Electrochimie Cours Et Exercices: Université Nangui Abrogoua
Electrochimie Cours Et Exercices: Université Nangui Abrogoua
é
Université Nangui Abrogoua Laboratoire de thermodynamique
et physico-chimie du milieu
ELECTROCHIMIE
Cours et exercices
Licence 3
r BAMBA Kafoumba
1
Table des matières
2
Table des matières
3
Table des matières
4
Introduction
Introduction
Ce document est notre premier volume. Il est édité à l’intention des étudiants de licence
de chimie et de sciences physiques qui souhaiteraient s’initier en électrochimie.
Il faut dire que l’électrochimie est une matière pluridisciplinaire qui embrasse toute la
science dure : les mathématiques, les physiques, la chimie, et même la biochimie.
Cependant, elle a un langage qui lui est également propre qui nécessite d’être connu.
L’électrochimie de façon générale est une matière expérimentale qui exige la propreté
et le matériel utilisé pour l’étude est très onéreux. Si nous faisons une estimation du
coût de l’appareillage,
Potentiostat ………………………………………………………………..7000000FCFA
Cellule électrochimique…………………………………………………….300000FCFA
Produits chimiques………………………………………………………….800000FCFA
Pipettes………………………………………………………………………..50000FCFA
Appareil à purifier l’eau ….
Bouteille de gaz N2 pour dégazer la solution électrolytique….
Etc…
À titre estimatif cela fait environ 10 000 000 FCFA voire plus.
Par ailleurs, cette discipline mérite d’être élucidée car sa méthode de purification est
hors du commun. Elle permet la production d’énergie propre à travers ces différentes
piles. Elle permet à travers l’électrolyse d’obtenir des produits purs à hautes valeurs
ajoutées.
Dans cette première partie de notre cours, nous ne parlerons plus d’historiques de
l’électrochimie, puisque plusieurs ouvrages en ont détaillé. Nous nous attèlerons à
définir les différents termes qui particularisent l’électrochimie comme une discipline à
part entière. En outre, une liste non exhaustive d’ouvrages traitant l’électrochimie est
énumérée à la fin du cours pour ceux qui souhaiteraient approfondir leur
connaissance.
5
Réaction d'oxydoréduction
I) Définition
Exemple : + ⇆ + (1)
Cette réaction (1) est appelée réaction bilan car il ne met pas en évidence le nombre
d’électrons échangés.
Cette réaction bilan est la somme de deux demi-réactions qui mettent en exergue le
nombre d’électrons échangé entre l’oxydant et le réducteur.
+ ⇆ (2)
⇆ + (3)
Les réactions (2) et (3) sont des réactions réversibles. Ce sont respectivement les
réactions de réduction et d’oxydation dans le sens de réaction allant de gauche à
droite. Ce sont des réactions qui correspondent respectivement à un gain et à une
perte d’électrons.
De ces deux réactions nous avons les couples rédox. Par convention, ils s’écrivent :
Le monoxyde de carbone est oxydé car il a gagné un oxygène. Quant à la rouille, elle
a été réduite en fer métallique avec la perte de 3 atomes d’oxygène.
6
Réaction d'oxydoréduction
Cependant, toutes les réactions d’échange d’hydrogène ne sont pas des réactions
rédox. Il existe également les réactions acido-basiques.
1) Définition
Le nombre d’oxydation ou degré d’oxydation d’un élément est la charge électrique que
prendrait cet élément dans une combinaison si l’on imaginait une ionisation fictive dans
laquelle les électrons de chaque doublet liant seraient attribués à l’élément le plus
électronégatif.
Le degré d’oxydation n’est pas le même pour un élément donné selon la molécule à
laquelle il appartient.
2) Règle de calcule du nombre d’oxydation (n.o.)
Le n. o. dans un corps pur simple est nul.
Dans un ion polyatomique, la somme des n.o. des éléments est égale à la
charge de l’ion.
n.o.(H) = +I sauf dans les hydrures (Exemple : NaH, LiH…, n.o. (H) = -I).
Conséquences :
Un élément qui subit une oxydation voit son degré d’oxydation augmenter.
Un élément qui subit une réduction voit son degré d’oxydation diminuer.
Lors d’une réaction rédox, la somme des n.o. des oxydants et des réducteurs est nulle.
Dans un couple redox, l’élément de degré d’oxydation le plus élevé est à gauche de
l’esperluette qui sépare les deux éléments. Ce4+/Ce2+, Fe3+/Fe2+.
7
Réaction d'oxydoréduction
o Équilibrer les O.
o Équilibrer les H.
8
Réaction d'oxydoréduction
Exercices :
b) + + → + +
f) + 0 →
+ 0 (/ % 1'%)
Exercice 3 : A chacune des lettres (a), (b),… associez l’un des termes (1), (2),….
Dans un couple redox, la forme oxydée est aussi ….(a) et la forme réduite est
aussi ….(b).
Au cours d’une réaction d’oxydoréduction entre deux couples redox :
o L’oxydant ….(c) des électrons, et subit une ….(d).
o Le réducteur ….(e) des électrons et subit une ….(f).
o La forme ….(g) du couple le …..(h) oxydant oxyde la forme ….(i) du couple le
….(j) oxydant.
o L’oxydant et le réducteur les ….(k) forts réagissent l’un sur l’autre pour donner
l’oxydant et le réducteur les ….(l) forts.
(1) Perd, (2) oxydée, (3) le réducteur, (4) réduction, (5) reçoit, (6) plus, (7) l’oxydant,
(8) oxydation, (9) moins, (10) réduire.
(L’un de ces termes peut être utilisé deux fois).
9
Réaction d'oxydoréduction
10
Eléments essentiels d'une étude électrochimique
L’électrochimie est une discipline de la chimie qui a un langage qui lui est propre dont
la connaissance de ces éléments de base s’avère nécessaire. C’est un domaine qui
est très vaste qui part de la conception de générateurs à la synthèse de nouvelles
molécules à haute valeur ajoutée. Elle est aussi utilisée pour la caractérisation
d’espèces couplée ou pas avec d’autres sciences comme la spectroscopie. Dans ce
chapitre, nous nous attèlerons à définir les termes utiles à une étude électrochimique.
1) Définition générale
Pour mener une étude électrochimique, certains éléments sont incontournables. Nous
avons entre autres les électrodes, les électrolytes, la cellule électrolytique, le
potentiostat...
