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2022 Rapport Record

Le rapport examine le stockage et les prétraitements des intrants pour la méthanisation, soulignant leur importance pour maximiser le potentiel méthanogène et la viabilité économique des projets. Une revue des technologies disponibles et des retours d'expérience des exploitants montre que les prétraitements améliorent les performances de méthanisation, bien que les coûts puissent freiner leur adoption. Des recommandations pour le développement futur de la méthanisation d'ici 2030 sont également proposées, en mettant l'accent sur la recherche et l'analyse des impacts environnementaux.

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2022 Rapport Record

Le rapport examine le stockage et les prétraitements des intrants pour la méthanisation, soulignant leur importance pour maximiser le potentiel méthanogène et la viabilité économique des projets. Une revue des technologies disponibles et des retours d'expérience des exploitants montre que les prétraitements améliorent les performances de méthanisation, bien que les coûts puissent freiner leur adoption. Des recommandations pour le développement futur de la méthanisation d'ici 2030 sont également proposées, en mettant l'accent sur la recherche et l'analyse des impacts environnementaux.

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Stockage et prétraitements des intrants avant

alimentation de digesteurs de méthanisation


Etat des connaissances et recommandations

RECORD 20-0420/1A septembre 2022 RECORD


ETUDE N° 20-0420/1A

STOCKAGE ET PRETRAITEMENTS DES INTRANTS AVANT


ALIMENTATION DE DIGESTEURS DE METHANISATION

ETAT DES CONNAISSANCES ET RECOMMANDATIONS

RAPPORT FINAL

septembre 2022

S. BERGER, I. DESNEULIN – SOLAGRO


F. MONLAU, C. PEYRELASSE – APESA
H. CARRERE – INRAE-LBE

[Link]
Créée à l’initiative du Ministère en charge de l’Environnement, l’association RECORD est depuis 1989,
le catalyseur d’une coopération entre industriels, institutionnels et chercheurs.
Acteur reconnu de la recherche appliquée dans le domaine des déchets, des sols pollués et de
l’utilisation efficace des ressources, RECORD a comme objectif principal le financement et la réalisation
d’études et de recherches dans une perspective d’économie circulaire.
Les membres de ce réseau (groupes industriels et institutionnels) définissent collégialement des
programmes d’études et de recherche adaptés à leurs besoins. Ces programmes sont ensuite confiés
à des laboratoires publics ou privés.

Avertissement :
Les rapports ont été établis au vu des données scientifiques et techniques et d'un cadre réglementaire
et normatif en vigueur à la date de l'édition des documents.
Ces documents comprennent des propositions ou des recommandations qui n'engagent que leurs
auteurs. Sauf mention contraire, ils n'ont pas vocation à représenter l'avis des membres de RECORD.

 Pour toute reprise d’informations contenues dans ce document, l’utilisateur aura l’obligation de
citer le rapport sous la référence :
RECORD, Stockage et prétraitements des intrants avant alimentation de digesteurs de
méthanisation - Etat des connaissances et recommandations, 2022, 151 p, n°20-0420/1A

 Ces travaux ont reçu le soutien de l’ADEME (Agence de la transition écologique)


[Link]

Comité de suivi de l’étude :


Gérard ANTONINI - RECORD, Rémy BAYARD – INSA DE LYON/RECORD, Patricia CAMACHO -
CIRCEE – SUEZ, Bénédicte COUFFIGNAL - RECORD, Patricia DIRRENBERGER - INRS, Farah
DOUMIT – ENGIE, Boris EFREMENKO - VEOLIA, Arthur FENART – SECHE ENVIRONNEMENT, Loïc
FRANCKE - TOTAL, Hélène GUY - GROUPE SECHE, Robert LASSARTESSES - RENAULT, Laurent
LEVIN - RENAULT, Roman MOSCOVIZ - CIRCEE - SUEZ, Bastien PRAZ - GRDF, Marie-Laure –
RABOT QUERCI - EIFER, Jacques WIART - ADEME

© RECORD, 2022

Etude RECORD n°20-0420/1A 2


RESUME

L’introduction des matières en digestion et l’obtention de l’expression maximale du potentiel


méthanogène des intrants sont des questions essentielles pour la faisabilité technique et économique
des projets de méthanisation, qu’ils soient agricoles, territoriaux ou industriels.
L’analyse bibliographique montre que de nombreuses technologies (mécaniques, physiques,
biologiques, thermique) existent et sont mises sur le marché. L’enquête auprès des exploitants
d’unités montre que les pré-traitements apportent des bénéfices au niveau des performances de la
méthanisation mais également sur des aspects plus techniques (facilité de mélange, réduction des
pannes), même si les coûts d’investissement et les charges (maintenance, électricité) peuvent limiter
leur mise en œuvre. En outre, le potentiel de développement de la méthanisation à l’horizon 2030
reposant sur des intrants agricoles, des efforts de R&D sur ce type de ressources, ainsi que sur
l’analyse élargie des impacts des procédés d’un point de vue environnemental, énergétique et
sanitaire ont notamment été identifiés comme des leviers pour l’amélioration de la filière.

MOTS CLES

Pré-traitement, méthanisation, stockage, broyage, sonication, cavitation, hydrolyse, biomasse


agricole, boues urbaines, biodéchets, biogaz, potentiel méthanogène

-------------------------------------------

SUMMARY

The introduction of resources into anaerobic digesters and the production of maximum of biogas are
important technical and economic issues for biogas units, whether agricultural, territorial or industrial.
The literature review shows that many technologies (mechanical, physical, biological, thermal) exist
and are available on the market. The survey of plant operators shows that pre-treatment brings
benefits in terms of anaerobic digestion performance but also on more technical aspects (ease of
mixing, reduction of breakdowns), even if investment costs and charges (maintenance, electricity) may
limit their implementation. In addition, the development potential of anaerobic digestion by 2030 based
on agricultural inputs, R&D efforts on this type of resource, as well as a broader analysis of the
environmental, energy and health impacts of the processes have been identified as leverages for
improving the sector.

KEY WORDS

Pre-treatment, anaerobic digestion, storage, shredding, sonication, cavitation, hydrolysis, agricultural


biomass, urban sludge, biowaste, biogas, methanogenic potential

Etude RECORD n°20-0420/1A 3


Liste des acronymes et abréviations
ACV : Analyse du Cycle de Vie
AGV : Acides Gras Volatils
BMP : Potentiel méthanogène
CAPEX : Dépense d’investissement
CIMS : Cultures Intermédiaires Multi-Services
CIVE : Cultures Intermédiaires à Vocation Energétique
DCT : Déchets de Cuisine et de Table
ENH : Electrode Normale à Hydrogène
ETM : Éléments Traces Métalliques
FFOM : Fraction Fermentescible des Ordures Ménagères
GMS : Grandes et Moyennes Surfaces
HAP : Hydrocarbure Aromatique Polycyclique
IAA : Industrie Agro-Alimentaires
IM : Infiniment Mélangé
MVS : Matière Volatile en Suspension
MS : Matière Sèche
MSV : Matière Sèche Volatile
OPEX : Dépense d’exploitation
PCL : Polycaprolactone
PHA : Polyhydroxyalcanoate
PLA : Acide polylactique
SPAN : Sous-Produits Aimaux
STEP : STation d’EPuration ou STEU : Station de Traitement des Eaux Usées
TAC : Titre Alcalimétrique Complet
TPS : Amidon thermoplastifié

Etude RECORD n°20-0420/1A 4


SOMMAIRE

LISTE DES ACRONYMES ET ABRÉVIATIONS.......................................................................................................4


LISTE DES TABLEAUX.......................................................................................................................................7
LISTE DES FIGURES .......................................................................................................................................... 8
INTRODUCTION.............................................................................................................................................10
VOLET 1 : IDENTIFICATION DES GISEMENTS MOBILISABLES ET DES FACTEURS...............................................11
1.1. Hypothèses retenues pour la mobilisation des ressources..................................................11
1.2. Potentiel énergétique des gisements disponibles................................................................13
1.2.1. Détermination des potentiels méthanogènes par catégories de gisements................13
1.2.2. Synthèses des données de potentiels méthanogènes................................................15
1.3. Les ressources mobilisées en 2020.....................................................................................17
1.4. Le potentiel de mobilisation à l’horizon 2030 ....................................................................... 17
1.5. Les principaux facteurs limitant l’expression du potentiel méthanogène ............................. 20
1.5.1. Considérations générales............................................................................................20
1.5.2. Déjections animales .................................................................................................... 25
1.5.3. Résidus agricoles et productions végétales................................................................25
1.5.4. Déchets verts des collectivités .................................................................................... 26
1.5.5. Déchets et effluents des industries..............................................................................27
1.5.6. Boues et graisses de stations d’épuration des eaux usées.........................................28
1.5.7. Biodéchets...................................................................................................................28
1.5.8. Algues..........................................................................................................................29
1.5.9. Synthèse des facteurs limitants et leviers d’actions....................................................31
VOLET 2 : SYNTHÈSE BIBLIOGRAPHIQUE DES TECHNOLOGIES DE STOCKAGE ET PRÉTRAITEMENTS DES
INTRANTS EN MÉTHANISATION.....................................................................................................................37
2.1. Introduction .......................................................................................................................... 37
2.2. Les technologies de prétraitements et leur positionnement.................................................37
2.3. Visualisation de l’état de l’art au niveau National et International........................................40
2.3.1. Niveau National ........................................................................................................... 40
2.3.2. Niveau International.....................................................................................................46
2.4. Application de solution de stockage et de prétraitements afin de conserver ou améliorer le
pouvoir méthanogène ....................................................................................................................... 52
2.4.1. Déjections animales .................................................................................................... 53
2.4.2. Résidus agricoles et productions végétales................................................................54
2.4.3. Boues de stations d’épuration.....................................................................................66
2.4.4. Graisses : Déchets graisseux et coproduits animaux..................................................70
2.4.5. Biodéchets...................................................................................................................71
2.4.6. Plastiques biodégradables .......................................................................................... 73
2.4.7. Algues..........................................................................................................................74
VOLET 3 : RETOURS D’EXPÉRIENCES TERRAIN SUR L’APPLICATION DE TECHNOLOGIES DE STOCKAGE ET
PRÉTRAITEMENTS ......................................................................................................................................... 77
3.1 Méthodologie mise en œuvre...............................................................................................77
3.2 Retours d’enquêtes terrain...................................................................................................79
3.2.1 Déjections animales.........................................................................................................79
3.2.2 Résidus agricoles et productions végétales.....................................................................79
3.2.3 Boues de stations d’épuration..........................................................................................85
3.2.4 Graisses...........................................................................................................................86
3.2.5 Biodéchets.......................................................................................................................86
3.2.6 Algues..............................................................................................................................87
3.3 Synthèse des entretiens d’acteurs.......................................................................................89
VOLET 4 : PERSPECTIVES R&D, FICHES PAR TECHNOLOGIES, FICHES PAR INTRANTS.......................................92
4.1. Perspectives R&D sur les prétraitements en méthanisation......................................................92
4.2. Fiches par technologies.............................................................................................................94

Etude RECORD n°20-0420/1A 5


4.3. Fiches par intrants....................................................................................................................112
ANNEXE 1 : OUTIL BACUS DE SOLAGRO.......................................................................................................117
ANNEXE 2 : RATIOS C/N DES PRINCIPAUX SUBSTRATS MÉTHANISÉS ........................................................... 119
ANNEXE 3 : PERFORMANCES DES PRÉTRAITEMENTS APPLIQUÉS À L’ÉCHELLE INDUSTRIELLE OU
PILOTE/LABORATOIRE POUR LES MATIÈRES LIGNO-CELLULOSIQUES ........................................................... 120
ANNEXE 4 : PERFORMANCES DES PRÉTRAITEMENTS APPLIQUÉS À L’ÉCHELLE INDUSTRIELLE OU
PILOTE/LABORATOIRE POUR LES BOUES DE STATIONS D’ÉPURATION ......................................................... 125
ANNEXE 5 : PERFORMANCES DES PRÉTRAITEMENTS APPLIQUÉS À L’ÉCHELLE PILOTE/LABORATOIRE SUR LES
DÉCHETS GRAISSEUX ET COPRODUITS ANIMAUX ........................................................................................ 131
ANNEXE 6 : PERFORMANCES DES PRÉTRAITEMENTS APPLIQUÉS À L’ÉCHELLE INDUSTRIELLE ET
PILOTE/LABORATOIRE SUR LES BIODÉCHETS...............................................................................................135
ANNEXE 7 : PERFORMANCES DES PRÉTRAITEMENTS APPLIQUÉS À L’ÉCHELLE INDUSTRIELLE ET
PILOTE/LABORATOIRE SUR LES ALGUES.......................................................................................................138
BIBLIOGRAPHIE...........................................................................................................................................142

Etude RECORD n°20-0420/1A 6


Liste des tableaux
Tableau 1 : Ressources mobilisables retenues (RECORD, 2022)........................................................11
Tableau 2 : Hypothèses agricoles (Compilation RECORD 2022) (Afterres 2050
[Link]
Tableau 3 : Hypothèses non agricoles (Compilation RECORD 2022) (Outil BACUS, Solagro)............12
Tableau 4 : Potentiels méthanogènes moyens considérés pour les gisements identifiés (Compilation
RECORD 2022) (Base de données APESA, 2021) .............................................................................. 16
Tableau 5 : Concentrations stimulatrices et inhibitrices pour la méthanisation, valeurs en mg/L
(Compilation RECORD 2022)................................................................................................................23
Tableau 6 : Détail des thèses qui sont en cours dans les différents instituts (RECORD, 2022)...........43
Tableau 7 : Détail des projets qui sont en cours dans les différents instituts (RECORD, 2022)...........44
Tableau 8 : Caractéristiques des procédés de prétraitements mécaniques appliqués aux matières
lignocellulosiques (non exhaustif) (Compilation RECORD 2022)..........................................................58
Tableau 9 : Caractéristiques des procédés commerciaux de cavitation et sonication (non exhaustif)
(Compilation RECORD 2022)................................................................................................................60
Tableau 10 : Caractéristiques des procédés de prétraitements biologiques commerciaux (non
exhaustif) (Compilation RECORD 2022)...............................................................................................63
Tableau 11 : Caractéristiques des procédés d’hydrolyse thermique commerciaux, (Compilation
RECORD 2022)(adapté de Devos et al. 2020). .................................................................................... 67
Tableau 12 : Caractéristiques des procédés d’hydrolyse thermique/biologique (Compilation RECORD
2022) ..................................................................................................................................................... 67
Tableau 13 : Caractéristiques des procédés commerciaux de sonication (Compilation RECORD 2022)
...............................................................................................................................................................68
Tableau 14 : Caractéristiques des procédés d’homogénéisation hautes pressions commerciaux
(Compilation RECORD 2022)................................................................................................................69
Tableau 15 Caractéristiques des procédés de désintégration électrocinétique....................................69
Tableau 16 : Caractéristiques des procédés d’hydrolyse thermique/chimique commerciaux
(Compilation RECORD 2022)................................................................................................................70
Tableau 17 : Données recueillies dans le cadre des enquêtes d'acteurs (Compilation RECORD 2022)
...............................................................................................................................................................78
Tableau 18 : Synthèse des retours d’expérience sur les dispositifs de prétraitements suite aux
entretiens d’acteurs (Compilation RECORD 2022)...............................................................................89

Etude RECORD n°20-0420/1A 7


Liste des figures
Figure 1 : Les grands principes du scénario Afterres2050 (Solagro, 2016)..........................................12
Figure 2 : Ratio MSV / MS (%) pour les différentes catégories de substrats (Compilation RECORD
2022) (Base de données APESA, 2021)...............................................................................................13
Figure 3 : Valeurs de BMP (Nm3/tonnes PB) pour les différentes catégories de substrats. Entre
parenthèse le nombre de substrats utilisés pour chaque catégorie. (Compilation RECORD 2022)
(Base de données APESA, 2021).........................................................................................................14
Figure 4 : Valeurs de BMP (Nm3/tonnes MSV) pour les différentes catégories de substrats. Entre
parenthèse le nombre de substrats utilisés pour chaque catégorie. (Compilation RECORD 2022)
(Base de données APESA, 2021).........................................................................................................15
Figure 5 : Répartition du tonnage entrant en méthanisation en 2020 sur la base des projets en
injection identifés par l'ADEME (Compilation RECORD 2022) (SOLAGRO issu ADEME 2021)..........17
Figure 6 : Evolution du gisement prospectif méthanisable entre 2010 et 2030, en tonnes/an
(Compilation RECORD 2022) (outil BACUS Solagro 2021)..................................................................18
Figure 7 : Evolution du gisement prospectif méthanisable entre 2010 et 2030, en TWh/an (Compilation
RECORD 2022) (outil BACUS Solagro 2021).......................................................................................18
Figure 8 : Répartition de ressources prospectives méthanisables à l'horizon 2030, en tonnes
(Compilation RECORD 2022) (outil BACUS Solagro 2021)..................................................................19
Figure 9 : Répartition de ressources prospectives méthanisables à l'horizon 2030, en énergie
(Compilation RECORD 2022) (outil BACUS Solagro 2021)..................................................................19
Figure 10. Photo APESA, installation du GAEC Oudet.........................................................................21
Figure 11 : Liste des paramètres utilisés pour la caractérisation des intrants et du digestat, suivi
biologique (APESA, 2021).....................................................................................................................21
Figure 12 : Ratios C/N des intrants de méthanisation. Entre parenthèse le nombre de substrats utilisés
pour chaque catégorie. (Compilation RECORD 2022) (APESA 2021, IFIP 2018, Fisgativa et al.,
2018a; Frigon et al., 2013; Milledge et al., 2019)..................................................................................22
Figure 13 : Les technologies de prétraitements et de stockage par catégories (RECORD, 2022)......38
Figure 14 : Différentes configurations de couplage des procédés de prétraitements et de
méthanisation Source : (Carrère et al., 2021) ...................................................................................... 39
Figure 15 : Laboratoires publics ou centre de recherche impliqués dans les thèses autour de la
problématique stockage et prétraitement de la matière avant méthanisation (RECORD, 2022)..........41
Figure 16 : Origine des gisements étudiés dans les thèses autour de la problématique stockage et
prétraitement de la matière avant méthanisation (RECORD, 2022) ..................................................... 41
Figure 17 : Les projets autour du stockage et du prétraitement de la matière avant méthanisation par
catégories de biomasses et gisements (RECORD, 2022) .................................................................... 45
Figure 18 : Les financeurs des projets R&D (RECORD, 2022).............................................................46
Figure 19 : Nombre de publications sur le sujet prétraitement et méthanisation publiées ces dernières
années 2000-2021 (RECORD, 2022)....................................................................................................46
Figure 20 : Typologies d’ouvrages sur le sujet prétraitement et méthanisation publiés ces dernières
années 2000-2021 (RECORD, 2022)....................................................................................................47
Figure 21 : Organisations publiant le plus sur le sujet prétraitement et méthanisation ces dernières
années 2000-2021 (RECORD, 2022)....................................................................................................47
Figure 22 : Pourcentage d’ouvrages réalisés sur le sujet par continents ces dernières années sur la
tranche 2000-2010 et 2010-2021 (RECORD, 2022).............................................................................48
Figure 23 : Nombre d’ouvrages réalisés par pays sur la tranche 2000-2010 et 2010-2021 (RECORD,
2022) ..................................................................................................................................................... 49
Figure 24 : Auteurs ayant le plus publié sur le sujet sur la tranche 2000-2010 et 2010-2021 (RECORD,
2022) ..................................................................................................................................................... 50
Figure 25 : Mapping sur VOS VIEWER des keywords cités au moins 50 fois dans le pool des 5923
ouvrages. Visualisation des interactions entre les keywords (RECORD, 2022) ................................... 51
Figure 26 : Mapping sur VOS VIEWER des pays ayant au moins 80 publicaations dans le pool des
5923 ouvrages. Visualisation des interactions entre les pays (RECORD, 2022)..................................51
Figure 27 : décomposition de la lignocellulose sous l’effet d’un prétraitement (Schwietzke et al., 2009)
adapté de (Hsu, 1980; Mosier et al., 2005)...........................................................................................55
Figure 28 : Photo d’un système Premix de Vogelsang (Vogelsang, 2022)...........................................57
Figure 29 : Illustration du fonctionnement du procédé GasMix de Landia (Landia, 2014)....................57

Etude RECORD n°20-0420/1A 8


Figure 30 : Comparaison de l’efficacité des prétraitements pour augmenter la production de méthane
de matières lignocellulosiques (échelle industrielle et pilote) (RECORD, 2022)...................................65
Figure 31 : Performances des prétraitements pour augmenter la production de méthane des
microalgues (données issues d’essais pilote) (Compilation RECORD 2022).......................................75
Figure 32 : Photo de broyeur à couteaux avec récupérateur de cailloux (SOLAGRO, 2021)...............80
Figure 33 : Photo de broyeur à marteaux BHS (SOLAGRO, 2021)......................................................81
Figure 34 : Photo de broyeur à chaînes TQZ (THM recycling solutions, 2021) .................................... 82
Figure 35 : Photo de broyeur à déchets verts Hantsch Willibald Mini-Shark (SOLAGRO, 2021) ......... 82
Figure 36 : Photo du système Biobang® installé sur l’une unité de méthanisation Reims Biométhane
(Biobang, 2021).....................................................................................................................................84
Figure 37. Schéma de principe de l’unité de méthanisation de Solrød au Danemark (IEA Bioenergy,
2015) ..................................................................................................................................................... 88
Figure 38 : Différentes perspectives laboratoires et industrielles sur l’application de prétraitement en
méthanisation et analyse multicritère proposés pour évaluer les bénéfices d’un prétraitement (adapté
de Elalami et al. 2019)...........................................................................................................................94

Etude RECORD n°20-0420/1A 9


Introduction

L’introduction des matières en digestion et l’obtention de l’expression maximale du potentiel


méthanogène des intrants sont des questions essentielles pour la faisabilité technique et économique
des projets de méthanisation, qu’ils soient agricoles, territoriaux ou industriels.
Les technologies de stockage et de pré-traitements des intrants sont des leviers intéressants pour
optimiser les performances des installations.
De nombreuses technologies et équipements existent aujourd’hui, qu’ils bénéficient de nombreux
retours d’expériences, ou qu’ils soient en cours de développement ou au stade de pilote de
laboratoire.
Ainsi, afin d’alimenter les acteurs de la filière, des utilisateurs notamment, avec des informations à jour
concernant les pré-traitement et le stockage des intrants avant alimentation en méthanisation,
l’Association RECORD a souhaité la réalisation d’un état de l’art sur cette thématique.

Ce document issu du travail de bibliographie et de retours de terrain synthétise l’ensemble des


données aujourd’hui à disposition sur les pré-traitements et le stockage de différents types d’intrants
(déjections animales, biomasse végétale, biodéchets, boues urbaines…) concernant leurs objectifs,
leurs caractéristiques, leurs performances ainsi qu’une mise en perspective des besoins de R&D.

Ce document est découpé en 4 volets :


 Volet 1 : Identification des gisements mobilisables et des facteurs
 Volet 2 : Synthèse bibliographique des technologies
 Volet 3 : Retours d’expériences terrain
 Volet 4 : Perspectives R&D, fiches par technologies, fiches par intrants

Etude RECORD n°20-0420/1A 10


Volet 1 : Identification des gisements mobilisables et des
facteurs

1.1. Hypothèses retenues pour la mobilisation des ressources

Les enjeux des dispositifs de prétraitement de la matière première en méthanisation sont directement
liés à la typologie et au potentiel de mobilisation des gisements méthanisables. L’étude des
prétraitements nécessite donc une évaluation des matières traitées en méthanisation à l’heure
actuelle mais aussi dans les prochaines années et décennies. Les potentiels énergétiques de chaque
type d’intrants est un facteur essentiel à considérer pour déterminer les matières à fort enjeux et
focaliser l’attention sur ces dernières. La liste des intrants a été définie sur la base des retours du
groupe de travail intrants porté par la filière biométhane en relation avec le Ministère de l’agriculture et
la DGEC et pour lequel Solagro a réalisé le diagnostic et synthétisé les propositions.

Les gisements mobilisables retenus sont synthétisés ci-dessous :

Tableau 1 : Ressources mobilisables retenues (RECORD, 2022)


Famille Sous-famille
Fumier
Déjections animales Lisier
Fiente
Paille céréale
Résidus agricoles Canne de maïs
Menues paille
CIVE
Production végétale
Ensilage herbe
DV tonte
Déchets verts des collectivités
DV broyat
Effluent IAA
Lactosérum
Déchets et effluents des industries
Graisses IAA
Graisses et déchets d'abattoirs
Boues de station d'épuration des eaux Boues biologiques
usées Graisse STEU
FFOM
Biodéchets GMS
Biodéchets de cantine
Macroalgues
Algues
Microalgues

Pour l’ensemble de ces ressources, il est estimé le potentiel de valorisation en méthanisation en 2020
et à l’horizon 2030. Les estimations sont basées sur l’outil de modélisation BACUS (voir Annexe 1)
développé par Solagro, sur les hypothèses du scénario Afterres20501 (Solagro, 2016), sur le Rapport
de l’Observatoire National des Ressources en Biomasse (FranceAgrimer, 2020), sur les données
compilées de GrDF (2020) ainsi que sur l’Étude estimative de la production de biodéchets au sein des
établissements de restauration (Groupement National de la Restauration, 2011).

1
le scénario Afterres2050 propose un scénario visant l’utilisation des terres agricoles et forestières pour satisfaire
les besoins alimentaires, énergétiques, en matériaux, et réduire les gaz à effet de serre. Le scénario Afterres2050
est le compromis d’hypothèses qui a paru à Solagro, en 2016, le plus cohérent, le plus réaliste et le plus
soutenable. Il n’est pas le seul envisageable et est évolutif

Etude RECORD n°20-0420/1A 11


Figure 1 : Les grands principes du scénario Afterres2050 (Solagro, 2016)

Les hypothèses retenues sont les suivantes :

Tableau 2 : Hypothèses agricoles (Compilation RECORD 2022) (Afterres 2050


[Link]
Hypothèses gisement agricole
1) Diminution de l’élevage avec libération des surfaces pâturées. Diminution de la production
d’effluents d’élevage (fumier, lisier, fiente)
2) Maintien des prairies permanentes en valorisant une partie de l’herbe en méthanisation
3) Allongement des rotations culturales avec implantation de couverts végétaux. Augmentation
importante de la production de CIVE (Cultures Intermédiaires à Vocation Energétique)
4) Augmentation de la part des légumineuses pour diminuer l’apport d’engrais azotés

Tableau 3 : Hypothèses non agricoles (Compilation RECORD 2022) (Outil BACUS, Solagro)
Hypothèses gisement non agricole

1) FFOM : 45 kg/hab/an

2) GMS : 30 kg/m2 à 50 kg/m2 selon type de GMS

3) Boues urbaines : 12 kgMS/hab/an, hors STEP qui méthanisent déjà et STEP < 5000 EH

4) Déchets et effluents IAA : ratios selon code NAF


5) Algues : donnée nationale 14 TWh (ENEA, INRIA et ADEME, Évaluation du gisement
potentiel de ressources algales pour l’énergie et la chimie en France à l’horizon 2030. Juillet
2014)

Etude RECORD n°20-0420/1A 12


1.2. Potentiel énergétique des gisements disponibles

1.2.1. Détermination des potentiels méthanogènes par catégories de


gisements
A l’issu de l’analyse des gisements méthanisables et mobilisables à l’horizon 2030, l’APESA a défini
un potentiel méthanogènes moyens par catégories de substrats. Ce potentiel méthanogène est basé
sur des analyses disponibles dans la base de données BMP de l’APESA. Seule la catégorie algues
(micro et macroalgues) regroupe des données internes de l’APESA mais aussi issu de la
bibliographie, nos bases de données n’étant pas assez étayées pour ces substrats (Frigon et al.,
2013; Jard et al., 2013).
L’APESA est un acteur reconnu de la méthanisation et réalise environ 300 tests de potentiel
méthanogène annuellement. L’APESA a participé à l’étude inter-laboratoires National sur le BMP
(Ribeiro et al., 2020) et au niveau International (Hafner et al., 2020). Il n’existe pas aujourd’hui de
protocole normé sur le BMP mais les études inter-laboratoires ont permis de définir des bonnes
pratiques que l’APESA a mises en place dans son protocole interne.

Figure 2 : Ratio MSV / MS (%) pour les différentes catégories de substrats (Compilation RECORD
2022) (Base de données APESA, 2021)

La Figure 2 présente pour chaque catégorie de substrats le ratio MSV / MS (%). Il est intéressant de
noter que certaines catégories de substrats présentent une forte teneur en cendres, c’est notamment
le cas des lisiers, fientes, déchets verts, boues et macroalgues. Les macroalgues et les déchets verts
présentent les plus fortes teneurs en cendres moyennes avec 37% MS et 48 %MS respectivement.
Ces fortes teneurs peuvent être attribuées aux sels résiduels sur les macroalgues et à la terre
présente sur certains déchets verts.
Les Figures 3 et 4 présentent en format box-plot les valeurs de potentiels méthanogènes exprimés en
Nm3/tPB et Nm3/tMSV. Les valeurs exprimées en PB sont celles généralement utilisées sur les sites
industriels mais difficilement exploitables ici car certains échantillons ont été traités en laboratoires

Etude RECORD n°20-0420/1A 13


(séchage, centrifugation...). Nous avons donc exploité par la suite les résultats exprimés en
Nm3/tMSV. D’une manière générale les déchets graisseux (graisses IAA, graisses abattoirs, graisses
STEU, lactosérum...) sont les déchets qui ont la plus forte production en méthane. Les FFOM, GMS et
biodéchets de cantines suivent avec des valeurs de potentiels méthanogènes variant de 472 à 602
Nm3 CH4/tMSV. Enfin les algues et les biomasses agricoles sont celles qui présentent le plus faible
potentiel méthanogène.

Figure 3 : Valeurs de BMP (Nm3/tonnes PB) pour les différentes catégories de substrats. Entre
parenthèse le nombre de substrats utilisés pour chaque catégorie. (Compilation RECORD 2022)
(Base de données APESA, 2021)

Etude RECORD n°20-0420/1A 14


Figure 4 : Valeurs de BMP (Nm3/tonnes MSV) pour les différentes catégories de substrats. Entre
parenthèse le nombre de substrats utilisés pour chaque catégorie. (Compilation RECORD 2022)
(Base de données APESA, 2021)

1.2.2. Synthèses des données de potentiels méthanogènes


Les potentiels méthanogènes des ressources prises en compte pour l’évaluation des gisements sont
issus de la base de données de l’APESA regroupant les essais BMP réalisés au laboratoire. Etant
donné la diversité des taux de matière sèche sur une même typologie de matière, seul le potentiel
méthanogène ramené à la matière sèche (Nm3 CH4/tMS) est pris en compte pour l’évaluation
énergétique des ressources.

Etude RECORD n°20-0420/1A 15


Tableau 4 : Potentiels méthanogènes moyens considérés pour les gisements identifiés (Compilation
RECORD 2022) (Base de données APESA, 2021)

Matière Moyenne Moyenne


Famille Sous-famille sèche BMP BMP
(%MS) (Nm3 CH4/tMB) (Nm3 CH4/tMS)

Fumier 35 63 171
Déjections animales Lisier 7 16 216
Fiente 44 73 176
Paille céréale 84 215 255
Résidus agricoles Canne de maïs 58 145 240
Menues paille 85 230 270
CIVE 33 91 283
Production végétale
Ensilage herbe 27 84 315
DV tonte 29 57 194
Déchets verts des collectivités
DV broyat 48 29 55
Effluent IAA 3 10 338
Lactosérum 6 28 474
Déchets et effluents des
industries Graisses IAA 33 215 630
Graisses et déchets
d’abattoirs 30 150 447
Boues de station d'épuration Boues biologiques 12 25 185
des eaux usées Graisse STEU 14 95 597
FFOM 38 111 281
GMS 20 78 427
Biodéchets
Biodéchets de
cantine 41 183 477
Macroalgues 17 19 114
Algues
Microalgues 33 87 268

Etude RECORD n°20-0420/1A 16


1.3. Les ressources mobilisées en 2020

Les données prises en compte sont issues de la Base de données de l’ADEME des projets d’injection
de biométhane bénéficiant d’un récépissé d’identification ADEME sur la période de 2012 à novembre
2020 (ADEME, 2021). A noter que cette base de données n’intègre pas les projets en cogénération.
Ainsi les résultats présentés ici ne comptabilisent pas les unités en cogénération, du fait de l’absence,
à la connaissance des auteurs, d’une base de données à jour et diffusable concernant cette typologie
d’installations.

Figure 5 : Répartition du tonnage entrant en méthanisation en 2020 sur la base des projets en
injection identifés par l'ADEME (Compilation RECORD 2022) (SOLAGRO issu ADEME 2021)

1.4. Le potentiel de mobilisation à l’horizon 2030

L’estimation des ressources méthanisables à l’horizon 2030 met en évidence une augmentation de la
part de productions végétales intermédiaires (CIVE) et une diminution de la part des effluents
d’élevage. Cette estimation repose sur les hypothèses évoquées plus haut, prenant en compte une
diminution progressive de l’élevage dans les prochaines décennies.

Etude RECORD n°20-0420/1A 17


Figure 6 : Evolution du gisement prospectif méthanisable entre 2010 et 2030, en tonnes/an
(Compilation RECORD 2022) (outil BACUS Solagro 2021)

Figure 7 : Evolution du gisement prospectif méthanisable entre 2010 et 2030, en TWh/an


(Compilation RECORD 2022) (outil BACUS Solagro 2021)

Le gisement méthanisable à l’horizon 2030 représente 136 TWh/an. Cette valeur est supérieure aux
résultats de l’évaluation réalisée pour l’étude « Estimation des gisements potentiels de substrats
utilisables en méthanisation », ADEME, 2013. Les différences reposent principalement sur une
augmentation de la mobilisation des ressources agricoles végétales (CIVE) basées sur le scénario
AFTERRES 2050 et une baisse de la quantité de déjections d’élevage (diminution progressive de
l’élevage).

