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Devoir Maison 9: Exercice: Conjugaison D'applications

Le document présente un devoir de mathématiques sur les applications et les relations d'équivalence, en se concentrant sur la conjugaison d'applications et l'équipotence des ensembles. Il contient des exercices et problèmes variés, allant de la démonstration de propriétés d'applications à l'étude des ensembles équipotents, ainsi que des applications du théorème de Cantor-Bernstein. Enfin, il aborde la distinction entre nombres algébriques et transcendants.

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Devoir Maison 9: Exercice: Conjugaison D'applications

Le document présente un devoir de mathématiques sur les applications et les relations d'équivalence, en se concentrant sur la conjugaison d'applications et l'équipotence des ensembles. Il contient des exercices et problèmes variés, allant de la démonstration de propriétés d'applications à l'étude des ensembles équipotents, ainsi que des applications du théorème de Cantor-Bernstein. Enfin, il aborde la distinction entre nombres algébriques et transcendants.

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MP2I À RENDRE LE 13.12.

21

DEVOIR MAISON 9
Vous traiterez, au choix :
I l’exercice et les questions 1 à 5 du problème.
I au moins les parties I et II du problème (option nettement plus difficile)

I Exercice : conjugaison d’applications

Soit E un ensemble non vide, et soit F = E E l’ensemble des applications de E dans lui-même.
On définit une relation binaire ∼ sur F de la manière suivante :

∀(f , д) ∈ F 2 , f ∼ д ⇔ il existe une bijection φ : E → E telle que д = φ −1 ◦ f ◦ φ.

Lorsque f ∼ д, on dit que f et д sont conjuguées.


1. Prouver que ∼ est une relation d’équivalence sur F .
2. Prouver que ∀(f , д) ∈ F 2 , ∀n ∈ N, f ∼ д ⇒ f n ∼ дn .
3. Déterminer la classe d’équivalence de idE , et la classe d’équivalence d’une application constante.
4. Soient f , д ∈ F , tels que f ∼ д. Prouver que f est injective (resp. surjective) si et seulement si д est
injective (resp. surjective).
5. Montrer qu’une classe d’équivalence de ∼ qui contient au moins une bijection ne contient que des bijec-
tions.
6. Soient f , д ∈ F telles que f ∼ д. On suppose que f possède un point fixe.
a. Montrer que д possède un point fixe.
b. Construire une bijection entre l’ensemble des points fixes de f et l’ensemble des points fixes de д.
c. Application : dans cette question, E = R.
R −→ R R −→ R
Les fonctions f : x et д : sont-elles conjuguées ?
x 7−→ e x 7−→ e x − 1
R −→ R R −→ R
(?) Même question pour f : et д : .
x 7−→ e x x 7−→ e x +1 − 1
7. On souhaite prouver que sin et cos ne sont pas dans la même classe d’équivalence. Pour cela, on raisonne
par l’absurde en supposant que sin ∼ cos et on note φ : R → R une bijection telle que cos = φ −1 ◦ sin ◦φ.
a. Prouver que pour tout x ∈ [−1, 1], φ(x) ∈ [−1, 1].
b. Justifier que sin ◦φ est paire sur [−1, 1].
c. Conclure.
I Problème : autour de l’équipotence

On rappelle que deux ensembles E et F sont dits équipotents s’il existe une bijection de E dans F (ou, ce qui est équivalence,
une bijection de F dans E).
1. Premiers exemples : à l’aide de la fonction th montrer que R et ]0, 1[ sont équipotents.
En déduire que pour tous réels a < b, ]a, b[ et R sont équipotents.

Partie I. Quelques ensembles équipotents (ou non) à N


2. Prouver que pour tout entier naturel non nul n, il existe deux entiers naturels p et q tels que n = 2p (2q +1).
N2 −→ N
3. Soit f : .
(p, q) 7−→ 2p (2q + 1) − 1

MP2I LYCÉE CHAMPOLLION 2021–2022


a. Prouver que f est surjective.
b. Montrer que f est une bijection de N2 sur N.
On en déduit donc que N et N2 sont équipotents.
4. On souhaite prouver par récurrence sur p ∈ N∗ qu’il existe une bijection de Np sur N.
Le cas p = 1 est trivial, et le cas p = 2 vient d’être traité à la question précédente.
On suppose donc que pour p ∈ N∗ , il existe une bijection φp : Np → N, et on définit une application
φp+1 : Np+1 → N en posant :

∀(n 1 , . . . , np , np+1 ) ∈ Np+1 , φp+1 (n 1 , . . . , np , np+1 ) = f φp (n 1 , . . . , np ), np+1




où f est l’application N → N × N de la question précédente. Prouver que φp+1 est bijective.


5. L’argument diagonal de Cantor
On souhaite prouver que NN , l’ensemble des suites à valeurs dans N n’est pas équipotent à N.
N −→ NN
Supposons par l’absurde qu’il existe φ : surjective.
n 7−→ φ (n)
On notera que pour tout n ∈ N, φ (n) est une suite (c’est-à-dire une application de N dans N)
Pour tout p ∈ N, on notera φp(n) le p ème terme de la suite φ (n) , c’est-à-dire l’image de p par φ (n) .
On définit alors une suite (vn )n ∈N de la manière suivante : ∀n ∈ N, vn = φ n(n) + 1.
Prouver que (vn ) n’admet pas d’antécédent par φ et en déduire le résultat annoncé.

Partie II. Le lemme fondamental de Dedekind


Soit E un ensemble, soit f : E → E une application injective, et soit M une partie de E telle que f (E) ⊂ M.
Le but de cette partie est de prouver que nécessairement, E et M sont équipotents (c’est le lemme de Dedekind).
6. Prouver que pour toutes parties C, D de E, f (D \ C) = f (D) \ f (C).
7. Montrer que E et M sont stables par f .
8. Justifier que pour tout n ∈ N, f n (M) ⊂ f n (E) et f n+1 (E) ⊂ f n (M).
\ \
9. En déduire que f n (E) = f n (M).
n ∈N \n ∈N
Dans la suite, on note K = f n (E).
n ∈N

 f p (E) si k = 2p est pair




10. Pour tout k ∈ N, on note Bk =  .
 f p (M) si k = 2p + 1 est impair

Montrer que la suite (Bk )k ∈N est décroissante pour l’inclusion et que pour tout k ∈ N, K ⊂ Bk .

