Chapitre 10 : Physiologie digestive
I) Organisation générale de l’appareil digestif
1. Anatomie générale
Cf Act 1
L’appareil digestif est constitué de deux parties :
* le tube digestif/ canal alimentaire : tube creux (de 9 à 10 m) allant de la bouche à l’anus,
dans lequel circulent les aliments qui y subissent des actions chimiques et mécaniques pour
en extraire les nutriments.
* les glandes digestives annexes : Glandes sécrétant des sucs digestifs dans le tube digestif
qui contribuent à la transformation des aliments en nutriments.
Le tube digestif est réparti dans 3 compartiments :
La cavité buccale, la cavité thoracique et la cavité
abdomino-pelvienne.
2. Histologie générale
Le tube digestif est comme son nom l’indique un tube
avec au centre la lumière (milieu extérieur). Il est
composé de quatre couches, visible sur l’ensemble du
système digestif :
- La muqueuse : au contact direct de la lumière.
Elle est composée de trois parties qui sont l’épithélium
de revêtement (variable selon la localisation) et du
chorion, qui est un assemblage de tissus conjonctif (ou
chorion) et de tissus musculaire lisse (la musculaire
muqueuse). Le chorion est richement vascularisé
- La sous muqueuse constituée de tissus conjonctif
riche en collagène, peut également contenir des glandes.
- La musculeuse est composée de deux couches de
tissus musculaires lisses avec au milieu le plexus nerveux
d’Auerbach qui coordonne l’activité de ces cellules.
- La tunique externe : composée soit d’une
adventice soit d’une séreuse, qui permet d’ancrer le
système digestif dans le corps. Elle est composée de
tissu conjonctif aréolaire et d’un épithélium péritonéal.
II) De la cavité buccale à l’estomac
1. Organisation anatomique
L’entrée du tube digestif se fait au niveau de la cavité buccale. C’est par là que rentrent
les aliments à digérer. L’ouverture du tube digestif est contrôlée par deux organes musculeux :
les lèvres.
A l’intérieur de la cavité buccale :
- Les mâchoires recouvertes de gencives
permettent de maintenir les dents. Elles sont au nombre
de 32 et sont réparties ainsi :
8 incisives, 4 canines, 8 prémolaire et 12 molaires.
- La langue, fixée à la mandibule est un
muscle strié. C’est un organe recouvert de papilles
gustatives, permettant à l’organisme de détecter les
saveurs.
- Le pharynx, est un tube musculaire,
présentant de nombreux orifices. Cet organe permet de
faire le lien entre différents organes (cavité buccale,
nasale, œsophage, larynx…)
3 paires de glandes salivaires sont réparties autour de la cavité buccale. Elles ont pour
rôle de produire la salive.
- Les glandes parotides, ce sont les plus grosses des glandes buccales.
- Les glandes sublinguales présentes au niveau de la langue.
- Les glandes sous-maxillaire, présentes comme leur nom l’indique sous l’os maxillaire.
L’œsophage permet de relier la cavité buccale et l’estomac. C’est un tube musculaire de
2cm de diamètre environ.
2. Histologie de l’œsophagge
Muqueuse
- Epithélium pavimenteux pluristratifié non kératinisé
- Epithélium œsophagien résistant aux abrasions mais
pas à l’acidité et aux enzymes stomacales (pb reflux
gastriques)
Sous muqueuse
- Contient les glandes à mucus
Musculeuse
- Constituée de deux couches de cellules musculaires
lisses
- Assure la progression du bol alimentaire grâce aux
mouvements péristaltiques
Adventice
- Permet de faire adhérer l’œsophage aux autres
organes
L’histologie des différents organes de la cavité buccale et des glandes n’est pas au
programme et ne sera vu que lors des années supérieures.
3. Rôle et fonctionnement
De la cavité buccale à l’entrée de l’estomac, les aliments ingérés prennent le nom de bol
alimentaire.
a. Cavité buccale
La cavité buccale a pour rôle d’introduire les aliments au début de la chaine du système
digestif. Cette cavité contrôle l’accès à ce système.
A l’intérieur de la cavité buccale, les dents ont un rôle de digestion mécanique, elles assurent
la mastication. La mastication a pour but de fractionner et broyer les aliments pour former le bol
alimentaire.
