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Null 7

La nullité d'un contrat est la sanction d'une irrégularité lors de sa formation, pouvant être accompagnée de responsabilités civiles ou pénales. Elle se distingue de la caducité, de l'inopposabilité et de la résolution, et peut être classée en nullité relative ou absolue selon l'intérêt protégé par la règle violée. La mise en œuvre de la nullité implique des distinctions sur les titulaires de l'action et les conséquences de l'extinction de cette action.

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La nullité d'un contrat est la sanction d'une irrégularité lors de sa formation, pouvant être accompagnée de responsabilités civiles ou pénales. Elle se distingue de la caducité, de l'inopposabilité et de la résolution, et peut être classée en nullité relative ou absolue selon l'intérêt protégé par la règle violée. La mise en œuvre de la nullité implique des distinctions sur les titulaires de l'action et les conséquences de l'extinction de cette action.

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SEMAINE N° 7

LA NULLITE DU
CONTRAT.

222
253 - Si une des conditions de formation du contrat énumérées par l’article 1108 du code civil
fait défaut, le contrat est nul. Mais la nullité n’est pas la seule sanction d’une irrégularité
concomitante à la formation du contrat. La victime de l’irrégularité peut aussi engager la
responsabilité civile délictuelle de l’auteur de l’irrégularité sous le fondement des articles
1382 et suivants afin d’obtenir des dommages et intérêts.

En dehors des sanctions civiles, des sanctions pénales peuvent être également
prononcées contre l’auteur de l’irrégularité. Il en est ainsi lorsque le dol constitue à la fois un
délit civil et le délit d’escroquerie ou encore lorsque la violence morale est constitutive
également du délit de chantage ou d’extorsion de fonds.

La nullité, qui est la sanction civile d’une irrégularité concomitante à la formation du


contrat, est une notion importante dont les contours méritent d’être précisés (chapitre I) avant
d’aborder l’étude de ses effets (chapitre II).

223
254 - La nullité, qui est la sanction d’une irrégularité concomitante à la formation du contrat,
doit être distinguée des notions voisines (section I) avant de traiter de sa mise en œuvre
(section II).

SECTION I : LA NOTION DE NULLITE.

255 – La nullité est l’anéantissement d’un acte juridique prononcé par le tribunal soit pour
non respect des conditions de fond soit pour l’inobservation des conditions de forme. La
nullité n’est pas la seule sanction civile des irrégularités contractuelles. Aussi une distinction
doit donc être faite entre la nullité et les autres mécanismes de sanction (§1), et entre la nullité
et les notions proches (§2).

§1. NULLITE ET AUTRES MECANISMES DE SANCTION DES CONTRATS.

256 - La nullité, qui est la sanction prononcée par le juge en cas d’irrégularité concomitante à
la formation du contrat, a pour conséquence la disparition rétroactive de l’acte juridique.

Elle se distingue de la caducité (A), de l’inopposabilité (B) et de la résolution ou


résiliation (C).

A. NULLITE ET CADUCITE.

257 - La caducité est la sanction de la perte d’un élément essentiel à la validité du contrat
postérieurement à sa conclusion1. La différence entre la caducité et la nullité réside dans le
fait que dans la caducité, l’acte a été valablement conclu mais la survenance d’un événement
postérieur et indépendant de la volonté des parties a entraîné l’anéantissement de l’acte pour
l’avenir. On peut citer l’exemple du décès du locataire qui rend caduc le contrat de bail. On
peut donc définir la caducité comme la disparition du contrat pour l’avenir due à la
survenance d’un événement indépendant de la volonté des parties.

(1) L’article 1186 nouveau du code civil français (Ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016) prévoit que « Un
contrat valablement formé devient caduc si l’un de ses éléments essentiels disparaît...».

224
Avec la nullité, l’acte conclu contient une irrégularité dès sa formation.

Le deuxième critère de différence entre la nullité et la caducité réside dans leurs effets.
Tandis que la caducité anéantit l’acte seulement pour l’avenir, la nullité entraîne
l’anéantissement de l’acte aussi bien pour l’avenir que pour le passé.

Dans les deux cas, la nullité et la caducité doivent être prononcées par le juge1.

B. NULLITE ET INOPPOSABILITE.

258 - L’inopposabilité est la sanction de l’inefficacité d’un acte à l’égard des tiers. Le contrat
est valablement conclu entre les parties mais celles-ci n’ayant pas respecté les formalités
légales, le contrat ne peut produire d’effets à l’égard des tiers.

L’inopposabilité concerne certains contrats soumis à l’accomplissement de formalités


impératives. On peut citer l’exemple d’une vente d’immeuble qui n’a pas fait l’objet d’une
inscription dans le livre foncier. Le défaut d’accomplissement de cette formalité rend la vente
inopposable aux tiers alors qu’elle demeure valable entre les parties contractantes.

Dans l’inopposabilité, l’inefficacité de l’acte est limitée aux tiers tandis que la nullité a
un effet erga omnes c’est-à-dire que les effets de la nullité se produisent à l’égard de tous.

C. LA NULLITE ET LA RESOLUTION.

259 - Comme la nullité, la résolution entraîne l’anéantissement du contrat à la fois pour le


passé et pour l’avenir. Mais contrairement à la nullité qui sanctionne une irrégularité survenue
au moment de la conclusion du contrat, la résolution sanctionne l’inexécution de ses
obligations par un cocontractant. La résolution est une sanction qui ne concerne en principe
que les contrats synallagmatiques. La nullité, par contre, est une sanction qui concerne tous
les contrats.

