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*ScSo : Histoire, Géographie, Aménagement, Urbanisme, Archéologie, Science politique, Sociologie, Anthropologie
Les emballages thermiques, fabriqués à partir de matériaux isolants et associés à des matériaux
à changement de phase, constituent une solution à la problématique de la conservation de
produits thermosensibles tout au long de la chaı̂ne de distribution. Cependant, l’optimisation
des configurations représente un défi, compte tenu du nombre de paramètres en jeu, et la voie
expérimentale demeure coûteuse en temps et en ressources. C’est pourquoi un modèle numérique
simplifié a été développé dans le cadre de cette thèse.
La thèse comporte un volet expérimental sur la détermination de la perméabilité des embal-
lages ainsi que l’observation de la répartition des températures au sein d’un modèle d’emballage,
et un volet numérique.
Le volet expérimental a permis de déterminer les coefficients de perméabilité de deux types
d’emballages pour différentes configurations, montrant des différences notables selon le modèle
de caisse considéré. Les fuites d’air sont principalement dues à l’ouverture de la porte, d’où
l’importance du type de joint utilisé et du système de fermeture. Le corps de la caisse, de par
sa méthode de manufacture, présente lui aussi des fuites, rendant impossible l’éventualité d’une
caisse totalement imperméable.
L’observation des températures au sein d’un emballage met en évidence une certaine strati-
fication des températures intérieures, pouvant être diminuée par la présence d’un volume d’air
suffisamment important pour permettre des mouvements de convection. Un test avec simulation
d’ensoleillement a permis d’observer l’impact important du flux solaire sur le comportement
thermique de la caisse, tout en mettant en évidence l’efficacité des matériaux à changement de
phase pour l’absorption des variations de température.
Le modèle développé est basé sur une méthode nodale, associant à chaque épaisseur de paroi
un nœud, pour lequel sont résolues les équations de bilans thermiques associées. Le traitement
du changement de phase se fait par une méthode dite de capacité calorifique équivalente .
Le programme a été construit de manière à pouvoir simuler un grand nombre de configuration
en faisant varier l’agencement des éléments et leur nature. La simulation d’un certain nombre
de ces configurations a permis de déterminer la sensibilité du système à divers paramètres.
Ainsi il a été montré que la nature du chargement (caractérisée par les valeurs de conducti-
vité, densité et capacité thermique) constitue un paramètre influent sur le système, et donc la
connaissance des produits transportés s’avère indispensable à la définition d’une configuration
optimale. De la même manière, la nature des matériaux à changement de phase, et en particulier
la température de fusion, a une importance notable sur le comportement du système.
En revanche, la température d’introduction des MCP a peu d’influence, du moment que le
matériau est introduit dans la bonne phase correspondant à son application. La perméabilité de
l’emballage quant à elle montre peu d’incidence sur les résultats à long terme, mais des effets de
sursaut de température ponctuels dus à des variations brusques de pression extérieure peuvent
être observés localement.
Thermal packaging made from insulating materials and associated with phase change ma-
terials are a solution to the problem of preservation of temperature sensitive products throu-
ghout the distribution chain. However, optimizing configurations represents a challenge, given
the number of parameters involved, and experimentation remains costly in time and resources.
This is why a simplified numerical model was developed as part of this thesis.
The thesis includes an experimental part on the determination of the permeability of packa-
gings as well as observation of the temperature distribution within a packaging, and a numerical
component.
The experimental component allowed us to determine the permeability coefficients of two
types of packaging for different configurations, showing significant differences according to the
packaging considered. Air leaks are primarily due to the opening of the door, hence the im-
portance of the type of seal used and the closure system. The body of the box, due to its
manufacturing method, presents leaks too, making impossible the possibility of a completely
impermeable box.
The observation of the temperatures within a package highlights some stratification of in-
ternal temperatures, which can be reduced by the presence of a sufficiently large volume of air
to allow natural convection movements. A test with sunlight simulation allowed to observe the
impact of the solar flux on the thermal behavior of the box, while highlighting the effectiveness
of phase change materials to absorb temperature changes.
The simplified model developed is based on a nodal method, associating with each wall
thickness a node, to which are resolved associated heat balance equations. Treatment of the
phase change is done by a method said of equivalent heat capacity . The program was
constructed to be able to simulate a large number of configuration by varying the arrangement
of the elements and their nature. Simulating a number of these configurations made it possible
to determine the sensitivity of the system to various parameters.
Thus it has been shown that the nature of the load (characterized by the values of conducti-
vity, density and thermal capacity) is a parameter of some influence on the system, and therefore
knowledge of the transported products is essential to the definition of an optimal configuration.
Similarly, the nature of phase change materials, and in particular the melting temperature, has
a significant importance on the system behavior.
On the other hand, the introduction temperature of the PCM has little influence as long as
the material is inserted in the proper phase corresponding to its application. The permeability
of the packaging shows little impact on long-term results, but occasional burst of temperature
effects due to the rapid changes in external pressure can be observed locally.
Résumé iii
Nomenclature vii
Introduction 1
3 Modélisation 63
3.1 Élaboration d’un modèle simplifié pour la simulation des transferts de chaleur
dans un emballage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
3.1.1 Transferts dans les parois . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
[Link] Bilans surfaciques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
[Link] Bilan conductif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
3.1.2 Transferts dans les matériaux à changement de phase . . . . . . . . . . 68
[Link] Modèle enthalpique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
[Link] Modèle capacitif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
[Link] Modèle à capacité calorifique effective . . . . . . . . . . . . . . 71
3.1.3 Transferts dans le volume d’air . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
3.1.4 Transferts dans le chargement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
3.1.5 Architecture du code . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
[Link] Cahier des charges . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
[Link] Méthodologie et fonctionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
3.2 Modélisation de la convection à l’intérieur de l’emballage en utilisant un code CFD 78
3.2.1 Mise en équation et méthodes de résolutions . . . . . . . . . . . . . . . . 78
[Link] Equations régissant le mouvement d’un fluide . . . . . . . . . . 78
[Link] Résolution numérique des équations . . . . . . . . . . . . . . . 79
[Link] Méthode des volumes finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
[Link] Schémas d’interpolation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
[Link] Contrôle de la convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
3.2.2 Application au cas du volume d’air intérieur d’un emballage thermique . 82
[Link] Configuration des emballages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
[Link] Maillage de la configuration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
[Link] Procédure et paramétres du calcul . . . . . . . . . . . . . . . . 82
3.2.3 Résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
[Link] Mouvement du fluide dans le volume d’air à l’intérieur de la
caisse XXL . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
Lettres grecques
α coefficient d’absorption
ix
Exposants
G phase gazeuse
L phase liquide
S phase solide
Indices
Ch chargement
CLO courtes longueurs d’ondes
cond conduction
conv convection
Ext air extérieur
f fusion
GLO grandes longueurs d’ondes
i, j, k numérotation des nœuds
Int air intérieur
l phase liquide
ref référence
S surface
s phase solide
SCh surface chargement
SE surface extérieure
SI surface intérieure
ray rayonnement
0 temps initial
Acronymes
MCP matériaux à changement de phase
PSF Pallet Shipper Frizbox
Sommaire
1.1 Cas des produits pharmaceutiques thermosensibles . . . . . . . . . . 3
1.2 Étapes de la chaı̂ne du froid des produits de santé . . . . . . . . . . 6
1.3 Moyens logistiques pour le transport et le stockage des produits
thermosensibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3.1 Dispositifs d’apport de froid . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3.2 Moyens de transport : différents types de conteneurs . . . . . . . . . . 10
1.4 Emballages thermiques : solutions passives équipées de matériaux
à changement de phase . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.4.1 Matériaux isolants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.4.2 Accumulateurs de froid . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.4.3 Emballages thermiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
1.5 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
ans ce chapitre, on décrira dans un premier temps les enjeux liés au transport de produits
D thermosensibles, et en particulier les produits pharmaceutiques. On présentera les différents
acteurs intervenant lors de la chaı̂ne du froid, puis on décrira les différents moyens de transports
et les dispositifs mis en œuvre afin de garantir la bonne conservation des produits lors du
transport. Enfin l’accent sera mis sur la solution des emballages thermiques qui constituent le
sujet de ce travail.
était l’un des préalable à la dispensation des soins de santé. Depuis, l’Assemblée Mondiale de
la Santé a adopté de nombreuses résolutions où il a été demandé à l’Organisation de mettre au
point des normes, des recommandations et des instruments internationaux qui garantissent la
qualité des médicaments, que ces derniers soient produits et commercialisés au niveau national
ou international. L’ensemble de ces travaux ont été rassemblés dans un recueil publié en 1998
[2] afin de diffuser le plus largement possible les bonnes pratiques nécessaires à l’établissement
d’un bon système de santé.
On constate aujourd’hui une recrudescence des médicaments transportés et conservés sous
température dirigée. En effet, l’évolution des technologies dans l’industrie pharmaceutique a
eu pour conséquence l’apparition sur le marché de nouveaux médicaments souvent sensibles
aux variations de températures. Ceci concerne essentiellement les vaccins, les médicaments
anticancéreux, antidiabétiques, dérivés du sang et ceux issus des biotechnologies. Par ailleurs
leurs circuits de distribution se diversifient, se complexifient et s’allongent en raison notamment
de la sortie de la réserve hospitalière de ces produits et de la mondialisation des sites de
production.
De manière générale, la qualité d’un médicament sera déterminé notamment par sa stabilité.
La Pharmacopée européenne [3] défini la stabilité de la manière suivante : un médicament est
considéré comme stable lorsque, dans un laps de temps déterminé, ses propriétés essentielles ne
changent pas ou changent au plus dans des proportions tolérables . Un médicament est alors
déclaré périmé lorsque le titre initial en principe actif a diminué de plus de 10 %, valeur qui
peut être abaissée à 5 % voire moins lorsque la marge thérapeutique est étroite ou lorsque les
produits de dégradation sont toxiques.
Les principaux processus de dégradation identifiés sont l’hydrolyse (décomposition ionique
par l’eau), l’oxydation (combinaison avec l’oxygène) et la photodégradation (dégradation par
l’absorption de photons). Par conséquent, les principaux responsables de ces phénomènes sont
l’eau (et donc l’humidité), l’oxygène, la lumière et la température.
La température en particulier peut avoir des conséquences de nature et de gravité différentes
à la fois lors d’exposition à des températures hautes ou à des températures basses :
– la chaleur a des effets délétères cumulatifs lorsque le seuil minimal d’activation des
réactions de dégradation est atteint. Une augmentation de la température entraı̂ne en
particulier une augmentation de la vitesse d’hydrolyse (d’après Newton [4]) et une ac-
celération des phénomènes d’oxydation (d’après Dawson [5]).
La méconnaissance, par absence de traçabilité ou défaut de consultation, d’éventuels
dépassements survenus dans la chaı̂ne du médicament antérieurement à la réception d’un
produit sensible thermiquement peut fausser le jugement sur la conformité du produit en
raison du caractère cumulatif des effets de la chaleur.
– Le froid engendre lui aussi des effets néfastes aux produits médicamenteux. Ces effets
sont principalement liés au risque de congélation avec, entre autres, altération de la forme
galénique (l’aspect physique final du médicament), destabilisation des mélanges ou encore
dégradation irréversible des produits de nature protéique.
Une exposition unique à une température négative est suffisante pour rendre inefficaces
certains vaccins, les érythropoı̈étines, les insulines et/ou faire précipiter des solutions ou
éclater des ampoules.
À titre d’exemple, on peut citer une étude réalisée par le SAMU de Lille, traitant de l’effet
des températures mesurées dans les ambulances sur les médicaments utilisés [6]. Les observations
sur quelques médicaments sont regroupés dans le tableau 1.1.
Les établissements pharmaceutiques sont tenus de repertorier et de mettre à jour les infor-
mations spécifiques aux médicaments afin de garantir leurs bonnes utilisation et distribution.
Afin d’obtenir l’autorisation de mise sur le marché (AMM) des produits médicamenteux, les
laboratoires doivent donc déterminer leurs température et durée de conservation. Ils ont alors
recours à des études physico-chimiques des principes actifs et des excipients présents dans la
Table 1.1 – Observation de l’effet de la température sur quelques médicament par le SAMU
de Lille [6].
formulation d’une part, et d’autre part à des études de stabilité réalisées dans des conditions
standardisées et internationalement reconnues.
C’est alors une initiative commune impliquant les autoritées européennes, japonaise et
étasuniennes et associant les industries de la santé qui a été mise en place, sous la dénomination
d’International Conference on Harmonisation (ICH [7]). Parmis ses directives, l’ICH s’attache
notamment à mettre en place les méthodes d’essais à exiger pour évaluer et garantir la sûreté,
la qualité et l’efficacité des médicaments. Et en particulier, la directive ICH Q1 traite des test
de stabilité.
Les lignes directrices décrites pour les études de stabilité permettent d’évaluer les variations
de la qualité du principe actif ou du médicament sous l’influence de facteurs d’environnement
tels que la température, l’humidité ou la lumière, afin de recommander en particulier les condi-
tions de stockage. La nature de ces essais dépend du produit et du type de molécule à étudier,
et les principaux objectifs des études de stabilité peuvent être résumés comme présenté sur le
tableau 1.2.
Lors du contrôle de la stabilité des médicaments, le programme d’étude est conditionné
par la prise en compte du marché visé, en particulier des conditions climatiques de la (ou des)
région(s) où le produit sera utilisé. Pour les besoins de ces études de stabilité, le monde est
alors divisé en quatre zones climatiques tels que présenté sur le tableau 1.3 (d’après Grimm
[8]).
Table 1.2 – Principaux objectifs des études de stabilité, d’après l’OMS [2].
doit céder engendrant une rupture de la chaı̂ne du froid. Chaque étape possède donc ses ac-
teurs, soumis à des normes et des protocoles permettant de vérifier le maintien des produits
pharmaceutiques dans les conditions de stockage préalablement définies par les études de sta-
bilité. Lorsqu’une faille est observée dans le circuit logistique, alors les produits ne peuvent
recevoir d’autorisation de distribution et peuvent même être amenés à être détruits, ce qui a
des conséquences financières d’une part, mais aussi de santé publique d’autr epart puisqu’alors
les médicaments n’ont pu être distribués.
Dans le cadre d’un transport international, les étapes de transport peuvent se dérouler
comme présenté sur la figure 1.1 :
Chaque intervenant possède alors son lot de responsabilité afin d’assurer la continuité de la
chaı̂ne du froid :
– le donneur d’ordre est celui qui choisi le flux de transport adapté, il est alors de fait
(a) (b)
Figure 1.2 – (a) Exemple d’accumulateur de froid rigide, (b) exemple d’accumulateur souple.
l’avantage de pouvoir parfois mieux s’adapter aux produits à transporter, en particulier lors du
transport de très petits volumes.
La nature des accumulateurs présents sur le marché reste encore assez peu diversifiée, les
principaux types d’accumulateurs sont réunis dans le tableau 1.4.
Les groupes frigorifiques sont des dispositifs mécaniques de production de froid, nécessitant
une source d’énergie extérieure, ils sont généralement utilisés pour maintenir une température
définie dans des chambres froides, des entrepôts, des véhicules...
Un groupe frigorifique est dimensionné en fonction de la température désirée, des conditions
extérieures et de la qualité de l’isolation de l’enceinte. Suivant sa conception, il peut refroidir
ou réchauffer l’enceinte et l’homogénéité de la température dépend du mode de distribution de
l’air dans l’enceinte (soufflage).
Les groupes frigorifiques les plus couramments utilisés sont les groupes à compression de
vapeur. Ces groupes sont composés de quatres éléments dans lesquels prennent place les quatres
transformations suivantes :
– une compression polytropique ;
– une condensation isobare ;
– une détente isenthalpique ;
– une vaporisation isobare.
Le cycle peut se décrire comme suit : le compresseur comprime le gaz, provoquant ainsi
un échauffement de celui-ci. Le gaz réchauffé est ensuite conduit vers le condenseur, où il est
refroidi et se condense, on observe donc un changement d’état. Ensuite, le détendeur alimenté
en frigorigène à l’état liquide, assure l’alimentation correcte de l’évaporateur et la détente du
frigorigène qui subira de nouveau un changement de phase dans l’évaporateur pour revenir à
l’état gazeux et retourner dans le compresseur. Il s’agit en fait d’un transfert de chaleur d’une
zone à une autre, la chaleur absorbée par l’évaporateur étant ensuite évacuée par le condensateur
(fig. 1.3).
Il existe d’autres procédés pour la production de froid par un groupe frigorifique, on peut
par exemple penser à :
– matériels à effet Peltier, effet thermo-électrique découvert en 1834 par le physicien J.C.
Peltier. Ce procédé permet de produire, par apport d’énergie électrique, à la fois du froid
sur une face d’un assemblage d’éléments semi-conducteurs et, bien sûr, de la chaleur sur
l’autre face. Ce procédé a été occasionnellement utilisé pour le transport frigorifique dans
des cas limités. Il se développe actuellement pour le refroidissement des ordinateurs ;
– matériels à absorption, adsorption ou réaction chimique : intéressant pour récupérer de
la chaleur, ils sont utilisés courament dans les réfrigérateurs ménagers de zones dénuées
d’électricité, à partir de pétrole ou de gaz ou pour utiliser l’énergie solaire. Certains
matériels ont été construits pour des chariots d’approvisionnement de supérettes.
