Guide Carbone
Guide Carbone
Guide technique en
comptabilité carbone
La transition vers une économie bas-carbone s'est imposée comme une priorité mondiale, dans le
cadre de la lutte contre le changement climatique. Les entreprises sont au cœur de cette
transition, car elles jouent un rôle crucial dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre
(GES). La comptabilité carbone est devenue un outil indispensable pour mesurer, suivre et réduire
ces émissions, et permet ainsi aux organisations de mieux comprendre leur impact
environnemental et de mettre en place des stratégies d'atténuation efficaces.
En Tunisie, les besoins en solutions concrètes pour réduire les émissions de carbone augmentent
de manière significative. En réponse à cela, des initiatives locales, telles que les objectifs fixés dans
la Stratégie Nationale de Transition Énergétique, visent à promouvoir l'efficacité énergétique et à
intégrer davantage les énergies renouvelables dans le mix énergétique du pays. Dans ce cadre, le
renforcement des compétences des acteurs économiques tunisiens est essentiel pour assurer la
réussite de cette transition.
C’est dans ce contexte que Swiss Contact Tunisie, en partenariat avec l'Agence Nationale pour
la Maîtrise de l'Énergie (ANME), a initié une formation à destination des formateurs des centres de
formation professionnelle. Cette initiative vise à former une nouvelle génération d'experts capables
d'accompagner les entreprises tunisiennes dans la comptabilité carbone, en assurant une montée
en compétence durable sur les outils et méthodes nécessaires pour mesurer et réduire les
émissions de GES.
Ce Guide Pratique de Comptabilité Carbone a été élaboré dans le cadre de cette formation pour
offrir aux formateurs et aux entreprises un outil pédagogique et opérationnel. Son objectif est
double : d'une part, il vise à simplifier l’enseignement des principes et des méthodologies de
comptabilité carbone, et d'autre part, il ambitionne de renforcer les capacités des formateurs pour
qu’ils puissent à leur tour accompagner efficacement les entreprises dans leur démarche de
réduction des émissions.
2. Bilan carbone : Ici, nous détaillons la méthode de calcul des émissions de gaz à effet de
serre (GES) à l'échelle d'une organisation. Le bilan carbone permet d'identifier les sources
principales d'émissions afin d'envisager des stratégies de réduction adaptées.
3. Empreinte carbone : Cette partie se concentre sur le calcul de l'empreinte carbone des
produits, en subdivisant, par exemple, les émissions d'une usine d'engrais par le tonnage
produit pour obtenir une empreinte carbone partielle. L'empreinte carbone peut être
intégrée dans un bilan carbone global en tenant compte des interactions entre processus.
4. MACF (Mécanisme d'Ajustement Carbone aux Frontières) : Cette section explique la
nouvelle réglementation européenne qui impose une tarification carbone sur certains
produits importés en fonction de leur empreinte carbone, et comment les entreprises
peuvent s'y préparer.
L'approche progressive du guide permet de comprendre comment chaque élément est lié et de
préparer les entreprises à la transition vers une gestion plus durable de leurs émissions.
• Standardiser les pratiques : Bien que des méthodologies reconnues, telles que le GHG
Protocol ou l'ISO 14064, existent déjà, ce guide propose une approche harmonisée,
adaptée aux spécificités locales des entreprises tunisiennes et à leurs contraintes
opérationnelles.
• Renforcer les compétences locales : En dotant les formateurs d’un outil exhaustif, ce
guide permet de transmettre les concepts et techniques de la comptabilité carbone de
manière claire et pédagogique, tout en intégrant des exercices pratiques et des études de
cas réels.
Ce guide est structuré en plusieurs chapitres, chacun conçu pour aborder un aspect fondamental
de la comptabilité carbone. Chaque chapitre contient non seulement des explications claires, mais
également des astuces, des vocabulaires spécifiques, et des bonnes pratiques à adopter. Il fournit
également les éléments cruciaux à connaître pour mener à bien les démarches de réduction des
émissions de gaz à effet de serre (GES).
Contenu du guide
Le changement climatique est aujourd'hui l'un des enjeux majeurs de notre époque. Ses
conséquences, qu'il s'agisse de la hausse des températures mondiales, de l'élévation du niveau
des mers, ou des événements climatiques extrêmes, affectent non seulement l'environnement,
mais également les sociétés et les économies du monde entier. À la base de ce phénomène se
trouve l'effet de serre, un processus naturel qui a été exacerbé par les activités humaines,
entraînant un réchauffement climatique sans précédent. Ce premier chapitre vous aidera à
comprendre les mécanismes du changement climatique, le rôle des gaz à effet de serre (GES),
ainsi que leur contribution à l'augmentation de la température globale.
L’effet de serre est un phénomène naturel qui permet à la Terre de maintenir une température
compatible avec la vie. Il se produit lorsque certains gaz présents dans l'atmosphère, appelés gaz à
effet de serre (GES), piègent une partie de l'énergie solaire qui est renvoyée par la surface terrestre
sous forme de chaleur. Ces gaz créent une sorte de couverture qui réchauffe la surface de la Terre.
Sans cet effet de serre naturel, la température moyenne sur Terre serait de -18°C au lieu des 15°C
actuels.
Cependant, depuis l'ère industrielle, les activités humaines, telles que la combustion des
combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz), la déforestation et l’agriculture intensive, ont
augmenté considérablement la concentration de ces gaz dans l'atmosphère, amplifiant l'effet de
serre et provoquant un réchauffement climatique global.
Il existe plusieurs types de gaz à effet de serre, chacun ayant une capacité différente à piéger la
chaleur et une durée de vie variable dans l’atmosphère. Les principaux GES sont :
• Dioxyde de carbone (CO₂) : C'est le GES le plus abondant et celui qui contribue le plus au
réchauffement climatique en raison de sa concentration élevée dans l'atmosphère. Il
provient principalement de la combustion des énergies fossiles (électricité, transport,
industrie), ainsi que de la déforestation et des changements d'usage des terres.
• Méthane (CH₄) : Le méthane est un GES plus puissant que le CO₂ à court terme, avec un
pouvoir de réchauffement global (PRG) 28 fois supérieur sur 100 ans. Il est émis
principalement par les activités agricoles (digestion des ruminants, décomposition des
matières organiques), la gestion des déchets et l’extraction de combustibles fossiles.
• Protoxyde d'azote (N₂O) : Le protoxyde d'azote a un PRG 298 fois supérieur à celui du CO₂
sur 100 ans et provient en grande partie de l'utilisation des engrais azotés en agriculture,
ainsi que des processus industriels et de la combustion des combustibles fossiles.
• Gaz fluorés (CFC, HFC, PFC, SF₆) : Bien que moins abondants, ces gaz ont un impact
climatique extrêmement fort avec des PRG des milliers de fois supérieurs à celui du CO₂. Ils
sont principalement utilisés dans les réfrigérants, les solvants et certains processus
industriels.
Les GES jouent un rôle central dans le réchauffement planétaire, et leur contribution dépend non
seulement de leur quantité dans l’atmosphère, mais aussi de leur pouvoir de réchauffement
global (PRG) et de leur durée de vie. Le CO₂ reste la cible principale des stratégies de réduction
d’émissions car c’est le plus abondant et sa durée de vie est longue, ce qui en fait le gaz qui
contribue le plus à l’accumulation de chaleur dans l’atmosphère.
Toutefois, réduire les émissions de méthane (CH₄) peut également avoir un impact significatif à
court terme, étant donné son PRG élevé et sa courte durée de vie atmosphérique. Le protoxyde
d’azote (N₂O), bien que moins abondant, mérite aussi une attention particulière, notamment dans
le secteur agricole.
1.4. L’importance de chaque GES dans les stratégies de réduction des émissions
Lorsqu’une entreprise ou un pays développe une stratégie de réduction des émissions, il est
essentiel de comprendre quels GES sont les plus émis par ses activités. La majorité des entreprises
industrielles, par exemple, émettent principalement du CO₂, mais dans certains secteurs comme
l'agriculture ou la gestion des déchets, le CH₄ et le N₂O peuvent être les plus problématiques.
• Prioriser les émissions de CO₂ : Il est généralement plus facile de quantifier et de réduire
les émissions de dioxyde de carbone, notamment en passant à des énergies renouvelables
et en améliorant l'efficacité énergétique.
• S'attaquer aux émissions de méthane et de protoxyde d'azote : Bien qu'ils soient moins
abondants, ces gaz ont un fort impact climatique. Réduire les fuites de méthane dans les
réseaux de gaz naturel, améliorer la gestion des déchets organiques et optimiser
l'utilisation des engrais azotés sont des mesures efficaces pour réduire ces émissions.
• Réduire l'usage des gaz fluorés : Dans les secteurs où ces gaz sont utilisés, comme la
réfrigération et la climatisation, la substitution par des alternatives moins nocives et la
gestion rigoureuse des équipements sont essentielles.
Le bilan carbone est un outil essentiel pour mesurer, comprendre et réduire les émissions de gaz à
effet de serre (GES) générées par une entreprise. Ce chapitre approfondit le concept de bilan
carbone, sa méthodologie de calcul, les différents scopes d'émissions, et fournit des exemples
pour illustrer chaque catégorie d'émissions.
Le terme bilan carbone est une marque déposée par l'association ABC France. Il s'agit d'une
méthode permettant de mesurer les émissions de GES produites par une entreprise ou un produit.
Le calcul du bilan carbone se fait en multipliant les données d’activité (quantités d’énergie
consommée, distances parcourues, etc.) par des facteurs d’émission spécifiques, exprimés en
équivalent CO₂.
• Facteur d’émission : Valeur indiquant la quantité de GES émise par unité d’activité,
souvent exprimée en kg CO₂/kWh pour l’électricité ou en kg CO₂/litre pour le carburant.
Exemples :
• Électricité : Une entreprise utilise 100 MWh d’électricité avec un facteur d’émission de 0,4
kg CO₂/kWh. Les émissions calculées seront :
100,000 kWh x 0,4 kg CO₂/kWh = 40 tonnes de CO₂.
• Carburant : Pour 500 litres de carburant avec un facteur d'émission de 2,5 kg CO₂/litre, les
émissions seront :
500 litres x 2,5 kg CO₂/litre = 1,250 kg CO₂.
La collecte de données est cruciale pour un bilan carbone précis. Les données sources sont les
informations nécessaires pour évaluer les émissions de GES. Ces données peuvent être obtenues
directement en interne ou en sollicitant d’autres parties prenantes.
Types de Données :
Données extrapolées :
Données adaptées à une Données approchées :
Données primaires : Données secondaires :
nouvelle situation en se Données utilisées telles
Données observées et Données génériques
basant sur des données quelles sans adaptation,
prélevées directement à provenant de sources
primaires ou secondaires issues d’activités
partir des systèmes publiées, représentatives
liées à une activité semblables.
d’information ou relevés des activités ou des
similaire.
physiques de l’entreprise produits de l’entreprise.
ou de sa chaîne Exemple : Données de
d'approvisionnement. Exemple : Données de consommation
Exemple :
consommation énergétique d’un bâtiment
Consommations
énergétique d’un bâtiment en Tunisie non corrigées
Exemple : énergétiques moyennes
d’une banque en Tunisie du climat pour un
Consommations réelles nationales d’une voiture
corrigées du climat pour bâtiment similaire en
de combustibles fossiles. essence.
un bâtiment similaire au Algérie.