11
Eléments essentiels d'une étude électrochimique
Fe3+
e-
Fe2+
Electrode inerte Solution
ou inattaquable
CH 3 CH 2 OH 2OH CH 3 CH O 2 H 2O 2e
(5)
b) Electrodes attaquables
C’est une électrode qui intervient dans la réaction rédox. Elle constitue l’un des
éléments du couple rédox.
12
Eléments essentiels d'une étude électrochimique
% + 2 ⟷ % (6)
() ⟷ + 2 (7)
Parfois la formation de ces couches d’oxyde peut stopper tout transfert d’électrons si
l’oxide est un isolant. On parle alors de couche dite « passivante ».
13
Eléments essentiels d'une étude électrochimique
1.2 L’électrolyte
b) L’entropie standard
Tout comme les enthalpies, l’entropie d’un ion ne peut être mesurée. Elle se
détermine par calcul tout en considérant par convention à toute température que :
14
Eléments essentiels d'une étude électrochimique
En réalité, les ions interagissent fortement dans la solution électrolytique. A cet effet,
le potentiel chimique du soluté dans la solution est lié à son activité ai. On l’écrit
O((bc)) = Obde
f + Oc g
de
(15)
Q
Obde
f = O f + R8 bf
bde de
(16)
Q
Ocde
g = Oc g + R8 c g
de de
(17)
Q Q
O((bc)) = Ob f + Oc g + R8 bf cde
de de de
g (18)
On retient là que :
Q Q Q
O((bc)) = Ob f + Oc g
de de
(19)
((bc)) = bde
f . c g
de
(20)
15
Eléments essentiels d'une étude électrochimique
r
)p \a → q)`a + '\`a avec s = q + ' (23)
Exemple :
b) La loi de Debye-Huckel
Elle permet de déterminer le coefficient d’activité moyen d’une solution ionique. Elle
dépend de la force ionique I qui s’obtient par la formule suivante :
N V
, = ∑P xP lVXW m (25)
√|
U± = −0,509|x x |(N√| − 0,31) (28)
NB : ces lois sont également valables pour les coefficients d’activité ioniques. Dans
ce cas, z+ = z-.
16
Eléments essentiels d'une étude électrochimique
c) La mobilité
W (Ä.Ågn )
%P (/ . N + N ) = (29)
Ç (.Ägn )
d) La conductivité
|r |à âW
P = ∑ |rW |àW (32)
W W W âW
ã
Λ äa = à (33)
åe
17
Eléments essentiels d'une étude électrochimique
m 0m k C
avec k la constante de proportionnalité et ΛQÄ la conductivité molaire
limite.
e) La conductimétrie
Il s’agit de mesurer la résistance d’une solution piégée entre les plaques d’une cellule
de mesure comme l’indique la figure ci-dessous. Cette cellule est caractérisée par la
surface et la longueur de la plaque.
S
L
í
On définit K = Å (/N ) la constante de cellule. La résistance est donnée par la
formule
í
R = ìÅîí Å avec ìÅîí (Ω. /) 4éÑé # %.
1 l
G kG
sol S (36)
18
Eléments essentiels d'une étude électrochimique
a) La cellule galvanique
C’est la cellule qui est le siège d’une réaction chimique. C’est une réaction qui
transforme l’énergie chimique en énergie électrique. La variation d’enthalpie libre est
négative.
Exemple :
V
Électrodes
<Zn>|(ZnCl2,NH4Cl)|<MnO2>|<C> Leclanché
b) La cellule d’électrolyse
Dans ce cas, la réaction n’est pas spontanée. L’enthalpie libre est positive et cette
réaction nécessite un apport d’énergie. C’est le cas de l’hydrolyse de l’eau de
réaction :< 2 > |ñ ó|( )|ñ ó| < 2 >.
Ces cellules peuvent être montées dans un seul compartiment ou dans deux
compartiments. C’est-à-dire que l’anode et la cathode peuvent être respectivement
chacune dans un même bocal ou chacune dans son bocal. Dans le deuxième cas, les
deux récipients sont reliés par un pont qui permet le passage des ions. Nous y
reviendrons ultérieurement.
19
Eléments essentiels d'une étude électrochimique
Exercices
Exercice 1 :
Exercice 2 :
Calculer la force ionique et les coefficients d’activité moyens d’une solution qui est :
1) 0,04M en FeSO4.
2) 0,2M en (NH4)2CrO4.
Exercice 3 :
20
Grandeurs thermodynamiques
#- = #ä - + #P - (1)
òô
Elle correspond à la somme de l’entropie apportée par l’extérieur #ä - = òö et celle
créée à l’intérieur du système #P - qui est nécessairement positive ou nulle.
On a alors :
21
Grandeurs thermodynamiques
Le potentiel électrochimique OP d’une espèce de charge zi dans une phase Æ dont le
potentiel électrique est Ø comprend le potentiel chimique OP et un terme d’énergie
potentiel électrique égal au travail effectué pour transférer une mole de cette espèce
chargée de l’infini dans le vide au sein de la phase notée xP Ø . Il s’écrit :
OP = OP + xP Ø (7)
Le potentiel chimique est obtenu à partir de l’enthalpie libre variant par rapport à la
quantité de matière. Soit :
±
OP = l± m et selon la loi d’action de masse, OP = OPQ + R8 P
W ö,¥,µW
Il s’agit là de déterminer la d.d.p. entre l’électrode et l’électrolyte dans lequel elle est
plongée. On considère la réaction suivante :
) r + x ↔ ) (8)
La particule ) r est soluble dans la solution de potentiel Ø alors que les électrons
circulent dans métal de potentiel Øb .
Dans cette réaction, la somme des potentiels électrochimiques est nulle, ∑P OP = 0.
22
Grandeurs thermodynamiques
~e e F M
~M M M0 (9)
M0 RT ln aM zF s z ( e F M ) M 0
z z
0
M z
M ze RT ln aM z zF ( s M ) 0
(10)
M s
1
nF
M ( M0 z ze )
RT
nF
ln aM z
avec x = (11)
RT
M s M S 0 ln aM z (13)
nF
ox ze Re d
(14)
ch arg e : yz z y
RT a
M s M S 0 ln ox
nF ared (15)
4) La tension relative
Elle se détermine à l’aide d’un voltmètre. Et la mesure du potentiel d’une électrode
nécessite la présence d’une deuxième électrode dont le potentiel est connu et fixe. On
parle d’électrode de référence. L’électrode de référence idéale et
conventionnellement choisie est l’électrode standard à hydrogène ESH ou l’électrode
normale à hydrogène ENH.
