0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
7 vues11 pages

Cours Prof

Le document traite des variables aléatoires, de leur loi de probabilité, ainsi que de l'espérance et de la variance. Il présente également des théorèmes sur la transformation de variables aléatoires et la somme de deux variables aléatoires, ainsi que des applications comme la loi binomiale et la loi des grands nombres. Des exemples pratiques illustrent ces concepts, notamment à travers des jeux de hasard.

Transféré par

nicogressier02
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
7 vues11 pages

Cours Prof

Le document traite des variables aléatoires, de leur loi de probabilité, ainsi que de l'espérance et de la variance. Il présente également des théorèmes sur la transformation de variables aléatoires et la somme de deux variables aléatoires, ainsi que des applications comme la loi binomiale et la loi des grands nombres. Des exemples pratiques illustrent ces concepts, notamment à travers des jeux de hasard.

Transféré par

nicogressier02
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Chapitre 14 - Somme de Variables Aléatoires et Loi des Grands Nombres

I) Variables aléatoires

Définition
On considère une expérience aléatoire associée à un univers Ω. Une variable aléatoire X est une fonction
définie sur Ω = {ω1 ; ω2 ; ... ; ωn } et à valeurs dans R ; autrement dit, X est une fonction qui, à tout
élément ωi de Ω, associe un unique réel

X : Ω → R
ωi 7→ X(ωi ) = xi

Définition : Loi de probabilité


Définir la loi de probabilité de X, c’est associé à chaque valeur xi (1 ≤ i ≤ n) prise par une variable aléatoire
X, la probabilité de l’événement X = xi On représente généralement cette loi à l’aide d’un tableau :

Valeur xi prises par X x1 x2 · · · xn


P (X = xi ) p1 p2 · · · pn

Propriété
Avec les notations précédentes,
p1 + p2 + · · · + pn = 1

II) Espérance et variance


1) Espérance

Définition
L’espérance mathématique de la variable aléatoire X est le nombre réel noté E(X) défini par :
n
X
E(X) = pi xi = p1 x1 + p2 x2 + · · · + pn xn
i=1

avec pour tout entier i compris entre 1 et n, pi = P (X = xi ).

L’espérance mathématique peut être interprétée comme une valeur moyenne de X dans le cas d’un
Lightbulb grand nombre de répétitions de l’expérience aléatoire.

2) Variance et écart-type

Définition
La variance de la loi de probabilité de X est le nombre réel positif noté V (X) défini par :
n
X
V (X) = pi (xi − E(X))2
i=1

avec, pour tout entier i compris entre 1 et n, pi = P (X = xi ).

M. Gressier - Term Spé Page 1/11 Lycée Richelieu 2025-2026


Théorème : Théorème de transfert
Pour une variable aléatoire discrète X et f une fonction.
X
E(f (X)) = f (xi )pi

En particulier, E(X 2 ) = x2i pi


P

Propriété : Formule de Koenig-Huygens


Soit X une variable aléatoire. Alors on a la formule de König-Huygens :

V (X) = E(X 2 ) − E(X)2

Démonstration
n
X n
X  
V (X) = pi (xi − E(X))2 = pi x2i − 2xi E(X) + (E(X))2
i=1 i=1
n
X n
X n
X
= pi x2i − 2E(X) pi xi + (E(X))2 pi .
i=1 i=1 i=1

Or
n n n
et
X X X
pi x2i = E(X 2 ), pi xi = E(X) pi = 1.
i=1 i=1 i=1

Donc
V (X) = E(X 2 ) − 2 (E(X))2 + (E(X))2 = E(X 2 ) − (E(X))2 . 

Définition
L’écart-type de la loi de probabilité de X est le nombre réel positif noté σ(X) défini par :
p
σ(X) = V (X).

Un jeu consiste à tirer au hasard une boule dans une urne contenant 5 boules bleues, 3 boules vertes
PEN
1
et 10 boules rouges. Le joueur gagne 1 euro s’il tire une boule bleue, 2 euros s’il tire une boule verte
et il perd 3 euros s’il tire une boule rouge. Soit G la variable aléatoire égale au gain algébrique (en
comptant la mise) du joueur à l’issue d’une partie. Déterminer la loi de probabilité de G, calculer
E(G), V (G) et σ(X).

