Module 8 6ème
Module 8 6ème
Boulaabi Arij
Partir à la découverte d’autres d’exploration des pistes
modes de vie avec ses pairs
Ou ?
Sur d’autres continents
Ou ? Pourquoi ? Comment ? Dans d’autres pays
Dans d’autres régions …
Pourquoi ?
Découvrir les autres, leurs
modes de vie
S’enrichir des
connaissances nouvelles
Se divertir
Pourquoi ?
Les voyages
L’internet
Les journaux
La documentation …
Boulaabi Arij
Lecture compréhension M : 8 J : 1
Boulaabi Arij
Pourquoi d’après toi, Claire a-t-elle pris
sa guitare et Alain son harmonica ?
J’écris « vrai » ou « faux » :
Claire et Alain ont l’habitude de voyager
………………..
Les deux enfants arrivent au festival Travail sur les ardoises
……………
Les enfants vont en Grèce en avion
……………..
Propose l’exercice suivant :
je complète le tableau suivant :
Les personnages Le départ
Claire et Alain ………………………….
……………………….. Copenhague
Travail sur les cahiers de
Hans et Helga …………………………. lecture
……………………….. Madrid
Boulaabi Arij
Grammaire M : 8J :1
Manipulation Interroge :
exploration De quoi se compose la phrase ?
Est-ce que on peut trouver des Répond aux questions
compléments non essentiels dans la La phrase se compose de
phrase ? deux groupes ….
Quels sont les compléments non
essentiels que vous connaissez ? Les compléments non
Pourquoi on les utilise ? essentiels sont :
Transcrit les phrases suivantes au TN : Sans faire de bruit
Claire et Alain se sont levés sans faire de Avec joie
bruit. Avec joie,ils ont préparé leurs sacs En auto-stop….
de voyage. Ce complément répond à la
Ils sont allés jusqu’à Rome en auto-stop. question comment …
Demande aux apprenants de chercher
les compléments non essentiels dans les Ecrit la conclusion sur leurs
phrases cahiers
Interroge :
A quelle question répond ce
complément ?
Pourquoi on l’utilise ?
Manipulation Transcrit la conclusion au TN :
fixation : Le complément de manière est un
complément non essentiel. il apporte
des renseignements sur la manière Transcrit la conclusion sur
dont se déroule l’action. les cahiers
et il répond à la question « comment ».
On peut le déplacer ou le supprimer
Propose l’ex suivant :
Je souligne le complément de manière
Boulaabi Arij
dans ces phrases :
• On utilise l'ordinateur en cliquant sur
la souris. Travail au TN
• Les visiteurs regardent les ruines En cliquant ….
romaines avec admiration. Avec admiration
• La cité des sciences de Tunis est Régulièrement
régulièrement visitée par les jeunes. Avec beaucoup …
• Le champion du monde de Judo a
remporte son deuxième titre avec
beaucoup de facilite.
• Nous nous informons en lisant les En lisant …..
journaux. Rapidement
• Je travaille rapidement grâce a En avion ….
l'ordinateur.
• Les voyages, en avion, coutent cher.
Boulaabi Arij
Expression orale M : 8 j : 2
Situation : 1
Boulaabi Arij
Apprentissage Travailler sur la structure du jour : le
systématique comparatif, le superlatif (le plus, la plus) S’exprime en
structuré : Demande : quel est l’habit le plus connu en employant la
Inde/ au Japon ? structure du jour :
L’habit le plus connu
en Inde est le Sari .
L’habit le plus fameux
au Japon est le
kimono ….
Le moyen de
Quel est le moyen de transport le plus utilisé
transport le plus
au pole nord ? au Sahara ? En Chine ?
utilisé au pole nord
est le traineau
Le moyen le plus
recours au Sahara est
le chameau ….
Boulaabi Arij
Conjugaison m :8 j :2
Boulaabi Arij
Elle (peut / peux) travailler avec moi.
Nous (voulons / veulent )jouer au foot.
Nous (pouvez I pouvons) faire l'exercice.
Elles (voulez /veulent)être en vacances.
Complète par les verbes « vouloir et Réalise l’ex sur les cahiers
Evaluation : pouvoir » au présent : de classe
• Le petit garçon pleure, il ne ................. Veut
Ne pas aller au jardin d’enfants.
• Ne t’approche pas trop du bord, tu Peux
............................ tomber.
- Est-ce que je ................ emprunter cette Peux
cassette vidéo ?
- Oui, bien sur, vous ................................. - Pouvez
la prendre. Elle raconte l’histoire de
l’aviation.
• Nous .................................. élever des Voulons
animaux, mais nous ne
.................................. pas car notre Pouvons
appartement est petit et c’est interdit.
Boulaabi Arij
M :08 J :02 Lecture fonctionnement
Interroge :
Rappel Quel est le titre de notre texte ? Se rappelle le contenu du
Ou vont claire et Alain ? texte en répondant aux
Pourquoi ? questions posées
Est-ce qu’ils voyagent en avion ?
Qui aide les enfants à trouver le
chemin du Festival ?