23
Grandeurs thermodynamiques
N
Par convention, on admet que O¨ f ^¨o = 1_ − O¨o ^2¨o = 1/_ = 0 (18)
Le potentiel absolu de chaque électrode reliée à l’électrode ENH est son potentiel
relatif. Si l’on considère la chaine fictive suivante :
Pt /[ H ], PH 2 1 /( H , aH 1) //(...M ...) / M
2 j (19)
Si l’on néglige le potentiel de jonction entre les deux électrodes caractérisé par //, le
RT
potentiel relatif de l’électrode M sera : EM j / M EM j / M
0
ln a j j (20)
n
j
j 0
j
EM0 j / M (21)
n
Q
Exemple : Calculer le potentiel standard de la réduction du zinc. Oé f = −35184" et
Q
Oé = 0" . L’équation de la réaction est : + 2 ↔
Réponse :
De façon générale, on retiendra que la tension relative d’une électrode est la différence
entre sa tension absolue et la tension absolue de l’électrode de référence.
De surcroît une liste de potentiel standard des couples redox communément
rencontrés est dressée en annexe du document.
5) L’équation de Nernst
Si l’on considère l’équation suivante
sN Z + + / ⇄ s R# + s ( ) (22)
Le potentiel s’écrit :
24
Grandeurs thermodynamiques
RT Re d 2 H 2O 3
E E0 ln
n Ox1 H 3Om (23)
E E0
0,059 m
pH
0,059
log
Ox 1
n n Re d 2 (24)
ªº Q,059
Sachant que æ£ = æ¢ß et le potentiel standard apparent étant
£ £
0,059 m
E 0' E 0 pH
n
E E 0'
0,059
log
Ox 1
(25)
n Re d 2
Application :
6) L’influence de la température
Les cellules peuvent fonctionner en fonction de la température. L’on définit dans ce
±Ç X
cas le coefficient de température qui est : l ±ö m . Toutes les grandeurs
¥
thermodynamiques liées à la réaction électrochimique peuvent être déduites.
±ƒ X
ΔG Q = −õ Q or ΔG Q = Δ Q − 8Δ- Q il en résulte que Δ- Q = − l ±ö ¥
m soit
±Ç X
Δ- Q = l ±ö m (26)
¥
Application 2 :
25
Grandeurs thermodynamiques
a) Prédiction qualitative
Les deux demi-équations ont pour potentiel rédox les expressions suivantes si l’on
considère que les activités sont confondues aux concentrations molaires.
La prévision consiste à comparer les potentiels standards des couples rédox selon la
règle du gamma. Généralement, les potentiels rédox standards sont rarement
influencés par la partie logarithmique. Donc la règle du gamma stipule que l’oxydant
du couple au potentiel le plus élevé oxyde le réducteur du couple au potentiel le plus
faible.
Donc si õNQ > õQ comme l’indique l’image, alors le sens de la réaction sera le sens
direct.
(28)
NB : si l’activité des réactifs est donnée, il est alors préférable de déterminer les
potentiels rédox pour vérifier la règle du gamma.
b) Prévision quantitative
Elle consiste à calculer la constante d’équilibre de la réaction. Elle est obtenue
lorsque les potentiels rédox des deux couples sont égaux.
26
Grandeurs thermodynamiques
0,059 n n ( E 0 E20 )
E10 E20 log K log K 1 2 1
n1n2 on définit 0,059 (32)
(1) Ag / Ag ( NH 3 ) 2 5 10 4 M , NH 3 : 2 M // Ag 5.10 4 M / Ag ( 2) (33)
E2 E20 0,059 log Ag E20 0,059 log 5.104
E1 E 0
0,059 log
Ag ( NH )
3 2
K f NH
1 2
3
(34)
27
Grandeurs thermodynamiques
on déduit que
Kf = 1,6.107.
b) Détermination expérimentale de Ks
On considère la pile.
(35)
œ
Et <Å = ñ0 ó ñ4 ó soit ñ0 ó = —5à”»“og6
‘
0,059 KS 0,059 K
E1 E10 E10
2
log
CrO42
2
log S2
10
La réaction (3) peut être obtenue par combinaison des réactions (1) et (2).
Q Q
∆GQ = ∆GNQ − ∆GQ = −3õ| Œf /| + 2õ|Œf /|f (40)
Q Q Q
−õ| f /| = −3õ|Œf /| + 2õ|Œf /|f
Il résulte
28
Grandeurs thermodynamiques
Q Q Q
õ| f /| = 3õ|Œf /| − 2õ|Œf /|f (41)
Réponse
Ecrivons les réactions qui permettent de retrouver réaction (1).
Q
(2) CuI + e- Cu + I- ∆GQ = −õàâ|/àâ (44)
(3)%
+ , ↔ %, ∆GöQ = R8 <Å (45)
Il découle de ces relations que (2) = (1) - (3)
Q
Soit ∆GQ = ∆GNQ − ∆G08 = õàâ f /àâ − R8 < (46)
ªº
ù®ÿ/® = ù®f/® + 棟⁄(47)
Il découle de cette calcule que le cuivre métallique peut réduire davantage lorsqu’il
est en présence d’ion iodure.
Exercices
Exercice 1
Ecrire les réactions de cellule et les demi-réactions aux électrodes des cellules suivantes. A
l’aide des potentiels standard, calculer la f.é.m. standard de ces cellules.
1) Zn(s)|ZnSO4(aq)||AgNO3(aq)|Ag(s)
2) Cd(s)|CdCl2(aq)||HNO2(aq)|H2(g)|Pt(s)
3) Pt(s)|K3[Fe(CN)6]aq, K4[Fe(CN)6](aq)||CrCl3(aq)|Cr(s),
4) <Pt>|[Cl2]|(HCl)||(K2CrO4)|<Ag2CrO4>|<Ag>
6) <Cu>|(Cu2+)||(Mn2+, H+)|<MnO2>|<Pt>
29
Grandeurs thermodynamiques
Exercice 2
À partir des potentiels standard des couples, Au+/Au (+1,69V), Au3+/Au (1,40 V) et Fe3+/Fe2+
(0,77 V), calculer E° et la constant d’équilibre de la réaction 2`a + 0%`a ↔ 2`a + 0%`a .
