Essais pour Béton et Sols
Ces notes couvrent plusieurs normes essentielles pour les essais de béton frais, béton durci
et sols, incluant l'essai d'affaissement, la détermination de la teneur en air, la résistance à la
flexion, et les essais Proctor et CBR. Elles détaillent les principes, l'appareillage, les modes
opératoires et l'expression des résultats pour chaque méthode, tout en soulignant les
précautions et les conditions d'application.
🧪 Essai d'Affaissement du Béton Frais (NF EN 12350-2)
L'essai d'affaissement est une méthode cruciale pour déterminer la consistance du béton
frais, que ce soit en laboratoire ou sur chantier. Il permet d'évaluer la maniabilité du béton
avant sa mise en œuvre.
🎯 Domaine d'Application et Limites
Cet essai est pertinent pour des affaissements allant de 10 mm à 200 mm. Au-delà de ces
limites, d'autres méthodes de consistance sont recommandées.
Il n'est pas adapté si :
L'affaissement change significativement dans la minute suivant le démoulage.
La dimension maximale du plus gros granulat dépasse 40 mm.
💡 Principe de l'Essai
Le béton frais est compacté dans un moule en forme de tronc de cône. Une fois le cône
retiré verticalement, l'affaissement du béton est mesuré, fournissant une indication de sa
consistance.
Appareillage Requis
Pour réaliser cet essai, l'équipement suivant est nécessaire :
Moule : Tronc de cône en métal lisse, non attaqué par la pâte de ciment.
Diamètre base : 200 ± 2 mm
Diamètre haut : 100 ± 2 mm
Hauteur : 300 ± 2 mm
Épaisseur minimale : 1,5 mm
Doté de poignées et de pattes de fixation pour stabilité.
Tige de piquage : Acier, section circulaire, droite.
Diamètre : 16 ± 1 mm
Longueur : 600 ± 5 mm
Extrémités arrondies.
Entonnoir (facultatif) : Pour faciliter le remplissage.
Règle : Graduée de 0 mm à 300 mm, avec graduations de 5 mm.
Surface ou plateau de base : Rigide, plat, non absorbant.
Récipient de réhomogénéisation : Plateau rigide et non absorbant pour mélanger le béton.
Pelle carrée : Pour le réhomogénéisation.
Chiffon humide.
Main-écope : Largeur ~100 mm.
Minuterie ou horloge : Précision à 1 s près.
📝 Mode Opératoire Détaillé
1. Préparation de l'échantillon : L'échantillon de béton doit être conforme à l'EN 12350-
1 et réhomogénéisé avec le récipient et la pelle carrée.
2. Remplissage du moule :
Humidifier le moule et le plateau de base.
3. Placer le moule sur une surface horizontale et le maintenir fermement.
4. Remplir le moule en trois couches d'épaisseur approximativement égale (après
serrage).
5. Chaque couche est piquée 25 fois avec la tige de piquage, en répartissant
uniformément les coups.
6. Pour la couche inférieure, incliner légèrement la tige et piquer en spirale vers le
centre.
7. Pour les couches supérieures, la tige doit pénétrer légèrement dans la couche
précédente.
8. Maintenir un excès de béton au-dessus du moule lors du piquage de la dernière
couche.
9. Araser l'excès de béton avec la tige de piquage par un mouvement de sciage et de
roulage.
10. Enlever le béton débordant sur le plateau de base.
11. Démoulage : Soulever le moule verticalement et avec précaution en 5 à 10 secondes,
sans mouvement latéral ou de torsion.
12. Mesure de l'affaissement : Immédiatement après le démoulage, mesurer la
différence (h) entre la hauteur du moule (300 mm) et le point le plus haut de
l'éprouvette affaissée.
Note : La consistance du béton change avec le temps. Les essais sur différents échantillons
doivent être réalisés à un intervalle constant après le gâchage pour des résultats
comparables.
📈 Résultats et Rapport d'Essai
L'essai est valable si l'affaissement est normal, intact et symétrique. Si l'éprouvette se cisaille
(voir Figure 1 b)), l'essai doit être répété. Si deux essais consécutifs montrent un cisaillement,
le béton n'a pas la plasticité ou la cohésion requise.
Figure 1 — Formes d'affaissements (a) Affaissement réel, b) Affaissement avec cisaillement)
Figure 2 — Mesure de l'affaissement
L'affaissement réel h est enregistré à 10 mm près.
Le rapport d'essai doit inclure :
Identification de l'échantillon, lieu, date et heure de l'essai.
Type d'affaissement (réel/cisaillement).
Affaissement mesuré (à 10 mm près).
Tout écart par rapport à la méthode normalisée d'échantillonnage.