Température
de chan- Plage
Nature Avantages Inconvénients
gement d’emploi
de phase
Restitution hétérogène et
Eau brute de
Chaleur latente importante et moins longue. Nécessite
ou eau + 0˚C 0˚C à
faible coût. un équipement de mise en
colorant. +20˚C
température.
Chaleur latente importante
Gels eutec- et durée de restitution
tiques : eau de supérieure à celle de l’eau. Coût plus élevé. Nécessite
+ additifs 0˚C 0˚C à Restitution contrôlée et un équipement de mise en
viscosants + +20˚C longue en relation avec la température.
colorant. viscosité. Reproductibilité
des performances.
Eau + sels Restitution hétérogène et
de -
ou eau Chaleur latente importante et moins longue. Nécessite
<0˚C 20˚C à
+ sels + faible coût. un équipement de mise en
0˚C
colorant température.
Chaleur latente importante
Gels eutec-
et durée de restitution
tiques : eau
de - supérieure à celle de l’eau. Coût plus élevé. Nécessite
+ sels + ad-
<0˚C 20˚C à Restitution contrôlée et un équipement de mise en
ditifs visco-
0˚C longue en relation avec la température.
sants + co-
viscosité. Reproductibilité
lorant.
des performances.
Restitution courte et
hétérogène. Inflammable
et/ou toxique. Nécessite
de Température de changement
des enveloppes spécifiques
Paraffines. >0˚C +2˚C à de phase positive : Pas de
car risque de fuite élevé.
+20˚C risque de choc froid.
Coût plus élevé. Nécessite
un équipement de mise en
température.
Ces procédés restent cependant très marginaux dans le cadre du transport et du stockage
de produits pharmaceutiques.
Le CO2 solide est obtenu par détente de CO2 liquide à pression atmosphérique, le froid est
alors produit lors de la sublimation du CO2 solide, laquelle intervient à -78.5˚C.
Le CO2 solide se présente sous plusieurs formes : neige carbonique en vrac ou en sachets,
glace carbonique en blocs, en plaquettes suremballées ou en petits bâtonnets.
La difficulté de cette solution tient à la conservation de la glace carbonique, car elle nécessite
des congélateurs à des températures inférieures à -80˚C avec un système permettant d’évacuer,
en cas de sublimation, le gaz carbonique pour éviter les intoxications. L’avantage en revanche
est le fort pouvoir frigorifique lié à la sublimation du CO2 solide.
Dans le cas de la cryogénie liquide, le froid est produit lors de la vaporisation des fluides
cryogéniques à des températures très basses, pouvant aller jusqu’à -196˚C dans le cas de l’azote
liquide.
Les fluides cryogéniques sont stockés dans des réservoirs cryogéniques sous pression.
Différentes applications sont possibles avec ce type de dispositifs : installation d’équipements
cryogéniques pour la production de froid dans les camions, emballages cryogéniques pour le
transports de petites unités...
Les conteneurs terrestres sont utilisés pour le transport de produits par voie terrestre et se
déclinent en deux catégories suivant leur taille et leur mode de locomotion.
Les conteneurs de petite taille ou de taille moyenne, tels que les glacières ou les
rolls conteneurs, sont fait pour être déplacés à la main. Leurs volumes utiles vont de 1
litre à 2000 litres environ et ils peuvent être équipés de dispositifs d’apport de froid. Les dispo-
sitifs les plus fréquemment utilisés sont des accumulateurs de froid, de ce fait ils ne disposent en
général pas de système de chauffage ni de système de modulation de la température. Certains
conteneurs de petites tailles sont en revanche parfois équipé d’un système à azote liquide ou
d’un groupe frigorifique permettant la régulation de la température des produits transportés.
Les caisses mobiles ont été développés notamment pour le transport par voie ferrée, la caisse
est dimensionnée au gabarit routier, de façon à pouvoir être transportée sur un châssis semi-
remorque. Ce dimensionnement s’avère parfois compliqué en raison des différentes normes des
différents pays, mais le conseil de l’Europe notamment a adopté une résolution visant entre autre
à harmoniser ces normes [9]. Elles présentent des caractéristiques permettant sa mise en place
sur un wagon pour les trajets ferroviaires ainsi que des points de renfort pour la manipulation
à l’aide d’une grue. Ces conteneurs sont équipés d’un groupe frigorifique autonome, lequel est
généralement muni de deux dispositifs d’entraı̂nement du compresseur (thermique et électrique)
de manière à leur conférer une plus grande autonomie.
Les différents types de conteneurs existant permettent donc de transporter les produits
thermosensibles entre les différents acteurs de la chaı̂ne du froid, aussi bien par voie terrestre,
que maritime ou aérienne. Ces conteneurs font intervenir l’un ou l’autre des dispositifs de
production de froid pour assurer le maintient des produits dans la gamme de températures
souhaitée. Ainsi les laboratoires pharmaceutiques ne sont pas limités dans leur capacité de dis-
tribution et peuvent transporter leurs produits sur l’ensemble du globe. Toutefois des risques de-
meurent, notamment lors du transfert d’un transporteur à un autre ou lors de chargements et de
déchargements, car alors les produits peuvent être amenés à subir directement les températures
extérieures pendant des durées variables. Ces opérations sont particulièrement critiques par
exemple sur les tarmacs des aéroports où les produits peuvent de plus être exposés à l’enso-
leillement, faisant monter drastiquement les températures. Pour remédier à ces problèmes, la
solution adoptée est généralement le recours à des emballages thermiques.
[Link] Polyéthylène
Le polyéthylène est le polymère le plus utilisé au monde, notamment à cause de sa simplicité
ainsi qu’à la très large gamme d’utilisations possibles. En fonction de son point de fusion,
on divise le polyéthylène en plusieurs catégories : basse, moyenne et haute densité. Chaque
classe ayant ses applications industrielles spécifiques. De manière générale on peut dire que
le polyéthylène basse densité est utilisé pour la fabrication de produits souples (sacs, films,
sachets...) tandis que le polyéthylène à haute densité est utilisé pour la fabrication de produits
rigides (flacons, bouteilles, boı̂tes...).
Le polyéthylène est le produit de la polymérisation de l’éthylène. Traditionnellement, la
polymérisation était menée à très hautes pression et température (plusieurs centaines de bars
et de degrès Celsius), mais au cours des années, l’apport d’énergie a été diminué en utilisant
des systèmes catalytiques. Le polyéthylène est actuellement fabriqué principalement via des
procédés en suspension.
La poudre issue du procédé de polymérisation est ensuite utilisée selon différentes techniques
de moulages afin de pouvoir produire les objets finaux. On peut citer le moulage par injection,
où le polymère fondu est forcé sous pression à l’intérieur d’un moule froid et fermé, le moulage
par compression, où le polymère ramolli est placé dans un moule chaud et une pression lui est
appliquée pour lui faire prendre la forme du moule...
La conductivité thermique du polyéthylène selon sa densité est consultable dans le tableau
1.6.
[Link] Polyuréthane
La transition d’un état liquide à un état gazeux est dénommé vaporisation (soit sous forme
d’ébullition, soit sous forme d’évaporation), tandis que la transition d’un état gazeux à un état
liquide est dénommé liquéfaction (ou encore condensation liquide).
Les phases gazeuses sont caractérisées par un désordre à toute distance. Les molécules
constituant la matière sont alors quasiment indépendantes les unes des autres et la matière n’a
ni forme ni volume propres (un gaz tend à occuper tout le volume disponible). Il n’existe qu’une
seule phase gazeuse par matériaux.
On parle de condensation solide, de déposition ou encore de sublimation inverse pour décrire
la transition d’un état gazeux à un état solide et de sublimation pour la transition d’un état
solide à un état gazeux.
Changement de phase d’un corps pur idéal : on parle d’un corps pur idéal (ou simple)
pour décrire un corps composé d’une unique espèce chimique. Pour un corps pur donné et un
volume fixé, chacune des phases a alors un domaine de stabilité dépendant de la pression et de
la température. Ces domaines sont représentables sur un graphique que l’on appelle diagramme
des phases (fig.1.4).
En effet, pour un corps pur, seules la température et la pression sont pertinentes pour
exprimer le potentiel chimique µ, la composition étant imposée par sa nature de corps pur.
Si on impose à la fois la température et la pression, le potentiel chimique µL (T, P ) de la
phase liquide, celui de la phase gazeuse µG (T, P ) et celui de la phase solide µS (T, P ) sont alors
déterminés et n’ont a priori aucune raison d’être égaux. Le système cherchera alors à minimiser
son enthalpie libre et le corps pur se retrouvera dans l’état qui correspond au plus petit des
potentiels chimiques.
La coexistence de deux phases n’est possible qu’à la condition de l’égalité des potentiels
chimiques, par exemple pour le cas liquide-gaz on écrit :
on obtient donc une relation entre la température et la pression qui se représente comme une
courbe sur le diagramme des phases. Ainsi, une transformation correspondant à une pression
constante p = patm peut se représenter sous la forme d’une ligne sur le diagramme des phases
(fig.1.5) coupant la frontière entre deux phases, ici celle entre la phase solide et la phase liquide.
La température en ce point correspond alors à la température de fusion Tf du corps pur. Si
T < Tf , le corps pur à l’équilibre thermodynamique sera sous sa phase solide. Si T > Tf , le
corps pur à l’équilibre thermodynamique sera sous sa phase liquide.
Dans le cas des emballages thermiques que l’on considère, les conditions d’utilisations im-
posent de limiter les variations de volume et de pression lors du changement de phase. De fait
cela interdit de recourir au changement de phase liquide-vapeur, malgré une énergie mise en
jeu bien plus importante, et donc une capacité de stockage plus élevée. On ne s’intéresse qu’au
changement de phase solide-liquide, car dans ce cas en effet, la courbe de coexistence solide-
liquide est quasiment verticale dans le diagramme température-pression, ce qui signifie que
la transformation intervient avec une variation de pression infime et négligeable, et l’on peut
définir pour les corps purs une unique température de fusion sans avoir à préciser la pression
correspondante.
Si maintenant on considère le changement de phase d’un point de vue dynamique. On sou-
met le corps pur à une perturbation en température à un temps t, il n’atteindra alors son
équilibre thermodynamique qu’à un instant t + ∆t. Le changement d”équilibre thermodyna-
mique implique des échanges de chaleur avec le milieu extérieur et le temps nécessaire au retour
à l’équilibre est le temps que prennent ces échanges.
L’évolution temporelle de la température T et du flux de chaleur massique q sortant d’un
corps pur idéal, de masse m et soumis à un échelon de température ∆T est représenté sur la
figure 1.6 dans le cas d’un changement de phase de liquide à solide. Cet échelon de température
provoque la solidification du matériau. On peut décrire l’évolution de ce refroidissement en trois
étapes :
1. Le refroidissement de la phase liquide : le corps pur sous forme liquide libère de la
chaleur sensible de manière à abaisser sa température jusqu’à atteindre la température
de fusion du matériau (fig.1.6,a). La valeur totale de la chaleur libérée lors de cette étape
vaut alors Hl = mcpl (Ta − Tf ), avec cpl la chaleur massique du liquide. Cette énergie
correspond à l’aire sous la courbe de flux (fig.1.6,b).
3. Le refroidissement du solide : le corps pur sous sa forme solide libère de la chaleur sensible
pour diminuer en température jusqu’à atteindre la température finale Tz . La chaleur
libérée a alors pour valeur Hs = mcps (Tf − Tz ), avec cps la chaleur massique du solide.
Changement de phase d’un corps pur réel : un corps pur réel, a contrario d’un corps
pur idéal, est constitué à partir d’atomes de natures différentes. Il peut alors se présenter sous
a)
b)
Figure 1.6 – Représentation d’un changement de phase de solide à liquide d’un corps pur idéal,
a) évolution de la température, b) évolution du flux massique de chaleur.
Figure 1.7 – Évolution de la température lors de la solidification d’un corps pur réel.
tique change de phase sans créer de ségregation de ses composants (ce qui permet d’assurer
la réversabilité de la transformation), le qualifie comme un bon candidat pour un matériau à
changement de phase en vue d’utilisation pour le stockage d’énergie.
Selon la composition et la concentration des différents composants d’un eutectique, on peut
faire varier la température de changement de phase de manière à s’approcher au mieux du
domaine d’utilisation souhaité.
Zuo et al. [14] ont cherché à déterminé la stabilité thermique d’un eutectique d’acide
caprique/1-dodecanol. La température de fusion du matériau a montré un bon niveau de sta-
bilité pour une température de fusion de 6.52˚C.
Dimaano et Escoto [15] ont développé un mélange d’acide caprique et d’acide laurique (CA
à 65 % et CL à 35 %) comme possible matériau à changement de phase. Elles ont ensuite réalisé
une série de tests afin de vérifier leurs propriétés thermique. La température de fusion a été
évaluée à 16˚C, et il n’a été observé ni de surfusion, ni de precipitation et un très faible
changement de volume lors de la transformation.
Feldman et al. [16] ont ainsi travaillé avec un matériau à changement de phase eutectique
organique composé à 49 % de butyl stearate et 48 % de butyl palmitate. Ils ont pu vérifier que
son incorporation à de la pâte de plâtre (en vu de réaliser des panneaux de plâtre où le MCP est
déjà intégré, de manière à proposer des matériaux de construction à stockage d’énergie) faisait
peut varier ses caractéristiques. Ainsi le butyl stearate affichait une température de fusion de
17˚C, l’absorption et la libération de la chaleur lors de la transformation n’étaient pas affectées
par sa présence dans le plâtre.
Karaipekli et Sari [17] ont préparé un mélange d’acide caprique à 73.5 % et d’acide my-
ristique à 26.5 %, confinée dans de la perlite expansée. Après une série de test, ils ont estimé
que la solution était suffisament stable pour pouvoir être considéré comme un bon candidat de
matériau à changement de phase pour le stockage d’énergie dans le bâtiment. La température
de fusion du MCP à été évaluée à 21.4˚C.
Kimura et Kai [18] ont étudié des eutectiques non-organiques, sous la forme de mélange de
CaCl2 .6H2 O avec différents sels hydratés ou des nitrates anhydres. Ils ont pu montrer que ces
matériaux affichaient des propriétés satisfaisantes de MCP.
Dans le tableau 1.8 sont regroupés les caractéristiques des eutectiques précédemment décris.
Point Chaleur
de La-
MCP Référence
fusion tente
(˚C) (kJ kg− 1)
Acide caprique (70 %) + 1-dodecanol (30 %) 6.52 171.06 Zuo et al. [14]
Dimaano et Escoto
Acide caprique (65 %) + acide laurique (35 %) 16 116.76
[15]
Butyl stearate (49 %) + butyl palmitate (48 %) 17 138 Feldman et al. [16]
CaCl2 .6H2 O (96 %) + N H4 N O3 (2 %) + N H4 Br (2%) 20 141 Kimura et Kai [18]
CaCl2 .6H2 O (80 %) + CaBr2 .6H2 O (20 %) 20 117 Kimura et Kai [18]
Karaipekli et Sari
Acide caprique (73.5 %) + acide myristique (26.5 %) 21.4 152
[17]
CaCl2 .6H2 O (96 %) + KN O3 (2 %) + KBr (2%) 23 138 Kimura et Kai [18]
CaCl2 .6H2 O (93 %) + Ca(N O3 )2 .4H2 O (5 %) +
24 125 Kimura et Kai [18]
M g(N O3 )2 .6H2 O (2 %)
Table 1.8 – Points de fusions et chaleurs latentes de plusieurs eutectiques organiques et non-
organiques.
Point Chaleur
de La-
MCP Référence
fusion tente
(˚C) (kJ kg− 1)
C14 H30 4.5 165 Lorsch et al. [19]
paraffine (75 %) + styrène-butadiène-styrène (75 %) 7.7 115 Royon et Guiffant [21]
C15 H32 8 153 Lorsch et al. [19]
paraffine (76 %)+polyéthylène (24 %) 54.15 121.4 Inaba et Tu [20]
Les non-paraffines constituent les matériaux à changement de phase les plus abondants
et avec les caractéristiques thermiques les plus variées. Ils comprennent les esters, les alcools,
les glycols... Toutefois les matériaux les plus prometteurs parmis les non-paraffines sont les
acides gras car ils sont facilement disponibles dans de nombreuses gammes de températures de
fusion. Ils sont extraits de végétaux ou d’huiles d’origine animale ce qui permet de garantir
une production continue contrairement aux produits issus de ressources pétrolières. Comme les
paraffines, ils ne présentent pas de phénomène de surfusion et sont stables chimiquement, mais
ils sont aussi inflammables. Leurs principal défaut comparativement aux paraffines vient de
leurs prix, généralement plus élevés. Les acides gras les plus fréquemment utilisés en tant que
matériau à stockage d’énergie sont les acides stearique, palmitique, laurique et myristrique.
Nikolic et al. [22] ont ainsi étudié le comportement thermique d’acides gras esters tels que le
methyl palmitate ou le methyl stearate. Les tests de stabilité conduits sur 18 mois ont permis
d’observer que les propriétés thermiques ne subissaient pas de changement notable.