- Les incisives coupent les aliments
- Les canines les déchirent
- Les prémolaires les écrasent
- Les molaires les broient
Les glandes salivaires produisent de la salive qui a pour rôle d’humidifier et de lubrifier ce
broyat et ainsi produire le bol alimentaire (amas pâteux). Ce phénomène s’appelle l’insalivation.
La salive est principalement composée d’eau, de sels minéraux ainsi que de protéine. Son pH
est de 6.8/7.
La salive a aussi pour but de commencer la digestion chimique des aliments. La présence
d’une enzyme dans la salive (amylase salivaire) hydrolyse l’amidon en dextrine puis en maltose
(dimère de glucose).
b. Le pharynx
Une fois que le bol alimentaire sort de la cavité buccale, il arrive dans le pharynx. Le pharynx
a pour rôle de guider le bol alimentaire dans l’œsophage et lui éviter d’aller dans le larynx et la
trachée.
Lorsque le bol alimentaire entre dans le pharynx, il rentre en contact avec le voile du palais
et provoque un phénomène de déglutition. Cette déglutition fait remonter la luette et évite au
bol alimentaire de remonter dans les fosses nasales. La déglutition abaisse aussi l’épiglotte afin
d’obstruer le larynx et éviter au bol alimentaire de descendre dans les poumons. Durant la
déglutition, la respiration est momentanément interrompue.
c. L’œsophage
L’œsophage a pour but de guider le bol alimentaire jusqu’à l’estomac. Il fait avancer ce bol
grâce à des mouvements de contractions-relâchements. Ces mouvements sont appelés
mouvements péristaltiques. Le mucus produit par les glandes à mucus dans la sous-muqueuse, très
visqueux, facilite le glissement.
Le péristaltisme :
Mouvements coordonnés de contractions et de relâchements
musculaires pour permettre l’avancée des aliments dans le système digestif.
Les cellules musculaires circulaires se contractent à l’arrière du bol
pour le pousser vers l’estomac.
Les cellules musculaires longitudinales se contracte pour tirer
l’œsophage en arrière et permet au bol d’avancer (comme le pied dans une
chaussette).
III) De l’estomac à l’intestin
1. Organisation anatomique
L’estomac est en continuité de l’œsophage. C’est une poche musculaire (forme de J) fermée
par deux sphincters (muscle circulaire permettant la fermeture totale ou partielle d’un orifice ou
d’un conduit du corps. Leur contraction peut être volontaire ou automatique). Entre l’œsophage et
l’estomac, c’est le sphincter « cardia » qui a pour rôle d’empêcher le bol alimentaire de remonter.
Le sphincter pylorique, situé à la sortie de l’estomac, permet quant - à lui de contrôler la sortie
des aliments de l’estomac vers l’intestin. Enfin, l’estomac se divise en trois parties virtuelles :
- La partie cardiaque / fundus : désigne la
partie haute de l’estomac, à la sortie de
l’œsophage. Elle est emplie d’air, permettant
ainsi de contrôler la pression de l’estomac
lorsqu’il est rempli. Cela permet d’éviter les
reflux gastriques et le passage en force au
niveau du pylore.
- Le corps : désigne la partie médiane de
l’estomac
- L’antre /partie pylorique : désigne la partie
basse de l’estomac, en contact avec le
sphincter pylorique.
Le duodénum se trouve en continuité de l’estomac, il
commence à la fin de l’estomac, derrière le sphincter
pylorique, et marque le début de l’intestin grêle. Il
représente la section de l’intestin qui est courbée et qui
se trouve au-dessus du colon transversal. Le duodénum est la partie de l’intestin qui est lié au
foie et au pancréas.
Deux glandes digestives sont reliées au duodénum :
- Le foie : C’est la plus grosse glande du corps humain (peut atteindre jusqu’à 2kg). Il se
situe sous le diaphragme du côté droit de l’organisme. Découpé en 4 lobes en face
inférieur, il a pour rôle de produire (sécrétion) la bile et de la stocker dans la vésicule
biliaire via le canal hépatique commun. Cette bile sera versée (excrétion) dans le
duodénum via le canal cholédoque.
- Le pancréas : C’est une glande qui se situe sous l’estomac et est connecté au système
digestif au niveau du duodénum. Il a pour rôle de produire les sucs pancréatiques et
de les déverser dans le duodénum, via deux canaux : le canal de Wirsung (au niveau du
grand virage du duodénum, grande caroncule) et le canal de Santorini (au niveau du
début du duodénum, petite caroncule). La zone de contact entre les canaux et le
duodénum s’appelle caroncule.
