Expose
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Expose - Groupe 2
UE :
Méthode Mathématique de l’Ingénieur II
Réalisé par :
Encadré par :
AHOTONHOU Aimé Césaire
ASSOU Marguerite Dr. MOUSSA DJIBRIL A.
DJOMAMOU Prince Enseignant-Chercheur
HANDJEMEDJI Ezéchiel
1 Algèbre de convolution 5
1.1 Préliminaires fonctionnels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.1 Rappels sur l’intégrale de Lebesgue . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.2 Espaces Lp et inégalités classiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2 Produit de convolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.2 Propriétés algébriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.3 Inégalité de Young et conséquences . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.4 Propriété de régularisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.5 Approximation de l’unité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3 Convolution des distributions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3.1 Rappels sur les distributions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3.2 Espace de Schwartz (Rd ) et distributions tempérées . . . . . . . . . 8
1.3.3 Convolution de deux distributions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4 Applications et exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4.1 Calculs explicites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4.2 Utilisation en traitement du signal . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4.3 Équations intégrales de Volterra . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2 Transformation de Fourier 10
2.1 Transformée de Fourier sur L1 (Rd ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.1.1 Définition et conventions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.1.2 Premières propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.1.3 Transformées de Fourier de fonctions usuelles . . . . . . . . . . . . 11
2.1.4 Formule d’inversion de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.2 Convolution et transformée de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.3 Transformée de Fourier sur L2 (Rd ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.3.1 Identité de Parseval . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.3.2 Théorème de Plancherel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.4 Transformée de Fourier sur (Rd ) et ′ (Rd ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.4.1 Transformées de distributions usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.5 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.5.1 Équation de la chaleur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.5.2 Filtrage en traitement du signal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.5.3 Diffraction de Fraunhofer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2
TABLE DES MATIÈRES 3
3 Transformation de Laplace 15
3.1 Définition et propriétés fondamentales sur R+ . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3.1.1 Définition par l’intégrale et abscisse de convergence . . . . . . . . . 15
3.1.2 Table des transformées usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
3.1.3 Propriétés opératoires fondamentales . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
3.1.4 Théorèmes de la valeur initiale et de la valeur finale . . . . . . . . . 22
3.2 Produit de convolution et transformée de Laplace . . . . . . . . . . . . . . 24
3.2.1 Définition du produit de convolution causal . . . . . . . . . . . . . 24
3.2.2 Théorème de convolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.2.3 Application aux équations intégrales de Volterra . . . . . . . . . . . 26
3.3 Inversion de la transformée de Laplace . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
3.3.1 Stratégies pratiques pour l’inversion . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
3.3.2 Formule d’inversion de Bromwich . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
3.3.3 Méthode des résidus pour les fractions rationnelles . . . . . . . . . . 28
3.3.4 Décomposition en éléments simples . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
3.3.5 Utilisation des tables et des propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . 30
3.4 Transformée de Laplace des distributions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
3.4.1 Peigne de Dirac et échantillonnage . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.5 Transformée de Laplace multidimensionnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.5.1 Définition à deux dimensions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.5.2 Convolution bidimensionnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.5.3 Lien avec la transformée de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
3.6 Applications approfondies de la transformation de Laplace . . . . . . . . . 32
3.6.1 Résolution des équations différentielles linéaires à coefficients constants 32
3.6.2 Fonction de transfert et analyse des systèmes . . . . . . . . . . . . . 33
3.6.3 Exemples en automatique et en électricité . . . . . . . . . . . . . . 34
3.6.4 Résolution d’équations aux dérivées partielles . . . . . . . . . . . . 34
3.6.5 Équations intégro-différentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
Algèbre de convolution
Introduction
La convolution est une opération fondamentale en analyse mathématique et en traite-
ment du signal. Elle permet de combiner deux fonctions pour en produire une troisième,
reflétant l’effet d’un système linéaire invariant dans le temps (SLIT). Ce chapitre pose les
bases rigoureuses de la théorie de la convolution, en commençant par des rappels d’in-
tégration de Lebesgue, puis en définissant le produit de convolution et en étudiant ses
propriétés algébriques et topologiques. Nous verrons comment la convolution régularise
les fonctions, comment elle se comporte vis-à-vis des distributions, et nous terminerons
par des applications concrètes.
Intuition
Pourquoi la convolution ? Imaginez que vous ayez un système qui transforme un
signal d’entrée x(t) en une sortie y(t). Si le système est linéaire et que sa réponse à
une impulsion brève (Dirac) est h(t)
R +∞(la réponse impulsionnelle), alors la sortie est
donnée par y(t) = (h ∗ x)(t) = −∞ h(t − τ )x(τ )dτ . La convolution « mélange »
l’entrée avec la mémoire du système.
