COURS COMPLET D'HYDROLOGIE
COURS COMPLET
D'HYDROLOGIE
De l'eau dans tous ses états : cycle, bassins versants, modélisation et gestion
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Cours structuré en 22 chapitres couvrant :
Hydrologie de surface • Hydrogéologie • Statistiques • Gestion de l'eau
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PARTIE I — INTRODUCTION À L'HYDROLOGIE
0.1 Définition et Importance de l'Hydrologie
L'hydrologie est la science qui étudie le cycle de l'eau sur la Terre : sa distribution, ses
mouvements, ses propriétés physiques, chimiques et biologiques, ainsi que ses interactions
avec l'environnement et les activités humaines. Elle constitue un champ pluridisciplinaire à
l'interface de la physique, de la géographie, de l'environnement et du génie civil.
Son importance est capitale : l'eau est une ressource vitale, souvent rare et inégalement
répartie. L'hydrologie permet de comprendre comment l'eau circule dans la nature,
d'anticiper les crues et les sécheresses, de gérer durablement les nappes phréatiques, et de
concevoir des infrastructures hydrauliques adaptées.
0.1.1 Le Cycle de l'Eau
Le cycle de l'eau (ou cycle hydrologique) décrit le mouvement continu de l'eau entre
l'atmosphère, la surface terrestre et le sous-sol. Ce cycle est alimenté par l'énergie solaire et
la gravité. Il est sans début ni fin et relie tous les compartiments de l'hydrosphère.
Les grandes étapes du cycle sont :
• Évaporation et évapotranspiration depuis les surfaces terrestres et océaniques
• Transport de la vapeur d'eau dans l'atmosphère
• Condensation et formation de nuages
• Précipitations (pluie, neige, grêle)
• Ruissellement de surface et infiltration dans le sol
• Recharge des nappes souterraines
• Retour à la mer par les fleuves et rivières
0.1.2 Branches de l'Hydrologie
L'hydrologie se subdivise en plusieurs branches spécialisées :
• Hydrologie de surface (potamologie, limnologie) : étude des cours d'eau et des lacs
• Hydrogéologie : étude des eaux souterraines et des aquifères
• Hydrologie atmosphérique : étude des précipitations et de l'évaporation
• Hydrologie urbaine : gestion des eaux pluviales en milieu urbanisé
• Hydrologie statistique : analyse probabiliste des données hydrologiques
• Hydrochimie : étude de la composition chimique des eaux naturelles
0.2 Domaines d'Application
L'hydrologie trouve des applications dans de nombreux secteurs stratégiques :
0.2.1 Gestion des Ressources en Eau
Il s'agit d'optimiser l'utilisation de l'eau pour l'alimentation en eau potable, l'irrigation agricole,
la production hydroélectrique, et les usages industriels. La planification de ces usages
nécessite une connaissance précise des ressources disponibles, de leur variabilité
saisonnière et interannuelle, et de leur évolution sous l'effet du changement climatique.
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0.2.2 Prévention des Risques Naturels
L'hydrologie joue un rôle central dans la prévention des risques liés aux crues (inondations
fluviales, crues éclair), aux glissements de terrain déclenchés par les pluies, et aux
sécheresses. Les hydrologues calculent les débits de crue de différentes périodes de retour
pour dimensionner les ouvrages de protection et définir les zones inondables.
0.2.3 Aménagement du Territoire
La connaissance du régime hydrologique est indispensable pour tout projet
d'aménagement : conception de routes, de ponts, de barrages, de digues, de systèmes
d'assainissement, ou de zones d'habitation. Un mauvais diagnostic hydrologique peut
conduire à des catastrophes ou à des surcoûts considérables.
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PARTIE II — LE CYCLE HYDROLOGIQUE
0.3 Composantes du Cycle de l'Eau
0.3.1 Précipitations
Les précipitations désignent toute forme d'eau atmosphérique qui atteint le sol : pluie, neige,
grêle, bruine, givre. Elles constituent l'entrée principale du cycle hydrologique terrestre.
Types de précipitations :
• Précipitations convectives : liées à l'ascension de masses d'air chaud et humide
(orages estivaux, intenses et localisés)
• Précipitations frontales ou synoptiques : liées à la rencontre de masses d'air de
températures différentes, généralement prolongées et généralisées
• Précipitations orographiques : provoquées par le soulèvement de l'air contre les
reliefs montagneux
Mesure des précipitations :
• Pluviomètre : appareil de base mesurant la lame d'eau tombée en un point (mm)
• Pluviographe : enregistre la pluie en continu, permet de connaître l'intensité
• Radar météorologique : mesure indirecte par réflexion des ondes radio sur les
gouttes
• Satellites : observation et estimation à grande échelle (ex : TRMM, GPM)
Analyse des données pluviométriques :
On calcule la pluie moyenne sur un bassin versant par différentes méthodes : moyenne
arithmétique simple (si le réseau est dense et homogène), méthode de Thiessen (polygones
de pondération selon la position des stations), ou méthode des isohyètes (courbes d'égale
pluviométrie).