III) Transformation de variables aléatoires

Définition : Variable aléatoire réelle


On appelle variable aléatoire réelle toute fonction définie sur l’univers Ω d’une expérience aléatoire et à
valeurs dans R. Les variables aléatoires sont en général notées X.
La loi de probabilité de X est la fonction qui, à chaque réel k associe la probabilité de l’événement P (X = k).

Dans la suite, on prend X et Y deux variables aléatoires définies sur l’univers Ω d’une expérience aléatoire. X
prend les valeurs x1 , x2 , · · · , xn et Y prend les valeurs y1 , y2 , · · · , ym (avec n et m ∈ N∗ ). Soient a et b deux réels.

M. Gressier - Term Spé Page 2/11 Lycée Richelieu 2025-2026


1) Transformation affine d’une variable aléatoire aX + b

Définition
La variable aléatoire aX + b prend toutes les valeurs possibles {axi + b = yi , 1 ≤ i ≤ n}.
La loi de probabilité de Y = aX + b : pour toute valeur yi prise par Y , on a

P (Y = yi ) = P (aX + b = axi + b) = P (X = xi )

La loi de probabilité de la transformée affine d’une variable aléatoire est la même que celle de la
Lightbulb variable aléatoire.

On lance un dé équilibré à 4 faces, numérotées de 1 à 4, et on note X la variable aléatoire qui donne


PEN2
le numéro porté par la face du dessous. La loi de X peut être résumée ci-dessous.

k 1 2 3 4
1 1 1 1
P (X = k)
4 4 4 4
On note Y la variable aléatoire qui donne le numéro porté par la face du dessous multiplié par 2
auquel on retire 3. On a alors Y = 3X − 2. Ainsi,
1
P (Y = 10) = P (3X − 2 = 10) = P (X = 4) =
4
On peut alors résumer la loi de Y dans un tableau.

k 1 4 7 10
1 1 1 1
P (Y = k)
4 4 4 4

Théorème : Espérance et variance


• E(aX + b) = aE(X) + b (linéarité)
• V (aX + b) = a2 V (X)
• σ(aX + b) = |a|σ(X)

Démonstration

n
X n
X n
X n
X n
X n
X
E(aX + b) = (axi + b)P (aX + b = axi + b) = (axi + b)pi = axi pi + bpi = a p i xi + b pi .
i=1 i=1 i=1 i=1 i=1 i=1

M. Gressier - Term Spé Page 3/11 Lycée Richelieu 2025-2026


n p
X 2 σ(aX + b) = V (aX + b)
V (aX + b) = pi axi + b − E(aX + b) p
i=1 = a2 V (X)
n p
2 = |a| V (X)
X
= pi axi + b − (aE(X) + b)
i=1 = |a| σ(X)
n
X 2
= pi axi − aE(X)
i=1
n
X 2
= pi a2 xi − E(X)
i=1
n
X 2
= a2 pi xi − E(X)
i=1
2
= a V (X)

Soit un dé non truqué à 6 faces. On associe la variable aléatoire X au gain que l’on touche :
PEN
3
• 1 ou 6 −→ 3 €
• 2, 3, 4 −→ −1 €
• 5 −→ 10 €
1. Donner la loi de X.
2. Calculer son espérance et sa variance.
3. Un bookmaker souhaite créer un jeu qui lui rapporte. Il propose de donner au joueur 6 fois
son gain contre une prime d’argent. A combien doit-il fixer celle-ci au minimum ?
Solution : Loi de X :
xi −1 3 10
1 1 1
P (X = xi )
2 3 6
1 1 1 13
E(X) = (−1) × + 3 × + 10 × = >0
2 3 6 6
Calcul de la variance à l’aide de la formule König-Huygens : V (X) = E(X 2 ) − (E(X))2 et x2i prend
les valeurs {1, 9, 100}
121 169 557
V = − =
6 36 36
Soit G = 6X + k et le bookmaker souhaite que E(G) ≤ 0 ⇐⇒ k ≤ −13
V (G) = 36 × V (X) = 557

2) Somme de deux variables aléatoires

Définition
Soit X et Y variables aléatoires sur le même univers Ω. X + Y est une variable aléatoire qui prend la somme
des valeurs possibles de X et de Y .

