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THESE DE DOCTORAT
dans la spécialité :
Optique et Lasers, Physico-Chimie, Atmosphère
par
Michel DOSSOU
Sous la direction de Pascal SZRIFGISER, j’ai été rattaché à l’équipe "Chaos quan-
tique" du groupe "Atomes froids" et à l’Ecole Doctorale : Sciences de la Matière, du
Rayonnement et de l’Environnement (SMRE).
Résumé
Ce travail de thèse rassemble nos résultats d’étude sur l’utilisation des modes de
résonance acoustique pour réaliser des capteurs répartis à base des fibres à cristaux pho-
toniques (Photonic Crystal Fibres : PCF).
Tout d’abord, nous avons démontré qu’à l’heure actuelle, il est difficile voire im-
possible de mesurer en rétrodiffusion les modes acoustiques transverses dans une fibre
optique. Ces modes dont la fréquence est inférieure à 2 GHz, ont été mesurés dans une
boucle non linéaire sur une PCF, une fibre conventionnelle et une fibre à dispersion déca-
lée. Les différents spectres montrent une dépendance à la structure transverse des fibres.
Ensuite, nous avons mis au point un réflectomètre Brillouin (Brillouin Optical Time
Domain Reflectometer : BOTDR) permettant de suivre en temps réel le spectre Brillouin
le long d’une fibre avec une résolution spatiale de l’ordre d’une dizaine de mètres. Il est
particulièrement capable de discriminer différents modes présents dans le spectre Brillouin.
La comparaison des spectrogrammes obtenus sur différentes structures transverses de
fibres, confirme que l’existence de multipics Brillouin dans les PCF est liée au très petit
cœur (dont le diamètre est de l’ordre de la longueur d’onde de mesure) de la fibre.
Enfin, toujours dans l’optique de mieux observer le spectre Brillouin réparti, nous
avons développé un outil d’analyse Brillouin vectorielle permettant de cartographier avec
précision les modes Brillouin hybrides grâce à la complémentarité du spectrogramme de
phase. Les mesures réalisées sur une PCF dont le diamètre varie linéairement de 3,5 µm
à 2,6 µm montrent un second mode Brillouin dont la fréquence varie à raison de -118,2
MHz/ µm.
iii
Abstract :
Acoustic modes in photonic crystal fibres for distributed optical fibres sensors
applications.
This thesis deals with the results of our study on the use of acoustic resonance modes
to achieve distributed sensors based on photonic crystal fibres (Photonic Crystal Fibres :
PCF).
First, we demonstrated that at present it is difficult to measure backscattered trans-
verse acoustic modes in an optical fibre. These modes whose frequency is below 2 GHz have
been measured in a loop on a nonlinear PCF, a conventional fibre and a dispersion-shifted
fibre. The different spectra show a dependence on the fibres cross section structure.
Then we developed a Brillouin reflectometer (Brillouin Optical Time Domain Re-
flectometer : BOTDR) to monitor in real time the Brillouin spectrum along a fibre with
a spatial resolution of about a dozen meters. It is particularly capable of discriminating
between different modes present in the Brillouin spectrum. Comparison of spectrograms
obtained on different transverse structures, confirms that the existence of Brillouin mul-
tipeak on PCF is linked to the very small core (with a diameter of about the wavelength
of measurement) of the fibre.
Finally, in order to better observe the distributed Brillouin spectrum, we have de-
veloped a vector Brillouin optical time domain analyzer for high-order acoustic modes to
accurately map the Brillouin hybrid modes with the complementary phase of the spec-
trogram. The measurements taken on a PCF whose diameter varies linearly from 3.5 µm
to 2.6 µm show a second Brillouin mode whose frequency varies as -118.2 MHz/ µm.
iv
REMERCIEMENTS
Travailler avec Denis BACQUET a été un réel plaisir ; il n’a ménagé aucun effort
malgré les difficultés rencontrées. Je n’oublierai pas Marc LEPARQUIER pour notre brève
collaboration.
J’adresse mes amitiés aux anciens thésards Ludo, Maxence, Clément, Adriana et
François ainsi qu’aux autres thésards Sébastien, Nicolas, Paul, Vincent, Béatrice, Nazek,
Matthias, Bénoît, Imane et Mamadou. Je n’oublie pas Saliya, Jean-françois, Ihsan, Hi-
cham, Manu, Florent et Quentin.
L’occasion m’a été offerte durant ces années de recherche de participer aux enseigne-
ments universitaires tout d’abord sous la direction de Nicole SEMMOUD à Télécom Lille
1 et ensuite avec Brigitte POUILLY à l’Institut Universitaire de Technologie A (IUT)
de Lille 1. Je tiens à les remercier pour la confiance qu’elles m’ont accordée et la bonne
ambiance de travail.
La vie nous réserve de belles surprises. En effet, toute cette belle aventure a débuté
v
le jour où l’un de mes anciens professeurs Monsieur André GOFFIN me mit en contact
avec Pascal SZRIFTGISER pour un stage de fin d’études d’ingénieur dans son labora-
toire, c’était en septembre 2006 ! C’est pour cela, que je tiens à remercier très sincèrement
Monsieur André GOFFIN pour sa vision, sa disponibilité, le savoir qu’il m’a transmis et
ses conseils. Qu’il en soit honoré et accepte mes excuses si tout ne s’est pas passé de façon
idéale.
A toi ma sœur, Yvette DOSSOU qui m’a supporté (oh que mes caprices étaient
nombreux,. . . ), mes soucis t’ont sans doute agacée. Merci d’avoir été là car la cuisine que
tu faisais m’a donné beaucoup d’énergie.
vi
TABLE DES MATIÈRES
Remerciements v
Introduction Générale 1
Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
vii
Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
viii
3.3 Réflectométrie Brillouin à base de modes hybrides . . . . . . . . . . . . . . 113
3.3.1 Amélioration du montage avec l’utilisation de deux diodes . . . . . 115
3.3.2 Résultats expérimentaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118
[Link] Sur DSF . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
[Link] Sur PCF . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120
3.4 Avantages et faiblesses du BOTDR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124
3.4.1 Avantages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124
3.4.2 Faiblesses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124
[Link] Limitations en résolutions spatiale et en fréquence . . . . . 125
[Link] Limitations en puissance retour Brillouin / Seuil Brillouin 125
[Link] Limitations de la fréquence de répétition des impulsions . 125
3.5 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
ix
LISTE DES FIGURES
xi
Liste des figures
xii
Liste des figures
3.30 Observation du spectre de la DSF dans une boucle non linéaire. . . . . . . 106
3.31 Une des possibilités des positions relatives sur l’axe des fréquences. . . . . 106
3.32 Dispositif pour la mesure en réflectométrie des modes de battement Brillouin.107
3.33 Mesure de réflectométrie sur 500 m de DSF. . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
3.34 Mesure de réflectométrie sur 500 m de DSF. . . . . . . . . . . . . . . . . . 108
3.35 Spectrogramme sur la DSF dont une portion chauffée. . . . . . . . . . . . . 109
3.36 Même mesure qu’à la figure 3.35, sans chauffage. . . . . . . . . . . . . . . . 109
3.37 Spectrogramme sur la T452A précédée de 100 m de SMF. . . . . . . . . . . 109
3.38 Spectrogramme obtenu sur deux fibres SMF soudées. . . . . . . . . . . . . 110
3.39 Spectrogramme obtenu sur deux fibres SMF soudées. . . . . . . . . . . . . 110
3.40 Spectrogramme obtenu sur 2,2 km de SMF. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
3.41 Spectrogramme obtenu sur 2,2 km de SMF. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
3.42 Spectrogramme obtenu sur 2,2 km de SMF. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
3.43 Spectrogramme obtenu sur 2,2 km de SMF. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
3.44 Automodulation de phase. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
3.45 Automodulation de phase . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
3.46 Automodulation de phase. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113
3.47 Automodulation de phase. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113
3.48 Convention des positions relatives des différents modes Brillouin. . . . . . . 115
3.49 Les différentes possibilités des positions relatives des modes Brillouin. . . . 116
3.50 Le dispositif expérimental utilisant deux diodes sans le synthétiseur. . . . . 117
3.51 Le schéma de la branche "Modes Brillouin" de la figure 3.50. . . . . . . . . 117
3.52 Schéma des positions relatives des fréquences des deux diodes lasers. . . . . 118
3.53 Mesure du signal rétrodiffusé Rayleigh dans une DSF. . . . . . . . . . . . . 118
3.54 Mesure du signal d’automodulation de phase dans une DSF. . . . . . . . . 118
3.55 Mesure du spectre Brillouin dans une DSF . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
3.56 Mesure du spectre Brillouin dans une DSF. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120
3.57 Observation des modes de battement Brillouin. . . . . . . . . . . . . . . . 120
3.58 L’image au MEB de la section transverse de la PCF T794A. . . . . . . . . 121
3.59 La mesure en réflectométrie du mode fondamental Brillouin dans la T794A. 121
3.60 L’image au MEB de la PCF T794B. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
3.61 La mesure en réflectométrie du mode fondamental Brillouin dans la T794B. 122
3.62 L’observation d’un deuxième mode Brillouin dans la PCF T794B . . . . . . 122
3.63 Les images au MEB des sections transverses de la PCF T510A. . . . . . . 123
3.64 Spectre Brillouin pour un décalage de 10,96 GHz. . . . . . . . . . . . . . . 123
3.65 Spectre Brillouin pour un décalage de 8,5 GHz. . . . . . . . . . . . . . . . . 123
3.66 Les images au MEB des sections transverses de la PCF T510B. . . . . . . 124
3.67 Spectre Brillouin pour un décalage de 11,3 GHz. . . . . . . . . . . . . . . . 124
3.68 Spectre Brillouin mesuré sur la PCF T510B avec une seule diode . . . . . . 124
3.69 L’état de dégradation progressive du connecteur de fibre. . . . . . . . . . . 125
xiii
Liste des figures
4.8 Spectrogramme de phase obtenu sur une fibre DSF de 300 m de longueur. . 141
4.9 Spectrogramme d’intensité obtenu sur une fibre SMF. . . . . . . . . . . . . 142
4.10 Spectrogramme de phase obtenu sur une fibre SMF. . . . . . . . . . . . . . 142
4.11 Spectrogrammes d’intensité et de phase. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 142
4.12 Sections des spectrogrammes d’intensité et de phase. . . . . . . . . . . . . 143
4.13 Illustration de la variation de diamètre dans la PCF T711B. . . . . . . . . 145
4.14 L’image au MEB de l’extrémité de plus grand diamètre de la PCF T711B. 146
4.15 L’image au MEB de l’extrémité de plus petit diamètre de la PCF T711B. 146
4.16 Spectrogramme d’intensité obtenu sur la PCF T711B. . . . . . . . . . . . . 146
4.17 Spectrogramme d’intensité obtenu sur la PCF T711B. . . . . . . . . . . . . 147
4.18 Spectrogramme de phase obtenu sur la PCF T711B. . . . . . . . . . . . . . 147
4.19 Spectrogramme d’intensité obtenu avec un zoom sur le second mode . . . . 147
4.20 Spectrogramme de phase obtenu sur le second mode de la PCF T711B. . . 147
xiv
LISTE DES TABLEAUX
xvii
LISTE DES ACRONYMES
xix
Liste des acronymes
xx
LISTE DES SYMBOLES
Symboles Signification
xxiii
Liste des symboles
xxiv
Liste des symboles
xxv
INTRODUCTION GÉNÉRALE
1
INTRODUCTION
La plupart des capteurs utilisant l’effet Brillouin exploitent les modes acoustiques
longitudinaux qui se propagent le long de la fibre. Lors de leur interaction avec l’onde
optique incidente, naît une onde optique diffusée dont les propriétés dépendent de celles
de la fibre. Les modes longitudinaux font partie de la famille plus large des modes de
résonance acoustique. Cependant, si l’on en juge de par le très faible volume de publica-
tions, très peu d’études ont été réalisées sur les modes acoustiques transverses qui eux, se
propagent dans la section de la fibre en sondant sa gaine. Ces modes acoustiques trans-
verses affectent la dynamique des lasers à fibres [2, 3] et limitent certaines expériences
quantiques [4]. Toutefois, mieux les comprendre ainsi que leur interaction avec une onde
optique guidée, pourrait conduire par exemple à fabriquer de nouveaux types de capteurs
capables de mesurer les déformations latérales sur la fibre. Ce genre de capteurs peut être
utilisé en génie civil par exemple dans la surveillance d’ouvrages d’art faits de béton. C’est
l’une des raisons pour lesquelles l’étude de ces modes nous intéresse particulièrement dans
cette thèse.
L’objectif de cette thèse est d’une part, d’étudier dans les fibres à cristaux photo-
niques, les modes de résonance acoustique, longitudinaux et transverses. D’autre part,
nous analysons la possibilité de les mesurer en rétrodiffusion afin d’exploiter leurs pro-
priétés dans la mise au point de capteurs répartis. En plus des possibles applications de
capteurs, les résultats de cette thèse satisferont de prime abord, à un besoin local au sein
de notre laboratoire. En effet, nous disposons d’une tour de fibrage qui fabrique des fibres
microstructurées destinées à la recherche. Actuellement, la mesure de l’homogénéité de
la structure de la section le long de la fibre se fait a posteriori c’est-à-dire une fois que
la fibre est fabriquée. L’idée serait de mettre en place un dispositif pouvant permettre
de mesurer et de corriger l’homogénéité de la structure de la section de fibre durant sa
fabrication par un principe d’asservissement.
Le présent manuscrit de thèse se range dans le domaine de l’exploitation, par les
capteurs optiques répartis, de la diffusion Brillouin stimulée.
2
INTRODUCTION
Dans ce chapitre, nous présentons également la manière dont nous vérifions le ca-
ractère monomodal optique de nos fibres microstructurées. Une section a été consacrée à
la modélisation des fibres microstructurées et les différentes techniques d’épissures.
Réaliser des capteurs répartis peut se faire par l’utilisation des techniques de réflec-
tométrie.
Le chapitre 3 s’intéresse donc à l’une des techniques de réflectométrie utilisant la
diffusion non linéaire Brillouin. Il s’agit du BOTDR (Brillouin Optical Time Domain
Reflectometry). En commençant par une présentation du principe de réflectométrie et de
ses variantes, nous nous attarderons sur la réflectométrie Brillouin. Le banc expérimental
que nous avons développé sera détaillé puis comparé au principe du BOTDR classique.
Afin de valider ce banc, plusieurs mesures seront réalisées sur la fibre à dispersion décalée
(Dispersion-Shifted Fibre) en raison de la richesse de son spectre Brillouin. Ensuite, les
différentes techniques de traitement de signal utilisées pour extraire les informations de
nos mesures, seront détaillées.
Comme toute technique, le BOTDR présente des limites. C’est la raison pour la-
quelle nous consacrons le chapitre suivant à une autre technique qu’est l’analyse Brillouin.
Le chapitre 4 expose les techniques que nous avons utilisées pour pallier les pro-
blèmes liés au BOTDR. Nous avons développé un nouvel outil d’analyse Brillouin BOTDA
(Brillouin Optical Time Domain Analysis) optimisé pour observer avec précision les modes
de gaine Brillouin. D’une part, des puissances relativement faibles sont suffisantes pour
l’analyse Brillouin puisque nous utilisons une technique pompe-sonde nécessitant l’utili-
sation des deux extrémités de la fibre. D’autre part, ce nouvel outil permet une analyse
vectorielle complète des modes Brillouin puisque nous utilisons aussi la partie imaginaire
des signaux démodulés. Grâce à cet outil, la dépendance des modes acoustiques dans une
fibre microstructurée par rapport à la variation de son diamètre de cœur a été démontrée.
3
INTRODUCTION
Bibliographie
[1] L. Brillouin, “Diffusion de la lumière et des rayons par un corps transparent homo-
gène.” Ann. Phys., no. 17, pp. 88–122, 1922.
[2] A. B. Grudinin, D. J. Richardson, and D. N. Payne, “Passive harmonic modelocking
of a fibre soliton ring laser,” Electron. Lett., vol. 29, no. 21, pp. 1860–1861, 1993.
[3] E. Picholle and A. Picozzi, “Guided-acoustic-wave resonances in the dynamics of a
stimulated Brillouin fiber ring laser,” Opt. Commun., vol. 135, no. 4–6, pp. 327–330,
1997.
[4] R. M. Shelby, M. D. Levenson, and P. W. Bayer, “Guided acoustic-wave Brillouin
scattering,” Phys. Rev. B, vol. 31, no. 8, pp. 5244–5252, 1985.
4
CHAPITRE
In the longer term, Photonic Crystal Fibres (PCF) could become the vehicle
of choice in long-haul optical communications networks.
Philip Russell
Sommaire
1.1 Bref aperçu de la fibre optique . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2 Les fibres à cristaux photoniques . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.2.1 La propagation par réflexion totale interne modifiée . . . . . . 13
1.2.2 La propagation par bande interdite photonique . . . . . . . . . 16
1.2.3 La présentation des PCF utilisées . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.2.4 Les paramètres importants des PCF . . . . . . . . . . . . . . . 20
[Link] L’indice de réfraction . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
[Link] L’atténuation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
[Link] L’aire effective optique . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
[Link] L’ouverture numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
[Link] La fréquence normalisée . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
[Link] La dispersion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
[Link] Les interactions onde-matière . . . . . . . . . . . . . . 32
1.2.5 Les applications des PCF . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
1.3 Modélisation des fibres à cristaux photoniques . . . . . . . . . 38
1.4 Techniques d’épissures des fibres microstructurées . . . . . . 40
1.5 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
7
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
En 1966, Charles Kuen Kao, avait déjà avec son collègue Hockam [2] réalisé la
première fibre optique en silice en la proposant comme milieu de propagation. L’atténua-
tion à la longueur d’onde de 850 nm était de l’ordre de 100 dB pour 1 km de fibre. Dans
la même année en France, un article fut publié sur la propagation de la lumière cohérente
dans les fibres optiques [3]. Kao et Hockam avaient affirmé que si l’atténuation de la
fibre pouvait être réduite à 20 dB/km pour des longueurs d’onde dans le visible ou le
8
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
Figure 1.1 – Les différentes parties d’une fibre optique standard (conventionnelle).
8π 3 2
α 0Ray = n − 1 kTK (1.1)
3λ4
avec α 0Ray en m-1 , λ la longueur d’onde optique (en m), n l’indice de réfraction du ma-
tériau, k le coefficient de Boltzmann, T la température (en K) et K la compressibilité
isothermique (en Pa-1 ).
9
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
fibres.
Energie
électronique
bande de 0000
1111
conduction
1111111111111
0000000000000
0000000000000
1111111111111 11111111111111
00000000000000
0000000000000
1111111111111
11111111111111111 00000000000000
11111111111111
bande 00000000000000000 00000000000000
11111111111111
0000000000000
1111111111111 00000000000000
11111111111111
0000000000000
1111111111111
interdite
0000000000000
1111111111111
1111111111111
0000000000000 11111111111111
00000000000000
0000000000000
1111111111111
bande de0000
1111
valence
10
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
de se propager à certaines fréquences n’est pas due à l’absorption du matériau mais uni-
quement à la périodicité d’arrangement de la structure de ce dernier. Cette périodicité
peut être à une dimension (1 D), deux dimensions (2 D) (figure 1.3) ou même trois dimen-
sions (3 D). La périodicité 1 D correspond au miroir de Bragg et se comporte comme un
filtre diélectrique multicouche. On peut donc parler d’une généralisation de la réflexion
de Bragg.
a) 1 D b) 2 D
Figure 1.3 – La périodicité dans un cristal photonique et son équivalence dans une fibre
optique a) à une dimension (1 D) - b) à deux dimensions (2 D). La figure a été réalisée
en s’inspirant de la référence [8].
C’est le cas de beaucoup d’autres papillons dont le plus connu est le Morpho rhe-
tenor qui a fait l’objet de plusieurs études [9–13]. Quelques illustrations sont résumées
(figure 1.5). Ces différentes structures photoniques "naturelles" vont fortement influencer
et inspirer les chercheurs dans le développement de la photonique et de ses applications
technologiques.
11
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
1)
2)
Figure 1.4 – La couleur des papillons et la structure de leurs ailes. 1) Le papillon Papilio
palinurus de couleur verte et la mise en évidence de la microstructure de son aile avec
un agrandissement progressif jusqu’à l’échelle de 1 µm. 2) Le papillon Papilio ulysses de
couleur bleue et la mise en évidence de la microstructure de son aile avec un agrandis-
sement progressif jusqu’à l’échelle de 1 µm. Les agrandissements ont été réalisés grâce au
microscope électronique à balayage (MEB) d’après la référence [10].
Ainsi, dès 1991, Philip Russell de l’université de Bath (Royaume Uni) suggéra
l’utilisation de la fibre à cristaux photoniques dont la première fabrication ne sera pos-
sible qu’en 1996 [14, 15]. La section transverse de ces fibres possède une périodicité 2 D
(figure 1.3-b). L’idée de microstructurer la section des fibres avait déjà vu le jour vingt
ans auparavant [16] mais sans réalisation possible. Les fibres microstructurées permettent
12
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
ainsi de concevoir d’autres manières de propager de la lumière dans un guide. Il est de plus
possible de modéliser ces fibres avec une parfaite maîtrise de leurs valeurs de dispersion
et de non-linéarités dans la mesure où cela est réalisable. Avant l’avènement des fibres à
cristaux photoniques, la propagation de la lumière confinée dans l’air n’était pas possible
ni envisageable car l’indice de réfraction de l’air est proche de 1. La théorie des bandes
interdites photoniques a permis de démontrer qu’un milieu de plus faible indice de réfrac-
tion peut très bien confiner la lumière et la propager [17]. Réaliser une fibre monomode
à toutes les longueurs d’onde devint une réalité [18]. Ces fibres encore appelées "fibres
à trous", "fibres à bandes interdites photoniques" ou "fibres microstructurées", trouvent
des applications dans les télécommunications, le domaine des capteurs fibrés ainsi que de
l’optique non linéaire.
Les fibres optiques microstructurées peuvent être classées en deux grandes catégo-
ries (tableau 1.1) selon le mécanisme de propagation de la lumière dans la fibre. Il s’agit
des fibres utilisant le concept de bande interdite photonique (souvent des fibres à cœur
creux ou à cœur solide d’indice de réfraction inférieur à celui de la gaine [19, 20]) encore
appelées fibres à cœur de bas indice et celles utilisant le principe de réflexion totale in-
terne modifiée encore appelées fibres à cœur de haut indice par analogie aux fibres optiques
conventionnelles. Dans la première catégorie, le caractère périodique de la microstructure
peut aider à la propagation dans la fibre tandis qu’il n’est guère nécessaire pour la se-
conde [21].
Dans cette thèse, nous nous intéresserons d’une part à la fibre à dispersion décalée
(Dispersion-Shifted Fibre : DSF) parce qu’elle présente plusieurs modes dans le spectre
Brillouin. D’autre part, les fibres microstructurées à cœur solide dont l’indice de réfrac-
tion est supérieur à celui de la gaine seront étudiées. Ce choix est lié au fait que nous ne
disposons que des fibres à cœur solide pour les mesures.