Lorsque le contrat synallagmatique est un contrat à exécution successive, la notion de


résiliation remplace celle de résolution. Dans la résiliation, le contrat n’est anéanti que pour
l’avenir, les effets produits dans le passé sont maintenus.

(1) Avec l’article 1178 nouveau, alinéa 1er du code civil français (Ordonnance n°2016-131 du 10 février 2016)
« La nullité doit être prononcée par le juge, à moins que les parties ne la constatent d’un commun accord.......».

225
§2. NULLITE ET NOTIONS PROCHES.

260 - Une comparaison doit être faite entre la nullité et l’inexistence (A) et entre la nullité et
la rescision pour lésion (B).

A. NULLITE ET INEXISTENCE.

261 - Comme la nullité, l’inexistence sanctionne le défaut d’un élément essentiel à la


formation du contrat. Mais la différence avec la nullité, c’est que l’inexistence n’a pas à être
prononcée par un tribunal. De plus, l’acte inexistant n’est pas susceptible de prescription.

La théorie de l’inexistence a été créée par la doctrine du 19ème siècle dans le droit du
mariage à propos de la sanction d’un mariage conclu entre individus de même sexe. La loi sur
le mariage n’ayant pas prévu cette cause de nullité, la doctrine a inventé la théorie de
l’inexistence afin de contourner la règle selon laquelle « Il n’y a pas de nullité sans texte ». La
doctrine a donc proposé comme sanction l’inexistence du mariage de deux individus de même
sexe. Cette théorie fut par la suite appliquée en droit des contrats comme sanction éventuelle
de l’erreur-obstacle et comme sanction du défaut d’objet. Il n’existe aucun cas de
consécration jurisprudentielle de la théorie de l’inexistence en droit ivoirien des contrats.

B. NULLITE ET RESCISION POUR LESION.

262 - La rescision pour lésion est une sorte de nullité relative mais une nullité dont le
prononcé est subordonné à la preuve de la lésion.

Contrairement à la nullité, le domaine de la rescision pour lésion concerne en droit


ivoirien les contrats de vente d’immeubles où le taux fixé est plus de 7/12 (articles 1674 et
suivants du code civil). La lésion est également prise en compte en matière de partage
successoral où le taux est plus du quart (articles 123 et suivants de la loi n° 2019-573 du 26
juin 2019 relative aux successions1 ).

La rescision pour lésion peut également être prononcée pour les actes d’administration
conclus par un mineur non émancipé (article 37 nouveau de la loi n° 2019-572 du 26 juin
2019 relative à la minorité)2. Aucun taux n’a été prévu par la loi précitée dans cette hypothèse.

(1) JORCI du 16 juillet 2019.


(2) JORCI n° Spécial du 16 juillet 2019, pp. 265 et S.

226
SECTION II : LA MISE EN ŒUVRE DE LA NULLITE.

263 - Dans la mise en œuvre de la nullité, une distinction est faite entre la nullité relative et la
nullité absolue (§1). A côté de cette distinction fondamentale, il existe d’autres types de
nullités (§2).

§1. NULLITES RELATIVES ET NULLITES ABSOLUES.

264 - Le principe de la distinction nullités relatives et nullités absolues est, de nos jours,
consacré par le droit positif (A) qui confère dans la mise en œuvre un régime juridique
différent à chaque nullité (B).

A. LE PRINCIPE DE LA DISTINCTION.

265 - La distinction des nullités relatives et des nullités absolues étant implicite dans le code
civil, c’est à la doctrine qu’est revenue la charge de déterminer les critères de distinction des
deux nullités (1°) et leur domaine d’application (2°).

1°) Les critères de distinction des nullités relatives et des nullités absolues.

266 - Pour la doctrine française du XIX siècle, la distinction des nullités relatives et absolues
était fondée sur la gravité du vice. Si le vice qui frappait l’acte irrégulier était d’une gravité
moindre (par exemple erreur ou dol), la sanction était la nullité relative. Par contre, si l’acte
était atteint d’un vice grave, la sanction devait être la nullité absolue (exemple : l’absence de
cause ou absence d’objet).

Ce premier critère de distinction étant difficile à mettre en œuvre dans la pratique, la


doctrine moderne lui a substitué un autre critère qui est celui du but poursuivi par la règle
violée.

267 - Le critère du but poursuivi par la règle violée– La nature de la nullité est désormais
déterminée par le but de la règle violée1.

1
Le critère du but de la règle violée a été proposé par Japiot, « Des nullités en matière d’actes juridiques », thèse Dijon,
1909 et par Gaudemet (E), « Théorie générale des obligations », Sirey, 1937.

227
Si la règle violée a pour but la protection de l’intérêt privé c’est-à-dire la protection de
l’un des contractants, la nullité est relative. A l’inverse, si la règle violée a pour but la
protection de l’intérêt général, la nullité est absolue1.

L’application stricte de ce critère de distinction permet de préciser le domaine


d’application des nullités relatives et des nullités absolues.

2 ) La domaine d’application des nullités relatives et des nullités absolues.

268 – L’on doit considérer comme étant des cas de nullités relatives :

268-1- Les nullités des contrats pour vices du consentement : erreur, dol, violence. Dans ces
trois cas, le législateur vise uniquement à protéger les intérêts privés. Il peut s’agir de l’intérêt
de la partie contractante victime du dol, de la violence ou de l’erreur ou des parties victimes
de l’erreur en cas d’erreur commune des deux parties contractantes.