Propriété : Loi de X + Y
Soit X et Y deux variables aléatoires réelles définies sur Ω. X(Ω) = {x1 , · · · , xn } et Y (Ω) = {y1 , · · · , ym }.
La variable aléatoire Z = X + Y est définie par :

∀ω ∈ Ω, Z(ω) = X(ω) + Y (ω)

M. Gressier - Term Spé Page 4/11 Lycée Richelieu 2025-2026


X 
P (Z = k) = P (X = xi ) ∩ (Y = yj )
xi +yj =k

Soient X et Y deux variables aléatoires associées à deux expériences aléatoires dont les conditions de réalisations
sont indépendantes. On dit que les deux variables X et Y sont indépendantes.

Propriété : Indépendance
Si X et Y sont indépendantes, on a alors :

P (X = xi ) ∩ (Y = Yj ) = P (X = xi ) · P (Y = yj )

Deux pièces dont une truquée. Lancers indépendants.


PEN
4
Loi de X :
xi 0P 1F yi 0P 1F
P (X = xi ) 0,3 0,7 P (Y = yi ) 0,5 0,5
Loi de X + Y :
xi + yi 0 1 2
P (X + Y = xi + yi ) 0,15 0,5 0,35
• P ((X = 0) ∩ (Y = 0)) = 0,3 × 0,5 = 0,15
• P (X + Y = 1) = P ((X = 0) ∩ (Y = 1)) + P ((X = 1) ∩ (Y = 0)) = P (X = 0)P (Y =
1) + P (X = 1)P (Y = 0) = 0,5
• P ((X = 1) ∩ (Y = 1)) = 0,7 × 0,5 = 0,35

Théorème : Espérance et variance


Soit X et Y deux variables aléatoires sur Ω.
1. E(X + Y ) = E(X) + E(Y )
2. Si X et Y sont indépendantes, alors V (X + Y ) = V (X) + V (Y )

3) Applications

Propriété : Loi binomiale


Si X est une variable aléatoire qui suit une loi binomiale B(n, p) alors
p
E(X) = np V (X) = np(1 − p) σ(X) = np(1 − p)

Démonstration
Succession de n épreuves indépendantes à deux issues : succès ou échec. On note Xi pour i ∈ {1, · · · , n} la
variable aléatoire qui prend la valeur 1 en cas de succès à la ième épreuve et 0 sinon.
On a P (Xi = 0) = 1 − p et P (Xi = 1) = p
E(Xi ) = (1 − p) × 0 + p × 1 = p
V (Xi ) = (1 − p) × (0 − p)2 + p × (1 − p)2 = p(1 − p)
Or X = X1 +· · ·+Xn et en généralisant les propriétés précédentes pour les variables aléatoires indépendantes,
on obtient :
E(X) = E(X1 ) + · · · E(Xn ) = np
V (X) = V (X1 ) + · · · V (Xn ) = np(1 − p) 

M. Gressier - Term Spé Page 5/11 Lycée Richelieu 2025-2026


IV) Loi des grands nombres
1) Echantillon de variables aléatoires indépendantes

Définition
Un échantillon d’une loi de probabilité est un ensemble de variables aléatoires réelles (X1 , . . . , Xn ) indépen-
dantes et de même loi.

Propriété : Définition et propriété


Soit (X1 , · · · , Xn ) un échantillon de taille n de la loi de probabilité suivie par une variable aléatoire X. La
somme de cet échantillon est la variable aléatoire Sn = X1 + · · · + Xn . On a :

E(Sn ) = nE(X) V (Sn ) = nV (X)

Propriété : Définition et propriété


La variable aléatoire moyenne de cet échantillon est la variable aléatoire notée Mn ou X, définie par
1
Mn = (X1 + X2 + · · · + Xn )
n
On a alors :
1 1
E(Mn ) = E(X1 ) Var(Mn ) = Var(X1 ) σ(Mn ) = √ σ(X1 )
n n