Déclaration de conformité à la norme.
Optionnel : Température de l'échantillon et heure de l'essai.
📊 Fidélité de l'Essai
Les valeurs de fidélité sont importantes pour évaluer la répétabilité et la reproductibilité des
résultats.
Répétabilité (r) : Différence entre deux résultats du même opérateur, même
appareillage, dans le plus court intervalle, ne dépasse r qu'une fois sur 20.
Reproductibilité (R) : Différence entre deux opérateurs, chacun avec son propre
appareillage, dans le plus court intervalle, ne diffère de R qu'une fois sur 20.
Détermination de la Teneur en Air du Béton Frais (NF EN 12350-7)
Cette norme spécifie deux méthodes pour déterminer la teneur en air du béton frais
compacté, particulièrement utile pour les bétons contenant de l'air entraîné.
🎯 Domaine d'Application
Ces méthodes s'appliquent aux bétons frais serrés, fabriqués avec des granulats courants ou
denses, dont la dimension maximale est de 63 mm.
Elles peuvent être inapplicables aux bétons de granulats légers ou très poreux en raison d'un
facteur de correction lié au granulat trop important.
💡 Principes des Méthodes
Les deux méthodes utilisent le principe de la loi de Boyle-Mariotte.
💧 Méthode de la Colonne d'Eau
Principe : L'eau est introduite au-dessus d'un échantillon de béton compacté dans
une enceinte hermétique, puis une pression d'air prédéterminée est appliquée. La
diminution du volume d'air dans le béton est mesurée par la baisse du niveau d'eau
dans une colonne graduée.
Mesure : La colonne d'eau est étalonnée en pourcentage d'air.
⚖️Méthode du Manomètre
Principe : Un volume d'air connu à une pression connue est mis en équilibre avec le
volume d'air inconnu de l'échantillon de béton dans une enceinte hermétique.
Mesure : Le cadran du manomètre indique directement le pourcentage d'air
correspondant à la pression résultante.
Appareillage Spécifique
💧 Méthode de la Colonne d'Eau (Exemple Figure 1)
Dispositif de mesure :
Récipient : Cylindrique, en acier ou métal dur, capacité nominale d'au moins 5 l, rapport
diamètre/hauteur entre 0,75 et 1,25. Doit être étanche et rigide.
Ensemble couvercle : Conique, rigide, avec rebord et tube vertical. Doit assurer
l'étanchéité sans emprisonner d'air.
Tube vertical : En verre gradué ou métal avec échelle graduée, indiquant 0 % à au
moins 8 % (idéalement 10 %), graduations par pas de 0,1 % (2 mm d'espacement
minimum).
Couvercle : Avec dispositif d'évacuation d'air, soupape anti-retour, robinet de purge
d'eau. Un manomètre (gradué par pas de 0,005 MPa) indique la pression appliquée.
Plaque de répartition ou tube répartiteur : Pour minimiser la perturbation du béton
lors de l'ajout d'eau.
Pompe à air.
Moyens de mise en place du béton : Aiguille vibrante, table vibrante, tige de piquage (Ø 16
mm, L 600 mm), ou barre de piquage (25x25 mm, L 380 mm).
Autres : Main-écope, truelles, récipient de réhomogénéisation, pelle carrée, récipient avec
embout, maillet (250 g), chronomètre.
Le dispositif doit être étalonné selon l'Annexe C. Un réétalonnage est nécessaire si l'altitude
change de plus de 200 m.
⚖️Méthode du Manomètre (Exemple Figure 2)
Dispositif de mesure :
Récipient : Cylindrique, en acier ou métal dur, capacité nominale d'au moins 5 l, rapport
diamètre/hauteur entre 0,75 et 1,25. Étanchéité et rigidité.
Ensemble couvercle : Rigide, en acier ou métal dur, assurant l'étanchéité sans
emprisonner d'air.
Manomètre : Monté sur le couvercle, étalonné pour 0 % à au moins 8 % (idéalement
10 %). Graduations de 0,1 % (0-3 %), 0,2 % (3-6 %), 0,5 % (6-10 %).
Pompe à air : Intégrée au couvercle.
Moyen de mise en place du béton : Similaire à la méthode à colonne d'eau.
Autres : Main-écope, truelles, bac de réhomogénéisation, pelle carrée, seringue en
caoutchouc, maillet (250 g), chronomètre.
Le manomètre doit être étalonné selon l'Annexe D.
👩🔬 Mode Opératoire
Prélèvement et réhomogénéisation : L'échantillon doit être conforme à l'EN 12350-1
et réhomogénéisé.
Remplissage du récipient et serrage du béton :
Placer le béton en trois couches d'épaisseur égale, en éliminant l'air occlus.