P_moy = Σ(Ai × Pi) / A_totale
0.3.2 Interception
L'interception est la fraction des précipitations retenue par la végétation (feuilles, branches,
troncs) avant d'atteindre le sol. Cette eau est ensuite restituée à l'atmosphère par
évaporation directe sans jamais participer au ruissellement ni à l'infiltration.
L'interception peut représenter 10 à 40 % des précipitations totales selon le type de
couverture végétale (forêt dense > prairie > sol nu). Elle est élevée en début d'averse et
diminue quand la végétation est saturée.
0.3.3 Ruissellement
Le ruissellement est le mouvement de l'eau sur la surface du sol vers les cours d'eau, une
fois que la capacité d'infiltration et de rétention du sol est dépassée.
Types de ruissellement :
• Ruissellement hortonien : se produit quand l'intensité des précipitations dépasse la
capacité d'infiltration du sol (typique des sols compacts ou imperméables)
• Ruissellement par saturation : le sol, complètement saturé, ne peut plus absorber
d'eau supplémentaire (typique des zones basses et des périodes humides)
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• Ruissellement hypodermique (écoulement de subsurface) : eau qui circule
latéralement dans les premiers horizons du sol vers les cours d'eau
Facteurs influençant le ruissellement :
• Intensité et durée des précipitations
• Nature et humidité initiale du sol
• Pente et forme du bassin versant
• Couverture végétale et occupation du sol
• Degré d'urbanisation
0.3.4 Infiltration et Percolation
L'infiltration désigne le passage de l'eau de la surface vers le sol. La percolation est le
mouvement descendant de l'eau à travers la zone non saturée jusqu'à la nappe phréatique.
Processus d'infiltration : L'eau pénètre par les pores, les fissures et les macropores du sol.
La capacité d'infiltration (f en mm/h) est maximale en début d'averse sur un sol sec, puis
décroît exponentiellement jusqu'à atteindre un palier (conductivité hydraulique saturée, Ks).
Équation de Horton :
f(t) = fc + (f0 - fc) × e^(-k×t)
Avec f0 : taux d'infiltration initial (mm/h), fc : taux d'infiltration final (mm/h), k : constante de
décroissance (h⁻¹).
Facteurs influençant l'infiltration :
• Texture et structure du sol (sables > limons > argiles)
• Teneur initiale en eau du sol
• Présence de végétation et de matière organique (augmentent l'infiltration)
• Activité biologique (galeries de vers de terre, champignons)
• Croûte de battance formée par les pluies intenses
0.3.5 Évapotranspiration
L'évapotranspiration (ET) regroupe l'évaporation physique des surfaces d'eau et du sol, et la
transpiration des plantes (eau extraite du sol par les racines et rejetée par les stomates
foliaires). C'est le principal terme de perte d'eau dans le bilan hydrique continental.
Transpiration végétale : Les plantes absorbent l'eau du sol par leurs racines et la rejettent
sous forme de vapeur par leurs feuilles. Ce processus est essentiel à la photosynthèse et à
la régulation thermique des végétaux. Il est contrôlé par les stomates, sensibles à la lumière,
à la température et au déficit hydrique.
Évaporation : Elle dépend de la température, du rayonnement solaire, du vent et de
l'humidité de l'air. Elle peut être très importante à la surface des lacs et des réservoirs.
Estimation de l'ETP (Évapotranspiration Potentielle) — Formule de Penman-Monteith
(référence FAO) :
ET0 = [0.408×Δ(Rn-G) + γ×(900/(T+273))×u2×(es-ea)] / [Δ +
γ×(1+0.34×u2)]
📌 Δ = pente de la courbe de pression de vapeur saturante, γ = constante psychrométrique, Rn =
rayonnement net, u2 = vitesse du vent à 2m, es-ea = déficit de pression de vapeur
0.3.6 Stockage de l'Eau
L'eau est stockée à différents niveaux du cycle hydrologique :
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• Stockage superficiel : retenue dans les dépressions du terrain, les lacs, les zones
humides, les réservoirs artificiels, et sous forme de neige/glace
• Stockage dans le sol (zone non saturée) : eau retenue par capillarité dans les
horizons superficiels, disponible pour les plantes
• Stockage souterrain (nappes phréatiques) : eau présente dans les aquifères, souvent
très abondante et renouvelée lentement
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PARTIE III — HYDROLOGIE DE SURFACE
0.4 Le Bassin Versant
0.4.1 Définition et Caractéristiques
Le bassin versant (ou bassin hydrographique) est l'unité fondamentale de l'hydrologie. C'est
la portion de territoire dont toutes les eaux de précipitations convergent vers un même
exutoire (point de sortie), généralement un cours d'eau, un lac ou la mer. Ses limites sont
définies par les lignes de partage des eaux, c'est-à-dire les crêtes topographiques.