13
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
ng
n ck k⊥
nc β
cœur
gaine
nF SM
n ck k⊥
nc β
cœur
gaine
Figure 1.6 – a) La réflexion totale interne : ng k < β < nc k soit ng < β/k < nc
- b) La réflexion totale interne modifiée : nF SM < nef f < nc . nc désigne l’indice de
réfraction du cœur de la fibre tandis que ng et nF SM (FSM pour Fundamental Space-
filling Mode) représentent l’indice de réfraction de la gaine respectivement pour une fibre
conventionnelle et une fibre à cristaux photoniques, k est le nombre d’onde avec k⊥ sa
composante transverse et β la constante de propagation.
Les fibres à cristaux photoniques utilisant ce concept sont celles à cœur solide entouré
de couronnes (réseau) de trous qui jouent le rôle de la gaine d’indice de réfraction inférieur
à celui du cœur : ce qui permet de respecter le principe de réflexion totale.
La figure 1.6 illustre les réflexions totales interne et interne modifiée. nc désigne
l’indice de réfraction du cœur de la fibre tandis que ng et nF SM (FSM pour Fundamental
Space-filling Mode) représentent l’indice de réfraction de la gaine respectivement pour une
fibre conventionnelle et une fibre à cristaux photoniques. FSM désigne le mode optique
fondamental de la gaine photonique supposée infinie et en l’absence du cœur. β désigne
la constante de propagation et correspond à un mode de propagation. C’est aussi la
composante commune suivant l’axe de propagation des vecteurs d’onde. Dans le cas de la
propagation par réflexion totale interne, la condition à vérifier est :
ng k < β < nc k soit ng < β/k < nc (1.2)
avec k = 2πλ
, le nombre d’onde et λ la longueur d’onde.
β/k sera appelé nef f , l’indice effectif de mode. Un mode sera guidé si son indice
respecte l’équation (1.2).
14
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
d
Cœur
Région de la gaine
Figure 1.7 – La section transverse d’une fibre optique microstructurée. Les trous pos-
sèdent un indice de réfraction inférieur à celui de la matrice. La gaine est constituée par
les couronnes de trous. d et Λ représentent respectivement le diamètre des trous et la
distance inter-trous.
La détermination du domaine
! de monomodalité a fait l’objet d’intenses
d
recherches [25] < 0, 424 dont les résultats s’équivalent à quelques détails près.
Λ
15
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
C’est en 1998 [17] que la propagation dans une fibre par bande interdite photonique
a été démontrée. Le caractère innovant des fibres microstructurées provient de ce type de
propagation puisque le signal optique est confiné dans une fibre à cœur creux dont l’indice
de réfraction est inférieur à celui de la gaine, contrairement à la propagation par réflexion
totale interne modifiée.
En fonction de la longueur d’onde du signal optique, les trous peuvent se comporter
comme le milieu de propagation ou s’opposer à la propagation, agissant ainsi comme un
filtre, et ce en fonction des dimensions de la microstructure de la fibre. Ces dernières offrent
une facilité pour contrôler et ajuster la dispersion chromatique de la fibre, le diamètre de
mode ainsi que d’autres paramètres.
L’arrangement périodique des trous de la gaine autour du trou central entraîne
la résonance à une fréquence donnée dont la valeur dépend du diamètre des trous (de la
gaine) qui est en général constant. Le mode associé à cette fréquence de résonance ne peut
pas se propager dans la gaine, et se trouve donc confiné dans le cœur où il se propage.
Il est possible d’augmenter le nombre de fréquences de résonance, d’augmenter dans le
même temps la bande passante de transmission de la fibre et de diminuer sa dispersion
en faisant varier de manière progressive le diamètre des trous de la gaine [26].
Remarquons que les fibres utilisant le principe de propagation par bande interdite
photonique, offrent un éventail plus large de possibilités d’applications que les autres
types de fibres microstructurées. Elles peuvent, par exemple, permettre des transmissions
de fortes puissances. Les nombreux avantages qu’elles offrent, sont :
– une grande proportion de l’intensité lumineuse (jusqu’à 95%) peut être localisée
dans le cœur creux,
– l’interaction plus faible entre la lumière et la silice réduit le seuil de dommage,
– comme il n’y a plus de silice dans le cœur, les pertes par diffusion Rayleigh sont
limitées,
– la possibilité de remplissage du cœur avec un liquide pour augmenter les interac-
tions non linéaires.
En dépit de ces avantages, la zone de transmission de la fibre est réduite à cause de
l’apparition des modes de surface.
16
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
Tableau 1.2 – La comparaison des deux principaux mécanismes de propagation dans les
PCF.
Comme nous l’avions mentionné dans l’introduction générale, notre travail concerne
les modes de résonance acoustique dans les fibres optiques. Dans le but d’utiliser ces
modes acoustiques pour des applications capteurs ou de caractérisation de la structure de
la section d’une fibre à cristaux photoniques, il nous faut vérifier le caractère monomodal
(optique) de notre fibre microstructurée ainsi que la force du couplage entre les modes
optiques et acoustiques [27].
Le choix d’une fibre monomode à notre longueur d’onde de travail, nous assure que
les éventuelles variations dans nos mesures ne sont pas dues à l’existence de plusieurs
modes optiques mais à l’interaction du mode optique fondamental avec divers modes
acoustiques. L’importance du choix d’une fibre monomode pour des applications capteurs
a été bien détaillée [28]. L’étude du couplage acousto-optique implique donc de prêter
attention aux modes optiques dans les fibres photoniques utilisées. Par conséquent, la
suite de ce chapitre sera consacrée à l’étude de la propagation optique dans les fibres
photoniques. Pour ce faire, nous procéderons comme suit :
– nous travaillerons uniquement avec des fibres photoniques utilisant le mécanisme
de propagation par réflexion totale interne modifiée,
– nous vérifierons le caractère monomodal de nos fibres (pour des longueurs d’onde
optique de travail comprises entre 1548 nm et 1550 nm),
– il faut aussi que les fibres choisies ou modélisées soient techniquement réalisables
et aient des pertes d’insertion (somme de toutes les pertes : intrinsèques, par
confinement, . . . ) acceptables.
Pour ce faire, certains paramètres de la fibre méritent d’être étudiés.
Dans la suite, nous présenterons tout d’abord les fibres microstructurées que nous
avons utilisées durant notre recherche puis leurs paramètres importants.
17
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
Les images prises au microscope électronique à balayage (MEB), des sections trans-
verses respectives de quelques-unes de ces fibres sont présentées (tableaux 1.3, 1.4 et 1.5).
Dans le terme "TXXXA" utilisé pour désigner les fibres, T signifie tirage, XXX le numéro
du tirage et A ou B désigne pour un même tirage, différents paramètres utilisés. aef f
représente le rayon effectif du cœur de la fibre (équation (1.8)). Contrairement à la fibre
conventionnelle à saut d’indice, il est différent du rayon du cercle formé par le cœur.
T794A T797A
Tableau 1.3 – Les images au MEB des sections transverses des PCF à gros cœur utilisées
et leurs caractéristiques opto-géométriques. Dans le terme "TXXXA" utilisé pour désigner
les fibres, T signifie tirage, XXX le numéro du tirage et A ou B désigne pour un même
tirage, différents paramètres utilisés. aef f représente le rayon effectif du cœur de la fibre. Il
est différent du rayon du cercle formé par le cœur. α désigne le coefficient d’affaiblissement
de la fibre.
18
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
T452A T625B
Tableau 1.4 – Les images au MEB des sections transverses des PCF à gros cœur utilisées
et leurs caractéristiques opto-géométriques. Dans le terme "TXXXA" utilisé pour désigner
les fibres, T signifie tirage, XXX le numéro du tirage et A ou B désigne pour un même
tirage, différents paramètres utilisés. aef f représente le rayon effectif du cœur de la fibre. Il
est différent du rayon du cercle formé par le cœur. α désigne le coefficient d’affaiblissement
de la fibre.
19
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
T510A T510B
Tableau 1.5 – Les images au MEB des sections transverses des PCF à petit cœur utilisées
et leurs caractéristiques opto-géométriques. Dans le terme "TXXXA" utilisé pour désigner
les fibres, T signifie tirage, XXX le numéro du tirage et A ou B désigne pour un même
tirage, différents paramètres utilisés. aef f représente le rayon effectif du cœur de la fibre. Il
est différent du rayon du cercle formé par le cœur. α désigne le coefficient d’affaiblissement
de la fibre.
20
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
Dans les fibres à cristaux photoniques - en l’occurrence celles à cœur solide utilisant
le mécanisme de réflexion totale interne modifiée - l’indice de réfraction du cœur (nc )
est simplement celui du matériau dont est composé le cœur. Dans ce manuscrit, nous
considérons la matrice de la fibre comme étant constituée de silice c’est-à-dire nc = 1, 45.
Par ailleurs, les valeurs de nef f et nF SM (équation (1.3)) s’obtiennent par une ré-
solution numérique. Saitoh et al. [31] ont proposé des formules analytiques empiriques
permettant de calculer nef f et nF SM avec une précision de près de 99% pour λ/Λ < 2.
Dans nos simulations, nous avons besoin de donner une valeur initiale à nef f , celle-ci sera
donc estimée par ces expressions empiriques. En utilisant le formalisme développé dans
l’article [31], la fréquence normalisée V (cf paragraphe [Link]) est donnée par :
2π q √
V = aef f n2c − n2F SM = U 2 + W 2 (1.5)
λ
avec
2π q
U = aef f n2c − n2ef f (1.6)
λ
2π q
W = aef f n2ef f − n2F SM (1.7)
λ
et [32] :
Λ
aef f = √ (1.8)
3
le rayon effectif du cœur ; il suffit de calculer de façon empirique V par :
!
λ d A2
V , = A1 + (1.9)
Λ Λ 1 + A3 eA4 λ/Λ
!bi1 !bi2 !bi3
d d d
Ai = ai0 + ai1 + ai2 + ai3 (1.10)
Λ Λ Λ
21
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
Et W par :
!
λ d B2
W , = B1 + (1.11)
Λ Λ 1 + B3 eB4 λ/Λ
!di1 !di2 !di3
d d d
Bi = ci0 + ci1 + ci2 + ci3 (1.12)
Λ Λ Λ
Les coefficients ai0 , aij , bij , ci0 , cij , dij (i = 1 à 4, j = 1 à 3) sont donnés au ta-
bleau 1.6.
i 1 2 3 4
ai0 0,54808 0,71041 0,16904 -1,52736
ai1 5,00401 9,73491 1,85765 1,06745
ai2 -10,43248 47,41496 18,96849 1,93229
ai3 8,22992 -437,50962 -42,4318 3,89
bi1 5 1,8 1,7 -0,84
bi2 7 7,32 10 1,02
bi3 9 22,8 14 13,4
ci0 -0,0973 0,53193 0,24876 5,29801
ci1 -16,70566 6,70858 2,72423 0,05142
ci2 67,13845 52,04855 13,28649 -5,18302
ci3 -50,25518 -540,66947 -36,80372 2,7641
di1 7 1,49 3,85 -2
di2 9 6,58 10 0,41
di3 10 24,8 15 6
Tableau 1.6 – Les coefficients empiriques d’après [31] utilisés dans les équations (1.10) et
(1.12).
!1/2 !1/2
3λ2 (V 2 − W 2 ) 3λ2 (V 2 − W 2 )
nef f = n2c − = 2, 1025 − (1.13)
4π 2 Λ2 4π 2 Λ2
!!1/2 !!1/2
3λ2 V 2 3λ2 V 2
nF SM = n2c − = 2, 1025 − (1.14)
4π 2 Λ2 4π 2 Λ2
[Link] L’atténuation
L’atténuation permet de caractériser toutes les pertes de puissance optique que subit
la lumière pendant sa propagation à travers la fibre. Cette atténuation est causée par les
interactions entre la lumière et son milieu de propagation. Elle dépend du type de matériau
qui compose le milieu et de la longueur L de la fibre. On peut donc écrire :
0
PL = Pin e−α L
(1.15)
22
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
23
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
(= 0, 37) [38] de celle du champ électrique sur l’axe. w est également appelé le rayon de
mode de la fibre.
Ce paramètre est très important puisqu’il permet d’évaluer le coefficient non linéaire
d’une fibre. Marcuse a établi [39] une formule liant le rayon r du cœur d’une fibre à son
rayon de mode w en fonction de la fréquence normalisée V (cf paragraphe [Link]) pour
les fibres monomodes.
w 1, 619 2, 879
= 0, 65 + 3/2 + (1.20)
r V V6
où r désigne le rayon du cœur. Dans le cas des fibres multimodes, l’équation est :
s
w 2 0, 23 18, 01
= + 3/2 + (1.21)
r V V V6
Le schéma de l’aire effective est donné (figure 1.8) pour une fibre conventionnelle à
saut d’indice.
Figure 1.8 – Schéma de l’aire effective (pour une fibre à saut d’indice). Pmax représente
la puissance maximale de l’onde optique.
Nous pouvons modéliser les fibres microstructurées que nous utilisons comme des
fibres à saut d’indice dont l’indice de cœur est nc et l’indice de gaine nF SM . Cette approxi-
mation permet d’utiliser les équations (1.20) et (1.21) dans lesquelles r est remplacé par
aef f . La déduction de w conduit au calcul de l’aire effective en utilisant l’équation (1.19).
Rappelons qu’il est possible numériquement d’évaluer Aef f à partir du champ électrique
E~ grâce à l’équation (1.18).
24
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
avec un angle d’incidence supérieur à Φmax sera partiellement réfracté dans la gaine de
la fibre, entraînant une perte de la puissance optique. L’ouverture numérique (N A) est
utilisée pour désigner cette caractéristique de la fibre. Elle est liée à Φmax par :
N A = sin(Φmax ) (1.22)
ng
Φ nc
Figure 1.9 – Schéma du cône d’ouverture pour une fibre à saut d’indice. Φ représente la
moitié de l’angle du cône d’ouverture.
Ce cône est d’autant plus grand que la valeur de N A est élevée. Il faut donc tenir
compte de ce paramètre lors d’injection de lumière dans une fibre : celle-ci est capable
de récolter plus de lumière lorsque son ouverture numérique est élevée. Aussi, une grande
N A réduit-elle les pertes liées à la courbure de la fibre. A cause des effets de courbure,
la direction de propagation de chaque rayon change par rapport à l’axe de la fibre. Dans
une fibre optique standard, elle dépend aussi des indices de réfraction du cœur et de la
gaine par :
√
N A(r) = nc (r)2 − n2g = nc 2∆
q
(1.23)
Avec ng et nc respectivement les indices de la gaine et du cœur.
Ces résultats sont basés sur l’optique géométrique qui stipule que chaque rayon
lumineux peut être considéré comme un segment de droite ou une succession de plusieurs
segments de droite. Elle peut être utilisée pour étudier la propagation d’une onde optique
dans un milieu. Chaque chemin suivi par un rayon incident est appelé mode optique. Ce
concept n’est plus valable lorsqu’il s’agit des fibres monomodes dont la taille du diamètre
de cœur est de l’ordre de la longueur d’onde de la lumière : les modes doivent alors être
déterminés à partir des équations de Maxwell.
Ainsi, il a été démontré la faiblesse de l’utilisation de l’optique géométrique [40] dans
la modélisation des fibres optiques. Tous les angles d’incidence inférieurs à l’angle critique
ne permettent pas une propagation dans la fibre, contrairement aux résultats de l’optique
géométrique.
La valeur typique de N A pour la fibre optique standard est 0,18.
25
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
choix de l’une ou l’autre des méthodes. Après un bref aperçu des diverses théories, nous
présentons notre choix.
π Aef f −0.5
N A = sin(Φmax ) w 1 + (1.25)
λ2
expression également proposée [41].
Ce paramètre est très important lors de l’épissure d’une fibre à cristaux photoniques
(cf section 1.4).
26
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
Les premiers à s’attaquer au calcul de V dans les fibres microstructurées furent les
chercheurs de l’équipe de l’université de Bath en Grande Bretagne [14, 15, 18, 43]. Ils ont
considéré de façon arbitraire le rayon de cœur aef f de la PCF (dans l’équation (1.26))
égal à la distance inter-trous Λ et donc :
2π q 2
V = Λ nc − n2F SM (1.29)
λ
Rappelons que nF SM dépend fortement de λ. Cette relation n’est pas entièrement
correcte puisqu’elle surestime de façon erronée la valeur de aef f . Pour définir la zone de
monomodalité, la valeur de V sera prise égale à 2,405.
Quelques années plus tard, l’équipe de Crystal Fibre A/S au Danemark [44] reprit
l’équation (1.29) en considérant nc comme étant égal à nef f , l’indice effectif du mode.
Dans cette nouvelle définition de V :
2π q 2
V = Λ nef f − n2F SM (1.30)
λ
La condition de monomodalité est donnée par V = π.
Les limites de ce raisonnement résident dans deux observations : tout d’abord, le
rayon du cœur a été choisi comme égal à la distance inter-trous (Λ) exactement comme
l’a fait l’équipe de Bath ; de plus le choix de remplacer nc par nef f est une approximation
qui fausse légèrement la définition initiale de la fréquence normalisée. C’est fort de ces
différentes difficultés à modéliser la fréquence normalisée que l’équipe formée par K.
Saitoh et M. Koshiba de l’université de Sapporo au Japon [25, 31] considéra l’équation
de base (1.26) et la valeur de coupure égale à 2,405. A partir d’un modèle précis repris
au paragraphe [Link] par les équations (1.5), (1.6), (1.7) et surtout à partir d’une intense
résolution numérique, des formules empiriques fiables ont été proposées.
Nous retiendrons ce modèle pour le reste de nos calculs. Toutefois, rappelons les
hypothèses d’applicabilité de ces formules empiriques déduites de simulations numériques.
Il s’agit de :
– V > 0, 85 ;
d
– 0, 2 < < 0, 8 ;
Λ
λ
– < 2.
Λ
Afin de déterminer le diagramme de phases représenté par la courbe λ/Λ = f (d/Λ)
délimitant les zones de monomodalité, nous résolvons l’équation :
!
λ d
V , = 2, 405 (1.31)
Λ Λ
27
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
moins monomode quand λ diminue. Cette observation est confirmée par la figure 1.11.
d
Aussi remarque-t-on que pour des valeurs de ≤ 0, 4, la valeur de V reste bien en deçà
λ
de 2,405. La figure 1.13 montre le diagramme classique des zones de monomodalité.
4.5 5.5
d/Λ = 0.8
0.7 5
4
4.5
3.5 0.6
4
3 3.5
0.5
V
V
2.5 3
V = 2.405 0.4
2.5
2 0.3
2
1.5
1.5
d/Λ = 0.2
d/Λ = 0.2
0.86 0.86
0.5 1 2 5 10 0.2 0.5 1 1.5 2
Λ/λ λ/Λ
λ
2.6 Λ = 0.2 0
Domaine monomode
10
2.4 V = 2.405
2.2
2
λ/Λ
Domaine
V
28
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
Les pertes par confinement restent élevées pour d/Λ < 0, 406. Par conséquent, nous
décidons de modéliser des PCF qui ne soient pas infiniment monomodes mais seulement
monomodes aux longueurs d’ondes supérieures à une longueur d’onde choisie. La longueur
d’onde de travail étant λ = 1550 nm, nous voulons des PCF monomodes à partir de λ =
1500 nm.
Afin de respecter les conditions de monomodalité, si nous fixons par exemple le
rayon effectif du cœur de la fibre compris entre 1 µm et 2 µm, nous déduisons les valeurs
des autres paramètres géométriques de la manière suivante :
– la distance inter-trous (Λ) sera approximativement de 1,7 µm ou 3,5 µm, valeur
déduite de l’équation (1.8),
– pour une valeur de Λ fixée, les pertes par confinement diminuent (ce que nous
voulons) si d/Λ augmente,
– pour une valeur de Λ fixée, et une longueur d’onde de travail, nous pouvons dé-
terminer la valeur maximale de d/Λ qui définisse l’entrée dans la zone de "multi-
modalité" de la fibre et choisir de rester légèrement en deçà de cette valeur comme
démontré (figure 1.14).
En effet, à titre d’exemple, nous choisissons de déterminer d connaissant Λ pour que
la fibre soit monomode à 1550 nm. Donc :
λ 1550
= (1.34)
Λ 1700
= 0, 911
On détermine sur la figure 1.14, le point correspondant sur la courbe de monomoda-
d
lité. Ensuite, on déduit la valeur = 0,679 correspondante par une simple projection sur
Λ
l’axe des abscissses.
Domaine
0
10 λ/Λ = 0,91 monomode
Domaine Domaine
λ/Λ
infiniment multimode
−1
10 monomode
−2
10
0 0.2 0.4 d/Λ 0.6 0.679 0.8 1
Figure 1.14 – Détermination de la zone de "multimodalité" pour une valeur de λ/Λ fixée.
Par conséquent :
Λ = 1,7 µm =⇒ d/Λ = 0,679 =⇒ d = 1,22 µm.
Par la même méthode, on obtient pour :
Λ = 3,5 µm =⇒ d/Λ = 0,527 =⇒ d = 1,84 µm .
29
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
C’est cette méthode que nous avons utilisée pour vérifier le caractère monomodal à
λ = 1550 nm, des PCF utilisées.
En tenant compte des conditions de validité des formules empiriques, nous avons
calculé et résumé au tableau 1.7 les paramètres des PCF utilisées à l’exception de la
d
T510B qui est multimode et dont le rapport = 1, 1 ne respecte pas l’une des hypothèses
Λ
d
d’applicabilité des formules empiriques : 0, 2 < < 0, 8. Seules les fibres T452A et T510A
Λ
sont monomodes à une longueur d’onde de 1550 nm.
Monomodes Multimodes
T452A T510A T794A T797A T625B
Equ. (1.8) aef f (µm) 2,18 0,74 2,18 2,96 2,96
Equ. (1.9) V 2,079 2,09 3,187 2,532 3,006
Equ. (1.11) W 1,464 1,362 2,668 1,965 2,479
Equ. (1.20, 1.21) w (µm) 2,672 0,903 2,043 3,145 2,855
Equ. (1.19) Aef f (µm2 ) 22,429 2,561 13,112 31,073 25,607
Equ. (1.25) NA 0,181 0,479 0,234 0,155 0,170
Equ. (1.13) nef f 1,440 1,331 1,435 1,440 1,439
Equ. (1.14) nF SM 1,431 1,236 1,40 1,426 1,415
[Link] La dispersion
La dispersion est une propriété de la fibre qui caractérise la différence de chemin
à un instant t donné, entre les différents modes guidés dans la fibre, chaque mode étant
représenté par son chemin de propagation, sa longueur d’onde et sa polarisation.
Comme le but initial de la fibre optique est son utilisation dans les réseaux de télé-
communications, la lumière est transmise sous forme d’impulsion dans les fibres. L’élar-
gissement de ces impulsions lors de la propagation dans la fibre est également appelé la
dispersion. Elle peut être classée en cinq catégories à savoir :
30
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
une interférence entre les différentes impulsions. Pour pallier ce problème, l’utilisation des
fibres monomodes a été recommandée. Hormis la dispersion modale qui n’apparaît que
dans des fibres multimodes, les autres types de dispersion peuvent apparaître dans tout
type de fibres.