Etude RECORD n°20-0420/1A 18


Figure 8 : Répartition de ressources prospectives méthanisables à l'horizon 2030, en tonnes
(Compilation RECORD 2022) (outil BACUS Solagro 2021)

Figure 9 : Répartition de ressources prospectives méthanisables à l'horizon 2030, en énergie


(Compilation RECORD 2022) (outil BACUS Solagro 2021)

Les matières agricoles représentent 85% du gisement mobilisable en tonnage et en énergie.


Concernant le potentiel énergétique, la répartition est la suivante :
• Les résidus de cultures : 1/3 du potentiel énergétique en 2030
• Les productions végétales (CIVE, cultures) : 1/3 du potentiel énergétique en 2030
• Les fumiers/fientes : près de 20% du potentiel énergétique en 2030

Etude RECORD n°20-0420/1A 19


A l’horizon 2030, les autres déchets représentent 15% du potentiel énergétique et sont déjà assez
bien mobilisés :
• Les déchets des collectivités : 10% du potentiel énergétique en 2030
• Les déchets des industriels : 5% du potentiel énergétique en 2030

Les enjeux des prétraitements se concentrent donc sur les matières agricoles représentant la
proportion la plus importante du gisement mobilisable, en tonnage et en énergie. De plus, il s’agit de
matières majoritairement fibreuses nécessitant une première étape de dégradation en amont du
processus de digestion anaérobie.

1.5. Les principaux facteurs limitant l’expression du potentiel méthanogène

1.5.1. Considérations générales

La charge introduite dans le méthaniseur dépend de la teneur en matière organique des intrants
(MS/MSV), de leur biodégradabilité (BMP), du volume de digestion et de la technologie de
méthanisation.
La caractérisation des matières à digérer est nécessaire pour établir la recette d’intrants et s’assurer
que les équilibres biologiques nécessaires à la digestion anaérobie sont respectés. Les analyses
généralement réalisées sur les intrants comprennent la MS, MSV, l’azote Kjeldahl et le phosphore. Le
soufre est analysé en complément pour anticiper de potentielles problématiques liées à la production
d’H2S. Le potentiel méthanogène des intrants est mesuré en laboratoire pour évaluer la production de
méthane du digesteur et lisser la production dans le temps lors de la préparation de la ration.
L’analyse des éléments traces et potentiels inhibiteurs sera nécessaire sur des substrats peu connus.

Le bon fonctionnement de la digestion est contrôlé par le suivi biologique du digesteur en complément
de la qualité et de la quantité de biogaz produit. Sont principalement mesurés :
- Le pH qui doit rester autour de la neutralité : 7 à 8,5,
- Le potentiel redox qui doit être caractéristique de conditions anaérobies : < - 300 mV/ENH,
- La concentration en AGV (Acides Gras Volatils) qui doit rester faible < 2 -3 g/L sans quoi un
risque d’acidification du digesteur peut intervenir (acidose) (Ademe Bourgogne, 2014),
- Le ratio AGV/TAC2 qui permet de contrôler que le pouvoir tampon du digestat est suffisant au
regard de la quantité d’acides gras présents. Ce ratio doit être inférieur à 0,5 (Ademe
Bourgogne, 2014). Un ratio qui augmente est caractéristique d’une diminution du pouvoir
tampon et indique un risque d’acidose,
- La concentration en ammonium qui doit rester en deçà de 3 g/L dans le digesteur pour éviter
une alcalose qui se traduit par une augmentation du pH et une diminution de la production de
biogaz.

Les principaux paramètres mesurés sur les intrants et le digestat (suivi biologique) sont représentés
sur la Figure 11.

2
Titre Alcalimétrique Complet

Etude RECORD n°20-0420/1A 20


Figure 10. Photo APESA, installation
du GAEC Oudet

Intrants Digestat : Suivi biologique

MS, MSV, Azote Kjeldahl, pH, Potentiel redox, AGV,


Phosphore, Soufre, BMP, AGV/TAC, Ammonium, éléments
éléments traces et inhibiteurs traces

Figure 11 : Liste des paramètres utilisés pour la caractérisation des intrants et du digestat, suivi
biologique (APESA, 2021)

[Link].Equilibres biologiques : besoins en macroéléments

Des macroéléments (carbone, azote, phosphore et soufre) sont nécessaires à la croissance et à la


survie des microorganismes impliqués dans la digestion anaérobie.
Le ratio C/N est utilisé pour évaluer la proportion de carbone organique par rapport à l'azote total de la
matière organique. Le ratio optimal est généralement compris entre 20 et 30 (Couturier & Galtier,
1998) avec un optimum à 25 (Hills, 1979). Une concentration insuffisante en azote dans la ration
limitera la quantité de carbone qui pourra être dégradée. A l’inverse, une concentration excessive sera
aussi pénalisante puisqu’elle engendrera un risque d’inhibition en raison d’une accumulation d’azote
ammoniacal généré par la réduction de l’azote organique au cours de la digestion anaérobie.
L’inhibition est principalement liée à la forme libre NH3 dont la proportion est augmentée lorsque le pH
et la température sont élevés (Moletta et al., 2008). La digestion thermophile est par conséquent plus
sensible à l’inhibition à l’azote.

Les substrats présentent des ratio C/N très variables, les résidus agricoles et les graisses présentent
les ratios les plus élevés au contraire des déjections animales de type lisier (Figure 12).

Etude RECORD n°20-0420/1A 21


Figure 12 : Ratios C/N des intrants de méthanisation. Entre parenthèse le nombre de substrats utilisés
pour chaque catégorie. (Compilation RECORD 2022) (APESA 2021, IFIP 2018, Fisgativa et al.,
2018a; Frigon et al., 2013; Milledge et al., 2019).

Ces différents ratios sont présentés en Annexe 2.

Le phosphore est aussi un élément nutritionnel indispensable au bon fonctionnement de la


méthanisation; le rapport optimal C/P est généralement compris entre 100 et 150 (Solagro, 1998).

Le soufre est nécessaire car c’est un constituant des principaux acides aminés et un nutriment
essentiel pour la croissance des bactéries méthanogènes (Mao et al., 2015; Vintiloiu et al., 2012). Un
ratio C/S de 600/1 est suffisant (Weiland, 2010).

[Link].Eléments traces

Des éléments traces minéraux sont nécessaires à la croissance microbienne, en particulier pour les
Archées méthanogènes : potassium, calcium, cuivre, molybdène, cobalt, vanadium, magnésium, fer,
manganèse, zinc, nickel, sodium, bore, sélénium, argent, or, iode, tungstène et titane (Escudié &
Cresson, 2017; Moletta, 2008). Les concentrations de cobalt, sélénium, nickel et molybdène doivent
être supérieures à 0,1 mg/L dans le digestat (PlanET). Seul le fer est nécessaire en concentrations
plus élevées, de 1 à 10 mg/L (Weiland, 2010) voire 200 mg/L (PlanET; Schattauer et al., 2011). Ces
éléments sont généralement en concentrations suffisantes dans la recette. Dans certains cas, des
carences peuvent être constatées en particulier pour des méthaniseurs fonctionnant en mono-
digestion. Dans ce cas, la dégradation de la matière ne sera pas optimisée entrainant des productions
de gaz diminuées et des risques de couches/mousses en surface (PlanET). Un apport peut alors être
réalisé à des concentrations généralement inférieures à 1 mg/L (Moletta, 2008).

[Link].Inhibiteurs

Les éléments traces peuvent, à partir d’un certain seuil, être des inhibiteurs et pénaliser les
performances de la digestion anaérobie. Certains composés organiques sont aussi connus pour
inhiber les processus biologiques. Le Tableau 5 inventorie les concentrations stimulatrices et
inhibitrices pour la méthanisation.

Etude RECORD n°20-0420/1A 22


Tableau 5 : Concentrations stimulatrices et inhibitrices pour la méthanisation, valeurs en mg/L
(Compilation RECORD 2022)
Modérément Fortement
Polluants Stimulatrice Référence
inhibitrice inhibitrice
Minéraux
Azote ammoniacal (McCarty, 1964)
50 - 200 1 000 – 3 000 3 000 – 5 000
(NH4+) (Moletta, 2008)
Calcium 100 - 200 2 500 – 4 500 8 000 (McCarty, 1964)
Sodium 100 - 200 3 500 – 5 500 8 000 (McCarty, 1964)
Potassium 200 - 400 2 500 – 4 500 12 000 (McCarty, 1964)
Magnésium 75 - 150 1 000 – 1 500 3 000 (McCarty, 1964)
Sulfures (S2-) 200 200 (Moletta, 2008)
Cadmium 0,5 0,5 (Boeglin, 1998)
0,5 soluble (Garcia-Bernet et
Cuivre al., 2017)
50-70 total (Moletta, 2008)
3 soluble (Garcia-Bernet et
Chrome VI al., 2017)
200-600 total (Moletta, 2008)
(Garcia-Bernet et
Chrome III 180-420 total al., 2017)
(Moletta, 2008)
2 soluble (Garcia-Bernet et
Nickel al., 2017)
30 total (Moletta, 2008)
Zinc 1 soluble (Moletta, 2008)
Organiques
5-HMF (Monlau et al.,
10 000
(hydroxyméthylfurfural) 2014)
(Monlau et al.,
Furfural 5 000
2014)
Hydrocarbures 50 50 (Boeglin, 1998)

Le Furfural et l’hydroxyméthylfurfural peuvent être générés lors du prétraitement de matières


lignocellulosiques réalisé en vue d’augmenter leur biodégradation.

La présence de microplastiques dans les intrants pourrait aussi impacter la digestion anaérobie. Li et
al. (2020) ont étudié, à l’échelle laboratoire, l’impact de l’addition de particules de microplastiques de
polyester (200 µm) lors de la digestion anaérobie mésophile de boues de station (Li et al., 2020). Des
diminutions de production de méthane de l’ordre de 10% ont été mesurées avec peu de différences
selon la quantité de plastique ajoutée, entre 1 et 200 particules/kg MS. Des micropolluants adsorbés
sur les microplastiques pourraient être relargués lors de la digestion anaérobie (Zhang, Chen, et Li
2020).

Des mycotoxines, puissants inhibiteurs, sont produits par certains micro-organismes lors du stockage
de la matière. Pour éviter cette problématique, il convient de couvrir les silos et stocker la biomasse
sous abri (issues de céréales, …)(PlanET).

Les microorganismes de la digestion anaérobie peuvent s’acclimater dans une certaine mesure à la
présence d’inhibiteur. La co-digestion permet de diluer la concentration en inhibiteur lié à un substrat
en particulier.

Cas particulier du soufre


Le soufre est nécessaire en faibles quantités dans la ration car présent dans certaines enzymes et
cofacteurs (Boulenger & Gallouin, 2009). En conditions anaérobies, le soufre (présent dans les
protéines) et les sulfates sont réduits, sous l’action des bactéries sulfato-réductrices, en hydrogène
sulfuré, connu pour être un inhibiteur de l’activité méthanogène. La concentration inhibitrice pour les
bactéries méthanogènes serait de 50–125 mg H2S/L pour un pH de 7 à 8 (réduction de 50% de la
production de méthane) avec un seuil à 250 mg H2S/L pour un pH acide (6,4–7,2) et 90 mg H2S/L
pour un pH basique (7,8–8,0)(Chen et al., 2008).

Etude RECORD n°20-0420/1A 23


La toxicité de l’H2S est multiple, elle peut être directe et liée aux sulfures dissous ou indirecte et liée à
la précipitation des métaux indispensables aux méthanogènes (Florencio, 1994).
La présence de soufre dans les substrats doit être considérée tant au niveau des inhibitions
biologiques que pour son impact sur la qualité du biogaz. L’H2S expose à des risques mortels
d’intoxications par inhalation nécessitant des mesures de sécurité spécifiques au niveau de la
détection et de la ventilation. Il est de plus problématique car il génère des risques de corrosion pour
les parties métalliques et notamment les moteurs.
Les travaux réalisés dans la thèse de Pascal Peu ont établi qu’un ratio C/S supérieur à 40 était
compatible avec les procédés de désulfurisation installés sur les méthaniseurs agricoles (Peu, 2011).

Des ajouts d’hydroxyde de fer ou de chlorure de fer peuvent être réalisés avec les intrants ou dans le
digesteur pour précipiter les sulfures. Ce mécanisme met en jeu les réactions suivantes :

Réduction du Fer III: 2 Fe(OH)3 + H2S → 2 Fe(OH)2 + S + 2H2O

Précipitation du sulfure : Fe(OH)2 + H2S → FeS + 2H2O

La société Ovive (France) et BiogasJG B.V. (Pays Bas) commercialisent des produits à base de fer
pour cette application :
- OVIVE HFµ à base de Fe(OH)3,
- FeSFix de BiogasJG B.V à base de Fe2O3 et d’éléments traces (Co, Ni, Cu, Mn, Zn, B, V, Al).

[Link].Accessibilité de la matière
Certains substrats sont très fermentescibles, à l’exemple des glucides et lipides, ce qui peut générer
des risques d’acidose. Les AGV produits s’accumulent provoquant une diminution du pH du digesteur.
Le taux de graisse dans la recette est généralement limité à 10 à 15% de la MS entrante afin de ne
pas générer de difficultés au niveau de la digestion (acidification, moussage, remontée de graisses).
Au contraire, les matrices lignocellulosique présentent des propriétés physico-chimiques (faible
surface accessible, fort taux en lignine, cellulose cristalline) qui peuvent limiter l’accessibilité de la
matière et son hydrolyse (Monlau et al., 2013). Ces matières sont lentement biodégradables et
nécessitent des prétraitements adaptés ou des temps de séjour longs.

[Link].Réglementation sur les sous-produits animaux


Les sous-produits animaux (SPAn) sont classifiés en 3 catégories selon leur dangerosité ou leur
risque pour l’environnement (Ministère de l'agriculture et de l'alimentation, 2018b; RCE 1069/2009,
2009). Seules les catégories 2 et 3 peuvent être traitées par méthanisation (Parlement Européen
2009):
- Catégorie 2 : matière à risque sanitaire
Elles comprennent en particulier les effluents d’élevage et le contenu de l’appareil digestif
(matières stercoraires), les produits d’origine animale qui ont été déclarés impropres à la
consommation humaine en raison de la présence de corps étrangers dans ces produits.
Sauf dérogations possibles pour les effluents d’élevage et les matières stercoraires, les
matières C2 doivent être prétraitées par stérilisation (133°C, 20 minutes, 3 bars, < 50 mm)
pour être méthanisées.
- Catégorie 3 : matière à risque sanitaire faible
Il s’agit en particulier des parties d’animaux abattus et propres à la consommation humaine
mais non valorisés (plumes, poils, viande, graisse et sang d’animaux), les déchets de cuisine
et de table qui ne proviennent pas de moyens de transport opérant au niveau international, les
œufs non contaminés, …
Les C3, sauf exception, sont méthanisées après hygiénisation (70°C, 1h, < 12 mm).

Un agrément sanitaire est nécessaire pour les unités de méthanisation traitant des sous-produits
animaux (Parlement Européen 2009).

Etude RECORD n°20-0420/1A 24


1.5.2. Déjections animales
[Link].Composition de la matière
Des indésirables (pierres, sables, bois, ficelle, métaux) peuvent être présents dans les fumiers et
altérer la qualité de la biomasse. Des contaminants : pathogènes, métaux, antibiotiques, hormones
sont aussi présents dans des proportions diverses selon la typologie d’élevage (type d’animaux,
alimentation, litière/paillage…). Le ratio C/N des fumiers est dépendant de la proportion de paille, il
s’établit entre 5 et 54 avec un minimum pour le fumier de volaille et un maximum pour le fumier équin.

Les lisiers présentent des faibles taux de MS et sont utilisés pour la dilution de la ration dans le cas de
la méthanisation en infiniment mélangé. Le ratio C/N est faible avec une plage de variation comprise
entre 1 et 22. Ceci peut être source d’inhibition à l’azote lors de la digestion en mono-digestion.
L’azote (NH3/NH4+) en concentration modérée est nécessaire et participe au pouvoir tampon du
digestat. Les lisiers de porcs sont riches en soufre et peuvent générer des concentrations élevées en
H2S dans le biogaz. Pascal Peu a ainsi mesuré des ratios C/S de 44 et 52 pour deux lisiers de porcs
ce qui conduirait en mono-digestion à une concentration potentielle en H2S dans le biogaz comprise
entre 0,7 et 3,9% selon les hypothèses retenues (Peu, 2011). Des concentrations élevées en métaux
(cuivre et zinc) peuvent aussi être mesurées dans ces lisiers selon la ration alimentaire (PlanET).

Les fientes de volaille présentent des concentrations élevées en azote avec un ratio C/N moyen de 9.
La concentration en soufre peut être élevée avec des ratios C/S compris entre 39 et 75 pour 6 fientes
de volaille (Decoopman, 2006).

[Link].Facteurs réactionnels et biologiques


Les déjections animales sont des matières fermentescibles qui vont évoluer au cours du stockage. La
durée de stockage qui induit 90 % des pertes de potentiel méthanogène a été reportée par le Club
Biogaz dans son guide de bonnes pratiques pour les projets de méthanisation. Elle est de 50 jours
pour les fumiers et 30 jours pour les lisiers (Barriatoulah, 2011). Des essais réalisés par l’APESA dans
le cadre du projet SAM avaient montré des pertes de potentiel méthanogène de 1%/jour pour le mode
de stockage le moins conservatif. Le fumier équin à 60% de MS avait été manipulé pour des
opérations de chargement / transport / déchargement et broyage qui avaient conduit à introduire de
l’air au sein de la matière. Les pertes étaient moins élevées pour les fumiers les plus secs (Peyrelasse
C. et al., 2017).
Lors de la digestion, les fumiers riches en paille, à l’exemple des fumiers équins, auront des
cinétiques de dégradation lentes en raison de la présence de lignocelluloses. La longueur des brins
de paille et donc des fibres impactera les contraintes mécaniques pour l’introduction de la matière et
les temps de séjour nécessaires à leur digestion. Des contraintes supplémentaires seront à considérer
en infiniment mélangé, l’énergie d’agitation sera d’autant plus élevée que la teneur en matière sèche
et par conséquent la viscosité est élevée. La présence de paille induit, de plus, des risques de
flottation à maitriser pour empêcher la formation de croûte dans le digesteur.

[Link].Facteurs opérationnels
Les effluents d’élevage sont des sous-produits animaux de catégorie 2. Des dérogations à la
stérilisation/hygiénisation peuvent être autorisées si l’autorité compétente estime qu’il n’y a pas de
risque de propagation d’une quelconque maladie grave transmissible (RCE 1069/2009, 2009).

Les effluents d’élevage sont des matières odorantes qui nécessiteront des mesures particulières pour
limiter les nuisances lors du transport et du stockage.

1.5.3. Résidus agricoles et productions végétales


[Link].Composition de la matière
La récolte des résidus agricoles et productions végétales peut conduire à la présence d’indésirables
(pierres, terres et sables) dans la biomasse.
Les pailles de céréales et cannes de maïs sont des substrats lignocellulosiques difficilement
biodégradables. Le ratio C/N est élevé avec des valeurs comprises entre 28 et 150. L’herbe et les
cultures énergétiques sont plus facilement biodégradables. Ces matières présentent, de plus, des
brins plus courts (CIVE hachées à l’ensileuse). Les ratios C/N des CIVE sont dépendants de l’espèce
végétale et varient entre 15 et 22 pour les CIVE d’hiver (graminées ou association de graminées /

Etude RECORD n°20-0420/1A 25


légumineuses : avoine, triticale, orge, seigle, colza, pois, trèfle) et 9 à 62 pour les CIVE d’été (maïs,
sorgho, tournesol et moya). L’herbe présente un ratio C/N assez faible, compris entre 13 et 26. La
présence de soufre peut être problématique pour les résidus de colza et de moutarde.

[Link].Facteurs réactionnels et biologiques


Les résidus agricoles présentent des C/N élevés qui nécessiteront un rééquilibrage de la ration pour
permettre de dégrader de manière optimale le carbone. La présence de résidus de colza ou moutarde
sera à l’origine de la formation d’H2S.
Les principales contraintes liées aux résidus agricoles concernent la faible cinétique de dégradation.
Celle-ci est d’autant plus faible que les fibres sont longues et dures (canne de maïs). D’autre part, ces
substrats ont tendance à flotter dans les digesteurs infiniment mélangés.

[Link].Facteurs opérationnels
Les résidus agricoles méthanisables peuvent concurrencer le secteur animal (pailles de céréales) et la
combustion (menues pailles).

1.5.4. Déchets verts des collectivités

[Link].Composition de la matière
Les broyats de déchets verts (bois, tailles d’arbustes) présentent des forts taux de lignine qui
pénalisent leur biodégradation en méthanisation. Ces substrats devraient être orientés vers des
filières de compostage. Les tontes et fauches de bord de route sont plus adaptés à la méthanisation.
Les tontes présentent un ratio C/S de 79 (Peu, 2011) ce qui ne génère pas de problématique liée à
l’H2S.

L’étude CARMEN (CARactérisation des HAP et des métaux dans les herbages fauchés en bord de
routes pour la MEthanisatioN), financée par l’ADEME, s’est intéressée à la méthanisation des fauches
de bords de route (Zdanevitch et al., 2018). Cette étude a montré qu’en fin d’été, les herbes sont plus
sèches qu’au printemps et présentent un caractère plus ligneux qui réduit leur digestibilité en
méthanisation (Zdanevitch et al., 2018). Le projet avait montré que les tontes ou fauches de bord de
routes sont polluées par des indésirables : pierres, sables, plastiques. Les 2 campagnes de
ramassage réalisées en bord de route ont collecté 2,4 et 3,2 kg de déchets/ km. Sur 50 km, ont été
ramassés 245 bouteilles plastiques, 330 canettes aluminium, 80 bouteilles de verre, 12 sacs de 130
litres de papiers et plastiques divers, de la ferraille et des débris de voiture. L’étude concluait que les
herbes de fauches étudiées pouvaient être méthanisées mais qu’un ramassage des déchets avant la
fauche était nécessaire. Les concentrations en HAP ou métaux lourds n’étaient pas pénalisantes pour
la digestion anaérobie ou le retour au sol au regard des exigences de la norme NF U 44-051
(Zdanevitch et al., 2018).

[Link].Facteurs réactionnels et biologiques


L’incorporation d’herbe dans la ration augmente la viscosité du mélange et peut provoquer des
problèmes d’acidose (Zdanevitch et al., 2018). L’herbe a de plus tendance à flotter dans les
digesteurs en infiniment mélangé.
Des essais en voie sèche discontinue ont été réalisés sur un pilote de 60L au cours du projet
CARMEN. Ces essais ont permis de déterminer un taux maximal d’herbe dans la ration. Celui-ci est
de 40% en volume (soit 10 à 20 % massique, selon la saison) pour éviter l’acidose dans le digesteur
et limiter la viscosité dans le digestat qui pourrait conduire à sa prise en masse (Zdanevitch et al.,
2018). La tonte d’herbe est un substrat avec un faible pouvoir structurant et une très faible
perméabilité pénalisant la circulation du percolat (Zdanevitch et al., 2018).

[Link].Facteurs opérationnels
Le coût d’une fauche destinée à la méthanisation est de 1,5 à 2 fois supérieur au coût de la fauche
classique (Zdanevitch et al., 2018). Ce surcoût pourrait être compensé par des économies sur
l’entretien des routes (fossés en particulier) et la production de biogaz (Zdanevitch et al., 2018). Une
distance maximale acceptable de 30 km a été définie entre le lieu de fauche et le méthaniseur, pour le
cas particulier de la Mayenne, pour limiter les coûts de carburants (Zdanevitch et al., 2018).

Etude RECORD n°20-0420/1A 26


1.5.5. Déchets et effluents des industries
[Link].Composition de la matière

 Industrie de la viande
L’industrie de la viande et en particulier l’activité d’abattage génère des déchets et graisses pouvant
être méthanisés : viscères, sang, matières stercoraires… Leur nature lipidique et protéique présente
des potentiels méthanogènes intéressants pour la méthanisation. Le ratio C/N est très variable, il
s’établit autour de 2 pour le sang et peut atteindre des valeurs élevées à l’exemple des graisses et
plumes. Des ratio C/S de 125 pour la viande de porc, 69 pour le mucus de porc, 75 pour le sang bovin
et 19 pour les poils de porc ont été reportés (Peu, 2011).

 Industrie végétale
Les résidus de l’industrie végétale sont variés, il s’agit notamment des résidus de transformation et de
conserverie des fruits et légumes. Les ratio C/N peuvent être élevés pour certains produits à l’exemple
de la fécule/pulpe de pomme de terre (ratio de l’ordre de 70 à 80) et faibles pour les épluchures de
légumes. Généralement, les résidus de fruits et légumes se dégradent rapidement. Certains produits
végétaux tels que les choux, navets, poireaux, oignons, échalotes, ail, tomates contiennent du soufre
à l’origine de la production d’H2S lors de leur digestion (PlanET).
Certains résidus nécessitent des contraintes particulières à l’exemple du broyage (betterave, carotte)
pour rendre la matière accessible à la dégradation. Ils peuvent de plus être chargés en sable et terre
qui s’accumulent en fond de digesteur.

 Produits transformés
Dans cette étude, la catégorie « produits transformés » intègre les déchets de l’industrie de
transformation du lait (yaourt), de la fabrication de plats préparés ou d’aliments pour animaux. Le
potentiel méthanogène est intéressant avec des ratios C/N variables.

 Lactosérum
Le lactosérum présente un bon potentiel méthanogène avec une cinétique de dégradation rapide. Le
pH peut être proche de la neutralité, de l’ordre de 6,5 (lactosérum doux) ou acide avec un pH entre 3
et 5.

 Effluents, boues
Les effluents d’IAA présentent un taux de MS faible. Les boues issues du traitement des effluents ont
un taux de MS plus élevé dépendant du process de déshydratation.

 Graisses IAA
Les graisses d’IAA considérées dans cette étude correspondent aux résidus de production (graisses
issues de la production de margarine, graisse de confit de canard) et aux graisses générées par le
traitement des effluents : graisses de flottation. Le ratio C/N peut être très élevé en fonction de la
pureté de la graisse.

[Link].Facteurs réactionnels et biologiques


La digestion anaérobie des déchets de l’industrie de la viande, riches en lipides et protéines, peut
générer des problèmes d’inhibition au sein du digesteur. Les principaux inhibiteurs qui peuvent être
rencontrés avec ces substrats sont l’ammonium et l’hydrogène sulfuré liés à la dégradation des
protéines ainsi que les acides gras volatils (Ek et al., 2011). Les déchets d’abattoir sont, en effet,
connus pour produire de l’H2S lors de leur digestion (Ek et al., 2011). La digestion de ces déchets
avec d’autres substrats a été proposée pour remédier aux risques d’inhibition (Alvarez & Lidén, 2008).

Les effluents des industries peuvent contenir des inhibiteurs pour la méthanisation à l’exemple des
désinfectants utilisés pour le lavage. Ils sont peu concentrés (en MS) et ont généralement un potentiel
méthanogène faible ramené au poids brut. Ils sont intéressants pour apporter de l’eau à la ration.

Les graisses fortement fermentescibles présentent un risque de moussage et d’acidose lors de la


digestion. Elles peuvent aussi générer des problèmes de colmatage des canalisations et des
difficultés lors du mélange (non miscibilité, flottation).

Etude RECORD n°20-0420/1A 27


[Link].Facteurs opérationnels
Les déchets et effluents des industries peuvent être des SPAn (§[Link]). C’est en particulier le cas
des déchets d’abattoir, du lait, des produits à base de lait, du colostrum, des œufs, les produits à base
d’œufs. Dans ce cas, des contraintes spécifiques d’hygiénisation/stérilisation (avec des dérogations
possibles) s’appliquent en amont de la méthanisation et un agrément sanitaire est nécessaire.

Les résidus de l’industrie végétale sont produits de manière saisonnière. Différents gisements doivent
être disponibles pour permettre une production de biogaz lissée sur l’année.

Un stockage chauffé des graisses peut être nécessaire pour permettre leur pompage.

1.5.6. Boues et graisses de stations d’épuration des eaux usées

[Link].Composition de la matière
Les boues primaires extraites du décanteur primaire présentent une meilleure biodégradabilité que les
boues secondaires produites après le traitement biologique aérobie. Les filasses (résidus de lingette
par exemple) présentes dans les boues posent des problèmes de bouchage des conduites et pompes
à l’entrée ou en sortie de digesteur et peuvent pénaliser le fonctionnement des agitateurs. Elles
peuvent de plus créer des croûtes en surface de digesteur.
Les graisses sont très fermentescibles et présentent un potentiel méthanogène élevé intéressant en
digestion anaérobie. Elles peuvent toutefois être polluées par des plastiques (COOP de France &
FNCUMA, 2011) ou des filasses.

[Link].Facteurs réactionnels et biologiques


Les graisses fortement fermentescibles présentent un risque de moussage et d’acidose lors de la
digestion. Elles peuvent aussi générer des problèmes de colmatage des canalisations et des
difficultés lors du mélange (non miscibilité, flottation). Le taux de graisses dans la ration doit être limité
à 10-15% de la MS de la ration pour éviter les risques de moussage, acidification et les
problématiques de mélange.

[Link].Facteurs opérationnels
La méthanisation des boues et graisses de station d’épuration relève d’une réglementation spécifique.
Un stockage chauffé des graisses peut être nécessaire pour permettre leur pompage.

1.5.7. Biodéchets
[Link].Composition de la matière
Les biodéchets produits par les particuliers ou issus des grandes et moyennes surfaces et de la
restauration contiennent des indésirables à éliminer préalablement à la méthanisation. Il s’agit
d’erreurs de tri et d’emballages : métaux, verre, plastiques. Les biodéchets sont fortement
fermentescibles ce qui impose de bonnes conditions de stockage pour limiter les pertes de matière et
de potentiel méthanogène et les nuisances (odeurs, nuisibles, insectes). Le ratio C/N est relativement
faible : 14 ± 2 pour les biodéchets de cantine et restauration.

[Link].Facteurs réactionnels et biologiques


Le caractère fermentescible des biodéchets peut pénaliser la digestion en raison de la production
rapide d’AGV et du risque d’acidose. Des concentrations élevées en ammonium peuvent aussi être
problématiques.

[Link].Facteurs opérationnels
L’article L. 541-21-1 du code de l’environnement impose le tri et la valorisation de biodéchets. Cette
obligation concernait depuis 2012 les plus producteurs, plus de 120 tonnes/an de biodéchets ou 1500
litres/an d’huiles alimentaires. Depuis 2016, sont concernés les producteurs de plus de 10 t/an de
biodéchets ou plus de 60 litres/an d’huiles alimentaires usagées (JORF, 2011). Cette obligation sera
étendue à partir du 1er janvier 2023 à tous les producteurs de plus de cinq tonnes de biodéchets par
an puis au plus tard le 31 décembre 2023, à tous les producteurs ou détenteurs de biodéchets, y
compris les collectivités territoriales et les établissements privés et publics qui génèrent des
biodéchets (Code de l'environnement, 2021).

Etude RECORD n°20-0420/1A 28


Les déchets de cuisine et de table (DCT) font l’objet d’une réglementation particulière. Il s’agit de «
tous les déchets d’aliments y compris les huiles de cuisson usagées provenant de la restauration et
des cuisines, y compris les cuisines centrales et les cuisines des ménages » comme stipulé dans
l’annexe 1 du règlement européen 142/2011 (Commission européenne, 2020). Ces déchets sont
définis comme étant des sous-produits animaux (SPAN) de catégorie 3 (règlement CE 1069/2009
article 10) (Parlement européen et conseil, 2009). Ils doivent être broyés à une taille maximale de 12
mm et hygiénisés à 70 °C minimum pendant 1 heure minimum, avant leur introduction dans le
digesteur (Ministère de l'agriculture et de l'alimentation, 2018a). Leur transport est aussi réglementé.
« Les sous-produits animaux et les produits dérivés doivent être collectés et transportés dans des
emballages neufs scellés ou dans des conteneurs ou véhicules étanches et couverts » (Parlement
européen et conseil, 2009).

La mobilisation du gisement de biodéchets est un point clé de la réussite de leur valorisation. Les
producteurs de biodéchets doivent être sensibilisés aux enjeux de cette mobilisation et au tri afin de
limiter au maximum la présence d’indésirables qui dégradent la qualité de la matière.

1.5.8. Algues
[Link].Composition de la matière

 Macroalgues
Les macroalgues sont riches en soufre avec des ratios C/S de 12 pour les algues rouges et 7 pour les
algues vertes (Peu, 2011).
Des études ont été conduites pour la méthanisation des sargasses dans le cadre d’un appel à projet
de l’ADEME « collecte et valorisation des algues sargasses en Guadeloupe ». Les analyses réalisées
par INRAE transfert environnement montrent que les algues sargasses présentent de fortes
concentrations en sels (INRAE Transfert Environnement, 2018) en partie présents à l’intérieur des
cellules. Des concentrations en chlorure et potassium de 8,4 g/kg et 11,9 g/kg d’algues fraiches ont
été mesurées.