268-2- La nullité pour défaut de consentement du cocontractant majeur qui est atteint
d’aliénation mentale est également un cas de nullité relative ; l’intérêt protégé est celui de
l’incapable majeur.

268-3- La rescision pour lésion est également un cas de nullité relative ; le cocontractant
protégé est le vendeur d’immeuble dans la vente de l’immeuble, ou le co-partageant victime
de la lésion dans le partage successoral. L’intérêt privé protégé peut être celui du mineur non
émancipé, victime de la lésion dans des actes d’administration conclus par le mineur.

268-4- La nullité du contrat pour absence d’objet doit être considérée comme un cas de nullité
relative ; l’intérêt protégé est l’intérêt privé d’une partie contractante. On peut citer l’exemple
de la vente d’un margouillat à un touriste en présentant cet animal comme étant un bébé
dinosaure. La vente sera annulée car l’objet de la vente n’existe plus.

268-5- La nullité du contrat pour absence de cause ou pour fausse cause doit être considérée
comme un cas de nullité relative ; l’intérêt protégé en l’espèce est l’intérêt privé de la partie
victime de l’absence de cause ou de la fausse cause.

269- Les cas de nullités absolues des contrats sont constitués de la nullité du contrat pour :

269-1- Illicéité de l’objet du contrat- Dans ce cas, le texte qui édicte la nullité vise à
protéger l’intérêt général et non un ou des intérêts privés. On peut citer comme exemple la
nullité des contrats de ventes portant sur la drogue ou des médicaments contrefaits.

1 – L’article 1179 nouveau du code civil français (Ordonnance n°2016-131 du 10 février 2016) adopte une
solution analogue en disposant que « La nullité est absolue lorsque la règle violée a pour objet la sauvegarde de
l’intérêt général.
Elle est relative lorsque la règle violée a pour seul objet la sauvegarde d’un intérêt privé ».

228
269-2- Illicéité ou immoralité de la cause du contrat- On peut citer comme exemple le
contrat de bail d’une villa dans le but d’en faire une maison close. Dans cet exemple, la nullité
du contrat de bail pour cause immorale et illicite vise à protéger l’intérêt général c’est-à-dire
l’intérêt de la société.

269-3- La violation de l’ordre public ou des bonnes mœurs constitue également un cas de
nullité absolue. Dans cette hypothèse également, le texte violé a pour but ou pour objet la
protection de l’intérêt général.

B. LES CONSEQUENCES DE LA DISTINCTION.

270 – La distinction des nullités relatives et des nullités absolues a pour conséquence le
régime juridique distinct de chaque nullité quant aux titulaires de l’action en nullité (1) et
quant à l’extinction de l’action en nullité (2).

1) Les titulaires de l’action en nullité.

271 – Les titulaires de l’action en nullité relative sont le ou les cocontractants protégé(s) par la
règle violée ou leurs représentants1.
Les titulaires de l’action en nullité absolue sont les deux contractants et leurs
représentants, le ministère public et toute personne ayant intérêt à demander la nullité2 ;
l’intérêt général étant en jeu, toute personne ayant un intérêt peut demander la nullité absolue.

2) L’extinction de l’action en nullité.

272 – L’extinction de l’action en nullité peut avoir lieu par la confirmation ou par la
prescription.

a) La confirmation.

273 – Définition – La confirmation encore appelée couverture ou ratification est l’acte


unilatéral par lequel la personne protégée par la nullité renonce à exercer cette action après la
découverte de l’irrégularité de l’acte et ratifie l’acte.

L’article 1338 du code civil précise le domaine, les conditions et les effets de la
confirmation.

1 -Voir en droit français l’article 1181 nouveau du code civil (Ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016) « La
nullité relative ne peut être demandée que par la partie que la loi entend protéger.
Elle peut être couverte par la confirmation … »
2 -Voir en droit français l’article 1180 nouveau du code civil (Ordonnance n°2016-131 du 10 février 2016) qui
dispose que « La nullité absolue peut être demandée par toute personne justifiant d’un intérêt, ainsi que le
ministère public.
Elle ne peut être couverte par la confirmation du contrat ».

229
274 – Le domaine – La confirmation ne concerne en principe que les seuls cas de nullité
relative à l’exclusion des nullités absolues1. Cette exclusion de principe s’explique par le fait
que les nullités absolues ayant pour objet la sanction d’un texte d’intérêt général, l’on ne peut
permettre à une seule personne de mettre en échec l’exercice de l’action en nullité en
confirmant l’acte. Aussi la seule possibilité qui reste aux cocontractants est la réfection du
contrat.

275 – Les conditions de la confirmation – Seules les personnes protégées par la nullité
relative sont aptes à confirmer l’acte nul. Il peut s’agir du mineur non émancipé, du
cocontractant victime de l’erreur sur la substance, du dol ou de la violence.

La confirmation, qui est la renonciation à agir en nullité, peut revêtir deux formes : elle
peut être expresse ou tacite (article 1338 du code civil).

La confirmation expresse est celle qui résulte d’un écrit révélant la volonté de l’auteur
de l’acte de réparer le vice contenu dans le premier acte (article 1338, alinéa 1er du code civil).