Aydin et Aydin [23] ont porté leur attention sur des acides gras à grand nombre de liaisons.
Les six acides gras étudiés ont affichés des températures de fusion variant de 29 à 60˚C, ils ont
montré une bonne stabilité et une chaleur latente au dessus de 185 kJ kg− 1.
Les propriétés thermiques de quelques acides gras sont regroupés dans le tableau 1.11.
Point Chaleur
de La-
MCP Référence
fusion tente
−
(˚C) (kJ kg 1)
Acide formique 7.8 247 Sharma et al. [24]
Glycerin 17.9 198.7 Sharma et al. [24]
Erythritol tetrapalmitate 21.93 201.1 Sari et al. [25]
Methyl palmitate 29 215 Nikolic et al. [22]
Hexadecyl decanoate (cetyl caprate) 29.38 186.36 Aydin et Aydin [23]
Methyl stearate 37.8 270 Nikolic et al. [22]
Hexadecyl dodecanoate (cetyl laurate) 38.24 195.53 Aydin et Aydin [23]
Wada et al. [27] ont étudié la diminution de la capacité calorifique de trihydrate d’acetate
sodium gélifié. Les tests ont démontré que la version gélifié présentée peu de détérioration ther-
mique après plus de 500 cycles thermiques. Toutefois ces résultats ont ensuite été infirmés par
Kimura et Kai [28] qui ont observé que le matériau ne supportait pas les changements de phase
répétés. Les résultats de Wada ont pu être faussé par un nombre trop restreint d’échantillons.
Tyagi et al. [29] ont porté leur étude sur de l’hexahydrate de chloride de calcium, et ont
observé une bonne stabilité de la capacité calorifique du matériau après des tests de 1000 cycles
thermiques.
Quelques exemples de sels hydratés sont présentés dans le tableau REF.
Point de Chaleur
MCP fusion Latente Référence
(˚C) (kJ kg− 1)
LiClO3 .3H2 O 8.1 392.9 Naumann et Emons [30]
CCl3 F.17H2 O 8.5 210 Kimura et Kai [28]
N aOH.3.5H2 O 15.4 284.4 Naumann et Emons [30]
KF.4H2 O 18.5 480.2 Naumann et Emons [30]
CaCl2 .6H2 O 23.26 125.4 Tyagi et al. [29]
N aCH3 COO.3H2 O 58 230 Wada et al. [27]
Figure 1.12 – Temps de conservation des produits suivant le type de conteneur, par rapport à
la valeur de la température extérieure, Espeau et al. [31].
Les auteurs ont aussi remarqué que le gain en temps de conservation, représenté par le
rapport tt21 (où t1 est le temps de conservation des produits dans le cas sans présence de MCP,
et t2 dans le cas avec MCP), pouvait être relié à la quantité de MCP, ou plus exactement le
ratio entre la quantité de MCP et la quantité de produit transporté (fig.1.13). Leur conclusion
fut qu’en première approximation, il est possible de considérer que l’épaisseur des parois ou l’air
de la surface de contact avec l’environnement extérieur sont des paramètres moins important
que la quantité de MCP par rapport à la quantité de produit.
Rentas et al. [32] ont, quand à eux, étudié plusieurs types de conteneurs de modèle sacoche
constitués de mousses ou de panneaux d’isolation sous vide (VIP). Les produits transportés
étaient des solutions sanguines, devant être conservées dans un intervalle de température com-
pris entre 1˚C et 10˚C. Les matériaux à changement de phase utilisés étaient présentés sous
trois formes : des briques solides, des pochettes souples, ou des matériaux préintégrés. Les pro-
Figure 1.13 – Gain en temps de conservation par rapport au ratio entre quantité de MCP et
quantité de produit, Espeau et al. [31].
priétés des MCP non intégrés ont été déterminées par calorimétrie différentielle à balayage, et
les résultats ont montré une différence importante par rapport aux données des fabricants. Les
emballages chargés ont ensuite été testé en étant soumis à des températures constantes (-24˚C
et 40˚C).
Les auteurs ont conclu des résultats expérimentaux que les MCP présents dans les embal-
lages remplissaient bien leur rôle d’absorption ou de restitution d’énergie, toutefois les valeurs
des températures de changement de phase réelle des MCP en brique ou en pochette (à oppo-
ser aux températures indiquées par les fabriquants) étaient trop basses (-6.7˚C et 0.7˚C au
lieu des -1.1˚C et 4.4˚C indiqués) et ont dégradé les résultats attendus pour les caisses qui
en étaient équipées. En revanche, le recours à des MCP préintégrés a offert de bien meilleurs
résultats en terme de durée de conservation, ainsi qu’en terme d’homogénéité des températures
internes. Un test supplémentaire a été réalisé en simulant l’ouverture ponctuelle de l’emballage
afin d’en retirer des produits, les résultats ont montré une perte de durée de conservation de
trois heures sur l’ensemble du test.
D’autres auteurs ont aussi étudiés divers emballages thermiques de petits volumes, équipés
de matériaux à changement de phase, et on pu mettre en évidence l’efficacité de ces dispositifs.
On peut citer ainsi Mondieig et al. [33][34] et Sharley et al. [35] pour le transport de poches de
sang, ou encore Kendal et al. [36] et Rooney et al. [37] qui mettent en œuvre l’utilisation de
carboglace pour le transport de produit à des températures négatives.
de fusion du MCP) en un point du système pouvait, dans le cas où la température du MCP
était considérée comme constante et égale à sa température de fusion, être écrite comme une
∗ = (T
fonction linéaire de la température ambiante adimensionnée TExt Ext − Tf )/(T0 − Tf ). Soit
donc pour une température ambiante constante que :
T (x, t) − Tf TExt − Tf
= α(x, t) + β(x, t) (1.4)
T0 − Tf T0 − Tf
où α et β sont des coefficients sans dimension dépendant de la géométrie du chargement et
des propriétés des matériaux. Ces coefficients sont calculés à partir de résultats expérimentaux
correspondant à deux situations différentes, ici la température ambiante a été changée entre
l’expérience A et l’expérience B. En implémentant les valeurs mesurées par expérimentation
dans l’équation 1.4, on obtient un système à deux inconnues et à deux équations que l’on peut
résoudre pour obtenir les valeurs de α et β :
n
X
(T (x, t) − Tf ) = (T0 − Tf )α(x, t) + (TExt − Tf )β(x, t) + (Tk − Tk−1 )β(x, t − tk−1 ) (1.7)
k=2
a) b)
Figure 1.14 – Comparaison de résultats issu du modèle mathématique de prédiction avec ceux
issus de l’expérimentation, par Laguerre et al. [38].
East et Smale [39], pour le besoin de leur étude, on développé un modèle numérique basé
sur une approche zonale des transferts thermiques. Dans chaque zone du système, on considère
l’équation de conservation de l’énergie pour chaque matériau telle que :
S
dH X
m = Φs (1.8)
dt
s=1
a) b)
compartiment, l’un en dessous contenant le MCP et le second au dessus contenant les produits
à transporter.
Figure 1.16 – Configuration de départ de l’emballage considéré par East et Smale [39].
Les auteurs définissent ensuite les paramètres à faire varier de manière à pouvoir optimiser
cette configuration. Ces paramètres sont la nature et l’épaisseur du matériau isolant, des MCP
et de la plaque de séparation, ainsi que la température de démarrage des produits et des MCP.
La configuration de la caisse est ensuite encodée par son génome. Chaque paramètre est assimilé
à un gène et est représenté par un nombre défini par l’utilisateur et représentant les différentes
valeurs que peut prendre ce paramètre. Le génome est ensuite formé en assemblant les gènes
pour chaque paramètre, en créant ainsi une chaine de nombres représentant une configuration
possible de l’emballage.
Un critère de sélection doit alors être choisi, de manière à pouvoir trier les individus. Les
auteurs ont défini comme critère le coût de l’emballage et de son transport. Ce coût est calculé
à partir du coût des différents matériaux utilisés rapporté à leur quantité , ainsi que le coût de
transport proportionnel au poids du système. A cette valeur calculée est rajouté une pénalité de
dépassement des limites de température. Ainsi lorsque la température à l’intérieur de l’emballage
dépasse 8˚C la pénalité est de 1000 $ par degré, et lorsque la température descend en dessous
de -1˚C, la pénalité est de 10 000 $ par degré. Le coût total calculé permet de classer les
individus entre eux pour une même génération de sorte que le meilleur individu ait le rang le
plus élevé (ici rn = 90) et le plus mauvais le rang le plus faible (ici rn = 1).
Chaque génération doit posséder le même nombre d’individu, afin de sélectionner les couples
qui généreront un nouvel individu chacun, à chaque génome est associé une probabilité d’ac-
couplement pn proportionnelle à son rang et telle que :
!
rn
pn = P90 (1.9)
n=1 rn
89 paires d’individus sont alors choisies de manière semi-aléatoir (car prenant en compte
la probabilité d’accouplement) afin de générer chacune un nouvel individu ? Il est possible
qu’un même individu soit sélectionné plusieurs fois dans des paires différentes. Aux individus
selectionnés sur la base de la probabilité d’accouplement, sont rajouté 11 autres individus
sélectionnés comme les meilleurs de la génération précédente. Les auteurs ont aussi pris en
compte la possibilité d’une mutation spontané des gènes en fixant un taux de mutation de 5 %.
Ainsi, pour chaque gène d’un nouvel individu, la génération aléatoire d’un nombre permet de
définir si le gène subit une mutation ou non. Si le gène subit une mutation alors la valeur de ce
gène est généré aléatoirement dans l’intervalle de valeurs possibles défini en amont. Si le gène
ne subit pas de mutation, alors il hérite de ses parents, et chaque parent à 50 % de chance d’être
celui qui transmettra son gène à l’enfant.
Ce processus de création de génération dure jusqu’à ce que l’on ait atteint le nombre de
génération maximum défini au préalable. Ici, les auteurs ont arrêté le nombre de génération
à 40, et les configurations optimales sont celles offrant les meilleurs résultats dans la dernière
génération.
Trois modèles de caisses générées par cette méthode ont ensuite été testés (East et al. [42])
pour différents voyages afin de vérifier leur validité, avec des résultats satisfaisants.
1.5 Conclusion
La première partie de ce chapitre a permis de montrer que la bonne conservation des
médicaments lors de leur transport et de leur stockage avant distribution est un enjeu cru-
cial, tant du point de vue de la santé que du point de vue économique. Des médicaments mal
conservés peuvent se dégrader et des études de stabilité doivent être menées pour définir pour
chacun les bonnes conditions de conservation.
Le rôle de la chaı̂ne du froid décrite dans la deuxième partie est de s’assurer que ces condi-
tions sont bien respectées sur toute la durée du trajet, du laboratoire de fabrication jusqu’au
client final. Chaque intervenant possède alors son lot de responsabilité et d’outils pour y faire
face.
Il existe un panel relativement important de moyens logistiques permettant le contrôle
des températures d’un chargement lors du transport. Ces différents moyens sont décris dans
la troisième partie. On constate deux grandes méthodes de maintien de la température : une
méthode active, ayant recours à des systèmes générateurs de froid utilisant une source d’énergie
électrique, et une méthode passive, utilisant les propriétés énergétiques des matériaux à chan-
gement de phase pour absorber les variations de températures de l’environnement et ainsi
protéger les produits transportés. Si les températures peuvent être ainsi bien maintenues lors
du transport entre deux acteurs de la chaı̂ne du froid, des ruptures peuvent intervenir lors de
la transition des produits d’un transporteur à un autre (comme par exemple le stockage des
produits sur un tarmac d’aéroport ou sur les quais d’un port). Une solution apportée à ce
problème consiste en l’utilisation d’emballage thermiques réfrigérés.
La description des emballages thermiques réfrigérés est réalisé en quatrième partie. Ces
emballages font intervenir d’une part les capacités d’isolation des matériaux en constituant le
corps, et d’autre part les propriétés d’absorption et de libération de la chaleur des matériaux
à changement de phase. Si le rôle et l’efficacité des MCP dans ce genre de système a déjà
été largement étudié et confirmé, on constate que tous les paramètres pouvant faire varier la
température au sein des emballages ne sont pas nécessairement mis en avant. Ainsi par exemple,
l’infiltration d’air dans les emballages n’est pas documentée. Par ailleurs la recherche d’une
solution optimale pour un transport donné constitue encore un défi étant donné le nombre
important de paramètres pouvant être pris en compte. L’expérimentation permet de vérifier
l’efficacité de différentes configurations d’emballages, mais le processus demeure long et coûteux.
On peut alors chercher à développer un modèle numérique permettant de faire varier les valeurs
des différents paramètres de manière à simuler en amont différentes configurations et ainsi
diminuer la quantité de tests expérimentaux nécessaires à la définition d’une solution.
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September 2009.
Sommaire
2.1 Perméabilité à l’air des emballages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.1.1 Cas des bâtiments . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2.1.2 Mesure de la perméabilité des emballages . . . . . . . . . . . . . . . . 39
2.1.3 Évaluation du cœfficient de perméabilité pour différentes configurations 41
2.2 Mesures thermiques sur une caisse SB24 . . . . . . . . . . . . . . . . 47
2.2.1 Dispositif expérimental . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
2.2.2 Résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
2.3 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
35
associées. Le taux de renouvellement d’air est une donnée potentiellement importante car une
partie au moins du chargement est en contact direct avec ce dernier sans protection d’une
épaisseur de matériaux à changement de phase.
On sait aussi que certaines solutions transportées peuvent être sensibles aux variations de
pression (on peut par exemple penser aux cellules souches ou autres solutions vivantes). Ainsi
Rozak et al [1] ont cherché à étudier un caisson de petite taille et renforcé de manière à éviter
les variations de pression à l’intérieur de l’emballage, après avoir observé que la pression exercée
sur l’emballage pouvait fortement varier lors d’un voyage en avion (fig. 2.1).
Figure 2.1 – Pressions enregistrées lors du transport d’un chargement de cellules souches vers
différents centres de recherches (Rozak et al, [1]).
Les fuites d’air d’un bâtiment trouvent leur origine dans la différence de pression entre
l’intérieur et l’extérieur de ce bâtiment. Cette différence résulte de l’effet conjoint de paramètres
externes comme la pression du vent et le tirage thermique, ou internes comme le système
de ventilation et de chauffage. La pression cherchant à se rééquilibrer, elle va provoquer des
mouvements d’air : les fuites à travers l’enveloppe du bâtiment.
L’effet du vent sur les bâtiments est la plupart du temps représenté par une pression d’arrêt
qui correspond à la pression du vent exercée localement. La répartition de cette pression sur
les surfaces du bâtiment dépend de la vitesse et de la direction du vent, de la hauteur et de la
forme du bâtiment ainsi que du terrain avoisinant.
1
Pv = kP ρ u2v (2.1)
2
où uv correspond à la vitesse du vent à une hauteur de référence (m s−1 ), kP est le coefficient
de pression du vent, et ρ la masse volumique de l’air (kg m−3 ).
On considère les pressions positives sur les surfaces dites faces au vent , entrainant des
infiltrations. Et les pressions négatives sur les surfaces dites sous le vent , entrainant des
exfiltrations. L’angle d’incidence du vent sur les autres côtés définira la valeur de la pression.
où g est l’accélération de la pesanteur (9, 81m s−2 ) et ρi la masse volumique de l’air dans la
zone i.
La masse volumique est elle même dépendante de la température et peut s’écrire comme
suit :
ρ = ρref (1 − β ∆T ) (2.3)
où ρref est la densité de l’air à une température de référence Tref , ∆T le différentiel de
température (T − Tref ) et β le coefficient d’expansion thermique.
Cette relation n’est cependant valable qu’à la condition que la variation de densité du fluide
reste faible et que β ∆T << 1
Un changement de température entraı̂nant un changement de pression, il provoque alors un
mouvement d’air et des échanges de matière.
Figure 2.2 – Exemple d’images thermiques permettant d’identifier des fuites dans diverses
partie d’une habitation.
– la valeur de l’émissivité des matériaux, laquelle est souvent mal connue et peut même
varier en fonction de la température ;
– l’angle de vue : la caméra mesurant un rayonnement, l’angle d’incidence de l’objet par
rapport à la caméra a de fait une influence sur les résultats ;
– la distance entre l’objet étudié et la caméra : plus elle est grande et plus le rayonnement
perd en précision. De plus avec l’éloignement, l’épaisseur d’air augmente et avec elle le
parasitage dû à la qualité de l’air (poussière, humidité. . .) ;
– les sources de chaleurs secondaires, qui si elles existent peuvent déformer l’image ther-
mique en rajoutant des informations parasitaires.
Il convient donc d’être extrêmement prudent lors de l’interprétation des résultats issus de
la thermographie infrarouge, à plus forte raison lorsque les objets étudiés ont une géométrie
compliquée ou sont constitués de matériaux dont l’émissivité est mal connue.
q̇v = k ∆P n (2.4)
où q̇v est le débit volumique d’air injecté, ∆P le différentiel de pression et k le coefficient de
perméabilité. L’exposant n quand à lui, dépend de la nature de l’écoulement : s’il est proche de
1 il caractérise un écoulement laminaire, s’il est proche de 0.5, alors il caractérise un écoulement
inertiel.
