Chapitre 1
Espaces de Sobolev
Les espaces de Sobolev 1 sont des espaces fonctionnels (c.à.d constitués de fonctions) dont les puissances et les
dérivées (au sens de la transposition, ou au sens faible, que nous allons préciser) sont intégrables. Tout comme les
espaces de Lebesgue, ces espaces sont complets ce qui est un avantage considérable pour l’étude des solutions des
équations aux dérivées partielles.
1.1 Dérivées faibles
La notion de dérivée faible, introduite par Jean Leray 2 en 1934 est fondamentale pour l’étude de l’existence des
solutions des équations aux dérivées partielles elliptiques et de leur régularité. Dans toute la suite, Ω désigne un
ouvert de IR N , N ≥ 1, et on note Cc∞ (Ω) l’ensemble des fonctions continues à support compact sur Ω c’est-à-dire
Cc∞ ((Ω) = {u ∈ C ∞ (Ω); ∃K ⊂ Ω, K compact ; u = 0 sur K c }.
Le lemme suivant est fondamental, car � il permet de confondre f ∈ Lloc (Ω)1 avec l’application linéaire Tf de
1
Cc (Ω) dans IR définie par Tf (ϕ) = Ω f (x)ϕ(x) dx. On rappelle que f ∈ Lloc (Ω) si, pour tout sous–ensemble
∞
compact K de Ω, la restriction f |K de f à K est un élément de L1 (K).
Lemme 1.1 Soit Ω un ouvert de IR N , N ≥ 1, et soient f et g ∈ L1loc (Ω). Alors :
� � � �
∞
∀ϕ ∈ Cc (Ω), f (x)ϕ(x) dx = g(x)ϕ(x) dx ⇐⇒ [f = g p.p.] .
Ω Ω
La démonstration de ce lemme se fait par régularisation (on se ramène à des fonctions continues).
On note D∗ (Ω) l’ensemble des formes linéaires sur Cc∞ (Ω) : on dit que D∗ (Ω) est le dual algébrique de Cc∞ (Ω).
Le lemme précédent nous permet de définir la dérivée par transposition d’une fonction L1 de la manière suivante :
Définition 1.2 (Dérivée par transposition) Soit Ω un ouvert de IR N , N ≥ 1, et soit f ∈ L1 (Ω). On appelle
dérivée par transposition de f par rapport à sa i-ème variable la forme linéaire de D∗ (Ω), notée Di f et définie
par : �
�Di f, ϕ�D∗ (Ω),C ∞ (Ω) = − f ∂i ϕ dx
c
Ω
1. Sergueï Lvovitch Sobolev, (6 octobre 1908-3 janvier 1989) est un mathématicien et physicien atomique russe de l’époque soviétique.
2. Jean Leray, mathématicien français,1906 -1998, est un mathématicien français il a travaillé sur les équations aux dérivées partielles et
sur la topologie algébrique.
3
1.2. ESPACES DE SOBOLEV CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV
où ∂i ϕ désigne la dérivée partielle classique de ϕ par rapport à sa i-ème variable. Noter que si f ∈ C 1 (Ω), alors
Di f n’est autre que ∂i f . Il s’agit donc bien d’une généralisation de la notion de dérivée.
Si la forme linéaire Di f peut être confondue avec une fonction localement intégrable au sens du lemme 1.1, on dit
que f admet une dérivée faible.
Vous avez probablement rencontré ou entendu parler de la dérivée au sens des distributions. Celle ci est très liée
à la dérivée par transposition, mais un peu plus compliquée à définir parce qu’elle demande la définition d’une
topologie ; nous n’en aurons pas vraiment besoin dans le cadre de ce cours.
Par exemple, la fonction de Heaviside 3 , définie par H(x) = 1 si x ≥ 0 et H(x) = 0 sinon, admet une dérivée par
transposition ; en effet, pour ϕ ∈ Cc∞ (IR), on a :
� � +∞
H(x)ϕ(x) dx = ϕ(x) dx = −ϕ(0)
IR 0
et donc DH est la forme linéaire qui à ϕ associe l’opposé de sa valeur en 0, qu’on appelle aussi Dirac en 0 :
DH = −δ0 . Par contre, cette dérivée n’est pas une dérivée faible, car δ0 ne� peut pas être assimilée à une fonction
de L1 , au sens où il n’existe pas de fonction g ∈ L1 (IR telle que δ0 (ϕ) = IR gϕ dx pour tout ϕ ∈ Cc∞ (IR) (voir
exercice 1).
αN
Pour α = (α1 , . . . αN ) ∈ INN , et u ∈ L1loc (IR N ), on définit la dérivée faible D1α1 . . . DN u ∈ L1loc (IR N ), si elle
existe, par
� �
αN
D1α1 . . . DN u(x) ϕ(x) dx = (−1)|α| αN
u(x) ∂1α1 . . . ∂N ϕ(x) dx, ∀ϕ ∈ Cc∞ (IR N ),
IR N IR N
où |α| = α1 + . . . + αN et ∂iαi ϕ désigne la dérivée partielle (classique) d’ordre αi par rapport à la i-ème variable.
