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DM 2

Le document présente un devoir de mathématiques sur les idéaux de Mn(R) avec des notations, définitions et résultats préliminaires. Il inclut des questions sur les propriétés des matrices, les idéaux bilatères, à droite et à gauche, ainsi que des applications. Les exercices sont destinés à approfondir la compréhension des concepts liés aux espaces vectoriels et aux matrices.

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LYCÉE HENRI POINCARÉ, NANCY MATHÉMATIQUE MPI-MPI* 2526

Devoir maison n°2 — Idéaux de Mn (R)


pour le vendredi 26 septembre

1. Notations et définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
2. Résultats préliminaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
3. Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
4. Idéaux bilatères de Mn (R) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
5. Idéaux à droite de Mn (R) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
6. Idéaux à gauche de Mn (R) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3

Ce sujet est issu d’une épreuve de 3 heures du concours ESIM (École Supérieure d’Ingénieurs de Marseille) 2002.

1. Notations et définitions

Étant donnés n et p deux entiers naturels non nuls, on désigne par M p,n (R) l’espace vectoriel des matrices à p lignes et n colonnes
à coefficients réels.

Mn (R) désigne l’algèbre des matrices carrées d’ordre n à coefficients réels.

On rappelle que deux matrices A et B appartenant à M p,n (R) sont équivalentes si et seulement s’il existe une matrice P carrée
inversible d’ordre p et une matrice Q carrée inversible d’ordre n telles que B = PAQ.

A étant un élément de M p,n (R), on appelle noyau de A, noté Ker (A), le sous-espace vectoriel de Mn,1 (R) :

Ker (A) = X ∈ Mn,1 (R) : AX = 0 .

On appelle image de A le sous-espace vectoriel de M p,1 (R), noté Im (A) :



Im (A) = AX , X ∈ Mn,1 (R) .

Un sous-groupe J de (Mn (R), +) est appelé un idéal à droite de Mn (R) si et seulement si :

∀A ∈ Mn (R), ∀M ∈ J, M A ∈ J.

Un sous-groupe J de (Mn (R), +) est appelé un idéal à gauche de Mn (R) si et seulement si :

∀A ∈ Mn (R), ∀M ∈ J, AM ∈ J.

Si J est à la fois un idéal à gauche et un idéal à droite, on dit que J est un idéal bilatère de Mn (R).

On désigne par I la matrice identité d’ordre n.

2. Résultats préliminaires

Soit A appartenant à Mn (R). On suppose A de rang r.

Soit u l’endomorphisme de matrice A dans la base canonique de Rn .

Q1. — Soit (e r+1 , e r+2 , . . . , en ) une base du noyau de u. Démontrer l’existence d’une famille de vecteurs (e1 , e2 , . . . , e r ) telle que
(e1 , e2 , . . . , e r , e r+1 , e r+2 , . . . , en ) soit une base de Rn .

Q2. — Démontrer que le sous-espace vectoriel de Rn engendré par (e1 , e2 , . . . , e r ) est un supplémentaire de Ker (u).

Q3. — En déduire que le sous-espace vectoriel engendré par (e1 , e2 , . . . , e r ) est isomorphe à Im (u).

DAVID BLOTTIÈRE 1 VERSION DU 22 SEPTEMBRE 2025


LYCÉE HENRI POINCARÉ, NANCY MATHÉMATIQUE MPI-MPI* 2526

Q4. — En déduire que (u(e1 ), u(e2 ), . . . , u(e r )) est une base de Im (u).

Q5. — Peut-on compléter la famille (u(e1 ), u(e2 ), . . . , u(e r )) en une base de Rn ?


 ‹
Ir 0
Q6. — En déduire que A est équivalente à la matrice , où I r désigne la matrice identité d’ordre r et 0 une matrice nulle
0 0
de taille convenable.

Q7. — Soit D une matrice diagonale d’ordre n telle que r éléments de la diagonale sont égaux à 1, les n − r autres sont nuls.
Démontrer que A est équivalente à D.

3. Applications

On considère une application f de Mn (R) dans R, différente des constantes 0 et 1, telle que :

∀(A, B) ∈ Mn (R)2 , f (AB) = f (A) f (B).

Q8. — Démontrer que pour toute matrice inversible A de Mn (R), f (A) est non nul.

Soit A une matrice de rang r, strictement inférieur à n.

Q9. — Démontrer l’existence de r + 1 matrices, notées A1 , A2 , . . ., A r+1 , toutes équivalentes à A et telles que le produit
A1 A2 . . . A r+1 soit nul.

Q10. — En déduire que f (A) = 0.

Q11. — Que peut-on en conclure pour l’application f ?