Par régression linéaire on peut obtenir la valeur du coefficient k, laquelle est ensuite utilisée
pour calculer divers indicateurs de fuites dont on peut citer quelques exemples (Carrié et al.
[3]).
r
k ρ 1
AL (∆Pref ) = (∆Pref )(n− 2 ) (2.5)
Cd 2
a) b)
Figure 2.3 – (a) Photographie de l’intérieur de la caisse instrumentée pour les mesures de
perméabilité, (b) Schéma de principe du dispositif.
On corrige tout d’abord la valeur du débit d’air mesuré q̇m par la valeur des masses volu-
miques de l’air intérieur et extérieur, de manière à obtenir la valeur du débit volumique d’air
sec à travers l’enveloppe q̇v :
ρExt
q̇v = q̇m (2.9)
ρInt
où les valeurs des masses volumiques sont calculées comme suit :
patm − 0.37802 pv
ρ= (2.10)
287.055 Tair
avec patm la pression atmosphérique (Pa), Tair la température de l’air (K), et pv la pression
partielle de vapeur d’eau dans l’air :
pv = φh pvs
φh est l’humidité relative en pourcentage et pvs est la pression de saturation de la vapeur d’eau
dans l’air à température Tair :
6790.4985
pvs = exp 59.484085 − − 5.02802 ln(Tair )
Tair
Les résultats peuvent être présentés sur un graphique en portant le débit d’air à travers
l’enveloppe en fonction des différences de pression induites (cf figure 2.4)
Figure 2.4 – Débit d’air à travers l’enveloppe en fonction du différentiel de pression entre
extérieur et intérieur.
Les données ainsi corrigées, peuvent être utilisées pour déterminer le coefficient de débit
d’air à travers l’enveloppe k par régression linéaire et tel que :
q̇v = k ∆pn (2.11)
Pour obtenir le coefficient de perméabilité kL , on applique à k une nouvelle correction pour des
conditions normales de température et de pression :
ρInt 1−n
kL = k (2.12)
ρ0
avec ρExt la masse volumique de l’air intérieur, et ρ0 la masse volumique de l’air dans des
conditions de référence de température et de pression (20 ˚C et 101325 Pa).
a) b)
Figure 2.5 – Pallet Shipper Frizbox R , (a) version XXL, (b) version SB24.
Évalutation du cœfficient de perméabilité pour la caisse XXL : Sur la figure 2.6 sont
présentés les résultats d’une première série de mesures, réalisée sur une caisse XXL fermée à
l’aide de ses 3 sangles. Il s’agit d’une courbe représentant l’évolution du débit d’air à travers
l’enveloppe en fonction du différentiel de pressions entre l’extérieur et l’intérieur de la caisse.
Il peut être observé que les résultats sont très proches les uns des autres pour chaque série
de mesure, ce qui permet d’affirmer une bonne répétabilité des mesures sur une même caisse
(ouverte puis refermée entre chaque essai). Le cœfficient de perméabilité est alors estimé à
0.12 m3 Pa−2/3 h−1 , ce qui correspond à une surface de fuite équivalente sous un différentiel
de pression de référence de 10 Pa et en considérant des bords vifs : AL (∆Pref = 10 Pa) =
6.32 × 10−5 m2 , ou encore une ouverture de la porte sur tout son pourtour de 0.0106 mm.
Figure 2.6 – Mesures du débit en fonction de la pression pour la caisse XXL, fermée à l’aide
de ses trois sangles.
Influence du serrage des sangles : Une deuxième série de mesures a été effectuée sur une
nouvelle caisse, afin d’observer les variations de la perméabilité à l’air des caisses en fonction
de la manière dont les sangles ont été serrées. Pour ce faire, les sangles ont tout d’abord été
serrées au maximum, puis pour chaque essai les sangles ont été desséréés de 0.5 cm au niveau
de la boucle. Les résultats sont visibles sur la figure 2.7. En première observation, on peut
voir que lorsque les sangles sont serrées au maximum, le cœfficient de perméabilité est estimé
à 0.26 m3 Pa−2/3 h−1 , il est donc supérieur à celui précédemment mesuré. On en conclut que
d’une caisse à l’autre déjà le coefficient est fluctuant. On peut expliquer cela par le fait que
les caisses sont assemblées par collage, à la main, ce qui implique des imperfections qui se
traduisent par des différences de perméabilité entre les caisses. On constate ensuite que, comme
on pouvait s’y attendre, le coefficient va croissant lorsque le serrage décroı̂t. Lorsque les sangles
sont complétement lâches, alors il n’est plus possible de mesurer de variation de pression.
Figure 2.7 – Évaluation du cœfficient de perméabilité de la caisse XXL version sangles pour
plusieurs serrages.
Influence de la largeur du joint de fermeture de la porte : Les portes des caisses sont
équipées d’un joint sur leur pourtour afin de diminuer les infiltrations d’air à ce niveau. Un
premier test a été effectué afin de vérifier l’utilité de la présence de ce joint. Il a été observé
qu’en l’absence de joint, les fuites étaient trop importantes pour qu’il soit possible de mesurer
des variations significatives de pression en fonction des débits d’air injectés. La présence d’un
joint s’avère donc impérative, toutefois pouvait se poser encore la pertinence de la largeur de ce
dernier. En effet, jusqu’alors les joints utilisés étaient des bandes de 4 cm de largeur. Un test a
été réalisé avec une porte dont les joints ont été rapportés à 1 cm de largeur, dont les résultats
sont présentés sur la figure 2.9. On peut observer qu’un joint moins large offre une meilleure
étanchéité de la caisse (un débit d’air moins élevé). L’explication peut se trouver dans le fait
que pour que le joint puisse se déformer et épouser les irrégularités des surfaces une certaine
force doit y être exercée. Plus le joint est large, plus la force à appliquer est importante. A
Figure 2.8 – Comparaison des mesures débit/pression en fonction du nombre de sangles fer-
mant la caisse.
l’inverse, pour une force finie, un joint moins large se déforme d’avantage, réduisant ainsi les
interstices.
Figure 2.9 – Comparaison des mesures débit/pression pour la caisse XXL pour deux joints de
largeur différente.
a) b) c)
Figure 2.10 – (a) Système de fermeture à verrou, (b) dispositif de sécurité, (c) caisse XXL
équipée de verrous.
Les premiers tests, réalisés sur une caisse XXL fermée avec le système de verrous, s’avérant
négatifs (pas de variation de pression à plein débit), les essais suivants ont été réalisés en appli-
quant la porte avec verrous au corps de la caisse testée précédemment avec un système de fer-
meture à sangles. Les résultats sont présentés sur la figure 2.11. Les coefficients de perméabilité
sont alors estimés avec et sans le dispositif de sécurité respectivement à 0.29 m3 Pa−2/3 h−1 et
0.35 m3 Pa−2/3 h−1 . La présence du dispositif de sécurité diminue la perméabilité de la caisse,
ce qui indique par ailleurs que la présence de verrous est bel et bien la cause de fuites d’air.
Figure 2.11 – Mesures débit/pression dans le cas ou la porte à verrous est utilisée avec le corps
de la XXL version sangles.
Pour quantifier la différence essentiellement due aux verrous, deux tests ont été ensuite
effectués sur le même corps de caisse (version sangle) avec les deux versions de porte, et dont
les contours ont été mastiqués pour éliminer les fuites au niveau du contact entre la porte et la
caisse. Les résultats de ces tests sont présentés sur la figure 2.12. Le débit étant une grandeur
extensive on peut considérer que le débit d’air engendré par l’ensemble des fuites de la caisses
est égale à la somme du débit d’air lié aux fuites propres au corps même de la caisse et du débit
lié aux verrous :
Figure 2.12 – Mesures débit/pression pour les deux types de porte, utilisées sur la XXL version
sangle et mastiquées sur la jointure.
On peut en conclure que les fuites inhérentes aux verrous ne sont pas excessivement impor-
tantes, elles ne peuvent en tout cas pas justifier l’impossibilité d’effectuer des mesure lors des
premiers tests sur la version verrous. C’est donc bien au niveau des contours de la porte que
se trouve la cause des fuites d’air les plus importantes. La pression excercée par le système de
verrous n’était de toute évidence pas suffisament forte pour permettre au joint de se déformer
et d’épouser les surfaces avec lesquels il fait le contact. Il a donc été décidé de réitérer les tests
sur la version verrous en adaptant les joints. Deux types de joints ont alors été testés : un
joint Alveosoft et un joint PVC BB5, de largeurs 40 mm et 15 mm. Les résultats sont visibles
sur la figure 2.13. Les cœfficients de perméabilité sont alors estimés entre 0.76 m3 Pa−2/3 h−1
et 0.91 m3 Pa−2/3 h−1 , soit une surface de fuite équivalente comprise entre 4 × 10−4 m2 et
4.79 × 10−4 m2 ou encore une ouverture de la porte sur tout son pourtour entre 0.0673 mm et
0.0806 mm.
La conduite de ces essais a donc permis d’identifier la source principale des problèmes
d’étanchéité des caisses, à savoir la compression du joint lors de la fermeture de la porte. Cette
observation a ensuite permis d’améliorer le cas de la caisse verrou qui présentait alors des fuites
trop importantes pour pouvoir effectuer des mesures de perméabilité. Toutefois, la perméabilité
de la caisse en version verrous reste toujours plus importante que dans le cas de la version sangle,
la force excercée par les verrous atteignant difficilement celle excercée par les sangles lors de la
fermeture de la caisse.
Cas de la Pallet Shipper Frizbox SB24 version verrous : Une dernière série de tests a
été effectuée sur le modèle SB24 de la Pallet Shipper Frizbox. Celle ci était équipée elle aussi
d’un système de fermeture à verrous. Lors de ces tests, deux raideurs de ressort différentes ont
été essayées dans une tentative d’augmenter la force excercée par les verrous sur la porte. Les
résultats sont présentés sur la figure 2.14. Les valeurs des cœfficients sont alors estimées entre
0.14 m3 Pa−2/3 h−1 et 0.17 m3 Pa−2/3 h−1 . Ce qui correspond à des surfaces de fuite équivalente
comprises entre 7.37 × 10−5 m2 et 8.95 × 10−5 m2 , ou encore une ouverture de la porte sur tout
son pourtour de 0.015 mm à 0.0183 mm. La version SB24 semble donc bien moins perméable
que la version XXL de la Pallet Shipper Frizbox, ce qui s’explique par le fait que la caisse étant
Figure 2.13 – Mesures débit/pression dans le cas de la XXL version verrous, pour différents
types de joints.
moins grande, notamment la porte, la force à excercer pour compresser les joints est moins
importante.
Figure 2.14 – Mesures débit/pression dans le cas de la SB24 verrous, pour des ressorts de
raideurs différentes.
et les configurations possibles sont nombreus et il a fallut faire un choix, ce choix c’est porté sur
le modèle le plus couramment utilisé, à savoir la SB24, dans une configuration correspondant
à un voyage se déroulant en été.
[Link] Configuration
La configuration des caisses est limitée par un cahier des charges faisant intervenir à la fois
des besoins d’ordre économique (ils ne doivent pas couter trop cher, ni être trop lourd pour ne
pas augmenter le prix du transport) et des besoins de practicité pour la manutention (les caisses
doivent être suffisament faciles à charger et à manipuler). Ces restrictions ne permettent pas
de charger la caisse en accumulateurs de froid sur toutes les faces. En effet si cela permettrait
d’augmenter l’inertie globale de l’emballage en plus de protéger directement les produits, cela
aurait aussi pour conséquence de diminuer le volume utile, d’alourdir la caisse et compliquerait
grandement la tâche des manutentionaires lors du chargement car il est compliqué d’apporter
des accumulateurs dans le fond de la caisse et à l’avant.
Les accumulateurs de froid sont alors disposés sous forme de plaques dans des logements
latéraux (fig. 2.15), ainsi qu’en dessous et au dessus du chargement. Une plaque de séparation en
carton triple canelure est introduite entre les accumulateurs et le chargement en dessous et au
dessus afin de protéger les produits du froid car ces accumulateurs sont chargés à température
négative (-16˚C dans notre cas) tandis que les latéraux sont chargés à température positive
(+5˚C).
a) b)
Figure 2.15 – Schema de la caisse SB24 dans la configuration retenue : a) vue de face, b) vue
de profil.
[Link] Thermocouples
La mesure des températures au sein du dispositif expérimental est effectuée à l’aide de 167
thermocouples. Les thermocouples utilisés ont été fabriqués à partir de bobines de fils pour
thermocouples de type K (chromel/alumel) de 0.2 mm de diamètre et torsadés. Les soudures
froides de ces thermocouples sont réparties en 5 groupes, chacun insérés dans une pièce cylin-
drique en cuivre de 5 cm de diamètre et de 8 cm de haut. Les cinq cylindres sont eux même
placés dans un boitier isolé. La température de chaque cylindre est relevée par une sonde platine
PT100. Des cables en cuivre font ensuite le lien entre les soudures froides et les 5 cartes d’ac-
quisitions Keithley 7708 disposant chacune de 40 canaux différentiels. Ces cartes d’acquisitions
sont branchées sur un multimètre Keithley 2700 permettant la mesure des tensions du système,
lesquelles sont relevées via un ordinateur en utilisant une interface d’acquisition développée
sous Labview. Un schéma de principe est présenté sur la figure 2.16
a) b)
Figure 2.17 – Disposition des thermocouples : a) vue de l’une des faces extérieures, b) coupe
en profil.
L’étalonnage des thermocouples a été effectué à l’aide d’un bain thermostaté. Pour chaque
échelon de température, on réalise N = 10 mesures en relevant à chaque fois la tension aux
bornes des thermocouples (Ui ), la température au niveaux des soudures froides (TSF , mesurées
à l’aide des sondes platine) et la valeur de la température de référence (Tref )). Pour chaque
échelon on calcule les moyennes des tensions aux bornes du thermocouple et du différentiel de
température entre la référence et la soudure froide :
PN
i=1 Tref,i
∆Tref = − Tref (2.14)
N
PN
i=1 Ui
Ū = (2.15)
N
À partir de ces valeurs et par la méthode des moindres carrés on peut alors calculer la valeur
de la température mesurée.
2.2.2 Résultats
Dans cette section sont présentés les résultats issus des expérimentations thermiques sur la
caisse Pallet Shipper Frizbox SB24. Plusieurs profils de température ont été testés, notamment
un profil basé sur la norme ISTA7E, puis un profil constant auquel a été rajouté la simulation
de l’ensoleillement à l’aide de lampes solaires dont est équipée la chambre d’essais.
Températures sur les faces extérieures : Les premières sondes considérées ont été placées
au centre de chaque face, entre le carton d’emballage et le corps en polyurethane de la caisse.
On peut voir sur la figure 2.19 que ces températures sont très proches les unes des autres (au
plus 0.5 degrés d’écart) et sont consistantes avec la température du profil extérieur. Ce qui
permet d’affirmer à la fois une bonne homogénéité des températures appliquées à la caisse, et
un effet restreint en matière de protection thermique de l’emballage carton (dont ce n’est pas
la fonction,puisqu’il est présent sur les caisses en premier lieu pour les protéger des chocs et
des éraflures).
Températures des surfaces internes en contact avec les MCP : Dans le cas des sondes
placées entre le corps PU et les MCP (fig. 2.20) on observe des comportements assez différents
en fonction de l’emplacement de la sonde sur le panneau correspondant. Ainsi dans le cas des
panneaux latéraux on constate que, de manière générale, les sondes situées à l’arrière de la caisse
(1 et 4) affichent des températures plus élevées que celles situées à l’avant (2 et 3). On constate
aussi que les sondes situées vers le bas de la caisse (3 et 4) présentent de plus forte variations,
en particulier au démarrage du test, que celles situées vers le haut de la caisse. Il est intéressant
de remarquer que les sondes du bas évoluent vers un même pic froid avant d’ensuite afficher des
évolutions différentes, celles étant placées vers l’arrière de la caisse remontant plus rapidement
en température. Cela préfigure d’une influence de la présence des MCP à -25˚C au dessus et
au dessous du chargement. Ces derniers refroidissent le corps en PU de la caisse et crééent de
forts gradients de température sur les différents panneaux. Les sondes supérieures sont toutefois
protégées par la présence d’accumulateurs de froid à +5˚C, le transfert de chaleur entre les
MCP froids et les panneaux latéraux ne peut alors se faire que via le panneau arrière, tandis
que dans le bas de la caisse, les panneaux latéraux ne sont pas protégés des MCP froids et en
subissent donc plus fortement l’influence.
a) b)
c)
Figure 2.20 – Évolution de la température entre le corps et les MCP, (a) face gauche, (b) face
droite, (c) face inférieure.
