Cercueil Roulant
Abri de fer
Voyageur de chaire
En un bruit
Au voyageur de faire chaire
Avec l’abri.
Quel bonheur de se savoir partir !
Partir pour voguer entre frontières,
Sans s’établir définitivement.
Depuis le hublot,
Mère nature présente son attrait
Depuis le hublot,
Extase illumine des yeux en découverte
De la puissance montagnarde d’un pays
Qui se revendique continent.
Quel malheur de se savoir partir !
Partir pour un non-retour,
A bord d’un cercueil roulant
Dont le tintement du klaxon crie au drame,
Dont le squelette de fer pleure la rouille,
Dont le regard des phares paraît borgne
Dont le claquement des entrailles déplore la visite manquée.
A ces connaissances d’une route,
Au sourire désormais mêlé à celui de la Joconde.
Dans le tohu-bohu des ultimes louanges scandées
Pour une salvation in extremis, il fallut dire
Adieu,
A ce tout-petit au rire baveux,
A cette none au regard plat,
A ce bourgeois au calme facile
A cette dame au charme allumeur
A ces garçonnets à la libido fragile,
A ce jeune influenceur au discours de buzz
A ce bon chauffeur qui détient à présent
Les clés de la fin...
Abri de fer,
Voyageur de chaire.
En un bruit,
Au voyageur de faire chaire
Avec l’abri.