INSTITUT DES TECHNOLOGIES APPLIQUEES D’AFRIQUE (ITA-BAMAKO)
ECONOMIE ET ORGANISATION DES ENTREPRISES
Enseignant : Dimitri KAKPO
61 92 26 43
Année académique : 2025-2026
CHAPITRE I : L’ENTREPRISE
INTRODUCTION
L’entreprise est un construit social qui suscite bien d’intérêts théoriques quant à sa
conception et sa perception. Ainsi, on peut appréhender cette réalité (entreprise) par
des représentations aussi bien typologique, structurale que fonctionnelle.
1. Conception de l’entreprise
A. Définition et caractères principaux de l’entreprise
L’entreprise est une entité économique organisée par un centre de décision
disposant d’une certaine autonomie pour combiner des moyens physiques et
humains afin de produire des biens et services destinés à la vente.
Cette définition fait ressortir trois caractères principaux qu’on reconnaît à toute
entreprise :
• L’entreprise est avant tout une organisation
Pour le fonctionnement de ses activités, l’entreprise combine des ressources aussi
bien humaines que matérielles ; cela implique donc :
- la répartition des tâches ;
- une certaine hiérarchie précisant les niveaux de responsabilité ;
- des rapports formels et informels entre les divers intervenants.
La structure interne traduit les principales caractéristiques de l’organisation. Sa
complexité varie en fonction de la taille, de l’activité, de la réglementation, de la
qualité de ses propriétaires et de ses dirigeants…etc.
• L’entreprise a une finalité économique
L’entreprise a pour mobile ultime la satisfaction des besoins du marché au moyen de
la production de biens et services consommables dans le but de réaliser un profit
(cas d’entreprise en système capitaliste) ou dans le but d’assurer la justice sociale
(cas d’entreprise en système socialiste). En tant que telle l’entreprise est une
structure productive de valeur ajoutée en vue de créer de la richesse. Il s’agit donc
d’une organisation économique.
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B. Quelques approches théoriques de l’entreprise
• Conception matérialiste
Cette conception considère l’entreprise comme un ensemble de moyens de
production. La propriété de ses moyens rend légitime l’exercice du pouvoir. Les
salariés sont considérés comme de simples fournisseurs de travail, non
véritablement intégré à l’entreprise. D’un point de vue capitaliste, la figure de
l’entreprise est représentée par l’entrepreneur pour qui les objectifs de l’entreprise
sont les siens. D’un point de vue marxiste, la figure de l’entreprise est représentée
par l’Etat pour qui l’objectif de l’entreprise est la justice sociale.
• Conception personnaliste
La conception personnaliste repose sur l’idée principale suivant laquelle, l’entreprise
est un être collectif doté d’une personnalité propre ; les hommes ne sont pas à son
service mais plutôt le contraire. Cette conception repose sur la théorie des relations
humaines et celle de l’auto-gestionnaire.
• Conception systémique
Elle se propose de considérer l’entreprise dans sa globalité et dans ses relations
avec l’environnement, en vue de comprendre son fonctionnement et son évolution.
La conception systémique repose sur la prise en considération des
interdépendances qui existent entre les différents éléments composants l’entreprise
(sous-systèmes : humain, financier, technique, technologique, informationnel…) et
des échanges de l’entreprise avec son environnement et leurs influences
réciproques. L’optique systémique apporte une contribution positive à la
compréhension des phénomènes et à la prise de décision. Dans cette conception,
l’entreprise apparaît comme :
- un système ouvert sur l’environnement ;
- un système téléologique, car elle poursuit une finalité (objectifs, but) ;
- un système adaptatif, puisque pour assurer sa survie elle doit évoluer en
même temps que son environnement.
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2. Les Perceptions de l’entreprise : les modes d’analyse
En dehors de toute préoccupation théorique, l’entreprise peut être analysée par la
façon dont elle est perçue dans la réalité.
A. L’entreprise en tant qu’unité de production
Bien que la production puisse revêtir des formes très variées, elle consiste dans tous
les cas à combiner des facteurs de production en vue d’obtenir des biens et/ou
services. La typologie de production est résumée en trois types de technologies :
• La production à l’unité et en petites séries : comprend toutes les
technologies qui produisent une pièce ou quelques-unes à la fois. La mise au
point de prototypes d’ingénierie est habituellement le résultat de technique de
production à l’unité (confection de vêtement sur mesure, art, création de
verreries, projet de construction commerciale, etc…). Quant à la technologie
de production en petites séries on peut citer la production du vin, la
boulangerie artisanale…etc.