Sn
On appelle aussi Mn = la fréquence empirique.
Lightbulb n

1
On considère une variable aléatoire X qui suit une loi binomiale de paramètres 3 et . On rappelle
PEN5
1
que E(X) = 3 × = 1 et Var(X) = 3 × × 1 −
1

1

2
= .
3

3 3 3 3
On considère un échantillon (X1 , . . . , X100 ) de variables aléatoires indépendantes de même loi que
1
X et on note Mn = (X1 + X2 + · · · + Xn ).
n
2
On a alors E(Mn ) = E(X) = 1 et Var(Mn ) = .
300

Adrien veut jouer 10 parties d’un jeu de fléchettes où l’on peut gagner un certain nombre de points,
PEN6
noté X. La loi de probabilité est la suivante :

a 0 1 2 10 20
P (X = a) 0,5 0,25 0,1 0,1 0,05

Calculer l’espérance et l’écart-type du gain de points moyen par partie.


Solution : Les 10 parties sont indépendantes les unes des autres, donc elles constituent un échantillon
(X1 , · · · , X10 ) de taille 10 de la loi de probabilité de X. La variable aléatoire M10 moyenne de cet
échantillon modélise le gain :
X1 + · · · + X10
M10 =
10
On obtient E(X) = 2,45 et σ(X) ≈ 4,96
4,96
Donc E(M10 ) = 2,45 et σ(M10 ) ≈ √ ≈ 1,57
10

M. Gressier - Term Spé Page 6/11 Lycée Richelieu 2025-2026


2) Inégalités de concentration
a) Rappels sur la valeur absolue

Inégalité Ensemble solution Intervalle Schéma

|x| < a −a < x < a ]−a ; a[


−a 0 a

|x| > a x < −a ou x > a ]−∞ ; −a[ ∪ ]a ; +∞[


−a 0 a

b
|x − b| < a b−a<x<b+a ]b − a ; b + a[
b−a b+a

b
|x − b| > a x < b − a ou x > b + a ]−∞ ; b − a[ ∪ ]b + a ; +∞[
b−a b+a

Déterminer les ensembles décrit par les inégalités suivantes :


PEN
7 1. |x| ≤ 2 2. |x| > 6 3. |x − 1| < 2 4. |x + 1| ≥ 2 5. |x − 8| > 10

Traduire les phrases suivantes avec des valeurs absolues et écrire les intervalles correspondants.
PEN
8
1. x est à un distance inférieure à 5 de 0.
2. x est à une distance strictement supérieur à 2 de 0
3. x est compris entre -2 et 2.
4. x est à une distance inférieure à 10 de 5.

b) Inégalité de Markov

Théorème : Inégalité de Markov


Soit X une variable aléatoire à valeurs positives (X ≥ 0). ∀a ∈ R∗+

E(X)
P (X ≥ a) ≤
a

Interprétation : La probabilité que X prenne des valeurs plus grandes que a est d’autant plus petite que a
est grand.

Démonstration
a > 0, on définit la variable aléatoire Y telle que Y = a si X ≥ a et Y = 0 sinon.
Donc Y (Ω) = {0; a}
Y − X = a − X si X ≥ a donc Y − X ≤ 0 si X ≥ a

M. Gressier - Term Spé Page 7/11 Lycée Richelieu 2025-2026


Sinon Y − X = −X ≤ 0 car X ≥ 0.
On a donc Y − X ≤ 0. En passant à l’espérance, E(Y ) − E(X) ≤ 0 ⇐⇒ E(Y ) ≤ E(X). Avec la loi de
probabilité de Y :
yi 0 a
P (Y = yi ) 1 − P (X ≥ a) P (X ≥ a)
E(X)
Ainsi E(Y ) = 0 × (1 − P (X ≥ a)) + a × P (X ≥ a) = a × P (X ≥ a) ≤ E(X) ⇐⇒ P (X ≥ a) ≤ 
a

c) Inégalité de Bienaymé-Tchebychev

Théorème : Inégalité de Bienaymé-Tchebychev


Soit X une variable aléatoire réelle. Pour tout réel t strictement positif, on a :

Var(X)
P (|X − E(X)| ≥ t) ≤
t2

Interprétation :
1. Cette inégalité traduit le fait que la variance permet de mesurer l’écart d’une variable aléatoire par rapport à
son espérance.
2. La probabilité que X s’écarte d’au moins t de E(X) est d’autant plus petite que t est grand.

