Devoir Maison 9: Exercice: Conjugaison D'applications
Devoir Maison 9: Exercice: Conjugaison D'applications
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DEVOIR MAISON 9
Vous traiterez, au choix :
I l’exercice et les questions 1 à 5 du problème.
I au moins les parties I et II du problème (option nettement plus difficile)
Soit E un ensemble non vide, et soit F = E E l’ensemble des applications de E dans lui-même.
On définit une relation binaire ∼ sur F de la manière suivante :
On rappelle que deux ensembles E et F sont dits équipotents s’il existe une bijection de E dans F (ou, ce qui est équivalence,
une bijection de F dans E).
1. Premiers exemples : à l’aide de la fonction th montrer que R et ]0, 1[ sont équipotents.
En déduire que pour tous réels a < b, ]a, b[ et R sont équipotents.
E −→ M M −→ E
[ [
φ: x
si x < A2` ,ψ : x
si x < A2`
x 7−→ ` ∈N x 7−→ ` ∈N
si x ∈ A2k si x ∈ A2k +2
f (x)
f −1 (x)
k k
MP2I LYCÉE CHAMPOLLION 2021–2022
Notons que φ et ψ sont bien définies puisque les A2k sont deux à deux disjoints, et donc un élément x ne peut être
dans deux A2k distincts à la fois.
Prouver que φ et ψ sont bijectives, et que φ −1 = ψ .
En déduire que E et M sont équipotents.
15. Application : montrer que R est équipotent à [−1, 1], puis que tout intervalle de R non vide, et non
réduit à un singleton est équipotent à R.
Dans la suite, on admet que tout réel x ∈ [0, 1[ possède un unique développement décimal propre, c’est-à-
dire s’écrit de manière unique
n
X +∞
X
x = lim ak 10−k ce que l’on note x = ak 10−k
n→+∞
k =1 k =1
où (ak )k >1 est une suite (dépendant bien entendu de x) à valeurs dans n0, 9o, qui n’est pas constante égale à 9
à partir d’un certain rang.
Ce résultat n’est pas particulièrement difficile et sera prouvé en cours en fin d’année.
+∞
X
Notons qu’il s’agit bien là de l’écriture décimale dont vous avez l’habitude : ak 10−k = 0, a 1a 2a 3a 4 . . . .
k=1
Si on demande à ce que les ak ne soient pas tous égaux à 9 à partir d’un certain rang, c’est afin de garantir l’unicité d’un
tel développement, car
+∞ n
X X 1 − 102−n
0, 0999999 · · · = 9 × 10−k = lim 9 10−k = lim 9 × 10−2 × 1
= 10−1 = 0, 100000 . . .
k =2
n→+∞
k =2
n→+∞ 1 − 10
c. Adapter l’argument précédent pour prouver que l’ensemble des nombres transcendants est équipo-
tent à R.
Ces résultats signifient qu’il existe «beaucoup plus» de nombres irrationnels que de rationnels, et beaucoup plus de
transcendants que d’algébriques.
q √4 √ √
Pourtant la plupart des nombres que vous manipulez, par exemple 13 , 2 + 3 67 ou √3 1+ 27√5 sont algébriques, et
38+ 2
il est assez difficile d’exhiber un nombre transcendant.
Historiquement, le premier nombre dont on a prouvé la transcendance est le nombre de LIOUVILLE :
+∞
10−k ! = 0, 110001000000000000000001000 . . . .
X
k =1
Depuis, il a été également prouvé que e (HERMITE en 1873) et π (LINDEMANN en 1882) sont également trans-
cendants. Mais de nombreux problèmes restent ouverts sur le sujet.
Par exemple, on ne sait toujours pas si e +π , e e ou π π sont algébriques ou non (mais on sait que e π est transcendant).
Et donc f n ∼ дn .
3. Soit f ∈ F dans la classe d’équivalence de idE , c’est-à-dire telle que f ∼ idE .
Alors il existe φ : E → E bijective telle que f = φ −1 ◦ idE ◦ φ = φ −1 ◦ φ = idE .
1 Un élément est toujours
Autrement dit, cl(idE ) ⊂ {idE }. Puisque l’inclusion réciproque est évidente1 , on a donc
dans sa propre classe.
cl(idE ) = {idE }.
Soit à présent f une fonction constante et soit λ ∈ E tel que pour tout x ∈ E, f (x) = λ.
Soit д ∈ F un élément de cl(f ) c’est-à-dire tel que д ∼ f .