• La production en grandes séries et de masse : comprend toutes les
technologies qui produisent de grandes quantités de produits identiques en
s’appuyant sur des procédures fortement routinisées et habituellement
mécanisées. Ces technologies obligent à scinder le processus global de
production en de nombreuses étapes concrètes réalisables soit par la
machine, soit par les travailleurs eux-mêmes. C’est le cas de la chaîne de
montage de voitures, la production de l’acier…etc.
• La production en continue : Elle est caractérisée par une série de
transformations non distinctes se passant en une séquence. C’est le cas du
raffinage de pétrole et celui du traitement de déchets où les matières
premières (pétrole brut et eaux usées) interviennent à une extrémité du
processus et au fur et à mesure qu’elles circulent de manière continue à
travers le système, des substances indésirables sont ôtées et écartées jusqu’à
ce que le degré de raffinement désiré soit atteint (pétrole raffiné et eaux
traitées). Dans un processus continu, les hommes entretiennent les
équipements qui réalisent automatiquement la transformation, alors que dans
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la production de masse, il s’agit d’un ensemble de tâches simples réalisées de
façon séquentielle parmi lesquelles, les hommes réalisent directement
certaines tâches à la main.
B. L’entreprise en tant qu’unité de répartition
Par la production qu’elle réalise, l’entreprise crée de la richesse appelée « Valeur
ajoutée » après avoir procédé à des consommations intermédiaires.
Valeur Ajoutée = Valeur de la production totale – Valeur des
consommations intermédiaires
Ce supplément de richesse est distribué ou réparti :
- aux travailleurs, sous forme de salaires (rémunération du facteur
travail) ;
- aux prêteurs, sous forme d’intérêts (rémunération des capitaux
empruntés) ;
- aux propriétaires, sous forme de dividendes distribués (rémunération
des capitaux propres engagés et du risque encouru) ;
- à l’Etat, sous forme d’impôt ;
- l’entreprise elle-même, sous forme de dividende non distribués.
C. L’entreprise en tant que cellule sociale
La nécessité de produire et d’atteindre son but fait que l’entreprise rassemble un
certain nombre de travailleurs. Ceux-ci sont regroupés par services, par fonctions,
par processus, par niveaux hiérarchiques et animés par des relations formelles et
informelles. En conséquence, l’entreprise constitue par nature un ensemble
hétérogène d’individus et de groupes, dont les aspirations sont divergentes, mais qui
participent à la réalisation d’une commune finalité. Cette perception de l’entreprise
met en évidence la perspective sociologique et psychologique de l’organisation.
D. L’entreprise en tant que centre de décision
L’activité de l’entreprise requiert de multiples décisions, lesquelles sont d’importance
inégale. Le système décisionnel se caractérise par :
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- la structure hiérarchique qui décrit la manière dont le pouvoir est
réparti entre les différents acteurs de l’entreprise
(centralisation/décentralisation) ;
- l’étendue et la pertinence des informations dans la phase pré-
décisionnelle ;
- le mode de participation des salariés au processus.
E. L’entreprise en tant que système
L’entreprise constitue un système car elle rassemble des éléments en interaction
permanente. Toute action exercée au niveau de l’un des éléments entraîne des
conséquences implicites sur les autres. En tant que telle l’entreprise est un système
ouvert (circulation permanente de flux entre l’entreprise et son environnement) ;
adaptatif (en évolution avec son environnement). L’entreprise fonctionne selon le
principe de rétroaction (régulation du système pour garantir sa survie).
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CHAPITRE II : LA TYPOLOGIE DES ENTREPRISES
Jusque-là, il a été question d’étudier l’entreprise d’un point de vue général. Il y a lieu
de les regrouper par catégories homogènes, pour analyser chacune d’elle et en
donner l’intérêt particulier.