Serrer chaque couche pour obtenir un serrage à refus sans ségrégation excessive.
Pour la vibration mécanique (aiguille ou table) : Appliquer la vibration minimale
nécessaire, éviter la vibration excessive pour ne pas perdre l'air entraîné. Ne pas
endommager le récipient.
Pour le serrage avec barre/tige de piquage : Répartir au moins 25 coups par couche.
Tapoter les côtés du récipient avec un maillet après chaque couche pour éliminer les
grosses bulles d'air occlus.
Mesure de la teneur en air :
Méthode de la colonne d'eau : Nettoyer les rebords, fixer le couvercle. Remplir d'eau,
tapoter pour éliminer l'air adhérent. Ajuster le niveau d'eau à zéro. Appliquer la pression
d'essai P,
noter h1.
Relâcher la pression, noter h2.
Si h2 ≤ 0,2 %,
la teneur apparente en air est A1 = (h1 - h2).
Sinon, répéter et vérifier la constance.
1. Méthode du manomètre : Nettoyer les rebords, serrer le couvercle. Fermer la
soupape principale, ouvrir les robinets A et B. Injecter de l'eau jusqu'à ce qu'elle
ressorte par l'autre robinet. Tapoter pour chasser l'air occlus. Fermer la soupape de
purge d'air, pomper l'air dans le sas jusqu'à la pression initiale. Stabiliser. Fermer les
robinets A et B, ouvrir la soupape principale. Tapoter, stabiliser. La lecture sur le
manomètre est A1. Ouvrir les robinets A et B pour relâcher la pression.
🧮 Calcul et Expression des Résultats
La teneur en air corrigée du béton, Ac, est calculée comme suit :
Ac = A1 - G
Où :
A1 est la teneur apparente en air mesurée.
G est le facteur de correction lié au granulat (déterminé expérimentalement selon
les annexes A et B).
La teneur en air est exprimée en pourcentage, arrondie au 0,1 % le plus proche.
📄 Rapport d'Essai
Le rapport doit inclure :
Identification de l'échantillon, lieu, date et heure.
Mesure de la consistance de l'échantillon.
Méthode de serrage utilisée.
Correction liée au granulat (si appliquée).
Méthode d'essai (colonne d'eau ou manomètre) et mode opératoire.
Informations spécifiques (ex: altitude).
Teneur en air mesurée.
Écarts par rapport à la méthode normalisée.
Déclaration de conformité.
Optionnel : Température de l'échantillon réhomogénéisé et observations sur son état.
📊 Fidélité
💧 Méthode de la Colonne d'Eau
Niveau (%) Conditions de répétabilité (sr) r (%) Conditions de reproductibilité (sR) R (%)
5,6 0,16 0,4 0,45 1,3
⚖️Méthode du Manomètre
Aucune donnée de fidélité n'est disponible.
Essai de Résistance à la Flexion du Béton Durci (NF EN 12390-5)
Cette norme décrit la méthode pour déterminer la résistance à la flexion d'éprouvettes de
béton durci. La méthode de référence implique l'application d'un moment constant dans la
zone centrale (charge en deux points).
🎯 Domaine d'Application
Cette norme spécifie la méthode de détermination de la résistance en flexion des
éprouvettes de béton durci.
💡 Principe de l'Essai
Des éprouvettes prismatiques sont soumises à un moment de flexion jusqu'à la rupture. La
charge est appliquée au moyen de rouleaux supérieurs et inférieurs. La charge maximale est
enregistrée, et la résistance en flexion est calculée.
Appareillage
1. Machine d'essais : Doit être conforme à l'EN 12390-4.
2. Appareil de chargement (Figure 1) :
Deux rouleaux d'appui.
3. Deux rouleaux supérieurs maintenus par un support articulé qui répartit la charge.
4. Tous les rouleaux en acier, de section circulaire, diamètre entre 20 mm et 40 mm.
5. Longueur des rouleaux supérieure d'au moins 10 mm à la largeur de l'éprouvette.
6. Trois rouleaux (dont les deux supérieurs) doivent pouvoir pivoter et osciller.
7. Distances :
Portée l entre rouleaux extérieurs : 3d (d = largeur éprouvette).
8. Distance entre rouleaux intérieurs : d.
9. Rouleaux intérieurs équidistants des extérieurs.
10. Précision de positionnement : ± 2,0 mm.
Figure 1 — Appareil de chargement (charge en deux points)
🧱 Éprouvettes
1. Généralités :
Éprouvettes prismatiques, conformes à l'EN 12390-1.