Démonstration
Soit t > 0, posons Y = (X − E(X))2 . D’après la formule de Koenig-Huygens, E(Y ) = V (X).
De plus, (X − E(X))2 = (|X − E(X)|)2 . Donc si |X − E(X)| ≥ t ⇐⇒ |X − E(X)|2 ≥ t2 car x 7→ x2
croissante. Donc on a Y ≥ t2 et on pose a = t2 .
En appliquant l’inégalité de Markov,

E(Y ) V (X)
P (Y ≥ a) ≤ ⇐⇒ P (Y ≥ t2 ) ≤
a t2
On obtient
Y ≥ t2 ⇐⇒ |X − E(X)| ≥ t =⇒ P (Y ≥ t2 ) = P (|X − E(X)|)
Var(X)
On obtient donc P (|X − E(X)| ≥ t) ≤ 
t2

On lance 180 fois un dé équilibré à 6 faces, numérotées de 1 à 6. On appelle X la variable


PEN9
1
aléatoire qui donne le nombre de 1 obtenus. X suit une loi binomiale de paramètres 180 et .
6
1 1 5
Ainsi, E(X) = 180 × = 30 et Var(X) = 180 × × = 25. On souhaite minorer la probabilité
6 6 6
que X soit compris entre 21 et 39, c’est-à-dire 21 ≤ X ≤ 39 donc |X − 30| < 10 soit calculer
P (|X − E(X)| < 10).
D’après l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev,

Var(X) 25 1
P (|X − E(X)| ≥ 10) ≤ 2
= =
10 100 4
Ainsi, puisque P (|X − E(X)| < 10) + P (|X − E(X)| ≥ 10) = 1, on a P (|X − E(X)| < 10) =
3
1 − P (|X − E(X)| ≥ 10) ≥ .
4

V (X)
Si t = 2σ(X), alors P (|X − E(X)| ≥ 2σ(X)) ≤ = 0,25
Lightbulb (2σ(X))2

M. Gressier - Term Spé Page 8/11 Lycée Richelieu 2025-2026


3 Inégalité de concentration

Propriété : Inégalité de concentration


Soit (X1 , . . . , Xn ) un échantillon de n variables aléatoires indépendantes, et Mn la variable aléatoire moyenne
de cet échantillon. Alors, pour tout réel t strictement positif,

Var(X1 )
P (|Mn − E(X1 )| ≥ t) ≤
nt2

Démonstration
On applique simplement l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev àla variable aléatoire Mn . Son espérance vaut
Var(X1 )

X1 + · · · Xn 1 V (X)
E(X1 ) et sa variance car V (Mn ) = V = 2 × n × V (X1 ) = . 
n n n n

Soit X une variable aléatoire d’espérance 3 et de variance 100. On considère un échantillon


PEN
10
1
(X1 , . . . , Xn ) de variables aléatoires indépendantes de même loi que X et on note Mn = (X1 +
n
X2 + · · · + Xn ).
Pour tout entier naturel non nul n et tout réel δ strictement positif, on a alors

Var(X1 )
P (|Mn − E(X1 )| ≥ t) ≤
nt2
C’est-à-dire,
100
P (|Mn − 3| ≥ t) ≤
nt2
En particulier, pour n = 100000 et t = 0,1,
100
P (|Mn − 3| ≥ 0,1) ≤
100000 × 0,12

c’est-à-dire P (|Mn − 3| ≥ 0,1) ≤ 0,1.


Bien que la variable aléatoire X ait une grande variance, si l’on répète un grand nombre de fois
l’expérience aléatoire, la moyenne des résultats est très proche de l’espérance de X : avec probabilité
0,9 la moyenne est entre 2,9 et 3,1.

