantit une protection optimale
contre de nombreuses maladies évitables et contribue à la réduction de la mortalité et de la
morbidité infantiles. Toutefois, l’observance de ce calendrier reste influencée par plusieurs
facteurs liés à l’enfant, aux parents et au système de santé. Ainsi, une amélioration de la
sensibilisation, de l’accessibilité et de la qualité des services de vaccination s’avère indispensable
pour renforcer la couverture vaccinale et assurer une meilleure protection des enfants.