1.2 Espaces de Sobolev
Définition 1.3 Soient Ω un ouvert de IR N . On définit les espaces de Sobolev suivants :
1. H 1 (Ω) = {u ∈ L2 (Ω) t.q. Di u ∈ L2 (Ω), pour tout i = 1, . . . , N }.
Dans cette définition, lorsqu’on dit Di u ∈ L2 (Ω), on sous-entend
�
“il existe une fonction g ∈ L (Ω) telle que �Di f, ϕ�D∗ (Ω),Cc∞ (Ω) = −
2
gϕ dx pour tout ϕ ∈ Cc∞ (Ω).”
Ω
On ne le répétera pas par la suite.
2. Pour m ∈ IN, H m (Ω) = {u ∈ L2 (Ω) t.q. Dα u ∈ L2 (Ω) pour tout α ∈ INN t.q.|α| ≤ m}.
3. Pour 1 � p � ∞ et m ∈ IN, on définit l’espace de Sobolev W m,p (Ω) par
W m,p (Ω) = {u ∈ Lp (Ω); Dα u ∈ Lp (Ω) pour tout α ∈ INN t.q.|α| ≤ m.}
Noter que pour m = 0, l’espace W m,p (Ω) est l’espace de Lebesgue Lp (Ω).
Proposition 1.4 (Structure d’espace vectoriel) Les espaces H m (Ω) sont des espaces de Hilbert lorqu’on les
munit du produit scalaire �
�u, v�H m = �Dα u, Dα u�L2 ,
|α|≤m
3. Oliver Heaviside (1850 - 1925) physicien britannique autodidacte.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M2 4 Université Aix-Marseille 1,R. Herbin, 3 novembre 2010
1.2. ESPACES DE SOBOLEV � CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV
où �·, ·�L2 désigne le produit scalaire dans L (Ω) i.e. �u, v�L2 =
2
uv dx. Notons que W m,2 (Ω) = H m (Ω)
Ω
Une norme naturelle sur W m,p (Ω) est définie par :
� �1/p
�
p
�Dα u�Lp , si 1 � p < +∞;
�u�W m,p = 0�|α|�m
max �Dα u�L∞ , si p = +∞;
0�|α|�m
où �.�Lp désigne la norme dans L (Ω). p
Muni de cette norme W m,p (Ω) est un espace de Banach (c.à.d. un espace vectoriel normé complet).
On peut montrer que la norme :
�
�Dα u�Lp , 1 � p < +∞;
0�|α|�m
�u�m,p = �
�Dα u�L∞ , p = +∞.
0�|α|�m
est une norme équivalente à la précédente. L’espace W m,p (Ω) a donc les mêmes propriétés quelle que soit la
norme utilisée. Ces normes sont notées indifféremment �.�m,p ou �.�W m,p
Remarque 1.5 (Espaces de Sobolev et continuité) En dimension 1 d’espace (N = 1), avec a, b ∈ IR, tout élé-
ment de W 1,p (]a, b[) (qui est donc une classe de fonctions) peut être assimilé à une fonction continue, au sens où il
existe un représentant de la classe qui est continu (voir à ce propos l’exercice 3). Ceci tient au fait qu’en dimension
1, toute “fonction" de W 1,p (]a, b[) peut s’écrire comme l’intégrale de sa dérivée.
� � x �
1,p p
u ∈ W (]a, b[) ⇐⇒ ∃ũ ∈ C(]a, b[) et v ∈ L (]a, b[); u = ũ p.p. et ũ(x) = ũ(a) + v(s) ds .
a
En dimension strictement supérieure à 1, ceci est faux. En particulier H (Ω) �⊂ C(Ω), comme le prouve l’exemple
1
suivant : soit Ω = {x = (x1 , x2 )t ∈ IR 2 , |xi | < 12 , i = 1, 2}, et u la fonction définie sur Ω par u(x) = (ln(|x|))γ ,
avec γ ∈]0, 1/2[. Alors u ∈ H 1 (Ω) mais u �∈ L∞ (Ω) (voir exercice 5), et donc en particulier, u �∈ C(Ω).
Proposition 1.6 (Séparabilité) Dans le cas où p est fini, c’est aussi un espace séparable (c.à.d. un espace vectoriel
normé qui contient une partie dénombrable dense).
Preuve Voir exercice 7.
Les espaces de Sobolev W m,p sont réflexifs sauf si p = 1 ou +∞. On commence par rappeler ci-dessous la
définition d’un espace réflexif.
Définition 1.7 (Espace réflexif) Soit E un espace vectoriel normé réel. On note E �� son dual topologique, c’est-
à-dire l’ensemble des formes linéaires continues de E dans IR. Pour tout x ∈ E, on définit l’application Jx de E �
dans IR par Jx (T ) = T (x) pour tout T ∈ E � . On a
|Jx (T )| = |T (x)| ≤ �T �E � �x�R
et donc Jx est une forme linéaire continue sur E � , ce qu’on note Jx ∈ E �� où E �� est le bidual de E, c.à.d. le dual
topologique de E � . On peut montrer par le théorème de de Hahn-Banach, que �Jx �E �� = �x�E .