5
6 CHAPITRE 1. ALGÈBRE DE CONVOLUTION
Ces deux théorèmes seront utilisés systématiquement pour intervertir les intégrales
dans les calculs de convolution.
Théorème 1.3 (Inégalité de Hölder). Si p, q ∈ [1, ∞] avec 1/p + 1/q = 1, alors ∥f g∥1 ≤
∥f ∥p ∥g∥q .
∥f ∗ g∥r ≤ ∥f ∥p ∥g∥q .
Le cas général 1 < p, q, r < ∞ utilise une astuce de convexité : on écrit |f (x − y)g(y)| =
(|f (x − y)|p |g(y)|q )1/r |f (x − y)|1−p/r |g(y)|1−q/r puis on applique Hölder avec trois expo-
sants. Les détails complets sont donnés dans l’annexe du chapitre.
Corollaire 1.9. — L1 (Rd ) est une algèbre de Banach pour la convolution : ∥f ∗ g∥1 ≤
∥f ∥1 ∥g∥1 .
— Si f ∈ Lp , g ∈ Lq avec 1/p + 1/q = 1, alors f ∗ g est uniformément continue et
∥f ∗ g∥∞ ≤ ∥f ∥p ∥g∥q .
∂ α (f ∗ φ) = f ∗ (∂ α φ).
Démonstration. On peut dériver sous le signe intégral car φ est C ∞ à support compact,
ce qui permet de dominer par une fonction intégrable indépendante de x.
Exemple 1.18 (Convolution d’exponentielles causales). f (x) = e−ax 1[0,∞) (x), g(x) =
e−bx 1[0,∞) (x) avec a, b > 0. Pour x ≥ 0,
−bx
e − e−ax
(a ̸= b),
(f ∗ g)(x) = a−b
−ax
xe (a = b).
Exercice 1.4.3. (Avancé) Montrer que si f ∈ L1 (R) et g(x) = e−|x| , alors f ∗ g est
continue et bornée. Calculer explicitement pour f = 1[0,1] .
Résumé du chapitre
À retenir
Points clés :
— La convolution est une opération bilinéaire, commutative, associative.
— Inégalité de Young : Lp ∗ Lq ⊂ Lr avec 1/p + 1/q = 1 + 1/r.
— La convolution avec une fonction Cc∞ régularise : f ∗ φ ∈ C ∞ .
— Les approximations de l’unité permettent d’approcher f par f ∗ ρn dans Lp .
— La convolution se prolonge aux distributions (sous réserve de support conve-
nable).
Chapitre 2
Transformation de Fourier
Introduction
La transformation de Fourier est l’outil incontournable pour passer du domaine tem-
porel (ou spatial) au domaine fréquentiel. Elle diagonalise les opérateurs de dérivation
et transforme la convolution en produit ponctuel. Ce chapitre en donne une présentation
rigoureuse, depuis la définition sur L1 jusqu’à l’extension aux distributions tempérées, en
passant par l’inversion, le théorème de Plancherel et des applications classiques (équation
de la chaleur, filtrage, diffraction).
Intuition
Le « microscope » fréquentiel : La transformée de Fourier décompose un si-
gnal en une somme (intégrale) d’ondes sinusoïdales eiξx . Chaque fréquence ξ est
pondérée par le coefficient fˆ(ξ). Les opérations comme la dérivation deviennent des
multiplications par iξ dans ce monde fréquentiel.
10
2.2. CONVOLUTION ET TRANSFORMÉE DE FOURIER 11
tend vers f (x) (approximation de l’unité), le membre de droite tend vers fˆ(ξ)eix·ξ dξ par
R
Idée. L1 ∩ L2 est dense dans L2 ; sur cet ensemble, F est une isométrie à constante près.
On prolonge par continuité.
2.5 Applications
2.5.1 Équation de la chaleur
On considère ∂t u − ∆x u = 0, u(x, 0) = f (x). En prenant la transformée de Fourier en
x, on obtient ∂t û(ξ, t) + |ξ|2 û(ξ, t) = 0, d’où û(ξ, t) = fˆ(ξ)e−|ξ| t . Par inversion, u(x, t) =
2
2
(Kt ∗ f )(x) avec Kt (x) = (4πt)1 d/2 e−|x| /(4t) (noyau de la chaleur).
Intuition
Le noyau de la chaleur Kt est une approximation de l’unité quand t → 0+ : la
chaleur diffuse instantanément et régularise la donnée initiale.
2.5. APPLICATIONS 13
Distribution T FT
δ0 1
δa e−ia·ξ
1 (2π)d δ0
pv x1 −iπ sgn(ξ)
P P
n∈Z δn 2π k∈Z δ2πk (peigne de Dirac)
R +∞ cos(ξt) R +∞ cos t
Exercice 2.5.3. (Avancé) Soit α > 0. Calculer I1 = −∞ 1+t2
dt et en déduire 0 1+t2
dt =
π
2e
.