Soit alors φ : E → E, bijective, telle que д = φ −1 ◦ f ◦ φ. Alors pour tout x ∈ E,
Alors il est facile de constater que pour tout x ∈ E, (φ ◦ φ)(x) = x, si bien que φ ◦ φ = idE .
Donc φ est bijective (et égale à sa propre bijection réciproque).
Et alors, pour tout x ∈ E, on a (φ −1 ◦ f ◦ φ)(x) = φ −1 (λ) = µ = h(x).
Et donc h = φ −1 ◦ f ◦ φ, si bien que h ∼ f .
Ainsi, toute fonction constante sur E est dans la classe d’équivalence de f , si bien que cl(f )
est l’ensemble des fonctions constantes.
On prouve exactement sur le même principe que f est surjective si et seulement si д l’est.
5. Cela a quasiment été fait à la question précédente. En effet, supposons que la classe d’équi-
valence d’une fonction f contienne au moins une bijection д.
Alors f ∼ д, si bien que par la question précédente, f est injective et surjective, donc
bijective.
Et donc pour tout h ∈ cl(f ), f ∼ h si bien que h est encore injective et surjective, et donc
bijective.
Donc si la classe d’équivalence de f contient une bijection, alors elle n’est formée que de
bijections.
6.a. Soit x ∈ E un point fixe de f . Notons φ : E → E une bijection telle que f = φ −1 ◦ д ◦ φ.
On a alors φ ◦ f = д ◦ φ. Et en particulier, φ(x) = φ(f (x)) = д(φ(x)), si bien que φ(x) est un
point fixe de д. Et donc д admet au moins un point fixe.
6.b. Notons Γf = {x ∈ E | f (x) = x} l’ensemble des points fixes de f , et notons de même Γд Restriction
l’ensemble des points fixes de д. Il est facile de se convaincre
Reprenons les notations de la question précédente, avec φ telle que f = φ −1 ◦ f ◦ φ. (mais tout aussi facile de
l’écrire proprement) que
Alors nous avons prouvé ci-dessus que l’image par φ de tout point fixe de f est un point
la restriction d’une appli-
fixe de д. Autrement dit que φ |Γf est bien à valeurs dans Γд . cation injective est encore
Elle est évidemment injective car restriction de la fonction φ, qui est elle-même injective. injective : si l’application de
Reste donc à prouver qu’elle est surjective, c’est-à-dire que pour tout point fixe y de д, il départ ne peut pas prendre
deux fois la même valeur, sa
existe x ∈ Γf tel que y = φ(x).
restriction à n’importe quel
Soit donc y ∈ Γд , et soit x = φ −1 (y). Il est clair que x ∈ E, mais par forcément évident que ensemble plus petit ne pren-
x est alors un point fixe de f . dra pas non plus deux fois la
Mais on a f (x) = f (φ −1 (y)) = (f ◦ φ −1 )(y) = (φ ◦ д)(y) = φ(д(y)) = φ(y) = x. même valeur.
Et donc x est un point fixe de f si bien que φ |Γf est surjective. Et donc réalise une bijection
de Γf sur Γд .
6.c. Pour tout x ∈ R, e x > 1 + x > x, si bien que f ne possède aucun point fixe.
En revanche 0 est un point fixe de д.
Donc f et д ne peuvent pas être conjuguées d’après la question 6.a.
(φ −1 ◦ f ◦ φ)(x) = f (x + 1) − 1 = e x +1 − 1 = д(x).
7.b. Puisque cos est paire, φ ◦ cos l’est aussi. Et donc sin ◦φ est paire.
7.c. Soit x ∈ [−1, 1]. Alors par la question précédente, sin(φ(x)) = sin(φ(−x)).
Mais φ(x) et φ(−x) sont tous deux dans [−1, 1]. Or [−1, 1] ⊂ − π2 , π2 , intervalle sur lequel
3 Par exemple car strictement
sin est injective3
Et donc nécessairement φ(x) = φ(−x). Mais puisque φ est également injective, x = −x, ce croissante.
qui n’est pas possible par exemple pour x = 1.
On en déduit que sin et cos ne sont pas conjuguées.
AUTOUR DE L’ÉQUIPOTENCE
1. La fonction th réalise une bijection de R sur ] − 1, 1[.
1
Donc f : x 7→ th(x) + 1 réalise une bijection de R sur ]0, 1[, qui sont donc équipotents.
2 1
Et alors, pour a < b, x 7→ (b − a)x + a réalise une bijection de ]0, 1[ sur ]a, b[, et donc
x 7→ (b − a)f (x) + a réalise une bijection de R sur ]a, b[.