2. Histologie de l’estomac
L’histologie de l’estomac est globalement la même que celle du reste du tube digestif.
Cependant quelques différences anatomiques sont visibles et nécessaire au bon fonctionnement
de cet organe.
L’épithélium est un épithélium cylindrique (ou prismatique) à cellules mucipares.
Au niveau du fundus, l’épithélium forme des cryptes (invagination de l’épithélium) et peut se
subdiviser en deux étages :
- Des cellules mucipares, qui ont un rôle de
protection contre l’action des différentes
enzymes (éviter l’autodigestion). Elles se
trouvent en haut des invaginations
- Des cellules principales, ou glandes
productrices de pepsine. Elles se trouvent au
fond des cryptes.
- Un troisième type de cellule appelée cellules
bordantes se trouvent réparties au milieu des
cellules principales. Ces cellules produisent du
HCl et le facteur intrinsèque de Castle
(protéine nécessaire à l'absorption intestinale
de la vit B12)
Au niveau du pylore, les cellules de l’épithélium vont principalement être des cellules
productrices de mucus.
La sous muqueuse est commune au reste du tube digestif.
La musculeuse est constituée de 3 couches de tissus musculaires
lisses au lieu de deux habituellement. Le but de cette troisième couche
est de renforcer les parois de l’estomac ainsi que de fortifier les
mouvements de contraction lors de la digestion (cf. 3. Rôle et
fonctionnement). Ainsi en plus de la couche de tissus musculaire lisse
longitudinale et circulaire, se trouve une couche de tissus musculaire
lisse oblique.
Enfin la quatrième tunique est une séreuse péritonéale qui permet à
l’estomac d’être ancré de manière stable à la paroi de la cavité
abdomino-pelvienne, toute en gardant une mobilité, nécessaire à sa
dilatation, ses mouvements …
3. Rôle et fonctionnement
a. L’estomac
L’estomac possède comme la bouche un double rôle
au niveau de la digestion. D’une part il assure une La pepsine
digestion mécanique et de l’autre il assure une La pepsine est le produit de l’activation d’une
digestion chimique. proenzyme (pepsinogène) par l’acide
L’estomac est un grand réservoir, qui se remplit au chlorhydrique.
moment de l’alimentation. Une fois plein (réplétion),
l’estomac stocke la nourriture plusieurs heures en L’acidité de l’HCl va modifier la forme de la
fonction de la composition du bol alimentaire (de 4h à proenzyme et ainsi la rendre fonctionnelle. Elle
6h en fonction de la composition en lipides). pourra ainsi jouer son rôle d’hydrolyse et
Commence alors l’étape de digestion gastrique. dégrader les protéines en polypeptides.
Grâce à des mouvements péristaltiques les aliments
sont malaxés avec les sucs gastriques stockés dans les Pepsinogène Pepsine
cryptes. Le bol alimentaire mélangé aux sucs est HCl
appelé chyme.
Les sucs gastriques (pH 2-3) sont produits en grandes quantités (1.5 à 3.5L/jour) par les
cellules principales et les cellules bordantes au niveau du fundus et du pylore. C’est un mélange
d’acide chlorhydrique (HCl produit par les cellules bordantes) et d’enzymes. L’enzyme principale
est la pepsine qui dégrade les protéines en polypeptides. (cf encadré)
Les cellules bordantes produisent en plus de l’HCl une glycoprotéine appelée facteur
intrinsèque qui est nécessaire à l’absorption de la vitamine B12 (vitamine nécessaire à la
fabrication des globules rouges)
Le pylore ne laisse dans un premier temps passer que les liquides (eau) et les nutriments déjà
assimilables (vitamines, minéraux). Puis le brassage et les sucs finissent de réduire les aliments
en particules fines (<1mm) pour qu’il puisse passer dans le pylore.
b. Digestion chimique du pancréas et du foie
Au niveau du duodénum, le chyme ne ressemble plus qu’à une bouillie épaisse constituée
d’aliments inférieur à 1mm. La digestion n’est pas encore finie et les aliments ne peuvent être
absorbés ainsi.
Le foie et le pancréas vont assurer la digestion chimique à ce niveau du tube digestif.
