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S. Adétonah, E. Koffi-Tessio, O. Coulibaly, E. Sessou Et G. A. Mensah Résumé

Cette étude utilise le modèle Logit multinomial pour analyser les facteurs influençant l'adoption de méthodes alternatives de lutte contre les insectes des cultures maraîchères au Bénin et au Ghana, impliquant 275 maraîchers. Les résultats montrent une faible utilisation de ces méthodes alternatives, principalement en raison de la difficulté d'extraction des extraits de neem et de l'absence de biopesticides. L'adoption de ces méthodes est influencée par divers facteurs tels que l'accès à la formation, la superficie cultivée et le niveau d'instruction des maraîchers.

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S. Adétonah, E. Koffi-Tessio, O. Coulibaly, E. Sessou Et G. A. Mensah Résumé

Cette étude utilise le modèle Logit multinomial pour analyser les facteurs influençant l'adoption de méthodes alternatives de lutte contre les insectes des cultures maraîchères au Bénin et au Ghana, impliquant 275 maraîchers. Les résultats montrent une faible utilisation de ces méthodes alternatives, principalement en raison de la difficulté d'extraction des extraits de neem et de l'absence de biopesticides. L'adoption de ces méthodes est influencée par divers facteurs tels que l'accès à la formation, la superficie cultivée et le niveau d'instruction des maraîchers.

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Bulletin de la Recherche Agronomique du Bénin Numéro 69 – Juin 2011

Perceptions et adoption des méthodes alternatives de lutte contre les insectes


des cultures maraîchères en zone urbaine et péri-urbaine au Bénin et au Ghana
S. Adétonah1, E. Koffi-Tessio2, O. Coulibaly1, E. Sessou1 et G. A. Mensah3
Résumé
Le modèle Logit multinomial est utilisé pour analyser les facteurs influençant le choix des méthodes
alternatives de contrôle des insectes au Bénin et au Ghana. Au total 275 maraîchers y compris les
femmes sont sélectionnés au Bénin et au Ghana. Les résultats ont montré que la majorité des
maraîchers reconnaisse les chenilles des insectes comme les ravageurs les plus dangereux.
L’Endosulfan, le Cypercal et le Décis sont les insecticides chimiques les plus utilisés au Bénin et le
Karaté, le Diathyne et le Kocide au Ghana. Très peu de maraîchers utilisaient les méthodes
alternatives dans les deux pays. La pénibilité de l’extraction des extraits aqueux de neem et la non
disponibilité des biopesticides étaient les contraintes majeures au Bénin et au Ghana. La superficie
emblavée, l’accès aux extraits aqueux de neem et la formation influençaient l’adoption des extraits au
Bénin. Le niveau d’instruction des maraîchers influençait l’adoption des extraits au Ghana. L’adoption
des biopesticides au Bénin est influencée par l’accès au crédit, la superficie emblavée et la
disponibilité du produit. L’adoption des biopesticides au Ghana, est influencée par l’accès à la
formation, la disponibilité d’une autre source de revenu outre le maraîchage et le nombre d’années
d’expérience dans le maraîchage. Les études sur la stabilisation et la conservation des extraits
botaniques sont des enjeux pour les chercheurs au Bénin et au Ghana. La promotion des extraits
aqueux et des biopesticides en vue de l’augmentation de leur niveau d’adoption passe
indubitablement par l’amélioration des connaissances actuelles des maraîchers.
Mots clés : Maraîchage, Méthodes alternatives de contrôle, Logit multinomial, Ravageurs, Maladies,
Bénin, Ghana
Perceptions and adoption of alternative control methods on vegetable pests in
urban and peri urban areas in Benin and Ghana
Abstract
The multinomial Logit model is used to analyze factors which influence the alternative control methods
on vegetable pest in Benin and Ghana. A total of 275 vegetable producers are selected in Benin and
in Ghana. Results showed that most producers recognized insects’ caterpillars as the most important
pests that attack vegetable crops. Chemical control methods are most used to control these insects in
the two countries. Endosulfan, Decis and Cypercal are insecticides mostly used in Benin, and Karate,
Diathyne and Kocide in Ghana. Very few producers used alternative control methods in Benin and
Ghana. Difficulty to extract botanical substances and active matters and the unavailability of
biopesticides in Benin and Ghana were main constraints in the use of alternative control methods.
Results of the logistic regression showed that the cultivated area, availability of botanical extracts and
the access to training Farmer Field Fora on pest control had a statistically significant effect on the
probability of the adoption of botanical extracts in Benin while in Ghana the level of education of
producers influenced the adoption of botanical extracts. The adoption of biopesticides is influenced by
access to credit, cultivated area and availability of the product in Benin, while in Ghana the access to
training, the availability of another source of income and the number of years in vegetable production
influenced the adoption of biopesticides.