Résumé du chapitre
À retenir
Formules clés à retenir :
Z Z
ˆ 1
f (ξ) = f (x)e−ix·ξ dx, f (x) = fˆ(ξ)eix·ξ dξ,
Rd (2π)d
1 ˆ
F(f ∗ g) = fˆ ĝ, F(f g) = f ∗ ĝ,
(2π)d
∥fˆ∥L2 = (2π)d/2 ∥f ∥L2 , F(∂ α f ) = (iξ)α fˆ,
F(eiω0 ·x f )(ξ) = fˆ(ξ − ω0 ), F(f (λ ·))(ξ) = |λ|−d fˆ(ξ/λ).
Transformation de Laplace
Introduction
La transformation de Laplace est un outil fondamental de l’analyse mathématique ap-
pliquée, omniprésent en automatique, en traitement du signal, en physique et en ingénie-
rie électrique. Elle permet de transformer une équation différentielle linéaire à coefficients
constants en une équation algébrique, simplifiant ainsi considérablement la résolution de
problèmes de valeurs initiales.
Intuition
Pourquoi Laplace ? Imaginez que vous deviez résoudre une équation différentielle
avec des dérivées et des intégrales. Dans le monde temporel, c’est complexe. Laplace
crée un monde parallèle (le domaine complexe p) où :
— La dérivation devient une simple multiplication par p
— L’intégration devient une division par p
— Les équations différentielles deviennent des équations algébriques !
Une fois le problème résolu algébriquement dans ce monde parallèle, on utilise la
transformation inverse pour revenir au monde temporel avec la solution.
15
16 CHAPITRE 3. TRANSFORMATION DE LAPLACE
où p = σ+iω est une variable complexe. L’ensemble des p ∈ C pour lesquels cette intégrale
converge (absolument ou non) est appelé domaine de convergence.
Intuition
Interprétation du noyau e−pt : La fonction e−pt = e−(σ+iω)t = e−σt · e−iωt joue un
double rôle :
— La partie réelle e−σt agit comme un facteur d’amortissement. Pour σ > 0, il
force l’intégrale à converger même si f (t) croît modérément.
— La partie imaginaire e−iωt est une oscillation qui permet de sonder le contenu
fréquentiel de f (t) (lien avec Fourier).
Si l’ensemble est vide, σa = +∞. Si σa < +∞, l’intégrale définissant F (p) converge
absolument pour tout p tel que Re(p) > σa . De plus, F (p) est une fonction holomorphe
sur le demi-plan ouvert Re(p) > σa .
Im(p) σa
Divergence Domaine
p0 de
convergence
absolue
Re(p)
Preuve de l’holomorphie de F (p). Soit p0 tel que Re(p0 ) > σa . On peut choisir un réel α
tel que σa < α < Re(p0 ). Pour tout p dans un voisinage de p0 vérifiant Re(p) ≥ α, on a
|f (t)e−pt | ≤ |f (t)|e−αt , qui est intégrable sur [0, +∞[ par définition de σa .
3.1. DÉFINITION ET PROPRIÉTÉS FONDAMENTALES SUR R+ 17
Pour que la limite existe quand R → ∞, il faut que |e−pR | = e− Re(p)R → 0, soit Re(p) > 0.
Dans ce cas :
1
L{u(t)}(p) = , Re(p) > 0.
p
L’abscisse de convergence est σa = 0.
Exemple 3.5 (Fonction exponentielle). Pour a ∈ C, f (t) = eat . Alors :
Z +∞
at
L{e }(p) = e(a−p)t dt.
0
e(a−p)t
La primitive est a−p
. Pour la limite en +∞, on a :
Exemple 3.6 (Fonction puissance). Pour n ∈ N, f (t) = tn . Une intégration par parties
itérée donne :
Z ∞ ∞
n ∞ n−1 −pt
n Z
n n −pt t −pt
L{t }(p) = t e dt = − e + t e dt
0 p 0 p 0
n n!
= 0 + L{tn−1 }(p) = · · · = n+1 , Re(p) > 0.
p p
On
R ∞ peut étendre cette formule à α > −1 réel par la fonction Gamma d’Euler : Γ(z) =
z−1 −t
0
t e dt (pour Re(z) > 0). En posant u = pt avec p > 0, on a :
Z ∞ Z ∞
α −pt 1 Γ(α + 1)
α
L{t }(p) = t e dt = α+1 uα e−u du = .
0 p 0 pα+1
Piège à éviter
Propriété 3.8 (Translation en temps (retard)). Soit a > 0. On définit la fonction retardée
fa (t) = f (t − a)u(t − a). Alors :
Démonstration.