Le projet Eco3Sar : Ecologie, Ecotoxicologie et Economie des Sargasses, financé par l’ADEME s’est
intéressé à la présence de contaminants dans les sargasses. Les algues échouées sur les côtes de
Guadeloupe et de Martinique présentent des concentrations moyennes en arsenic de 80 mg/kg MS
(Lopez et al., 2020). Le chlordécone est présent dans les sargasses des zones de limitation/restriction
de la pêche avec des concentrations allant de quelques µg/kg de MS jusqu’à 1,9 mg/kg de MS. Dans
les autres zones, les résultats démontrent l’absence de chlordécone dans les sargasses (Lopez et al.,
2020). Des concentrations en cadmium supérieures à 0,8 mg/kg MS ont aussi été reportées en
période hivernale pour des macro-algues échouées sur les côtes danoises (Gimžauskaitė et al., 2020)

Le ratio C/N est généralement faible et évolue en fonction de la saison et de la localisation (Milledge
et al. 2019).

Le potentiel méthanogène des macroalgues est faible avec une valeur moyenne de 173 Nm3 CH4/tMSV
comparativement à d’autres substrats organiques, 272 Nm3CH4/tMSV pour les pailles de céréales par
exemple (base de données APESA, (Jard et al., 2013)).
Différents facteurs ont été avancés pour expliquer la faible production de méthane des macroalgues :
structure et résistance de la paroi cellulaire, synthèse de substances toxiques ou antimicrobiennes par
les cellules algales, ratio C/N défavorable, production de polyphénols pour certaines espèces,
présence de soufre, de métaux lourds et de sels pour les algues marines (Barbot et al., 2016).

 Microalgues
Les taux de MS des microalgues sont faibles, de l’ordre de 0,1 à 1 g/L dans les bassins ouverts et 1 à
4 g/L dans les photobioréacteurs (DelTorchio, 2013; Wiley et al., 2011). Une étape de
récolte/concentration est nécessaire avant la digestion anaérobie. L’accessibilité de la matière est de
plus limitée par la structure complexe de la paroi cellulaire.

[Link].Facteurs réactionnels et biologiques


Des essais de digestion anaérobie de sargasse ont été réalisés par l’INRAE en mode thermophile
voie sèche sur des pilotes de 16,5 L. Les performances de digestion sont faibles avec une production
de 60 Nm3CH4/tMSV, un biogaz produit pauvre en CH4 (32%) et un taux d’H2S élevé (3,4%) (INRAE

Etude RECORD n°20-0420/1A 29


Transfert Environnement, 2018). L’inhibition du process de digestion serait imputable à la présence de
sels et en particulier aux sulfates à l’origine de la production d’H2S (INRAE Transfert Environnement,
2018).
Les algues ou microalgues d’eau douce contrairement au microalgues marines ne génèreront pas de
risque d’inhibition lié à la salinité.

[Link].Facteurs opérationnels
Les algues d’échouage ne sont pas produites en continu nécessitant leur stockage dans des
conditions favorables à la conservation de la matière. Des précautions particulières seront
nécessaires vis-à-vis du risque H2S pour les exploitants et le matériel. Le sable présent dans les
algues marines récoltées sur les plages est aussi problématique car il se dépose en fond de digesteur
et nécessitera des opérations de vidange régulière pour conserver un volume suffisant de digestion. Il
participe de plus au vieillissement prématuré du matériel, tout comme le sel, dans le cas des algues
marines.

Les principaux verrous limitant l’utilisation des microalgues en digestion anaérobie concernent les
coûts de production de cette biomasse (Zabed et al., 2020). Les faibles concentrations en microalgues
dans les réacteurs de cultures imposent la mise en place de process de récolte et de concentration
pour augmenter le taux de MS de cette biomasse avant digestion.

Etude RECORD n°20-0420/1A 30


1.5.9. Synthèse des facteurs limitants et leviers d’actions

Facteurs limitants

Nomenclature Type procédé Leviers d'actions : Approvisionnement et stockage,


intrants méthanisation Facteurs réactionnels Prétraitement et préparation de la ration
Composition de la matière Facteurs opérationnels
et biologiques

Déjections animales
Hétérogénéité
Ne pas broyer avant le stockage mais avant la digestion
pour limiter les pertes de matières pendant le stockage
Présence de paille difficilement biodégradable Pertes au stockage
Matière odorante (précaution (Peyrelasse C. et al., 2017).
(lignocellulose)
stockage/transport)
Voie sèche Cinétiques de
Prévenir et contrôler le risque d’auto inflammation
IM Présence de polluants (ETM, hormones, dégradation lentes
SPAN (dérogation possible à la pendant le stockage
antibiotiques…) pour les fumiers
stérilisation/hygiénisation)
pailleux
Enzymes biologiques pour améliorer la biodégradation et
Fumier Présence d’indésirables (pierres, sables, bois,
réduire la viscosité du digestat
ficelles, métaux)
Différentes solutions de broyage existent sur le marché
Energie d’agitation
pour accélérer la cinétique de dégradation et faciliter
élevée (viscosité)
l’introduction/mélange
Spécificités Fibres longues → contraintes mécaniques pour
IM l’introduction et l’agitation Risque de flottation
Des prétraitements de type ultrason ou cavitation existent
dans le digesteur (si
pour réduire la viscosité du digestat et améliorer la
fumier pailleux)
digestion de la matière.
Taux de MS faible Réduire la durée du stockage à 1 ou 2 semaines
maximum pour limiter les pertes de matière et de potentiel
Pertes au stockage
Faible potentiel méthanogène Matière odorante (précaution méthanogène pendant le stockage : stocker en fosse
stockage/transport) couverte agitée (Peyrelasse C. et al., 2017).
Sédimentation
C/N faible: risque inhibition NH3
pendant le stockage
Voie sèche Volumes importants → transport Conception de la cuve en pointe de diamant avec
Lisier
IM Concentration élevée de soufre (lisier porcin) sur de courtes distances possibilité de vider la fosse intégralement pour éliminer
Génération d’H2S en
les matières en suspension, support de développement
particulier pour le
Présence de polluants : cuivre et zinc pour les SPAN (dérogation possible à la bactérien (Peyrelasse C. et al., 2017).
lisier porcin
lisiers de porc, hormones, antibiotiques, … stérilisation/hygiénisation)
Méthaniser le lisier en co-digestion pour équilibrer le C/N
Bon pouvoir tampon et le faible taux de MS de la ration
Très fermentescible
Risque d’inhibition Prétraitement thermochimique (extraction d’azote,
C/N faible
Voie sèche azote SPAN (dérogation possible à la amélioration de l’accessibilité cellulose/hémicellulose)
Fientes
IM stérilisation/hygiénisation)
Concentration élevée en soufre
Génération d’H2S Méthaniser en co-digestion
Présence d’indésirables (terre, plumes)
Résidus agricoles

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 31


Facteurs limitants

Nomenclature Type procédé Leviers d'actions : Approvisionnement et stockage,


intrants méthanisation Facteurs réactionnels Prétraitement et préparation de la ration
Composition de la matière Facteurs opérationnels
et biologiques

Fibres longues
Stocker sous abri, limiter les manipulations et
Concurrence avec le secteur animal
Pailles de Voie sèche Substrats introductions d’air
Présence de soufre pour
céréales IM lignocellulosiques
une partie des pailles Matière payante
difficilement Prévenir et contrôler le risque d’auto inflammation
(colza, moutarde) Cinétiques de
biodégradables pendant le stockage
dégradation lentes Concurrence biomasse
(lignine)
(combustion)
Méthaniser en co-digestion pour équilibrer le C/N
Présence de soufre pour Génération d’H2S
Voie sèche Présence
Menues pailles une partie des menues avec les résidus de Matière payante
IM d’indésirables Enzymes biologiques pour améliorer la biodégradation et
pailles (colza, moutarde) colza, moutarde
(sable, terre, pierre) réduire la viscosité du digestat
Risque d’envol lors de la
manutention
C/N élevé Adapter le temps de séjour dans le digesteur aux
Voie sèche Difficulté pour le ramassage et le
Cannes de maïs Fibres longues cinétiques de dégradation de la matière
IM broyage
Différentes solutions de broyage existent sur le marché
Energie d’agitation
pour accélérer la cinétique de dégradation et faciliter
élevée (Viscosité)
l’introduction/mélange (broyeur à couteaux / marteaux)
Spécificités Contraintes mécaniques pour l’introduction et Risque de flottation
Résidus agricoles Piège à cailloux
IM l’agitation dans le digesteur
(paille) (COOP de
Des prétraitements de type ultrason ou cavitation existent
France & FNCUMA,
pour réduire la viscosité du digestat et améliorer la
2011)
digestion de la matière.
Production végétale
Voie sèche Matière hachée à l’ensileuse Coût de production élevé avec des Une attention particulière doit être portée lors de la récolte
CIVE d’hiver
IM rendements aléatoires et du stockage pour limiter la présence d’indésirables
Présence d’acides
Logistique pour le stockage Bonne conservation de la matière ensilée, récupération
Voie sèche
CIVE d’été Substrat rapidement biodégradable (ensilage) des jus avec piège à cailloux
IM Dégradation de la
matière en absence
Présence d’indésirables (pierres, sables) Saisonnalité Prévoir un piège à cailloux et/ou pré fosses et puisard en
de stockage adapté
amont des pompes (Ollivier 2016)
Coût faible
Présence d’indésirables (pierres, sables) Risque d’acidification
Enzymes biologiques pour améliorer la biodégradation et
Voie sèche
Ensilage d’herbe Saisonnalité réduire la viscosité du digestat
IM Composition saisonnière : plus ligneuses en fin
d’été
Production existante Attendre à minima 4 semaines après l’ensilage pour
introduire la matière (risque d’acidose) (PlanET)
Energie d’agitation Privilégier les brins courts pour le réglage de l’ensileuse
Production Spécificités
élevée (Viscosité) (Ollivier 2016)
végétale IM

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 32


Facteurs limitants

Nomenclature Type procédé Leviers d'actions : Approvisionnement et stockage,


intrants méthanisation Facteurs réactionnels Prétraitement et préparation de la ration
Composition de la matière Facteurs opérationnels
et biologiques

Risque de flottation Un compromis doit être trouvé entre le tonnage de


dans le digesteur si matière produite et sa biodégradabilité (choix de l’espèce
ensilage grossier et de la période de récolte)(Ollivier 2016)

Des prétraitements de type ultrason ou cavitation existent


pour réduire la viscosité du digestat et améliorer la
digestion de la matière.
Déchets verts des collectivités
Enzymes biologiques existantes sur le marché pour
Redevance améliorer la biodégradation et réduire la viscosité du
Risque d’indésirables (pierres, sables, plastiques,
digestat
métaux…)
Voie sèche Production saisonnière
Tontes Risque d’acidification
IM Limiter à 10 à 20 % massique de la ration, selon la saison
Composition saisonnière : plus ligneuses en fin
Filière de collecte existante (COOP (voie sèche) (Zdanevitch et al., 2018)
d’été
de France & FNCUMA, 2011)
Limiter la durée de stockage ou ensiler la matière
Risque d’indésirables (plastiques…) Production saisonnière
Broyat de Voie sèche Cinétiques de
Sélectionner les matières à méthaniser : herbe
déchets verts IM Fort taux de lignine → fraction peu ou pas dégradation lentes Concurrence avec la filière de
biodégradable (bois, tailles d’arbustes) compostage

Ne pas faucher trop près du sol pour ne pas polluer la


fauche par de la terre

Enzymes biologiques existantes sur le marché pour


Présence d’indésirables (plastiques, verres, Production saisonnière
Fauches de bord améliorer la biodégradation et réduire la viscosité du
canettes…) Risque d’acidification
de route Voie sèche digestat
(Zdanevitch et al., Nettoyage nécessaire de la zone
(Zdanevitch et al., IM
Composition saisonnière : plus ligneuses en fin 2018) avant fauchage
2018) Limiter à 10 à 20 % massique de la ration, selon la saison
d’été
(voie sèche)

Des prétraitements de type ultrason ou cavitation existent


pour réduire la viscosité du digestat et améliorer la
digestion de la matière.
Energie d’agitation
Les problèmes de flottation peuvent être résolus par la
élevée (Viscosité)
Déchets verts Spécificités mise en place de broyeurs (en amont de la digestion ou
des collectivités IM en recirculation sur le digesteur) et/ou une agitation
Risque de flottation
adaptée
dans le digesteur
Déchets et effluents des industries agroalimentaires

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 33


Facteurs limitants

Nomenclature Type procédé Leviers d'actions : Approvisionnement et stockage,


intrants méthanisation Facteurs réactionnels Prétraitement et préparation de la ration
Composition de la matière Facteurs opérationnels
et biologiques

Redevance

Matière odorante (précaution


Risque d’acidification stockage/transport)
en raison de la
Substrats riches en lipides et protéines
dégradation rapide Précautions particulières liées au
Industrie viande C/N faible Méthaniser les déchets de l’industrie de la viande en co-
IM des matières risque H2S pour les exploitants
dont abattoir digestion
Présence de soufre (sang, protéines)
Risque inhibition NH3 SPAN
et production d’H2S Hygiénisation et broyage
nécessaire
(70°C, 60 minutes
Particules < 12 mm)
Présence de terre, sable (résidus de betterave,
carotte…) Privilégier les résidus qui contiennent peu de terre et de
sable qui s’accumulent en fond de digesteur
Certains substrats sont non accessibles à la
Risque de production
Voie sèche digestion en absence de broyage (pommes de La production saisonnière nécessite la disponibilité de
Industrie végétale d’H2S en présence de Production saisonnière
IM terre, betteraves …) substrat de substitution
végétaux soufrés
Présence de soufre pour certains produits Selon les substrats, nécessité de broyage :
végétaux : choux, navets, artichauts, poireaux, (exemple résidus de pomme de terre, carottes)
oignons, échalotes, ail, tomates (PlanET)
Produits
transformés Solide à liquide
(déchets IM Classement possible en SPAN
alimentaires de Généralement substrat rapidement biodégradable
l’industrie)
Liquide
IM
Lactosérum Substrat rapidement biodégradable Risque d’acidification SPAN
Voie liquide
pH acide
Sélectionner les boues et effluents compatibles avec la
Possible inhibiteurs : sels, métaux, polyphénols,
méthanisation par rapport à leur dégradabilité et à
désinfectants
IM l’absence d’inhibiteurs
Boues et
Voie liquide Evolution du pH Classement possible en SPAN
effluents Carences possibles en mono-digestion
Voie sèche Contrôler le pH et neutraliser si besoin
Effluents parfois très dilués et peu méthanogènes
Complémenter si besoin nutriments et oligo-éléments
Voie sèche Liquide à pâteux Risque de moussage Redevance Prétraitement par saponification
Graisses
(co-digestion) et d’acidification

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 34


Facteurs limitants

Nomenclature Type procédé Leviers d'actions : Approvisionnement et stockage,


intrants méthanisation Facteurs réactionnels Prétraitement et préparation de la ration
Composition de la matière Facteurs opérationnels
et biologiques

IM Substrat fortement fermentescible Classement possible en SPAN Limiter à 10-15% de la MS de la ration


Difficultés pour le
C/N élevé mélange (non Stockage chauffé (>20°C) pour
miscibilité, flottation) permettre le pompage
et risque de
colmatage Concurrence avec d’autres voie de
valorisation (COOP de France &
FNCUMA, 2011)
Boues de stations d’épuration des eaux usées
Liquide à pâteux
Eliminer les filasse avant méthanisation
Présence de filasses (dont résidus de lingettes)
Prétraitements existants : Hydrolyse thermique, sonolyse,
Boues secondaires moins dégradables et Risque de moussage électrocinétique
Boues méthanogènes que les boues primaires (faible (si présence de
IM Réglementation spécifique
biologiques accessibilité du matériel intracellulaire) bactéries Co-méthaniser des boues et graisses pour améliorer le
filamenteuses) ratio C/N
Présence de polluants (ETM, hormones,
antibiotiques, microplastiques…) En absence de boues primaires, étudier l’intérêt d’intégrer
un décanteur primaire sur la file eau
C/N faible
Liquide/pâteux Risque de moussage
et d’acidification
Eliminer les filasse avant méthanisation
Présence de filasse
Graisses de Difficultés pour le
IM Réglementation spécifique Possible prétraitement par saponification
STEP Substrat fortement fermentescible mélange (non
miscibilité, flottation)
Limiter à 10-15% massique dans la ration
Présence possible de plastique (COOP de France et risque de
& FNCUMA, 2011) colmatage
Biodéchets
FFOM Solide Redevance
Optimiser le tri en amont
GMS Présence d’indésirables (plastiques dont Pertes au stockage Réglementation spécifique
micro/nano plastiques, métaux, verre) + carton SPAN de catégorie 3 Stockage hermétique en absence d’air (avec traitement
IM souillé et papier + matières non biodégradables Risque d’acidification des évents)
Déchets de Voie sèche (os) en raison de la Contraintes liés au
cantine et dégradation rapide stockage/transport : odeurs, Déconditionnement nécessaire
restauration Ratio C/N relativement faible des matières nuisibles, insectes
Hydrolyse anaérobie
Substrat fortement fermentescible Hygiénisation et broyage

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 35


Facteurs limitants

Nomenclature Type procédé Leviers d'actions : Approvisionnement et stockage,


intrants méthanisation Facteurs réactionnels Prétraitement et préparation de la ration
Composition de la matière Facteurs opérationnels
et biologiques

nécessaire
(70°C, 60 minutes
Particules < 12 mm)
Algues
Limiter le taux de macroalgues dans la recette : co-
digestion
Précautions particulières liées au
Acclimater les microorganismes de la digestion anaérobie
Solide risque H2S pour les exploitants
Traiter le biogaz (dans le digesteur par injection
Présence de soufre et ratio C/N faible Inhibition du process Production non continue pour les
d’oxygène dans le ciel gazeux ou en amont du process
de méthanisation : algues d’échouage nécessitant un
de valorisation) et/ou injection de réactifs (hydroxyde de
Présence de sables et de sels dont NaCl sels (algues stockage
fer, chlorure de fer) dans le digesteur pour précipiter le
Macroalgues marines), soufre
soufre
Les sargasses contiennent de l’arsenic et du Sable : ensablement digesteur,
chlordécone dans certaines zones Perte de matière lors vieillissement prématuré du
La production saisonnière nécessite la disponibilité de
du stockage matériel
substrats de substitution
Taux élevé de matières minérales → Faible
potentiel méthanogène Nécessité de mettre en place un
Limiter le ramassage du sable lors du ramassage des
mode de stockage conservatif (
IM algues (ramassage des algues en mer, tamisage) et/ou
laver les algues à l’eau de mer voire à l’eau douce pour
réduire la présence de sels et éliminer les sables
Prétraitements pour casser la paroi cellulaire (Ward,
Lewis, et Green 2014)

Limiter le substrat dans la recette : co-digestion


Liquide : faible teneur en MS (équilibrage du ratio C/N)
Inhibition du process Nécessité de mettre un process de
Microalgues et de méthanisation : récolte et de concentration des
Faible accessibilité du matériel intracellulaire Sélectionner les microalgues selon leur aptitude à
spiruline sels (micro-algues microalgues compte tenu de leur
produire du méthane, faciliter leur récolte et à produire
marines) faible concentration
Ratio C/N faible des molécules à forte valeur ajoutée

Méthaniser les résidus de microalgues après valorisation


pour des applications à forte valeur ajoutée (molécules
d’intérêt)

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 36


2. Volet 2 : Synthèse bibliographique des technologies de
stockage et prétraitements des intrants en méthanisation

2.1. Introduction

Parmi les différents intrants utilisés en méthanisation certains comme les cultures intermédiaires à
vocation énergétiques (CIVE) ne sont produits ou récoltés qu’une ou deux fois par an, ils doivent donc
être stockés jusqu’à leur introduction dans le méthaniseur. L’objectif principal du stockage sera la
conservation de la matière organique, en particulier la conservation du potentiel méthanogène. La
problématique de stockage sont également prégnante dans le cas des matrices facilement
biodégradables telles que les déchets alimentaires (biodéchets, soupes de déconditionnement…)
mais aussi des fumiers et lisiers pour lesquels des emissions de méthane ont lieu pendant le
stockage.

Pour la plupart des intrants solides, l’hydrolyse est l’étape limitante de la cinétique de méthanisation.
Des prétraitements peuvent être appliqués afin de faciliter cette étape. L’objectif du prétraitement sera
alors l’amélioration de l’accessibilité et de la biodégradabilité de la matière organique. Notamment, la
solubilisation de la matière particulaire et l’augmentation de la surface spécifique facilitent le contact
entre la matière biodégradable et les enzymes, ce qui résulte en une augmentation de rendement
méthane et une amélioration de la cinétique de dégradation biologique. Outre cet objectif principal
visant à favoriser l’expression du potentiel biométhanogène, les prétraitements peuvent permettre de :
- Hygiéniser certains substrats tels que les sous produits animaux comme imposé par la
règlementation
- Introduire la matière dans le méthaniseur
- Concentrer les matières organiques dans les intrants
- Diminuer la viscosité du milieu réactionnel et donc des problématiques de pompage et
réduction des coûts énergétiques de brassage

2.2. Les technologies de prétraitements et leur positionnement

Afin d’améliorer l’expression ou la conservation du potentiel méthanogène des biomasses


méthanisables, différentes technologies de prétraitements peuvent être appliquées et sont
généralement classifiées en mécanique, physique, thermique, chimique et biologique et des
combinaisons de prétraitements peuvent aussi être envisagées (Atelge et al., 2020; Carrere et al.,
2016; Hashemi et al., 2021) (Figure 9). Outre l’amélioration du pouvoir méthanogène, les technologies
de prétraitement peuvent avoir un impact positif sur le bon fonctionnement et l’entretien des outils
(pompes, canalisation, mélangeur, agitateur) ainsi que sur la puissance et la consommation
énergétique de ces mêmes outils (Garuti et al., 2017; Mönch-Tegeder et al., 2014).

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 37


Figure 13 : Les technologies de prétraitements et de stockage par catégories (RECORD, 2022)

Il existent différentes technologies de prétraitements qui sont décrites ci-dessous :

Prétraitement mécanique :
Les prétraitements mécaniques regroupent les différentes typologies de broyeurs, les systèmes
d’extrusion, les malaxeur en entrée de méthaniseur et les pompes dilacératrices. Parmi les broyeurs,
nous retrouvons notamment : broyeurs à marteaux, à couteaux, à flux croisé…. La pompe
dilacératrice pompe et broie en une seule fonction, ce qui empêche le colmatage ou le blocage.
Parmi les prétraitements mécanique, l'extrusion bi-vis est un procédé de prétraitement physique
prometteur pour la conversion de la biomasse lignocellulosique. L'extrusion bi-vis est un processus
qui combine plusieurs opérations dans une seule unité. Lors de l'extrusion, les matières traitées
peuvent être soumises à différents type de contraintes : thermique, mécanique (mélange, frottement,
cisaillement..), chimique et biochimique entraînant des modifications physiques et structurales des
polymères constitutifs.
Prétraitement physique :
Les prétraitements physiques rassemblent les procédés de cavitation, d’ultrasons, de micro-ondes, de
désintégration électrocinétique. Le prétraitement micro-ondes est l’une des méthodes de
prétraitement physique. Le principe principal du mécanisme est le rayonnement électromagnétique
utilisant une large gamme de fréquences de 300 MHz à 300 GHz avec des longueurs d’onde allant de
1 mm à 1 m, respectivement (Atelge et al., 2020; Marin et al., 2010). Par ailleurs, des procédés de
cavitation, aujourd’hui commercialisé par les sociétés Cavimax ([Link] et
Biobang ([Link] sont des solutions en pleine expansion. On
appelle cavitation la naissance et l'oscillation radiale de bulles de gaz ou de vapeur dans un liquide
soumis à une dépression. Les prétraitements ultrasons (sonication) ont aussi été appliqués
notamment sur les filières boues. La sonication consiste en la propagation d’ondes de pression dans
un milieu liquide et en la formation de bulles de cavitation qui implosent violemment lorsqu’elles
atteignent une taille critique. Une grande quantité d’énergie mécanique est alors libérée entraînant
des phénomènes de fortes turbulences et de forts cisaillements au sein du liquide. Le prétraitement
Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 38
par désintégration électrocinétique, utilise des champs électriques de tension élevée (jusqu’à
quelques dizaines de kilovolts) sur des pulses de quelques millisecondes. Finalement, le procédé de
centrifugeuse lyseuse est une centrifugeuse traditionnelle à laquelle un système de lyse cellulaire a
été ajouté. Les forces de cisaillement entre des lames fixes solidaires de la paroi interne de la
centrifugeuse et des lames mobiles fixées sur le rotor conduisent à la désintégration partielle
Prétraitement thermique et thermo-chimique :
Les prétraitements thermiques et thermo-chimiques peuvent aussi être appliqués. Aujourd’hui, ce sont
majoritairement des procédés thermiques à hautes températures qui sont appliqués (Cambi®,
Exelys®...) notamment dans le cadre des unités de méthanisation traitant des boues. L’hydrolyse
thermique peut avoir lieu à haute température, entre 140 et 180°C sous pression ou à faible
température. L’hydrolyse thermique à des températures inférieures à 80°C a également été étudiée,
ces procédés impliquant des réactions biologiques, les durées sont de l’ordre de la dizaine d’heures à
quelques journées. En parallèle, un agent chimique (acide, oxydant, alcalin) peut aussi être ajouté.
Les prétraitements themo-chimiques sont jusqu’à présent majoritairement uitilisés à l’échelle du
laboratoire et les agents utilisés sont l’acide sulfurique, acide phosphorique, soude, chaux...

Prétraitement biologique :
Les prétraitements biologiques concernent les prétraitements qui engagent des organismes vivants,
sont comptés dans cette catégorie l’ensilage, le pré-compostage de la matière, les prétraitements
enzymatiques ou fongiques. Les prétraitements biologiques présentent l’avantage de CAPEX faibles,
de simplicité de mise en œuvre mais nécessite souvent de travailler dans des conditions de stérilité
afin d’éviter la consommation de la matière soluble par les organismes endogènes.

Ces technologies de prétraitements peuvent être appliqués seuls ou en synergie. Il n’est pas rare de
coupler des prétraitements mécaniques avec des prétraitements thermiques, biologiques ou
physiques.

A l’échelle industrielle, le choix du prétraitements appliqués dépend de divers paramètres :


- La nature de la biomasse à traiter ;
- Le type de méthanisation (voie sèche garage, voie sèche piston, infiniment mélangé) ;
- La formation de potentiel inhibiteurs de la méthanisation ;
- La valorisation du biogaz (injection, cogénération) qui peut impacter la rentabilité de l’unité de
méthanisation ;
- Des CAPEX et OPEX de l’unité de prétraitement à mettre en place au regard de la rentabilité
globale (Excédent Brut d’exploitation et Résultat d’exploitation).

Figure 14 : Différentes configurations de couplage des procédés de prétraitements et de méthanisation


Source : (Carrère et al., 2021)

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 39


La Figure 14 présente les différents configurations pour le couplage des procédés de prétraitements
ou de stockage de la matière et de méthanisation. Le positionnement en amont du méthaniseur est le
plus fréquent, il peut cependant être pertinent, dans le cas de la codigestion, de ne traiter que les
substrats les plus difficiles à dégrader ou ceux nécessitant une hygiénisation. Le prétraitement peut
aussi être appliqué entre le digesteur et le post-digesteur ou sur une boucle de recirculation du
digestat (procédé de cavitation de la société Biobang ou système gaz mix). Cette dernière option
permet un meilleur brassage du milieu réactionnel et une réduction de la formation de croûte en
surface. De plus, si le traitement est appliqué au digestat, le procédé biologique qui permet une
première réduction de la matière facilement dégradable ; le traitement va donc cibler la matière
difficilement dégradable présengte dans le digestat solide avant de la réintroduire dans le digesteur ou
post-digesteur (Brémond et al., 2018). La concentration de la matière particulaire par une étape de
séparation de phase permet de réduire le volume de déchets à traiter et, en conséquence, la
consommation énergétique des prétraitements.

2.3. Visualisation de l’état de l’art au niveau National et International

Afin de prendre un peu de hauteur sur les travaux réalisés sur la thématique des pré-traitement et
ainsi de se différencier des nombreux états de l’art disponibles, une démarche de recherche des
travaux scientifiques au niveau national et international a été réalisée :
 En ce qui concerne le niveau National, nous avons consulté l’intégralité des membres
scientifiques du CTBM (Centre Technique du Biogaz et de la méthanisation,
[Link] afin de recueillir les projets R&D et
les thèses sur le sujet du prétraitement de ses dix dernières années (2010-2021). Nous avons
aussi étendu l’enquête auprès des acteurs industriels majeurs de la méthanisation (SUEZ,
VEOLIA, ENGIE, SUEZ, TOTAL, AIR LIQUIDE, GRDF...) afin d’identifier l’existence des
collaborations industriels / académiques et également de connaître les similitudes ou les
différences des axes et des priorités R&D entre les instituts publics et industriels.
 En ce qui concerne le niveau International, nous avons utilisé le moteur de recherche Web
of Science (base de données bibliographiques universitaire en ligne fournie par l'Institute for
Scientific Information). La recherche a porté sur les mots clés « pretreatment anaerobic
digestion » or « pretreatment biogas » dans le domaine topic « keywords, title, abstract ».
Nous avons ensuite adopté deux stratégies de traitements des données. La première a
consisté à utiliser l’interface Web of Science ([Link] pour
obtenir des données statistiques sur les années de publication, les auteurs publiant le plus,
les organisations et pays, les typologies d’ouvrages.... La deuxième démarche a consisté à
traiter les données à l’aide du logiciel open access VOS VIEWER
([Link] qui est un logiciel de scientométrie. VOSviewer est un outil pour
la construction et la visualisation de réseaux bibliométriques.

2.3.1. Niveau National


Dans un premier temps, nous nous sommes intéressés à identifier les thèses et les projets en cours
au niveau National autour de la problématique stockage et prétraitement de la matière avant
méthanisation.
Aujourd’hui, huit laboratoires travaillant sur cette thématique ont été identifiés au niveau National
(Figure 15). Le laboratoire le plus actif sur le sujet est l’INRAE-LBE avec pas moins de 8 thèses ces
dix dernières années. L’INSA de Lyon a aussi été pas mal impliqué avec 3 thèses notamment sur les
projets ADEME SAM et PAM. D’autres laboratoires ou centre de recherche comme l’UTC, LBC,
INRAE et APESA travaille aussi sur ces thématiques.

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 40


Figure 15 : Laboratoires publics ou centre de recherche impliqués dans les
thèses autour de la problématique stockage et prétraitement de la matière
avant méthanisation (RECORD, 2022)

Comme spécifié en Figure 16, depuis 2011, en France, la plupart des thèses porte sur les biomasses
lignocellulosiques et résidus agricoles (13 thèses), puis viennent les sujets des biodéchets/ordures
ménagères (4 thèses) puis des boues (2 thèses). En ce qui concerne, les biomasses
lignocellulosiques et résidus agricoles, les thèses ont porté sur le stockage des CIVEs avant
méthanisation, sur le prétraitement des résidus agricoles, des cultures énergétiques et des fumiers.
Une thèse a aussi porté sur le prétraitement de digestat solide de méthanisation en recirculation
(Thèse Ulysse Brémond). A noter qu’une thèse est en cours sur la biodégradabilité des plastiques
biodégradables en lien avec le secteur des biodéchets au sein de l’APESA.

Figure 16 : Origine des gisements étudiés dans les thèses autour de la


problématique stockage et prétraitement de la matière avant méthanisation
(RECORD, 2022)

Une liste
détaillée des différentes thèses sur ces dix dernières années est fournie en Tableau 6. Il est a noter
l’absence de thèses sur certaines typologies de biomases et notamment les biomasses algales (micro
et macro-algues). Enfin, il est important de noter que certains industriels sont impliqués dans les
thèses (GRDF, AIR LIQUIDE, OCP...). Toutefois, cette implication reste assez marginale et pourrait
en partie expliquer le décalage que nous pouvons retrouver entre expérimentations menées à
l’échelle laboratoire et réalité industrielle.

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 41


En parallèle des thèses, nous avons aussi réalisé un recensement des projets en cours sur la
problématique du stockage et prétraitement de la matière avant méthanisation. Le Tableau 7
présente les différents projets en cours et les partenaires associés.