Maroc.
La Base Carbone®
• Origine et Évolution : La Base Carbone® est la base de données historique des facteurs
d’émissions du Bilan Carbone®. Avec la réglementation Grenelle II sur les Bilans GES, elle
est devenue autonome et est désormais gérée par l’ADEME.
• Accès et Utilisation : Disponible en ligne à l'adresse [Link], elle est la
référence pour les Bilans GES réglementaires en France. Les facteurs d’émission de cette
base sont à utiliser par défaut, sauf justification explicite pour l’utilisation d’autres facteurs.
• Recommandation : Sa utilisation est recommandée pour les Bilans GES dans le secteur
chimie.
• Bases ACV : De nombreuses bases de données fournissent des facteurs d’émission pour
les analyses de cycle de vie (ACV). Ces bases se divisent en trois catégories :
Bases de Données
Généralistes et
Outils Généralistes : Outils Spécialisés :
Spécialisées :
Modélisent les systèmes Orientés vers des
Fournissent des facteurs
étudiés lors d’une ACV, domaines spécifiques ou
d’émission pour divers
nécessitant une expertise des objectifs particuliers
produits et secteurs (ex. :
(ex. : Simapro, Gabi comme l’éco-conception
EcoInvent, Gabi
Envision). (ex. : BEE, Instant LCA)
database, C-TEXT, C-
FOOD).
Bilan Produit :
Outil gratuit de l’ADEME
GHG Protocol et DEFRA : permettant la modélisation
Bases de données et l’évaluation des impacts
reconnues pour les environnementaux sur le
facteurs d’émission, cycle de vie d’un produit ou
souvent disponibles d’un service. Il aide
gratuitement. également à calculer les
facteurs d’émission
manquants.
Ces bases de données permettent de compléter et de vérifier les facteurs d’émission pour les
Bilans GES, en fonction des besoins spécifiques et des secteurs d’activité concernés.
3. Classification des Émissions : Les Trois Scopes
Le bilan carbone est divisé en trois scopes pour classer les émissions selon leur origine et leur
nature. Chaque scope permet d’identifier et de quantifier les émissions de manière détaillée.
Le Scope 1 couvre les émissions directes générées directement par l’entreprise à partir de
sources qu’elle possède ou contrôle :
• Astuce
1. Variation de Stock de Combustible :
o Consommation Réelle : Lors du calcul des émissions, assurez-vous de vous
baser sur la quantité réellement consommée plutôt que sur la quantité de
combustible disponible. La variation de stock peut influencer les résultats si elle
n'est pas correctement prise en compte. Pour obtenir des données précises, il est
important de calculer la consommation en tenant compte des stocks initiaux et
finaux.
2. Gaz Naturel : PCI vs. PCS :
o Pouvoir Calorifique Inférieur (PCI) : En Bilan Carbone, privilégiez le PCI pour le
calcul des émissions de gaz naturel plutôt que le Pouvoir Calorifique Supérieur
(PCS). Le PCI exclut l'énergie contenue dans la vapeur d'eau produite lors de la
combustion, offrant ainsi une mesure plus précise de l'énergie réellement
utilisée.
3. Combustibles Contenant de l’Eau :
o Partie Sèche : Pour les combustibles contenant de l'eau (comme le bois ou les
pellets), il est essentiel d’éliminer la quantité d'eau dans les calculs. Les
émissions doivent être calculées uniquement sur la partie sèche du combustible,
car l'eau ne contribue pas à la production de CO2 et son inclusion pourrait
fausser les résultats des calculs de consommation de combustible.
• Sources mobiles à moteur thermique : Émissions des véhicules détenus par l’entreprise,
comme les camions de livraison.
Exemple : Les émissions dues à l’utilisation d’une flotte de camions pour le transport de
marchandises.
Astuce :
Attention aux Doublons : Il est important de noter qu'il existe un poste similaire dans le Scope 3
concernant les déplacements professionnels et le transport de marchandises amont et aval. Le
fait de classer ces émissions dans le Scope 1 ou le Scope 3 dépend de l'approche de contrôle
adoptée :
• Approche Opérationnelle : Les émissions des véhicules détenus et contrôlés par
l'entreprise sont incluses dans le Scope 1.
• Approche Financière : Les émissions associées aux véhicules sous contrat de location
ou aux services de transport externalisés peuvent être classées dans le Scope 3.
Pour chaque tonne de CaCO₃, environ 0,44 tonne de CO₂ est émise. Utilisez cette information
pour évaluer les émissions associées à la production de ciment.
Le Scope 2 couvre les émissions indirectes associées à l’achat d’énergie pour l’entreprise,
comme l’électricité, la chaleur ou la vapeur :
• Émissions indirectes liées à la consommation d'électricité importée: Émissions
générées lors de la production d’électricité achetée par l’entreprise.
Exemple : Émissions dues à la consommation d’électricité pour les opérations d'une usine.
Le Scope 3 inclut toutes les émissions indirectes autres que celles couvertes par les Scopes 1 et
2, provenant des activités de l’entreprise mais se produisant en dehors de son périmètre direct :
Attention :
• Évitez le Double Comptage : Ne comptez pas les émissions liées au transport ou à la
production des matières premières si ces émissions sont déjà couvertes par les facteurs
d'émission spécifiques fournis par le fabricant.
• Considérez les Émissions Évitée : Pour les matériaux recyclés, ne dupliquez pas les
émissions évitées lors du recyclage dans les calculs de fin de vie des produits.
Astuce 1 :
Ce poste d’émission concerne toutes les émissions en amont liées à la production de biens
d’équipement achetés ou acquis par l’organisation pour réaliser le bilan GES. Les
immobilisations comprennent des biens d’équipement utilisés par l’organisation pour fabriquer
des produits, fournir des services, ou pour vendre, entreposer ou livrer des marchandises. Ces
biens ont une durée de vie prolongée et ne sont ni transformés ni revendus à d’autres
organisations ou consommateurs.
Les immobilisations peuvent inclure des équipements, des machines, des bâtiments, des
installations, et des véhicules. En comptabilité générale, elles sont considérées comme des
actifs fixes ou des installations corporelles.
Il est important de noter que les émissions de GES résultant de l’utilisation ou de l’exploitation
des biens d’équipement par l’organisation doivent être comptabilisées soit dans les émissions
directes (comme celles provenant de l’utilisation de combustibles), soit dans les émissions
indirectes liées à l’énergie (comme celles provenant de la consommation d’électricité), et non
dans le poste (Immobilisations).
La principale distinction entre les postes d’émissions « Produits et services achetés » et «
Immobilisations » réside dans leur durée d’utilisation. Les produits achetés, souvent appelés «
consommables », sont acquis pour être transformés ou vendus dans un délai relativement court
(de quelques jours à moins d’un an), tandis que les immobilisations sont utilisées pendant des
périodes beaucoup plus longues (de 5 à 50 ans).
Dans certains cas, il peut être difficile de déterminer si un produit acheté est considéré comme
un bien d’équipement. Dans ce cas, l’organisation doit décrire et justifier clairement son choix,
puis s’assurer qu’il n’y a pas de double comptage entre le poste (Produits et services achetés) et
le poste (Immobilisations).
Astuce 2
Astuce : Durée d’Amortissement des Biens d’Équipement
La durée de vie prolongée des biens d’équipement par rapport à la période de temps
généralement utilisée pour l’inventaire des GES (souvent un an) nécessite l’adoption d’une
méthode d’amortissement pour attribuer les émissions de GES en amont liées à leur production
en proportion de la durée de détention des biens. Voici trois méthodes possibles :
Méthode 1 : Méthode Comptable Utilisez la méthode d’amortissement adoptée par le service
de comptabilité générale de l’organisation. Cette approche assure la conformité avec les règles
de comptabilité générale et permet une intégration harmonieuse avec les états financiers de
l’organisation.
Méthode 2 : Amortissement Basé sur la Durée de Vie Réelle Amortissez les émissions
associées à un équipement en fonction de sa durée de vie réelle. Cette méthode facilite la
communication des variations dans l’inventaire des émissions de GES d’une année sur l’autre,
offrant ainsi une plus grande transparence aux parties prenantes internes et externes.
Méthode 3 : Absence d’Amortissement Ne réalisez pas d’amortissement et comptabilisez
toutes les émissions liées aux immobilisations dans l’inventaire des émissions de GES pour
l’année d’achat des équipements. Bien que cette méthode simplifie le comptage des émissions
pour l’année d’achat, elle peut rendre difficile la comparaison du bilan des émissions d’une
année à l’autre. De plus, elle ne distingue plus les émissions des postes 3-1 (Produits et services
achetés) et 3-2 (Immobilisations).
Astuce 3:
Attention, pour les méthodes d’amortissement 1 et 2, l’entreprise ne doit pas oublier de prendre
en compte les biens qui sont toujours en cours d’amortissement l’année où l’entreprise réalise
son bilan GES.
• Déchets : Émissions associées à la gestion des déchets produits par l’entreprise, y compris
le recyclage et l’élimination.
Exemple : Émissions liées à l’élimination des déchets de production.
Ce poste d'émission permet d'estimer les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées au
traitement de fin de vie des déchets solides (qu'ils soient banals ou dangereux), des fuites non
énergétiques de fin de vie, et des eaux usées produites directement par l'entité réalisant le bilan
GES.
Note : Ce poste n'inclut pas les émissions associées à la fabrication des matériaux qui
deviendront des déchets, car ces émissions sont déjà prises en compte dans le poste 3-1 «
Produits et services achetés ».
Types de Déchets à Considérer :
• Déchets Banal :
o Commentaires : Inclut les déchets tels que les emballages (blisters plastiques,
vieux fûts, verre, cartons, etc.), les déchets de fabrication (copeaux non
récupérés sur place, vieux papiers, etc.), les déchets alimentaires (restaurant du
personnel, etc.), certains consommables après usage (vieux papiers, gobelets en
plastique, etc.), et éventuellement les déchets verts (tontes, etc.).
• Déchets Dangereux :
o Commentaires : Bien que les déchets dangereux n'engendrent pas d'émissions
directement à cause de leur toxicité, la quantité d'énergie fossile utilisée pour leur
transport, leur confinement, leur stockage ou leur traitement génère des
émissions.
• Fuites Non Énergétiques de Fin de Vie :
o Commentaires : Ce poste est pertinent uniquement si des produits ou
équipements émettant des GES (CO2, N2O, CH4, halocarbures) sont mis au
rebut.
• Eaux Usées :
o Commentaires : Les eaux usées peuvent émettre du méthane (CH4) lorsqu'elles
sont rejetées dans l'environnement sans épuration et contiennent une charge
organique. Ce poste peut être négligé si le site n’a pas ou très peu de rejets
organiques. Les émissions doivent être estimées uniquement pour les eaux usées
rejetées sans traitement ou pour les eaux stagnantes. Les industries qui épurent
leurs eaux avant rejet ou les envoient à une station collective de traitement ne
sont pas concernées. De plus, les stations d’épuration peuvent également
émettre du N2O, principalement durant la nitrification.
Origines des Émissions Liées à l'Élimination des Déchets :
Les émissions liées à l’élimination des déchets solides et liquides générés par l’organisation
proviennent de plusieurs sources :
• Émissions induites par le procédé de traitement : En fonction du type de traitement
appliqué (mise en décharge, incinération avec ou sans valorisation énergétique,
traitement biologique, recyclage, stabilisation des déchets dangereux).