11. Pour tout k ∈ N, on pose Ak = Bk \ Bk +1 .


Soit x ∈ E.
a. Montrer que si x ∈ K, alors x n’appartient à aucun des Ak , k ∈ N.
b. Montrer que si x < K, alors il existe un unique entier k ∈ N tel que x ∈ Ak .
[
c. En déduire que E = K ∪ Ak , et que ces ensembles sont deux à deux disjoints.
k ∈N
[
12. Prouver que M = K ∪ Ak .
k ∈N∗
13. En utilisant la question 6 montrer que pour tout k ∈ N, fk = f |Ak réalise une bijection de Ak sur Ak +2 .
14. Soient φ et ψ les applications définies par

E −→ M M −→ E
[ [
φ: x


 si x < A2` ,ψ : x


 si x < A2`
x 7−→  ` ∈N x 7−→  ` ∈N
si x ∈ A2k si x ∈ A2k +2

 f (x)
 
 f −1 (x)

 k  k
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Notons que φ et ψ sont bien définies puisque les A2k sont deux à deux disjoints, et donc un élément x ne peut être
dans deux A2k distincts à la fois.
Prouver que φ et ψ sont bijectives, et que φ −1 = ψ .
En déduire que E et M sont équipotents.
15. Application : montrer que R est équipotent à [−1, 1], puis que tout intervalle de R non vide, et non
réduit à un singleton est équipotent à R.

Partie III. Le théorème de Cantor-Bernstein et ses conséquences.


16. Soient E et F deux ensembles. On suppose qu’il existe i : E → F et j : F → E injectives.
En notant que j ◦ i est injective, prouver, à l’aide du lemme de Dedekind, que E et F sont équipotents.
Ce résultat est appelé le théorème de Cantor-Bernstein.
17. Prouver que N et Q sont équipotents.
La suite de ce sujet est très longue, et est essentiellement à vocation «culturelle». Allez y prendre les questions (et les
idées) qui vous intéressent, quitte à ne pas tout rédiger correctement.

Dans la suite, on admet que tout réel x ∈ [0, 1[ possède un unique développement décimal propre, c’est-à-
dire s’écrit de manière unique
n
X +∞
X
x = lim ak 10−k ce que l’on note x = ak 10−k
n→+∞
k =1 k =1

où (ak )k >1 est une suite (dépendant bien entendu de x) à valeurs dans n0, 9o, qui n’est pas constante égale à 9
à partir d’un certain rang.
Ce résultat n’est pas particulièrement difficile et sera prouvé en cours en fin d’année.
+∞
X
Notons qu’il s’agit bien là de l’écriture décimale dont vous avez l’habitude : ak 10−k = 0, a 1a 2a 3a 4 . . . .
k=1
Si on demande à ce que les ak ne soient pas tous égaux à 9 à partir d’un certain rang, c’est afin de garantir l’unicité d’un
tel développement, car
+∞ n
X X 1 − 102−n
0, 0999999 · · · = 9 × 10−k = lim 9 10−k = lim 9 × 10−2 × 1
= 10−1 = 0, 100000 . . .
k =2
n→+∞
k =2
n→+∞ 1 − 10

18. R n’est pas équipotent à N


a. En utilisant les fonctions indicatrices, donner une bijection de P(N) sur {0, 1}N , l’ensemble des
suites à valeurs dans {0, 1}.
n
1 X uk
b. Soit u = (un )n une suite à valeurs dans {0, 1}. Montrer que la suite (ψn (u))n définie parψn (u) = +
3 3k+2 k =0
est convergente. On note ψ (u) sa limite.
{0, 1}N −→ ]0, 1[
c. Montrer que ψ : est injective.
u 7−→ ψ (u)
+∞
X
d. Montrer que la fonction qui à un réel x = ak 10−k de ]0, 1[ associe l’ensemble 2i 3ai , i ∈ N∗ est

k=1
une injection de ]0, 1[ dans P(N).
e. Déduire de ce qui précède que R et P(N) sont équipotents, et en déduire que R et N ne sont pas
équipotents.
19. Montrer que R et R2 sont équipotents. On pourra à cet effet utiliser l’application définie sur ]0, 1[2 , qui
+∞
X +∞
X +∞
X
à deux réels x = ak 10 et y =
−k
bk 10 associe
−k
(10ak + bk ) 10−2k = 0, a 1b1a 2b2a 3b3 . . .
k=1 k=1 k =1

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Partie IV. Nombres algébriques, nombres transcendants
Un réel x est dit algébrique s’il existe un polynôme non nul P = a 0 + a 1X + · · · + an X n à coefficients dans Z
dont x est racine. Par exemple, tout rationnel r = ba est algébrique car r est racine de bX − a.

Mais certains nombres irrationnels sont également algébriques, par exemple 2 est racine de X 2 − 2.
Un nombre qui n’est pas algébrique est appelé transcendant.
20. Un ensemble E est dit au plus dénombrable s’il existe une injection de E dans N. Par exemple, un
ensemble fini E = {x 1 , . . . , x n } est au plus dénombrable puisqu’à chaque élément x ∈ E, on peut associer
l’unique i ∈ n1, no tel que x = x i .
On peut montrer, mais ce n’est pas utile dans la suite, que les ensembles au plus dénombrables sont les ensembles
finis ou équipotents à N.
a. Montrer que si E 1 et E 2 sont deux ensembles au plus dénombrables, alors E 1 ∪ E 2 est encore au plus
dénombrable.
En déduire qu’une union finie d’ensembles au plus dénombrables est au plus dénombrable.
b. Soit E un ensemble, et soit (En )n ∈N une suite de parties de E telles que pour tout n ∈ N, En soit au
plus dénombrable.
[
Prouver que En est au plus dénombrable.
n ∈N
21. Soit k ∈ N. Prouver que l’ensemble des polynômes de degré k à coefficients entiers est équipotent à N.
22. Prouver que l’ensemble des nombres algébriques est en bijection avec N.
En déduire qu’il existe des nombres transcendants.

23. Dans cette question, on note A = {q + k 2, (q, k) ∈ Q × N}.
√ √
a. Soient (q, q 0) ∈ Q2 et (k, k 0) ∈ N2 . Prouver que q + k 2 = q 0 + k 0 2 ⇔ (q, k) = (q 0, k 0).

