BMC2 NAHID SIKDER & ADAM BA
RÉNOVER
ÉNERGÉTIQUEMENT
INTRODUCTION
C’est un immeuble résidentiel situé au 153 rue Championnet, dans le 18ᵉ arrondissement de Paris.
Ce bâtiment s'inscrit dans le quartier administratif des Grandes-Carrières, dans le 18ème
arrondissement. Son histoire est celle d'une lente transformation d'une zone industrielle et
périphérique en un quartier résidentiel mixte.C’est un bâtiment livré au début des années 2010 par
l'agence Philippe Roux Architectes, donc théoriquement conforme aux réglementations thermiques
récentes (RT 2005 ou tout début RT 2012).
Face à l'entrée en vigueur de la RE 2020 et à la volatilité des coûts de l'énergie, le bâtiment risque
une obsolescence technique prématurée. L'objectif n'est donc pas une réhabilitation lourde car le
bâtiment est sain et récent, mais un rénovation énergétique ciblé. Il s'agit d'aller chercher les failles
d'énergie résiduels tout en améliorant le confort des occupants, particulièrement en été, le tout sans
dénaturer l’ architecture contemporaine forte.
2. Analyse technique
ADAM & NAHID
L'analyse des documents sur le bâtiment ont permis de dresser un diagnostic précis et sépare en
deux axes majeurs.
2.1. Une contrainte
Le bâtiment, un R+5 , se distingue par une façade en béton brut de décoffrage. Les traces de
banches et la teinte du béton confèrent à l'immeuble une esthétique brutaliste et soignée qu'il est
impératif de préserver.
Conséquence: L'Isolation Thermique par l'Extérieur (ITE), solution habituellement privilégiée pour
traiter les ponts thermiques de plancher, est ici techniquement pas possibles . Toute intervention
sur la partie verticale devra se faire par l'intérieur ou via la gestion des vitrages. Les menuiseries
actuelles, équipées de volets coulissants métalliques, sont de bonne facture. Ces volets, qui
s'intègrent dans l'épaisseur de la façade, constituent la première ligne de défense contre les apports
solaires.
2.2. Environnement et Confort
L'orientation Sud/Sud-Ouest de la façade principale est critique. Si elle favorise les apports
bioclimatiques en hiver (chauffage passif), elle expose les logements à un risque élevé d'inconfort
estival. Ce risque est aggravé par le classement sonore de la rue Championnet (Catégorie 3), qui
dissuade les occupants d'ouvrir les fenêtres pour ventiler naturellement en journée. Le système de
ventilation et l'inertie du bâtiment deviennent donc des leviers centraux pour garantir le confort sans
recourir à la climatisation active.
2.3. Les équipements et les parties communes
Les finitions des parties communes (carrelage anthracite, miroirs, peinture) sont en excellent état
sans moisissures ect. Point technique notable , les plafonds des circulations sont déjà traités avec
des dalles perforées acoustiques ou rigitone .
Cela nous exonère de travaux de correction acoustique souvent coûteux dans les cages d'escalier.
Cependant, les équipements techniques (CVC et électricité) semblent d'origine. Les luminaires
(tubulaires et spots) sont énergivores .
[Link] de travaux:
Compte tenu de l'impossibilité de modifier l'aspect extérieur, la stratégie repose sur l'optimisation
de l'existant et le traitement des déperditions par l'intérieur et le haut.
Axe 1 : Traitement de l'enveloppe thermique
Toiture-Terrasse (La 5ème façade) : C'est la chose prioritaire. La toiture, visible au niveau de
l'attique, subit un rayonnement direct. Elle retient les eaux de pluie (soulage les égouts) et
humidifie l'air ambiant. Nous pensons a une réfection de l'étanchéité associée à une sur-isolation
performante (résistance thermique R >= 4,5 m².K/W), pour un coût estimé entre 250 et 350 € HT
par m².