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 42


Tableau 6 : Détail des thèses qui sont en cours dans les différents instituts (RECORD, 2022)

Nom et Prénom Année Laboratoir Industriel Biomasses Titre de la thèse


e impliqué
David Jackowiak 2011 Unilasalle/ Biomasses lignocellulosiques Prétraitement de biomasses lignocellulosiques par microonde pour l’amélioration du procédé de
UTC biométhanisation
Anthony Boulanger 2011 INRAE- déchet ménager Préparation d’un déchet ménager pour l’optimisation du potentiel et de la cinétique méthanogène
PROSE
Florian Monlau 2012 INRAE-LBE Biomasses lignocellulosiques Application de prétraitements pour améliorer la production de biohydrogène et méthane: lien entre
propriétés physico-chimiques et performances
Cecilia Sambusiti 2013 INRAE-LBE Biomasses lignocellulosiques Etude de prétraitements et post-traitements pour améliorer l'expression du potentiel méthanogène de
résidus agricoles
Hughes Carlei 2013 INRAE- déchet ménager Caractérisation et optimisation d’une étape statique d’hydrolyse des ordures ménagères résiduelles en
PROSE vue de leur méthanisation hors-sol
Vincent Nordmann 2013 APESA- Biomasses lignocellulosiques Caractérisation et impact des différentes fractions d’une biomasse lignocellulosique pour améliorer les
UPPA prétraitements favorisant sa méthanisation
Le Ngoc Tuan 2013 LGC Boues Optimisation du prétraitement des boues par sonication à basse fréquence sous pression
Toulouse
Elsa Rouches 2015 INRAE-LBE Biomasses lignocellulosiques Impact de prétraitements fongiques sur la méthanisation de la biomasse lignocellulosique,
caractérisation des substrats transformés
Xun Liu 2015 INSA Lyon Biomasses lignocellulosiques Valorisation énergétique de la biomasse lignocellulosique par digestion anaérobie : prétraitement
fongique aérobie
JH Tian 2016 INRAE Biomasses lignocellulosiques Etude d’un prétraitement biologique des biomasses lignocellulosiques par une approche
Rennes microbiologique et de bioprocédé
Henry Fisgativa 2016 INRAE Biodéchets Etude de l’impact d’un prétraitement aérobie sur la digestion anaérobie de déchets de cuisine
Rennes
Ruben Teixera 2017 INSA Lyon Résidus agricoles Optimisation des pratiques de gestion des déchets agricoles en lien avec leur valorisation par
Franco méthanisation
Ulysse Brémond 2019 INRAE-LBE Air Résidus agricoles Optimisation de la gestion des digestats : post-traitements et recirculation pour une amélioration de
Liquid l’efficacité énergétique des sites de méthanisation
e
Aurélie Bichot 2019 INRAE-LBE Biomasses lignocellulosiques Liens entre la composition de la biomasse et l'efficacité des prétraitements appliqués en vue d'une
valorisation en bioraffinerie
Hélène Thomas 2019 INRAE-LBE Biomasses lignocellulosiques Etude de l'impact des pré-traitements alcalins sur la digestion anaérobie du sorgho et du miscanthus
Doha El Alami 2020 INRAE-LBE OCP Boues Couplage de la co-digestion et du prétraitement appliqué aux boues de STEP et aux résidus de
biomasse pour produire du biogaz et des biofertilisants
Helen Laura Coarita 2021 INSA Lyon Résidus agricoles Prétraitement des déchets agricoles pour l'optimisation de leur valorisation par méthanisation
Fernandez
Clément Van en cours INRAE-LBE GRDF CIVEs Stockage et prétraitement des CIVEs avant méthanisation
Vlierberghe
Guillaume Cazaudehore en cours APESA- Biodéchets/Bioplastiques Méthanisation des plastiques biodégradables en co-digestion avec des biodéchets: communauté
UPPA microbienne et impact de prétraitements

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 43


Tableau 7 : Détail des projets qui sont en cours dans les différents instituts (RECORD, 2022)

Date
Nom du projet projet Titre du projet Financeur Partenaires
2015- ADEME-
SAM 2017 SAM - Stockage de la matière avant méthanisation DOSTE INSA Lyon - Labo. DEEP, APESA
2017- ADEME-
PAM 2020 PAM - Prétraitement de la matière avant méthanisation GRAINE INSA Lyon - Labo. DEEP, NOREMAT, ENSAIA
2018- FEDER Région
EQUIMETHA 2019 Méthanisation de fumiers équins: application de prétraitement thermo-chimique N. Aquitaine APESA, Univ. Griffith
2012- INRAE (FARE, BCF, LBE, IATE), Solagro,
STOCKACTIF 2016 Stockage actif de la biomasse pour faciliter sa transformation industrielle ANR Vivescia, Envolure
2012-
BFF 2020 Biomass For Future ANR (PIA) INRAE-LBE
2021- ADEME-
METHAPLAST 2023 Méthanisation de plastiques biodégradables: impact de prétraitements GRAINE RITTMO, IRMA, APESA, SARIA
2018-
VALERORIS 2019 Valorisation écoefficiente des sous-produits des IAA : extraction de biomolécules et production d'énergie Carnot 3BCAR INRAE-LBE
EURALIS, GIE GAO (l’interprofession des huiles
et protéines
végétales, Terres Univia, et deux instituts
ADEME - techniques, Arvalis et
OPTICIVE Optimisation de la mobilisation de cive pour la méthanisation dans les systèmes d'exploitation GRAINE Terres Inovia)
ADEME-
RECITAL Capitaliser et valoriser les informations sur les Cultures Intermédiaires à Vocation Energétique GRAINE Arvalis, Cavac, Euralis, Aile, AMF, Oxyane, Engie
2020- FEDER Région
BIOGAZ RIO 2022 Biogaz Recherche Innovation en Occitanie occitanie INRAE-LBE
2010-
WINSEAFUEL 2013 Production de macroalgues pour une valorisation en biométhane et autres bioproduits ANR INRAE-LBE
2012- Saponification pre-treatment and biosensors based control system for slaughterhouse waste anaerobic digestion
ADAW 2015 improvement SME FP7 INRAE-LBE
2012- Effet d’un prétraitement thermochimique et mécanique de la paille de blé sur ses performances pour les
PEACE 2013 conversions en bio-éthanol et méthane Carnot 3BCAR INRAE-LBE

2018- UrbanBiom - Orientation et prétraitement des Biodéchets en territoire Urbain pour leur valorisation énergétique ADEME - PROVADEMSE, INSA Lyon - Labo. DEEP, GRDF,
URBANBIOM 2021 par conversion biologique et/ou thermochimique en Méthane destiné à l’injection en réseau GRAINE IRCELYON, Métropole de Lyon
2013- ADEME-
PETIOLE 2016 PrETraitements bIOlogiques des substrats LignocEllulosique DOSTE INRAE-OPAALE, LUBEM
2011- Prétraitement biologique des substrats lignocellulosique en vue de leur utilisation en méthanisation, utilisation de ADEME-
METHACHAMP 2013 champignons lignolytiques DOSTE INRAE-OPAALE
2014- ADEME-
RESIMETHA 2017 Méthanisation par voie sèche à la ferme de résidus de cultures DOSTE INRAE-OPAALE, ARVALIS, Gaec Bois Joly
2007- Programme de recherche sur la préparation des déchets pour l’optimisation de la biodégradation par
Bioptime 2011 méthanisation des déchets ménagers et assimilés ANR Veri, INRAE-PROSE, IMFT, LSEE, LIRIGM, LIPE
2021-
Save 2022 Valorisation agro-énergétique des Sargasses – SAVE ANR Ensaia, INRAE URZ, SOMARA, LAE

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 44


Dans la Figure 17, les projets ont été regroupés par catégories de gisements. On remarque que la
plupart des projets au même titre que les thèses ont tourné autour des biomasses lignocellulosiques
et résidus agricoles. Parmi ces projets, cetains ont concerné les CIVEs (Recital, Opticive), d’autres les
déchets agricoles (SAM, PAM, Equimetha, Stockactif...) et les résidus de cultures (Peace, Résimétha,
Methachamp, Petiole). Les projets SAM et PAM ont portés sur l’étude des technolgies de stockage et
de prétraitement de la matière avant méthanisation. Ces deux projets ont été coordonnées par l’INSA
de Lyon. Les projets RECITAL et OPTICIVE coordonnés par ARVALIS ont porté en partie sur
l’utilisation et le stockage des CIVEs avant méthanisation. Le projet Stockactif coordonné par l’INRAE-
LBE et les projets PETIOLE et METHACHAMP coordonnés par l’INRAE-OPAALE ont porté sur
l’application de prétraitements biologiques.
A noter l’intérêt scientifique aussi sur la thématique des biodéchets avec trois projets en cours. Parmi
eux, le projet METHAPLAST (en cours) coordonné par RITTMO abordera notamment la gestion des
plastiques biodégradables dans des filières de méthanisation de biodéchets. Une attention particulière
sera faite sur l’utilisation de prétraitements (mécanique, biologique, thermo-chimique) afin d’améliorer
la biodégradabilité de différents grades commerciaux de plastiques biodégradables.
Finalement, les algues et les déchets d’IAA sont aussi étudiés. Le projet ANR SAVE (en cours)
coordonné par l’ENSAIA étudiera la valorisation des sargasses en filière méthanisation. Un focus
particulier sera fait à délimiter les zones de collecte de Sargasses, et de définir les procédés de
conservation stabilisés des algues récoltées sous deux formes, séchées et ensilées, dans des
conditions sanitaires contrôlées.

Figure 17 : Les projets autour du stockage et du prétraitement de la matière avant méthanisation par
catégories de biomasses et gisements (RECORD, 2022)

Enfin la Figure 18 représente les principaux financeurs de ces projets R&D. Une grande majorité de
ces projets ont été financée par l’ADEME via les programmes DOSTE (4 projets) et GRAINE (5
projets). Les autres sources de financement proviennent de l’ANR, de l’Europe (via les fonds FEDER
ou FP7) et de l’institut Carnot 3 BCAR ([Link]

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 45


Figure 18 : Les financeurs des projets R&D (RECORD, 2022)

Note :
En parallèle des membres du CTBM, les acteurs industriels majeurs de la méthanisation (SUEZ,
VEOLIA, GRDF, AIR LIQUIDE, ENGIE, TOTAL ENERGIES) ont été contacté. Seul GRDF et AIR
LIQUIDE nous ont fait remonter des travaux sur la thématique du stockage et du prétraitement de la
matière avec les thèses notamment de Clément Van Vlierberghe et de Ulysse Brémond. Toutefois,
cela ne signifie pas que les autres industriels ne travaillent pas sur la thématique.

2.3.2. Niveau International

Sur Web of Science, nous avons fait un recensement des ouvrages scientifiques sur la période 2000-
2021. Sur cette période il a été recensé en tout 5923 ouvrages (en date du 19/05/2021). Sur la Figure
19, on observe une activité exponentielle (courbe de modélisation) de recherche scientifique sur le
sujet. Seulement sur l’année 2020, plus de 964 ouvrages ont été publiés.

Figure 19 : Nombre de publications sur le sujet prétraitement et méthanisation


publiées ces dernières années 2000-2021 (RECORD, 2022)

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 46


Les documents publiés sur les années 2000-2021 concernent majoritairement des articles
scientifiques, des proceedings de conférences et des review bibliographique (Figure 20). En effet sur
cette période, on recense 5208 articles, 523 proceedings et 433 revuew bibliographiques.

Figure 20 : Typologies d’ouvrages sur le sujet prétraitement et méthanisation publiés ces dernières
années 2000-2021 (RECORD, 2022)

La Figure 21 regroupe les principaux instituts et centres de recherche travaillant sur la thématique du
prétraitement de la matière avant méthanisation. Excepté l’INRAE et le Technical University of
Denmark, l’intégralité des autres centres sont d’origine asiatique. Cette tendance n’est pas propre à
cette thématique mais reflète une augmentation de la capacité des centres asiatiques dans le
domaine de la recherche scientifique et de sa valorisation dans des journaux à comité de lecture
International.

Figure 21 : Organisations publiant le plus sur le sujet prétraitement et méthanisation ces dernières
années 2000-2021 (RECORD, 2022)

La Figure 22 confirme cette tendance avec le pourcentage d’ouvrages réalisés sur le sujet par
continent ces dernières années sur la tranche 2000-2010 et 2010-2021. Il est intéréssant de noter que
les pays asiatiques ont augmenté leur taux de publications sur ce sujet à l’échelle mondiale avec plus

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 47


de 59% sur la période 2010-2021. L’Europe est le second pays en terme de publications suivi par le
continent Américain. Loin derrière arrivent l’Océanie et l’Afrique. Toutefois, ces tendances sont à
modérer et il serait intéréssant de pouvoir les pondérer au ratio de scientifiques travaillant sur la
thématique par continent (données non disponibles sur Web of Science).

Figure 22 : Pourcentage d’ouvrages réalisés sur le sujet par continents ces dernières années sur la
tranche 2000-2010 et 2010-2021 (RECORD, 2022)

La Figure 23 présente le nombre de publications dans le domaine scientifique sur les périodes 2000-
2010 et 2010-2021. Il est intéréssant de noter la forte progression de papiers sur ces deux périodes
avec 612 documents sur la période 2000-2010 et 5456 sur la période 2010-2021. Ceci témoigne d’un
intérêt croissant de la communauté scientifique sur la thématique des prétraitements de la biomasse
avant méthanisation. La Chine reste le pays qui publie le plus sur ces deux périodes, suivi des Etats-
Unis. La France se situe en troisième position sur la période 2000-2010 et chute à la onzième place
sur la période 2010-2021.

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 48


Figure 23 : Nombre d’ouvrages réalisés par pays sur la tranche 2000-2010 et 2010-2021 (RECORD,
2022)

Finalement, la Figure 24 représente les dix premiers auteurs ayant le plus publié dans le domaine
scientifique sur les périodes 2000-2010 et 2010-2021. Sur la période 2000-2010, deux auteurs
proviennent du LBE, à savoir Hélène Carrère ([Link]
et Jean Philippe Delgenès. La plupart des autres auteurs viennent du Canada ou de l’Europe. Sur la
période 2010-2021, seuls deux chercheurs européens restent dans le top 10, à savoir Hélène Carrère
(INRAE-LBE) et MJ Taherzadeh (Université de Boras, Suède). Hélène Carrère se place en quatrième
position avec 61 papiers sur la période 2010-2021 contre 17 papiers sur la période 2000-2010.

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 49


.

Figure 24 : Auteurs ayant le plus publié sur le sujet sur la tranche 2000-2010 et 2010-2021 (RECORD,
2022)

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 50


Figure 25 : Mapping sur VOS VIEWER des keywords cités au moins 50 fois dans le pool des 5923
ouvrages. Visualisation des interactions entre les keywords (RECORD, 2022)

Figure 26 : Mapping sur VOS VIEWER des pays ayant au moins 80 publicaations dans le pool des
5923 ouvrages. Visualisation des interactions entre les pays (RECORD, 2022)

En Figure 24 et 25, un mapping des mots clés « keywords » et des interactions entre les pays
publiant le plus sur le sujet du prétraitement et de la méthanisation est fourni.
La Figure 24 est intéréssante car elle permet d’identifier différents clusters sur les mots clés. En
effet, les biomasses lignocellulosiques sont associées aux prétraitements alcalins et thermiques,

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 51


l’explosion à la vapeur. Les microalgues sont associées aux prétraitements thermiques alors que
les boues sont associées aux prétraitements par ultrasons, thermiques et micro-ondes. En
revanche les biodéchets ne sont pas associés à une technologie de prétraitement particulière.
Cette cartographie permet de visualiser les tendances de recherche de ces dernières années
(2000-2021). Il est intéréssant de remarquer que certaines technologies commes les ultrasons et
les prétraitements thermiques étudiés à l’échelle laboratoire sont aujourd’hui appliqués à l’échelle
industrielle.
La Figure 25 dégage 3 clusters bien distincts identifiés par des codes couleurs. La Chine
collabore majoritairement avec le Japon et les Etats-Unis sur ce sujet. Un certain nombre de pays
Européens (France, Espagne, Italie, Allemagne...) collaborent avec des pays d’Amérique du Sud
(Brésil, Mexique...) ainsi que l’Afrique. Finalement, l’Inde et la Corée du Sud collaborent
majoritairement avec le Canada, la Norvège et la Turquie.

2.4. Application de solution de stockage et de prétraitements afin de conserver ou


améliorer le pouvoir méthanogène

Dans la suite du rapport, nous nous sommes intéréssés à faire un recensement de la littérature
Internationale et Nationale sur l’application de technologies de stockage et/ou prétraitement afin
d’améliorer le rendement en méthane.
Les résultats sont présentés par catégories de biomasses et un focus particulier a été réalisé sur les
gisements suivants:
- Boues ;
- Biodéchets (nous avons aussi fait un focus sur les plastiques biodégradables car l’obligation
de collecte sélective des biodéchets à l’horizon 2023 risque d’amener des flux de plastiques
biodégradables notamment via les sacs de collecte).;
- Graisses ;
- Biomasses lignocellulosiques facilement biodégradables ;
- Biomasses lignocellulosiques plus difficilement biodégradables ;
- Algues (incluant microalgues, cyanobactéries et macroalgues).

La quantité de données bibliographiques étant très importante (cf. chapitre précédent)


plusieurs hypothèses ont été prises :
- Focaliser sur les prétraitements industriels et laboratoire pilotes. Dans le cas de prétraitement
prometteur ne présentant pas encore d’essais laboratoires et industriels, nous avons étendu
notre recherche à l’échelle du BMP (Biochemical Methane Potential) ;
- Nous avons focalisé l’étude sur les gisements mobilisables à l’horizon 2030 et 2050 et
présentant un fort potentiel de développement ;
- Pour chaque solution de prétraitements, nous avons répertorié les principaux fournisseurs
industriels au niveau Internaional ;
- Pour chaque étude, nous avons essayé de récupérer l’information concernant le gain en
rendement méthane ;
- Quand les données étaients disponibles, nous avons aussi fourni des informations sur les
CAPEX et OPEX des solutions de prétraitements.
- Un point d’attention doit être porté à la lecture des performances des prétraitements. Les
données publiées ne précisent généralement pas les pertes de matières que les
prétraitements peuvent occasioner ce qui peut surestimer les performances de ces
prétraitements. Une vigilance particulière sera portée aux prétraitements qui peuvent
occasioner des pertes de matières notables à l’exemple des prétraitements fongiques, du pré-
compostage et de l’ensilage.

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 52


2.4.1. Déjections animales
Les déjections animales (fumier, lisier, fiente) sont une ressource importante en méthanisation malgré
des prévisions de production à la baisse liées à la diminution de l’élevage. Ces matières peuvent
présenter certaines difficultés pour leur stockage et leur traitement en méthanisation en raison de leur
caractère fermentescible, de leur hétérogénéité et de la présence de ligno-cellulose pour les fumiers
pailleux. Les stratégies de stockage et prétraitements sont présentées ci-après.

[Link].Stockage et approvisionnement (Peyrelasse C. et al., 2017)


Le projet SAM avait permis d’identifier des leviers pour limiter les pertes de matière organique et de
potentiel méthanogène des fumiers et lisiers.
La limitation des entrées d’air dans les tas de fumier permet d’améliorer la conservation de la matière.
Les manipulations doivent être réduites au minimum lors de sa collecte et du transport. En cas de
broyage, celui-ci sera réalisé juste avant son introduction dans le méthaniseur. Le fumier sera à
minima sous abri pour le protéger des eaux de pluies. Le stockage aérobie conduit à des pertes
élevées de production de méthane. Teixeira Franco (2018) avait ainsi mesuré des pertes de 74%
après 4 mois de stockage de fumier bovin frais alors que ces pertes étaient de 37% à 46% après 4
mois de stockage en mode confiné. Le risque d’auto-combustion du fumier pouvant conduire à un
incendie doit être contrôlé pendant ce stockage. Depuis le mois de juin 2021, la réglementation
impose un contrôle de température des stockages d’intrants solides à différents points du tas pour
prévenir les phénomènes d'auto-échauffement (feux couvant et émission de monoxyde de carbone)
(Arrêté du 14 juin 2021; Arrêté du 17 juin 2021).

Les arrêtés du 27 décembre 2013 précisent les obligations réglementaires des activités l’élevage
visés par la réglementation ICPE sous le régime de la déclaration, de l’enregistrement et de
l’autorisation. Cet arrêté précise que les fientes de volaille comportant plus de 65 % de matière sèche
peuvent être stockées, hors zone vulnérable aux pollutions par les nitrates, sur une parcelle
d'épandage dans des conditions précisées par le préfet et figurant dans l'arrêté d'autorisation de
l'élevage. Elles doivent être couvertes par une bâche imperméable à l'eau mais perméable aux gaz.

Les cuves ou fosses de stockage des lisiers doivent être conçues pour permettre l’évacuation
complète de la matière afin d’éliminer les matières en suspension qui sont une source de
développement bactérien à l’origine des pertes de méthane. Une conception en pointe de diamant est
idéale pour les lisiers qui décantent rapidement à l’exemple des lisiers de canard. Une agitation du
stockage est nécessaire pour homogénéiser le lisier avant son introduction dans le méthaniseur. La
couverture permet de limiter les odeurs, la volatilisation de l’azote et la dilution avec les eaux de
pluies. Les Meilleures Techniques Disponibles (MTD) pour l’élevage intensif de porcs et de volailles
recommandent pour limiter les émissions liées au stockage de couvrir le lisier, réduire au maximum
l’agitation, acidifier le lisier (UE, 2017).
La durée du stockage sera réduite au minimum et ne devra pas dépasser 1 ou 2 semaines pour
conserver le potentiel méthanogène de la matière. Il existe aujourd’hui des systèmes de couvertures
adaptés à la récupération/valorisation du biogaz produit pendant le stockage à l’exemple des
couvertures développées par la PME française Nénufar ou le procédé MCube (Ovalie Innovation).
Les opérateurs devront être protégés vis-à-vis des émissions de gaz, et en particulier NH3 et H2S. Des
additifs existent pour le lisier afin de réduire les émissions d’hydrogène sulfuré (H2S) et d’ammoniac
(NH3) pendant stockage. FCSI (Danemark) commercialise le produit ACTIVE NS composé d’argiles
prétraitées. Des consortiums bactériens aérobies/anaérobies facultatifs sont commercialisés par HTS
Bio (France). Il s’agit du produit GLOBALFAC® (version optimisée de la combinaison AZOFAC® plus
ACTIFAC®) qui intègre également un complexe de nutriments et d’oligoéléments pour stimuler l’action
des micro-organismes. Les avantages avancés par le fournisseur sont d’augmenter la liquéfaction du
lisier et de réduire très fortement les émissions de gaz, jusqu’à 80% pour l’ammoniac et jusqu’à 90%
pour l’hydrogène sulfuré (H2S) (HTS BIO, 2018).

Le lisier présente un taux de MS faible et représente par conséquent des volumes élevés avec un
faible potentiel méthanogène. Un traitement à proximité de son site de production est recommandé
pour limiter le transport.

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 53


[Link].Prétraitement et préparation de la ration
Le broyage des fumiers est une option étudiée pour les sites équipés de digesteur en voie sèche
continue ou infiniment mélangé. Il a pour objectif d’homogénéiser la matière, accélérer sa
biodégradation et sécuriser le fonctionnement des unités en limitant les bouchages et les contraintes
sur les pâles d’agitation. Les travaux réalisés dans le cadre du projet PAM financé par l’ADEME ont
montré que les broyeurs à chaînes ou à marteaux étaient les plus efficaces pour déstructurer les
fibres (Bayard et al., 2019). Ils sont généralement adaptés aux mélanges très pailleux ou riches en
fibres végétales et permettent d’améliorer les cinétiques de dégradation et dans une moindre mesure
la production de méthane (Bayard et al., 2019). Ce broyage permet aussi de limiter les risques de
flottaison des fibres dans les digesteurs infiniment mélangés.
Une incorporation directe de la matière est toutefois proposée par certains constructeurs, le temps de
séjour dans les digesteurs doit être adapté à la cinétique de dégradation de produits non broyés. Ceci
impactera le choix des agitateurs afin de ne pas générer des problèmes de flottation de la matière. Le
risque de bouchage des tuyauteries sera pris en compte.
Un pré-compostage est intéressant en amont de la digestion en voie sèche discontinue pour
augmenter la température des matières. Ceci permet de réduire l’énergie nécessaire au chauffage de
la matière en digestion et d’hydrolyser la matière difficilement biodégradable telle que le fumier
pailleux. Cette pratique peut en revanche dégrader une partie de la matière organique réduisant les
performances de la digestion anaérobie si sa durée est trop longue. Cette durée sera adaptée aux
conditions extérieurs (saison, température), aux conditions de pré-compostage (aération, mélange,
aspersion ou non de la matière, humidité du tas) et à la cinétique de dégradation de la matière. Ce
prétraitement est appliqué sur plusieurs sites agricoles. Peu de données de performances chiffrées
sont toutefois publiées.
La description détaillée des prétraitements applicables aux matières lignocellulosiques telles que les
fumiers pailleux est disponible au §2.4.2.

Les lisiers et fientes présentent des ratio C/N faibles, ils peuvent être traités en co-digestion pour
optimiser la dégradation de la matière et éviter des inhibitions à l’azote en digestion.

2.4.2. Résidus agricoles et productions végétales

Les biomasses lignocellulosiques représentent une ressource facilement disponible pour la


méthanisation (fumiers pailleux, résidus de culture, cultures énergétiques, tontes de pelouse…). Leur
gestion diffère selon que les biomasses sont facilement ou difficilement biodégradables de par leur
teneur en lignine.

[Link].Approvisionnement et stockage
Une attention particulière doit être portée lors de la récolte et du stockage pour limiter la présence
d’indésirables et bien conserver la matière.

Les biomasses facilement biodégradables : herbe, cultures énergétiques


Un compromis doit être trouvé entre le tonnage de culture énergétique (CIVE, CIMS) produite et sa
biodégradabilité (choix de l’espèce et de la période de récolte). La plante non mature est ainsi plus
facile à biodégrader mais produit des rendements limités. Denis Ollivier, ancien expert de Trame,
souligne le fait que certaines espèces permettent d’obtenir de bons rendements à l’ha, à l’exemple du
triticale et du seigle, leur défibrage est en revanche difficile et limite leur biodégradabilité (Ollivier,
2021). Au contraire, l’orge immature produit des rendements plus faibles à l’ha mais est plus facile à
biodégrader (Ollivier, 2021). Pour une méthanisation des CIVE en digesteur infiniment mélangé, il
sera intéressant de privilégier un hachage en brins courts lors du réglage de l’ensileuse afin de
favoriser la biodégradation de la matière (Ollivier 2016).
La production saisonnière des CIVE nécessite de mettre en place un stockage avant introduction dans
le méthaniseur. Le stockage par ensilage est largement utilisé. Cette technique de conservation est
parfois considérée comme un prétraitement biologique de la matière aussi est-elle présentée dans le §
prétraitement biologique. La société PlanET (Allemagne), constructeur de méthaniseurs, recommande
d’attendre à minima 4 semaines après l’ensilage pour introduire la matière afin de prévenir le risque
d’acidose (PlanET). Le pH de la ration devra être contrôlé lors de l’introduction de la matière ensilée et
des jus d’ensilage pour ne pas déséquilibrer la biologie.

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 54


Concernant les fauches de bord de route, l’étude CARMEN avait conclu que le ramassage des
déchets présents sur les bords de route est nécessaire avant la fauche pour protéger l’outil de fauche
(broyeurs à herbes) et les systèmes d’incorporation mais aussi pour assurer une bonne qualité du
digestat destiné à un retour au sol (Zdanevitch et al., 2018). La fauche ne doit pas être réalisée trop
près du sol afin de limiter la quantité de terre ramassée avec les herbes (Zdanevitch et al., 2018).

Les biomasses difficilement biodégradables : paille, cannes de maïs…


Les végétaux secs (menues pailles, paille, résidus de récolte de culture sèche) doivent être stockés
sous abri pour protéger la biomasse, ne pas diminuer le taux de MS avec les eaux de pluies et limiter
le développement de microorganismes produisant des mycotoxines (Peyrelasse C. et al., 2017;
PlanET).
Les biomasses présentant un taux de MS compris entre 40 et 80% de MS (canne de maïs et résidus
de récolte qui auraient repris de l’humidité par exemple) présentent un risque d’auto-inflammation
(Peyrelasse C. et al., 2017). Depuis le mois de juin 2021, la réglementation impose un contrôle de
température des stockages d’intrants solides à différents points du tas pour prévenir les phénomènes
d'auto-échauffement (feux couvant et émission de monoxyde de carbone) (Arrêté du 14 juin 2021;
Arrêté du 17 juin 2021).

[Link].Prétraitement et préparation de la ration


Les constituants de la biomasse lignocellulosique sont essentiellement des glucides, pectines,
protéines, lignines, terpènes, stéroïdes, tannins, cutines, subérines et cires. Ils participent à la
structure très complexe de la biomasse lignocellulosique (Kpogbemabou, 2011). Les trois polymères
de cellulose, d’hémicellulose et de lignine sont en particulier étroitement associés dans les parois des
cellules végétales. La biodégradabilité de ces substrats est limitée (Ahring et al., 2015) par la
présence de lignine qui réduit l’accès aux polysaccharides (Monlau et al., 2013).
Des prétraitements peuvent être utilisés pour déstructurer la matière afin d’améliorer l’accessibilité de
la cellulose, des hémicelluloses et des polymères de glucose aux bactéries méthanogènes (Figure
27).

Figure 27 : décomposition de la lignocellulose sous l’effet d’un prétraitement (Schwietzke et al., 2009)
adapté de (Hsu, 1980; Mosier et al., 2005).

Différents objectifs sont visés pour ces prétraitements (Carrere et al., 2016; Ramos-Suarez et al.,
2017) :
- la délignification de la matière : rupture des liaisons lignines-carbohydrates,
- la réduction de la cristallinité de la cellulose,
- l’augmentation de la porosité (surface spécifique accessible) pour faciliter le contact entre la
matière à dégrader et les microorganismes/enzymes.

D’autres bénéfices sont attendus au niveau du comportement de la matière dans le digesteur et en


particulier la diminution de la viscosité du digestat (et donc de l’énergie nécessaire à l’agitation) et de
la flottation de la matière.

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 55


Différents prétraitements existent :
- mécanique à l’exemple du broyage et de l’extrusion,
- physique de type micro-ondes et ultrasons,
- thermique : basse et haute température (explosion à la vapeur, hydrolyse thermique) en
couplage ou non avec un agent chimique : alcalin (soude, chaux…), acide, ozone,
peroxyde,
- biologique : bactéries et champignons (Zhong et al., 2011), enzymes bactériennes et
fongiques (Brémond et al., 2018; Sambusiti et al., 2015).

Ces différents prétraitements appliqués aux matrices lignocellulosiques sont présentés ci-après.

Prétraitements mécaniques : broyage, extrusion

Le broyage
Les constructeurs d’unité de méthanisation proposent pour les unités de méthanisation en voie sèche
continue ou infiniment mélangé soit :
- Une incorporation directe,
- Un prétraitement incluant un système de broyage.

L’incorporation directe permet de limiter les coûts d’investissement et de fonctionnement liés au


prétraitement (énergie, renouvellement des pièces). Les temps de séjour dans les digesteurs doivent,
par conséquent, être suffisants pour dégrader la matière.
Le broyage de la matière permet de faciliter son introduction, son mélange et réduit la durée
nécessaire à sa biodégradation. Il sécurise le fonctionnement des unités en limitant les bouchages, les
phénomènes de croûtage dans le digesteur et les contraintes sur les pâles d’agitation en raison de la
diminution de la viscosité du digestat. La société Vogelsang recommande de mettre en place un
broyeur dès lors que la longueur des fibres ou la granulométrie de la matière est supérieure à 6 cm
(Eberlein, 2021).
De nombreux systèmes de broyeurs sont commercialisés et en particulier les broyeurs à couteaux, à
chaînes, à marteaux ainsi que des pompes dilacératrices. Les travaux réalisés dans le cadre du projet
PAM financé par l’ADEME ont montré que les broyeurs à chaînes ou à marteaux étaient les plus
efficaces pour déstructurer les fibres (Bayard et al., 2019). Ils sont généralement adaptés aux
mélanges très pailleux ou riches en fibres végétales et permettent d’améliorer les cinétiques de
dégradation et dans une moindre mesure la production de méthane (+10 à +15%) (Bayard et al.,
2019). Une autre des conclusions de cette étude concernait les matières moins riches en fibres. Elles
peuvent être prétraitées par des broyeurs à couteaux qui sont toutefois, parfois fragiles (Bayard et al.,
2019).

Sont présentés ci-après les principaux broyeurs mis en œuvre pour les unités de méthanisation.

La société allemande Vogelsang produit et commercialise des broyeurs pour le prétraitement des
matières avant méthanisation en infiniment mélangé. La filiale française créée en 2005 est basée à la
périphérie de Montélimar dans la Drôme. Le broyeur à couteaux RotaCut est largement utilisé pour
réduire la taille des fibres avant introduction dans les méthaniseurs, plus de 200 unités ont été
installées en France (Eberlein, 2021). Le RotaCut fonctionne en voie humide par mélange de la
matière fibreuse avec un intrant liquide ou une recirculation du digestat. Le taux de MS visé en sortie
pour la suspension organique alimentant le digesteur est de 12%. Différentes grilles de coupe sont
disponibles dans la plage de 4 à 50 mm (Vogelsang), les grilles de 12 mm sont installées pour les
matières devant être hygiénisées. Le RotaCut est intégré dans un système d’alimentation complet dit
PreMix (Figure 28).

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 56


Figure 28 : Photo d’un système Premix de Vogelsang (Vogelsang, 2022)

Ce système intègre, en complément du RotaCut, un piège à cailloux pour éliminer les lourds et une
pompe volumétrique. Un PreMix peut alimenter plusieurs digesteurs. La puissance installée est de 20
à 40 kW (selon le modèle) pour des débits de 30 à plus de 100 m3/h (Vogelsang).
Le modèle XRIPPER de Vogelsang, broyeur à couteaux fonctionnant à sec, sera utilisé pour le
broyage de matières non fibreuses telles que les déchets de cantine, résidus de fruits et légumes
(pommes de terre, betteraves, choux fleurs…) et déchets animaux de type carcasses (Eberlein, 2021).

La société Landia (Danemark) a développé et breveté un procédé d’agitation externe par recirculation
du biogaz et du digestat. Une pompe dilacératrice, équipée de couteaux pour hacher la matière,
assure la circulation du digestat (du bas vers le haut) et la recirculation du biogaz par effet venturi
(Figure 29).

