Exposé de Philosophie
Thème : Discours 2 sur l’origine et les fondements de l’inégalité des hommes
INTRODUCTION
Le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes
(1755) est un texte fondamental de Jean-Jacques Rousseau. Il y distingue
l'inégalité naturelle (physique : âge, force, santé) de l'inégalité morale ou
politique (sociale : richesse, privilèges), affirmant que cette dernière, injuste,
découle de l'institution de la propriété privée et des progrès de la société,
corrompant la nature originellement bonne de l'homme.
I- PRESENTATION DE L’AUTEUR ET DE L’OUVRAGE
1- L’auteur
Jean-Jacques ROUSSEAU est né à Genève en 1712. Il a été apprenti chez un
graveur puis il a été envoyé par un curé chez Mme de Warens qui l’a convertit
au catholicisme. Sa mère étant morte à sa naissance, il la considère comme sa
mère de substitution. Celle-ci l’envoie dans un hospice à Turin pour abjurer le
protestantisme. En 1736, il s’installe avec elle aux Charmettes et lit beaucoup.
Cinq ans plus tard, il se rend à Paris. Il devient en 1743 secrétaire de
l’ambassade de France à Venise. Un an plus tard, il compose un opéra qu’il
arrive à faire représenter. Il commence aussi sa liaison, qui dure toute sa vie,
avec une lingère nommée Thérèse le Vasseur. Il fréquente aussi Diderot,
Condillac et Voltaire.
2- L’Ouvrage
Celui-ci est publié avant la Révolution française. On le qualifie de « premier
discours ». En fait, c’est une réponse au sujet de concours de l’Académie de
Dijon :
« Quelle est l’origine de l’inégalité parmi les hommes, et si elle est autorisée
par la loi naturelle ? ». Rousseau a trouvé la question idéologiquement orientée
et elle ne lui plaît pas donc il la transforme en une double question. En premier
temps, il traite l’origine et la/les cause(s) de l’inégalité. Dans un second temps,
il traite les fondements de l’inégalité. Il se demande quel est le droit légitimant
les inégalités. Est-ce le droit naturel ou droit positif (créé de toute pièce par les
hommes de lois) ?
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3/ Thèse et mots-clés
Thèse : C’est la société, fondée sur la propriété, qui est la cause de l’inégalité et
de la corruption des hommes. La propriété et l’appât du gain éloigne l’homme
de sa vraie nature qui court à sa perte.
Mots importants : Droit positif, droit naturel, émotion, désir, autrui,
nature/culture, histoire, liberté et être/paraître.
4/ Plan de la Première partie
I- L’homme à l’état de nature
A- L’homme naturel est-il heureux ?
B- L’homme naturel est-il rationnel ?
C- L’homme est-il bon par nature ?
5/ Résumé détaillé
La conservation de l’homme
Selon Rousseau, l’homme n’est pas l’animal le plus agile ou le plus fort.
Cependant, c’est celui qui détient le plus d’avantages. En effet, ce dernier
réussit à imiter les animaux. Donc il parvient à ses fins car il réussit à
s’approprier les instincts de tous les animaux.
Un combat entre l’homme civilisé et l’homme de nature est inégal. Aucun
animal ne ferait naturellement la guerre à l’homme sauf pour sa propre défense.
L’animal est plus fort, le sauvage est plus adroit. Toutefois, la maladie
appartient surtout à l’homme de société qui nécessite remèdes et médecins.
Effectivement, quand un sauvage est malade, il n’a rien à craindre de son mal,
seulement de sa nature, car il doit veiller à sa sécurité.
De plus, l’homme est seul défenseur de sa conservation. Donc il
doit perfectionner ses sens et éviter la mollesse ou la sensualité. Rousseau
compare les animaux et les hommes à une « machine ingénieuse ». Là où
l’animal fait les opérations de la bête, l’homme se fait lui-même. La faculté de
se perfectionner permet de développer toutes les autres : l’homme évolue et
n’est plus le même qu’à l’origine contrairement aux animaux. Par la vieillesse
ou d’autres accidents, l’homme perd ce que sa perfectibilité lui avait donné
voire même plus encore que l’animal.
