LA RENAISSANCE
1. Qu’est-ce que la Renaissance ?
Les hommes du XVIe siècle furent incontestablement conscients de vivre dans une époque
différente de la précédente.
Cependant, la coupure ne fut pas si brutale qu’on l’a dit. En effet, dès le Moyen Âge, des signes
précurseurs annonçaient ce qui fut considéré comme un esprit nouveau : la Renaissance.
L’apparition et les manifestations de cet esprit nouveau – l’humanisme, la Réforme, le baroque –
furent des phénomènes européens, mais non synchronisés : la Renaissance fut d’abord italienne,
puis espagnole et française, anglaise et germanique, slave enfin.
La Renaissance fut un phénomène d’une ampleur considérable qui affecta :
le domaine intellectuel, artistique, philosophique, religieux, éthique et social.
les modes de vie, individuels et collectifs.
les conceptions de la société et du monde : la relation que les hommes va avoir de la
société et du monde c’est grâce à la religion et à la relation avec Dieu.
Trois faits permirent cette mutation que représente la Renaissance :
l’invention de l’imprimerie au XVe siècle, parce qu’elle favorisa l’expansion des idées
nouvelles. La première imprimerie en France a été installée à La Sorbonne en 1470. (La
Renaissance italienne est antérieure à l’invention de l’imprimerie).
la prise de Constantinople par les Turcs en 1453, qui provoqua l’exode des lettrés grecs
(ils ont apporté leurs manuscrits et leurs idées, avec des textes originaux, donc de cette
manière-là ils ont contribué) vers l’Occident. (Date très importante pour marquer la fin du
Moyen Âge)
les guerres d’Italie qui révélèrent aux Français éblouis une civilisation raffinée.
2. Les influences de la Renaissance
Les deux principales influences de la Renaissance sont l’Antiquité et l’Italie.
2.1. L’Antiquité
La Renaissance a cherché à restituer toute l’Antiquité dans son authenticité, même si la
connaissance qu’elle en a eue provenait plus souvent de la consultation des manuels, de
compilations, de recueils de proverbes et de maximes tirés des ouvrages anciens, et commentés,
que de la fréquentation directe des textes essentiels.
La grande découverte de l’Italie au XVe siècle fut le platonisme tel que l’interpréta l’érudit
florentin Marsile Ficin (1433-1499), qui est l’auteur de Commentaire au banquet de Platon
(1484), un texte considéré comme le manifeste par excellence du platonisme de la Renaissance.
C’est cette interprétation qu’on appelle le néo-platonisme, qui connait un renouveau important à
Florence avec Marsile Ficin, influençant l’art et la poésie. Il existe un néo-platonisme propre à la
Renaissance qui porte le nom de néoplatonisme médicéen. Les idées de Marsile Ficin, l’un des
philosophes humanistes les plus importants de la Première Renaissance italienne (1420-1500
[quattrocento]), eurent une influence considérable, ainsi que l’exemple de son académie
florentine, qui fut la première des nombreuses académies de la Renaissance.
2.2. L’Italie
L’influence italienne est prépondérante dans la Renaissance française, elle s’exerce sans passer
nécessairement par les modèles anciens.
Dans le domaine politique, la réflexion amorcée par Machiavel (1469-1527) sera présente dans
toute la seconde moitié du XVIe siècle.
Dans le domaine esthétique et littéraire, François Ier fait venir Léonard de Vinci, Benvenuto
Cellini (sculpteur et peintre, mais surtout un orfèvre qui travaille l’argent).
Dans le domaine littéraire, les écrivains français, avant même la Pléiade, lisent les Italiens :
Sannazar (1458-1530), Berni (1497-1535), l’Arioste (1474-1533), Boccace (1313-1375), et
surtout Pétrarque (1304-1374) dont l’influence est sans doute la plus considérable.
Mais, l’Antiquité, si elle est pour les hommes de la Renaissance un modèle prestigieux auquel ils
vouent leur admiration, n’est en aucune manière un exemple contraignant. Les écrivains du XVIe
siècle et hommes de la Renaissance ont la conviction d’eux-mêmes peuvent et doivent faire
mieux que les Anciens. Ils refusent, d’une certaine manière, de se soumettre au modèle qu’incarne
l’Antiquité.
3. La Renaissance : un esprit nouveau
3.1. L’humanisme
Le mot « humanisme » existe dès le XVIe siècle : il désigne un philologue, un spécialiste des
textes anciens.
Le terme « humanisme » n’apparaît en français qu’à la fin du XIXe siècle. S’agissant de la
Renaissance, il est employé au sens historique pour désigner le mouvement d’idées qui caractérise
cette période.
Par « humanisme » on entend, strictement, le mouvement intellectuel de retour aux Lettres
antiques : découverte, établissement, impression, traduction des textes, telles sont les tâches de
l’humaniste, à la fois philologue, philosophe, théologien, historien, juriste, critique de l’art, etc.
L’expression les « bonnes lettres », parfois appelés les « lettres humanistes », s’opposent au
« lettres saintes » ou théologiques et font principalement référence à l’étude des humanités
destinées à former l’esprit humain. Les « bonnes lettres » sont bien plus que ce que nous appelons
la « littérature », elles s’étendent à tous les textes, juridiques ou médicaux aussi bien que
poétiques.
L’humanisme se définit comme étant une culture européenne. Il convient d’insister sur le caractère
européen de l’humanisme, qui s’illustre à travers la culture politique, esthétique, scientifique et
religieuse qui marque les premières décennies du XVIe siècle.
3.2. Les principales figures de l’humanisme
a) Dans la littérature étrangère
Érasme (1469-1536)
Machiavel (1469-1527)
Thomas More (1478-1535)
b) En France
Guillaume Budé (1468-1540)
Étienne Dolet (1509-1546)
Jean Calvin (1509-1564)
Érasme (1469-1539)
Profondément habité par ses textes. Fidélité par rapport au texte original.
Œuvres:
- Adages (1506) colección des formules et des citations grecques et latines
- Éloge de la folie (1509-1511) l’un de ses principales œuvres, publié en 1511 à Paris.
Apparaît comme un divertissement. La famille est une prosopopée (figure rétorique qui
consiste à faire parlé des objets inanimés) de la folie. L’intention d’Erasme à travers ce
texte est de montrer qu’est l’humanité toute entière qui est déclaré folle (théologiens,
humanistes, des moines prédicateurs)
- Vulgate, traduction latine de la Bible
- Nouveau testament (1516) travail de traduction des textes grecques vers le latin.
- Essai sur le libre arbitre (1524) Érasme défend que la grâce est indispensable pour
relève du péché.
Machiavel (1469-1527)
- Le Prince (1513) Le Prince est dédié à Laurence de Médicis. Contribue à l’unification
d’Italie. Description d’un monarque
Guillaume Budé (1468-1540)
Guillaume Budé est un très grand juriste qui exerce la traduction et l’établissement des textes dans
ce domaine. L’un des plus grands hellénistes de son temps.
Sa carrière politique est très importante:
- secrétaire de Louis XII
- conseiller politique et culturel: secrétaire de François I
Sous sa protection, il crée le Collège des lecteurs Royaux (1530), qui deviendra le Collège de
France.
En 1522, il est nommé par François I maître de la Librairie du Roy de Fontainebleau, future
BNF.
Correspondance avec Erasme qu’il appelle le « Prodige de France », mais aussi avec Thomas
Moré, Rabelais, Dolet. En latin, grec et français.