Figure 29 : Illustration du fonctionnement du procédé GasMix de Landia (Landia, 2014)

L’extrusion
L’extrusion est réalisée par écrasement de la matière entre deux vis hélicoïdales afin d’éclater les
cellules grâce à des contraintes répétées de pressions et à l’augmentation de la température de la
matière (LMEngineering GmbH; Peyrelasse C. et al., 2017). L’accessibilité de la matière est améliorée
permettant d’augmenter la production de méthane. LMEngineering GmbH annonce des
augmentations de production comprises entre 14% (ensilage de maïs) et 70% (miscanthus)
(LMEngineering GmbH). Des mesures de BMP ont été réalisées après extrusion sur de la paille et de
la litière accumulée par l’université d’Aarhus au Danemark (Wahid et al., 2015). Les résultats ont
montré une augmentation de la production de méthane de 4 à 29%, selon la configuration de
l’extrudeur testée et la matière, après 29 jours de dégradation en réacteur batch. Le bénéfice du
prétraitement diminue lorsque la durée de dégradation est prolongée jusqu’à 60 jours (-2 à 16%)
(Wahid et al., 2015). La consommation énergétique d’un extrudeur Lehmann (MSZ B 110e) a été
annoncée à 10 kWh/tonne pour le traitement de 1,5 tonne/h de matière (Wahid et al., 2015).

Environ 150 unités ont été vendues dans le monde par LMEngineering GmbH dont 9 en France,
installées ou en cours d’installation (Lausmann, 2021).

Les caractéristiques des principaux procédés commerciaux de prétraitements mécaniques utilisés


pour les matières lignocellulosiques sont présentés dans le Tableau 8.

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 57


Tableau 8 : Caractéristiques des procédés de prétraitements mécaniques appliqués aux matières
lignocellulosiques (non exhaustif) (Compilation RECORD 2022)
Technologie Principe et conditions Applications Références
Broyage sur recirculation du digestat
Recirculation et broyage du [Link]
GasMix de Landia Plus de 200 unités installées
digestat (pompe dilacératrice) [Link]/products/biog
(Danemark) dans le monde
Taux de MS < 12% as/landia-gasmix
Méthaniseur agricole traitant
du fumier et du maïs ensilage
(Noyal-Chatillon près de [Link]
Host ruminator de Recirculation et broyage du
Rennes) pour éviter la fr/case/noyal-
Host (Pays Bas) digestat
formation de croûtes et la chatillon-france/
sédimentation. Construction
2020
[Link]
Disruptor de
Broyeur à couteaux en Amélioration de la fluidité du [Link]/fr-
Vogelsang
escalier digestat fr/produits/desintegr
(Allemagne)
ation/disruptor/
Broyeurs à marteaux : broyage par percussion de la matière
2 modèles disponibles :
1 à 2 tonnes/h (18 kW)
4 à 6 tonnes/h (2 x 18 kW) 4 unités installées sur des [Link]
Broyeur
Défibreur solide en continu méthaniseurs voie sèche portfolio/molares-2/
commercialisé par
équipé de marteaux continue (fumier, ensilage,
Ineval (France)
légumes…) (Martin, 2021)
MS visée de 20 à 30% en
amont du broyage
Défibrage
Investissement de 100 à
Tonnage minimal de 4000 à
Rotacrex de Planet 150 000 €
5000 t/an de matières difficiles (PlanET, 2015)
(Allemagne)
(fumier / herbe)
2 à 5 ans de retour sur
investissement
Autres technologies de broyeurs à marteaux : BIOaccelerator z de BTS Biogas (Italie), Biogrinder de BHS-
Sonthofen GmbH (Allemagne)
Broyeurs à couteaux : coupe et cisaillement de la matière
[Link]
RotaCut® de Séparation des indésirables
Plus de 200 unités installées [Link]/fr-fr/
Vogelsang (cailloux) et broyage en voie
en France
(Allemagne) humide
(Eberlein, 2021)
Autres technologies de broyeurs à couteaux : Rotocrusher de Börger GmbH (Allemagne), Unihacker® de
Börger GmbH (Allemagne), BIOaccelerator R de BTS Biogas (Italie), Multichopper de Börger GmbH
(Allemagne) : couteaux + disques perforées
Broyeur à chaînes
X-chopper® de
Chaine circulant dans un [Link]
Nature Energy Litière, paille, navet
cylindre .dk/en
(Xergi) (Danemark)
Substrats fibreux et pailleux,
déchets végétaux, bio-
déchets...
Bio-préparateur
TQZ de THM
3 à 15 t/h selon le produit et le Le prétraitement permettrait
recycling solutions
modèle (55, 75 et 90 kW) d’améliorer jusqu’à 30% la [Link]
(Allemagne)
8 à 10 kWh/tonne de produit production de biogaz (donnée [Link]/
commercialisé par
Maintenace < 0,35 €/t fournisseur)
Verde Energy
(France)
800 unités installées en Europe
dont une dizaine de références
en France
[Link]
Gamme Bio-QZ Fumier, résidus végétaux,
3 modèles : 55 à 160 kW [Link]/fr/bioqz_neu-
d’Andritz (Autriche) betterave …
[Link]
Extrudeur
Défibrage de la matère pour [Link]
BIOaccelerator s de
augmenter la cinétique de [Link]/en/plant
BTS Biogas (Italie)
dégradation s-development/

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 58


Technologie Principe et conditions Applications Références
Extrusion : écrasement de la
biomasse entre deux vis
hélicoïdales afin d’éclater les
150 unités installées dans le
cellules
monde
Amélioration de l’accessibilité [Link]
Dont 9 en France (installées ou
Bioextrusion de de la matière [Link]/index_en.h
en cours d’installation)
Lehmann® Augmentation de la production tml
(Allemagne) de méthane
Matières extrudées : matières
(Lausmann, 2021)
fibreuses (maïs, végétaux,
Le taux de MS cible de la
fumiers)
matière à extruder est de 35%,
une dilution peut être réalisée
avec du digestat par exemple

Weltec Biopower commercialise le MultiMix qui intégre des broyeurs du marché (Vogelsang, Boerger)
dans la ligne de prétraitement MultiMix. Les unités intègrent une séparation des lourds (cailloux) et un
broyage en voie humide (matières fibreuses, vinasses, résidus de légumes). Aujourd’hui, 350 unités
de broyage sont installées en prétraitement des unités de méthanisation.

Prétraitements physiques : cavitation et ultrasons


Des prétraitements à ultrasons ou à cavitation (hydrodynamique) sont aussi installés pour réduire la
viscosité du digestat et améliorer la digestion de la matière pour les procédés infiniment mélangé.

La technologie de cavitation brevetée Biobang® est développée par la société Italienne THREE-ES
S.r.l. Plus de 150 unités ont été installées à travers l’Europe et une référence est aussi en
fonctionnement en Corée. Les capacités de traitement du système s’établissent dans la gamme de 0,5
à 25 m3/h (Brambilla, 2021). L’unité de plus grande capacité (15 m3/h) est installée sur une unité de
méthanisation polonaise pour le prétraitement de paille (Brambilla, 2021). Le coût d’investissement
(matériel installé) est de l’ordre de 127 000 € pour une unité de 1,5 m3/h (7,5 kW/m3) et 210 000 €
pour une unité de 2,5 m3/h (7,5 kW/m3) en 2018 (Biobang, 2018). Biobag annonce des coûts annuels
de maintenance d'environ 2 300 € avec un maximum de 3 000 € et un retour sur investissement
possible sur un an (Salon des Gas renovable, 2021).

Le procédé à ultrasons Biosonator est commercialisé par la société allemande Ultrawaves. Il est mis
en œuvre sur les boues d’épuration urbaine et sur les unités de méthanisation traitant des substrats
fibreux et difficiles à dégrader à l’exemple de l'herbe et du fumier. Le taux de MS des intrants doit être
inférieur à 15% (Ultrawaves). Il est généralement positionné sur une partie du digestat du post
digesteur avant renvoi dans le digesteur. Ultrawaves annonce un bénéfice de 10 à 15% sur la
production de biogaz ce qui permettrait un temps de retour sur investissement de 3 à 5 ans
(Ultrawaves). Une unité est en cours d’installation en France sur un méhaniseur à la ferme. Le
procédé à ultrasons Biopush de Weber Entec (Allemagne) a des retours d’expérience sur des unités
de méthanisation traitant des substrats difficiles à l’exemple de l’herbe. Une centaine de méthaniseurs
sont équipés. Le coût d’investissement pour un méthaniseur de puissance 1 MW est d’environ
150 000 €. Le fournisseur annonce une consommation électrique correspondant à 10% de la
surproduction liée aux ultrasons (Eichhorst, 2021).
Les caractéristiques de ces procédés sont présentées dans le Tableau 9.

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 59


Tableau 9 : Caractéristiques des procédés commerciaux de cavitation et sonication (non exhaustif)
(Compilation RECORD 2022)
Principe et Exemples
Technologie Impacts Références
conditions d’applications
CaviMax® de
[Link]
CaviMax Ltd Cavitation Non connu
[Link]/
(Angleterre)
Réduction de la viscosité
Biobang® par Plus de 150 unités [Link]
Three-es Srl Cavitation installées à travers [Link]/web/fr/bio
Augmentation de la
(Italie) l’Europe. bang-fr/
production de méthane
ROTOCAV
par E-PIC Cavitation Non connu [Link]
(Italie)
Augmentation de la
production de énergétique
(+8 à +19%) ou diminution
Plus de 100 [Link]
de la consommation de
Biosonator de références en de/biogas-
substrats (-5 à -13%) à
Ultrawaves Ultrasons station d’épuration plants/biosonator
production énergétique
(Allemagne) et méthanisation à
constante (données
la ferme (Nickel, 2021)
fournisseur)
Réduction du taux de MS du
digestat
Stabilisation de la biologie
Augmentation de la Une centaine
production de méthane de d’unités ont été
12-17% selon les données installées sur des [Link]
Biopush de
fournisseur sites de -[Link]/
Weber Entec Ultrasons
Réduction de l’usure des méthanisation
(Allemagne)
agitateurs L’unité de plus (Eichhorst, 2021)
Réduction de la grande capacité
consommation d’énergie des peut traiter 380 m3/j
pompes et agitateur

Prétraitements thermiques et chimiques


Les prétraitements acides et basiques ont été largement étudiés à l’échelle du laboratoire à
température ambiante ou à des températures comprises entre 40 à 90°C. En dépit de résultats
prometteurs au regard de l’augmentation de la production de méthane et des cinétiques de
dégradation, les prétraitements chimiques ne sont pas utilisés à l’échelle industrielle. Les principaux
freins concernent les coûts opérationnels (consommation d’eau, de produits chimiques, d’énergie),
l’augmentation des concentrations de sels dans le digestat (avec un prétraitement à l’acide
chlorhydrique ou à la soude par exemple) et la formation potentielle d’inhibiteurs tels que les
polyphénols. Les performances obtenues sont de plus très variables selon les matières prétraitées.
Thomas (2019) a ainsi reporté que le prétraitement thermochimique appliqué sur du sorgho biomasse
140 n’avait pas permis d’augmenter son BMP alors que ce prétraitement était efficace (jusqu’à + 55%
de potentiel méthane avec la soude) sur du miscanthus plus ligneux que le sorgho.

Différentes options sont étudiées pour réduire les verrous qui freinent l’application de ces
prétraitements :
- Sélectionner les matrices à prétraiter en fonction de leur faible biodégradabilité et des
performances obtenues par le prétraitement (cinétique et BMP),
- L’utilisation de produits chimiques qui ne pénalisent pas la qualité du digestat. La soude
peut par exemple être remplacée par de la potasse qui apporte du potassium, ce dernier
ayant un intérêt pour les sols au contraire du sodium apporté par la soude (Carrère et al.,
2021),
- Le recyclage de la fraction liquide issue du prétraitement pour limiter les consommations
en eau, en produits chimiques et les volumes à traiter (Peyrelasse et al., 2021). Dans ce
cas, l’efficacité du prétraitement diminue entre chaque cycle et nécessite un complément
en produits chimiques. Des essais réalisés à l’échelle laboratoire par l’APESA ont montré

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 60


que des économies de 40 et 60% pouvaient être obtenues pour la soude et l’eau
respectivement (Peyrelasse et al., 2021).

La société Xergi rachetée par Nature Energy (Danemark) a développé le procédé NiX® pour prétraiter
thermo-chimiquement la matière (pH 10 avec apport de chaux, 160°C, 6 bars). Deux unités ont été
installées pour extraire l’azote de substrats très concentrés en azote. Aucune unité n’a été installée
pour améliorer la digestion de matières ligno-cellulosiques.

Le Cooker d’Agrikomp (France) est commercialisé pour améliorer la digestion des substrats fibreux en
augmentant les cinétiques de dégradation et en réduisant la viscosité du digestat. Il se positionne
entre le digesteur et le post-digesteur autorisant l’absence de chauffage sur le post-digesteur. Un
échangeur thermique tubulaire prétraite la matière en digestion en appliquant une température
comprise entre 40 et 80°C pendant 40 à 120 minutes (Agrikomp, 2021).

Des technologies d’explosion à la vapeur (150-180°C, 8-10 bar) ont été développées par les sociétés
Biogas Systems (Economizer SE) et CleanVantage LLC (AD-Booster®).
Aucun retour n’a pu être obtenu auprès de la société Biogas systems (Australie) sur l’actuelle
commercialisation du procédé Economizer SE. La technologie de 60 t/h a été installée en Angleterre
sur 5 unités de méthanisation par la société Futurebiogas (Angleterre), partenaire de Biogas systems.
L’explosion à la vapeur fonctionnait correctement, en revanche de nombreux dysfonctionnements ont
été rencontrés au niveau de l’introduction/broyage et de l’extraction de la biomasse traitée lors de
l’automatisation complète du process. Aujourd’hui cette technologie n’est plus installée par
Futurebiogas (Future Biogas Ltd, 2021).
Le système AD-Booster® de CleanVantage LLC (Etats Unis) intègre un process d’oxydation en voie
humique/explosion à la vapeur (Advanced Wet Oxydation/Steam explosion, AWEx®) pour
déstructurer les biomasses lignocellulosiques non digérées entre 2 étages de digestion anaérobie.
[Link] ApS est une société danoise créée pour commercialiser cette technologie en Europe.
Aujourd’hui, aucune unité industrielle ne fonctionne. Un démonstrateur d’une capacité de 3,5 t/h a été
développé et testé plusieurs années sur une unité de méthanisation. [Link] prévoit d’acquérir
un méthaniseur pour poursuivre ces essais et démontrer l’efficacité et la fiabilité de cette technologie.

Les prétraitements thermiques présentent l’avantage, à haute température, de détruire les pathogènes
contenues dans certains substrats (cas des fumiers) mais aussi les adventices présentes dans les
menues pailles (Douard, 2007).

Prétraitements biologiques
Les prétraitements biologiques sont des prétraitements réalisés grâce à des bactéries, des
champignons et/ou des enzymes (Hosseini Koupaie et al., 2019). Ils sont généralement faciles de
mise en œuvre et sont appliqués soit en amont de la méthanisation : au niveau du stockage (ensilage
en particulier), en pré-compostage, dans une cuve de pré-hydrolyse ou directement dans la cuve de
digestion.

Ensilage
La part de culture alimentaire ou énergétique méthanisée est limitée réglementairement pour ne pas
concurrencer la production alimentaire. L’Art. D. 543-292 du décret du 07 juillet 2016 stipule que «Les
installations de méthanisation de déchets non dangereux ou de matières végétales brutes peuvent
être approvisionnées par des cultures alimentaires ou énergétiques, cultivées à titre de culture
principale, dans une proportion maximale de 15 % du tonnage brut total des intrants par année civile »
(Ministère de l'environnement, 2016). Ne sont pas comptabilisées dans ces 15%, les prairies
permanentes et les cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE) dont l’utilisation en
méthanisation est largement répandue. Ces productions végétales produites de manière saisonnière
doivent être stockées sur plusieurs mois avant d’être méthanisées.

L’ensilage de la matière végétale est connu pour être un moyen de conservation adapté pour les
matières présentant un taux de MS < 40 % : CIVEs, tontes ou autres résidus agricoles (Peyrelasse C.
et al., 2017). La matière est hachée puis stockée en tas compact pour éliminer la présence d’oxygène
au sein du tas. En présence de sucres fermentescibles, une fermentation à dominante lactique se met
en place provoquant l’acidification de la matière. L’ensilage est ainsi stabilisé permettant de conserver

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 61


la matière et son potentiel méthanogène. Le pH acide et les conditions anaérobies limitent le
développement d’organismes qui pourraient dégrader la matière (AFSSA, 2004).
Les essais réalisés par l’APESA dans le cadre du projet SAM ont montré que la matière organique
ainsi que son potentiel méthanogène sont bien conservés si l’ensilage est réalisé dans les règles de
l’art (Peyrelasse C. et al., 2017). Après 12 mois de stockage pour un ensilage de maïs plante entière
et un ensilage de sorgho fourrager stockés en silos taupinières3, les pertes étaient inférieures à 15%
pour la MSV et pour le potentiel méthanogène. Une récupération des jus d’ensilage doit être prévue
pour des raisons environnementales et pour pouvoir les méthaniser.
Différentes études se sont intéressées à l’impact de l’ensilage sur la biodégradabilité de la matière et
son potentiel méthanogène. Les acides produits pourraient modifier la structure lignocellulosique des
substrats des matières ensilées augmentant leur potentiel méthanogène qui compenserait la perte de
matière pendant le stockage (Carrere et al., 2016; Singh, 1996; Teixeira Franco et al., 2016).
L’ensilage pourrait ainsi être considéré comme un prétraitement biologique pour les résidus agricoles
et les cultures énergétiques (Carrere et al., 2016).
Des additifs sont commercialisés pour améliorer la qualité de l’ensilage, il s’agit de sucres pour
favoriser la fermentation lactique, d’acides ou de produits bactériostatiques type formol pour inhiber la
fermentation butyrique qui dégrade la qualité de l’ensilage (Demarquilly, 1973) et des additifs
biologiques contenant des bactéries lactiques et/ou des enzymes.

Pré-hydrolyse
Des fournisseurs proposent des cuves de préhydrolyse anaérobie, aérobie ou semi-aérobie en amont
des digesteurs.
L’hydrolyse semi-aérobie catalysée est utilisée pour prétraiter la matière ligno-cellulosique (herbe,
paille, fumier) afin d’augmenter son rendement de dégradation. Biogaz Ingénierie (Beaune 21200)
installe des cuves d’hydrolyse semi-aérobie catalysée pour prétraiter la matière ligno-cellulosique
(herbe, paille, fumier) afin d’augmenter son rendement de dégradation (Dutremée, 2021). Une
vingtaine d’unités a été installée en Allemagne par la société Bionova Biogas GmbH. Ce prétraitement
a été installé sur quelques sites en France initialement par AEB MéthaFrance. Biogaz ingénierie a
depuis installé trois unités selon le process développé par Bionova Biogas GmbH. Deux unités sont en
fonctionnement aujourd’hui, la troisième a été arrêtée en raison de difficultés de mélange/introduction.
Cette hydrolyse est réalisée dans une cuve chauffée à 37-38°C avec un temps de séjour de 0,4 à 1
jour et une aération séquencée (compresseur). Le pH est de l’ordre de 6,5 à 7. Le gaz produit par
l’hydrolyse : CO2, H2S et méthane (0,1 à 0,25%) est traité par un biofiltre à fibres naturelles type coco
ou bruyère avant rejet à l’atmosphère. Le taux de MS dans cette cuve doit être de l’ordre de 8 à 12%
pour permettre son agitation et le pompage de la matière vers le digesteur. Le digestat peut être
recirculé pour atteindre ce taux de MS. Ces contraintes font que cette hydrolyse n’est proposée par
Biogaz Ingénierie que pour des cas particuliers et en particulier lorsque les intrants intègrent un
substrat liquide type lisier pour diluer la matière lignocellulosique (Dutremée, 2021).

La société Evalor (France) commercialise le procédé Boost pour augmenter la cinétique et la


dégradabilité des substrats principalement lignocellulosiques. Il s’agit d’une hydrolyse biologique
réalisée dans une cuve agitée et chauffée à la température de digestion (mésophile). La ration
d’intrants à prétraiter doit permettre à l’hydrolyse de s’installer, ce qui se traduit par la diminution du
pH dans la cuve. Le taux de MS visé est de 10%. Le gaz produit pendant l’hydrolyse n’est pas valorisé
à l’heure actuelle et rejeté à l’atmosphère. Un programme de recherche a démarré en mars 2020,
BOOST’HYDRO, dans le cadre d’une thèse, en collaboration avec INRAE et avec le soutien de la
Région Bretagne. Plusieurs axes de recherche sont concernés et notamment la compréhension des
phénomènes biologiques, l’étude des voies de valorisation du gaz produit pendant l’hydrolyse et les
recettages les plus adaptés. Fin 2019, 9 unités de méthanisation construites par Evalor étaient
équipées du procédé Boost soit environ 15% des sites. Le coût d'investissement lié à cet
investissement est de l'ordre de 100 000 € (Duedal, 2021).

Les technologies d’hydrolyse biologique sont présentées dans le Tableau 10 (non exhaustif).

Tableau 10 : Caractéristiques des procédés de prétraitements biologiques commerciaux (non


exhaustif) (Compilation RECORD 2022)
Technologie Principe et conditions Exemples Référence

3
Matières produites dans le cadre du programme OPTICIVE (soutenu par l’ADEME) et conduit par GIE GAO
(ARVALIS/Terres Univia/Terres Inovia) en partenariat avec Euralis

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 62


d’applications
Hydrolyse des pailles,
cannes de maïs dans une SCEA ROPERT, [Link]
Boost de Evalor
cuve chauffée à la Bréhan (56) it/methanisation-boost
température de digestion
SAS Metha Bel Air
Hydrolyse semi-
Aération séquencée d’une [Link]
aérobie catalysée
cuve chauffée (37-38°C) Vallée de l'Isle Energie [Link]/
Biogaz ingénierie
(VIE) Saint Astier
[Link]
[Link]/wp-
Hydrolyse anaérobie Hydrolyse mésophile ou EARL DEVIENNE
content/uploads/2020/1
d’Arkolia thermophile (2 jours) (Napagèse)
0/technologie-
[Link]

Prétraitement fongique
Certains champignons présentent la capacité de dégrader la lignine et pourraient être utilisés en
fermentation voie sèche pour prétraiter la biomasse. Les champignons à pourriture blanche ont été
identifiés comme les plus performants pour délignifier un substrat (Rouches et al., 2016). D’après
Carrère et al., (2016), les champignons permettent une augmentation du BMP jusqu’à 50% mais les
pertes de MO estimées entre 10 et 20% sont trop peu mentionnées et peuvent conduire à une
surestimation des gains (Carrère et al., 2016). Le projet ANR Stockactif, coordonné par l'UMR FARE
et finalisé en 2017 s’est intéressé aux souches de champignons capables de délignifier les biomasses
lignocellulosiques (pailles de blé et de miscanthus). Des essais réalisés à l’échelle du laboratoire puis
en conditions réelles ont montré que le prétraitement fongique impliquait des surcoûts, + 12 % pour
les investissements, + 170 % pour les charges de fonctionnement, qui n’étaient pas compensés par
l’augmentation de la production de méthane (Solagro, 2016). A terme, les champignons pourraient
permettre de méthaniser des substrats ligneux non traités aujourd’hui (Rouches et al., 2016). Les
travaux de recherche sur l’optimisation des conditions de prétraitement (humidité, aération,
température, complément nutritionnel et durée) doivent au préalable permettre d’améliorer les
performances au regard des pertes de matières (Rouches et al., 2016).

Prétraitement par ajout d’enzymes ou de micro-organismes sélectionnés


Des enzymes sont commercialisées par différents fournisseurs pour améliorer la dégradabilité des
matières, réduire la viscosité (et donc les contraintes d’agitation) dans les digesteurs et limiter la
flottation des matières en surface.
Les enzymes pouvant hydrolyser la cellulose et l’hémicellulose sont des glycosides hydrolases
(Monteiro, 2009) et celles dégradant la lignine sont des laccases et des peroxydases. Plusieurs
mélanges enzymatiques sont disponibles dans le commerce pour des applications dédiées à la
méthanisation avec des domaines d’activité compatibles avec les conditions de pH et de température.

Les enzymes ou micro-organismes sélectionnés peuvent être introduits dans la filière de


méthanisation de différentes manières :
- En amont du méthaniseur dans une zone de prétraitement dédiée ou au niveau du
stockage de la matière brute,
- directement dans le digesteur lors d’un procédé en une étape,
- dans la cuve d’hydrolyse lors d’un procédé en deux étapes,
- dans la fraction liquide du digestat lorsqu’il est mis en recirculation.

Ces additifs sont utilisés en méthanisation mais leur impact sur la digestion anaérobie est peu
documenté. Les bénéfices avancés par les fournisseurs sont :
o la réduction de la viscosité du digestat qui permet de diminuer les consommations
énergétiques liées à l’agitation,
o l’augmentation des performances de production de méthane et l’amélioration des
cinétiques de traitement,
o la réduction des croûtes en surface (liées à la flottation de la matière).

Le fournisseur DSM (Pays Bas) commercialise 2 produits à destination des méthaniseurs (DSM,
2021) :

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 63


- MethaPlus® pour les substrats riches en fibres : maïs, herbe, fumier.
- Axiase™ pour les substrats à base de céréales : seigle, triticale, blé, orge.

SOBAC (France) commercialise Bacteriometha® comme additif pour les substrats avant
méthanisation (SOBAC). Il s’agit d’un mélange de minéraux naturels et d’une sélection de végétaux
naturels compostés sur lesquels s’est développé un complexe de micro-organismes spontanés des
composts. Il est incorporé directement dans les litières moins de 15 jours avant le curage et peut
s’utiliser en méthanisation voie sèche et infiniment mélangé. Il permettrait d’améliorer l’accessibilité de
la matière organique avec une meilleure attaque des fibres, améliorerait l'homogénéité et le brassage
des substrats dans le digesteur et réduirait la formation de couches flottantes. Il permettrait de plus
d’améliorer l’absorption des jus de recirculation dans les tas pour la voie sèche.
D’autres produits sont commercialisés par Dupont (Optimash® AD100), Metgen (Metzyme® Forci™),
Novozymes (BG Max® 5005/5105/5205), Agrikomp (Enzymaxx) et SEDE (Methazyme).

Des performances ont été mesurées à l’échelle laboratoire voire pilote (Annexe 3). Herrero Garcia et al.
(2019) a ainsi montré que les performances étaient dépendantes de la nature de la biomasse avec un
impact limité pour le maïs et le triticale alors que des augmentations de production de biogaz de 30%
ont été mesurées à l’échelle laboratoire pour du sorgho, de la paille et de la rafle de maïs. Les
applications à l’échelle industrielle ne font généralement pas l’objet d’un suivi afin d’évaluer le bénéfice
réel imputable aux enzymes/microorganismes. Des performances ont, toutefois, été reportées à
l’échelle industrielle sur 30 exploitations agricoles. L’application de MethaPlus® aurait permis
d’augmenter les productions de biogaz de 18% en moyenne (4-35%) en comparaison de la production
attendue en théorie (Gerhardt et al., 2007) d’après (Kaiser, 2004).
Leur coût pourraît, en revanche, pénaliser leur intérêt d’autant que leur durée de vie est limitée dans le
temps (Brémond et al., 2018). Odnell et al. (2016) a ainsi que conclu que même si la production de
biogaz est augmentée dans certains cas, le rapport coût / bénéfice des enzymes est probablement trop
élevé compte tenu des concentrations nécessaires. Des données complémentaires restent toutefois à
acquérir pour déterminer l’impact économique global de ces solutions au regard des bénéfices
potentiels (augmentation de la production de méthane, réduction des consommations électriques liées
à l’agitation) en fonction du type de matière. Les enzymes/micro-organismes qui présentent un
avantage certain au regard de la facilité de leur mise en œuvre pourraient être une option intéressante
pour certains sites.
Le principal frein à leur utilisation en méthanisation concerne le peu de données accessibles sur leurs
performances et coûts à l’échelle industrielle. Les données disponibles sont généralement issues des
fournisseurs eux-mêmes.

Comparaison des performances des prétraitements

Les données disponibles dans la littérature sur les performances des prétraitements appliqués à
l’échelle industrielle et pilote sur des matrices lignocellulosique (Annexe 3) sont représentées sur la
Figure 30.

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 64


Figure 30 : Comparaison de l’efficacité des prétraitements pour augmenter la production de méthane
de matières lignocellulosiques (échelle industrielle et pilote) (RECORD, 2022)

Ce graphique permet de faciliter la comparaison des performances des prétraitements appliqués à


l’échelle pilote et industrielle. Il faut toutefois noter que le nombre de données disponibles est faible
avec 5 à 7 retours d’expériences par catégorie de prétraitements.

Les performances les plus élevées sont mesurées pour les prétraitements physiques (+29% pour la
médiane) et thermochimiques (+26% pour la médiane). L’explosion à la vapeur (170°C, 25 min, 4
bars) testée sur du fumier a permis d’atteindre les performances les plus élevées (+357% de
production de méthane) à l’échelle pilote (Ahring et al., 2015). Cette technologie n’est toutefois pas
disponible commercialement pour le prétraitement de matrices lignocellulosiques. [Link] ApS
(Danemark) travaille à démontrer l’efficacité et la fiabilité du système AD-Booster® d’oxydation en voie
humide/explosion à la vapeur grâce à son démonstrateur de 3,5 t/h. Les données reportées pour les
prétraitements physiques montrent des augmentations de production de méthane comprises entre
+10 et + 79%. Les performances sont augmentées de +10% (Garuti et al., 2017) et +18% (Zieliński et
al., 2019) pour la cavitation appliquée à l’échelle industrielle. D’autres avantages ont été mesurés et
notamment une diminution de la viscosité du digestat. Des bénéfices élevés (+59 et +79% de
production de méthane) sont aussi reportés pour les prétraitements aux ultrasons appliqués à l’échelle
pilote sur du fumier bovin seul ou en mélange (Ormaechea et al., 2016; Ormaechea et al., 2018).
Les prétraitements biologiques ont des performances variables (+4 à +73%). Le meilleur rendement
est obtenu pour le pré-compostage (24h, Tamb) réalisé sur la fraction organique des ordures
ménagères (Fernandez.-Güelfo et al., 2011). Le broyage (prétraitement mécanique) est utilisé pour
faciliter l’introduction de la matière et son mélange. Il permet d’améliorer les cinétiques de dégradation
et peut aussi avoir un impact positif sur la production de méthane. Les augmentations de production
de méthane mesurées dans le cadre du projet PAM (Bayard et al., 2019) sont limitées à 10-15%. Des
performances plus élevées ont toutefois été mesurées avec un broyeur à chaînes alors que pour un
site aucun impact notable n’a été mesuré (Bayard et al., 2019; Mönch-Tegeder et al., 2014).

Bilan
Les biomasses lignocellulosiques dures (type canne de maïs, paille) subissent généralement un
broyage avant digestion en réacteur infiniment mélangé. Les broyeurs à marteaux, à chaînes ou les
procédés d’extrusion apparaissent bien adaptés. Pour des biomasses moins dures, un broyage à
couteaux est généralement appliqué. La société Vogelsang recommande de mettre en place un
broyeur dès lors que la longueur des fibres ou la granulométrie de la matière est supérieure à 6 cm
(Eberlein, 2021). Des systèmes sont installés en boucle sur les digesteurs pour améliorer la digestion,
réduire la viscosité du digestat et supprimer les problèmes de croutage (cavitation, pompe broyeuse,

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 65


ultrasons). Le nombre de ces unités est aujourd’hui en augmentation. L’application d’enzymes (en
amont du digesteur ou directement dans la cuve) connaît aussi des retours d’expériences à l’échelle
industrielle.

2.4.3. Boues de stations d’épuration


La méthanisation des boues de station d’épuration permet avant tout de réduire la quantité de boues
et ainsi leur coût d’élimination, c’est pourquoi de nombreux procédés de prétraitements ont été
implantés à l’échelle industrielle. Les procédés des stations d’épuration urbaines (STEU) étant
continus, le stockage des boues n’est pas une problématique. Les différents types de boues
présentes sur les stations d’épuration sont classées par ordre de biodégradabilité croissante : boues
digérées, boues activées issues de procédés d’aération prolongé / boues activées faible charge,
boues activées forte charge, boues mixtes (mélange de boues activées et de boues primaires), boues
primaires. Si l’intérêt du prétraitement est évalué par l’amélioration du rendement en biogaz ou de
l’élimination de la matière organique, il est généralement plus avantageux de prétraiter les boues
secondaires que les boues primaires. En outre, certains procédés impliquent le post-traitement des
boues digérées (dont la matière la plus facilement biodégradable est déjà éliminée) et leur
recirculation dans le digesteur ou post digesteur. En général les prétraitements sont appliqués sur des
boues épaissies ou après sépapration de phase, réduisant le volume traité et les coûts de
prétraitement. Il convient de noter que l’opération de concentration ou épaississement est également
apliquée aux boues avant leur introduction dans le méthaniseur. La présente étude bibliographique,
synthéthisée dans l’annexe 4, est focalisée principalement sur les essais réalisés sur site industriel
(hydrolyse thermique à haute ou basse température, centrifugeuse lyseuse, sonication,
homogénisation à hautes pressions, électroporation, enzymatiques) ou à défaut en réacteurs continus
à l’échelle du laboratoire (micro-ondes, traitements chimiques ou thermochimiques, prétraitements
biologiques, anaérobie ou aérobie). Seuls des prétraitements récents et originaux évalués par des
tests de potentiels biométhanogènes (BMP) seront évoqués. Les différents procédés appliqués au
traitement des boues sont présentés ci-après.