On en déduit que l’écriture d’un élément de A sous la forme q + k 2 est unique.
R −→ R \ Q
b. En utilisant l’application f : x

 si x < A prouver que R et R\Q
x 7−→  √ √
q + (k + 1) 2 si x = q + k 2 ∈ A

sont équipotents.

c. Adapter l’argument précédent pour prouver que l’ensemble des nombres transcendants est équipo-
tent à R.
Ces résultats signifient qu’il existe «beaucoup plus» de nombres irrationnels que de rationnels, et beaucoup plus de
transcendants que d’algébriques.
q √4 √ √
Pourtant la plupart des nombres que vous manipulez, par exemple 13 , 2 + 3 67 ou √3 1+ 27√5 sont algébriques, et
38+ 2
il est assez difficile d’exhiber un nombre transcendant.
Historiquement, le premier nombre dont on a prouvé la transcendance est le nombre de LIOUVILLE :
+∞
10−k ! = 0, 110001000000000000000001000 . . . .
X

k =1

Depuis, il a été également prouvé que e (HERMITE en 1873) et π (LINDEMANN en 1882) sont également trans-
cendants. Mais de nombreux problèmes restent ouverts sur le sujet.
Par exemple, on ne sait toujours pas si e +π , e e ou π π sont algébriques ou non (mais on sait que e π est transcendant).

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CORRECTION 1

CORRECTION DU DEVOIR MAISON 9

EXERCICE : CONJUGAISON D’APPLICATIONS


−1
1. Soit f ∈ F . Alors f = idE ◦ f ◦ idE = idE ◦ f ◦ idE , si bien que f ∼ f .
Donc ∼ est réflexive.
Soient f , д ∈ F tels que f ∼ д. Alors il existe φ : E → E bijective telle que f = φ −1 ◦ f ◦ φ.
Et alors, il vient
φ ◦ д ◦ φ −1 = φ ◦ φ −1 ◦f φ −1 ◦ φ = f .
| {z } | {z }
=idE =idE
−1
Et puisque φ −1 est encore une bijection de E dans lui-même, et que φ −1 = φ, on a bien
B Attention !
  −1
f = φ −1 ◦ д ◦ φ −1 Dans la définition de ∼, on
dit bien que pour chaque
et donc д ∼ f . Donc ∼ est symétrique. couple (f , д) d’éléments
tels que f ∼ д, il existe φ
bijective telle que ...
Soient f , д, h ∈ F telles que f ∼ д et д ∼ h. Alors il existe deux bijection φ et ψ , de E sur Mais cette fonction φ peut
lui-même, telles que д = φ −1 ◦ f ◦ φ et h = ψ −1 ◦ д ◦ ψ . Alors a priori dépendre du couple
(f , д) choisi, donc ici il est
h = ψ −1 ◦ д ◦ ψ = ψ −1 ◦ φ −1 ◦ f ◦ φ ◦ ψ = (φ ◦ ψ )−1 ◦ f ◦ (φ ◦ psi). important de noter φ et ψ
différemment, il n’y a aucune
Puisque φ ◦ ψ est encore une bijection de E sur E, car composée de deux bijections, alors raison de supposer qu’il s’agit
ceci prouve bien que f ∼ h. de la même bijection (même
si cela peut éventuellement
Et donc ∼ est transitive, et donc est une relation d’équivalence sur F . arriver).
2. Soient f , д deux fonctions telles que f ∼ д, et soit n ∈ N. Soit alors φ : E → E bijective telle
que д = φ −1 ◦ f ◦ φ. Alors
дn = д◦д◦· · ·◦д = φ −1 ◦f ◦φ ◦ φ −1 ◦f ◦φ ◦ φ −1 ◦ · · ·◦f ◦φ = φ −1 ◦(f ◦f ◦· · ·◦f )◦φ = φ −1 ◦f n ◦φ.
| {z } | {z }
=idE =idE

Et donc f n ∼ дn .
3. Soit f ∈ F dans la classe d’équivalence de idE , c’est-à-dire telle que f ∼ idE .
Alors il existe φ : E → E bijective telle que f = φ −1 ◦ idE ◦ φ = φ −1 ◦ φ = idE .
1 Un élément est toujours
Autrement dit, cl(idE ) ⊂ {idE }. Puisque l’inclusion réciproque est évidente1 , on a donc
dans sa propre classe.
cl(idE ) = {idE }.

Soit à présent f une fonction constante et soit λ ∈ E tel que pour tout x ∈ E, f (x) = λ.
Soit д ∈ F un élément de cl(f ) c’est-à-dire tel que д ∼ f .
Soit alors φ : E → E, bijective, telle que д = φ −1 ◦ f ◦ φ. Alors pour tout x ∈ E,

д(x) = φ −1 (f (φ(x))) = φ −1 (λ).


Et donc д est également constante.
Donc déjà, dans la classe d’équivalence de f ne se trouvent que des fonctions constantes.
Prouvons qu’elles y sont toutes, c’est-à-dire que l’ensemble des fonctions constantes forme
une unique classe d’équivalence pour ∼.
Soit µ ∈ E, et notons h la fonction constante égale à µ. Nous souhaitons prouver que h ∼ f .
Notons alors φ : E → E la fonction définie de la manière suivante :
Et si λ = µ



 λ si x = µ Si λ = µ notre définition a
∀x ∈ E, φ(x) =  si x = λ encore du sens, même si elle

µ
est inutilement compliquée :

si x < {λ, µ}

x

 dans ce cas, φ = idE .

Alors il est facile de constater que pour tout x ∈ E, (φ ◦ φ)(x) = x, si bien que φ ◦ φ = idE .
Donc φ est bijective (et égale à sa propre bijection réciproque).
Et alors, pour tout x ∈ E, on a (φ −1 ◦ f ◦ φ)(x) = φ −1 (λ) = µ = h(x).
Et donc h = φ −1 ◦ f ◦ φ, si bien que h ∼ f .
Ainsi, toute fonction constante sur E est dans la classe d’équivalence de f , si bien que cl(f )
est l’ensemble des fonctions constantes.

MP2I LYCÉE CHAMPOLLION 2021–2022 M. VIENNEY


2 DEVOIR MAISON 9

4. Notons φ : E → E une bijection telle que д = φ −1 ◦ f ◦ φ.


2 Car bijectives.
Si f est injective, puisque φ et φ −1 le sont2 alors par composition d’applications injectives,
д est injective.
Et inversement, si д est injective, alors f = φ ◦д ◦φ −1 est injective car composée d’injections.