L’application J, définie de E dans E �� par J(x) = Jx pour tout x ∈ E, est donc une isométrie linéaire, et on a
évidemment J(E) ⊂ E �� .
On dit que E est un espace réflexif si J(E) = E �� , ce qui revient à dire que J est surjective.
Notons que tout espace réflexif E est forcément complet puisque le dual d’un espace vectoriel normé quelconque
est toujours complet.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M2 5 Université Aix-Marseille 1,R. Herbin, 3 novembre 2010
1.3. QUELQUES RAPPELS D’ANALYSE FONCTIONNELLE CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV
Proposition 1.8 (Réflexivité) Pour tout p ∈]1, +∞[, l’espace e W m,p (Ω) est un espace réflexif.
Preuve Voir exercice 8.
1.3 Quelques rappels d’analyse fonctionnelle
Un théorème fondamental :
Théorème 1.9 (Hahn Banach) Soit E un espace vectoriel sur IR et p une fonction convexe définie sur E et qui
ne prend que des valeurs finies. Soit F un sous-espace vectoriel de E, et T une forme linéaire sur F qui vérifie
T (x) ≤ p(x) pour tout x ∈ F . Il existe alors un prolongement de T en une forme linéaire sur l’espace E tout
entier, vérifiant encore la condition : T (x) ≤ p(x) pour tout x ∈ E.
et surtout son corollaire :
Corollaire 1.10 Soit E un espace normé, F un sous-espace de E et T une forme linéaire continue sur F . On peut
alors prolonger T en une application continue définie sur E, de même norme que T .
Théorème 1.11 (CNS sur la dimension) Un espace de Banach E est de dimension finie si et seulement si sa
boule unité est compacte.
Définition 1.12 (Convergence faible et faible *) Soit E un espace de Banach
1. Convergence faible Soient (un )n∈IN ⊂ E et u ∈ E. On dit que un → u faiblement dans E lorsque n → ∞
si T (un ) → T (u) pour tout T ∈ E � .
2. Convergence faible * Soient (Tn )n∈IN ⊂ E � et u ∈ E � . On dit que Tn → T dans E � faible * si Tn (x) →
T (x) pour tout x ∈ E.
Théorème 1.13 (Compacité faible * des bornés du dual d’un espace séparable) Soit E un espace séparable,
et soit (Tn )n∈IN une suite bornée de E � (c.à.d. telle qu’il existe C ∈ IR + t.q. (�Tn �E � ≤ C pour tout n ∈ IN.
Alors il existe une sous-suite, encore notée (Tn )n∈IN et T ∈ E � telle que Tn → T dans E � faible *.
Une application importante de ce théorème est la suivante : si Ω est un ouvert de IR N et (un )n∈IN� est une suite
bornée
� de L∞ (Ω), alors il existe une sous-suite encore notée (un )n∈IN et u ∈ L∞ (Ω) tels que Ω un ϕ dx →
Ω
uϕ dx pour tout ϕ ∈ L1 (Ω). En effet, L∞ (Ω) est le dual de L1 (Ω), qui est séparable.
Théorème 1.14 (Compacité faible des bornés du dual d’un espace réflexif) Soit E un espace réflexif, et soit
(un )n∈IN une suite bornée de E (c.à.d. telle qu’il existe C ∈ IR + t.q. (�un �E ≤ C pour tout n ∈ IN. Alors il
existe une sous-suite, encore notée (un )n∈IN et u ∈ E telle que un → u dans E faiblement.
1.4 Théorèmes de densité
Définition 1.15 (Frontière lipschitzienne) Un ouvert borné Ω deIR N est dit à frontière lipschitzienne sâĂ’il
existe des ouverts (Ω0 , Ω1 , ..., Ωn ) de IR N et des applications (φ0 , φ1 , . . . , φn ) telles que :
�n
1. Ω ⊂ i=0 Ωi et Ω0 ⊂ Ω.
2. φ0 : Ω0 → B1,N = {x ∈ RN ||x|| < 1} est bijective et φ0 et φ−1
0 sont lipschitziennes,
3. Pour tout i ≥ 1 ,φi : Ωi → B1,N est bijective et φi et φ−1 N
0 sont lipschitziennes, et φi (Ωi ∩Ω) = B1,N ∩IR + et
φi (Ωi ∩ ∂Ω) = B1,N ∩ {(0, y), y ∈ IR N− 1 .
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M2 6 Université Aix-Marseille 1,R. Herbin, 3 novembre 2010
1.5. THÉORÈMES DE TRACE CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV
Théorème 1.16 Soit Ω est un ouvert borné à frontière lipschitzienne et 1 ≤ p < +∞ alors :
1. L’ensemble C ∞ (Ω) des restrictions des fonctions C ∞ (IR N ) à Ω est dense dans W m,p (Ω) pour tout m ∈ IN.
2. Il existe une application linéaire continue P : W m,p (Ω) → W m,p (IR N ) telle que
∀u ∈ W m,p (Ω), P (u) = u sur Ω.
