Avant-propos :
Il existe plusieurs types d'instances judiciaires. Cette distinction entre les juridictions
de l'ordre judiciaire et celles de l'ordre administratif implique que les juridictions de l'un des
deux ordres n'ont pas d'autorité sur celles de l'autre.
Cela donne lieu à plusieurs problèmes :
1 - Le conflit positif : Les deux ordres estiment être compétents pour une
affaire, alors que la compétence ne relève que d'un seul ordre.
2 - Le conflit négatif : Les deux ordres estiment ne pas être compétents.
La juridiction suprême de l'ordre judiciaire s’appelle la Cour de cassation.
La juridiction suprême de l’ordre administratif s’appelle le Conseil d'État.
Alors, qui tranche en cas de conflit ?
C'est le Tribunal des conflits. Ce dernier ne juge pas le fond des affaires, mais son rôle est
exclusivement de trancher les conflits de compétence entre les deux ordres.
Cette organisation découle de l'idée fondamentale de la séparation des pouvoirs. Sous
l'Ancien Régime, le roi détenait les pleins pouvoirs.
En effet, il légiférait, jugeait et mettait en œuvre la loi.
Mais au XVIIIe siècle, Montesquieu a théorisé que, pour qu'un État soit véritablement de
droit, le prince devait reconnaître des droits opposables à ses sujets. Selon Montesquieu,
cela nécessitait de séparer les trois pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire), en les
confiant à des institutions indépendantes les unes des autres, afin de garantir l'équilibre et la
liberté.
Lorsque les révolutionnaires adoptent l'idée de Montesquieu, ils souhaitent que les pouvoirs
soient indépendants les uns des autres. Cependant, sous l'Ancien Régime, les juges ne
faisaient pas partie du tiers état. Ils étaient directement liés au pouvoir royal.
Par conséquent, l'idée était de limiter leur rôle, en interdisant notamment aux juges de juger
les affaires impliquant l’État.
Ce n'est qu'en 1872, avec la création d'un véritable ordre juridictionnel, que les juges de
l'ordre administratif ont véritablement vu leur indépendance et leur compétence établies de
manière formelle.
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Introduction : Les trois niveaux de juridiction
Le terme judiciaire n’est pas le même quand on l’emploie avec le « pouvoir » et l’«
ordre » :
- Le pouvoir judiciaire comprend tous les juges et tous les tribunaux
- L’ordre judiciaire comprend uniquement la partie privée.
Deux codes sont importants : le code de l’organisation judiciaire et le code de procédure
civile. Le code est une volonté du législateur d’organiser l’ensemble des textes qui régissent
une matière comme si c’était un livre.
A) Les juridictions de premiers degrés
C’est ce qu’on appelle la première instance. Elles vont examiner l’affaire en fait et
en droit.
L'article 34 de la Constitution détermine les domaines dans lesquels le Parlement a
compétence pour légiférer, tels que les droits civiques, les libertés publiques, la fiscalité, la
nationalité, ou encore les principes fondamentaux du travail, de l'éducation et de la défense.
L'article 37 de la Constitution française précise que les matières qui ne relèvent pas du
domaine de la loi (défini à l'article 34) relèvent du pouvoir réglementaire, c'est-à-dire du
gouvernement.
Le principe de légalité est un principe fondamental en droit public selon lequel
l'administration et les autorités publiques doivent agir dans le respect des règles
juridiques en vigueur, notamment la Constitution, les lois et les règlements. Cela protège
ainsi de l’arbitraire.
Les juridictions de première instance vont examiner les éléments de l’affaire données
par les parties, les différents récits, les preuves...
On va ensuite passer par trois étapes : 1- La qualification juridique des faits ; 2 – La recherche
de la règle de droit ; 3 – L’interprétation de la loi
- La qualification juridiques des faits : Cela consiste à rattacher les faits
étudiés à des concepts juridiques.