Exercice 3
Sachant que ∆rG° = -212,7 [Link]-1 pour la réaction de la pile Daniell à 25 °C, que b(CuSO4) =
10-3 mol/kg et que b(ZnSO4) = 3 10-3 mol/kg, calculer
a) La force ionique des solutions
c) Le quotient de réaction
e) La f.é.m. de la pile. (On considère que dans les compartiments respectifs, + = - = ±).
Exercice 4
() + (-) → 2( ) + 2 (') + ('), la valeur expérimentale de la f.é.m. de
30
Grandeurs thermodynamiques
Exercice 5 :
Considérez les réactions d'oxydo-réduction suivantes :
034() + + ⇄ 0() + + + 34
8
+ 2(&)
. ⇆8
+ 2(&)
.
2+ + () ⇄ 2+ +
(&)
. + 0() + 34 ⇆ (&). + 034()
- › + 8
⇄ 2- + 8
Exercice 6 :
Les solubilités de AgI et de Bi2S3 dans l’eau sont respectivement égales à 1,2 10-8
mol/kg et 1,6 10-20 mol/kg à 25°C. Calculer les constantes de solubilité. Diffèrent-elles
notablement lorsque l’on néglige de coefficient d’activité ?
Exercice 7
Exercice 8
31
Grandeurs thermodynamiques
Calculer le potentiel d'équilibre, pris par rapport à une électrode à sulfate mercureux
(ESM) puis celui pris par rapport à une électrode au calomel saturé (ECS),
1- d’une électrode de cuivre plongeant dans une solution renfermant 10-3 mole de
sulfate cuivrique et 1 mole d’acide sulfurique par litre.
a) 10-2 mole de sulfate ferreux, 0,5 10-2 mole de sulfate ferrique et 1 mole d'acide
sulfurique par litre;
On donne :
Exercice 9
2-
32
Grandeurs thermodynamiques
Conclusion ?
2.2- Dans 100 mL d’une solution ferrique (Fe3+) à 0,1 mol/L, on verse progressivement
v mL d’une solution de chlorure stanneux (SnCl2) à 0,2 mol/L. Calculer la valeur vE de
v au point d’équivalence.
la force électromotrice
la polarité
3.2- On fait débiter la pile jusqu’à ce que sa f.e.m. soit nulle. Quelles seront les
concentrations dans chaque compartiment de la pile ? Quelle est la quantité
d’électricité Q qui a traversé le circuit ?
33
Grandeurs thermodynamiques
Exercice 10
Pile A (-) Hg, Hg2Cl2 /KCl saturé / N2 + Cl2, Pt (+) (pression partielle du dichlore
pCl2 = 0,15 bar)
E(A) = 1,066 V
E(B) = 0,0455 V
E(C) = 0,438 V
Exercice 11
34
Grandeurs thermodynamiques
Pb Pt
ClO3- 0,18 M
Cl- 0,20 M
Soit la pile ci-dessus, les concentrations indiquées sont des concentrations initiales.
1) Donner la chaine électrochimique correspondant à cette pile.
2) Ecrire les demi-équations correspondant aux réactions à chaque électrode.
3) Calculer le potentiel de chaque électrode et indiquer leur nature.
4) Calculer la force électromotrice de la pile au début de son fonctionnement.
5) Ecrire l'équation bilan de la réaction.
Au bout de 30 min, il a disparu 0,15M d'ions ClO3-.
6) Ecrire le bilan matière des ions présents.
7) Exprimer la nouvelle f.é.m.
Données :
35
La Cellule électrochimique
C’est l’électrode qui est en contact avec l’analyte (la solution à étudier). C’est
l’électrode dont le potentiel se mesure. Elle peut se présenter sous forme de fil, de
feuille ou de boule métallique. Elle peut être aussi un disque métallique, un semi-
conducteur, du carbone sur lequel est déposée de la poudre métallique. Le plus
important est que cette électrode ne doit pas réagir avec le solvant. Elle est choisie
pour éviter le dégagement de H2 et de O2.
Les électrodes communément utilisées sont les électrodes inertes comme Pt, Au, C,
alliages, …
Ce sont les électrodes attaquables. Elles sont plongées dans l’électrolyte constitué de
leur cation. Elles sont caractérisées par la réaction :
\ + ⇆ \() et le potentiel calculé à l’électrode est :
,fl‡
ùfi£f/fi = ùfi£f/fi + æ¢ßüfi£f/fi (1)
£
C’est l’électrode qui intervient dans la réaction chimique en tant que réducteur du
couple rédox. Exemple : Fe|Fe2+ ; Cu|Cu2+ ; Zn|Zn2+
Elles sont constituées d’un métal couvert de l’un de ses sels et plongées dans l’anion
de ce sel. Exemple : Ag|AgCl|Cl-
36
La Cellule électrochimique
Le potentiel de l’électrode s’écrit :ù·ßæ/·ß = ù·ßæ/·ß − , fl‡æ¢ßüæg (2)
NB : Ces électrodes peuvent être utilisées comme des électrode de références. Et les
électrodes de référence sont toutes des électrodes de références secondaires. Elles
ont les potentiels les plus stables.
Elles sont communément appelées électrodes redox. Elles sont mises en contact avec
le couple dont les éléments sont tous solubles dans le solvant. C’est le cas des
électrodes inertes ou électrodes inattaquables.
Exemple : <Pt>|(Fe2+,Fe3+) ;<Au>|(Ce4+,Ce3+).
+ ↔ et le potentiel correspondant est :
ü „f
ù‚° = ù•„f /•‰f = ù•„f/•‰f + , fl‡æ¢ß ü• (3)
•‰f
Ce sont des électrodes sensibles. Ces électrodes sont appelées les p-ions. Elles
sont conçues spécialement pour mesurer la force d’un seul ion. C’est le cas pour
mesurer le pH, le pCa ou le pNO3. En d’autres termes, ces électrodes sont faites
pour mesurer les fonctions de H+, Ca2+ ou & …
Pour ce cours, nous allons calculer le pH.