31
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
ces deux modes dégénérés peuvent se propager sans interargir. Mais de légères variations
et dissymétries dans la structure du cœur de la fibre entraînent une interaction de ces
deux modes, modifiant de fait leur caractère dégénéré. On parle de biréfringence. Il s’agit
d’une propriété que certains matériaux transparents ont, en raison de leur structure cris-
tallographique : c’est le cas de nombreux cristaux anisotropes qui, caractérisés par deux
indices de réfraction, permettent de transmettre distinctement la lumière selon sa polari-
sation. La biréfringence peut aussi être de nature extrinsèque : elle est dans ce cas induite
dans le matériau sous l’action d’un champ électrique, magnétique, voire sous l’action de
contraintes mécaniques. Elle est caractérisée par :
∆ n = |nx − ny | (1.35)
avec nx et ny les indices de réfraction du cœur de la fibre respectivement suivant
l’axe des "x" et des "y".
Elle est normalement nulle. Mais à cause des défauts de fabrication, sa valeur
moyenne est de l’ordre de 10−5 à 10−4 dans les PCF.
– la longueur de battement (LB ) : c’est la distance nécessaire pour une rotation
de 360° de la polarisation. C’est aussi la longueur de propagation dans la fibre
au bout de laquelle n’importe quel état de polarisation se retrouve identique à
lui-même. Son ordre de grandeur est de quelques centimètres.
λ
LB = (1.36)
∆n
Plus la biréfringence est élevée, moins grande est la longueur de battement.
Ce type de dispersion est moins facile à maîtriser car il varie au cours du temps. Une
façon de l’éviter est l’utilisation des fibres à maintien de polarisation à cœur elliptique [51],
à biréfringence de contrainte (Bow-tie et Panda) [52]. Dans ces fibres spéciales, les deux
axes orthogonaux de propagation ne sont plus identiques, l’un étant plus rapide que
l’autre. Ainsi, la lumière linéairement polarisée suivant chacun des deux axes, se propopage
à une vitesse différente sur chacun d’eux, conduisant alors à une biréfringence linéaire.
Ce paramètre est important pour le couplage de modes car plus la biréfringence est
forte (LB petite), plus il est difficile de réaliser ce couplage.
32
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
La diffusion Rayleigh. Il s’agit d’une diffusion causée par les inhomogénéités pré-
sentes dans le matériau. Il en va ainsi pour tous les matériaux transparents [54]. La
diffusion Rayleigh est la plus importante contribution à l’affaiblissement intrinsèque dans
une fibre optique. Une onde incidente linéairement polarisée excite les dipôles qui sont
parallèles à son vecteur-champ électrique. La diffusion se fait dans le plan perpendicu-
laire au vecteur-champ électrique. Cette diffusion dite élastique ne change pas l’énergie
du milieu. Les diffusions Raman et Brillouin, quant à elles, sont de type inélastique. La
En plus de cette diffusion linéaire c’est-à-dire sans aucun transfert d’énergie entre
l’onde et le matériau, il y a aussi les diffusions non linéaires.
L’optique non linéaire a vu le jour en 1961 quand Franken et al. [55] ont observé une
radiation à une longueur d’onde différente de celle du laser émetteur. Les non-linéarités
optiques sont décrites par une relation non linéaire entre le champ électromagnétique et la
polarisation régnant dans le matériau. La forte intensité de lumière traversant le milieu,
provoque une réponse non linéaire de ce dernier. Ensuite le milieu réagit en modifiant les
champs optiques d’une manière non linéaire.
Un milieu diélectrique soumis à un champ électromagnétique, est le siège de mo-
ments dipolaires induits 3 . Sous l’action du champ extérieur appliqué, les charges posi-
tives et négatives qui composent les molécules ou atomes du matériau isolant, se meuvent
localement 4 en sens opposés. Les barycentres des charges positives et négatives ne se
confondent alors plus. Il s’ensuit l’apparition d’une polarisation P induite assimilable au
moment dipolaire résultant par unité de volume. Compte tenu des effets négligeables de
la composante magnétique du champ appliqué sur les matériaux concernés par la présente
étude, seule la composante électrique de ce champ est prise en compte par la suite.
3. Optique non linéaire, J.-Y. Courtois
[Link]
4. Dans un diélectrique dépourvu de charges de conduction, contrairement aux conducteurs, seuls
de petits déplacements des charges sont possibles en raison des plus fortes forces de liaisons qui lient les
charges à l’atome.
33
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
L’intensité lumineuse requise pour observer des effets de non-linéarité peut varier
selon qu’il y a ou pas d’accord de phase de tous les dipôles induits c’est-à-dire selon qu’ils
rayonnent ou pas de manière cohérente.
Les principaux effets non linéaires rencontrés en optique sont des 2ème et 3ème ordres.
5. Dans le cas le plus général, le développement en puissances des composantes de polarisation est
de la forme :
(1) (2) (3)
P = 0 [χij Ej + χijk Ej Ek + χijkl Ej Ek El + . . .] (1.37)
34
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
Les non-linéarités du 3ème ordre. Les non-linéarités d’ordre 3 les plus importantes
supposent que la propriété d’inversion de symétrie de matériau soit respectée. Cette pro-
priété permet de négliger les effets du 2ème ordre associés à la susceptibilité χ(2) . Les
non-linéarités d’ordre 3 peuvent impliquer une onde laser, voire deux et même plus. Dans
le cas d’une seule onde laser incidente, l’effet Kerr peut apparaître.
Lorsque deux ondes lasers stimulent un diélectrique, un rayonnement lumineux peut
apparaître sous la forme d’ondes diffusées de type Raman ou Brillouin.
Dans cette section, nous passerons en revue les plus importants des effets non li-
néaires associés à la susceptibilité du troisième ordre χ(3) à l’exception de la diffusion
Brillouin qui sera exposée au chapitre 2.
L’effet Kerr optique. L’effet Kerr optique s’apparente à la classe des biréfrin-
gences induites par un champ électrique d’intensité suffisante. La biréfringence est alors
proportionnelle au carré du champ électrique appliqué. On parle d’effet Kerr optique
lorsque la biréfringence est créée par la composante électrique d’une onde électromagné-
tique incidente. L’indice de réfraction varie alors linéairement avec l’intensité lumineuse.
Dans les fibres optiques, l’effet se produit lorsque des impulsions lumineuses très
brèves et très intenses se propagent dans le cœur de la fibre. Dans ce cas, la biréfringence
est décrite par l’équation suivante :
∆ n = n2 |E|2 (1.40)
Avec :
– ∆n la biréfringence,
– n2 = Kλ où K est la constante de Kerr et λ la longueur d’onde optique. n2 dépend
du matériau et est exprimé en m2 /W,
– |E| le module du champ électrique exprimé en V/m.
Comme ∆n est un paramètre adimensionnel, il convient de clarifier les unités des
autres paramètres de l’équation (1.40). |E| s’exprime normalement en V/m donc n2 devrait
être exprimé en m2 /V2 mais son unité est souvent m2 /W d’où la nécessaire conversion
ci-après [36] :
∆ n = n2 |E|2 (1.41)
= n02 Ip (1.42)
1
avec Ip = 0 c n |E|2 l’intensité du champ optique et 0 la permittivité du vide. n02 cor-
2
respond au "vrai sens" de n2 et s’exprime en m2 /W. En réalité, lorsque nous utilisons
35
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
L’interaction d’une seule onde optique avec le matériau s’accompagne toujours d’une
diffusion spontanée. La diffusion stimulée, en revanche, apparaît lorsque deux ondes in-
teragissent et font intervenir le concept de diffusion stimulée dans laquelle une onde appe-
lée onde de sonde interagit avec une onde de fréquence plus élevée appelée onde de pompe.
Cette dernière possède un décalage de fréquence par rapport à la première. Le battement
entre les deux ondes forme une onde qui à son tour interagit de nouveau avec l’onde de
pompe pour donner une onde de même fréquence que l’onde de sonde : d’où l’expression
stimulée.
La possibilité de transfert de puissance entre les ondes de pompe et de sonde est due
à l’existence dans le milieu non linéaire d’une composante de polarisation possédant la
même fréquence et le même vecteur d’onde que l’onde de sonde. Lorsque l’onde de pompe
possède une fréquence plus grande que l’onde de sonde, on assiste à une amplification de
l’onde de sonde ; le cas échéant à son affaiblissement.
Les diffusions Raman et Brillouin se différencient par la valeur du décalage en fré-
quence entre l’onde incidente et l’onde diffusée, la largeur spectrale de l’onde diffusée et
le gain (amplification) du phénomène.
36
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
La comparaison des diffusions non linéaires avec la diffusion Rayleigh est présentée
au tableau 1.8.
Tableau 1.8 – La comparaison des diffusions non linéaires du 3ème ordre avec la diffusion
Rayleigh.
La classification des effets non linéaires est résumée dans le tableau 1.9 ci-dessous :
37
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
38
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
Figure 1.17 – La structure d’une PCF Figure 1.18 – Le mode optique fonda-
avant le [Link]-ci est bien confiné mental dans une PCF. Celui-ci est bien
dans le cœur. confiné dans le cœur.
39
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
Elle nous a permis de souder les fibres microstructurées à gros cœur avec des pertes
d’épissures acceptables de l’ordre de 0,9 dB. Par ailleurs, l’épissure des PCF de petit
cœur est moins bonne car avec des diamètres de cœur de l’ordre de 2 µm, nous sommes
à la limite de la diffraction de la lumière à 1,55 µm. Le coefficient T de transmission de
puissance entre deux fibres parfaitement alignées, l’une en face de l’autre est calculé en
utilisant l’équation suivante [39] :
4w12 w22
T = 2 (1.43)
(w12 + w22 )
avec w1 et w2 les rayons de mode respectifs des fibres à épisser.
D’où l’expression des pertes d’épissures (en dB) :
4w12 w22
!
αdB = −10 log10 (T ) = −10 log10 2 (1.44)
(w12 + w22 )
4(w1 /w2 )2
!
= −10 log10 (1.45)
((w1 /w2 )2 + 1)2
La qualité d’une épissure dépend aussi bien des pertes qu’elle cause, que de sa résis-
tance à la traction et à la flexion, le plus important étant les pertes qu’il faut minimiser.
L’observation de la figure 1.21 montre qu’elles sont minimales lorsque w1 /w2 tend vers 1.
40
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
a) b)
1 25
0.9
0.8 20
0.7
0.6 15
αdB
0.5
T
0.4 10
0.3
0.2 5
0.1
0 0
0 1 2 0 1 2
w1 /w2 w1 /w2
C’est pourquoi lors d’une épissure, il faut veiller à ce que les deux fibres aient des
rayons de mode dont les valeurs ne sont pas très différentes l’une de l’autre. En outre, il
faut qu’elles soient parfaitement alignées l’une en face de l’autre.
Dans notre cas, nous avons un montage fibré composé majoritairement de la fibre
standard (SMF) qui sera raccordée aux extrémités de la fibre microstructurée à tester.
Lorsque le rayon de mode de la fibre microstructurée est du même ordre de grandeur que
celui de la fibre SMF, l’épissure se fait directement (figure 1.22). Dans le cas contraire,
nous utilisons des fibres d’adaptation dont les caractéristiques sont rappelées au tableau
1.11. Le cœur de ces dernières, est dopé au Germanium (GeO2 ), ce qui permet l’adapta-
tion de mode avec l’autre fibre soudée. L’une des extrémités de ces fibres d’adaptation
est soudée à la fibre microstructurée tandis que la seconde est soudée à la fibre SMF du
montage (figure 1.23) dont le rayon de mode est de l’ordre de 3 µm.
41
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
PCF PCF
test
La figure 1.24 présente les pertes de quelques épissures directes entre une fibre SMF
et des fibres microstructurées. On y remarque que les pertes sont élevées pour la PCF
T510A dont le rayon de mode est très petit par rapport à celui de la SMF.
L’alignement à réaliser pour les fibres à souder est illustré (figure 1.25). Les centres
des cœurs des deux fibres doivent être bien ajustés l’un en face de l’autre aussi bien
horizontalement que verticalement (figure 1.26).
T625B T510A
PCF SMF
Figure 1.24 – Les pertes d’épissures Figure 1.25 – La vue de plan vertical
pour quelques fibres microstructu- de deux fibres parfaitement alignées pour
ré[Link]ées pour l’épissure. l’épissure.
Nous avons réalisé des épissures entre les fibres d’adaptation (tableau 1.11) et une
SMF, puis comparé les pertes mesurées à celles théoriques (tableau 1.12). On vérifie
aisément que les pertes sont d’autant plus faibles que la valeur du rayon de mode des
fibres d’adaptation est proche de celle du rayon de mode de la SMF. C’est pour cette
raison que nous retiendrons la fibre d’adaptation "UHNA4" pour les épissures avec les
6. Calcul effectué à partir de l’équation (1.19)
7. Calcul effectué à partir de l’équation (1.28)
42
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
PCF T510A et T510B (tableau 1.13). Les pertes de soudure entre la UHNA4 et la SMF
sont de 0,6 dB et celles entre la UHNA4 et la T510A sont de 3,5 dB soit une perte totale
de 4,1 dB. Grâce à la UHNA4, les pertes sont réduites de 3,4 dB !
Tableau 1.12 – Les pertes d’épissures Tableau 1.13 – Les pertes d’épissures
entre une SMF et les fibres d’adaptation entre la fibre UHNA4 et des PCF.- Le "X"
UHNAX - Le "X" de UHNAX remplace de UHNA remplace 1, 3 ou 4, d’adapta-
1, 3 ou 4. tion ? ? ? ? ? ? ? ? ?.
Les figures ci-après illustrent l’importance de l’adaptation des modes dans la réduc-
tion des pertes de soudure. On note que les pertes de soudure entre la UHNA4 et la SMF
sont plus faibles ce qui se justifie par une meilleure adaptation des diamètres de mode.
Les figures 1.27, 1.28 et 1.29 montrent respectivement les épissures des fibres SMF,
T625B et T510A avec la fibre d’adaptation UHNA4 avec des pertes de 0,6 dB, 4 dB et
3,5 dB.
43
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
1.5 Conclusion
Dans ce premier chapitre, nous avons présenté les fibres optiques microstructurées
ainsi que leurs principales propriétés en mettant l’accent sur les avantages qu’elles pré-
sentent par rapport aux fibres optiques conventionnelles. La famille des fibres optiques
microstructurées utilisant le mécanisme de réflexion totale interne modifiée a retenu notre
attention. Après avoir présenté les fibres à cristaux photoniques qui ont été utilisées dans
cette thèse et la méthodologie pour s’assurer de leur état monomodal optique, les tech-
niques d’épissures ont été passées en revue.
Aussi grâce à ce chapitre, avons-nous exposé la méthode utilisée pour modéliser nos
fibres afin qu’elles puissent rester optiquement monomodes à la longueur d’onde de travail
(λ = 1550 nm) et présenter des pertes par confinement non élevées. Le prochain chapitre
sera consacré à la diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique dans les fibres
PCF.
44
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
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45
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
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Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
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47
Chapitre 1. Les fibres à cristaux photoniques
48
CHAPITRE
Sommaire
2.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
2.2 La diffusion Brillouin et les modes longitudinaux . . . . . . . 51
2.2.1 La diffusion Brillouin spontanée . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
2.2.2 La diffusion Brillouin stimulée . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
[Link] Les mécanismes mis en jeu . . . . . . . . . . . . . . . 53
[Link] L’électrostriction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
[Link] La puissance de seuil Brillouin . . . . . . . . . . . . . 59
2.3 Les modes transverses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
2.3.1 Les modes radiaux Rom . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
2.3.2 Les modes torsio-radiaux TR2m . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
2.4 Les modes acoustiques transverses dans les PCF. . . . . . . . 66
2.5 Mesures des modes acoustiques transverses . . . . . . . . . . . 70
2.5.1 En direct . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
[Link] Banc expérimental . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
[Link] Résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
2.5.2 Dans une boucle non linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
[Link] Fondement théorique . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
[Link] Banc expérimental . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
[Link] Résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
49
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
2.6 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
Dans ce chapitre, nous sommes intéressés par l’interaction acousto-optique dans les
fibres optiques. L’une des interactions les mieux étudiées dans la littérature, à savoir la
diffusion Brillouin fera l’objet d’une attention particulière. Les paramètres qui amplifient
ou non cette interaction seront également exposés. Dans le chapitre précédent, nous avons
modélisé des fibres optiques microstructurées pour une meilleure propagation optique dans
la fibre.
A présent, grâce à l’étude des modes acoustiques transverses, nous déterminons les
propriétés de l’onde optique incidente, qui influencent leur excitation.
Pour ce faire, nous faisons tout d’abord l’état de l’art sur les modes acoustiques en
général puis sur les modes acoustiques transverses dans les fibres optiques microstructu-
rées en particulier. Ensuite, les montages expérimentaux ayant permis l’observation de
ces modes seront présentés. Enfin, quelques résultats feront l’objet d’analyses.
2.1 Généralités
Faisons un bref historique de la recherche sur les modes de résonance acoustique.
L’étude des modes de résonance acoustique dans un matériau, encore appelés "modes
acoustiques" ou "modes de vibration", relève d’une discipline appelée "mécanique des struc-
tures". Dans l’histoire de cette discipline, deux noms importants sont à retenir : Hooke
qui établit en 1678 la loi selon laquelle la déformation est proportionnelle à la contrainte
qui en est à l’origine et Navier, qui en 1821, établit les équations de déformation dans
les matériaux élastiques appelées les équations générales différentielles d’élasticité.
En mécanique des structures, le terme "contrainte" désigne une force qui s’exerce
sur la structure considérée. Le léger déplacement relatif que subit la structure, est appelé
"déformation". Les matériaux que nous considérons dans ce travail sont supposés :
– élastiques c’est-à-dire qu’ils retrouvent leur état initial quand les sollicitations
disparaissent,
– isotropes c’est-à-dire que les propriétés physiques sont invariantes quelle que soit
la direction ou l’orientation considérée,
– homogènes c’est-à-dire que tout le matériau est de même nature,
– et linéaires c’est-à-dire que les déformations sont proportionnelles aux contraintes.
Un matériau isotrope entraîne que le module de Young (E) est constant. Sa matrice
photo-élastique est donnée par [1] :
p11 p12 p12 0 0 0
p12 p11 p12 0 0 0
p12 p12 p11 0 0 0
0 0 0 p44 0 0
0 0 0 0 p44 0
0 0 0 0 0 p44
où p44 = 12 (p11 − p12 ). Ainsi, la connaissance des valeurs des deux coefficients élasto-
optiques p11 et p12 suffit-elle à définir entièrement la matrice photo-élastique d’un matériau
isotrope. A titre d’exemple, p11 = 0,121 et p12 = 0,286 pour les fibres en silice [2].
50
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
Dans une fibre optique, les phonons acoustiques résultant des vibrations thermiques
dans le matériau, ils sont responsables des modes acoustiques longitudinaux et transverses
qui y sont induits. Les premiers sont principalement à l’origine de la diffusion Brillouin
tandis que les seconds diffusent la lumière dans la direction de propagation de l’onde
incidente.
Leo August Pochhammer [3] et Chree [4] furent parmi les premiers à étudier les
relations de dispersion des modes acoustiques dans un matériau élastique de forme cylin-
drique, donnant ainsi naissance à la relation dite de Pochhammer-Chree. Cette relation
fournit un fondement rigoureux et théorique des équations d’élasticité dans un cylindre
infiniment long. Une présentation historique des avancées dans ce domaine a été faite [5].
Dans les années 1940, les solutions de cette relation ont été établies pour les modes
longitudinaux [6] d’une part, et pour les modes de flexion [7] d’autre part. Certains auteurs
ont déterminé les solutions analytiques dans le cas d’un cylindre infini et d’une vibration
sinusoïdale infinie [6, 8]. D’autres ont quant à eux, trouvé les solutions numériques pour
des cylindres de longueur finie [9, 10].
Etudier de façon isolée les modes de résonance acoustique d’une fibre optique est
intéressant mais c’est encore mieux de comprendre les différentes interactions possibles
entre eux et une onde optique guidée. C’est l’objet des sections suivantes.
La diffusion Brillouin est une interaction non linéaire entre des ondes optique et
acoustique longitudinale, et qui résulte en l’existence de deux ondes optiques qui se pro-
pagent dans des directions opposées. La diffusion peut être initiée soit par deux ondes
optiques contrapropagatives dont le décalage en fréquence est égal à l’une des fréquences
de résonance d’un mode acoustique longitudinal de la fibre, ou par une seule onde optique
dont l’interaction avec l’un des modes acoustiques longitudinaux conduit au décalage en
fréquence (vers le bas) de l’onde optique.
Comme tout mode acoustique, le vecteur d’onde des modes longitudinaux est paral-
lèle à leur direction de propagation. Ils se propagent dans une fibre parallèlement à l’axe
de la fibre, suivant l’axe z (figure 2.1).
51
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
λL
x
cœur
z
vL y
Ils interagissent plus efficacement avec la lumière lorsque leurs vecteurs d’onde ont
une direction opposée à celui du vecteur de Poynting de l’onde optique, entraînant ainsi la
diffusion Brillouin. Leurs fréquences (notées fB en référence à la diffusion Brillouin) sont
de l’orde de 9 GHz à 12 GHz dans une fibre optique conventionnelle, ce qui correspond à
des longueurs d’onde acoustique λL de 0,66 µm à 0,49 µm pour une vitesse longitudinale
vL = 5960 m.s−1 .
Les fréquences sont liées à la vitesse de propagation dans le matériau par la relation :
vL
fB = (2.1)
λL
vL dépend des propriétés du matériau du cœur de la fibre par la relation [11] :
v
E(1 − ν)
u
u
vL = t (2.2)
(1 + ν)(1 − 2ν)ρ
où E est le module de Young, ρ la densité de la fibre, et ν le coefficient de Poisson.
Les valeurs de ces caractéristiques mécaniques sont résumées dans le tableau suivant :
La diffusion Brillouin revêt une importance capitale car ses effets sont plus consi-
dérables en intensité que ceux des autres diffusions (tableau 1.8). La puissance critique
nécessaire à son apparition est relativement inférieure à celle des autres diffusions [12]. Il
y a deux types de diffusion Brillouin : la spontanée et la stimulée.
52
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
avec les photons alors que pour la diffusion Raman, ce sont des phonons optiques. On parle
de phonon optique car le décalage fréquentiel Raman est de l’ordre du THz et se retrouve
donc dans le domaine optique tandis que le décalage fréquentiel Brillouin est de l’ordre
d’une dizaine de GHz d’où l’usage du terme phonon acoustique. La vraie spécificité réside
dans le fait que la diffusion Raman est liée à la polarisabilité du matériau c’est-à-dire aux
vibrations et rotations des molécules individuellement tandis que celle Brillouin dépend
de sa densité à savoir un mouvement en masse des molécules.
L’intensité de l’onde lumineuse diffusée est d’autant plus grande que l’intensité de
l’onde acoustique est élevée. Pour une même fibre, l’effet Brillouin est observé pour des
puissances de pompe beaucoup plus faibles que celles nécessaires à l’observation de l’effet
Raman. La diffusion Brillouin spontanée couplée à l’amplification Raman ont été utilisées
pour la mesure de la température dans une fibre sur une distance de 150 km [13]. En
théorie, la puissance du signal rétrodiffusé par la diffusion Brillouin spontanée est 20 dB
inférieure à celle due à la diffusion Rayleigh [14].
