ELADEB RManuel
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ELADEB
version révisée - 2011
MANUEL
Valentino Pomini
Christine Reymond
Philippe Golay
Sébastien Fernandez
François Grasset
2008, 2011 Département de psychiatrie CHUV, PCO, Section de psychiatrie sociale, Unité
de réhabilitation
Table des Matières
Avant-propos ……………..…………………………………………………….. 1
1. Introduction ………………..…………………………………………………… 3
1.1 Evaluation des besoins, évaluation des problèmes ………………………...……….. 3
1.2 Evaluation objective, évaluation subjective ……………………….……………….. 4
1.3 Les instruments d’évaluation des difficultés et des besoins …………………..….… 5
1.4 Pour un nouvel outil d’évaluation des besoins ……………….…………………….. 8
6. Bibliographie ………………………………………………………………….. 39
Avant Propos
ELADEB, pour Echelles Lausannoises d’Auto-évaluation des Difficultés et des Besoins, est le
fruit d’un travail de développement mené depuis plusieurs années, sous la direction de V.
Pomini et C. Reymond, par les psychologues de l’Unité de Réhabilitation du Département de
Psychiatrie de l’Université de Lausanne. Lors de la mise en place de notre dispositif spécialisé
et interdisciplinaire d’investigations psychosociales pour des patients souffrant de troubles
psychiatriques persistants et invalidants, l’évaluation de leurs difficultés et de leurs besoins a
été dès le départ l’une des préoccupations centrales de l’équipe. En effet, il nous paraissait
indispensable qu’un espace soit dédié à leur propre parole, à l’expression personnalisée de
leurs besoins et de leurs attentes, tout en disposant d’un outil standardisé aux qualités
psychométriques reconnues. Il s’agissait pour nous de signifier aux patients qu’ils sont
partenaires du processus d’évaluation et de réflexion sur leur projet de réhabilitation
psychosociale, et de réaliser avec eux une démarche évaluative fiable au moyen d’un
instrument spécifique adéquatement calibré.
Ainsi la volonté d’accorder une place centrale à l’auto-évaluation a guidé l’ensemble de la
réflexion. Elle a permis de développer une nouvelle façon d’investiguer les problèmes et les
besoins de nos patients en cherchant à éviter ou à dépasser les biais connus des instruments
traditionnels utilisés dans ce domaine. La recherche d’outils en français pouvant répondre à
nos attentes ayant fait chou blanc, nous sommes partis d’un outil largement reconnu pour
l’évaluation des besoins : le Camberwell Assessment of Need (Phelan et al., 1995). C’est
l’expérience des qualités et des limites de cette échelle qui nous a permis de penser ELADEB
dans sa forme actuelle, c’est-à-dire une évaluation chiffrée qui s’appuie sur une activité de tri
de cartes, doublée d’un entretien semi-structuré permettant d’approfondir et de donner du sens
aux scores obtenus.
Utilisé dans notre unité lors de chaque investigation approfondie, ELADEB a connu ces trois
dernières années une diffusion plus large auprès d’autres services de psychiatrie en Suisse
romande et en France. Depuis sa publication en 2008, les retours que nous avons eus de son
usage ont confirmé nos observations premières : ELADEB est un outil simple à utiliser, il
livre un profil aisément interprétable et facilite dès l’accueil un dialogue constructif avec le
patient. C’est non sans une certaine joie que nous avons pu noter l’enthousiasme des équipes
vis-à-vis de notre instrument et que nous assistons à sa diffusion de plus en plus étendue. Mais
l’élargissement de cet usage et les contacts avec d’autres utilisateurs nous ont également
stimulé à apporter quelques modifications, dont la plus importante est l’ajout de deux cartes
-1-
supplémentaires dans le lot original (cartes intitulées « droit et justice » ainsi que « spiritualité
et croyances ») et d’une carte optionnelle (sexualité). Par ailleurs les spécialistes du handicap
mental ont suggéré une version adaptée à leur population, retravaillant en particulier la
matériel employé pour obtenir l’évaluation chiffrée.
Malgré la simplicité apparente d’ELADEB, son utilisation correcte nécessite selon nous un
minimum de formation. La lecture attentive de ce manuel et l’usage « à blanc », par exemple
auprès de collègues imitant des patients, nous paraissent indispensables pour bien comprendre
son mode de fonctionnement. Les deux attitudes clés de l’évaluateur utilisant ELADEB à bon
escient sont à nos yeux une directivité souple et une écoute empathique. La directivité
permettra le respect des étapes prévues pour l’évaluation. L’écoute attentive et empathique
offrira aux patients cet espace d’expression libre dont ils ont besoin pour acquérir la confiance
envers la démarche d’investigation dans son ensemble.
ELADEB a été mis à l’épreuve de deux études de validation psychométriques. Elles ont
conduit à la réalisation de deux mémoires de diplôme postgrade en psychologie à l’université
de Lausanne (Fernandez, 2007; Golay, 2007) et la publication d’un article scientifique
(Pomini, Golay, & Reymond, 2008). Ces études ont permis une première validation
psychométrique. Nous profitons de cet avant-propos pour remercier tout particulièrement ces
deux jeunes psychologues, grâce à qui le développement d’ELADEB a pu faire un réel bond
en avant. Bien que n’ayant pas fait partie de l’équipe de départ qui a lancé le programme de
développement de cet outil, leur contribution a été décisive dans sa finalisation, et de ce fait il
nous est apparu logique de les insérer dans la liste des auteurs.
Mais nous souhaitons rendre également justice ici et exprimer toute notre gratitude aux autres
collaborateurs de l’unité de réhabilitation, psychologues, infirmiers, médecins, assistants
sociaux, ergothérapeutes, etc. qui ont accompagné tout au long de ces années, grâce à leurs
critiques et leurs essais, la mise au point de cet outil. La liste de ces personnes serait trop
longue et le risque d’en oublier trop grand pour que nous la dressions ici. Enfin nous ne
pouvons pas terminer cet avant-propos sans avoir une pensée chaleureuse pour tous les
patients qui se sont prêtés à l’évaluation de leurs difficultés et de leurs besoins. Cette
démarche s’insérait parfois clairement dans un processus normal d’investigations ou de soins,
mais parfois relevait aussi de la seule collaboration au programme d’étude de cet outil. Nos
remerciements vont aussi à toutes les équipes soignantes et éducatives qui nous ont ouvert
leurs portes pour tester notre instrument et qui, nous l’espérons, auront pu bénéficier des
résultats obtenus avec lui.
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1. INTRODUCTION
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interviennent, l’aident, le stimulent ou l’accompagnent. L’évaluation des besoins est une
démarche motivationnelle qui doit débuter un suivi, et être répétée dans le temps, autant pour
mesurer le chemin parcouru que pour vérifier l’adéquation des buts à la situation
psychosociale actuelle.