Hydrolyse thermique à haute température (>100°C)


L’hydrolyse thermique consiste à exposer les boues à de fortes températures comprises entre 140 et
180°C sous pression. Des températures plus élevées améliorent la solubilisation des boues mais
provoquent la formation de composés de Maillard, non biodégradables en digestion anaérobie. La
durée est généralement de 20-30 min mais Zabranska et al. (2006b) ont montré la possibilité d’opérer
avec des temps plus courts, de l’ordre de la minute. Ce traitement entraîne la dégradation de la
structure en gel des boues et la libération de l’eau liée, la déstructuration des flocs et la solubilisation
des exopolymères. De plus, la destruction des membranes des cellules libère les composés
intracellulaires qui deviennent alors accessibles pour la dégradation anaérobie. La déstructuration des
flocs améliore l’aptitude des boues à la déshydration et de tels procédés ont été utilisés dès les
années 1970 pour le conditionnement des boues avant leur déshydratation (procédé Porteous).
L’amélioration de la déshydratatbilité des boues est observée pour des températures supérireures à
150°C. Les autres conséquences de ce prétraitement sont la réduction de la viscosité (apparente) des
boues et la production de composés colorés solubles difficilement biodégradables. Le surnageant de
centifugation est généralement retourné en tête de station d’épuration impliquant une augmentation
des coûts d’aération pour éliminer cette DCO. La concentration de ces composés colorés augmente
avec l’augmentation de la température de prétraitement, il est ainsi recommandé d’opérer à une
température comprise entre 140 et 160°C (Devos et al., 2020).
Actuellement plus de 80 stations d’épuration dans le monde sont équipées de procédés d’hydrolyse
thermique pour améliorer la méthanisation des boues, la premier procédé, CAMBI, a été installé sur la
station municipale du HIAS à Hamar en Norvège en 1995 (Devos et al., 2020). Les procédés
commercialement disponibles (Tableau 11) regroupent des technologies batch, semi-continues ou
continues et comprennent ou non un système de détente rapide (système Flash) pour le retour à la
pression atmosphérique. Le chauffage est assuré soit par injection de vapeur soit par échangeurs de
chaleur. La plupart des prétraitements d’hydrolyse thermique sont appliqués aux boues secondaires
ou aux boues mixtes si l’ hygiénisation de la totalité des boues est souhaitée. Les boues doivent être
épaissies afin de limiter l’énergie nécessaire pour chauffer le volume de boues. Les procédés les plus

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 66


récents qu’il soient discontinus (Cambi solid stream, Barber et al., 2017) ou continus (Exelys, Zhao et
al., 2015) sont appliqués aux boues digérées après séparation de phase. Comparé au procédé Cambi
appliqué aux boues mixtes, le procédé Cambi Solid Stream conduit à de meilleurs gains en
amélioration de déshydratabilité et de production de méthane (Barber B. et al., 2017).

Tableau 11 : Caractéristiques des procédés d’hydrolyse thermique commerciaux, (Compilation


RECORD 2022)(adapté de Devos et al. 2020).
Nombre de
Procédé Mode Préchauffage Chauffage Température Flash Références
références
Récupération Injection de (Barber,
CambiTHPTM batch 160-180 °C Oui > 60
vapeur vapeur 2016)
BiothelysTM, Récupération Injection de (Chauzy et
batch 165 °C oui 7
Veolia vapeur vapeur al., 2008)
ExelysTM, Injection de (Abu-Orf &
continu non 165 °C Non 7
Veolia vapeur Goss, 2012)
(Williams &
HCHS, semi- Récupération Injection de
150-170 °C Oui 3 Burrowes,
Haarsley continu vapeur vapeur
2016)
Mélange
Turbotec®, boues Injection de (Luning et
continu 140°C Non 2
Sustec fraiches et vapeur al., 2014)
hydrolysées
Lysotherm®, Echangeur de Echangeur (Geraats,
continu 140-170°C Non 2
Eliquo chaleur de chaleur 2014)

Hydrolyse thermique à faible température (<100°C)- Procédés biologiques


L’hydrolyse thermique à des températures inférieures à 80°C a également été étudiée, ces procédés
impliquant des réactions biologiques, les durées sont de l’ordre de la dizaine d’heures à quelques
journées pour les procédés anaérobie ou de l’ordre de quelques heures pour les techniques aérobies
ou microaérobie. Les températures étudiées correspondent aux procédés (hyper)thermophiles ou
mésophiles. Le Tableau 12 présente des procédés commerciaux faisant appel à une hydrolyse
biologique.

Tableau 12 : Caractéristiques des procédés d’hydrolyse thermique/biologique (Compilation RECORD


2022)
Technologie Principe et conditions Exemples d’applications Références
[Link]
Hydrolyse thermique /biologique
Monsal42 zwatertechnolog
42°C pendant 3 j 6 réacteurs en série
[Link]
Great Billing Water
[Link]
Technologie 42°C pendant 1,5 j puis 55°C pendant 24 à Recycling Centre » à
zwatertechnolog
Monsal55 36 h Northampton en
[Link]
Angleterre

Les enzymes peuvent également être utilisées. Par exemple l’addition de deux glycosidases dans le
digesteur a permis l’augmentation de 10 à 20% de la production de biogaz lors d’un essai sur une
STEU. Toutefois, lors de cet essai, la température était également augementée par intermitence
(Wawrzynczyk J. (2007). L’utilisation des enzymes en prétraitement est peu favorable car la matière
solubilisée peut être dégradée avant son introduction dans le méthaniseur. L’introduction des
enzymes dans le méthaniseur est alors préférable mais il convient de considérer le pH optimal de
fonctionnement des enzymes qui peut être différent de celui du méthaniseur.

Sonication
La sonication consiste en la propagation d’ondes de pression dans un milieu liquide et en la formation
de bulles de cavitation qui implosent violemment lorsqu’elles atteignent une taille critique. Une grande
quantité d’énergie mécanique est alors libérée entraînant des phénomènes de fortes turbulences et de
forts cisaillements au sein du liquide. La température et la pression peuvent atteindre localement des

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 67


valeurs très élevées. Ces phénomènes mécaniques sont favorisés par des fréquences faibles (20-
40 kHz) alors que des fréquences élevées (500-1000 kHz) entraînent la formation de radicaux libres
(OH, HO2, H ) et des réactions d’oxydation. Dans le cas du prétraitement des boues, les
technologies à faibles fréquences sont utilisées et la désintégration de la structure des flocs et la lyse
des micro-organismes sont fonction de la durée de sonication ou de l’énergie appliquée. La sonication
est appliquée préférentiellement aux boues activées, et dans la plupart des cas à seulement une
fraction des boues activées (25% par exemple). Les essais réalisés à l’échelle industrielle montrent
l’augmentation de la production de biogaz (l’amélioration de la biodégradabilité des boues est liée à
leur solubilisation Carrère et al. 2010) et la réduction de la teneur en MV dans les boues digérées. La
cinétique des boues prétraitées étant améliorée, le temps de séjour dans le méthaniseur peut être
réduit et/ou la charge augmentée. Par exemple, Barber et al. Reportent sur des résultats à l’échelle
industrielle, une amélioration de 25 à 50% des vitesses d’hydrolyse des boues, impliquant une
augmentation de 20 à 30% de la charge organique ou réduction de 30% du TSH. De plus,
l’amélioration de la déshydratabilité permet de réduire de 10% la consommation de polymères. Les
ultrasons permettent également la réduction des problèmes de foisonnement des boues par
l’élimination des bactéries filamenteuses.

Plusieurs firmes commercialisent des homogénéisateurs à ultrasons dans le but d’un prétraitement de
la digestion anaérobie, ils sont reportés dans le Tableau 13.

Tableau 13 : Caractéristiques des procédés commerciaux de sonication (Compilation RECORD 2022)


Exemples
Technologie Principe et conditions Références
d’applications
Sonoflux® 20 kHz
Ultrawaves, STEPs de Tourlaville-
2 kW/sonotrode* [Link]
commercialisé Cherbourg et des
20-50 W/cm2* [Link]
en Allemagne Ecossiernnes à Saint
Energie fournie, 23 kJ/L* [Link]
par le groupe Boues 8% MS max* Nazaire (102 000 EH)
SAUR Bilan énergie 3-7 kW généré/kW consommé*

STEPs de Avonmouth,
20 kHz (Royaume Uni,
sonotrodes radiales de forme cylindrique, 1 200 000 EH),
(Hogan et al.,
Technologie 6 kW/sonotrode* SeAllemagneme-Uni,
2004)
SonixTM 15-50 W/cm2* 150 000 EH), Kavlinge,
[Link]
(Sonico) Energie fournie, 4-5 kJ/L* (Suède), Orange
Boues 9% MS max* [Link])
County District, Etats-
Bilan énergie 5-10kW généré/kWconsommé* Unis et Beenyup
(Australie, 700000 EH).

20 kHz
sonotrodes en cascade,
seule une fraction des boues secondaires est
IWE Tec (Dr
soniquée 14 STEPs reportées
Heildcher
8 kW/sonotrode* dans la publication (Barber, 2005)
GmbH)
<200 W/cm2*
Energie fournie, 0,5-2 kJ/L*
Boues 10% MS max*
Bilan énergie <5 kW généré/kW consommé*

Boues 30% MS [Link]


max Taille : de 0,5
Sewator® [Link]/fr/sewa
m3/h jusqu’à 1000 m3/h
tor_fr/
Réduction de la viscosité de plus de 80%

* d’après Perez-Elvira et al. (2009)

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 68


Homogénisation haute pression
Différentes technologies impliquant des pressions sur des gammes de quelques dizaines à 900 bars
ont été testées à l’échelle du laboratoire. Un essai de démonstration sur station d’épuration a mis en
avant l’augmentation de la production de méthane avec un homogénéisateur à 150 bars (Onyeche,
2007). En revanche, le procédé Microsuldge combinant une homogénéisation à 830 bars avec l’ajout
de soude n’a pas conduit à l’amélioration de la production de biogaz, malgré une amélioration de
l’abattement des matières organiques (Stephenson et al., 2007). Ce procédé n’a pas finalement pas
été commercialisé. Le Tableau 14 les références commerciales basées sur cette technologie, seules
les pressions faibles ou modérées semblent avoir un intérêt.

Tableau 14 : Caractéristiques des procédés d’homogénéisation hautes pressions commerciaux


(Compilation RECORD 2022)
Technologie Principe et conditions Exemples d’applications Références
CrownÒ STEAllemagneenheim, Allemagne
12 bars 22000 EH, Rosedale, Nouvelles [Link]
(société
débits de 5 à 500 m3.h-1 Zélandes, 250000 EH, Viby, [Link]
Biogest )
Danemark 100000 EH
Procédé
Cellruptor Décompression rapide hors
équilibre Une STEP dans le Yorkshire en [Link]
(société Eco-
boues pressurisées à P> 1 bar, puis Angleterre. [Link]/
Solids
dépressurisées
International)

Electroporation
Cette technologie, également appelée désintégration électrocinétique, utilise des champs électriques
de tension élevée (jusqu’à quelques dizaines de kilovolts) sur des pulses de quelques millisecondes.
Les boues sont alors désintégrées et des pores sont formés dans les membranes cellulaires,
conduisant à la solubilisation des composés intracellulaires et améliorant ainsi leur digestion
anaérobie. Un essai de démonstration du procédé OpenCell a été renseigné dans la littérature
(Rittman et al. 2008). Malgré des résultats intéressants ce procédé n’est plus commercialisé. Le
procédé Biocrack (Vogelsang) utilisant la même technologie est disponible commercialement (Tableau
15), le constructeur avance une amélioration de 8% de la production de biogaz et une réduction de
11% de la quantité de boues à éliminer.

Tableau 15 Caractéristiques des procédés de désintégration électrocinétique


(Compilation RECORD 2022)
Exemples
Technologie Principe et conditions Références
d’applications
[Link]
BioCrack
Désintégration électrocinétique STEU en Allemagne [Link]/fr-fr/
(Vogelsang)

Centifugeuse-lyseuse
Ce procédé consiste en une centrifugeuse traditionnelle à laquelle un système de lyse cellulaire a
été ajouté. Les forces de cisaillement entre des lames fixes solidaires de la paroi interne de la
centrifugeuse et des lames mobiles fixées sur le rotor conduisent à la désintégration partielle des
boues épaissies. Ce dispositif a été installé sur plusieurs stations d’épuration dans les années
2000 (Zabranska et al., 2006b). Malgré des résultats intéressants (15 à 26% d’augmentation de
la production de biogaz) et le faible coût de ce prétraitement (intégré à une opération unitaire
présente sur la STEP), la société Lysatec GmbH qui le commercialisait ne semble plus exister.

Prétraitements (thermo)-chimiques
Différents prétraitements chimiques ont été appliqués au laboratoire (Annexe 4), il s’agit
principalement de traitements alcalins, acides ou d’oxydation. Les traitements alcalins sont
performants pour solubiliser la matière organique des boues et améliorer le rendement méthane. La
soude et la potasse sont plus efficaces que la chaux mais si le digestat est valorisé en agriculture, la
potasse doit être favorisée. Le procédé Lystek THP® qui combine ajout de potasse et un traitement
thermique à 75°C est commercialisé (Tableau 16).

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 69


Tableau 16 : Caractéristiques des procédés d’hydrolyse thermique/chimique commerciaux
(Compilation RECORD 2022)
Technologie Principe et conditions Exemples d’applications Références
75°C quelques STEPs au
Ajout de 86 à 104 kg de solution à 45% Canada et aux Etats Unis
Lystek THP®
de KOH par tonne MS (e.g. Guelph,
Boues à 13-16% de MS Peterborough)

Les traitements acides conduisent à des améliorations de production de méthane (mais inférieures
aux procédés alcalins) et à des améliorations importantes de la déshydratabilité des boues. On peut
souligner un traitement récemment publié (Wei et al., 2018) qui utilise de l’acide nitreux (HNO2)
produit in situ à partir de NaNO2 et HCl. Les auteurs indiquent un bilan énergétique positif sur une
STEU virtuelle de 400 000 EH.

Les procédés d’oxydation font appel à l’ozonation ou au procédé de Fenton (H2O2 en milieu acide et
en présence de Fe(II). Si l’ozonation est utilisée à l’échelle industrielle sur la ligne eau pour réduire la
production des boues à la source, son application sur la ligne boue se révèle coûteuse et peut
conduire à une minéralisation partielle de la matière organique, impliquant des pertes de potentiel
méthane. Une étude (He et al., 2018) propose un prétraitement d’oxydation original avec du ferrate de
potassium mais il a été évalué uniquement avec des tests BMP.

Microondes / radio fréquences


Ces procédés sont mis en avant pour leur capacité à augmenter la température de milieux aqueux de
manière bien plus rapide que les procédés thermiques conventionnels, ainsi que pour leur facilité à
contrôler et la compacité des équipements (Kor-Bicakci et al., 2019). Toutefois leurs impacts sur les
performances sont principalement liés à la température et sont comparables à ceux obtenus avec les
procédés d’hydrolyse impliquant un chauffage conventionnel. Une différence essentielle est la nature
d’éne gie consommée par le prétraitement : électricité pour les microondes contre la chaleur pour le
chauffage conventionnel. Or la chaleur est généralement disponible sur les stations d’épuration si le
biogaz est valorisé en cogénération.
Les études à l’échelle du laboratoire qui ont considéré le bilan énergétique des prétraitements par
microondes en amont de la méthanisation convergent vers des bilans négatifs (Appels et al., 2013,
Kor-Bicakci et al. 2019). En revanche, Hosseini Koupaie et al. (2018) ont comparé, sur la base de
tests BMP, le prétraitement par microondes et l’irradiation par des radiofréquences. Si pour une
température donnée, les performances des deux procédés sont équivalentes, le bilan énergétique est
nettement plus favorable dans le cas du prototype utilisant les radios fréquences. Les futurs
développements de ce procédé sont donc à surveiller.

[Link] : Déchets graisseux et coproduits animaux

Les déchets graisseux sont généralement associés aux sous-produits animaux et sont donc soumis à
l’obligation de pasteurisation ou stérilisation. Quelques études à l’échelle du laboratoire (Annexe 5)
ont abordé la mono-digestion des déchets graisseux en réacteurs semi-continus, après prétraitement
de pasteurisation (Bayr et al., 2012a) ou stérilisation (Escudero et al., 2014). Cependant ces études
ne présentent pas de résultats sur la monodigestion en CSTR des déchets non prétraités. Elles
convergent sur la nécessité d’appliquer des temps de séjours élevés (50 ou 125 jours) ou de recirculer
une partie du digestat permettant ainsi d’éviter le lessivage de la biomasse anaérobie tout en
augmentant le temps de séjours des déchets (Affes et al., 2013). Des prétraitements thermo-alcalins
peuvent être appliqués aux déchets graisseux. La réaction entre un lipide et une base réalisée à froid
ou à chaud, appelée saponification, conduit à la production (ions carboxylates) solubles et d’alcools.
La conversion des lipides insolubles dans l’eau en savons solubles résulte alors en l’augmentation du
contact entre les déchets et les microorganismes du digesteur, ce qui permet d’améliorer la
biodégradation des déchets graisseux et d’éviter la formation d’une couche en surface du réacteur.
Après un prétraitement par saponification de graisses animales, Affes et al. (2013) ont observé une
augmentation de la cinétique de méthanisation mais pas d’impact sur le rendement en méthane. Par
ailleurs, Bayr et al. (2012) ont comparé les digestions mésophile et thermophile de déchets d’abattoir
et ont confirmé la meilleure stabilité des procédés mésophiles.
Les déchets graisseux sont donc principalement utilisés en codigestion avec les boues d’épuration, la
fraction organique des ordures ménagères ou encore des lisiers (Annexe 5). Les essais de

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 70


stérilisation à 133°C montrent soit aucun impact significatif (Grosser et al., 2020) ou une diminution
(Cuetos et al., 2010) de la production de méthane. Cette diminution de rendement méthane a été
également observée sur des tests BMP après un prétraitement thermique à 170°C d’eaux graisseuses
de restaurant (Carrère et al., 2012). Cette diminution serait due à la formation de composés
récalcitrants tels que des polymères azotés complexes (Cuetos et al., 2010). En ce qui concerne la
pasteurisation à 70°C, des études montrent aucun impact significatif sur le rendement méthane (Grim
et al., 2015; Luste & Luostarinen, 2010) ou alors une légère augmentation (+11%) dans le cas la
codigestion de déchets d’abattoir avec du lisier bovin (Luste & Luostarinen, 2010). Cependant Luste et
Luostarinen (2010) reportent la possibilité d’augmenter la charge suite à la pasteurisation de déchets
d’abattoir codigérés avec des boues d’épuration. Il semble donc préférable d’opérer l’hygiénisation
des déchets graisseux à faible température.
L’installation Bio Energie Touraine utilise le système Biochop (Atlantique Industrie
[Link] (Gatreau & Becot, 2016) pour hygiéniser à 70°C les déchets de
catégorie 3 (4000 tonnes/an) (Gatreau & Becot, 2016).

L’hygiénisation peut également être réalisée par hydrolyse hyperthermophile comme montré par
Alquaralleh et al. (2018) pour la codigestion de graisses et de boues secondaires. Ainsi la
méthanisation en deux étapes (2 j TSH en hyperthermophile (70°C) et 13 j TSH en thermophile
(50°C)) a conduit à une augmentation de 65% et 21% du rendement méthane par rapport la
méthanisation thermophile (TSH 15 j) pour les mélanges 70/30 et 60/40 graisses/boues (Alqaralleh et
al., 2018).

Un essai de sonication appliqué en amont de la codigestion déchets d’abattoir/ lisier bovin n’a pas
montré d’amélioration significative du rendement méthane (Luste et al., 2012). Finalement des essais
de prétraitements thermo-alcalins (ou saponification lorsqu’ils sont appliqués aux graisses) ont montré
des résultats intéressants. Ainsi le prétraitement à la soude à pH 10 à 55°C pendant 24 h d’un
mélange de graisses et boues secondaires, a conduit une augmentation de 37% de la production de
méthane (Li et al., 2015). Une autre étude sur un mélange d’eaux graisseuses de restaurant et de
boues a montré une amélioration de 58% de la production de méthane suite au prétraitement à la
potasse à pH 8, 80°C pendant 30 min (Carrère et al., 2012). Dans cette dernière étude, des essais en
BMP ont montré les mêmes résultats après les prétraitements à pH 8, 9 ou 10 et à une température
de 80 ou 120°C. En revanche, Li et al. (2015) ont obtenu un BMP légèrement inférieur (-6%) à pH 8
par rapport aux pH 10 et 12 lors du prétraitement à la soude à 55°C du mélange boues/graisses. Les
prétraitements thermo-alcalins ou saponification permettent donc de rendre solubles les matières
graisseuses et si la température est supérieure ou égale à 70°C, ce procédé peut assurer la
pasteurisation/hygiénisation des déchets.
A l’échelle industrielle, la société Sapoval (Albi, 81) propose un procédé de saponification qui peut
être appliqué en amont de stations d’épuration des eaux usées ou en amont d’un méthaniseur
([Link]

2.4.5. Biodéchets

Une particularité des biodéchets ou déchets alimentaires est la présence de matière facilement
biodégradable. Pour optimiser la valorisation de ces déchets en biogaz, il convient de conserver cette
matière afin de préserver le potentiel méthanogène (Parthiba Karthikeyan et al., 2018). Une équipe
grecque a développé un prototype de séchoir à domicile. Ils ont montré la réduction de 70% de la
masse des déchets. De plus, le glucose présent dans les déchets étudiés n’était pas dégradé pendant
un stockage de 18 jours des déchets séchés alors qu’il est dégradé en environ 7 jours pendant leur
stockage classique (Sotiropoulos et al., 2015). Les tests de potentiel méthanogène (BMP) ont montré
des valeurs plus élevées pour les déchets séchés à 63°C par rapport au séchage à 83°C (Valta et al.,
2019).
Les déchets peuvent également être préservés après broyage en cuve semi-étanche. Une étape de
fermentation entraîne la baisse du pH et l’inhibition de l’activité de la majeure partie des
microorganismes présents dans les déchets. La société Meiko ([Link]
propose les systèmes Waste Star/Biomaster qui permettent la collecte le broyage et le stockage
jusqu’à 4 ou 8 semaines des biodéchets de restauration collective (Rousseau, 2020). La start-up
française Bio-tank (Pont de Casse, 47) propose également des systèmes de stockage fermés limitant

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 71


les nuisances environnementales (odeurs, émissions de gaz à effet de serre) et les pertes de potentiel
méthanogène ([Link]
Le procédé d’hydrolyse thermique Cambi développé pour améliorer la méthanisation des boues a
également été appliqué aux déchets solides urbains. La première installation près de Lillehammer
(Norvège) date de décembre 1999. Elle reçoit 14 000 t/an de déchets principalement composés de
déchets alimentaires, déchets verts, papiers et couches ainsi que des déchets triés incorrectement
(métaux, pierres, plastiques…). Le prétraitement des déchets consiste en un tamisage et une
séparation des déchets les plus lourds. L’hydrolyse thermique entraîne une forte réduction de la
viscosité des déchets, ce qui permet la séparation des déchets indésirables, tels que les plastiques.
Un bilan réalisé sur l’installation montre que sur 1 000 kg de déchets en entrée, 380 kg sont rejetés.
Les 620 kg restants produisent 150 kg de digestat et 100 m3 de biogaz à 60 % de méthane, les taux
d’abattement sont supérieurs à 65 % pour la DCO, supérieurs à 70 % pour les matières organiques
(Panter & Kleiven, 2005). L’installation Ecopro inaugurée en 2008 à Verdal (Norvège) comprend le
procédé d’hydrolyse thermique Cambi en prétraitement de la codigestion de 17500 tonnes par an de
biodéchets triés à la source, 12500 tonnes par an de boues d’épuration et de 15000 tonnes par an de
déchets municipaux ou industriels, y compris des sous-produits animaux (). Une installation près de
Oslo-Norvège traite 50 000 tonnes de déchets municipaux triés à la source ainsi que des déchets
alimentaires industriels (PERLINK "[Link] ).
Une étude datant de 2013 a reporté les différentes pratiques industrielles de prétraitement des
biodéchets triés à la source sur 17 méthaniseurs suédois (Bernstad et al., 2013). Des tech iques très
diverses sont reportées : d’une simple ouverture des sacs et déchiquetage à un procédé atypique
incluant des opérations de déchiquetage, macération (pulping), dispersion, tamisage (screen disc) et
séparation basée sur les différences de densité. Ce dernier procédé implique la plus forte
consommation énergétique (84 kWh/tonne déchet en entrée), nécessite 1,1 m3 d’eau par tonne de
déchets et conduit à 19% de refus. Toutefois les procédés les plus utilisés étaient la presse à vis et le
tamisage. Sur les 17 méthaniseurs, les refus représentaient 2 à 45 % avec une moyenne de 20 %.
Des problèmes de qualité de la biomasse pour la méthanisation et des coûts de maintenance élevés
étaient souvent reportés. Une étude de cas sur quatre méthaniseurs a permis d’estimer une perte de
14 à 36 m3 CH4/t déchets triés à la source (9 à 28 % du potentiel total) dans les refus dont des valeurs
de 400 à 432 m3/tMVS ont été mesurées. De même, 13 à 32 % de l’azote total étaient écartés. Les
pertes en matières organiques biodégradables et azote étaient plus importantes avec les technologies
à filtre presse qu’avec celles à dispersion (Bernstad et al., 2013).
D’un point de vue des performances du déconditionnement des biodéchets et de la qualité de la pulpe
en sortie, l’étude ADEME « Les solutions de déconditionnement des biodéchets emballés et leurs
performances », 2021, montre qu’une solution exclusivement technique ne permet pas d’atteindre un
objectif d’élimination totale des indésirables (plastiques de petites dimensions notamment). La
sensibilisation des producteurs pour un meilleur tri en amont serait une solution à envisager.
Divers prétraitements mécaniques ont été appliqués à l’échelle pilote sur les FFOM mais sans
forcément comparer les résultats de méthanisation avec des déchets non prétraités (Annexe 6).
Notamment, Novarino and Zanetti (2012) ont utilisé une extrudeuse alors que Micolucci et al. (2016)
ont prétraité les FFOM avec une presse et seule la fraction liquide a été méthanisée alors que la
fraction solide a été valorisée par compostage.
A l’échelle du laboratoire, les traitements thermiques ont été associés à des procédés de séparation
avec différents objectifs. Gianico et al. (2021) ont proposé une centrifugation de déchets de cafétéria
stérilisés, seule la fraction solide a été méthanisée, la fraction liquide ayant été fermentée pour la
production d’AGV. Les auteurs reportent une augmentation de 19% de la production de méthane par
rapport à la production issue de la fraction solide des déchets non stérilisés. Dans une autre étude,
Zhang et al. (2018a) ont éliminé, après stérilisation, la fraction graisseuse (33%) de déchets de
cantines. La production de méthane ainsi obtenue a été équivalente à celle des déchets non
dégraissés, mais avec une meilleure stabilité du réacteur. Dans cette même étude, l’ajout de bentonite
dans le méthaniseur a conduit à 22% d’augmentation de la production de méthane.
Le prétraitement aérobie a été testé à l’échelle du laboratoire pour améliorer la biodégradation de la
matière organique lors du procédé de méthanisation. Cette technique a notamment été expérimentée
à l’échelle pilote sur la fraction organ que des déchets solides municipaux ; une augmentation de la
production de méthane de 73% a été obtenue après un traitement aérobie d’une durée de 24 h et
utilisant un compost comme inoculum (Fernandez.-Güelfo et al., 2011). Par ailleurs, Mata-Alvarez et
al. (1993) ont réalisé un « pré compostage » jusqu’au pré-échauffement de la fraction fermentescible
des ordures ménagères d’une durée inférieure à une semaine. Selon la charge organique et le temps
de séjour appliqués au digesteur, les résultats ont montré soit une augmentation (+23%) ou une
réduction (-11%) de la production de méthane. Il convient de noter que les traitements aérobies

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 72


doivent être optimisés de manière à limiter la consommation de matière organique facilement
biodégradable. Fisgativa et al (2018) ont appliqué un prétraitement aérobie de déchets alimentaires
en amont de leur méthanisation en réacteur batch afin de limiter la production d’AGV au démarrage du
réacteur. Le BMP a été maintenu après 2 jours d’aération mais a significativement diminué après 4
jours de prétraitement (Fisgativa et al., 2018b). Sur des essais de méthanisation en voie solide dans
des réacteurs discontinus à recirculation de lixiviat, un prétraitement aérobie de 2 jours a conduit à
une réduction de la production de méthane par rapport aux déchets frais mais une augmentation par
rapport à celle de déchets stockés dans une fiole ouverte mais non aérés (Fisgativa et al., 2019).
Finalement, des essais d’oxydation en voie humide (10-15 min à 185°C sous 12 bars d’oxygène) se
sont révélés inefficaces pour améliorer le rendement en méthane de biodéchets mais ont conduit à
une amélioration de 31% de la production de biogaz issue de la fraction solide de leur digestat
(Lissens et al., 2004).

2.4.6. Plastiques biodégradables

La collecte sélective des biodéchets à l’horizon 2024 va générer de nouveaux flux de matière
organiques pour la filière méthanisation. En parallèle, un développement croissant de supports
plastiques biodégradables (barquette, sac de collecte, capsule café) est observé ces dernières
années (Abraham et al., 2021; Batori et al., 2018). Ce fort développement fait que les gisements de
biodéchets seront certainement mélangés avec des supports en plastiques biodégradables. En effet,
aujourd’hui la collecte sélective des biodéchets nécessite le plus souvent la mise en place de sac de
collecte permettant de réduire les odeurs, éviter la lixiviation des jus et faciliter la logistique (Dolci et
al., 2021). Toutefois, aujourd’hui peu d’informations sont disponibles sur le devenir des supports de
plastiques biodégradables en filière méthanisation. Aujourd’hui, le marché des plastiques
biodégradables est surtout composé d’un mix de PLA (acide polylactique), PCL (polycaprolactone),
PHA (polyhydroxyalcanoate) et TPS (amidon thermoplastifié) (Boey et al., 2021). Un état des
connaissances sur la dégradation des plastiques biodégradables en méthanisation a été réalisé en
2018 (Bátori et al., 2018) et les auteurs précisent que des plastiques biodégradables peuvent être
biodégradés avec un temps de séjour de 15-30 jours dans un réacteur de méthanisation. C’est le cas
du PHB (polyhydroxybutyrate), de l'amidon, de la cellulose e’ de la pectine. Un ordre général
d'augmentation du taux de biodégradation des plastiques biodégradables dans ces conditions, est le
suivant : PHB> PCL> PLA. Cependant, un taux de dégradation significatif n’est pas atteint pour le
PCL et le PLA avec ce temps de séjour. Afin d’optimiser les cinétiques de biodégradation, des
prétraitements de type mécaniques, thermiques, chimiques et biologiques (Carlsson et al., 2012;
Carrère et al., 2016) peuvent être utilisés pour faciliter la dégradation du matériau et ainsi augmenter
la surface de contact avec les bactéries. Ainsi, afin d’améliorer la biodégradabilité de ces plastiques
en filière méthanisation, différentes technologies de prétraitement ont été étudiées (Battista et al.,
2021; Benn & Zitomer, 2018; Ryan et al., 2017). Jusqu’à présent la plupart des prétraitements ont été
testés à l’échelle du BMP et une seule étude s’est intéressée à l’impact d’un prétraitement alcalin (55◦
C, pH = 12, 24-48h) sur du PHB co-digéré avec des boues primaires (Benn and Zitomer, 2018). Benn
and Zitomer (2018) ont notamment démontré que le prétraitement permettait d’améliorer la
biodégradation (de 5-6%) du PHB sans affecter les performances de la méthanisation.
Le prétraitement mécanique consiste généralement en un broyage, déchiquetage, extrusion ou
cavitation et est largement appliqué dans les installations de biogaz existantes (Carrère et al., 2016;
Monlau et al., 2012). Yagi et al. (2009) ont étudié l'impact de la réduction de la taille des particules sur
la biodégradabilité anaérobie du PCL. Les résultats n’ont pas montré de différence dans la
biodégradation de la poudre PCL (après 60 jours d'incubation) pour les différentes distributions de
tailles de particules (0–250 µm, 250–500 µm, 0–125 µm, 125–250 µm), avec un taux de dégradation
de 80 à 90 % (Yagi et al., 2009). Cependant, la réduction de la taille des particules a un effet positif
sur la cinétique de biodégradation et la petite taille des particules induit une cinétique de dégradation
plus rapide. Ryan et al. (2017) ont étudié l'impact de la taille des particules (de 10 µm à 3900 µm) sur
la biodégradabilité anaérobie du PHBV. Pour toutes les granulométries testées, une production de
méthane autour de 580 ± 12 mL / g, correspondant à une biodégradabilité de 86 ± 2%, a été mesurée.
Néanmoins, en dessous de 840 µm, une phase de latence plus élevée a été observée car la
méthanogénèse a probablement été temporairement inhibée en raison de la diminution du pH
attribuée à l'accumulation des acides gras volatils et à l'acidification du réacteur qui en résulte par une
hydrolyse plus rapide des plastiques biodégradables de petite taille.