2. Confectionnées selon EN 12350-1 et EN 12390-2.
3. La direction de coulage doit être marquée.
4. Les éprouvettes sciées sont acceptables si conformes à EN 12390-1.
5. Examiner visuellement les éprouvettes et consigner les anomalies.
6. Rectification : Les surfaces irrégulières doivent être aplanies par meulage. Les écarts
d'orthogonalité corrigés par découpe ou meulage.
📝 Mode Opératoire
1. Préparation et positionnement :
Essuyer l'excès d'humidité si l'éprouvette a été conservée dans l'eau.
2. Nettoyer les surfaces d'appui de la machine et de l'éprouvette.
3. Placer l'éprouvette centrée, son axe longitudinal orthogonal aux rouleaux.
4. Vérifier que la direction de chargement est perpendiculaire à la direction de coulage.
5. Mise en charge :
Appliquer la charge uniquement lorsque les rouleaux sont en contact.
6. Vitesse de chargement constante : 0,04 MPa/s à 0,06 MPa/s.
7. La charge doit être appliquée sans choc et augmentée continuellement jusqu'à la
rupture.
8. Pour machines manuelles, corriger la vitesse si elle diminue à l'approche de la
rupture.
9. Noter la charge maximale enregistrée.
10. Si la rupture se produit hors de la zone entre les deux rouleaux de chargement, le
consigner.
🧮 Expression des Résultats
La résistance en flexion fcf est calculée par la formule :
fcf = (F * l) / (d1 * d2^2)
Où :
fcf : résistance en flexion (MPa ou N/mm²).
F : charge maximale (N).
l : écartement entre les rouleaux d'appui (mm).
d1 et d2 : dimensions latérales de l'éprouvette (mm).
La résistance en flexion est exprimée au 0,1 MPa (N/mm²) le plus proche.
📄 Rapport d'Essai
Le rapport doit inclure :
Identification de l'éprouvette, dimensions déclarées.
Détails de rectification (si nécessaire).
Type d'appareil de chargement (deux points ou un point central).
État d'humidité de la surface de l'éprouvette.
Date de l'essai.
Charge de rupture (kN).
Résistance en flexion (à 0,1 MPa près).
Emplacement de la rupture (si hors zone centrale).
Aspect du béton à la surface de rupture (si particulier).
Tout écart par rapport à la méthode normalisée.
Déclaration de conformité.
Optionnel : État de l'éprouvette à la réception, âge de l'éprouvette, aspect du béton.
📊 Fidélité
Actuellement, aucune donnée de fidélité n'est disponible pour cet essai.
Annexe A : Mise en Charge avec Application par Chargement Centré (EN 12390-5)
Cette annexe normative décrit les modifications à apporter au mode opératoire en cas
d'utilisation d'un appareil de chargement centré (charge en un point).
NOTE : Cette méthode produit des valeurs de résistance en flexion 13 % supérieures à la
méthode à deux rouleaux de chargement.
Application de la Charge
L'appareil doit comporter un rouleau de chargement centré par rapport aux rouleaux
inférieurs (Figure 2). Ce rouleau doit permettre une libre rotation.
Figure 2 — Appareil de chargement (charge centrée en un point)
📝 Mise en Charge
La charge est appliquée comme décrit en 6.2, mais la vitesse de chargement requise est
calculée différemment :
R = (s * d1 * d2^2) / (3 * l)
Où :
R : vitesse de chargement requise (N/s).
s : vitesse d'accroissement de la charge (MPa/s ou N/mm².s).
d1 et d2 : dimensions latérales de l'éprouvette (mm).
l : écartement entre les rouleaux d'appui (mm).
🧮 Expression des Résultats
La résistance en flexion fcf est donnée par l'équation :
fcf = (3 * F * l) / (2 * d1 * d2^2)
Où :
fcf : résistance en flexion (MPa ou N/mm²).
F : charge maximale (N).
l : écartement entre les rouleaux d'appui (mm).
d1 et d2 : dimensions de la section transversale de l'éprouvette (mm).
La résistance en flexion est exprimée au 0,1 MPa (N/mm²) près.
📄 Rapport d'Essai
Le rapport d'essai doit explicitement mentionner que l'essai a été réalisé avec un appareil de
chargement à un seul rouleau central.
🌍 Sols : Indice CBR et IPI (NM 13.1.128)
Cette norme marocaine décrit les essais de détermination de l'Indice Portant Immédiat (IPI),
de l'indice CBR immédiat et de l'indice CBR après immersion pour les sols et matériaux
granulaires utilisés dans les ouvrages en terre ou les assises de chaussées.
🎯 Domaine d'Application
S'applique aux sols, matériaux rocheux, sous-produits industriels et matériaux
mélangés (chaux, liants hydrauliques, etc.).