L’évaluation des besoins ne peut pas être totalement dissociée de l’évaluation des difficultés,
des déficits ou des problèmes. Ceux-ci représentent les obstacles au bien-être ou à la qualité
de vie. Ils sont très souvent les moteurs et les raisons de la plupart des besoins. Souvent, les
besoins d’aide ne deviennent réellement signifiants et interprétables qu’une fois mis en miroir
avec les difficultés. Qui s’accommode de ses problèmes n’exprimera guère de besoins ; qui au
contraire croule sous les problèmes sera enclin à demander de l’aide. On pourra rencontrer
aussi d’autres attitudes qui peuvent davantage interroger le clinicien : par exemple celle de la
personne qui multiplie les demandes d’aide quand bien même elle ne présente que des
difficultés mineures, ou celle de la personne en grave difficulté refusant d’exprimer le
moindre besoin. Il n’est guère possible de décoder la dynamique qui préside à l’expression
d’un besoin d’aide chez quelqu’un, si on ne dispose pas d’une évaluation ou d’une mesure de
ses difficultés. Il apparaît ainsi essentiel de ne pas disjoindre totalement l’évaluation du besoin
d’aide de celle des difficultés et des problèmes.
-4-
1.3 Les instruments d’évaluation des difficultés et des besoins
La recherche en psychiatrie sociale s’est en premier lieu intéressée à l’évaluation du niveau de
fonctionnement social des patients souffrant de troubles psychiques. De multiples outils ont
été développés pour évaluer cette dimension considérée, en particulier dans le cadre d’études
visant à évaluer l’efficacité de programmes de soins ou de réhabilitation.
On trouve décrits dans la littérature divers instruments de mesure du fonctionnement social.
Certains ont pour vocation de donner une image synthétique et rapide du niveau de
fonctionnement de la personne en quelques items : par exemple l’échelle du status de
Morningside (Morningside Rehabilitation Status Scale ou MRSS ; Affleck & McGuire,
1984), l’échelle d’évaluation globale du fonctionnement (EGF ; APA, 2003) ainsi que sa
version spécifiquement dédiée au fonctionnement social et professionnel (EFSP ; APA, 2003),
ou encore le questionnaire anglais « Health of the Nation Outcome Scales » qui a été
largement étudié et a fait l’objet de multiples publications scientifiques (Lauzon et al., 2001).
D’autres échelles apparaissent sous forme de questionnaires plus longs mais poursuivent le
même but. Parmi les plus connues, on citera l’échelle d’adaptation sociale (Social Adjustment
Scale ; SAS ; Weissman & Bothwell, 1976) et sa dernière version en date la SAS-SMI (Social
Adjustment Scale for the Severely Mentally Ill ; Wieduwilt & Jerrell, 1999). Certaines
échelles dites d’évaluation de la qualité de vie fonctionnent en réalité comme des échelles de
mesure du fonctionnement. Ainsi en va-t-il par exemple pour l’échelle de qualité de vie de
Heinrichs (Heinrichs, Hanlon, & Carpenter, 1984). Enfin des questionnaires encore plus
détaillés et précis ont été conçus pour cibler très spécifiquement les compétences ou déficits
comportementaux des individus en matière de fonctionnement dans la vie quotidienne et dans
les relations sociales. Le Profil des compétences de vie (Life Skills profile ; LSP) de Rosen et
Parker ou l’échelle des habiletés de vie autonome de Wallace en sont deux exemples (Cyr,
Toupin, Lesage, & Valiquette, 1994 ; Mohr, Simon, Favrod, Fokianos, & Ferrero, 2004 ;
Rosen, Hadzi-Pavlovic, & Parker, 1989 ; Rosen, Trauer, Hadzi-Pavlovic, & Parker, 2001 ;
Wallace, 1986 ; Wallace, Liberman, Tauber, & Wallace, 2000).
L’évaluation des besoins s’effectue dans une dynamique un peu différente. Le niveau de
fonctionnement de l’individu est moins la cible de l’intérêt que l’expression de ses besoins.
Pour fournir des soins appropriés aux personnes atteintes de troubles psychiques, il est
recommandé de tenir compte davantage de leurs besoins que de leur diagnostic ou de leur
niveau d’adaptation sociale (Wing, Brewin & Thornicroft, 1992 ; Slade, 1994). Cette optique
est plus récente et traduit une position davantage centrée sur le patient et sa perception des
choses. Le processus de soins ou de réhabilitation ne doit pas être uniquement au service
d’une amélioration du fonctionnement socio-économique de l’individu (réinsertion dans la
communauté, réadaptation au travail, etc.) mais aussi et peut-être davantage au service de ses
-5-
besoins (donc moins dans une perspective compétitive de type réinsertion
socioprofessionnelle et guérison).
Il existe plusieurs types d’approche pour l’évaluation des besoins : (1) des méthodes directes
qui interrogent généralement par questionnaires et échelles le patient, son réseau de soins ou
son entourage social et professionnel ; (2) des méthodes plus indirectes qui infèrent
l’existence et l’importance de certains besoins en fonction de l’utilisation des services ou via
d’autres indicateurs sociaux (Hansson, Bjorkman, & Svensson, 1995). L’évaluation des
besoins peut s’effectuer dans ce cas en évaluant en premier lieu le niveau de fonctionnement
du patient, puis en dressant la liste des interventions déjà entreprises, pour dans un dernier pas
déterminer les besoins de soins restants.
-6-
appliquées, les chercheurs déterminent s’il existe un besoin de soin et si ce dernier est satisfait
ou non par les interventions déjà mises en place.
Si un problème a été mentionné, les trois autres sections sont compilées ; dans le cas contraire
on passe directement à l’évaluation du domaine de vie suivant. La deuxième section permet à
l’examinateur et au patient de déterminer le degré de l’aide apportée par des proches. La
cotation va de zéro (aucune aide) à trois (beaucoup d’aide). La troisième section porte sur
l’existence ou non d’une aide fournie par des services professionnels locaux (c’est-à-dire
toute personne rémunérée pour fournir de l’aide au patient). Elle demande également
d’évaluer le besoin d’aide que les services professionnels pourraient apporter. La cotation va
également de zéro (aucun besoin d’aide) à trois (besoin de beaucoup d’aide). Enfin la
quatrième et dernière section investigue à travers deux questions la pertinence des soins
apportés : on y demande si le patient reçoit le type d’aide approprié (oui ou non) et s’il est
satisfait de cette aide (oui ou non).
Le PNCQ
Le Perceived Need for Care Questionnaire (Meadows et al., 2000) est un instrument
d’évaluation des besoins d’aide perçus par les personnes souffrant de troubles psychiatriques
et vivant dans la communauté. Il a été développé dans le but de pouvoir être employé par des
personnes ne travaillant pas en milieu psychiatrique. Ce questionnaire est donc plus court et
plus simple que des échelles telles que le NFCAS ou le CAN.