La confirmation tacite est celle qui résulte notamment de l’exécution volontaire d’un
contrat que l’on sait irrégulier ; l’exécution traduit ici la renonciation de l’auteur de l’acte
irrégulier à exercer l’action (article 1338, alinéa 3 du code civil).

276 – Effet – La confirmation a pour effet de valider rétroactivement l’acte irrégulier. La


confirmation diffère ainsi de la réfaction. Contrairement à la réfaction du contrat, la
confirmation ne donne pas naissance à un nouveau contrat. Elle ne nécessite pas un nouvel
accord de volontés, elle fait simplement revivre l’ancien contrat.

Mais selon les dispositions de l’article 1338, alinéa 3 du code civil, la confirmation ne
doit pas porter atteinte aux droits des tiers.

b) La prescription.

277 – La prescription de l’action en nullité est l’extinction de l’action en nullité du fait de


l’écoulement d’un certain délai.

Le délai de prescription diffère selon que la nullité est invoquée par voie d’action ou
qu’elle est invoquée par voie d’exception.

1 – Cependant en matière de mariage, certaines nullités absolues sont susceptibles de confirmation.

230
278 – La nullité est invoquée par voie d’action lorsque l’une des parties saisit le tribunal
pour demander à titre principal la nullité du contrat.

Dans cette hypothèse, le délai de prescription de l’action en nullité n’est pas le même
selon qu’il s’agit d’une nullité absolue ou selon qu’il s’agit d’une nullité relative.

Tandis que la nullité absolue est régie par la prescription trentenaire (article 2262 du
code civil), la nullité relative en droit ivoirien est soumise en principe à la prescription de dix
ans (article 1304 du code civil).

A côté de ce délai de droit commun qui est de dix ans, il existe un délai d’exception
relatif à la rescision pour lésion dans la vente d’immeuble (article 1676 du code civil). Ce
délai d’exception est de deux ans encore appelé délai biennal.

Le point de départ du délai de prescription est en principe le jour de la conclusion du


contrat entaché de nullité. Mais ce point de départ peut être retardé au jour où le vice a été
découvert ou au jour où le vice a cessé (articles 1304 et 1115 du code civil).

279 – La nullité est invoquée par voie d’exception lorsqu’au cours d’un procès, une des
parties argue de la nullité comme moyen de défense. Il en est ainsi d’un cocontractant qui
invoque la nullité du contrat pour échapper à une demande d’exécution forcée dudit contrat.

Lorsque la nullité est invoquée par voie d’exception, elle n’est pas soumise à la
prescription conformément à l’adage « L’action est temporaire, l’exception est perpétuelle »
(quae temporalia sunt ad agendum perpetua sunt ad excipiendum). Cet adage permet d’éviter
qu’une partie attende l’expiration du délai de prescription de l’action en nullité pour demander
l’exécution du contrat. Aussi le moyen de défense tiré de la nullité du contrat peut être
invoqué à tout moment sauf si le contrat a été déjà exécuté. Mais si le contrat n’a pas encore
été exécuté, sa nullité peut être invoquée par voie d’exception à tout moment car l’exception
de nullité est perpétuelle1.

1
Voir en droit français, l’article 1185 nouveau du code civil (Ordonnance n°2016-131 du 10 février 2016)
«L’exception de nullité ne se prescrit pas si elle se rapporte à un contrat qui n’a reçu aucune exécution». .

231
§2. LES AUTRES FORMES DE NULLITE.

280 – En dehors de la distinction classique des nullités relatives et des nullités absolues, il
existe d’autres distinctions telles que celle opposant les nullités textuelles et les nullités
virtuelles (A) ; les nullités obligatoires et les nullités facultatives (B).

A. LES NULLITES TEXTUELLES ET LES NULLITES VIRTUELLES.

281 – Les nullités textuelles sont celles qui sont expressément formulées par la loi
contrairement aux nullités virtuelles.

Les nullités virtuelles sont celles qui résultent implicitement des dispositions légales
lesquelles prévoient pour la validité d’un acte des conditions de fond ou des conditions de
forme sans sanctionner l’inobservation de ces conditions par la nullité.

Si la condition violée est importante, il arrive que dans certains cas, la jurisprudence
s’attribue le droit de prononcer la nullité en dépit du principe selon lequel « Il n’y a pas de
nullité sans texte ».

B. LES NULLITES OBLIGATOIRES ET LES NULLITES FACULTATIVES.

282 – Les nullités obligatoires encore appelées nullités de plein droit sont des nullités
impératives pour le juge. Si le juge constate que les conditions de la nullité sont réunies, le
juge ne peut refuser de la prononcer pour des raisons d’opportunité. La plupart des cas de
nullité en droit des obligations sont des nullités obligatoires.

283 – Les nullités facultatives sont celles où le juge dispose d’un pouvoir souverain
d’appréciation bien que les conditions du prononcé de la nullité sont réunies.

232
CHAPITRE II
LES EFFETS DE LA NULLITE

284– La nullité a pour effet d’entraîner l’anéantissement du contrat aussi bien pour le passé
que pour l’avenir. Pour l’avenir, l’exécution du contrat n’est plus possible. Pour le passé, les
choses doivent être remises dans l’état où elles se trouvaient avant la conclusion du contrat.
Le contrat étant censé n’avoir jamais existé, les effets de l’annulation diffèrent dans les
relations entre les parties (Section I) et dans les relations des parties à l’égard des tiers
(Section II).

