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Entraîner Des Joueurs de 15 À 18 Ans: Jose María Buceta László Killik

Le document traite de l'entraînement des joueurs de basket-ball âgés de 15 à 18 ans, en mettant l'accent sur l'importance de prendre en compte les besoins individuels et d'améliorer les fondamentaux techniques. Il souligne la nécessité d'une approche analytique et individualisée pour développer les compétences physiques et techniques des joueurs, tout en intégrant des aspects tactiques et de jeu d'équipe. Les entraîneurs doivent évaluer les capacités des joueurs et adapter les séances d'entraînement pour maximiser leur développement.

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Entraîner Des Joueurs de 15 À 18 Ans: Jose María Buceta László Killik

Le document traite de l'entraînement des joueurs de basket-ball âgés de 15 à 18 ans, en mettant l'accent sur l'importance de prendre en compte les besoins individuels et d'améliorer les fondamentaux techniques. Il souligne la nécessité d'une approche analytique et individualisée pour développer les compétences physiques et techniques des joueurs, tout en intégrant des aspects tactiques et de jeu d'équipe. Les entraîneurs doivent évaluer les capacités des joueurs et adapter les séances d'entraînement pour maximiser leur développement.

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8

ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS


Jose María Buceta
László Killik

8.1. TENIR COMPTE DES BESOINS INDIVIDUELS


8.2. AMÉLIORER LES FONDAMENTAUX INDIVIDUELS
• Se déplacer sans balle
• Le rebond offensif
• Les mouvements de poste bas
8.3. DÉVELOPPER LES PRISES DE DÉCISION TACTIQUES
• Les critères pour prendre des décisions tactiques
• Quelques exemples
8.4. CONSTRUIRE LE JEU DE L’ÉQUIPE
• Les concepts de défense de l’équipe
• La défense de zone
• La pression défensive
• La stratégie de défense haute
• La contre-attaque et la transition
• L’attaque homme à homme
• L’attaque de zone
• La pression sur l’attaque
• D’autres aspects du jeu d’équipe
266 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

8.1. TENIR COMPTE DES BESOINS INDIVIDUELS

Lorsque les joueurs atteignent l’âge de 15 ans, ils jouissent déjà d’une certai-
ne expérience en basket, mais il y a d’énormes différences de niveau entre les
jeunes. Certains joueurs dominent mieux que d’autres les fondamentaux, d’autres
se sont mieux épanouis physiquement, etc. Les entraîneurs qui travaillent avec
les 15 à 18 ans doivent tenir compte de ces différences, évaluer les ressources et
les besoins de chaque joueur (leurs points forts et leurs points faibles) afin de
déterminer les objectifs et le contenu des entraînements.
Comme nous l’avons vu dans les chapitres précédents, pour le mini-basket
et les équipes de 13 à 14 ans, l’entraînement devrait être plus global et uniforme
pour tous les joueurs. Par contre, avec les 15 à 18 ans, l’entraînement devrait deve-
nir plus analytique et individualisé. À ce stade du développement des jeunes, il
est primordial de tenir compte de leurs ressources individuelles afin d’élargir
l’éventail de possibilités des joueurs, en veillant à ce que l’entraînement aide
chaque joueur à se perfectionner correctement.
En suivant ce modèle, l’entraîneur doit savoir que la préparation physique
s’avère être un aspect important de l’entraînement de ces joueurs. Il est impor-
tant de préparer les 15 à 16 ans à affronter progressivement des charges plus éle-
vées de travail physique. Lorsque les joueurs grandiront (17 à 18 ans), ils seront alors
préparés à assimiler un entraînement plus sophistiqué, ce qui diminuera le risque
de blessure qui peut apparaître lorsque les exigences de l’entraînement dépas-
sent les capacités des joueurs.
L’endurance, la force et la rapidité sont évidemment des aspects clé de la char-
ge physique, mais l’entraîneur devrait également tenir compte de la flexibilité et
de la coordination. On sous-estime souvent l’importance de la flexibilité et de la
coordination. De nombreux joueurs limitent ainsi leurs progrès à cause de lacunes
dans ces domaines.
L’entraîneur devrait évaluer les besoins physiques individuels des joueurs et,
avec l’aide d’experts de chaque secteur, il pourrait dédier une partie de la séan-
ce d’entraînement à développer ces aspects physiques.
Il faudrait aussi évaluer les besoins techniques individuels des joueurs pour
que l’entraîneur sache à quel point ses joueurs connaissent les fondamentaux et
ce qu’il peut encore améliorer.

* Par exemple : l’entraîneur peut évaluer à fond la technique de tir


de ses joueurs, puis organiser un entraînement analytique pour com-
bler les lacunes individuelles.

Voici une fiche simple, présentée dans le tableau 23, qui peut aider les entraî-
neurs à évaluer les besoins individuels des joueurs quant aux fondamentaux du
basket.
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 267

ASPECTS
À TENIR EN COMMENTAIRES
COMPTE

LES PIEDS

A LES JAMBES
V
A
LE HAUT DU CORPS
N
T
LA TÊTE
D
E LA POSITION DE
LA BALLE
T
I
LE BRAS ET LA MAIN
R
E QUI NE TIRENT PAS
R
LA MAIN QUI PORTE
LA BALLE

LE MOUVEMENT
P
POUR TIRER
E
N
D
LE BRAS QUI TIRE
A
LA BALLE
N
T
LA MAIN JUSTE
E
APRÈS AVOIR TIRÉ
T

A
LA TRAJECTOIRE
P
COURBE DE
R
LA BALLE
È
S

L LA VRILLE DE
E LA BALLE

T
I LA POSITION DU
R CORPS APRÈS
LE TIR

Tableau 23. Exemple de fiche pour évaluer les besoins personnels, dans ce cas liés au tir.
268 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 269

8.2. AMÉLIORER LES FONDAMENTAUX INDIVIDUELS

Outre le travail analytique individuel pour améliorer les fondamentaux


comme les passes, le dribble et les tirs, l’entraîneur devrait tenir compte des autres
fondamentaux auxquels on a donné moins d’importance pendant les années pré-
cédentes. Nous allons par exemple commenter « se déplacer sans balle », « le
rebond offensif », « les mouvements de poste bas ».

joueur offensif

joueur offensif avec la balle

joueur défensif
C entraîneur

passe

dribble

mouvement du joueur offensif sans balle

écran

écran et mouvement suivant

mouvement du joueur défensif

Tableau 24. Légende des diagrammes de ce chapitre.

Se déplacer sans balle


En attaque, seul un joueur possède la balle tandis que les quatre autres doi-
vent jouer sans elle. Se déplacer sans balle constitue donc une partie essentielle
du jeu. L’entraîneur devrait insister sur ce fait depuis l’âge du mini-basket et les
entraîneurs qui travaillent avec les 15 à 18 ans devraient penser à améliorer tous
les fondamentaux nécessaires.
Les attaquants sans balle peuvent se déplacer et poursuivre l’un des objectifs
suivants :
270 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

• faire en sorte que leur coéquipier Diag. 1


avec la balle joue en 1 contre 1
contre son défenseur en s’éloignant
de la balle et en emmenant ses
propres défenseurs (voir diag. 1)

• garder un couloir libre pour rece- Diag. 2


voir une passe d’un coéquipier qui
possède le ballon (voir diag. 2)

• se démarquer dans une position Diag. 3


pour recevoir la balle et tirer, en
profitant parfois des écrans (voir
diag. 3)

• poser des écrans pour les coéqui- Diag. 4


piers, soit pour le porteur de balle,
soit pour les trois autres (voir
diag. 4)

• attraper le rebond offensif (voir Diag. 5


diag. 5)
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 271

Voici les aspects clé pour se déplacer efficacement sans balle : une position et
un équilibre adéquat du corps, des feintes convaincantes, un bon travail de pieds
ainsi qu’une vitesse, une course et des arrêts appropriés. Les entraîneurs de
jeunes de 15 à 18 ans devraient évaluer tous ces aspects chez leurs joueurs et les
aider à combler les lacunes.

La position du corps
La position du corps en basket est essentielle puisqu’elle permet aux athlètes
de bien jouer. Étant donné qu’il ne s’agit pas d’une position naturelle, on peut
donner aux joueurs des détails comme, par exemple :

• les jambes écartées, un peu plus que la largeur des épaules, les pieds
parallèles
• fléchir légèrement les genoux et les hanches, garder le centre de gra-
vité assez bas
• la tête relevée, regarder la balle et le panier (jamais par terre)
• fléchir légèrement le buste
• le poids du corps doit être réparti équitablement sur les deux pieds,
légèrement sur les orteils
• les mains sont prêtes à recevoir la balle, avec les bras près de la poitrine.
272 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

Il est important d’adopter une position correcte du corps avant de se dépla-


cer parce qu’elle permet de réagir plus rapidement. Elle est également importante
pendant le mouvement car elle permet au joueur d’attraper la balle dans une
meilleure position de tir, de passe ou de pénétration et de s’arrêter pour poser un
écran ou atteindre un espace pour un rebond offensif.
Quant à la position, les joueurs doivent apprendre à différencier les moments
où ils doivent être complètement face à la balle (tout le corps est face à la balle)
de ceux où ils doivent être face à la balle tout en gardant les hanches ou le cou
tournés pour voir la balle, prêts à l’attraper. Comme toujours, l’entraîneur doit
observer si ses jeunes joueurs maîtrisent ces aspects et les corriger si besoin est.

L’équilibre du corps
L’équilibre du corps repose sur la position de base décrite ci-dessus. Les
joueurs doivent cependant apprendre à modifier l’angle de leurs jambes ou du
torse et à passer le poids du corps d’une jambe à l’autre pour se déplacer correc-
tement sans la balle.

* Par exemple : le joueur peut fléchir une jambe plus que l’autre,
s’appuyer sur cette jambe et incliner son buste dans cette direction
pour que son adversaire se prépare à bouger dans ce sens, avant de
changer de direction et de partir dans l’autre.

Feinter
Lorsque le défenseur feinte d’une manière convaincante, il est attentif et réagit
de manière à préparer sa prochaine feinte.

* Par exemple : un joueur qui veut profiter de l’écran d’un coéqui-


pier peut feinter qu’il se déplace dans le sens opposé à l’écran pour
que son défenseur parte dans ce sens là, puis il se déplacera vers l’é-
cran, ce qui lui offrira plus de chances d’atteindre son but.

La feinte est une manière très importante de distraire l’attention du défenseur


et de le faire réagir à l’opposé de la vraie intention du feinteur.
L’utilisation de l’équilibre du corps et de la gestuelle ainsi que le change-
ment de rythme sont des éléments cruciaux pour feinter d’une manière
convaincante.
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 273

• pendant la première phase, il est donc important que le feinteur utilise des
ressources telles que l’inflexion des jambes, le poids du corps plus pro-
noncé sur une jambe, l’inclinaison du haut du corps, les gestes de la tête,
des bras et des mains, et même l’expression du visage, pour convaincre son
défenseur de quelque chose qui est en fait à l’opposé de ce qu’il veut réel-
lement faire.
• Dans une seconde phase, lorsque le défenseur aura réagi à une feinte, le
joueur devra changer de rythme pour réaliser l’action suivante d’une
manière rapide et explosive.

Le travail des pieds


L’importance du travail des appuis est évidente. Si les joueurs croisent les
pieds ou ne pivotent pas correctement, ils ne pourront pas bouger rapidement et
efficacement. Bien que cet aspect devrait déjà avoir été bien développé à cet âge,
l’entraîneur doit être attentif et aider les joueurs à combler leurs lacunes.
Le travail des appuis implique aussi les petits ou les longs pas qui permet-
tront de prendre le dessus sur l’adversaire.

* Par exemple : un joueur peut utiliser des petits pas pour aller vers
la bouteille et faire des pas plus longs pendant qu’il pivote, qu’il chan-
ge de direction et qu’il accélère pour recevoir une passe d’un coéqui-
pier (voir diag. 6).

Diag. 6

SHORTER
PAS PLUS
STEPS
COURTS

LONGER
PAS PLUS
STEP
LONGS

Comme on le remarque dans cet


exemple, le travail des appuis s’avè-
re essentiel pour changer de direc-
tion, l’un des mouvements les plus
importants sans balle.
274 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

La vitesse

La vitesse des mouvements du joueur sans balle revêt une importance cru-
ciale. Ces mouvements exigent parfois une vitesse maximale tandis que, d’autres
fois, un rythme lent s’impose. Souvent, un changement de rythme sera positif,
comme pour les feintes.
La vitesse maximale est « obligatoire » lorsque les joueurs courent en contre-
attaque jusqu’à l’autre côté. Ils devront ensuite adapter leur rythme à cellui de
leur coéquipier qui possède la balle. Les transitions requièrent également une
vitesse maximale pour des mouvements spécifiques, tout en gardant le bon
rythme.
Changer correctement de rythme est l’un des atouts des grands joueurs. De
nombreux joueurs d’élite ne maîtrisent cependant pas ce fondamental car leur
entraîneur n’a pas suffisamment insisté sur ce point quand ils étaient plus
jeunes.
Afin de développer le changement de rythme, il ne suffit pas que l’entraîneur
dise de temps en temps à ses joueurs de « changer de rythme ». Les enfants doi-
vent travailler concrètement cet aspect.
Dans ce but, l’entraîneur devrait organiser des exercices qui permettent aux
joueurs de comparer leurs propres sensations lorsqu’ils jouent à différents rythmes. Les
enfants seront ainsi conscients de leur propre vitesse, ce sera le premier pas pour
contrôler cet aspect.

* Par exemple : en utilisant le mouvement décrit dans le diagram-


me 6, les joueurs doivent s’approcher de la bouteille et réagir à diffé-
rents rythmes lorsqu’ils reçoivent une passe. Pour faciliter la tâche, on
peut établir trois vitesses : élevée, moyenne et faible. En utilisant ces éti-
quettes, l’entraîneur indique la vitesse requise pour s’approcher de la
bouteille et lors de la passe.
Par exemple : « faible – élevée » implique une vitesse faible pour
s’approcher de la bouteille et une grande vitesse de réaction. Il est bon
au début de maintenir constante la vitesse de l’un des deux mouve-
ments (par exemple : toujours la même vitesse pour se rapprocher de
la bouteille). Par la suite, l’entraîneur pourra utiliser toutes les combi-
naisons possibles (faible-faible, faible-moyenne, faible-élevée, moyen-
ne-faible, etc.).

En suivant cette méthode, les enfants apprendront à faire la différence entre


les différents niveaux de vitesse et contrôleront ainsi la leur.
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 275

Courir
Quelques jeunes joueurs devront peut-être améliorer leur mauvaise tech-
nique de course. Si c’est le cas, ce devrait être l’une des priorités du travail phy-
sique.
En outre, il faut expliquer à de nombreux jeunes comment courir lorsqu’ils
attaquent sans balle. Voici trois erreurs fréquentes : perdre la balle de vue, courir
de côté et courir dans les mauvais couloirs.

• Les joueurs doivent apprendre à courir en tournant le cou pour voir la


balle. Diag. 7
• Ils devraient savoir quand il faut
ou non courir de côté. Par
exemple, c’est peut-être bon quand
le joueur entre dans la bouteille en
coupant vers la balle pour recevoir
la passe. Dans ce cas, s’il court de
FRONTAL
côté, il empêche le défenseur (der- COURSE
FRONTALE
RUNNING
rière lui) d’intercepter la passe SIDEWAYS
COURSE
RUNNING
LATÉRALE
(voir diag. 7).
• De même, ils doivent apprendre à courir dans les bons couloirs. Il ne serait
par exemple pas adéquat de courir en contre-attaque sans respecter les cou-
loirs ou de couper vers le panier en contournant trop le poseur d’écran (ce
qui laisserait trop d’espace au défenseur pour passer entre les deux) (voir
diag. 8 et 9).

Diag. 8 Diag. 9

WRONG
MAUVAISE PATHWAY
TRAJECTOIRE RIGHT PATHWAY
BONNE TRAJECTOIRE

Changement de direction
Face à une bonne défense, les joueurs doivent souvent changer de direction. Il
s’agit d’un fondamental difficile qui requiert de bonnes jambes, un excellent
niveau de coordination, un bon équilibre corporel et un travail des pieds adéquat.
Il existe deux techniques pour changer de direction : frontale et arrière.
276 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

Le changement frontal de direction peut se faire avec ou sans pivot. Dans le pre-
mier cas, la technique inclut les aspects suivants :

• on utilisera le pied le plus éloigné de la nouvelle direction pour faire le der-


nier pas dans la direction actuelle et le premier dans la nouvelle : on pivo-
tera avec l’autre pied (le plus proche de la nouvelle direction)
• le dernier pas de la direction actuelle peut être plus court, il faut fléchir le
genou, passer le poids du corps sur cette jambe et pousser fort sur le sol.
On feintera en utilisant une bonne inclinaison du corps de ce côté-là et un
geste de la tête permettra de mettre l’accent sur le mouvement
• le premier pas dans la nouvelle direction oblige à pivoter rapidement en
passant le poids du corps sur l’autre jambe, un pas plus long (mais pas trop
pour ne pas ralentir le mouvement), et à changer de rythme (accélérer).