37
La Cellule électrochimique
38
La Cellule électrochimique
(4)
Par ailleurs, nous avions précisé que l'utilisation de l'électrode de travail devrait se faire
tout en évitant de dégrader le solvant qui est l'eau. En d'autres termes, pour l'étude
d'une électrode de travail, l'on devrait éviter la réduction et l'oxydation de l'eau. Il en
résulte que l'étude de potentiel d'une électrode est délimitée par les potentiels de
réduction et d'oxydation de l'eau. Le diagramme ci-dessous indique à cet effet, le
potentiel de quelques couples en fonction du pH du solvant.
39
La Cellule électrochimique
2) La contre-électrode
Elle fournit le courant dont a besoin l’électrode de travail. Elle assure la réaction
opposée à celle de l’électrode de travail. En d’autres termes, elle partage avec ET le
rôle de cathode et d’anode. Elle décompose le solvant menant à des dégagements
gazeux. A cet effet, il est recommandé d’utiliser une cellule à double compartiments
pour l’isoler de l’ET dans le cas des électrolyses.
Sa meilleure utilisation exige qu’elle ait une surface large et proche de l’électrode de
travail.
Les métaux communément utilisés sont Pt, C, Au, …
40
La Cellule électrochimique
3) L’électrode de référence
Lors des expérimentations, les potentiels sont toujours ramenés en ENH ou ESH par
conversion en référence au Tableau 1.
41
La Cellule électrochimique
0,77 0,528
ECS 0,242 0
ENH 0 - 0,242
Q
Il ressort dans ce tableau que õèä Œf /èä of de valeur 0,77 V/ESH aura 0,528V/ECS.
4) Montage électrochimique
42
La Cellule électrochimique
5) La nature de la cellule
a) La cellule mono-compartimentée
eau thermostatée
43
La Cellule électrochimique
b) La cellule bi-compartimentée
Cette cellule est utilisée lorsqu'il est impérieux de séparer l'électrode de travail et la
contre-électrode. On les sépare alors par une membrane échangeuse d'ions. Dans ce
cas, ET et ER sont toujours liées par le capillaire de Luggin alors que CE reste isolée
dans son compartiment. Les solutions sont toujours dégazées. A cet effet, elles sont
toutes dotées d'orifice de N2. L'utilisation de cette cellule est généralement rencontrée
dans le cas des électro-synthèses pour éviter la dégradation du produit obtenu à ET.
44
Phénomène intervenant à l'interface électrode solution
(2)
Figure 1: les processus intervenant à l'interface électrode-solution
I) Le transport de masse
45
Phénomène intervenant à l'interface électrode solution
1) La diffusion
2) La migration
C’est le déplacement des espèces chargées sous l'effet du gradient de potentiel. Elle
n'intervient que lorsqu'il y a existence d'une différence de potentiel. Dans ce cas, les
cations se dirigent vers la cathode alors que les anions se dirigent vers l'anode.
3) La convection
C’est le déplacement des particules sous l'effet d'une force mécanique comme
l'agitation. Elle peut être aussi bien naturelle que provoquée. En dehors de la
convection naturelle, la convection artificielle peut être éliminée. Il s'agit d'arrêter
l'agitation de la solution.
Le transport de masse à une électrode est définit par l'équation de Nernst-Planck qui
s'écrit :
Ci ( x) zi F ( x)
J i ( x) Di DiCi i Ci v( x) (4)
x RT x
Par ailleurs, vue la complexité de cette équation, l'on ne peut la résoudre qu'en
procédant par approximation.
46
Phénomène intervenant à l'interface électrode solution
On suppose que la solution n'est pas agitée. Donc la convection est nulle. On
considère également qu'il y a une absence de migration assurée par l'espèce électro-
active Ox. La vitesse de transport de masse est d'ordre diffusionnel et elle est
C ( x)
proportionnelle au gradient de concentration et s'écrit alors : vtm i .
x x0
La vitesse se réécrira
i
nA
mO CO* CO ( x 0) . On déduit l'intensité du courant comme
suit:
i nAmO CO* CO ( x 0) . (7)
P P
» (Z = 0) = ÄÎ (10)
È ™ℑ
Par ailleurs, les espèces réductrices peuvent se trouver sous la forme solide ou liquide,
alors allons étudier l'évolution du courant de la cellule en fonction du potentiel.
47
Phénomène intervenant à l'interface électrode solution
RT m0 RT il i
L'équation de Nernst s'écrit : E E 0 ln ln . Pour i=il/2 alors le
n mR n i
RT m0 0,059 i i
potentiel devient : E E1/ 2 E 0 ln , soit E E1/ 2 log l (13)
n mR n i
i
il
E1/2 E
Cette Figure montre que le courant augmente en fonction du potentiel avec un point
d'inflexion. Il atteint un palier lorsque i=il.
il ,c i i il ,a
CO ( x 0) et CR ( x 0) (14)
nAmO nAmR
RT m0 RT il ,c i
De ces expressions, nous avons le potentiel E E
0
ln ln (15)
n mR n i il ,a
A l'équilibre, i=0 et les concentrations sont égales aussi bien dans la solution qu'à
l'électrode.
48
Phénomène intervenant à l'interface électrode solution
Il,a
Il,c E
Figure 3: Courbe intensité-potentiel, les deux espèces sont solubles et sont initialement
présentes.
RT RT il i
Soit E E 0 ln CO* ln (16)
n n il
RT
A l'équilibre, i=0 alors E Eeq E 0 ln CO* (17)
n
RT il i
conc E Eeq ln . Il s'agit ici de la surtension de concentration. (18)
n il
Lorsque i=il alors conc tend vers . On peut exprimer i en fonction de la surtension.
49
Phénomène intervenant à l'interface électrode solution
i n
1 exp( conc ) . Le développement limité de la fonction exponentiel s’écrit comme
il RT
…o
suit : … = 1 + Z + + ⋯ ≅ 1 + Z('%# Z q). Ceci permet de déduire que
nil
i conc
RT
RT
Ou autrement, conc i. (19)
nil
RT
On définit également la résistance du transfert de masse Rtm : Rtm (20)
n il
Ô⃗Ò
On définit la densité de courant transportée par un ion i comme étant : ˙⃗P = −xP %P "P ∇
Et la densité totale de courant due aux déplacements de tous les ions se définit
Ô⃗Ò.
comme : ˙⃗ = − ∑P xP %P "P ∇
50
Phénomène intervenant à l'interface électrode solution
De là, l'on peut définir pour une concentration diluée dans le cas des électrolytes
forts, la loi de Kohlrausch. m 0m k C
ji i Z i i Ci Z i Ci i
ti avec ti 1
j Z i i Ci Z i Ci i
1) Migration pendant l'électrolyse
Pendant l'électrolyse, tous les ions sont concernés par la migration. Nous avons les
ions électrolytes support et les ions électro-actifs qui subissent l'échange d'électrons
avec l'électrode. En supposant que la convection n'intervient pas, le courant de
transport de matière est assuré par la diffusion et la migration.