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propos des troubles et des traitements, psychothérapies (cognitivo-comportementales, conseil,
discussion sur les causes de la maladie), interventions de type social (notamment pour la
gestion des finances), ou entraînement des compétences (en rapport à l’emploi, l’utilisation du
temps libre ou la gestion du logement et de soi). Dans un troisième temps, les patients
indiquent s’ils ont trouvé les interventions mises en place adéquates ou non. Les besoins
d’aide peuvent être de quatre types : inexistants, non satisfaits, partiellement satisfaits et
satisfaits. Lorsqu’ils sont partiellement satisfaits ou non satisfaits, les sujets doivent identifier
les raisons pour lesquelles ils pensent que les soins obtenus n’ont pas été adéquats. Celles-ci
peuvent être de sept sortes : (1) le patient pensait pouvoir s’en sortir seul, (2) il pensait que
rien ni personne ne pouvait l’aider, (3) il ne savait pas comment faire ni où s’adresser pour
obtenir de l’aide, (4) il avait peur de demander de l’aide ou de ce qu’on pourrait penser de lui
s’il le faisait, (5) il n’avait pas les moyens financiers nécessaires pour obtenir de l’aide, (6) il a
demandé de l’aide mais n’en a reçu aucune, (7) il a reçu de l’aide provenant d’une autre
source.
-8-
Lesage, 1998). Le PNCQ est sans doute le plus simple des trois outils. Il se base sur
l’évaluation des interventions, les besoins exprimés ainsi que les raisons conduisant à
l’expression de ces besoins.
-9-
- 10 -
2. PRÉSENTATION GÉNÉRALE
L’élaboration d’ELADEB s’est appuyée sur trois principes majeurs que nous avons cherché à
respecter le mieux possible : (1) opter pour un outil d’auto-évaluation où les influences ou
interférences de l’évaluateur seraient réduites ; (2) définir avec clarté et concision les termes
de difficulté et de besoin, notamment en fonction de l’insertion clinique de l’instrument ; (3)
proposer un outil simple et rapide dans son administration, accessible à tous les types de
patients, même les plus déficitaires, sans pour autant sacrifier sa qualité ou sa validité
psychométrique.
- 11 -
s’embourber dans de longs et lourds entretiens, où l’on se surprend à essayer de lister tous les
problèmes qu’il rencontre dans un domaine particulier, à évaluer ensuite toutes les aides qu’il
reçoit, à les positionner par rapport à ses difficultés, à déterminer ce qui agit réellement sur
ces difficultés, tout cela avant de pouvoir définir s’il a un problème sérieux, un problème léger
ou pas de problème parce qu’il a des interventions. On peut en ressortir avec l’impression que
l’issue de l’évaluation est davantage due à la perspicacité de l’investigateur qu’aux réponses
spontanées du patient. Ceci peut avoir l’intérêt d’approfondir la réflexion, d’inciter la
personne à se pencher sur elle-même ; cela peut aussi donner l’impression que les scores ne
traduisent pas réellement l’avis subjectif initial de cette dernière. Ce sentiment est d’autant
plus marqué avec des patients qui présentent des troubles cognitifs, des difficultés de langage
ou des symptômes négatifs. Dans ce sens, l’usage d’un outil témoignant davantage de l’avis
subjectif immédiat de la personne nous semble mieux correspondre aux principes d’une auto-
évaluation.
Vu la place centrale que nous voulons conférer à la subjectivité de la personne dans son
évaluation des difficultés rencontrées et du besoin d’aide ressenti, il est essentiel de limiter au
maximum tout ce qui peut modifier sa perception au cours de l’évaluation. Si l’on veut donner
une image pouvant illustrer notre objectif, on pourrait évoquer celle de la personne qui
raconterait exactement les mêmes choses à un ami rencontré dans un café sur ses problèmes et
ses besoins que l’évaluation qu’il fournit via ELADEB. Une auto-évaluation bien menée des
besoins transmet le message d’une écoute sérieuse et respectueuse, où on ne cherche pas à
intervenir tout de suite sur la perception des choses, à dire à la place du patient ce qui va et ce
qui ne va pas, ce dont il a besoin ou ce dont il n’a pas besoin.
Le terme de besoin pose également quelques soucis définitionnels. Nous avons vu auparavant
que certains auteurs distinguent les besoins satisfaits des besoins non satisfaits. On peut
légitimement se demander si un besoin satisfait est encore un besoin. On voit que le besoin
dépend aussi du degré de satisfaction de la personne et pas seulement de ses problèmes ou de
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ses incapacités. Pour sortir de ce type de piège, nous avons préféré ajouter l’adjectif
« supplémentaire » au terme « besoin », pour permettre de cibler les besoins non satisfaits et
éliminer de notre définition les besoins déjà satisfaits. Enfin, nous n’avons pas voulu limiter la
définition du besoin d’aide à des interventions de nature professionnelle, mais avons préféré
garder un éventail plus large incluant tout type d’aide non professionnelle qui pouvait être
envisagée par le patient. En résumé, les besoins définis dans ELADEB correspondent à toutes
les envies d’intervention supplémentaire, professionnelle ou non professionnelle, qui
pourraient compléter aux yeux de la personne ce qui existe déjà.
La démarche d’identification des difficultés et des besoins dans ELADEB ne consiste pas à
dresser la liste de tous les obstacles à une qualité de vie optimale (difficultés) et de toutes les
réponses possibles pour les réduire ou les éliminer (besoins). Elle consiste plutôt à déterminer
les domaines de vie dans lesquels les patients rencontrent des difficultés, quelles qu’en soient
les origines, ou pour lesquels ils expriment un besoin d’aide supplémentaire par rapport à ce
qui existe déjà. ELADEB n’aboutit pas directement à la liste qualitative des problèmes et des
interventions à conduire, mais à la liste des domaines de vie dans lesquels le patient exprime
avoir des difficultés ou pour lesquels il aimerait qu’une aide lui soit apportée. Une liste
qualitative n’aurait pas permis une véritable standardisation de l’outil, et par extension une
comparaison des profils. Ceci dit, ELADEB permet quand même, dans un second temps et
comme nous le verrons plus loin, de dresser de telles listes fort utiles pour les cliniciens.
Au-delà de l’identification des difficultés et des besoins de la personne, qui répondent aux
définitions proposées ci-dessus, il nous a paru utile de préciser de façon systématique le degré
de difficulté rencontré pour chaque domaine et de situer dans le temps la demande d’aide.
Nous avons ainsi opté pour une hiérarchisation en intensité des difficultés et en urgence des
besoins.
L’intensité des problèmes est caractérisée par trois degrés d’importance : « peu important »,
« important » et « très important ». Ce choix nous permet d’avoir une échelle de difficultés
allant de zéro (aucune difficulté) à trois (difficultés très importantes) pour chaque domaine de
vie évalué. Si la mesure de l’importance des difficultés peut être considérée comme une tâche
d’évaluation subjective assez intuitive qui ne nécessite pas des explications approfondies ou
l’explicitation de critères précis, l’évaluation quantitative des besoins s’avère plus difficile à
opérationnaliser. L’idée de reprendre une échelle d’importance des besoins s’est rapidement
révélée peu propice. Nous étions souvent nous-mêmes empruntés quand il s’agissait d’aider
les patients à distinguer un besoin très important d’un besoin important. Abandonnant la
mesure de l’importance du besoin, nous avons préféré nous tourner vers la mesure du degré
d’urgence de l’aide demandée. Non seulement son opérationnalisation est plus simple, mais
elle correspond aussi à une préoccupation clinique centrale, celle de la chronologie des
interventions. Le degré d’urgence du besoin d’aide a été défini selon trois modalités : « non
- 13 -
urgent : supérieur à 3 mois », « moyennement urgent : entre 1 et 3 mois », et « urgent : dans
les 30 jours ». Cette option permet de préciser si les demandes d’aide formulées par le patient
sont proximales, souvent assez concrètes et précises, ou au contraire plus abstraites, vagues et
distantes dans le futur. Il est possible que les délais retenus pour illustrer les trois degrés
d’urgence ne conviennent pas à certains utilisateurs, le périmètre de l’urgence et sa définition
pouvant énormément varier selon les contextes. Nous avons retenu des valeurs relativement
consensuelles lorsqu’il s’agit de suivis psychiatriques à moyen ou long terme. L’utilisateur
reste libre de modifier selon ses besoins les valeurs de l’urgence qu’il souhaite adopter. Il
devra rester alors attentif au fait que ses résultats ne seront plus comparables avec ceux
obtenus via une évaluation ELADEB classique.