1 MSc. Ir. Sounkoura ADETONAH, Institut International d’Agriculture Tropicale, 08 BP 0932 Tri postal, Cotonou, Bénin, Tél. :

(+229) 95 06 86 94/ (+229) 21 35 01 88 ext. 253, e-mail : [Link]@[Link]


Dr Ir. Ousmane COULIBALY, Institut International d’Agriculture Tropicale (IITA-Bénin), station du Bénin, 08 BP 0932 Tri
postal, Cotonou, Bénin, Tél. : (+229) 95 34 96 84/(+229) 21 35 01 88, Fax : (229) 21 35 05 56, E-mail :
[Link]@[Link], ousmane_28@[Link]
Ir. Eric SESSOU, Institut International d’Agriculture Tropicale, 08 BP 0932 Tri postal, Cotonou, Bénin, Tél. : (+229) 97 87 79
76/(+229) 21 35 01 88, Fax : (229) 21 35 05 56, E-mail : [Link]@[Link]
2 Prof. Dr Ir. Egnonto KOFFI-TESSIO, Ecole supérieure d’Agronomie, Université de Lomé, BP 1515 Lomé, Togo, Tél. :

(+228) 90 03 37 10, E-mail : emtessio@[Link], sadaocel@[Link]


3 Prof. Dr Ir. Guy Apollinaire MENSAH, Centre de Recherches Agricoles d’Agonkanmey, Institut National des Recherches

Agricoles du Bénin, 01 BP 884 Recette Principale, Cotonou 01, (Bénin) Tél. : (229) 21 35 00 70/21 30 02 64 / 32 24 21, Fax :
(229) 21 30 07 36 / 21 30 37 70, E-mail: mensahga@[Link], ga_mensah@[Link], craagonkanmey@[Link]
1
Bulletin de la Recherche Agronomique du Bénin Numéro 69 – Juin 2011

Keywords: Vegetables, Alternative control methods, Logit, Pests, Diseases, Benin, Ghana

INTRODUCTION
L’accroissement de la demande alimentaire en Afrique sub-saharienne dû à la croissance
démographique entraîne le développement de l’agriculture urbaine et périurbaine (Moustier, 2004). Le
maraîchage constitue la principale activité de cette agriculture. Les productions maraîchères sont
sensibles aux maladies cryptogamiques, telluriques, et aux insectes et sont de fortes consommatrices
de pesticides chimiques en milieu subtropical (Desvals et al., 2004). Les pesticides chimiques sont
utilisés pour obtenir de meilleurs rendements de production. Toutefois, ils constituent une menace
pour l’environnement et la santé des populations. Des effets cancérigènes, neurotoxiques ou des
types de perturbateurs endocriniens sont mis en évidence chez l'animal (INRA, 2005). La question
des risques pour l'homme (applicateurs de pesticides et leurs familles, ruraux non agricoles exposés,
consommateurs) reste posée. Même si elle continue de faire l'objet de vives controverses, elle reste
inscrite comme une priorité dans tous les rapports et plans Santé-Environnement, qui demandent des
études épidémiologiques sur ce point. Les pesticides sont fréquemment mis en cause dans la
contamination des eaux superficielles et souterraines, dans la réduction de la biodiversité terrestre
constatée dans les zones agricoles et dans les milieux "naturels" contaminés ou bien encore dans des
cas de surmortalité des abeilles et de baisse de production des ruches (INRA, 2005).
Ces différents impacts négatifs des pesticides chimiques sur la santé et sur l’environnement sont les
résultats directs de leur utilisation non contrôlée. Certaines études ayant examiné ce comportement
(Huan et al., 2000; Dung et Dung, 1999; Dung et al., 1999) ont montré que les abus dans l’utilisation
des pesticides sont souvent dus au mauvais étiquetage des produits et à un manque d’information
(Dasgupta et al., 2005) et de formation des producteurs sur les méthodes alternatives que sont les
extraits botaniques et les biopesticides. Les risques sur la santé et l’environnement des pesticides
chimiques en production maraîchère peuvent être réduits par la sensibilisation, l’information et
l’augmentation du niveau de connaissance des maraîchers sur les bonnes pratiques de protection
phytosanitaire. Une meilleure compréhension de la perception des maraîchers sur les risques liés aux
pesticides chimiques et les alternatives disponibles s’avère nécessaire pour un changement de
comportement. Le but de la présente étude est d’analyser les perceptions des maraîchers du Bénin et
du Ghana en Afrique de l’ouest sur les méthodes alternatives de protection phytosanitaire ainsi que
les déterminants de la diffusion et de l’adoption de ces méthodes.
METHODOLOGIE
Zone d’étude
Les enquêtes se sont déroulés au Bénin dans la zone des bas-fonds à Grand Popo, dans la zone
péri-urbaine à Cotonou et à Porto-Novo, et dans la zone du Cordon littoral à Sèmè et à Grand Popo.
Au Ghana la région de Kumassi est prise en compte. Les raisons suivantes ont motivé le choix de ces
zones :
 Ces zones sont les zones d’intervention du projet « Vegetable » financé par l’Agence de
Développement Autrichienne « ADA » et dans lequel s’inscrivait la présente étude.
 Ces zones offrent des conditions climatiques favorables au maraîchage. En effet, le climat est
subéquatorial avec un régime assez tempéré. Dans ces zones existent différentes saisons
pluvieuses qui déterminent les périodes de fortes productions maraîchères et la disponibilité de
l’eau.
 La demande en produits maraîchers en raison de la croissance démographique crée des
marchés potentiels. Cette situation fait du Bénin et du Ghana, de grands producteurs de
légumes. Grâce au Projet ADA (Agence Autrichienne de Développement), ces zones ont
bénéficié de la diffusion des nouvelles technologies de protection des cultures maraîchères.
Par conséquent, toutes ces raisons justifiaient la nécessité et l’importance d’appréhender les
perceptions des maraîchers sur les nouvelles technologies, notamment les méthodes alternatives de
lutte contre les insectes et les maladies des cultures maraîchères.
Collecte des données et échantillonnage
Les données sont collectées entre juillet et août 2007 par des interviews structurées à l’aide de
questionnaires. Un échantillon de 136 maraîchers au Bénin et 139 au Ghana constitué de femmes et