Boulaabi Arij
En exploitant l’ex 4 p 98 demande Réalise le travail
Evaluation : aux apprenants de choisir le résumé Le résumé approprié : texte
approprié pour le texte 3:
Claire et Alain sont partis pour le
Festival International de Jeunes. Ils
ont fait de l’auto-stop jusqu’à
Rome où les attendaient leurs amis
italiens. Ensemble, ils ont pris le
bateau et sont arrivés, fatigués
mais heureux, à Athènes. Là, ils se
sont fait de nouveaux amis.
Boulaabi Arij
Lecture compréhension m :8 j :3
Boulaabi Arij
J’entoure la bonne réponse :
Les élèves se déplacent sur un bateau L’instituteur et son
Les élèves se déplacent sur une assistant mettent à flot une
barque grande
Les élèves se déplacent en nageant barque à fond plat
Pose des questions :
Que font les élèves pour voir les
phoques ? Répond oralement aux
Pourquoi les phoques viennent-ils questions en se référant au
aux trous creusés dans la banquise ? texte
Durant ta scolarité, as-tu pris part à
une sortie de classe ? Si oui, raconte.
Si non, dis ce que tu aimerais voir ?
Compréhension du Phoque
vocabulaire : Barque
Banquise
…………….. …………… …………….
Boulaabi Arij
Expression orale : m :8j :3
Situation 2 GM p 168
Structure : le superlatif
S’exprime en
énumérant les
Travailler sur la structure suivante : le superlatif
Apprentissage monuments qu’ils
Présentation des cartes (planches 18 et 19) à
systématique connaissent..
découper à l'avance en 16 cartes
structuré :
Jeu d'appariement :
* faire assortir par couple les personnages et les
monuments.
Faire trouver le pays correspondant à chaque couple
Découpe les
Boulaabi Arij
d'images. cartes
Travail en dyade : invite les apprenants à proposer
des questions / réponses en employant la structure
du jour (le superlatif)
Elaboration de deux questions en triades à propos de Travail en dyade
l'alimentation, de l'habitation, Quel est le
des occupations et des loisirs des personnages monument le plus
représentés sur les cartes. célèbre en Italie ?
Sélection des questions et élaboration des réponses La tour de pise est
le monument le
plus célèbre en
Italie ….
Quel est le
monument le plus
connu en Egypte ?
Les pyramides …..
Intégration :
Quel est le monument le plus célèbre dans ta ville ?
Le monument le
plus fameux à …..
Kairouan Monastir
Mahdia Béja
Boulaabi Arij
Projet d’écriture m : 8 j : 3
Contenu : entrainement
Boulaabi Arij
l’étranger, tu as visité un lieu qui t’a
particulièrement plu.
Tu décides de raconter ce voyage et de
décrire ce lieu pour inciter les Lit le sujet proposé
gens à le visiter
Entrainement
Boulaabi Arij
Communication orale m :8 j :4
Situation n3 GM p 169
Exploitation
organisée : Demande : combien y a-t-il de Il ya cinq continents :
continents dans le monde ? l'Europe, l'Afrique, l'Asie,
Pouvez vous nommer quelques pays l'Amérique et l'Océanie..
européens / africains/asiatiques …
Boulaabi Arij
Etablir pour chaque pays choisi (1
par continent) une liste
d’informations à recueillir :
• Les caractéristiques physiques des Réalise le travail :
habitants. Pays européen :
• la langue, le drapeau, la capitale L’Italie :
• La tenue vestimentaire. Langue Italienne
• le mode de vie (habitation,
alimentation, les fêtes, les festivals) Drapeau Rouge vert
• autres informations au choix et blanc
Constituer les groupes chargés de La Rome
faire les 2 dossiers capitale
La robes
tenue cintrées, des
jupes
moulantes
et des
blazers
parfaitement
ajustés
Le plat La pasta …
Les La fete de la
fêtes befana/la
sagra/le
palio
Evaluation :
Présentation des travaux. C’est l’Italie . la langue
Demande aux apprenants de maternelle est l’italienne
présenter leurs travaux en . le plat le plus connu est
employant les structures et le la pasta . l’habit le plus
lexique du jour .. fameux est la robe ….
Les fêtes les plus
fameuses sont ; la
befana, la sagara et le
palio ….
Boulaabi Arij
Orthographe m :8 j :4
Boulaabi Arij
verbe être s’accorde en genre et
en nombre avec le
sujet.
Travail au TN
Boulaabi Arij
Projet d’écriture m :8 j :4
Contenu : production
Boulaabi Arij
Lecture fonctionnement m :8 j :4
Réalisation
d’activités Demande aux apprenants de réaliser les
exercices 1 et 3 p 103/104 Travail individuel sur le
CA
Evaluation Je complète le paragraphe par les adjectifs
du cadre pour faire la description d’un
phoque :
Noires-trapu-courtes-gris-gros-ronde
Le phoque a une tête …………… et brune
avec des ………….. yeux et des narines en Ronde
forme de V. Son pelage est gris …………. gros
avec des taches …………….... Son corps est gris
……………. et ses nageoires avant sont très noires
………….., trapu
courtes
Boulaabi Arij
Autodictée m :8 j :5
Transcription du texte au TN
Invite les apprenants à corriger Corrige ses erreurs
Correction : leurs erreurs
Correction collective
Correction individuelle
Propose un petit exercice de
consolidation à la lumière de
correction sur les ardoises
Boulaabi Arij
Lecture compréhension m :8 j :5
Boulaabi Arij
déguisés en marins ?