L’évaluation subjective des besoins d’aide supplémentaire permet en somme de se donner une
image des attentes du patient à un moment donné de sa trajectoire personnelle. Elle désigne
les priorités du patient, lesquelles ne sont pas forcément corrélées avec l’importance de ses
problèmes. Il n’est en effet pas rare que des patients demandent de nouvelles interventions
sans pour autant souffrir de problèmes majeurs dans le domaine concerné, ou que certaines
difficultés n’aboutissent pas à la formulation d’une demande d’aide particulière.
Au fur et à mesure d’un entretien, même hautement structuré, entrent en jeu des processus
d’inter-influence difficilement contrôlés. La minutie ou le perfectionnisme de certains
investigateurs par rapport à d’autres, les connaissances ou les préjugés sur les patients
évalués, le style d’interaction avec les patients sont autant de facteurs qui peuvent conduire à
des biais systématiques (par exemple une surévaluation des difficultés), qui ne se produiraient
sans doute pas si on limitait au strict minimum l’interaction entre l’évaluateur et le patient. En
proposant une activité d’évaluation ne reposant pas sur un échange verbal entre l’investigateur
et le patient, on peut réduire en grande partie ce type d’interférences.
Pour terminer, l’utilisation d’échelles peut s’avérer parfois difficile chez les personnes peu
habituées à s’évaluer avec ce type d’outil. La transformation en cotations chiffrées d’adjectifs
qualitatifs ou d’impressions relativement floues est une tâche cognitive complexe qui peut
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dépasser les capacités mentales de l’individu. Elle peut aussi le mettre mal à l’aise et
engendrer des sentiments désagréables d’incertitude, d’incompréhension ou d’incapacité à
exprimer ce qu’il veut dans le cadre des limites rigides imposées par les questions posées et la
méthode de cotation choisie. Les tendances à donner toujours le même chiffre, à tendre vers
les valeurs centrales, ou à éviter les valeurs extrêmes peuvent alors constituer des stratégies de
réponse qui malheureusement contribuent à réduire la qualité métrique des outils, sans parler
des données manquantes qui ponctuent parfois les questionnaires et en rendent la correction
problématique.
Partant du constat que les patients en proie à des difficultés d’ordre cognitif sont pénalisés
face aux exigences des auto-questionnaires, il nous a paru souhaitable de passer par la
médiation visuelle. Cette dernière leur permet en outre de se faire une représentation concrète
qui leur suggère différents aspects de chaque domaine investigué. Les réponses ne sont plus
induites par des questions précises sur leurs problèmes ou leurs besoins, comme dans un
questionnaire pré-établi, mais par des stimuli visuels les amenant à se poser eux-mêmes des
questions au sujet de leurs problèmes et demandes d’aide. Le passage par l’image rend
également l’exercice plus attrayant et plus ludique.
L’entretien semi-structuré
ELADEB ne saurait toutefois se réduire au seul tri de cartes. Car au-delà de la cotation,
processus dans lequel on cherche à réduire l’intervention de l’évaluateur, il s’agit malgré tout
de maintenir un dialogue ouvert avec le patient, de garder un espace d’échange dans lequel il
pourra s’exprimer à loisir. La discussion au sujet des difficultés et besoins exprimés suite au
tri des cartes est donc une partie importante de l’évaluation. Elle donne un contenu aux choix
effectués et un complément qualitatif qui fait partie intégrante de l’outil. C’est une phase qui
permet de développer chacune des réponses obtenues et qui, surtout, ne modifie pas la
cotation. On a donc avec ELADEB à la fois un outil quantitatif, basé sur une tâche de tris de
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cartes qui correspond à la cotation d’échelles de Likert à 4 valeurs (0 à 3 pts), et à un outil
qualitatif, basé sur un entretien semi-structuré durant lequel la nature des problèmes ou des
besoins est plus précisément décrite, permettant de conférer une signification plus précise aux
cotations, de donner en quelque sorte du contenu clinique spécifique et individualisé aux
chiffres standardisés obtenus dans la phase précédente.
Une carte supplémentaire concernant le domaine de la sexualité a été mise en option, du fait
que nous n’avons pas réussi à nous positionner au sein d’un groupe d’experts utilisateurs
d’ELADEB sur la nécessité ou non d’introduire cette carte dans le lot initial. Elle investigue
en effet un domaine intime de la personne et peut être considérée comme intrusive pour
certains patients, en particulier lors de la phase d’accueil ou d’une première investigation.
Chaque utilisateur reste juge quant à son éventuelle utilisation auprès des patients à qui il
propose l’instrument.
Pragmatique du
Conditions de vie Relations Santé
quotidien
1. lieu de vie 5. temps libre 10. connaissances et amitiés 14. alimentation
2. finances 6. tâches administratives 11. famille 15. hygiène personnelle
3. travail 7. entretien du ménage 12. enfants 16. état physique
4. droit et justice 8. déplacements 13. relations sentimentales 17. état psychique
18. addiction
19. traitement
20. spiritualité et croyances
Les domaines couverts par ELADEB ont été choisis sur la base d’instruments évaluant la
qualité de vie, le fonctionnement social, la satisfaction et les besoins, en particulier le NFCAS
et le CAN (v. pages 6 et 7). Dans certains cas, les noms des domaines évalués diffèrent avec
ceux employés dans ces échelles alors qu’ils mesurent le même concept. Dans d’autres cas
nous avons regroupé sur la même image des catégories qui sont distinctes dans les autres
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échelles. Enfin, certains domaines évalués sont propres et spécifiques à ELADEB
(« fréquentation des lieux publics » & « famille »).
Les cartes « droit et justice » ainsi que « spiritualité et croyances » ont été rajoutées dans un
deuxième temps ; elles ne font donc partie que de la version révisée de l’instrument. Le
tableau 2 permet de retrouver les correspondances entre les items retenus pour ELADEB et
ceux employés par le NFCAS et le CAN.
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3. MATERIEL ET PROCEDURE
3.1 Matériel
Le kit ELADEB se compose du matériel suivant.
1. Un jeu de 20 cartes illustrant les 20 domaines évalués (figure 1).
2. Deux lots d’étiquettes : un premier lot pour le tri des difficultés, le second pour celui des
besoins (figures 2 et 3).