• Émissions induites par le transport : Celles liées à la collecte des déchets depuis
l’organisation jusqu’au lieu de traitement.
• Émissions induites par le fonctionnement du centre de traitement : Les émissions
générées par les opérations du centre où les déchets sont traités.
Astuce 3
Types de Gaz Émis :
• CO2 : Dégradation du carbone dans les déchets.
• CH4 : Décomposition dans les sites d’enfouissement ou combustion.
• HFC : Fin de vie des équipements de réfrigération.
• N2O : Incinération ou traitement biologique des déchets.
Les émissions sont généralement reportées en équivalent CO2.
Méthodes d'Estimation :
1. Déchets Banal :
Collecte des Données : Nature, quantité, et type de traitement (décharge,
incinération, recyclage, etc.).
Facteurs d’Émission : Utiliser les facteurs moyens de la Base Carbone®.
2. Déchets Dangereux :
Collecte des Données : Nature, quantité, et type de traitement.
Facteurs d’Émission : Consulter le gestionnaire de déchets pour des facteurs
spécifiques.
Utilisez les données les plus précises disponibles pour une estimation fiable des émissions.
Astuce 1 :
Les émissions indirectes liées au transport proviennent principalement des combustibles
brûlés dans des sources mobiles qui ne sont ni possédées ni contrôlées par
l’organisation. Ces sources incluent, mais ne se limitent pas à, les véhicules motorisés,
les camions, les avions, les trains et les navires. Il est également nécessaire de
considérer les gaz réfrigérants pour le transport de marchandises réfrigérées, comme
dans le cas des camions frigorifiques.
Si les véhicules appartiennent à l'organisation ou sont sous son contrôle, leurs émissions
doivent être comptabilisées dans le Scope 1, parmi les émissions directes. Les émissions
de ce poste concernent principalement le transport des marchandises dont les coûts
sont supportés par l'organisation.
Tous les modes de transport doivent être pris en compte : routier, ferroviaire, aérien et
maritime. Les émissions liées au transport de marchandises peuvent provenir des
premiers fournisseurs ou d'autres fournisseurs tout au long de la chaîne
d'approvisionnement.
Astuce 2 :
Méthode recommandée : La méthode des « [Link] »
Cette méthode consiste à calculer les émissions indirectes de transport en se basant sur
les "[Link]" parcourus. Voici les étapes à suivre :
1. Identification des Déplacements : Répertoriez tous les déplacements liés aux
produits achetés, en les classifiant par mode de transport (route, rail, air, mer).
2. Collecte des Données :
Kilomètres Parcourus : Déterminez les kilomètres parcourus pour
chaque trajet. Si cette information est directement disponible, notez-la.
Sinon, utilisez des valeurs estimées ou moyennes.
Lieu de Départ et Distance : Identifiez le lieu de départ ou la distance si
elle est connue.
3. Classification par Mode de Transport :
Mode de Transport : Associez chaque trajet au mode de transport utilisé,
en distinguant les différents modèles ou types (par exemple, différents
types de navires pour le transport maritime, ou différents types de
camions pour le transport routier).
4. Regroupement des Informations :
Regroupez les données par modèle de transport, en prenant en compte
les informations disponibles. Pour le transport maritime, en cas
d'indisponibilité de données spécifiques, basez-vous sur des valeurs
moyennes.
5. Calcul des Émissions :
Produit « [Link] » : Multipliez le tonnage transporté par le nombre de
kilomètres parcourus pour chaque modèle de transport. Cette opération
donne le résultat en "[Link]" pour chaque mode et modèle de
transport.
6. Compilation des Résultats :
Compilez les résultats des « [Link] » pour chaque modèle afin
d'obtenir les données nécessaires pour le calcul des émissions indirectes
de transport.
• Déplacements professionnels : Émissions des voyages d'affaires effectués par les
employés.
Exemple : Émissions des vols internationaux pour des conférences ou réunions.
Astuce
Ce poste comptabilise les émissions indirectes liées aux déplacements professionnels
des employés de l’entité réalisant le bilan GES. Cela inclut uniquement les émissions
dues à la combustion de carburants dans des véhicules ou autres moyens de transport
motorisés ne lui appartenant pas ou n'étant pas sous son contrôle, tels que voitures,
avions ou transports en commun. Si ces véhicules sont sous son contrôle, les émissions
sont comptabilisées dans le scope 1.
Conformément à la norme ISO 14069, les nuits d'hôtel liées à des séjours professionnels
de plus de 24 heures (comme les conférences ou vols de correspondance) doivent
également être incluses, ainsi que les émissions indirectes générées pendant le trajet, si
ces données sont disponibles et pertinentes.
• Actifs en leasing amont : Émissions liées aux actifs loués par l’entreprise, comme les
équipements de production.
Exemple : Émissions liées à la production des équipements loués pour l’opération.
Ce poste d'émission concerne les émissions générées par l'utilisation d'actifs loués par
l'organisation au cours de l'année de déclaration, applicable uniquement aux entités
locataires. La location peut prendre plusieurs formes, selon la nature de l'actif loué, la
durée du contrat et les modalités financières ou contractuelles.
Ce poste s'applique généralement aux locations à court terme, souvent pour des
véhicules d'entreprise ou d'autres biens temporaires, où la société de location assure
une partie de la gestion, comme l'entretien et les réparations. Selon le périmètre
organisationnel retenu, l'actif n'a pas à être inscrit au bilan de l'organisation.
L'organisation doit d'abord catégoriser ses actifs loués, par exemple :
• Bâtiments
• Véhicules motorisés
• Équipements informatiques
• Machines
Une fois cette classification effectuée, les calculs suivants doivent être réalisés :
1. Consommation de carburants ou combustibles : Si les biens loués
consomment des carburants, les émissions doivent être calculées selon les
méthodes du scope 1 (sources fixes de combustion) ou (sources mobiles de
combustion).
2. Consommation de vapeur, chaleur ou électricité : Si les biens loués utilisent de
l’électricité, de la vapeur ou de la chaleur, les émissions doivent être estimées via
le scope 2 (électricité) ou (énergie via un réseau).
3. Autres émissions indirectes : Les émissions associées à la fabrication des biens
loués doivent également être prises en compte, conformément aux méthodes du
scope 3 (biens immobilisés).
Astuce 2:
Il est important que l'organisation veille à éviter tout double comptage des émissions déjà
intégrées dans les postes suivants :
• Émissions directes et émissions indirectes associées à l'énergie
• Produits et services achetés
• Déchets générés par les activités de l'organisation
• Fin de vie du produit
• Immobilisations
Cette vigilance est essentielle pour garantir la fiabilité du bilan des émissions de gaz à
effet de serre.
Astuce 1
Les émissions indirectes provenant des investissements se réfèrent aux émissions
associées aux participations financières détenues par l'organisation. Une prise de
participation inclut l'acquisition d'actions sur le marché boursier, visant à obtenir des
dividendes et des plus-values, ainsi que l'acquisition d'une part dans le capital social
d'une entreprise privée ou d'une startup.
Pour évaluer ces émissions, l'organisation doit utiliser sa part de capital et la durée de
possession pour estimer les émissions indirectes générées pendant la période couverte
par l'inventaire des GES. Les organisations financières peuvent également inclure les
émissions liées aux placements par emprunt, qui financent des propriétés ou des
activités sans en détenir la propriété ou participer aux résultats.
Les émissions indirectes associées aux investissements sont principalement liées aux
actifs financiers de l'organisation, généralement classés dans les « Immobilisations
incorporelles » de son bilan.
Par exemple, si l'organisation A détient 5 % des actions de l'entreprise B (qui ne fait pas
partie du périmètre organisationnel de A), l'organisation A devra inclure 5 % des
émissions directes et des émissions indirectes d'énergie de l'entreprise B dans ses
propres émissions. L'organisation A peut également inclure d'autres émissions indirectes
partagées avec l'entreprise B.
Les émissions à inclure dans ce poste sont celles qui n'ont pas déjà été prises en compte
dans les scopes 1 et 2, en fonction du périmètre opérationnel défini.
Astuce 2
Méthode recommandée : Pour quantifier les émissions indirectes liées aux
investissements, il est essentiel de collecter des données sur la nature et le montant des
investissements de l’organisation, exprimées en valeur monétaire. Une fois ces
informations recueillies, elles doivent être multipliées par un facteur d’émission
disponible dans les bases de données, qui est exprimé en kg CO2e par unité monétaire.
• Transport des visiteurs et des clients : Émissions liées au transport des visiteurs et clients
pour des événements ou des visites d’usine.
Exemple : Émissions des trajets des clients venant visiter une usine.
Les émissions indirectes liées au transport des clients et des visiteurs proviennent
principalement des carburants brûlés dans des sources mobiles qui ne sont pas sous le
contrôle de l’organisation réalisant le bilan GES, telles que les véhicules motorisés, les
avions et les transports publics. Ces émissions dépendent directement de la distance
parcourue et du type de transport utilisé.
Comme les distances parcourues et les modes de transport utilisés sont rarement
connus de manière précise, l’organisation doit mettre en place un questionnaire au sein
du service « réception/accueil » pour recueillir ces informations auprès des visiteurs et
des clients.
Le questionnaire doit :
• Mesurer la distance parcourue selon le mode de transport utilisé.
• Différencier les différents types de transport.
• Collecter des informations complémentaires pour chaque mode de transport.
Il est important de noter que les trajets de fret entrant ne doivent pas être inclus dans ce
poste, mais plutôt dans le scope 3
• Transport des marchandises aval : Émissions liées au transport des produits finis
jusqu'aux clients.
Exemple : Émissions dues au transport des produits finis d’une usine vers les points de
vente.
Astuce 2
Méthode recommandée :
1. Collecte des Données d'Émissions : Utilisez les données d'émissions de CO2
fournies par les entreprises de transport. Cette méthode est avantageuse car elle
repose sur des données directement disponibles.
2. Méthode secondaire (« [Link] ») :
Identification des Déplacements : Répertoriez tous les déplacements
liés aux produits vendus, en les classifiant par mode de transport.
Collecte des Données :
▪ Kilomètres Parcourus : Déterminez les kilomètres parcourus
pour chaque trajet. Notez les informations directement
disponibles ou utilisez des valeurs moyennes si nécessaire.
▪ Lieu de Départ et Distance : Identifiez le lieu de départ ou la
distance si elle est directement connue.
Classification par Mode de Transport : Associez chaque trajet au mode
de transport utilisé, en distinguant les différents modèles ou types de
transport.
Correction des Données : Le volume total transporté doit être corrigé du
volume transporté par les camions détenus, dont les émissions sont
comptabilisées dans le poste des émissions directes.
Calcul des Émissions : Multipliez le tonnage transporté par le nombre de
kilomètres parcourus pour chaque modèle de transport pour obtenir les
résultats en « [Link] » par catégorie.
• Utilisation des produits vendus : Émissions générées lors de l’utilisation des produits
vendus par l’entreprise.
Exemple : Émissions des véhicules vendus par une entreprise automobile lors de leur
utilisation.