1. CLASSIFICATION SELON LE CRITERE ECONOMIQUE
Le critère économique permet de distinguer principalement quatre (4) catégories
d’entreprises :
- les entreprises agricoles
- les entreprises industrielles
- les entreprises de prestation de service
- les entreprises de distribution.
1.1. Les entreprises agricoles
Ce sont de grandes exploitations bien organisées ayant parfois une administration.
Elles emploient plusieurs individus pour l’exploitation d’un terrain. Ces exploitations
concernent l’agriculture, l’élevage, la foresterie, la pêche ou encore une combinaison
de ces activités. Les entreprises agricoles se distinguent par les incertitudes de leurs
activités en raison des aléas climatiques. Elles sont influencées par les cours
mondiaux des produits agricoles et par les comportements des consommateurs.
1.2. Les entreprises industrielles
Une entreprise industrielle est une unité de production, c’est-à-dire une unité de
transformation de matière première en produits finis. La production se fait en masse
et en série dans des unités industrielles. Les entreprises industrielles disposent
d’importants moyens matériels et humains qui leur permettent d’obtenir une
productivité importante. Les entreprises industrielles sont également dotées de
structures de recherche performantes qui accélèrent leurs progrès technologiques,
qui favorisent la création de nouveaux produits, qui permettent de lutter contre la
concurrence (ce sont des entreprises qui sont bien organisées, qui ont une capacité
d’adaptation élevée par rapport à l’environnement). En fonction des matières
premières utilisées, on peut distinguer plusieurs catégories d’entreprises
industrielles :
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− Les industries alimentaires
− Les industries d’énergie : elles produisent l’électricité ou fournissent le
carburant ou le gaz
− Les industries du textile et dérivés : qui utilisent des produits semi finis, des
produits agricoles ou de synthèse
− Les industries du verre, de la chimie et du caoutchouc
− Les industries d’extraction de minerais et de métallurgie
− Les industries du bâtiment et des travaux publics
− Les industries mécaniques et électriques
1.3. Les entreprises de distribution
Ce sont des entreprises qui jouent un rôle intermédiaire entre les producteurs et les
consommateurs. Elles achètent auprès des producteurs une certaine quantité de
biens qu’elles stockent, conditionnent avant de les présenter aux consommateurs qui
sont des utilisateurs finaux des biens et services. Les intervenants dans la fonction
de distribution sont de trois catégories : les grossistes, les détaillants, les
intermédiaires spécialisés.
- Les grossistes : ils achètent en grande quantité chez le producteur les biens
qu’ils revendent à d’autres distributeurs appelés détaillants. Ils bénéficient
généralement de certaines réductions à cause de l’importance de leurs
achats.
- Les détaillants : ils vendent de petites quantités aux utilisateurs finaux. Ils sont
en contact avec le marché. Ils ont un organisme commercial beaucoup plus
élevé.
- Les intermédiaires spécialisés : on en distingue trois (3) catégories :
Les courtiers : ce sont des intermédiaires entre distributeurs et
consommateurs. Ils perçoivent des commissions.
Les commissionnaires : ce sont des agents qui achètent et qui vendent
au comptant.
Les expéditionnaires : ils interviennent généralement dans le domaine
maritime pour expédier des marchandises pour autrui.
Parmi les entreprises de distribution, on peut citer également les supermarchés et
alimentations qui vendent à prix bas et à marge bénéficiaire réduite les produits de
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nature diverse. Leur seul avantage réside au niveau de la vitesse d’écoulement des
marchandises.
- Les entreprises de vente par correspondance : elles utilisent les catalogues
comme support de vente pour écouler leurs produits aussi bien sur le plan
national qu’international.
1.4. Les entreprises prestataires de service
Ce sont des structures bien organisées qui fournissent des services individuels ou
collectifs aux consommateurs. Elles concernent des agents économiques qui sont
dans le domaine du transport, des assurances, des banques, du tourisme etc. Les
services fournis dans ces domaines sont appelés services collectifs. Les services
individuels se rencontrent dans le domaine de l’hygiène (salon de coiffure,
blanchisserie), du loisir (cinéma, agence de voyage, les dancings). Dans le domaine
de l’alimentation (restaurants, salons de thé, cafés). Dans le domaine de la
photographie, etc.
2. LA CLASSIFICATION SELON LE CRITERE JURIDIQUE
Suivant ce critère on distingue deux formes juridiques : les entreprises du secteur
privé et les entreprises du secteur public.