Un bassin versant est caractérisé par sa superficie, sa forme, son réseau hydrographique,
sa pente, sa géologie et son occupation du sol. Tous ces paramètres influencent la façon
dont le bassin réagit aux précipitations (rapidité, volume et forme de la crue).
0.4.2 Paramètres Morphométriques
Superficie et périmètre : La superficie (A en km²) conditionne le volume potentiel de
ruissellement. Le périmètre (P en km) permet de calculer les indices de forme.
Indices de forme :
• Indice de compacité de Gravelius : Kc = 0,28 × P / √A. Un bassin circulaire (Kc
proche de 1) sera plus réactif aux crues qu'un bassin allongé.
• Coefficient d'allongement : Ra = Lmax / (2√(A/π)), compare la longueur maximale au
rayon équivalent d'un cercle.
Pente moyenne du bassin :
Im = (H95% - H5%) / L
Avec H95% et H5% les altitudes correspondant à 95% et 5% de la courbe hypsométrique, et
L la longueur du cours d'eau principal.
Densité de drainage :
Dd = ΣLi / A (km/km²)
Une densité élevée indique un réseau hydrographique dense et un ruissellement rapide. Elle
dépend de la perméabilité des terrains et du relief.
Longueur du cours d'eau principal : Mesurée depuis la source jusqu'à l'exutoire, elle
conditionne le temps de concentration du bassin.
0.4.3 Courbe Hypsométrique
La courbe hypsométrique représente la distribution des altitudes dans le bassin versant.
Pour chaque altitude H, on trace le pourcentage de superficie du bassin situé au-dessus de
H. Elle renseigne sur la forme tridimensionnelle du bassin et permet de calculer l'altitude
médiane, l'altitude moyenne, et l'indice de pente global.
Une courbe convexe indique un bassin jeune avec un fort potentiel érosif. Une courbe
concave traduit un bassin mature, en équilibre. Un bassin en 'S' présente des
comportements mixtes.
0.5 Hydrogrammes
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0.5.1 Définition et Types d'Hydrogrammes
Un hydrogramme est le graphe représentant l'évolution du débit (Q, en m³/s) à l'exutoire
d'un bassin versant en fonction du temps, généralement en réponse à un épisode pluvieux.
Il traduit la réponse intégrée du bassin à une sollicitation pluviométrique.
On distingue :
• Hydrogramme de crue : réponse à un épisode pluvieux intense, avec montée rapide
puis décrue progressive
• Hydrogramme annuel : variation du débit sur l'ensemble d'une année hydrologique
• Hydrogramme moyen : calculé sur une longue série de données pour représenter le
régime hydrologique moyen
Les caractéristiques d'un hydrogramme de crue sont : le débit de base (avant la crue), le
débit de pointe (Qmax), le temps de montée (Tm), le temps de base (Tb = durée totale de la
crue), et le volume de crue.
0.5.2 Séparation des Composantes de l'Hydrogramme
L'hydrogramme total se décompose en deux composantes principales :
• L'écoulement direct (ruissellement de surface + hypodermique) : composante rapide,
directement liée à l'épisode pluvieux
• L'écoulement de base (baseflow) : alimentation lente et continue par la nappe
souterraine
La séparation peut être réalisée par des méthodes graphiques (tracé d'une droite reliant le
début de la montée à un point de la décrue) ou par des méthodes analytiques (filtrage
numérique, méthode du récession).
0.5.3 Hydrogramme Unitaire
L'hydrogramme unitaire (HU), introduit par Sherman (1932), est l'hydrogramme de
ruissellement direct produit par une pluie nette de 1 mm (ou 1 cm selon les conventions)
tombant uniformément sur le bassin pendant une durée unitaire Δt.
Principe de linéarité et de superposition : si une pluie nette de P mm tombe pendant Δt, le
débit est P fois l'hydrogramme unitaire. Si plusieurs épisodes se succèdent, on somme les
hydrogrammes décalés dans le temps.
Hydrogramme Unitaire Synthétique (HUS) : Pour les bassins sans données, on peut estimer
le HU à partir de paramètres morphométriques (méthode du SCS, méthode de Snyder).