Le foie va produire la bile, qui va être envoyé dans le duodénum après avoir été stockée dans
la vésicule biliaire. La bile est un liquide jaune (pH 7-7.5), sans enzyme, mais contenant du
cholestérol et des sels biliaires. Ces sels vont avoir pour rôle de fractionner les gouttes de
lipides en gouttelettes microscopique (<µm), pour permettre l’action des lipases. Les sels biliaires
vont maintenir ces gouttelettes dispersées (émulsion stabilisée).
Le pancréas va produire le suc pancréatique. C’est un ensemble d’enzyme (lipases- peptidases-
glucidases / pH 7.5-8.5) capable d’hydrolyser l’ensemble des biomolécules. Ces enzymes ne sont
pas produites par l’ensemble du pancréas mais par seulement quelques groupes de cellules (les
acini du pancréas exocrine).
Les lipases vont dégrader les lipides, et le produit de cette dégradation va s’agglutiner autour
des sels biliaires pour former les micelles. Ainsi formés, ces micelles sont absorbables sans
digestion supplémentaire.
Rôle des Peptidases : 𝑝𝑟𝑜𝑡é𝑖𝑛𝑒𝑠 → 𝑝𝑜𝑙𝑦𝑝𝑒𝑝𝑡𝑖𝑑𝑒𝑠, 𝑎𝑐𝑖𝑑𝑒𝑠 𝑎𝑚𝑖𝑛é𝑠
Rôle des lipidases :𝑙𝑖𝑝𝑖𝑑𝑒𝑠 → 𝑚𝑜𝑛𝑜𝑔𝑙𝑦𝑐é𝑟𝑖𝑑𝑒𝑠, 𝑑𝑖𝑔𝑙𝑦𝑐é𝑟𝑖𝑑𝑒𝑠, 𝑎𝑐𝑖𝑑𝑒𝑠 𝑔𝑟𝑎𝑠, 𝑔𝑙𝑦𝑐é𝑟𝑜𝑙
Rôle des glucidases : 𝑎𝑚𝑖𝑑𝑜𝑛 → 𝑚𝑎𝑙𝑡𝑜𝑠𝑒
IV) De l’intestin au colon
1. Organisation anatomique
A la sortie de l’estomac débute l’intestin. Celui-ci est organisé en deux parties :
- L’intestin grêle, long organe de 6-8 mètres de long, lui-même découpé en plusieurs
parties
- Le gros intestin ou colon, long de 1.5 mètre de long qui fait le lien avec la sortie du
tube digestif.
L’intestin grêle se découpe en trois parties. La première, le duodénum commence à la sortie de
l’estomac, juste derrière le pylore. (Voir III).
Le jéjunum (2.5 m) est la deuxième partie de l’intestin grêle. A ce niveau, le tube digestif est
replié en anses horizontales.
Enfin, la dernière partie est l’iléon, ou le tube digestif est replié en anses verticales. Long
d’environ 3.5 mètre, il termine l’intestin grêle et est lié au colon.
Rien ne distingue ces trois parties d’un point de vue anatomique. Seul les replis et leurs
positions dans l’organisme permet de faire une distinction entre ces différents éléments de
l’intestin grêle.
Les replis du tube digestif au niveau du jéjunum et de l’iléon, sont assurés par le mésentère.
Le mésentère est un repli du péritoine en forme d’éventail permettant d’accrocher l’une des
faces de l’intestin grêle à la paroi postérieure de l’abdomen et ainsi permettre de maintenir le
tube digestif en place tout en lui offrant une grande mobilité. Le mésentère est également
vascularisé, permettant ainsi de nourrir le tube digestif.
2. Histologie de l’intestin grêle
L’intestin grêle, lieu de l’absorption des nutriments possède une structure particulière lui
permettant d’offrir une surface d’échange avec le milieu extérieur la plus large possible.
Cette augmentation de la surface d’échange se fait par trois structures particulières. En
effet la muqueuse du jéjunum et de l’iléon forme :
- Des replis circulaires ou valvules conniventes (replis permanent de la muqueuse de 6-7
mm de haut). Ces valvules conniventes se font de plus en plus rares au fur et à mesure
que l’on avance dans l’iléon.
- Des villosités, qui recouvrent les valvules. Ces villosités sont des petites évaginations
de la muqueuse (0.5/1.5mm) qui recouvrent l’ensemble de l’intestin grêle. L’intérieur
de ces villosités sont richement vascularisés et possède un vaisseau lymphatique
(nommé chylifère). Des cryptes tubulaires épithéliales à l’intérieur du chorion
permettent de séparer ces villosités.