Dans le second cas, sans pivot, le dernier pas de la direction actuelle doit se
faire avec le pied le plus éloigné de la nouvelle direction tandis que le premier
pas de la nouvelle direction se fera avec l’autre pied, celui qui en est le plus
proche.

• Dans ce cas, lorsque le joueur appuie tout le poids sur la jambe qui effec-
tue le dernier pas avant le changement, son autre jambe est libre de se
déplacer dans l’autre sens avec un pas plus long et puissant. Changer le
rythme et le poids de jambe fait partie du mouvement.

La technique pour réaliser un changement de direction vers l’arrière est semblable.

• Dans ce cas, le dernier pas de la direction actuelle doit se faire avec le pied
le plus proche de la nouvelle direction, puis le joueur pivote vers l’arrière
avec ce pied et change de direction. Il est important de déplacer en même
temps le poids du corps et de changer de rythme.
• Une erreur fréquente est de tourner le corps dans la nouvelle direction au
moment du dernier pas. Le joueur doit utiliser le dernier pas pour mettre
l’accent sur cette direction afin que le défenseur réagisse à ce mouvement et
soit surpris par le changement de direction. Sinon, le défenseur pourra
contrôler le changement de direction, ce qui n’aura alors plus aucun sens.

Voici quelques autres erreurs qui apparaissent pendant le processus d’ap-


prentissage du changement de direction :

• courir avant de changer de direction peut s’avérer inadéquat car, au lieu


de courir normalement, le joueur a tendance à écourter les derniers pas. Le
jeune devrait courir normalement et n’écourter que le dernier pas
• les joueurs risquent de perdre l’équilibre si leur centre de gravité est trop
haut, ils doivent le rabaisser en fléchissant les genoux
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 277

• le mouvement est incurvé et non pas en angle, mais les joueurs devraient
décrire un angle en changeant le poids de côté et en faisant un premier pas
explosif dans la nouvelle direction.

S’arrêter
Après un mouvement, l’arrêt est un aspect clé pour poser des écrans et, bien
évidemment, pour recevoir la balle dans une bonne position afin de tirer, de pas-
ser ou de pénétrer.
Pour s’arrêter, les joueurs doivent utiliser un arrêt en un temps ou un arrêt en
deux temps. Dans le premier cas, les deux pieds touchent le sol au même moment,
tandis que dans le deuxième, un pied touchera le sol avant l’autre. Dans les deux
cas, le plus important est de garder l’équilibre par une bonne position du corps.
Les joueurs de 15 à 18 ans devraient maîtriser les arrêts, bien qu’il soit fré-
quent de remarquer des lacunes importantes sur ce point.
La lacune la plus manifeste est le manque d’équilibre. Surtout parce que les
joueurs ne fléchissent pas suffisamment les jambes lorsqu’ils s’arrêtent, ils ne
répartissent pas correctement le poids du corps ou ils n’écartent pas assez les
jambes pour trouver une bonne position lorsqu’ils jouent au basket.

• Si les joueurs font un arrêt en un temps, le poids doit être réparti de maniè-
re égale sur les deux jambes, tandis que si l’arrêt se fait en deux temps, le
joueur doit s’appuyer sur la jambe utilisée pour s’arrêter jusqu’à ce que
l’autre jambe touche le sol. Dans les deux cas, les genoux doivent être bien
fléchis.
• De même, la distance entre les deux jambes doit être légèrement supérieure
à la largeur des épaules, les pieds doivent être parallèles, dans la position
typique du basket. Les jeunes doivent éviter de placer les pieds trop près
ou trop loin l’un de l’autre.

Se déplacer et recevoir
Bien s’arrêter est essentiel pour recevoir la balle dans de bonnes conditions
afin de tirer, de passer ou de pénétrer en dribblant.

• Dans un arrêt en un temps, les joueurs devraient s’arrêter avec les deux pieds
en même temps, au moment même où ils reçoivent la balle.
• Lors d’un arrêt en deux temps, ils doivent poser le premier pied par terre
quand ils reçoivent la balle, puis placer l’autre pied. Comme règle généra-
le, lors d’un arrêt en deux temps, il est bon que le premier pas se fasse avec
le pied le plus proche de la balle, surtout lorsque le joueur doit se retourner
pour faire face au panier.
278 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

Que ce soit dans les arrêts en un ou deux temps, le joueur doit être face au
panier lorsqu’il s’arrête, sauf s’il joue dos à la bouteille.
En termes généraux, un arrêt en un temps n’est plus recommandable qu’un
arrêt en deux temps que si le joueur est capable de s’arrêter face au panier. Sinon,
s’arrêter face à la balle puis pivoter vers le panier peut s’avérer trop lent.
Lorsque le joueur doit se tourner vers le panier, on préférera un arrêt en deux temps.
Le joueur reçoit alors la balle lorsqu’il effectue le premier pas avec le pied le plus
proche de la balle, il fléchit ce genou pour garder l’équilibre et il peut pivoter
pour se retrouver face au panier. Le deuxième pas sera effectué lorsqu’il se sera
retourné, le joueur regardera déjà l’anneau et sera prêt à tirer, à passer ou à péné-
trer.
Un autre aspect important est le rythme. Les joueurs doivent comprendre
qu’un bon rythme est plus important qu’une vitesse maximale. Il permet au por-
teur de balle de passer au bon moment et au bon endroit. Beaucoup de jeunes
joueurs devraient travailler concrètement cet aspect.
À cet âge, l’entraîneur devrait évaluer l’habileté et la technique de ses joueurs
à recevoir la balle quand ils s’arrêtent. Ils sont probablement habitués à s’arrêter
d’une certaine manière (arrêt en un temps ou en deux temps en plaçant toujours
le même pied pour le premier pas) et se fient énormément à ce réflexe, qu’il sera
difficile de modifier. Mais, sauf si l’entraîneur considère que cette habitude est
efficace et n’empêche pas le joueur de progresser, il faut tenir compte du fait que
ces joueurs sont encore jeunes et qu’ils devraient et peuvent augmenter leurs pos-
sibilités comme joueurs de basket.

* Par exemple : un joueur de 16 ans utilise toujours un arrêt en


deux temps et place son pied gauche par terre pour le premier pas. Il
est très efficace quand il reçoit une passe de gauche, mais bien moins
si la passe vient de droite. À cet âge, il parvient à résoudre cette diffi-
culté et son niveau de performance est bon, mais que se passera-t-il
dans quelques années quand il aura affaire à de meilleurs défenseurs ?
Pourra-t-il tirer quand il recevra la balle par la droite ? Probablement
pas, parce qu’il ne maîtrise pas la technique adéquate pour s’arrêter,
recevoir et tirer rapidement.

Les entraîneurs de jeunes de 15 à 18 ans devraient penser longuement aux


conséquences à long terme de leurs décisions à propos du maintien ou de la
modification de la technique des joueurs. Ils ne tiennent souvent compte que des
performances à court terme sans essayer de changer les habitudes qui peuvent
s’avérer efficaces actuellement mais qui limiteront les possibilités futures des
joueurs.
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 279

Les écrans
Pour poser un bon écran, il faut s’ar-
rêter correctement, garder la position de
base du basket et un bon équilibre, se
protéger la poitrine avec les bras et ne
pas bouger.
Il existe deux manières principales
de poser un écran :

• se déplacer jusqu’au défenseur et


poser l’écran là-bas (voir diag.
10)
• se trouver quelque part sur le ter-
rain et laisser le coéquipier qui
portera l’écran déplacer son
défenseur vers l’écran (voir diag.
11).

Diag. 10 Diag. 11

Dans les deux cas, les erreurs les plus fréquentes des 15 à 18 ans sont les sui-
vantes :

• poser l’écran au mauvais endroit. Les joueurs doivent comprendre où se trou-


ve l’emplacement exact de l’écran pour que cela fonctionne. S’ils se dépla-
cent jusqu’à la position du défenseur pour poser un écran latéral (voir diag.
10), ils doivent se placer de sorte que l’épaule du défenseur soit dans l’axe
du milieu de leur poitrine et laisser la jambe du défenseur entre les deux
jambes du poseur d’écran
• adopter une position incorrecte avec un mauvais équilibre : une position incor-
recte des jambes (trop proches normalement) et un centre de gravité trop
haut (genoux pas assez fléchis). Il est important de corriger ces fonda-
mentaux afin de poser de bons écrans
• pousser le défenseur (parfois à cause d’un mauvais équilibre), au lieu de lais-
ser l’autre établir le contact physique. Les jeunes joueurs doivent com-
280 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

prendre que le rôle du poseur d’écran est uniquement d’établir une posi-
tion forte qui permettra de bloquer les mouvements du défenseur. C’est le
défenseur, et pas le poseur d’écran, qui doit établir le contact physique lors-
qu’il ne peut pas se débarrasser de l’écran
• se déplacer pour établir un contact ; de même, quelques jeunes joueurs chan-
gent leur position initiale de poseur d’écran pour établir un contact phy-
sique avec le défenseur lorsqu’il dépasse correctement l’écran. Ils bougent
leurs pieds, leur hanche, leurs épaules ou leurs bras pour empêcher le mou-
vement du défenseur, ce qui provoque souvent une faute personnelle
• éviter le contact ; certains jeunes joueurs posent un écran « avec les yeux fer-
més », ils diminuent la largeur de leur corps ou s’écartent légèrement pour
éviter le contact avec le défenseur. L’entraîneur devrait bien évidemment
corriger ces erreurs.

Différencier prise de décision et exécution


Comme nous l’avons souligné dans les sections précédentes, il est important
que les entraîneurs qui travaillent avec les 15 à 18 ans évaluent leur niveau tech-
nique dans tous les fondamentaux apparentés aux mouvements sans balle pour
corriger les erreurs. Cependant, souvent, le résultat d’une performance erronée
de ces fondamentaux n’est pas imputable à la qualité de l’exécution mais au
manque de décision à propos de cette performance.
Le problème d’un joueur qui ne pose pas d’écran n’est peut-être pas dû à un
manque de technique pour poser des écrans mais à un manque de décision pour
les poser. Ce problème est commun à toutes les actions de basket qui jouissent
d’une reconnaissance sociale moindre (écran, blocage, aide, course en arrière, etc.).
L’entraîneur doit donc prêter attention et corriger la technique (l’exécution) de
ses joueurs, mais aussi améliorer leur prise de décision liée aux performances appro-
priées pour tous les mouvements offensifs sans balle. Dans ce but, les entraîneurs
peuvent utiliser des stratégies telles que celles mentionnées dans le chapitre 4.

* Par exemple : les joueuses d’une équipe de 15 à 16 ans ont travail-


lé la technique du changement de rythme (exécution) et elles y par-
viennent relativement bien. L’entraîneur souhaite à présent augmen-
ter la prise de décision pour changer de rythme. Il leur explique alors
les situations concrètes où il faut qu’elles changent de rythme et orga-
nise un exercice en 3 contre 3 pour mettre en pratique cette décision.
Le 3 contre 3, avec un panier et 20 secondes de possession de balle,
durera 10 minutes. L’objectif de l’exercice est de modifier le rythme
dans les situations expliquées. Chaque fois qu’une joueuse change de
rythme dans ces situations, son équipe gagne un point. À la fin des 10
minutes, l’équipe avec le plus de points gagnera et aura droit, en guise
de récompense, à 3 minutes de repos pendant que l’autre équipe réa-
lisera une série d’exercices de changement de rythme.
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 281

Avec des exercices de ce genre, l’entraîneur peut influencer les décisions de


ses joueurs et les habituer à prendre les bonnes décisions. C’est surtout vrai pour
les mouvements offensifs sans balle.
Cependant, l’entraîneur devrait faire la différence entre la décision et l’exécu-
tion et être attentif à cette dernière même si les jeunes joueurs ont acquis un
niveau raisonnable de maîtrise. Il est possible que quelques joueurs – ou un sim-
plement – soient confrontés à un « recul technique » lorsqu’ils changent de ryth-
me. Dans ce cas, l’entraîneur organisera les exercices appropriés afin d’aider ces
joueurs à améliorer l’exécution du changement de rythme, comme dans l’exerci-
ce expliqué dans le paragraphe sur le changement de rythme) au lieu de penser
qu’ils amélioreront cet aspect à travers des exercices pour motiver la prise de déci-
sion.

Exercices pratiques
• D’après tous les aspects mentionnés ci-dessus, vérifiez l’exé-
cution de joueurs de 15 à 16 ans lorsqu’ils se déplacent sans
la balle.
• Au cours d’un match de basket, choisissez deux joueurs de 15
à 18 ans afin d’observer et de noter combien de fois ils chan-
gent de rythme pour attraper la balle lorsqu’ils attaquent.

Le rebond offensif
D’après leur première expérience en
basket, les joueurs savent qu’il est
important de jouer les rebonds offensifs
et défensifs et l’entraîneur les y incite
souvent, mais de nombreux joueurs,
même de grande taille, ne développent
pas cette habileté faute de la travailler. À
cet âge, l’entraîneur devrait travailler cet
aspect avec ses jeunes joueurs.

Jouer le rebond
Pour jouer un rebond offensif, il faut
tout d’abord que le joueur soit là, c’est-
à-dire dans une position où il puisse lut-
ter pour attraper la balle. De nombreux
282 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

joueurs ne se déplacent pas pour être au bon endroit et ils ratent ainsi les
rebonds.
Le premier pas est donc de travailler la décision d’aller chercher le rebond, le
but étant de se trouver dans la bonne position. Ils seront récompensés si c’est le
cas, indépendamment du fait qu’ils attrapent ou non la balle.

* Par exemple : Boris est un pivot de grande taille de 16 ans qui


joue au centre. Bien qu’il soit près de la bouteille quand ses coéquipiers
tirent, Boris n’essaie presque jamais de jouer le rebond. Son entraîneur
a décidé d’établir un programme spécial d’entraînement pour résou-
dre ce problème. Chaque fois que l’on organise un exercice (3 contre 3,
4 contre 4 ou 5 contre 5), Boris s’est fixé l’objectif individuel de jouer
le rebond. Chaque fois qu’il le fait, indépendamment de s’il attrape ou
non la balle, il accumule un point.
Il doit arriver à un certain nombre de point pour chaque exercice.
S’il y parvient, il peut se reposer avec le restant de l’équipe entre les
exercices, sinon, il doit s’exercer seul à jouer les rebonds. Boris prête
donc attention aux rebonds et ce comportement deviendra une habi-
tude.

Anticiper
En deuxième lieu, il est aussi important d’apprendre aux joueurs à prévoir.
Les joueurs essaient de jouer le rebond, mais ils arrivent en retard parce qu’ils ne
prévoient pas les tirs de leurs coéquipiers. Il est donc important que les jeunes
joueurs apprennent à prévoir les tirs de leurs coéquipiers afin de se déplacer pour
le rebond juste avant le tir.
Afin de développer ce comportement, l’entraîneur doit inclure le rebond dans
de nombreux exercices de l’entraînement pour que les joueurs apprennent à jouer
les rebonds.

* Par exemple : l’entraîneur organise un exercice 4 contre 4 pour


poser des écrans. Il se concentrera normalement sur les écrans et le tir
depuis les écrans et, dès que le joueur aura tiré, l’exercice se termine.
Mais si l’entraîneur insiste aussi sur le rebond offensif et laisse conti-
nuer le jeu après le tir jusqu’à marquer un panier ou que la défense
contrôle la balle, les joueurs auront l’occasion d’apprendre pendant
que leurs coéquipiers tirent.

L’entraîneur devrait donc offrir aux joueurs des occasions d’apprendre cet
aspect important. Il est en outre crucial qu’ils apprennent aux joueurs les signaux
à repérer, c’est-à-dire les signaux qui indiquent aux joueurs « à toi, maintenant! ».
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 283

Lorsque ces signaux sont clairs, l’entraîneur peut fixer l’objectif d’aller cher-
cher le rebond juste quand les signaux apparaissent, ni plus tôt ni plus tard. Il note-
ra alors le comportement des joueurs pendant l’entraînement et les matchs.

* Par exemple : pour continuer avec l’exemple de Boris, l’étape sui-


vante pour ce joueur serait de ne le récompenser avec un point que s’il
va chercher le rebond juste au moment où le signal apparaît, c’est-à-
dire quand il prévoit le tir et va chercher le rebond juste avant que le tir
ne se produise.

Il est également important que l’entraîneur inclue le rebond offensif dans les
mouvements offensifs au lieu de ne les considérer que comme une annexe. Ceci
implique que les mouvements offensifs ne doivent pas se terminer par un tir –
où l’on considérerait le rebond offensif comme un aspect indépendant – mais avec
la position de rebond des joueurs à qui on a assigné cette tâche.
L’entraîneur peut préparer une stratégie pour le rebond comme il le fait pour
le restant du jeu en expliquant à ses joueurs leur position et les couloirs qu’ils
peuvent utiliser pour y arriver après n’importe quel tir de l’attaque. Les joueurs
considéreront alors les rebonds comme une partie de l’attaque et apprendront à
repérer les bons signaux pour anticiper les tirs. Ils posséderont en outre les lignes
directrices à propos des endroits corrects pour les rebonds.