Cette diffusion permet d’amplifier une onde de sonde qui se propage suivant la di-
rection (-z) opposée à celle de propagation de l’onde de pompe. L’étude théorique de la
diffusion Brillouin spontanée permet de conclure que l’onde acoustique naît de la fluc-
tuation très faible des niveaux d’énergie dans le matériau. Cependant, dans le cas du
processus stimulé, c’est la forte puissance optique incidente qui induit un changement de
la densité locale dans le matériau, créant ainsi une variation de l’indice de réfraction.
L’interaction entre les ondes de pompe et de sonde donne lieu, lorsque toutes les
conditions sont réunies, au battement à la fréquence acoustique du milieu. Il s’agit d’un
exemple d’électrostriction [16, 17].
53
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
optique de pompe. Une fois le seuil atteint, l’onde diffusée est appelée onde Stokes rétro-
diffusée parce qu’elle se propage en sens opposé à celui de l’onde de pompe. Sa puissance
croît à mesure que l’onde de pompe transfère sa puissance à l’onde Stokes rétrodiffusée.
L’interaction non linéaire qui est à l’origine de la DBS, implique donc une interaction
entre la pompe et l’onde acoustique. Le champ de pompe engendre l’onde acoustique par
le phénomène d’électrostriction. Une onde acoustique sinusoïdale, induit au sein du milieu
un profil d’indice de réfraction qui suit la même relation. On peut écrire [18] :
~ r + ϕ)
n = n0 + ηcos(β.~ (2.3)
n et n0 étant les indices de réfraction, respectivement, initial et induit, η 1 est
un coefficient qui exprime le changement de l’indice de réfraction, β~ le vecteur d’onde
acoustique, ~r le vecteur-position et ϕ le déphasage de l’onde.
L’équation (2.3) permet d’établir la condition de Bragg. Cette relation sera utilisée
dans la suite. Il s’agit de :
~ks = ~kp ± β~ (2.4)
~ks et ~kp représentent respectivement les vecteurs des ondes diffusée et incidente.
Onde
diffusée
~ks
Θ
~kp Θ
Onde optique
incidente ~ka
Plans d’onde acoustique
a) b)
Figure 2.2 – a) Interaction entre les trois ondes : ondes optiques incidente et rétro-
diffusée, onde acoustique. b) Illustration de la condition de Bragg. Θ représente l’angle
entre les deux vecteurs d’onde optique, λL la longueur d’onde acoustique longitudinale, β~
le vecteur d’onde acoustique, et ~kp et ~ks les vecteurs d’onde de pompe (onde incidente) et
de sonde (onde diffusée).
vL
Sur la figure 2.2, λL = . Dans cette expression, λL , vL et fa représentent res-
fa
pectivement la longueur d’onde, la vitesse et la fréquence de l’onde acoustique dans le
matériau.
Le graphe a) de la figure 2.2 illustre l’interaction entre les ondes de pompe, rétro-
diffusée et acoustique. Le graphe b) est la représentation schématique de la condition de
54
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
Bragg.
fa = fp − fs (2.5)
β~ = ~kp − ~ks (2.6)
Θ ~
|β|
sin = (2.8)
2 2|~kp |
vL Θ
fa = 2nef f fp sin (2.9)
c 2
2nef f vL Θ
= sin (2.10)
λp 2
2nef f vL
fB = (2.11)
λp
Dans une fibre en silice par exemple, dont les paramètres sont tirés des articles [19,
20], vL = 5960 m/s. Si nous prenons, nef f = 1,46 et λp = 1,55 µm, on trouve fB =
11,23 GHz.
55
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
Diffusion Rayleigh
∆ fB
fB
56
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
Importance de la polarisation
L’équation (2.14) suppose que les ondes de pompe et Stokes se propagent en sens
inverses et sont polarisées linéairement dans la même direction. De plus, cet état de
polarisation est supposé invariant durant la propagation dans la fibre : ce qui est le
cas pour des fibres fortement biréfringentes. En théorie, dans le cas où les deux ondes
optiques sont à polarisation rectiligne selon des directions orthogonales ou lorsqu’elles
sont à polarisation elliptique, l’une lévrogyre et l’autre dextrogyre, le coefficient de gain
Brillouin est nul. Pour tenir compte de l’influence de la polarisation, un coefficient de
polarisation γ (0 < γ < 1) est introduit dans la formule du coefficient de gain Brillouin.
L’équation (2.14) devient :
2πn7 p2
gB (fB ) = 2 ef f 12 γ (2.15)
cλp ρ vL ∆fB
γ varie entre 1/3 et 2/3 [27] mais est habituellement pris égal à 0,5 [25] comme une
valeur standard, ce qui réduit le gain de moitié.
[Link] L’électrostriction
L’électrostriction est le phénomène par lequel un matériau, soumis à l’action d’un
champ électrique, se contracte. En d’autres termes, c’est la propriété selon laquelle la
densité d’un matériau augmente en présence d’un champ électrique. Ainsi, la variation
de la densité conduit à la variation de l’indice de réfraction. Il s’ensuit l’apparition d’une
onde acoustique dont l’origine est un champ électrique.
L’équation décrivant l’interaction acousto-optique dans une fibre optique est donnée
par [28, 29] :
∂ 2ρ ∂ρ Υ
2
− $∇2 − vL2 ∇2 ρ = − ∇2 |E|2 (2.16)
∂t ∂t 2
η11
avec ρ la densité du matériau, $ = , η11 désigne un terme du tenseur de viscosité,
ρ0
ρo représente la valeur moyenne de ρ. Υ = n4 0 p12 avec 0 la permittivité du vide, p12 le
coefficient longitudinal élasto-optique et n l’indice de réfraction du matériau.
En considérant les modes acoustiques longitudinaux sans déplacement dans la sec-
tion transverse ($ = 0) et pour un milieu non perturbé, l’équation (2.16) devient :
∂ 2ρ
− vL2 ∇2 ρ = 0 (2.17)
∂t2
57
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
∂2 ∂ 2 2 2 1
[ − 2∆f B − v ∇ ]∆ρ = −∇ ( ζ|E|2 ) (2.18)
∂t2 ∂t L
2π
ζ
∆ρ = |E|2 (2.19)
2πvL2
1
En combinant les équations (2.19) et (2.20), on obtient pst = 2π
ζ|E|2 .
Par conséquent, un champ électrique induit une pression dans un matériau transpa-
rent. L’aspect non linéaire vient de la dépendance du carré du champ électrique.
Caractère stimulé. Le caractère stimulé s’explique également par le fait que le phéno-
mène se déroule en boucle. En effet, une onde optique (la pompe) excite le milieu par
l’électrostriction et y induit une onde acoustique. L’onde acoustique interagit avec l’onde
de pompe et donne lieu à une onde rétrodiffusée Stokes qui à son tour va réagir avec
l’onde de pompe. L’onde acoustique est ainsi entretenue et la boucle se crée.
58
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
dIp
= −gB Ip Is − αp0 Ip (2.21)
dz
dIs
− = +gB Ip Is − αs0 Is (2.22)
dz
où Ip (z = 0) = APefinf avec Aef f l’aire de la section effective de la fibre optique. z désigne
la position (exprimée en m) d’une onde le long de la fibre, Ip et Is respectivement les
intensités des ondes de pompe et de sonde exprimées en W/m2 , et αp,s 0
l’affaiblissement
linéaire subi respectivement par les ondes de pompe et de sonde. L’affaiblissement linéaire
s’exprime en 1/m. Nous considérons que αp0 = αs0 = α0 .
Rappelons que :
10 PL
α (dB/m) = − log10 ( ) ≈ 4, 343α0 (1/m). (2.23)
L Pin
Dans cette expression, α0 désigne l’affaiblissement linéaire de la fibre. Pin et PL sont les
59
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
Le signe “−” du membre de gauche de l’équation (2.22) indique que l’onde de sonde
se déplace dans la direction opposée à l’onde de pompe.
La résolution de ces équations décrit entièrement la DBS. Toutefois, elle est difficile
à résoudre analytiquement et nécessite des méthodes numériques.
où F (r) représente le profil du mode optique et ϑ(r) désigne le profil d’un des modes
acoustiques.
Pour avoir une approximation de la valeur de ce seuil, on suppose que l’onde de
pompe ne subit que l’affaiblissement α de la fibre : c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’appau-
vrissement de la pompe. Cela revient à annuler le premier élément du terme de droite de
l’équation (2.21). La puissance de seuil Brillouin ainsi estimée, est donnée par la formule
communément utilisée [26] :
Aef f
P cr ' 21 (2.25)
gB Lef f
Ici aussi, l’aire effective optique Aef f doit être remplacée par l’aire de couplage acousto-
optique Aao m . Lef f est la longueur effective d’interaction. Son expression est donnée par :
1
Lef f = [1 − exp(−α0 L)] (2.26)
α0
où L est la longueur de la fibre. La puissance de seuil dépend donc de l’affaiblissement α.
De façon générale, le coefficient "21" utilisé dans l’équation (2.25) est vraie unique-
ment dans le cas d’une fibre longue à faible perte [33].
Dans la littérature, il existe deux définitions arbitraires de la puissance de seuil
Brillouin :
1. la puissance de pompe à partir de laquelle l’onde Stokes à l’entrée de la fibre aug-
mente plus rapidement que l’onde transmise à la sortie de la fibre,
2. la puissance de pompe à partir de laquelle l’onde Stokes à l’entrée de la fibre a la
même intensité que l’onde injectée en entrée de fibre (sans appauvrissement de la
pompe) [34].
La deuxième définition correspond à la puissance de seuil calculée à l’équation (2.25).
Cette équation suppose un gain Brillouin faible. Pour être rigoureux, la puissance de seuil
doit être estimée en résolvant numériquement les équations (2.21) et (2.22). Dans cette
estimation, la définition 1 est retenue.
60
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
Notons que la DBS peut être supprimée [25] en changeant les propriétés géométriques
de la fibre c’est-à-dire en y créant une non-uniformité [35–37], en changeant le rayon du
cœur [21] ou en augmentant la largeur spectrale du laser [38].
L’interaction de ces modes avec le champ électrique de l’onde optique incidente dif-
fuse la lumière de façon copropagative le long de la fibre causant ainsi des sources de
bruit à basses fréquences. Cette interaction acousto-optique a été étudiée par Shelby et
al. [39]. Les fréquences acoustiques concernées sont de l’ordre de quelques kHz à 1 GHz
dans une fibre optique standard et peuvent atteindre 2 GHz dans une fibre à cristaux pho-
toniques [40]. La vitesse de l’onde acoustique de cisaillement, vT , est de 3740 m.s−1 [41].
Elle peut aussi se calculer par [42] :
s
E
vT = (2.27)
2(1 + ν)ρ
où E est le module de Young, ρ la densité de la fibre, et ν le coefficient de Poisson.
61
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
x
φ z
r
y
Figure 2.6 – La section transverse d’une fibre optique. φ désigne la coordonnée angulaire.
2 ∂ F
fr = − π {I(p11 + p12 ) + p11 (Ix − Iy )cos(2φ)} (2.28)
8 ∂r
2 ∂ F
fφ = π p11 (Ix − Iy )sin(2φ) (2.29)
8 ∂r
62
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
2 ∂ F
fr = − π I(p11 + p12 )
8 ∂r
φ = 0
f
Cette condition décrit les modes radiaux Rom où seule la composante radiale de la force
d’électrostriction est non nulle. La variation de l’indice de réfraction due à l’électrostriction
est plus importante dans le cas des modes radiaux [17]. Dans le cas contraire, pour Ix 6= Iy ,
les deux composantes à savoir radiale et angulaire sont non nulles, il s’agit du cas des
modes torsio-radiaux TR2m . L’analyse des équations (2.28) et (2.29) révèle et confirme
que la diffusion de l’onde optique incidente par des modes de torsion purs n’est pas possible
car fφ 6= 0 =⇒ fr 6= 0.
Rappelons que l’interaction est efficace dans le cas d’une polarisation linéaire (po-
larisation suivant un seul axe : x ou y). Ces modes acoustiques qui diffusent la lumière
vers la gaine de la fibre sont appelés, à tort, modes de gaine. Ils représentent les modes
propres de la structure cylindrique et sont guidés par celle-ci.
Les modes acoustiques de plus hautes fréquences sont plus sensibles aux variations
extérieures de température ou de déformations que ceux de basses fréquences. Il s’agit des
perturbations dues aux caractéristiques du rayon de cœur, aux contraintes et aux inho-
mogénéités. Une variation du diamètre de gaine le long de la fibre entraîne une variation
des modes acoustiques le long de celle-ci, comme nous le verrons au chapitre 4 ; ce qui
peut être exploité dans la conception de capteurs répartis.
R vL
fm = ym (2.31)
bπ
avec ym la racine de rang m de l’équation (2.30) et b le diamètre extérieur de la fibre. Ainsi,
plus le diamètre de la fibre est petit, plus les fréquences des modes acoustiques radiaux sont
élevées. Par conséquent, dans la mesure où ces modes sont observables expérimentalement
et à largeur spectrale constante, les fibres de plus petit diamètre offrent un avantage pour
leur utilisation dans les capteurs car les modes radiaux associés auront un meilleur facteur
de qualité (rapport de la fréquence du mode par sa largeur spectrale).
63
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
Rappelons que :
s
vT 1 − 2ν
= (2.32)
vL 2(1 − ν)
Par exemple, pour vL = 5960 m.s−1 et vT = 3740 m.s−1 , les fréquences des dix pre-
miers modes radiaux sont calculées et résumées au tableau 2.2.
Tableau 2.2 – Les fréquences et longueurs d’onde des dix premiers modes radiaux dans
une fibre optique conventionnelle de rayon de cœur b = 125 µm pour vL = 5960 m.s−1 et
vT = 3740 m.s−1 .
Théoriquement, le nombre de ces modes est infini. Toutefois, comme cela a été dé-
montré [39], ils ne sont pas tous observables expérimentalement. Cela peut s’expliquer
d’une part par la faiblesse du couplage acousto-optique et d’autre part, par la faible sen-
sibilité de l’appareil de mesure qui est l’analyseur de spectre radiofréquence. Les modes
radiaux sont aussi appelés modes polarisés car ils n’agissent que sur la phase du signal.
TR vT
fm = ym (2.33)
bπ
avec b le diamètre extérieur de la fibre et ym la solution de rang m de l’équation :
y2 y2
" ! # " ! #
vT
3− J2 y 6− J2 (y) − 3yJ3 (y)
2 vL 2 ! # =0
y2
"
vT vT vT
J2 y − yJ3 y 2− J2 (y) + yJ3 (y)
vL vL vL 2
Par exemple, pour vL = 5960 m.s−1 et vT = 3740 m.s−1 , les fréquences des dix pre-
miers modes torsio-radiaux dans une fibre conventionnelle sont calculées et résumées au
tableau 2.3.
64
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
Tableau 2.3 – Les fréquences des dix premiers modes torsio-radiaux dans une fibre optique
conventionnelle de rayon de cœur b = 125 µm pour vL = 5960 m.s−1 et vT = 3740 m.s−1 .
65
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
Les récentes études ont montré que la présence des couronnes de trous autour du
cœur d’une fibre microstructurée change les propriétés acoustiques de celle-ci. La non-
uniformité du diamètre de la gaine conduit à des variations (fluctuations) des longueurs
d’onde acoustique.
Dans une certaine condition à savoir le quotient de surface d’air (κ 1) [55] c’est-
à-dire le rapport de l’aire de trous sur l’aire totale de la fibre, il est possible d’appliquer
les équations (2.31) et (2.33) normalement valables que pour une structure parfaitement
cylindrique et uniforme. En mesurant la fréquence Brillouin, on déduit la vitesse acous-
tique longitudinale vL grâce à l’équation (2.11). Par la mesure des fréquences TR2m , on
déduit la vitesse transverse vérifiant les équations (2.31) et (2.33). En utilisant les mêmes
équations que pour un cylindre homogène, Shibata et al. [55] ont montré que la force
de couplage acousto-optique pour les modes TR2m diminue avec l’augmentation du quo-
tient κ et que les fréquences de ces modes sont légèrement inférieures à celles d’une fibre
optique conventionnelle possédant les mêmes paramètres. Ces études ont été confirmées
par d’autres.
Nous allons utiliser la même méthode : il faut d’abord exporter l’image MEB de
la PCF dans un logiciel (par exemple Matlab) pour estimer l’aire des trous. Ensuite,
une mesure de la fréquence Brillouin et des modes TR2m nous permet de remonter à la
valeur de vT dans les PCF utilisées. Nous en donnons un exemple pour la PCF T452A
dont l’image et les propriétés sont fournies respectivement à la figure 2.7 et au tableau 2.4.
Figure 2.7 – L’image au MEB de la PCF T452A. Elle a été prise à l’Institut d’Electro-
nique, de Microtechnologie et de Nanotechnologie : IEMN.
66
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
d (µm ) 1,77
Λ (µm ) 3,89
d
0,45
Λ
aef f (µm ) 2,18
α (dB/km) 1,9 dB/km @ 1550 nm
L 500 m
fB 11,095 GHz
Le diamètre total mesuré pour cette PCF est de 129,58 µm soit une aire de
1,31. 104 µm2 . Comme la fibre est formée de 5 couronnes de trous auxquelles s’ajoutent
18 trous externes soit un total de 108 trous, le calcul de l’aire occupée par les trous d’air
est simple si l’on suppose tous les trous parfaitement circulaires. Ce qui donne une aire
d2
de 108 x π soit 264,6 µm2 . D’où le quotient de surface d’air est κ = 1,9. 10−2 1.
4
Par conséquent, les conditions exigées [55] pour appliquer les équations (2.30) et (2.33) à
une PCF, sont remplies.
La fréquence Brillouin mesurée sur la PCF T452A est de 11,095 GHz. Nous en
déduisons la vitesse longitudinale vL comme suit :
fB λp
vL = (2.34)
2nef f
avec nef f l’indice effectif du mode optique. Pour λp = 1550 nm et nef f = 1,44 (tableau 1.7) ;
vL = 5971 m.s−1 .
v
u 2 J0 (2π aef f fm
R
)
u
u v
u L J2 (2π aef f fm
R
)
vT = u
u J 2π a f R (2.35)
0 ( ef f m )
+1
t
J2 (2π aef f fm
R
)
67
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
Figure 2.8 – Courbe d’estimation de vT . κ : ratio surface des trous sur surface totale,
d’après [55]
Bien que très intéressante, cette méthode a ses limites, car Shibata et al. [55]
affirment que pour un taux de remplissage très inférieur à 1 (sans donner de valeur précise),
l’on peut appliquer les équations (2.31) et (2.33). Grâce à cette méthode, nous avons
calculé les fréquences des modes radiaux et torsio-radiaux dans PCF T452A (tableau ??).
Tableau 2.5 – Fréquences des modes Rom et TR2m dans la PCF T452A
En comparant les fréquences calculées à celles mesurées pour les TR2m dans une
boucle non linéaire (figure 2.15), on observe une cohérence.
68
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
Tableau 2.6 – Comparaison entre les fréquences calculées et mesurées des modes TR2m
dans la PCF T452A
Les fréquences théoriques (calculées) qui n’ont pu être mesurées amènent à conclure
que l’interaction acousto-optique des modes concernés est faible.
Une méthode plus rigoureuse peut être numérique ou simplement reprendre la mé-
thode proposée par [45, 46] et l’article [56] qui résout les équations de Bessel pour une
fibre à double gaine. Ainsi, on peut d’abord modéliser la PCF comme une fibre en forme
de W (un cœur en silice entouré d’une gaine en partie composée de trous).
Cette diffusion Brillouin copropagative a été aussi utilisée pour estimer les vitesses
acoustiques longitudinale et de cisaillement dans une fibre microstructurée [55].
Ces modes acoustiques transverses affectent la dynamique des lasers à fibres [57, 58],
limitent certaines expériences quantiques [39] et causent aussi un transfert d’énergie de
l’onde pompe continue vers une onde copropagative Stokes. Pour qu’ils soient observés
expérimentalement, ces modes ont besoin d’interagir avec l’onde optique incidente et par
conséquent d’être guidés le long de la fibre.
Interaction acousto-optique. Il est bien connu qu’un signal optique traversant une
fibre peut être modulé par les modes acoustiques présents dans celle-ci. L’interaction qui
a lieu, fait apparaître une onde de Stokes contrapropagative (diffusion Brillouin) lorsqu’il
s’agit des modes acoustiques longitudinaux, et une onde copropagative dans le cas des
ondes acoustiques transverses.
En appliquant le théorème de la conservation de la quantité de mouvement, on peut
écrire la relation (2.36) illustrée (figure 2.9) :
avec ~ la constante normalisée de Planck, ~ks , ~ki et ~ka respectivement les vecteurs d’onde
diffusée, incidente et acoustique.
69
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
~ks ~ks
~ki ~ks ~ka ~ki ~ka
~ki
~ka ~ka
~ka ~ks ~ks
a) b) c)
Figure 2.9 – L’interaction acousto-optique. a) cas de la diffusion Brillouin stimulée
– b) cas de la diffusion des modes acoustiques guidés – c) cas de la diffusion des modes
acoustiques guidés créée par la diffusion Brillouin. ~ks , ~ki et ~ka représentent respectivement
les vecteurs d’onde diffusée, incidente et acoustique.
Le cas b) de la figure 2.9 confirme que cette diffusion est copropagative. Elle produit
des bruits de phase et d’amplitude qui peuvent perturber les mesures réalisées sur le signal
incident. Le cas c) quant à lui, illustre la diffusion (de nouveau) de l’onde Brillouin par
les modes acoustiques transverses. La force de couplage ξ pour chaque mode, est donnée
par [59] :
Ra !2
1 2πω L 0 ef f ∆nE(r)rdr
ξ≈ (2.37)
L 2c
avec L et aef f , respectivement la longueur et le rayon effectif de la fibre, ω et E(r)
respectivement la pulsation et le champ de mode normalisé de l’onde optique ; ∆n désigne
la variation d’indice de réfraction dans la fibre, variation induite par le couplage acousto-
optique. ∆n est proportionnel à (p11 + p12 ) pour les modes radiaux et à (p11 − p12 ) pour
les modes torsio-radiaux.
D’une valeur approximative de 10−10 m−1 pour les modes radiaux [59], ξ est faible
et peut être augmentée en retirant la gaine protectrice de la fibre. Cela s’explique par le
faible recouvrement entre les modes optique et acoustique transverse, conduisant de ce
fait à un gain de couplage 100 fois plus faible que le gain Brillouin [60]. Dans le même
article, l’auteur souligne que la bande spectrale des modes acoustiques guidés est d’autant
plus large que le cœur de la fibre est petit ; de même que la largeur à mi-hauteur (FWHM)
des modes acoustiques guidés, augmente linéairement avec leurs fréquences.
70
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
Dans cette section, nous nous intéressons seulement à la mesure des modes TR2m
c’est-à-dire les modes dépolarisés. Nous les avons observés dans des fibres convention-
nelle et microstructurée. L’ensemble des symboles des éléments utilisés dans les montages
expérimentaux ainsi que leur signification sont résumés (figure 2.10).