SECTION I : LES EFFETS DE L’ANNULATION DANS LES RAPPORTS ENTRE


LES PARTIES.

285 – Dans les rapports entre les parties, la rétroactivité de la nullité aura pour effet de mettre
à la charge de chaque partie l’obligation de restitution des prestations exécutées (§2). Mais
avant d’en venir à la restitution des prestations, des problèmes peuvent parfois se poser quant
à l’étendue de la nullité (§1).

§1. L’ENTENDUE DE LA NULLITE.

286 – Dans certains cas, l’on peut s’interroger sur le point de savoir si la nullité affecte le
contrat dans son intégralité ou si seules certaines clauses du contrat sont concernées par la
nullité.

La réponse à cette question dépend selon qu’il s’agit d’une nullité totale ou d’une
nullité partielle1.

287 – Si l’irrégularité affecte le contrat dans son intégralité, la nullité est totale. Par contre, si
la nullité n’affecte qu’une clause du contrat, la nullité sera partielle si la clause litigieuse n’est
qu’une clause accessoire dont l’annulation ne détruit pas l’équilibre du contrat. Dans une telle
hypothèse, le prononcé de la nullité de la clause n’affecte pas la validité du contrat dans son
intégralité2. On peut citer comme exemple la nullité qui frappe une clause d’indexation dans
un contrat de bail.

(1)
Voir notamment en droit français, Teyssié (B), « Réflexions sur les conséquences de la nullité d’une clause d’un contrat »,
D. 1976, chron. p. 281 ; Cottereau, « La clause réputée non écrite », J.C.P. 1993, I. 3691.
(2) Pour une solution analogue voir l’article 1184 nouveau du code civil français (Ordonnance n°2016-131 du 10 février
2016). «Lorsque la nullité n’affecte qu’une ou plusieurs clauses du contrat, elle n’emporte nullité de l’acte tout entier que si
cette ou ces clauses ont constitué un élément déterminant de l’engagement des parties ou de l’une d’elles.
Le contrat est maintenu lorsque la loi répute la clause non écrite, ou lorsque les fins de la règle méconnue exigent
son maintien.»

233
A l’inverse si la clause litigieuse est considérée par les parties comme étant la
condition impulsive et déterminante du contrat, la constatation de son illicéité entraîne la
nullité totale du contrat. On peut citer comme fondement de cette nullité totale les dispositions
de l’article 1172 du code civil lesquelles prévoit que «Toute condition d’une chose impossible,
ou contraire aux bonnes mœurs ou prohibée par la loi, est nulle, et rend nulle la convention
qui en dépend ». Ainsi si la clause litigieuse est illicite et constitue la cause impulsive et
déterminante du contrat, la constatation de son illicéité par le juge entraîne la nullité totale du
contrat.

§2. LA RESTITUTION DES PRESTATIONS.

288 – L’effet essentiel de l’annulation est d’entraîner la disparition rétroactive du contrat et un


retour au statu quo ante c’est-à-dire que les choses doivent être remises dans l’état où elles se
trouvaient avant la conclusion du contrat. Dès le prononcé de la nullité, chaque partie sera
tenue d’une obligation de restitution de la prestation reçue1.

Par contre, si le contrat n’a reçu aucun début d’exécution, aucune restitution n’est
nécessaire.

Si la solution de principe est la restitution (A), ce principe est toutefois assorti


d’exceptions (B).

A. LE PRINCIPE DE LA RESTITUTION.

289 – Les modalités de la restitution - La restitution doit en principe se faire en nature (1).
Mais lorsque la restitution en nature est impossible, la restitution se fait en valeur (2).

1) Le principe de la restitution en nature.

290 – En cas d’exécution totale ou d’un début d’exécution du contrat, les prestations qui ont
été fournies doivent être restituées intégralement en nature2. Mais des difficultés se
rencontrent lorsqu’il s’agit des fruits produits par la chose ou de plus-value de la chose.

(1) Poisson-Drocourt (E.), « Les restitutions entre parties consécutives à l’annulation d’un contrat », D. 1983, chron. 85.
Schmidt-Szalewski, (J.) « Les conséquences de l’annulation d’un contrat », JCP 1989,1. 3397; Storck (M.),
« L’exception de nullité en droit privé », D. 1987, chron. 67; Guelfucci-Thibierge (C.), « Nullité, restitutions et
responsabilité », LGDJ, 1992 ; Le Tourneau (Ph.), « La spécificité et la subsidiarité de l’exception d’indignité », D. 1994,
chron. 298.

(2) Le principe de la restitution en nature des prestations est consacré dans l’article 1352 nouveau du code civil français
(Ordonnance n°2016-131 du 10 février 2016) qui stipule que « La restitution d’une chose autre que d’une somme d’argent a
lieu en nature ou, lorsqu’elle est impossible, en voleur, estimée au jour de la restitution».

234
a) Les fruits produits par la chose.

291 – Quel est le sort des fruits naturels ou civils produits par la chose entre la conclusion du
contrat et son annulation ? Ces fruits doivent-ils être restitués par la personne qui avait la
possession de la chose avant l’annulation ?

On peut citer à titre d’exemple la vente d’une plantation qui a été annulée pour lésion
de plus de 7/12. Quel sera le sort de la récolte sur pied dont les fruits ont atteint la maturité
entre la conclusion du contrat et son annulation ?