* Par exemple : dans le diagramme 12, l’entraîneur a organisé un


jeu pour tirer et a ignoré, comme d’habitude, le rebond offensif. Par
contre, dans le diagramme 13, le même jeu inclut à présent les mou-
vements des joueurs pour les rebonds. Ce dernier favorise un meilleur
comportement face au rebond et aide les joueurs à apprendre les si-
gnaux et à anticiper, ce qui permet d’organiser des positions de rebond
pour chaque joueur de l’équipe.

Lorsque les joueurs se déplacent pour le rebond, ils peuvent feinter d’un côté
et se déplacer de l’autre pour vaincre leur défenseur le plus proche et se ména-
ger un meilleur passage vers la position de rebond.

Diag. 12 Diag. 13

3 5 3 5

4 4

2 1 2 1
284 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

Occuper la bonne place

L’étape suivante consiste à trouver la bonne position pour les rebonds. Même
si c’est très important, il ne suffit pas pour rattraper le rebond d’anticiper les tirs.
Il est décisif que les joueurs se déplacent vers la droite et atteignent les espaces
devant les défenseurs.
Dans le diagramme 13, nous avons montré que l’on peut organiser une peti-
te stratégie d’équipe pour assigner des places à deux ou trois rebondeurs de
l’équipe. Ceci aidera les joueurs à choisir les bonnes places pour jouer les rebonds.
Les joueurs doivent apprendre 3 règles à ce sujet :

• ils ne doivent pas se trouver juste en dessous du panier


• un tir raté réalisé depuis un côté va le plus souvent de l’autre côté
• les tirs depuis une distance éloignée rebondissent plus longtemps
que ceux réalisés de près.

Les joueurs doivent faire particulièrement attention lorsque leur défenseur


part aider, c’est une bonne occasion pour prévoir et se placer à l’endroit du
rebond.
Ils doivent apprendre à repérer les espaces libres qu’ils peuvent atteindre en
tenant compte de la position des défenseurs. Dès que ces derniers bougent, ils
doivent chercher leur place au lieu de
suivre le trajet de la balle.
Lorsque le joueur anticipe et se place
correctement, il se trouve dans une
bonne position pour attraper la balle,
mais il doit encore lutter contre les
défenseurs pour attraper la balle. La
tâche de l’attaquant consiste alors à
atteindre sa place en évitant que les
défenseurs ne l’occupent.
En tenant compte de ceci, le joueur
devrait utiliser son corps pour établir clai-
rement un contact avec son adversaire
afin de prendre sa place. Ceci requiert
un bon équilibre que l’on obtient en flé-
chissant les genoux et en utilisant cor-
rectement le dos, les épaules et les
coudes.
Pour résumer, le rebondeur doit se
déplacer vers le panier et anticiper les
tirs de ses coéquipiers. Puis, au lieu de
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 285

regarder la balle, il doit chercher l’espace libre et son défenseur le plus proche
pour s’assurer d’occuper la place. Il sera alors prêt à regarder la balle et à bondir
pour l’attraper.

• Les joueurs qui vont chercher les rebonds commettent fréquemment


l’erreur de tourner la tête pour suivre le tir au lieu de profiter de ces
instants pour chercher une place et de jouer le rebond. L’entraîneur
devrait être attentif à ce problème et le travailler.

De nombreux jeunes vont chercher le rebond sans tenir compte de ces aspects.
Ils jouent évidemment certains rebonds car ils ont de nombreuses occasions pen-
dant le match. Mais, seraient-ils capables d’en rattraper plus s’ils développaient
ces aspects ? Nombreux seront ceux qui, sans aucun doute, amélioreront leur
capacité de jouer les rebonds.

Sauter, attraper la balle et tirer


Voici les aspects que les entraîneurs traitent le plus souvent par le biais de
leurs exercices. Les points suivants sont importants :

• le joueur doit se trouver dans une position équilibrée pour sauter, il sautera
aussi haut que possible avec les
bras levés pour tenir la balle ou la
gifler
• le rythme est primordial, les
joueurs doivent apprendre à sau-
ter au bon moment pour attraper
la balle aussi haut que possible
• les joueurs doivent apprendre à
sauter et lever les bras pour attra-
per la balle sans commettre de fautes
sur les défenseurs
• lorsque les joueurs retombent par
terre, ils doivent plier les genoux
pour trouver une position équilibrée
et protéger la balle avec leur corps. Ce
dernier devrait se trouver entre la
balle et les défenseurs
• finalement, le rebondeur devrait
sauter et tirer, il peut parfois fein-
ter avant de tirer. Il devrait de
toute façon tourner la tête pour
286 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

regarder le panier avant de tirer. De nombreux joueurs ratent leur tir parce
qu’ils ne regardent le panier qu’au dernier moment, quand ils lancent la
balle
• les joueurs devraient travailler ces tirs entourés de défenseurs comme ce
sera le cas lors des matchs.

Le rebond de son propre tir


Les jeunes joueurs, surtout les plus grands, devraient aussi apprendre à jouer
le rebond de leurs propres tirs. En fait, de nombreux joueurs qui tirent ne jouent
pas le rebond, arrivent en retard ou se placent mal.
Dans ce cas, le tireur ne peut pas jouer le rebond aussi vite que si ses coéqui-
piers tirent puisque sa première priorité est de bien tirer. Il devrait cependant bien
se placer dès qu’il touche le sol.
Il ne pourra certainement pas lutter pour la meilleure place, mais il aura une
meilleure perspective de la balle. Dès que le joueur touche le sol, sans perdre la
balle de vue, il doit se diriger vers l’endroit où il pense que la balle arrivera.
Comme dans les autres cas, les joueurs doivent prendre cette habitude à travers
les exercices appropriés.

Quelques exercices
Voici quelques exercices simples
pour travailler le rebond offensif.

• Un joueur sous le panier. Il lance


la balle contre la planche et saute
pour l’attraper, puis saute pour
marquer. Répéter 5 fois sans s’ar-
rêter, en changeant de côté.
• Le même exercice : cette fois le
joueur gifle la balle.
• Une colonne de 3 ou 4 joueurs. Le
premier lance la balle sur le
tableau et court se placer au bout
de la file, puis le deuxième gifle la
balle vers la planche, c’est ensuite
au tour du troisième, et ainsi de
suite. Chaque joueur se replace à
la fin de la file après avoir giflé la
balle. Après un certain nombre de
gifles, il faut marquer.
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 287

• Le joueur se trouve hors de la bouteille. L’entraîneur lance la balle. Le


joueur va chercher le rebond et marque. Il ressort de la zone réservée et
l’entraîneur lance une deuxième balle, et ainsi de suite avec une troisième,
une quatrième et une cinquième balle d’affilée.
• Deux joueurs luttent pour le rebond défensif. Ils se trouvent tous les deux
hors de la zone réservée. L’entraîneur lance la balle. Il s’agit tout d’abord
d’arriver à la bonne place puis d’at-
Diag. 14
traper la balle et de marquer.
• Le même exercice avec 3 joueurs
(diagramme 14).
C

• Le même exercice avec trois équipes de deux : la première essaie de jouer


le rebond tandis que les deux autres se reposent quelques secondes jusqu’à
ce que ce soit leur tour.
Diag. 15
• 1 contre 1 : l’entraîneur lance la balle,
l’attaquant essaie de jouer le rebond
défensif, le défenseur bloque. À réa-
liser depuis différentes positions
(voir diag. 15, 16 et 17).
C

• Le même exercice en 2 contre 2 ou


3 contre 3 (voir diag. 18 et 19).

Diag. 16 Diag. 17

Diag. 18 Diag. 19

C C
288 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

• Même exercice 2 contre 2 ou 3 contre Diag. 20


3 : 2 ou 3 joueurs en dehors de la
zone réservée jouent avec la balle
jusqu’à marquer puis cherchent le
rebond (voir diag. 20).

• Les joueurs hors de la raquette Diag. 21


jouent en 1 contre 1 ou en 2 contre 2.
Les joueurs à l’intérieur de la zone
réservée cherchent uniquement le
rebond. Les défenseurs dans la zone
réservée doivent bouger pour aider.
Les rebondeurs attaquants doivent
tirer profit du fait que leurs défen-
seurs partent aider (voir diag. 21).
• 3 contre 3, 4 contre 4 ou 5 contre 5 : situation de match, emphase ou rebond.

Exercice pratique
• D’après les indications mentionnées ci-dessus, évaluez com-
ment des joueurs de 15 à 18 ans travaillent tous les aspects
liés au rebond offensif. Vous pouvez utiliser une fiche
comme celle présentée dans le tableau 25.

Les mouvements de poste bas


À cet âge, les jeunes devraient apprendre à jouer comme arrière depuis un
poste bas (et depuis un poste moyen). Ceci vaut pour tous les joueurs sauf ceux qui
sont vraiment de petite taille. Il est évident que les grands joueurs doivent déve-
lopper les fondamentaux pour jouer comme arrières, mais les avants et les ailiers
peuvent aussi en profiter. En fait, l’une des meilleures stratégies consiste à profi-
ter de la disparité de hauteur avec son défenseur. Ce joueur peut être un pivot,
un ailier ou un arrière s’il est capable de jouer comme arrière à un poste bas.

Avant de recevoir la balle


La première tâche d’un poste bas est d’être capable de recevoir la balle dans
cette position. Cela ne s’avère pas facile car le défenseur essayera d’arrêter la
passe.
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 289

JOUEUR : DATE :
ASPECTS
À COMMENTAIRES
CONSIDÉRER

CHERCHER
LE REBOND

ANTICIPER

SE PLACER

SAUTER ET
ATTRAPER
LA BALLE

TIRER APRÈS
LE REBOND

LE REBOND
DE SON
PROPRE TIR

Tableau 25. Exemple de fiche pour évaluer les qualités individuelles lors d’un rebond offensif.
290 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

• Le joueur doit disposer d’un couloir de passe pour attraper la balle. Ceci
implique qu’il doit se trouver entre la balle et son défenseur. Pour atteindre
cette position, le jeune peut effectuer toute sorte de mouvements.

* Par exemple : s’éloigner de la balle (pour éloigner en même temps


son défenseur) puis changer de direction, accélérer pour revenir et
atteindre le couloir de passe.

Feinter, changer de direction et changer de rythme dans un espace limité sont


des aspects très importants, de même que le rythme, l’arrêt et une position équi-
librée du corps.

• Le couloir de passe n’est pas toujours libre, mais il peut se libérer dès que
la balle passe à un autre coéquipier. Ce concept est très important pour les
pivots bas. S’ils ne peuvent pas attraper la passe depuis une position, au
lieu de lutter pour la passe, ils peuvent lutter pour la passe suivante et anti-
ciper la situation. Ils peuvent profiter du fait que le défenseur arrête cette
passe pour atteindre la bonne position pour la passe suivante. Dès que la
balle arrive à l’autre coéquipier, il sera prêt à recevoir la balle.

* Par exemple : dans le diagramme 22, le joueur 1 possède la balle.


Le couloir de passe vers le joueur 4 (le pivot bas) n’est pas libre car le
défenseur s’y trouve. Le joueur 4 peut travailler la passe suivante en
tirant parti de la position de son défenseur. Il peut le bloquer avec l’é-
paule et le bras pendant que la balle est encore dans cette position.
Ensuite, lorsque le joueur 1 aura passé au joueur 3, le couloir de passe
vers le joueur 3 sera libre.

Lorsque les pivots bas ne sont pas Diag. 22


libres, ils ne doivent pas suivre le mou-
vement de la balle en jouant « derrière
4
elle ». Bien au contraire, ils doivent anti-
3
ciper l’endroit où ira la balle et se prépa-
rer pour la passe suivante.

• Lorsque le couloir de passe est


finalement libre, il est important de 1

retenir le défenseur jusqu’à ce que


le coéquipier attrape la balle.
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 291

• Une erreur fréquente chez les jeunes joueurs est de ne retenir le


défenseur que jusqu’à ce que leur coéquipier passe la balle, puis ils
se déplacent pour attraper la balle, ce qui laisse le défenseur libre,
et ce dernier en profite pour intercepter la balle en chemin.
• Les joueurs devraient au contraire garder une bonne position du
corps, les genoux fléchis, retenir le défenseur avec l’épaule et le bras
et utiliser l’autre main comme cible pour recevoir la balle. Ils de-
vraient pouvoir arrêter la balle avec cette main tout en retenant le
défenseur et ce n’est qu’alors qu’ils peuvent attraper la balle avec
l’autre main et utiliser le couloir libre vers le panier.

• Lorsque le défenseur se trouve derrière le pivot, le couloir sera libre, mais


le défenseur peut prévoir et intercepter la passe. Le pivot doit alors s’as-
surer de contrôler son défenseur.

Dans ce cas, le pivot devrait établir un contact avec son défenseur avec le bas du
dos, sans perdre l’équilibre (se faisant le plus gros possible, mais sans perdre
l’équilibre), les genoux fléchis, le haut du corps légèrement penché vers l’avant,
les bras et les mains tendus en avant pour demander la passe. En utilisant cor-
rectement son corps, le poste bas peut créer un maximum de place entre son
défenseur et la position où il attrapera la balle.
Le joueur doit tenir la balle avec le bras tendu, et non pas près de sa poitrine
comme les jeunes joueurs le font normalement. Il doit ensuite ouvrir ses coudes
et ramener la balle sur la poitrine bien protégée. Il est parfois utile de faire un pas
en avant vers la balle lorsqu’elle arrive au joueur pour que le défenseur ait plus
de difficultés à intercepter la passe. Mais cela ne veut pas dire que le pivot bas
doive recevoir la balle dans une position inadéquate. Il doit recevoir la balle là
où il peut être dangereux.

Jouer avec la balle


Dès que le pivot bas possède la balle, deux possibilités s’offrent à lui : si la
voie est libre vers le panier, il doit se déplacer rapidement pour tirer, sinon, il doit
tourner la tête pour évaluer la situation.

• Les jeunes joueurs commettent fréquemment deux erreurs : drib-


bler dès qu’ils reçoivent la balle et baisser la tête, ce qui leur fait
perdre la perspective de ce qui se passe.

En dédiant une seconde à regarder, le pivot pourrait observer la position de son


défenseur ainsi que les mouvements des autres défenseurs et la position de ses
coéquipiers. Il verra alors le côté le plus faible de son défenseur, les intentions
292 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

des autres adversaires et si un coéquipier est prêt


à recevoir une bonne passe. Cette vue d’ensemble
est essentielle pour que le pivot bas joue correcte-
ment.

• La passe est un élément très important pour


un pivot bas. Il faut donc construire une capa-
cité spécifique de passe dans la position du
pivot bas à partir de la capacité générale de
passe. Ceci inclut de petites passes à une
main aux joueurs qui coupent vers le panier,
des passes rapides à une main pour les
coéquipiers de mi-distance et même des
passes en suspension pour aider. Les joueurs
doivent apprendre à passer au milieu d’une
« jungle » de bras et de mains qui essaient
d’intercepter la balle. Ils doivent donc cher-
cher le bon chemin pour faire une bonne
passe rapide qui permettra à un coéquipier
de tirer.

L’entraîneur doit donc consacrer du temps à développer cette tactique de


passe par le biais d’exercices appropriés.

* Par exemple : 3 contre 3 : 2 joueurs de mi-distance et un pivot bas.


Ce dernier attrape la balle et les deux défenseurs de mi-distance vont
aider. Le pivot doit renvoyer la balle dans de bonnes conditions pour
un tir. Parfois, un défenseur de mi-distance peut couper vers le panier
tandis que les autres restent dehors. Le pivot pourra alors passer au
coupeur ou au tireur de mi-distance.

• Les pivots doivent apprendre à décider s’ils passent à un coéquipier ou s’ils


essaient de marquer. Ceci dépendra des actions des défenseurs. S’ils aident,
la meilleure option sera de passer à un coéquipier démarqué. S’ils n’aident
pas, le pivot bas devrait lutter contre son défenseur pour marquer.

Les mouvements spécifiques


Voici quelques exemples de mouvements spécifiques que le pivot peut effec-
tuer contre son défenseur.

• Feinter d’un côté (à droite par exemple) en tournant légèrement la hanche,


l’épaule et la tête rapidement, puis faire glisser la jambe opposée (la
gauche) vers le panier tout en tournant vers la gauche et en basculant le
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 293

poids du corps sur cette jambe.


Faire rebondir la balle avec un
dribble court et rapide entre les
jambes.
• La même feinte. Après avoir fait
glisser l’autre jambe (la gauche)
et fait rebondir la balle entre les
jambes, ne pas se tourner vers
l’anneau mais rester en arrière,
faire glisser légèrement l’autre
jambe (la droite) et attraper la
balle en faisant un pas avec cette
jambe, puis bouger rapidement le
pied gauche en tournant la tête
pour voir l’anneau et sauter sur
ce pied pour un tir rapide à l’an-
neau.
Il faut constamment protéger la
balle. Ne pas étirer le bras pour
marquer. Il s’agit d’amener la
balle du côté du tir avec les deux
mains puis réaliser une extension
complète au-dessus de l’oreille. On peut alors utiliser l’autre bras pour se pro-
téger de la défense.
• Le même mouvement, mais après le dernier pas, au lieu de sauter pour un
court tir au panier, feinter en bougeant légèrement la tête puis se retour-
ner, pivoter sur le pied arrière (le droit) puis sauter et tirer.

