Le Conseil Economique, Social et Environnemental est de celles-ci.
Sa mission était de créer
entre la société
civile et les instances politiques un trait d’union, fait de dialogue constructif et de propositions
suivies d’e ets.
Cette intention fondatrice s’est un peu perdue. Je souhaite qu’on renoue avec elle.
Le Conseil Economique Social et Environnemental doit devenir la Chambre du futur, où circuleront
toutes les
forces vives de la Nation. Pour cela, nous devons revoir, tout en réduisant le nombre de ses
membres d’un
tiers, de fond en comble les règles de sa représentativité. Celle-ci étant acquise, nous ferons de
cette Assemblée
le carrefour des consultations publiques et le seul.
L’Etat ne travaille pas, ne réforme pas, sans consulter. Et c’est bien normal. Mais les instances de
consultation
se sont multipliées. Nous ne savons même plus les dénombrer. Elles ont toutes leur justi cation
de représenter
une part vibrante de la société civile. Mais c’était le rôle initial du Conseil Economique, Social et
Environnemental. En le réformant, nous en ferons l’instance unique de consultation prévue par
tous nos textes.
Cela sera un élément d’une plus grande représentativité de notre société civile. Dans le même
temps, un
élément de simpli cation de nos procédures, de simpli cation de la fabrique de la loi.
Ce Conseil doit pouvoir devenir le forum de notre République, réunir toutes les sensibilités et
toutes les
Ce Conseil doit pouvoir devenir le forum de notre République, réunir toutes les sensibilités et
toutes les
compétences et donner un lieu en quelque sorte à l’expression de toutes les sensibilités du
monde de
l’entreprise et du travail, des entrepreneurs comme des syndicats, des salariés comme des
indépendants, mais
aussi des associations et des organisations non gouvernementales.
Dans le même temps, je souhaite que le droit de pétition soit revu, a n que l’expression directe de
nos
concitoyens soit mieux prise en compte et que les propositions des Français puissent être
présentées, dans un
cadre dé ni et construit, à la représentation nationale.
Là aussi, il en va de la représentativité de notre démocratie. Une représentativité qui ne vivrait pas
seulement
une fois tous les cinq ans, mais au quotidien dans l’action du législateur.
Fondé sur une représentativité plus grande, animé par le souci d’e cacité, le débat démocratique
et plus
particulièrement le débat parlementaire retrouveront – j’en suis sûr – leur vitalité. Le désir d’agir et
de faire
avancer la société reprendra son rang premier au sein de nos institutions et il rejoindra cet autre
principe
souverain, dont trop souvent nous nous sommes départis, celui de responsabilité.
Une activité parlementaire revivi ée par un cap clair, des débats mieux construits, c’est un
Parlement plus apte
à exercer sa mission de contrôle, sans laquelle la responsabilité de l’exécutif ne vit pas, est
a aiblie.
Je souhaite qu’au Parlement, la majorité comme les oppositions puissent avoir encore davantage
de moyens
pour donner un contour et une exigence à la responsabilité politique de l’exécutif.
Les ministres eux-mêmes doivent devenir comptables des actes accomplis dans leurs fonctions
ordinaires. C’est
pour cette raison que je souhaite la suppression de la Cour de Justice de la République. Il faudra
trouver la
bonne organisation, mais nos concitoyens ne comprennent plus pourquoi seuls les ministres
pourraient encore
disposer d’une juridiction d’exception.
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Faire vivre la responsabilité partout dans nos institutions, c’est aussi assurer l’indépendance
pleine et entière de
la justice. C’est une ambition qui doit demeurer, malgré les impasses et les demi-échecs
rencontrés dans le
passé. Je souhaite à cette n que nous accomplissions en n cette séparation de l’exécutif et du
judiciaire, en
renforçant le rôle du Conseil supérieur de la magistrature et en limitant l’intervention de l’exécutif
dans les
nominations des magistrats du Parquet. A tout le moins, ce Conseil devrait donner un avis
conforme pour
toutes les nominations de ces magistrats.
