c'était exactement ce trou qui’il lui failli et ce qu'il respirait exactement ce dont
avaient besoin ses bronches. une belle le remontait, il roulait une cigarette et la fumait
jusqu'à l'ultime bouffée non pas qu'il manquat de tabac, mais parce que c'était la ciga-
rette de l'adieu que tous les mineurs fumaient : ils l'éternisait, bavardant avec eux,
leur parlant de lui et de son pays, leur mendiant leur sympathie d’hommes. ils lui don-
naient une poignée de main sans le regarder convaincus qu'il était un chien qui est tra-
vaillait avec eux dans la mine, et ils partaient rejoindre leurs femmes : délassements
modernes de ces guerriers modernes.
il y avait une demi-douzaine d'Arabes avec waldik. il n'avaient pas de femmes, pas de
liens avec le pays : rien qu'une cabane de planches noires et disjointes, avec un Godin
qu’ils ne savaient pas allumer, et des lits de camps - et qu'ils fuyaient tacitement
comme la peste. Car il savaient que là, tôt ou tard, tous les soirs, la société les faisait
se retrouver, entre Arabes, nus les uns pour les autres, comme un groupe de naufragés
sur un radeau, avec leur faim atroce de la vie - et cette nostalgie de la terre africains
africaine dont ils ne parlaient pas mais qui les animait tous : noire et déferlante
comme un raz de marée.