Les prétraitements thermiques et thermochimiques ont également été étudiés pour la dégradation des
plastiques biodégradables (Benn & Zitomer, 2018; Hobbs et al., 2019; Vargas et al., 2009). Vargas et

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 73


al. (2009) ont étudié l'impact du prétraitement à la vapeur (3 h, 120°C) sur la digestion anaérobie du
PLA dans des conditions mésophiles et thermophiles. Dans des conditions mésophiles, la quantité de
méthane produite (exprimée en Normo Litre : NL) a été améliorée de 2 NL CH4 kg-1 MS à 90 NL CH4
kg-1 MS tandis qu'en conditions thermophiles, le potentiel de méthane a été augmenté de 187 NL CH4
kg-1 MS à 225 NL CH4 kg-1 MS. Benn and Zitomer (2018) ont testé la dégradation de plastiques
biodégradables (1 PLA, 4 PHB) prétraités thermiquement (35 - 90°C pendant 3 à 48h) et/ou
chimiquement (pH 8 à 12 pendant 3 à 48h) dans le but d’augmenter la surface disponible pour les
bactéries méthanogènes. Les plastiques biodégradables sont méthanisés dans l’inoculum (digestat)
sans apport de co-substrat et l’efficacité de la dégradation est évaluée via le potentiel méthanogène
obtenu à partir de chacun de ces plastiques, sans ou avec prétraitement. L’application de température
supérieure à 55°C, à des pH supérieurs à 10 et à des durées de traitement supérieures à 24h favorise
significativement la dégradation des plastiques biodégradables (potentiel méthanogène multiplié par
2, voire plus pour le PLA qui est très mal dégradé sans prétraitement). Hobbs et al. (2019) ont étudié
l'impact du prétraitement alcalin (21°C, pH> 11, 15 jours) pour améliorer le potentiel méthane du PLA
cristallin et amorphe en co-digestion avec les déchets alimentaires. Ce PLA a atteint une solubilisation
presque complète à 97% et 99%, respectivement, lorsque le prétraitement alcalin a été appliqué.
Benn et Zitomer (2018) ont également étudié l'impact du prétraitement alcalin (35-55°C, pH=10-12,
24-48h pour améliorer le potentiel méthane dans des conditions mésophiles de divers PHA et PLA.
Pour tous les polymères testés, un prétraitement alcalin a permis d'améliorer le potentiel de méthane,
en particulier pour le PLA pour lequel le potentiel méthane est passé de 1 NL CH4 kg-1 MO à 86 NL
CH4 kg-1 MO (Benn & Zitomer, 2018).

2.4.7. Algues

[Link].Les microalgues
Le nombre de publications traitant des microalgues est en constante augmentation ces dernières
années montrant l’intérêt qu’elles suscitent pour la communauté scientifique. Cet intérêt s’appuie sur
leur productivité surfacique élevée, leur capacité à produire des composés d’intérêt et leur
consommation de dioxyde de carbone.
Les domaines de l’environnement dans lesquelles elles peuvent être d’intérêt sont très variés. Elles
sont utilisées pour le traitement de l’air et en particulier la capture du CO2 des rejets canalisés (type
cimenteries) ou diffus dans les centres villes. Au niveau du traitement de l’eau, leur faculté à
consommer les nutriments (N, P, etc.) est bien connue, mais d’autres domaines sont étudiés comme
l’élimination des antibiotiques ou des métaux lourds. La production d’énergie (hydrogène, méthane,
diesel, éthanol) à partir des microalgues fait aussi l’objet de nombreuses recherches. Les algues ont
également un intérêt dans de nombreux autres domaines pour produire des denrées alimentaires, des
aliments pour animaux ou des produits à forte valeur ajoutée (cosmétique, pharmaceutique, chimie
comme les pigments, les biopolymères et la chimie fine).

La digestion anaérobie pourrait être une option pour intégrer les microalgues dans un cycle vertueux
permettant de valoriser :
- les microalgues utilisées en remédiation de l’air ou de l’eau,
- les résidus de microalgues résultant d’une valorisation en énergie ou production de produits à
forte valeur ajoutée.

Cependant, la biodégradabilité anaérobie des microalgues est limitée par la structure complexe de
leur paroi cellulaire (Passos & Ferrer, 2014). Chlorella, Scenedesmus et Nannochloropsis sp.
présentent une paroi cellulaire, à base de polysaccharides, particulièrement résistante (Carrere et al.,
2016; G’nzález-Fernández et al., 2012). D'autres espèces, telles que Chlamydomonas sp., ont une
structure de paroi cellulaire plus facilement biodégradable de type glycoprotéique avec un manque de
cellulose (Passos & Ferrer, 2014). Il existe aussi des espèces dépourvues de paroi cellulaire telles
que Dunaliella salina (Carrère et al., 2016).
Une digestion en mono-substrat pourra être pénalisée par des ratios C/N faibles qui peuvent être à
l’origine d’inhibition à l’azote (Klassen et al., 2017).

Différents prétraitements ont été testés à l’échelle du laboratoire pour améliorer l’accessibilité de la
matière organique présente à l’intérieur des cellules des microalgues. Les données disponibles sur les
performances des prétraitements testés sont issues d’essais réalisés à l’échelle laboratoire ou pilote

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 74


(en batch ou continu), en effet aucune application n’est à notre connaissance en opération à l’échelle
industrielle (Annexe 7).
Comparaison des prétraitements pour augmenter la biodégradabilité anaérobie des
microalgues

Les données disponibles sur la comparaison des performances dans la littérature à l’échelle pilote
sont représentées sur la Figure 31.

Figure 31 : Performances des prétraitements pour augmenter la production de méthane des


microalgues (données issues d’essais pilote) (Compilation RECORD 2022)

L’efficacité des prétraitements des microalgues a été largement étudiée à l’échelle BMP mais peu de
données sont disponibles pour des digesteurs fonctionnant en continu. Les performances peuvent
être élevées à l’exemple des résultats obtenus pour les prétraitements enzymatiques (Mahdy et al.,
2016; Mahdy et al., 2015). Les prétraitements thermiques ont aussi permis d’atteindre de bonnes
performances (Kinnunen et al., 2014; Mendez et al., 2015; Passos & Ferrer, 2015; Passos & Ferrer,
2014; Schwede et al., 2013) avec des augmentations de production de méthane comprises entre
32 et 108%. Seule une étude mettant en œuvre une digestion en continue s’est intéressée au
prétraitement des microalgues cultivées en milieu salin (Schwede et al., 2013). Une accumulation
d’AGV avait été mesurée en raison de concentrations élevées en ammonium et sels entrainant une
diminution des performances.

[Link].Les macroalgues

La digestion anaérobie des macroalgues est peu appliquée à l’échelle industrielle (cf. 3.2.6). Elle fait
en revanche l’objet de plusieurs projets de recherche.

Le projet ANR SAVE (2020-2023) : Valorisation agro-énergétique des Sargasses – SAVE coordonné
par Stéphane Pacaud de l’ENSAIA. Ce projet s’intéresse au stockage (classique, ensilage) et au
prétraitement des sargasses avant méthanisation (Pacaud, 2021). Les tests de stockage visent à
déterminer les meilleures stratégies pour conserver la matière malgré les taux élevés d’humidité et la
présence de sel qui peut être pénalisante pour l’ensilage. Des prétraitements de type lavage, broyage
et séchage seront étudiés. Des pilotes de laboratoire (digesteur chemostat) permettront d’évaluer
l’efficacité de ces prétraitements. La co-digestion des sargasses avec des déchets agro-industriels
produits aux Antilles sera étudiée pour s’affranchir des princ paux verrous liés à leur digestion :
production saisonnière, présence d’inhibiteurs (sels) et de polluants (chlordécone, cadmium).

Le projet COASTAL, 2014-2020 (Gimžauskaitė et al., 2020)


Ce projet, financé par un programme Interreg du sud de la Baltique (fonds européens) a étudié la
digestion des algues de la mer Baltique pour contrer les conséquences de l’eutrophisation. Des essais
ont été menés à l’échelle pilote en Suède (Smyge). Le pilote était constitué de 2 réacteurs de
digestion de 150 m3, d’un tampon, d’un filtre pour le biogaz et d’une chaudière. Le pilote a été opéré

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 75


pendant 1,5 ans (2016-2017). Différentes techniques de ramassage des algues ont été testées sur la
plage ou en mer. Aucune ne permet de collecter des algues exemptes de sables. Des essais de
tamisage ont été réalisés pour l’éliminer. La maille qui a permis d’obtenir les meilleurs résultats était
celle de 20 mm. Un double tamisage a permis de réduire de 90% la quantité de sable présente. Les
inconvénients avancés pour ce prétraitement sont les coûts d’autant plus élevés que le nombre de
cycles de tamisage augmente et le fait qu’il ne permet pas d’éliminer la totalité du sable présent.
Concernant les essais de méthanisation à l’échelle pilote, les premières études avaient montré que la
digestion des algues causait une instabilité de la biologie en raison de la présence d’hydrogène
sulfuré ce qui nécessitait d’injecter du chlorure de fer. Pour s’affranchir de cette difficulté et améliorer
les rendements de production, la nouvelle phase d’essais s’est intéressée à la co-digestion des algues
avec différents déchets municipaux (résidus de tomates, tontes, fumier équin et résidus de betterave à
sucre. Ces essais ont montré que la co-digestion des macroalgues permettait d’obtenir des
performances de digestion satisfaisantes.

Ces projets montrent les difficultés liées à la digestion des macroalgues. Le ramassage des algues
doit se faire de manière à réduire au maximum la présence de sable collecté. Aucun système ne
donne toutefois complète satisfaction (Gimžauskaitė et al., 2020).
Des systèmes de tamisage ou de cuve agitée peuvent aussi être appliqués en prétraitement pour
limiter l’introduction de sable dans le digesteur (Gimžauskaitė et al., 2020). Le lavage des algues
marines à l’eau douce est une option pour réduire la quantité de sable et de sel entrant dans le
digesteur mais cela ne permettra pas d’éliminer le sel présent à l’intérieur des cellules. De plus, cette
étape de lavage induira un process complémentaire et des coûts d’investissement et de
fonctionnement supplémentaires.
Concernant le stockage, les travaux réalisés dans le cadre du projet ANR SAVE permettront
d’identifier les techniques les plus conservatives pour stocker les algues après les périodes
d’échouage et lisser leur digestion dans le temps. La mono-digestion de macroalgues a conduit à des
dysfonctionnements biologiques importants lors des essais menés par l’INRAE (INRAE Transfert
Environnement, 2018) et ceux réalisés dans le cadre du projet Coastal (Gimžauskaitė et al., 2020).
Les sels et l’H2S avaient été identifiés comme les principaux inhibiteurs. La réduction de l’effet
inhibiteur des algues (sel, soufre) dans le digesteur peut se faire en premier lieu par la co-digestion qui
permet de rétablir des conditions favorables à la biologie (ratio C/N, C/S, concentrations en sels et
polluants) et assure une continuité des apports pendant les périodes de faible production algale.

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 76


Volet 3 : Retours d’expériences terrain sur l’application de
technologies de stockage et prétraitements

3.1 Méthodologie mise en œuvre

Le retour d’expérience des exploitants de dispositifs de prétraitement de la matière sont


indispensables à la bonne compréhension des enjeux, notamment sur le développement de nouvelles
technologies permettant de répondre aux attentes actuelles. De nouveaux intrants difficiles (résidus de
culture, biodéchets, graisses, déchets d’abattoirs et de tannerie) sont aujourd’hui traités par le biais de
la méthanisation et les systèmes de préparation de la matière ne semblent pas toujours adaptés. Les
enquêtes terrain permettent de mettre en évidence ces manquements et ouvrent des voies à la
recherche et au développement de nouveaux dispositifs mieux adaptés.

La méthodologie mise en place est la suivante :


 Entretien avec 20 exploitants d’unités de méthanisation agricole, territoriale et de STEP
ayant un dispositif de prétraitement ;
 Entretien avec des constructeurs et fournisseurs d’équipements (entre 10 et 20) ;
 Synthèse des retours et croisement des informations reçues.

En ce qui concerne les exploitants d’unités en fonctionnement, les démarches suivantes ont été
entreprises :
- Réalisation d’une liste d’unités agricoles, territoriales et de STEP avec systèmes de
prétraitements variés ;
- Création d’un questionnaire d’enquête en ligne à destination des exploitants ;
- Diffusion ciblée du questionnaire dans un premier temps auprès de contact couplé à un
entretien téléphonique de 30 min à 60 min ;
- Diffusion élargie du questionnaire via les réseaux d’exploitants.

En ce qui concerne les constructeurs et les fournisseurs, les démarches suivantes ont été réalisées :

- Entretien téléphonique ;
- Demande de contacts références afin de pouvoir contacter les utilisateurs de leurs
technologies (conservateurs d’ensilage, broyeurs, préfosse…).

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 77


Tableau 17 : Données recueillies dans le cadre des enquêtes d'acteurs (Compilation RECORD 2022)
Catégories de
Précisions apportées
données recueillies

Fumier mou ou pailleux, lisier, ensilage, pailles, menues-pailles, cannes de


Gisement de matière
maïs, lactosérum, déchets d'agro-industries, biodéchets, boues de step…

Broyeur/défibreur (en ligne, déporté, sec, humide)

Pré-fosse de mélange (cuve d’hydrolyse) de quel type (agitation, pompe


hacheuse, aérobie, anaérobie)
Technologie de
Hygiénisateur
prétraitement
Extrudeur

Conservateur d’ensilage…

Matières prétraitées Fumiers, pailles, déchets IAA, biodéchets….

Production de biogaz

Qualité du biogaz

Diminution temps de séjour

Forces du système Moins de casse matériel

Moins de croûte

Moins de mousse

Moins de consommation électrique…

Augmentation consommation électrique

Prix d’achat de l’équipement


Faiblesses du système
Frais de maintenance

Augmentation du temps de travail…

Investissement k€

Charges annuelles k€/an

Niveau de satisfaction
Oui, plutôt oui, neutre, plutôt non, non
du système

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 78


3.2 Retours d’enquêtes terrain
3.2.1 Déjections animales

 Extraction d’azote

La société Xergi rachetée par Nature Energy (Danemark) a développé le procédé NiX® d’Extraction à
l’azote pour prétraiter les matières qui présentent des concentrations élevées en azote. Le procédé
breveté prétraite thermo-chimiquement la matière (pH 10 avec apport de chaux, 160°C, 6 bars) pour
réduire la teneur en azote de l’intrant et améliorer la dégradation de la matière. L’ammoniac strippé est
converti en sulfate d’ammonium par lavage à l’acide sulfurique. La matière est ainsi hygiénisée et
produirait 25% de biométhane supplémentaire par rapport à la matière non traitée (DANETV, 2010;
Fink, 2019). Deux unités ont été installées, l’une au Danemark pour prétraiter la fraction solide de
lisiers, l’autre en Irlande du Nord pour la méthanisation de fientes de volaille (40 000 t/an) en mono-
digestion.

 Pré-compostage

Une unité de méthanisation en voie sèche discontinue (garage) traite du fumier, des résidus agricoles
(menues paille, maïs ensilage, poussières de céréales) et déchets d’abattoir. Des essais ont été
réalisés par l’exploitant pour évaluer l’intérêt du broyage (retourneur d’andain et broyeur à compost)
en amont des digesteurs. L’absence de broyage avant l’incorporation induit 3 phénomènes
contraignants :
- Pas de montée en chaleur donc consommation importante de chaleur pour monter à 37°C
- Démarrage de la réaction de méthanisation longue
- Moins de production de biogaz

Le retourneur d’andains demande une surface de prétraitement très importante pour pouvoir produire
un andain suffisamment important. Le broyeur à compost permet de broyer plus finement la matière
que le retourneur d’andains réduisant la durée nécessaire du pré-compostage à 1 semaine contre 2
semaines pour limiter les pertes de matières.
D’après l’exploitant, ces deux pratiques permettent une montée en température de la matière (> 40°C)
avant introduction dans le méthaniseur, une augmentation de la production de biogaz et de la
cinétique de production.
Suite à ces essais, l’exploitant recommande de réaliser un broyage pour les fumiers pailleux.
L’investissement s’élève entre 75 et 150 k € (retourneur d’andain ou broyeur à compost).

3.2.2 Résidus agricoles et productions végétales

Broyage et défibrage

Différents dispositifs de broyage et de défibrage sont retrouvés sur les unités de méthanisation en
fonctionnement en France et ailleurs en Europe. Ces équipements sont disposés en ligne dans la
chaîne de traitement de l’unité ou de façon déportée. Les broyeurs et défibreurs sont de plus en plus
généralisés chez certains constructeurs qui souhaitent s’affranchir des problématiques d’introduction
et de traitement de la matière. Pour autant, bien que ces derniers présentent de multiples avantages,
ils peuvent également devenir une source de contraintes ou de charges pour l’exploitant de
l’installation.

 Le broyeur à couteaux

Parmi les retours d’expérience obtenus, le broyeur à couteaux de type PréMix proposé par la société
Vogelsang est installé sur un nombre important d’unités, notamment du fait qu’il est proposé en
équipement standardisé par plusieurs constructeurs d’unités de méthanisation agricole clés en mains.
Le PréMix est retrouvé sur des installations traitant des matières complexes tels que des fumiers
pailleux et des pailles mais également pour des matières ensilées telles que des Cultures
Intermédiaires à Vocation Énergétique. L’intérêt de cet équipement pour des cultures ensilées

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 79


finement (brins < 30 mm de longueur) peut poser questions étant donné le caractère haché de la
matière première. Il apparaît en effet qu’un nombre important d’installations incorporent des matières
ensilées sans passer par un système de prétraitement additionnel, sans pour autant présenter un
fonctionnement diminué de leur unité de digestion. Les PréMix disposent d’un piège à cailloux limitant
fortement leur intégration dans les digesteurs. Le sable n’est cependant pas retenu par ce système.

Figure 32 : Photo de broyeur à couteaux avec récupérateur de cailloux (SOLAGRO, 2021)

Pour un des exploitants contactés, le PréMix a été installé après deux années de fonctionnement, lui
permettant de comparer un avant et un après et d’en tirer les bénéfices et les inconvénients.

Les principaux bénéfices de cet équipement avancés par les exploitants sont les suivants :

- Réduction de la croûte en surface des cuves de digestion ;


- Diminution de la casse d’agitateurs ;
- Diminution du temps de maintenance sur la ligne de digestion, et ainsi de pertes de revenus
liées à d’éventuelles interventions ;
- Diminution de la quantité d’indésirables (cailloux, ferrailles, bouts de bois…) en digestion ;
- Augmentation de la cinétique de production de biométhane (il s’agit d’un ressenti qui n’est
cependant jamais réellement mesuré) ;
- Concentration des problèmes techniques en un seul point de l’installation au niveau du
broyeur, permettant de s’affranchir de contraintes mécaniques liées au gisement en aval dans
la ligne de digestion.

Les principales limites de cet équipement avancées par les exploitants sont les suivantes :

- Coût d’investissement : entre 70k€ et 110 k€ en moyenne ;


- Charges de maintenance et remplacement des couteaux : 5k€/an en moyenne ;
- Charges liées à la consommation électrique : 2k€/an en moyenne pour un modèle 30 kW
fonctionnant 3h/jour.

 Le broyeur à marteaux

Le broyeur à marteaux est principalement retrouvé sur des unités traitant des matières très complexes
(fumiers pailleux, pailles de céréales, cannes de maïs, racines d’endives, radicelles de betteraves,
potirons entiers…). Il est réputé plus efficace que le broyeur à couteaux pour le prétraitement de
matières fibreuses et sèches. Les broyeurs à marteaux sont généralement proposés avec des
puissances plus élevées que les broyeurs à couteaux, avec des modèles standards de 75 kWe et de

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 80


90 kWe pour le prétraitement de matière organique avant méthanisation. Les exploitants contactés
possèdent tous des broyeurs Bio-Grinder de la société BHS. Ces dispositifs sont installés sur des
unités en voie liquide et solide continue.

Figure 33 : Photo de broyeur à marteaux BHS (SOLAGRO, 2021)

Les principaux bénéfices du broyeur à marteaux avancés par les exploitants sont les suivants :

- Réduction de la croûte en surface des cuves de digestion ;


- Diminution de la casse d’agitateurs ;
- Diminution des phénomènes de bouchons dans les canalisations coudées ;
- Diminution du temps de maintenance sur la ligne de digestion, et ainsi de pertes de revenus
liées à d’éventuelles interventions ;
- Bonne acceptation des cailloux qui sont également broyés ;
- Concentration des problèmes techniques en un seul point de l’installation au niveau du
broyeur, permettant de s’affranchir de contraintes mécaniques liées au gisement en aval dans
la ligne de digestion.

Les principales limites de cet équipement avancées par les exploitants sont les suivantes :

- Coût d’investissement : 100 k€ minimum ;


- Charges de maintenance et remplacement des marteaux et du rotor : 8-10k€/an en moyenne.
Un marteau a un coût moyen de 175 €/unité.
- Charges liées à la consommation électrique : 15k€/an en moyenne pour un modèle 75 kW
fonctionnant 8h/jour.

 Le broyeur à chaînes

Le broyeur à chaînes est robuste et fiable. Il est installé pour le broyage de matières fibreuses. Une
unité de méthanisation a été contactée pour recueillir leur retour d’expérience sur l’utilisation d’un
broyeur à chaîne TQZ 1200 de Verde Energy (8 à 10 t/h). Ce broyeur est utilisé pour le prétraitement
de fumier bovin pailleux, CIVE, ensilage d’herbe et déchets de pomme. Les cailloux présents dans les
intrants sont désagrégés lors de leur passage dans le broyeur. La matière broyée est introduite dans

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 81


une pré fosse de mélange (lisier ou digestat) avant pompage vers le digesteur en voie liquide
mésophile. Cette pré-fosse permet de retenir la ferraille et des petits cailloux avant l’introduction de la
matière dans le digesteur. Le broyeur est installé depuis 2,5 ans ce qui permet d’estimer les coûts de
fonctionnement. Les coûts de maintenance sont estimés à 1 500 €an pour le changement de la paire
de chaînes (150 € la paire à changer tous les 2 mois) et le remplacement de la toile de renfort en acier
(1 200 € tous les 2 ans), ceci pour un temps de fonctionnement de l’ordre de 3h/jour. Le coût
d’investissement est de l’ordre de 98 000 € (donnée Verde Energy). Le broyeur donne satisfaction à
l’exploitant. Il permet de protéger les pompes et prévient les bouchages du pendillard qui est utilisé
pour épandre le digestat brut. Aucun problème de croûtage ou de flottation de matière n’est constaté
dans le digesteur.

Figure 34 : Photo de broyeur à chaînes TQZ (THM recycling solutions, 2021)

 Le broyeur forestier déporté

Le broyeur forestier est une solution privilégiée par certains exploitants qui ne souhaitent pas avoir de
dispositif de broyeur en ligne, pouvant pénaliser le fonctionnement de l’installation en cas de panne.
Le broyeur forestier est un système mobile déporté utilisé principalement dans le cadre du broyage de
déchets verts. Il est adapté sur certaines unités de méthanisation pour le broyage de fumier et de
résidus de culture. Il est réputé particulièrement robuste mais n’est pas adapté pour les fumiers mous.
Les modèles retrouvés lors des entretiens sont de la marque Hantsch et Menart. Ils sont retrouvés
principalement en version diesel mais existent également en version électrique ou raccordés derrière
à un tracteur.

Figure 35 : Photo de broyeur à déchets verts Hantsch Willibald Mini-Shark (SOLAGRO, 2021)

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 82


Les principaux bénéfices du broyeur forestier avancés par les exploitants sont les suivants :

- Peu d’entretien quotidien ;


- Diminution des phénomènes de bouchons dans les canalisations coudées ;
- Diminution du temps de maintenance sur la ligne de digestion, et ainsi de pertes de revenus
liées à d’éventuelles interventions ;
- Concentration des problèmes techniques en un seul point de l’installation au niveau du
broyeur déporté, permettant de s’affranchir en partie de contraintes mécaniques liées au
gisement sur la ligne de digestion.

Les principales limites de cet équipement avancées par les exploitants sont les suivantes :

- Coût d’investissement : 100 à 150 k€ minimum neuf selon les modèles ;


- Charges de maintenance : 1€20/tonne traitée selon le constructeur ;
- Entretien pluriannuel coûteux : remplacement et réglage des couteaux et mise à l’arrêt du
broyeur pendant plusieurs jours.

 Le GasMix

L’université Aarhus au Danemark a évalué l’impact du GasMix sur plusieurs unités de méthanisation.
Les résultats de cette étude ont été présentés par Landia en 2015 au workshop annuel organisé par
l’IBBA (Inter Baltic Biogas Arena).

Le suivi d’une unité agricole (lisier bovin, porcin, fumier en ensilage de maïs) a montré que la viscosité
du digestat non équipé du Gasmix était supérieure de 46% à celui équipé (Thorkild, 2015).

Une seconde unité agricole (lisier, litière, glycérol, déchets agricoles variés) a fait l’objet d’un suivi. La
production de méthane était supérieure de 11% pour le digesteur équipé d’un GasMix tout en
améliorant le mélange de la partie haute du digesteur (couche flottante). L’effet positif du GasMix était
plus marqué pour le prétraitement des matières lignocellulosiques avec une réduction de la taille des
particules et de la cristallinité de la cellulose (Thorkild, 2015).

La société néerlandaise Host commercialise un procédé de recirculation du digestat avec broyeur


intégré (HoSt Ruminator System) pour empêcher la formation de croûte en surface et améliorer la
digestion. Une unité agricole est ainsi équipée en Ille-et-Vilaine.

 Cavitation

La dernière unité française de cavitation BioBANG® a été installée en mars 2021 sur l’unité de
méthanisation Reims Biométhane (Figure 36). Cette unité de 700 Nm3/h est équipée de deux
digesteurs primaires et d’un post-digesteur. Les intrants comprennent des oignons, betteraves, paille
et ensilage de maïs à raison de 50 t/j. Le BioBANG® de 2 m3/h fonctionne en continu en recirculation
sur l’un des deux digesteurs primaires (Biobang, 2021).

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 83


Figure 36 : Photo du système Biobang® installé sur l’une unité de méthanisation Reims Biométhane
(Biobang, 2021).

Les bénéfices visés sont une réduction de la viscosité du digestat permettant d’optimiser les
consommations énergétiques liées à l’agitation et au pompage (Biobang, 2021). Des augmentations
de production de biogaz sont aussi attendues en raison de l’amélioration de l’accessibilité de la
matière et de l’augmentation possible du taux de MS de la ration (Biobang, 2021).

 Les produits de conservation

Trois sociétés (Lallemand, Schaumann et Roullier) proposant des conservateurs d’ensilage et des
produits de conservation de matières végétales (acides) ont été contacté dans le cadre de cette
étude. Les produits proposés sont des inoculants (bactéries lactiques homo et hétérofermentaires) et
des conservateurs chimiques (produits acides tamponnés à l’ammoniac ou à l’eau). Ce marché est
très développé en Allemagne en 2021 mais encore très récent en France. Environ 80% des éleveurs
produisant de l’ensilage en Allemagne ont recours à des inoculants, alors qu’en France ils ne
représentent que 20% d’entre eux. Concernant les ensilages à destination de la méthanisation, la
grande majorité des unités allemandes ajoutent des inoculants quand en France ils sont cinquantaine
à le faire en 2021.

L’utilisation de produits de conservation s’expliquent par trois grandes problématiques rencontrées par
les exploitants :

- Une perte moyenne d’origine fermentaire constatée en ensilage de l’ordre de 10 à 15% de


matière sèche en tonnage sur un silo. Cette perte peut être supérieure dans le cas
d’écoulement de jus d’ensilage ;
- Une contamination possible des matières par des levures et des champignons ;
- Une montée en température du front d’attaque induisant une diminution du potentiel
méthanogène.

Les bénéfices annoncés par ces trois sociétés sont les suivants :

- Une perte de matière sèche en tonnage réduite de 5 à 10% ;


- Une production d’acide acétique, accélérant l’étape d’acétogénèse en digestion. Cet acide
augmente également la stabilité aérobie et diminue les pertes du pouvoir méthanogène sur le
front d’attaque (maintien le front d’attaque à une température inférieure à 20 °C) ;
- Une production de propylène glycol avec une disponibilité énergétique importante ;
- Un effet concurrentiel des inoculants avec des souches produisant des molécules inhibitrices.

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 84


Le coût moyen des inoculants est de 1,5 €/t matière brute traitée (entre 1,2 et 2 €/tonne selon les
fournisseurs). Le rapport investissement sur gain annoncé par les producteurs d’inoculants est de 1
pour 5.

Le coût moyen des acides est de 4 €/tonne de matière brute traitée. Bien que leur prix soit plus élevé,
ils sont les seuls adaptés pour la conservation de produits très secs (menues-pailles, poussières de
céréales…) pour lesquels la conservation par ensilage est impossible. Il est donc conseiller d’opter
pour des inoculants pour des matières solides avec un taux de matière sèche inférieur à 45% et
pouvant être ensilé (taux de sucre disponible suffisant), et de privilégier les conservateurs acides (ou
basiques) pour les intrants solides très secs ne pouvant pas être ensilés.

La couverture des silos avec une bâche est conseillée par les fournisseurs de conservateurs
d’ensilage. L’absence de couverture ou l’ajout d’un couvert végétal induiraient selon eux des pertes
non négligeables jusqu’à un mètre de profondeur en partie supérieure du silo.

3.2.3 Boues de stations d’épuration

 Elimination des filasses

Les sites sont, pour partie, équipés de broyeurs ou de tamis fin pour l’élimination des filasses des
boues, problématiques pour la filière de traitement. Le tamis à boues sous pression (Strainpress®) de
la société Huber Technology donne généralement satisfaction auprès des exploitants malgré des
coûts d’investissement et de fonctionnement élevés. Il pourrait toutefois diminuer la déshydratabilité
des boues (Falipou et al., 2020).

 Amélioration de la biodégradabilité des boues et de la déshydratabilité des digestats

Des prétraitements sont installés sur les boues en amont du process de méthanisation pour un peu
plus de 10% des unités de méthanisation de STEP en France (Falipou et al., 2020). Ces traitements
sont de type :

- Hydrolyse thermique à haute température : 7 STEP équipées et 1 unité en cours


d’installation,

- Sonication (ultrasons) : 4 unités équipées. Le système Biopush de Weber Entec sera


prochainement installé sur la station d’épuration de Mont-de-Marsan, une première en France
pour la société allemande.

- Electrocinétique : 1 unité équipée. Il s’agit de la première référence en France installée sur la


station d’épuration de Reventin Vaugris (125 000 EH). Le prétraitement doit être démarré à
l’été 2021 avec comme objectif d’améliorer la déshydratabilité du digestat.

Les performances directement imputables aux prétraitements sont difficilement mesurables lorsqu’ils
sont installés simultanément avec le process de méthanisation au cours d’une phase de réhabilitation
de la station. Une station s’est équipée d’un traitement hydrolyse thermique/méthanisation pour le
traitement des boues secondaires centrifugées. Cet investissement donne pleinement satisfaction et a
permis de réduire le tonnage de boues produites d’un facteur 3 facilitant réduisant les coûts liés à
l'évacuation des boues. L’hydrolyse thermique peut aussi être installée entre deux étages de
digestion. C’est le cas d’une station d’épuration de 550 000 EH, en France, équipée de quatre
hydrolyseurs thermiques. Le fournisseur annonce une augmentation de la production de gaz de 25%
ainsi qu’une réduction du volume de boues à déshydrater. L’investissement pour les quatre
hydrolyseurs s’est élevé à 3,4 M€. Les consommations d’énergie sont sous forme de vapeur (8500
t/an) et d’électricité pour le malaxeur/ mélangeur de l’hydrolyse Thermique (15 kWh), la pompe à eau
de l’hydrolyseur (4 kW) et la pompe à boues hydrolysées (7,5 kWh). Ces équipements donnent
satisfaction malgré des coûts de fonctionnement élevés liés à la maintenance des équipements sous
haute pression et au curage annuel des hydrolyseurs.

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 85


Certaines stations ont, au contraire, fait le choix de ne plus utiliser leur prétraitement :
- Une unité de sonolyse a été arrêtée après 4 à 5 ans de fonctionnement. Les ultrasons étaient
utilisés pour traiter 30% du flux de boues secondaires après le tambour d’égouttage. Le
prétraitement de la sonolyse (broyeur et pompe) posait des problèmes de maintenance en
raison de la présence de filasses. Les bénéfices liés aux ultrasons n’étaient pas clairement
établis ce qui a conduit à les arrêter.

- Un traitement par hydrolyse thermique a aussi été arrêté après quelques mois d’essais en
2017. Les hydrolyseurs traitaient une partie du digestat recirculé sur les méthaniseurs de
boues primaires et secondaires (après pré-déshydratation par centrifugation). Lors de la
période d’essais, plusieurs difficultés ont été rencontrées et notamment des défauts de
fonctionnement des hydrolyseurs et l’augmentation de la concentration en azote dans les
retours en tête conduisant à l’augmentation des concentrations en sortie de station
d’épuration. Le rejet des eaux traitées de cette station se fait en milieu sensible avec des
exigences strictes sur les paramètres azote ce qui ne permet pas d’accepter ce flux d’azote
supplémentaire.

3.2.4 Graisses
Le prétraitement des graisses par saponification est proposé par la société SAPOVAL (81000 Albi)
pour faciliter leur digestion anaérobie. Il permet la solubilisation et la stabilisation des matières
prétraitées pour limiter les problématiques physiques (colmatage, encrassement, croûtage) et
biologiques (inhibition, moussage, capacité de digestion) liées aux graisses. Un brevet a été déposé.
Ce prétraitement se fait dans une cuve agitée, non chauffée, avec addition d’une base de type soude,
potasse ou lait de chaux. Le pH visé est de 8,5 à 9,5. Il peut être mis en œuvre sur les graisses de la
station d’épuration et toutes graisses issues des eaux usées (bacs à graisses, flottation des
restaurateurs). Les coûts d’investissement sont de l’ordre de 50 à 150 k€ pour un coût de
fonctionnement de 5 à 15 €/t selon le type de graisses traitées. L’équipement serait rentabilisé entre 1
et 4 ans grâce aux gains opérationnels et à la fiabilisation du process de digestion. Plusieurs
équipements sont en exploitation ou seront démarrés en 2021 pour le prétraitement de graisses avant
méthanisation en France (STEU de Vichy, Limoges) et en Belgique (SAPOVAL, 2021).

3.2.5 Biodéchets
Des fournisseurs proposent des solutions techniques pour stocker les biodéchets et préserver le
potentiel méthanogène tout en limitant les nuisances liées aux odeurs, insectes et nuisibles.