- Des microvillosités présentes à la surface de certaines cellules de l’épithélium. Ce
sont les entérocytes. Ces microvillosités sont des replis de la membrane des cellules
en position apicale, et permettent, elles aussi, d’augmenter considérablement la
surface d’échange (x40).
Comme dit précédemment la muqueuse est repliée sur elle-même pour augmenter sa surface
en contact avec la lumière (environ 200 m² de surface d’intestin grêle). Les cellules épithéliales
sont renouvelées tous les 2-3 jours maximums, remplacées par de nouveaux entérocytes créés au
niveau de l’épithélium des cryptes et migrant vers les villosités. Ce renouvellement permanent
permet de réduire les risques d’apparition de maladie et de cancer.
La muqueuse est constituée d’un épithélium unistratifié formé de cellules prismatiques. Outre
les entérocytes, présentant les microvillosités, d’autres cellules sont présentes dans cet
épithélium :
- Les cellules caliciformes à mucus : Leur rôle est de produire du mucus afin de
lubrifier et protéger l’épithélium.
- Les glandes de Lieberkühn ou cryptes sécrètent le suc intestinal afin de finaliser la
digestion des aliments (sécrétions de lysozymes (enzymes antibactériennes) et des
peptidases) réalisées par les cellules de Paneth. Ces glandes se trouvent à l’intérieur
de dépressions dans les villosités.
La sous-muqueuse du duodénum est riche en glandes de Brunner et ont pour rôle de
neutraliser l’acidité de l’estomac. Dans la sous-muqueuse se trouve également de nombreux
nodules lymphoïdes (riches en globules blancs) qui ont pour but de protéger la paroi des
intrusions pathogènes. Le nombre de ces nodules augmente au fur et à mesure que l’on avance
dans l’intestin.
La musculeuse est constituée de deux couches de tissus musculaires lisses, comme le reste du
tube digestif.
La séreuse qui maintient l’intestin est le mésentère. Elle est accrochée au péritoine au niveau
de la cavité abdominale en position dorsale.
3. Rôle et fonctionnement
L’intestin grêle se découpe en trois parties, le duodénum, le jéjunum et l’iléon.
a. Duodénum
Le duodénum, première partie de l’intestin, a pour rôle de recueillir le chyme et d’y inclure les
différents produits nécessaires à la digestion et l’absorption des nutriments.
Tout d’abord, le duodénum reçoit la bile produite par le foie et les sucs pancréatiques
produits par le pancréas. (cf III)
b. Jéjunum
Les entérocytes sécrètent des peptidases (digestion des peptides) des diholosidases
(digestion des dimères de glucides), ainsi que des nucléosidases (digestion des nucléotides). Ces
enzymes sont relâchées par les microvillosités dans la lumière et permettent de finaliser la
digestion chimique des aliments.
Le chyme se retrouvent brassés avec ces enzymes et le produit de cette digestion est
appelés le chyle. Le chyle ainsi produit est constitués de molécules simples.
Un brassage permanent des aliments est assuré afin de mélanger au mieux les sucs digestifs
et la bile avec les aliments. Ils permettent également d’assurer que les nutriments se retrouvent
en contact avec la paroi de la muqueuse et ainsi permettre l’absorption des nutriments.
Le brassage du chyle et l’avancée des aliments se fait grâce à une combinaison de différents
mouvements musculaires :
- Des mouvements péristaltiques
- Des mouvements segmentaires : contraction du tissu
musculaire lisse circulaire à intervalle régulier (1-2 cm)
permettant de séparer, de fragmenter et de pétrir le
chyme
- Des mouvements pendulaires : agitation sur une vingtaine de centimètre, d’avant en
arrière du chyme et permettre d’y imprégner les différents sucs. Ce mouvement
permet aussi d’augmenter l’absorption des aliments en favorisant le flux sanguin.
En plus de finir les processus de digestion chimiques, le jéjunum a aussi pour rôle de
commencer l’absorption des nutriments.
c. L’iléon
L’iléon possède le même rôle que le jéjunum. Il finit la digestion chimique des aliments et
continue puis finalise l’absorption des nutriments.
Cette absorption sera détaillée dans le chapitre 11.
V) Du colon à l’anus
1. Organisation anatomique
Le colon marque la fin du système digestif. Long de 1,5m, il permet de faire le lien entre
l’intestin grêle et l’anus. Le colon est large de 7cm au début puis diminue jusqu’à 3cm à la fin du
colon.