Condition : La proportion d'éléments dont le Dmax excède 20 mm ne doit pas
dépasser 30 %.
Pour les GNT et matériaux élaborés par concassage (sables et granulats pour assises
de chaussées), se référer à la norme NM EN 13286-47.
💡 Principe de l'Essai
L'essai mesure les forces nécessaires pour faire pénétrer un poinçon cylindrique à vitesse
constante dans une éprouvette de matériau. Les forces mesurées à des enfoncements
conventionnels (2,5 mm et 5 mm) sont rapportées aux forces observées sur un matériau de
référence. L'indice recherché est la plus grande valeur, exprimée en pourcentage, de ces
deux rapports.
NOTE : Les indices CBR et IPI ne sont pas des caractéristiques intrinsèques d'un sol. Ils
dépendent fortement de la teneur en eau, de la masse volumique sèche et du degré de
saturation du sol. L'indication de ces indices doit être assortie des caractéristiques d'état de
l'éprouvette.
Appareillage
🧪 Matériel de confection des éprouvettes
Moule CBR : Décrit dans la norme NM 13.1.023.
Dames ou machines de compactage : Proctor normal et Proctor modifié (selon NM
13.1.023).
Accessoires : Plaque de base, rehausse, disque d'espacement, règle à araser.
Matériel d'usage courant : Balances, étuve, bacs.
🔨 Matériel de poinçonnement
Presse : Capacité effective d'au moins 50 kN, course d'au moins 10 mm.
Poinçon cylindrique : En acier.
Diamètre : 49,6 ± 0,1 mm (section 19,32 ± 0,08 cm²).
Longueur minimale : ~10 cm.
Dispositif d'enfoncement : Vitesse de 1,27 mm/min ± 0,1 mm/min.
Dispositif de mesure de l'enfoncement : Incertitude absolue max 0,1 mm.
Dispositif de mesure des efforts : Précision incertitude relative max 1 %.
💧 Matériel de mise en immersion et de mesure du gonflement
Bacs d'immersion : Hauteur suffisante pour immersion complète (lame d'eau de 10
mm sous l'éprouvette).
Disque de gonflement : Métallique ou plastique, Ø 150 mm, poids max 300 g, perforé
(min 25 trous de 3 ± 1 mm). Tige centrale réglable.
Surcharges : Au moins trois disques de Ø 150 ± 1 mm, avec évidement central Ø 54 ±
1 mm. Masse de chaque surcharge : 2,3 kg ± 0,1 kg. Peuvent être en deux pièces.
Dispositif de mesure du gonflement : Incertitude absolue max 0,01 mm, plage min
20 mm.
📝 Exécution de l'Essai
🔬 Confection des éprouvettes
1. Choix des conditions d'état du sol (masse volumique sèche, teneur en eau, degré de
saturation).
2. Préparation de l'échantillon :
Si Dmax < 20 mm, tout le sol est testé.
3. Si Dmax > 20 mm (proportion < 30 %), les éléments > 20 mm sont éliminés par
tamisage. L'essai est réalisé sur la fraction restante.
4. Masses minimales : 5,5 kg pour [Link] immédiat ou IPI ; 7 kg pour [Link] immersion.
5. Préparation du sol et compactage : Selon NM 13.1.023.
6. Teneur en eau : Pour [Link] immersion, la teneur en eau de confection est déterminée
sur le surplus de matériau.
7. Désolidarisation : Le moule est désolidarisé de sa plaque de base, retourné, puis
resolidarisé. Le disque d'espacement est retiré.
🧰 Exécution du poinçonnement
Les modalités varient selon l'indice recherché.
Pour l'IPI (Indice Portant Immédiat) :
Placer l'ensemble (embase, moule, éprouvette) sur la presse, centré.
Mettre en contact la surface de l'éprouvette avec le piston.
Initialiser les dispositifs de mesure.
Poinçonnement à 1,27 mm/min ± 0,1 mm/min.
Établir la courbe effort-déformation pour des enfoncements de 1,25 mm ; 2 mm ; 2,5
mm ; 5 mm ; 7,5 mm et 10 mm.
Déterminer la teneur en eau de l'éprouvette.
Pour l'[Link] immédiat :
Interposer deux surcharges dans le volume libéré par le disque d'espacement.
Ajouter des surcharges si la contrainte de la chaussée est supérieure à 4,6 kg.
Exécuter le poinçonnement comme pour l'IPI.
Pour l'[Link] immersion :
Positionner le disque de gonflement sur l'éprouvette avant les surcharges.
Mettre en place et initialiser le dispositif de mesure du gonflement.
Immerger l'ensemble pendant quatre jours (± 2 h), avec 20 mm d'eau au-dessus et
10 mm sous le moule.