0.6 Modélisation du Ruissellement
0.6.1 Méthode Rationnelle
La méthode rationnelle est une formule empirique simple permettant d'estimer le débit de
pointe d'un bassin versant lors d'une pluie d'intensité constante. Elle est applicable aux
petits bassins (< 1 km²) pour lesquels la durée de pluie est supérieure au temps de
concentration.
Q = C × I × A / 3.6
Avec : Q (m³/s) : débit de pointe, C : coefficient de ruissellement (sans dimension, 0 à 1), I
(mm/h) : intensité de la pluie pour la durée de concentration, A (km²) : superficie du bassin.
📌 Le coefficient C varie de 0,05 (prairie perméable) à 0,90 (surface bétonnée). Le facteur 3.6 est
le coefficient de conversion d'unités.
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0.6.2 Modèle SCS-CN (Soil Conservation Service - Curve Number)
Le modèle SCS-CN, développé par le USDA (1954), permet d'estimer le ruissellement direct
(Q en mm) à partir de la pluie totale (P en mm) et d'un paramètre CN (Curve Number)
caractérisant l'état du bassin.
Q = (P - 0,2S)² / (P + 0,8S) si P > 0,2S, sinon Q = 0
S = 25400/CN - 254 (mm)
Le CN varie de 0 (aucun ruissellement) à 100 (ruissellement total). Il dépend du type de sol
(groupes hydrologiques A, B, C, D), de l'occupation du sol (forêt, prairie, urbain) et de la
condition d'humidité antécédente (AMC I, II, III).
• Groupe A : sols très perméables (sables profonds) — faible ruissellement
• Groupe B : sols moyennement perméables — ruissellement modéré
• Groupe C : sols peu perméables (limons argileux) — ruissellement élevé
• Groupe D : sols imperméables ou sols avec nappe haute — ruissellement très élevé
0.6.3 Modèles Distribués
Les modèles distribués (ou à base physique) considèrent l'hétérogénéité spatiale du bassin
versant. Ils découpent le bassin en mailles régulières ou en sous-bassins et appliquent les
équations physiques de l'écoulement (équation de Saint-Venant, loi de Darcy) dans chaque
maille.
Exemples : MIKE-SHE, TOPMODEL, VIC. Ces modèles nécessitent des données d'entrée
spatiales détaillées (MNT, occupation du sol, type de sol, réseau hydrographique) et sont
coûteux en temps de calcul, mais permettent de simuler finement les processus
hydrologiques.
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PARTIE IV — HYDROLOGIE SOUTERRAINE
(HYDROGÉOLOGIE)
0.7 Introduction à l'Hydrogéologie
0.7.1 Définition et Importance
L'hydrogéologie est la branche de l'hydrologie qui étudie la distribution, les mouvements et
les propriétés des eaux souterraines dans les roches et les sols. Les eaux souterraines
représentent environ 30 % des réserves mondiales d'eau douce accessible et constituent la
principale source d'eau potable dans de nombreuses régions du monde.
Leur compréhension est essentielle pour : l'exploitation durable des nappes, la prévention
de la contamination, la gestion des interactions entre eaux souterraines et cours d'eau, et la
lutte contre l'intrusion saline dans les zones côtières.
0.7.2 Propriétés des Aquifères
Un aquifère est une formation géologique perméable et saturée en eau, capable de stocker
et de transmettre des quantités significatives d'eau. On distingue :
• Aquifère libre (phréatique) : la nappe a une surface libre en contact direct avec la
zone non saturée. Le niveau piézométrique correspond à la nappe libre. Il est
sensible aux pompages et aux rechargements.
• Aquifère captif (artésien) : la nappe est surmontée d'une couche imperméable
(aquitard). La pression est supérieure à la pression atmosphérique. Un forage peut
jaillir spontanément.
• Aquifère semi-captif : séparé de la surface par une couche semi-perméable qui
permet des échanges lents.
Paramètres hydrauliques caractéristiques :
• Porosité (n) : fraction du volume total occupée par les vides. Porosité totale ≠
porosité efficace (eau mobilisable).
• Perméabilité (K en m/s) : aptitude du milieu à laisser circuler l'eau sous l'effet d'un
gradient hydraulique. K varie de 10⁻¹¹ m/s (argile) à 10⁻¹ m/s (graviers grossiers).
• Transmissivité (T = K × e en m²/s) : produit de la perméabilité par l'épaisseur e de
l'aquifère saturé.
• Coefficient d'emmagasinement (S) : volume d'eau libéré par unité de surface et par
unité de rabattement du niveau.