Températures des surfaces internes en contact avec un volume d’air : Toutes les
faces intérieures de la caisse ne sont pas forcément en contact avec des matériaux à changement
de phase, soit parce qu’il n’y en a pas sur ces faces là (à l’avant et à l’arrière) soit parce qu’un
volume d’air fait tampon entre le PU et le MCP (dans la partie supérieure). Les températures
mesurées sur ces faces sont présentées sur la figure 2.21. Une première observation que l’on
peut faire est que dans le cas du panneau avant (la porte), les températures sont relativement
homogènes, ce qui n’est pas le cas pour le panneau arrière. En effet, à l’arrière de la caisse on
remarque une certaine stratification des températures, les sondes supérieures (1 et 2) affichant
des températures plus élevées que les sondes inférieures (3 et 4). L’influence des MCP froids est
là encore évidente, mais on peut aussi supposer que le volume d’air à l’arrière étant trop confiné
et ne communiquant pas avec les autres volumes d’air, il ne peut y avoir de mouvement de
convection pour homogénéiser les températures, créant de fait une stratification. On remarque
aussi que les températures ne descendent pas aussi bas sur le panneau avant que sur le panneau
arrière, cela est très certainement du au fait qu’à l’arrière les MCP sont en contact direct ou
quasiment avec le panneau arrière, tandis qu’à l’avant, il y a une distance certaine entre les
MCP et la porte, diminuant d’autant leur influence.
Dans le cas du panneau supérieur, on peut observer que les sondes situées vers l’arrière de
la caisse (1 et 2) affichent des températures légèrement plus chaudes que celles situées à l’avant
(3 et 4).
a) b)
c)
Figure 2.21 – Évolution de la température entre le corps et l’air, (a) face avant, (b) face arrière,
(c) face supérieure.
plaques en carton de plus forte épaisseur (carton triple canelure de 1.5 cm d’épaisseur). Les
températures mesurées entre les plaques de MCP et ces séparations en cartons sont présentées
sur la figure 2.22. Il est plus délicat ici d’établir des comportements généraux tant chaque sonde
semble réagir différemment. En première observation, on peut remarquer que la sonde arrière
supérieure (1) est celle qui affiche le plus de variation, elle est celle qui subit de toute évidence
le plus l’influence des MCP froids. La sonde arrière inférieure quant à elle semble moins subir de
variation, même si on peut observer le même pic froid au démarrage du test. Les deux sondes
avant sont celles qui sont les plus aisément regroupables, affichant un comportement assez
similaire, avec une faible descente en température au démarrage puis une montée progressive
et constante sur la durée du test. La sonde centrale quant à elle semble ne quasiment pas subir
d’influence des MCP froid, elle affiche une montée en température constante et faible sur toute
la durée de l’essai.
Au dessus et au dessous, on observe de nouveau une différence de températures entre l’avant
et l’arrière de la caisse, les sondes situées à l’arrière (1 et 2) affichant des températures plus
élevées que celles situées à l’avant.
a) b)
c) d)
Figure 2.22 – Évolution de la température entre les MCP et la plaque de séparation en carton,
(a) face gauche, (b) face droite, (c) face supérieure, (d) face inférieure.
Températures au niveau des joints de la porte : Sur la figure 2.23 on peut observer
les variations de températures au niveau des joints aux quatre angles de la porte. On peut
remarquer tout d’abord que les températures sont encore une fois plus élevées sur la partie
supérieure de la caisse que sur sa partie inférieure. Les sondes situées sur le dessus de la porte
semblent subir une plus forte influence de la température extérieure, en effet elles affichent
les températures les plus élevée jusque là mesurées, et les courbes varient d’une manière très
similaire à la température extérieure, à l’exception du démarrage où l’on peut observer une
descente en température du à l’influence des MCP froids. Les sondes situées dans la partie
inférieure de la porte montrent que l’influence de la température extérieure y est quelque peut
atténuée, probablement par une plus grande proximité des MCP froids.
Conclusion : Les résultats du premier test réalisé sur la caisse SB24, faisant intervenir un
profil de température extérieur variable, correspondant à un voyage dans une période chaude de
l’année, ont permis de mieux comprendre la manière dont évoluaient les températures au sein
de l’emballage. On a pu observer que les effets de la conduction sont les plus prépondérant, aussi
bien pour la communication de la température extérieur vers l’intérieur de la caisse que pour
la répartition du froid à l’intérieur. Les faces avant et arrières subissent le plus les influences
de la température extérieure car elles ne sont pas protégées par les plaques de matériaux à
a) b)
c) d)
e) f)
changement de phase. Toutefois la présence d’un volume d’air à l’avant de la caisse permet
d’homogénéiser les températures, ce qui n’est pas le cas à l’arrière où le volume d’air est trop
fin pour permettre une bonne circulation et les températures sont alors fortement stratifiées.
La manière dont le froid des accumulateurs chargés à température négative se répartit, par
conduction, dans la caisse, engendre des disparités importantes selon la position des sondes et
on remarque que seules les faces latérales présentent une certaine symétrie l’une par rapport à
l’autre.
Les résultats suivants ont été réalisés en soumettant la caisse à un profil de température avec
un premier palier à 30˚C pendant les 20 premières heures avec une simulation d’ensoleillement
à l’aide de lampes solaires. Puis un deuxième palier à 20˚C. Les lampes solaires étaient situées
sur le mur gauche de l’enceinte. Les puissances solaires reçues par chaque face et mesurées à
l’aide d’un pyranomètre sont présentées sur le tableau 2.1. De fait, on s’attend à une forte
dissymétrie entre les faces latérales, c’est pourquoi on détaillera en particulier ces résultats là.
Table 2.1 – Valeur de la puissance solaire reçu par chaque face de la caisse.
Températures sur les faces extérieures : Les températures mesurées sur les faces ex-
ternes de la caisse sont présentées sur la figure 2.25. Contrairement à ce qu’on a pu observer
précédemment dans un cas sans ensoleillement, les températures sont cette fois très différentes
selon la face considérée. Les faces recevant le plus de puissance solaire sont celles dont les
températures sont les plus élevées. Les valeurs atteintes sont par ailleurs particulièrement
élevées, allant jusqu’à 56˚C sur la face gauche (en ensoleillement direct). Pourtant le profil
de température imposé à l’enceinte n’est pas sensé dépasser 30˚C. La présence d’ensoleillement
s’avère donc très préoccupante, pouvant augmenter de près de 20 degrès la température sur les
faces ensoleillées.
Températures des surfaces internes en contact avec les MCP : Concernant les
températures mesurées par les sondes placées entre le corps et les MCP, sur les faces latérales
(fig. 2.26), on observe bien une dissymétrie certaine entre les résultats de la face gauche (recevant
directement l’ensoleillement) et ceux de la face droite. Pourtant il est intéressant de remarquer
que si les différences de températures entre ces deux faces pouvaient atteindre les 15 degrès sur
les faces externes de la caisse, à l’intérieur cette différence s’amenuise significativement, attes-
tant de l’efficacité des plaques de MCP comme protection thermique. On peut remarquer encore
que là où dans le cas sans ensoleillement on pouvait distinguer les sondes arrières et les sondes
avant en deux groupes, dans le cas avec ensoleillement les résultats semblent plus disparâtes
avec notament la sonde arrière haute (1) qui est celle qui monte le plus en température, laissant
supposer qu’elle subit donc le plus l’influence de la température extérieure comparativement à
la sonde arrière basse (4) qui semble elle plus protégée.
a) b)
Figure 2.26 – Évolution de la température entre le corps et les MCP, (a) face gauche, (b) face
droite.
a) b)
Figure 2.27 – Évolution de la température entre les MCP et la plaque de séparation en carton,
(a) face gauche, (b) face droite.
Températures au niveau des joints de la porte : Les températures au niveau des joints
de la porte sont présentées sur la figure 2.28. On peut cette fois observer une forte similitude
de résultats pour les sondes situées au bas de la porte (sondes 3 et 4) avec une descente en
température significative, qui laisse indiquer l’influence des MCP inférieurs qui compense la
dissymétrie du flux de chaleur dû au rayonnement. En revanche, dans le cas des résultats des
sondes situées sur le haut de la porte, on observe d’importantes différences, avec les températures
les plus fortes enregistrées par la sonde de gauche. Ces sondes là subissent donc de toute évidence
grandement l’influence de la température extérieure et du flux.
Températures sur les surfaces du chargement : En observant les résultats des mesures
prises sur la surface du chargement présentés sur la figure 2.29, on peut remarquer que l’in-
fluence de l’ensoleillement se fait ressentir par une augmentation globale des températures.
Toutefois, là où l’on pouvait s’attendre à de grandes différences selon l’éclairement des faces
(notament une face gauche en ensoleillement direct), on constate que la présence des MCP
est efficace pour absorber l’énergie correspondante et atténuer grandement les dissymétries.
On peut alors faire les mêmes observations que dans le cas sans ensoleillement, c’est à dire
la présence d’une stratification des températures, particulièrement marquée à l’arrière, et des
résultats relativement homogènes à l’avant. Là encore, bien que l’avant et l’arrière de la caisse
ne soient pas directement protégés par des MCP, les températures enregistrées sont moindres
que celles auxquelles on aurait pu s’attendre, étant donné les résultats observés sur les faces
externes.
Conclusion : L’effet de l’ensoleillement est radical sur les températures mesurées sur la
surface externe de la caisse. En effet, les températures sont alors bien plus élevées que dans le
cas sans ensoleillement et l’augmentation est d’autant plus forte que la puissance solaire est
élevée. Cela a pour concéquence de créer de fortes disparités et de faire perdre à la caisse la
relation de symétrie qu’elle avait entre ses faces latérales. Pourtant, plus on pénètre au sein de
la caisse plus cette dissymétrie s’efface, jusqu’à ce que l’on puisse faire de nouveau les mêmes
observations que dans le cas sans ensoleillement (avec toutefois des températures nettement
plus élevées). Cela permet entre autre de confirmer l’importance de la présence des MCP dans
l’absorption de l’énergie thermique venue de l’extérieur.
2.3 Conclusion
Les différentes campagnes expérimentales ont permis d’une part de caractériser la
perméabilité de deux types de caisses (la XXL et la SB24) et d’autre part de mieux comprendre
la manière dont la température évoluait au sein de l’une d’elle.
La mesure de perméabilité a permis de tester différentes configurations de caisses et de
les comparer les unes aux autres de manière simple et quantifiable. Ainsi on a pu mettre en
évidence que le passage d’une fermeture à sangle à une fermeture avec un système de verrous
augmente sensiblement la perméabilité de la caisse. A contrario, modifier les dimensions du
joint de fermeture de la porte permet d’en améliorer l’étanchéité.
Les tests thermiques ont permis d’observer notamment une certaine stratification des
températures au sein de la caisse. De plus des effets de contact et de conduction rendent certains
points de la caisse plus ou moins sujets aux variations de températures extérieures. De manière
générale le bas de la caisse est plus froid que le haut, mais on peut noter que la présence d’un vo-
lume d’air suffisament épais à l’avant permet une meilleure homogénéisation des températures,
comparativement à l’arrière où l’air est trop confiné et les températures nettement stratifiées.
La présence d’ensoleillement s’avère critique pour les caisses de transport. En effet, la
température augmente significativement, particulièrement sur les surfaces les plus exposées,
et peut gagner plus d’une dizaine de degrés par rapport à un cas sans ensoleillement. Toutefois,
si les températures sont nettement plus élevées en présence d’ensoleillement, il apparait que les
matériaux à changement de phase constituent une protection efficace qui permet de nettement
atténuer les effets des variations de températures, et notamment la dissymétrie engendrée par
le fait que le soleil ne peut éclairer toutes les faces d’un objet en même temps.
Bibliographie
[1] P.R. Rozak, B.P. Weegman, E.S. Avgoustiniatos, J.R. Wilson, D.P. Welch, B.J. Hering, and
K.K. Papas. Devices and methods for maintenance of temperature and pressure during islet
shipment. T. Proceedings, 40 :407–410, 2008.
a) b)
c) d)
e) f)
[2] C.A. Roulet and L. Vandaele. Technical note 34 : Air flow patterns within buildings :
Measurements techniques. Coventry : Air Infiltration and Ventilation Center, page 298,
1991.
[3] R. Carrié, R. Jobert, M. Fournier, and S. Berthault. Perméabilité à l’air des bâtiments :
généralités et sensibilisation. CETE de Lyon, 2006.
Sommaire
3.1 Élaboration d’un modèle simplifié pour la simulation des transferts
de chaleur dans un emballage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
3.1.1 Transferts dans les parois . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
3.1.2 Transferts dans les matériaux à changement de phase . . . . . . . . . 68
3.1.3 Transferts dans le volume d’air . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
3.1.4 Transferts dans le chargement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
3.1.5 Architecture du code . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
3.2 Modélisation de la convection à l’intérieur de l’emballage en utili-
sant un code CFD . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
3.2.1 Mise en équation et méthodes de résolutions . . . . . . . . . . . . . . . 78
3.2.2 Application au cas du volume d’air intérieur d’un emballage thermique 82
3.2.3 Résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
3.3 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
ans ce chapitre est décrit le modèle simplifié développé pour la simulation du transport
D des emballages thermiques. Les différents bilan entrant en jeu sont explicités ainsi que
l’architecture du code. Dans une deuxième partie, une simulation CFD du volume d’air intérieur
d’un emballage a été effectué afin d’observer les mouvements de convection naturelle présents
à l’intérieur de l’emballage.
63
La caisse est ici modélisée comme une enceinte cubique dont chaque face est identifiée par
un nombre (fig. 3.1). A chacune des faces est ensuite associé un ensemble de nœuds, dont le
nombre varie en fonction de l’épaisseur des différents constituants de chacune des faces.
a) b) c)
Figure 3.1 – (a) Schématisation extérieure de la caisse et numérotation associée à ses faces,
(b) exemple de nœuds associés aux épaisseurs des faces latérales et de la porte, (c) exemple de
nœuds associés à l’épaisseur du plafond.
∂T
φcond = −λ (3.2)
∂t
Le flux conductif à la surface correspond aux transferts thermiques entre la surface et le
matériau constituant la paroi. Il est calculé par rapport nœud le plus proche de la surface
(i = 1 pour la surface extérieure et i = nparoi pour la surface intérieure, où nparoi correspond au
nombre de nœuds dans une épaisseur de paroi). En ayant recours à la méthode des différences
finies en espace on obtient alors, pour les surfaces extérieures :
2λj,1
φcond Extj = (Tj,1 − TSE,j ) (3.3)
∆xj,1
2λj,nparoi
φcond Intj = (Tj,nparoi − TSI,j ) (3.4)
∆xj,nparoi
où h est le coefficient d’échange convectif (en W m−2 K−1 ). Ce coefficient est déterminé par
la nature de l’écoulement du fluide le long des parois, on distingue la convection naturelle de
la convection forcée. Dans les deux cas, des relations ont été déterminées à partir de résultats
expérimentaux ou numériques de manière à pouvoir exprimer la valeur du coefficient d’échange
convectif à partir de divers nombres adimensionnels [2].
Ainsi, dans le cas d’une plaque plane de longueur L et de température uniforme, soumise à
un écoulement turbulent le coefficient d’échange convectif peut être exprimé comme :
λ
h = 0.0296 Re4/5 P r1/3 (3.6)
L
où Re = Lu/ν (u la vitesse du fluide et ν sa viscosité cinématique) est le nombre de Reynolds
et P r = ν/α (α la diffusivité thermique du fluide) le nombre de Prandtl, généralement évalué
à 0.75 pour un gaz.
Dans le cas de la convection naturelle dans une enceinte de longueur L et de largeur δ, le
coefficient peut s’exprimer comme :
λ
h= 0.046 Ra1/3 (3.7)
δ
avec Ra = βg(TS1 − TS2 )δ 3 /να le nombre de Rayleigh.
Eyglument [3] donne aussi quelques relations pour la détermination des coefficients de
convection. Dans le cas d’une plaque verticale de hauteur H supérieure à 30 cm on a ainsi :
1/4
∆T
h = 1.32 (3.9)
L
Ou encore pour une plaque horizontale de longueur L échangeant de la chaleur par le bas :
1/4
∆T
0.66 (3.10)
L
Flux de rayonnement : le flux net rayonné par la surface j d’un corps noir s’exprime
comme la différence entre le flux émis et le flux absorbé, soit :
φdir = φ⊥ Ω (3.12)
où φ⊥ est la densité de flux direct sur le plan perpendiculaire aux rayons. Ω est l’angle
d’indice du rayonnement sur le plan mesuré par rapport à la normal, il s’exprime en fonction
de la hauteur hsol et de l’azimut zsol du soleil d’une part, et de l’inclinaison θ et de l’orientation
ψ du plan récepteur d’autre part :
Ω = cos θ cos ψ cos hsol cos zsol + cos θ sin ψ cos hsol sin zsol + sin θ sin hsol (3.13)
La densité de flux diffus incident est la somme du flux diffus tombant directement sur la
surface considérée et de celui provenant de la réflexion des flux direct et diffus par le sol (supposé
plan et horizontal) :
1 + sin θ 1 − sin θ
φdif = φU + a (φ⊥ sin h + φU ) (3.14)
2 2
avec φU la densité de flux diffus sur le plan horizontal et a le facteur de réflexion du sol
(a = 0 pour la terre, a = 0.2 pour l’herbe, a = 0.5 pour la neige).
Comme le système que l’on cherche à modéliser est un système fermé composé de parois
opaques, le rayonnemnet solaire n’intervient que dans le bilan sur les faces extérieures.