On prouve exactement sur le même principe que f est surjective si et seulement si д l’est.
5. Cela a quasiment été fait à la question précédente. En effet, supposons que la classe d’équi-
valence d’une fonction f contienne au moins une bijection д.
Alors f ∼ д, si bien que par la question précédente, f est injective et surjective, donc
bijective.
Et donc pour tout h ∈ cl(f ), f ∼ h si bien que h est encore injective et surjective, et donc
bijective.
Donc si la classe d’équivalence de f contient une bijection, alors elle n’est formée que de
bijections.
6.a. Soit x ∈ E un point fixe de f . Notons φ : E → E une bijection telle que f = φ −1 ◦ д ◦ φ.
On a alors φ ◦ f = д ◦ φ. Et en particulier, φ(x) = φ(f (x)) = д(φ(x)), si bien que φ(x) est un
point fixe de д. Et donc д admet au moins un point fixe.

6.b. Notons Γf = {x ∈ E | f (x) = x} l’ensemble des points fixes de f , et notons de même Γд Restriction
l’ensemble des points fixes de д. Il est facile de se convaincre
Reprenons les notations de la question précédente, avec φ telle que f = φ −1 ◦ f ◦ φ. (mais tout aussi facile de
l’écrire proprement) que
Alors nous avons prouvé ci-dessus que l’image par φ de tout point fixe de f est un point
la restriction d’une appli-
fixe de д. Autrement dit que φ |Γf est bien à valeurs dans Γд . cation injective est encore
Elle est évidemment injective car restriction de la fonction φ, qui est elle-même injective. injective : si l’application de
Reste donc à prouver qu’elle est surjective, c’est-à-dire que pour tout point fixe y de д, il départ ne peut pas prendre
deux fois la même valeur, sa
existe x ∈ Γf tel que y = φ(x).
restriction à n’importe quel
Soit donc y ∈ Γд , et soit x = φ −1 (y). Il est clair que x ∈ E, mais par forcément évident que ensemble plus petit ne pren-
x est alors un point fixe de f . dra pas non plus deux fois la
Mais on a f (x) = f (φ −1 (y)) = (f ◦ φ −1 )(y) = (φ ◦ д)(y) = φ(д(y)) = φ(y) = x. même valeur.
Et donc x est un point fixe de f si bien que φ |Γf est surjective. Et donc réalise une bijection
de Γf sur Γд .
6.c. Pour tout x ∈ R, e x > 1 + x > x, si bien que f ne possède aucun point fixe.
En revanche 0 est un point fixe de д.
Donc f et д ne peuvent pas être conjuguées d’après la question 6.a.

C’est moins évident pour f : x 7→ e x et д : x 7→ e x +1 − 1. En effet, une rapide étude de


ex
fonction prouverait qu’aucune de ces deux fonctions n’admet de point fixe. x
Donc elle peuvent encore être conjuguées, ou ne pas l’être. Notons φ : x 7→ x + 1, qui est
bien bijective, avec φ −1 : x 7→ x − 1. FIGURE 0.1– x 7→ e x ne
possède pas de point fixe.
Alors pour tout x ∈ R, on a

(φ −1 ◦ f ◦ φ)(x) = f (x + 1) − 1 = e x +1 − 1 = д(x).

Et donc f et д sont bien conjuguées.

7.a. Soit x ∈ [−1, 1]. Notons que φ ◦ cos = sin ◦φ.


Soit alors y = Arccos(x), si bien que φ(x) = φ(cos(y)) = sin(φ(y)) ∈ [−1, 1] car y est à
valeurs dans [−1, 1]. Autrement dit
Et donc ∀x ∈ [−1, 1], φ(x) ∈ [−1, 1]. [−1, 1] est stable par φ.

7.b. Puisque cos est paire, φ ◦ cos l’est aussi. Et donc sin ◦φ est paire.

7.c. Soit x ∈ [−1, 1]. Alors par la question précédente, sin(φ(x)) = sin(φ(−x)).
Mais φ(x) et φ(−x) sont tous deux dans [−1, 1]. Or [−1, 1] ⊂ − π2 , π2 , intervalle sur lequel

3 Par exemple car strictement
sin est injective3
Et donc nécessairement φ(x) = φ(−x). Mais puisque φ est également injective, x = −x, ce croissante.
qui n’est pas possible par exemple pour x = 1.
On en déduit que sin et cos ne sont pas conjuguées.

MP2I LYCÉE CHAMPOLLION 2021–2022 M. VIENNEY


CORRECTION 3

AUTOUR DE L’ÉQUIPOTENCE
1. La fonction th réalise une bijection de R sur ] − 1, 1[.
1
Donc f : x 7→ th(x) + 1 réalise une bijection de R sur ]0, 1[, qui sont donc équipotents.

2 1
Et alors, pour a < b, x 7→ (b − a)x + a réalise une bijection de ]0, 1[ sur ]a, b[, et donc
x 7→ (b − a)f (x) + a réalise une bijection de R sur ]a, b[.

Partie I. Quelques ensemble équipotents (ou non) à N


2. Le résultat est assez évident si l’on connaît un peu d’arithmétique : il suffit de prendre
2q + 1 égal au produit de tous les facteurs premiers impairs de n. FIGURE 0.2– La fonction f .
Mais reprouvons-le simplement à l’aide d’une récurrence forte.
Pour n ∈ N∗ , notons P(n) la proposition ∃(p, q) ∈ N2 , n = 2p (2q + 1).
Il est clair que P(1) est vraie puisque 1 = 20 (2 × 0 + 1).
Soit n ∈ N∗ k, et supposons que P(k) soit vraie pour k ∈ n1, no.
Alors soit n + 1 est pair, auquel cas il existe r ∈ N∗ tel que n + 1 = 2r , et donc r < n + 1, si
bien que r 6 n. Par hypothèse de récurrence, il existe donc p, q tels que r = 2p (2q + 1). Et
donc n + 1 = 2r = 2p+1 (2q + 1), si bien que P(n + 1) est vérifiée.
Soit n + 1 est impair, auquel cas il suffit de prendre p = 0 et q = n2 ∈ N.
Donc par le principe de récurrence forte, tout entier naturel non nul est donc le produit
d’une puissance de 2 par un entier impair.
3.a. C’est la question précédente : pour n ∈ N, n + 1 ∈ N∗ , si bien qu’il existe deux entiers
(p, q) ∈ N2 tels que 2p (2q + 1) = n + 1 ⇔ n = 2p (2q + 1) − 1 ⇔ n = f (p, q).
Donc n possède un antécédent par f .
3.b. La surjectivité venant d’être prouvée, il s’agit donc de prouver que f est injective. Remarque
Soient (p, q), (p 0, q 0) tels que f (p, q) = f (p 0, q 0). On a donc 2p (2q + 1) = 2p (2q 0 + 1).
0
Si on n’avait pas pris soin
Quitte à échanger (p, q) et (p , q ), supposons p 6 p . Alors 2q + 1 = 2
0 0 0 p 0 −p
(2q 0 + 1). de supposer p 6 p 0 , la rela-
Puisque 2q + 1 est impair, on a donc nécessairement p − p = 0 ⇔ p = p .
0 0 tion ci-contre ne ferait pas
apparaître que des entiers.
Et alors 2q + 1 = 2q 0 + 1, si bien que q = q 0.
Nous venons donc de prouver que f (p, q) = f (p 0, q 0) ⇒ (p, q) = (p 0, q 0), et donc f est
injective, et donc surjective.
Np+1 −→ N × N
4. Notons ψ : , de sorte que φp+1 = φp ◦ ψ .
(n 1 , . . . , np , np+1 ) 7−→ (φp (n 1 , . . . , np ), np+1 )
Puisque φp est bijective, si nous prouvons que ψ l’est également, alors f sera bijective.