Si tous les ions contribuent au courant de migration, seuls les ions électro-actifs sont
concernés par la diffusion. Aussi le courant total de transport de matière sera :
= À + Ä
Lors de l'électrolyse, d'après la loi de Faraday le nombre de mole de courant
transformé est :
P
& = è
Lors de l'électrolyse, il y'a une existence de chute ohmique qui est le produit de la
résistance de la solution par l'intensité du courant RYäíí . Cette perte d'énergie est due
soit à une grande intensité soit à une trop faible concentration de l'électrolyte support.
Vérifions cette affirmation.
51
Phénomène intervenant à l'interface électrode solution
2 3 5
Le nombre de transport des ions : tFe2 , t Fe2 , tClO
10 10 4
10
N
A la cathode, le courant de migration de Fe3+ est : Ä ( ) = ∗ NQ ∗ 10 = 1. Et le
N
courant de migration de Fe2+ est : Ä ( ) = ∗ NQ ∗ 10 = 1
N 7
A l'anode, le courant de migration de est : |Ä ( )| = N ∗ NQ ∗ 10 = 5. Voir le
tableau synoptique.
52
Phénomène intervenant à l'interface électrode solution
Cathode Anode
Migration
5
1
1
Diffusion Diffusion
53
Phénomène intervenant à l'interface électrode solution
N .NQgŒ
Ä ( ) = ∗ ∗ 10 = 0,0476
Q.N
N .NQgŒ
Ä ( ) = ∗ ∗ 10 = 0,0476
Q,N
N Q,N
Ä (& ) = N ∗ Q,N ∗ 10 = 4,76 .
1 0,105
Ä ( ) = ∗ ∗ 10 = 5
1 0,21
Cathode Anode
10 e - 10 e -
10 Fe 3+ 10 Fe 2+
Migration
5æø˝
˝, ˛ü
, ˝˛•‰
, ˝˛•„
Diffusion Diffusion
‡, ‡fl‰˝•„ ‡, ‡fl‰˝•„
3+ - 2+ 2+ 3+
10Fe + 10e 10Fe 10Fe 10Fe + 10e-
10,˝˛•‰ 10, ˝˛• ‰
Après l'ajout de l'électrolyte support, l'on voit que 99,52% du courant de diffusion est
assuré par la diffusion des espèces électro-actives. Seulement 0,48% des espèces
électro-actives intervient dans la migration. En d'autres termes, le courant de migration
54
Phénomène intervenant à l'interface électrode solution
est assuré par l'électrolyte support lorsque celui-ci a une concentration très grande par
rapport à la concentration des espèces électro-actives.
55
Cinétique électrochimique
I) Définition
1) Loi de Faraday
Elle ne s'applique que lorsqu'il y a échange d'électron à la surface de l'électrode. Donc
le processus est contrôlé par le transfert de charge.
ô
&»… = & äÀ = è (1)
2) Vitesse de réaction
Le courant électrique traversant l'interface de chacune des deux électrodes, la vitesse
du processus électrochimique est donnée par la relation :
ÀÕÈ ÀÕå Àô |
Ñ= =− = èÀÁ = è (2)
ÀÁ ÀÁ
3) Surtension
C'est la différence entre le potentiel à l'électrode et le potentiel à l'équilibre.
56
Cinétique électrochimique
(1 − Æ)õ õ=õ
GQ,∗ äÀ
Æõ
∗
G»…
G ∗äÀ
∗
õ GQ,»…
Z +
R#
Figure 6: Energie d'activation d'une réaction d'électrolyse
57
Cinétique électrochimique
∗
Si on suppose l’interface de l’électrode à l’équilibre, pour une solution où »… = ∗äÀ
∗
et comme le potentiel õ = õ Q alors K äÀ »… = K»… ∗äÀ . Cela entraine K äÀ = K»… .
X X
C’est -à- dire K QäÀ CÇ = K»…
Q
(N)CÇ = K Q . (15)
X )
,à = 0K Q »… (0, ) C(ÇÇ (19)
(N)C(ÇÇ X )
,` = 0K Q äÀ (0, ) (20)
58
Cinétique électrochimique
a) Le courant d’échange
ö à∗
Il en résulte l’équation de Nernst : õäa = õ Q + è à ∗È . (23)
å
Cette équation indique que quand bien même le courant global est nul, il existe
néanmoins un courant i0 appelé courant d’échange qui est égal en valeur absolue le
courant cathodique ou anodique et qui permet de faire évoluer les concentrations des
espèces réactives en solution de sorte à toujours respecter l’équation de Nernst.
∗(N) ∗
,Q = 0K Q »… äÀ (25)
∗
Si les concentrations sont supposées identiques, soit »… = ∗äÀ = , alors le courant
d’échange se simplifie en ,Q = 0K Q . (26)
b) Relation courant-surtension
59
Cinétique électrochimique
i/il
il
0,6
Ic
0,2 Eeq
400 300
200 100 -100 -200
-300 -400 (mV)
-0,2
I0 -Ia
-0,4
-0,6
-il
Cette courbe a deux caractéristiques. Pour les grandes surtensions, elle présente un
palier contrôlé par le rapport des concentrations. On dit que le processus est contrôlé
par la diffusion (le transport de masse). Pour les petites surtensions, elle croit
exponentiellement. Dans ce cas, le transfert de charge contrôle de processus.
Lorsque la surtension est très négative, la composante anodique s’annule. Et
lorsqu’elle est très positive, alors c’est la composante cathodique qui s’annule.
Par ailleurs, nous allons voir seulement les cas les plus simples.
Les concentrations des espèces sont identiques aussi bien à la surface que dans la
∗
solution. Aussi, »… (0, ) = »… et äÀ (0, ) = ∗äÀ .
L’équation devient :
60
Cinétique électrochimique
Dans cette équation, on voit que l’intensité du courant dépend du courant d’échange
et de la surtension. Le courant d’échange a une influence plus importante que la
surtension.