D’après toi, les quatre hommes vont-ils
découvrir le trésor ? Où ? Que vont-ils
faire après ?
je complète le tableau suivant :
Personnage Actions
……………………….. Cache le trésor Le pirate
Les policiers ……………………………
…………………………… déguisés en marins
………………………….. Poussent le canot ….
sur le rivage
…………………………… Le capitaine
A été blessé
Un canot
Une ile
Un chevalier
Boulaabi Arij
Grammaire conjugaison M:8 J :5
Boulaabi Arij
Evaluation à l’aide des dessins et des expressions
proposés en accordant correctement le
participe passé
Boulaabi Arij
Communication orale M :7 J :6
Situation d’intégration
Guide :….
Touriste :
Guide :
Touriste :
Guide :
Touriste :
Guide :
Touriste :
Guide :
Touriste :
Boulaabi Arij
Lecture fonctionnement M:8 j :6
Boulaabi Arij
Orthographe M :7 J :6
Boulaabi Arij
Lecture documentaire m :7 j :7
Boulaabi Arij
invite les apprenants à remplir le tableau
suivant à partir des informations et des
illustrations de la page documentaire
Fête Lieu Habit activités
Kimono
Dragon
Défilé
………………… ……………….. …………………
Cherche dans le texte un mot qui a le même
sens :
La fête de Dragon est la fête la plus connue
en Chine : Célèbre
……………………………………………………………………
Boulaabi Arij
Tunisiens assistent à plusieurs spectacles Cité
de …………….., de cinéma ou de …………………,
durant les mois de juillet-août. Ce festival Chant
accueille des …………………………… tunisiens, Théâtre
maghrébins arabes, européens et
internationaux Chanteurs
Boulaabi Arij
Dictée m :8 j :7
correction collective
correction correction individuelle
individuelle et propose un exercice de consolidation à la Corrige ses erreurs
évaluation. lumière de correction
Boulaabi Arij
Projet d’écriture M :8 J :7
Boulaabi Arij
M :8 J :7 lecture suivie
Boulaabi Arij
J’entoure la bonne réponse :
Pour libérer la princesse , le jeune
homme doit : Travail sur les ardoises
• Apporter la boule de cristal
• Tenir la boule devant le magicien
Discussion et pour briser son pouvoir
exploitation de la • Casser la boule de cristal
2ème partie Pose des questions oralement pour
assurer la compréhension du conte : • Le héros était surpris à la
• Le héros était surpris à la vue de
vue de la princesse parce
qu’elle avait un visage
princesse, pourquoi ? ridé, des yeux troubles et
des cheveux rouges.
• Il lui a posé la question
suivante : « Etes- vous la
• Quelle question lui a-t-il posé ? princesse dont tout le
monde vante la beauté
• Le jeune contempla
• Relève du texte la phrase qui montre l’image de la plus belle fille
du monde avec de longs
que le héros voit une toute autre cheveux soyeux, la peau
personne dans le miroir. dorée et des yeux noirs.
Boulaabi Arij
frère
…. Il l’a tué
…. Le brave homme est devenu le
roi du château du soleil et a
épousé la belle princesse
Il était une fois une magicienne qui avait ........... fils. Elle
transforma le premier en ....................., le second en
................. et le troisième s'enfuit. Il voulait délivrer
une............................ prisonnière dans le ........................Il
arriva au château grâce à un ......................... La princesse
lui demanda de retrouver la ........................ Pour cela, le
héros doit ...................., puis ...................... et enfin
.......................Il tua l'............................... Son frère abattit
l'oiseau de feu, son ......................... frère éteignit l'incendie
provoqué par l'œuf incandescent et le troisième fils
récupéra la boule de [Link] pouvoirs du sorcier furent
anéantis, le héros hérita du château, redonna forme
humaine à ses frères et se maria avec ………………………..
Boulaabi Arij
Page vocabulaire m :8 j :8
Boulaabi Arij
…………… …………… …………… ……………
…. … …. …..
Boulaabi Arij
M :8 j8 bibliothèque de classe
Boulaabi Arij
mesure
Fiche lecteur
Le titre :
Remplit la fiche en se référant au
L’auteur :
conte
Le nombre d’images :
Le nombre de pages :
Les personnages
Le résumé :
La morale
:
* J’écris « oui » / « Non » puis je justifie
-Rachid n’aime pas la nouvelle
technologie …………………… Travail sur les ardoises
-La maîtresse peut empêcher l’enfant de
regarder la télé…………………….