La démonstration se fait par troncature et régularisation. Un cas particulier fait l’objet de l’exercice 14.
Par contre, si Ω est un ouvert borné, l’espace C ∞ (Ω) n’est pas dense dans H 1 (Ω). Son adhérence est un sous
espace strict de H 1 (Ω), qu’on note H01 (Ω).
Définition 1.17 (Espace H01 (Ω))
H 1 (Ω)
1. On appelle H01 (Ω) l’adhérence de Cc∞ (Ω) dans H 1 (Ω), ce qu’on note aussi : H01 (Ω) = Cc∞ (Ω) .
2. Pour m > 0 et 1 ≤ p < +∞, on définit le sous espace W0m,p (Ω) de W m,p (Ω) comme l’adhérence de
Cc∞ (Ω) dans W m,p (Ω) :
W m,p (Ω)
W0m,p (Ω) = Cc∞ (Ω) .
On remarquera facilement que si Ω = IR N , on a H01 (Ω) = H 1 (Ω) alors que, comme on l’a dit précédemment,
l’inclusion est stricte si Ω est un ouvert borné.
1.5 Théorèmes de trace
N −1
Théorème 1.18 (Trace) Soit Ω = IR N N
+ = {(x, y) ∈ IR ; x ∈ IR, x > 0 et y ∈ IR . Pour tout p tel que
N −1
1 ≤ p < +∞, il existe une application linéaire continue γ de W 1,p (Ω) dans Lp (IR ) telle que γu = u p.p sur
N
IR N −1 si u ∈ C ∞ (IR + ).
Théorème 1.19 (Trace sur un ouvert borné) Soit Ω est un ouvert borné à frontière lipschitzienne et 1 ≤ p <
+∞ alors l’application γ0 définie de C ∞ (Ω) ⊂ W 1,p (Ω) dans Lp (∂Ω) par u ∈ C ∞ (Ω) �→ γ0 (u) = u|∂Ω , est
linéaire continue. On la prolonge en γ, application linéaire continue de W 1,p (Ω) dans Lp (∂Ω).
Remarquons que p > N , on peut montrer (voir théorème 1.25) que W 1,p (Ω) ⊂ C(Ω) et γu est alors la valeur de
u au bord au sens classique, i.e.γu = γ0 u.
Remarque 1.20 (Lien avec la trace classique.) On suppose que Ω = IR N
+ ou que Ω est un ouvert borné à fron-
tière lipschitzienne. Alors :
1. Si u ∈ H 1 (Ω) ∩ C(Ω), on a alors γu = u p.p sur ∂Ω (au sens de la mesure N − 1 dimensionnelle.
2. Ker γ = W01,p (IR N
+ ).
Voir à ce propos l’exercice 13.
Théorème 1.21 Soit Ω un ouvert borné à frontière lipschitzienne et 1 ≤ p < +∞ alors il existe une application
γ définie de W 1,p (Ω) dans Lp (∂Ω) et tel que
γu(y) = u(y) p.p. y ∈ ∂Ω si u ∈ W 1,p (Ω) ∩ C(Ω).
De plus Ker γ = W01,p (Ω).
Le théorème suivant généralise la propriété d’intégration par parties des fonctions régulières.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M2 7 Université Aix-Marseille 1,R. Herbin, 3 novembre 2010
1.6. THÉORÈMES DE COMPACITÉ CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV
Théorème 1.22 (Intégration par parties)
• Si Ω = IR N N
+ (= {x = (x1 , . . . , xN ) ∈ IR ; x1 ≥ 0}), alors
t
� �
Si 2 ≤ i ≤ N, u Di v dx = − Di u v dx, ∀(u, v) ∈ (H 1 (Ω))2 ,
� Ω � Ω �
Si i = 1, u D1 v dx = − D1 u v dx + γu(y) γv(y) dγ(y), ∀(u, v) ∈ (H 1 (Ω))2 ,
Ω Ω ∂Ω
• si Ω est un ouvert borné à frontière lipschitzienne, alors, pour tout i = 1, . . . , N ,
� � �
u Di v dx = − Di u v dx + γu(y) γv(y)ni (y) dγ(y), ∀(u, v) ∈ (H 1 (Ω))2 ,
Ω Ω ∂Ω
où γu désigne la trace de u sur la frontière ∂Ω et dγ(y) désigne l’intégration par rapport à la mesure adéquate sur
∂Ω (c.à.d. la mesure de Hausdorff sur ∂Ω qu’on peut voir comme une mesure de Lebesque (N −1) dimensionnelle),
et n = (n1 , . . . , nN )t est la normale à ∂Ω extérieure à Ω.
1.6 Théorèmes de compacité
Les théorèmes suivants sont une conséquence du théorème de Kolmogorov (voir [2, Théorème 8.5]).
Théorème 1.23 (Rellich) Soit Ω un ouvert borné, et 1 ≤ p < +∞. Toute partie bornée de W01,p (Ω) est rela-
tivement compacte dans Lp (Ω). Ceci revient à dire que de toute suite bornée de W01,p (Ω), on peut extraire une
sous-suite qui converge dans Lp (Ω).