Z +∞
L{f (t − a)u(t − a)}(p) = f (t − a)e−pt dt.
a
Intuition
Retard temporel ↔ Déphasage complexe : Un retard pur dans le temps se
traduit par une multiplication par e−ap dans le domaine de Laplace. Le terme e−ap
a un module 1 sur l’axe imaginaire (p = iω), ce qui correspond à un déphasage pur
sans atténuation. En automatique, c’est la fonction de transfert d’un retard pur.
Démonstration.
Z ∞ Z ∞
−pt
at
L{e f (t)}(p) = at
e f (t)e dt = f (t)e−(p−a)t dt = F (p − a).
0 0
1 p
L{f (at)}(p) = F .
a a
Propriété 3.11 (Dérivation dans l’espace original). Si f est continue sur [0, +∞[ et
f ′ est continue par morceaux et à croissance exponentielle (i.e. il existe M, α tels que
|f (t)| ≤ M eαt ), alors pour Re(p) > α :
L{f (n) (t)}(p) = pn F (p) − pn−1 f (0+ ) − pn−2 f ′ (0+ ) − · · · − f (n−1) (0+ ).
— En t = 0 : on obtient −f (0+ ).
Ainsi, en passant à la limite R → ∞ :
Z ∞
f ′ (t)e−pt dt = −f (0+ ) + pF (p).
0
À retenir
La propriété la plus importante : La dérivation devient une multiplication par
p, avec soustraction des conditions initiales. C’est exactement ce qui permet de
transformer une équation différentielle en équation algébrique !
d
←→ p × (·) − C.I.
dt
Par récurrence :
L{tn f (t)}(p) = (−1)n F (n) (p).
Démonstration. La fonction F (p) est holomorphe, on peut dériver sous le signe intégral.
Justifions rigoureusement : pour p dans le demi-planR ∞ de convergence, on choisit un voisi-
−αt
nage compact K et α < Re(p) tel que l’intégrale 0 |f (t)|e dt converge. La dérivée de
l’intégrande par rapport à p est −tf (t)e−pt , et sur K :
R∞
Démonstration. On a F (u) = 0 f (t)e−ut dt. Alors
Z +∞ Z +∞ Z ∞
−ut
F (u)du = f (t)e dt du.
p p 0
sin t
Exemple 3.15 (Application de l’intégration en fréquence). Calculer L t
(p). On sait
que L{sin t} = p21+1 . Donc :
Z +∞
sin t du
L (p) = = [arctan u]+∞
p
t p u2+1
π
= − arctan p.
2
On peut aussi écrire ce résultat sous la forme arctan(1/p) en utilisant l’identité arctan(x)+
arctan(1/x) = π/2 pour x > 0.
Lorsque p → +∞ (réel), analysons le terme intégral. Comme f ′ est continue par morceaux
et à croissance exponentielle, on peut appliquer le lemme de Riemann-Lebesgue qui stipule
que pour toute fonction φ intégrable sur [0, ∞[ :
Z ∞
lim φ(t)e−pt dt = 0.
p→∞ 0
′
Ici φ(t) = f (t) est intégrable sur tout compact et bornée par une exponentielle, ce qui
assure la convergence de l’intégrale et la validité du lemme. Donc l’intégrale tend vers 0
et :
lim pF (p) = f (0+ ).
p→∞
Par hypothèse, limt→∞ f (t) = f (∞) existe. De plus, les conditions sur les pôles de pF (p)
impliquent que f ′ est intégrable sur [0, ∞[ et que sa transformée de Laplace est bien définie
pour Re(p) ≥ 0 (sauf peut-être en p = 0 si f (∞) ̸= 0). On peut alors passer à la limite
p → 0+ sous l’intégrale par convergence dominée (car |e−pt | ≤ 1 et f ′ est intégrable) :
Z ∞ Z ∞ Z R
′ −pt ′
lim+ f (t)e dt = f (t)dt = lim f ′ (t)dt = f (∞) − f (0+ ).
p→0 0 0 R→∞ 0
Donc :
lim+ (pF (p) − f (0+ )) = f (∞) − f (0+ ),
p→0
Intuition
Interprétation physique : La convolution f ∗ g modélise la réponse d’un système
linéaire invariant. Si g est l’entrée et f la réponse impulsionnelle, alors f ∗ g est la
sortie du système. L’intégrale somme les contributions de l’entrée à tous les instants
passés τ ∈ [0, t], pondérées par la réponse impulsionnelle.
f (t − τ )
g(τ )
(f ∗ g)(t)
τ
t
Figure 3.2 – Illustration du produit de convolution : l’aire sous le produit des deux
fonctions donne la valeur de (f ∗ g)(t).
À retenir
Convolution temporelle ↔ Produit dans Laplace :
L
(f ∗ g)(t) −
→ F (p) · G(p)
Rt
Exemple 3.21 (Équation de Volterra de seconde espèce). Résoudre y(t) = t + 0 sin(t −
τ ) y(τ ) dτ .