2.1. Les entreprises du secteur public
On distingue les entreprises étatiques et les entreprises dites sociétés mixtes.
a) Les entreprises étatiques
Elles regroupent l’office, l’entreprise nationalisée, la régie.
➢ L’office est une entreprise qui possède une autonomie de gestion très
importante. Il fonctionne comme une entreprise privée. Il est dirigé par un
conseil d’administration dont les membres sont pour la plupart les
représentants de l’Etat. L’office est aussi appelé société publique à caractère
industriel et commercial ou société d’Etat.
➢ La régie est une entreprise qui fonctionne sous la direction de l’Etat. Elle ne
possède pas d’autonomie de gestion. Ses recettes et ses dépenses sont
incluses dans le budget de l’Etat. Cependant, au fil du temps, l’Etat peut lui
accorder une autonomie de gestion.
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➢ Les entreprises nationalisées sont des entreprises privées ou semi privées
dont le capital a été entièrement transféré à l’Etat. Leur autonomie de gestion
est beaucoup plus importante que celle de l’office. Elles doivent suivre la
politique de production et de fixation de prix définie par l’Etat. Elles
fonctionnent selon les règles du droit privé.
b) Les sociétés mixtes
On cite dans cette catégorie d’entreprises les sociétés parapubliques et les
concessions.
➢ Les concessions : ce sont des entreprises publiques dont la gestion a été
confiée à une entreprise privée sous certaines conditions définies dans un
cahier appelé cahier de charges. C’est l’Etat qui fixe les services publics que
la concession doit fournir. Les services sont définis dans le cahier de charges
que l’Etat met à la disposition de l’entreprise privée. En cas de difficultés, l’Etat
accorde des subventions à la concession.
➢ Les sociétés parapubliques : c’est une société anonyme dont une partie du
capital est détenu par l’Etat sous forme d’actions. L’autre partie par des
particuliers (personnes physiques ou morales).
2.3. Les entreprises du secteur privé
On distingue trois (3) catégories d’entreprise dans le secteur privé : les entreprises
individuelles, les sociétés de personnes, les sociétés de capitaux.
a) Les entreprises individuelles
Elles sont en général la propriété totale d’un seul individu qui assure lui même la
gestion. Ce sont des entreprises familiales. Les entreprises individuelles sont
aussi appelées entreprises à nom personnel. A ces genres d’entreprises, le
patrimoine est confondu aux biens propres du propriétaire.
b) Les sociétés de personnes
Elles regroupent un petit groupe d’individus ou de personnes morales qui s’unit
pour créer ou exploiter une industrie. On distingue deux (2) sous groupes de
sociétés de personnes qui sont : les sociétés à nom collectif (SNC) et les sociétés
à commandite simple.
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• On appelle SNC, une structure ou une institution créée par 2 ou 3 individus
pour produire des biens et services et qui donnent leurs noms à la structure.
Ils partagent ensemble les responsabilités c’est-à-dire les dettes, les richesses
et autres décisions plus ou moins risquées.
• Les sociétés à commandite simple
Elles regroupent deux (2) catégories d’individus : les commanditaires et les
commandités.
Les commanditaires apportent les capitaux mais ne participent pas à la
gestion de l’entreprise. Ils ne partagent pas les responsabilités de l’entreprise.
Les commandités apportent non seulement les capitaux, mais aussi leurs
compétences techniques dans la gestion de l’entreprise. Ils sont entièrement
responsables de toutes les décisions qui seront prises dans le cadre de la
gestion de l’entreprise.
c) Les sociétés de capitaux
Les sociétés de capitaux sont généralement de grandes institutions à
structures industrielles dont le capital est divisé en actions et détenu par
plusieurs individus ou par des personnes morales. Chaque détenteur d’action
a le droit de participer au partage des bénéfices et cela se fait au prorata du
nombre d’actions détenues. On dit également que l’actionnaire est co-
propriétaire dans les sociétés de capitaux. Il doit être régulièrement informé du
fonctionnement de l’entreprise. Il existe trois (3) principaux types de sociétés
de capitaux : les Sociétés Anonymes (SA), les Sociétés A Responsabilité
Limitée (SARL), les Sociétés à Commandite par Action (SCA).