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Bulletin de la Recherche Agronomique du Bénin Numéro 69 – Juin 2011

de jeunes est interviewé. Les maraîchers interviewés sont retenus de façon raisonnée et aléatoire. Le
premier choix est raisonné sur la base d’une liste de maraîchers choisis dans le projet ADA et le
second choix tiré à partir du premier est aléatoire.
Méthode d’analyse
Les données sont traitées à l’aide du tableur Excel et du logiciel Stata. Le tableur Excel a permis de
faire les statistiques descriptives basées sur le calcul des paramètres statistiques tels que les
moyennes, les fréquences, les écarts-types et la construction des graphes, des histogrammes et
tableaux. La régression logistique, précisément le modèle Logit multinomial, est utilisée pour
déterminer les facteurs affectant le choix des méthodes alternatives par les maraîchers. Le logiciel
Stata a permis de tourner le modèle Logit multinomial.
Modèle empirique
Dans le modèle Logit multinomial, on suppose que les exploitants agricoles prennent des décisions
d’adoption basées sur un objectif de maximisation de leur utilité. La fonction Logit introduite par
Berkson (1944), appliquée par Maddala (1983) et par CIMMYT (1993), s’écrit comme suit :

(eα + βX i )
∑ (Y ) = P(Y ) = (1 + eα + βX ) (1)
i i
i

Le modèle Logit est utilisé pour estimer les déterminants de l’adoption des méthodes alternatives de
traitement phytosanitaire. Ainsi, pour un maraîcher "i", la probabilité de l'adoption d'une technologie
selon le modèle Logit est donnée par la formule suivante :
exp(βΖi) 1
P(adoption) = (2) et P(non - adoption) = 1 - P(adoption) =
1 + exp(βΖi) 1 + exp(βΖi) (3), où :
β est un vecteur de coefficients inconnus. Zi est un vecteur des variables explicatives permettant de
er ième
prédire le comportement d’adoption du 1 au i maraîcher.
Le modèle Logit suppose que, pour lutter contre les ravageurs et maladies, le maraîcher doit faire face
à plusieurs alternatives disjointes et exhaustives représentées par la variable dépendante Yi qui est le
choix des méthodes de protection des plantes. Ainsi ici quatre alternatives disjointes et exhaustives
s’offrant à un maraîcher, Yi prend les valeurs i = 1, 2, 3 et 4 tels que :
 Y = 1 si le maraîcher choisit d’utiliser exclusivement les méthodes alternatives à base
d’extraits botaniques ;
 Y = 2 si le maraîcher choisit d’utiliser exclusivement les méthodes alternatives à base de
microorganismes ;
 Y = 3 si le maraîcher choisit d’utiliser simultanément les méthodes alternatives à base
d’extraits botaniques et les pesticides chimiques de synthèse. L’utilisation simultanée des
extraits aqueux de neem et des pesticides chimiques se fait non pas en mélangeant ces deux
types de produits, mais plutôt par l’application successive (pesticides chimiques comme
traitement de choc pour diminuer le taux d’infestation et suivi des extraits de neem).
 Y = 4 si le maraîcher utilise exclusivement les pesticides chimiques de synthèse.
Les variables explicatives introduites dans le modèle Logit ont été les suivantes :
 SEXE : C’est le sexe du chef d’exploitation ou de l’exploitant agricole. Cette variable prend la
valeur 0 si le chef d’exploitation est une femme et 1 s’il est un homme. Les hommes ont plus
accès à l’information et aux intrants que les femmes (Dey, 1981). Les hommes ayant une plus
grande probabilité d’utiliser les pesticides que les femmes, le signe positif est attendu pour le
coefficient de la variable SEXE sur les différentes méthodes de lutte contre les ravageurs.
 EXPERIM : Cette variable désigne le nombre d’années d’expérience dans le maraîchage et
est une variable continue. Les producteurs agricoles ayant plusieurs années d’expériences
ont eu le temps de se rendre compte de l’apport positif des traitements phytosanitaires sur les
rendements. Le signe positif est attendu de la variable EXPERIM.