Étape 1 - Reconnaître la convolution : Le terme intégral est exactement (sin ∗y)(t).
Étape 2 - Appliquer Laplace :
1 1
Y (p) = L{t} + L{sin ∗y} = 2
+ 2 Y (p).
p p +1
p2 1 p2 + 1 1 1
Y (p) 2
= 2
=⇒ Y (p) = 4
= 2 + 4.
p +1 p p p p
Étape 4 - Inverser :
t3
−1 1 −1 1
y(t) = L +L =t+ .
p2 p4 6
−t
R t −(t−τ ) 3.2.1. (Facile) En utilisant la transformée de Laplace, résoudre y(t) = e +
Exercice
0
e y(τ )dτ .
Rt
Exercice 3.2.2. (Intermédiaire) Résoudre l’équation intégro-différentielle : y ′ (t)+ 0 y(τ )dτ =
1, avec y(0) = 0.
Stratégie pratique
Stratégies pour inverser F (p) :
1. Reconnaître directement dans la table des transformées usuelles
(Table 3.1). C’est la méthode la plus rapide !
2. Décomposer en éléments simples si F (p) est une fraction rationnelle, puis
utiliser la table.
3. Utiliser les propriétés opératoires :
— Facteur e−ap =⇒ retard temporel
— Translation p → p − a =⇒ multiplication par eat
— Puissance de p au dénominateur =⇒ intégration
4. Convolution : Si F (p) = G(p)H(p) et qu’on connaît les originaux g(t) et
h(t), alors f = g ∗ h.
5. Formule de Bromwich / Résidus en dernier recours, pour les cas com-
plexes.
où γ > σa est un réel quelconque. Cette intégrale est prise le long de la droite verticale
Re(p) = γ, appelée droite de Bromwich.
Esquisse de preuve. On substitue la définition de F (p) dans l’intégrale de Bromwich :
Z γ+i∞ Z γ+i∞ Z ∞
1 pt 1 −pu
F (p)e dp = f (u)e du ept dp.
2πi γ−i∞ 2πi γ−i∞ 0
Méthode
Calcul pratique du résidu :
— Pôle simple p0 : Res(F (p)ept , p0 ) = limp→p0 (p − p0 )F (p)ept
— Pôle multiple d’ordre m en p0 :
1 dm−1
Res(F (p)ept , p0 ) = m pt
lim (p − p 0 ) F (p)e
(m − 1)! p→p0 dpm−1
1
Exemple 3.24 (Inversion par résidus - Pôles simples). Soit F (p) = (p+1)(p+2)
. Les pôles
sont simples : p1 = −1, p2 = −2.
Étape 1 : Calcul du résidu en p = −1 :
ept
Res(F (p)ept , −1) = lim (p + 1)
p→−1 (p + 1)(p + 2)
ept
e−t
= lim = = e−t .
p→−1 p + 2 1
ept
Res(F (p)ept , −2) = lim (p + 2)
p→−2 (p + 1)(p + 2)
e pt
e−2t
= lim = = −e−2t .
p→−2 p + 1 −1
ept d2 ept
1 3
Res , −1 = lim (p + 1) .
(p + 1)3 2! p→−1 dp2 (p + 1)3
3.3. INVERSION DE LA TRANSFORMÉE DE LAPLACE 29
Étape 2 : Simplification : (p + 1)3 F (p) = 1, mais attention, c’est (p + 1)3 F (p)ept = ept
qu’il faut dériver.
Étape 3 : Calcul des dérivées :
d pt
e = tept
dp
d2 pt
e = t2 ept .
dp2
Étape 4 : Évaluation en p = −1 :
1 2 −t
te .
2
2
On retrouve bien L{ t2 e−t } = 1
(p+1)3
.
p2 + 3p + 2 = (p + 1)(p + 2).
— En p = −1 : 2 = A(1) + B(0) =⇒ A = 2
— En p = −2 : 1 = A(0) + B(−1) =⇒ B = −1
Étape 4 - Inverser :
2 1
F (p) = − =⇒ f (t) = 2e−t − e−2t .
p+1 p+2
Astuce
Astuce pour la décomposition : La méthode des limites (ou méthode des résidus)
est très rapide :
−1 + 3 −2 + 3
A = lim (p + 1)F (p) = = 2, B = lim (p + 2)F (p) = = −1.
p→−1 −1 + 2 p→−2 −2 + 1
30 CHAPITRE 3. TRANSFORMATION DE LAPLACE
Cependant, l’avantage de Laplace réside dans la prise en compte automatique des condi-
tions initiales via les bornes d’intégration 0 et +∞, ce qui est parfaitement adapté aux
problèmes de Cauchy.
32 CHAPITRE 3. TRANSFORMATION DE LAPLACE
À retenir
Laplace vs Fourier :
— Fourier : Analyse fréquentielle pure (p = iω), pour les signaux existant depuis
t = −∞.