Soit donc (m, n) ∈ N × N. Alors (n 1 , . . . , np+1 ) ∈ Np+1 est un antécédent de (m, n) par ψ si
φp (n 1 , . . . , np ) = m
et seulement si np+1 = n .
cet antécédent, alors (m 1 , . . . , mp , n) est l’unique antécédent de (m, n) par ψ , qui est donc
bijective.
Et ainsi, φp+1 = f ◦ ψ réalise une bijection de Np+1 sur N.
Par le principe de récurrence, on en déduit que pour tout p ∈ N, Np et N sont équipotents.
5. L’argument diagonal de Cantor
Puisque φ est surjective, et que (vn ) est bien une suite à valeurs entières, il existe p ∈ N tel
que φ(p) = (vn ).
(p)
Mais alors en particulier, vp = φp .
(p)
Or par définition, vp = φp + 1, si bien qu’on arrive à 1 = 0, ce qui est absurde.
Et donc on en déduit qu’il n’existe pas de surjection de N dans NN , et en particulier, que
ces deux ensembles ne sont pas équipotents, puisqu’alors toute bijection de N dans NN
serait surjective.
L’inclusion réciproque
\ découle\ immédiatement de f n (M) ⊂f n (E).
n =
Et donc on a bien f (E) f n (M).
n ∈N n ∈N
10. Soit k ∈ N. Alors si k est pair, soit p ∈ N tel que k = 2p.
Alors par la question 8, Bk +1 = B 2p+1 = f p (M) ⊂ f p (E) = Bk .
4 Toujours d’après la question
Et si k est impair, k = 2p + 1, alors4
8.
Bk+1 = B 2p+2 = f p+1 (E) ⊂ f p (M) = Bk .
Donc pour tout k ∈ N, Bk +1 ⊂ Bk , si bien que (Bk )k ∈N est décroissante pour l’inclusion.
\
Pour tout p ∈ N, on a K = f n (E) ⊂ f p (E), et donc en particulier, K ⊂ B 2p .
\ n ∈N
Et de même, K = f n (M) ⊂ f p (M), et donc K ⊂ B 2p+1 .
n ∈N
Et donc pour tout k ∈ N, K ⊂ Bk .
11.a. Si x ∈ K, alors pour tout k ∈ N, x ∈ Bk et x ∈ Bk +1 , donc x < Bk \ Bk+1 = Ak .
5 Car B = f 0 (E) = E.
11.b. Si x < K, considérons I = {k ∈ N | x ∈ Bk }. Il s’agit donc d’une partie non vide5 de N. 0
Si l’on suppose que x < K, alors il existe p ∈ N tel que x < f p (E) = B 2p .
Et alors par décroissance de (Bk )k , pour tout k > 2p, x < Bk .
Autrement dit, I est une partie non vide et majorée de N, donc possède un plus grand
élément, notons-le q.
Alors x ∈ Bq et x < Bq+1 , si bien que x ∈ Aq .
Comme mentionné ci-dessus, pour k > q + 1, x < Bk , et donc x < Ak .
Et pour k < q, alors x ∈ Bq ⊂ Bk +1 ⊂ Bk , si bien que x < Ak .
Et donc il existe un unique entier k tel que x ∈ Ak .
11.c. Nous venons de prouver dans les deux questions précédentes
[ que tout élément de E est soit
dans K, soit dans l’un des Ak , donc que E = K ∪ Ak .
k ∈N
Par ailleurs, la question 11.a prouve que pour tout k ∈ N, Ak ∩ K = ∅, et dans la question
11.b nous avons prouvé que les Ak sont deux à deux disjoints.
12. Notons que A0 = B 0 \ B 1 = E \ M.
Et donc A0 ∩ M = ∅, alors que pour k > 1, Bk ⊂ B 1 = M. Et donc Ak ⊂ M, si bien que
M ∩ Ak = Ak .
Enfin, K ⊂ M, et donc K ∩ M = M.
On en déduit donc que
\ [
M = E ∩ M = (K ∩ M) ∪ (Ak ∩ M) = K ∪ Ak .
n ∈N n ∈N∗
13. Soit k ∈ N. Puisque f est injective, sa restriction à Ak l’est également, donc fk est injective. Remarque
Il s’agit donc de prouver que fk est bien à valeurs dans Ak +2 , et que tout élément de Ak +2 Nous utilisons là le résul-
possède un antécédent par fk . tat suivant : f (f n (E)) =
Si k est pair, avec k = 2n, on a, d’après la question 6, f n+1 (E).