Après immersion, relever le gonflement total.
Retirer le moule et l'éprouvette, égoutter, puis exécuter le poinçonnement.
🧮 Calculs et Résultats
L'indice recherché est la plus grande des deux valeurs suivantes, calculées pour des
enfoncements de 2,5 mm et 5 mm :
(Force mesurée à 2,5 mm / 13,35 kN) * 100 %
(Force mesurée à 5 mm / 19,93 kN) * 100 %
Les valeurs 13,35 kN et 19,93 kN sont les forces de référence pour les enfoncements de 2,5
mm et 5 mm sur le matériau conventionnel.
Si nécessaire, une correction d'origine est effectuée (voir Figure 1 dans la norme).
📄 Procès-Verbal
Le rapport d'essai doit inclure :
Nom de l'organisme, référence à la norme.
Identification de l'affaire et de l'échantillon (date, lieu, sondage, profondeur, liant si
applicable).
Date de début de l'essai, méthode de détermination des teneurs en eau.
Type d'indice recherché ([Link] immédiat, [Link] immersion, IPI).
Masse volumique sèche de l'éprouvette (valeur absolue et % de ρdOPN ou ρdOPM).
Teneur en eau de confection (valeur absolue et % de wOPN ou wOPM).
Pour [Link] immersion : Gonflement linéaire relatif (en %), teneur en eau après
immersion.
Annexe A (informative) : Mode d'interprétation - Étude CBR
Une simple valeur CBR ne suffit pas. Une étude CBR est nécessaire pour évaluer le
comportement du sol en tant que support de chaussée, en balayant un domaine de
conditions d'état.
1. Choix des conditions de masse volumique sèche : Trois énergies de compactage sont
testées :
Énergie Proctor modifié.
2. Énergie Proctor normal.
3. Énergie réduite (~25 % de Proctor normal).
4. Choix des teneurs en eau : Cinq teneurs en eau réparties dans la plage possible du
sol.
5. Choix des conditions d'état de saturation : Généralement, l'état après quatre jours
d'immersion.
Les 15 valeurs d'[Link] immersion (3 énergies x 5 teneurs en eau) sont reportées sur des
graphes (Figures A.1 et A.2). Un réseau de courbes iso-CBR est construit pour évaluer les
variations de portance en fonction des caractéristiques d'état et définir un indice de
dimensionnement.
Sols : Essai Proctor Normal et Modifié (NM 13.1.023)
Cette norme marocaine décrit l'essai permettant de déterminer les caractéristiques de
compactage d'un matériau utilisé en terrassement : la teneur en eau optimale (wOPN ou
wOPM) et la masse volumique sèche maximale (ρdOPN ou ρdOPM).
🎯 Domaine d'Application
S'applique aux matériaux fins (Dmax < 50 mm) définis dans la NM 13.1.183, naturels
ou traités à la chaux/liants hydrauliques.
L'essai est réalisé sur la fraction 0/20 mm du matériau.
Si la proportion d'éléments > 20 mm est ≤ 30 %, des corrections sont appliquées
(Annexe A).
Si la proportion d'éléments > 20 mm est > 30 %, l'interprétation se limite à l'état
hydrique.
Pour les matériaux élaborés par concassage (GNT), se référer à NM EN 13286-2.
NOTE : Les caractéristiques Proctor peuvent perdre de leur signification pour les matériaux
évolutifs (craies, marnes, schistes) en raison de modifications granulométriques dues au
compactage.
💡 Principe de l'Essai
L'essai consiste à humidifier un matériau à plusieurs teneurs en eau et à le compacter pour
chaque teneur selon un procédé et une énergie conventionnels. La masse volumique sèche
du matériau est déterminée pour chaque point. La courbe ρd = f(w%) (courbe Proctor)
présente un maximum qui définit la masse volumique sèche optimale et la teneur en eau
optimale.
Appareillage
🧪 Appareillage spécifique
1. Moules d'essais cylindriques : Avec rehausse amovible (min 50 mm) et embase
amovible. Paroi intérieure lisse.
Trois types : A, B, C (selon NM EN 13286-2).
2. Moules A et B sont conformes pour la fraction 0/20 mm.
3. Moule A : Ø 100 ± 1 mm, H 120 ± 1 mm.
4. Moule B : Ø 150 ± 1 mm, H 120 ± 1 mm.
5. Système de compactage : Dame tombant en chute libre.
Dame A (Proctor Normal) : Masse 2,50 ± 0,02 kg, Ø pied 50 ± 0,5 mm, H chute 305 ± 3 mm.
6. Dame B (Proctor Modifié) : Masse 4,50 ± 0,04 kg, Ø pied 50 ± 0,5 mm, H chute 457 ±
3 mm.