— Laplace unilatérale : Intègre naturellement les conditions initiales, idéal
pour les problèmes d’évolution (Cauchy) à partir de t = 0.
1 1 + (p + 3)(p + 1) p2 + 4p + 4 (p + 2)2
(p + 1)(p + 2)Y (p) = +p+3= = = .
p+1 p+1 p+1 p+1
Étape 4 - Isolation de Y (p) :
(p + 2)2 p+2
Y (p) = 2
= .
(p + 1) (p + 2) (p + 1)2
Étape 5 - Décomposition :
p+2 A B
2
= + .
(p + 1) p + 1 (p + 1)2
Étape 6 - Inversion :
Y (p) bm pm + · · · + b0
H(p) = = .
X(p) an pn + · · · + a0
Intuition
Interprétation de H(p) : H(p) est la signature du système dans le domaine de
Laplace. Elle contient toute l’information sur son comportement dynamique. Si on
connaît H(p) et l’entrée X(p), la sortie est simplement Y (p) = H(p)X(p).
Définition 3.32 (Stabilité BIBO). Un système est stable au sens Bounded Input Bounded
Output (BIBO) si toute entrée bornée produit une sortie bornée. Ceci est équivalent à ce
que tous les pôles de H(p) aient une partie réelle strictement négative.
1
Exemple 3.33 (Filtre passe-bas RC). La fonction de transfert est H(p) = RCp+1 . Le
pôle est p = −1/RC < 0, donc le système est stable. Sa réponse impulsionnelle est
1 −t/RC 1
h(t) = RC e u(t). La réponse à un échelon X(p) = 1/p est Y (p) = p(RCp+1) . Par
décomposition :
1 RC 1 1
Y (p) = − = − .
p RCp + 1 p p + 1/RC
D’où y(t) = 1 − e−t/RC pour t ≥ 0.
34 CHAPITRE 3. TRANSFORMATION DE LAPLACE
√ q
Le dénominateur p2 + 2ξω0 p + ω02 avec ω0 = 1/ LC et ξ = R2 CL (facteur d’amortis-
sement). La nature de la réponse (apériodique, critique, oscillatoire amortie) dépend de
ξ.
Étape 3 - Simplifier :
p2 + 1 1 p
Y (p) = 2 =⇒ Y (p) = 2 .
p p +1 (p + 1)2
Étape 4 - Inverser : On reconnaît une forme liée à la dérivation en fréquence. On
sait que L{sin t} = p21+1 . La propriété de dérivation dans l’espace image donne :
L{tf (t)} = −F ′ (p).
Ici, si on prend f (t) = sin t, alors F (p) = 1
et F ′ (p) = − (p22p
p2 +1 +1)2
. Donc :
2p −1 p t
L{t sin t} = =⇒ L = sin t.
(p2 + 1)2 2
(p + 1) 2 2
Ainsi, y(t) = 2t sin t.
Exercice 3.6.1. (Facile) Résoudre y ′′ + 4y = 0, y(0) = 1, y ′ (0) = 0 en utilisant Laplace.
2
Exercice 3.6.2. (Intermédiaire) Un système a pour fonction de transfert H(p) = (p+1)(p+3) .
Déterminer sa réponse à un échelon unité x(t) = u(t).
Rt
Exercice 3.6.3. (Avancé) Résoudre l’équation intégrale y(t) = t2 + 0 (t − τ )y(τ )dτ .
Résumé du chapitre
À retenir
Formules clés à retenir :
1 n!
L{1} = , Re(p) > 0 L{tn } = , Re(p) > 0
p pn+1
1 ω
L{eat } = , Re(p) > Re(a) L{sin(ωt)} = 2
p−a p + ω2
p
L{cos(ωt)} = 2 2
L{f ′ (t)} = pF (p) − f (0+ )
p +ω
at
L{e f (t)} = F (p − a) L{f (t − a)u(t − a)} = e−ap F (p)
L{f ∗ g} = F (p)G(p) L{tf (t)} = −F ′ (p)
Méthodes d’inversion :
1. Table des transformées (reconnaissance directe)
2. Décomposition en éléments simples
3. Utilisation des propriétés (retard, amortissement, convolution)
4. Méthode des résidus (formule de Bromwich)
Conditions importantes :
— Toujours vérifier le domaine de convergence Re(p) > σa
— Le théorème de la valeur finale nécessite que pF (p) n’ait pas de pôles à partie
réelle ≥ 0 (sauf éventuellement un pôle simple en 0)
Chapitre 4
Introduction
Contrairement aux équations différentielles linéaires, les équations non linéaires ne
possèdent pas de méthode de résolution générale. Leur étude requiert une combinaison
d’outils qualitatifs (théorie de Cauchy-Lipschitz, stabilité de Lyapunov) et quantitatifs
(méthodes analytiques approchées, méthodes numériques, approches variationnelles). Ce
chapitre présente les fondements théoriques des EDO non linéaires ainsi qu’un large éven-
tail de techniques de résolution.