3. Un CD-ROM contenant une fiche de cotation au format A4 (en version Word et pdf ; cf.
figure 4), des fichiers Excel (© Microsoft) permettant de reporter les résultats et d’afficher le
profil des difficultés et des besoins (cf. figure 5) ainsi que le présent manuel (au format pdf).
1er tri
PAS DE
PROBLEME
PROBLEME
2ème tri
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Figure 3. Étiquettes utilisées pour l’évaluation des besoins
1er tri
PAS BESOIN
BESOIN D’AIDE
D’AIDE
SUPPLEMENTAIRE
SUPPLEMENTAIRE
2ème tri
BESOIN D’AIDE
BESOIN D’AIDE BESOIN D’AIDE
MOYENNEMENT
NON URGENT URGENT
URGENT
(supérieur à 3 mois) (dans les 30 jours)
(entre 1 et 3 mois)
La procédure d’évaluation est dans les deux cas tout à fait identique. Elle se déroule en trois
moments distincts. Par souci de simplicité, nous décrivons ici uniquement les étapes de
l’évaluation des problèmes, étant entendu que la procédure est la même pour celle des
besoins. A noter que l’investigation démarre par une présentation générale des consignes et de
l’objectif de l’évaluation, suivie par une question initiale. Avant toute autre tâche, il est en
effet demandé au patient d’indiquer quel est le problème le plus important pour lui
actuellement. Cette question n’est en principe pas reprise pour l’évaluation des besoins. Les
trois étapes de l’évaluation sont ensuite les suivantes.
1. Le patient effectue un premier tri des cartes illustrant les 20 domaines évalués. Ce tri est
dichotomique, il sert à distinguer les domaines où il y a problème de ceux où le patient
n’identifie aucune difficulté. A cet effet les étiquettes « Problème » et « Pas de problème »
sont disposées devant le patient, pour qu’il puisse répartir facilement les cartes dans les bons
tas.
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2. Les cartes désignées placées par le patient sous l’étiquette « Pas de problème » sont
écartées. Avec les cartes restantes on demande au patient de réaliser un second tri, pour
évaluer en trois catégories le degré d’importance des difficultés.
3. Ce second tri débouche sur une discussion ouverte avec le patient. Celle-ci porte sur les
raisons de ses choix. Il peut préciser la nature des problèmes ou des difficultés, le type d’aide
dont il a besoin.
En proposant un classement de cartes durant lequel en principe il n’intervient pas du tout (sauf
pour d’éventuels rappels des consignes en cas de difficulté) on vise à limiter les interventions
de l’investigateur durant la phase d’évaluation chiffrée. Ce n’est qu’après la phase de tri que
la discussion s’ouvre. Les informations obtenues durant ce dialogue n’ont cependant pas
d’influence pour la cotation des échelles car aucune correction n’est pratiquée a posteriori.
Elles nourrissent les notes cliniques de l’investigateur et doublent les scores de données
qualitatives servant à mieux les interpréter. L’avantage de bien séparer les phases de
classement et de discussion se situe aussi sur le plan de la durée d’administration de l’outil.
Dans le cadre d’une recherche, la période consacrée à la discussion sera d’autant plus brève
que le patient ne souhaite pas s’exprimer à ce sujet. L’utilisation d’ELADEB peut alors
prendre cinq à dix minutes tout au plus. Notre expérience montre cependant que même dans
des conditions de recherche beaucoup de patients apprécient la possibilité de s’exprimer au
sujet du classement qu’ils viennent d’opérer, ce qui a pour effet d’allonger la durée
d’administration. On comptera dès lors en général trente à quarante minutes par échelle, donc
une heure à une heure et demie pour l’administration complète d’ELADEB.
Lors du premier tri, la présence d’une difficulté ou d’une demande d’aide est reportée à l’aide
d’une croix dans la colonne « Présence » de chaque échelle. Il est ensuite possible de compter
le nombre de domaines concernés par des difficultés ou des demandes d’aide.
- 21 -
Le second tri qui conduit à l’évaluation de l’intensité d’une difficulté ou le degré d’urgence
d’un besoin d’aide est reporté à l’aide d’un score de 0 à 3 dans la colonne « Intensité » ou
« Degré d’urgence ».
Tableau 3. Echelles de cotation pour l’évaluation des difficultés et des besoins d’aide
On invite également le patient à indiquer pour chaque domaine retenu le type de personne qui
pourrait constituer une source d’aide. Dans la colonne « Origine », on reportera un P s’il
s’agit de professionnels de la santé, un F s’il s’agit de membres de la famille ou un E s’il
s’agit de membres de l’entourage. Si le patient n’arrive pas à préciser qui pourrait lui apporter
l’aide escomptée, on inscrit un point d’interrogation dans la case. La figure 4 présente la
partie chiffrée d’une fiche de cotation ELADEB que nous allons brièvement commenter.
Dans cet exemple, le patient (qu’on appellera Billy) a sorti lors du premier tri 12 domaines
dans lesquels il estime avoir actuellement des difficultés. L’intensité des difficultés rapportées
pour ces mêmes domaines totalise 31 points sur 54. Les conditions de vie et la sphère des
relations constituent les domaines les plus problématiques pour lui.
A l’évaluation des besoins d’aide, Billy a sorti lors du premier tri également 12 cartes sur les
20. Billy souhaite donc obtenir de l’aide dans douze domaines. L’urgence de ses demandes
d’aide varie selon les domaines : des modifications dans ses conditions de vie apparaissent
pour lui la cible prioritaire, suivi par des interventions sur ses difficultés relationnelles.
La figure 5 résume le profil de Billy issu de la cotation de ses réponses. Le fichier Excel
inclus dans le CD-ROM permet d’insérer les données recueillies pendant l’investigation et
génère automatiquement un graphique en colonnes permettant de visualiser le profil personnel
des difficultés et des besoins. Le profil est découpé en quatre sections, afin de visualiser plus
rapidement les quatre grandes thématiques retenues que sont les conditions de vie, la
pragmatique du quotidien, la vie relationnelle et sociale ainsi que la santé.
- 22 -
Le classeur Excel est en principe protégé pour éviter une modification des formules et des
macros facilitant l’automatisation de l’impression des résultats, le calcul d’un code anonyme
pour le patient évalué, le transfert des données vers une banque de données incluse dans une
fiche du classeur, l’effacement de la fiche en cours. Une version sans macro et non protégée
est aussi disponible sur le CD-ROM. Les indications nécessaires à la saisie des données
figurent dans le fichier Excel, sous l’onglet intitulé Instructions.