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Bulletin de la Recherche Agronomique du Bénin Numéro 69 – Juin 2011

 FOMBIO : Cette variable désigne la formation de la maraîchère ou du maraîcher sur les


biopesticides. La variable FOMBIO prend la valeur 1 si le maraîcher est formé sur l’utilisation
des biopesticides et 0 s’il n’a pas reçu de formation sur l’utilisation des biopesticides. La
formation permet à l’exploitant d’être non seulement informé sur les biopesticides, mais aussi
d’en assimiler les conditions de préparation et d’utilisation. Les maraîchers qui sont formés sur
les biopesticides et qui perçoivent leurs avantages vont beaucoup plus choisir ce type de
pesticide au détriment des pesticides non biologiques. Cette variable peut avoir un effet positif
sur l’utilisation des deux types de biopesticides et négatif sur les pesticides chimiques si les
maraîchers sont informés au cours de la formation sur les dangers des pesticides chimiques
de synthèse.
 NACCESS : Cette variable désigne la non accessibilité où toutes les contraintes liées à
l’accessibilité aux différents types de pesticides. Elle prend la valeur 1 si l’exploitant n’a pas
accès aux pesticides et 0 s’il a accès. Cette variable aura un effet négatif sur le choix des
types de pesticides donc son coefficient sera négatif.
 INSTRU : Cette variable désigne le niveau d’instruction de l’exploitant. Nous considérons
comme instruit, tout individu qui a fréquenté une classe d’école formelle ou d’école informelle
donc celui qui sait au moins lire ou écrire en français ou en anglais. La variable INSTRU prend
la valeur 0 si l’exploitant n’est pas instruit et 1 s’il est instruit. Le niveau d’instruction peut être
une variable déterminante dans l’adoption des innovations, en ce sens que la capacité
intellectuelle de l’individu instruit lui permet de mieux assimiler les conditions d’utilisation des
différents pesticides (Nkamleu et Coulibaly, 2000). Le niveau d’instruction accroît le sens
d’adopter l’innovation, l’habileté et la facilité d’apprécier les nouvelles technologies. Le signe
positif est attendu pour le coefficient de cette variable, même si au lieu de la mesurer en
nombre d’années ses modalités sont réduites dans notre étude aux valeurs 0 et 1.
 EFFIC : Cette variable représente l’efficacité du type de pesticide que le maraîcher utilise sur
son exploitation. Elle prend la valeur 1 si le maraîcher trouve le pesticide efficace et 0 si le
maraîcher ne trouve le pesticide efficace. L’efficacité du pesticide aura un effet positif sur le
choix de l’utiliser et le signe de la variable EFFIC sera positif.
Après l’estimation de la matrice de corrélation entre ces variables indépendantes, il est procédé à
l’élimination des variables présentant une multicolinéarité avec d’autres variables.
RESULTATS ET DISCUSSION
Perceptions des maraîchers sur les principaux insectes des cultures
Les perceptions des maraîchers sur l’importance des insectes des cultures maraîchères variaient
selon les pays (Tableau 1).
Tableau 1. Importance relative des principaux nuisibles (insectes et maladies) des cultures
maraîchères au Bénin et au Ghana selon les maraîchers
Ravageurs et maladies des Seuil de
Bénin (N =136) Ghana (N=139) N moyen X2 (2d.f)
cultures maraîchères signification
Chenille 100 66 83 55,4 ***
Criquet 34 44 39 2,9 ns
Mouche 24 7 16 16,8 ***
Champignon 40 0 20 68,6 ***
Acarien 59 0 30 1,1 ***
Puceron 5 35 20 40,8 ***
Coléoptère 2 8 5 4,6 ns
Autres ravageurs 45 24 35 13,6 ***
***p<0,001 ns : différence non significative
Tous les maraîchers (100%) au Bénin et plus de la moitié des maraîchers au Ghana affirment que les
chenilles attaquent plus les cultures maraîchères. Ces résultats sont conformes à ceux de Ryckewaert
et al. (2001) à Saint Pierre de la Réunion et de Vodouhè (2007) dans le Sud du Bénin. Selon ces
auteurs, les maraîchers ont cité les chenilles des insectes comme un groupe important de ravageurs
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Bulletin de la Recherche Agronomique du Bénin Numéro 69 – Juin 2011