Il existe bien évidemment d’autres mouvements possibles, mais ceux men-


tionnés plus haut donnent une idée de ce que les joueurs peuvent faire. Dans tous
les exercices il faut regarder l’anneau avant de tirer afin que le joueur voie à l’avan-
ce la cible et puisse donc être plus précis. Beaucoup de jeunes joueurs ne voient
l’anneau que lorsqu’ils lancent la balle, c’est une grossière erreur qui explique le
grand nombre de tirs ratés.

Exercices
On peut organiser de nombreux exercices pour s’entraîner au jeu du poste
bas. Il faudrait réaliser séparément les trois aspects mentionnés plus haut : bou-
ger avant de recevoir la balle, passer et jouer avec la balle pour marquer. D’autres
exercices peuvent combiner deux de ces aspects : recevoir et passer ; recevoir et
essayer de marquer ; passer et jouer pour marquer. D’autres exercices peuvent
inclure les trois phases : recevoir, passer et marquer. Voici à présent quelques
exemples.
294 BASKETBALL POUR JEUNES JOUEURS

• Objectif : s’entraîner à des mouvements spécifiques pour marquer. Les joueurs


commencent avec la balle au poste bas et répètent différents mouvements.
L’entraîneur explique, montre et Diag. 23
interrompt pour corriger. Il n’y a pas
de défense. Plus tard, on inclura la
défense dans ce même exercice.
• Objectif : attraper la balle et jouer
pour marquer. Le même exercice,
mais un coéquipier passe à présent
depuis le périmètre. Il n’y a pas de
défense. Plus tard, on inclura la
défense dans ce même exercice (voir diag. 23).
• Objectif : améliorer la technique de réception. Un poste bas. Deux coéqui-
piers de mi-distance portent chacun une balle. Le poste bas s’entraîne à
attraper le ballon, il attrape la balle et la passe à nouveau, puis il se dirige
vers l’autre balle et ainsi de suite. L’entraîneur montre l’exemple et inter-
rompt pour corriger. Il n’y a pas de
défense. Plus tard, on inclura la Diag. 24
défense dans ce même exercice.
• Objectif : dégager un couloir de
passe. Un poste bas et un défen-
seur. Deux joueurs de mi-distance.
Le poste bas essaie de dégager un
couloir libre tandis que le défen-
seur essaie d’arrêter la passe. Les
joueurs de mi-distance essaient de
passer la balle vers l’intérieur à travers le couloir de passe (voir diag. 24).
• Objectif : décider de passer ou de marquer. 2 contre 2 ou 3 contre 3. Le poste
bas reçoit la balle (les défenseurs ne peuvent pas intercepter cette passe)
puis il doit décider s’il passe le ballon ou essaie de marquer, selon qu’il dis-
pose ou non de l’aide des défendeurs (voir diag. 25 et 26).
Diag. 25 Diag. 26

• Objectif : jouer dans des conditions normales. 2 contre 2 ou 3 contre 3. Les


joueurs de mi-distance passent au poste bas qui doit se frayer un couloir
libre, essayer de recevoir la balle et décider s’ils passent ou jouent pour
marquer. Ils devront utiliser les passes ou les mouvements adéquats.
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 295

8.3. DÉVELOPPER LES PRISES DE DÉCISION TACTIQUES

L’un des aspects les plus importants de l’entraînement des 15 à 18 ans est le
développement de la prise de décision tactique, c’est-à-dire apprendre à décider
selon les connaissances tactiques.
De nombreux entraîneurs n’insistent pas suffisamment sur cet aspect et pen-
sent que les enfants apprendront simplement en travaillant les mouvements d’at-
taque. Mais un problème fréquent chez de nombreux jeunes joueurs (et des pro-
fessionnels par la suite) est qu’ils ne savent pas pourquoi ils décident une chose
ou une autre. L’entraîneur devrait tenir compte de cet aspect et travailler avec les
jeunes joueurs pour améliorer leur prise de décision tactique.
Les jeunes joueurs développent des prises de décision tactiques simples s’ils
s’y entraînent correctement depuis qu’ils font du mini-basket. À cet âge, ils vivent
des situations de 1 contre 1, 2 contre 2 et 3 contre 3 ainsi que des matchs normaux
de 5 contre 5 qui impliquent de nombreuses décisions. Un jeune de 13 ou 14 ans
qui joue en 2 contre 2 doit décider s’il passe à son coéquipier ou tire lui-même,
s’il se lance à l’assaut de l’anneau ou attend un écran.

La méthode de l’essai et de l’erreur agrémentée de quelques indications de


l’entraîneur permet au jeune joueur de découvrir quelques stimuli importants
pour prendre des décisions pendant le jeu. Plus tard, avec les 13 à 14 ans, l’en-
traîneur peut être plus direct et apprendre quelques concepts importants. À pré-
sent, avec les 15 à 18 ans, l’entraîneur doit prévoir dans l’entraînement le déve-
loppement de la prise de décision. De même que pour d’autres aspects, le
programme doit tout d’abord évaluer le niveau des joueurs pour détecter leurs
ressources (les points forts à consolider) et leurs besoins (les lacunes à combler).
296 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

Les critères pour prendre des décisions tactiques


Afin de prendre la bonne décision, les joueurs doivent comprendre les cri-
tères clé pour prendre ces décisions. Dans une situation de 2 contre 1, par
exemple, le porteur de balle doit décider s’il passe à un coéquipier ou s’il
dribble vers le panier pour un tir en course en lay-up. Quel est le critère de déci-
sion ?
Dans ce cas, la défense joue un rôle important : si un défenseur l’empêche de
dribbler, il vaudra mieux passer à un coéquipier, mais si le défenseur reste au
milieu et laisse suffisamment de place pour atteindre le panier, la décision la plus
appropriée sera de continuer à dribbler pour un lay-up. Si le joueur comprend
ces critères, il prendra la bonne décision.
Au cours de leurs années de basket, de nombreux jeunes de 15 à 18 ans ont
automatisé des habitudes de basket en se basant surtout sur les aspects du jeu
qu’ils maîtrisent le mieux. Quand on observe les 1 contre 1, on remarque constam-
ment les mêmes mouvements indépendamment de leur bien-fondé. Le cas est le
même pour les 2 contre 2, les 3 contre 3, les 4 contre 4 ou les 5 contre 5. La plu-
part des joueurs utilisent leurs meilleures ressources sans réfléchir s’il s’agit de
la tactique la plus appropriée pour la circonstance. Un joueur qui est un bon tireur
à mi-distance aura tendance à tirer même si un coéquipier est mieux situer sous
le panier.
À cet âge, c’est donc l’entraîneur qui décide de leur enseigner à prendre des
décisions tactiques. Il leur explique les critères clé dont ils doivent tenir compte
pour adopter les bonnes décisions.
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 297

Ces critères devraient être clairs et servir à l’entraîneur pour juger et corri-
ger les décisions des joueurs. Comme nous l’avons déjà vu dans les chapitres
précédents, l’entraîneur n’a souvent pas de critères clairs, ce qui le mène à juger
et à corriger les joueurs selon les résultats de leurs décisions.

* Par exemple : si un joueur décide de faire une passe et que cette


dernière est réussie, l’entraîneur aura tendance à juger la décision
correcte, tandis que si la passe est interceptée, l’entraîneur la jugera
comme une décision erronée.

Dans ce cas, le seul critère est le résultat de l’action, mais il s’agit-là d’un mau-
vais critère pour motiver le processus d’apprentissage de prise de décision.
Pourquoi ? Parce qu’il est probable que le joueur qui a obtenu de mauvais résul-
tats (il a perdu la balle lors de la passe) ne prendra plus cette décision. C’est la
raison pour laquelle de nombreux joueurs se limitent si tôt, ils n’essaient pas de
prendre des décisions qui pourraient les mener à de mauvais résultats.
C’est pourquoi les critères pour juger si une décision est correcte ou non doi-
vent être présents avant de prendre une décision. Ces critères devraient être liés
aux conditions du basket au moment où le joueur prend la décision.
Les critères pour prendre les décisions doivent inclure des stimuli clé très clairs
que les joueurs doivent reconnaître quand ils jouent. Les mouvements d’un
défenseur dans une direction ou une autre peuvent s’avérer être un stimulus clé
pour prendre une décision ou une autre.
Pendant qu’ils jouent, les jeunes doivent apprendre à prêter attention aux sti-
muli clé afin de prendre les bonnes décisions.

Exercices pratiques
• Pensez et notez quelques critères pour juger les décisions
correctes des joueurs lors des situations suivantes : 1 contre
1, 2 contre 2, 2 contre 1, 3 contre 2 et 3 contre 3.
• Décidez ensuite les stimuli clé auxquels les joueurs doivent
prêter attention pendant qu’ils jouent.

Quelques exemples
Dès que les critères sont clairs, l’entraîneur doit organiser les exercices appro-
priés afin de développer les décisions correctes. Ces exercices devraient surtout
inclure toutes les conditions qui font partie des critères et offrir au joueur l’occa-
sion de prendre de nombreuses décisions.
298 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

Comme exercice, voyons quelques décisions tactiques d’attaque dans le cadre


d’un 3 contre 3. La difficulté de l’exercice doit augmenter progressivement,
depuis des exercices dont les demandes et le fonctionnement sont faciles jusqu’à
des exercices plus complexes lorsque les joueurs maîtrisent les concepts préa-
lables.

Passer au poste bas

La décision :

• La première décision de cet exemple est celle des joueurs de mi-distance


qui passent au poste bas.

Les critères :

• La passe doit être effectuée en dessous du prolongement de la ligne de lan-


cers francs (voir diag. 27 et 28).
• Le défenseur du poste bas doit se trouver derrière lui (voir diag. 27) ou
jouer une défense à trois quarts de face du côté opposé au passeur (voir
diag. 28).
✓ Ceci implique que, selon ces critères, la décision correcte serait de pas-
ser la balle au poste bas lorsque le passeur se trouve en dessous de la
prolongation de la ligne de lancers francs (comme le joueur 3 dans les
diagrammes 27 et 28) et que le défenseur du poste bas se trouve soit der-
rière lui (voir diag. 27) soit en défense à trois quarts de face de l’autre
côté du passeur (voir diag. 28).
✓ À ce niveau du processus d’apprentissage, passer la balle au poste bas
dans différentes situations (au-dessus de la prolongation de la ligne de
lancers francs ou si le défenseur du porteur de balle se trouve de face,
par exemple) ne serait pas une bonne décision.

Diag. 27 Diag. 28

5
5
3
3

1
1
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 299

L’exercice :

• Exercice compétitif 3 contre 3 sur un panier, pendant 10 minutes. L’équipe


qui marque continue à attaquer, les gagnants se reposent pendant 2
minutes, les perdants font des sprints.
• Les règles : ils ne peuvent marquer que si le poste bas reçoit la balle comme
résultat d’une bonne décision (passer en dessous de la prolongation de la
ligne de lancers francs, etc.) ; tous les joueurs peuvent marquer en tirant et
après rebond, mais seulement s’ils ont pris la bonne décision de passer au
poste bas. Lorsqu’une équipe marque sans avoir passé au pivot bas, le
point ne compte pas et la balle passe à l’autre équipe.
• Afin d’augmenter les occasions de prendre la bonne décision, on établit
deux règles à ce niveau : le défenseur du poste bas ne doit jouer que der-
rière lui (ensuite derrière et de trois quarts) et les défenseurs des joueurs
de mi-distance ne peuvent pas intercepter la passe intérieure.

Les commentaires :

• Cet exercice force les joueurs à prendre la bonne décision, les critères éta-
blis par l’entraîneur sont liés à la décision. Il est important de commencer
par un exercice restreint, comme celui-ci, afin que les joueurs s’habituent
à prendre la bonne décision.
• L’entraîneur n’a pas besoin de dire constamment aux joueurs : « passez la
balle au poste bas », « passez la balle au poste bas », « ne passez pas au-
dessus de la prolongation de la ligne de lancers francs », etc. Les règles de
l’exercice permettront aux joueurs de prêter attention à tous les thèmes
importants (la décision et les critères corrects).
300 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

Les décisions du poste bas

La décision :

• L’étape suivante consiste à développer les décisions du poste bas lors-


qu’il reçoit la balle. Il peut apprendre à décider entre jouer 1 contre 1
contre son défenseur pour marquer ou passer la balle à ses coéquipiers
de mi-distance (voir la section ci-dessus consacrée aux mouvements des
postes bas).

Les critères :

• Le poste bas a reçu la balle, son défenseur se trouve derrière lui.


• Les stimuli clé seront les actions des défenseurs de mi-distance :
✓ s’ils aident, la décision correcte consiste à passer au coéquipier qui se
démarque (voir diag. 29)

Diag. 29

5
3

✓ s’ils n’aident pas, la décision correcte serait de jouer en 1 contre 1 pour


marquer (comme sur le diagramme 26 de la page 294).

L’exercice :

• Le même exercice 3 contre 3 sur un panier, pendant 10 minutes. L’équipe


qui marque continue à jouer comme attaque. Les gagnants se reposent
deux minutes tandis que les perdants font des sprints.
• Les règles : ils ne peuvent marquer que si le poste bas reçoit la balle en des-
sous de la ligne de lancers francs étendue, etc.
• Chaque fois que le poste bas prend une bonne décision (passer ou marquer
selon les critères établis), son équipe obtient un point supplémentaire (un
maximum de 2 points par manche). Par contre, chaque fois que le poste bas
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 301

prend une mauvaise décision (selon les critères établis), son équipe perd
un point.
• Afin d’augmenter les occasions de prendre la bonne décision, on maintient
les deux règles établies dans l’exercice précédent : le défenseur du poste
bas ne doit jouer que derrière lui (ensuite derrière et de trois quarts) et les
défenseurs des joueurs de mi-distance ne peuvent pas intercepter la passe
intérieure.
• Si l’entraîneur remarque que les défenseurs réagissent toujours de la même
manière (ils aident ou non), il peut établir une autre règle : les défenseurs
perdront 3 ou 5 points si à la fin de l’exercice ils choisissent une possibili-
té trois fois de plus que l’autre (aider ou non). L’entraîneur devra alors écri-
re ce que les défenseurs ont fait chaque fois et communiquer la situation
générale toutes les 3 minutes.

Ceci permettra aux défenseurs de prêter attention à leur comportement (aider


ou non) qui est un critère de décision pour le poste bas. L’entraîneur contrôlera
ainsi la présence des deux stimuli clé (aider ou non) qui favorisera l’apprentis-
sage de la prise de décision chez le poste bas.

Les commentaires :

• Ces règles offrent au poste bas de nombreuses occasions de prendre la


bonne décision.
• Cet exercice est lié au précé-
dent afin que les joueurs de mi-
distance travaillent aussi la
décision de passer au poste
bas.
302 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

Les décisions des joueurs de mi-distance

Les décisions :

L’étape suivante dans ce contexte consiste à développer les décisions des


joueurs de mi-distance.
• Tout d’abord, lorsque le poste bas reçoit la balle et que le défenseur du
joueur se déplace pour aider, il doit décider de se déplacer vers un endroit
où il peut recevoir une bonne passe retour (décision 1).
• Ensuite, lorsque le joueur de mi-distance reçoit à nouveau la balle du poste
bas, il doit décider s’il tire ou s’il entre dans la bouteille pour effectuer un
lay-up ou un tir en suspension après un ou deux dribbles (ou passer à un
coéquipier démarqué si son défenseur tourne) (décision 2).

Les critères :

Décision 1 :

• Le défenseur du joueur se déplace pour aider à l’intérieur.


• La position du défenseur sera le stimulus clé. Selon cette position, le joueur
de mi-distance devrait se déplacer là où le couloir de passe est libre vers le
poste (voir diag. 30). Ce serait la bonne décision.

Diag. 30

5
3

Décision 2 :

• Le poste bas renvoie la balle. Le joueur de mi-distance attrape la balle, ses


pieds sont bien placés, il se trouve face au panier et prêt à tirer la balle.
• Les stimuli clé seront les mouvements de son défenseur (qui est parti aider
lorsque le poste bas a reçu la balle).
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 303

✓ Si le défenseur ne revient pas, la bonne décision sera de tirer.


✓ Si le défenseur revient, la bonne décision consistera à feinter légèrement
un tir et à se lancer pour un lay-up ou un tir en suspension après un ou
deux dribbles (voir diag. 31).

Diag. 31

5
3

• Par la suite, on pourra ajouter d’autres stimuli clé : les mouvements de


l’autre joueur de mi-distance.
✓ S’il tourne pour arrêter le tir, la bonne décision sera de passer la balle à
un coéquipier démarqué (voir diag. 32).