La réponse à cette interrogation résulte des dispositions des articles 549 et 550 du code
civil lesquelles font une distinction entre le possesseur de bonne foi et le possesseur de
mauvaise foi1.

Le possesseur de bonne foi est le possesseur qui ignorait le vice dont le contrat était
frappé. Selon les dispositions des articles 549 et 550 du code civil, le possesseur de bonne foi
peut conserver les fruits de la chose.

Quant au possesseur de mauvaise foi, il doit restituer la chose et les fruits civils ou
naturels produits par la chose.

b) La plus-value de la chose.

292 – La chose, objet du contrat, a augmenté de valeur entre la conclusion du contrat et le jour
de la restitution.

Si la plus-value a eu lieu en nature, le propriétaire, à qui la chose est restituée,


bénéficie également de la plus-value.

Si la plus-value a lieu en valeur, elle doit être ajoutée à la valeur originaire de la chose.
On peut citer l’exemple de la plus-value d’actions de société.

Mais lorsque la restitution en nature est impossible, exceptionnellement la restitution


se fera en valeur.

(1) Pour une solution différente voir en droit français l’article 1352-3 nouveau du code civil (Ordonnance
n°2016-131 du 10 février 2016). «La restitution inclut les fruits et la valeur de la jouissance que la chose a
procurée.
La valeur de la jouissance est évaluée pour le juge au jour où il se prononce.
Sauf stipulation contraire, la restitution des fruits, s’ils ne se retrouvent pas en nature, a lieu selon une
valeur estimée à la date du remboursement, suivant l’état de la chose au jour du paiement de l’obligation».

235
2) La restitution en valeur.

292 – Exceptionnellement, la restitution des prestations reçues se fera en valeur et non en


nature dans deux hypothèses. La première hypothèse concerne les cas de dépréciation et de
perte de la chose. Quant à la deuxième hypothèse, elle est relative aux contrats à exécution
successive.

a) La dépréciation et la perte de la chose.

293 – Une distinction doit être faite entre l’hypothèse de la dépréciation de la chose et celle de
la perte de la chose.

293.1 – La dépréciation de la chose – Entre la conclusion du contrat et son annulation, il se


peut que la chose, objet du contrat, ait subi une dépréciation du fait de l’usure normale ou du
fait de dégradations.

Deux hypothèses doivent être envisagées selon que la restitution est possible ou non.

Si la restitution en nature est possible, la chose doit être rendue en l’état, mais le
débiteur de l’obligation de restitution doit supporter les frais de la restauration de la chose ou
les frais de sa mise en état, indépendamment de toute faute de sa part. Le débiteur de
l’obligation de restitution supportera le coût de la dégradation ou de la dépréciation1.

Si la restitution en nature est impossible notamment lorsqu’il s’agit de choses


consomptibles, la restitution se fera en valeur. La valeur de la chose sera estimée au jour de la
restitution.

293.2 – La perte de la chose rend également la restitution impossible. L’auteur de la perte


sera en principe tenu d’indemniser son cocontractant sauf si la perte a été provoquée par la
force majeure.

1
Pour une solution analogue voir en droit français l’article 1352-1 nouveau du code civil (Ordonnance n°2016-131 du 10
février 2016) « Celui qui restitue la chose répond des dégradations et détériorations qui en ont diminué la valeur, à moins
qu’il ne soit de bonne foi et que celles-ci ne soient pas dues à sa faute ».

236
b) Les contrats à exécution successive.

294 – Dans les contrats à exécution successive, l’obligation de restitution d’une des parties au
contrat s’avère impossible. Il en est ainsi dans le contrat de travail : le salarié peut restituer
les salaires mais l’employeur ne pourra restituer le travail fourni. Dans le contrat de bail, le
bailleur peut restituer les loyers mais le locataire ne pourra restituer la jouissance du local loué.
Dans ces hypothèses où la restitution en nature est impossible, la restitution se fera en valeur.

Afin d’éviter l’enrichissement sans cause du débiteur de l’obligation de restitution, la


restitution en valeur revêt la forme d’une indemnité. Dans le contrat de bail, l’indemnité que
devra verser le locataire sera appelée « indemnité d’occupation ». Dans le contrat de travail,
l’employeur, qui ne peut restituer le travail fourni par le salarié, devra verser une indemnité au
salarié lequel a restitué les salaires.

Le calcul de ses différentes indemnités par le juge ne se fait pas sur la base du contrat
conclu puisque celui-ci a été annulé. Le calcul se fera en équité par le juge qui tiendra compte
du coût réel supporté par les parties.

B. LES EXCEPTIONS AU PRINCIPE DE LA RESTITUTION.

295 – La rétroactivité de la nullité est écartée en faveur de certaines personnes. Il s’agit des
incapables (1) et du cocontractant d’une personne indigne (2).

1) L’exception à la restitution au profit des incapables.

296 – Selon les dispositions de l’article 1312 du code civil, lorsqu’un contrat a été annulé du
fait de la minorité ou du fait de l’interdiction judiciaire, l’incapable ne doit restituer que « S’il
est prouvé que ce qui a été payé a tourné à son profit 1».

Il résulte de cet article qu’en principe le mineur non émancipé et l’interdit judiciaire ne
sont pas tenus d’une obligation de restitution des prestation reçues. Ce principe énoncé par
l’article 1312 du code civil signifie que le cocontractant de l’incapable qui a exécuté son
obligation de restitution, n’obtiendra pas en principe restitution de la part du mineur.