Les SA
Ce sont des sociétés de capitaux dont les noms des actionnaires ne sont pas
connus à l’exception des principaux actionnaires. Le nombre de personnes
pouvant participer au capital est généralement fixé par la loi. Chaque
actionnaire possède un droit de vote en Assemblée Générale et c’est celle-ci
qui élit le conseil d’administration, le Président Directeur Général et les
commissaires aux comptes. Les SA sont représentées par des grandes
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entreprises industrielles ou commerciales dont les actionnaires sont
responsables des dettes de la société dans les limites de leurs apports.
* Les SARL
Ce sont des sociétés de capitaux dont le nombre d’associés est soit compris
entre deux (2) et soixante (60). Cependant, de nos jours on assiste à la
création de SARL composées d’un seul associé. On parle ainsi de SARL
unipersonnelles. Les actionnaires s’engagent dans la société en leurs noms
reçoivent pour cet engagement des titres de propriétés de parts sociales
conformément à leurs apports. Les actionnaires sont solidaires des dettes de
la société en fonction des parts qu’ils détiennent.
* La société à commandite par actions
Elle regroupe un nombre important de commanditaires et de commandités.
Elle privilégie le management participatif pour assurer la prospérité. Les
commanditaires ne participent pas à la gestion de la société et ils n’ont pas
également le pouvoir de contrôle. Ce sont les commandités qui détiennent à la
fois le pouvoir de gestion et de contrôle de la société.
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CHAPITRE III : L’ENTREPRISE ET SON ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE
L’entreprise est une entité vivante, acteur essentiel du système économique, qui
entretient des relations avec le monde extérieur.
ETAT
+
Organismes sociaux
CLIENTS CONCURRENTS
ENTREPRISE
FOURNISSEURS PARTENAIRES
Cabinets comptables
Conseillers
ORGANISMES FINANCIERS & BANQUES
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I- Les Fonctions de l’entreprise
Pour atteindre ses objectifs, l’entreprise doit assurer un certain nombre de fonctions
parmi lesquelles on distingue la production, la fonction financière, la fonction
Ressources humaines.
A. La fonction production
La production de l’entreprise est soumise à de nombreuses contraintes telles que les
contraintes techniques, normatives ou règlementaires, commerciales et financières.
Le processus de production suit de façon générale les étapes suivantes : phase
d’élaboration – de conception – organisation (méthodes, ordonnancement,
lancement) – fabrication – contrôle.
Les objectifs de la gestion de la production restent la diminution des coûts, le
raccourcissement des délais, la fiabilité et la qualité des produits. Pour réussir cette
fonction, l’entreprise doit pouvoir faire un choix en ce qui concerne la politique de
production, bien gérer la logistique et les approvisionnements.
B. La fonction financière
Par cette fonction l’entreprise s’assure de disposer de façon optimale des ressources
financières qui lui sont nécessaires. Pour ce faire, elle peut s’offrir des moyens de
financement de CT pour son exploitation (crédit fournisseur, crédit documentaire,
crédit de mobilisation, crédit de trésorerie, l’affacturage), mais aussi des moyens de
financement de LT pour des investissements (autofinancement, fonds communs de
placement, emprunts obligataires, leasing, augmentation de capital). C’est la fonction
financière qui s’occupe de l’introduction de l’entreprise en bourse sur les marchés
financiers. Les objectifs de la fonction financière sont la rentabilité et la solvabilité de
l’entreprise.
C. La fonction mercatique
Elle s’occupe de la cohérence du plan d’action sur les marchés. Ce plan s’articule
autour de 4 variables mercatiques : prix – produits – place – publicité. En effet, les
résultats financiers des entreprises dépendent souvent de leurs capacités en
marketing. Toutes les autres fonctions ont peu d’utilité si la demande pour les
produits et services de l’entreprise est insuffisante. Ainsi, les préoccupations de la
fonction mercatique s’énoncent comme suit : comment détecter et choisir les bons
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segments de marché ? Comment distinguer l’offre de l’entreprise de celle de la
concurrence ? Comment réduire le coût des conquêtes de la clientèle et accroître la
fidélité des clients ? Comment inciter les services de l’entreprise à mieux s’occuper
des clients ?...etc.