0.8 Écoulement Souterrain
0.8.1 Loi de Darcy
La loi de Darcy (1856) décrit l'écoulement d'un fluide à travers un milieu poreux. Elle stipule
que la vitesse de Darcy (ou flux spécifique) est proportionnelle au gradient hydraulique :
q = -K × (dh/dl) ou Q = K × i × A
Avec : q (m/s) : vitesse de Darcy (flux apparent), K (m/s) : conductivité hydraulique, dh/dl :
gradient hydraulique (différence de charge / distance), Q (m³/s) : débit, A (m²) : section
transversale.
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📌 La vitesse réelle de l'eau dans les pores est v = q/n_e, où n_e est la porosité efficace. La loi de
Darcy est valable en régime laminaire (nombre de Reynolds < 1 à 10).
0.8.2 Équation de l'Écoulement
L'équation générale de l'écoulement en milieu poreux saturé (équation de diffusivité) dérive
de la combinaison de la loi de Darcy et de l'équation de continuité :
∂²h/∂x² + ∂²h/∂y² + ∂²h/∂z² = (Ss/K) × ∂h/∂t
Avec Ss (m⁻¹) : emmagasinement spécifique, h (m) : charge hydraulique, t : temps.
En conditions stationnaires (∂h/∂t = 0), on obtient l'équation de Laplace : ∇²h = 0, utilisée
pour décrire l'écoulement permanent dans un aquifère.
0.9 Puits et Pompage
0.9.1 Équations de Theis et Dupuit
Formule de Dupuit-Forchheimer (régime permanent, aquifère libre) :
Q = π × K × (H² - h²) / ln(R/r)
Avec H (m) : hauteur initiale de la nappe, h (m) : hauteur dans le puits, R (m) : rayon
d'influence, r (m) : rayon du puits.
Formule de Theis (régime transitoire, aquifère captif) : Le pompage crée un cône de
rabattement qui s'étend au cours du temps. Le rabattement s (m) à une distance r et au
temps t est :
s = Q / (4πT) × W(u) avec u = r²S / (4Tt)
W(u) est la fonction de puits de Theis, calculée par une série infinie ou des abaques. T est la
transmissivité et S le coefficient d'emmagasinement.
0.9.2 Essais de Pompage
Les essais de pompage permettent de déterminer in situ les paramètres hydrauliques d'un
aquifère (T, S). On pompe à débit constant et on mesure le rabattement en fonction du
temps dans le puits pompé et dans des piézomètres d'observation.
Interprétation : On trace s en fonction de ln(t) ou log(t) et on ajuste les données sur la courbe
de Theis (méthode de Cooper-Jacob en régime pseudo-permanent). La pente de la droite
permet de calculer T, et l'intersection avec l'axe des temps permet de calculer S.
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PARTIE V — HYDROLOGIE STATISTIQUE ET
FRÉQUENTIELLE
0.10 Analyse Statistique des Données Hydrologiques
0.10.1 Séries Chronologiques
En hydrologie, les données sont généralement organisées en séries temporelles : débits
journaliers, pluies horaires, niveaux de nappe mensuels, etc. L'analyse de ces séries vise à
identifier les tendances, les cycles saisonniers, les ruptures, et à tester la stationnarité
(propriété selon laquelle les paramètres statistiques ne changent pas dans le temps).
Paramètres statistiques de base :
• Moyenne (μ) : valeur centrale de la distribution
• Écart-type (σ) : mesure de la dispersion autour de la moyenne
• Coefficient de variation (Cv = σ/μ) : variabilité relative
• Coefficient d'asymétrie (Cs) : mesure l'asymétrie de la distribution — important pour
les crues
• Coefficient d'aplatissement (Ck) : mesure l'importance des queues de distribution
0.10.2 Distributions de Probabilité
Plusieurs lois de probabilité sont utilisées en hydrologie pour ajuster les séries de maxima
annuels ou d'étiages :
• Loi Normale (Gaussienne) : valeurs symétriques, rarement bien adaptée aux crues
• Loi Log-normale : logarithme de la variable suit une loi normale (adaptée si Cs > 0)
• Loi de Gumbel (Valeur Extrême Type I) : très utilisée pour les crues
• Loi de Pearson III (Gamma) : flexible, paramétrée par μ, σ et Cs
• Loi Log-Pearson III : le logarithme de la variable suit une loi de Pearson III
• Loi de Weibull : souvent utilisée pour les étiages
Ajustement statistique : On estime les paramètres des lois par la méthode des moments, du
maximum de vraisemblance, ou de L-moments. On valide l'ajustement par des tests
statistiques (Kolmogorov-Smirnov, Chi-carré).