Intuition
Pourquoi les EDO non linéaires sont-elles si différentes ?
— Linéaire : Le principe de superposition s’applique. Si y1 et y2 sont solutions,
ay1 + by2 aussi. Les solutions forment un espace vectoriel.
— Non linéaire : Pas de superposition ! Des comportements radicalement nou-
veaux émergent : explosion en temps fini, cycles limites, chaos, bifurcations.
Pensez à y ′ = y (linéaire) vs y ′ = y 2 (non linéaire). La première a des solutions
définies pour tout t, la seconde explose en temps fini !
36
4.1. THÉORIE FONDAMENTALE DES EDO NON LINÉAIRES 37
Intuition
Intervalle maximal : C’est le plus grand intervalle de temps sur lequel la solution
peut être définie sans cesser d’exister (par explosion ou sortie du domaine). Pour
y ′ = y 2 , y(0) = 1, l’intervalle maximal est ] − ∞, 1[ car la solution explose en t = 1.
Définition 4.2 (Flot). Si la solution maximale est unique pour chaque condition initiale
(t0 , y0 ), on peut définir une application Φ : D ⊂ R × Rn → Rn appelée flot du champ de
vecteurs f , telle que t 7→ Φ(t, t0 , y0 ) est la solution de (4.1).
Intuition
Signification géométrique de Lipschitz : La condition de Lipschitz signifie que
la pente de f par rapport à y est bornée localement. Cela empêche que deux solutions
ne se croisent ou ne divergent trop violemment.
p Sans cette condition, l’unicité peut
être perdue (exemple classique : y ′ = |y| avec y(0) = 0 admet une infinité de
solutions).
Pour y ∈ E et t ∈ [−T, T ], on a
Z t
∥Φ(y)(t) − y0 ∥ ≤ | ∥f (y(s))∥ds| ≤ M |t| ≤ M T = r,
0
38 CHAPITRE 4. RÉSOLUTION DES EDO NON LINÉAIRES
donc Φ(y) ∈ E. Montrons que Φ est contractante pour T assez petit. Soient y1 , y2 ∈ E.
Z t
∥Φ(y1 )(t) − Φ(y2 )(t)∥ ≤ | ∥f (y1 (s)) − f (y2 (s))∥ds|
0
Z t
≤ L| ∥y1 (s) − y2 (s)∥ds|
0
≤ L|t|∥y1 − y2 ∥∞ ,
où L est la constante de Lipschitz de f sur B(y0 , r). Donc
∥Φ(y1 ) − Φ(y2 )∥∞ ≤ LT ∥y1 − y2 ∥∞ .
Si LT < 1, Φ est une contraction. Quitte à réduire T (par exemple T = min(r/M, 1/(2L))),
on obtient une contraction. Le théorème du point fixe de Banach-Picard assure alors
R t l’unicité d’un point fixe y ∈ E, qui est solution de l’équation intégrale
l’existence et
y(t) = y0 + 0 f (y(s))ds, donc solution de l’EDO. L’extension au cas non autonome et à
des intervalles asymétriques est immédiate.
Exemple 4.9 (Équation logistique - Résolution détaillée). y ′ = ky(M −y), avec k, M > 0.
Cette équation modélise la croissance d’une population avec limitation des ressources.
Étape 1 - Séparation des variables :
dy
= k dt.
y(M − y)
40 CHAPITRE 4. RÉSOLUTION DES EDO NON LINÉAIRES
∞
!2 ∞ n
!
X X X
2 n
y(t) = an t = ak an−k tn .
n=0 n=0 k=0
Exemple 4.13 (Oscillateur de Van der Pol faiblement non linéaire). y ′′ +ε(y 2 −1)y ′ +y =
0. Pour ε = 0, la solution est y0 (t) = A cos(t + ϕ). À l’ordre ε, on trouve une équation
qui fait apparaître des termes dits séculaires (en t cos t) qui détruisent l’uniformité de
l’approximation pour les temps longs. La méthode de Lindstedt-Poincaré consiste à
développer également la fréquence en série de ε pour absorber ces termes séculaires.
Les noyaux hn caractérisent complètement le système. Ces séries sont utilisées en traite-
ment du signal non linéaire et en identification de systèmes.
y2
Instable
Stable
y1
0
Asymptotiquement stable
Figure 4.1 – Illustration des différents types de stabilité d’un point d’équilibre.
Intuition
Fonction de Lyapunov : Pensez à V comme une énergie du système. Si l’énergie
est toujours positive (sauf à l’équilibre où elle est nulle) et qu’elle ne peut que
décroître, alors le système va inévitablement se stabiliser à l’équilibre.
yn+1 = yn + hf (tn , yn ).
