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CNC MP Math 2 2018

Le document présente l'énoncé d'une épreuve de mathématiques pour le Concours National Commun de 2018, destinée aux candidats de la filière MP. Il comprend des exercices sur les matrices, les espaces vectoriels et les endomorphismes, ainsi qu'un problème lié aux polynômes et à la théorie des espaces vectoriels complexes. Les candidats doivent traiter les questions avec rigueur, en justifiant leurs réponses et en respectant les consignes de rédaction.

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CNC MP Math 2 2018

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Concours National Commun – Session 2018 – MP

QNXAV7

L’énoncé de cette épreuve, particulière aux candidats de la filière MP,


comporte 4 pages.
L’usage de tout matériel électronique, y compris la calculatrice, est interdit

Les candidats sont informés que la qualité de la rédaction et de la présentation, la clarté et la précision
des raisonnements constitueront des éléments importants pour l’appréciation des copies. Il convient en
particulier de rappeler avec précision les références des questions abordées.
CMTQHKY
Si, au cours de l’épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé, il le signale
sur sa copie et poursuit sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu’il est amené à prendre.
Le sujet de cette épreuve est composé d’un exercice et d’un problème indépendants
entre eux, à traiter dans l’ordre souhaité.

exercice
Pour tout p ∈ N∗ , on note Mp (R) l’espace vectoriel des matrices carrées d’ordre p à coefficients réels ;
la matrice identité de Mp (R) se notera Ip . Si M ∈ Mp (R), on note Tr (M ) sa trace, tM sa transposée et

Plus des Annales su r : WW W. CPGEI S TE [Link]


πM son polynôme minimal.

1ère Partie
CNC MP M ath 2 2018

Réduction d’une matrice


3ZTF7
Soient a et b deux réels, avec b 6= 0, et soit n un entier naturel > 2. On pose β = a − b, γ = a + (n − 1)b
et on note A, D les matrices de Mn (R) définies par :
   
a b ... b β 0 ... 0
. .
 b a . . . ..   0 . . . . . . .. 
 
A = . .

.  et D =  .. . .
  .
.. . . . . b . . β 0

b ... b a 0 ... 0 γ

1.1. Préciser le rang de la matrice A − βIn .


1.2. En déduire que β est une valeur propre de la matrice A et que le sous-espace propre associé est de
dimension n − 1.
1.3. Montrer qu’il existe une matrice orthogonale P ∈ Mn (R) telle que A = tP DP .
1.4. Calculer le déterminant de la matrice A. À quelle condition, sur a et b, la matrice A est-elle
inversible ?
1.5. Préciser le polynôme minimal de A puis donner l’expression de l’inverse de la matrice A, si elle est
inversible, en fonction des matrices A et In .
que les réels β et γ sont positifs ou nuls. Donner une matrice S ∈ Mn (R),
1.6. On suppose de plusPJ6THKB
symétrique et ayant toutes ses valeurs propres positives ou nulles, telle que A = S 2 .

2ème Partie 3WR3FZC


Application à l’étude d’une famille de vecteurs d’un espace euclidien

Soit E un espace vectoriel euclidien de dimension n > 2 muni d’un produit scalaire noté (.|.) ; la norme
euclidienne sur E associée à ce produit scalaire est notée k.k.
2.1. On suppose qu’il existe une famille (u1 , . . . , un+1 ) de n + 1 vecteurs unitaires de E et un réel α,
non nul et distinct de 1, tels que, pour tout i 6= j, (ui |uj ) = α. On note G la matrice de Mn+1 (R) de
terme général (ui |uj ), pour tout (i, j) ∈ {1, . . . , n + 1}2 .
2.1.1. Montrer que α ∈ [−1, 1[. Si (i, j) ∈ {1, . . . , n + 1}2 et i 6= j, la famille (ui , uj ) est-elle liée ?
2.1.2. Justifier que la famille (u1 , . . . , un+1 ) est liée.

Épreuve de Mathématiques II 1/4 Tournez la page S.V.P.


Concours National Commun – Session 2018 – MP

2.1.3. Montrer que les colonnes de G sont liées et en déduire que la matrice G n’est pas inversible.
2.1.4. En appliquant les résultats de la partie précédente à la matrice G, déterminer la valeur de α
en fonction de n.
2.2. Étude de la réciproque
 
1 c ... c
.
 c 1 . . . .. 