D. La fonction ressources humaines
La gestion du personnel a pour objet de placer l’homme qu’il faut, là où il faut,
au moment où il faut. La fonction ‘‘personnel’’ a connu une évolution très marquée au
cours du 20ème siècle. Longtemps considérée comme une fonction ayant un rôle
uniquement technique (recrutement, paie, déclarations légales,…), son rôle s’est
transformé au cours des dernières années, au fur et à mesure que le facteur humain
voyait son importance reconnue comme l’une des clés du succès d’une entreprise.
L’environnement de l’entreprise
II- Définition et caractéristiques de l’environnement de l’entreprise
L’environnement est défini comme l’ensemble des éléments externes à l’entreprise
susceptibles d’une part, d’affecter directement ou indirectement l’activité de
l’entreprise, ou d’autre part, d’être affectés par l’activité de l’entreprise.
L’environnement de l’entreprise présente des caractéristiques :
A1- L’environnement comporte deux niveaux
- L’environnement de proximité composé de l’ensemble des organisations
avec lesquelles l’entreprise entretient des relations suivies ; il s’agit d’un
environnement concret et relativement facile à appréhender. On peut citer à cet effet,
les clients, les fournisseurs, le marché du travail, les établissements financiers, le
fisc.
- L’environnement général qui est plus lointain, plus abstrait, plus difficile à
cerner et à prévoir ; il comprend les phénomènes globaux : situation socio-
culturelle, état de la concurrence, la politique économique et sociale, la
croissance économique, la recherche scientifique et technologique, les
relations internationales,…etc.
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A2- L’environnement présente un certain nombre de contraintes, de
risque et d’opportunité
- Les contraintes sont imposées de l’extérieur (concurrence, pressions, lois et
règlementations auxquels est soumise l’entreprise) et négociées par l’entreprise
(contact avec les clients, les fournisseurs, les salariés et les groupes de pression
sociale,…etc.).
- Les risques proviennent de l’évolution défavorable d’un élément de
l’environnement.
- Les opportunités proviennent de l’évolution favorable d’un élément de
l’environnement.
A3- L’environnement en général est difficilement prévisible
Les phénomènes globaux sont liés à une multitude de causes complexes ou
d’évènements impondérables. Dans ces conditions l’entreprise ne peut faire des
prévisions à cet effet. Quand bien même elle s’y hasarde, les résultats sont en
général et en moyenne décevants. C’est ainsi que les chocs pétroliers, les crises
énergétiques, alimentaires et financières connues en 2008 n’ont pas été prévues.
A4- Certaines composantes de l’environnement évoluent très rapidement
C’est le cas des progrès scientifiques et technologiques qui donnent lieu à de
nombreuses innovations aussi bien au niveau des process qu’au niveau des
produits. Il en est de même des règlementations fiscales et sociales, des marchés
financiers,…et. De ce fait des entreprises ont intégré en leur sein la fonction de veille
stratégique.
B. Composantes de l’environnement
L’environnement est un domaine tout autant complexe qu’on se saurait prétendre à
l’exhaustivité de ses composantes. Il n’est donc possible que de mettre en évidence
quelques-unes les plus remarquables.
- La composante géographique : localisation des sources d’approvisionnement,
moyens de communications, zone franche, conditions climatiques autant de facteurs
déterminants à l’implantation des entreprises ;
- La composante démographique – socio culturelle – technologique – politique et
sociale – économique et juridique ;
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- La composante « marchés » : L’entreprise se retrouve à la croisée de plusieurs
marchés
✓ Le marché de ses approvisionnements (fournisseurs)
✓ Le marché de ses produits (clients)
✓ Le marché des capitaux (banques, actionnariat, autres institutions financières)
✓ Le marché de l’emploi (salarié, occasionnel,…)
Notons que ces éléments peuvent comporter aussi bien des éléments de proximité
que des éléments plus généraux.
C. Stratégies d’adaptation à l’environnement
Il existe diverses stratégies qui permettent à l’entreprise de s’adapter à l’évolution de
son environnement notamment concurrentiel. Les plus importantes stratégies sont :
C1- La stratégie de veille
La stratégie de veille consiste à organiser délibérément l’observation permanente
des composantes « critiques » de l’environnement de façon à ce que l’entreprise soit
informée sans retard de tout évènement susceptible d’affecter son activité.
