0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
7 vues2 pages

Mémoires D'un Homme de Qualité Manon Lescaut: Traité de L'origine Des Roman

Dans son 'Manon Lescaut', l'abbé Prévost mêle récit romanesque et réflexion morale, illustrant la lutte entre passion et vertu à travers le personnage de Des Grieux et son ami Tiberge. Le roman dépeint les conséquences tragiques de la passion débridée, tout en questionnant la rigidité de la morale face à la complexité des sentiments humains. Ainsi, 'Manon Lescaut' se présente comme une mise en garde contre les dangers de l'amour aveugle, révélant à la fois la grandeur et la faillite des émotions.

Transféré par

9xxgyjtnsf
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
7 vues2 pages

Mémoires D'un Homme de Qualité Manon Lescaut: Traité de L'origine Des Roman

Dans son 'Manon Lescaut', l'abbé Prévost mêle récit romanesque et réflexion morale, illustrant la lutte entre passion et vertu à travers le personnage de Des Grieux et son ami Tiberge. Le roman dépeint les conséquences tragiques de la passion débridée, tout en questionnant la rigidité de la morale face à la complexité des sentiments humains. Ainsi, 'Manon Lescaut' se présente comme une mise en garde contre les dangers de l'amour aveugle, révélant à la fois la grandeur et la faillite des émotions.

Transféré par

9xxgyjtnsf
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

En 1670, l’Abbe Huet dans son « Traité de l'origine des roman », définit le genre du roman

comme des « Histoire feintes d’aventures amoureuses, écrites en prose avec art, pour le
plaisir et l’instruction du lecteur ».
Le roman a souvent été perçu comme un divertissement sans être prit au sérieux comme le
fait l’abbé Huet, mais aussi comme un moyen d'instruire le lecteur. A cette époque, le roman
était un genre mineur. Toutefois, au 18e siècle, certains auteurs vont plus loin et font du
roman un support de réflexion morale. C'est notamment le cas de l'abbé Prévost qui, mêle
récit romanesque et réflexion morale, offrant ainsi une œuvre qui dépasse la simple histoire
d'amour tragique. En opposant la raison à la passion et en mettant en scène la conséquence
de chaque choix, Prévost propose une réflexion sur la faiblesse humaine à travers le destin de
DesGrieux et de Manon Lescaut. Dans l'avis de l'auteur des « Mémoires d'un homme de
qualité » qui précède Manon Lescaut, Prévost affirme que son ouvrage est « un traité de
morale sous la forme d'un roman ».On peut alors se demander dans quelle mesure « Manon
Lescaut »peut il être considéré comme un traité de moral. Nous verrons d'abord en quoi il
s'agit bien d'un traité de morale, avant d'analyser les aventures foisonnantes du roman.

Face à la passion destructrice de Des Grieux, Tiberge incarne la voix de la sagesse et de la


vertu. Ami fidèle, il tente tout au long du roman de ramener Des Grieux sur le droit chemin,
en lui rappelant ses devoirs religieux et moraux. Il représente ainsi la raison face aux
désordres du cœur. Dès que Des Grieux commence à s'égarer, Tiberge intervient : « Il n'y a
point de bonheur durable sans vertu. » Cette phrase illustre parfaitement la morale
chrétienne du roman, où la vertu est synonyme de bonheur et la passion synonyme de
perdition. Malgré les conseils insistants de Tiberge, Des Grieux reste sourd à ses
avertissements et préfère suivre Manon. L'ami fidèle ne cesse pourtant de l'aider, même
lorsqu'il est emprisonné ou ruiné. Tiberge incarne ainsi un contre-modèle, celui de la
droiture et de la sagesse, qui contraste avec la faiblesse morale du héros. Ce personnage met
en lumière l'aveuglement de Des Grieux et renforce la dimension morale du roman en
montrant qu'un choix différent était possible.
L'abbé Prévost ne se contente pas de montrer la corruption de Des Grieux, il met également
en scène les conséquences de ses actes. La passion débridée du héros le mène inexorablement
à la souffrance et à la perte de Manon. Chaque faute qu'il commet le rapproche de son
malheur, illustrant ainsi une vision chrétienne du destin où le péché entraîne une punition
iné[Link] dénouement du roman est particulièrement significatif : après une vie de fuites,
de mensonges et de trahisons, Manon meurt d'épuisement dans un désert américain. Des
Grieux, anéanti, prend alors conscience de la vanité de son amour et du prix de ses erreurs : «
Je l'enterrai de mes propres mains; je me couchai sur sa tombe, et je résolus d'y mourir. »
Cette scène tragique marque l'aboutissement du parcours moral du héros, qui, après avoir
tout perdu, se retrouve seul face à son châtiment. Le roman suit ainsi une structure morale
classique: la passion entraîne la faute, qui elle-même conduit à la punition. En insistant sur la
souffrance de Des Grieux, l'abbé Prévost semble rappeler aux lecteurs que les plaisirs du
cœur ne doivent pas faire oublier les exigences de la vertu.