Soit donc (m, n) ∈ N × N. Alors (n 1 , . . . , np+1 ) ∈ Np+1 est un antécédent de (m, n) par ψ si
φp (n 1 , . . . , np ) = m

et seulement si  np+1 = n .

Or il existe un unique antécédent de m par φp , car φp est bijective, et si on note (m 1 , . . . , mp )


cet antécédent, alors (m 1 , . . . , mp , n) est l’unique antécédent de (m, n) par ψ , qui est donc
bijective.
Et ainsi, φp+1 = f ◦ ψ réalise une bijection de Np+1 sur N.
Par le principe de récurrence, on en déduit que pour tout p ∈ N, Np et N sont équipotents.
5. L’argument diagonal de Cantor
Puisque φ est surjective, et que (vn ) est bien une suite à valeurs entières, il existe p ∈ N tel
que φ(p) = (vn ).
(p)
Mais alors en particulier, vp = φp .
(p)
Or par définition, vp = φp + 1, si bien qu’on arrive à 1 = 0, ce qui est absurde.
Et donc on en déduit qu’il n’existe pas de surjection de N dans NN , et en particulier, que
ces deux ensembles ne sont pas équipotents, puisqu’alors toute bijection de N dans NN
serait surjective.

Partie II. Le lemme fondamental de Dedekind


6. Soient C, D deux parties de E, et soit y ∈ f (D \ C). Alors il existe x ∈ D \ C tel que y = f (x).
Et puisque x ∈ D, y = f (x) ∈ f (D).
Supposons par l’absurde que y ∈ f (C). Alors il existe x 1 ∈ C tel que y = f (x 1 ). Et donc
f (x 1 ) = f (x), donc par injectivité de f , x = x 1 ∈ C, ce qui est absurde car x ∈ D \ C.

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4 DEVOIR MAISON 9

Donc y ∈ f (D) \ f (C).

Inversement, soit y ∈ f (D) \ f (C). Alors il existe x ∈ D tel que y = f (x).


Et x ne peut être dans C, faute de quoi on aurait y = f (x) ∈ C. Donc x ∈ D \ C, et donc
y ∈ f (D \ C).
Ainsi, f (D) \ f (C) ⊂ f (D \ C).
Donc par double inclusion, f (D \ C) ⊂ f (D) \ f (C).
7. Puisque f est définie sur E, à valeurs dans E, E est évidemment stable par f .
Et puisqu’on fait l’hypothèse que pour tout x ∈ E, f (x) ∈ M, alors nécessairement, ∀x ∈ Plus généralement
M, f (x) ∈ M, et donc M est stable par f . Pour f : E → F quelconque,
si A ⊂ B sont deux parties de
8. Soit n ∈ N, et soit y ∈ f n (M). Alors il existe x ∈ M tel que y = f n (x). Mais un tel x est
E, alors f (A) ⊂ f (B).
dans E, et donc y = f n (x) ∈ f n (E). On en déduit que f n (M) ⊂ f n (E). Autrement dit, l’application
Et même, soit y ∈ f n+1 (E). Alors il existe x ∈ E tel que y = f n+1 (x). qui à une partie de E associe
Puisque f est à valeurs dans M, alors f (x) ∈ M, et donc y = f n (f (x)) ∈ f n (M). Et donc son image directe par f est
f n+1 (E) ⊂ f n (M). croissante pour l’inclusion.
\
9. Procédons par double inclusion. Soit x ∈ f n (E).
n ∈N
Soit n ∈ N. Alors x ∈ f n+1 (E), si bien que x \
∈ f n (M). \ \
Ceci étant vrai pour tout entier n ∈ N, x ∈ f n (M). Et donc f n (E) ⊂ f n (M).
n ∈N n ∈N n ∈N