Le rayonnement aux grandes longueurs d’ondes correspond au flux de rayonnement échangé
entre deux surfaces de températures différentes. Le flux émis par une surface S1 et arrivant sur
une surface S2 est exprimer par la relation :
où F12 est le facteur de forme, décrivant la proportion de flux total émis par S1 et arrivant
sur S2 .
Ainsi, l’éclairement reçu par une surface correspondra à la somme des flux transmis par
l’ensemble des autres faces du système par émission et par réflexion :
X
Si EiGLO = Sj Fij (j Mj0 + ρEjGLO ) (3.16)
j
Par linéarisation de l’expression obtenue, il est alors possible d’écrire le flux net tel que :
X
φinet = Fij hrij (TSi − TSj ) (3.17)
j
avec hrij = σ0 (TS2i + TS2j )(TSi + TSj ) dont la valeur est généralement supposée constante et
égale à 5 W m−2 K−1 .
Les facteurs de forme peuvent être calculés selon plusieurs méthodes, on peut citer la
méthode de Monte-Carlo, ou la méthode d’Ondracek. Mais elles nécessitent des calculs coûteux
en ressource, et on a plus généralement recours à des formules et des abaques. Howell et al.
[5] ont compilé un certain nombre de formules permettant de déterminer les facteurs de formes
correspondant à différents types de situations.
Les échanges radiatifs en grandes longueurs d’ondes à l’extérieurs se font quant à eux avec
le sol et avec la voûte celeste, que l’on peut exprimer comme :
1 + cos θ 1 − cos θ
φGLO = hr (Tciel − TSEj ) + hr (Tsol − TSEj ) (3.18)
2 2
Ainsi, l’ensemble des bilans sur les surfaces permet d’aboutir à un système matriciel de la
forme :
∂T d2 T
mcp =λ 2 (3.21)
∂t dx
Ce qui nous donne, pour i = 1 . . . nj et j = 1 . . . 6 :
Ainsi, à chaque pas de temps, on cherchera à calculer les Tjn+1 en fonction des Tjn qui ont été
calculés au pas de temps précédent et peuvent donc être assimilés à des températures initiales
pour chaque pas de temps. On peut alors écrire une équation matricielle de la forme :
Les équations régissant les bilans sur les surfaces sont les mêmes que celles intervenant dans
le modèle de la caisse. L’équation de la chaleur en une dimension et sans terme convectif s’écrit
pour chaque nœud du MCP à l’état monophasique :
∂Ti
ρi C p i = ∇(λi ∇Ti ) (3.26)
∂t
Pour prendre en compte le changement de phase, l’approche consiste alors à écrire l’équation
générale de la chaleur sous forme enthalpique :
∂Hi
ρi = ∇(λi ∇Ti ) (3.27)
∂t
L’enthalpie H peut être décomposée en une partie sensible et une partie liée à la chaleur latente
comme suit :
H = hs + Lh fl (3.28)
où hs est l’enthalpie sensible et fl correspond à la fraction liquide du MCP que l’on défini
comme :
1 ∀ T > Tfusion
fl (T ) = (3.29)
0 ∀ T < Tfusion
Avec cette écriture de l’enthalpie, l’équation 3.27 devient :
∂hs i ∂fl i
ρi + ρi Lh i = ∇(λi ∇Ti ) (3.30)
∂t ∂t
Si à présent on considére un volume de contrôle en particulier, le MCP compris dans ce
volume peut être pleinement solide, pleinement liquide ou en situation de changement de phase.
Dans le cas où le MCP est soit pleinement solide soit pleinement liquide on a :
∂hs i ∂Ti ∂fl i
ρi = ρi C p i et =0 (3.31)
∂t ∂t ∂t
En combinant alors 3.30 et 3.31 on obtient :
∂Ti
ρi C p i = ∇(λi ∇Ti ) (3.32)
∂t
qui correspond à l’équation de la chaleur.
En revanche, dans le cas où le MCP change de phase, puisque l’on a supposé un changement
de phase isotherme, on a Ti = Tfusion , d’où :
∂hs i
=0 (3.33)
∂t
et donc 3.30 devient :
∂fl i
ρi Lh i = ∇(λi ∇Ti ) (3.34)
∂t
En fonction de l’état du fluide dans le volume de contrôle considéré, c’est l’une ou l’autre
des équations 3.32 et 3.34 qui sera utilisée. Ce sont aussi deux types de nœuds qu’il faut tester :
ceux pour lesquels le changement de phase est susceptible de démarrer, et ceux pour lesquels il
est susceptible de se terminer. Initialement le MCP est supposé pleinement solide ou pleinement
liquide, et le changement de phase ne peut être inité qu’aux bords du bloc de MCP. A ce stade
les nœuds pour lesquels le changement de phase est susceptible de démarrer sont donc le premier
nœud du MCP ou le dernier. Ainsi ils sont soumis à l’issue de chaque pas de temps à un test
que l’on peut traduire comme suit :
Pour le nœud i au temps t.
h = hs + Lh fl (3.37)
avec fl la fraction de liquide dans le volume considéré. Cette fraction liquide a la forme d’une
fonction échelon nulle lorsque T < Tfusion et égale à 1 lorsque T > Tfusion . Une telle fonction
peut s’écrire à l’aide d’une arctangente de la manière suivante :
arctan((T − Tfusion )rt ) 1
fl = + (3.38)
π 2
avec rt le rayon de transition permettant de jouer sur la raideur de l’échelon.
De plus on peut exprimer l’enthalpie sensible comme :
Tfusion 29.9 ˚C
Lh 187 kJ kg-1
ρsolide 1710 kg m-3
ρliquide 1530 kg m-3
csolide 1400 J kg-1 K-1
cliquide 2200 J kg-1 K-1
λsolide 1.09 W m-1 K-1
λliquide 0.53 W m-1 K-1
dy
F (t, y, )=0 (3.43)
dt
Sur la figure 3.5 sont tracés les résultats d’une expérience réalisée par Zivkovic et Fujii [12]
et ceux issus de notre modèle. Les propriétés thermophysiques du matériau utilisé (chloride
de calcium hexahydraté) sont résumé dans la table 3.1. Le bloc de MCP est de dimension
0.1 × 0.1 × 0.02 m3, isolé sur les bords de manière à ce que le changement de phase se déroule
dans l’épaisseur, et a été placé dans un bain à température fixée à 60 ˚C. Les différences
observées peuvent être attribuées à la difficulté d’estimer le coefficient d’échange convectif. En
dehors de cela les résultats semblent cohérent et le modèle adapté.
dU δQ δWe X
= + + ṁi hi (3.44)
dt dt dt
i
Le corps de la caisse étant rigide, on suppose qu’il n’y a pas de déformation et donc pas
de variation de volume intérieur, par conséquent le travail des forces extérieures est nul. Le
transfert de masse à travers l’enveloppe a pour moteur la différence de pression entre l’intérieur
et l’extérieur, considérant que la pression extérieure s’applique également sur tout le pourtour
de la caisse alors le débit ne peut être que entrant ou sortant et entraı̂ne une variation de masse
du système. Dans ces conditions l’équation 3.44 devient :
dU δQ dm
= + hair (3.45)
dt dt dt
dU d(mu) du dm
= =m +u (3.46)
dt dt dt dt
dT dm δQ dm
mcv + (uref + cv (T − Tref )) = + (uref + cv (Tair − Tref ) + rTair ) (3.47)
dt dt dt dt
On distingue alors deux cas de figure : soit la pression extérieure est inférieure à la pression
extérieure, et dans ce cas c’est l’air de l’intérieur de la caisse qui en sort, soit la pression
extérieure est supérieure à la pression intérieure et alors l’air extérieur pénétre dans la caisse :
δQ
+ rT dm
dt dt si Pext < Pint
dT
δQ
mcv = dt si Pext = Pint (3.48)
dt δQ
rText ) dm
dt + (cv (Text − T ) + dt si Pext > Pint
δQ
dtcorrespond à la somme des flux échangés avec les parois en contact avec le volume d’air,
que l’on exprime à l’aide de la loi de Newton, soit :
δQ X
= Si hi (TSIi − Tair ) (3.49)
dt
i
(a) (b)
Figure 3.6 – (a) Le chargement est discrétisé en éléments parallélépipédiques, (b) à chaque
élément correspond un nœud.
Une autre possibilité consiste à discrétiser les surfaces sur le même modéle que l’intérieur
du chargement, chaque surface comportera alors n × n éléments et chaque maille de bord du
chargement échangera avec l’environnement à travers l’élément de surface adjacent. On aura
alors 6 × n × n équations de bilan sur les surfaces de la forme :
2λCh
(T1,j,k − TSCh,1,j,k ) + hCh,1 (Tair − TSCh,1,j,k ) = 0 (3.52)
∆x
En comparant les résultats issus de ces deux approches (fig., (a)), on constate qu’il n’y
a quasiment pas de différences entre elles. En revanche le nombre de mailles influe sur la
représentativité du modéle (fig. 3.7, b). Il apparait qu’à partir de n = 9 les résultats sont
relativement en adéquation avec ceux issus de la simulation Star CCM+.
a)
b) c)
Figure 3.7 – (a) Comparaison des deux approches pour le modéle tridimensionnel, (b) évolution
du modéle avec surface discrétisée en fonction du nombre de mailles sur une longueur, (c) erreur
sur la température au centre par rapport au modéle Star CCM+.
F (t, y, y 0 ) = 0
Le travail consiste donc à écrire les matrices [J], [A] et [B]. Lesquelles vont être ammenées
à changer en fonction de la présence ou non de divers éléments.
Le programme se décompose en plusieurs fichiers (fig.3.8) : le fichier principal, dans lequel
sont traitées toutes les constantes et sont construites les parties constantes des matrices. Un
fichier contenant la fonction correspondant aux sollicitations extérieures, et un fichier définissant
la fonction F . Ce dernier fichier fait appel aux valeurs et aux matrices déjà définies et créées
dans le fichier principal et y rajoute les termes non-constants, autrement dit les termes associés
au traitement du changement de phase.
C’est dans le fichier principal que l’on fait appel au solveur, lequel prend comme argument
la fonction F , la valeur de la tolérance et les conditions initiales. Afin de donner la possibilité au
programme de prendre en compte la modulabilité du programme, l’idée consiste à considérer le
système dans sa configuration la plus complète (avec présence des tous les éléments possibles sur
toutes les faces de la caisse) et, lorsqu’un élément est supprimé (absence de séparation sur l’une
des faces par exemple), de supprimer les équations correspondantes. Toutefois, il faut prendre
garde, lors de l’écriture des matrices à ne pas introduire de zero malencontreux qui rendrait le
système irrésolvable. Pour ce faire, il est possible de passer par l’introduction d’ensembles vides,
que MatLab sait interprêter, et qui nous permettent ainsi de supprimer des lignes aux matrices.
Le même principe est utilisé pour traiter des échanges entre deux nœuds de nature différente,
en définissant les valeurs des paramètres comme des vecteurs dont les membres peuvent être
vides selon que l’élément correspondant est absent ou non.
∂T Pth
ρc − λ∆T = (3.57)
∂t λ
Devant la complexité des équations à résoudre, il est indispensable de se tourner vers les
méthodes numériques pour résoudre ce système. Il existe deux grandes familles de méthodes
de discrétisation spatiale permettant de résoudre les équations de Navier-Stockes : la méthode
des éléments finis et la méthode des volumes finis. Ces deux méthodes ont en commun qu’elles
consistent à discrétiser les équations aux dérivées partielles sur une grille spatiale afin de les
ramener à un système d’équation algébro-différentiel non-linéaire. Elles différent en revanche
sur la nature de cette grille de discrétisation. Dans le domaine de la simulation des écoulements
d’air, c’est la méthode des volumes finis qui est la plus répandue, et celle à laquelle nous allons
nous intéresser.
La méthode des volumes finis consiste à intégrer les équations aux dérivées partielles sur
un volume élémentaire dit de contrôle du fluide, que l’on assimile à une maille de la grille de
discrétisation. La technique de résolution peut se décomposer en trois étapes :
– maillage du domaine, ou subdivision en volumes de contrôle ;
– intégration des équations pour chaque maille ou volume de contrôle ;
– résolution des équations discrétisées.
Le système considéré est donc tout d’abord discrétisé en un ensemble de volumes de contrôle,
auxquels sont associées pour chacun les valeurs des caractéristiques thermophysiques et dyna-
miques du fluide (conductivité, température, vitesse...). Chaque volume est ensuite considéré
comme en contact avec ses voisins par le biais des équations de conservation.
Dans le cas des équations de Navier-Stockes, on peut les re-écrire, pour chaque volume de
contrôle et pour une grandeur scalaire Φ sous une même forme générale :
∂ρΦ ∂ρui Φ ∂ ∂Φ
+ = (ΓΦ ) + SΦ (3.58)
∂t ∂xi ∂xi ∂xi
dT dT
(ρuT )i+1 − (ρuT )i−1 = (Γ )i+1 + (Γ )i−1 (3.59)
dx dx
Il s’agit d’une relation algébrique qui ne peut être résolue qu’à la condition de relier les
valeurs inconnues des paramètres ρ, u et T des volumes de contrôle voisins à ceux du volume
considéré. Pour ce faire, on a recours à des méthodes d’interpolation dont on peut donner les
exemples suivants.
Schéma aux différences centrées : Le schéma aux différences centrées se base sur l’hy-
pothèse d’une variation linéaire de la grandeur scalaire recherchée (ici T ) entre deux nœuds du
maillage. En supposant les interfaces à mi-distance des nœuds on peut alors écrire :
1 1
TW = (TW + TP ), TE = (TP + TE ) (3.60)
2 2
et
∂T TP − TW ∂T TE − TP
( )w = ,( )e = (3.61)
∂x (∂x)w ∂x (∂x)e
Schéma amont La schéma amont correspond à une amélioration du schéma aux différences
centrées (Courant et al. [14]). Les échanges diffusifs sont modélisés de la même manière que dans
le schéma aux différences centrées, en revanche les échanges convectifs sont supposés n’avoir lieu
que de l’amont vers l’aval de l’écoulement. Il s’agit d’un schéma de premier ordre en précision
(donc moins précis que le schéma aux différences centrées). Il est inconditionnellement stable
d’un point de vue numérique mais susceptible d’introduire une diffusion numérique artifi-
cielle pouvant affecter la précision du calcul, notamment lorsque la direction de l’écoulement
ne correspond pas strictement à celle des lignes du maillage. Pour éviter que la précision du
calcul ne soit affectée, on peut donc affiner le maillage et/ou aligner le maillage sur l’écoulement.
Toutefois l’affinage du maillage reste limité par la puissance de calcul des ordinateurs, et l’ali-
gnement du maillage sur l’écoulement n’est possible que lorsque l’on a affaire à un écoulement
simple, ne présentant pas de circulation multiple ou cyclique.
Schéma hybride Le schéma hybride a été développé par Spalding en 1972 ([15]). Il s’agit
d’une combinaison des deux schémas précédents : on a recours à un schéma aux différences
centrées lorsque le nombre de Péclet (exprimant le rapport entre les transferts par convection
et les transferts par diffusion) est inférieur à 2, et à un schéma amont lorsque le nombre de
Péclet est supérieur ou égal à 2.
Schéma en loi de puissance L’interpolation en loi de puissance a été définie par Patankar
([13]). Ce schéma prend en compte la valeur de la variable T à l’interface du volume de contrôle,
en utilisant la solution exacte de l’équation de convection-diffusion. Cette équation peut être
intégrée analytiquement et l’on obtient la variation de la température en fonction de x et du
nombre de Péclet Pe :
x
T (x) − T0 e Pe L − 1
= Pe (3.62)
TL − T0 e −1
X
aP .ΦP = ai .Φi + b (3.63)
i
où a correspond aux contributions convectives et diffusives, i est lié aux cellules adjacentes et
b représente la contribution de la partie constante du terme source.
Le résidu normalisé s’exprime alors comme :
P P
Φ domaine | + b − aP .ΦP |
i ai .Φi
R = P (3.64)
domaine P .ΦP |
|a
Ces expressions des résidus sont valables pour toutes les grandeurs sauf la pression. Dans
le cas de la pression le résidu est déterminé à partir de l’équation de continuité :
X
Rc = |taux de création de matière dans le domaine| (3.65)
Typiquement, la valeur seuil pour le résidu des équations de conservation du bilan de masse
est prise égale à 10−3 , et celle pour le résidu des équations de conservation du bilan d’énergie
est prise égale à 10−6 .
chaque surface du polyhèdre constituant le volume d’air comme une frontière de type mur à
laquelle la température et le coefficient d’échange convectif sont spécifiés.
3.2.3 Résultats
[Link] Mouvement du fluide dans le volume d’air à l’intérieur de la caisse XXL
La modélisation du Pallet Shipper en version XXL a permis d’établir des cartographies des
vecteurs vitesse de l’écoulement au sein du volume d’air, nous donnant ainsi la possibilité de
visualiser la manière dont l’air se déplace à l’intérieur de la caisse par convection naturelle.
L’observation du plan de coupe sagital de la caisse (fig. 3.10,a) permet d’identifier plusieurs
structures de circulation. Tout d’abord on observe une zone de recirculation dans la partie
supérieure de la porte, échangeant de la matière avec le volume présent au dessus du chargement.