Astuce 1
Ce poste couvre les émissions liées à la transformation des produits intermédiaires
vendus par l'organisation déclarante, effectuée par des tiers (comme les fabricants). Les
produits intermédiaires sont des produits nécessitant un traitement, une
transformation ou une inclusion dans un autre produit avant leur utilisation finale. Ces
opérations engendrent des émissions après la vente par l'organisation, mais avant
l'utilisation par le consommateur final. Les émissions liées à la transformation doivent
être attribuées aux produits intermédiaires concernés.
• Fin de vie des produits vendus : Émissions liées à la gestion des produits en fin de vie.
Exemple : Émissions liées au recyclage ou à l'élimination de produits électroniques en fin
de vie.
Astuce
Ce poste d'émission couvre les émissions générées par l'utilisation, durant toute sa
durée de vie, des produits vendus par l'organisation réalisant le bilan GES. Il inclut les
émissions totales attendues sur la durée de vie des produits concernés.
Selon la nature des produits, il est nécessaire de distinguer :
• Produits à consommation directe d'énergie : par exemple, une lampe qui
consomme de l'électricité tout au long de sa durée de vie.
• Produits à consommation indirecte d'énergie : par exemple, des dattes qui
nécessitent une réfrigération pour leur conservation. Les émissions liées à
l'utilisation d'électricité par le réfrigérateur doivent être prises en compte (le
réfrigérateur consommant de l'électricité, pas les dattes elles-mêmes).
Attention : seules les émissions directes liées à l'utilisation des produits doivent être
prises en compte. Les émissions indirectes ne sont pas à inclure.
Astuce 2
Élimination des produits vendus en décharge
Les émissions générées lors de l'élimination des produits en décharge doivent être
estimées comme suit :
• Pour les produits vendus contenant des GES, utiliser le potentiel de
réchauffement global (PRG) du produit vendu
• Pour les produits vendus réputés ne se dégradant pas en moins de 100 ans (par
exemple, les polymères durables), aucune émission n’est générée pendant cette
période, donc aucune émission n'est à comptabiliser.
Recyclage du produit vendu
Les entreprises doivent uniquement prendre en compte les émissions liées au premier
cycle de vie du produit. Les émissions associées aux autres cycles de recyclage ne
doivent pas être intégrées.
Le facteur d'émission pour les produits recyclés, ainsi que la part allouée à la
récupération d'énergie, doit être considéré comme nul.
Émissions indirectes liées à la fin de vie des produits vendus
Les émissions évitées (émissions négatives) peuvent être quantifiées, mais elles doivent
être reportées séparément du bilan de l’organisation. Il est strictement interdit de déduire
les émissions évitées du bilan de l’organisation.
• Leasing aval : Émissions associées aux actifs en leasing retournés à la fin de leur période
de location.
Exemple : Émissions liées à la gestion des équipements en fin de contrat de leasing.
Ce poste d’émission englobe les émissions liées à l’exploitation des actifs appartenant à
l’organisation réalisant le bilan GES et loués à d’autres entités au cours de l’année de
déclaration. Ce poste est pertinent pour les bailleurs, c’est-à-dire les organisations qui
perçoivent des loyers de leurs locataires.
Les principales sources d’émissions incluent :
• La production de l’actif loué
• Le transport et la distribution de l’actif loué
• L’utilisation de l’actif loué
• La fin de vie de l’actif loué
• L’entretien de l’actif loué
• Les consommables associés
Il est souvent le cas que les émissions des biens achetés ou des immobilisations soient
évaluées uniquement de la production jusqu’à la livraison à l’usine, sans inclure les
émissions liées à l’utilisation, à l’entretien et à la fin de vie de ces biens.
Pour les émissions associées à l’utilisation et à l’entretien de l’actif loué, qui sont
généralement sous la responsabilité du locataire, l’organisation peut demander ces
informations au locataire. Si les contrats de location ne prévoient pas que le locataire
fournisse ces évaluations au bailleur ou si le locataire refuse de les transmettre, ce poste
d’émission sera exclu du bilan. Toutefois, si l’organisation obtient ces données du
locataire, elle peut les intégrer dans son bilan.
• Déplacement domicile-travail : Émissions dues aux trajets quotidiens des employés entre
leur domicile et leur lieu de travail.
Exemple : Émissions des trajets quotidiens en voiture des employés.
Les émissions sont qualifiées d'indirectes car les véhicules utilisés pour les
déplacements n'appartiennent pas à l'organisation ni ne sont sous son contrôle.
De plus, les émissions liées au télétravail sont également prises en compte dans ce
poste. Le télétravail entraîne une augmentation de la consommation d'énergie par
certains employés, notamment pour le chauffage, la climatisation (si nécessaire) et
l'électricité à domicile.
Attention à ne pas comptabiliser les jours de télétravail.
Attention à inclure les allers/retours si la personne retourne manger chez elle le midi.
• Autres émissions indirectes : Toutes les autres émissions indirectes non spécifiquement
couvertes par les catégories ci-dessus.
Exemple : Émissions liées à des activités spécifiques comme les salons ou expositions
organisés par l’entreprise.
Astuce 1 :
Si l’organisation génère des émissions ou des captations indirectes de GES qui ne
peuvent pas être prises en compte dans les autres fiches décrites précédemment, ces
émissions ou captations doivent être comptabilisées dans ce poste d’émission. Lors de
l’utilisation de ce poste, l’organisation doit fournir une description claire des sources et
des puits de GES ainsi que de la méthodologie utilisée pour le calcul des émissions ou
des captations.
Pertinence ou exclusion du poste :
L’analyse des Bilans GES disponibles ne couvre pas ce poste. Par conséquent, il est
considéré comme non pertinent et doit être exclu du bilan GES.
4. Importance du Bilan Carbone pour les Entreprises
L'empreinte carbone produit est une mesure clé pour évaluer l'impact environnemental des
produits tout au long de leur cycle de vie. Elle quantifie les émissions de gaz à effet de serre (GES)
générées directement ou indirectement lors de la production, de l'utilisation et de l'élimination d'un
produit. Cette évaluation est cruciale pour les entreprises qui cherchent à réduire leur impact
environnemental et à répondre aux attentes croissantes des consommateurs et des régulateurs en
matière de durabilité.
L'empreinte carbone produit, définie par la norme ISO 14067, est une application spécifique de
l'ACV axée sur les émissions de GES. Tandis que l'ACV évalue une gamme plus large d'impacts
environnementaux, l'empreinte carbone se concentre uniquement sur les émissions de CO₂
équivalent. Cela permet une approche plus ciblée pour mesurer et réduire les impacts climatiques
d'un produit.
La norme ISO 14067 utilise les résultats de l'ACV pour calculer l'empreinte carbone, en tenant
compte des différentes phases du cycle de vie du produit. En intégrant les données d'émissions à
chaque étape du cycle de vie, cette norme offre une évaluation détaillée et précise des
contributions aux émissions de GES. Cela permet aux entreprises de mieux comprendre où des
réductions peuvent être réalisées, d'optimiser les processus et de prendre des décisions éclairées
pour minimiser leur impact climatique.
La norme ISO 14067:2018 établit plusieurs principes directeurs pour garantir que l'évaluation de
l'empreinte carbone d'un produit soit effectuée de manière cohérente, transparente et précise. Ces
principes sont les suivants :
Généralités
Le principe général de la norme est de fournir une méthodologie claire et cohérente pour la
quantification et la communication de l'empreinte carbone d'un produit. Cette méthodologie vise à
assurer la comparabilité des résultats et la transparence du processus.
Approche Itérative
L'approche itérative implique que l'évaluation de l'empreinte carbone est un processus
dynamique qui peut nécessiter des révisions et des ajustements. Cette méthode permet d'affiner
les données et les résultats au fur et à mesure de l'acquisition de nouvelles informations ou de
l'amélioration des processus.
Priorité de l’Approche Scientifique
La norme encourage l'utilisation des meilleures pratiques scientifiques et des méthodes
éprouvées pour la quantification des émissions de GES. Les données et les méthodes doivent
être basées sur des preuves scientifiques solides pour garantir la précision et la fiabilité des
résultats.
Pertinence
Les données utilisées doivent être pertinentes par rapport à l'objectif de l'évaluation et aux
exigences des parties prenantes. Cela signifie que seules les informations significatives et
directement liées au produit et à ses impacts doivent être prises en compte.
Complétude
L'évaluation doit couvrir tous les aspects du cycle de vie du produit sans omission significative.
La complétude assure que toutes les sources d'émissions de GES sont incluses et que les
résultats reflètent fidèlement l'empreinte carbone totale du produit.
Cohésion
Ce principe stipule que les données et les résultats doivent être cohérents et harmonisés tout au
long de l'évaluation. Les méthodes et les hypothèses doivent être appliquées de manière
uniforme pour éviter les incohérences dans les résultats.
Cohérence
La cohérence implique que les méthodes et les données utilisées doivent être alignées avec les
pratiques établies et les attentes des parties prenantes. Les résultats doivent être interprétés et
communiqués de manière à éviter toute confusion ou mauvaise interprétation.
Exactitude
L'exactitude des résultats est essentielle pour assurer que les évaluations reflètent fidèlement
les émissions de GES du produit. Les méthodes et les données doivent être suffisamment
précises pour permettre une prise de décision éclairée et une communication fiable.
Transparence
La transparence nécessite que toutes les informations, méthodes et hypothèses utilisées dans
l'évaluation soient clairement documentées et accessibles. Cela permet aux parties prenantes
de comprendre et de vérifier le processus et les résultats de l'évaluation.
Les règles de catégorie des produits (PCR) fournissent des lignes directrices spécifiques pour la
quantification des empreintes carbone en harmonisant les méthodes et les pratiques. Cette
section décrit comment utiliser les PCR pour garantir la standardisation et la comparabilité des
évaluations. Les PCR définissent les règles pour la collecte de données, la méthodologie d'analyse,
et la communication des résultats, assurant ainsi que les évaluations sont conformes aux
meilleures pratiques et normes internationales.
Bonnes pratiques :
Pour définir efficacement les objectifs d’une étude d’ECP, il est essentiel de préciser les
éléments suivants :
Application Envisagée
Description : Indiquez le contexte et l’utilisation prévue des résultats de l'étude d'ECP. Cela peut
inclure :
• Évaluation de produit : Comparaison de l’empreinte carbone de différents produits.
• Réduction des émissions : Identification des opportunités pour réduire les émissions de
GES.
• Communication : Transmission des résultats aux parties prenantes pour la transparence
ou la conformité réglementaire.
Exemple : "L'étude sera utilisée pour comparer l'empreinte carbone de nos produits afin
d'identifier des opportunités de réduction des émissions et de renforcer notre engagement en
matière de durabilité."
Raisons de la Réalisation de l’Étude d’ECP
Description : Expliquez les motivations et les besoins qui conduisent à la réalisation de l’étude.
Cela peut inclure :
• Exigences réglementaires : Conformité avec les normes et règlements
environnementaux.
• Pression du marché : Répondre aux attentes des consommateurs et des partenaires
commerciaux.
• Objectifs internes : Soutenir les initiatives de durabilité et de gestion environnementale
de l’entreprise.
Exemple : "Cette étude est réalisée pour se conformer aux nouvelles régulations sur la
transparence des émissions de GES et pour répondre aux attentes croissantes des clients en
matière de durabilité."
Public Visé
Description : Déterminez les groupes cibles pour les résultats de l’étude d’ECP. Les publics
peuvent inclure :
• Consommateurs : Pour informer les décisions d'achat.