L’inclusion réciproque
\ découle\ immédiatement de f n (M) ⊂f n (E).
n =
Et donc on a bien f (E) f n (M).
n ∈N n ∈N
10. Soit k ∈ N. Alors si k est pair, soit p ∈ N tel que k = 2p.
Alors par la question 8, Bk +1 = B 2p+1 = f p (M) ⊂ f p (E) = Bk .
4 Toujours d’après la question
Et si k est impair, k = 2p + 1, alors4
8.
Bk+1 = B 2p+2 = f p+1 (E) ⊂ f p (M) = Bk .
Donc pour tout k ∈ N, Bk +1 ⊂ Bk , si bien que (Bk )k ∈N est décroissante pour l’inclusion.
\
Pour tout p ∈ N, on a K = f n (E) ⊂ f p (E), et donc en particulier, K ⊂ B 2p .
\ n ∈N
Et de même, K = f n (M) ⊂ f p (M), et donc K ⊂ B 2p+1 .
n ∈N
Et donc pour tout k ∈ N, K ⊂ Bk .
11.a. Si x ∈ K, alors pour tout k ∈ N, x ∈ Bk et x ∈ Bk +1 , donc x < Bk \ Bk+1 = Ak .
5 Car B = f 0 (E) = E.
11.b. Si x < K, considérons I = {k ∈ N | x ∈ Bk }. Il s’agit donc d’une partie non vide5 de N. 0
Si l’on suppose que x < K, alors il existe p ∈ N tel que x < f p (E) = B 2p .
Et alors par décroissance de (Bk )k , pour tout k > 2p, x < Bk .
Autrement dit, I est une partie non vide et majorée de N, donc possède un plus grand
élément, notons-le q.
Alors x ∈ Bq et x < Bq+1 , si bien que x ∈ Aq .
Comme mentionné ci-dessus, pour k > q + 1, x < Bk , et donc x < Ak .
Et pour k < q, alors x ∈ Bq ⊂ Bk +1 ⊂ Bk , si bien que x < Ak .
Et donc il existe un unique entier k tel que x ∈ Ak .
11.c. Nous venons de prouver dans les deux questions précédentes
[ que tout élément de E est soit
dans K, soit dans l’un des Ak , donc que E = K ∪ Ak .
k ∈N
Par ailleurs, la question 11.a prouve que pour tout k ∈ N, Ak ∩ K = ∅, et dans la question
11.b nous avons prouvé que les Ak sont deux à deux disjoints.
12. Notons que A0 = B 0 \ B 1 = E \ M.
Et donc A0 ∩ M = ∅, alors que pour k > 1, Bk ⊂ B 1 = M. Et donc Ak ⊂ M, si bien que
M ∩ Ak = Ak .
Enfin, K ⊂ M, et donc K ∩ M = M.
On en déduit donc que
\ [
M = E ∩ M = (K ∩ M) ∪ (Ak ∩ M) = K ∪ Ak .
n ∈N n ∈N∗

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CORRECTION 5

13. Soit k ∈ N. Puisque f est injective, sa restriction à Ak l’est également, donc fk est injective. Remarque
Il s’agit donc de prouver que fk est bien à valeurs dans Ak +2 , et que tout élément de Ak +2 Nous utilisons là le résul-
possède un antécédent par fk . tat suivant : f (f n (E)) =
Si k est pair, avec k = 2n, on a, d’après la question 6, f n+1 (E).
Ceci n’a rien de difficile, et
la preuve en est plutôt ra-
f (Ak ) = f (B 2n \ B 2n+1 ) = f (B 2n ) \ f (B 2n+1 ) = f (f n (E)) \ f (f n (M))
pide, mais notons que ce n’est
= f n+1 (E) \ f n+1 (M) = B 2n+2 \ B 2n+3 = A2n+2 = Ak +2 . pas «vrai par définition» :
le membre de gauche est
Et de même, si k = 2n + 1 est impair, alors l’image par f d’une partie de
E, à savoir l’image directe de
E par f n . Et le membre de
f (Ak ) = f (B 2n+1 \ B 2n+2 ) = f (B 2n+1 ) \ f (B 2n+2 ) = f (f n (M)) \ f (f n+1 (E)) droite est l’image par l’appli-
= f n+1 (M) \ f n+2 (E) = B 2n+3 \ B 2n+4 = A2n+3 = Ak +2 . cation f n+1 de l’ensemble
E.
Donc ceci prouve à la fois que fk est bien à valeurs dans Ak +2 , mais en plus que tout élément
de Ak+2 possède au moins un antécédent par f dans Ak (et donc un antécédent par fk ).
Ainsi, fk : Ak → Ak +2 est surjective, et donc bijective.
14. Nous allons prouver que ψ ◦ φ = idE et ψ ◦ φ = idM . Ceci garantira à la fois que ψ et φ sont
bijectives, et que ψ = φ −1 .
[
Soit x ∈ E. Si x < A2` , alors φ(x) = x, et donc ψ (φ(x)) = x.
` ∈N
6 Nécessairement unique
S’il existe un6 k ∈ N tel que x ∈ A2k . Alors φ(x) = fk (x) ∈ A2k +2 .
Et donc ψ (φ(x)) = fk−1 (fk (x)) = x. car les A2k sont deux à deux
disjoints.
Donc pour tout x ∈ E, ψ (φ(x)) = x.

On prouve sur le même principe que φ ◦ ψ = idM .


On en déduit donc que φ réalise une bijection de E dans M, et donc que E et M sont équipotents.
7 Car strictement croissante.
15. Application : comme à la question 1, th : R → R est injective7 sur R, à valeurs dans
[−1, 1].
Par le lemme de Dedekind, R et [−1, 1] sont donc équipotents.
Plus généralement, si I est un intervalle non vide de R, non réduit à un point, alors il
contient au moins deux points distincts a < b.
Par définition d’un intervalle, on a donc [a, b] ⊂ I . Mais alors x 7→ (b − a) th(x) + a est
injective sur R, à valeurs dans ]a, b[ et donc dans I . Et alors par le lemme de Dedekind, R
est équipotent à I .

Partie III. Le théorème de Cantor-Bernstein


16. Notons que f = j ◦ i est injective car composée d’injections.
On a alors f (E) ⊂ j(F ). Alors par le lemme de Dedekind, E et j(F ) sont équipotents.
8 Car j est injective.
Mais j réalise une bijection8 de F sur j(F ), si bien que F et j(F ) sont équipotents.
Et donc E et F sont équipotents.
17. Il existe évidemment une injection de N dans Q, par exemple l’application n 7→ n.

Construire une injection de Q dans N est un peu plus compliqué.


p
L’application qui à un rationnel r = sous forme irréductible associe (p, q) est une injection
q
f 1 de Q dans Z × N.
Mais Z étant équipotent à N, Z × N est équipotent à N : il existe f 2 : Z × N → N × N
bijective.
9 Car composée d’injections.
Et alors si f est la fonction de la question 2, l’application f ◦ f 2 ◦ f 1 est une injection9 de Q
dans N.
Et donc par le théorème de Cantor-Bernstein, Q et N sont équipotents.

Alternative plus astucieuse : un plus constructif, on peut considérer l’application qui à


p
r = un rationnel sous forme irréductible associe 2p 3q si p > 0 et 2−p 3q 5 si p < 0. Un peu
q
d’arithmétique prouve alors que cette application est injective de Q dans N.
18. R n’est pas équipotent à N.