-L’enfant est addict à la télé ……………
Propose des exercices pour assurer la
compréhension globale du conte
-Que fait Rachid dès qu’il rentre de E rentrant de l’école Rachid s’installe
l’école ? devant la télé
Comment est l’enfant lorsque la télé est Il est fâché/énervé
tombée en panne ? Devient violent …/ il dérange sa sœur
Qu’est ce qu’ils décident de faire les ….
parents pour sauver leur fils ? Les parents décident d’offrir un
Rachid est possédé par la nouvelle voyage au Maroc à leur fils ….
technologie. Et toi, aimes-tu la nouvelle
technologie ? Pourquoi ?
la maîtresse conseille le petit Rachid à
propos de la nouvelle technologie.
J’imagine sa réplique en citant un ou
deux conseils
Boulaabi Arij
Je barre ce qui est faux :
Rachid se plaint de cette technique
parce qu’
- elle est magnifique –
elle lui joue des mauvais tours
- elle est utile
/Une lecture d’un passage bien choisi
par le maître L’enseignant veille sur la Lit le passage dialogué d’une manière
lecture expressive :Les liaisons, Expressive
les enchainements et les intonations.
Travailler sur les passages dialogués :
Demande aux apprenants de souligner les Dans ce conte il ya ………..répliques
Répliques qui se trouvent dans ce conte
Invite les apprenants à se rappeler les
caractéristique du dialogue
Propose l’exercice suivant
Je classe les verbes introducteurs dans le
tableau ci-dessous :
Verbes introducteurs Verbes introducteurs Remplit le tableau en se référant au
de question de réponse conte
Travailler sur les passages descriptifs : ces images pour découvrir des
Cherche dans le conte le passage qui paysages merveilleux, des montagnes
décrit le Maroc extraordinaires, des forêts immenses
invite les apprenants à classer les mots avec des arbres plus hauts que notre
dans le tableau suivant en précisant le immeuble, des plaines infinies, des
lieu de l’adjectif (avant/après le nom) animaux sauvages, un ciel bleu le jour,
Nom Adjectif Place plein d’étoiles la nuit
Nom Adjectif Place
Paysages merveilleux après
montagnes extraordinaires après
forets immenses après
arbres hauts après
plaines infinies après
Animaux sauvages après
ciel bleu Après..
Boulaabi Arij
Je cherche les mots suivants dans le texte
Rachid est attiré par la télé
= …………………………………………………………..
La maîtresse est capable de sauver
son élève
≠ …………………………………………….………………
L’enfant est dominé par la nouvelle
technologie
= ……………………………………………………..……..
Tous sont fatigués de lui faire des Travail groupal
remarques
=………………………………………………….……..
J’entoure la bonne explication des expressions
Suivantes
-Rachid essaye de réparer l’appareil,
en vain
• Il a réussi de la réparer
• il n’a pas réussi de réparer l’appareil
-La télé tombe en panne !
• Elle est en marche
• Elle ne fonctionne plus
Boulaabi Arij
Rachid l’enfant de la télé
Rachid, l’enfant de la télé Rachid est un petit garçon aux cheveux noirs
bouclés et aux yeux clairs. De grands yeux pleins de lumière et de
malice. Dès qu’il rentre de l’école, il jette son cartable et il allume la
télévision. Il mange son goûter devant le petit écran. Quand il renverse
sa tasse de chocolat, il ne bouge pas, il ne détache pas ses yeux des
images. Sa mère a beau l’appeler sur tous les tons, il ne répond pas. Il
n’entend pas. Il n’est pas là. Fasciné, ensorcelé, Rachid est dans la télé. Il
n’obéit plus, ni à son père ni à sa grande sœur. Tous sont fatigués de lui
faire des reproches. Danièle, sa maîtresse d’école, pourrait l’empêcher
de regarder la télévision, mais elle n’habite pas avec lui. Un jour, il est
tombé malade et elle est venue lui rendre visite. Elle lui a apporté un
livre, Les contes de Goha. Dès qu’il l’a vue, il a éteint la boîte à images et
il a tout de suite ouvert le livre. R Un jour, catastrophe ! La télé tombe en
panne ! Malheureux et triste, Rachid tourne en rond dans
l’appartement. Il essaye de réparer l’appareil, en vain. Il demande à sa
mère s’il peut aller chez les voisins pour regarder la télé, mais les voisins
sont absents. Alors il met les écouteurs de son Walkman sur les oreilles
et ferme les yeux, mais aucune image n’apparaît. Il n’ouvre plus son
cartable, ne boit plus son chocolat. Il boude, devient méchant avec sa