0.11 Analyse Fréquentielle des Crues
0.11.1 Période de Retour
La période de retour T (années) est le temps moyen qui sépare deux dépassements
successifs d'un événement donné. Elle est liée à la probabilité de non-dépassement F(x) par
:
T = 1 / (1 - F(x)) ou F(x) = 1 - 1/T
La probabilité de ne pas être dépassé au moins une fois sur N années est : P = (1 - 1/T)^N.
Exemples courants : crue centennale (T=100 ans, P=1%), crue décennale (T=10 ans), crue
de projet (selon la nature de l'ouvrage).
📌 Une crue centennale n'a pas 100% de chance de se produire exactement tous les 100 ans,
mais bien une probabilité d'occurrence de 1% chaque année.
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0.11.2 Lois de Gumbel, Pearson III, Log-Pearson III
Loi de Gumbel (GEV type I) : le quantile xT est calculé par :
xT = μ + σ × (- ln(-ln(1 - 1/T)) - 0.5772) / 1.2825
Ou plus simplement : xT = ū - σ/σy × (ln(-ln(F)) + ȳ), avec ȳ et σy les paramètres de la loi de
Gumbel.
Loi de Pearson III : Elle est définie par ses trois premiers moments (μ, σ, Cs). Les quantiles
sont calculés via des tables du facteur de fréquence K de Kite : xT = μ + K(T, Cs) × σ.
Loi Log-Pearson III : On applique la transformation logarithmique Y = log(X), puis on ajuste
une loi de Pearson III sur Y, et on retranspose : xT = 10^yT.
0.12 Analyse Fréquentielle des Étiages
L'analyse des étiages (débits minimaux) est symétrique à celle des crues. On s'intéresse
aux valeurs minimales annuelles (VCN : Valeur de Crue Minimale Non atteinte), notamment
le VCN3 (minimum sur 3 jours consécutifs) ou le VCN10.
Les lois utilisées sont souvent la loi de Weibull, la loi Log-normale, ou la loi GEV type III
(Weibull). L'analyse des étiages est cruciale pour la gestion des prélèvements en période
sèche et la définition des débits réservés.
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PARTIE VI — GESTION DES RESSOURCES EN EAU
0.13 Bilan Hydrique
Le bilan hydrique d'un bassin versant exprime la conservation de la masse d'eau sur une
période donnée :
P = Q + ET + ΔS
Avec P : précipitations (mm), Q : débit à l'exutoire (écoulement, mm), ET :
évapotranspiration réelle (mm), ΔS : variation du stockage (sol + nappe, mm).
Sur une longue période (plusieurs années), ΔS tend vers 0 et on obtient la relation simplifiée
: P = Q + ET. Le coefficient d'écoulement est Kr = Q/P. Le déficit d'écoulement DE = ET = P
- Q.
La formule de Turc (régions tempérées) fournit une estimation de l'ETR :
ETR = P / √(0,9 + P²/L²) avec L = 300 + 25T + 0,05T³
Avec T la température moyenne annuelle (°C) et L un paramètre de calage.
0.14 Qualité de l'Eau
La qualité de l'eau désigne l'ensemble de ses caractéristiques physiques, chimiques,
biologiques et radiologiques. Elle détermine son aptitude à différents usages (boisson,
irrigation, baignade, industrie).
Paramètres physiques : température, turbidité, couleur, matières en suspension.
Paramètres chimiques : pH, oxygène dissous, DBO5 (Demande Biochimique en Oxygène
sur 5 jours), DCO (Demande Chimique en Oxygène), nitrates, phosphates, métaux lourds.
Paramètres biologiques : coliformes totaux et fécaux, entérocoques, phytoplancton.
La pollution de l'eau peut être d'origine ponctuelle (rejets d'une usine, d'une station
d'épuration) ou diffuse (ruissellement agricole, dépôts atmosphériques). La protection des
captages d'eau potable passe par la définition de périmètres de protection.
0.15 Aménagements Hydrauliques
0.15.1 Barrages et Réservoirs
Les barrages sont des ouvrages construits en travers d'un cours d'eau pour créer une
retenue (réservoir). Leurs usages sont multiples : stockage d'eau pour l'irrigation ou
l'alimentation en eau potable, production hydroélectrique, laminage des crues (écrêtement),
navigation.
Types de barrages : barrages poids (gravité, béton ou remblai), barrages voûtes (appuis sur
les flancs de la vallée), barrages à contreforts. La conception exige une étude hydrologique
rigoureuse pour définir la crue de projet (dimensionnement des évacuateurs de crue).
Sédimentation : l'envasement progressif des réservoirs réduit leur capacité. La gestion des
sédiments (chasses hydrauliques, vidanges) est un enjeu majeur.