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6 DEVOIR MAISON 9

18.a. C’est un résultat du cours, si on se rappelle qu’une suite à valeurs dans {0, 1} n’est rien d’autre
P(N) −→ {0, 1}N
qu’une application de N dans {0, 1}, la bijection en question est φ : .
A 7−→ 1A
18.b. La suite (ψn (u))n est croissante puisque pour tout n ∈ N, on a
n+1 n
1 X uk 1 X uk un+1
ψn+1 (u) − ψn (u) = + − − = n+3 > 0.
3 3k +2 3 3k +2 3
k =0 k =0

n n+1 1 n+2
1 X 1 1X 1 11− 1

3
D’autre part, pour tout n ∈ N, on a ψn (u) 6 + 6 6 6 .
3 3k+2 3 3k 3 2
3
2
k=0 k =0
Donc (ψn (u))n est majorée, et étant croissante, elle est convergente.
18.c. Soient (un ), (vn ) deux éléments distincts de {0, 1}N , et soit k 0 = min{k ∈ N, uk , vk }.
Quitte à échanger u et v, on peut supposer que uk0 = 0 et vk0 = 1.
Alors pour tout n > k 0 + 1, on a
k0 n k0 n
1 X vk X vk 1 X uk X uk
ψn (v) − ψn (u) = + + − − −
3 3k +2 3k +2 3 3k +2 3k +2 Détails
k =0 k =k +1 0 k =0 k =k +1 0
n
Les premiers termes sont les
1 X vk − uk mêmes, et pour k = k 0 , seul
= + reste le terme associé à v.
3k0 +2 k =k +1
3k +2
0
n
1 X 1 Dans le pire des cas, tous les
> −
3k0 +2 k=k 0 +1
3k +2 u k , k > k 0 valent 1 et les v k
sont nuls.
n−k 0 −1
1 1 X 1
> −
3k0 +2 3k0 +3 i=0
3i
n−k0
1 1 1 − 13
> − 2
3k0 +2 3k0 +3 3
1 1 1 1
> − > k +2 .
3k0 +2 2 3k0 +2 30
1
Et donc en faisant tendre n vers +∞, il vient ψ (v) − ψ (u) > > 0.
2 · 3k0 +2
Et en particulier, ψ (v) , ψ (u), de sorte que ψ est injective.
+∞
X +∞
X
18.d. Supposons qu’à deux réels x = ak 10−k et y = bk 10−k soient associés les mêmes
k =1 k =1
ensembles A et B.
Alors, pour tout i > 1, chacun de ces ensembles contient un unique entier qui soit divisible
par 2i et pas par 2i+1 .
Pour A, c’est 2i 3ai , et pour B, c’est 2i 3bi .
Si A et B sont égaux, alors nécessairement, ces deux nombres sont égaux, et donc ai = bi .
n
X Xn
Ceci étant vrai pour tout i > 1, il vient donc pour tout n ∈ N∗ , ak 10−k = bk 10−k ,
k =1 k=1
ce qui après passage à la limite, nous donne x = y.
Et donc la fonction de l’énoncé est injective.
10 Car composée d’injections.
18.e. À l’aide des questions 11 et 12, on construit une injection10 de P(N) dans ]0, 1[.
D’autre part, la fonction de la question 14 est injective, de ]0, 1[ dans P(N).
Donc par le théorème de Cantor-Bernstein, il existe une bijection de P(N) sur ]0, 1[.
Ce qui, composé avec la bijection de la question 9 donne une bijection de P(N) sur R
tout entier.
Et ainsi, comme annoncé, P(N) et R sont équipotents.
Puisque par le théorème de Cantor, N et P(N) ne sont pas équipotents, on retrouve le fait
que N et R ne sont pas équipotents.
19. Notons que si x et y sont deux réels de ]0, 1[, de développements décimaux respectifs
x = 0, a 1a 2 . . . et y = 0, b1b2 . . . , alors 0, a 1b1a 2b2 . . . est un développement décimal

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CORRECTION 7

propre.
Et par unicité d’un tel développement, il est évident que l’application
+∞
(10ak + bk )10−2k est une injection de ]0, 1[2 →]0, 1[.
X
φ : (x, y) 7→
k =1
En revanche, 0, a 1b1a 2b2 . . . peut être un développement décimal propre sans que 0, a 1a 2 . . .
la soit, penser par exemple à 0, 91919191 . . . .
Donc φ n’est probablement pas bijective.
En revanche, il existe évidemment une injection de ]0, 1[ dans ]0, 12 [, par exemple x 7→
1
x, 2 , et donc par Cantor-Bernstein, il existe une bijection de ]0, 1[2 dans ]0, 1[.

Mais à la question 1, nous avons prouvé qu’il existe une bijection de ]0, 1[ dans R.
Et alors cette bijection, couplée à ce qui a été fait au-dessus prouve que R et R2 sont
équipotents.

Partie IV. Nombres algébriques, nombres transcendants


20.a. Notons F 1 = E 1 et F 2 = E 2 \ E 1 , de sorte que E 1 ∪ E 2 = F 1 ∪ F 2 , avec F 1 , F 2 disjoints.
Alors F 1 est au plus dénombrable puisque E 1 l’est, et F 2 est également au plus dénombrable,
11 La restriction d’une in-
puisque si φ : E 2 → N est injective, alors φ |F2 : F 2 → N est également injective11 .
De plus, pour tout x ∈ E 1 ∪ E 2 , on a x ∈ F 1 ou x ∈ F 2 , les deux ne pouvant se produit jection est toujours une
injection.
simultanément.
Notons alors φ 1 : F 1 → N et φ 2 : F 2 → N deux injections, et soit f : E 1 ∪ E 2 → N × N
définie par
 (0, φ 1 (x)) si x ∈ F 1

∀x ∈ E 1 ∪ E 2 , φ(x) =  (1, φ 2 (x)) si x ∈ F 2 .

Alors f est une injection de E 1 ∪ E 2 dans N × N, qui composée par une bijection de N × N
dans N nous fournit une injection de E 1 ∪ E 2 dans N, de sorte que E 1 ∪ E 2 est au plus
dénombrable.
Pour une union finie, il suffit ensuite de faire une récurrence sur le nombre d’ensembles.
20.b. Adaptons le principe de la question précédente.
Soient (En )n ∈N des ensembles au plus dénombrables, et pour tout n ∈ N, soit φ n : En → N Remarque
une injection.
[ ι(x ) est bien défini car {k ∈
Pour x ∈ En , posons ι(x) = min{k ∈ N | x ∈ Ek }. N | x ∈ E k } est une partie
n ∈N non vide de N, qui admet
donc un plus petit élément.
[
En −→ N × N
Et définissons alors une application φ : n ∈N  .
x 7−→ ι(x), φ ι(x ) (x)
Alors il est aisé de constater que φ est injective,
[ et donc composée avec une bijection de
N × N → N, nous fournit une injection de En sur N.
n ∈N
[
Ainsi, En est au plus dénombrable.
n ∈N

21. Choisir un polynôme de degré k à coefficients entiers, c’est choisir k + 1 éléments de Z.


Donc l’ensemble des polynômes de degré k à coefficients entiers est équipotent à Zk +1 .
Mais Z étant équipotent à N, Zk +1 est équipotent à Nk+1 , qui est lui-même équipotent à
N.
22. Soit k ∈ N fixé. Notons i 7→ Pi,k une bijection entre N et l’ensemble des polynômes de
degré k à coefficients entiers.
12 Borné par le degré de P .
Pour P ∈ R[X ] non nul, notons C(P) l’ensemble de ses racines réelles, qui est fini12 et donc
au plus dénombrable.