1 UV14
On pose c = − n et on note M la matrice de Mn+1 (R) définies par : M =  . .

.
 ; on
UL7A .. . . . 
. c
c ... c 1
désigne par < , > le produit scalaire canonique de Rn+1 .
2.2.1. Montrer qu’il existe une matrice symétrique B ∈ Mn+1 (R) telle que M = NTTNR
B2.
 
Dans la suite, une telle matrice B est choisie et on pose M = mi,j 16i,j6n+1 , B = bi,j 16i,j6n+1 .
2.2.2. Pour tout (i, j) ∈ {1, . . . , n + 1}2 , exprimer mi,j en fonction des coefficients de la matrice B.
2.2.3. Moyennant le résultat de la question précédente, construire une famille (w1 , . . . , wn+1 ) de n+1
vecteurs unitaires de Rn+1 telle que, pour tout (i, j) ∈ {1, . . . , n + 1}2 , < wi , wj >= mi,j .

Plus de s Ann a les sur : WWW .CPG EI ST E S. CO M


2.2.4. Montrer que la matrice M n’est pas inversible et en déduire qu’il existe un sous-espace vectoriel
F de Rn+1 , de dimension n et contenant tous les vecteurs w1 , . . . , wn+1 .
2.2.5. Montrer qu’il existe effectivement une famille (v1 , . . . , vn+1 ) de n + 1 vecteurs unitaires de E
tels que, pour tout i 6= j, (vi |vj ) = − n1 .
CN C MP Ma t h 2 2018

On pourra construire une isométrie  entre E et l’espace euclidien F , muni de la structure euclidienne
induite par celle de R n+1 ,< , > .

problème
Dans ce problème, C désigne le corps des nombres complexes, E un C -espace vectoriel, non nécessairement
de dimension finie, et L(E) l’algèbre des endomorphismes de E.
Pour tout g ∈ L(E), on pose g 0 = idE et, pour tout k ∈ N∗ , g k désigne le composé de k endomor-
phismes égaux à g. Si u, v ∈ L(E), l’endomorphisme u ◦ v se notera simplement uv. Un endomorphisme
de E de la forme λ idE , avec λ ∈ C, est dit une homothétie.
68QMTAA
On note Mn (C) l’algèbre des matrices carrées d’ordre n ∈ N∗ à coefficients dans C ; la matrice identité
de Mn (C) se notera In . Une matrice de Mn (C) est dite scalaire si elle est de la forme λ In avec λ ∈ C.
C[X] désigne l’algèbre des polynômes à coefficients complexes et, pour tout p ∈ N∗ , Cp [X] est le
sous-espace vectoriel de C[X] formé des polynômes de degré ≤ p.
01E3YTXK
L’objet de ce problème est d’établir le résultat suivant dû à aupetit en 1988 : Si f est un endomor-
phisme d’un espace vectoriel complexe E pour lequel il existe un entier n > 1 tel que, pour tout x ∈ E,
ZKXO7V
la famille (x, f (x), . . . , f n (x)) est liée, alors la famille (idE , f, . . . , f n ), d’éléments de L(E), est liée.

1ère Partie
HFOQ
Un résultat utile sur les fractions rationnelles
R
On se donne une fraction rationnelle où R et Q sont des polynômes, à coefficients complexes,
Q
R
premiers entre eux. On suppose que la fraction est définie et bornée sur C \ D, où D est un ensemble
Q
|R(z)|
fini, c’est à dire qu’il existe une constante M > 0 telle que, pour tout z ∈ C \ D, 6 M.
|Q(z)|
3.1. Montrer que, pour tout z ∈ C, |R(z)| 6 M |Q(z)|.
3.2. Montrer que cette fraction n’a aucun pôle et qu’il s’agit en fait d’un polynôme qu’on notera P .
Xd 20TD
k
3.3. On pose P = ak X où d est le degré de P .
k=0

Épreuve de Mathématiques II 2/4 −→


Concours National Commun – Session 2018 – MP
Z 2π
NX7QPY
3.3.1. Soit (k, q) ∈ N2 ; calculer l’intégrale ei(k−q)t dt selon les valeurs de k et q.
0 Z 2π
3.3.2. Soient q ∈ {1, . . . , d} et r > 0 ; calculer l’intégrale P (reit ) e−iqt dt et l’exprimer à l’aide de
O2NV0
0
WD7PK
r et des coefficients du polynôme P .
R FB41
3.3.3. Montrer alors que le polynôme P = Q est constant.

