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En diminuant
les conversations
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Semaine 19 l jour du Omer 18
midda 18 l En diminuant les conversations
Le Maharal explique ainsi ce trait de caractère : le fait d’être
silencieux est un signe de sagesse et, à l’inverse, celui qui
multiplie les conversations futiles démontre un manque de
sagesse. En effet, la discussion normale bloque l’action de
réflexion. Toutefois, le Gaon de Vilna précise qu’il ne faut pas
annihiler totalement les discussions car si l’homme étudie
trop longtemps (plusieurs jours) sans arrêt, il risque d’avoir
l’esprit dérangé et il verra son étude en pâtir grandement.
Le Pirke Avot (chap. 1-17) nous enseigne : Rabbi Chimon (Ben
Gamliel) dit : " Toute ma vie, j’ai grandi parmi les Sages et
je n’ai rien trouvé de plus bénéfique pour le corps que le
silence... ".
Le Maharal commente que le corps, entièrement matériel,
et l’intellect, spirituel, s’opposent, et c’est pourquoi le Tana
nous dit que le silence, c’est-à-dire l’absence d’expression
immatérielle, est bénéfique pour le corps. Lorsque le silence
s’installe, l’intellect peut fonctionner complètement. En se
taisant, on donne préséance à l’intellect sur le corps.
C’est l’histoire d’un jeune ba’hour qui avait la faculté
d’étudier de très longues heures en se déconnectant
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complètement du monde de la Yeshiva. Il en était arrivé à un
stade où il restait penché sur sa Guemara du dimanche au
vendredi sans s’arrêter. De nombreux barh’ourim étaient jaloux
d’une telle assiduité et l’admiraient secrètement. A tel point que
le Machgiah’de la Yeshiva dut intervenir et eu des mots très durs
envers ce barh’our. " Ne soyez pas jaloux de lui, dit-il, son assiduité
ne perdurera pas et sa chute sera grande ! ". Pourquoi une telle
mise en garde face à un comportement qui semble être l’apogée
de ce que l’on peut attendre d’un bah’our Yéshiva ?
La réponse est simple. De tout temps, les Rabbanim les
plus assidus (encore, tout récemment, le Rav Eliashiv
Zal), se démarquaient par une assiduité phénoménale,
accompagnée d’une grande dose de sociabilité ! Sans l’autre
(son prochain), on peut être le Lamdan le plus assidu du
monde, et malgré tout, perdre rapidement toute la sagesse
que l’on a acquise durant l’étude.
" Rien de ce qu’on dit ne se perd et tout est enregistré. Des
anges sont dépêchés auprès de chaque être humain pour
consigner toutes ses paroles et ils ne le quittent jamais […]. "
(Extrait d’une lettre du Gaon de Vilna). Le Gaon de Vilna ajoute que
" pour chaque instant où l’on garde sa langue, on acquiert un
mérite que les anges eux-mêmes ne peuvent imaginer ".
Un des objectifs de la diminution des discussions futiles est
d’augmenter l’état de kedoucha dans lequel on se trouve afin
de permettre une plus grande imprégnation des paroles de
Torah. C’est un des leitmotiv des traits de caractères relatifs
à la réduction de certains comportements (en réduisant le
temps de sommeil, en réduisant les affaires de ce monde, en
réduisant les discussions futiles...). L’objectif est d’atteindre
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une kedoucha plus élevée. Rappelons les paroles du Hovot
Halevavot " un peu de kedoucha, c’est déjà beaucoup ! ".
Dans ses ouvrages, le H’afets H’aïm cite fréquemment la
parole des Sages enseignant que la lumière de la création
réservée aux Tsadikim (justes) est accordée à ceux qui
repoussent la tentation de dire des paroles interdites.
Chaque fois qu’on arrive à retenir sa langue, on mérite cette
récompense. Le Hafets Haim explique que cette lumière,
c’est la splendeur d’Hachem inaccessible aux anges eux-
mêmes ! En ce qui concerne le Olam Hazé (ce monde-ci),
l’observance des lois du langage donne plus de poids à nos
prières, assure la protection divine et permet la réalisation
de toutes les bénédictions qu’Hachem désire nous envoyer
(Chemirat Halachone, chap11).