7. Les machines à compacter mécanisées sont acceptables si elles respectent ces
exigences et le mode de répartition des coups.
8. Socle de compactage : Bloc de béton à surface plane horizontale (min 30x30 cm,
épaisseur min 30 cm).
9. Règle à araser : Lame en acier (Figure 3 dans la norme).
🧰 Appareillage d'usage courant
Tamis : Mailles carrées 5 mm et 20 mm (NM 00.8.082).
Balances : Précision 1/1000 de la valeur mesurée.
Étuve ou appareil de séchage : Pour déterminer la teneur en eau (NM 13.1.150, 151,
152).
Récipients/sacs hermétiques.
Pulvérisateur à eau.
Malaxeur-désagrégateur mécanique (volume min 10 dm³, Annexe C).
Dispositif d'extraction de l'éprouvette.
📝 Préparation des Échantillons
1. Généralités : Le choix du moule et la quantité d'échantillon dépendent de la classe
granulaire (Tableau 3). L'essai nécessite plusieurs séries de matériau, chacune avec
une teneur en eau différente, compactée une seule fois.
2. Évaluation préliminaire :
Déterminer le pourcentage pondéral des passants aux tamis 5 mm et 20 mm (NM 00.8.082).
3. Sélectionner la méthode de préparation, la masse minimale et le type de moule
(Tableau 3).
4. Préparation des échantillons :
Sécher le matériau à l'air ou en étuve (max 50 °C, 40 °C pour matériaux recyclés).
5. Écrêter à 20 mm ; seule la fraction 0/20 mm est conservée.
6. Homogénéiser et diviser en au moins cinq parts égales.
7. Humidifier chaque part pour que les teneurs en eau soient réparties entre 0,8 (ou ) et
1,2 (ou ).
8. Conserver chaque part en boîtes/sacs hermétiques pendant une durée dépendant de
l'argilosité (15 min à 48 h).
9. L'incorporation de l'eau doit être lente et répartie, de préférence avec un
pulvérisateur et malaxage.
10. Pour les matériaux argileux, réduire à une mouture 0/5 avant humidification.
⚙️Mode Opératoire
1. Préparation du moule :
Solidariser moule et rehausse.
2. Lubrifier les parois du moule si nécessaire.
3. Placer un papier-filtre ou film plastique au fond.
4. Compactage :
Introduire le matériau en couches (3 pour Proctor Normal, 5 pour Proctor Modifié).
5. La hauteur de chaque couche après compactage doit être légèrement supérieure au
tiers/cinquième de la hauteur du moule.
6. Compacter chaque couche avec la dame correspondante, en appliquant le nombre de
coups requis (25 ou 56) selon le schéma de répartition (Figure 5).
7. Arasement :
Après la dernière couche, retirer la rehausse. L'excédent de matériau (max 1 cm) est arasé
soigneusement du centre vers la périphérie.
8. Combler les vides éventuels avec des éléments fins et lisser.
9. Pesée : Peser l'ensemble moule + matériau.
10. Suite de l'essai :
Si pas d'essai CBR/IPI : Démouler l'éprouvette et prélever un échantillon représentatif pour la
teneur en eau.
11. Si IPI : Poinçonnement immédiat (NM 13.1.128), puis démoulage et dessiccation pour
teneur en eau.
12. Si IPI et [Link] immersion : Compacter deux éprouvettes identiques. La première pour
IPI et teneur en eau, la seconde pour immersion 4 jours puis poinçonnement.
13. Si [Link] immersion seul : Immersion immédiate (NM 13.1.128). La teneur en eau de
moulage est déterminée sur l'excédent de matériau pré-humidifié.
14. Ces opérations sont répétées pour chaque part de matériau pré-humidifié.
👷♀️Particularités pour matériaux traités (chaux, liants hydrauliques)
Traitement à la chaux seule : Malaxer le mélange chaux-matériau, obtenir une
mouture homogène. Conserver le mélange dans un conteneur hermétique pendant
au moins 1 h (max 24 h) à 5 °C-30 °C, puis compacter.
Traitement avec un liant hydraulique seul : Procéder comme pour la chaux, mais
compacter immédiatement sans délai de conservation.
Traitement mixte chaux + liant hydraulique : D'abord mélange matériau-chaux (avec
conservation), puis traitement avec liant hydraulique et compactage immédiat.
🧮 Calculs, Traçage des Courbes et Expression des Résultats
1. Calculs par éprouvette :
Teneur en eau.
2. Masse de matériau sec dans le moule (au gramme près).
3. Masse volumique du matériau sec (en tenant compte du volume réel du moule,
déterminé à 0,1 mm près).