Le théorème précédent reste vrai avec W 1,p (Ω) à condition de supposer la frontière lipschitzienne.
Théorème 1.24 Soit Ω un ouvert borné à frontière lipschitzienne, et 1 ≤ p < +∞. Toute partie bornée de
W 1,p (Ω) est relativement compacte dans Lp (Ω). Ceci revient à dire que de toute suite bornée de W 1,p (Ω), on
peut extraire une sous-suite qui converge dans Lp (Ω).
1.7 Injections de Sobolev
Le théorème suivant donne les injections de Sobolev ; ces injections établissent le fait qu’une fonction dont une
certaine puissance d’elle-même et de sa dérivée est intégrable (c’est-à-dire u ∈ W 1,p ) est en fait dans un “meilleur"
espace (en terme d’intégration ou de régularité). On distingue trois cas différents, selon que la puissance est infé-
rieure strictement, égale, ou supérieure strictement à la dimension de l’espace N .
Théorème 1.25 (Injections de Sobolev) Soit Ω un ouvert de IR N . On suppose que Ω est un borné à frontière
lipschitzienne ou que Ω = IR N .
∗
1. Si p < N , alors W 1,p (Ω) ⊂ Lp (Ω), avec p∗ = NN−p
p
, et l’injection est continue, c.à.d. qu’il existe C ∈ IR +
t.q. ∀u ∈ W 1,p (Ω), �u�Lp∗ ≤ C�u�W 1,p : on note ceci
∗
W 1,p (Ω) �→ Lp (Ω);
on a en particulier
N
W 1,1 (Ω) �→ L N −1 (Ω) et W 1,1 (Ω) �→ L∞ (Ω) pour N = 1.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M2 8 Université Aix-Marseille 1,R. Herbin, 3 novembre 2010
1.7. INJECTIONS DE SOBOLEV CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV
2. Si p > N , alors
N
W 1,p (Ω) ⊂ C 0,1− p (Ω)
où, pour α > 0, C 0,α (Ω) est l’ensemble des fonctions höldériennes d’exposant α défini par
C 0,α (Ω) = {u ∈ C(Ω, IR) | ∃k ∈ IR; |u(x) − u(y)| ≤ k�x − y�α , ∀(x, y) ∈ Ω2 . (1.7.1)
La démonstration de ce résultat fait l’objet de l’exercice 11.
3. Dans le cas où Ω est borné à frontière lipschitzienne, W 1,N (Ω) �→ Lq (Ω) pour tout q tel que 1 ≤ q ≤ N .
Ceci est faux dans le cas où Ω = IR N , voir un contre exemple à l’exercice 5.
Si Ω est un ouvert borné sans hypothèse de régularité sur la frontière, les trois assertions précédentes restent vraies
si l’on remplace l’espace W 1,p (Ω) par l’espace W01,p (Ω). Dans ce cas, pour N > 1, le point 3 est vrai pour tout
q ∈ [1, +∞[.
Bibliographie pour le chapitre 1
1. Réviser l’intégration et la théorie de la mesure dans le polycopié en ligne : T. Gallouët et R Herbin, Mesure,
Intégration et probabilités, [Link]
2. Lire le livre de H. Brézis pour l’analyse fonctionnelle et les résultats principaux sur les Sobolev : H. Brézis,
Analyse Fonctionnelle, Masson, 1983
3. Consulter le livre d’ Adams pour un exposé complet sur les espaces de Sobolev Sobolev spaces, ...
Exercices
Exercice 1 (Exemple de dérivée)
Soient N ≥ 1, Ω = {x = (x1 , . . . , xN )t ∈ IR N , |xi | < 1, i = 1, . . . , N } et u : IR N → IR définie par u(x) = 1
si x ∈ Ω et u(x) = 0 si x �∈ Ω.
� ∂ϕ
1. Pour i = {1, . . . , N } et ϕ ∈ Cc∞ (IR N ), montrer que IR N u(x) ∂x i
(x)dx ne dépend que des valeurs prises
par ϕ sur le bord de Ω.
2. Montrer que u �∈ W 1,1 (IR N ).
Exercice 2 (Une fonction de dérivée nulle est constante)
Soit u ∈ L1loc (]0, 1[) t.q. Du = 0. Montrer qu’il existe a ∈ IR t.q. u = a p.p.. (u est donc la fonction constante
égale à a.)
Exercice 3 (Espace de Sobolev en 1d)
Soit 1 ≤ p ≤ ∞ et u ∈ W 1,p (]0, 1[).
1. Soit u ∈ W 1,p (]0, 1[).
�x
(a) Montrer qu’il existe C ∈ IR t.q. u(x) = C + 0 Du(t)dt, pour presque tout x ∈]0, 1[. En déduire que
u ∈ C([0, 1], IR) (au sens pù il existe v ∈ C([0, 1], IR) t.q. u = v p.p. sur ]0, 1[, en identifiant u et v,
on peut donc dire que W 1,p (]0, 1[) ⊂ C([0, 1], IR).