Dans ce dernier volume, l’air semble globalement se diriger vers l’avant de la caisse, à l’exception
d’une plus petite zone de recirculation située tout à l’arrière. L’air refroidi par les accumulateurs
de froid supérieurs est donc envoyé vers l’avant de la caisse où il se déverse ensuite le long de
la porte.
Le plan de coupe transversal (fig. 3.10,b) permet d’observer que la circulation dans le volume
d’air au dessus du chargement se décompose en plusieurs zones de recirculation en rouleau de
chaque côté de l’axe de symétrie de la caisse ou l’air au contact des accumulateurs supérieurs
se dirige vers le centre de la caisse en se refroidissant, pour ensuite descendre sur le chargement
et se diriger vers les côtés de la caisse. En dessous du chargement, les espaces compris dans
la palette sur laquelle il repose forment deux volumes d’air, dans lesquels les mouvements de
convection sont minimaux.
a) b)
Figure 3.10 – Cartographie des vecteurs vitesse dans le volume d’air interne à l’emballage
(version XXL), a) coupe sagitale, b) coupe transversale.
Les coupes longitudinales des volumes d’air supérieur et inférieur sont aussi présentées sur
la figure 3.11. On peut ainsi observer que le volume d’air supérieur (fig. 3.11,a) présente quatre
structures circulaires. Les deux structures à l’arrière de la caisse sont symétriques par rapport
à l’axe sagital et le mouvement de l’air peut être décrit comme suit : l’air présent à l’arrière
de la caisse converge vers le centre pour être amené ensuite au milieu de la face supérieure
du chargement, de là il continue le mouvement vers les côté de la caisse et se sépare en deux
courants, l’un qui retourne à l’arrière de la caisse et l’autre qui se dirige vers l’avant. Les
structures circulaires à l’avant sont elles un peu moins marquées, mais on constate que l’air est
amené vers le centre de la porte, pour être ensuite poussé sur les côtés.
Dans la partie inférieure de la caisse (fig. 3.11,b), les mouvements de convection observés
sont bien symétriques par rapport à l’axe sagital. L’air provenant du centre de la porte est
amené vers les côtés de la caisse où l’on observe une zone de recirculation dans les extrémités.
En se dirigeant vers les bords, l’air de l’avant de la caisse entraine avec lui une partie de l’air
présent dans les volumes de la palette sur laquelle repose le chargement, créant ainsi une légère
structure circulaire. Dans ces mêmes volumes en revanche, les mouvements de convections sont
plutôt faibles, particulièrement vers l’arrière de la caisse.
a) b)
Figure 3.11 – Cartographie des vecteurs vitesse dans le volume d’air interne à l’emballage
(version XXL) dans un plan de coupe longitudinal, a) partie supérieure, b) partie inférieure.
Au niveau de la porte (fig. 3.12) on peut observer que l’air est globalement amené du haut
du chargement vers le milieu de la porte d’où il descend jusqu’en bas de la caisse pour ensuite se
répartir de chaque côté et finir par remonter sur les bords de la caisse. Des structures circulaires
sont observables de part et d’autre de l’axe vertical. Au dessus du chargement en revanche, les
mouvements de convection sont plus diffus.
De ces observations, on peut donc déduire le déplacement global de l’air au sein de l’em-
ballage dans le cas de la version XXL. L’air présent dans l’espace au dessus du chargement
est refroidi par la présence des accumulateurs de froid à température négative, le gradient
de température entre les accumulateurs situés au dessus de cet espace et le chargement en
constituant la surface inférieure engendre des instabilités provoquant l’apparition de structures
convectives circulaires verticales et horizontales. L’air refroidi longe le dessus du chargement
pour se déverser à l’avant au niveau de l’axe de symétrie vertical. Une fois arrivé en bas de
la caisse, l’air se réparti de part et d’autre pour ensuite remonter sur les bords latéraux. La
présence d’espaces non utiles sur le contour de la porte pouvant être assimilés à des renfon-
cements, engendre l’apparition de zone de recirculation. En dessous du chargement, dans les
volumes compris entre les pieds de la palette, l’air montre peu de mouvements de convection,
on observe surtout un effet d’entrainement du au mouvement de l’air provenant du centre et se
dirigeant vers les bords latéraux.
Figure 3.12 – Cartographie des vecteurs vitesse dans le volume d’air interne à l’emballage
(version XXL) dans un plan de coupe transversal au niveau de la porte.
la caisse, mais posés directement sur le chargement. De même, le chargement ne repose plus
sur une palette, mais directement sur un étage d’accumulateurs, supprimant alors les volumes
d’air inférieurs présents entre les pieds de la palette de la XXL.
a) b)
Figure 3.13 – Cartographie des vecteurs vitesse dans le volume d’air interne à l’emballage
(version SB24), a) coupe sagitale, b) coupe transversale.
a) b)
Figure 3.14 – Cartographie des vecteurs vitesse dans le volume d’air interne à l’emballage
(version SB24) dans un plan de coupe longitudinal, a) partie supérieure, b) partie inférieure.
Figure 3.15 – Cartographie des vecteurs vitesse dans le volume d’air interne à l’emballage
(version SB24) dans un plan de coupe transversal au niveau de la porte.
3.3 Conclusion
Un modèle a été développé ayant pour support le logiciel de calcul MatLab, afin de simuler
la répartition des températures au sein de l’emballage lors d’un voyage.
Un certain nombre de simplifications ont du être adoptées de manière à diminuer no-
tamment les temps de calcul. On a alors recours à un modèle nodal où chaque élément du
système est représenté par un nœud auquel on applique les différentes équations issues des
bilans énergétiques.
La présence de matériaux à changement de phase engendre la non-linéarité du système
mathématique que l’on cherche à résoudre, ce qui a pour effet, entre autres, de compliquer le
recours à la réduction de modèle.
Le programme a été écrit de manière à permettre à un utilisateur tiers et non averti de
faire varier la configuration des emballages que l’on souhaite modéliser. Un changement de
configuration implique une modification de la présence des éléments et de leurs contacts entre
eux, et donc une modification profonde des matrices du système mathématique.
Le recours à la modélisation CFD via StarCCM+ a permis de bien comprendre la manière
dont la convection naturelle agit à l’intérieur de deux emballages différents (Pallet Shipper en
version XXL et SB24). Les dimensions de ces emballages ainsi que la manière dont les accumu-
lateurs de froid sont disposés à l’intérieur ont une influence importante sur les déplacements de
l’air engendrés par convection naturelle. Ces simulations ont permis d’élaborer des recomman-
dations en matière de conception des emballages.
Bibliographie
[1] J.B. Saulnier and A. Alexandre. La modélisation thermique par la méthode nodale : ses
principes, ses succès et ses limites. Revue Générale de la Thermique, 280 :371–383, 1985.
[2] L.M. Jiji. Correlation equations : forced and free convection. In Heat convection, pages
387–435. Springer Berlin Heidelberg, 2009.
[3] B. Eyglunent. Manuel de thermique. Hermès - Lavoisier, 2003.
Sommaire
4.1 Validation du modèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
4.1.1 Caractéristiques thermiques des matériaux . . . . . . . . . . . . . . . 90
4.1.2 Modèle SB1, profil froid . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
4.1.3 Modèle SB24, profil chaud . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
4.2 Exploitation du modèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
4.2.1 Perméabilité de l’emballage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
4.2.2 Densité du chargement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
4.2.3 Conductivité des séparations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
4.2.4 Epaisseur des séparations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
4.2.5 Température de conditionnement de l’emballage . . . . . . . . . . . . 104
4.2.6 Température d’introduction des accumulateurs froids . . . . . . . . . . 106
4.2.7 Nature des matériaux à changement de phase . . . . . . . . . . . . . . 107
4.3 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
ans ce chapitre, une première partie est consacré à la validation du modèle simplifié
D développé, afin de s’assurer que les résultats issus de la simulation soit cohérents avec
la réalité. Dans une seconde partie, le modèle est utilisé afin d’observer l’effet de la variation de
divers paramètres d’entrée et de configuration des emballages sur les températures des produits
transportés.
89
Table 4.2 – Caractéristiques thermiques des panneaux de carton à cannelure, d’après Asdrubali
et al. [1].
Chaque unité de vaccin pèse 20.6 g. La masse volumique d’un carton de groupage, de
dimension 0.43 m × 0.34 m × 0.25 m, contenant 200 vaccins est ainsi estimée à : ρ = 120 kg m−3 .
La capacité thermique massique peut être évaluée proportionnellement à la quantité de
chaque matériau consituant une unité de vaccin, telle que :
Pn
i=1 mi cp,i
cp,tot = P n (4.1)
i=1 mi
faces extérieures des éprouvettes permettent d’imposer leur température (fig. 4.2). Si les deux
échantillons sont identiques, le flux traverse à part égale chaque éprouvette. La mesure des
températures sur les deux faces de chaque échantillon, une fois le régime permanent atteint,
permet alors de calculer la résistance thermique. En effet, la résistance thermique Rth relie
l’écart de température ∆T entre les faces d’un milieu plan et la densité de flux de chaleur q qui
le traverse en régime permanent d’après l’équation :
∆T
Rth = (4.2)
q
e
Rth = (4.3)
λ
Figure 4.2 – Mesure de la résistance thermique des boı̂tes de vaccin par la technique de la
plaque chaude gardée.
La valeur de résistance thermique des boı̂tes de vaccin mesurée par cette technique est
de : Rth = 0.41 m2 K W−1 , ce qui correspond à une conductivité thermique de : λ =
0.106 W m−1 K−1 .
Les caractéristiques thermiques du chargement ainsi évaluées sont regroupées dans le tableau
4.4.
a) b)
Figure 4.4 – Comparaison des résultats issus de la simulation avec ceux issus de
l’expérimentation pour le cas de la SB1, a) points situés dans les milieux des faces, b) points
situés dans les angles.
a) b)
Figure 4.6 – Comparaison des résultats issus de la simulation avec ceux issus de
l’expérimentation pour le cas de la SB24, a) points situés sur l’étage supérieur du chargement,
b) points situés sur l’étage intermédiaire du chargement (au milieu).
Nous allons ici étudier les cas des deux modèles SB24 et SB1 tels que décris précédemment,
et qui répondent bien à ces impératifs de dimensionnement. Nous allons ici faire varier les
valeurs de divers paramètres afin d’estimer leur influence sur les performances des emballages.
On pourra s’intéresser notamment au temps de conservation des produits, correspondant au
temps avant que la température du chargement à l’intérieur de l’emballage ne sorte des limites
pré-établies pour la bonne conservation des produits. Nous allons ici considérer le cas d’un
intervalle de conservation compris entre 2˚C et 8˚C, celui-ci étant le plus utilisé. Il peut aussi
être intéressant d’observer les valeurs des températures maximales et minimales atteintes lors
du transport, car un dépassement de 0,1˚C n’aura de fait pas les mêmes conséquences qu’un
dépassement de plusieurs degrés.
1
∆P = PExt − PInt + (ρInt − ρExt )gz + ρExt ū2 (4.4)
2
Les variations de pression atmosphériques sont généralement plutôt faibles et étalées dans
le temps. Toutefois, dans le cas du transport des emballages, ceux-ci sont amené à transiter
par plusieurs moyens de transport, et notamment l’avion. Or la montée à l’altitude de croisière
d’un avion et la descente pour l’atterrissage supposent de fortes variations de pression en raison
de la variation d’altitude et qui prennent place dans des temps relativement courts. Ainsi, les
mesures de pression effectuées par Rozak et al. [4] pour le besoin de leur étude montre que
les variations de pression les plus importantes corespondent aux périodes d’acheminement par
avion. Les valeurs de pression sont alors comprises entre 650 mmHg et 775 mmHg (86660 Pa
et 103320 Pa), soit une variation d’environ 0.17 Bar.
‘
a) b)
c) d)
Figure 4.7 – Comparaison des modèles avec et sans présence de débit d’air, (a) température
minimale au sein du chargement lors du décollage, (b) Variation de pression lors du décollage,
(c) température maximale au sein du chargement lors de l’atterrissage, (d) Variation de pression
lors de l’atterrissage.
Sur la figure 4.7 sont comparés les résultats issus de la simulation numérique avec et sans
présence de débit d’air à travers l’enveloppe (kL = 0 et kL = 1 · 10−5 ) pour le cas d’un
emballage SB24 chargé, sans MCP, soumis à une température constante (TExt = 25˚C) égale
à la température de consigne et à une variation de la pression extérieure correspondant à
un décollage et un atterrissage lors d’un transport par voie aérienne. On constate que les
températures minimale et maximale au sein du chargement présentent une nette variation
lors de la diminution (ou de l’augmentation) de la pression extérieure, d’environ 0.5˚C. Une
fois que la pression extérieure se stabilise, la température tend à se réequilibrer autour de la
température extérieure. Cette variation de température peut s’expliquer par l’effet de détente ou
de compression d’un gaz occupant un volume constant. En effet, lors du transport, le volume
d’air intérieur demeure constant, dans ces conditions, et d’après la loi des gaz parfaits, la
diminution de la pression d’un volume de gaz entraine la diminution de sa température et
inversement. Le chargement au contact de ce volume d’air en subira alors les variations de
température.
a) b)
Figure 4.8 – Comparaison des modèles pour différentes valeurs de coefficient de perméabilité
et soumis à un profil de pression variable, (a) température maximale au sein du chargement,
(b) Variation de pression au cours du transport.
a) b)
Figure 4.9 – Comparaison des modèles pour différentes valeurs du coefficient de perméabilité
et soumis à un profil de température constant, (a) température minimale du chargement lors
du décollage, (b) température maximale du chargement lors de l’atterrissage.
dP Pext
= kL (Pext − P ) (4.5)
dt V
de plus on a pour condition initiale :
V
τ= (4.8)
Pext kL
On constate que le temps caractéristique du système est bien fonction du coefficient de
perméabilité, et compte tenu des paramètres du système considéré (V et Pext constants), c’est
∂T dT 2
ρcth =λ 2 (4.10)
∂t dx
De fait, la variation de la valeur de la densité du chargement aura donc pour effet de faire
varier sa capacité thermique. La capacité thermique d’un matériau correspond à sa capacité
à absorber ou restituer de l’énergie sous l’effet d’une variation de température, on peut donc
en déduire qu’une valeur plus élevée de densité aura pour conséquence une augmentation de
l’inertie thermique du chargement.
La figure 4.10 montre les résultats de la simulation du modèle SB24 soumis à un profil de
température correspondant à un transport ayant lieu en été, pour deux valeurs de densité du
chargement. Les accumulateurs de froids latéraux sont introduits à 5˚C et les accumulateurs
supérieurs et inférieurs à -20˚C. On peut alors en effet constater qu’une densité plus élevée
rend le chargement moins sensible aux variations de température extérieure, le chargement
possédant une plus grande inertie, il faut alors une énergie plus importante pour le faire changer
de température.
Cela signifie aussi que la nature du chargement aura des conséquences sur la capacité de
conservation de l’emballage.
Sur la figure 4.11 sont montrées les valeurs du temps de conservation et des températures
maximale et minimale, en fonction de la densité du chargement. On peut remarquer que le temps
de conservation en fonction de la densité de chargement se présente sous la forme d’une fonction
a) b)
Figure 4.10 – Simulation des températures au sein du chargement d’une caisse PSF SB24, a)
ρCh = 50 kg m−3 , b) ρCh = 500 kg m−3 .
a) b)
Figure 4.11 – Résultats d’une série de simulation pour la PSF SB24 faisant varier la densité
du chargement pour un profil de température d’été, a) temps de conservation, b) température
maximale au sein du chargement, c) température minimale au sein du chargement.
Afin de s’affranchir de l’effet des pics de chaleurs (se traduisant par des paliers dans la
fonction de temps de conservation), on réalise les mêmes simulations pour un profil extérieur
de température constante égale à 30˚C, dont les résultats sont alors visibles sur la figure 4.12.
La fonction de temps de conservation est alors clairement linéaire vis à vis de la densité du
chargement, et le temps de conservation évolue proportionnellement à la densité selon un facteur
SρCh = 2.44 · 10−2 h/kg m−3 .
a) b)
Figure 4.12 – Résultats d’une série de simulation pour la PSF SB24 faisant varier la densité
du chargement pour un profil de température extérieur constant à 30˚C, a) temps de conser-
vation, b) température maximale au sein du chargement, c) température minimale au sein du
chargement.
L’opération peut être répétée pour le cas du modèle SB1 soumis à un profil hiver. Dans
ce cas toutefois, les produits ne sortent jamais des limites de conservation durant la totalité
du test, aussi le temps de conservation est-il toujours égal à 76 h. Avec l’augmentation de la
densité, le refroidissement des produits en réponse aux température négatives s’atténue et la
température minimale fini par être égale à la température initiale du chargement (fig. 4.13,a).
De son côté, la température maximale diminue avec l’augmentation de la masse volumique du
chargement indiquant ainsi un resserrement des températures (fig. 4.13,b).
Pour forcer une sortie de la température intérieure des limites de conservation afin d’observer
l’évolution du temps de conservation, on peut imposer à l’emballage un profil de température
constant égal à -10˚C. Les résultats de cette simulation sont présentés sur la figure 4.14. On
observe une là encore une évolution linéaire du temps de conservation par rapport à la densité
du chargement, selon un facteur de SρCh = 2.15 · 10−2 h/kg m−3 .