- La recherche de la règle de droit : Cela permet de trouver la règle de droit
applicable aux faits précédents rattacher à des concepts juridiques.
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- L’Interprétation de la loi : une fois la règle de droit trouvée, il faut
l’interpréter pour donner une solution. On appelle un revirement de jurisprudence quand la
loi n’a pas changé mais quant au contraire son interprétation a changé.
Celui qui engage l’instance est appelé le demandeur ou la demanderesse, tandis
que celui contre qui l’instance est engagée est appelé le défendeur ou la défenderesse.
Il est important de ne pas confondre l’instance et l’action.
L’action désigne le droit pour une personne de faire valoir une prétention en saisissant la
juridiction compétente.
L'instance désigne l'ensemble du développement procédural qui découle de la saisine du
juge par la personne ayant pris l'initiative de la procédure.
La prescription désigne la consolidation d’une situation par l'écoulement d’un certain délai.
Elle peut être acquisitive ou extinctive.
La prescription acquisitive permet à une personne de faire reconnaître un droit réel par
l’écoulement du délai, c'est ce qu'on appelle également l’usucapion.
La prescription extinctive entraîne la perte d’un droit réel ou personnel en raison de
l'inaction prolongée de son titulaire (aussi appelée prescription libératoire).
La forclusion désigne la perte, par l'expiration d'un délai, de la faculté de faire valoir un droit.
La différence principale entre la prescription et la forclusion réside dans le fait que le
délai de prescription peut être suspendu ou interrompu, ce qui n'est pas le cas des délais
de forclusion, qui sont définitifs.
Le jugement peut faire droit à la demande du demandeur ou la rejeter, ce qui
aboutit nécessairement à la perte pour l'une des parties :
- Première hypothèse : le jugement est rendu en dernier ressort, ce qui
signifie qu’il est insusceptible d’appel.
- Deuxième hypothèse : le jugement est rendu en premier ressort, il est
donc susceptible d’appel.
L’appel est un recours ordinaire qui permet de saisir la cour d’appel et d’ouvrir un
second degré de juridiction.
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Le taux du ressort correspond au seuil monétaire en dessous duquel l’appel n'est pas
possible.
La valeur maximale de l'intérêt du litige est la valeur maximale de l'enjeu du litige,
déterminée par décret. Ce décret fixe, d'une part, la limite au-delà de laquelle une
juridiction n'a plus compétence pour connaître de l'affaire, et, d'autre part, à l'intérieur de
cette limite, la valeur au-delà de laquelle la juridiction ne peut statuer que sous réserve
d'appel.
Le principe du double degré de juridiction implique qu'une décision de justice puisse être
portée devant une instance supérieure, dans le but de confirmer ou d'infirmer la
première décision. Ce principe permet ainsi de réexaminer les points de droit et de fait,
garantissant ainsi un contrôle judiciaire approfondi de la décision initiale.
B) Les juridictions de seconds degrés
On ne dit pas faire appel mais interjeter appel.
La partie qui interjette l'appel est appelée l'appelant. L'autre partie, contre laquelle l'appel
est formé, est appelée l'intimé.
Attention : l'appelant n'est pas nécessairement le demandeur.
La cour d’appel rend des arrêts (≠ pas des jugements)
Un arrêt confirmatif signifie que la cour d'appel valide le jugement initial, tandis qu'un
arrêt infirmatif le rejette, en le modifiant ou en le remplaçant.
En cas d’arrêt infirmatif, la cour d'appel rejugera entièrement l'affaire, offrant ainsi une
véritable "deuxième chance".
En ce qui concerne les faits, la cour d'appel peut revoir et modifier la version des faits, ou
compléter l'examen avec de nouveaux éléments de preuve.
La cour d'appel refait donc l'intégralité du travail effectué en première instance. Alors que
les juges de première instance rendent des jugements, les cours d'appel rendent des arrêts.