• Partenaires commerciaux : Pour intégrer les résultats dans des collaborations ou des
accords.
• Investisseurs : Pour démontrer l'engagement environnemental de l'entreprise.
• Régulateurs : Pour répondre aux exigences de déclaration et de conformité.
Exemple : "Les résultats seront principalement destinés aux investisseurs et aux régulateurs
pour démontrer notre engagement envers la réduction des émissions de GES."
Communication Envisagée des Informations d’ECP ou d’ECP Partielle
Description : Décrivez comment et à quel niveau les résultats seront communiqués, en
conformité avec la norme ISO 14026. Les méthodes de communication peuvent inclure :
• Rapports publics : Publications dans des rapports de durabilité ou des sites web
d'entreprise.
• Certifications : Obtention de labels ou de certifications environnementaux.
• Présentations : Communication lors de conférences, réunions, ou à travers des médias
sociaux.
Exemple : "Les résultats de l’étude seront publiés dans notre rapport annuel de durabilité et
communiqués à travers notre site web pour assurer la transparence auprès du grand public."
Le champ d'application définit les limites de l'étude, y compris les étapes du cycle de vie du produit
à inclure (production, distribution, utilisation, fin de vie) et les exclusions possibles. Il est important
de préciser ce que l’étude couvre pour éviter des interprétations erronées des résultats et assurer
que toutes les phases pertinentes sont prises en compte.
Pour définir le champ d’application d’une étude d’Empreinte Carbone Produit (ECP), il est crucial
de s’assurer que ce champ est aligné avec les objectifs de l’étude. Cela commence par une
identification claire du système ou du produit étudié, en précisant ses fonctions tout au long de son
cycle de vie, de la production à l’élimination.
Pour établir le champ d’application d’une étude d’Empreinte Carbone Produit (ECP), il est essentiel
de définir clairement le système ou le produit étudié, en précisant ses fonctions à travers son cycle
de vie, de la production à l’élimination.
L'unité fonctionnelle choisie pour le calcul de l'ECP doit être bien définie, et les frontières du
système doivent inclure des aspects géographiques et temporels pertinents. Il est crucial de
spécifier les exigences pour les données et leur qualité, ainsi que la période couverte par ces
données. Les hypothèses concernant l’utilisation du produit et son fin de vie doivent être établies
avec précision de même les règles pour l’attribution des émissions et captations de GES doivent
être clairement définies, tout comme les méthodes pour les émissions spécifiques et les
catégories de produits particulières.
Le rapport d’étude doit fournir une vue détaillée des résultats et des méthodes, avec une revue
critique si nécessaire, tout en reconnaissant les limites de l’étude. Il ne faut pas oublier que les
comparaisons entre produits ou systèmes doivent suivre des exigences spécifiques pour assurer
une évaluation équitable.
S’approfondir plus
Le champ d’application d’une étude d'ECP doit être en adéquation avec les objectifs définis pour
l’étude. La définition du champ d’application doit être précise et prendre en compte les éléments
suivants pour garantir une évaluation cohérente et complète :
Système Objet de l’Étude et Ses Fonctions
Identifiez le système ou le produit qui fait l’objet de l’étude, ainsi que les fonctions qu’il remplit.
Cette description doit inclure toutes les étapes du cycle de vie du produit ou du système, de la
production à l’élimination.
Unité Fonctionnelle ou Unité Déclarée
Déterminez l’unité fonctionnelle ou l’unité déclarée, qui est la base sur laquelle l’ECP est
calculé. L'unité fonctionnelle représente la quantité de produit pour laquelle les impacts sont
mesurés, comme un kilogramme de produit ou une unité de service.
Frontières du Système
Définissez les frontières du système, incluant le champ géographique et les limites temporelles.
Cela inclut les processus, les phases de cycle de vie et les zones géographiques pertinentes pour
l’étude.
Exigences Relatives aux Données et à la Qualité des Données
Spécifiez les exigences en matière de collecte et de qualité des données. Assurez-vous que les
données utilisées sont fiables, pertinentes et suffisamment détaillées pour permettre une
évaluation précise de l’empreinte carbone.
Limite dans le Temps des Données
Indiquez la période de temps couverte par les données utilisées dans l’étude. Cette limite
temporelle doit correspondre à la période pendant laquelle les données sont disponibles et
pertinentes pour l’évaluation.
Hypothèses pour l’Étape d’Utilisation et l’Étape de Fin de Vie
Énoncez les hypothèses faites concernant l’utilisation du produit et son étape de fin de vie. Ces
hypothèses peuvent influencer les résultats de l’étude et doivent être clairement définies pour
assurer la transparence.
Règles d’Affectation
Décrivez les règles utilisées pour attribuer les émissions et les captations de GES aux différentes
étapes du cycle de vie du produit. Cela inclut la répartition des impacts entre différents
processus ou produits.
Émissions et Captations Spécifiques de GES
Identifiez et décrivez les émissions et captations spécifiques de GES, telles que celles liées à
l'utilisation des terres (LUC). Ces aspects peuvent avoir un impact significatif sur le résultat de
l’étude et doivent être inclus si pertinent.
Méthodes pour Catégories de Produits Spécifiques
Déterminez les méthodes appropriées pour traiter les questions spécifiques liées à des
catégories particulières de produits. Cela peut inclure des méthodologies adaptées à des types
de produits ou des processus spécifiques.
Rapport d’Étude d’ECP
Préparez un rapport détaillé sur l’étude d’ECP, qui devrait inclure une présentation des résultats,
une discussion sur les méthodologies utilisées, et une analyse des conclusions.
Type de Revue Critique
Définissez si une revue critique de l’étude est nécessaire, et le type de revue à réaliser (interne,
externe, etc.). La revue critique permet de garantir l’exactitude et la crédibilité de l’étude.
Limites de l’Étude d’ECP
Identifiez les limites de l’étude, telles que les incertitudes liées aux données ou les restrictions
méthodologiques. Ces limites doivent être clairement mentionnées pour comprendre le contexte
des résultats obtenus.
En cas de comparaison entre différents produits ou systèmes, assurez-vous de respecter les
exigences spécifiques relatives à cette comparaison pour garantir une évaluation équitable et
précise.
Affectation
Déterminer comment les émissions de GES sont attribuées aux différents processus et produits.
L'affectation peut nécessiter des méthodes spécifiques pour répartir les impacts entre différents
produits ou processus.
Évaluation de l’effet du décalage dans le temps des émissions et des captations de GES
Analyser comment les variations temporelles dans les émissions et les captations de GES affectent
les résultats de l'ECP. Cela inclut l’évaluation des effets différés et des ajustements nécessaires
pour tenir compte des décalages temporels.
Lors de l'évaluation de l'impact du changement climatique dans une étude d’Évaluation du Cycle
de Vie (ECP), il est essentiel de quantifier l'impact potentiel des gaz à effet de serre (GES) émis et
captés par le système de produits. Cette évaluation repose sur le Potentiel de Réchauffement
Global (PRG) à 100 ans, tel que défini par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution
du climat (GIEC).
Calcul de l'Impact des GES
Pour chaque GES émis ou capté, l'impact sur le changement climatique est calculé en multipliant
la masse du GES par son PRG à 100 ans, dont l'unité est le « kg CO2e par kg d'émission ». Cette
approche intègre les rétroactions de carbone, conformément aux recommandations du GIEC.
Remarque : L'impact climatique total de l’ECP est obtenu en sommant les impacts calculés pour
chaque GES émis ou capté.
Il est donc nécessaire d'évaluer non seulement les impacts directs mais aussi les potentiels effets
secondaires et les changements dans les autres phases du cycle de vie. Les résultats de l’analyse
doivent inclure des considérations sur les déplacements possibles d’impact pour éviter des
évaluations biaisées qui pourraient sous-estimer les impacts réels sur le changement climatique.
En cas de révision des valeurs des PRG par le GIEC, les calculs de l’ECP doivent être ajustés en
utilisant les valeurs les plus récentes.
Dans cette partie on se concentre sur l'analyse des résultats de l'évaluation de l'ECP. Elle fournit
des lignes directrices pour interpréter les données, identifier les points critiques, et formuler des
recommandations. L'interprétation doit prendre en compte les objectifs de l'étude, les données
disponibles, et les implications pour la gestion environnementale du produit. Elle permet
également de communiquer les résultats aux parties prenantes de manière claire et efficace, en
soulignant les opportunités d'amélioration et les actions possibles pour réduire l'empreinte
carbone.
Les principes directeurs de la norme ISO 14067 assurent une évaluation transparente et
rigoureuse, incluant la complétude (prise en compte de toutes les sources d’émissions), la
cohérence (application uniforme des méthodes), et la transparence (documentation claire des
informations et hypothèses). Le processus itératif permet des ajustements continus à mesure
que de nouvelles données émergent, garantissant des résultats précis et fiables.
La méthodologie pour quantifier l’ECP repose sur des règles spécifiques à chaque catégorie de
produit (PCR), qui standardisent la collecte des données et l’analyse. L’étude d’ECP, définie
selon des objectifs clairs (comme réduire les émissions ou répondre aux attentes des
consommateurs), doit également être adaptée à un public cible. Les résultats peuvent être
utilisés à des fins de communication, de certification ou pour informer les parties prenantes.
Enfin, la définition du champ d'application de l’ECP est cruciale, spécifiant les phases du cycle
de vie couvertes, l'unité fonctionnelle choisie, ainsi que les frontières du système pour assurer
une évaluation complète et précise.
Astuce
L'empreinte carbone partielle d'une activité spécifique peut être déduite d'un bilan carbone
global en tenant compte des interactions entre les différents processus. Par exemple, dans le
cas d'une usine d'engrais, il est possible de calculer l'empreinte carbone partielle en subdivisant
les émissions totales de l'usine par le tonnage total d'engrais produit. Cela permet d'attribuer
une fraction des émissions globales à chaque tonne d'engrais, facilitant ainsi l'intégration de ces
données dans un bilan carbone plus large. Cependant, cette approche doit considérer les
interactions entre les processus en amont et en aval de la production, ainsi que les éventuelles
synergies ou compensations dans d'autres secteurs.
Mécanisme
d’ajustement carbone
aux frontières
Introduction :
Le Mécanisme d'Ajustement Carbone aux Frontières (MACF), aussi appelé Carbon Border
Adjustment Mechanism (CBAM) en anglais, est une politique clé de l'Union Européenne (UE) pour
soutenir ses ambitions climatiques, notamment l'objectif de neutralité carbone d'ici 2050. Le MACF
est une réponse directe aux risques de "fuite de carbone", un phénomène où les entreprises
délocalisent leur production hors de l'UE vers des pays aux régulations climatiques moins strictes
afin d'éviter les coûts liés aux politiques environnementales de l'UE, comme le Système d'Échange
de Quotas d'Émission (SEQE).
L'UE a introduit ce mécanisme pour protéger ses industries contre une concurrence déloyale
provenant de pays n'ayant pas de politiques similaires de tarification du carbone. En effet, avec des
règles strictes sur les émissions de gaz à effet de serre (GES), les entreprises européennes
subissent des coûts supplémentaires liés aux réductions d’émissions, aux énergies renouvelables,
et à d’autres efforts de décarbonation. Ces efforts augmentent le coût de production des biens au
sein de l'UE. Le MACF est conçu pour rétablir l'équilibre en appliquant un coût similaire aux
importations venant de pays où la tarification carbone n'est pas aussi rigoureuse. Ainsi, cela
encourage également les partenaires commerciaux de l'UE à améliorer leurs propres politiques
environnementales.