C2- La stratégie d’innovation
Celle-ci est en lien avec la stratégie de veille. Dès qu’une opportunité ou menace est
décelée dans l’environnement, l’entreprise doit réagir. Cette réaction se traduit
souvent par des innovations. Dans ce cas la célérité et l’intensité de la réaction sont
déterminantes. Cas Yamaha/Honda
C3- La stratégie de concentration
Cette stratégie assure la croissance de taille (taille critique : à partir de laquelle
l’entreprise commence par être compétitive) et de puissance de l’entreprise. Il s’en
suit le renforcement de sa position dans tous les domaines et, notamment, face au
marché de la concurrence.
C4- La stratégie de diversification et de recentrage
La diversification est la stratégie suivant laquelle l’entreprise évite d’être dépendante
d’un seul élément de l’environnement. Elle doit porter non seulement sur les biens
produits mais aussi sur les sources d’approvisionnement. Toutefois cette
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diversification ne doit pas être excessive car l’entreprise ne peut être efficace dans
une multitude de domaines.
Le recentrage consiste à concentrer l’activité dans quelques domaines où l’entreprise
est compétitive et abandonner les autres (spécialisation). Le recentrage corrige une
trop grande diversification.
C5- La stratégie de partenariat
Cette stratégie consiste à s’allier à d’autres entreprises pour réaliser en commun
certaines activités. L’objectif poursuivi est la division des risques, la réduction des
coûts et l’amélioration des performances. Le partenariat peut prendre diverses
formes :
- Mise en commun de certaines activités : cas de Peugeot et Renault qui ont mis en
commun leurs activités de recherche ;
- Création de filiales communes, ce qui permet aux entreprises de coopérer dans des
domaines divers (fabrication, commercialisation, implantation à l’étranger,…etc) ;
- Collaborations diverses.
C6- La stratégie de sponsoring et de mécénat
Le sponsoring ou parrainage est la participation au financement d’évènements
sportifs d’une certaine renommée.
Le mécénat est la participation au financement d’évènements culturels de portée
plus ou moins modeste. C’est le cas pour une entreprise qui finance un musée ou un
conservatoire.
Ces actions ont pour but d’intégrer l’entreprise dans la société en mettant en
évidence l’intérêt qu’elle porte aux activités autres qu’économiques. Ainsi, tout en se
faisant mieux connaître, l’entreprise suscite l’estime de la société et améliore son
image de marque. C’est une dimension que revêt le concept actuel de la
responsabilité sociale de l’entreprise (RSE).
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CHAPITRE IV : L’ENTREPRISE ET LES MARCHES DE CAPITAUX
INTRODUCTION
L’entreprise est un agent économique au cœur de son système économique et
financier. Son intégration dans le système financier s’appréhende à travers son
comportement et les modes de financement qu’elle emprunte et la nature des
marchés de capitaux sur lesquelles elle intervient.
1. L’entreprise dans le système financier
A. Le système financier
Le système financier désigne l’ensemble des institutions et mécanismes qui
permettent à certains agents économiques dont l’entreprise, de se procurer des
moyens de financement, et à d’autres agents de placer leur épargne. La définition
d’un système financier fait donc intervenir 3 éléments :
• Le comportement financier des agents économiques
Pendant que d’autres agents économiques dits déficitaires (entreprises ou Etat) ont
besoin de capitaux, d’autres par contre dits agents excédentaires (les ménages par
exemple) ont besoin de placer leur épargne. Ainsi, lorsqu’une entreprise dégage un
excédent de trésorerie ou un résultat bénéficiaire, elle peut transférer une partie de
son excédent en épargne pour permettre à une autre entreprise (ou agent
économique) déficitaire d’en bénéficier moyennant rémunération pour son
financement.
• Les circuits de mise en relation des agents excédentaires et déficitaires
Deux grands types de circuits existent : un 1er représenté par le marché financier, et
un second indirect sur lesquels interviennent les institutions bancaires et
établissements de crédit. Ces derniers recueillent des dépôts, et réalisent des
opérations de crédit. Par contre sur le marché financier, les agents qui éprouvent des
besoins de financement émettent des titres financiers qui sont achetés par les
investisseurs. Ces titres sont négociables sur les marchés secondaires.