Diag. 32

3 5

L’exercice :

• Même exercice 3 contre 3 sur un panier pendant 10 minutes. L’équipe qui


marque continue à attaquer. Les gagnants se reposent deux minutes tan-
dis que les perdants font des sprints.
• Les règles : ils ne peuvent marquer que si le poste bas reçoit la balle en des-
sous de la prolongation de la ligne de lancers francs, etc.
• Chaque fois que le joueur de mi-distance prend une bonne décision (déci-
sion 1 ou 2), son équipe obtient un point supplémentaire (un maximum de
3 points par manche). Par contre, chaque fois que le joueur de mi-distance
304 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

prend une mauvaise décision (selon les critères établis), son équipe perd
un point.
• Afin d’augmenter les occasions de prendre des décisions, on maintient les
deux règles établies dans l’exercice précédent : le défenseur du poste bas
ne doit jouer que derrière lui (ensuite derrière et de trois quarts) et les
défenseurs des joueurs de mi-distance ne peuvent pas intercepter la passe
intérieure.
• En outre, les défenseurs des joueurs de mi-distance (au moins un) doivent
aider lorsque le poste bas reçoit la balle. S’ils ne le font pas, leur équipe
perd un point et l’équipe attaquante récupère le ballon.
• Si l’entraîneur remarque que les défenseurs réagissent toujours de la
même manière aux passes du poste bas (revenir pour arrêter le tir ou
non), il peut établir une autre règle : les défenseurs perdront 3 ou 5 points
si à la fin de l’exercice ils choisissent une possibilité trois fois de plus que
l’autre (revenir ou non). L’entraîneur devra alors écrire ce que les défen-
seurs ont fait chaque fois et communiquer la situation générale toutes les
3 minutes.

Ceci permettra aux défenseurs de prêter attention à leur comportement


(revenir ou non) qui est un critère de décision pour les joueurs de mi-distance
dans le cas de la décision 2. L’entraîneur contrôlera ainsi la présence des deux
stimuli clé (revenir ou non) qui favorisera l’apprentissage correct de cette prise
de décision.

Les commentaires :

• Dans cet exercice, le poste bas n’a qu’une seule option possible (passer aux
joueurs de mi-distance), mais il doit reconnaître les stimuli clé (quel défen-
seur va aider ?) pour décider s’il passe à un coéquipier ou à l’autre. Il s’ha-
bitue donc à discerner les stimuli et à les lier aux bonnes décisions.
• On met l’accent sur les décisions que prennent les joueurs de mi-distance.
L’attention de l’entraîneur et ses commentaires se concentrent sur ces déci-
sions.
• Comme dans les exercices précédents, les règles favorisent la prise des déci-
sions 1 et 2.
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 305

Les décisions du poste bas et des joueurs de mi-distance

Les décisions :

• L’étape suivante consiste à travailler à la fois les décisions de poste bas


(passer ou marquer) et les décisions des joueurs de mi-distance (passer au
poste bas et les décisions 1 et 2 lorsque le poste reçoit la balle).

Les critères :

• On utilise les mêmes critères que dans les exercices précédents.

L’exercice :

• Le contexte et les règles sont les mêmes que dans les exercices précédents.
• Les défenseurs des joueurs de mi-distance devraient combiner l’aide et l’ab-
sence d’aide. Pour y parvenir, l’entraîneur peut maintenir la règle sur la
perte de 3 ou 5 points.
• Les défenseurs des joueurs de mi-distance devraient combiner le fait de
remonter ou non pour arrêter la balle. Pour y parvenir, l’entraîneur peut
maintenir la règle sur la perte de 3 ou 5 points.

Les commentaires :

• L’entraîneur doit contrôler de près cet exercice et prêter attention aux


actions des défenseurs (les noter) et aux décisions des attaquants (on peut
les récompenser ou les punir selon les règles du jeu).
• Les objectifs et le fonctionnement de cet exercice sont complexes, il est donc
bon de maîtriser auparavant les exercices précédents qui sont plus simples.
306 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

Quelques variations

On peut modifier quelque peu ces exercices (les mêmes décisions, les mêmes
critères, les mêmes règles).

• Les joueurs de mi-distance peuvent Diag. 33


utiliser un coéquipier ou l’entraî-
neur pour passer la balle et chan- 3 5

ger de position (voir diag. 33).

1 C

• L’arrière (joueur 1) peut dribbler Diag. 34


sous de la prolongation la ligne de
lancers francs et l’ailier (joueur 3) 3
5
coupe derrière le poste pour rem-
placer l’arrière (voir diag. 34).

• L’ailier (joueur 3) peut se déplacer Diag. 35


pour poser un écran au poste
(joueur 5) afin de changer de posi- 5

tion avec ce dernier (voir diag. 35).


3

1
• On peut permettre aux joueurs de
passer la balle au poste bas en se
plaçant au-dessus de la prolonga-
tion de la ligne de lancers francs si
la balle arrive du dessous de cette
ligne et que le défenseur du poste Diag. 36
bas joue de trois quarts à côté de la
ligne de fond ou de face. Ces posi- 5

tions du défenseur du poste bas 3

seront des stimuli clé pour passer


la balle de l’aile (sous la prolonga-
tion de la ligne de lancers francs) à
1
l’arrière (au-dessus de cette ligne)
puis au poste (voir diag. 36).
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 307

Susciter la situation de prise de décision

Un aspect important à développer avec de jeunes joueurs consiste à créer des


situations où il faut prendre des décisions tactiques.
Dans ce but, l’entraîneur peut établir des règles pour favoriser la créativité
des joueurs. Il peut ainsi observer comment les joueurs se débrouillent. Par la
suite, il peut donner plus d’informations aux joueurs pour favoriser certaines
solutions. Il peut aussi établir une règle selon laquelle les joueurs doivent utili-
ser 2, 3 ou 4 solutions différentes au cours de l’entraînement. En voici un
exemple.

L’objectif de l’exercice :

• Les joueurs doivent susciter la situation adéquate pour prendre des déci-
sions tactiques en jouant avec le poste bas.

L’exercice :

• Compétition 3 contre 3 sur un panier pendant 10 minutes. L’équipe qui


marque continue à attaquer, les gagnants se reposent 2 minutes tandis que
les perdants font des sprints.
• Les règles : on ne peut marquer que si le poste bas reçoit la balle sous la pro-
longation de la ligne de lancers francs.
• Au lieu de commencer l’exercice avec la formation habituelle, comme dans
les exercices précédents, ils commencent au milieu du terrain. Ils doivent
alors se déplacer et s’organiser pour respecter les règles. Les diagrammes
37, 38 et 39 illustrent les possibilités parmi lesquelles les joueurs peuvent
choisir.

Diag. 37 Diag. 38

3 2 3 2
1 1
308 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

Diag. 39

3 2
1

• Par la suite, le début de l’exercice peut devenir plus complexe. On peut par
exemple placer les 6 joueurs au milieu du terrain. Pendant 2 à 5 secondes,
ils courent lentement ou font un travail défensif du pied, puis l’entraîneur
passe la balle à l’un d’entre eux et son équipe doit attaquer, ce joueur devra
alors faire remonter la balle. Les joueurs doivent ensuite se déplacer pour
créer une situation offensive selon les règles de l’exercice.

✓ ils ont besoin d’un poste bas


✓ ils ont besoin de quelqu’un en dessous de la prolongation de la ligne
de lancers francs pour passer la balle au poste bas.

• Les joueurs doivent utiliser plusieurs solutions pour créer la situation


requise par les règles (voir diag. 37, 38 et 39). L’entraîneur peut influencer
ces décisions en simplifiant ou non l’exercice et en établissant d’autres
règles telles que celles-ci :

✓ les joueurs ne peuvent pas utiliser la même solution deux fois de


suite. S’ils ne respectent pas cette règle, ils perdent la balle
✓ le même joueur ne peut pas être poste bas deux fois de suite. S’ils ne
respectent pas cette règle, ils perdent la balle
✓ ils ne peuvent pas jouer du même côté deux ou trois fois de suite. S’ils
ne respectent pas cette règle, ils perdent la balle
✓ ils doivent inclure des aspects concrets tels que : poser un écran, le
dribbleur ne peut pas dribbler sous la prolongation de la ligne de
lancers francs, etc.
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 309

Les commentaires :

• Ce genre d’exercice permet aux jeunes joueurs d’augmenter leurs connais-


sances en basket et leur créativité pour construire des situations tactiques où
ils peuvent prendre des décisions tactiques.
• On peut compléter cet exercice par les règles des exercices précédents à
propos des décisions du poste bas et des joueurs de mi-distance. On peut
par exemple ajouter des règles spécifiques pour travailler la prise de déci-
sions du poste bas (passer ou essayer de marquer).

Exercice pratique
• À partir d’une structure de base 2 contre 2 ou 3 contre 3,
concevez une série d’exercices pour améliorer les décisions
tactiques d’attaque.
310 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

8.4. CONSTRUIRE LE JEU DE L’ÉQUIPE

Construire un jeu d’équipe est un aspect important pour les 15 à 18 ans. Mais
les entraîneurs devraient comprendre qu’il s’agit d’un processus progressif au
cours de ces années plutôt que d’un travail à réaliser en quelques semaines.
La construction d’un jeu d’équipe est étroitement liée à l’amélioration des fon-
damentaux individuels et au développement de la prise de décision tactique afin que
les joueurs apprennent à agir en utilisant les ressources individuelles appropriées.
Le développement du jeu d’équipe devrait combiner la défense et l’attaque.
Il faut construire ces deux aspects en parallèle, ce qui s’avérera bon pour les deux.
En général, le jeu d’équipe à cet âge devrait couvrir des aspects inclus dans
les sections suivantes.

Les concepts de défense de l’équipe


La position de base
D’après la position de la balle et des attaquants, la position de base est la pre-
mière étape de la défense d’une équipe. Les joueurs auront sûrement appris cer-
tains de ces aspects pendant les années précédentes au cours de 2 contre 2 ou de
3 contre 3, mais ils doivent maintenant comprendre tout le processus de défense.

• L’entraîneur doit prendre une décision : quelle technique utilisera-t-on pour


défendre des joueurs qui se trouvent à un pas du ballon ? Refus (voir diag.
40) ou flottement (voir diag. 41) ?

Diag. 40 Diag. 41

3 3

1 2
2 1

Diag. 42

• Est-ce que cela dépendra du côté


3
du défenseur ? Refuser s’il se trou-
ve du côté fort ou de la balle et flot-
ter s’il se trouve du côté de l’aide ?
(voir diag. 42).
2
1
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 311

• Lorsque le ballon se trouve sous la prolongation de la ligne de lancers


libres, comment les joueurs défendront-ils la passe retour vers l’arrière ?
En refusant (voir diag. 43) ou en flottant (voir diag. 44) ?

Diag. 43 Diag. 44

3 3

1 1

• Voici les décisions clé que l’entraîneur doit prendre puisqu’il doit ensei-
gner aux joueurs un système ou un autre sans les embrouiller avec des
messages ambigus ou contradictoires.

• L’étape suivante serait que les joueurs apprennent toutes les solutions pos-
sibles afin d’utiliser la plus appropriée dans chaque situation.
• Mais à ce niveau, ils ne devraient apprendre qu’une manière. Les entraîneurs
ont en général des opinions très diverses sur la manière de commencer. La
plupart pense qu’il vaut mieux commencer par les mouvements qui requiè-
rent plus d’effort physique et de risques (ceux des diagrammes 40 et 43).
312 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

• Il s’avère cependant utile de choisir un système qui inclut le refus


et le flottement (dans différentes positions) pour que les joueurs tra-
vaillent ces deux fondamentaux (comme dans le diagramme 42 par
exemple).

• Pour développer la position de base, nous recommandons les exercices 4


contre 4 avec tous les attaquants démarqués.

L’aide
L’aide est un aspect important de la défense d’équipe. Les joueurs doivent
surtout apprendre à aider dans les situations suivantes :

• les pénétrations en dribble


• les passes dans la bouteille
• les écrans
• la défense de poste.

Aide défensive sur pénétrations en dribbles


Aider et reprendre

Les joueurs doivent apprendre les fondamentaux d’aider et reprendre et


s’entraîner, c’est-à-dire aider leurs coéquipiers à arrêter la pénétration en dribble
de leur joueur sans perdre de vue leur propre joueur pour qu’ils puissent
reprendre pour défendre leur propre joueur dès que ce dernier attrape la balle
pour la passer.
Les exercices pour aider et reprendre doivent inclure le refus et le flottement
depuis différentes positions sur le terrain (selon la position défensive de base) :

• en refusant la passe, à différents endroits du terrain (voir diag. 45, 46 et


47) ;
Diag. 45 Diag. 46

2 1
1
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 313

Diag. 47

• en flottant, à différents endroits du terrain (voir diag. 48 et 49)

Diag. 48 Diag. 49

1
2
1

• les joueurs intérieurs, en flottant du côté de l’aide (voir diag. 50) et en refu-
sant du côté de la balle (voir diag. 51).
Diag. 50 Diag. 51

5
5
1

Aider l’aide

Les joueurs devraient également apprendre à aider l’aide. Ceci implique d’être
attentif pour aider un coéquipier à aider une pénétration en dribble. Ce coéqui-
pier peut reprendre un peu derrière la balle pour que la tâche du deuxième aide
soit d’arrêter le joueur de son coéquipier jusqu’à ce qu’il reprenne. Cette secon-
de aide doit s’effectuer sans perdre de vue son propre attaquant car l’aide doit
reprendre rapidement pour défendre son joueur.
314 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

• Un 4 contre 4 est très indiqué pour Diag. 52


s’entraîner sur l’aide de l’aide (voir
diag. 52). L’un des attaquants 3 4

pénètre en dribblant et force le


défenseur le plus proche à aider et
reprendre. Le porteur de balle
passe au coéquipier démarqué et
force le défenseur suivant à aider 1 2

l’aide, et ainsi de suite. Les atta-


quants devraient se retirer lorsque
leurs défenseurs partent aider pour rendre la reprise plus difficile.

Pivoter

Les joueurs doivent apprendre à pivoter, surtout pour arrêter les pénétrations
en dribble sur la ligne de fond (voir diag. 53). Lorsqu’un joueur pénètre vers la
ligne de fond, le défenseur le plus proche de l’autre côté doit aider. Ce joueur doit
essayer d’aider à arrêter le dribbleur le plus loin possible de l’anneau. Il ne peut
pas penser à reprendre mais doit se concentrer sur l’aide et l’arrêt du dribbleur.
Il faut pivoter pour défendre le joueur de l’aide dans une position très dange-
reuse de l’autre côté du panier.
• Le défenseur qui tourne (le plus proche au-dessus) doit être prêt à couper
la passe à l’attaquant démarqué près du panier et, ce qui s’avère très impor-
tant, à bloquer le rebond car il est fort probable que le dribbleur tire.
• Les défenseurs qui tournent pour s’occuper des joueurs près du panier doi-
vent être prêts à bloquer le rebond à des joueurs plus grands qu’eux.
• Dès que l’adversaire pénètre vers la ligne de fond, les défenseurs au-des-
sus de la prolongation de la ligne de lancers francs peuvent se diriger vers
la bouteille pour protéger cette
zone des attaquants qui coupent ou Diag. 53
jouent les rebonds.
3 4
• Les exercices 4 contre 4 sont parfai-
tement adaptés pour s’entraîner à
pivoter (voir diag. 53).

1 2

Aide défensive sur passes intérieures


L’aide est également importante pour arrêter une passe intérieure aussi bien
pour les joueurs de mi-distance quand ils coupent que pour les postes. Nous par-
lerons plus loin des postes.
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 315

• Un jeu offensif intéressant qui Diag. 54


requiert l’aide défensive est de pas-
ser derrière le défenseur (voir diag. 3 4
54). Le défenseur sur la ligne de
fond du côté de l’aide doit être
attentif et anticiper l’intention du
porteur de balle. Il sera ainsi
capable de réagir et d’intercepter la 1 2

balle, de forcer à commettre une


faute offensive (en se tenant à la
bonne place, puisque le récepteur regardera simplement la balle) ou de
défendre de près le récepteur dès que ce dernier recevra le ballon, ce qui le
forcera à marcher ou à mal tirer.
• Le coéquipier le plus proche du côté de l’aide devrait effectuer une rota-
tion vers la ligne de fond pour s’occuper de l’attaquant à gauche près de
l’aide qui passe dans le dos de la défense (voir diag. 54).
• L’aide peut aussi venir des défen- Diag. 55
seurs qui flottent à une passe de la
balle. Dans le diagramme 55, par 2
4
exemple, le joueur qui défend l’ar-
rière qui se trouve à une passe de la
balle du côté fort flotte. Il devrait
être poussé dans une position qui 3
rende une passe intérieure difficile, 1

il devrait aussi anticiper si le por-


teur de balle essaiera de faire une
passe intérieure en observant les yeux du joueur et le ballon.

Aide défensive sur écrans


L’aide défensive est essentielle pour défendre les écrans.

• Dans les écrans sur le porteur de balle, il est important de travailler avec les
deux défenseurs directement impliqués dans l’écran (le porteur d’écran et
les défenseurs du poseur d’écran) afin d’améliorer leurs fondamentaux
pour arrêter un écran. Il est cependant aussi important de développer une
défense d’équipe en aidant correctement les coéquipiers.
L’aide peut servir à arrêter le dribbleur juste après l’écran (voir diag. 56)
ou à arrêter la passe au poseur d’écran (voir diag. 57). Dans les deux cas,
les autres défenseurs vont peut-être devoir aider l’aide ou pivoter. Les cinq
défenseurs doivent donc être attentifs lorsque l’équipe attaquante pose un
écran sur le porteur de balle.
316 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

Diag. 56 Diag. 57

3 3

5 5

4 4
1 1

2 2

• Dans les écrans sur le non porteur de balle (sur des joueurs sans balle), le
défenseur du poseur d’écran peut aider son coéquipier en lui laissant la
place de passer, en refusant le couloir de passe jusqu’à ce qu’il reprenne ou
en se plaçant sur le chemin du porteur d’écran (voir diag. 58 et 59). L’aide
aura parfois besoin de l’aide d’un autre coéquipier.