qui attaquent les cultures maraîchères, en particulier le piment, le chou et la grande morelle. A part les
chenilles, les acariens sont cités par 59% des maraîchers, les champignons par 40% et les criquets
par 34% des maraîchers au Bénin. Au Ghana, outre les chenilles, les criquets sont cités par 44% des
maraîchers et 35% ont cité les pucerons. Les maraîchers au Bénin font majoritairement face aux
attaques de chenilles, d’acariens, de champignons et de mouches, tandis que ceux du Ghana se
trouvent beaucoup plus confrontés non seulement aux chenilles, mais aussi aux pucerons et aux
coléoptères.
Différentes méthodes de contrôle des insectes au Bénin et au Ghana
Pour contrôler la pression parasitaire, les maraîchers des deux pays faisaient usage de plusieurs
moyens de lutte (Tableau 2). Les moyens chimiques sont restés les plus utilisés par ces maraîchers
au Bénin et au Ghana. Au Bénin, presque tous les maraîchers (77%) ont utilisé les pesticides
chimiques de synthèse. Au Ghana seulement la moitié des maraîchers (53%) l’ont utilisé. Cette
pratique reste beaucoup plus l’apanage des hommes au Ghana (66% des cas contre seulement 25%
des cas au niveau des femmes). Ces résultats sont conformes à ceux de Allogni et al. (2009) qui
affirment que la lutte chimique est la méthode la plus pratiquée par les maraîchers dans la lutte contre
les pucerons au Sud du Bénin. Néanmoins, les études sur le maraîchage ont montré que les produits
chimiques sont plus disponibles et leur méthode d’application plus pratique avec des équipements
modernes disponibles (Adéoti et al., 2002 ; Adetonah et al., 2005). Selon les maraîchers interviewés
au Bénin, les pesticides chimiques souvent utilisés dans la lutte contre les ravageurs et/ou maladies
étaient l’Endosulfan, le Cypercal et le Décis, tandis qu’au Ghana, les maraîchers interviewés faisaient
usage de beaucoup plus du Karate, de Zineb et du Kocide (tableau 3). Une différence significative
(p<0,05) existait dans la classification des principaux pesticides utilisés entre les deux pays (tableau
3). Cette différence est due aux pratiques sanitaires, à la disponibilité et à l’accessibilité des
maraîchers aux pesticides dans les deux pays. Les valeurs W de Kendall étant significatives au seuil
de 1%, les maraîchers interviewés dans chacun des pays s’accordent parfaitement sur leur
hiérarchisation des pesticides habituellement utilisés (tableau 3).
Tableau 2. Différentes méthodes de lutte utilisées par les maraîchers au Bénin et au Ghana
Bénin (N = 136) Ghana (N = 139)
Méthodes de lutte Hommes Femmes Hommes Femmes
Ensemble Ensemble
(N = 93) (N = 43) (N = 96) (N = 43)
Lutte chimique 80 70 77 66 25 53
Biopesticides à base de
8 2 6 2 4 3
micro-organismes
Extraits aqueux de neem 44 42 43 5 4,3 4
Tableau 3. Pesticides habituellement utilisés par les maraîchers au Bénin et au Ghana
Bénin Ghana
Pesticides
Rang moyen Rang Rang moyen Rang
Endosulfan (Endosulfan) 8,820 1 - -
Cypercal (Cyperméthrine) 9,530 2 - -
Décis (Deltaméthrine) 9,950 3 - -
Kinikini (Cyfluthrine + malathion) 9,950 3 - -
Conquest Plus (Endosulfan) 10,020 5 - -
Karate (Lambda-cyhalothrine (100g/l)) - - 7,620 1
Zineb (Dithane z-78) - - 8,720 2
Kocide (30% de Cuivre métal de l’hydroxyde de cuivre) - - 8,809 3
Power (Bifenthrine + tetraméthrine) - - 11,364 4
Topsin-M (Méthylthiophanate 70%) - - 11,386 5
Test de concordance W de Kendall 0,09*** 0,166***
***p<0,001

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Bulletin de la Recherche Agronomique du Bénin Numéro 69 – Juin 2011