Si I0 est plus important (ordre de 10-3A), alors le système est dit rapide avec une
surtension faible.
Si I0 est très faible (10-9A), alors l’on a un système lent.
L’intensité du courant est plus limitée par un courant limite lorsque la surtension
augmente. La Figure 11 interprète la relation ci-dessus.
i(A)
(a)
(b)
(c)
Le système est dit rapide pour I0=10-3A quelle que soit la valeur de la surtension.
Le système est par ailleurs dit lent pour I0=10-9A.
61
Cinétique électrochimique
En exprimant en fonction de −,, nous obtenons une pente qui a la nature d’une
résistance appelée résistance de transfert de charge.
ö
= èP (−,) (30)
X
ªº
ªº = £T Résistance de transfert de charge (31)
Aux grandes surtensions, le courant est soit d’ordre cathodique, soit anodique selon
que la surtension est négative ou positive.
Considérons la surtension très négative, alors (C) ≫ (N)C . Le courant
global est à majorité cathodique. Et l’équation devient :
ÿ = ÿ •£ (32)
Ce qui nous donne :
ªº ªº
= £ æ£ ÿ − £ !" ÿ C’est la relation de Tafel. (33)
En l’écrivant en fonction du logarithme à base 10, l’équation devient :
‰,„ªº ‰,„ªº
= æ¢ß ÿ − !#$ ÿ (34)
£ £
de cette droite.
Cette relation n’est admise que lorsque le courant anodique est égal au minimum à
1% du courant global.
Par ailleurs, pour une surtension très positive, le courant global est d’ordre
anodique et le courant cathodique vaut au moins 1% du courant global.
(N)C ≫ C et l’équation devient :
ÿ = ÿ •(¡)£
‰,„ªº ‰,„ªº
Soit : = (¡)£ æ¢ß ÿ + (¡)£ !#$ ÿ (35)
, ö , ö
Dans cette équation, la pente est (N)è et l’ordonnée à l’origine est (N)è ,Q .
Ces deux droites forment la courbe de Tafel représentée à la Figure 14. Seulement,
nous représentons la courbe de Tafel sous la forme log|,| = ().
62
Cinétique électrochimique
Log|i|
−Æ
Logi0 2,3R8
(1 − Æ)
2,3R8
(mV)
La courbe de Tafel ne s’applique que dans le cas où le processus est contrôlé par le
transfert de charge. Avec des surtensions très élevées. avec || > 118/+ à 298K.
Dans ce cas, les systèmes sont dits irréversibles. Pour les grandes surtensions, la
è (N)è
courbe est une droite dont les pentes sont et respectivement pour le
, ö , ö
C’est le cas où la surtension est très faible et le rapport ,‹, est très faible.
Q
àÈ (Q,Á) à∗ à∗ X
= à ∗È C or le rapport à ∗È = C(Çåe Ç ) .
àå (Q,Á) å å
63
Cinétique électrochimique
Cette relation montre que la réaction à la surface de l’électrode est toujours réversible.
On constate que le potentiel à l’électrode et les concentrations des espèces électro-
actives à la surface de l’électrode sont en équilibre et indépendant de la valeur du
courant tant que le transfert de charge est rapide. Ils sont liés par l’équation de Nernst.
On dit que la réaction à la surface de l’électrode est Nernstienne.
On avait vu qu’il existait une relation entre le rapport des concentrations et le courant
limite lorsque le système est contrôlé par la diffusion.
àÈ (Q,Á) | àå (Q,Á) |
∗ = 1 − | et ∗ =1−| .
àÈ Î,* àå Î,d
| | | è
Soit = −| + | −
|X Î,* Î,d ö
64
Cinétique électrochimique
Exercices
1) Soit l’électrolyse d’une solution contenant Fe(ClO4)3 et Fe(ClO4)2, tous les deux
à la concentration de 10-3M, entre les deux électrodes de platine (on suppose que les
deux sels sont totalement dissociés.
A l’anode → +
A la cathode + →
On suppose que les valeurs de λ pour Fe3+, Fe2+, ClO4- sont identiques et que 10 e-
traversent le circuit extérieur. Etablir le synoptique des transferts de matières à l’état
stationnaire et calculer le nombre de transport.
Exercice 2 :
Exercice 3
V.V. Losevrt A. P. Pchel'nikov ont obtenu les données courant/tension suivantes pour
une anode en indium par rapport à une électrode standard à hydrogène.
65
Cinétique électrochimique
La densité de courant d'échange pour une électrode Pt|(Fe3+, Fe2+) est de 2,[Link]-
2. Le potentiel standard de l'électrode est égal à 0,77V. Calculer le courant d’une
électrode de 1cm2 de surface en fonction de du potentiel de l'électrode. On suppose
que le coefficient d'activité est égal à 1.
Exercice 5
Quelle surtension faut-il appliquer à une électrode Pt|Ce4+, Ce3+ de 1 cm2 de surface
pour maintenir la densité de courant à 15mA/cm2, l'activité moyenne des deux ions
étant égale à 0,1 ? On prendra j0 = 6 10-4 A. cm-2 et = 0,5.
Exercice 6
Selon G. Sherer et F. Willig, la densité de courant est 2 mA/cm2 à 25°C pour le système
2/(&)
. (2/)), (&). (2/)), & 1) et le coefficient de transfert = 0.5.
Calculer :
a) la valeur de K0.
b) j0 pour de concentrations 1M de chaque complexe.
c) la résistance de transfert de charge pour une électrode de 0,1cm2 en solution 10-4
M de chacun de complexes de fer.
Exercice 7
La courbe i-E pour une solution à 25°C contenant A3+ 2mM et A+1 mM avec un
électrolyte support présente un courant limite cathodique il,c=-4µA et un courant limite
anodique il,a=2,4µA.
a) Quelle est la valeur de E1/2 (V/ENH) ?
b) Tracer la courbe i-E correspondante.
66
Processus faradique et non-faradique
I) Processus faradique
Lorsque le courant traverse une cellule électrochimique, il se produit une
transformation chimique couplée à un transfert de charge à l'interface électrode-
solution : on parle de Processus faradique. Il y a là réaction d'oxydation ou de
réduction. En outre la quantité de charge mise en jeu est obtenue par la loi de Faraday
régie par la relation :
, = & (1)
Q est la quantité d'électricité (en coulomb), n est le nombre d'électrons mis en jeu, F
est le faraday (en coulomb/mole) et N est la quantité de matière (en mole).