Diag. 58 Diag. 59

5
3
3 4
5 4

1
2 2
1

La défense du poste bas


Bien que les postes aient leurs propres défenseurs, il faut considérer la défen-
se du poste comme une responsabilité d’équipe que les jeunes joueurs devraient
développer.
La défense d’équipe du poste bas dépendra de la manière dont le poste est
défendu par son propre défenseur.

• Si le poste bas est défendu depuis Diag. 60


l’arrière, les coéquipiers devraient
aider depuis l’avant (voir diag. 60). 5

Dans ce cas, l’aide devrait anticiper 3 4

la passe au poste, soit pour l’empê-


cher, soit pour l’intercepter, soit
pour compliquer la réception de la
balle par le poste. 1
2

• Si le poste reçoit la balle, les défen-


seurs des joueurs de mi-distance doivent être prêts à aider. Cette aide doit
être une « aide complète » (aide de prise à deux) ou une « demi-aide ».
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 317

• Lorsque les défenseurs de mi- Diag. 61


distance font une prise à deux
contre le poste, ce dernier aura 3

tendance à passer la balle à son 5 4

coéquipier démarqué de mi-dis-


tance. Il sera alors nécessaire que
les autres défenseurs pivotent
afin d’arrêter les attaquants 1
2

démarqués de mi-distance (voir


diag. 61).
Diag. 62
• Lorsque les défenseurs de mi-
distance jouent en « demi-aide »,
ils seront à mi-chemin entre le 5

poste et les attaquants de mi-dis- 3

tance, ils regarderont les deux et


seront prêts à réagir d’une
manière ou d’une autre (voir
1
diag. 62).
• Si le poste passe la balle vers l’extérieur, ses défenseurs devraient réagir
pour défendre leurs joueurs de mi-distance. Par contre, si le poste déci-
de de jouer 1 contre 1 pour marquer, toute l’aide doit se concentrer à l’in-
térieur. Dans ce cas, si le poste dribble, ils doivent essayer de faire dévier
la balle. Ils doivent aider à l’intérieur sans feinter, pour que l’autre vole la
balle ou, dans la plupart des cas, pour compliquer le tir du poste.

Diag. 63

• Si le poste bas est défendu de trois


quarts ou de face, l’aide doit venir
5 4
des coéquipiers situés du côté de 3

l’aide (voir diag. 63). Dans cette


situation, si l’attaquant sur l’aile ne
joue pas à fond le 1 contre 1, la
1 2
défense peut empêcher la passe à
318 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

l’arrière et l’ailier peut être forcé à réaliser une passe en cloche au poste
bas.
• Dans ce cas, les joueurs situés sur le côté de l’aide doivent être attentifs
afin d’anticiper la passe en cloche.

• L’aide devrait en principe venir Diag. 64


du défenseur le plus proche de
la ligne de fond et il faudra pivo-
ter pour défendre l’attaquant 5 4
3
(voir diag. 64).

1
2

• Pour éviter cette aide, certaines attaques ne placent pas un joueur à l’op-
posé de la place du poste bas. La défense d’équipe doit être prête à
défendre malgré ce fait.
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 319

* Par exemple : le défenseur peut jouer comme sur le diagramme


65. Le défenseur du poste haut se place à mi-chemin entre son joueur
et le poste bas afin de pouvoir réagir dans les deux sens. Il doit
apprendre à anticiper l’intention du porteur de balle et à réagir dès
que possible pour aider la passe au poste bas ou pour défendre son
joueur s’il reçoit la balle. De même, le défenseur de l’arrière au-des-
sus de la prolongation de la ligne de lancers francs peut aider lors de
la passe au poste haut en couvrant le couloir de passe afin d’aider son
coéquipier à aider le poste bas.

Diag. 65

5
3

4 2

Parler en défense
Voici un aspect très important lorsque l’on construit la défense d’équipe.
Malheureusement, de nombreux entraîneurs le savent mais ne développent pas
cet aspect.
Parler en défense est essentiel pour les défenseurs afin de communiquer les
points importants tels que les écrans, les aides, les tirs, etc. Mais il ne suffit pas
de dire aux joueurs qu’ils doivent se parler.
L’entraîneur doit spécifier les situations où il faut parler, décider des mots
concrets à prononcer et désigner le joueur qui devra parler.
Les joueurs ne peuvent pas formuler de longues phrases, il leur faut des mots
courts dont toute l’équipe comprenne le sens. Par exemple : « écran gauche » peut
suffire pour avertir un coéquipier de la situation.
On introduira donc les mots clé dans les entraînements, ce sera un objectif à
atteindre.

* Par exemple : l’entraîneur peut concevoir un exercice 4 contre 4 pour


consolider les concepts de défense de l’équipe. Il doit non seulement inclu-
re les mouvements corrects, mais aussi les mots clé pour cet exercice.
L’entraîneur peut même utiliser un système de récompense pour motiver
l’utilisation de mots clé. Chaque fois qu’un joueur utilise le bon mot clé
dans la bonne situation, son équipe gagne un point de plus, par exemple.
320 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

Exercice pratique
• Faites une liste des mots clé que l’on peut utiliser en défen-
se en précisant la situation où ils doivent être utilisés et le
joueur qui doit les prononcer.

Défense de zone
Les joueurs de 15 à 18 ans doivent aussi apprendre à jouer en défense de zone.
À 15 ou 16 ans, un alignement simple suffira (2-1-2, 2-3) pour apprendre aux
joueurs à adapter les fondamentaux défensifs à une structure de zone.
À cet âge, les alignements 2-1-2 ou 2-3 sont les plus recommandés pour trois
raisons :

• ils sont très simples, ce qui permet aux joueurs d’assimiler très rapidement
les mouvements de base
• ils ont la même structure (4 joueurs extérieurs) que celui recommandé pour
développer la défense d’équipe (voir toutes les situations de 4 contre 4
mentionnées plus haut), ce qui permet aux joueurs d’appliquer facilement
des concepts défensifs
• il s’agit des alignements les plus fréquents, l’équipe peut donc les utiliser
pour améliorer la défense et l’attaque.

Les points clé


À cet âge, le plus important est que les jeunes joueurs comprennent que la
défense de zone n’implique pas moins d’effort ou moins de responsabilité per-
sonnelle.
Le rôle de l’entraîneur ne se limite donc pas à enseigner les mouvements de
base dans la zone, mais à délimiter très clairement les responsabilités spécifiques
de chaque position.

• Qui doit se placer devant le porteur de balle ?


• Qui doit arrêter la pénétration du dribbleur depuis n’importe quelle position ?
• Qui doit aider et reprendre ?
• Qui doit aider l’aide ?
• Qui doit pivoter ?
• Qui doit couvrir les couloirs de passes intérieurs dans chaque position ?
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 321

• Qui doit aider à l’intérieur si le poste haut ou bas reçoit la balle ?


• Qui doit empêcher les attaquants de couper depuis chaque position ?
• Qui doit arrêter chaque tir ?
• Qui doit bloquer le rebond ?

L’entraîneur devrait expliquer très clairement ces points et répondre à tous


les doutes des joueurs. Il devrait donc observer le travail de chaque joueur, détec-
ter les lacunes et les corriger.

Les concepts spécifiques


Lorsque l’entraîneur explique la défense de zone, il doit adapter les concepts
défensifs à une structure de zone, sans oublier de travailler concrètement les
aspects suivants. Diag. 66

• Les joueurs qui défendent devant


la zone doivent décider qui s’occu-
pe de l’arrière avec la balle puisque
ce joueur se trouvera probable-
ment entre deux défenseurs (voir
diag. 66).
• Le joueur placé derrière le porteur de
balle doit être très attentif et avancer
légèrement car la passe se fera certainement de son côté (voir diag. 66).
• L’entraîneur doit établir la limite entre la zone où l’attaquant sur l’aile doit
être défendu par le défenseur avant et la zone où le joueur sera défendu
par le défenseur arrière.

* Par exemple : l’entraîneur peut établir cette limite comme une


ligne imaginaire depuis le haut du demi-cercle pointillé de la raquet-
te (voir diag. 67). Au-dessus de cette ligne imaginaire, le défenseur de
face sera responsable d’arrêter l’ailier, en dessous de cette ligne, le res-
ponsable sera le défenseur arrière.

Diag. 67
322 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

• Ceci implique que si la passe va à Diag. 68


l’ailier qui se trouve au-dessus de
cette ligne, le défenseur arrière doit 5

aider jusqu’à ce que son coéquipier


arrive puis reprendre sa place pen- 2

dant que le défenseur central aide


l’aide et que l’autre défenseur
avant couvre la passe intérieure
vers la zone du poste haut (voir 1

diag. 68).
• Par conséquent, pendant que les Diag. 69

deux défenseurs du côté fort


jouent écartés (le défenseur
avant pour atteindre sa nouvelle
position depuis le bout de l’aile 2

et le défenseur arrière pour aider


son coéquipier), le défenseur cen-
tral et le défenseur avant sur le côté
de l’aide doivent couvrir les cou-
loirs de passes intérieures (voir Diag. 70
diag. 69).
• Par contre, si la passe de l’arrière 2

vers l’ailier passe sous la ligne éta-


blie, le défenseur arrière doit s’oc-
cuper de ce joueur et le défenseur
avant devrait se retirer pour cou- 1

vrir les couloirs de passes inté-


rieurs (voir diag. 70). Diag. 71
• Lorsque la balle revient de l’aile
vers le meneur, il existe deux pos-
2
sibilités :

✓ si le défenseur arrière est avec


l’ailier, le défenseur avant du
côté fort devrait s’écarter (voir 1

diag. 71)
Diag. 72
✓ si le défenseur avant est près de
l’ailier, l’autre défenseur avant
devra se retirer ; dans ce cas, le
défenseur avant qui était avec
2
l’ailier doit rapidement se
déplacer vers l’intérieur pour
couvrir le couloir de passe (voir
diag. 72). 1
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 323

• Les joueurs doivent apprendre à anticiper la passe offensive suivante afin


d’être prêts à se déplacer dès que le ballon quitte les mains du passeur.
• Les joueurs ne doivent pas oublier de bouger avec la balle et non pas derriè-
re elle.
• Les joueurs doivent apprendre à se déplacer en utilisant le bon pied, ils doi-
vent toujours regarder à la fois la balle et l’attaquant dont ils devront peut-
être s’occuper lors du mouvement suivant.
• Lorsqu’ils se déplacent d’une position à une autre, il est important qu’ils
apprennent à utiliser les bras pour couvrir de possibles couloirs de passe car la
plupart des passes dangereuses sont exécutées pendant que les défenseurs
bougent. Ceci leur permettra de se ménager un laps de temps jusqu’à ce
qu’ils soient bien placés.

• C’est surtout important pour le défenseur qui vient défendre le por-


teur de balle et pour le joueur qui se retire après avoir défendu la
balle pour couvrir les couloirs de passes intérieurs. L’entraîneur dev-
rait être très attentif à ce dernier car les jeunes joueurs ont tendance
à se retirer assez tard.

• Le joueur qui défend l’attaquant avec la balle est responsable d’arrêter les
pénétrations en dribble de son joueur. Ses proches coéquipiers doivent l’aider
si le cas se présente.
• Les joueurs du côté de l’aide doivent apprendre à arrêter une coupure en
plaçant leur corps sur le chemin du joueur qui coupe de sorte que la coupure ne
s’effectue pas dans le meilleur couloir pour recevoir la balle.
• Les défenseurs arrière devraient faire face au poste bas (et non pas se tenir
derrière). Ils surveilleront le poste bas qui coupe jusqu’au milieu de la bou-
teille puis l’autre défenseur arrière s’occupera du poste bas. Le défenseur
central couvrira de son mieux les couloirs de passe vers le poste bas et aide-
ra ses coéquipiers défenseurs arrière si c’est nécessaire.
• Le défenseur central et les deux défenseurs arrière devraient bloquer le
rebond des positions près du panier. Les défenseurs avant doivent bloquer
dans la zone du poste haut et bloquer le poste haut chaque fois qu’ils le
peuvent.

Les exercices
Il faut développer progressivement tous ces concepts à travers des exercices
appropriés en utilisant une méthode d’apprentissage totale et partielle. Il s’agit de
combiner des exercices où l’on joue sur toute la zone (5 contre 5) avec des exer-
cices où l’on ne travaille que sur une partie de la zone.
324 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

• Par exemple : un exercice pour Diag. 73


développer la gestuelle des deux
joueurs avant (voir diag. 73). Les 3
ailiers offensifs doivent se déplacer
entre les deux bouts de la ligne
limite. Ils ne peuvent ni tirer ni 2

pénétrer s’ils se trouvent sous cette 4

ligne. L’attaque ne peut pas tirer


avant de faire au moins 4 passes. 1

Les avants défensifs doivent se


Diag. 74
déplacer en respectant les concepts
expliqués plus haut.
• Voici un autre exercice pour déve-
lopper la gestuelle des défenseurs
avant et arrière (voir diag. 74). 2

• Cet exercice inclut également le Diag. 75


défenseur avant du côté de l’aide
(voir diag. 75).

• Cet exercice fait jouer les 4 défen- Diag. 76


seurs extérieurs (voir diag. 76).
3

• Voici un exercice avec des défen- Diag. 77


seurs avant et arrière du côté fort 5
et le défenseur central (voir diag.
77).
• Des exercices 5 contre 5 pour 2

développer la défense de zone 4

complète.
1
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 325

On peut développer correctement tous ces concepts avec des jeunes de 15 à


16 ans. À 17 et 18 ans, on passera à l’amélioration de cette gestuelle. À cet âge,
l’entraîneur peut enseigner d’autres formes de zone telles que le 1-3-1, le 1-2-2 ou
le 3-2, les zones mach-up et les zones mixtes comme le « boîte et un », le « boîte
et diamant » ou le « double boîte et triangle ».

La pression défensive
En général, à cet âge, l’entraîneur ne devrait pas passer trop de temps à déve-
lopper la défense en pression.
Avec les 15 à 16 ans, l’entraîneur peut développer la « pression homme à
homme » en utilisant des concepts défensifs de base de l’équipe (aider et
reprendre, pivoter, etc.) et, bien sûr, les fondamentaux individuels.
À ce stade, l’entraîneur ne peut pas consacrer le temps nécessaire à expliquer
d’autres contenus de basket plus péremptoires, il utilisera donc les « pressions
homme à homme » pour développer les capacités défensives sans passer trop de
temps à améliorer des aspects spécifiques.
Par la suite, avec les athlètes de 17 à 18 ans, on travaillera plus à fond ces
aspects spécifiques.

Position et mouvements
Diag. 78
L’entraîneur peut organiser des exer-
cices pour améliorer la position et les mou-
vements de tous les joueurs. Il devra prê-
ter une attention toute particulière aux 1

joueurs placés loin de la balle (voir diag. 78).

• Dans ce cas, le dos du joueur doit être


orienté vers la ligne verticale du milieu
du terrain (une ligne imaginaire,
voir diag. 78) afin de surveiller la
balle et l’attaquant.

• Plus un joueur est loin de la balle,


plus la distance entre son attaquant et
lui est grande. Il faut réduire cette
distance lorsque le porteur de balle
approche (voir diag. 79) mais à
une vitesse inférieure pour qu’à un 4
moment donné le défenseur puis-
se intercepter le dribbleur (voir 3

diag. 80).
326 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

Diag. 79 Diag. 80

4
4

• Les défenseurs loin de la balle doivent être prêts à réagir à une passe longue
à leurs attaquants pour pouvoir intercepter la balle ou, du moins, être là pour
défendre le joueur. Ils doivent aussi apprendre à anticiper les longues passes et
à remonter rapidement sans perdre de vue le ballon dès que la balle est lancée.
• Ces défenseurs devraient apprendre à changer de position chaque fois que
la balle ou leur attaquant change.
• Il est également important qu’ils anticipent le mouvement de la balle pour
être prêts à aider et à pivoter.
• Ils doivent aussi s’entraîner à contester les déplacements de l’attaquant qui
coupe vers la balle car il s’agit d’une stratégie offensive.

La prise à deux
L’entraîneur peut aussi travailler la technique et la stratégie de la prise à deux.
Qui doit faire une prise à deux ? Comment fait-on une double équipe ?