(b) Montrer que �u�∞ ≤ �u�W 1,p (]0,1[) .
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M2 9 Université Aix-Marseille 1,R. Herbin, 3 novembre 2010
1.7. INJECTIONS DE SOBOLEV CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV
(c) Si p > 1, Montrer que u est une fonction höldérienne d’exposant 1 − (1/p).
�x
2. Soit u ∈ C([0, 1], IR). On suppose qu’il existe w ∈ Lp (]0, 1[) t.q. u(x) = u(0) + 0 w(t)dt, pour tout
x ∈]0, 1[. Montrer que u ∈ W 1,p (]0, 1[) et Du = w.
Exercice 4 (Généralisation de l’exercice 2)
Soient N ≥ 1, B = {x ∈ IR N , |x| < 1} et u ∈ L1loc (B) t.q. Di u = 0 pour tout i ∈ {1, . . . , N }. Montrer qu’il
existe a ∈ IR t.q. u = a p.p.. (u est donc la fonction constante égale à a.)
Exercice 5 (Non généralisation de l’exercice 3)
Soit Ω = {x = (x1 , x2 )t ∈ IR 2 , |xi | < 12 , i = 1, 2}, γ ∈]0, 1/2[ et u : Ω → IR définie par u(x) = (ln(|x|))γ .
Montrer que u ∈ H 1 (Ω). En déduire que H 1 (Ω) �⊂ C(Ω).
Exercice 6 (Trois applications de Hahn-Banach)
Soit E un espace de Banach réel.
1. Soit x ∈ E, x �= 0. Montrer qu’il existe T ∈ E � t.q. T (x) = �x�E et �T �E � = 1.
2. Soient F un s.e.v de E et x ∈ E. Montrer que x �∈ F̄ si et seulement si il existe T ∈ E � t.q. T (x) �= 0 et
T (y) = 0 pour tout y ∈ F .
3. Pour x ∈ E, on définit Jx de E � dans IR par Jx (T ) = T (x) pour tout T ∈ E � . Montrer que Jx ∈ E” pour
tout x ∈ E et que l’application J : x �→ Jx est une isométrie de E sur J(E) ⊂ E”. (Définition : On dit
que E est réflexif si J(E) = E”.)
Exercice 7 (Séparabilité de Lp )
1. Montrer que si 1 ≤ p < ∞, Lp (IR) est séparable.
2. Montrer que L∞ (IR) n’est pas séparable.
Exercice 8 (Réflexivité de Lp si 1 < p < ∞)
Soient (X, T, m) un espace mesuré σ-fini et 1 < p < ∞, montrer que Lp (X, T, m) est un espace de Banach
réflexif.
Exercice 9 (Séparabilité et réflexivité d’un s.e.v. fermé)
Soient E un espace de Banach (réel) et F un s.e.v. fermé de E. Montrer que :
1. E séparable ⇒ F séparable.
2. E réflexif ⇒ F réflexif.
Exercice 10 (Fonctions lipschitziennes)
Soient Ω un ouvert de IR N et u : Ω → IR une fonction lipschitzienne. Montrer que Di u ∈ L∞ (Ω) pour tout
i ∈ {1, . . . , N }.
N.B. : Réciproquement, si u ∈ L1loc (Ω) et Di u ∈ L∞ (Ω) pour tout i ∈ {1, . . . , N }, alors u est lipschitzienne (au
sens : il existe v : Ω → IR lipschitzienne t.q. u = v p.p.).
Exercice 11 (Inégalités de Sobolev pour p > N )
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M2 10 Université Aix-Marseille 1,R. Herbin, 3 novembre 2010
1.7. INJECTIONS DE SOBOLEV CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV
L’objet de cet exercice est de démontrer l’inégalité de Sobolev pour p > N .
Si x ∈ IR N (N ≥ 1), on note x = (x1 , x̄), avec x1 ∈ IR et x̄ ∈ IR N −1 . On note H = {(t, (1 − |t|)a), t ∈] − 1, 1[,
a ∈ BN −1 }, où BN −1 = {x ∈ IR N −1 , |x| < 1}. (On rappelle que | · | désigne toujours la norme euclidienne.)
Soit N < p < ∞.
1. Soit u ∈ C 1 (IR N , IR). Montrer qu’il existe C1 ∈ IR, ne dépendant que de N et p, t.q.
|u(1, 0) − u(−1, 0)| ≤ C1 �(|∇u|)�Lp (H) . (1.7.2)
[On pourra commencer par écrire u(1, 0)−u(0, a) comme une intégrale utilisant convenablement ∇u(t, (1−
t)a) pour t ∈]0, 1[, et intégrer pour a ∈ BN −1 pour comparer u(1,0) et sa moyenne sur BN −1 . On pourra se
limiter au cas N = 2, pour éviter des complications inutiles.]