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C) La juridiction suprême
Si l'une des parties n'est toujours pas satisfaite de l'arrêt rendu par la cour d'appel, elle
peut introduire un recours extraordinaire, le pourvoi en cassation.
Ce recours est ouvert non seulement contre les arrêts de la cour d'appel, mais aussi contre les
jugements rendus en première instance lorsqu'ils sont rendus en dernier ressort.
La Cour de cassation n'examine pas les faits de l'affaire, mais vérifie que les juges aient
correctement appliqué la loi.
Son rôle est de garantir une interprétation uniforme de la loi, quelle que soit la juridiction,
afin de maintenir l'égalité devant le droit.
Le taux du ressort désigne la valeur maximale de l'enjeu du litige. Il concerne
principalement les actions en paiement de sommes d'argent ou les actions mobilières, c'est-à-
dire celles qui sont évaluables en termes monétaires.
Le taux du ressort, également appelé "taux du dernier ressort" ou "taux de compétence", fixe
d’une part la limite au-delà de laquelle une juridiction ne peut plus être compétente pour
connaître d'une affaire, et d’autre part, à l’intérieur de cette limite, il détermine la valeur à
partir de laquelle la juridiction statue sous réserve d’appel.
° Dans le cas de demandes inférieures à 5 000 euros, il n'est pas possible de faire appel.
Lorsqu'un jugement est susceptible d'appel, on dit qu'il est rendu en premier
ressort. Sinon, on parle de jugement rendu en dernier ressort.
Dans le cas d’un jugement rendu en dernier ressort, il n'est pas possible de faire appel.
Toutefois, il est toujours possible de former un recours devant la Cour de cassation, ce
recours s’appelle un pourvoi en cassation.
La Cour de cassation ne constitue pas un 'troisième degré' de juridiction. Son rôle n'est pas
de donner une 'troisième chance', mais de vérifier que les juges n'ont pas violé la loi. En
d'autres termes, elle contrôle l'application du droit, et non l'appréciation des faits, qui
relève de l'appréciation souveraine des juges du fond.
Ce recours extraordinaire s'applique non seulement aux arrêts rendus par la cour d'appel,
mais aussi aux jugements rendus en première instance lorsqu'ils sont rendus en dernier ressort,
c'est-à-dire lorsque le taux de ressort est atteint.
La Cour de cassation intervient principalement sur des questions de procédure et sur des
points de droit. Elle se prononce uniquement en droit, et non sur les faits, qui sont
souverainement appréciés par les juges du fond.
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L'article 604 du Code de procédure civile précise que le pourvoi en cassation a pour objet
de faire censurer par la Cour de cassation la non-conformité d'un jugement aux règles de droit
applicables
Dans une affaire, les faits doivent d'abord être qualifiés en fonction des concepts
juridiques auxquels ils se rapportent. Ensuite, il faut déterminer les règles de droit
applicables à cette qualification et enfin, vérifier si la juridiction a bien interprété ces
règles.
· Il existe trois types de défenses devant la juridiction :
- L'exception de procédure ou l'exception de nullité : Il s'agit de soulever un
problème concernant la procédure elle-même.
° Exception d’incompétence
- Les fins de non-recevoir : Le demandeur a mal engagé sa procédure.
° Exception de prescription, elle consiste à faire valoir que l’action est devenue irrecevable en
raison de l’expiration du délai légal pour engager l’instance (ne pas confondre avec la
prescription).
- Les défenses au fond : Ces défenses portent sur les faits de l'affaire ou sur les règles
de droit applicables à l'affaire.
On dit du demandeur qu’il est 'débouté' de son action lorsque le tribunal estime que,
bien que la demande soit recevable en la forme, la prétention qu'il entend faire valoir
n'est pas fondée.
Si le tribunal n'est pas compétent pour juger l'affaire, il ne pourra pas se prononcer sur le fond
du litige, et sera considéré comme incompétent.