* Par exemple : si le défenseur du dribbleur l’arrête, la prise à deux


peut arriver derrière le dribbleur (voir diag. 81), mais si le dribbleur a
légèrement dépassé son défenseur, la prise à deux peut arriver de l’a-
vant (voir diag. 82).
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 327

Diag. 81 Diag. 82

1
1

2
2

• Lorsque les deux joueurs organi-


sent une prise à deux, ils doivent
s’assurer que le dribbleur ne passe
pas par le milieu. Ils développeront
donc cette capacité.
• De même, les joueurs doivent
apprendre à faire une prise à deux
sans faire de faute (une erreur cou-
rante chez les jeunes joueurs est de
commettre des erreurs pendant
une prise à deux).
• Lorsque le dribbleur attrape la
balle, l’objectif des joueurs qui
font la prise à deux ne devrait pas
être de voler la balle mais de for-
cer une mauvaise passe ou une viola-
tion de 5 secondes. Ils ne doivent
donc pas toucher l’attaquant mais
couvrir les couloirs de passe avec
leurs bras pour rendre la passe
plus difficile.
328 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

• Les trois autres défenseurs doivent Diag. 83


apprendre à pivoter pour profiter
de la prise à deux de leurs coéqui-
piers (voir diag. 83).
1

D’autres aspects 2

• L’entraîneur devrait aussi décider


ce que les joueurs feront si l’autre
équipe utilise des écrans. En géné-
ral, le changement s’avère une bonne
stratégie avant la ligne de lancer
franc et aussi parfois en zone basse.
Les joueurs doivent travailler ce
point par le biais d’exercices spéci-
fiques. 3

• En outre, l’entraîneur de jeunes de


17 à 18 ans peut décider d’inclure
des défenses en pression spéci-
fiques comme « courir et sauter »
ou la défense en pression de zone à
différents endroits (tout le terrain,
demi-terrain, etc.).

L’entraîneur doit évidemment évaluer si ses joueurs sont prêts à réaliser ce


type de défense, car si ce n’est pas le cas, ce serait une perte de temps de travailler
ce point au lieu de développer des concepts défensifs dont les joueurs ont besoin.
Il n’est de toute façon pas recommandable pour un entraîneur de construire
différents types de défenses de zone car cela peut embrouiller les jeunes joueurs.

La stratégie de défense haute


Avec des 17 à 18 ans, l’entraîneur doit continuer à motiver les fondamen-
taux de base défensifs individuels ainsi que les concepts de base de la défense
d’équipe. En outre, si l’équipe est prête, il peut traiter des aspects plus com-
plexes de la défense tels que la défense en pression, les zones mixtes, etc. ainsi
que des combinaisons défensives qui font partie d’une stratégie de défense
haute.

* Par exemple : il peut développer différentes manières de défen-


dre à distance de passe de la balle (refus versus flottement) et enseigner
à ses joueurs à utiliser chaque solution selon la stratégie défensive glo-
bale du match.
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 329

* On peut faire de même pour la défense du poste. Si les joueurs


développent différentes manières de défendre le poste, ils peuvent
apprendre à les combiner selon les circonstances. L’entraîneur peut
alors décider d’organiser un match avec des joueurs qui défendent le
poste bas derrière puis changer à la mi-temps ou pendant un temps
mort, pour passer à une défense de face.

* L’entraîneur peut aussi apprendre à son équipe à utiliser des


défenses alternatives, c’est-à-dire à passer d’une défense homme à
homme à une défense de zone, d’une défense de zone à une défense
homme à homme, d’un type de zone à un autre, etc. Il peut passer à une
zone 2-1-2 après un lancer franc ou décider de défendre les hors jeu.

Ce genre d’apprentissage devrait faire partie du développement des joueurs


de 17 à 18 ans. Mais ce sera un objectif très compliqué si les joueurs n’ont pas vécu
un processus progressif d’apprentissage pendant les années précédentes.
C’est pour cette raison que l’entraîneur des 17 à 18 ans doit évaluer d’une
manière réaliste les capacités de son équipe afin de décider si ses joueurs sont
capables d’assimiler une stratégie de défense avancée. Il devra certainement sur-
tout se consacrer à développer les concepts défensifs de base individuels et col-
lectifs et, dans certains cas, il pourra travailler un tant soit peu des aspects com-
plexes de cette stratégie plus approfondie.

La contre-attaque et la transition
Les joueurs de basket devraient contre-attaquer depuis le début. L’entraîneur
ne devrait pas les empêcher de contre-attaquer car c’est amusant pour eux et cela
les aide à développer la plupart des fondamentaux de basket.
Pendant la période de 15 à 18 ans, l’entraîneur devrait évaluer les fonda-
mentaux de la contre-attaque afin de combler les lacunes. Voici quelques aspects
qu’il est souvent nécessaire d’améliorer.

La passe de dégagement
L’entraîneur peut rencontrer des problèmes comme un rebondeur qui se
retourne mal vers la ligne de touche (une position erronée ou déséquilibrée du
corps, ou une mauvaise position de la balle) ou des arrières qui se démarquent
mal ou tard vers la ligne de touche (mauvaise zone, mauvaise position du corps).

• Le rebondeur défensif doit se retourner vers la ligne de touche du même côté où il


a attrapé le rebond, face au coin le plus proche du terrain ; il doit tourner len-
330 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

tement dans l’air quand il descend pour atterrir dans la bonne position afin de
faire rapidement une passe de dégagement. Il est essentiel de faire un arrêt
équilibré lors de l’atterrissage après le rebond pour réaliser une bonne passe.
Les jeunes droitiers ont souvent des difficultés à tourner correctement vers
la gauche (la passe de dégagement est surtout effectuée avec la main
gauche) et les gauchers ont le même problème avec l’autre côté.
• Le rebondeur devrait atterrir en protégeant bien la balle, loin des rebondeurs
attaquants. S’il étire le bras, il devrait trouver un couloir de passe libre pour
la passe de dégagement.
• L’arrière doit se déplacer au bon endroit sur la ligne de touche dès que son
coéquipier attrape la balle en l’air. L’entraîneur doit décider où la passe de
dégagement doit être effectuée. On choisit souvent la prolongation de la ligne
de lancers francs. De jeunes arrières ont tendance à s’approcher du rebon-
deur pour attraper la balle, ce qui réduit les possibilités de contre-attaque car
il est important de gagner quelques mètres avec une passe de dégagement.
• L’arrière devrait donc se diriger vers la prolongation de la ligne de lancers
francs en tournant le dos à la ligne de touche et y attendre la passe. Ce n’est
que s’il n’y a pas de couloir de passe libre qu’il ira vers la ligne de fond ou
vers le milieu pour attraper la passe.
• On peut concevoir des exercices spécifiques pour développer tous les
aspects de la passe de dégagement. Diag. 84
D’abord, sans adversaire puis avec
un défenseur sur le rebondeur (voir
diag. 84) puis en ajoutant encore un
défenseur à l’arrière.
C

Le jeu de l’arrière
De jeunes joueurs doivent améliorer leur réception d’une passe de dégage-
ment. Deux erreurs fréquentes consistent à : se placer face à la ligne de touche,
ce qui leur fait perdre de vue le restant du terrain et à faire rebondir la balle quand
ils la reçoivent sans regarder d’abord devant eux (certains arrières regardent
devant eux quand ils font rebondir la balle).
• Les arrières doivent apprendre à se tourner dos à la ligne de touche. Quand ils se
retournent, ils doivent relever la tête pour avoir une bonne vue de l’ensemble du
terrain afin d’évaluer rapidement la situation et de décider s’ils passent vers
l’avant à un coéquipier dont la position est clairement plus avantageuse, s’ils
dribblent rapidement vers le couloir du milieu ou s’ils arrêtent la contre-attaque.
• Cette évaluation rapide devrait s’effectuer sans faire rebondir la balle, il suf-
fira d’une seconde pour regarder alentour et décider.
• S’ils dribblent vers le milieu, ils doivent apprendre à utiliser les longs
rebonds avec la main la plus éloignée de la ligne de touche (de nombreux
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 331

jeunes arrières utilisent la main la plus forte, ce qui les empêche de contre-
attaquer lorsque cette main n’est pas l’adéquate).

Il faut bien entendu évaluer et consolider, si nécessaire, les capacités des


arrières : le dribble et les passes pendant les déplacements vers le haut du terrain,
les décisions à prendre à la fin de la contre-attaque, etc.

Le rebondeur dribble la balle vers l’avant


Voici une ressource précieuse à développer avec de jeunes joueurs afin qu’ils
dribblent rapidement vers l’avant pour commencer une contre-attaque quand ils
attrapent un long rebond ou quand ils voient le couloir du milieu libre.

L’entraîneur doit user de beaucoup de patience pour développer cette capa-


cité car les grands joueurs peuvent commettre de nombreuses erreurs au début.
Les succès futurs justifient cependant cet investissement.

Courir en contre-attaque
Souvent les jeunes équipes ne courent pas en contre-attaque car les joueurs
ne démarrent pas au bon moment. Une erreur fréquente consiste à attendre que
l’arrière attrape la passe de dégagement, mais il est alors trop tard pour courir.

• Les joueurs qui ne sont ni arrières ni n’attrapent le rebond doivent rapide-


ment courir vers l’avant dès qu’ils voient leur coéquipier rebondeur attraper
la balle. Ils doivent d’abord courir rapidement vers le couloir libre le plus
proche sans regarder la balle puis, vers le milieu du terrain, ils doivent
tourner la tête pour chercher la balle.
• Ils doivent en général emprunter le couloir latéral le plus proche. Si le plus
proche n’est pas libre, ils pren-
dront le suivant, s’il n’est pas non
plus libre, ils peuvent emprunter
le couloir du milieu devant l’arriè-
re (ce dernier point dépendra de la
structure de contre-attaque que
l’entraîneur aura conçue pour son
équipe).

La fin de la contre-attaque
L’entraîneur doit décider comment il
veut que son équipe termine la contre-
attaque et travailler ce point.
332 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

• Les équipes de 15 à 16 ans doivent terminer simplement, avec une situa-


tion de supériorité simple (1 contre 0, 2 contre 1, 3 contre 1, 3 contre 2, 4
contre 2, 4 contre 3) et rester dans leur propre couloir (voir diag. 85 et 86).
Diag. 85 Diag. 86

3
3 2
2

• Les équipes de 17 à 18 ans peuvent développer des mouvements de transition


plus complexes pour lier la contre-attaque à la transition (voir diag. 87 et 88).

Diag. 87 Diag. 88

3
2
4

2
1

5
4

5
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 333

La contre-attaque à partir d’une interception de balle


De nombreuses contre-attaques commencent par l’interception d’une balle.
Il s’avère donc important d’organiser cette situation et de s’entraîner.
• Si le voleur de balle se trouve dans une position avantageuse, il devrait
dribbler rapidement vers l’autre bout du terrain.
• S’il ne se trouve pas dans une position avantageuse, il peut consacrer une
seconde à tourner la tête pour se forger une vue d’ensemble afin de décider
s’il passe à un coéquipier, s’il dribble vers l’avant ou s’il arrête la contre-attaque.
• Les quatre autres joueurs doivent se déplacer rapidement. L’arrière doit
trouver un couloir de passe libre pendant qu’il se dirige vers la ligne de
touche la plus proche du ballon. Les trois autres doivent courir occuper les
couloirs libres de la contre-attaque.
L’entraîneur peut utiliser de nombreux exercices défensifs pour développer la
contre-attaque après une interception. Il peut aussi organiser des exercices spécifiques.

* Par exemple : 3 contre 3, 4 contre 4 ou 5 contre 5, tous les joueurs


sont placés à une même extrémité du terrain par l’entraîneur, du
côté de la balle ou de l’aide. L’entraîneur fait une passe erronée
ou lance le ballon par terre et les défenseurs doivent effectuer une
contre-attaque rapide.

Exercice pratique
• Organisez trois exercices pour développer ces aspects spéci-
fiques de la défense et de la contre-attaque lorsque l’équipe
défensive reprend la balle.

L’attaque homme à homme


L’attaque d’équipe, d’homme à homme ou de zone, doit être étroitement liée
au développement des décisions tactiques offensives et des fondamentaux indi-
viduels d’attaque. Les entraîneurs de joueurs de 15 à 18 ans commettent souvent
l’erreur d’enseigner à leurs joueurs toute une série de transitions que ces derniers
apprennent comme des automatismes. Les jeunes savent comment bouger mais
ne maîtrisent pas les décisions tactiques et les fondamentaux techniques que
chaque gestuelle implique, ce qui les induit à jouer mal.
Le résultat est que, par exemple, une équipe de 15 à 16 ans maîtrise une belle
transition avec des écrans, mais les joueurs sont incapables de poser ces écrans
correctement (arrêt incorrect, position du corps en porte-à-faux, fautes, mauvaises
334 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

décisions, etc.). Ou c’est le cas d’une équipe de 17 et 18 ans avec une magnifique
attaque à réaliser avec le poste bas, mais les joueurs sont incapables d’anticiper
et de réussir les passes intérieures nécessaires.
Tout ceci semble évident, mais de nombreux entraîneurs passent le plus clair
de leur temps d’entraînement à apprendre des transitions que les jeunes joueurs
ne sont pas capables de réaliser correctement.
L’entraîneur devrait donc tenir compte de ce fait et décider le type d’attaque
le plus approprié pour son équipe. Vous trouverez quelques idées dans les para-
graphes suivants.

L’attaque de base pour les 15 à 16 ans


Pour les 15 à 16 ans, on peut organiser une attaque avec 4 joueurs extérieurs
face au panier et un seul joueur intérieur qui joue en arrière. Aucun jeune ne
devrait jouer uniquement en arrière pour qu’ils puissent tous jouer face au panier
et que certains d’entre eux (si possible tous sauf les plus petits) puissent aussi
jouer en arrière. Pourquoi ?

• Tous les jeunes ont besoin de beaucoup d’occasions de jouer face au


panier afin de développer tous les fondamentaux offensifs de base.
À cet âge, ils commencent à peine à apprendre à déjouer, ils ont
donc besoin de moins d’occasions de jouer dans cette position.
• Ils ont besoin de suffisamment de place afin de pénétrer pour des
lay-ups et de jouer avec le poste sans trop d’encombrement.
• En suivant ce modèle, les joueurs ont beaucoup d’occasions de
développer des décisions tactiques de base.
• Pour construire la défense d’équipe, une structure de 4 contre 4 avec
des joueurs extérieurs est excellente à cet âge. Une attaque avec 4
joueurs extérieurs permettra de construire la défense d’équipe et de
mieux défendre.

Les diagrammes 89 et 90 montrent un modèle approprié pour les 15 à 16 ans.


Sur le diagramme 90, ce modèle développe un jeu 3 contre 3 avec un poste bas et
des écrans sur le non porteur de balle ainsi que d’autres possibilités que l’on peut
ajouter progressivement (le pick and roll, par exemple).
Diag. 89 Diag. 90

3 4 3 4
5 5

1 2 1
2
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 335

On peut établir quelques règles pour favoriser toutes les possibilités qu’offre
ce jeu.
• Chaque fois qu’un joueur à la place de l’un des arrières passe la balle vers
un côté, il doit se déplacer pour poser un écran à tous les joueurs extérieurs
de l’autre côté (voir diag. 91 et 92).
Diag. 91 Diag. 92

5
3 4 3 4 5

2
1 2 1

• Par la suite, on peut ajouter une autre Diag. 93


possibilité : lorsque l’arrière en face
du poste passe à l’ailier, il doit 3 4
5

poser un écran au poste, puis ses


coéquipiers le remplaceront (voir
diag. 93).
• Chaque fois qu’un joueur à la place
2
d’un arrière ne peut recevoir la 1

balle parce qu’il est bien défendu,


il doit aller poser un écran à tous
les joueurs extérieurs de l’autre côté (voir diag. 94).

Diag. 94

3 5
4

2 1

À cause des règles, les positions et les mouvements des joueurs offrent de
nombreuses possibilités qui seront développées par le biais d’un travail spéci-
fique sur la prise de décision et les fondamentaux individuels.
• L’ailier du côté du poste peut utiliser le poste pour se démarquer (voir diag.
95). L’ailier du côté opposé peut essayer de passer derrière le défenseur si son
défenseur refuse la passe (voir diag. 96).
336 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

Diag. 95 Diag. 96

3 1 3
4 4
5

2
5 1
2

• Les joueurs peuvent utiliser un Diag. 97


changement de direction avec un
changement de rythme pour obtenir 3

de bonnes passes (voir diag. 97). 4


5

2
1

• Les écrans sur le non porteur de Diag. 98


balle offrent beaucoup de possibi-
lités. Dans le diagramme 98, le 3
5
joueur porteur d’écran (le joueur 5) 4

feinte un geste vers le panier pour


dévier l’attention de son défenseur
de l’écran, mais en réalité il calibre
les possibilités de changer de rythme 2 1

puis de recevoir la passe près de


l’anneau.

• Le diagramme 99 offre un autre Diag. 99


exemple. Le poseur d’écran (le
joueur 5) profite d’un changement 2 1

défensif : il pivote et marche dans la 4

bouteille pour recevoir la passe.


• Comme dans le dernier exemple, si
la défense commence à défendre 3 5

les écrans sur le non porteur de


balle, les joueurs peuvent appren-
dre à en profiter selon le déséquilibre
que ce changement provoque. Les joueurs de grande taille devraient
apprendre à jouer à l’intérieur tandis que les plus petits devraient préférer
le jeu extérieur.
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 337

• Ces mouvements offrent de nombreuses possibilités de 1 contre 1 afin que


les joueurs développent les décisions et les fondamentaux du 1 contre 1.
• Cette gestuelle permet aussi de jouer contre l’aide et de reprendre la défen-
se. Chaque fois que le dribbleur pénètre et obtient de l’aide d’un autre
défenseur, il peut apprendre à chercher un coéquipier démarqué.

