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Script LOG460

La présentation aborde la cybersécurité dans le contexte de l'Industrie 4.0, mettant en lumière la convergence entre les systèmes IT et OT, ainsi que les vulnérabilités logicielles qui en résultent. Elle souligne l'importance de la disponibilité et de l'intégrité dans les environnements industriels, ainsi que les impacts dévastateurs des cyberattaques, illustrés par des cas comme Stuxnet et Oldsmar. Enfin, elle propose des stratégies de protection, telles que la segmentation réseau et le Secure Software Development Life Cycle, pour renforcer la sécurité des systèmes industriels.

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La présentation aborde la cybersécurité dans le contexte de l'Industrie 4.0, mettant en lumière la convergence entre les systèmes IT et OT, ainsi que les vulnérabilités logicielles qui en résultent. Elle souligne l'importance de la disponibilité et de l'intégrité dans les environnements industriels, ainsi que les impacts dévastateurs des cyberattaques, illustrés par des cas comme Stuxnet et Oldsmar. Enfin, elle propose des stratégies de protection, telles que la segmentation réseau et le Secure Software Development Life Cycle, pour renforcer la sécurité des systèmes industriels.

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LOG460 — Sécurité des logiciels

Sujet : Cybersécurité de l'Industrie 4.0

Équipe 9

PRÉSENTATEUR 1 : Définitions et fondations


(Durée visée : ~3 min 30)

Introduction

Bonjour à toutes et à tous. Aujourd'hui, nous allons vous présenter la cybersécurité dans le
contexte de l'Industrie 4.0. C'est un sujet complexe qui relie deux mondes qui ont longtemps
évolué en parallèle : le monde de l'IT, qui est l'informatique traditionnelle de bureau, et le
monde de l'OT, ou technologies opérationnelles, qui regroupe l'ensemble des logiciels
embarqués et des matériels qui contrôlent physiquement les machines et les usines. Notre
présentation va se diviser en quatre segments : les fondations, les vulnérabilités logicielles,
les attaques réelles et enfin, les stratégies de protection applicative.

Qu'est-ce que l'Industrie 4.0 ?

Pour bien comprendre les enjeux de sécurité logicielle, il faut définir l'Industrie 4.0, qui est
souvent appelée la "quatrième révolution industrielle". Contrairement à la troisième
révolution qui se contentait d'automatiser des tâches isolées, l'Industrie 4.0 est la révolution
des systèmes cyber-physiques, qui consistent à connecter des machines et des capteurs à
des systèmes informatiques pour qu'ils communiquent en temps réel et prennent des
décisions de manière autonome. Concrètement, cela repose sur l'IIoT, l'Internet des objets
industriel, qui est un réseau de capteurs intelligents collectant des données massives sur la
chaîne de production, pour ensuite les analyser via des logiciels d'intelligence artificielle ou
de cloud computing.

L'architecture technique : le modèle de Purdue

Pour analyser où se situent les risques logiciels, on s'appuie sur le modèle de Purdue, qui
est un cadre de référence historique organisant les systèmes en couches hiérarchiques.

●​ Au niveau 0, on a les capteurs et les actionneurs, qui sont les composants


physiques qui mesurent la pression ou permettent de démarrer un moteur.
●​ Au niveau 1, on trouve les PLC, ou automates programmables, qui sont de petits
ordinateurs industriels qui executent des boucles de code (souvent en C par
exemple) pour contrôler les machines.
●​ Au-dessus, aux niveaux 2 et 3, se trouvent les systèmes SCADA, qui sont de gros
logiciels de supervision qui permetent aux opérateurs de visualiser l'usine via des
interfaces graphiques et des tableaux de bord.​
Historiquement, ces couches étaient isolées par un "air-gap", enfait c’est une
absence totale de connexion physique et logicielle avec le réseau de l'entreprise ou
Internet. L'Industrie 4.0 a délibérément brisé cette barrière en connectant ces
automates directement au cloud pour des raisons d'efficacité, ce qui ouvre des voies
d'attaque inédites.
Priorités et Enjeux (Le modèle AIC)

Il faut absolument comprendre qu'en OT, la priorité en matière de sécurité est inversée par
rapport à l'IT classique. En informatique traditionnelle, on utilise le triangle CIA et on
privilégie d'abord la Confidentialité, qui est la garantie que les données sensibles ne sont
accessibles qu’aux personnes autorisées, afin d'éviter les fuites d'informations. En revanche,
en milieu industriel, on utilise plutôt le modèle AIC : on ne privilégie pas la confidentialité,
mais la Disponibilité en premier lieu, qui est la capacité du système à faire tourner ses
logiciels sans aucune interruption, et l'Intégrité, qui est la certitude que les commandes
logicielles envoyées aux machines n'ont pas été altérées. Une faille logicielle ici menace la
sécurité physique, qui vise à protéger la vie humaine et l'environnement. Selon le rapport
IBM X-Force de 2026, le secteur manufacturier est le plus ciblé au monde, car un arrêt de
production coûte des millions, ce qui en fait une cible idéale pour le ransomware, qui est ce
logiciel malveillant prenant les données et les systèmes en otage.