Le MACF repose sur le principe d'un ajustement financier à l'entrée des frontières de l'UE pour les
importations de produits à forte intensité carbone. Voici les principales étapes de fonctionnement :
1. Calcul des émissions de CO₂ des biens importés : Les importateurs devront calculer et
déclarer les émissions directes de gaz à effet de serre générées par la production des biens
qu'ils souhaitent importer. Cela s’applique initialement aux secteurs les plus intensifs en
carbone, tels que :
Le ciment
L'acier
Le fer
L'aluminium
Les engrais
L’électricité
L’hydrogène
2. Achat de certificats MACF : À partir de 2026, pour compenser les émissions déclarées, les
importateurs seront tenus d’acheter des certificats MACF. Ces certificats sont alignés sur
le prix du carbone tel qu’établi dans le marché carbone européen (SEQE), garantissant que
les importations supportent un coût carbone équivalent à celui payé par les entreprises
européennes.
3. Ajustements et déductions : Si un pays exportateur a déjà mis en place un mécanisme de
tarification du carbone équivalent ou supérieur à celui de l'UE, les importateurs pourraient
bénéficier d’une réduction ou d'une exemption des certificats MACF, afin d'éviter la double
taxation. Cela encourage les autres pays à adopter des politiques de tarification du carbone
pour rester compétitifs sur le marché européen.
4. Suivi et conformité : Le mécanisme impose aux importateurs de rendre des comptes sur
leurs déclarations d’émissions et de s'assurer que le nombre correct de certificats a été
acheté. Des contrôles rigoureux seront mis en place pour vérifier les déclarations et garantir
la conformité.
Impact du MACF
En somme, le MACF est un outil clé de l'UE pour garantir que ses efforts de réduction des émissions
ne soient pas compromis par la délocalisation de la production vers des pays moins réglementés et
pour encourager une transition globale vers une économie décarbonée.
Le Mécanisme d'Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) interagit directement avec le Système
d'Échange de Quotas d'Émission (ETS) de l'Union Européenne en servant de complément à ce
dernier. L'ETS impose aux entreprises européennes de payer pour leurs émissions de carbone à
travers un système de quotas d'émission, ce qui augmente leurs coûts. Cependant, les produits
importés de pays non soumis à des réglementations similaires ne subissent pas ces coûts, ce qui
crée un désavantage compétitif pour les entreprises européennes.
Le MACF vise à équilibrer cette situation en appliquant un prix carbone aux importations en
fonction des émissions associées à leur production. Ainsi, les importateurs devront acheter des
certificats d'émission pour couvrir les émissions des biens importés, ce qui garantit que les
produits étrangers soient soumis aux mêmes coûts environnementaux que ceux fabriqués dans
l'UE. Cette approche permet de prévenir la fuite de carbone et d'encourager les pays tiers à adopter
des pratiques de production plus écologiques.
Exemple : Prenons l'exemple d'un producteur d'acier en Europe et un autre hors de l'Union
Européenne, par exemple en Chine.
1. Producteur européen d'acier : 2. Producteur chinois d'acier :
Ce producteur est soumis au Système De son côté, le producteur chinois n'est pas
d'Échange de Quotas d'Émission (ETS) de soumis à une réglementation similaire dans son
l'UE, ce qui signifie qu'il doit acheter des pays. Il peut donc produire de l'acier à un coût
quotas pour couvrir les émissions de CO₂ inférieur car il ne paie pas de taxe carbone, ce
générées par son activité. Cela augmente les qui lui permet de vendre cet acier à des prix plus
coûts de production, car chaque tonne de compétitifs en Europe.
CO₂ émise doit être compensée par l'achat de
quotas sur le marché du carbone européen.
Sans le MACF, le producteur européen serait désavantagé sur le marché intérieur européen, car
son acier serait plus cher que celui importé de Chine, ce qui pourrait entraîner une délocalisation
de la production et une augmentation des émissions globales de CO₂ (fuite de carbone).
Avec le MACF, lorsqu’un importateur européen achète de l’acier produit en Chine, il doit payer un
ajustement carbone à la frontière. Cela signifie qu'il achète des certificats d'émission pour l’acier
importé, en fonction des émissions de CO₂ générées lors de sa production en Chine. Ainsi, le prix
de l'acier importé inclut désormais le coût du carbone, le rendant comparable à celui produit en
Europe. Cela encourage à la fois les entreprises européennes à maintenir leur production locale
et les entreprises étrangères à réduire leurs émissions pour rester compétitives.
Phases du MACF :
Le CBAM dans la période définitive est conçu pour refléter le coût d'émission dans le cadre de l'EU
ETS :
• Les opérateurs de l'UE paieront le prix du CO2 de leurs émissions et remettront des quotas
(EUA) dans le cadre de l'EU ETS ; et
• Les importateurs de biens CBAM dans l'UE remettront des certificats CBAM qui livrent
étroitement la situation de l'EU ETS, tant en termes de règles de MRV que de prix des
certificats.
Le CBAM est conçu conformément aux règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et à
d'autres obligations internationales de l'UE et s'applique de manière égale aux importations de tous
les pays en dehors de l'UE.
Dans cet exemple, le ciment est le bien CBAM importé. Il est crucial de comprendre comment ce
produit s'intègre dans les catégories de biens agréés sous le CBAM, en fonction des codes CN
(nomenclature combinée). Pour le ciment, le code CN pourrait être 2523 (ciment), et cela inclut
différentes variantes de ciment. Ces catégories sont importantes car elles définissent les règles de
surveillance et de déclaration des émissions.
Voici les principaux paramètres à demander à l'exploitant de l'installation, ici Tunisie Ciment, afin
de pouvoir établir un rapport CBAM complet :
o Tunisie Ciment doit fournir des informations sur les émissions directes de l'usine.
Deux méthodes peuvent être utilisées :
2. Émissions indirectes :
Tunisie Ciment doit déterminer les émissions sur une période de déclaration, qui est généralement
l'année civile européenne. Toutefois, si Tunisie Ciment utilise une autre période de déclaration, par
exemple une année fiscale différente, cela doit être clarifié. L'important est que la période couvre
au moins trois mois.
Tunisie Ciment doit transmettre les données sur les émissions incorporées dans les biens
exportés. Cela inclut les émissions spécifiques par tonne de ciment produit, ainsi que des
paramètres supplémentaires tels que la teneur en clinker, un constituant clé du ciment. Le clinker
est essentiel car il représente une grande partie des émissions associées à la production de
ciment.
Dans ce cadre, le MACF est appliqué à l'importateur, ici Ciment Italie. Cependant, Tunisie Ciment,
en tant que fournisseur, jouera un rôle crucial en aidant Ciment Italie à collecter les informations
nécessaires pour le rapport CBAM. Cela inclut la fourniture de données sur les émissions directes
et indirectes, ainsi que les autres paramètres requis pour assurer la conformité avec les
réglementations en vigueur.
Ces informations doivent ensuite être compilées et rapportées selon les formats fournis par la
Commission européenne, via un modèle commun pour simplifier la communication entre les
opérateurs et les importateurs.
L’entreprise Tunisie Ciment devra donc fournir à l’importateur européen des données détaillées sur
les émissions de CO2 directes et indirectes associées à chaque tonne de ciment exportée. Cela
permettra à l’importateur, Ciment Italie, de respecter ses obligations dans le cadre du CBAM, en
incluant des informations sur les émissions de la production de clinker, l’utilisation d’électricité et
la méthode de suivi des émissions utilisée par l’usine.
Rôle et responsabilité
Les rôles et responsabilités clés en matière de reporting pour les importations dans le cadre du
Mécanisme d'Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) sont organisés autour de plusieurs
acteurs, chacun ayant des responsabilités spécifiques.
Tout d'abord, le déclarant responsable du reporting des émissions incorporées dans les biens
importés est désigné comme "déclarant du reporting" ou "déclarant importateur". En principe, il
s'agit de l'importateur, mais différentes options existent en fonction de la personne qui dépose la
déclaration en douane. En tout état de cause, chaque tonne de biens importés est la responsabilité
d'un seul déclarant de reporting, afin d'éviter toute double comptabilisation ou omission.
Selon les règles établies par le Code des Douanes de l'Union (CDU), le déclarant du reporting peut
être :
L'importateur qui dépose une déclaration en douane pour la mise en libre pratique des marchandises en son propre nom.
Une personne habilitée à déposer une déclaration en douane conformément à l'article 182(1) du CDU.
Un représentant en douane indirect, notamment lorsque l'importateur n'est pas établi dans l'UE ou que ce représentant
accepte les obligations de reporting en vertu du MACF.
Le déclarant du reporting doit fournir un rapport MACF sur une base trimestrielle à la Commission
européenne via le registre de transition du MACF, au plus tard à la fin du mois suivant le trimestre.
Ce rapport couvre les informations sur les biens importés dans l'UE au cours du trimestre
concerné, y compris des détails sur les émissions incorporées, les prix du carbone payés dans le
pays d'origine, et toute autre donnée pertinente pour le respect du MACF.
Dans certains cas, les importateurs peuvent choisir d'utiliser un représentant en douane pour
déléguer leurs obligations de reporting. Cela est particulièrement courant lorsque l'importateur
n'est pas établi dans un État membre de l'UE. Lorsque l'importateur est établi dans l'UE mais
nomme un représentant en douane indirect, ce dernier peut également remplir les obligations de
reporting.
Un autre acteur clé est l'opérateur de l'installation située en dehors de l'UE. Cet opérateur est
responsable de la surveillance et du reporting des émissions générées par la production des biens
exportés vers l'UE. Les opérateurs doivent suivre les émissions directes de leur installation, mais
aussi les émissions incorporées dans les matériaux intermédiaires utilisés dans le processus de
production. Ils doivent fournir aux importateurs des données fiables sur ces émissions, ainsi que
sur les coûts liés au carbone payés dans leur pays d'origine, y compris les éventuelles allocations
gratuites, compensations ou subventions.
Le rôle des vérificateurs tiers sera renforcé lors de la période définitive du MACF, mais pendant la
période transitoire, leur intervention reste volontaire. Cela permet aux opérateurs de se préparer à
l'intégration de données vérifiées dans leurs rapports futurs.
Les autorités compétentes des États membres de l'UE jouent également un rôle crucial dans le
cadre du MACF. Elles sont chargées de vérifier que les déclarants soumettent des rapports
complets et exacts, et peuvent imposer des sanctions en cas de non-respect des règles de
reporting.
Les opérateurs d'installations doivent surveiller les émissions directes de leurs installations et les
attribuer correctement aux différents produits qu'ils fabriquent. Ils doivent également suivre les
émissions incorporées dans les précursuers utilisés dans la production, c'est-à-dire les matériaux
qui contiennent déjà des émissions incorporées (exemple : l'acier ou le ciment utilisé dans la
fabrication d'autres biens MACF).
Les émissions indirectes liées à la production d'électricité consommée lors de la fabrication des
biens soumis au MACF doivent aussi être surveillées et rapportées. Cela inclut les émissions des
précursuers utilisés si ces derniers comportent des émissions indirectes.