(1) Pour des dispositions analogues voir en droit français l’article 1352-4 nouveau du code civil (Ordonnance
n°2016-131 du 10 février 2016) «Les restitutions dues par un mineur non émancipé ou par un majeur protégé
sont réduites à hauteur du profit qu’il a retiré de l’acte annulé».

237
L’article 1312 du code civil édicte ici une mesure de protection de l’incapable frappé
d’une incapacité générale d’exercice. Le cocontractant de l’incapable est laissé pour compte
par la loi.

L’exception énoncée par l’article 1312 figure également dans l’article 41 nouveau de
la loi n°2019-572 du 26 juin 2019 relative à la minorité1.

Selon l’exception de l’exception contenue dans l’article 1312 du code civil et l’article
41 nouveau précité de la loi nouvelle relative à la minorité, le cocontractant de l’incapable
n’obtiendra, à son tour, la restitution de ses prestations que s’il prouve que le paiement
effectué a tourné au profit de l’incapable. Tel sera notamment le cas si l’incapable n’a pas
dilapidé la somme reçue et a procédé au versement de cette somme sur un compte bancaire.

2) L’exception à la restitution dans les contrats immoraux ou l’exception


d’indignité.

297 – L’exception à la restitution dans les contrats immoraux relève de deux adages : l’adage
« Nemo auditur » et l’adage « In pari causa ».

297.1 – L’adage « Nemo auditur propriam turpitudinen allegans », abrégé par l’expression
« Nemo auditur », permet à la jurisprudence d’interdire les restitutions des prestations lorsque
la nullité est fondée sur une cause ou un objet immoral. La règle signifie que nul ne peut
alléger de sa propre turpitude.

L’adage « Nemo auditur » ne figure pas dans le code civil. Il s’agit d’une création
prétorienne dont le domaine d’application concerne les actes à titre onéreux dont l’annulation
a pour cause l’immoralité. Par conséquent, les contrats illicites (ceux qui sont contraires à
l’ordre public) échappent à l’application de l’adage Nemo auditor.

Mais il faut préciser que l’adage « Nemo auditur », n’est pas un obstacle à l’exercice
de l’action en nullité pour immoralité. L’adage n’intervient qu’au niveau des restitutions.
Ainsi, la partie animée de l’intention immorale, peut arguer de la nullité du contrat pour
immoralité, mais elle ne pourra pas obtenir la restitution de son obligation par le cocontractant
« innocent ».

(1) Cet article 41 nouveau consacre les solutions contenues dans l’article 37 de la loi n°70-483 du 3 Août 1970
relative à la minorité.

238
297.2 – Mais lorsque les deux parties sont toutes deux animées de l’intention immorale, un
second adage intervient afin d’interdire à chaque partie d’obtenir restitution. Il s’agit de
l’adage « In pari causa ».

L’adage « In pari causa turpidinis cessat repetitio » (en abrégé In pari causa) signifie
qu’à égale turpitude dans un contrat immoral, les deux parties ne peuvent obtenir restitution.
Dans l’application de l’adage, la jurisprudence tient compte du degré de culpabilité de chaque
contractant.

Ce second adage n’est pas non plus un obstacle à l’exercice de l’action en nullité.

SECTION II : LES EFFETS DE L’ANNULATION A L’EGARD DES TIERS.

298 – Le prononcé de la nullité ayant pour effet l’anéantissement rétroactif du contrat et la


disparition de celui-ci pour l’avenir, l’annulation du contrat est en principe opposable aux
tiers (§1). Mais le principe de l’opposabilité de la nullité aux tiers comporte des atténuations
(§2).

§1. L’OPPOSABILITE DE LA NULLITE AUX TIERS.

299 – L’acte nul, étant censé n’avoir jamais existé entre les parties, cet anéantissement du
contrat pour le passé, mais aussi pour l’avenir, est en principe opposable aux tiers. Prenons
l’exemple de l’annulation d’un contrat de vente conclu entre A et B. Supposons que la vente
conclue entre A et B a été annulée et que B a revendu l’immeuble à C, l’annulation sera
opposable à C. En effet C, le sous-acquéreur, n’a pu acquérir un droit de propriété sur
l’immeuble parce que le droit acquis par B lui-même est annulé. B n’a donc pu valablement
transférer la propriété de l’immeuble à C. De même, l’annulation de la vente d’un immeuble
aura des effets indirects sur le locataire de l’immeuble quant au paiement des loyers.

Dans les contrats translatifs de propriété, les effets de la rétroactivité sont accrus par
l’application de l’adage « Nul ne peut transférer plus de droits qu’il en a lui-même (nemo plus
juris ad aluim transfere protest quam ipse habet).

239
Pour atténuer les effets néfastes de la rétroactivité à l’égard des tiers de bonne foi, des
exceptions ont été apportées au principe de l’opposabilité de la nullité aux tiers.

§2. LES EXCEPTIONS A L’OPPOSABILITE DE LA NULLITE AUX TIERS.

300 – Certaines des exceptions à l’opposabilité de la nullité ont été expressément prévues par
la loi tandis que d’autres résultent de la jurisprudence.

300.1 – Les exceptions légales résultent en matière mobilière de l’article 2279 du code civil
et en matière immobilière des articles 2265 et suivants du code civil.