Le chyle prend ici le nom de résidus alimentaire ou de fécès. Il séjourne de 12 à 15h dans le
colon, et progresse de manière saccadée (3/4 fois par jour) suite à la puissante contraction
péristaltique du colon.
Le colon se divise en différente parties en fonction de son emplacement ou de sa fonction.
L’intestin grêle se jette dans le colon au niveau du colon
ascendant sur la droite du corps.
La partie inférieure à l’ouverture de l’intestin grêle se
nomme le caecum. A l’extrémité du caecum se trouve
l’appendice vermiculaire. Cet appendice possède un rôle peu
connu mais intervient surement dans la fonction de stockage
de sureté de la flore intestinale, en prévision d’une pathologie.
Le colon ascendant remonte en direction du diaphragme et
tourne sous le diaphragme pour donner le colon transverse.
L’angle ainsi formé se nomme angle hépatique. Le colon
transverse se poursuit dans le colon descendant (qui comme
son nom l’indique redescend en direction du bassin). L’angle
formé entre le colon transverse et le colon descendant l’angle
splénique et se trouve sur la gauche du corps.
Le colon descendant se poursuit par le colon sigmoïde,
horizontal, avant de se terminer par le rectum.
Le rectum, enfin se termine par l’anus, qui marque la sortie
et la fin du tube digestif.
Le chyle une fois passé dans le colon ne peut pas faire
demi-tour, grâce à une valvule iléo-caecale. Celle-ci bloque
l’accès à l’iléon et évite ainsi les retours du chyle.
La sortie des fèces se fait au niveau de l’anus, c’est la défécation. Les fèces une fois arrivés
au niveau de l’ampoule rectale provoque le relâchement du sphincter interne, le sphincter externe
permet quant à lui de contrôler la sortie des fèces. Cette sortie est contrôlée par deux
sphincters :
- Un sphincter anal interne. Ce sphincter a un contrôle parasympathique involontaire.
- Un sphincter anal externe. Ce sphincter a un contrôle volontaire.
2. Histologie du colon
La muqueuse du colon ne possède plus de valvule connivente mais possède de très
nombreuses glandes de Lieberkhün. L’épithélium de la muqueuse est un épithélium unistratifié
dépourvue de villosité. Les entérocytes possèdent toujours des microvillosités. L’organisation de
l’épithélium est le même que pour l’intestin grêle, le nombre de cellule caliciformes est cependant
plus nombreux, permettant ainsi une meilleure lubrification du tube digestif et ainsi faciliter
l’avancée des fèces. Le tissu conjonctif est comme pour l’intestin grêle riche en nodule lymphoïde
permettant une meilleure captation des nutriments.
La sous muqueuse est organisée de la même façon que
pour l’intestin grêle.
La musculeuse est organisée de la même façon que pour
l’intestin grêle, en deux couches de tissus musculaires lisses.
Ils permettent de réaliser les mouvements péristaltiques et
le brassage des résidus alimentaires. Cependant le tissu
musculaire longitudinale est discontinu et permet de
provoquer les puissantes contractions nécessaires à l’avancée
des fèces.
La tunique externe est comme pour l’intestin grêle, une
séreuse (le mésentère).
3. Rôle et fonctionnement
Au niveau du colon, l’absence d’enzyme digestive a pour effet de stopper les phénomènes de
digestion chimiques. Le rôle principal du colon est de finir l’absorption des nutriments et de
conduire les résidus alimentaires vers l’anus pour leur évacuation.
Le colon abrite une flore bactérienne (flore intestinale) qui va, par symbiose, profiter de la
digestion des aliments et récupérer ce dont elle a besoin pour vivre. Les bactéries présentes
vont réaliser des réactions biochimiques, afin de fermenter des restes glucidiques et ainsi
produire de la vitamine B12 et des gaz. D’autres bactéries vont putréfier des restes protéiques
et produire des molécules aromatiques. Ces bactéries, en plus de nous produire de la vitamine B12
(et d’autre molécules utiles) ont aussi pour rôle de protéger la paroi du tube digestif contre les
bactéries pathogènes.
Au niveau du colon, l’absorption des nutriments va se terminer avant d’évacuer les déchets.
Ainsi vont être récupérer de l’eau, des sels minéraux et des vitamines (B12 notamment).