Les autres maraîchers utilisaient les extraits botaniques et/ou des biopesticides dans leur lutte contre
les maladies causées par les pathogènes. De façon générale et dans les deux pays, l’utilisation des
méthodes alternatives en particulier les biopesticides à base de micro-organismes reste faible. Ces
résultats sont conformes à ceux de Adékambi et Adégbola (2008) qui ont trouvé que le taux
d’utilisation des méthodes alternatives aux pesticides chimiques est encore faible au Bénin. Environ
6% des maraîchers appliquent les méthodes alternatives au Bénin (8% des hommes et seulement 2%
des femmes) et 3% au Ghana (2% des hommes et 4% des femmes). Un peu moins de la moitié (43%)
des maraîchers au Bénin utilisent les extraits botaniques contre 4% au Ghana. Toutefois, comme l’ont
signalé au Bénin certains auteurs (Djinadou et al., 2008a, 2008b ; Djinadou et al., 2009), les extraits
aqueux de neem ont la tendance à entraîner une meilleure contribution des femmes chefs de ménage
que des hommes pour les biens alimentaires comme les condiments et pour les dépenses de
scolarisation et de santé, bien que la perception de l’inégalité à ce niveau soit à peine perceptible.
Perceptions des maraîchers sur les pesticides chimiques

Les pesticides chimiques utilisés variaient suivant les pays mais les raisons de leurs utilisations
restaient pratiquement identiques au Bénin et au Ghana (tableau 4). Aucune différence significative
(p<0,05) n’est observée entre les proportions de maraîchers ayant avancé ces raisons entre les deux
pays. Presque tous les maraîchers pensent que les pesticides chimiques de synthèse agissent avec
promptitude, ont la capacité de contrôler une large gamme d’insectes et/ou maladies et sont
disponibles sous forme directement utilisable (tableau 4). Néanmoins, dans la plupart des cas, ces
maraîchers sont conscients des dangers liés à l’utilisation de ces pesticides chimiques de synthèse
car respectivement 89 et 87% des interviewés au Bénin et au Ghana l’ont affirmé.

Tableau 4. Perceptions des maraîchers sur les pesticides chimiques au Bénin et au Ghana

Caractéristiques Proportion de répondants au X2 (2d.f)


Seuil de signification
Bénin (%) Ghana (%)
Connaissance des dangers liés à
89 87 0,22 ns
l'utilisation des pesticides chimiques
Types de dangers
Maladies 80 92 11,46 ***
Pollution de l'environnement 46 42 21,14 ***
Mortalité 34 59 33,47 ***
Principales victimes
Producteurs 76 86 3,85 **
Consommateurs de légumes 70 71 0,00 ns
Animaux 7 26 16,39 ***
** p<0,05 ***p<0,001 ns : différence non significative

Au Bénin, 80% des enquêtés pensent que les intoxications humaines constituent le principal danger
lié à l’utilisation des pesticides chimiques. La situation est pareille au Ghana où la majorité (92%) des
maraîchers est consciente des dangers des pesticides chimiques (tableau 4). Mieux, respectivement
42 et 46% de des maraîchers qui sont conscients des dangers liés aux pesticides au Ghana et au
Bénin ont aussi mis en exergue les effets néfastes des pesticides chimiques sur l’environnement. Peu
de maraîchers au Bénin (34%) comparativement au Ghana ont cité la mortalité comme un danger lié à
l’utilisation des pesticides chimiques de synthèse. Les tests de Chi-deux permettent de conclure qu’en
dehors des dangers liés à la pollution environnementale, un grand nombre de maraîchers est
conscient des effets néfastes de l’utilisation des pesticides chimiques que sont les maladies et les
décès (tableau 4). La majorité (86%) des maraîchers ghanéens contre 76% des maraîchers béninois
pense qu’ils sont les premières victimes des effets des pesticides chimiques de synthèse qu’ils
utilisent. Cette différence entre les proportions est significative au seuil de 5% selon le test de Chi-
deux (tableau 4). Environ 26% des enquêtés au Ghana affirment que les animaux sont victimes de
l’utilisation des pesticides chimiques contre 7% au Bénin. Dans les deux pays, les perceptions restent
convergentes quant aux consommateurs des légumes. Environ 71% des enquêtés au Bénin et au

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Bulletin de la Recherche Agronomique du Bénin Numéro 69 – Juin 2011

Ghana pensent que les consommateurs sont des victimes des pesticides chimiques de synthèse
utilisés dans la production maraîchère.