Les concepts avancés pour les 17 et 18 ans


Avec les 17 et 18 ans, on peut commencer à introduire d’autres concepts. À
cet âge, l’équipe peut apprendre à jouer avec 2 joueurs intérieurs (deux postes,
deux postes hauts, un poste bas et un poste haut). Ces jeunes peuvent par
exemple travailler un exercice qui inclut des concepts comme les suivants.

• Écran pour poseur d’écran (voir diag. 100 et 101). Le poseur d’écran devient
immédiatement objet d’un écran de la part d’un coéquipier afin que le por-
teur de balle ait deux possibilités consécutives de passer.

Diag. 100 Diag. 101

4 4

3
2 3 2

5 5

1 1
338 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

• Une série d’écrans pour le tireur (voir Diag. 102


diag. 102, 103 et 104). Il s’agit de 2
ou 3 écrans d’affilée qui permettent 4 5 3
au tireur de se libérer et de recevoir
la passe pour tirer ou jouer 1 contre
1. Les poseurs d’écrans peuvent
apprendre à demander eux-mêmes
une passe si les défenseurs chan- 1
2
gent ou aident. Le porteur d’écran
doit apprendre à « lire » la défense
afin de profiter de la situation.

Diag. 103 Diag. 104

2
4
3 3

2 4

5 5

1
1

• Les doubles écrans (voir diag. 105, Diag. 105


106 et 107). Deux joueurs se placent
côte à côte pour placer un écran. Ils
doivent apprendre à « lire » la 3

défense afin de demander une 2

passe lorsque leur défenseur aide


ou change. 4 5

Diag. 106 Diag. 107

4
4
3 5
2 3
5

1
1

• Les écrans aveugles (voir diag. 108 et 109). L’écran arrive derrière le défenseur
de façon à ce qu’il ne puisse pas voir le poseur d’écran. Cette tactique est effi-
cace pour poser un écran à des défenseurs dont l’attention est tellement cen-
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 339

trée devant eux qu’ils ne se rendent pas compte de l’écran. À appliquer pour
poser un écran à des défenseurs de joueurs qui viennent de passer la balle
(voir diag. 108) ou de défenseurs qui refusent une passe (voir diag. 109).

Diag. 108 Diag. 109

5
4 3
4
3
1

5
2 2

• Pick and roll avec un triangle du côté Diag. 110


de l’aide (voir diag. 110). Les
joueurs doivent déjà connaître les 3
règles du pick and roll ou écran 5

sur le porteur du ballon et enchaî-


ner. Ils peuvent y jouer avec un 4

triangle du côté de l’aide. Les 1 2

deux joueurs du pick and roll (les


joueurs 1 et 4) peuvent y jouer
avec beaucoup d’espace. Si l’aide
vient du côté de l’aide, on peut passer la balle à un coéquipier démar-
qué. Cette structure rend l’aide défensive très difficile, mais les atta-
quants doivent maîtriser toutes les décisions et les fondamentaux inclus
dans ce jeu.
• Couper les écrans des postes hauts (voir diag. 111 et 112). Les arrières peu-
vent couper le poste haut juste après que la balle soit passée sous la pro-
longation de la ligne de lancers francs, avant que les défenseurs ne com-
mencent à flotter. Le rythme est très important, surtout si le coupeur
arrive du côté de l’aide (comme dans le diagramme 112). Ces coupes peu-
vent offrir des occasions de passe : une au coupeur et une au poste haut
s’il s’écarte légèrement.

Diag. 111 Diag. 112

4
3

4
5

1 1 2
340 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

• 1 contre 1 (voir diag. 113 et 114). Ici, un joueur dispose de beaucoup d’es-
pace pour jouer en 1 contre 1. Il doit jouer pour marquer. Mais il est pro-
bable que l’aide vienne d’autres défenseurs, il doit donc être attentif et prêt
à passer la balle à un coéquipier démarqué.
Diag. 113 Diag. 114

3 1 3
4 5 5

2 4 1

De même, les coéquipiers doivent


Diag. 115
apprendre à s’ouvrir lorsque leurs défen-
seurs se déplacent pour aider. Si la défen-
se aide avec les défenseurs intérieurs et 5
3

pousse les défenseurs extérieurs à aider


les aides, les attaquants intérieurs (les 4
joueurs 4 et 5) peuvent poser un écran 2
1

aux défenseurs extérieurs pour les empê-


cher de remonter. On pourra alors passer
correctement aux joueurs de mi-distance
(joueurs 1 ou 3) (voir diag. 115).
Il n’est évidemment ni nécessaire ni bon que l’entraîneur apprenne tous ces
mouvements à ses joueurs de 17 ou 18 ans. Il ne devrait en choisir que quelques-
uns pour augmenter les connaissances des jeunes en tenant compte de leur capa-
cité d’assimilation. Les entraîneurs seront conscients qu’il ne suffit pas de mémo-
riser les mouvements, mais que les joueurs doivent comprendre leur sens,
maîtriser toutes les décisions et les fondamentaux impliqués et s’entraîner suffi-
samment pour effectuer chaque mouvement efficacement.

L’attaque de zone
On devrait appliquer la même philosophie dans le cas de l’attaque de zone.
Vers 15 ou 16 ans, les jeunes doivent développer quelques concepts d’équipe pour
attaquer la zone, ils doivent donc maîtriser les décisions et les fondamentaux
apparentés. Plus tard, vers 17 ou 18 ans, on peut compléter ce processus d’ap-
prentissage en travaillant plus de concepts. Les principes de base pour l’attaque
de zone sont résumés dans les paragraphes suivants.

Déplacer les défenseurs de leur position


Il s’agit d’un concept de base qu’il faut apprendre aux joueurs dès le début.
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 341

• L’arrière avec la balle doit se Diag. 116


déplacer vers l’endroit où il peut
forcer un défenseur avant à se
5
déplacer de sa position de zone (voir
diag. 116). 2

• Il devrait alors profiter de cette


situation et passer le ballon à l’ai-
lier du même côté (voir diag. 1
116).

• Le coéquipier ailier doit se placer de sorte à forcer le défenseur qui se trou-


ve derrière à sortir de sa position de zone lorsque l’ailier reçoit la passe de l’ar-
rière (voir diag. 116).

• Le poste bas doit se déplacer vers un endroit d’où il forcera le défenseur


central à sortir de sa zone pour aider le défenseur arrière (voir diag. 116).
Certaines équipes, surtout les 15 à 16 ans, peuvent jouer avec un faux poste
bas et le joueur placé dans cette position s’ouvrirait vers un coin dès que le
défenseur arrière irait arrêter son coéquipier sur l’aile.

• Cette gestuelle offre de nom- Diag. 117


breuses possibilités à l’ailier et au
poste bas de lancer la balle sauf si
5
les défenseurs quittent leur posi-
tion. Si c’est le cas, ils pourront pas- 2
ser la balle à l’intérieur au poste
haut. Ce joueur doit apprendre à se 4

déplacer pour trouver un couloir de


passe afin de recevoir le ballon (voir 1

diag. 117).

• Une erreur fréquente des jeunes joueurs au poste haut est de couper
comme des automates, ce qui les empêche de recevoir une passe. Ils
devraient en réalité se diriger vers les bons endroits (les couloirs de passe
libres) pour recevoir la balle.

• Les ailiers et le poste bas (ainsi que l’arrière lorsque la balle revient) doi-
vent apprendre à voir, juste avant de recevoir la passe, si un défenseur s’ap-
proche d’eux. Si ce n’est pas le cas, ils doivent s’occuper de leur propre tir.
Si un défenseur arrive, ils doivent savoir de quel côté afin de concentrer l’at-
taque de ce côté-là.

• Juste avant de recevoir la balle, les joueurs extérieurs doivent chercher les pos-
sibilités de passes intérieures qui se présentent lorsque les défenseurs se
déplacent d’une position à une autre. Les joueurs extérieurs seront ainsi
capables de faire une passe intérieure dès qu’ils recevront le ballon, avant
que la défense n’adopte une autre position.
342 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

Une erreur fréquente des jeunes attaquants de zone est de bouger et de dépla-
cer le ballon sans réfléchir, sans obliger les défenseurs à se retirer de leur posi-
tion, sans passer en tenant compte des points faibles de la défense et sans cher-
cher à passer à l’intérieur.

La pénétration intérieure
Une autre erreur fréquente de l’attaque de zone est de ne pas utiliser le
dribble de pénétration. Cependant il s’agit d’une ressource précieuse à dévelop-
per avec de jeunes joueurs.

• Les joueurs peuvent apprendre à Diag. 118


pénétrer quand le défenseur qui
vient les arrêter arrive en retard, sur- 4

tout lorsque la balle a changé de


2
côté (voir diag. 118). 5
3

• Ils doivent ensuite apprendre à Diag. 119


décider selon les réactions des
défenseurs. Ils peuvent parfois 4
dribbler une ou deux fois avant un 2
tir en suspension sur le bord de la
5
bouteille avant que le défenseur de 3

grande taille au milieu du terrain


ne les arrête. D’autres fois, si
d’autres défenseurs leur viennent 1

en aide, ils peuvent essayer une


passe à un coéquipier qui est démarqué (voir diag. 119). Les tireurs extérieurs
ne devraient pas rater cette occasion.

Jouer avec le poste haut


Nous avons déjà mentionné que les joueurs extérieurs devraient être atten-
tifs à passer au poste haut lorsqu’il coupe vers l’intérieur. Il est aussi intéressant
d’utiliser le poste haut pendant que la balle bouge pour créer des problèmes à la
défense de zone. Voici deux exemples.

• Dans le diagramme 120, l’arrière dribble vers l’ailier en emportant son


défenseur avant de ce côté. Le poste haut s’ouvre légèrement et reçoit la
passe. Il peut alors tirer à moins que le défenseur ne l’arrête. Dans ce dia-
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 343

gramme, le défenseur avant du Diag. 120


côté de l’aide s’occupe du poste
pour que ce dernier puisse profiter 4
de la faiblesse du défenseur de ce
côté afin de passer à l’ailier. 3 2

• L’ailier aura ainsi la possibilité de Diag. 121


tirer sauf si le défenseur arrière ou
avant (ce défenseur se déplace très 4
rapidement) parvient à l’arrêter.
S’il ne peut tirer, il peut profiter du
2
déplacement des défenseurs pour
passer au poste bas, passer au 5

poste haut quand il coupe vers un


couloir de passe libre (voir diag. 1

121) ou pour pénétrer en dribblant


(voir diag. 118).

• Le deuxième exemple est illustré Diag. 122


dans le diagramme 122. Le joueur
sur l’aile (ici, le joueur 3) peut cher- 5

cher à passer au poste haut quand


il est défendu par le défenseur
avant. Dans ce cas, le poste haut 3

4
2

doit apprendre à se retirer vers le


coin de la ligne de lancers francs
pour compliquer l’aide de l’autre 1

défenseur avant. Dès qu’il reçoit la


balle, il peut tirer ou, si un défenseur vient sur lui, il peut passer à un
coéquipier démarqué. Voici trois possibilités.

✓ Si le poste haut est défendu par


le défenseur du même côté, il Diag. 123
devrait repasser à un coéquipier
5
sur l’aile car ce défenseur ne
pourra que très difficilement
remonter (voir diag. 123).
3 2

1
344 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

✓ Si le poste haut est défendu par Diag. 124


le défenseur avant, il peut passer
aux coéquipiers démarqués du côté 5

faible (voir diag. 124).


2
3

✓ S’il est défendu par le défenseur Diag. 125


central, il peut soit passer au
poste bas, qui coupe pour se 5

trouver dans un couloir de


passe libre, soit à son coéquipier 3 2

de l’aile opposée, qui doit alors se


diriger vers le coin si le défen- 4

seur arrière sur le côté de l’aide 1


aide à l’intérieur pour éviter la
passe au poste bas (voir diag.
125).

La gestuelle du poste haut et bas


Comme on le voit dans le diagramme 125, une bonne manière d’attaquer une
zone est d’alterner le positionnement poste bas poste haut.

• Lorsque le poste bas reçoit la balle, Diag. 126


le poste haut doit couper vers le
panier et chercher un couloir de 5

passe libre pour recevoir la passe et


tirer (voir diag. 126). Ce stratagème
3
fonctionnera mieux si juste avant
les défenseurs ont été déplacés de 4

leur position. Le défenseur central


doit aider lorsque le poste bas
reçoit la balle, il laissera un espace
libre au milieu pour le poste haut Diag. 127
(voir diag. 117, p. 341).
5
• Lorsque le poste haut reçoit la
balle, le poste bas peut couper vers
le panier à la recherche d’un cou- 3

loir de passe libre pour recevoir la 4

balle et tirer (voir diag. 127). S’il ne


reçoit pas le ballon, il doit se placer
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 345

de l’autre côté car il aura peut-être Diag. 128


la possibilité de recevoir par la
suite la balle de l’ailier (voir diag. 5
128).
3
2

• Tous ces mouvements offrent aux postes et à leurs coéquipiers extérieurs


de bonnes occasions de tirer car cette gestuelle poussera les défenseurs inté-
rieurs à aider à l’intérieur, ce qui laisse les attaquants extérieurs démarqués
(voir diag. 125).

Les écrans
Pour attaquer la zone, on peut utiliser les écrans, ce qui oblige les partenaires
d’un défenseur à quitter leur position et offre des occasions de bons tirs extérieurs.
Ils sont surtout efficaces contre les défenseurs du côté de l’aide.

• Dans le diagramme 129, on obser- Diag. 129


ve un exemple d’écran qui
empêche le défenseur avant du
côté de l’aide de bouger. Il ne peut 5

donc pas se déplacer assez rapide-


3
ment pour défendre le joueur sur 4 2
l’aile.

• Dans le diagramme 130, l’écran Diag. 130


empêche le défenseur arrière du
côté de l’aide d’aller arrêter le tir
5
de l’ailier. Ce joueur doit se 3
4
déplacer derrière l’écran pour en
profiter. 2

• Dans les deux cas, les écrans doi-


vent être posés pendant que les 1

défenseurs font attention à la balle de


l’autre côté, pour que lorsque la
balle change de côté, les défenseurs ne puissent pas réagir et que l’attaque
en tire profit.
346 BASKET-BALL POUR JEUNES JOUEURS

La pression sur l’attaque


Les entraîneurs de jeunes de 15 à 18 ans ne devraient pas consacrer trop de
temps lors des entraînements à préparer leur équipe contre la pression défensi-
ve. Il suffit de leur donner quelques lignes de conduite.
Si la pression défensive se fait homme à homme, les joueurs doivent laisser
beaucoup d’espace à l’arrière pour faire remonter la balle. L’arrière assumera cette
tâche sans attraper la balle jusqu’à ce qu’il arrive à l’autre bout du terrain et reçoi-
ve une bonne passe.
• Si d’autres défenseurs vont aider ou faire une prise à deux, le coéquipier
démarqué doit se déplacer vers le couloir de passe libre afin que le joueur
avec la balle puisse lui passer le ballon si nécessaire.
S’il s’agit d’une défense de zone, les jeunes devraient jouer écartés et occu-
per les espaces libres de la zone.
• Ils doivent jouer avec la tête relevée pour avoir une vue d’ensemble, c’est-
à-dire repérer les coéquipiers démarqués.
• Ils doivent se passer la balle avant de faire l’objet d’une prise à deux.
• Ils peuvent utiliser un poste dans le but de créer des problèmes pour la
pression et favoriser ainsi le mouvement de la balle (voir diag. 131).
• Ils peuvent attirer l’attention de la zone d’un côté puis envoyer la balle de
l’autre. Ceci créera des problèmes pour la pression (voir diag. 132).
Diag. 131 Diag. 132

1
2

1
2

4 4

5 5
8. ENTRAÎNER DES JOUEURS DE 15 À 18 ANS 347

• Ils peuvent dribbler pour casser la Diag. 133


pression dès qu’ils reçoivent le bal-
lon si les défenseurs arrivent en
retard (voir diag. 133).
• Le dribbleur doit avoir une vue d’en-
1
semble, chercher la passe vers les
coéquipiers démarqués bien placés. 2

Il doit éviter d’être piégé par une


prise à deux.

D’autres aspects du jeu d’équipe


On peut rapidement introduire d’autres aspects du jeu en équipe comme les
hors-jeu, les alignements pour le lancer franc, les entre-deux, etc.

* Par exemple : on peut s’entraîner aux alignements de lancers francs


et aux entre-deux pendant un match, au cours d’un entraînement.

En ce qui concerne les entre deux, il peut


s’avérer intéressant pour les 15 à 16 ans
d’avoir un alignement depuis lequel ils peu-
vent jouer librement afin de développer des
décisions tactiques. L’entraîneur peut évi-
demment leur donner quelques sugges-
tions, mais c’est une excellente occasion de
motiver la créativité et l’implication des
joueurs.
Avec des jeunes de 17 à 18 ans, les
entraîneurs peuvent travailler les hors jeu.
Ils ne doivent cependant pas surcharger
leurs joueurs avec de nombreux mouve-
ments et décisions, mais plutôt les aider à
développer les décisions et les fondamen-
taux impliqués dans chaque cas.

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