sœur et, quand son père rentre, il casse une assiette. Puni, Rachid va
dans sa chambre sans dîner. Il pleure et maudit cette technique qui lui
joue des mauvais tours. « Qu’est-ce que je vais devenir sans télé ? se dit-
il. Je vais devenir rien, un clochard à la maison, un va-nu-pieds puisque je
n’ai plus d’images à avaler ! C’est quoi, cette télé qui ne fonctionne plus
? Ce n’est pas une vraie télé. Je vais écrire dans les journaux et les gens
n’achèteront plus cette marque… » Cette nuit-là, il fait un cauchemar :
des images de toutes les couleurs envahissent sa chambre, déchirent ses
livres et ses cahiers. Elles sortent d’une télévision éteinte et traversent
les murs, les fenêtres et même le petit corps de Rachid tapi dans un coin
du lit, apeuré et tremblant. Elles renversent des objets, cassent sa lampe
de chevet. Il appuie de toutes ses forces sur la télécommande mais rien
ne s’arrête, ni le bruit des images froissées ni le désordre qu’elles
provoquent. Alerté par les cris, son père vient le voir. Rachid est en
larmes, fiévreux et trempé de sueur. Il le serre dans ses bras et promet
Boulaabi Arij
de lui faire un cadeau, un beau voyage au Maroc pour les vacances de
Pâques. La télé est vite réparée et Rachid reprend ses habitudes. « Les
images ne sont que des images, lui dit son père. Que dirais-tu d’aller
derrière ces images pour découvrir des paysages merveilleux, des
montagnes extraordinaires, des forêts immenses avec des arbres plus
hauts que notre immeuble, des plaines infinies, des animaux sauvages,
un ciel bleu le jour, plein d’étoiles la nuit… ? ― Non papa, tout ça je le
vois à la télé, en couleurs, en gros plan et en musique. Dans la montagne
il n’y pas de musique. ― Il y a le chant des oiseaux, le bruissement des
arbres, les cris des enfants qui jouent, le sifflement du vent… surtout il y
a le silence… on écoute le silence… ― Je n’ai pas besoin d’aller si loin. Il y
a tout à la télé. Et puis quand je n’aime pas, je zappe, je change. Alors
que la montagne, tu ne peux pas la zapper ; elle reste là. Je suis bien ici.
Pas envie de bouger. Pas envie de me séparer de mes copains. Pas envie
de rater la compétition de rollers. Pas envie d’avoir froid et de manger
avec les doigts. Pas envie d’écouter le silence. Pas envie d’aller au
Maroc. ― Mais au Maroc, ce seront des vacances. ― À la montagne, il
n’y a pas de télé, je le sais. Tu me l’as dit. Grand-père n’a même pas
l’électricité. ― À la montagne, on n’a pas besoin de télé. C’est
merveilleux : ce ne sont pas des images, c’est la réalité. ― Grand-père
ne parle même pas français. ― Il le comprend un peu, comme toi tu
comprends l’arabe. Tu verras, vous vous entendrez très bien. ― Non,
pas envie de laisser la télé, surtout qu’il y aura Mission impossible. ―
Une fois là-bas, tu oublieras la télé et ses feuilletons. ― Non papa, pas
question. » Le lendemain son père revient avec un très beau livre sur le
Haut-Atlas1 . Rachid le regarde à peine. Le père se sent nul. Nul et triste.
Incapable de convaincre son fils de huit ans de l’accompagner à son
village natal. La télé lui vole son fils. La casser n’arrangerait rien. L’enfant
est possédé et les parents sont malheureux. Ils décident d’aller voir la
maîtresse. « Rachid est sans arrêt devant la télé. On a tout essayé pour
l’en détacher. Sans succès. Sa mère et moi avons eu l’idée de l’envoyer
au Maroc chez son grand-père pendant les vacances de Pâques. Au
moins, là-bas, il n’y a pas la télé. Son grand-père est un conteur, un
magicien. Il connaît la nature, les étoiles, les volcans, les montagnes, les
animaux… Aidez-nous à le convaincre d’aller au Maroc… Si vous lui
Boulaabi Arij
parlez, il acceptera… » Avant de partir, le père offre à la maîtresse le
livre sur le Haut-Atlas. Quelques jours plus tard, tout en zappant, Rachid
demande à son père : « Dis papa, c’est vrai que grand-père possède un
télescope ? Pris au dépourvu, le père répond : ― Bien sûr. De chez lui on
observe les étoiles. ― Dis papa, c’est vrai qu’au Maroc le ciel est
toujours bleu ? 1 Montagnes du Maroc. ― Oui, il est bleu, mais les
paysans préfèrent qu’il pleuve de temps en temps. Ils craignent la