[ [
Alors l’ensemble des nombres algébriques est * C(Pi,k )+.
[ k ∈N ,i ∈N -
Mais par la question 18, à k fixé, C(Pi,k ) est au plus dénombrable.
i ∈N
[ [
Et donc * C(Pi,k )+ est également au plus dénombrable.
k ∈N ,i ∈N -
Autrement dit, on a une injection de l’ensemble des algébriques dans N.
Puisque n 7→ n est une injection de N dans l’ensemble des algébriques, par le théorème de

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8 DEVOIR MAISON 9

Cantor-Bernstein, l’ensemble des nombres algébriques est équipotent à N.

Puisque R n’est lui pas équipotent à N, et qu’un réel est soit algébrique, soit transcendant, on
13 Au moins un pour l’ins-
n’a pas R égal à l’ensemble des algébriques, si bien qu’il existe des13 nombres transcendants.
√ √ tant.
23.a. Soient donc q, q 0 ∈ Q et k, k 0 ∈ N tels que q + k 2 = q 0 + k 0 2.
√ √ q − q0
Alors q − q 0 = (k − k 0) 2. Si on avait k − k 0 , 0, alors 2 = ∈ Q, ce qui est absurde.
k − k0
Donc nécessairement, k − k 0 = 0 ⇔ k = k 0, et donc q = q 0.
23.b. Nous allons prouver que f est injective.
Commençons par noter que f est bien définie d’après la question précédente : pour x ∈ A,
f (x) est bien défini de manière unique.
Notons également que f est bien à valeurs dans R \ Q.
Si x < A, alors x < Q (car Q
√ ⊂ A), et donc f (x) = x < √ A. Donc x ∈ R \ A ⊂ R \ Q.
Et si x ∈ A, avec x = q + k 2, alors f (x) = q + (k
|{z} 2 est irrationnel.
+ 1 )
,0
Donc pour tout x ∈ R, f (x) ∈ R \ Q.

Soient x 1 , x 2 deux réels tels que f (x 1 ) = f (x 2 ).


On ne peut avoir x 1 ∈ A et x 2 < A, car on aurait alors f (x 1 ) ∈ A et f (x 2 ) < A.
√ √
Si x 1 et x 2 sont tous les deux dans A, notons √ x 1 = q 1 + k 1√ 2, et q 2 = q 2 + k 2 2, avec
q 1 , q 2 ∈ Q et k 1 , k 2 ∈ N. Alors q 1 + (k 1 + 1) 2 = q 2 + (k 2 + 1) 2, et donc q 1 = q 2 et k 1 = k 2 ,
si bien que x 1 = x 2 .
Si x 1 et x 2 sont tous les deux dans R \ A, alors x 1 = f (x 1 ) = f (x 2 ) = x 2 .
Dans tous les cas, x 1 = x 2 , et donc f est injective.
14 On pourrait aussi faire
Donc on a bien une injection de R dans R \ Q. Et donc par le lemme de Dedekind14 , qui
s’applique puisque R \ Q est une partie de R, R et R \ Q sont équipotents. appel au théorème de Cantor-
Bernstein, en notant que
23.c. L’argument de la question précédente pourrait probablement s’adapter en utilisant un x 7→ x est une injection de
nombre transcendant c (et on sait qu’il en existe même si nous n’en avons pas exhibé), et R \ Q dans R.
en notant A = {a + kc, (a, k) ∈ A × N} où A est l’ensemble des algébriques.
Le problème est alors que pour obtenir une unicité comme dans la question 23.a, il nous
faudrait savoir que la somme et le quotient de deux nombres algébriques est encore un
15 Ce qui implique que la
nombre algébrique15 , ce qui est vrai, mais difficile à prouver.
somme d’un algébrique
et d’un transcendant est
Utilisons plutôt le fait qu’il existe une bijection φ de Q sur A, puisque tous les deux sont transcendante
équipotents à N, et prenons c un nombre transcendant.
Alors pour tout nombre rationnel q, q + c est encore transcendant. En effet, si q + c était
Xn
algébrique, il existerait un polynôme non nul P = ak X k , avec a 0 , . . . , an ∈ Z tel que
k =0
P(q + c) = 0.
n
ak (X + q)k est un polynôme à coefficients rationnels dont c
X
Mais alors Q = P(X + q) =
k =0
est racine. Notons qu’il est non nul, car son coefficient dominant est le même que celui de
P.
16 Prendre par exemple le
Et en multipliant ce polynôme par un entier suffisamment grand16 , on obtient un polynôme
non nul, à coefficients entiers dont c est racine, contredisant la transcendance de c. ppcm des dénominateurs de
tous ses coefficients.
Soit φ une bijection de A sur Q. Soit alors, sur le même principe que précédemment,
A = {q + kc, (q, c) ∈ Q × N}.
Alors on prouve sans difficulté que l’écriture d’un élément de A sous la forme q + kc est
unique.
R −→ R
 x si x < {q + kc, (q, k) ∈ Q × N∗ }
Posons alors f : Alors f est



φ(q) + c si x ∈ A

x 7−→  
 q + (k + 1)c si x = q + kc, (q, c) ∈ Q × N∗


17 Et c’est là qu’on utilise
injective17 , à valeurs dans R \ A, l’ensemble des nombres transcendants.

En effet, les nombres de la forme q + kc, (q, k) ∈ Q × N∗ sont transcendants, de même que le fait que l’écriture sous la
forme q + kc est unique.
les φ(q) + c et les q + (k + 1)c.
Et donc par le lemme de Dedekind, R et R \ Q sont équipotents.

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