Obstacles à l’acquisition de cette midda
Aujourd’hui, on ne se parle plus. On tchate, on envoie
des textos, des mails. Notre société n’a jamais été aussi
connectée qu’aujourd’hui. On peut adresser un message
à une personne à l’autre bout du monde, de façon quasi-
instantanée. Pourtant nous connaissons à peine nos voisins.
Sans parler de notre proche famille...
Or la communication orale est l’apanage de l’homme.
La Torah enseigne que [Link] a fait l’homme " créature
parlante " (cf. Targoum d’Onkelos-Bérechit 2-7). C’est donc la parole
qui distingue l’homme des autres espèces vivantes. Elle
lui permet de communiquer avec l’autre. Le langage est
le véhicule de toute pensée et les mots sortis du cœur
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atteignent le cœur, enseignent nos sages. La conversation
permet d’entendre des paroles qui auront sur nous un
fort impact et nous remettront parfois en question. La
conversation est un accès au monde réel, par opposition au
monde fictif que nous proposent nos écrans de télévision, et
qui ne nous permettra jamais de construire le moindre lien.
Au sujet des rapports humains, la Torah nous enseigne : " Ne
laisse pas ton cœur se durcir ni ta main se fermer. " (Devarim
15-17). La main évoque la générosité matérielle tandis que le
cœur est la générosité affective. Un bon ami est d’abord celui
qui prend le temps de vous écouter. Ne sous-estimez jamais
l’importance de l’écoute. L’écoute fait exister l’autre, et ce
n’est pas rien. L’attention portée aux problèmes de l’autre
est souvent supérieure à l’aide matérielle. N’interrompez
jamais votre interlocuteur et ne cherchez pas à anticiper
la suite d’une phrase pour mieux introduire votre point
de vue. Si vous désapprouvez une idée, ne bondissez pas
pour la contredire. Écoutez la jusqu’au bout. Demandez
des précisions. Faites vraiment l’effort de comprendre, et
vous instaurerez ainsi un sentiment de confiance qui vous
permettra d’exposer ensuite votre point de vue.
La place de la parole est totalement dénigrée au sein de nos
jeunes générations. On se jette des mots à la figure sans trop
réfléchir aux conséquences que cela peut avoir. Pourtant la
parole est une " arme " redoutable si elle est mal employée.
La Torah nous enseigne que c’est au moyen de la parole que
[Link] a créé le monde : " Et [Link] dit : Que la lumière soit. Et
la lumière fut ". Pour nous aussi, la parole est créatrice. La
force d’une parole est gigantesque. Une parole élogieuse,
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par exemple, peut encourager ou rendre confiance. Donner
de l’importance à quelqu’un, c’est une manière de lui
dire " Ton existence est nécessaire ". C’est un moyen de
donner du sens et de la valeur à la vie.
En revanche, on sait combien les mots peuvent détruire. Des
paroles telles que : " Tu n’es bon à rien " anéantissent l’estime
de soi. C’est tellement vrai dans le domaine de l’éducation
des enfants que si on a un tempérament colérique, on est
dispensé de la mitzva d’enseigner à ses enfants. Dans ce cas
précis, le silence est certainement préférable à des paroles
prononcées avec colère. Contrairement à l’adage bien
connu, les paroles ne s’envolent pas. Elles peuvent se graver
dans le cœur des gens et avoir des conséquences sur des
années.
Il est fondamental de parler à l’autre pour devenir Sage, mais
avec parcimonie et intelligence. Essayons de nous mettre
constamment à la place de l’autre et apprenons à modérer
nos propos. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire et
toutes nos expériences ne méritent pas nécessairement
d’être rapportées à nos amis.
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Exercices pratiques
• Retenez-vous de parler lorsque vous avez quelque
chose à dire, une fois par jour pour commencer.
• Étudiez à fond les lois du Chémirat Halachon du Hafets
Haim.
• Habituez-vous à écouter l’autre jusqu’au bout et ne
l’interrompez sous aucun prétexte.
• Pratiquez le Taanit dibour une demi- journée par an,
pour réfléchir à la valeur de la parole.
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