[TRANSITION] Maintenant que ces bases de l'usine connectée sont posées, mon collègue
va vous expliquer les vulnérabilités logicielles spécifiques à ces environnements.

PRÉSENTATEUR 2 : Les vulnérabilités logicielles de l'Industrie 4.0


(Durée visée : ~3 min 30)

Convergence IT/OT et failles protocolaires

Comme nous l'avons vu, la convergence IT/OT a supprimé l'isolation physique. D'un point
de vue logiciel, ca expose directement des protocoles de communication hérités du passé,
comme Modbus TCP, qui est le standard de communication industrielle créé à l'origine en
1979. Mais le grand problème de ces protocoles, c'est qu'ils intègrent à la base aucun
chiffrement ni mécanisme d'authentification. Ca signifie que les paquets de données
transitent en texte clair, qui est un format lisible par n'importe quel espion sur le réseau. De
plus, n'importe quel automate qui reçoit une commande logicielle l'exécute immédiatement
sans jamais vérifier la signature numérique de l'expéditeur.

Le défi des systèmes Legacy (Dette technique)

Un autre enjeu logiciel majeur est celui des systèmes "Legacy", qui sont des équipements
et des programmes anciens toujours en fonction. Dans une usine, il est fréquent de trouver
des logiciels SCADA qui tournent sur des versions de Windows obsolètes comme XP ou
Windows 7. En IT, on applique un patch de sécurité dès sa sortie. Mais En OT, on ne peut
pas simplement mettre à jour le système d'exploitation, car ca nécessiterait un arrêt de la
production et une revalidation logicielle complète, qui est un processus rigoureux et très
coûteux. En conséquence des failles logicielles gravissimes restent exploitables pendant
des années.

Vulnérabilités de l'IIoT et mauvais codage

Avec l'essor de l'IIoT, nous voyons apparaître des milliers de capteurs dont les firmwares,
qui sont les micro-logiciels internes intégrés aux appareils, sont développés à la va-vite.
Les fabricants ne respectent souvent pas les principes de "Secure Coding". On y trouve des
vulnérabilités classiques comme les Buffer Overflows, qui pour rappel consistent à faire
déborder la mémoire d'un programme pour y injecter du code malveillant, ou encore des
identifiants "hardcodés", qui consistent à inscrire un mot de passe administrateur
directement dans le code source de l'appareil. L'utilisateur final ne peut donc pas modifier ce
mot de passe, offrant une porte d'entrée permanente aux pirates.

La Supply Chain logicielle et les dépendances

Enfine il st crucial de parler de la "Supply Chain" logicielle, qui est l'ensemble des
bibliothèques et des composants open-source utilisés par les développeurs pour construire
les logiciels industriels. Un logiciel SCADA moderne n'est pas codé de zéro ; il utilise des
milliers de dépendances externes. Si l'un de ces petits composants tiers est compromis,
c'est toute l'application de l'usine qui devient vulnérable. Entre 2024 et 2025, plus de 2 400
vulnérabilités spécifiques aux logiciels industriels ont été divulguées publiquement, prouvant
que le code de l'Industrie 4.0 est particulièrement fragile.

[TRANSITION] Ces vulnérabilités applicatives et architecturales ne restent pas théoriques.


Elles sont activement exploitées et c’est ce qu’on va voir dans la prcohaine partie.

PRÉSENTATEUR 3 : Attaques réelles et impacts


(Durée visée : ~3 min 30)

Évoquons maintenant quelques études de cas d’attaques réelles et leurs impacts

Stuxnet : l'arme logicielle fondatrice

L'attaque la plus célèbre pour comprendre la fragilité logicielle de l'OT reste Stuxnet,
découverte en 2010. C'est le premier malware au monde qui a été codé spécifiquement
pour causer des dommages physiques, en l'occurrence à des centrifugeuses nucléaires. Du
point de vue de l'ingénierie logicielle, Stuxnet était un chef-d'œuvre malveillant : il exploitait
d'abord quatre vulnérabilités "zero-day" sur Windows, qui sont des failles logicielles
inconnues des créateurs du système et pour lesquelles aucun correctif n'existe. Ensuite, le
programme modifiait directement le code source exécuté par les automates Siemens. Le
plus terrifiant c’était son composant "Rootkit", qui est un type de logiciel malveillant conçu
pour dissimuler son existence : il falsifiait les données envoyées aux écrans de supervision
pour que les opérateurs voient des graphiques normaux, alors qu'en réalité, les machines
étaient forcées de tourner à des vitesses destructrices.

Oldsmar : la défaillance des accès distants

Un autre cas, a eu lieu en février 2021, avec l'attaque de l'usine de traitement d'eau
d'Oldsmar qui a mis en lumière les dangers des logiciels d'accès à distance. Un pirate a pris
le contrôle de l'usine via TeamViewer, qui est un logiciel tout à fait légitime qui permet de
piloter un ordinateur à distance, mais qui avait été laissé actif avec des mots de passe
partagés entre les employés et sans authentification multifacteur. Le pirate a manipulé
l'interface logicielle SCADA pour multiplier par 100 le taux de soude caustique dans l'eau
potable de la ville. La soude caustiqueest un produit chimique extrêmement puissant et
corrosif, ce qui aurait provoqué des empoisonnements massifs si un opérateur n'avait pas
vu sa souris bouger toute seule sur son écran.