Diode
Laser
Source Isolateur Fibre Photodiode Polariseur Circulateur
EOM EDFA RF P C
Modulateur Amplificateur Amplificateur Contrôleur
électro-optique optique électrique de polarisation
50/50
Scope OSA SRF
Oscilloscope Analyseur de Analyseur de Coupleur optique
spectre optique spectre électrique
PM
Deux dispositifs expérimentaux ont été utilisés : le premier permet de faire une
mesure "en direct" tandis que le second réalise une boucle non linéaire.
2.5.1 En direct
[Link] Banc expérimental
Le montage que nous avons utilisé est présenté (figure 2.11). Les mesures sont effec-
tuées en mode continu.
La source utilisée est une diode laser à rétroaction (Distributed Feedback Laser :
DFB) et émet à une longueur d’onde de 1550 nm. Elle délivre une lumière quasi mono-
chromatique, continue et cohérente dans l’infrarouge et constitue un standard industriel
dans les télécommunications optiques à longues distances. Afin d’obtenir un régime mo-
nomode, contrairement aux diodes lasers électro-luminescentes et aux lasers multimodes,
71
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
Diode EDFA P C
Laser
RF
SRF
Figure 2.11 – Montage de mesure des modes TR2m en direct.
l’on peut soit réduire la cavité de la diode laser ou introduire dans la cavité des éléments
qui vont spectralement sélectionner un mode [61]. C’est le cas de la DFB [62] où un ré-
seau de Bragg est gravé dans la zone d’émission, entraînant une modulation de l’indice de
réfraction du guide d’onde [63]. Celle que nous utilisons, a une largeur à mi-hauteur (Full
Width Half Maximum : FWHM) de 500 kHz [64] et fournit une puissance maximale de
50 mW. Elle est stabilisée en température et en courant. En plaçant un filtre de courant
sur l’entrée de la diode laser, nous évitons l’élargissement du spectre de la diode.
La correspondance entre le courant et la puissance de la diode est donnée à la fi-
gure 2.12. Les valeurs de courant de 200 mA et 300 mA correspondent respectivement à
Puissance (dBm)
10
0
−20
−40
−60
0 50 100 150 200 250 300 350 400
Puissance (mW)
50
40
Courant (mA)
20
0
0 50 100 150 200 250 300 350 400
Courant (mA)
A chaque fois qu’un signal optique traverse un milieu diffusant, une fraction de ce si-
gnal est rétrodiffusée. Nous utilisons un isolateur optique après la DFB pour éviter qu’une
72
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
réflexion aussi infime soit-elle du signal optique qui le traverse, ne revienne endommager
la source. Son efficacité se caractérise par la mesure des pertes d’isolation. Plus celles-ci
sont élevées, mieux cela est.
Le signal optique est ensuite amplifié par un amplificateur à fibre dopée à l’Erbium
(Erbium Doped Fiber Amplifier : EDFA) [65]. En télécommunications, l’EDFA permet
au signal de parcourir une plus grande distance sans nécessiter de répéteur [66]. Le seul
problème est son émission spontanée (Amplified Spontaneous Emission : ASE), qui cons-
titue une source de bruit puisque toutes les fréquences sont amplifiées de la même façon.
Grâce à l’usage d’un filtre optique à bande accordable, nous avons résolu le problème.
Outre sa fréquence et sa puissance, tout signal optique est également caractérisé
par son état de polarisation. Celui-ci indique l’orientation de son vecteur champ élec-
trique. Lors de sa propagation dans la fibre, le signal optique même polarisé (par exemple
linéairement polarisé pour une majorité de sources lasers du signal) voit son état de po-
larisation changer en permanence. Cela est dû aux micro-contraintes présentes dans la
fibre, contraintes qui modifient la vitesse de propagation du signal optique. En utilisant
un contrôleur de polarisation, qui permet de faire varier à dessein l’état de polarisation du
signal optique, avant la fibre testée, nous sélectionnons l’état de polarisation idéal pour
optimiser l’interaction acousto-optique. Un polariseur est utilisé à l’extrémité de la chaîne
pour observer le décalage en fréquence entre l’onde optique incidente et celle diffusée par
les modes TR2m . Le signal est ensuite détecté par une photodiode et amplifié par des
amplificateurs micro-ondes.
Les photodiodes permettent de convertir le signal optique en signal électrique afin
de pouvoir le lire et l’interpréter à l’oscilloscope ou à l’analyseur de spectre micro-onde
ou électrique. Celles que nous avons utilisées sont classées en deux catégories : les pho-
todiodes lentes (pour mesurer les signaux de petite bande passante) et les photodiodes
rapides pour les autres signaux. Elles ont été calibrées (rapport de conversion mW → mV)
à 1550 nm en suivant le protocole ci-après :
– tout d’abord, régler la DFB pour avoir un signal optique continu de référence dont
la puissance est mesurée à la tête optique,
– ce signal est ensuite envoyé sur la photodiode (à calibrer) qui est connectée à un
oscilloscope permettant de mesurer l’équivalence en tension électrique. On le fait
pour différentes puissances de la DFB,
– enfin, par une règle de proportionnalité, le calibrage est déduit.
Il existe un compromis entre la bande passante et le gain de la photodiode. Les
fréquences présentes dans le signal sont observées à l’analyseur de spectre micro-onde.
[Link] Résultats
Nous n’avons pu observer les modes acoustiques transverses dans notre PCF (T452A).
Cela peut s’expliquer soit par le faible couplage acousto-optique dans la fibre, par la sa-
turation de la photodiode de détection ou par la moins bonne sensibilité de l’analyseur
de spectre micro-onde (SRF).
Etant donné que nous sommes intéressés par des applications de capteurs répartis,
les expériences "en direct" n’ont pas retenu notre attention. Nous avons ensuite utilisé un
montage en boucle non linéaire.
73
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
E1
Π:1−Π
E3 Entrée
L
Sortie
E4
coupleur E2
Une boucle non linéaire peut être constituée en interconnectant les sorties d’un
coupleur bidirectionnel [67]. Soient L la longueur de la boucle, Π le taux de couplage
d’intensité du coupleur (Π : 1−Π), ε le coefficient de perte due au coupleur, α le coefficient
d’atténuation de la fibre utilisée dans la boucle et β la constante de propagation de la
fibre.
Le champ incident Ein qui entre dans le coupleur se divise en deux champs, l’un
Π Ein parcourt la boucle dans le sens horlogique sans traverser le coupleur (Π0,5 car
0,5
le champ est la racine carrée de l’intensité) et donc sa phase n’est pas changée. L’autre
champ, (1 − Π)0,5 traverse le coupleur et parcourt la boucle dans le sens anti-horlogique ;
π
sa phase a donc un retard de par rapport à la phase de l’onde incidente. Chacun de
2
ces deux champs injectés dans la boucle la parcourt puis se redivise en sortie de la boucle
en parcourant le coupleur (une partie va vers la sortie et l’autre revient vers l’entrée de
la boucle). Le champ total qui sort par le port "sortie" (figure 2.13) de la boucle sera la
superposition donc la somme de deux champs : l’un provenant du champ ayant conservé
sa phase pendant les deux fois qu’il a parcouru le coupleur et l’autre ayant changé deux
π π
fois sa phase (− (+) − ), ce qui donne pour le champ en sortie :
2 2
74
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
Le champ total qui sort par le port "entrée" (figure 2.13) est appelé le champ réfléchi.
Il est constitué d’une part du champ qui entre dans le coupleur au début sans le traverser,
en le parcourant dans le sens horlogique puis en le traversant en sortie et d’autre part
du champ qui pénètre dans le coupleur en le traversant, parcourt la boucle et sort sans
traverser le coupleur. Chacun de ces deux champs a traversé une fois le coupleur, donc un
π
déphasage de chacun. Ce qui donne pour le champ total réfléchi :
2
Ainsi,
Er
= −2jΠ0,5 (1 − ε) (1 − Π)0,5 e(−α+jβ)L (2.41)
Ein
π
On remarque donc qu’il y a un changement de phase de à chaque réflexion. Mais
2
en transmission, il n’y a pas de changement de phase si Π > 0,5. Toutefois, le changement
de phase est de π si Π < 0,5.
Les coefficients de transmission et de réflexion en intensité, Γ et R sont obtenus en
Eout Er
prenant le carré du module de et dans les équations (2.39) et (2.41) respective-
Ein Ein
ment, ce qui donne :
L’approche ci-dessus est vraie si l’on suppose que les ondes n’ont pas accumulé de
phase lors de leur parcours dans la boucle [68] ; ce qui est vrai si la boucle se comporte
de manière linéaire c’est-à-dire si les intensités des champs électriques mis en jeu ne sont
pas assez élevées pour induire une interaction non linéaire dans la boucle.
Si l’automodulation de phase est présente, une phase ψ sera accumulée :
2π n2 |E|2 L
ψ= (2.45)
λ
n2 le coefficient d’indice non linéaire.
A partir de la figure 2.13 représentant également une "boucle anti-résonante non
sélective en fréquence" [69], les champs E3 et E4 peuvent être écrits comme suit :
E3 = Π0,5 E1 ± ej 2 (1 − Π)0,5 E2
π
(2.46)
E4 = Π0,5 E2 ± ej 2 (1 − Π)0,5 E1
π
(2.47)
75
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
On montre que si Π 6= 0,5 ; la transmission au port "Sortie" (figure 2.13) est totale ;
de façon périodique et sous certaines conditions. Rappelons que jusqu’ici la biréfringence
dans la boucle a été supposée quasi nulle. La biréfringence permet, en effet, de modifier
sensiblement le taux de réflectivité (de 100% à 0%) car elle crée une variation du chemin
optique des deux champs électriques contrapropageants [70].
Isolateur
Diode EDFA
Laser P C
Fibre sous
50/50
Polariseur test
RF
SRF
[Link] Résultats
Avec une fibre photonique de gros cœur baptisée PCF T452A et une fibre conven-
tionnelle de longueurs respectives 500 m et 3 km, nous avons observé à l’analyseur de
spectre électrique les modes TR2m (figures 2.15 et 2.17) avec un réglage du contrôleur de
polarisation à l’intérieur de la boucle de manière à avoir un minimum de puissance sur la
photodiode en sortie de la boucle.
−50
−55
Puissance (dBm)
−60
−65
−70
0 200 400 600 800 1000
Fréquence (MHz)
76
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
−45
−50
Puissance (dBm)
−55
−60
−65
−70
0 200 400 600 800 1000
Fréquence (MHz)
Figure 2.17 – Observation des modes TR2m dans une fibre standard.
−10
−20
Puissance (dBm)
−30
−40
−50
−60
−70
−80
0 500 1000 1500
Fréquence (MHz)
L’observation à l’analyseur de spectre optique nous fait remarquer que les modes
TR2m s’observent plus facilement quand l’onde Brillouin a une faible puissance comparée
à celle correspondant à l’onde incidente. Cela permet de conclure que ces modes ne né-
cessitent pas que la puissance à l’entrée de la fibre soit élevée pour être observés. De plus,
l’augmentation progressive de la puissance lumineuse en entrée de fibre ne modifie pas
significativement la puissance ni la fréquence de ces modes : nous concluons que les modes
torsio-radiaux ne dépendent uniquement que de la structure de la fibre. Par ailleurs, nous
remarquons que les modes observés sont bien compris entre 0 et 1 GHz.
77
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
2.6 Conclusion
A travers ce chapitre, une présentation des modes acoustiques dans les fibres optiques
a été faite. La diffusion Brillouin a été exposée et les modes acoustiques transverses ont été
étudiés. Ceux d’entre eux qui sont à la base de la diffusion de la lumière ont été identifiés.
Nous avons présenté les méthodes de calcul de leurs fréquences dans une fibre op-
tique standard. Sous certaines conditions respectées par les fibres microstructurées que
nous avons utilisées, les mêmes méthodes peuvent être utilisées pour prédire les fréquences
des modes longitudinaux et torsio-radiaux dans les fibres à cristaux photoniques. Grâce
au montage en boucle non linéaire, les modes torsio-radiaux ont été observés dans une
fibre photonique à gros cœur et corroborent les prédictions.
Dans le but d’exploiter ces modes transverses dans l’analyse de la section transverse
d’une fibre pour des applications de capteurs répartis, il faut pouvoir observer ces modes
en rétrodiffusion : ce sera l’objet du chapitre suivant.
78
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
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79
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
80
Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
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Chapitre 2. La diffusion Brillouin et les modes de résonance acoustique
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82
CHAPITRE
Sommaire
3.1 Etat de la matière en réflectométrie . . . . . . . . . . . . . . . 84
3.1.1 La résolution spatiale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
3.1.2 La fréquence de répétition des impulsions . . . . . . . . . . . . 86
3.1.3 Les variantes d’OTDR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
3.2 Réflectométrie Brillouin (BOTDR) . . . . . . . . . . . . . . . . 88
3.2.1 Principe de fonctionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
[Link] Schéma de principe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
[Link] Caractéristiques de l’impulsion . . . . . . . . . . . . . 89
3.2.2 Dispositifs expérimentaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
[Link] Réglage du modulateur électro-optique . . . . . . . . 91
[Link] Préparation du signal avant la fibre testée . . . . . . . 92
[Link] Le signal rétrodiffusé . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
3.2.3 Analyse de données . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
[Link] La fréquence d’échantillonnage . . . . . . . . . . . . . 97
[Link] La fenêtre de temps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
3.2.4 Résultats expérimentaux des mesures en réflectométrie . . . . . 99
[Link] Sur deux fibres SMF en cascade . . . . . . . . . . . . 100
[Link] Sur SMF de 2,2 km . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
83
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
Faire des mesures réparties au moyen d’une fibre optique nécessite la mise au point
d’un dispositif expérimental permettant de retrouver la position (dans la fibre) correspon-
dant au signal mesuré. La réflectométrie peut être utilisée à cette fin.
Ce chapitre s’intéresse aux techniques de réflectométrie utilisant la diffusion non
linéaire Brillouin. Il s’agit du BOTDR (Brillouin Optical Time Domain Reflectometry).
En commençant par une présentation du principe de réflectométrie et de ses variantes,
nous nous attarderons sur la réflectométrie Brillouin. Le banc expérimental que nous
avons développé sera détaillé puis comparé au principe du BOTDR classique. Ensuite, les
différentes techniques de traitement de signal utilisées pour extraire les informations de
nos mesures, seront exposées.
Les mesures ont été réalisées sur quatre catégories de fibres :
– deux fibres SMF de fabrication différente et soudées en cascade,
– une fibre SMF,
– une fibre DSF,
– et une fibre PCF.
Nous avons pu vérifier expérimentalement l’influence de la durée d’impulsion sur les
mesures réalisées. Certains obstacles aux mesures comme l’automodulation de phase ont
retenu notre attention.
84
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
directions. La fraction de signal qui diffuse dans une direction opposée à celle du signal
incident est appelée "signal rétrodiffusé". C’est la clé de la réflectométrie. En effet, en
envoyant un signal pulsé dans la fibre et en récupérant le signal rétrodiffusé en fonction
du temps d’arrivée, on peut localiser spatialement par le temps de vol, les pertes le long de
la fibre. D’où le nom de "réflectométrie optique dans le domaine temporel" (Optical Time
Domain Reflectometry/Reflectometer : OTDR) donné à cette technique. Elle ressemble
à la technologie mise en œuvre dans le LIDAR (Light Detection And Ranging : le radar
optique).
Le signal rétrodiffusé peut être analysé selon la variation de son intensité, de sa
fréquence, de sa phase... ouvrant ainsi la voie à des variétés de réflectomètres. Il est à
noter que ces réflectomètres OTDR ne sont pas basés sur les effets non linéaires dans la
fibre contrairement aux réflectomètres Brillouin et Raman.
L’utilité de l’OTDR pour les télécommunications n’est plus à démontrer et son
avantage majeur est de n’utiliser qu’une extrémité de la fibre. Cela a vulgarisé l’utilisation
du réflectomètre OTDR qui représente une technique non destructive. Son principe est
résumé (figure 3.1).
log(Pr )
RF
t = 2nz/c
Une source laser émet directement des impulsions de puissance Po qui sont ensuite
injectées dans un coupleur optique dont l’un des bras d’entrée permettra ensuite de récu-
pérer le signal rétrodiffusé. Ce signal détecté par une photodiode est amplifié puis analysé.
Dans le cas d’un réflectomètre OTDR standard, la mesure de la puissance Pr du
signal rétrodiffusé permet de déduire son atténuation locale par la formule :
avec :
– Po τ , l’énergie de l’impulsion de durée τ
– vg , la vitesse de groupe
– αd , le coefficient de diffusion
– B, la fraction de capture qui est fonction de l’ouverture numérique
– αT , somme des coefficients de diffusion et d’absorption
– t, le temps (variable temporelle)
85
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
L’OTDR à codage pseudo-aléatoire [7] : pour lequel les impulsions sont émises
avec une séquence pseudo-aléatoire et les techniques de corrélation sont également uti-
lisées. Encore appelé OTDR à corrélation [8–11], son but est de résoudre le problème de
compromis [10] que pose la durée de l’impulsion. En effet, pour augmenter la puissance
rétrodiffusée, on peut augmenter la valeur τ de l’impulsion. Or, augmenter τ dégrade la
résolution spatiale (équation (3.2)). Par ailleurs, même si diminuer la durée d’impulsion
d’un facteur "K" par exemple améliore la résolution spatiale également d’un facteur "K",
cela oblige à utiliser une photodiode de bande passante "K" fois plus élevée, donc de puis-
sance de bruit "K" fois plus élevée, ce qui réduit la dynamique de l’OTDR.
86
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
L’OTDR cohérent [12] : ici la technique d’hétérodynage [13–15] est utilisée pour am-
plifier de façon cohérente le signal rétrodiffusé dont la puissance Pr est relativement faible.
L’hétérodynage consiste à mélanger dans une photodiode le signal rétrodiffusé avec un
autre signal de référence plus puissant appelé signal d’oscillateur local ; ce signal peut être
une fraction de la source et donc de même fréquence que le signal incident. En augmen-
tant la puissance du signal de l’oscillateur, le rapport signal sur bruit du signal détecté
est amélioré.
L’OFDR cohérent [19] : la même technique d’hétérodynage est utilisée comme dans
le cas de l’OTDR cohérent. Un nouvel instrument utilisant cette technologie est l’OBR
(Optical Backscatter Reflectometer) développé par la firme Luna Technologies.
Une présentation plus détaillée des techniques de réflectométrie OTDR a été faite
par plusieurs auteurs [8, 20–22]. L’une des faiblesses du réflectomètre OTDR est la per-
turbation causée par la réflexion de Fresnel qui est 3 à 4 ordres de grandeurs (103 à 104 )
plus élevée que la diffusion Rayleigh [8]. La réflexion de Fresnel sature la photodiode et
empêche d’avoir des mesures fiables pour les premiers signaux rétrodiffusés : les zones
concernées sont appelées "zones mortes".
Contrairement à ces réflectomètres OTDR basés sur la diffusion Rayleigh qui est
linéaire, d’autres types de réflectomètres basés sur les diffusions non linéaires telles les
diffusions Raman [23, 24] et Brillouin ont été étudiés. Cela nécessite des impulsions de
plus forte puissance crête afin de créer dans la fibre, les effets non linéaires désirés. Dans
cette catégorie, le signal portant l’information n’est plus à la fréquence du signal incident
mais à la fréquence Brillouin (ou Raman). En filtrant le signal rétrodiffusé à la fréquence
du signal incident, on s’affranchit de la diffusion Rayleigh et surtout de la réflexion de
Fresnel.
Comme pour l’OTDR, des variantes de la réflectométrie Brillouin existent. Nous
avons entre autres, les techniques d’analyse Brillouin (Brillouin Optical Frequency Domain
Analysis : BOFDA) [25, 26] et (Brillouin Optical Time Domain Analysis : BOTDA) [27]
(cf chapitre 4) et leurs variantes qui se différencient de la réflectométrie classique par le
fait que les deux bouts de la fibre sont utilisés.
87
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
fo fB fB + B fB
Source
Continue
1 EOM
Fibre sous test
2
RF
La figure 3.2 schématise une source laser continue de fréquence fo qui passe à travers
un premier coupleur optique (1) permettant de prélever une partie du signal (en général
1 à 10%). Cette dernière sert d’oscillateur local. Le modulateur électro-optique hache le
signal optique à une fréquence de répétition fr choisie en fonction de l’équation (3.3).
L’impulsion, si nécessaire, peut être amplifiée avant d’entrer dans le circulateur. Ici, si
nous employons un circulateur à la place d’un coupleur optique, c’est parce qu’il faut
maximiser la proportion de signal qui est couplée dans la fibre et simultanément récolter
un maximum de puissance rétrodiffusée qui revient de la fibre. En utilisant un coupleur
optique de rapport de couplage (Π : 1−Π), cette condition n’est vérifiée que pour Π = 50%.
Ce qui est loin d’être satisfaisant. Grâce au circulateur que nous avons utilisé, 70% du
signal incident est couplé dans la fibre et 80% du signal rétrodiffusé est récolté.
Le circulateur est formé d’un guide d’onde de Faraday à trois ports. En laissant à
chaque fois, le signal optique circuler dans un seul sens, il permet, lorsqu’il est placé par
exemple en entrée d’une fibre optique, d’y injecter du signal tout en récupérant le signal
rétrodiffusé (figure 3.3).
88
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
Transmission : 70%
Entrée
Circulateur
Sortie
Retour
Transmission : 80%
Le signal Brillouin rétrodiffusé est ensuite mélangé, dans le second coupleur optique
(2), avec le signal de l’oscillateur local. On amplifie le signal de battement détecté à la
photodiode avant de le démoduler. Comme le décalage en fréquence Brillouin est sensible à
la température et aux contraintes dans la fibre, l’analyse de la variation du signal démodulé
de fréquence Brillouin, permet de remonter à ces variations physiques. Le décalage en
fréquence a une valeur typique d’environ 10 GHz dans les fibres optiques en silice. A la
figure 3.2, B désigne un changement local de contrainte ou de température. Les coefficients
de variation sont respectivement de 1 MHz/0,002% et de 1 MHz/1 K pour la contrainte et
la température [34].
Les paramètres caractéristiques d’un BOTDR sont :
– la résolution spatiale,
– la résolution en fréquence,
– la bande passante du système de détection (dépendant de la durée de l’impulsion
et de sa fréquence de répétition),
– l’étendue de la dynamique qui exprime la différence entre les valeurs maximale et
minimale des mesures faites (par exemple la puissance optique),
– et la précision de la mesure de puissance optique par le système de détection.
Cas 1 : quand la durée d’impulsion τ est très supérieure à la durée de vie TB des
phonons (τ TB ), le changement de la durée d’impulsion n’a pas d’effet sur la largeur à
mi-hauteur de la courbe de gain Brillouin de forme lorentzienne. Une interaction cohérente
a lieu entre les phonons et les photons.
89
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
Cas 2 : quand la durée d’impulsion est du même ordre de grandeur que la durée de vie
des phonons (τ ∼ TB ), le spectre Brillouin commence à s’élargir.
Cas 3 : quand la durée d’impulsion est très inférieure à la durée de vie des phonons
(τ TB ), la largeur à mi-hauteur diminue brusquement notamment à partir de 5 ns [38].