1. Lieu de vie x 3 0
Conditions de vie
2. Finances x 3 x 3 P
3. Travail x 3 x 3 F
5. Temps libre x 2 x 1 E
Pragmatique du quotidien
6. Tâches administratives x 3 x 3 P
7. Entretien du ménage 0 0
8. Déplacements 0 0
10. Connaissances/Amitiés x 3 x 2 E
Relations
11. Famille x 3 0
12. Enfants 0 0
14. Alimentation x 2 x 3 P
18. Addiction x 2 x 1 P
19. Traitement 0 0
Origine : P = professionnels de la santé, F = membres de la famille, E = membres de l’entourage,? = non précisé / ne sait pas
- 23 -
Figure 5. Présentation graphique des difficultés et besoins d’aide (cf CD-ROM)
- 24 -
4. CONSIGNES DÉTAILLÉES
L’ensemble des consignes présentées ici doivent être considérées comme des propositions
dont il faut suivre la logique et adapter le langage aux différents contextes et patients
rencontrés. Elles peuvent évidemment aussi être lues telles quelles aux patients. La pratique
de l’outil nous révèle que les formulations sont en général ajustées aux personnes qui
participent à l’évaluation et aux circonstances spécifiques de celle-ci. Nous souhaitions
néanmoins proposer une expression officielle des consignes, ne serait-ce qu’à titre d’exemple,
pour offrir aux futurs utilisateurs d’ELADEB-R un texte de base vers lequel, au besoin, on
peut toujours revenir. Les consignes en tant que telles sont présentées en italique, pour les
distinguer facilement des commentaires à leur sujet.
- 25 -
« L’évaluation que nous allons faire se déroule en deux parties. D’abord nous allons nous
intéresser à vos difficultés et problèmes. Pour cela on va partir d’une série de cartes qui
illustrent 20 domaines de la vie quotidienne [l’évaluateur peut montrer le tas de cartes, mais
évitera de le donner déjà au patient]. Vous me direz pour chacun d’eux si vous rencontrez ou
non des problèmes actuellement. Ce qui nous intéresse, c’est vraiment votre situation actuelle,
ce qui se passe aujourd’hui, et non pas vos difficultés passés ou les problèmes qui ont été
réglés.
Dans un second temps nous explorerons vos besoins d’aide. Ce qui va nous intéresser là, ce
sont vos demandes d’aide supplémentaire par rapport à ce qui existe déjà. Il est possible que
bénéficiez déjà d’interventions, de thérapies ou de soutien dans certains domaines. On aimerait
savoir aujourd’hui si vous voulez recevoir des aides supplémentaires ou d’autres types d’aide.
On partira avec le même tas de cartes qu’on aura utilisé pour évaluer vos difficultés, et on vous
demandera de sortir les cartes où vous aimeriez avoir de l’aide supplémentaire.
Comme je vous l’ai dit, on va utiliser des cartes pour réaliser l’évaluation de vos difficultés et
de vos besoins. Ce que je vais vous demander de faire, c’est de trier ces cartes, par exemple de
faire un tas où vous mettez les domaines dans lesquels vous avez des problèmes, et un tas où
vous mettrez les domaines où nous ne rencontrez aucune difficulté. Je vais vous expliquer au fur
et à mesure comment vous devrez faire les tris. Vous verrez ce n’est pas compliqué. Et si vous
ne comprenez pas bien, vous pourrez toujours me poser des questions.
Rappelez-vous, c’est votre image et votre opinion à vous qui nous intéressent. Je ne vais donc
pas intervenir pendant que vous faites les tris, pour que vous puissiez me montrer comment
vous, vous voyez les choses. Après, on gardera de toute façon un moment pour en discuter
ensemble, et vous pourrez alors m’expliquer les choix que vous avez faits, me donner toutes les
précisions que vous voulez. »
La consigne initiale peut être simplifiée si le clinicien l’estime un peu compliquée ou s’il
pense qu’elle pourrait engendrer une anxiété anticipatoire délétère. Lorsque l’évaluation des
besoins est réalisée dans une autre séance que celle des difficultés ([Link]. le lendemain), on
omettra de donner trop de détails sur cette seconde phase, car elle pourra être expliquée à
nouveau au patient au moment voulu.
- 26 -
Un patient pourra ici vouloir commencer une liste plus ou moins abondante de problèmes. Il
s’agit de limiter cette tendance et d’insister sur le fait qu’on recherche le problème le plus
important qui vient spontanément à l’esprit.
L’investigateur se tait pendant que le patient trie les cartes. Le but étant d’obtenir sa
perception subjective à propos de sa situation actuelle, toute intervention risquerait
d’influencer son choix. Au besoin, ses seules interventions consisteront à rappeler la consigne,
ou à la formuler autrement si elle ne semble pas tout à fait comprise par le patient. On
trouvera ci-dessous quelques exemples de reformulation :
• Quels sont les domaines qui vous posent problème actuellement ? Indiquez-les en mettant
les cartes qui les illustrent sous l’étiquette « problème ».
• Dans quels domaines éprouvez-vous des difficultés actuellement ? Mettez-les ici sous
l’étiquette « problème ». Les domaines dans lesquels tout va bien, vous pouvez les placer
sous l’autre étiquette.
• Dans quels domaines avez-vous des soucis en ce moment ? Vous pouvez me les montrer
en plaçant la carte sous l’étiquette où est écrit « problème ».
• « Est-ce qu’il y a quelque chose qui vous dérange actuellement dans votre vie ? Pouvez-
vous me dire quels aspects ou domaines de votre vie sont touchés, en glissant la carte
sous l’étiquette « problème ».
• Est-ce que vous éprouvez de l’inconfort dans l’un ou l’autre des domaines de vie illustrés
par les cartes que vous avez reçues ? Si c’est le cas, placez la carte vers l’étiquette
« problème ». Sinon placez-la vers l’autre étiquette.
- 27 -
Si le patient s’attarde sur un domaine et fait des commentaires, l’investigateur restera dans la
mesure du possible silencieux. Il acceptera les propos sans y réagir particulièrement. Selon les
circonstances, il pourra être amené à préciser que c’est pour l’instant le classement des cartes
qui l’intéresse, et que de toute façon, une fois le tri effectué, un temps est prévu pour parler
plus longuement du contenu des problèmes. L’investigateur ne doit surtout pas relancer la
discussion par des répliques qui inciteraient à parler davantage et à s’écarter de la tâche de tri.
Il pourra prendre une position en retrait par rapport au patient, pour montrer ainsi à ce dernier
qu’il ne participe pas directement au tri des cartes et qu’il attend que cette tâche soit terminée
pour continuer l’évaluation.
L’évaluateur cote les réponses du patient au fur et à mesure du tri. Il inscrira sur la fiche de
cotation, dans la colonne « Présence », une croix pour chaque domaine retenu comme
problématique et un trait ou un zéro pour signaler l’absence de problème dans un domaine
particulier. La réalisation en parallèle de cette cotation est annoncée au patient.
- 28 -
C. Discussion à propos des problèmes
Le deuxième tri aboutit à une discussion. Il s’agit d’un entretien semi-directif durant lequel
l’investigateur passe en revue chaque domaine en commençant par les cartes placées sous
l’étiquette « problème très important » et en progressant vers les problèmes secondaires. Pour
chaque domaine cité, on invite le patient à décrire plus en détail la ou les difficultés
rencontrées actuellement dans le domaine en question.
« Maintenant que vous avez terminé de classer les cartes, nous allons pouvoir discuter
ensemble des choix que vous avez faits. Pour cela on va reprendre les cartes les unes après les
autres, en commençant par celles où vous avez dit avoir des problèmes très importants puis en
allant vers les cartes où les problèmes sont moins importants pour vous. Est-ce que cela vous
convient ?