Option recommandée : La mise en place d'une végétalisation extensive (type sedum) est
fortement conseillée ,elle fait office d'éponge (rétention des eaux de pluie) soulageant les
réseaux d'évacuation lors des orages ,cela représente un surcoût d'environ 60 à 100 € HT par
m². Au-delà de l'aspect esthétique, le substrat végétal apporte de l'inertie thermique
(déphasage) et limite l'effet d'îlot de chaleur urbain, protégeant ainsi directement les logements
du dernier étage.(voir annexe)
Murs donnant sur l'extérieur (ITI) :L'isolation par l'intérieur sera renforcée uniquement sur les
parois froides. La difficulté technique résidera dans le traitement des bouts de dalle béton. Pour
limiter le pont thermique structurel sans ITE, nous devrons veiller à un retour d'isolation soigné sur
les murs de refend et les plafonds si la hauteur sous plafond le [Link] poste est estimé entre 80
et 120 € HT par m² (fourniture, pose et remise en peinture incluses).(voir annexe)
Menuiseries : Le remplacement complet des fenêtres n'est pas justifié économiquement et
aurait un bilan carbone défavorable. Nous privilégions une maintenance curative :
remplacement systématique des joints d'étanchéité pour bloquer les infiltrations d'air parasites
(coût estimé de 150 à 250 € HT par fenêtre) et une remise en état des mécanismes des volets
coulissants pour un budget d'environ 150 à 300 € HT par volet. Ces derniers doivent être
parfaitement maniables pour que les usagers s'en servent réellement comme bouclier
thermique tel un sas.
Axe 2 : Optimisation des systèmes actifs (CVC & Électricité)
Ventilation (VMC) : Le passage d'une ventilation standard à une VMC est pertinent. En utilisant
les gaines techniques existantes accessibles depuis les paliers, nous pouvons installer des
bouches d'extraction intelligentes qui modulent le débit selon l'humidité. Cette intervention
revient à environ 350 à 500 € HT par logement (hors remplacement éventuel du caisson en
toiture). Cela réduit drastiquement les pertes de calories par renouvellement d'air en hiver, sans
compromettre la qualité de l'air intérieur (QAI).(voir annexe)
Chauffage : L'action se concentre sur l’éfficaacité de la distribution.
1. Désembouage : Nettoyage complet du réseau pour récupérer le rendement nominal des
émetteurs (100 à 150 € HT par radiateur).
2. Équilibrage et Régulation : Installation de têtes thermostatiques certifiées sur tous les
radiateurs pour une gestion fine, pièce par pièce (60 à 90 € HT par unité).
3. Calorifugeage : Isolation des tuyauteries en sous-sol (une action très rentable coûtant entre
25 et 45 € HT le mètre linéaire.).(voir annexe)
Électricité des communs : Le remplacement complet en LED couplé à des détecteurs de présence et
de luminosité permettra de diviser la consommation électrique de l'éclairage des parties communes
par 4 ou 5, baissant ainsi directement les charges récupérables pour les [Link] coût unitaire
est estimé entre 120 et 180 € HT par point lumineux.(voir annexe)
Conclusion
Le projet du 153 rue Championnet démontre qu'une rénovation énergétique ne passe pas
systématiquement par une transformation radicale de l'aspect du bâtiment. Ici, la qualité
architecturale du béton banché dicte une approche respectueuse et technique.
En concentrant les investissements sur la toiture, la régulation des fluides et l'étanchéité à l'air, nous
pouvons atteindre un niveau de performance cohérent avec les standards [Link] réduction de 20
à 25 % des consommations d'énergie primaire est attendue, principalement grâce à la rupture des
ponts thermiques en toiture et à l'isolation des réseaux, tout en réduisant de près de 80 % la facture
électrique des parties communes. Cette stratégie valorise le patrimoine existant en consolidant sa
structure "noble" tout en corrigeant ses faiblesses thermiques invisibles. C'est un compromis entre
esthétique, coût global et efficacité énergétique.