Par ailleurs, pour une impulsion lumineuse de forme rectangulaire, de fréquence op-
tique fo et de durée τ , la puissance spectrale Pp (f, fo ) est donnée par [39] :
" #2
sinπ(f − fo )τ
Pp (f, fo ) = Po (3.4)
π (f − fo )
avec Po une constante.
On remarque en traçant la courbe de la puissance spectrale pour quelques valeurs
de τ , que la puissance optique est confinée dans une petite bande autour de fo lorsque τ
est élevée et que cette bande s’élargit avec la diminution de τ .
Naruse et son équipe [39] ont démontré théoriquement d’une part, l’élargissement
du spectre du signal Brillouin quand τ diminue et d’autre part l’allure non lorentzienne
du signal Brillouin quand τ < 10 ns.
La puissance crête (Pc ) de l’impulsion est calculée en divisant l’énergie (E) qu’elle
contient par sa durée (Pc = E/τ ). La puissance moyenne correspondante est calculée en
multipliant la puissance crête par le rapport cyclique (fr .τ ) avec fr la fréquence de ré-
pétition des impulsions. Par exemple : pour une impulsion de 200 ns d’énergie 2 µJ avec
une fréquence de répétition de 10 kHz, on a une puissance crête de 10 W et une puissance
moyenne de 20 mW.
Le BOTDR présenté ci-dessus est basé sur le mode fondamental Brillouin (environ
10 GHz). Comme nous l’avons souligné au chapitre 2, les modes acoustiques transverses
possèdent des fréquences comprises entre quelques Hz et 2 GHz. Par ailleurs, certaines
fibres possèdent plusieurs modes acoustiques longitudinaux. Dans le but de mesurer tous
ces modes en réflectométrie, nous avons proposé le montage suivant.
90
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
Bias
Diode 90/10
90
EOM 90/10
10
50/50
Laser 10 90 Scope 1
P C EDFA
PM
99
99/1
1
50/50
OSA
50/50
12 GHz
Scope 2 RF RF Scope 2
100 MHz 2 GHz 8 GHz
tttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttt
| {z }
Source tttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttt
| {z }
I : "Modes acoustiques guidés" micro−onde II : "Mode Brillouin"
8−12 GHz
Figure 3.4 – Le dispositif expérimental avec deux chemins de détection pour la réflecto-
métrie Brillouin.
Ce dispositif est constitué de deux chemins de détection, l’un pour les basses fré-
quences et l’autre pour les hautes. Ils sont baptisés respectivement "modes acoustiques
guidés" et "mode Brillouin".
La diode laser (DFB) est la même que celle utilisée pour les mesures au chapitre 2.
Le signal qu’elle émet, est divisé en deux signaux au moyen d’un coupleur optique. Une
partie du signal est injectée dans le modulateur électro-optique tandis que l’autre partie
sert d’oscillateur local pour l’hétérodynage avec le signal optique retour. Après l’hété-
rodynage, le signal est séparé optiquement en deux fractions pour les deux chemins de
détection. L’avantage de cette séparation optique est que l’on évite les problèmes d’adap-
tation d’impédance liés à une séparation en micro-onde. La puissance du signal utile est
également plus élevée.
Dans la suite, nous détaillons le dispositif expérimental.
91
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
Par un bon réglage du modulateur, des impulsions de bonne coupure sont obtenues
c’est-à-dire que le signal en sortie du modulateur a une puissance quasi nulle au zéro de
l’impulsion. Au même moment, une bonne dynamique est nécessaire pour améliorer le
rapport signal sur bruit.
A titre d’exemple, des mesures réparties sur la température et les contraintes ont
été réalisées avec une dynamique de 27 dB [40].
La seconde partie du signal mélangé, est envoyée dans un coupleur optique (50/50).
Le but poursuivi en scindant le signal optique en deux parties est de rechercher simultané-
ment les modes acoustiques transverses dont les fréquences sont comprises entre 200 MHz
et 2 GHz et le mode fondamental Brillouin à environ 10 GHz.
Comme la fréquence du mode fondamental Brillouin est de l’ordre de 10 GHz, un
filtre passe-haut de fréquence de coupure égale à 8,4 GHz est utilisé afin de s’affranchir
des fréquences plus basses et sert à supprimer les harmoniques contenus dans le signal
rétrodiffusé. Ensuite, la source micro-onde, un synthétiseur, est réglée à une fréquence
fLO légèrement différente de la fréquence Brillouin fB . Il permet de générer des ondes de
fréquence type micro-onde (GHz) qui sont utilisées lors de l’hétérodynage. L’hétérodynage
est réalisé par le mélangeur micro-onde dans lequel interagissent le signal filtré à 8,4 GHz
et celui généré par le synthétiseur (figure 3.5).
La fréquence Brillouin est déduite de la fréquence de battement mesurée (fB = fLO ±
fbat ), avec fLO et fbat respectivement la fréquence du synthétiseur et celle de battement.
92
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
Une seconde mesure avec une autre valeur fLO est nécessaire pour calculer la vraie valeur
de fB .
fB
fO − fB fO Fréquence fB Fréquence
optique électrique
fbat
|fB − fLO |
fLO Fréquence
du synthétiseur
Comme nous n’avions pas un synthétiseur, et dans le but de disposer d’une source
micro-onde de fréquence de l’ordre de 10 GHz, nous avons monté une source micro-onde
de 5,2 GHz (figure 3.6) qui a été ensuite doublée puis amplifiée grâce à l’amplificateur
micro-onde (Low Power Amplifier : LPA) qui amplifie le signal dans la bande de 100 MHz
à 10 GHz.
OV 12 V
Figure 3.6 – Montage d’une source micro-onde de 10,4 GHz (PLL : Phase Locked Os-
cillator - FDR : Frequency Doubler - VHF : Very High Frequency - LPA : Low Power
Amplifier - SRF : Spectrum Radio Frequency analyser).
93
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
20 0
10 −10
0 −20
Puissance (dBm)
Puissance (dBm)
−30 65 dB
−20 65 dB
−40
−50
−40 −60
−70
−60
5196 5198 5200 5202 5204 5206 10350 10370 10390 10410 10430 10450
Fréquence (MHz) Fréquence (MHz)
Figure 3.7 – Signal micro-onde Figure 3.8 – Signal micro-onde après dou-
avant doublage avec une puissance blage. La dynamique est toujours de 65 dB
de 12 dBm et une dynamique de et les pertes dues au doublage de fréquence
65 dB. La bande passante de l’ana- s’élèvent à 15 dB. La bande passante de
lyseur de spectre est de 1 MHz. l’analyseur de spectre est de 1 MHz.
La figure 3.9 représente le signal obtenu après amplification. Avec une puissance de
5 dBm, il est suffisant pour l’hétérodynage.
La bande passante de l’analyseur de spectre micro-onde est de 1 MHz.
Nous avons ainsi démontré qu’une alternative fiable peut être trouvée au synthé-
tiseur classique optimisé pour générer des sources micro-ondes, si l’on n’en possède pas.
Comme nous en avons acquis un, nous avons abandonné la source fabriquée au profit du
synthétiseur. Ainsi, tous les résultats présentés dans la suite de ce travail, ont-ils été ob-
tenus en utilisant le synthétiseur à la place de la source micro-onde que nous avons montée.
En outre, le signal optique obtenu en prélevant 10% du signal du laser (figure 3.4),
permet de tester le montage. En effet, si en coupant les 10% du signal du laser, un signal
est toujours observé à l’oscilloscope, il s’agira donc du bruit.
Pour des mesures de réflectométrie, le signal mesuré à l’oscilloscope doit ensuite
être démodulé afin de tracer le spectre en fonction de la position le long de la fibre. Nous
désignons par "analyse de données" les différentes étapes de la démodulation.
94
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
10
Puissance (dBm) 0
−10
−20
−40
−60
10390 10392 10394 10396 10398
Fréquence (MHz)
Figure 3.9 – Signal micro-onde après amplification avec une puissance suffisante de
5 dBm. La bande passante de l’analyseur de spectre est de 1 MHz.
0, 7 ∗ sin(2 ∗ π ∗ 50 ∗ t)
sin(2 ∗ π ∗ 120 ∗ t)
2 ∗ randn(size(t))
avec t, le temps exprimé en secondes (s). Les figures 3.10 et 3.11 représentent ce signal
dans les domaines temporel et fréquentiel.
95
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
6 1
4 0.8
Amplitude
Amplitude
2 0.6
0 0.4
−2 0.2
−4 0
0 10 20 30 40 50 0 100 200 300 400 500
Temps (ms) Fréquence (Hz)
Prenons ensuite deux autres signaux temporels. Supposons que le premier ait une
fréquence de 2,5 Hz la moitié du temps puis une fréquence de 5 Hz l’autre moitié du
temps (figure 3.12). Le second signal à l’inverse, possède une fréquence de 5 Hz puis
2,5 Hz (figure 3.14). L’information sur l’évolution de la fréquence de chacun de ces signaux
est perdue quand on passe dans le domaine fréquentiel puisque leur TF est identique
(figures 3.13 et 3.15). Celle-ci ne suffit donc plus.
0.4
0.5
Amplitude
Amplitude
0.3
0
0.2
−0.5
0.1
−1 0
0 1000 2000 3000 4000 5000 0 2 4 6 8 10
Temps (ms) Fréquence (Hz)
96
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
0.4
0.5
Amplitude
Amplitude
0.3
0
0.2
−0.5
0.1
−1 0
0 1000 2000 3000 4000 5000 0 2 4 6 8 10
Temps (ms) Fréquence (Hz)
Des paramètres importants pour l’analyse des données feront l’objet des paragraphes
suivants.
97
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
Outre le type de fenêtre, nous devons choisir sa largeur (N f f t) qui désigne le nombre
de points échantillonnés sur lesquels seront calculés la TF. Les effets de bords causés par
les flancs raides des fenêtres rectangulaires sont lissés en agissant sur le pas de glisse-
ment de la fenêtre. Il est modélisé sous l’appelation Overlap et quatre choix sont possibles
(None, 50%, 75%, 90%), "None" correspondant à la situation où le pas de glissement est
égal à la largeur de la fenêtre. Il est à souligner que, si Overlap lisse les effets de bords, il
augmente le nombre de points de calcul.
98
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
99
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
13.02
12.55
Fréquence (GHz)
12.02
Zone de l’épissure
entre les deux fibres
11.55
11.02
10.52
0 1 2 3 4 5
Distance (km)
Figure 3.18 – Spectrogramme obtenu sur deux fibres SMF soudées l’une à la suite de
l’autre, avec une résolution spatiale de 20 m. La résolution en fréquence est de 10 MHz.
Le canal de détection est celui des hautes fréquences.
100
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
Nous remarquons (figure 3.18) que les deux fibres sont bien identifiables. Le saut de
fréquence Brillouin lors du passage de la première à la seconde fibre permet de repérer la
zone d’épissure. Ainsi, grâce à ce réflectomètre, en plus d’identifier deux fibres différentes,
l’on peut également repérer les défauts dans la fibre grâce à l’étude de la variation de sa
fréquence Brillouin.
Il faut cependant veiller à un bon choix des paramètres de réglage. En effet, toute
la fibre peut ne pas être sondée pour raison de saturation du signal Brillouin. C’est le cas
(figure 3.19) où l’extrémité de la seconde fibre n’est pas visible. Cela s’explique par le fait
que le signal Brillouin est déjà saturé après 3 km de fibre. Cette saturation du signal est
causée par la forte puissance de l’EDFA (15 mW de puissance moyenne). Les paramètres
de mesure et de traitement des données sont résumés aux tableaux 3.4 et 3.5.
12.85
12.35
Fréquence (GHz)
11.35
10.85
10.35
0 1 2 3 4 5
Distance (km)
Figure 3.19 – Spectrogramme obtenu sur deux fibres SMF soudées l’une à la suite de
l’autre, avec une résolution spatiale de 20 m. La résolution en fréquence est de 10 MHz.
Le canal de détection est celui des hautes fréquences. Ici, l’extrémité de la seconde fibre
n’est pas observable à cause de la saturation du signal Brillouin.
101
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
Nous réalisons ensuite des mesures sur une SMF de 2,2 km de longueur. Les mesures
effectuées ont révélé une fréquence Brillouin de 10,67 GHz. Les paramètres de mesure et
de traitement des données sont résumés aux tableaux 3.6 et 3.7. Le choix d’une durée
d’impulsion de 200 ns correspond à une résolution spatiale théorique de 20 m. Ainsi pour
une fréquence d’échantillonnage Fs de 5 GHz, nous ne pouvons choisir la valeur de N f f t
supérieure à 512 au risque d’avoir une résolution spatiale numérique supérieure à celle
théorique. Dans nos conditions de mesure, la résolution en fréquence est d’environ 10 MHz.
La fréquence mesurée (figure 3.21) est issue du battement entre la fréquence Brillouin
et celle du synthétiseur. La ligne de fréquence observable aux alentours de 0,65 GHz est
un artéfact.
0.015 12.6
0.01
12.1
Fréquence (GHz)
Amplitude (V)
0.005
11.6
0
−0.005 11.1
−0.01 10.6
−0.015
0 0.5 1 1.5 2 2.5 10.1
Distance (km) 0 0.5 1 1.5 2 2.5
Distance (km)
102
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
−40 12.6
−45
12.1
Fréquence (GHz)
−50
Amplitude
11.6
−55
11.1
−60
10.6
−65
−70 10.1
0 0.5 1 1.5 2 2.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5
Distance (km) Distance (km)
Sur les figures 3.21 et 3.23, on observe une légère dérive de la fréquence sur les
200 premiers mètres. Afin de s’assurer que la dérive ne dépend pas de notre montage
expérimental, une mesure supplémentaire a été réalisée en inversant l’extrémité d’entrée
de la fibre. Les résultats obtenus (figures 3.24 et 3.25) montrent clairement que la fibre
est responsable de la dérive de la fréquence.
11.86 11.86
11.66 11.66
Fréquence (MHz)
Fréquence (MHz)
11.46 11.46
11.26 11.26
11.06 11.06
10.86 10.86
10.66 10.66
0 0.5 1 1.5 2 0 0.5 1 1.5 2
Distance (km) Distance (km)
103
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
Bias
Diode 90/10
90
EOM 90/10
10
50/50
Laser 10 90 Scope 1
P C EDFA
PM
99
99/1
1
50/50
OSA
50/50
SRF RF
tttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttt
| {z }
"Modes acoustiques guidés"
Figure 3.26 – Dispositif expérimental pour la mesure en continu des modes acoustiques
guidés.
La figure 3.27 montre les trois ondes optiques observées à l’OSA pour une fibre SMF
standard. Elle illustre également la frontière entre les effets Brillouin spontané et stimulé.
~ks
~ka
~ki
~ka
~ks
Figure 3.28 – La diffusion des modes acoustiques guidés créée par la diffusion Brillouin.
~ks , ~ki et ~ka représentent respectivement les vecteurs d’onde diffusée, incidente et acous-
tique.
Dans ce cas, ils peuvent être observés en filtrant le mode fondamental Brillouin.
Pour ce faire, sachant que les modes acoustiques guidés ont des fréquences inférieures à
2 GHz, le signal en sortie de la photodiode traverse un filtre passe-bas de fréquence de
coupure de 2 GHz. Un filtre passe-haut à la fréquence de coupure de 200 MHz est ensuite
utilisé pour supprimer le bruit à basses fréquences. Le signal ainsi filtré est amplifié puis
affiché à l’analyseur de spectre électrique dont la bande passante de résolution est de
104
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
−30
Rayleigh Stokes
Amplitude (dBm) −40
−50
anti−Stokes
−60
−70
3 MHz et celle de la vidéo de 1 kHz. La partie du montage concernée est baptisée "Modes
acoustiques guidés" (figure 3.4). Les mesures sur une fibre SMF n’ont donné aucun résultat.
L’hypothèse selon laquelle les modes acoustiques transverses pourraient être observés en
rétrodiffusion, ne tient donc pas. Les expériences ont été refaites cette fois-ci sur une fibre
DSF. Pourquoi ce choix ?
105
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
les lettres a, b et c (figure 3.29). Les mêmes mesures réalisées en mettant la DSF dans
une boucle non linéaire (figure 3.30) montrent un spectre différent de celui de la figure 3.29
prouvant ainsi que ce dernier ne représente pas les modes acoustiques transverses.
En essayant de déduire des modes de battement, les positions relatives des diverses
fréquences Brillouin, l’on pense immédiatement au schéma (figure 3.31) où les modes
hautes fréquences du spectre de battement se retrouvent plutôt dans la gamme basses
fréquences. On y reviendra dans la suite.
−35 a −45
−40
−50
Puissance (dBm)
Puissance (dBm)
−45 b
−50 c −55
−55
−60
−60
−65 −65
0 200 400 600 800 1000 0 200 400 600 800 1000
Fréquence (MHz) Fréquence (MHz)
Intensité
b
c
Figure 3.31 – Une des possibilités des positions relatives sur l’axe des fréquences des
modes Brillouin. a = 261 MHz, b = 471 MHz, c = 631 MHz.
Après avoir identifié les fréquences de battement des modes Brillouin dans une DSF,
nous passons en réflectométrie pour observer leur variation sur 500 m de fibre (figures 3.33
et 3.34). La figure 3.32 schématise le dispositif expérimental employé.
106
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
Bias
Diode 90/10
90
EOM 90/10
10
50/50
Laser 10 90 Scope 1
P C EDFA
PM
99
99/1
1
50/50
OSA
50/50
Scope RF
Figure 3.32 – Dispositif expérimental pour la mesure en réflectométrie. Idem figure 3.4
où l’on montre uniquement la partie de détection basses fréquences.
1.5
Fréquence (GHz)
0.5
0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6
Distance (m)
Figure 3.33 – Mesure de réflectométrie sur 500 m de DSF. Les fréquences observées
correspondent aux fréquences de battement des modes Brillouin d’ordres élevés avec le
mode fondamental Brillouin. Le canal de détection est celui des basses fréquences.
107
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
Figure 3.34 – Mesure de réflectométrie sur 500 m de DSF. Les fréquences observées
correspondent aux fréquences de battement des modes Brillouin d’ordres élevés avec le
mode fondamental Brillouin.
Nous constatons que ces fréquences sont quasi constantes le long de la fibre ; ce qui
est normal puisqu’aucune contrainte partielle n’est exercée sur la fibre et toute la fibre
est soumise à la même température ambiante.
Même s’il ne s’agit pas de l’objectif premier de cette thèse, nous avons mesuré (fi-
gure 3.35) avec le dispositif (figure 3.4 sur le canal des hautes fréquences), le spectro-
gramme de 900 m de DSF dont la section 500 m à 700 m, a été chauffée dans une étuve à
100°C. Après la photodiode de détection, un filtre passe-bas de fréquence de coupure de
6 GHz a été mis en cascade avec un filtre passe-haut de fréquence de coupure de 100 MHz.
108
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
13.2 11.8
12.7 11.3
Fréquence (GHz)
Fréquence (GHz)
12.2 10.8
11.7 10.3
11.2 9.8
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
Distance (km) Distance (km)
La comparaison des figures 3.35 et 3.36 montre que la fréquence Brillouin a varié
sur la portion chauffée.
13.5
13
Fréquence (GHz)
12.5
12
11.5
11
0 0,1 0,2
Distance (km)
109
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
Les mesures de modes acoustiques guidés avec le dispositif (figure 3.32) n’ont donné
aucun résultat. Même avec 600 mW en entrée de fibre PCF T452A, nous n’observons pas
de mode de gaine or 80 mW sur chaque branche d’une boucle non linéaire permet de les
observer (figure 2.15). Nous concluons que ce n’est pas seulement la puissance injectée
dans la fibre qui compte mais la capacité à bien séparer les sources de bruit des modes
observés.
Jusqu’ici, la plupart des mesures ont été réalisées avec des durées d’impulsions de
200 ns. Nous nous intéressons à ce qui se passe pour des impulsions de durées plus courtes
par exemple à 100 ns.
13.02 13.02
12.52 12.52
Fréquence (GHz)
Fréquence (GHz)
12.02 12.02
11.52 11.52
11.02 11.02
10.52 10.52
0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
Distance (km) Distance (km)
La figure 3.39 est plus bruitée que la figure 3.38 car dans cette dernière l’énergie de
l’impulsion est deux fois plus importante. Pour mieux comprendre l’influence de l’énergie
contenue dans une impulsion ainsi que celle de sa puissance crête sur le signal rétrodiffusé,
nous avons fait quelques mesures sur la SMF de 2,2 km et ainsi observé pour une même
puissance crête, l’effet des durées d’impulsions différentes donc des énergies différentes sur
la propagation de l’impulsion Brillouin rétrodiffusée le long d’une fibre.
110
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
11.45
11.45
11.25
11.25
Fréquence (MHz)
Fréquence (MHz)
11.05
11.05
10.85
10.85
10.65
10.65
10.45
10.45
10.25
10.25 0 0.5 1 1.5 2 2.5
0 0.5 1 1.5 2 2.5 Distance (km)
Distance (km)
11.45 11.45
11.25 11.25
Fréquence (MHz)
Fréquence (MHz)
11.05 11.05
10.85 10.85
10.65 10.65
10.45 10.45
10.25 10.25
0 0.5 1 1.5 2 2.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5
Distance (km) Distance (km)
Nous remarquons qu’à puissance égale, les impulsions plus larges donc possédant
plus d’énergies se propagent plus loin dans la fibre donc permettent de mieux sonder la
fibre.
Nous avons donc augmenté l’énergie de l’impulsion de durée 200 ns en augmentant le
gain de l’EDFA : nous remarquons (figure 3.43) que l’impulsion ne se propage pas au-delà
de 600 m (car le signal Brillouin est saturé) contrairement au cas similaire (figure 3.42)
où l’impulsion est de même énergie et se propage jusque 1500 m.
111
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
au type de fibre,. . . ). Ainsi, en restant en deçà de ce seuil, l’on est certain que le signal
Brillouin se propagera le long de toute la fibre sans se saturer.
Même si le signal se propage normalement dans la fibre, certains effets non linéaires
peuvent perturber les mesures.
800 200
700
600 150
Fréquence (MHz)
Fréquence (MHz)
500
400 100
300
200 50
100
L’effet est plus prononcé pour les courtes durées d’impulsion. Par exemple, pour
τ = 20 ns, dans une DSF de 500 m et une SMF de 2,2 km, on a (figures 3.46 et 3.47) :
112
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
2 200
Fréquence (MHz)
120
1
80
0.5
40
0 0,5
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 500 1000 1500 2000 2500
Distance (km) Longueur de fibre (m)
Pour un même type de fibre et à énergie et puissance égales, nous remarquons qu’une
plus longue fibre élargit plus le spectre du signal. Cet élargissement spectral confirme bien
l’intuition que plus loin l’onde se propage dans la fibre, plus le spectre s’élargit.
Etant donné que les modes acoustiques Brillouin GAWBS dépendent de la structure
transverse de la fibre, ces modes ne devraient pas changer en fonction de la longueur de
fibre. Le spectre élargi observé ne correspond donc pas aux modes GAWBS. Cet élargis-
sement spectral de notre pompe a un effet néfaste sur le gain Brillouin.