2. Soit u ∈ Cc1 (IR N , IR). Montrer qu’il existe C2 ∈ IR, ne dépendant que de N et p, t.q.
N
|u(x) − u(y)| ≤ C2 �(|∇u|)�Lp (IR N ) |x − y|1− p . (1.7.3)
[Après, éventuellement, une rotation et une translation, on peut supposer que x = (b, 0) et y = (−b, 0). Se
ramener alors à (1.7.2).]
Pour α ∈]0, 1] et K sous ensemble fermé de IR N , on note
|u(x) − u(y)|
C 0,α (K) = {u ∈ C(K, IR), �u�L∞ (K) < ∞ et sup < ∞},
x,y∈K, x�=y |x − y|α
et, si u ∈ C 0,α
(K),
|u(x) − u(y)|
�u�0,α = �u�L∞ (K) + sup .
x,y∈K, x�=y |x − y|α
Noter que C 0,α (K), muni de cette norme, est un espace de Banach.
3. Soit u ∈ Cc1 (IR N , IR). Montrer qu’il existe C3 ∈ IR, ne dépendant que de N et p, t.q.
�u�L∞ (IR N ) ≤ C3 �u�W 1,p (IR N ) . (1.7.4)
[Cette question est plus délicate. . . Il faut utiliser (1.7.3) et le fait que u ∈ Lp (IR N ).]
4. (Injection de Sobolev dans IR N .) Montrer que W 1,p (IR N ) ⊂ C 0,α (IR N ), avec α = 1 − p,
N
et qu’il existe
C4 ∈ IR, ne dépendant que de N et p, t.q.
�u�C 0,α (IR N ) ≤ C4 �u�W 1,p (IR N ) . (1.7.5)
5. (Injection de Sobolev dans Ω.) Soient Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 1), à frontière lipschitzienne.
Montrer que W 1,p (Ω) ⊂ C 0,α (Ω̄), avec α = 1 − Np , et qu’il existe C5 ∈ IR, ne dépendant que de Ω, N et
p, t.q.
�u�C 0,α (Ω̄) ≤ C5 �u�W 1,p (Ω) . (1.7.6)
Exercice 12 (Inégalités de Sobolev pour p ≤ N )
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M2 11 Université Aix-Marseille 1,R. Herbin, 3 novembre 2010
1.8. SUGGESTIONS POUR LES EXERCICES CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV
1. Soit u ∈ Cc1 (IR N ).
(a) On suppose ici N = 1. Montrer que �u�∞ ≤ �u� �1 .
1/N 1/N
(b) Par récurrence sur N , montrer que �u�N/(N −1) ≤ � ∂x
∂u
�
1 1
∂u
. . . � ∂x �
N 1
.
(c) Montrer qu’il existe CN ne dépendant que de N t.q. �u�N/(N −1) ≤ CN � |∇u| �1 .
(d) Soit 1 ≤ p < N . Montrer qu’il existe CN,p ne dépendant que N et p t.q. �u�p� ≤ CN,p � |∇u| �p , avec
p� = (N p)/(N − p).
2. Soit 1 ≤ p < N . Montrer que �u�p� ≤ CN,p � |∇u| �p , pour tout u ∈ W 1,p (IR N ) (CN,p et p� sont donnés
à la question précédente). En déduire que l’injection de W 1,p (IR N ) dans Lq (IR N ) est continue pour tout
q ∈ [p, p� ].
3. Soit p = N . Montrer que l’injection de W 1,N (IR N ) dans Lq (IR N ) est continue pour tout q ∈ [N, ∞[ (Pour
N = 1, le cas q = ∞ est autorisé).
4. On suppose maintenant que Ω est un ouvert borné à frontière lipschitzienne. Pour 1 ≤ p < N , Montrer que
l’injection de W 1,p (Ω) dans Lq (Ω) est continue pour tout q ∈ [p, p� ] (p� = (N p)/(N − p)). Montrer que
l’injection de W 1,N (Ω) dans Lq (Ω) est continue pour tout q ∈ [N, ∞[ (Pour N = 1, le cas q = ∞ est
autorisé).
Exercice 13 (Noyau de l’opérateur “trace")
Soient Ω = IR N
+ , 1 ≤ 1 < ∞ et γ : W
1,p
(Ω) → Lp (∂Ω) l’opérateur “trace" (vu en cours).
1. Montrer que Kerγ = W01,p (Ω).
2. Soit u ∈ W 1,p (Ω) ∩ C(Ω). Montrer que γu = u p.p. (pour la mesure de lebesgue N − 1-dimensionnelle)
sur .
Exercice 14 (Prolongement H 2 )
Soient N ≥ 1, Ω = IR N
+ et p ∈ [1, ∞[.
1. Montrer que C ∞ (Ω) est dense dans W 2,p (Ω) [On pourra s’inspirer de la démonstration faite en cours de la
densité de C ∞ (Ω) dans W 1,p (Ω)].
2. Montrer qu’il existe un opérateur P linéaire continu de W 2,p (Ω) dans W 2,p (IR N ) tel que P u = u p.p. dans
Ω, pour tout u ∈ W 2,p (Ω) [On pourra chercher P sous la forme P u(x1 , y) = αu(−x1 , y) + βu(−2x1 , y),
pour x1 ∈ IR − et y ∈ IR N −1 ].