2ème Partie
Étude du cas n = 1 et applications

Soit f un endomorphisme de E.
4.1. Étude du cas n = 1
Dans cette section on suppose que, pour tout vecteur x ∈ E, la famille (x, f (x)) est liée.
4.1.1. Démontrer que, pour tout x ∈ E \ {0E }, il existe un unique λx ∈ C tel que f (x) = λx x.
2
EMMY Soit (x, y) ∈ (E \ {0}) ; démontrer que si la famille (x, y) est liée alors λx = λy .
4.1.2.
4.1.3. Soit (x, y) ∈ (E \ {0})2 ; démontrer que si la famille (x, y) est libre alors λx = λy .

Plus des A n na l e s s ur : WW W.C PGE IST [Link]


4.1.4. En déduire alors que f est une homothétie ; en particulier, la famille (idE , f ) est liée.
4.2. Quelques applications
4.2.1. Montrer que si f laisse stables toutes les droites vectorielles de E, alors f est une homothétie.
CN C MP Math 2 2018

DCS1
4.2.2. Montrer que si E est de dimension finie ≥ 3 et si f laisse stables tous les plans vectoriels de
E, alors f est une homothétie.
4.2.3. On suppose ici que f n’est pas une homothétie et que E est de dimension finie p > 2.
QI5YMLW ZIH3LUJ
(i) Démontrer qu’il existe x0 ∈ E tel que la famille (x0 , f (x0 )) soit libre.
2P0SNSF4
(ii) Justifier l’existence d’une famille (e3 , . . . , ep ) d’éléments de E telle que la famille (x0 , f (x0 ), e3 , . . . , ep )
HYA
soit une base de E.
(iii) On désigne par h la symétrie vectorielle de E par rapport au sous-espace vectoriel C.x0 , engendré
par x0 , parallèlement au sous-espace vectoriel Vect({f (x0 ), e3 , . . . , ep }).
Comparer h(f (x0 )) et f (h(x0 )) puis en déduire que hf 6= f h.
4.2.4. On suppose encore que E est de dimension finie p ≥ 2. Déduire de ce qui précède que si
f g = gf pour tout g ∈ L(E) alors f est une homothétie.
4.2.5.
U9EUQOH6 Traduction matricielle
Soit A ∈ Mp (C), p ≥ 2. Montrer que A est une matrice scalaire si, et seulement si, AM = M A pour
tout M ∈ Mp (C).

3ème Partie
Étude du cas général

On se donne ici un endomorphisme f de E pour lequel il existe un entier n > 2 tel que, pour tout
e ∈ E, la famille (e, f (e), . . . , f n (e)) est liée.
5.1. Soit x ∈ E \ {0E }.
nx −1 (x) soit

5.1.1. Montrer qu’il existe un unique n x ∈ {1, . . . , n} tel que la famille x, f (x), . . . , f
libre et la famille x, f (x), . . . , f nx (x) soit liée.

 
5.1.2. Montrer que le sous-espace vectoriel Vect x, f (x), . . . , f nx −1 (x) est stable par f . UY4QWF
5.2. On pose p = max{nx ; x ∈ E \ {0E }}.
5.2.1. Justifier que p est bien défini, que p 6 n et qu’il existex0 ∈ E \ {0E } tel que la famille
x0 , f (x0 ), . . . , f p−1 (x0 ) soit libre et la famille x0 , f (x0 ), . . . , f p (x0 ) soit liée.
5.2.2. Montrer qu’il existe un unique polynôme unitaire P ∈ C[X], de degré p, tel que P (f )(x0 ) = 0E
et justifier que Q(f )(x0 ) 6= 0E , pour tout polynôme non nul de Cp−1 [X].

Épreuve de Mathématiques II 3/4 Tournez la page S.V.P.


U3GW5

8D28XXQ Concours National Commun – Session 2018 – MP

Dans la suite, un tel couple (p, x0 ) est choisi.