113
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
que :
– la force d’interaction entre un signal optique et les modes acoustiques guidés est
très faible,
– dans le cas où les modes acoustiques guidés sont rétrodiffusés après l’interaction
avec le signal Brillouin, ils sont difficiles à observer car la puissance qui leur est
associée est très faible comparée à celle du signal Brillouin.
Toutefois, nous avons remarqué que d’autres modes longitudinaux, qui eux, sont
rétrodiffusés interagissent avec le mode Brillouin fondamental, pour donner des fréquences
de battement (figure 3.29) qui se retrouvent à leur tour dans le domaine spectral de mesure
des modes transverses (< 2 GHz).
Pour sonder ces modes de gaine, nous travaillons en mode rétrodiffusé (signal Brillouin
récupéré sur le port retour du circulateur (figure 3.3)) en utilisant la branche baptisée
"Modes acoustiques guidés" (figure 3.32). Nous observons les mêmes résultats qu’aux fi-
gures 3.45 et 3.46.
En utilisant ces autres modes présents dans le spectre Brillouin, nous espérons pou-
voir analyser la structure transverse des fibres. Comme il a été observé qu’une pression
latérale inférieure à 2,2 kg/m sur une fibre standard a un faible impact sur la fréquence du
mode Brillouin fondamental [48], il n’est pas judicieux de l’utiliser pour analyser d’éven-
tuelles déformations de la section d’une fibre optique.
114
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
Intensité
1g 1d
Mode Brillouin fondamental
1 1
2 2
1g2g 1g2d 1d2g 1d2d
3 3
Fréquence
g d Brillouin
1g2g3g 1g2g3d 1g2d3g 1g2d3d 1d2g3g 1d2g3d 1d2d3g 1d2d3d
Figure 3.48 – Convention des positions relatives des différents modes Brillouin sur l’axe
des fréquences. "g" et "d" désignent respectivement les positions à gauche et à droite du
mode fondamental tandis que 1, 2 et 3 les premier, deuxième et troisième modes Brillouin
d’ordres supérieurs.
C’est fort de cela que nous avons adapté notre montage par l’utilisation de deux
diodes. Cela permettra de résoudre le problème de repliement des basses fréquences. Grâce
à ce dispositif, on peut également filtrer la composante intense d’un signal avant de l’am-
plifier.
La seconde diode Laser (figure 3.50) joue le rôle du synthétiseur mais cette fois-ci
dans le domaine optique. La diode laser initiale (Diode Laser 1) est fixée et la seconde
est balayée. Au moyen d’un fréquencemètre, nous mesurons en temps réel et avec une
précision de la dizaine de kHz, le décalage en fréquence ainsi que la position relative des
fréquences de nos deux diodes. Cela nous permet de balayer tout le spectre que nous
désirons et surtout de déplacer la fréquence de la seconde diode dans le bleu ou le rouge
par rapport à la fréquence de la première diode. La manière dont la fréquence des pics
évolue permet de discriminer leur position. Le montage utilisé est représenté figure 3.50.
115
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
Intensité Intensité
Mode Brillouin fondamental Mode Brillouin fondamental
1 1
2 2
3 3
Fréquence Fréquence
1g2g3g Brillouin 1g2g3d Brillouin
Intensité Intensité
Mode Brillouin fondamental Mode Brillouin fondamental
1 1
2 2
3 3
Fréquence Fréquence
1g2d3g Brillouin 1g2d3d Brillouin
Intensité Intensité
Mode Brillouin fondamental Mode Brillouin fondamental
1 1
2 2
3 3
Fréquence Fréquence
1d2g3g Brillouin 1d2g3d Brillouin
Intensité Intensité
Mode Brillouin fondamental Mode Brillouin fondamental
1 1
2 2
3 3
Figure 3.49 – Les différentes possibilités des positions relatives des modes Brillouin
d’ordres supérieurs par rapport au mode fondamental. Les conventions utilisées sont les
mêmes qu’à la figure 3.48.
Les diodes sont réglées en température et/ou en courant. Il faut diminuer leur tem-
pérature pour diminuer leur longueur d’onde. Le changement de température a une légère
influence sur la puissance de sortie de la diode en ce sens que la puissance augmente lorsque
la température diminue. En outre, augmenter leur courant entraîne l’augmentation de leur
puissance de sortie et simultanément de leur longueur d’onde.
116
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
Bias
f1 Diode 90/10
90
EOM 90/10
10
50/50
Laser 1 10 90 Scope
P C EDFA
Fréquence- PM
50/50
mètre
(f1 , f1 − fB )
f2 Diode 50/50 99
Laser 2 99/1
1 Fibre sous test
50/50
OSA
50/50
100 MHz
RF Scope
tttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttt
| {z }
"Modes Brillouin"
Figure 3.50 – Le dispositif expérimental utilisant deux diodes sans le synthétiseur. f1 et
f2 désignent les fréquences des deux diodes laser et fB la fréquence Brillouin.
f1 − f2
fB fB
Avec cette technique, nous observons le signal rétrodiffusé Rayleigh en amenant par
exemple la fréquence de la DFB 2 proche de celle de la DFB 1. C’est l’exemple montré
(figure 3.53) où le décalage en fréquence entre les deux diodes est de 1623,76352 MHz.
C’est grâce à la même technique que nous déduisons la position relative de la fré-
quence de la seconde diode par rapport à celle du signal Brillouin.
117
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
f2 − (f1 − fB )
fB
f1 − fB f1 Fréquence f1 − f2 fB Fréquence
optique électrique
Figure 3.52 – Schéma des positions relatives des fréquences des deux diodes lasers. f1 et
f2 désignent les fréquences des deux diodes laser et fB la fréquence Brillouin. Mesure du
signal Rayleigh de la Diode Laser 1.
5 2.5
4 2
Fréquence (GHz)
Fréquence (GHz)
3 1.5
2 1
1 0.5
0 0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 0 0.2 0.4 0.6 0.8 1
Distance (km) Distance (km)
118
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
Sur la DSF, les 4 modes observés (figure 3.55) sont aux fréquences suivantes 10,53 GHz
(Brillouin fondamental) ; 10,785 GHz (FWHM : 14 MHz) ; 11 GHz (FWHM : 25 MHz) et
11,16 GHz. Rappelons que ce dernier est difficilement observable compte tenu de sa faible
amplitude. Cette mesure confirme leur position dans le spectre.
13.53
12.53
Fréquence (GHz)
11.53
10.53
9.53
8.53
0 0.2 0.4 0.6 0.8 0.9
Distance (km)
Figure 3.55 – Mesure du spectre Brillouin dans une DSF. Le décalage entre les deux
diodes est de 8,53 GHz.
Cette figure présente les résultats obtenus sur une DSF et montre les fréquences
du mode Brillouin fondamental et des 3 multipics. Les modes que nous avions observés
à basses fréquences de 200 MHz à 600 MHz, ne sont donc pas des GAWBS mais des
modes de battement entre les fréquences des trois multipics avec la fréquence Brillouin.
La figures 3.55 et 3.57 sont cohérentes. Comme le signal des multipics est puissant, nous
n’avons aucune chance d’observer les modes acoustiques transverses.
Les profils d’intensité et de fréquence sont montrés 3.56.
119
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
−35
d = 0.3181
−40
−40
−60
Puissance (dBm)
−80 −45
0 1 2 3 4 5
Amplitude
Fréquence (GHz)
−50
F = 1.901
−55
−40
−60 −60
−80 −65
0 200 400 600 800 1000
0 0.2 0.4 0.6 0.8 Fréquence (MHz)
Distance (km)
Figure 3.56 – Figure du haut : Me- Figure 3.57 – Observation des modes
sure du spectre à une position fixe de battement des modes Brillouin d’ordres
dans la fibre. Ici, il s’agit d’une dis- élevés avec le mode Brillouin fondamen-
tance de 0,3181 km par rapport à tal dans une DSF. rapport à l’entrée
l’entrée de la fibre./ Figure du bas : de la fibre./ Figure du bas : Evolu-
Evolution de l’amplitude du signal le tion de l’amplitude du signal le long
long de la fibre pour une fréquence de la fibre pour une fréquence fixe de
fixe de 1,901 GHz. 1,901 [Link]
La non uniformité du diamètre de cœur le long d’une fibre réduit son gain Brillouin [49]
et par conséquent augmente son seuil Brillouin (équation (2.25)) tout en dérivant la fré-
quence Brillouin. Cela peut expliquer le seuil Brillouin élevé des PCF à petit cœur que
nous avons utilisées.
La figure 3.59 présente la mesure faite sur la PCF T794A dont la fréquence Brillouin
est de 10,72 GHz. Nous n’avons pas observé des modes de gaine.
120
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
11.72
11.22
Fréquence (GHz)
10.72
10.22
9.72
9.22
0 0.1 0.2 0.3
Distance (km)
Par ailleurs, d’autres mesures ont été réalisées sur une autre PCF T794B (figure 3.60)
dont les caractéristiques sont :
– Cœur dopé Germanium
– Longueur : 300 m
– Diamètre du cœur plein : 2,16 µm
– Diamètre moyen d’un trou d’air : 2 µm
– Distance entre 2 trous (entre leurs centres) : 3,98 µm
– Atténuation : 5 dB/km @ 1550 nm
– Fréquence Brillouin : 10,7 GHz
Les réglages suivants ont été réalisés pour l’observation du spectre au SRF.
DFB 1 : I = 200,39 mA / T = 20,905°C
DFB 2 : Diode restée éteinte.
Le modulateur est réglé via son port "Bias" et fonctionne en continu. Les pertes
totales mesurées sont de 4 dB. Ensuite, afin d’atténuer la réflexion en sortie nue de la
PCF, l’extrémité nue de la PCF a été plongée dans du liquide d’indice (glycérine) : cela
a réduit d’environ 7 dB la réflexion en bout de fibre.
Ensuite, lorsque la seconde diode est mise en marche, nous constatons l’apparition
d’un second mode Brillouin. Celui-ci apparaît quand le décalage en fréquence entre les 2
121
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
DFB est presque de 10,71 GHz de manière à pouvoir filtrer le signal Brillouin principal en
vue d’observer les modes Brillouin d’ordres supérieurs. De plus, ce second mode disparaît
lorsque la DFB 2 est éteinte, ce qui signifie qu’il s’agit bien d’une fréquence provenant
du battement entre la DFB 2 et une fréquence présente dans la fibre. En balayant la
diode 2 autour de la fréquence Brillouin, on remarque que la fréquence correspondant au
signal observé est 10,71 GHz + 1,6 GHz soit 11,31 GHz. Ce mode est probablement dû au
dopage en Germanium de la fibre. Avec un décalage de 10,5 GHz entre les deux diodes,
nous mesurons le mode Brillouin fondamental de la fibre (figure 3.61).
12.5 15.71
14.71
12
Fréquence (GHz)
Fréquence (GHz)
13.71
11.5
12.71
11
11.71
10.5 10.71
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0 0.1 0.2 0.3 0.4
Distance (km) Distance (km)
Le bruit observé sur les 100 premiers mètres de la PCF T794B (figure 3.62) est causé
par une forte réflexion en début de fibre. C’est l’épissure qui en est à la base. En effet, lors
de l’épissure, certains trous de la section transverse de la PCF (sur les premiers mètres) se
referment sous l’effet de la chaleur. La propagation du signal s’en trouve perturbée dans
cette partie de la fibre. Toutefois, l’on constate que le signal Brillouin fondamental n’est
pas affecté (figure 3.61) car le rapport signal sur bruit est bon.
A en croire les résultats publiés par Dainese et ses collègues [50], on peut éga-
lement observer les multics Brillouin (qu’ils appellent modes hybrides) dans une fibre
microstructurée si son diamètre de cœur est de l’ordre de 70% de la longueur d’onde du
signal incident. Ainsi pour λ = 1550 nm, ces modes apparaîtront pour des diamètres de
l’ordre de 1000 nm. C’est pour cette raison qu’une partie de cette thèse a été consacrée à
ces PCF de petit cœur (cf paragraphe 1.2.3). La première difficulté posée par ce type de
fibres concerne leur épissure. En raison de leur petit diamètre de cœur, les pertes d’épis-
sure sont élevées tout comme les pertes par confinement. Par conséquent, nous utilisons
des fibres de courtes longueurs (15 m à 40 m).
Les résultats du spectre Brillouin dans ces fibres sont présentés ci-après.
T510A. Les images au MEB de cette fibre sont présentées (figure 3.63).
Avec un décalage de 10,96 GHz de la DFB 2 vers le rouge par rapport à la DFB 1,
nous observons deux modes (figure 3.64) au SRF. Le pic observé à 500 MHz représente
le signal Brillouin et confirme la fréquence Brillouin qui est de 10,45 GHz. Le second pic
à 1,745 GHz correspond à l’un des multipics Brillouin qui est donc à une fréquence de
décalage de 1,2 GHz inférieure à la fréquence Brillouin soit 9,2 GHz.
122
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
Figure 3.63 – Les images au MEB des sections transverses de la PCF T510A.
Avec un décalage de 8,5 GHz entre les fréquences des deux diodes, la DFB 2 étant
toujours dans le rouge par rapport à la DFB 1, nous observons le spectre (figure 3.65)
confirmant l’existence de l’un des multipics à 9,2 GHz représenté ici par le pic à 700 MHz.
0 −10
−10 −20
−20
Puissance (dBm)
Puissance (dBm)
−30
−30
−40
−40
−50
−50
−60
−60
−70 −70
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 0 500 1000 1500 2000 2500 3000
Fréquence (GHz) Fréquence (GHz)
Figure 3.64 – Spectre Brillouin sur Figure 3.65 – Spectre Brillouin sur
la PCF T510A pour un décalage de la PCF T510A pour un décalage de
10,96 GHz entre les fréquences des deux 8,5 GHz entre les fréquences des deux
diodes. diodes.
Pour s’assurer que la fréquence observée à 9,2 GHz ne dépend pas de la fibre SMF
28 utilisée comme connecteur ni de la fibre d’adaptation UHNA4, nous gardons le même
montage et remplaçons la fibre testée par de la SMF 28 (environ 1,5 m) pour mesurer sa
fréquence Brillouin mais rien n’a été observé au SRF ni à l’OSA même avec des puissances
d’entrée sur la SMF 28 de 200 mW. Ensuite, nous remplaçons la fibre SMF 28 par la
UHNA4 (9,5 m). La conclusion a été la même : pas de fréquence Brillouin observée. Nous
concluons que le mode à 9,2 GHz est bien un multipic Brillouin confirmant ainsi la thèse
de Dainese [47].
T510B. Les images au MEB de cette fibre sont présentées (figure 3.66). D’une longueur
de 40 m, sa fréquence Brillouin est de 10,47 GHz. Les spectres mesurés sur la T510B sont
représentés aux figures 3.67 et 3.68.
123
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
Figure 3.66 – Les images au MEB des sections transverses de la PCF T510B.
−10 −40
−45
−20
Puissance (dBm)
Puissance (dBm)
−50
−30
−55
−40
−60
−50 −65
−70
−60 8.5 9 9.5 10 10.5 11 11.5
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 Fréquence (GHz)
Fréquence (GHz)
Les spectres observés sur la T510 B peuvent s’expliquer d’une part par son caractère
mulitmode (optique).
3.4.2 Faiblesses
Comparé à l’OTDR standard, l’un des inconvénients du BOTDR et plus largement
de toute technique de réflectométrie basée sur la non-linéarité est la forte dépendance de
la rétrodiffusion à la puissance crête du signal et puisque ce dernier s’atténue au fur et à
mesure qu’il se propage dans la fibre, les mesures de puissance rétrodiffusée peuvent être
entachées d’erreurs : d’où notre choix d’utiliser des spectrogrammes où la puissance est
plus qualitative que quantitative.
124
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
Il est à noter que la diffusion Brillouin a été intensément étudiée dans les fibres
optiques pour des applications de capteurs [52].
3.5 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons dans un premier temps, présenté la réflectométrie stan-
dard et ses variantes tout en mentionnant les paramètres dont les choix sont pertinents.
Ensuite, une grande attention a été portée sur les principes fondamentaux de la réflecto-
métrie Brillouin. Les mesures effectuées ont montré l’importance du bon choix de la durée
125
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
126
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
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127
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
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1995.
128
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
129
Chapitre 3. Réflectométrie Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
130
CHAPITRE
Si les idées des savants de génie qui ont été les promoteurs de la science
moderne avaient été soumises à des commissions de spécialistes, elles leur
auraient sans doute paru extravagantes et auraient été écartées en raison même
de leur originalité et de leur profondeur.
Louis de Broglie
Sommaire
4.1 L’analyse Brillouin (BOTDA) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132
4.1.1 Principe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133
4.1.2 Différents types de BOTDA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134
[Link] Cas a) : BOTDA avec amplification de la sonde . . . 134
[Link] Cas b) : BOTDA avec atténuation de la sonde . . . . 134
4.2 BOTDA vectoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
4.2.1 Principe de fonctionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
4.2.2 Dispositifs expérimentaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138
4.2.3 Analyse de données . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140
4.2.4 Résultats expérimentaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141
4.3 Les applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 145
4.3.1 Présentation de la PCF à diamètre variable . . . . . . . . . . . 145
4.3.2 Variation de la fréquence en fonction du diamètre . . . . . . . . 145
4.4 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 147
Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 149
131
Chapitre 4. Analyse Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
132
Chapitre 4. Analyse Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
4.1.1 Principe
Contrairement au BOTDR où l’on n’a accès qu’à une extrémité de la fibre, l’ana-
lyse Brillouin dans le domaine temporel nécessite l’utilisation des deux extrémités de la
fibre [3–5]. On parle de la méthode contrapropagative et la configuration utilisée est dite
"pompe-sonde".
Une onde pulsée est injectée sur une extrémité de la fibre tandis qu’une onde continue
contrapropagative est envoyée sur l’autre extrémité [6]. Les deux ondes optiques vont
interargir et lorsque la différence de fréquence entre elles, pénètre dans la zone de gain
Brillouin de la fibre, l’onde optique continue est amplifiée au détriment de l’onde pulsée
via la diffusion Brillouin stimulée. Ainsi, ce signal amplifié est-il récupéré à l’extrémité
de la fibre et analysé en fonction du temps d’arrivée comme dans le cas de l’OTDR. En
faisant progressivement varier la différence de fréquence entre les deux ondes optiques et
en mesurant la puissance du signal continu, l’on obtient la courbe de gain Brillouin.
Grâce au BOTDA, Koyamada [7] a atteint une résolution de l’ordre du cm pour la
mesure de la température et des déformations dans une fibre optique. Par opposition au
BOTDR, le BOTDA utilise de faibles puissances lasers, garantissant ainsi un avantage en
matière de sécurité laser et baissant le mélange à 4 ondes.
Il existe deux types de BOTDA, celui utilisant le gain Brillouin (figure 4.1) [4, 5]
et l’autre (figure 4.2) se basant sur la déplétion de la pompe. Chaque type a ses forces et
faiblesses comme nous le verrons dans la suite.
t = 2nz/c
Impulsion
Source
Continue
f − fB f Fréquence optique
a)
133
Chapitre 4. Analyse Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
Par opposition au premier type de BOTDA, la figure 4.2 présente le BOTDA dans
lequel la source pulsée s’amplifie au détriment de la source continue qui s’atténue. La
fréquence de celle-ci (par exemple f + fB ) est supérieure à celle de la source pulsée.
134
Chapitre 4. Analyse Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
log(Ps )
t = 2nz/c
Impulsion
Source
Continue
f f + fB Fréquence optique
b)
La difficulté dans ce genre de configuration est qu’il faut utiliser une photodiode
très sensible pour mesurer la sonde qui est atténuée. Toutefois, cette technique a permis
de réaliser des mesures réparties sur des fibres de très grande longueur (32 km) [8].
Comme nous le verrons dans la suite, le montage que nous proposons, combine ces
deux types de configuration.
135
Chapitre 4. Analyse Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
La majorité des montages BOTDA utilise deux sources lasers distinctes, l’une géné-
rant la pompe en général le signal pulsé et l’autre générant la sonde qui est un signal
continu. Les dérives de fréquences entre les lasers perturbent les mesures. Pour résoudre
ce problème, des solutions utilisant une seule source laser ont été proposées. Par exemple,
un système de translation de fréquence [9, 10] à partir d’une source laser modulée a été
réalisé avec succès.
En abondant dans le même sens, notre BOTDA utilise une unique diode laser (fi-
gure 4.6). La nouveauté que nous apportons est la double modulation de phase. Le mo-
dulateur d’intensité traditionnellement utilisé dans les BOTDA pour générer des bandes
latérales à ± 10 GHz permettant de balayer la zone de gain Brillouin est remplacé par
un modulateur de phase (MP). Il est piloté par deux fréquences : l’une Fsweep que nous
appellerons la fréquence de balayage et l’autre LO, la fréquence de l’oscillateur local.
La fréquence de balayage, Fsweep , est accordée typiquement de 8 GHz à 9 GHz et est
balayée par pas de 1 MHz afin de reconstruire la courbe de gain Brillouin. Sa puissance est
ajustée pour minimiser celle de l’onde optique à la fréquence f de la porteuse (figure 4.4).
La fréquence de l’oscillateur local, LO, est fixée arbitrairement à 2 GHz et sa puissance
choisie 10 dB en deçà de celle de Fsweep ; ainsi le signal de fréquence LO peut être considéré
comme une petite perturbation. Ces deux ondes micro-ondes sont d’abord additionnées
avant de moduler la phase de l’onde optique provenant de la DFB.
Nous retrouvons donc à la sortie de l’additionneur (figure 4.3), deux ondes différentes
de fréquences LO (2 GHz) et Fsweep (8 - 9) GHz.
2 GHz
Fréquence
LO
+
2 8 Fréquence (GHz)
Fsweep
8 GHz
Fréquence
Elles vont ensuite moduler chacune, la phase de l’onde optique provenant de la DFB
en donnant lieu au spectre de la figure 4.4. L’atout principal de cette technique de double
modulation de phase repose sur le fait qu’il n’y a pas de modulation d’intensité à la
fréquence LO en sortie du modulateur de phase. En fait, le signal de battement entre les
ondes optiques de fréquences (f + Fsweep ) et (f + Fsweep + LO) est compensé par celui
entre celles de fréquences (f + Fsweep ) et (f + Fsweep − LO) car ils sont en opposition de
phase.
136
Chapitre 4. Analyse Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
Fsweep Fsweep
LO LO LO LO LO LO
f Fréquence optique
Figure 4.4 – Spectre obtenu après la double modulation de phase. Rappelons qu’il existe
également des harmoniques à +/- 2LO, +/- 3LO, . . . et +/- 2Fsweep , +/- 2Fsweep , . . . dont
l’amplitude est faible pour un indice de modulation faible.
Ainsi, en faisant varier Fsweep donc aussi f + Fsweep , les ondes optiques de fréquences
f − Fsweep − LO (f + Fsweep + LO) parcourent le spectre de gain Brillouin dans sa zone de
gain (ou de déplétion). Pour des intensités fixes de l’onde optique et des deux fréquences
de pilotage du modulateur, les quatre ondes optiques à savoir f − (Fsweep − LO) et f −
(Fsweep + LO) pour la zone de gain et f + (Fsweep − LO) et f + (Fsweep + LO) pour la zone
de déplétion, sont d’intensités constantes.