Nous pouvons alors commencer par la première carte [on prend une carte placée sous
l’étiquette « problème très important »]. Pouvez-vous me dire déjà quels sont les problèmes très
importants que vous avez dans ce domaine ? [Après la réponse du patient] pouvez-vous
m’indiquer pourquoi vous considérez ces problèmes comme très importants pour vous ? (…) Y
a-t-il d’autres problèmes dans ce domaine qui vous viennent à l’esprit ? (…) Lesquels ? (…)
Sont-ils également très importants ? (…) Pourquoi ?»
L’attitude de l’investigateur pendant cette phase est celle d’une écoute active et attentive,
visant à clarifier les points abordés par le patient et à vérifier qu’on a bien compris ce qu’il
veut dire. On n’hésitera donc pas à relancer le patient dans ses descriptions, à invoquer
l’éventuelle existence d’autres difficultés connexes à celles décrites, mais sans toutefois
tomber dans une démarche d’interrogatoire exhaustif. On s’adaptera également à l’envie du
patient de s’exposer plus ou moins, selon les cartes abordées, en respectant les frontières
légitimes de son intimité.
Des patients peuvent se sentir mal à l’aise avec la structuration prévue pour l’entretien. On
n’hésitera pas dans ces cas-là à assouplir la démarche et à suivre leur logique personnelle. Un
patient pourrait par exemple relier certains domaines de vie entre eux, même s’il associe ainsi
des cartes où les problèmes sont par exemple très importants et peu importants.
L’investigateur veillera surtout à prendre des notes qui permettent de retrouver l’information
indiquée pour chaque domaine de vie. Si un patient tend à devenir un peu trop confus, on
reprendra de façon plus directive le fil rouge initialement prévu, en s’assurant de faire des
synthèses qui recevront son approbation.
Il peut également y avoir des problèmes transversaux qui touchent plusieurs domaines de vie.
Il est relativement fréquent par exemple que la question des finances ait un retentissement à
différents niveaux, comme les addictions (coût des drogues), les connaissances et amitiés (pas
assez d’argent pour sortir), ou les déplacements (coût des transports publics), etc. Si le patient
- 29 -
s’est déjà exprimé sur les multiples conséquences de ses difficultés financières,
l’investigateur, au moment de reprendre les autres cartes concernées (addictions,
connaissances et amitiés, déplacements, etc.), rappellera qu’il a déjà noté un problème
financier dans ce domaine, et demandera s’il y a d’autres problèmes que le patient voudrait
signaler.
Il peut arriver qu’après la discussion un patient souhaite modifier son classement. On le laisse
faire ; on prend note dans le rapport d’investigation des changements souhaités, sans toutefois
les reporter dans la grille de cotation elle-même. On estime en effet que le classement initial a
été moins parasité par la discussion verbale et les possibles interventions de l’investigateur
que la nouvelle évaluation. C’est donc à titre exceptionnel (par exemple parce qu’un patient
n’a pas du tout compris le sens d’une carte) que l’on s’autorisera à modifier sur la grille elle-
même les cotations initialement recueillies. Si les modifications voulues par le patient
concernent de nombreuses cartes, on recueillera cette deuxième cotation de façon complète,
en utilisant une nouvelle grille de cotation. On pourra ainsi la confronter à la première, avec
l’hypothèse que cette seconde évaluation traduit vraisemblablement l’impact immédiat de
l’entretien sur le profil initialement obtenu.
L’aide dont nous parlons ici est une aide que vous souhaiteriez avoir, mais que vous n’avez pas.
Il s’agit donc d’une aide supplémentaire par rapport à tout ce qui est déjà mis en place. Si vous
êtes content avec l’aide que vous recevez actuellement, vous pouvez placer la carte dans le tas
qui indique que vous n’avez pas besoin d’une aide supplémentaire.
- 30 -
Vous n’avez pas besoin maintenant de réfléchir qui pourrait vous aider ou comment on pourrait
vous aider. Même si vous avez l’impression qu’on ne peut pas vous aider, ou si vous ne savez
pas de quelle aide vous pourriez bénéficier, à partir du moment où vous aimeriez qu’on vous
aide dans un domaine particulier, vous placez la carte sous l’étiquette « besoin d’aide ». On
veut juste savoir si vous estimez avoir besoin d’aide. On reprendra tout cela ensuite dans notre
discussion. »
A nouveau, l’examinateur ne pose aucune question et se met en retrait pendant toute la phase
de tri. Cependant, il peut toujours recourir à des questions alternatives si le patient ne semble
pas comprendre la consigne.
• Dans quels domaines souhaiteriez-vous pouvoir être aidé ? Placez les cartes qui
représentent ces domaines sous l’étiquette « besoin d’aide supplémentaire ».
• Dans quels domaines est-ce que vous désirez obtenir un appui, en plus des soutiens ou de
l’aide que vous avez déjà ?
• Quels sont les domaines où vous aimeriez qu’on fasse quelque chose pour vous ou avec
vous ? Quelque chose qui ne se fait pas encore et que vous aimeriez mettre en place ou
qu’on mette en place pour vous ?
- 31 -
Au besoin l’examinateur veillera à rappeler que c’est davantage l’urgence du besoin qui est
évalué que son importance. Il aidera le patient à dissocier clairement ces deux aspects. Il
pourra par exemple citer l’exemple qu’une demande d’aide très ponctuelle et limitée pourra
être classée comme urgente, alors qu’une aide plus lourde et conséquente, envisagée sur le
long terme, pourra être considérée comme moyennement ou peu urgente actuellement.
L’importance des moyens à déployer pour aider une personne n’est pas toujours facile à
estimer, en particulier par les patients, car ils ne connaissent pas toujours les possibilités
d’aide et les moyens à disposition. C’est donc surtout la chronologie des interventions
souhaitées qui est visée par cette évaluation. Evoquer cette question de la chronologie pourra
aider le patient à réaliser correctement la tâche.
A l’instar de ce qui a été fait pour le tri des difficultés, l’examinateur dispose les trois
étiquettes les unes à côté des autres, en veillant à les ordonner correctement en fonction de
l’augmentation du degré d’urgence. Il demande au patient de placer les cartes, les unes sous
les autres, sous l’étiquette correspondant à l’urgence de l’aide souhaitée. Une nouvelle fois on
laisse le patient dans son activité de tri jusqu’à ce qu’il dise avoir terminé. On note alors sur la
grille de cotation les valeurs définitives. Le patient peut à tout moment modifier son
classement, tant que l’exercice n’est pas clos et que la discussion n’a pas été ouverte.
Nous allons commencer par les besoins que vous m’avez indiqués comme étant urgents. [En
prenant une carte placée sous l’étiquette « besoin d’aide urgent »] pouvez-vous me dire en quoi
consisterait l’aide que vous aimeriez recevoir dans ce domaine ? (…) Qui pourrait vous aider ?
La famille, des professionnels, d’autre personnes de votre entourage ? (…) Pourquoi avez-vous
mis que votre besoin d’aide était urgent ? Quand est-ce que vous aimeriez qu’on intervienne ? »
- 32 -
La discussion se conclut sur une dernière tâche : on demande au patient quel est aujourd’hui
pour lui son besoin prioritaire. On cherche à voir si le patient parvient à établir une hiérarchie
simple de ses besoins, qui met en évidence une ou deux demandes d’intervention
particulièrement urgentes ou indispensables à ses yeux.