Contraintes et Opportunités liées à l’utilisation des méthodes alternatives de


contrôle des insectes et maladies de légumes au Bénin et au Ghana
Plusieurs contraintes entravaient l’utilisation des méthodes alternatives au Bénin et au Ghana
(Tableau 5). Les contraintes liées à l’utilisation des extraits botaniques restaient les mêmes au Bénin
et au Ghana car les différences entre les proportions des maraîchers n’étaient pas statistiquement
significatives (p>0,05). Les principales contraintes se résument essentiellement à la pénibilité de
l’extraction citée par la majorité (83%) et la non disponibilité des espèces végétales requises pour la
fabrication des extraits de neem (77%). Pour les biopesticides à base de microorganismes, les
contraintes majeures étaient la très faible disponibilité sur les marchés béninois et ghanéens et la
cherté en comparaison avec les pesticides chimiques. Toutefois, les perceptions des maraîchers par
rapport à l’ampleur de ces contraintes liées à l’utilisation des biopesticides varient suivant les pays.
Les valeurs du test de Chi-deux obtenues sont hautement significatives à 5 et 1% respectivement
pour la contrainte« non disponibilité » et la contrainte « prix élevé ». Par conséquent, des différences
existent entre les proportions des maraîchers ayant évoqué chaque type de contraintes dans les deux
pays. Les résultats révèlent que ces contraintes sont beaucoup plus vécues au Bénin (88% des
interviewés respectivement pour la non disponibilité et le prix élevé) qu’au Ghana où seulement 13%
ont notifié leur non disponibilité et 25% leur prix élevé. La facilité à utiliser le large spectre d’action
sont les opportunités liées à l’utilisation des extraits aqueux tandis que le spectre d’action spécifique
est l’opportunité lié à l’utilisation des biopesticides cité par 75% des béninois et 38% des ghanéens.
Tableau 5. Contraintes et opportunités à l’utilisation des extraits aqueux et biopesticides au Bénin
et au Ghana
Caractéristiques Proportion de répondants au Seuil de
X2 (2d.f)
Bénin (%) Ghana (%) signification
Contraintes
Pénibilité à l’extraction 76 89 2,147 ns
Extraits aqueux de neem Non disponibilité des
80 74 0,366 ns
espèces végétales
Non disponibilité 88 13 9 ***
Biopesticides
Prix élevé 88 25 6,349 **
Opportunités
Action rapide 54 91 13,984 ***
Extraits aqueux Large spectre 88 86 0,116 ns
Facilité à utiliser 97 80 7,001 **
Action rapide 13 75 6,349 **
Biopesticides Spectre d’action
75 38 2,286 ns
spécifique
** p<0,05, ***p<0,001, ns différence non significative
Facteurs socio-économiques déterminant l’adoption des méthodes alternatives
aux pesticides chimiques en production maraîchère au Bénin et au Ghana
Le résultat du modèle Logit multinomial a présenté les variables qui sont globalement significatifs
(tableau 6). Les valeurs de la statistique chi-deux étaient significatives à 1% et à 5% respectivement
au Bénin et au Ghana. Statistiquement, tous les coefficients des variables explicatives des deux
modèles estimés au Bénin et au Ghana ne sont pas nuls simultanément. La signification des variables
explicatives qui déterminent l’adoption de chaque type de méthodes alternatives d’application des
produits maraîchers au champ varie d’une méthode alternative à une autre, et selon les pays. Ces
coefficients ont les signes espérés sauf ceux de la variable « niveau de disponibilité des produits
alternatifs de traitement » (tableau 6).