Lorsque l’onde de fréquence f − (Fsweep + LO) correspondant à l’onde Brillouin
Stokes (paragraphe [Link]), pénètre la zone de gain, elle est amplifiée tandis que celle
à la fréquence f + (Fsweep + LO) est atténuée puisqu’elle correspond à la composante
anti-Stokes. Cela est illustré (figure 4.5) et (figure 4.6) où le spectre présenté montre un
décalage par rapport à la fréquence f .
Fsweep Fsweep
LO LO LO LO LO LO
Il apparaît alors un battement (en intensité) aux fréquences LO, 2 LO, Fsweep ,
Fsweep + LO, ... enregistrées par un oscilloscope rapide. Lorsque la fréquence f − (Fsweep +
LO) traverse la zone de gain Brillouin, l’intensité de chacune des ondes aux fréquences de
battement est modulée. Ces ondes sont envoyées sur l’une des extrémités de la fibre à tester
et interagissent dans la fibre avec l’onde pulsée qui la pénètre par la seconde extrémité.
Le spectre représenté (figure 4.5) illustre bien le fait qu’aussi bien les ondes continues de
fréquences supérieures à celle de l’onde pulsée (cas du BOTDA avec atténuation de la
sonde) que les ondes continues de fréquences inférieures à celle de l’onde pulsée (cas du
BOTDA avec amplification de la sonde) participent à cette interaction : notre montage
combine donc les deux types de BOTDA.
Rappelons que les contributions pour le battement, des fréquences optiques symétri-
ques par rapport à f s’additionnent. En choisissant par exemple de ne s’intéresser qu’au
137
Chapitre 4. Analyse Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
Fsweep Fsweep
LO LO LO LO LO LO
0 Fréquence
Bias
Diode EOM EDFA 1
Laser
Horloge de référence
P C
2 GHz
LO Scope
MP
Fsweep EDFA 2
8 − 9 GHz Fibre sous test
La diode laser (DFB) est la même que celle utilisée pour le BOTDR, et fournit une
138
Chapitre 4. Analyse Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
puissance de 50 mW. Le signal est ensuite divisé en deux parties, l’une générant la pompe
pulsée et l’autre la sonde continue. Le BOTDA vectoriel que nous avons développé utilise
le même principe de base que le BOTDA standard [11].
Pour obtenir la pompe, l’onde continue en sortie de la DFB est pulsée par le modu-
lateur électro-optique à une fréquence de 1 kHz. Avant de traverser le circulateur, l’onde
pulsée est amplifiée par un premier amplificateur optique (EDFA 1) d’une puissance crête
de 4 W pour des impulsions de 100 ns. Ensuite, grâce à l’utilisation du contrôleur de
polarisation, l’interaction Brillouin est optimisée.
Parallèlement, la deuxième partie du signal de la DFB est envoyée sur le modulateur
de phase (MP). Elle sera modulée par les deux ondes micro-ondes de fréquences LO et
Fsweep , ce qui donne un spectre semblable à celui à la figure 4.5.
Les ondes optiques représentées (figure 4.5) sont amplifiées par un second amplifica-
teur optique (EDFA 2) dont la puissance est comprise entre 1 mW et 10 mW. Le dispositif
"pompe-sonde" est ainsi réalisé. D’un côté, l’extrémité de la fibre est attaquée par une
onde pulsée et de l’autre par une onde continue.
Il est possible de filtrer l’onde Rayleigh au moyen d’un réseau de Bragg ou d’un in-
terféromètre mais leur dépendance à la température et aux vibrations en fait de mauvaises
solutions. En outre, la lumière lors de sa propagation dans une fibre optique pourrait créer
un important bruit d’intensité et de phase entre 0 et 1 GHz, aussi bien dans le sens de la
propagation que dans le sens contrapropagatif [12].
Ce bruit blanc, à cause de sa large bande spectrale couplée au fait qu’il n’est pas
périodique, fait qu’il est difficile de le filtrer optiquement surtout quand il accompagne la
sonde. De plus, en essayant de filtrer les perturbations à basses fréquences de façon optique,
on peut également supprimer les modes acoustiques longitudinaux d’ordres élevés, en se
privant ainsi de leur intérêt [13, 14].
En dépit de ces précautions, l’on filtre optiquement le signal utile à cause de l’émis-
sion spontanée des amplificateurs optiques. En effet, les amplificateurs dopés à l’Erbium
ont également une émission spontanée amplifiée (Amplified Spontaneous Emission : ASE)
à 1550 nm. La largeur spectrale de l’ASE est d’environ 3 THz. C’est pour cela que nous
utilisons dans notre dispositif expérimental un filtre optique passe-bande dont la bande
passante est de 120 GHz.
Après le filtrage optique, le signal est ensuite envoyé sur une photodiode suivie d’un
oscilloscope.
Pour assurer une stabilité et une reproductibilité de la phase de référence initiale,
l’horloge d’échantillonnage de l’oscilloscope, le synthétiseur du signal de fréquence LO,
ainsi que le générateur d’impulsions sont tous verrouillés à la même horloge de référence
de 10 MHz.
Contrairement aux modes acoustiques guidés (Guided Acoustic Wave Brillouin Scat-
tering : GAWBS) de fréquences comprises entre 0 et 1 GHz [15], les modes acoustiques
longitudinaux d’ordres élevés sont rétrodiffusés et stimulés, ce qui permet de les observer
au BOTDA. Pour λ = 1550 nm, leurs fréquences comprises entre 9 GHz et 12 GHz sont
voisines de celle de l’onde Brillouin. Bien que leurs fréquences soient élevées, le battement
de ces ondes entre elles, donne lieu à des ondes de fréquences de l’ordre de quelques cen-
taines de MHz correspondant à leur espacement dans le spectre des fréquences. Ce qui
constitue également une source de bruit pour une détection de l’onde Stokes Brillouin
pour un BOTDA standard. Ces modes ont été observés dans des fibres à cristaux photo-
niques [2]. Leurs fréquences dépendent des paramètres géométriques de la fibre parce que
ces modes sondent partiellement la structure de la gaine [1].
139
Chapitre 4. Analyse Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
Avec notre montage, nous pouvons mesurer distinctement ces modes. Ce dispositif
original ainsi que les résultats obtenus ont fait l’objet d’une publication [16].
La valeur de la phase est comprise dans l’intervalle [−π, +π] avec des discontinuités
liées aux ruptures de phase. Pour supprimer ces discontinuités, un algorithme de lissage
de phase ("unwrapping") est utilisé. La phase devient une distribution continue.
140
Chapitre 4. Analyse Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
11.2 11.2
11 11
Fréquence (GHz)
Fréquence (GHz)
10.8 10.8
10.6 10.6
10.4 10.4
10.2 10.2
10 10
100 200 300 400 500 100 200 300 400 500
Distance (m) Distance (m)
En refaisant les mêmes mesures, cette fois-ci sur une fibre SMF, nous n’observons
que le mode fondamental Brillouin (figures 4.9 et 4.10) à la fréquence de 10,87 GHz. Cela
confirme que les autres modes observés sur la DSF sont caractéristiques de sa structure.
141
Chapitre 4. Analyse Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
12 12
Fréquence (GHz)
11 11
10.5 10.5
10 10
50 100 150 200 250 300 350 50 100 150 200 250 300 350
Distance (m) Distance (m)
11.3 11.3
4
11.2 11.2
3
11.1 11.1
Fréquence (GHz)
Fréquence (GHz)
11 11
2
10.9 10.9
10.8 10.8
10.7 10.7
1
10.6 10.6
10.5 10.5
10.4 10.4
10.3 10.3
0 50 100 150 200 250 300 0 50 100 150 200 250 300
Distance (m) Distance (m)
Figure 4.11 – Figure de gauche : Spectrogramme d’intensité pour une section de 300 m
de DSF. La durée d’impulsion est de 100 ns (10 m de résolution spatiale). Bien qu’ils
soient moins intenses que le mode Brillouin fondamental (marqué "1"), les modes d’ordres
supérieurs sont visibles (marqués "2" à "4"). Figure de droite : Spectrogramme de phase
acquis simultanément. En plus du mode fondamental autour de 10,52 GHz, 3 autres modes
longitudinaux d’ordres supérieurs sont aussi observés.
142
Chapitre 4. Analyse Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
La figure 4.12 a) donne les résultats obtenus sur une fibre DSF. Il compare des
extraits des deux spectrogrammes (d’intensité et de phase) mesurés à la même position
(à 20 m de l’entrée de la fibre). La figure en couleur rouge est déduite du spectrogramme
de phase tandis que celle en noir est extraite du spectrogramme d’intensité.
15
10 (a)
Puissance (dBm)
5
0.5
Phase / π
0
−5 0
−10
−0.5
−15
−20
−25
10.3 10.4 10.5 10.6 10.7 10.8 10.9 11 11.1 11.2 11.3
20
Puissance (dBm)
10 (b)
0.5
Phase / π
0
−10 0
−20 −0.5
−30
−40
10.1 10.3 10.5 10.7 10.9 11.1 11.3
Fréquence (GHz)
Figure 4.12 – (a) Sections des spectrogrammes d’intensité et de phase au même point
(à environ 20 m) dans une fibre DSF. La phase (représentée en rouge) subit un saut de π
pour le mode fondamental à 10,52 GHz. (b) Même observation pour la section transverse
d’une fibre optique standard SMF. Dans ce cas, la dynamique atteint 57 dB.
Les mêmes mesures sont reprises (figure 4.12 b), cette fois-ci dans une fibre op-
tique standard (SMF). La dynamique atteint les 57 dB. Notre système est principalement
basé sur la transformation de la modulation de phase en modulation d’amplitude grâce
au déséquilibre amplification/atténuation des bandes latérales. Toutefois, la dispersion
conventionnelle dans une fibre pouvant aussi conduire à la conversion modulation de
143
Chapitre 4. Analyse Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
Il est intéressant de pouvoir mesurer des spectrogrammes avec des résolutions spa-
tiales numériques aussi bonnes que 4 cm. A l’heure actuelle, la résolution spatiale du
BOTDA vectoriel se trouve limitée par la durée de l’impulsion ou par la durée de vie des
phonons acoustiques. Il s’agit d’un problème bien connu auquel différentes recherches se
sont intéressées. Il y a entre autres, des techniques de la double impulsion [19], de l’impul-
sion "grise" [20], de largeur d’impulsion différentielle [21] ou la méthode de reconstitution
du profil de gain [22].
Comme le BOTDA vectoriel transfère l’information de distribution Brillouin à une
fréquence élevée (par exemple 2 GHz), il est probable que les diverses techniques citées
précédemment puissent lui être adaptées. Cela permettrait d’atteindre une résolution
spatiale de l’ordre du centimètre avec le BOTDA vectoriel.
Notre dispositif a l’avantage d’être polyvalent : il peut à la fois être un BOTDA
comme un BOTDR, donc économique. Les améliorations apportées par rapport au BOTDR
sont :
– amélioration de la dynamique,
– possibilité d’utilisation de faibles puissances optiques pour la pompe,
– meilleur contraste de couleur sur le spectrogramme de phase.
En résumé, nous avons mis au point un réflectomètre BOTDA vectoriel avec une
très grande immunité au bruit à basses fréquences (0 - 1 GHz). La dynamique de l’ins-
trument qui dépasse probablement les 57 dB nous permet de rapporter l’observation de
plusieurs modes opto-acoustiques d’ordres supérieurs dans une fibre DSF. Comme ces
modes sondent partiellement la gaine, ils peuvent à terme être utiles pour obtenir des in-
formations sur la structure transverse des fibres pour des applications de caractérisation
de fibres microstructurées, par exemple.
144
Chapitre 4. Analyse Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
3,5 µm 2,69 µm
50 m 70 m
Figure 4.13 – Illustration de la variation de diamètre dans la PCF T711B.
Les modes acoustiques transverses, les modes Brillouin d’ordres supérieurs et les
modes hybrides en général sont caractéristiques de la structure transverse de la fibre.
C’est pour cette raison que nous avons fait des mesures réparties de ces modes sur des
fibres microstructurées à diamètre variable ; ce qui est une première (à notre connaissance).
Il s’agit de la PCF T711B d’une longueur de 120 m dont le diamètre reste constant
à 3,5 µm sur les 50 premiers mètres, puis varie linéairement de 3,5 µm à 2,69 µm sur les
70 mètres restants. Son atténuation est de 10 dB/km à 1550 nm. La figure 4.13 illustre la
variation de diamètre.
Les images au MEB de la PCF T711B sont représentées aux figures 4.14 et 4.15.
145
Chapitre 4. Analyse Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
11 Autre mode
Fréquence (GHz)
10.5
Mode Brillouin
10 fondamental
9.5
50 100 150
Distance (m)
Figure 4.16 – Spectrogramme d’intensité obtenu sur la PCF T711B. La durée d’impulsion
est de 100 ns et les mesures sont moyennées 64 fois.
146
Chapitre 4. Analyse Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
zone de décroissance
11 linéaire de la fréquence 11
(− 118.2MHz/µm)
Fréquence (GHz)
Fréquence (GHz)
10.5 10.5
10 10
9.5 9.5
60 80 100 120 140 160 180 200 60 80 100 120 140 160 180 200
Distance (m) Distance (m)
Nous constatons d’une part, qu’en plus du mode fondamental Brillouin à 9,8 GHz,
d’autres modes sont présents à environ 10,8 GHz. D’autre part, la variation du diamètre
de fibre se remarque sur ces modes. Elle est de -118,2 MHz/µm. Les figures 4.19 et 4.20
sont obtenues en faisant un agrandissement sur les spectrogrammes d’intensité et de phase
dans la zone de 10 GHz à 11 GHz.
11 11
Fréquence (GHz)
Fréquence (GHz)
10.8 10.8
10.6 10.6
10.4 10.4
60 80 100 120 140 160 180 200 60 80 100 120 140 160 180 200
Distance (m) Distance (m)
4.4 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons proposé et démontré un nouveau type de BOTDA
grâce à une technique de double modulation de phase. Ce BOTDA vectoriel présente une
grande immunité au bruit de phase et permet d’obtenir un spectrogramme de phase. Il
147
Chapitre 4. Analyse Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
est très bien adapté aux situations complexes impliquant plusieurs modes de résonance
acoustique à l’instar des modes acoustiques longitudinaux d’ordres supérieurs. Ce nouveau
type de BOTDA a permis de caractériser avec précision les modes acoustiques présents
dans une fibre à dispersion décalée (DSF) en mesurant leurs spectrogrammes d’intensité
et de phase. Ce qui est une première.
Hormis le filtre passe-bande utilisé avant le bloc de détection pour supprimer l’émis-
sion spontanée amplifiée des amplificateurs optiques (EDFA), aucun autre filtrage optique
n’a été nécessaire.
Une grande dynamique de 57 dB a également été atteinte avec des impulsions de
100 ns et une résolution spatiale numérique de 64 cm. Nous pensons que ce BOTDA vec-
toriel est un outil prometteur pour l’étude des modes acoustiques d’ordres élevés dans les
fibres à cristaux photoniques avec d’intéressantes applications dans la caractérisation de
la structure de ces fibres et que les mesures réalisées (figures 4.16 à 4.20) sur une PCF à
diamètre variable en sont des exemples édifiants.
148
Chapitre 4. Analyse Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
Bibliographie
[1] P. Dainese, P. S. J. Russell, N. Joly, J. C. Knight, G. S. Wiederhecker, H. L. Fragnito,
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[13] N. Shibata, K. Okamoto, and Y. Azuma, “Longitudinal acoustic modes and Brillouin-
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17–19, 2007.
149
Chapitre 4. Analyse Brillouin basée sur les modes acoustiques guidés
150
CONCLUSION GÉNÉRALE ET
PERSPECTIVES
Conclusion
Cette thèse a pour objectif d’étudier, de manières théorique et expérimentale, les
modes de résonance acoustique dans les fibres microstructurées (PCF).
Résumer les travaux entrepris depuis trois ans déjà n’est pas toujours aisé. Cela
est d’autant plus vrai que tous les aspects couverts dans le manuscrit, de la théorie à
l’expérimentation, concernent des domaines variés.
Dans ce manuscrit, nous avons présenté les fibres optiques microstructurées ainsi
que leurs principales propriétés en mettant l’accent sur les atouts qu’elles présentent par
rapport aux fibres optiques conventionnelles. La famille des fibres optiques microstructu-
rées utilisant le mécanisme de réflexion totale interne modifiée a retenu notre attention.
Nous avons proposé une méthode permettant de vérifier a priori le caractère monomodal
des fibres à cristaux photoniques en fonction de la longueur d’onde choisie. Après avoir
présenté les fibres qui ont été utilisées dans cette thèse, les techniques d’épissures ont été
passées en revue.
Une présentation des modes acoustiques dans les fibres optiques a été faite puis
nous avons exposé les méthodes de calcul de leurs fréquences dans une fibre optique stan-
dard. Sous certaines conditions respectées par les fibres microstructurées que nous avons
utilisées, les mêmes méthodes ont été utilisées pour prédire les fréquences des modes lon-
gitudinaux et torsio-radiaux dans les fibres microstructurées. En polarisation circulaire
de l’onde optique, parmi les modes acoustiques transverses, seuls les modes radiaux sont
excités. Grâce au montage en boucle non linéaire, nous avons observé les modes torsio-
radiaux dans une fibre photonique à gros cœur.
Toutefois, nos résultats ont confirmé la thèse selon laquelle les modes acoustiques
transverses diffusent l’onde optique incidente vers l’avant ("en forward"). Une des réponses
qu’apporte ce manuscrit est la difficulté à mesurer les modes acoustiques transverses en
rétrodiffusion. Il n’est pas possible, à ce jour, de réaliser des capteurs répartis à partir
151
CONCLUSION
de ces modes.
Nous avons ainsi consacré nos efforts à l’étude et à la mesure en réflectométrie des
modes Brillouin d’ordres supérieurs ainsi que des modes hybrides. L’utilisation de la fibre
à dispersion décalée (DSF) a été d’une importance capitale dans cette démarche. Des
modes Brillouin d’ordres supérieurs ont été identifiés et mesurés aussi bien dans la DSF
que dans les fibres microstructurées. Les mesures effectuées ont montré l’importance du
bon choix de la durée d’impulsion.
Perspectives
De nombreuses pistes de recherche subsistent pour cette thématique. On peut :
– par une étude rigoureusement théorique, établir un modèle permettant de calculer
le spectre des modes acoustiques dans une PCF quelle que soit sa structure,
– essayer d’autres formes d’impulsions (triangulaires, gaussiennes, arbitraires...) afin
d’étudier la forme de l’impulsion lumineuse sur les spectres observés,
152
CONCLUSION
– pour la suite, utiliser l’algorithme génétique qui permettra à partir des propriétés
voulues de la PCF de faire son design géométrique [1].
Bibliographie
[1] F. Poletti, V. Finazzi, T. M. Monro, N. G. R. Broderick, V. Tse, and D. J. Richardson,
“Inverse design and fabrication tolerances of ultraflattened dispersion holey fibers,” J.
Lightwave Technol., vol. 13, pp. 3728–3736, 2005.
153
LISTE DES PUBLICATIONS
1. Michel Dossou, Denis Bacquet, and Pascal Szriftgiser, "Vector Brillouin optical
time-domain analyzer for high-order acoustic modes", Optics Letters (Optical So-
ciety of America - OSA), vol. 35, no. 22, pp. 3850-3852, 2010.
155
3850 OPTICS LETTERS / Vol. 35, No. 22 / November 15, 2010
The Brillouin optical time-domain analyzer (BOTDA) is a ous operating mode with a vector network analyzer [8].
fundamental tool for distributed measurements in optical In the context of distributed sensing, phase modulation
fibers. It is a stimulated Brillouin scattering (SBS) pump– has been implemented: the intensity pulse of the pump is
probe technique in which the counterpropagating probe is replaced by a phase pulse for the purpose of spatial re-
frequency scanned through the Brillouin–Stokes line [1]. solution enhancement [9]. With a Brillouin optical time-
The pump is pulsed, and thanks to a probe intensity time of domain reflectometer, distributed measurements of the
flight, a distributed measurement of the Brillouin gain frequency shift of two peaks have been observed [10],
spectrum (BGS) is recovered. Because the probe detec- but no spectrogram was reported. The VBOTDA princi-
tion operates in a low-frequency range from dc to a few ple is summarized in Fig. 1. The emission of a low-noise
hundred megahertz, the difficulty of this method is to dis- ∼500 kHz FWHM [11] distributed-feedback (DFB) laser
criminate the SBS signal from other perturbations, such as diode is split to generate a pulsed pump and a continu-
the pump Rayleigh backscattered light and a wide variety ously modulated probe. The VBOTDA is very similar to a
of low-frequency noise. Of course the Rayleigh compo- standard BOTDA [12] except that the intensity modulator
nent might be filtered out with a Bragg grating or an that usually modulates the DFB in order to synthesize
interferometer, but these devices are temperature and vi- the probe is replaced by a phase modulator (PM).
bration sensitive and require a continuous monitoring. Be- Additionally, this PM is driven by two frequencies instead
sides, the light propagating in an optical fiber might induce
a significant backward and forward intensity and phase
noise in the ∼0–1 GHz range [2]. Because of its wide con-
tinuous spectral spread or nonperiodic distribution, this
noise cannot simply be removed with an optical filter,
especially if it is copropagating with the probe. On the
other hand, higher-order longitudinal acoustic modes are
of potential interest [3,4]. Contrary to the forward guided
acoustic wave Brillouin scattering in the 0–1 GHz range
[5], these backward modes are stimulated and could be
observed with a BOTDA. Their frequency is close to the
Stokes line, in the ∼9–12 GHz range for 1550 nm light.
If their absolute frequency is quite high, as they beat with
the other, they will also lead to low-frequency oscillations
determined by their frequency spacing, typically a few
hundred megahertz. These modes have been observed
in photonic crystal fibers [6]. As they partially probe
the cladding structure, their frequencies are dependent
on the geometric parameters of the fiber [7]. In the near Fig. 1. Upper inset, double-frequency phase modulation princi-
future, they could allow us to go beyond traditional tem- ple (F LO , local oscillator frequency; F S , scanned frequency). Side-
perature and longitudinal strain sensing. Applications bands are created at F BGS ¼ ðF S þ F LO Þ. When they enter the
such as distributed diameter deviation sensing or trans- BGS resonance, they are either amplified or depleted. Lower inset,
VBOTDA simplified representation (DFB, 1548 nm distributed-
verse strain sensing could be considered. feedback laser diode; EO, intensity electro-optic modulator;
In this Letter, we report a vector BOTDA (VBOTDA) EDFA1, ∼4 W peak output power; EDFA2, 1–10 mW cw; LNA,
that is insensitive to low-frequency noise, which results middle power low-noise amplifier stage 25 dB gain, ∼1 dB NF;
in a high dynamic range (DR). Let us mention that vector Circ, circulator; OSC, oscilloscope; BPF, 120 GHz bandpass
SBS measurements have been performed in the continu- optical filter; PC, polarization controller).
0146-9592/10/223850-03$15.00/0 © 2010 Optical Society of America
November 15, 2010 / Vol. 35, No. 22 / OPTICS LETTERS 3851
Abréviation Signification
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Liste des revues
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