Triton et l'ère des Ransomwares ciblés


Enfin, il faut aussi mentionner l'attaque Triton en 2017. C’est un malware qui a été
programmé pour désactiver spécifiquement les "Safety Instrumented Systems" (SIS), qui
sont les derniers logiciels de sécurité censés arrêter l'usine en cas de catastrophe.

Plus récemment, en 2024 et 2025, le secteur fait face à une épidémie de ransomwares. Les
gangs comme RansomHub ne se contentent plus de bloquer les ordinateurs de bureau ;
maintenant ils utilisent des logiciels de mouvement latéral, qui consistent à rebondir d'une
machine à l'autre dans le réseau, pour atteindre et paralyser les serveurs de production.
Chez l’entreprise Unimicron par exemple, les pirates ont exfiltré des bases de données SQL
complètes, qui sont les systèmes de gestion de bases de données contenant les plans de
conception secrets de l'entreprise.

Impacts globaux

Toute ces cyberattaques ont des conséquences désastreuses : un impact financier massif
avec des millions de dollars de pertes par jour d'arrêt, un risque direct pour la sécurité
physique des employés de l'usine, et un vol massif de propriété intellectuelle.

[TRANSITION] Face à des logiciels malveillants aussi sophistiqués, les approches


traditionnelles ne suffisent plus. Comment l'ingénierie logicielle peut-elle sécuriser ces
usines ? C'est ce que nous allons voir dans la dernière partie.

PRÉSENTATEUR 4 : Protections logicielles et Conclusion


(Durée visée : ~3 min 30)

Segmentation réseau et Deep Packet Inspection

La première ligne de défense technique est la segmentation du réseau via la création d'une
DMZ industrielle, c’est une zone réseau intermédiaire hautement contrôlée qui isole le
réseau bureautique du réseau de l'usine. Mais au-delà des pare-feu classiques, on utilise
aujourd'hui des pare-feu applicatifs dotés de DPI (des Deep Packet Inspection). C'est une
technologie qui consiste à inspecter le contenu même des paquets de données pour
comprendre les commandes industrielles. Par exemple, le pare-feu peut autoriser un logiciel
à lire les données d'une machine, mais bloquera automatiquement toute tentative logicielle
d'écrire ou de modifier la configuration de cette machine.

Le SSDLC : Sécurité dès la conception

Pour nous, en tant que futurs ingénieurs logiciels, le concept central est le SSDLC, ou
"Secure Software Development Life Cycle". C'est une méthodologie stricte qui consiste à
intégrer les tests de sécurité à chaque étape de la création d'un logiciel industriel. ​
Ca implique plusieurs techniques :

●​ Le Threat Modeling, qui est l'analyse anticipée des menaces avant même d'écrire la
première ligne de code.
●​ Les analyses SAST, qui sont des outils qui scannent automatiquement le code
source statique pour y trouver des vulnérabilités avant la compilation.
●​ Et le Fuzzing, qui est une technique de test dynamique qui consiste à envoyer
énormement de données aléatoires ou invalides au logiciel de l'automate pour voir
s'il plante, afin de réveler des buffer overflows potentiels.
La gestion des dépendances : le SBOM

Face aux vulnérabilités de la "Supply Chain" qu’on a vu avant, la nouvelle norme industrielle
est d'exiger un SBOM, ou "Software Bill of Materials". C'est un document qui fait l'inventaire
exhaustif de tous les composants open-source, de toutes les bibliothèques et de tous les
modules utilisés dans le code d'un logiciel industriel. Comme ca, si une nouvelle faille
critique est découverte dans le monde, l'usine sait instantanément si ses logiciels sont
affectés et si elle doit appliquer un correctif.

Intelligence Artificielle et conformité

Enfin, nous nous appuyons sur des normes internationales comme l'IEC 62443 pour
structurer ces défenses. Et pour surveiller l'usine en temps réel, les logiciels de
cybersécurité intègrent maintenant l'intelligence artificielle pour la détection d'anomalies
comportementales, ca permet de déclencher une alerte dès qu'un programme interne se
met à agir d'une manière qui dévie de sa routine habituelle.

Conclusion

Pour conclure, la transformation vers l'Industrie 4.0 est vitale pour la compétitivité, mais elle
repose sur des fondations logicielles qui sont de nature vulnérables. La cybersécurité ne
peut plus être un simple pare-feu rajouté à la fin d'un projet ; elle doit être le cœur de
l'ingénierie logicielle. C'est le principe de "Security by Design". L'usine de demain ne sera
intelligente que si le code qui la fait tourner est intrinsèquement résilient.

Merci de votre attention. Nous sommes maintenant prêts à répondre à vos questions.

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