0.15.2 Canaux et Réseaux d'Irrigation
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Les canaux transportent l'eau depuis les points de prélèvement jusqu'aux zones d'irrigation.
Leur conception repose sur la formule de Manning-Strickler pour le dimensionnement des
sections en régime uniforme :
Q = K × A × Rh^(2/3) × I^(1/2)
Avec K : coefficient de Strickler (m^(1/3)/s), A : section mouillée (m²), Rh : rayon hydraulique
(m), I : pente (m/m).
Les pertes par infiltration dans les canaux non revêtus peuvent être très importantes (20 à
50%). Les réseaux goutte-à-goutte et aspersion améliorent considérablement l'efficience de
l'irrigation.
0.16 Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE)
La GIRE est une approche qui vise à gérer simultanément et de façon coordonnée les
ressources en eau de surface et souterraines, en tenant compte des différents usages (eau
potable, agriculture, industrie, environnement) et des acteurs concernés (État, collectivités,
agriculteurs, industriels, société civile).
Ses principes fondateurs (Conférence de Dublin, 1992) sont : l'eau est une ressource finie et
vulnérable, la gestion doit associer tous les acteurs, les femmes jouent un rôle central dans
la gestion de l'eau, l'eau a une valeur économique et doit être reconnue comme un bien
économique.
La gestion par bassin versant (SDAGE, SAGE en France) est le cadre spatial naturel de la
GIRE. Elle implique une coordination transfrontalière pour les grands bassins internationaux
(Nil, Congo, Mékong).
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COURS COMPLET D'HYDROLOGIE
PARTIE VII — HYDROLOGIE URBAINE ET
ENVIRONNEMENTALE
0.17 Impact de l'Urbanisation sur le Cycle de l'Eau
L'urbanisation modifie profondément le cycle hydrologique local. Le remplacement des
surfaces perméables (sols naturels, végétation) par des surfaces imperméables (bitume,
béton, toitures) augmente considérablement le ruissellement et réduit l'infiltration,
l'évapotranspiration et la recharge des nappes.
Conséquences hydrologiques :
• Augmentation des débits de pointe (facteur 2 à 10 selon le degré d'urbanisation)
• Réduction des temps de concentration — réponse plus rapide
• Augmentation du volume de ruissellement total
• Diminution des étiages (moins de recharge des nappes)
• Augmentation de la pollution des eaux (huiles, métaux, bactéries charriés par les
eaux de ruissellement)
• Élévation des températures des eaux de ruissellement (effet îlot de chaleur urbain)
0.18 Gestion des Eaux Pluviales Urbaines
Face aux impacts de l'imperméabilisation, la gestion moderne des eaux pluviales cherche à
s'approcher du comportement hydrologique naturel du site, en favorisant l'infiltration,
l'évapotranspiration et le stockage localisé. C'est le concept du 'zéro artificialisation nette' et
des Techniques Alternatives (TA) ou Solutions Fondées sur la Nature (SFN).
Techniques alternatives :
• Chaussées perméables : permettent l'infiltration à travers la structure routière
• Noues et fossés enherbés : stockent et infiltrent le ruissellement le long des voies
• Bassins de rétention et d'infiltration : stockage temporaire, décantation et infiltration
• Toitures végétalisées : réduction du ruissellement, isolation thermique
• Jardins de pluie et phytoremédiation : infiltration et dépollution
• Citernes et récupération des eaux de pluie : réutilisation pour l'arrosage ou les
sanitaires
Le dimensionnement des ouvrages d'assainissement pluvial utilise la méthode rationnelle ou
des modèles de simulation comme SWMM (Storm Water Management Model).
0.19 Hydrologie et Changement Climatique
Le changement climatique modifie en profondeur le cycle hydrologique mondial. Les
projections des modèles climatiques (GIEC) prévoient des tendances globales, avec des
variations régionales importantes :
• Intensification des précipitations extrêmes dans de nombreuses régions
(augmentation de la fréquence et de l'intensité des crues)
• Allongement et intensification des sécheresses dans d'autres régions (bassin
méditerranéen, Afrique subsaharienne, Amérique du Sud)
• Modification de la répartition saisonnière des précipitations
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• Réduction des champs de neige et des glaciers — modification du régime des
fleuves nivo-glaciaires
• Élévation du niveau des mers — intrusion saline dans les nappes côtières
• Augmentation de l'évapotranspiration — aggravation des déficits hydriques
Adaptation : les gestionnaires de l'eau doivent intégrer ces incertitudes climatiques dans
leurs scénarios de planification, augmenter les marges de sécurité des ouvrages, diversifier
les sources d'eau, et promouvoir les économies d'eau.