sécheresse. Une terre qui ne boit pas d’eau est une terre qui peut
mourir. ― Dis papa, c’est vrai que le ciel du Maroc est le plus étoilé du
monde ? ― Le ciel est souvent rempli d’étoiles. Elles se bousculent pour
veiller sur les rêves des petits Marocains… ― Dis papa, je pourrai
emporter ta petite valise en cuir que tu ne veux jamais me prêter ? ―
Oui mon fils. ― Dis papa, tu me laisseras regarder la télé un peu plus que
d’habitude… parce qu’au Maroc je n’aurai pas de télé… alors si je la
regarde beaucoup, elle me manquera moins… » Accord conclu. Il a un
regret cependant : son père refuse d’acheter un magnétoscope pour
enregistrer les émissions durant son absence. Rachid dit à ses camarades
d’école qu’il part faire une expédition en Afrique ! « Le nord de l’Afrique,
ajoute-t-il, au Maroc. Le pays où les étoiles se bousculent dans le ciel
pour veiller sur les rêves des enfants… » Au printemps, Marrakech est
encore plus rouge que d’habitude. Les montagnes gardent un peu de
neige sur leurs sommets. Les prairies sont vertes, l’air est sec et les gens
sont de bonne humeur. Ils aiment plaisanter, raconter des histoires et
organiser des fêtes. De tous les habitants du Maroc, les Marrakchis sont
ceux qui ont le plus le sens de l’humour. Ils prennent la vie du bon côté
et sont hospitaliers. Rachid et son père arrivent à l’aéroport en fin de
matinée. Avant de prendre l’autocar pour se rendre au village du grand-
père, ils vont en ville et mangent dans un restaurant situé en face de la
grande place appelée Jamaa El Fna. C’est là que se retrouvent les
conteurs, les jongleurs et les charmeurs de serpents. Ils mangent des
brochettes et boivent du thé à la menthe. Dans l’autocar, des gens se
bousculent et se disputent pour une histoire de place attribuée deux
fois. D’autres interviennent pour les séparer et tout se termine par un
éclat de rire. Les yeux de Rachid sont grands ouverts. Ils enregistrent
tout. Il se sent dans un autre monde. L’expédition en Afrique vient de
Boulaabi Arij
commencer ! Des paysans montent avec des coqs et des dindons. Ils les
ramènent à la ferme, expliquent-ils, car le marché n’est pas bon depuis
qu’il ne pleut plus. Un homme sort un pain rond, le coupe en quatre
parts et offre une part à Rachid qui hésite. Son père tend la main, prend
le pain et remercie l’homme. « Tu ne dois jamais refuser un morceau de
pain ou un verre d’eau qu’on t’offre, c’est notre tradition », dit-il à son
fils. Lorsqu’ils atteignent le pied de la montagne, Rachid dort dans les
bras de son père. Le grand-père les attend, une lampe à gaz à la main. La
nuit est noire et il souffle un petit vent doux. Dès qu’il ouvre les yeux,
Rachid va se blottir contre Jeddi, son grand-père. La maison a une cour
carrée ouverte sur le ciel. Les murs sont en pisé. C’est un mélange de
terre battue ocre, de paille et de houille. Dans le patio, en face de
l’entrée, se trouve l’étable où dorment les vaches. Le poulailler est à
l’extérieur parce que Jeddi est allergique aux crottes des poules. Rachid
se promène dans la cour, un peu ahuri par ce qu’il découvre. C’est la
première fois qu’il voit la maison de son grand-père. Les autres fois, il
voyait Jeddi à Marrakech chez son oncle qui tient une boutique de fruits
secs, à l’entrée de la médina. Rachid n’a pas sommeil. Il lève la tête et
compte les étoiles. Il a le vertige. Malgré la fatigue et le changement, il
résiste et veut passer la première nuit à contempler le ciel. À minuit, il
ferme les yeux et s’endort, la tête posée sur les genoux de Jeddi. Le
lendemain le père s’en va et laisse Rachid jouer avec les chiens, les
chats, les lapins et l’âne. « Je vais régler des problèmes avec ton oncle à
Marrakech. Je reviendrai te chercher dans dix jours. Sois sage et écoute
Jeddi. ― Ne t’en fais pas, papa. Ici il n’y a pas la télé. J’espère que Jeddi
me racontera des histoires. » L’après-midi, une fois les animaux rentrés,
Jeddi prend Rachid par la main et l’emmène sous le grand arbre. Le
grand arbre est en fait petit et trapu. « Il est grand, non pas par la taille,
mais par l’âge et le calme qu’il procure, explique Jeddi. C’est un arganier.