Lorsque le potentiel de réaction est appliqué aux bornes d'une électrode de travail, il
arrive que l'électrode ne réagisse pas aux perturbations apportées. Il n'y a pas de
transfert de charge dans ce cas. On parle de processus non faradique dans ces zones
où l'électrode est inactive. Cependant, l'on peut assister à des phénomènes
d'absorption, adsorption et de désorption.
67
Processus faradique et non-faradique
Début de l’oxydation de Hg i
0
-1,5 -1 -0,5 0,5
+
Fin de réduction de H
+ -
Hg/H ,Br (1M)/AgBr/Ag -i
La Figure 1 indique qu'entre -1 V et 0 V/ESH, il n'y a pas de réaction. Cette zone est
appelée zone de double couche. C'est le lieu où le processus est non faradique.
Cependant, pour les potentiels inférieurs à -1V, l'on observe la réduction de H+. et au
delà de 0V, l'on a l'oxydation de Hg. Ceci nous permet de définir deux types
d'électrodes :
Une électrode dont il n'y a aucun transfert de charge quel que soit le potentiel imposé
est dite idéalement polarisée EIP. En outre, l'EIP voit son potentiel varier pour une
petite perturbation de l'intensité du courant.
En revanche, on définit l'électrode idéalement non polarisée EINP. C'est une électrode
dont le potentiel ne varie pas lors du passage du courant. Elle concerne généralement
les électrodes secondaires.
i i
E E
EIP
EINP
Toutes les électrodes ont un comportement idéal dans un domaine de potentiel qui lui
est propre. C'est le cas de l'électrode de mercure en contact avec la solution de
68
Processus faradique et non-faradique
chlorure de potassium KCl de la Figure 1. Entre les potentiels -2,1 et 0,25 V/ENH,
aucun transfert de charge n'a lieu. Aux potentiels inférieurs à -2,1 V/ENH, le potassium
piège le mercure.
< + + ↔ <() (2)
Aux potentiels supérieurs à 0,25V/ENH, le mercure s'oxyde.
N
+ → + (3)
En réalité, au moment où le courant passe dans une EIP et qu'il n'y a pas de transfert
de charge alors l'interface électrode-solution est assimilée à un condensateur. C'est
un circuit électrique constitué de deux plaques parallèles de charges opposées et qui
a
obéit à l'équation = Ç. (4)
M S M S
q q q q
' b ' sont opposées en charge. L'on peut par ailleurs définir la densité de charge
a
qui est Ö = . Ceci permet d'exprimer la charge en fonction de la surface de l'électrode
69
Processus faradique et non-faradique
On définit la double couche comme étant la zone chargée et où il n'y a pas de transfert
de charge lorsqu'un potentiel est imposé.
2
S
x1 x2 x
i
σ d
σ
Ö = Ö P + Ö À = −Ö b (5)
Le potentiel auquel sont soumis les ions solvatés est de l'ordre de Ò − Ò . Ceci
représente la chute du potentiel à travers la couche diffuse. Dans la plupart des cas,
70
Processus faradique et non-faradique
Elle est composée d'une électrode idéalement polarisée Hg, d'une électrode réversible
de référence ECS et de la solution électrolytique KCl. Le schéma électrique de cette
cellule est constitué d'une résistance de la solution Rs, du condensateur de la double
couche Cd et de la capacité CECS de ECS montés en série. On admet que CECS>>Cd.
Alors la capacité équivalente sera :
à à
ö = à à./ (6)
./
Soit ö = À (7)
C R E
C R C d s
s
d ECS
i
Pour calculer la valeur de la capacité de double couche, il suffira d'apporter une
perturbation au circuit et de voir la réaction de la cellule. Cette perturbation peut être
l'apport d'un courant constant, d'un potentiel constant ou d'une rampe de potentiel.
Les appareils montés en série, alors le potentiel sera la somme des potentiels de tous
les appareils.
a
õ = õà + õ = ,R + à (8)
Àa
Or , = ÀÁ
Àa a
Le potentiel devient : õ = R + à (9)
ÀÁ
Àa a Ç
L'équation différentielle est alors : =− + (10)
ÀÁ / à /
71
Processus faradique et non-faradique
E
RS
E
potentiel appliqué
=RS
E
0,37
RS Cd
t
Échelon de potentiel appliqué Courant résultant i = f(t) t
L'équation (12) indique que si l'on considère un temps t= le courant de charge de la
double couche diminue de 37% du courant initial. Par ailleurs si t=3, alors le courant
de charge diminue de 95%.
Si par exemple nous avons un RS= 1, Cd = 20F alors =20s. la double couche se
charge à 95%.
72
Processus faradique et non-faradique
i
i
Courant appliqué E Cd
iR s
t t
Figure 4: Echélon de courant imposé à la cellule électrochimique, le potentiel varie
linéairement à partir d'une valeur initiale iRs.
On effectue un balayage linéaire du potentiel à partir d'un potentiel seuil et qui varie
dans le temps.
Àa a
Le potentiel s'écrit : õ = õP + + = R ÀÁ + à (15)
ÇW
, = sÀ + l − sÀ m Zq l− ‹R m« (16)
/ À
L'intensité du courant est la somme d'un courant stationnaire et d'une partie transitoire.
Par ailleurs, Si par contre, la rampe de potentiel est triangulaire, il évolue avec une vitesse qui
varie entre -V et V. et l'équation s'écrit :
Àa a
õ = õP ± + = R + (17)
ÀÁ à
i
Ei
Rs (a) E (b)
E
v -v
VC d
Ei
VC E
d
E E=f(t) t
Figure 5: (a) Evolution du courant en fonction du potentiel pour une vitesse de potentiel
qui varie d'une valeur -V à une valeur V. (b) balayage triangulaire du potentiel
73
Processus faradique et non-faradique
Exercices
Exercice 1 :
Exercice 2 :
74
Annexes
Annexes
75
Annexes
76
Références
Références
1) Allen J. Bard and Larry R. Faulkner, Electrochemical methoms, fundamentals
and applications, 2nd ed., John Wiley & sons, New York, 2001.
7) Chen, J. G.; Jones, C. W.; Linic, S.; Stamenkovic, V. R. Best Practices in Pursuit
of Topics in Heterogeneous Electrocatalysis. ACS Catal. 2017, 7 (9), 6392–
6393. [Link]
77