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Les biens de l’homme sauvage sont : la nourriture, une femelle et le repos. Ses
maux sont : la douleur et la faim. Rousseau accentue l’écart qui sépare l’état de
nature de l’état civil. En effet, l’homme sauvage se contente de ce que la nature
lui prodigue et n’a pas de grands rêves d’avenir. L’état de nature empêche les
hommes d’améliorer leurs productions et de vouloir cultiver de nombreuses
parcelles car il n’y a pas de droits de propriété. Néanmoins le problème c’est
de sortir de l’état de nature.
Rousseau insiste sur l’importance des langues qui sont indispensables pour que
les hommes de différentes régions puissent communiquer entre eux. Le premier
langage de l’homme est le « cri de la nature ». Rarement utilisé et peu organisé,
il prévenait essentiellement d’un danger. Toutefois, quand les hommes se sont
multipliés, le langage s’est doté d’inflexions et articulations de la voix et
de gestes. Il est facile d’expliquer et d’utiliser les nombres une fois connus,
néanmoins, pour ça, il faut définir des propriétés communes et génériques.
Cependant, Rousseau pense qu’il est impossible que les langues soient juste le
résultat d’une création humaine.
Les passions
A l’état naturel, l’homme n’est ni rationnel ni sociable. Ainsi, il existe un
fossé entre l’homme naturel et l’homme social. Dès lors, on remarque
que Rousseau critique les conceptions de l’état de nature
de Pufendorf et Hobbes. Hobbes attribue à l’homme naturel de multitudes
passions qui ne sont en réalité développées qu’avec la société. Pour étudier et
juger une société politique, il faut savoir comment sont les hommes qui la
composent.
Les sauvages ne sont pas méchants car ils ne savent pas exactement ce que c’est
qu’être bons. D’après Rousseau, l’amour de soi est un sentiment naturel et
l’amour propre est créé artificiellement par la société. « L’amour de soi-
même est un sentiment naturel qui porte tout animal à veiller à sa propre
conservation et qui, dirigé dans l’homme par la raison et modifié par la pitié,
produit l’humanité et la vertu». De fait, Rousseau qualifie positivement la pitié
car elle produit nos vertus sociales. “L’amour propre n’est qu’un sentiment
relatif, factice et né dans la société, qui porte chaque individu à faire plus de
cas de soi que de tout autre, qui inspire aux hommes tous les maux qu’ils se font
mutuellement et qui est la véritable source de l’honneur ».
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De plus, l’amour est une passion impétueuse et violente donc il faut
des lois pour les contenir. Néanmoins, ces dernières sont insuffisantes.
Contrairement à Voltaire, Rousseau n’admet pas l’égalité entre les hommes et
les femmes, car celles-ci doivent obéir au sexe dominant.
L’homme sauvage a peu de passions, vit seul, ne reconnaît pas forcément ses
enfants et le savoir n’est pas transmis car il n’y a aucune éducation. En effet, il
ne tient compte que de ses vrais besoins. Par ailleurs, les hommes étant
dispensés et privés de langage, si l’un d’entre eux faisait une découverte, il ne
pourrait pas la communiquer, cela explique l’absence de développement de la
perfectibilité à l’état de nature. Donc c’est par l’institution et l’éducation que
les inégalités augmentent car dans l’état de nature, les hommes ont les mêmes
ressources à disposition.
Pour finir, l’homme naturel à peu de besoins donc il s’auto-suffit. Néanmoins,
c’est avec le passage à l’état social que l’homme perd sa liberté naturelle.
Donc l’homme social en perdant sa liberté est sous la dépendance d’autrui.
CONCLUSION
Rousseau oppose l'homme naturel (libre et heureux) à l'homme civil (aliéné,
dépendant du regard des autres, vaniteux).
Ce discours prépare le terrain pour Du Contrat Social, où Rousseau cherchera à
reconstruire une société plus juste, basée sur la volonté générale plutôt que sur
les privilèges.
Il s'agit d'une critique radicale de la modernité et du progrès technique,
considérés comme les moteurs de la corruption humaine.