Q12. — Donner un exemple d’une telle application.

4. Idéaux bilatères de Mn (R)

Soit J un idéal bilatère de Mn (R).

Q13. — Démontrer que si I ∈ J, alors J = Mn (R).

Q14. — Démontrer que si J contient une matrice inversible alors J = Mn (R).

On suppose que J n’est pas réduit au vecteur nul de Mn (R). Soit A une matrice de rang r (non nul) appartenant à J.
 ‹
Ir 0
Q15. — Démontrer que J contient la matrice .
0 0

Q16. — Démontrer l’existence de n − r + 1 matrices, notées A1 , A2 , . . ., An−r+1 , toutes équivalentes à A et telles que la somme
A1 + A2 + · · · + An−r+1 soit une matrice inversible.

Q17. — Quelle conclusion peut-on en tirer pour les idéaux bilatères de Mn (R) ?

5. Idéaux à droite de Mn (R)

Soit E un sous-espace vectoriel de Mn,1 (R).

On désigne par J E le sous-ensemble de Mn (R) :

J E = {A ∈ Mn (R) : E contient Im (A)} .

Q18. — Démontrer que J E est un idéal à droite de Mn (R).

DAVID BLOTTIÈRE 2 VERSION DU 22 SEPTEMBRE 2025


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Soit A un élément de Mn,p (R) et B un élément de Mn,q (R). On suppose que Im (B) est contenue dans Im (A). On veut montrer qu’il
existe une matrice C appartenant à M p,q (R) telle que B = AC.

On fixe un supplémentaire S de Ker (A) dans M p,1 (R).

Q19. — Justifier que l’application φ définie par X 7−→ AX définit un isomorphisme de S dans Im (A).

Soit (e1 , e2 , . . . , eq ) la base canonique de Mq,1 (R).

Q20. — Justifier l’existence, pour tout i compris entre 1 et q, d’un unique élément ϵi de S tel que :
Aϵi = Bei .

Soit C l’élément de M p,q (R) dont les colonnes sont les matrices ϵ1 , ϵ2 , . . ., ϵq :
C = [ϵ1 ϵ2 ... ϵq ].

Q21. — Démontrer que B = AC.

Soient A, B et C trois éléments de Mn (R) tels que Im (A) + Im (B) contient Im (C).

On désigne par D = (A, B) la matrice de Mn,2n (R) obtenue en juxtaposant les matrices A et B, c’est-à-dire que les n premières
colonnes de D sont celles de A et les n dernières celles de B.

Q22. — Démontrer que Im (D) = Im (A) + Im (B).

Q23. — En déduire l’existence d’une matrice W appartenant à M2n,n (R) telle que : C = DW .

Q24. — En déduire l’existence de deux matrices U et V appartenant à Mn (R) telles que C = AU + BV .

Soit J un idéal à droite de Mn (R).

Q25. — Démontrer qu’il existe un entier naturel r tel que :


(∀ M ∈ J, rg (M ) ⩽ r) et (∃ M0 ∈ J, rg (M0 ) = r) .

Soit M un élément quelconque de J. On suppose que Im (M ) n’est pas contenue dans Im (M0 ).

Q26. — En utilisant le sous-espace vectoriel Im (M ) + Im (M0 ) de Mn (R), démontrer l’existence d’un élément de J de rang
strictement supérieur à r.

Q27. — Déduire des questions précédentes que J est contenu dans JIm(M0 ) .

Q28. — Démontrer que J = JIm(M0 ) .

6. Idéaux à gauche de Mn (R)

Soit E un sous-espace vectoriel de Mn,1 (R).

On désigne par J E le sous-ensemble de Mn (R) :

J E = {M ∈ Mn (R) : Ker (M ) contient E} .

Q29. — Démontrer que J E est un idéal à gauche de Mn (R).

On désigne par u une application linéaire de Rn dans R p , v une application linéaire de Rn dans Rq .

On suppose que Ker (v) contient Ker (u).

Q30. — Démontrer qu’il existe un homomorphisme w de R p dans Rq tel que : v = w ◦ u.

Q31. — Soient A ∈ M p,n (R), B ∈ Mq,n (R) telles que Ker (B) contient Ker (A). Déduire de la question précédente qu’il existe
C ∈ Mq,p (R) telle que B = CA.

Soient A, B et C trois matrices carrées d’ordre n telles que Ker (C) contient Ker (A) ∩ Ker (B).

Q32. — Démontrer qu’il existe deux matrices carrées d’ordre n, U et V , telles que C = UA + V B.

Q33. — Déterminer les idéaux à gauche de Mn (R).

DAVID BLOTTIÈRE 3 VERSION DU 22 SEPTEMBRE 2025

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