En outre, les opérateurs doivent informer les importateurs sur le prix du carbone dû dans leur
juridiction, incluant le prix par tonne de CO2e, ainsi que les allocations ou compensations reçues.
Cela est particulièrement important pour les biens complexes, où les coûts en carbone des
précursuers doivent également être pris en compte.
La quantité totale de chaque type de bien importé (en MWh pour l'électricité et en tonnes pour les autres biens).
Le prix du carbone payé dans le pays d’origine, y compris les rabais ou compensations éventuels.
Pour obtenir ces informations, il est recommandé aux importateurs d’instaurer des procédures de
suivi rigoureuses des biens importés, incluant par exemple l'utilisation de logiciels comptables
automatisés. Des clauses contractuelles peuvent également être intégrées aux contrats d’achat
avec les producteurs pour assurer la transmission des informations requises.
Périodes de reporting
Les opérateurs et les importateurs ont des périodes de reporting différentes. Pour les opérateurs,
la période par défaut est de 12 mois (année civile ou fiscale), mais des périodes plus courtes
peuvent être utilisées si l'installation participe à un système de surveillance, de déclaration et de
vérification (MRV) sur une base trimestrielle ou annuelle.
Les importateurs doivent, quant à eux, soumettre leurs rapports sur une base trimestrielle, avec
un premier rapport couvrant la période d'octobre à décembre 2023, et un dernier rapport attendu
pour le trimestre d'octobre à décembre 2025.
Fichier Excel CBAM Communication Tools : Dans la majorité des cas, votre client vous enverra un fichier Excel appelé CBAM Communication Tools à
remplir. Si vous recevez ce fichier, c'est un bon indicateur que vous êtes concerné par le MACF.
Vérification via le code d'export (NC) : Si vous n'avez pas reçu ce fichier, vous pouvez vérifier votre assujettissement en utilisant le code d'export
NC (Nomenclature Combinée) de votre produit. Ce code figure dans le texte de la réglementation MACF, qui liste les produits soumis au
mécanisme. Par exemple, les produits à base de fer, d'acier, d'aluminium sont couverts, tandis que des produits comme le textile ou
l’agroalimentaire ne le sont pas.
Attention aux confusions des clients : Certains clients peuvent penser qu'ils sont assujettis simplement parce qu'ils utilisent du fer ou de
l’aluminium dans la fabrication de leurs produits. Il est important de vérifier précisément le code NC du produit exporté avant de conclure.
Pas d'obligation de calculer le bilan ou l'empreinte carbone : Le MACF n'impose pas de calcul du bilan ou de l'empreinte carbone de votre
entreprise. Bien que ces démarches puissent être utiles, la seule obligation est de remplir le fichier CBAM Communication Tools pour les
produits concernés.
Le MACF n’est applicable que sur des produits spécifiques : Le mécanisme s'applique uniquement aux produits mentionnés dans la NC (par
exemple : fer, aluminium, ciment). Les autres produits comme le textile ou l'agroalimentaire ne sont pas concernés, sauf si une demande client
relative à la comptabilité carbone existe.
Exigences clients en dehors du MACF : Même si une entreprise n'est pas directement concernée par le MACF, certains clients peuvent exiger une
comptabilité carbone dans le cadre de leur politique interne de responsabilité environnementale (notamment dans les secteurs comme le textile).
Le MACF concerne l'importateur européen : Le MACF ne s'applique pas directement à l'exportateur, mais à l'importateur de l'Union
européenne. C'est lui qui est responsable de déclarer et de payer la taxe carbone sur les produits concernés.
Seuil de valeur de 150 euros : La taxation est applicable pour toute quantité de produit importé ayant une valeur supérieure
à 150 euros. Cela signifie que même une petite quantité d'un produit peut être soumise à la taxe si sa valeur dépasse ce seuil.
Produits d'occasion : Le MACF s'applique également aux produits d'occasion, à moins qu'il soit possible de justifier que ces
produits ont déjà été taxés. Dans la plupart des cas, l'absence de cette justification entraîne une taxation, même pour les
produits déjà utilisés.
Exemption pour les précurseurs provenant de l'UE : Si un produit ou un précurseur (matière première ou composant)
provient de l'Union européenne, la taxe ne s'applique pas car il a déjà été soumis à la taxe carbone européenne. Cela évite une
double taxation.
des émissions pour les produits mixtes : Si une usine produit à la fois des produits soumis au MACF et des produits non concernés,
il est nécessaire de procéder à une allocation des émissions. Cette allocation consiste à attribuer les émissions uniquement à la
partie de la production qui est soumise au MACF, afin d'éviter de surévaluer les émissions pour les produits non concernés.
Conclusion :
Le Mécanisme d'Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) est un outil essentiel mis en place par
l'Union européenne pour éviter la fuite de carbone et encourager la décarbonation des industries. Il
s'applique aux importateurs de l'UE sur une sélection de produits à forte intensité carbone, avec
une taxation basée sur les émissions liées à leur production. Bien que le MACF concerne
principalement l'importateur, les exportateurs doivent être conscients des exigences et des
justificatifs à fournir pour éviter des pénalités, notamment en cas de produits d'occasion ou de
produits ayant déjà été taxés dans l'UE.
Ce système est analysé dans sa globalité car il remplit souvent plusieurs fonctions, comme
répondre à différents besoins des utilisateurs ou assurer divers services au cours de sa durée de
vie. Par exemple, un appareil électroménager ne se limite pas à sa simple existence physique ; il
a une fonction de production de confort thermique (un climatiseur), de conservation des
aliments (un réfrigérateur), ou de nettoyage (un lave-linge), et son impact carbone dépend de la
manière dont ces fonctions sont assurées tout au long de son utilisation. Ainsi, l’étude d’ECP
doit prendre en compte l’ensemble des fonctions remplies par le produit, et comment ces
fonctions influencent les émissions de gaz à effet de serre à chaque étape du cycle de vie.
En analysant le système de produit, on obtient une vision plus complète des impacts
environnementaux, plutôt que de se limiter à un aspect ou une étape isolée. Cette approche
permet d’éviter les omissions ou les simplifications excessives, garantissant ainsi une évaluation
plus précise et plus cohérente de l’empreinte carbone.
Annexe 2
Unité Fonctionnelle ou Unité Déclarée
Déterminez l’unité fonctionnelle ou l’unité déclarée, qui est la base sur laquelle l’ECP est
calculé. L'unité fonctionnelle représente la quantité de produit pour laquelle les impacts sont
mesurés, comme un kilogramme de produit ou une unité de service.
L'unité fonctionnelle et l'unité déclarée sont deux concepts essentiels pour calculer l'Empreinte
Carbone Produit (ECP), mais ils diffèrent dans leur approche et leur utilisation.
L'unité fonctionnelle représente une mesure qui prend en compte l'usage ou le service fourni par
le produit sur l'ensemble de son cycle de vie. Elle est choisie pour refléter la fonction principale
du produit, en se basant sur la manière dont il est utilisé par l'utilisateur final. Par exemple, pour
un véhicule électrique, l'unité fonctionnelle pourrait être exprimée en kilogrammes équivalent
CO2 par kilomètre parcouru (kg CO2e/km), car l'objectif de ce produit est de transporter des
personnes ou des marchandises sur une distance donnée. Même dans la phase de fabrication
où le véhicule n'a pas encore parcouru de kilomètres, cette unité fonctionnelle reste pertinente,
car elle anticipe l'usage futur du produit.
En revanche, l'unité déclarée est utilisée lorsqu'il est difficile ou inapproprié de définir une unité
fonctionnelle liée à l'usage, souvent dans le cadre de comparaisons ou de communications
standardisées. Elle se réfère à une mesure spécifique d'une quantité physique du produit sans
considérer son usage, comme un kilogramme de matériau ou une unité de produit. Par exemple,
pour des matériaux de construction, l'unité déclarée pourrait être le kilogramme de béton, ce qui
est utile lorsque l’on souhaite comparer des matériaux entre eux sans se concentrer sur l'usage
final.
Ainsi, l'unité fonctionnelle est plus liée à l’usage réel du produit dans sa phase opérationnelle,
tandis que l'unité déclarée est utilisée dans des situations où l’usage est moins pertinent ou
difficile à quantifier.
Annexe 3
Frontières du Système
Définissez les frontières du système, incluant le champ géographique et les limites temporelles.
Cela inclut les processus, les phases de cycle de vie et les zones géographiques pertinentes pour
l’étude.
Les frontières du système définissent les limites dans lesquelles l'étude d'Empreinte Carbone
Produit (ECP) est menée. Cela inclut non seulement les phases du cycle de vie du produit, mais
aussi les processus associés et les zones géographiques concernées. Il est essentiel de définir
ces frontières avec précision pour assurer une cohérence et une transparence dans le calcul des
impacts environnementaux.
Il existe plusieurs approches pour définir ces frontières, en fonction des objectifs de l'étude.
L'approche du berceau au tombeau (cradle to grave) est la plus complète, car elle couvre
l'ensemble du cycle de vie d'un produit, depuis l'extraction des matières premières (le berceau),
jusqu'à la fin de vie du produit (le tombeau), incluant les phases de production, d'utilisation, et
d'élimination. Cette approche est souvent utilisée pour obtenir une vision complète des impacts
environnementaux du produit.
Une autre approche est celle du berceau à la porte (cradle to gate), qui se concentre uniquement
sur les phases jusqu'à la sortie de l'usine ou la livraison du produit fini au client. Elle est souvent
utilisée pour évaluer les impacts liés à la production et exclut les phases d'utilisation et de fin de
vie. Cela peut être pertinent pour des entreprises souhaitant mesurer leur impact jusqu'à la
phase de fabrication sans inclure l'utilisation du produit par le consommateur.
L'approche de la porte à la porte (gate to gate) se limite à un processus spécifique ou à une série
de processus dans une chaîne de production, sans inclure les étapes en amont (extraction des
matières premières) ou en aval (utilisation et fin de vie). Cela peut être utile pour comparer des
processus internes ou améliorer une étape spécifique de la production.
Le choix du champ de l'étude, c'est-à-dire la portée des processus et des phases incluses, doit
être guidé par les objectifs de l'ECP. Il est crucial d’aligner les frontières du système avec les
attentes des parties prenantes et les finalités de l’étude pour obtenir des résultats pertinents et
cohérents avec les besoins de l’évaluation. Les frontières géographiques doivent également être
définies, car les impacts environnementaux peuvent varier selon les régions en fonction des
sources d'énergie, des conditions climatiques, ou des réglementations locales.
Il est important de définir quels processus et étapes du cycle de vie sont inclus, en utilisant des
critères de coupure pour justifier l'exclusion de certains éléments. Les exclusions ne doivent pas
affecter les résultats de manière significative et doivent être clairement expliquées. Le seuil de
signification, qui détermine ce qui est suffisamment important pour être inclus, doit être
transparent et bien justifié pour garantir la fiabilité de l'étude.
Exigences Relatives aux Données et à la Qualité des Données
Dans une étude d'ECP (Empreinte Carbone des Produits), il est primordial de recueillir des
données spécifiques aux sites pour les processus contrôlés financièrement ou
opérationnellement par l’organisme responsable de l’étude. Ces données doivent être le plus
représentatives possible des processus étudiés. Par exemple, pour une usine de production de
ciment en Tunisie, il serait nécessaire de collecter des informations précises sur les émissions
directes de CO2 générées lors de la cuisson du clinker, ainsi que les quantités d'énergie utilisées
pour cette étape. Si l’entreprise possède plusieurs usines, les données peuvent provenir d’un
site spécifique ou être une moyenne des différents sites.