C’est un changement profond des pratiques et des règles que j’appelle de mes vœux. Je ne
méconnais pas
l’évolution institutionnelle et constitutionnelle que cela requiert. C’est pourquoi je demanderai à
Madame la
Garde des Sceaux et aux ministres compétents, ainsi qu’aux présidents des deux Chambres, de
me faire pour
l’automne des propositions concrètes permettant d’atteindre cet objectif.
Je souhaite que la totalité des transformations profondes que je viens de détailler et dont nos
institutions ont
cruellement besoin soit parachevée d’ici un an et que l’on se garde des demi-mesures et des
aménagements
cosmétiques. Ces réformes seront soumises à votre vote. Mais si cela est nécessaire, je recourrai
au vote de nos
concitoyens par voie de référendum.
Car, il s’agit ici de rien moins que de retisser entre les Français et la République le rapport qui
s’est dissous
dans l’exercice mécanique du pouvoir. Je veux réveiller avec vous le sens du pacte civique, je
veux que
l’e cacité, la représentativité et la responsabilité fassent émerger clairement et fortement une
République
contractuelle. La con ance accordée y va de pair avec les comptes qu’on rend. L’action s’y
déploie dans un
cadre partagé entre le mandataire et le mandant et non au l des circonstances. C’est cela le sens
du contrat
social qui fonde la République.
Ce que nous ferons pour les institutions de la République, je souhaite le faire aussi pour nos
territoires. Ne
redoutons pas de nouer avec les territoires des accords de con ance. Nous savons tous combien
notre France
est diverse, combien est importante l’intimité des décideurs publics avec le terrain de leur action.
La
centralisation jacobine traduit trop souvent la peur élémentaire de perdre une part de son pouvoir.
Conjurons-là.
Osons expérimenter, déconcentrer, c’est indispensable pour les territoires ruraux comme pour les
quartiers
di ciles ; osons conclure avec nos territoires et nos élus de vrais pactes girondins fondés sur la
con ance et sur
la responsabilité.
La conférence des territoires qui sera bientôt lancée et sera conduite par le Premier ministre
répond à cette
préoccupation. Il ne s’agira pas uniquement d’une conférence budgétaire ou nancière, mais de
trouver
ensemble les moyens d’adapter nos politiques aux réalités locales, et je pense en particulier aux
collectivités
d’Outre Mer qui doivent avoir tous les moyens pour réussir.
C’est ce même esprit de con ance qui fonde cette République contractuelle que d’ores et déjà
nous faisons
C’est ce même esprit de con ance qui fonde cette République contractuelle que d’ores et déjà
nous faisons
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avancer dans la société et le monde du travail en donnant à celles et ceux qui sont au plus près
de la réalité de
l’entreprise une capacité plus grande à réguler le quotidien, non dans le rapport de force, mais
dans un cadre
nouveau et partagé.
Nous savons tous et toutes que la con ance exige un soin plus grand que l’usage unilatéral de
l’autorité. Nous
savons aussi qu’elle produit de plus grands résultats et qu’elle suscite cette concorde sans
laquelle il n’est pas
de vie civile supportable.
La France a vécu assez d’épreuves, connu assez de grandeurs pour n’être pas ce peuple-enfant
que l’on berce
d’illusions. Chaque Français a sa part de responsabilité et son rôle à jouer dans la conquête à
venir. En
retrouvant l’esprit de nos institutions, nous redonnerons à la nation tout entière le sentiment de
retrouver la
maîtrise de son destin, la erté de reprendre en main le l de son histoire. C’est la condition même
de la
réconciliation de notre pays.
Pour être au rendez-vous que le Peuple nous a donné, il ne nous est pas permis d’attendre. C’est
pourquoi
j’aurai besoin pour notre République de la mobilisation de tous autour de quelques grands
principes d’action. Il
ne s’agit pas ici pour moi de décliner l’action du gouvernement, comme certains se plaisent à le
craindre ou à le
souhaiter. C’est la tâche du Premier ministre, c’est le sens même et la force de nos institutions. Et
je
n’égrènerai pas ici non plus tous les secteurs, les
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