300.1.1 – L’application de l’article 2279 du code civil – Si le contrat translatif de propriété


porte sur un bien mobilier, le sous-acquéreur de bonne foi ou ayant-cause à titre particulier
peut se prévaloir des dispositions de l’article 2279 du code civil pour s’opposer à la
revendication du bien acquis par le véritable propriétaire. L’article 2279 précité prévoit
« Qu’en fait de meubles, la possession vaut titre ». Par conséquent, si le premier contrat a été
annulé, la rétroactivité de l’annulation ne pourra jouer à l’égard du sous-acquéreur de bonne
foi qui pourra néanmoins arguer d’un droit de propriété sur le bien mobilier en dépit de la
nullité de la première vente.

300.1.2 – La prescription acquisitive - Si le contrat translatif de propriété porte sur un


immeuble, le tiers sous-acquéreur ou ayant cause à titre particulier peut invoquer la
prescription acquisitive ou usucapio pour s’opposer à la revendication du véritable
propriétaire.
La prescription acquisitive prévue par les articles 2265 et suivants du code civil varie
de 10 à 20 ans.

300.2 – l’exception jurisprudentielle : la theorie de l’apparence – Le tiers de bonne foi, qui


ignorait l’existence de la cause de nullité du contrat, pourra néanmoins arguer d’un droit sur le
bien acquis en invoquant la théorie de l’apparence. On peut citer à titre d’illustration l’arrêt
inédit de la chambre civile et commerciale n° 434 de la cour d’appel d’Abidjan du 24 juin
1977 consacrant la notion de mandataire apparent. La cour d’appel d’Abidjan a décidé en
l’espèce que «Une entreprise forestière est tenue de payer les fournitures de carburant faites à
ses véhicules, lorsque les bons de commande ont été signés par un de ses commis qui, même
s’il n’était pas habilité, avait la qualité de mandataire apparent»

240
EXERCICES
SUR LA NULLITE

241
I- Questions à choix multiples (Q.C.M). Justifiez vos réponses
par une argumentation.
1- Nullité et inopposabilité sont synonymes

a) Vrai.

b) Faux.

2- Nullité et caducité sont synonymes.

a) Vrai.

b) Faux.

3- La nullité est :

a) La sanction de l’inexécution par une ou les deux parties de leurs obligations


contractuelles.

b) La sanction de l’inobservation par une ou les deux parties des conditions de


fond ou des conditions de forme du contrat.

c) La sanction de la perte d’un élément essentiel à la validité du contrat


postérieurement à sa conclusion.

4- Le décès du locataire en cours d’exécution du contrat de bail entraîne :

a) La nullité du contrat de bail.

b) La caducité du contrat de bail.

c) La résiliation du contrat de bail.

5- Comme la nullité, l’inexistence sanctionne le défaut d’un élément essentiel à la


formation du contrat. On peut donc dire que la nullité et l’inexistence sont
synonymes.

a) Vrai.

b) Faux.

242
6- Comme la nullité, la résolution entraîne l’anéantissement du contrat pour le
passé et pour l’avenir. On doit donc considérer la nullité et la résolution comme
étant synonymes.

a) Vrai.

b) Faux.

7- La nullité absolue en droit des contrats est susceptible de confirmation.

a) Vrai.

b) Faux.

8- La nullité est invoquée par voie d’exception lorsque l’une des parties saisit le
tribunal pour demander à titre principal la nullité du contrat.

a) Vrai.

b) Faux.

9- Les nullités textuelles sont distinctes des nullités virtuelles.

a) Vrai.

b) Faux.

10) La nullité relative en droit ivoirien est soumise :

a) à la prescription trentenaire.

b) à la prescription quinquennale.

c) à la prescription de dix (10) ans.

d) à la prescription biennale.

243
11) Les nullités de plein droit ou nullités obligatoires sont celles où le juge dispose
d’un pouvoir souverain d’appréciation bien que les conditions du prononcé de la
nullité sont réunies.

a) Vrai.

b) Faux.

12) La nullité est totale :

a) Lorsqu’elle affecte le contrat dans son intégralité.

b) Lorsqu’elle n’affecte qu’une clause du contrat.

13) L’adage « Nemo auditur propriam turpitudinen allegans»

a) Est un obstacle à l’exercice de l’action en nullité pour cause immorale.

b) Empêche les deux parties qui ont conclu le contrat immoral d’obtenir
restitution.

c) N’est pas pour la partie animée de l’intention immorale un obstacle à


l’exercice de l’action en nullité pour immoralité.

d) Est pour la partie animée de l’intention immorale un obstacle pour obtenir la


restitution de son obligation.

14- L’adage « In pari causa » est :

a) Un obstacle à l’exercice de l’action en nullité pour cause immorale.

b) Est un obstacle à la restitution lorsque les parties sont à égalité de turpitude.

15- L’obligation de restitution peut s’étendre aux fruits de la chose restituée.

a) Vrai.

b) Faux.

244
II- QUESTIONS DE COURS

1) Donnez au moins un exemple de la nullité invoquée par voir d’action.

2) Donnez au moins un exemple de la nullité invoquée par voie d’exception.

3) Donnez au moins deux exemples de nullités obligatoires en droit des contrats.

4) Donnez au moins un exemple de confirmation tacite d’un contrat.

5) Nullités absolues et nullités relatives en droit des contrats. Principe et conséquences de


la distinction.

6) L’effet « Erga omnes » de la nullité des contrats à l’égard des tiers est-il absolu ?

245

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