Ceci n’a rien de difficile, et
la preuve en est plutôt ra-
f (Ak ) = f (B 2n \ B 2n+1 ) = f (B 2n ) \ f (B 2n+1 ) = f (f n (E)) \ f (f n (M))
pide, mais notons que ce n’est
= f n+1 (E) \ f n+1 (M) = B 2n+2 \ B 2n+3 = A2n+2 = Ak +2 . pas «vrai par définition» :
le membre de gauche est
Et de même, si k = 2n + 1 est impair, alors l’image par f d’une partie de
E, à savoir l’image directe de
E par f n . Et le membre de
f (Ak ) = f (B 2n+1 \ B 2n+2 ) = f (B 2n+1 ) \ f (B 2n+2 ) = f (f n (M)) \ f (f n+1 (E)) droite est l’image par l’appli-
= f n+1 (M) \ f n+2 (E) = B 2n+3 \ B 2n+4 = A2n+3 = Ak +2 . cation f n+1 de l’ensemble
E.
Donc ceci prouve à la fois que fk est bien à valeurs dans Ak +2 , mais en plus que tout élément
de Ak+2 possède au moins un antécédent par f dans Ak (et donc un antécédent par fk ).
Ainsi, fk : Ak → Ak +2 est surjective, et donc bijective.
14. Nous allons prouver que ψ ◦ φ = idE et ψ ◦ φ = idM . Ceci garantira à la fois que ψ et φ sont
bijectives, et que ψ = φ −1 .
[
Soit x ∈ E. Si x < A2` , alors φ(x) = x, et donc ψ (φ(x)) = x.
` ∈N
6 Nécessairement unique
S’il existe un6 k ∈ N tel que x ∈ A2k . Alors φ(x) = fk (x) ∈ A2k +2 .
Et donc ψ (φ(x)) = fk−1 (fk (x)) = x. car les A2k sont deux à deux
disjoints.
Donc pour tout x ∈ E, ψ (φ(x)) = x.
18.a. C’est un résultat du cours, si on se rappelle qu’une suite à valeurs dans {0, 1} n’est rien d’autre
P(N) −→ {0, 1}N
qu’une application de N dans {0, 1}, la bijection en question est φ : .
A 7−→ 1A
18.b. La suite (ψn (u))n est croissante puisque pour tout n ∈ N, on a
n+1 n
1 X uk 1 X uk un+1
ψn+1 (u) − ψn (u) = + − − = n+3 > 0.
3 3k +2 3 3k +2 3
k =0 k =0
n n+1 1 n+2
1 X 1 1X 1 11− 1
3
D’autre part, pour tout n ∈ N, on a ψn (u) 6 + 6 6 6 .
3 3k+2 3 3k 3 2
3
2
k=0 k =0
Donc (ψn (u))n est majorée, et étant croissante, elle est convergente.
18.c. Soient (un ), (vn ) deux éléments distincts de {0, 1}N , et soit k 0 = min{k ∈ N, uk , vk }.
Quitte à échanger u et v, on peut supposer que uk0 = 0 et vk0 = 1.
Alors pour tout n > k 0 + 1, on a
k0 n k0 n
1 X vk X vk 1 X uk X uk
ψn (v) − ψn (u) = + + − − −
3 3k +2 3k +2 3 3k +2 3k +2 Détails
k =0 k =k +1 0 k =0 k =k +1 0
n
Les premiers termes sont les
1 X vk − uk mêmes, et pour k = k 0 , seul
= + reste le terme associé à v.
3k0 +2 k =k +1
3k +2
0
n
1 X 1 Dans le pire des cas, tous les
> −
3k0 +2 k=k 0 +1
3k +2 u k , k > k 0 valent 1 et les v k
sont nuls.
n−k 0 −1
1 1 X 1
> −
3k0 +2 3k0 +3 i=0
3i
n−k0
1 1 1 − 13
> − 2
3k0 +2 3k0 +3 3
1 1 1 1
> − > k +2 .
3k0 +2 2 3k0 +2 30
1
Et donc en faisant tendre n vers +∞, il vient ψ (v) − ψ (u) > > 0.
2 · 3k0 +2
Et en particulier, ψ (v) , ψ (u), de sorte que ψ est injective.
+∞
X +∞
X
18.d. Supposons qu’à deux réels x = ak 10−k et y = bk 10−k soient associés les mêmes
k =1 k =1
ensembles A et B.