•La régulation du système.
Un système financier est caractérisé par le mode d’ajustement entre les offres et les
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besoins de capitaux. Il peut s’agir d’un ajustement par encadrement du crédit ou par
le jeu des mécanismes du marché.
B. Les modes de financement : finance directe – finance indirecte
B1- Le financement direct
Dans la finance directe 2 acteurs (entreprises) sont présents : l’emprunteur et le
prêteur. Le 1er émet un titre qui matérialise sa dette et est acheté directement par le
second chez qui le titre devient un titre de créance. Cette opération a lieu sans
l’intervention d’aucun intermédiaire financier, même si la transmission des titres est
souvent facilitée par une institution financière (rôle de courtier rémunéré). On parle
de "désintermédiation".
B2- Le financement indirect
Les agents économiques ayant de l’aversion au risque préfèrent effectuer leur
placement dans les meilleures conditions de rémunération, de sécurité et de liquidité.
Dans ces conditions, l’opération de financement nécessite l’intervention d’un
intermédiaire financier qui satisfait à la fois les désirs de financement des
emprunteurs et des prêteurs : On parle de financement indirect. On retient alors que
le financement indirect est le circuit de financement dans lequel les institutions
financières jouent le rôle d’intermédiaire entre les prêteurs non financiers (en dépôt)
et les emprunteurs non financiers (en crédit).
Si ce type de financement assure une relative sécurité pour l’épargnant, il représente
un coût élevé pour l’emprunteur.
2. Le recours de l’entreprise au marché des capitaux
En fonction de la maturité des titres négociés, l’entreprise peut faire recours soit au
marché monétaire soit au marché financier.
A. L’entreprise sur le marché monétaire
Le marché monétaire est le marché des capitaux où s’échangent des titres à court
terme. Ce marché se décloisonne en marché interbancaire réservé uniquement aux
banques et en marché des titres de créances négociables (TCN) sur lequel tous les
agents économiques sont habilités à traiter. C’est donc sur ce dernier que l’entreprise
a accès pour ses opérations de financement à court terme.
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B. L’entreprise sur le marché financier
Le marché financier est le marché qui permet de placer, de coter et d’échanger des
titres financiers à long terme. C’est donc le marché des valeurs mobilières : actions,
obligations et les titres intermédiaires. On distingue sur ce marché, le marché
primaire (marché d’émission ou marché du neuf) du marché secondaire (marché des
échanges ou marché de « l’occasion »).
• L’entreprise sur le marché primaire
Sur ce marché les entreprises peuvent faire appel à l’épargne pour obtenir des
capitaux à long terme en émettant des titres, lorsqu’elles éprouvent des besoins de
financement. Les titres émis sont des valeurs mobilières auxquelles d’autres
entreprises comme agents économiques à capacité de financement se portent
acquéreurs (souscripteurs). Le fonctionnement de ce marché est donc assuré par les
demandeurs et les offreurs de capitaux à long terme, mis en relation par les
intermédiaires du marché. Comme valeurs mobilières, les entreprises peuvent
acquérir ou émettre soit des actions soit des obligations, soit encore des titres
hybrides.
• Le marché secondaire : la bourse
. Le marché secondaire est le lieu de rencontre de l’offre et de la demande des
valeurs mobilières, qui ont déjà été émises sur le marché primaire. La bourse
n’apporte pas de ressources additionnelles aux émetteurs, mais elle permet
d’assurer la liquidité des titres déjà émis et détenus (c'est-à-dire la revente des titres
souscrits par l’investisseur). On ne souscrit jamais à une augmentation de capital
d’une entreprise ou à un emprunt obligataire à la bourse car celle-ci n’est, en
quelque sorte que le marché de la revente. On la désigne comme « le marché
d’occasion des valeurs mobilières ». Ainsi, les entreprises qui sont détentrices des
titres (actions ou obligations) peuvent en fonction des anticipations ou du cours
évoluant de façon favorable ou défavorable peuvent les vendre sur la bourse.
Rappelons que l’intervention d’une entreprise sur la bourse est conditionnée par son
inscription à une cote sur le marché secondaire.
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