Pourtant, si ce Traité de morale semble inscrire le récit dans une réflexion éthique cohérente,
il ne tarde pas à se heurter à la réalité même du parcours de Des Grieux. En effet, loin
d'incarner les principes qu'il expose, le héros se laisse emporter par sa passion pour Manon,
remettant en question la portée véritable de son discours moral et révélant toute l'ambiguité
du roman.

La morale repose sur des principes destinés à guider les comportements humains et à
distinguer le bien du mal.
Pourtant, elle atteint ses limites lorsqu'elle se confronte aux sentiments et aux choix
personnels. Dans Manon Lescaut, l'amour est présenté comme une valeur supérieure aux
règles morales, ce qui pousse les personnages à justifier certains actes répréhensibles.
Des Grieux, par exemple, se considère comme victime d'une société iniuste qui ne laisse
aucune place aux émotions. Il affirme ainsi: « Je suis sûr qu'en me condamnant, vous ne
pourrez pas vous empêcher de me plaindre », soulignant son désir d'obtenir la
compréhension du lecteur plutôt que d'assumer pleinement ses fautes. Cette phrase illustre
bien l'une des limites de la morale : son incapacité à prendre en compte la complexité des
sentiments humains.
Par ailleurs, Des Grieux cherche constamment à minimiser sa responsabilité en invoquant sa
jeunesse et les circonstances qui l'ont poussé à agir ainsi. Il explique ainsi : « L'amour et la
jeunesse avaient causé tous nos désordres », suggérant que ses erreurs ne sont pas le résultat
d'une volonté mauvaise, mais plutôt d'un manque de maturité et d'un sentiment irrésistible.
En adoptant cette posture, il remet en question la rigidité de la morale et montre qu'elle peut
être interprétée différemment selon les personnes et les contextes. Il va même plus loin en
déclarant : « Quelque répugnance que j'eusse à tromper, je me laissai entraîner par une
cruelle nécessité ». Par cette justification, il rejette la responsabilité de ses actes sur des
circonstances extérieures, ce qui montre que la morale n'est pas une vérité absolue, mais
qu'elle peut être contournée ou adaptée en fonction des situations.

Ainsi, Manon Lescaut se présente à la fois comme un récit passionnel et comme un traité de
morale implicite, où l'expérience de Des Grieux devient une démonstration des dangers de la
passion aveugle. Prévost, en multipliant les hyperboles dans les déclarations du narrateur,
exalte à l'extrême la souffrance amoureuse et le désespoir, transformant cette histoire en une
véritable mise en garde. L'anticipation, quant à elle, rythme le récit en annonçant sans cesse
la chute inévitable du héros, renforçant l'idée d'une fatalité tragique où la morale semble se
dessiner a posteriori, dans le regret et la douleur. Finalement, plutôt qu'un traité de morale
didactique, Manon Lescaut propose une leçon plus ambiguë : celle d'un amour qui, en défiant
toute raison, révèle à la fois la grandeur et la faillite des sentiments humains. Manon Lescaut
de l'abbé Prévost s'inscrit dans une longue tradition littéraire où la morale et la passion
s'affrontent, à l'image de La Princesse de Clèves de Mme de La Fayette.

Vous aimerez peut-être aussi