Il donne un fruit qui ressemble à des olives noires. Les chèvres les
mangent puis rejettent les noyaux qui sont ensuite ramassés ; on les fait
sécher au soleil pendant toute une saison ; broyés par la meule, ils
donnent un liquide noirâtre qui, une fois purifié, devient de l’huile. Une
huile succulente et rare : l’huile d’argan. C’est encore meilleur que
l’huile d’olive. ― Je n’aime pas l’huile. En France on mange surtout du
Boulaabi Arij
beurre. À la télé, la pub parle d’une huile légère qui ne fait pas grossir. À
la télé, on nous recommande de manger du beurre. » Avec sa grand-
mère, Rachid découvre comment on fait le pain. Il assiste à toute
l’opération jusqu’à la sortie des galettes du four qui se trouve au milieu
de la cour. Puis il fait une promenade avec Jeddi dans le village. Ils
marchent sur des pistes pleines de poussière. La place du village
ressemble à un enclos où l’on attache les bêtes. Deux boutiques vendent
de tout : du chewing-gum, du Tide, de l’huile d’arachide, des clous, des
faucilles, des lames de rasoir, des lampes à pétrole ou à gaz, des œufs,
de la farine, de l’aspirine, des cordes, des pioches, des pelles, des roues
de tracteur, des bidons en plastique, du pain, des cahiers d’écolier et
même un petit téléviseur japonais à piles ! Jeddi s’arrête devant la
boutique qui fait aussi café, il s’assoit sur une caisse. On sert une boisson
sucrée à Rachid, il la boit très vite. Les gens viennent saluer Jeddi, ils
embrassent aussi Rachid et lui offrent des cadeaux : des bonbons, des
boissons, un chapeau de paille, une djellaba de laine, des fèves grillées,
des olives, des dattes et des figues séchées. Tout le monde se connaît et
parle de la même chose : l’absence de pluie. Tous sont persuadés que
l’arrivée de Rachid apportera bonheur à la région et fera venir la pluie
tant attendue. Un homme dit : « Cet enfant est venu nous annoncer la
pluie ; ça se voit sur son visage ; il ne dit rien, mais tout indique qu’il est
porteur de bonnes nouvelles. » Quand ils repartent vers la maison,
Rachid ne cesse de poser des questions à Jeddi. Il a vu que l’eau est rare,
elle ne coule pas dans les robinets. L’eau, il faut aller la puiser dans les
puits, il faut parfois la filtrer, la faire bouillir avant de la boire. Sur la
route, il remarque qu’il y a plus de femmes que d’hommes qui travaillent
dans les champs. « Ce soir, je te raconterai les étoiles », dit Jeddi. Rachid
s’endort après le déjeuner et fait un joli rêve : il voit sa mère. Habillée
comme les femmes aux champs. Elle chante et danse sous la pluie. Les
hommes se mêlent aux femmes et dansent aussi pour remercier le ciel
de leur donner l’eau et l’espoir. Lorsqu’il se réveille, le ciel est noir de
nuages et tous attendent l’orage. Enfin, des pluies diluviennes tombent
sur la région. Le soir, les voisins viennent voir l’enfant porte-bonheur. Ils
posent une main sur sa tête et la portent à leur bouche pour la baiser.
Ce soir-là, Rachid a envie d’être à la maison avec sa sœur et ses parents.
Boulaabi Arij
Il pense à la télé et réalise qu’elle ne lui manque pas beaucoup. Il ne
comprend pas ce qui lui arrive. Des images défilent dans sa tête. Ce sont
des images des séries et des films qu’il regardait en France, mélangées
avec celles du village. Elles se livrent une véritable bataille et Rachid fait
l’arbitre. Il est pour les images du village : elles ne sont pas plus belles,
elles sont plus mystérieuses. Le lendemain soir, après le dîner, Jeddi
prend Rachid par la main et l’installe contre lui sur un vieux tapis à
l’entrée de la maison. Il dit à son petit-fils : « Lève les yeux vers le ciel.
Regarde-le sans te presser. Habitue ton œil à observer dans l’obscurité.
Regarde la Lune, elle est à moitié pleine. Dis-toi que nous sommes tous
des enfants du ciel. Quelqu’un a dit : “Nos racines sont dans les étoiles”.
Cela veut dire que nous sommes tous des fils et des filles de l’univers. ―
Je vois plein d’étoiles… ― Tu ne peux pas les voir dès que tu ouvres les
yeux sur le ciel. Il faut attendre un peu, le temps que ta vue s’habitue. ―
C’est quoi, une étoile ? ― C’est une immense boule de lumière. L’étoile
la plus proche de nous et aussi la plus connue, la plus populaire, est le
Soleil. Il éclaire le monde et lui donne la chaleur. ― C’est le maître de
l’univers… ― C’est notre maître et ami. Mais il nous aime de loin. Car s’il
s’approche trop, ses rayons nous brûlent. Il empêche les nuages de se
former et la terre n’a plus d’eau. Une terre sans eau est un malheur pour
tous. ― C’est la sécheresse… ― Chez nous, la sécheresse, c’est la misère
et la détresse. À chaque sécheresse, des paysans abandonnent leurs
terres et descendent mendier en ville. Celui qui a l’eau est sauvé. C’est
pour ça que l’eau est plus importante que la terre. ― Et la Terre ? Où
elle va la Terre ? ― La Terre n’est pas une étoile mais une planète. Elle
tourne. Elle tourne tout le temps. Elle tourne autour de l’étoile Soleil. ―
Qu’est-ce qu’elle cherche ? ― Elle fait comme d’autres planètes. Tu sais,
nous ne sommes pas les seuls à tourner autour du Soleil. Nous sommes
neuf planètes en tout : Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus,
Neptune, Pluton et la Terre. Qu’est-ce qu’elle cherche, la Terre ? À nous
donner le jour et la nuit, car la nuit nous apporte les rêves et les rêves
nous aident à vivre. ― Jeddi, comment tu sais tout ça ? ― Quand j’avais
ton âge, j’étais berger. Je me levais avant le soleil et j’emmenais les
vaches loin du village pour paître. J’avais la responsabilité de douze
vaches. Mon seul compagnon était un chien, Messaoud. Je partais à la
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recherche de l’herbe pour mes bêtes. Comme mes ancêtres, je regardais
le ciel pour savoir ce qui allait se passer sur terre, s’il allait pleuvoir, si les
vents allaient pousser les nuages dans le bon sens. J’avais pris l’habitude
de consulter le ciel pour tout. Mon père disait que chaque être humain a
son étoile dans le ciel. Le soir, je m’isolais et je scrutais longuement le
ciel à la recherche de mon étoile. À force de regarder, j’ai appris des
choses et mon père m’expliquait ce que je voyais. Il connaissait le nom
de plusieurs étoiles. Il me disait que pour nous, les Arabes, la Grande
Ourse est une caravane à l’horizon, qu’il faut la suivre et qu’elle mène
chacun à son étoile. Alors je partais durant des heures, j’empruntais la
Voie Lactée, tu sais, cette bande laiteuse qui barre le ciel. Je la voyais
comme un fleuve parcourant le ciel. Je la suivais ; mon imagination
traversait la très grande concentration d’étoiles jusqu’à rencontrer la
mienne. ― Elle est comment, ton étoile ? Comment s’appelle-t-elle ? ―
Je lui ai donné le nom de ma première fille, Nejma, qui est morte très
jeune. Nejma a rejoint mon étoile. Elle s’est installée dans sa lumière et
s’est couverte de sa pureté et de sa beauté. ― Tu peux me la montrer ?