Figure 4.13 – Résultats d’une série de simulation pour la PSF SB1 faisant varier la densité du
chargement pour un profil de température d’hiver.
a) b)
Figure 4.14 – Résultats d’une série de simulation pour la PSF SB1 faisant varier la densité
du chargement pour un profil de température extérieur constant à -10˚C, a) temps de conser-
vation, b) température maximale au sein du chargement, c) température minimale au sein du
chargement.
On peut alors constater que si le pic froid, observable sur les faces supérieure et inférieure en
début de test, est bien réduit avec la diminution du coefficient de conductivité de la séparation,
en revanche les valeurs atteintes par les pics chauds présents à l’avant et à l’arrière de la caisse
sont elles plus élevées. Cela s’explique par le fait que lorsque l’on diminue la conductivité
thermique des séparations, la transmission du froid vers le chargement est réduite d’autant,
et donc les faces avant et arrière, n’étant pas protégées par des blocs de MCP et étant moins
refroidies par les blocs supérieurs et inférieurs, subissent plus fortement les effets de la chaleur
provenant de l’extérieur par conduction à travers le corps de la caisse.
Ce constat se retrouve ensuite dans les valeurs des températures maximales atteintes par le
chargement, visibles sur la figure 4.16. En effet, on peut alors observer que l’augmentation de
a) b)
Figure 4.15 – Simulation des températures au sein du chargement d’une caisse PSF SB24, a)
λSep = 0.1 W m−1 K−1 , b) λSep = 0.01 W m−1 K−1 .
a) b)
Figure 4.16 – Résultats d’une série de simulation pour la PSF SB24 faisant varier la conduc-
tivité des séparations pour un profil de température d’été, a) temps de conservation, b)
température maximale au sein du chargement, c) température minimale au sein du charge-
ment.
Dans le cas de la SB1 en revanche, en l’absence de MCP à température négative, il n’y a pas
de pic froid à absorber ni même de froid à transmettre au chargment pour le bon déroulement du
transport. Les résultats présentés sur la figure 4.17 permettent de constater qu’ici les séparations
agissent uniquement comme une couche isolante supplémentaire pour protéger les produits des
températures extérieures. Ainsi l’augmentation de la conductivité des séparations s’accompagne
d’une augmentation des températures maximales observées au sein du chargement.
Figure 4.17 – Résultats d’une série de simulation pour la PSF SB1 faisant varier la conductivité
des séparations pour un profil de température d’hiver, a) température maximale au sein du
chargement, b) température minimale au sein du chargement.
Figure 4.18 – Résultats d’une série de simulation pour la PSF SB24 faisant varier l’épaisseur
du panneau de séparation en carton pour un profil été.
a) b)
Figure 4.19 – Simulation des températures au sein du chargement d’une caisse PSF SB24, ,
a) emballage conditionné à 5˚C, b) emballage conditionné à 20˚C.
La même observation peut être faite dans le cas d’une SB1 (fig. 4.20).
Ainsi la température de conditionnement de l’emballage influence majoritairement les faces
du chargement qui ne sont pas protégées par des MCP, elle a pour effet de faire varier le pic
chaud au démarrage présenté par ces faces. L’effet sur le long terme (le temps de conservation)
est négligeable, mais il convient néanmoins de s’assurer que les températures de conditionnement
restent raisonnables, une température trop élevée pouvant provoquer des excursions importantes
en début de transport.
a) b)
Figure 4.20 – Simulation des températures au sein du chargement d’une caisse PSF SB1, , a)
emballage conditionné à 5˚C, b) emballage conditionné à 20˚C.
Les accumulateurs froids placés au dessus et au dessous du chargement ont pour rôle d’ap-
porter au système la quantité de froid nécessaire à l’absorption de la chaleur provenant de
l’extérieur. Cette quantité de froid est emmagasinée dans les matériaux à changement de phase,
sous forme de chaleur latente, et est ensuite libérée lors du changement de phase. Cette quantité
de froid est donc directement dépendante de la valeur de la chaleur latente du MCP. Il convient
alors de s’assurer que les accumulateurs froids soient bien solidifiés au moment de l’introduction
dans l’emballage de manière à s’assurer que le système possède la quantité de froid nécessaire
au maintient des conditions de transport.
Généralement, les accumulateurs de froid sont congelés à la température de -20˚C. En
effet, afin de s’assurer d’une solidification efficace des matériaux à changement de phase, il
convient d’imposer un différentiel de température important, sans quoi un effet de surfusion
dû à une descente en température trop lente peut apparaı̂tre, auquel cas les accumulateurs ne
se solidifient pas et le froid n’est pas emmagasiné. Par ailleurs, les installations frigorifiques
présentes sur les sites de chargement sont le plus couramment réglées pour des températures
standards, à savoir 5˚C pour les produits, et -20˚C pour les accumulateurs.
On peut toutefois se demander de quelle manière l’introduction d’accumulateurs congelés à
des températures différentes pourrait faire varier les résultats sur les températures du charge-
ment. Les résultats des simulations correspondantes sont regroupés sur la figure 4.21. On peut
alors remarquer que le temps de conservation varie très peu à partir du moment où l’on est
assuré que les MCP sont solidifiés et à température strictement négative (compte tenu du fait
que la séparation est telle qu’elle est suffisante pour réduire l’effet du pic froid au démarrage).
De même, si on remarque une augmentation des températures minimales et maximales au sein
du chargement, cette augmentation reste de faible amplitude jusqu’à ce que l’on introduise des
accumulateurs non solidifiés. On peut en déduire que c’est bel est bien l’effet de libération de
froid lors de la fusion qui permet de stabiliser les températures au sein de la caisse, tandis que
la température initiale des MCP joue un rôle limité dans le bon déroulement du transport. La
température initiale des MCP influencera principalement les premières heures du transport,
jusqu’à ce que la surface des accumulateurs ait atteint la température de changement de phase,
où l’on pourra observer des pics froids.
a) b)
Figure 4.21 – Résultats d’une série de simulation pour la PSF SB24 faisant varier la
température d’introduction des accumulateurs froids pour un profil de température d’été, a)
temps de conservation, b) température maximale au sein du chargement, c) température mini-
male au sein du chargement.
a) b)
c) d)
Figure 4.22 – Simulation des températures au sein du chargement d’une caisse PSF SB24 , a)
Tf = 0˚C, b) Tf = 4˚C, c) Tf = 5˚C, d) Tf = 6˚C.
heure de transport. Lorsque la température de fusion est inférieure à 5˚C, on observe que le
froid a déjà été en bonne partie consommé lorsque ce pic intervient, ce qui ce traduit par une
montée globale des températures au sein de l’emballage avant la cinquantième heure et donc
une excursion intervenant plus tôt. Lorsque la température de fusion est supérieure à 5˚C, alors
le froid n’est pas encore consommé, en revanche la température de stabilisation de l’emballage
lors de la fusion est alors globalement plus élevée, ce qui une fois de plus se traduit par une
excursion intervenant plus tôt. Ainsi la température de 5˚C correspond ici à la température la
plus faible qui permette de conserver le froid sur la totalité du trajet.
L’évolution des températures maximales en fonction de la température de changement de
phase des MCP présente une explication similaire. Pour les valeurs de température de fusion
inférieures à 5˚C, la valeur de la température maximale, correspondant à la valeur atteinte lors
du dernier pic chaud intervenant aux environs de la soixante-quinzième heure, dépend de la
consommation de froid, ainsi, lorsque le froid est consommé plus tard, la température maximale
est alors plus faible. Pour des valeurs de température de fusion supérieures ou égale à 5˚C,
le froid n’étant plus consommé sur la durée du trajet, c’est la valeur de la température de
stabilisation globale du chargement qui conditionne la valeur de la température maximale. La
température maximale la plus faible est observée pour Tf = 5˚C, car c’est la température la
plus faible pour laquelle le froid n’est pas consommé lors du transport.
Les températures minimales, quand à elles, correspondent ici aux températures atteintes
lors du pic froid des premières heures du transport. L’augmentation de la température de chan-
gement de phase des MCP tend à faire disparaı̂tre ce pic froid, c’est pourquoi pour des valeurs
de température de fusion supérieures ou égale à 5˚C la température minimale correspond à la
température initiale du chargement.
On peut tirer comme conclusion de ces observations que dans le cas considéré, la température
idéale de changement de phase est Tf = 5˚C, toutefois une variation de 1 degré autour de cette
valeur va provoquer des résultats significativement différents, parfois moins bon que dans le cas
d’une température de fusion Tf = 0˚C. Il est donc alors indispensable de s’assurer de la valeur
de la température de changement de phase du matériau utilisé, ainsi que de sa stabilité dans le
temps sous peine d’obtenir des résultats moins bon que ceux escomptés.
a) b)
Figure 4.23 – Résultats d’une série de simulation pour la PSF SB24 faisant varier la
température de changement de phase des MCP, a) temps de conservation, b) température
maximale au sein du chargement, c) température minimale au sein du chargement.
a) b)
Figure 4.24 – Simulation des températures au sein du chargement d’une caisse PSF SB24 , a)
Lh = 100 kJkg−1 , b) Lh = 300 kJkg−1 .
a) b)
Figure 4.25 – Résultats d’une série de simulation pour la PSF SB24 faisant varier la chaleur
latente de fusion, a) temps de conservation, b) température maximale au sein du chargement,
c) température minimale au sein du chargement.
que dans le cas d’un MCP à température de fusion égale à 5˚C le froid n’était pas totalement
consommé, on peut probablement se permettre d’avoir recours à des matériaux possédant une
chaleur latente moins élevée que l’eau. Rubitherm commercialise différents types de MCP à
base de paraffine, parmis lesquels le RT 5 offrant une température de fusion de 5˚C d’après le
fabriquant, et dont les caractéristiques thermiques sont regroupées dans le tableau 4.5.
Sur la figure 4.26 sont présentés les résultats d’une simulation dans le cas de l’utilisation
de MCP à base de paraffine RT 5. On peut alors constater que malgré une chaleur latente
plus faible le froid n’est pas totalement consommé lors du transport et les températures des
points proches des MCP présentent une bonne stabilité à 5˚C sur la durée du trajet. Ainsi
l’utilisation d’un MCP à base de paraffine semblerait judicieux afin d’améliorer les capacités
de l’emballage. Toutefois il convient de noter que les données des fabriquants sont fréquement
différentes de celles que l’on peut mesurer, de plus la stabilité des MCP est sujette à caution,
aussi il est nécessaire de procéder avec prudence dans l’optique de l’utilisation de MCP à base
de paraffine.
Figure 4.26 – Simulation des températures au sein du chargement d’une caisse PSF SB24 pour
des MCP Rubitherm RT 5.
4.3 Conclusion
Le modèle simplifié comparé à des résultats expérimentaux affiche des résultats proches de
la réalité. Les variations de température en réponse au profil de température extérieur sont
fidèles à l’observation et le modèle permet de simuler plusieurs configurations d’emballage.
La simulation de différentes conditions et configurations permet d’observer l’influence de
divers paramètres sur la capacité de l’emballage à bien conserver les produits.
Les infiltrations d’air au sein de l’emballage sont essentiellemnt dues à la variation at-
mosphérique et au vent, l’effet de tirage thermique est négligeable compte tenu de la faible
hauteur des systèmes étudiés. Les variations de pression extérieures ponctuelles, causées par
exemple par la montée en altitude de l’avion de transport, entraı̂ne des variations de température
au sein de l’emballage de faible amplitude et sans conséquence sur le long terme, mais qui
peuvent ponctuellement faire franchir les limites de conservation du chargement.
Les caractéristiques thermiques des produits transportés ont une influence importante sur
la capacité de l’emballage à les conserver dans les limites de température établies. En effet,
l’augmentation de la densité par exemple à pour effet d’augmenter l’inertie thermique du char-
gement, le rendant moins sensible aux variations de température.
Bibliographie
[1] F. Asdrubali, A. L. Pisello, F. D. Alessandro, F. Bianchi, M. Cornicchia, and C. Fabiani.
Innovative cardboard based panels with recycled materials from the packaging industry :
thermal and acoustic performance analysis. Energy Procedia, 78 :321–326, novembre 2015.
[2] F. Asdrubali, A. L. Pisello, F. D’Alessandro, F. Bianchi, C. Fabiani, M. Cornicchia, and
A. Rotili. Experimental and numerical characterization of innovative cardboard based pa-
nels : Thermal and acoustic performance analysis and life cycle assessment. Building and
Environment, 95 :145–159, janvier 2016.
[3] F. De Ponte and S. Klarsfled. Conductivité thermique des isolants. Techniques de l’ingénieur
Mesure des grandeurs thermophysiques, 2016.
[4] P.R. Rozak, B.P. Weegman, E.S. Avgoustiniatos, J.R. Wilson, D.P. Welch, B.J. Hering, and
K.K. Papas. Devices and methods for maintenance of temperature and pressure during islet
shipment. T. Proceedings, 40 :407–410, 2008.
113
perspectives
Le modèle simplifié permet déjà de simuler une grande partie des configurations existantes,
mais il peut encore être complété de manière à prendre en compte d’autres configurations d’em-
ballages. Notamment par la superposition de plusieurs couches de MCP de natures différentes
ou l’introduction sur une même face de plusieurs types de MCP.
Une stratégie devra être mise en place pour l’intégration du modèle dans le processus d’op-
timisation des emballages. La faisabilité d’un algorythme génétique pourra être étudiée pour la
définition d’un emballage répondant à un cahier des charges prédéfini et en associant le modèle
développé avec les moyens de dimensionnement déjà utilisés au sein de l’entreprise.
De plus, le modèle développé pourrait être utilisé afin de prévoir le comportement d’un
emballage en temps réel sur un horizon de temps fixé et de déclencher des alarmes préventives
au cours du transport lorsque le risque d’excursion devient trop important.
Prénoms : Thibault
TITRE : Etude expérimentale et modélisation d’emballages de produits de santé utilisant des matériaux à changement de
phase
NATURE : Doctorat Numéro d'ordre : 2016LYSEI039
RESUME : Les emballages thermiques, fabriqués à partir de matériaux isolants et associés à des matériaux à changement de phase,
constituent une solution à la problématique de la conservation de produits thermosensibles tout au long de la chaîne de distribution.
Cependant, l'optimisation des configurations représente un défi, compte tenu du nombre de paramètres en jeu, et la voie expérimentale
demeure coûteuse en temps et en ressources. C'est pourquoi un modèle numérique simplifié a été développé dans le cadre de cette thèse.
La thèse comporte un volet expérimental sur la détermination de la perméabilité des emballages ainsi que l'observation de la répartition des
températures au sein d'un modèle d'emballage, et un volet numérique.
Le volet expérimental a permis de déterminer les coefficients de perméabilité de deux types d'emballages pour différentes configurations,
montrant des différences notables selon le modèle de caisse considéré. Les fuites d'air sont principalement dues à l'ouverture de la porte, d'où
l'importance du type de joint utilisé et du système de fermeture. Le corps de la caisse, de par sa méthode de manufacture, présente lui aussi
des fuites, rendant impossible l'éventualité d'une caisse totalement imperméable.
L'observation des températures au sein d'un emballage met en évidence une certaine stratification des températures intérieures, pouvant être
diminuée par la présence d'un volume d'air suffisamment important pour permettre des mouvements de convection. Un test avec simulation
d'ensoleillement a permis d'observer l'impact important du flux solaire sur le comportement thermique de la caisse, tout en mettant en évidence
l'efficacité des matériaux à changement de phase pour l'absorption des variations de température.
Le modèle développé est basé sur une méthode nodale, associant à chaque épaisseur de paroi un nœud, pour lequel sont résolues les
équations de bilans thermiques associées. Le traitement du changement de phase se fait par une méthode dite de « capacité calorifique
équivalente». Le programme a été construit de manière à pouvoir simuler un grand nombre de configuration en faisant varier l'agencement des
éléments et leur nature. La simulation d'un certain nombre de ces configurations a permis de déterminer la sensibilité du système à divers
paramètres.
Ainsi il a été montré que la nature du chargement (caractérisée par les valeurs de conductivité, densité et capacité thermique) constitue un
paramètre influent sur le système, et donc la connaissance des produits transportés s'avère indispensable à la définition d'une configuration
optimale. De la même manière, la nature des matériaux à changement de phase, et en particulier la température de fusion, a une importance
notable sur le comportement du système.
En revanche, la température d'introduction des MCP a peu d'influence, du moment que le matériau est introduit dans la bonne phase
correspondant à son application. La perméabilité de l'emballage quant à elle montre peu d'incidence sur les résultats à long terme, mais des
effets de sursaut de température ponctuels dus à des variations brusques de pression extérieure peuvent être observés localement.
MOTS-CLÉS : emballages thermiques, chaîne du froid, matériaux à changement de phase, stockage de chaleur, modèle nodal.
Composition du jury : Jean-Pierre BEDECARRATS – Michel DE PAEPE – Michel FEIDT – Philippe HABERSCHILL – Frédéric
KUZNIK – Gilles LABRANQUE.