On va établir que P (f ) = 0 et par suite, la famille (idE , f, . . . , f p ) est liée, donc à fortiori la famille
(idE , f, . . . , f n ) l’est aussi puisque p 6 n.
Pour cela, on considère e ∈ E \ {0E } et on cherche à montrer que P (f )(e) = 0E .
 
5.3. On pose F = Vect x0 , f (x0 ), . . . , f p (x0 ), e, f (e), . . . , f p (e) et, pour tout complexe λ, vλ = x0 + λ e.
5.3.1. Montrer que le sous-espace vectoriel F est stable par f .
5.3.2. Montrer que le sous-espace vectoriel F est de dimension finie comprise entre p et 2p.
5.3.3. Montrer qu’il existe une famille (ϕ0 , . . . , ϕp−1 ) de formes linéaires sur F telle que, pour tout
couple (i, j) d’éléments de {0, . . . , p − 1}, ϕj (f i (x0 )) = δi,j .
 
Dans la suite, on note ∆(λ) le déterminant de la matrice ϕj f i (vλ ) ∈ Mp (C).
06i,j6p−1
B2GSDJP
5.4. Montrer que ∆(λ) est un polynôme en λ, de degré 6 p et que ∆(0) = 1.

5.5. Montrer que, pour tout λ ∈ C, il existe une famille α0 (λ), . . . , αp−1 (λ) de complexes tels que
p−1
X
p
f (vλ ) = αk (λ)f k (vλ ). (1)

P lu s des Ann a les sur : WWW.C PGEIST E S .C OM


k=0

5.6. On dispose ainsi des p application α0 , . . . , αp−1 qui sont des fonctions complexes de la variable
complexe.
5.6.1. Justifier que, pour tout complexe λ, les scalaires α0 (λ), . . . , αp−1 (λ) vérifient le système
C N C MP Ma th 2 2018

d’équations linéaires :
p−1
αk (λ)ϕj f k (vλ ) , 0 6 j 6VRSNOQW
p
 X 
ϕj f (vλ ) = p − 1. (2)
k=0
5.6.2. On note Z l’ensemble des racines complexes du polynôme ∆. Déduire de ce qui précède que
les restrictions à C \ Z des fonctions α0 , . . . , αp−1 sont des fractions rationnelles.
p−1
X
5.7. On considère le polynôme Pλ = Xp − αk (λ)X k et on note β0 (λ), . . . , βp−1 (λ) ses racines dans C,
k=0
p−1
Y 
chacune d’elles étant répétée autant de fois que son ordre de multiplicité. On a donc Pλ = X −βk (λ) .
k=0
5.7.1. Montrer que, pour tout λ ∈ C \ Z, la famille vλ , f (vλ ), . . . , f p−1 (vλ ) est libre.


5.7.2. En déduire que, pour tout j ∈ {0, . . . , p − 1} et tout λ ∈ C \ Z,


p−1
Y 
f − βk (λ) idE (vλ ) 6= 0E .
k=0
k6=j

5.7.3. Montrer alors que, pour tout j ∈ {0, . . . , p − 1} et tout λ ∈ C \ Z, βj (λ) est une valeur propre
de fF , endomorphisme de F induit par f .
5.8. On note k.k une norme quelconque sur F et, pour tout g ∈ L(F ), on pose kgk = sup kg(x)k.
kxk=1
5.8.1. Montrer que g 7→ kgk est une norme sur L(F ).
KZJSE653
5.8.2. Montrer que, pour tout couple (g, h) d’éléments de L(F ), kghk ≤ kgkkhk.
5.8.3. Montrer que, pour tout j ∈ {0, . . . , p − 1} et tout λ ∈ C \ Z, |βj (λ)| 6 kfF k. 6JD4C4A

5.8.4. En utilisant les formules de Viète, donnant les relations entre les coefficients et les racines
d’un polynôme, et dont on demande ici des précisions, montrer que les restrictions à C \ Z des fonctions
α0 , . . . , αp−1 sont bornées.
5.9. Conclure que les fractions rationnelles α0 , . . . , αp−1 sont constantes et en déduire que Pλ = P pour
tout λ ∈ C, puis justifier que P (f )(e) = 0E . On pourra utiliser le résultat de la première partie.

Fin de l’épreuve

SYDJ
Épreuve de Mathématiques II 4/4 Fin

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