4. Traçage :
Reporter les valeurs de ρd et w% sur un graphique ρd = f(w%) (Figure 6).
5. Tracer la courbe ajustée (courbe Proctor) et identifier le maximum : ρdOPN (ou
ρdOPM) et wOPN (ou wOPM).
6. Exprimer ρd à 0,01 Mg/m³ près et w% à 0,1 point près.
7. Tracer également les courbes d'équation ρd = (Sr*ρs) / (ρs/ρw + w/Sr) pour Sr = 100
% et Sr = 80 % (avec ρw = 1 Mg/m³ et ρs mesurée ou 2,65 Mg/m³).
8. Pour les matériaux avec refus à 20 mm, appliquer la correction de l'Annexe A.
9. Pour les matériaux drainants, se référer à l'Annexe D de NM EN 13286-2.
📄 Rapport d'Essai
Le rapport doit inclure :
Référence au document (méthode, dimensions moule/dame).
Identification de l'échantillon.
Mode opératoire de préparation (malaxage, temps de conservation).
Références du laboratoire.
Masse volumique sèche maximale (Mg/m³, à 0,01 Mg/m³ près).
Optimum de teneur en eau (%, à 0,1 % près).
Optionnel : Points expérimentaux, tracé de la courbe, valeurs de masse volumique
utilisées, nom et localisation de la prise d'échantillon, description du matériau.
📊 Fidélité
Sera ajoutée ultérieurement.
Annexe A : Corrections pour les Matériaux avec < 30 % d'Éléments > 20 mm (NM 13.1.023)
Cette annexe normative décrit les corrections à apporter aux caractéristiques Proctor (ρd et
w%) lorsque le sol contient une proportion d'éléments de plus de 20 mm de diamètre,
inférieure ou égale à 30 %.
💡 Hypothèses
Les formules de correction reposent sur les hypothèses suivantes :
Les éléments 20/D écrêtés ne retiennent pas d'eau.
Ils occupent un volume V = M / ρs (où M est leur masse et ρs la masse volumique des
particules solides, généralement 2,70 Mg/m³).
Ils "flottent" dans la fraction fine du matériau.
Ces conditions sont considérées comme satisfaites si les éléments sont des fragments de
roches de faible porosité (n = (ρs - ρd) / ρs ≤ 5 %) et ont été débarrassés des éléments fins. La
limite de 30 % de la fraction 20/D justifie l'applicabilité de ces formules.
🧮 Formules de Correction
Pour la teneur en eau (w')
w' = w - Δw
Δw = (m / 100) * w
Où :
w' : teneur en eau OPN (ou OPM) recherchée du matériau 0/D (en %).
w : teneur en eau OPN (ou OPM) déterminée sur la fraction 0/20 (en %).
m : proportion de la fraction 20/D dans le matériau (en %).
Pour la masse volumique sèche (ρ'd)
ρ'd = ρd / (1 - (m / 100) * (1 - ρd / ρs))
Où :
ρ'd : masse volumique sèche OPN (ou OPM) du matériau 0/D (en Mg/m³).
ρd : masse volumique sèche OPN (ou OPM) déterminée sur la fraction 0/20 (en
Mg/m³).
ρs : masse volumique des particules élémentaires du sol (en Mg/m³).
m : proportion de la fraction 20/D dans le matériau (en %).
Annexe B : Dimensions Alternatives des Moules et Dames (NM 13.1.023)
Cette annexe normative présente les dimensions des anciens moules "Proctor" et "CBR"
ainsi que les dames de compactage associées, qui peuvent être utilisées temporairement en
alternative aux moules A et B du document.
NOTE : Ces dimensions alternatives seront supprimées lors de la prochaine révision de la
norme.
🧪 Moule PROCTOR (alternatif au moule A)
Figure B.1 — Moule PROCTOR utilisable en alternatif au moule A
🧪 Moule CBR et disque d'espacement (alternatif au moule B)
Figure B.2 — Moule CBR (et disque d’espacement) utilisable en alternatif au moule B
🔨 Dame de Compactage (alternative aux dames A ou B)
Figure B.3 — Dame de compactage utilisable en alternative à la dame de compactage A ou B
Annexe C : Exemple de Malaxeur à Cisaillement Rapide (NM 13.1.023)
Cette annexe informative fournit un exemple de malaxeur à cisaillement rapide qui peut être
utilisé pour la préparation des matériaux, notamment les sols argileux, afin de faciliter
l'homogénéisation et la réduction en mouture fine.
📸 Exemples d'Utilisation
Figure C.1 — Introduction du matériau argileux en mottes dans la cuve
Figure C.2 — État du matériau après quelques secondes d’action du malaxeur