Pour les processus les plus importants qui ont un impact majeur sur le bilan carbone global,
c’est-à-dire ceux qui contribuent à au moins 80 % des émissions de GES, il est indispensable
d’utiliser des données détaillées et spécifiques. Par exemple, dans le cas d'une chaîne de
production de textiles, on s'attendrait à obtenir des données précises sur la consommation
énergétique des machines de tissage et de teinture, qui représentent souvent une part
importante des émissions globales.
Cependant, dans certains cas, il n’est pas toujours possible de collecter des données précises
pour chaque site ou chaque processus. Lorsque les données spécifiques au site ne sont pas
disponibles, l’organisme doit alors utiliser des données primaires qui ont été vérifiées par une
tierce partie. Par exemple, pour une entreprise qui achète des composants électroniques
fabriqués à l’étranger, il pourrait être difficile d'obtenir des données exactes sur la
consommation d’énergie des usines de ses fournisseurs. Dans ce cas, des moyennes régionales
ou sectorielles validées pourraient être utilisées.
Les données secondaires, telles que des facteurs d'émission standardisés (comme ceux
disponibles dans des bases de données internationales), ne sont utilisées que pour les intrants
ou extrants de processus qui sont moins significatifs en termes d'impact sur l'empreinte carbone
globale, ou lorsque la collecte de données primaires est vraiment impossible. Par exemple, une
entreprise de production d'emballages pourrait utiliser des facteurs d’émission génériques pour
estimer l'impact des matières premières comme le carton, si elle n'a pas accès aux données
spécifiques des producteurs de papier.
La qualité des données est un élément central de l’étude. Pour s'assurer que les données sont de
bonne qualité, elles doivent être évaluées selon plusieurs critères : leur actualité (par exemple,
des données trop anciennes pourraient ne pas refléter les pratiques actuelles), leur
représentativité géographique (les données doivent correspondre aux conditions locales,
comme la consommation d’énergie d'une usine située en Europe par rapport à une usine en
Asie), leur correspondance technologique (les technologies utilisées pour la production doivent
être prises en compte), ainsi que leur fiabilité et cohérence. Par exemple, si une entreprise utilise
des données d'émission de CO2 pour une chaudière au gaz naturel, celles-ci doivent
correspondre à la technologie réellement utilisée et non à une version générique.
Enfin, toutes ces données doivent être bien documentées, archivées et gérées de manière
rigoureuse pour garantir la traçabilité des résultats et permettre à d'autres experts de vérifier ou
de reproduire l'étude si nécessaire. Un effort d'amélioration continue dans la gestion et la qualité
des données est aussi recommandé, pour réduire les biais et les incertitudes dans les futures
études. Par exemple, une entreprise qui réalise des études ECP de manière régulière pourrait
s'assurer d’installer des capteurs pour mesurer en temps réel ses émissions de GES, ce qui
permettrait d'améliorer la précision de ses résultats au fil du temps.
Le choix de la période de collecte doit aussi tenir compte des variations à la fois au sein d’une
même année (variabilité intra-annuelle) et d'une année à l'autre (variabilité inter-annuelle). Par
exemple, une entreprise agricole pourrait mesurer les émissions de GES sur plusieurs cycles de
production si des changements significatifs dans les méthodes de culture surviennent entre les
saisons ou les années. Il est recommandé de choisir une période qui reflète bien les tendances à
long terme pour obtenir des résultats plus fiables.
Dans certains cas, des processus spécifiques au cycle de vie d’un produit sont liés à des
périodes de temps particulières. Prenons l’exemple de la production de fruits et légumes. Si l’on
évalue les émissions de GES pour la culture des tomates, il est essentiel de prendre en compte la
période de culture proprement dite, mais aussi les émissions indirectes liées aux intrants
comme les semences ou les systèmes d’irrigation, même si ces activités se déroulent avant ou
après la saison de production.
Si un processus en dehors de la période principale (par exemple, les activités en pépinière à Béjà
avant la plantation des tomates à Nabeul) fait partie du système de production, il doit être inclus
dans le calcul global des émissions et associé à l'unité fonctionnelle ou déclarée.
Lorsque l'étape d'utilisation fait partie de l'étude d'ECP (Empreinte Carbone Produit), il est
essentiel d'inclure toutes les émissions et captations de gaz à effet de serre (GES) liées à cette
phase. Cela signifie qu'il faut analyser comment le produit est utilisé, par qui, et dans quelles
conditions. Par exemple, pour un réfrigérateur, l’étude doit prendre en compte les émissions
liées à l’électricité utilisée pendant sa durée de vie, les conditions d'utilisation prévues (comme
la température ambiante moyenne), ainsi que la durée de vie du produit.
L’étape d'utilisation commence lorsque l'utilisateur final prend possession du produit fini et se
termine lorsque le produit est prêt à être éliminé, réutilisé, recyclé ou valorisé. Par exemple, pour
une voiture, cela inclut toutes les émissions générées par le carburant utilisé pendant la durée
de vie de la voiture jusqu'à ce qu'elle soit envoyée au recyclage ou à la casse.
Le profil d'utilisation doit refléter les modes d'utilisation réels, basés sur des études de marché
et des données techniques. Si ces données ne sont pas disponibles, il est possible d'utiliser des
publications techniques pour estimer le comportement d'utilisation typique. Par exemple, pour
des ampoules LED, il serait pertinent d’utiliser des données sur la consommation moyenne
d'énergie en fonction du nombre d'heures d’utilisation quotidienne.
L'étape de fin de vie commence lorsque le produit est prêt à être éliminé ou recyclé, et toutes les
émissions et captations de GES associées à cette phase doivent être incluses dans l'étude
d’ECP. Pour une bouteille en plastique, cela inclurait le transport vers les centres de tri, le
processus de recyclage ou, en cas de mise en décharge, les émissions de méthane générées par
la décomposition.
Les règles d'affectation servent à répartir les émissions et les captations de gaz à effet de serre
(GES) entre les différentes étapes du cycle de vie d'un produit. Ces règles permettent de traiter
les processus qui sont partagés avec d'autres produits ou systèmes. Elles sont essentielles pour
garantir une répartition juste et représentative des impacts environnementaux.
Dans un premier temps, il est préférable d'éviter l'affectation, notamment dans les cas où
plusieurs produits ou processus partagent des intrants ou des extrants. Pour cela, il existe deux
approches possibles :
Si l'évitement de l'affectation n'est pas possible, la deuxième étape consiste à attribuer les
émissions et les captations de GES en fonction des relations physiques entre les intrants et les
extrants du système. Cela signifie que les impacts doivent être répartis proportionnellement à
l'utilisation des ressources ou à la quantité de matière dans chaque produit. Par exemple, dans
une usine de production de papier, les intrants (énergie, eau, etc.) peuvent être répartis entre
différents types de papiers produits, selon la quantité de matière première utilisée pour chaque
type de papier.
Dans certains cas, une relation physique ne peut pas être établie, et il est nécessaire de se baser
sur d'autres critères pour l'affectation, tels que la valeur économique des produits. Par exemple,
si une raffinerie produit du diesel et du gaz butane en parallèle, l'affectation des impacts
environnementaux peut être effectuée en fonction de la valeur monétaire de chaque produit.
Cela permet de refléter l'importance relative de chaque produit dans le processus.
Dans les cas où le processus génère à la fois des coproduits (produits valorisables) et des
déchets, il est important de ne pas affecter les intrants et les extrants aux déchets. Par exemple,
dans une usine de production alimentaire, les résidus non valorisés issus de la production de jus
de fruits (comme les pelures) ne doivent pas recevoir une part des intrants (énergie, eau, etc.),
car ils ne contribuent pas à la fonction du produit final.
Il est essentiel que les règles d'affectation soient appliquées de manière cohérente pour des
intrants et extrants similaires. Par exemple, si l'affectation est basée sur la quantité de matière
première utilisée dans un processus donné, cette même règle doit s'appliquer pour tous les
processus impliquant cette matière dans le cycle de vie du produit. Cela garantit une
transparence et une cohérence dans l'analyse.
Pour une analyse précise des émissions et captations de gaz à effet de serre (GES), il est
important de traiter toutes les émissions et captations comme si elles se produisaient au début
de la période d'évaluation. Ainsi, l'impact des émissions et captations différées ne doit pas être
pris en compte directement dans l'analyse.
Cependant, si les émissions et les captations de GES associées à l'étape d'utilisation ou à l'étape
de fin de vie continuent au-delà de 10 ans après la mise en service du produit, il est nécessaire
de spécifier ces périodes dans l'inventaire du cycle de vie. Il faut indiquer clairement les
moments où ces émissions et captations se produisent par rapport à l'année de production du
produit.
Lorsque l'effet du décalage temporel des émissions et captations de GES est calculé, il doit être
enregistré séparément dans le rapport d'étude d'Analyse du Cycle de Vie (ACV). La méthode
utilisée pour ce calcul doit être détaillée et justifiée dans le rapport.
Remarque : La période de 10 ans a été choisie pour simplifier la collecte des données et éviter
une surcharge administrative liée aux périodes plus courtes, tout en assurant la comparabilité
des rapports. Cette période pourrait être révisée à l'avenir en fonction des nouvelles expériences
ou avancées scientifiques.
Rapport :
1 Introduction
Présentation du contexte de l’étude, des objectifs et de la portée de l’ECP.
Description du produit ou service évalué, y compris ses fonctions et ses caractéristiques
principales.
2 Méthodologie
Définition de l'unité fonctionnelle ou déclarée et du flux de référence pour l’analyse.
Description des limites du système, y compris les types d'intrants et extrants, ainsi que les
critères de décision pour les processus élémentaires.
Liste et description des processus élémentaires significatifs pour l’étude.
3 Collecte des Données
Informations sur les sources de données utilisées et leur pertinence.
Évaluation de la qualité des données collectées, y compris les méthodes utilisées pour assurer
leur fiabilité.
3 Analyse des Gaz à Effet de Serre (GES)
Liste des gaz à effet de serre inclus dans l’analyse.
Description des facteurs de caractérisation utilisés pour l’évaluation des impacts
environnementaux.
4 Critères et Coupures
Définition des critères de coupure et des éléments exclus de l’analyse.
Explication des règles d’affectation utilisées pour répartir les impacts entre différents produits ou
processus.
5 Moments d’Émission et de Captation des GES
Détail des moments où les émissions et captations de GES se produisent, avec une indication de
la période considérée.
6 Analyse et Interprétation des Résultats
Présentation des résultats de l’analyse, y compris les impacts environnementaux mesurés.
Résultats des analyses de sensibilité et des évaluations d’incertitude.
Informations sur le calcul du facteur d’émission du réseau électrique et les spécificités liées au
réseau concerné.
7 Conclusion
Synthèse des principales conclusions de l’étude.
Identification des limites et des incertitudes liées à l’étude.
8 Références et Annexes
Liste des Programmes de Calcul de Référence (PCR) et autres exigences utilisées.
Informations complémentaires, y compris les données brutes, les calculs détaillés et les
justifications des choix méthodologiques.
9 Suivi de Performance
Description des méthodes prévues pour le suivi de la performance environnementale du produit
ou service.