Alors, pour tout i > 1, chacun de ces ensembles contient un unique entier qui soit divisible
par 2i et pas par 2i+1 .
Pour A, c’est 2i 3ai , et pour B, c’est 2i 3bi .
Si A et B sont égaux, alors nécessairement, ces deux nombres sont égaux, et donc ai = bi .
n
X Xn
Ceci étant vrai pour tout i > 1, il vient donc pour tout n ∈ N∗ , ak 10−k = bk 10−k ,
k =1 k=1
ce qui après passage à la limite, nous donne x = y.
Et donc la fonction de l’énoncé est injective.
10 Car composée d’injections.
18.e. À l’aide des questions 11 et 12, on construit une injection10 de P(N) dans ]0, 1[.
D’autre part, la fonction de la question 14 est injective, de ]0, 1[ dans P(N).
Donc par le théorème de Cantor-Bernstein, il existe une bijection de P(N) sur ]0, 1[.
Ce qui, composé avec la bijection de la question 9 donne une bijection de P(N) sur R
tout entier.
Et ainsi, comme annoncé, P(N) et R sont équipotents.
Puisque par le théorème de Cantor, N et P(N) ne sont pas équipotents, on retrouve le fait
que N et R ne sont pas équipotents.
19. Notons que si x et y sont deux réels de ]0, 1[, de développements décimaux respectifs
x = 0, a 1a 2 . . . et y = 0, b1b2 . . . , alors 0, a 1b1a 2b2 . . . est un développement décimal
propre.
Et par unicité d’un tel développement, il est évident que l’application
+∞
(10ak + bk )10−2k est une injection de ]0, 1[2 →]0, 1[.
X
φ : (x, y) 7→
k =1
En revanche, 0, a 1b1a 2b2 . . . peut être un développement décimal propre sans que 0, a 1a 2 . . .
la soit, penser par exemple à 0, 91919191 . . . .
Donc φ n’est probablement pas bijective.
En revanche, il existe évidemment une injection de ]0, 1[ dans ]0, 12 [, par exemple x 7→
1
x, 2 , et donc par Cantor-Bernstein, il existe une bijection de ]0, 1[2 dans ]0, 1[.
Mais à la question 1, nous avons prouvé qu’il existe une bijection de ]0, 1[ dans R.
Et alors cette bijection, couplée à ce qui a été fait au-dessus prouve que R et R2 sont
équipotents.
[ [
Alors l’ensemble des nombres algébriques est * C(Pi,k )+.
[ k ∈N ,i ∈N -
Mais par la question 18, à k fixé, C(Pi,k ) est au plus dénombrable.
i ∈N
[ [
Et donc * C(Pi,k )+ est également au plus dénombrable.
k ∈N ,i ∈N -
Autrement dit, on a une injection de l’ensemble des algébriques dans N.
Puisque n 7→ n est une injection de N dans l’ensemble des algébriques, par le théorème de
Puisque R n’est lui pas équipotent à N, et qu’un réel est soit algébrique, soit transcendant, on
13 Au moins un pour l’ins-
n’a pas R égal à l’ensemble des algébriques, si bien qu’il existe des13 nombres transcendants.
√ √ tant.
23.a. Soient donc q, q 0 ∈ Q et k, k 0 ∈ N tels que q + k 2 = q 0 + k 0 2.
√ √ q − q0
Alors q − q 0 = (k − k 0) 2. Si on avait k − k 0 , 0, alors 2 = ∈ Q, ce qui est absurde.
k − k0
Donc nécessairement, k − k 0 = 0 ⇔ k = k 0, et donc q = q 0.
23.b. Nous allons prouver que f est injective.
Commençons par noter que f est bien définie d’après la question précédente : pour x ∈ A,
f (x) est bien défini de manière unique.
Notons également que f est bien à valeurs dans R \ Q.
Si x < A, alors x < Q (car Q
√ ⊂ A), et donc f (x) = x < √ A. Donc x ∈ R \ A ⊂ R \ Q.
Et si x ∈ A, avec x = q + k 2, alors f (x) = q + (k
|{z} 2 est irrationnel.
+ 1 )
,0
Donc pour tout x ∈ R, f (x) ∈ R \ Q.
En effet, les nombres de la forme q + kc, (q, k) ∈ Q × N∗ sont transcendants, de même que le fait que l’écriture sous la
forme q + kc est unique.
les φ(q) + c et les q + (k + 1)c.
Et donc par le lemme de Dedekind, R et R \ Q sont équipotents.