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PARTIE VIII — OUTILS ET TECHNOLOGIES
0.20 Systèmes d'Information Géographique (SIG)
Les SIG sont des outils informatiques permettant de collecter, stocker, analyser et visualiser
des données spatiales. En hydrologie, ils sont indispensables pour : la délimitation
automatique des bassins versants à partir de Modèles Numériques de Terrain (MNT), le
calcul des paramètres morphométriques, la cartographie des zones inondables, et la
modélisation distribuée.
Logiciels SIG courants : ArcGIS (ESRI), QGIS (open source), GRASS GIS. Ils permettent
l'import de données raster (MNT, images satellites) et vectorielles (cours d'eau, occupation
du sol).
Calcul des bassins versants sous SIG : remplissage des dépressions du MNT → calcul de la
direction d'écoulement (D8 : vers la cellule voisine la plus basse) → calcul de l'accumulation
→ définition du réseau hydrographique → délimitation du bassin à partir d'un exutoire.
0.21 Télédétection
La télédétection permet d'obtenir des informations sur les ressources en eau à partir de
capteurs embarqués sur satellites ou avions. En hydrologie, ses applications sont
nombreuses :
• Estimation des précipitations : missions TRMM (1997-2015) et GPM (depuis 2014),
résolution 0,1° × 0,1°, toutes les 30 minutes
• Mesure de l'évapotranspiration : à partir des températures de surface et des bilans
d'énergie (algorithme SEBS, MOD16)
• Cartographie des inondations : images radar SAR (Sentinel-1) pouvant traverser les
nuages
• Suivi des niveaux des lacs et réservoirs : altimétrie satellitaire (Topex/Poseidon,
Jason, Envisat)
• Estimation de l'humidité des sols : radiométrie micro-onde (SMOS, SMAP)
• Suivi des eaux souterraines : mission GRACE (gravimétrie par satellite) mesure les
variations de masse d'eau à grande échelle
0.22 Logiciels de Modélisation Hydrologique
0.22.1 HEC-RAS et HEC-HMS (US Army Corps of Engineers)
HEC-HMS (Hydrologic Modeling System) : logiciel de modélisation hydrologique des bassins
versants. Simule les précipitations-ruissellement, l'hydrogramme unitaire (méthodes SCS,
Snyder, Clark), l'infiltration (SCS-CN, Green-Ampt), et le routage des crues dans les cours
d'eau (méthode de Muskingum).
HEC-RAS (River Analysis System) : logiciel de simulation hydraulique des cours d'eau en
régime permanent et transitoire (1D, 2D). Permet de calculer les profils en long des lignes
d'eau, de cartographier les zones inondables, et de simuler les ruptures de barrages. Il est
largement utilisé pour les Plans de Prévention des Risques d'Inondation (PPRI).
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0.22.2 SWMM (Storm Water Management Model)
SWMM (EPA) est un logiciel de simulation dynamique du cycle de l'eau en milieu urbain. Il
modélise les ruissellements de surface, les écoulements dans les réseaux d'assainissement
(collecteurs, caniveaux, ouvrages de rétention), et les échanges avec les nappes. Il est
particulièrement adapté à la conception et au dimensionnement des systèmes de gestion
des eaux pluviales et des Techniques Alternatives.
0.22.3 Global Mapper
Global Mapper est un logiciel SIG polyvalent permettant de traiter une grande variété de
formats de données spatiales (raster, vecteur, LiDAR, MNT). En hydrologie, il est utilisé pour
: le traitement des MNT (remplissage, direction d'écoulement, bassins versants), la
visualisation des données topographiques et bathymétriques, et la préparation des données
d'entrée pour les modèles de simulation.
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CONCLUSION
Ce cours complet d'hydrologie a parcouru l'ensemble des dimensions de cette science
fondamentale : du cycle de l'eau aux outils de modélisation, en passant par les méthodes
d'analyse statistique, la gestion des ressources, et les enjeux urbains et climatiques.
L'hydrologie est une science en constante évolution, portée par les avancées de
l'instrumentation (capteurs connectés, drones, satellites), de l'informatique (calcul haute
performance, intelligence artificielle pour la prévision des crues), et de la modélisation
physique. Elle est appelée à jouer un rôle croissant face aux défis du changement climatique
et de la pression croissante sur les ressources en eau.
Les hydrologues de demain devront maîtriser ces outils technologiques, mais aussi
développer une vision systémique et interdisciplinaire, en collaborant avec les géologues,
les écologues, les économistes et les décideurs politiques pour une gestion véritablement
durable de l'eau.
« L'eau est la force motrice de toute la nature. » — Léonard de Vinci
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