3. On prend maintenant p = ∞. A-t-on C ∞ (Ω) est dense dans W 2,∞ (Ω) ? Existe-t-il un opérateur P linéaire
continu de W 2,∞ (Ω) dans W 2,∞ (IR N ) tel que P u = u p.p. dans Ω, pour tout u ∈ W 2,p (Ω) ? (justifier vos
réponses. . . ).
1.8 Suggestions pour les exercices
Exercice 1 (Exemple de dérivée)
1. Faire d’abord le cas N = 1, et une intégration par parties.
2. Pour montrer que la mesure de Dirac ne peut pas être associée à une fonction L1 , utiliser le résultat d’inté-
gration suivant : si g ∈ L1 (IR),
� et si (An )n∈IN est une suite d’ensemble mesurables dont la mesure tend vers
0 lorsque n → +∞, alors An g → 0 lorsque n → +∞.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M2 12 Université Aix-Marseille 1,R. Herbin, 3 novembre 2010
1.8. SUGGESTIONS POUR LES EXERCICES CHAPITRE 1. ESPACES DE SOBOLEV
Exercice 2 (Une fonction de dérivée nulle est constante) Considérer d’abord le cas u ∈ L1 (]0, 1[), et procéder
par densité : la fonction u peut être approchée par convolution par des noyaux régularisants ρn qu’on prend à
support dans ] − n1 , n1 [. En prolongeant u par 0 en dehors de [0, 1], on pose un = u ∗ ρn , et on au�n = u ∗ ρ�n .
Montrer alors que u� n(x) = − < Du, ρn (x − ·) > pour tout x ∈] n1 , 1 − n1 [, et en conclure que u� n(x) = 0 pour
tout ] n1 , 1 − n1 [.
Terminer le raisonnement en utilisant le fait que un 1] n1 ,1− n1 [ tend vers u dans L1 .
Dans le cas u ∈ L1loc (]0, 1[) considérer uε = u1[ε,1−ε] et refaire le raisonnement précédent de manière habile...
Exercice 3 (Espace de Sobolev en 1d)
�x
1. (a) Introduire la fonction F (x) = 0 Du(t) dt (qui est dans Lp ), calculer sa dérivée faible et montrer
qu’elle est égale à Du. Pour cela appliquer Fubini en introduisant la fonction caratéristique 1[0,x] et en
notant que pour x, t ∈ [0, 1], 1[0,x] (t) = 1[t,1] (x)
Montrer alors que F est continue et conclure grâce à l’exercice 2.
�x
(b) Ecrire u(x) = u(s) + s Du(t) dt, et intégrer par rapport à s et t.
(c) Majorer u(x) − u(y) par Hölder.
2. Encore Fubini...
Exercice 4 (Généralisation de l’exercice 2) Même méthode que l’exercice 4
Exercice 5 (Non généralisation de l’exercice
� 3) Montrer que la dérivée faible de u est égale à sa dérivée clas-
sique (presque partout). Pour cela, calculer ∂i u(x), où Rε est le domaine [− 12 , 12 ]2 \ [−ε, ε]2 , et faire tendre ε
Rε
vers 0.
Exercice 6 (Trois applications de Hahn-Banach)
1. Définir T sur la droite engendrée par x et prolonger T par Hahn Banach.
2. Sens ⇒ : Sens facile.
Sens ⇐ : construire l’application linéaire T sur IRx ⊕ F par T (x) = 1 et T (y) = 0 pour tout y ∈ F ;
montrer que T est continue et conclure par Hahn Banach. La continuité de T est le point le plus technique :
on peut par exemple dire que si x � inF , alors il existe ε > 0 tel que B(0, ε) ∩ F = ∅, et montrer ensuite que
T (z) ≤ 1ε z pour tout z ∈ G, ce qui montre la continuité d T sur G.
3. La linéarité et la continuité de J sont faciles. Il reste à montrer le caractère isométrique. Soit x ∈ E. Il est
facile de voir que |J(x)| ≤ �x�E . Pour montrer l’égalité, considérer l’application T de la première question.
Exercice 7 (Séparabilité de Lp )
1. Construire une famille dénombrable dense de Cc (IR) en considérant pour n ∈ IN, l’ensemble An des fonctions
qui sont nulles sur [−n, n]c et qui sont constantes par morceaux et à valeur rationnelles sur tous les intervalles de
la forme [ ni , i+1
n [. Vérifier que les ensembles An sont dénombrables, et montrer ensuite que A = ∪n∈IN An est
dense dans Lp .
2. Soit B l’ensemble des fonctions constantes sur les intervalles [i, i + 1[, i ∈ ZZ et qui ne prenent que les valeurs
0 ou 1. Vérifier que B est une partie non dénombrable de L∞ et que si A est une partie dense de L∞ (IR) il existe
une injection de A dans B.
Analyse numérique II, Télé-enseignement, M2 13 Université Aix-Marseille 1,R. Herbin, 3 novembre 2010