« Maintenant que nous avons fait le tour de vos demandes d’aide supplémentaire, j’aimerais
que vous réfléchissiez un instant pour me dire quel est aujourd’hui votre besoin d’aide
prioritaire. Si on ne pouvait faire qu’une seule chose pour vous aider, laquelle choisiriez-vous ?
Si vous n’arrivez pas à choisir vous pouvez toujours mentionner deux ou trois besoins. Mais
essayez vraiment de faire le tri entre tous les besoins que vous avez évoqués pour ne retenir que
celui qui est vraiment prioritaire à vos yeux. »
Y a-t-il encore quelque chose dont vous aimeriez parler et qu’on n’a pas pu aborder pendant cette
séance ? Est-ce que vous avez des questions supplémentaires, d’autres choses à me demander ? Si ce
n’est pas le cas, je pense qu’on peut s’arrêter là. Je vous remercie encore une fois pour votre
participation. En tous cas, je reste à votre disposition s’il y a quoi que ce soit au sujet de cette évaluation
qui vous tracasse ou dont vous aimeriez me parler. N’hésitez pas à m’appeler ou à venir me voir. »
- 33 -
- 34 -
5. DONNEES PSYCHOMETRIQUES
Une validation d’ELADEB a été réalisée et a fait l’objet d’une publication (Pomini et al.,
2008). La validité apparente, la validité de construit et la fidélité test-retest ont été
investiguées. Nous en présentons ici les résultats saillants. Une présentation plus complète des
deux études d’évaluation psychométrique (Fernandez, 2007 ; Golay, 2007) sont disponibles
auprès des auteurs. Nous rappelons que les données figurant ici concernent la version
originale d’ELADEB et non sa version révisée. Il est toutefois raisonnable de penser que,
même si nous ne connaissons pas encore formellement les caractéristiques psychométriques
des cartes supplémentaires, il est relativement peu probable que celles-ci modifient de façon
importante les qualités générales de l’instrument. Nous avons en projet de réunir de nouvelles
données avec la version révisée de l’instrument, dans le but de confirmer la bonne tenue des
résultats psychométriques d’ELADEB obtenus dans le cadre de cette première étude.
Tableau 4. Validité apparente des méthodes d’évaluation employées dans ELADEB (N = 89).
Validité apparente
Tri des cartes 79.6 24.5 90 100
Discussion 81.7 22.8 90 100
- 35 -
5.2 Validité de construit
Nous avons évalué la validité de construit en calculant les corrélations paramétriques entre les
scores d’ELADEB et différentes échelles. Pour les échelles de dépression (Tableau 5), on
observe une corrélation positive entre l’inventaire de dépression de Beck BDI-II (Beck, 1996)
et la somme des difficultés rapportées par ELADEB. De même, on observe également un lien
important entre la dépression mesurée par le MADRS (Montgomery & Asberg, 1979) et la
somme des difficultés. Les corrélations positives entre dépression et besoins d’aide
supplémentaire sont elles aussi significatives bien que plus modérées.
Tableau 5. Corrélations entre échelles de dépression et scores d’ELADEB (N=89). Les corrélations supérieures
à |0.50| sont en gras.
Echelles de dépression
BDI-II MADRS
ELADEB
Difficultés 0.64** 0.67**
Besoins 0.45** 0.44**
*p<0.05, **p<0.01
Les corrélations entre la qualité de vie mesurée par le WHOQOL-BREF (WHOQOL GROUP,
1998) et les scores de difficultés et de besoins obtenus avec ELADEB sont importants
(Tableau 6). Les patients qui disposent d’une bonne qualité de vie rapportent généralement
moins de difficultés et de demandes d’aide.
Tableau 6. Corrélations entre qualité de vie (WHOQOL-BREF) et scores d’ELADEB (N = 91). Les corrélations
supérieures à |0.50| sont en gras.
ELADEB
Difficultés Besoins
WHOQOL-BREF
Qualité de vie physique -0.66** -0.47**
Qualité de vie psychologique -0.66** -0.45**
Qualité de vie sociale -0.51** -0.42**
Qualité de vie environnementale -0.60** -0.45**
*p<0.05, **p<0.01
- 36 -
L’hétéro-évaluation globale du fonctionnement social tirée du DSM-IV (Echelle d’évaluation
du fonctionnement social et professionnel, EFSP ; APA, 2003) n’est pas corrélée avec les
mesures des difficultés et des besoins rapportées par les patients (Tableau 7). Nous avons
demandé à des soignants qui connaissaient bien les patients de réaliser une hétéro-évaluation
de leurs difficultés avec les mêmes items d’ELADEB. Cette version hétéro-évaluée, appelée
ELHED (Echelle Lausannoise d’hétéro-évaluation des difficultés) reprend sous forme de bref
questionnaire les mêmes domaines et le même système de cotation que celui employé pour
l’auto-évaluation des difficultés. Les résultats à cette échelle sont négativement corrélés avec
l’EFSP. Ils sont par contre corrélés positivement aux mesures subjectives des difficultés et des
besoins, comme nous pouvions l’espérer. Ces corrélations restent toutefois relativement
modestes, au vu du fait que les mêmes items sont repris dans les deux instruments.
Tableau 7. Corrélations entre auto-évaluation et hétéro-évaluation de l’intensité des difficultés et l’urgence des
besoins et les échelles hétéro-évaluatives (EFSP & ELHED) (N = 75). Les corrélations supérieures à |0.50| sont
en gras.
Hétéro-évaluation
EFSP ELHED
ELADEB
Difficultés 0.04 0.25*
Besoins -0.07 0.28*
ELHED
Hétéro-évaluation des difficultés -0.62** 1.00
*p<0.05, **p<0.01
La somme des difficultés (nombre de domaines classés sous l’étiquette « problème ») présente
un coefficient de fidélité très satisfaisant. Il en va de même pour la somme des besoins. Tous
les coefficients de corrélation sont considérés comme significatifs au seuil de 1% et seize
scores dépassent le seuil de 0.80 (Tableau 8).
- 37 -
Tableau 8. Fidélité test-retest à une semaine pour les deux échelles d’ELADEB (N = 48). Les corrélations
supérieures à |0.50| sont en gras.
Echelles
Difficultés Besoins
Domaines
*p<0.05, **p<0.01
Ces données sur la fidélité test-retest à une semaine concluent notre première analyse
psychométrique de l’instrument. Tous les résultats obtenus vont dans le sens des attentes.
Cette première étude de validation effectuée avec 94 patients permet donc de confirmer les
propriétés psychométriques satisfaisantes d’ELADEB. Nous envisageons de conduire de
nouvelles études sur des échantillons plus importants et plus variés, afin non seulement de
vérifier la stabilité et la qualité des résultats psychométriques de la version révisée, mais aussi
de la mettre à l’épreuve dans d’autres contextes cliniques que celui de la réhabilitation
psychosociale des patients souffrant de troubles psychiques sévères, chroniques et invalidants.
- 38 -
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