C’est une méthode d’ordre 1, simple mais souvent instable pour des pas trop grands.
(ordre 4) :
k1 = f (tn , yn ),
k2 = f (tn + h/2, yn + hk1 /2),
k3 = f (tn + h/2, yn + hk2 /2),
k4 = f (tn + h, yn + hk3 ),
h
yn+1 = yn + (k1 + 2k2 + 2k3 + k4 ).
6
Pour les méthodes à un pas, la consistance et la stabilité (au sens de la stabilité zéro)
impliquent la convergence.
Définition 4.21 (Stabilité absolue). Pour l’équation test y ′ = λy avec Re(λ) < 0, la
solution exacte tend vers 0. Une méthode numérique appliquée avec un pas h produit une
suite qui tend vers 0 si hλ appartient à la région de stabilité absolue de la méthode.
Définition 4.22 (Systèmes raides). Un système est dit raide s’il fait intervenir des
constantes de temps très différentes (exemple : cinétique chimique, circuits électroniques
avec des dynamiques lentes et rapides). Pour ces systèmes, les méthodes explicites im-
posent un pas h extrêmement petit pour rester stables, ce qui les rend inutilisables en
pratique. On préfère les méthodes implicites (Euler implicite, méthodes BDF) qui sont
inconditionnellement stables (A-stables).
Piège à éviter
Raideur numérique : Un système avec des dynamiques lentes et rapides (ex :
τ1 = 1s, τ2 = 10−6 s) forcera un pas explicite de l’ordre de 10−6 s, même si on ne
s’intéresse qu’à la dynamique lente ! Utilisez des solveurs implicites (ode15s dans
MATLAB, BDF dans SciPy).
où σ est une fonction d’activation non linéaire (ReLU, tanh, sigmoïde). Les paramètres
θ = {Wi , bi } sont ajustés par descente de gradient afin de minimiser une fonction
de coût (loss function). L’algorithme de rétropropagation (backpropagation) calcule
efficacement le gradient de la fonction de coût par rapport aux paramètres.
Les dérivées de ŷ nécessaires pour calculer D[ŷ] sont obtenues par différentiation auto-
matique (mode reverse) directement dans le graphe de calcul, ce qui donne des valeurs
exactes à la précision machine près, sans erreur de discrétisation.
Après quelques milliers d’itérations de descente de gradient, le réseau prédit une fonc-
1
tion qui coïncide remarquablement avec la solution exacte 1−t , y compris l’explosion à
l’approche de t = 1.
Résumé du chapitre
À retenir
Points clés à retenir :
— Théorie fondamentale : Cauchy-Lipschitz assure l’existence et l’unicité lo-
cales si f est localement lipschitzienne. Le théorème des bouts dit qu’une
solution qui n’existe pas pour tout temps doit exploser ou quitter le domaine.
— Méthodes analytiques : Équations à variables séparables, Bernoulli (se
ramène à linéaire), séries entières (si f analytique).
— Méthodes approchées : Perturbation (développement en ε), Adomian (dé-
composition en série), Volterra (noyaux de convolution non linéaires).
— Stabilité : Linéarisation (valeurs propres de la jacobienne) ou méthode directe
de Lyapunov (fonction V décroissante).
— Méthodes numériques : Euler (ordre 1), Runge-Kutta (ordre 4), méthodes
implicites pour les systèmes raides.
— PINNs : Réseaux de neurones informés par la physique, sans maillage, mais
entraînement coûteux.
4.7 Bibliographie
H. Brézis, Analyse fonctionnelle : théorie et applications, Masson, Paris, 1983.
W. Rudin, Analyse réelle et complexe, Masson, Paris, 1980.
L. Schwartz, Théorie des distributions, Hermann, Paris, 1966.
E. M. Stein, R. Shakarchi, Fourier Analysis : An Introduction, Princeton University Press,
2003.
J. Dyer, S. Dyer, Convolution, Fourier Analysis, and Distributions, Cambridge University
Press, 2017.
G. Doetsch, Introduction to the Theory and Application of the Laplace Transformation,
Springer, 1974.
M. R. Spiegel, Transformées de Laplace, Série Schaum, McGraw-Hill, 1999.
V. I. Arnol’d, Équations différentielles ordinaires, Éditions Mir, Moscou, 1976.
J. K. Hale, Ordinary Differential Equations, Wiley-Interscience, 1969.
L. Perko, Differential Equations and Dynamical Systems, Springer, 2001.
M. Raissi, P. Perdikaris, G. E. Karniadakis, “Physics-informed neural networks : A deep
learning framework for solving forward and inverse problems involving nonlinear partial
differential equations”, Journal of Computational Physics, vol. 378, pp. 686–707, 2019.