― J’aimerais bien, mais ma vue n’est plus très bonne, j’ai du mal à
distinguer les astres dans le ciel. Mais toi, tu pourras la retrouver un jour
lorsque tu partiras à la recherche de ton étoile. ― À Paris le ciel est
toujours couvert. Comment faire pour chercher mon étoile ? Comment
la reconnaîtrai-je ? ― Tu la reconnaîtras sans effort. Tu auras une
conviction et tu sauras que c’est elle. ― Il faut que je vienne habiter au
village… ― Pas nécessairement. Tu reviendras en vacances me voir. ―
Cet été, en France, il y aura La Nouvelle Guerre des étoiles, c’est super.
Tous les enfants américains l’ont déjà vue. Sais-tu que le héros de ce film
s’appelle comme toi, Jeddi ? ― C’est un grand-père ? ― Non, il n’est pas
marié ! ― Tu me le raconteras ? J’aimerais bien que tu me racontes ce
que tu vois à la télévision. Nous ici, on va de temps en temps au village
pour regarder des films égyptiens ; ça nous change du silence. » Rachid
s’endort sur les genoux de Jeddi. Le lendemain il l’accompagne au grand
souk. Ils partent à dos de mulet. Les paysans de plusieurs régions
avoisinantes vendent leurs produits. Jeddi ne vend rien, il montre le
marché à Rachid. Les gens le saluent sur leur passage. Il y a aussi des
conteurs, des acrobates, des magiciens. Un homme vend des flacons
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d’un produit qui rend fort. Il est grand et il est habillé en Superman. Il
raconte que sa mère l’a nourri avec ces flacons et qu’il est devenu
Superman. Il fait chaud, l’homme transpire de partout et les gens rient.
Certains lui achètent le produit et l’avalent sur-le-champ. Aussitôt ils
changent de couleur et le recrachent. Tous les soirs, Jeddi et Rachid se
retrouvent après dîner sur le même tapis et observent le ciel. Rachid
n’arrive pas à trouver son étoile, il est impatient. « Il existe des milliards
d’étoiles. C’est impossible de les voir toutes, même avec des appareils.
Alors sois patient, promène-toi dans le fleuve céleste et quand ton étoile
te verra, elle viendra vers toi et se fera connaître. Cela arrivera cette
nuit, la nuit prochaine ou dans un an. » À ce moment-là, une traînée
lumineuse traverse le ciel à toute vitesse. Rachid dit : « C’est elle !
Comme moi elle court ! ― Tu as vu une étoile filante. Elle vient d’un
amas de poussière qui tombe. Elle fuit quelque chose… peut-être le
Soleil. Ce n’est pas ton étoile. » Chaque soir, Rachid croit avoir trouvé
son étoile. Lorsque son père vient le chercher pour repartir en France, il
est triste et malheureux, insatisfait et bredouille. Jeddi le serre très fort
dans ses bras : « L’été, le ciel est plus clair et les étoiles n’hésitent pas à
se montrer. Tu auras certainement plus de chance. Je t’attends. » Durant
le voyage de retour, Rachid raconte à son père tout ce qu’il a appris. À la
maison, il offre à sa mère un bracelet en argent que sa grand-mère lui a
donné. Il ne parle plus que de Jeddi, des étoiles, des planètes et du
Maroc. À la maison, quand il se met devant la télé, il a la tête ailleurs. Il
n’est pas tout à fait guéri de la télé, mais il sait maintenant qu’il existe
d’autres merveilles, d’autres images. Il suffit de lever les yeux au ciel et
d’interroger les étoiles. Un soir d’été, assis à côté de Jeddi sur un vieux
tapis, il finira par trouver son étoile. Les images sur l’écran ont moins de
mystère qu’un petit arbre trapu appelé arganier, ou qu’un souk sous le
soleil plein de paysans, d’animaux et de faux Superman.
Boulaabi Arij