Théorème : Application à la loi binomiale


On a
np(1 − p)
P (|Sn − np| ≥ t) ≤
t2
p(1 − p)
P (|Mn − p| ≥ t) ≤
nt2

M. Gressier - Term Spé Page 9/11 Lycée Richelieu 2025-2026


Soit une variable aléatoire X qui suit la loi de Bernoulli de paramètre 0,2. On considère un échantillon
PEN
11
de n variables aléatoires suivant la loi de X. On appelle Mn la variable aléatoire moyenne associée
à cet échantillon.
Déterminer la taille n de l’échantillon tel que la probabilité que la moyenne Mn appartienne à
l’intervalle ]0,03; 0,37[ soit supérieure à 0,95.
Solution : On cherche n tel que P (0,03 < Mn < 0,37) ≥ 0,95.
Dans l’idée d’appliquer l’inégalité de concentration, on fait apparaître l’espérance de Mn dans
l’inégalité. Or E(X) = p = 0,2. Ainsi, on cherche n tel que :

P (0,03 − 0,2 < Mn − 0,2 < 0,37 − 0,2) ≥ 0,95

Soit :
P (−0,17 < Mn − 0,2 < 0,17) ≥ 0,95
Soit encore :
P (|Mn − 0,2| < 0,17) ≥ 0,95
Et donc, en considérant l’événement contraire :

1 − P (|Mn − 0,2| ≥ 0,17) ≥ 0,95 =⇒ P (|Mn − 0,2| ≥ 0,17) ≤ 0,05

En prenant t = 0,17 dans l’inégalité de concentration, avec Var(X) = p(1 − p) = 0,2 × 0,8 = 0,16,
on cherche donc n tel que :
0,16
≤ 0,05
n × (0,17)2
Et donc :
0,16
n≥ ≈ 110,7
0,05 × (0,17)2
Pour n ≥ 111, la probabilité que la moyenne Mn appartienne à l’intervalle ]0,03; 0,37[ est supérieure
à 0,95.

3) Loi faible des grands nombres

Théorème : Loi faible des grands nombres


Soit (X1 , . . . , Xn ) un échantillon de n variables aléatoires indépendantes et Mn la variable aléatoire moyenne
de cet échantillon. Pour tout réel t strictement positif,

lim P (|Mn − E(X1 )| ≥ t) = 0


n→+∞

On dit que Mn converge en probabilité vers E(X1 ) quand n tend vers +∞.
Lightbulb
Démonstration
On applique l’inégalité de concentration à cet échantillon :

Var(X1 )
P (|Mn − E(X1 )| ≥ t) ≤
nt2
Var(X1 )
Or lim = 0. De plus, P (|Mn − E(X1 )| ≥ t) ≥ 0. Par théorème d’encadrement, on a donc
n→+∞ nt2
lim P (|Mn − E(X1 )| ≥ t) = 0
n→+∞

M. Gressier - Term Spé Page 10/11 Lycée Richelieu 2025-2026


Soit une variable aléatoire X d’espérance 3 et de variance 0,2. Soit Mn la variable aléatoire moyenne
PEN d’un échantillon de taille n de la variable aléatoire X.
12 1. Déterminer un majorant de P (|Mn − 3| ≥ 0,1) pour n = 100, pour n = 1000, puis pour
n = 10 000. Que constate-t-on ?
2. Démontrer et interpréter le résultat précédent.
Solution :
1. D’après l’inégalité de concentration :

Var(X)
P (|Mn − E(X)| ≥ t) ≤
nt2
Soit, dans le contexte de l’exercice :
0,2 20
P (|Mn − 3| ≥ 0,1) ≤ =
n × 0,12 n

• Pour n = 100 : P (|Mn − 3| ≥ 0,1) ≤ 0,2


• Pour n = 1000 : P (|Mn − 3| ≥ 0,1) ≤ 0,02
• Pour n = 10000 : P (|Mn − 3| ≥ 0,1) ≤ 0,002
On constate que plus n augmente, plus le majorant de la probabilité se rapproche de 0.
2. D’après la loi des grands nombres :

lim P (|Mn − E(X)| ≥ t) = 0


n→+∞

Soit, dans le contexte de l’exercice :

lim P (|Mn − 3| ≥ 0,1) = 0


n→+∞

Plus la taille de l’échantillon est grande, plus l’écart entre la moyenne et l’espérance est faible.

M. Gressier - Term Spé Page 11/11 Lycée Richelieu 2025-2026

Vous aimerez peut-être aussi