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L’analyse des résultats permet de constater que l’adoption des méthodes alternatives de traitement
par les maraîchers est différemment influencée par les facteurs présumés au Bénin ou au Ghana. Au
Bénin, l’adoption des extraits botaniques est significativement affectée par la superficie emblavée, la
participation à une formation sur l’application des méthodes alternatives en production maraîchère, la
contrainte d’accès aux extraits botaniques (tableau 6). Au Ghana, l’adoption des extraits botaniques
reste uniquement déterminée par le niveau d’instruction des maraîchers. Quant à l’adoption des
biopesticides, elle est significativement affectée au Bénin par l’accès au crédit, les superficies
emblavées et leur niveau de disponibilité de ces biopesticides. La participation à une quelconque
formation sur l’utilisation des biopesticides, le nombre d’années d’expérience du maraîcher dans la
production maraîchère et la disposition d’autres sources de revenus par les maraîchers sont des
facteurs déterminant l’adoption des méthodes alternatives de contrôle au Bénin et au Ghana.
Tableau 6. Facteurs déterminants l’adoption des méthodes alternatives de contrôle des insectes
Bénin Ghana
Variables Erreur Seuil de Erreur Seuil de
Coefficient Coefficient
standard signification standard signification
Extraits Botaniques
SUPERF -0,61 0,3580558 0,087* -0,474199 1,698181 0,780
FOMBIO 4,58 1,238855 0,000*** 2,362794 1,75405 0,178
NACCESS 3,31 1,446642 0,022** -1,639786 1,91835 0,393
INSTRU -1,608625 1,317802 0,222 15,515 6,57747 0,018**
Biopesticides
ASCREM 2,02729 1,140929 0,076* -38,157 1,06 1,000
FOMBIO 1,44927 1,02226 0,156 2,383098 1,2246447 0,052**
MSTATUT 16,48334 9,513896 0,083* 0,584871 0,459465 0,203
SUPERF -0,986641 0,4618313 0,033** 0,2884831 0,274292 0,293
EXPERIM 0,3258656 0,837334 0,697 1,05394 0,6255 0,092*
NACCESS 2,476541 1,217761 0,042** 0,708548 0,9951 0,476
OTRREV 0,6314985 1,042513 0,545 21,2083 8,6572 0,014**
Extrait botaniques et pesticide chimiques
EFFIC 1,733708 0,6489253 0,008*** 0,91536 0,4464 0,040**
MSTATUT -0,500044 1,578132 0,751 0,7532 0,4271 0,078*
Nombre d’observations 136 139
LR chi2(ddl) 85,83 (39) 55,64 (36)
Prob > chi2 0,0000 0,0193
Log likelihood -81,491 -53,173
Pseudo R2 0,3450 0,3435
*** : significatif à 1% ** : significatif à 5% * : Significatif à 10%
Les coefficients de la variable superficie emblavée sont négatifs mais seulement significatif à 10% au
Bénin. Ce qui implique que les grandes superficies influencent négativement l’adoption des extraits
botaniques en production maraîchère. Ce résultat confirme les contraintes de pénibilité d’extraction
des extraits botaniques et la non disponibilité des espèces végétales qui entrent dans la production
des extraits botaniques. En effet, les grandes superficies emblavées nécessiteront de la part des
maraîchers de plus grandes quantités d’extraits botaniques et donc plus d’effort physique pour la
fabrication. Cette variable est aussi déterminante dans l’adoption des biopesticides. En effet, la
superficie emblavée affecte négativement et significativement (au seuil de 5%) le comportement des
maraîchers béninois à adopter les biopesticides. Cependant, son influence reste positive mais non
significative sur le comportement des maraîchers ghanéens. La majorité des maraichers interviewés
au Bénin pense que les biopesticides ne sont pas disponibles et que leur prix est élevé, contre la
plupart des maraîchers du Ghana qui partage des avis parce que les produits sont plus disponibles.
Les coefficients de la variable « participation à une formation » sont positifs dans les deux sous-
équations (adoption des extraits botaniques et de biopesticides) mais seulement significatifs dans la
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sous-équation d’adoption des extraits botaniques au Bénin (significatifs au seuil de 1%) et celle des
biopesticides au Ghana (significatifs au seuil de 5%). De tels résultats indiquent que l’instruction des
maraîchers favorise en partie l’adoption des méthodes de traitement alternatives aux pesticides
chimiques. Le niveau de disponibilité des méthodes alternatives influence leur adoption au Bénin. Le
degré d’influence reste le même (signification à 5%) aussi bien pour l’adoption des extraits botaniques
que celle des biopesticides. Le signe positif indique que les maraîchers qui rencontrent des difficultés
à accéder aux produits alternatifs de traitement sont ceux qui les adoptent. En d’autres termes, la non
disponibilité des produits alternatifs affecte plus les maraîchers ayant déjà adopté que ceux n’ayant
pas adopté.
CONCLUSION
Les maraîchers au Bénin et au Ghana restent confrontés à une forte pression des maladies et
insectes. La lutte chimique à base de pesticides chimiques de synthèse est la méthode la plus utilisée
par les maraîchers. Les raisons possibles sont la disponibilité des produits chimiques et des appareils
de traitement et la bonne accessibilité due aux subventions du gouvernement. La majorité des
maraîchers connaît les dangers de l’utilisation des pesticides chimiques. Cependant, ils ne sont pas
suffisamment conscients des conséquences. Par contre les pratiques de traitement des parcelles de
légumes intégrant les extraits botaniques et/ou les biopesticides demeurent encore faiblement
adoptées. Les arguments contre l’utilisation des extraits aqueux de neem sont essentiellement la
pénibilité de l’extraction et la non disponibilité des espèces de plantes utilisées. En outre, les résultats
montrent que l’adoption des méthodes alternatives de traitement (extraits botaniques et/ou
biopesticides) reste déterminée au Bénin par les superficies emblavées des maraîchers, leur
participation à une formation sur l’application des méthodes alternatives en production maraîchère,
leur accessibilité aux produits alternatifs et à l’accessibilité au crédit. Au Ghana, l’adoption des
méthodes alternatives dépend du niveau d’instruction des maraîchers, de la participation ou non à une
quelconque formation sur l’application des méthodes alternatives en production maraîchère, du
nombre d’années d’expérience du maraîcher dans la production maraîchère et de la disposition
d’autres sources de revenus par les maraîchers. La superficie cultivée est une contrainte à l’utilisation
des biopesticides dans les conditions actuelles de fabrication artisanale des biopesticides. Les
techniques de fabrication des biopesticides et des extraits aqueux de neem doivent être modernisées
dans les deux pays. En outre, les gouvernements dans leurs politiques agricoles doivent se baser sur
l’amélioration à l’accessibilité aux biopesticides à travers les subventions et les crédits aux
producteurs. Le renforcement des capacités des femmes s’impose en termes d’activité génératrice de
revenus pour faire face aux coûts des biopesticides.
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