Des techniques de déshydratation des biodéchets sont commercialisées par GEB Solutions (89 300
Joigny). Cette déshydratation permet de conserver la matière mais présente certains inconvénients et
notamment une consommation d’énergie élevée. De plus, une réhydratation ou un mélange de la
poudre de biodéchets à un co-substrat sera nécessaire pour permettre sa digestion.

 Stockage : Bio Tank® (Hindelang, 2021)

La société Bio Tank (47 800 Pont du Casse) commercialise des contenants étanches pour stocker les
biodéchets en absence d’oxygène. Le processus d’hydrolyse démarre dans ces contenants, le CO2
produit chasse l’oxygène présent permettant de conserver la matière acidifiée. L’étanchéité permet
également de supprimer les nuisances telles que les odeurs et la présence de nuisibles. Ce mode de
stockage a été évalué par un laboratoire spécialisé, une conservation de 99% du potentiel
méthanogène a pu être obtenue sur une durée de stockage d’un mois. Une production d’hydrogène et
d’hydrogène sulfuré a été mesurée pendant ce stockage. Les évents sont traités par adsorption au
charbon actif avant émission à l’atmosphère. Deux configurations sont disponibles selon que les
biodéchets sont bruts ou emballés. En présence d’emballages, ceux-ci sont éventrés puis l’ensemble
est compacté pour le stockage. Un déconditionnement sera nécessaire avant la digestion anaérobie
sur le site de méthanisation. Pour les biodéchets non emballés, un broyeur à peigne d’une maille de
10 mm est intégré au Bio Tank.

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 86


La première unité de 12 m3 sera installée en septembre 2021 pour une chaîne d’hypermarché. Bio
Tank développe de plus petites unités de 0,5 à 2 m3 pour proposer une gamme de points d’apports
volontaires de biodéchets. Les Bio Tank de 12, 15 et 20 m3 seront mis à disposition sur le site
producteur de biodéchets. Un tarif de 100 à 200 €/t sera facturé pour la location du matériel et
l’élimination du biodéchet selon la région et l’exutoire (méthaniseur équipé ou non d’un
déconditionneur). Les plus petites unités (< 10 m3) seront vendues, le tarif n’est pas arrêté au
15/06/21.

 Prétraitement et préparation de la ration

Un tri peut être nécessaire en premier lieu pour vérifier la qualité de la matière et éliminer les
indésirables résultant d’erreurs de tri. La présence d’emballages nécessite une étape de
déconditionnement des biodéchets pour séparer les emballages des matières biodégradables. Cette
étape est soit réalisée par le producteur de déchets soit par l’unité de méthanisation. Les procédés
classiques de déconditionnement broient la matière en entrée avant séparation des emballages. Des
systèmes innovants existent afin de perforer les emballages et d’en extraire les matières organiques
valorisables. Selon une étude récente (Les solutions de déconditionnement des biodéchets emballés
et leurs performances, ADEME 2021), 43 installations de déconditionnements sont installées en
France.

Réglementairement, les biodéchets doivent être broyés à une taille maximale de 12 mm avant d’être
hygiénisés.

Des cuves d’hydrolyse sont installées sur quelques unités pour le prétraitement des matières
fortement fermentescibles afin de diminuer le risque d’acidose dans le digesteur. La société Naskeo
(92240 Malakoff) a installé 3 cuves d’hydrolyse sur les résidus agro-industriels et déchets carnés. La
cuve est agitée et chauffée à 45-55°C et dimensionnée pour un temps de séjour de quelques jours
(Fougerit, 2021 ). Un industriel spécialisé dans la collecte et la méthanisation de biodéchets agro-
industriels a été contacté au cours de l'enquête. Les 5 sites en service sont équipés d’une cuve
d’hydrolyse biologique en amont du digesteur anaérobie. L’hydrolyse se fait en continue après l’étape
d’hygiénisation. La cuve est agitée et la température maintenue à 45 ou 55°C. Le pH n’est pas
contrôlé, il s’établit naturellement autour de 4,5. Les gaz produits au cours de cette hydrolyse sont
évacués par un évent soit à l’atmosphère soit vers le ciel gazeux du digesteur. L’efficacité de ce
traitement n’a pas été mesurée mais permettrait, selon l’industriel, d’améliorer la production de biogaz
de 10 à 15% grâce à l’amélioration des cinétiques de dégradation qui permet d’augmenter la quantité
de matières traitées.

3.2.6 Algues

Peu de retours d’expériences sont reportés sur la méthanisation des algues. L’usine de Solrød au
Danemark méthanise des macroalgues d’échouage en co-digestion (Gimžauskaitė et al., 2020). En
juin 2020, cette unité était la seule référence connue à méthaniser ce type d’intrants.
L’unité de Solrød, mise en service en 2015, a une capacité de 226 000 tonnes/an avec une
valorisation du biogaz par cogénération. Le coût d’investissement s’est élevé à 11,6 millions d’euros.
Les algues sont co-digérées, dans un méthaniseur infiniment mélangé, avec des résidus organiques
(pectine, acide lactique, bouillie de levure) et du fumier (Figure 37). Elles ne représentent que 7 000
tonnes/an soit moins de 4% du tonnage de matières entrantes traitées.

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 87


Figure 37. Schéma de principe de l’unité de méthanisation de Solrød au Danemark (IEA Bioenergy,
2015)

Le ramassage des algues pour les méthaniser a permis de résoudre les problèmes liés à la présence
des algues sur la plage (odeurs, impact paysager) et dans l’eau en réduisant les concentrations de
nutriments (N et P) et par conséquent les problèmes d’eutrophisation. L’unité de Solrød reçoit deux
types d’algues, une algue verte (Zostera marina) et une algue brune (Pilayella littoralis, Ectocarpus
sp). La concentration en cadmium est limitée à 0,8 mg/kg MS algale. Si cette limite est dépassée,
principalement en hiver, le lot d’algues est rejeté en mer. Le développement d’outils adaptés au
ramassage des algues était toujours à l’étude en 2020.
Les algues subissent des prétraitements sur le site de méthanisation avant digestion. Elles sont, en
premier lieu, introduites dans une cuve fortement agitée pour séparer les algues des sables. Les
algues sont ensuite hachées finement dans un macérateur puis mélangées aux autres matières
premières.

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 88


3.3 Synthèse des entretiens d’acteurs

Tableau 18 : Synthèse des retours d’expérience sur les dispositifs de prétraitements suite aux entretiens d’acteurs (Compilation RECORD 2022)
Nombre Technologie Coûts
Catégorie Typologie Conditions Charges de Gains de Autres Satisfaction
de Interlocuteur de Prétraitement d'investisse Maturité Bénéfices Limites
d'intrants d'installation opératoires fonctionnement production impacts exploitant
retours méthanisation ments
Voie liquide Extraction des emballages des
Ligne de
infiniment biodéchets et production d'une Oui tout à
1 Exploitant Territoriale déconditionnem 600 k€ 100 k€ Industrielle
mélangée soupe "pompable" qui peut ensuite fait
ent
mésophile être incorporée en méthanisation
Biodéchets
Voie liquide
Non
Agricole infiniment Broyeur et Oui tout à
1 Exploitant Industrielle clairement
collective mélangée hygiénisation fait
établi
mésophile
Plutôt non du
Prétraitement
Voie liquide fait que le
de 20% du flux Non
infiniment bénéfice
1 Exploitant STEU Ultrasons de boues Industrielle clairement
mélangée n'est pas
secondaires établi
mésophile clairement
épaissies
établi
8 500T vapeur
d’eau
consommées/an
Malaxeur/ Concentration des
Hydrolyse
Mélangeur contaminants
positionnée sur
3 447 k€ (4 Dynamique dans les digestats
Voie liquide la totalité du Réduction du
hydrolyseurs Hydrolyse pouvant impacter +25% de
infiniment Hydrolyse flux entre le volume de Plutôt
3 Exploitant STEU ) Thermique Industrielle leur épandage production
mélangée thermique premier et digestat à satisfait
Boues de STEU de Exelys : 15 kWh Coûts de de gaz
mésophile deuxième déshydrater
STEU 555 333 EH Pompe Eau fonctionnement
étage de
industrielle (équipement sous
digestion
Exelys : 4 kWh pression)
Pompe Boues
Hydrolysées
Exelys : 7,5 kWh
Boues fluides
facilement
transportables
Voie liquide Prétraitement
et ne
infiniment Hydrolyse des boues Oui mais non Oui tout à
3 Exploitant STEU Industrielle nécessitant
mélangée thermique secondaires évalué fait
qu’une agitation
mésophile centrifugées
à pale centrale
pour le
méthaniseur
Voie liquide Ligne
infiniment mélangeuse/ext Extrudeur Augmentation du taux de déchets Oui mais non Oui tout à
1 Exploitant Territoriale 350 k€ 50 k€ Industrielle
mélangée rudeur/pré- Lehmann solides fibreux en digestion évalué fait
mésophile fosse

Réduction de la croûte en surface


Coût
des cuves de digestion ;
Matrices d’investissement
Diminution de la casse d’agitateurs ;
lignocellulo élevé ;
Diminution du temps de maintenance
siques Voie liquide Charges de
Broyeur à En ligne avec 5 k€/an de pièces sur la ligne de digestion, et ainsi de
agricoles Agricole infiniment maintenance et Oui mais non Oui tout à
5 Exploitant couteaux de recirculation de 90 k€ et 3 k€/an Industrielle pertes de revenus liées à
individuel mélangée remplacement des évalué fait
type PréMix digestat d'électricité d’éventuelles interventions ;
mésophile couteaux
Diminution de la quantité
importantes ;
d’indésirables (cailloux, ferrailles,
Consommation
bouts de bois…) en digestion ;
électrique élevée ;
Augmentation de la cinétique de
production de biométhane (il s’agit

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 89


d’un ressenti qui n’est cependant
jamais réellement mesuré) ;
Concentration des problèmes
techniques en un seul point de
l’installation au niveau du broyeur,
permettant de s’affranchir de
contraintes mécaniques liées au
gisement en aval dans la ligne de
digestion.
150 € / 2 mois Prix
Broyage fumier (changement de la d'investissement
Voie liquide Broyeur à bovin pailleux, paire de chaine) + Une préfosse est
98 k€ pour 8
Agricole infiniment chaîne Verde CIVE, ensilage 1200 € / 2 ans installée en aval Oui mais non oui plutôt
1 Exploitant à 10 Industrielle Broyeur fiable et robuste
individuel mélangée Energy (TQZ d'herbe, pour le du broyeur, elle évalué content
tonnes/h
mésophile 1200 ) déchets de changement de la permet de
pomme toile de renfort en récupérer les
acier petits cailloux
Diminution des pannes d'agitation ;
Bonne acceptation des cailloux qui
sont également broyés ;
Charges de Coût
Concentration des problèmes
maintenance et d’investissement
Agricole Voie piston Broyeur à techniques en un seul point de Oui mais non Plutôt
1 Exploitant En ligne 100 k€ remplacement des Industrielle et charges
individuel thermophile marteaux BHS l’installation au niveau du broyeur, évalué satisfait
marteaux et du d'exploitation
permettant de s’affranchir de
rotor : 8k€/an. importantes.
contraintes mécaniques liées au
gisement en aval dans la ligne de
digestion.
Charges de
maintenance et
remplacement des Réduction de la croûte en surface
marteaux et du des cuves de digestion ;
rotor : 10k€/an en Diminution du temps de maintenance
moyenne. Un sur la ligne de digestion, et ainsi de
marteau a un coût pertes de revenus liées à Coût
Voie liquide
moyen de 175 d’éventuelles interventions ; d’investissement
Agricole infiniment Broyeur à Oui mais non Oui tout à
1 Exploitant En ligne 100 k€ €/unité. Industrielle Concentration des problèmes et charges
individuel mélangée marteaux BHS évalué fait
Charges liées à la techniques en un seul point de d'exploitation
mésophile
consommation l’installation au niveau du broyeur, importantes.
électrique : permettant de s’affranchir de
15k€/an en contraintes mécaniques liées au
moyenne pour un gisement en aval dans la ligne de
modèle 75 kW digestion.
fonctionnant
8h/jour.
Réduction de la croûte en surface
des cuves de digestion ;
Charges de
Diminution des phénomènes de
Voie liquide mintenance
bouchons dans les canalisations
infiniment Broyeur à élevées et Oui mais non Oui tout à
1 Exploitant Territoriale En ligne 100 k€ Industrielle coudées ;
mélangée marteaux BHS consommation évalué fait
Diminution du temps de maintenance
mésophile électique
sur la ligne de digestion, et ainsi de
importante.
pertes de revenus liées à
d’éventuelles interventions ;
1€20/tonne traitée Peu d’entretien quotidien ;
en maintenance Diminution des phénomènes de
de routine. bouchons dans les canalisations
Entretien coudées ;
pluriannuel Diminution du temps de maintenance
Broyeur
Agricole Voie piston coûteux : sur la ligne de digestion, et ainsi de Oui mais non Oui tout à
1 Exploitant forestier Déporté 100 k€ Industrielle Investissement.
collectif thermophile remplacement et pertes de revenus liées à évalué fait
déporté
réglage des d’éventuelles interventions ;
couteaux et mise Concentration des problèmes
à l’arrêt du techniques en un seul point de
broyeur pendant l’installation au niveau du broyeur
plusieurs jours. déporté, permettant de s’affranchir

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 90


en partie de contraintes mécaniques
liées au gisement sur la ligne de
digestion.
Entretien général
tous les deux ans
Broyeur coûteux avec mise
Agricole Voie piston Oui mais non Plutôt
1 Exploitant forestier Déporté 150 k€ Industrielle Peu d’entretien quotidien. à l'arrêt de
individuel thermophile évalué satisfait
déporté l'équipement
pendant 1
semaine.
Une perte de matière sèche en
tonnage réduite de 5 à 10% ; Une
production d’acide acétique,
accélérant l’étape d’acétogénèse en
digestion. Cet acide augmente Coût
également la stabilité aérobie et d'investissement ;
Ajout du produit diminue les pertes du pouvoir Taux de matière
Agricoles 1,5 €/tonne
Conservateurs à la récolte méthanogène sur le front d’attaque sèche de la Plutôt
3 Commercial individuel et Toutes de matière Aucune Industrielle +5 à +10%
d'ensilage (dispositif sur (maintien le front d’attaque à une matière < 45% satisfait
collectif brute traitée
ensileuse) température inférieure à 20 °C) ; Une pour pouvoir
production de propylène glycol avec utiliser des
une disponibilité énergétique inoculants.
importante ; Un effet concurrentiel
des inoculants avec des souches
produisant des molécules
inhibitrices.

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 91


Volet 4 : Perspectives R&D, Fiches par technologies, fiches
par intrants

4.1. Perspectives R&D sur les prétraitements en méthanisation

Cette étude RECORD a permis de mettre en évidence les avancées scientifiques aux échelles
laboratoire et industrielle dans le domaine des prétraitements appliqués à la filière méthanisation.
Que ce soit à un niveau général ou selon les substrats, des pistes de développement ont été
identifiées afin d’améliorer le déploiement et l’utilisation des technologies de prétraitements à l’échelle
industrielle.
Ces perspectives de R&D portent notamment sur le développement de projets sur l’analyse des
impacts que peuvent avoir les prétraitements sur d’autres paramètres que l’amélioration de la
production d’énergie ou la cinétique de dégradation : la rhéologie du milieu, les communautés
microbiennes, la qualité des digestats et l’environnement, l’approche multi-critères.

Huit propositions ont pu être établies :

Disposer de données de référence sur les coûts


Aujourd’hui, aucune base de données exhaustive4 ne référence les coûts d’investissement et de
fonctionnement (dont les consommations énergétiques) des différents prétraitements à l’échelle
industrielle. Il pourrait être intéressant, à l’avenir de réaliser une étude dédiée spécifiquement à ce
volet économique.

Mettre en œuvre des projets à l’échelle industrielle


D’une manière générale, il est nécessaire que ces technologies de prétraitements puissent être
testées sur des unités de méthanisation semi-industrielles voir industrielles afin d’en tirer des
informations sur leur exploitation, mise en pratique et leur consommation énergétique (CAPEX et
surtout OPEX).

Identifier les verrous limitant le développement des prétraitements sur les biomasses
atypiques
En ce qui concerne les biomasses atypiques (matrices lignocellulosiques, algues, plastiques
biodégradables...), il y a un manque de recul sur les technologies de prétraitement à appliquer et leur
transfert à l’échelle industrielle. Certaines technologies ayant démontré des intérêts à l’échelle
laboratoire n’ont pas été transférées à l’échelle industrielle et il est important de comprendre les
verrous techniques ou opérationnels limitant ces montées en échelle. L’explosion à la vapeur, déjà
appliquée sur les boues d’épuration, a montré des résultats prometteurs pour le traitement des
matrices lignocellulosiques mais sa mise en œuvre industrielle est plus complexe. Des industriels
travaillent au développement de cette technologie. Certains prétraitements utilisés à l’échelle
industrielle tels que les prétraitements biologiques (enzymes/micro-organismes) ne disposent pas de
suffisamment de données sur leur intérêt économique global au regard des bénéfices potentiels.

Analyser les prétraitements sous le prisme de l’amélioration de la rhéologie/viscosité pour la


diminution de la consommation énergétique
Les technologies de prétraitement peuvent modifier la rhéologie/viscosité des mélanges de biomasse,
réduisant l’énergie relative au pompage et au mélange des cuves de méthanisation. Les technologies
de prétraitement peuvent également contribuer à la réduction des croûtes et des dépôts de surface
améliorant les transferts dans le méthaniseur. Plusieurs technologies de prétraitement telles que les
traitements mécaniques, thermiques et enzymatiques ont montré leurs intérêts pour améliorer la
rhéologie proprement dite. Par exemple, une cavitation hydrodynamique a démontré son intérêt pour

4
A noter l’existence d’une base de données sur les prétraitements mécaniques (CAPEX, OPEX),
réalisée par Bio-VALO, CSF novembre 2021 et d’un « mémoire technique – Solutions de pré-
traitement biologique en méthanisation », CSF, Juillet 2021: [Link]
de-recensement-des-solutions-de-pretraitements-des-matieres-pour-la-methanisation/

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 92


améliorer la viscosité, contribuant ainsi à réduire l’énergie pour le mélange, le chauffage et le
pompage (Garuti et al., 2017). De même, les prétraitements enzymatiques ont aussi montré leur
intérêt pour abaisser la viscosité des mélanges de méthanisation (Brémond et al., 2018). En parallèle,
il a également été démontré que certaines technologies de prétraitements peuvent contribuer à
l’amélioration de la déshydratation du digestat à la suite du processus de digestion anaérobie
notamment sur les digestats issus de la méthanisation des boues de STEP et les biodéchets (Zhang
et al., 2018b).

Analyser les impacts des prétraitements sur les communautés microbiennes


Une meilleure compréhension de l’impact des technologies de prétraitements sur les communautés
microbiennes présentes dans les méthaniseurs. En effet, certaines technologies de prétraitement
pourraient avoir un impact sur les communautés microbiennes et donc par conséquent sur les
performances des méthaniseurs.

Analyser les impacts des prétraitements sur les digestats


Une meilleure compréhension de l’impact des technologies de prétraitements sur la qualité
agronomique des digestats et leur pouvoir de fertilisation et d’amendement organique. Les
technologies de prétraitement peuvent pour certaines affecter la teneur en éléments nutritifs et la
stabilité de la matière organique du digestat (Sole-Bundo et al., 2017). À l’heure actuelle, peu d’études
de recherche ont étudié l’impact des technologies de prétraitements sur ces paramètres (Sole-Bundo
et al., 2017).

Analyser les impacts des prétraitements sur les sols, les eaux
L’impact des prétraitements sur les paramètres sanitaires. Les technologies de prétraitements peuvent
avoir une incidence positive ou négative sur les propriétés sanitaires des digestats. En effet, le
prétraitement thermochimique peut contribuer à augmenter la quantité de potentiels inhibiteurs du sol
directement (par addition chimique, Na, S, Fe) ou indirectement par la formation de sous-produits (tels
que les furanes et les polyphénols) qui pourraient causer des effets néfastes sur le sol (Leven et al.,
2006; Yan et al., 2015). Le prétraitement peut également affecter la teneur en agent pathogène,
antibiotique et réduire la quantité de contaminants organiques (Leven et al., 2006; Sole-Bundo et al.,
2017; Yan et al., 2015; Yang et al., 2017). Il sera aussi important d’élargir dans le futur l’étude de
l’impact possible de certaines technologies de prétraitements sur les écosystèmes terrestres (vers de
terre, bactérie, champignons...) et aquatiques (microalgues, daphnies, lentilles d’eau...) lors du retour
au sol du digestat. Dans le cas des flux de biodéchets et/ou plastiques biodégradables, une attention
toute particulière devra être portée sur le devenir des additifs et des microplastiques (Batori et al.,
2018; Chen et al., 2021).

Mesurer les impacts des prétraitements à partir d’ACV


Une meilleure compréhension du bénéfice environnemental de ces technologies de prétraitements en
réalisant notamment des analyses du cycle de vie (ACV) de la filière méthanisation avec et sans la
brique de prétraitements. À l’heure actuelle, peu de projet ont étudié l’impact environnemental des
technologies de prétraitements (Carballa et al., 2011; Franchetti, 2013; Li et al., 2017). Par exemple
différentes technologies de prétraitements appliquées à deux types de déchets (déchets de cuisine et
boues d’épuration) ont démontré leur intérêt environnemental évalué à l’aide d’une méthodologie
d’analyse du cycle de vie (ACV) (Carballa et al., 2011 ; Franchetti et al., 2013 ; Li et al., 2017).

Pour conclure, le bénéfice d’un prétraitement ne peut se juger uniquement au gain de potentiel
méthanogène ou à l’amélioration de la cinétique de dégradation. Afin de cerner tout son potentiel, il
est important de regarder l’impact que peut avoir le prétraitement sur : la rhéologie du milieu, les
communautés microbiennes, la qualité des digestats et l’environnement (Figure 38).

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 93


Figure 38 : Différentes perspectives laboratoires et industrielles sur l’application de prétraitement en méthanisation et
analyse multicritère proposés pour évaluer les bénéfices d’un prétraitement (adapté de Elalami et al. 2019)

Une approche multicritères pourrait s’appliquer facilement, lors des tests pilotes à l’échelle laboratoire
ou directement lors de la validation industrielle, afin de cerner tout le bénéfice que pourrait avoir une
filière de prétraitement en amont de la méthanisation.

4.2. Fiches par technologies

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 94


LES PRÉTRAITEMENTS EN MÉTHANISATION – Fiche 1

Compatibilité
Fumiers

LE BROYEUR À CIVE
COUTEAUX Résidus de culture
Biodéchets
Crédit photo : ADBA

Le broyage au broyeur à couteaux est un traitement mécanique de la matière. Il est utilisé pour
réduire la taille des fibres avant introduction dans le méthaniseur, par coupe et cisaillement de la
matière. Cela permet de faciliter l’introduction, le mélange, et de diminuer le temps nécessaire à la
dégradation de la matière. Cela permet de sécuriser le fonctionnement des unités en limitant les
bouchages, les phénomènes de croutage et les contraintes sur les pâles des agitateurs en diminuant
la viscosité du digestat.
Il est proposé en équipement standardisé par de nombreux constructeurs d’unités de
méthanisation agricole clé en main.
Niveau de maturité technologique : Application industrielle

§ Augmentation de la cinétique de production de méthane


BIOGAZ
(ressenti mais non mesuré)
§ Diminution de la casse des agitateurs
§ Diminution de la quantité d’indésirables dans le digesteur
TECHNIQUE (cailloux, ferrailles, bouts de bois, etc.)
§ Diminution du temps de maintenance sur la ligne de digestion
§ Concentration des problèmes techniques en un seul point, accessible,
de l’installation au niveau du broyeur, ce qui limite les contraintes
mécaniques en aval
BIOLOGIQUE § Réduction de la croûte en surface des cuves de digestion

TECHNIQUE § Parfois fragiles

CAPEX § Coût d’investissement : entre 70 k€ et 110 k€


§ Charges de maintenance et remplacement des couteaux: env. 5 k€/an
OPEX
§ Charges liées à la consommation électrique: env. 2 k€/an pour un modèle
30 kW fonctionnant 3h/jour
QUELQUES MODÈLES:
Rotacut (Premix) : Vogelsang
Rotocrusher : Börger
Unihacker : Börger
BIOaccelerator R : BTS Biogas
Plus de 200 broyeurs à couteaux installés en France Multichopper : Börger

* Retour d’expérience exploitant Info constructeur Retour d’expérience R&D


Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 96
LES PRÉTRAITEMENTS EN MÉTHANISATION – Fiche 2

Compatibilité
Fumiers

LE BROYEUR CIVE
FORESTIER Résidus de culture
Biodéchets
Crédit photo : Solagro

Le broyage au broyeur forestier déporté est un traitement mécanique de la matière. C’est un


système mobile, privilégié par certains exploitants qui ne souhaitent pas avoir de broyeur en ligne,
pouvant pénaliser le fonctionnement de l’installation en cas de panne. Il est principalement utilisé
pour le broyage de déchets verts. Il est aussi adapté sur certaines installations pour le broyage de
fumier et de résidus de culture. Réputé particulièrement robuste, il n’est en revanche pas adapté
pour les fumiers mous.
Ils sont retrouvés principalement en version diesel mais existent également en version électrique ou
raccordés derrière un tracteur.
Niveau de maturité technologique: Application industrielle

§ Peu d’entretien quotidien. Entretien prévu une fois tous les 10 ans.
TECHNIQUE § Diminution de temps de maintenance sur la ligne de digestion
§ Simplification du process, ne bloque pas le process en cas de problème
comme peut le faire un broyeur placé sur la ligne d’incorporation.
§ Diminution des phénomènes de bouchons dans les canalisations coudées

CAPEX
§ Coût d’investissement : entre 100 k€ et 150 k€

§ Charges de maintenance: 1,20 €/tonne traitée


OPEX
§ Entretien pluriannuel coûteux: remplacement et réglage des couteaux et
mise à l’arrêt du broyeur pendant plusieurs jours

QUELQUES MODÈLES:

Un exploitant interrogé utilise un broyeur déporté Mini Shark: Hantsch Willibald


environ 300 heures par an, en broyant toutes les Noremat
matières au moment de leur réception pour les
stocker broyées.

* Retour d’expérience exploitant Info constructeur Retour d’expérience R&D


Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 97
LES PRÉTRAITEMENTS EN MÉTHANISATION – Fiche 3

Compatibilité
Fumiers

LE BROYEUR À CIVE
CHAINES Résidus de culture
Biodéchets (solides)

Crédit photo : Verde Energy

Le broyage au broyeur à chaines est un traitement mécanique de la matière, installé pour le


broyage des matières fibreuses. Il peut notamment être utilisé pour le prétraitement du fumier
pailleux, des ensilages, des déchets de fruits. Les cailloux présents dans les intrants sont désagrégés
lors de leur passage dans le broyeur. Cela permet de protéger les pompes et prévient les bouchages
du pendillard utilisé pour l’épandage du digestat.
Les travaux réalisés dans le cadre du projet PAM financé par l’ADEME ont montré que les broyeurs à
chaines (avec les broyeurs à marteaux) étaient les plus efficaces pour déstructurer les fibres.
Niveau de maturité technologique : Application industrielle

BIOGAZ
§ Augmentation de la cinétique de production de méthane
§ Augmentation de la cinétique de dégradation de la matière
§ Gain de production, ressentis mais non mesurés

TECHNIQUE § Broyeur fiable et robuste

CAPEX § Coût d’investissement : 98 k€ pour 8 à 10 tonnes/h.

§ Charges de maintenance : environ 150 € tous les deux mois pour le


OPEX changement de la paire de chaines puis 2000 € tous les deux ans pour le
changement de la toile de renfort en acier.

QUELQUES MODÈLES:
TQZ 1200 : Verde Energy
X-chopper : Nature Energy
Bio-préparateur TQZ : THM
recycling solutions
Gamme Bio-QZ : Andritz

* Retour d’expérience exploitant Info constructeur Retour d’expérience R&D


Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 98
LES PRÉTRAITEMENTS EN MÉTHANISATION – Fiche 4

Compatibilité
Fumiers

LE BROYEUR À CIVE
MARTEAUX Résidus de culture
Biodéchets (solides)

Crédit photo : Solagro

Le broyage au broyeur à marteaux est un traitement mécanique de la matière, que l’on retrouve
principalement sur des unités traitant des matières complexes: fumiers pailleux, pailles de céréales, cannes
de maïs, racines et radicelles, potirons entiers, etc. il est réputé plus efficace que le broyeur à couteaux pour
les matières fibreuses et sèches.
Il est généralement proposé pour des projets à des puissances plus élevées que pour le broyeur à couteaux.
Les travaux réalisés dans le cadre du projet PAM financé par l’ADEME ont montré que les broyeurs à
marteaux (avec les broyeurs à chaines) étaient les plus efficaces pour déstructurer les fibres.

Niveau de maturité technologique : Application industrielle

BIOGAZ § Amélioration de la cinétique de dégradation de la matière


§ Dans une moindre mesure, amélioration de la production de méthane

§ Diminution de la casse des agitateurs


§ Bonne acceptation des cailloux qui sont aussi broyés
TECHNIQUE § Diminution du temps de maintenance sur la ligne de digestion
§ Concentration des problèmes techniques en un seul point, accessible, ce qui
limite les contraintes mécaniques en aval
§ Diminution des phénomènes de bouchons dans les canalisations coudées
BIOLOGIQUE § Réduction de la croûte en surface des cuves de digestion
§ Limitation des risques de flottaison des fibres dans les digesteurs

CAPEX § Coût d’investissement : 100 k€ minimum

§ Charges de maintenance et remplacement des marteaux et du rotor: env. 8-


OPEX 10 k€/an. Un marteau a un coût moyen de 175€.

§ Charges liées à la consommation électrique: env. 15 k€/an pour un modèle


75 kW fonctionnant 8h/jour
TECHNIQUE § Avec les intrants riches en cailloux, les marteaux s’usent vite et le broyeur se
met souvent en défaut.
QUELQUES MODÈLES:
Ineval (France): 1 à 2 tonnes/h (18kW)
ou 4 à 6 tonnes/h (2 x 18 kW)
Rotacrex : Planet
BIOaccezlerator z : BTS Biogaz
Biogrinder : BHS Sonthofen

* Retour d’expérience exploitant Info constructeur Retour d’expérience R&D


Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 99
LES PRÉTRAITEMENTS EN MÉTHANISATION – Fiche 5

Compatibilité
Fumiers
CIVE
LA CAVITATION
Résidus de culture
Biodéchets
Crédit photo : Biobang

Il s’agit d’un prétraitement physique (pompage/mise en dépression), pouvant être utilisé


pour réduire la viscosité du digestat et améliorer la digestion de la matière pour les
procédés infiniment mélangés., mise en place en recirculation sur le digesteur.
Cette technologie est brevetée par Biobang et développée par la société Italienne THREE-ES
Srl. Ses capacités de traitement s’étendent de 0,5 à 25m3/h. Elle permet de réduire la taille
des particules des substrats et notamment de décomposer la ligno-cellulose.

Niveau de maturité technologique : Application industrielle

BIOGAZ
§ Amélioration de la digestion de la matière
§ Augmentation de la production de biogaz d’environ 20%

TECHNIQUE § Permet de traiter des substrats difficiles en décomposant la ligno-cellulose.


§ Améliore la fluidité du substrat pour faciliter le pompage.
§ Réduit les risques de blocage dans les canalisations coudées

BIOLOGIQUE
§ Réduction de la viscosité du digestat
§ Réduction de temps de séjour nécessaire pour la digestion des substrats

CAPEX § Coût d’investissement : De 127 000€ pour une unité de 1,5 m3/h à 210 000€
pour une unité de 2,5 m3/h.

OPEX § Coûts de maintenance: de 2300 à 3000 €/an.

QUELQUES MODÈLES:

Plus de 150 unités à travers l’Europe, et une en Corée. Cavimax: Cavimax Ltd
La plus grande (15 m3/h) est installée en Pologne pour le Biobang : Three-ES Srl
prétraitement de la paille. ROTOCAV : E-PIC

* Retour d’expérience exploitant Info constructeur Retour d’expérience R&D


Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 100
LES PRÉTRAITEMENTS EN MÉTHANISATION – Fiche 6

Compatibilité
Fumiers
CIVE
L’EXTRUDEUR
Résidus de culture
Biodéchets solides

L’extrusion est un prétraitement mécanique de la matière. Elle est réalisée entre deux vis
hélicoïdales afin d’éclater les cellules grâce à des contraintes répétées de pressions et à
l’augmentation de la température de la matière. Cela améliore l’accessibilité de la matière et ainsi
augmente la production de méthane.
Le taux de matière sèche cible du produit à extruder est de 35% MS. Une dilution peut être réalisée
avec du digestat par exemple.

Niveau de maturité technologique : Application industrielle

§ Augmentation de production de méthane comprise entre 14% (ensilage


BIOGAZ
de maïs) et 70% (miscanthus)
§ Diminution de la casse des agitateurs
§ Diminution de la quantité d’indésirables (cailloux, ferrailles, bouts de bois,
TECHNIQUE etc.) dans le digesteur
§ Diminution du temps de maintenance sur la ligne de digestion
§ Concentration des problèmes techniques en un seul point, accessible, de
l’installation au niveau du broyeur, ce qui limite les contraintes mécaniques en
aval
BIOLOGIQUE § Réduction de la croûte en surface des cuves de digestion

OPEX § Charges liées à la consommation électrique: 10kWh/tonne pour le


traitement de 1,5 tonne/h.

QUELQUES MODÈLES:

Bioaccelerator : BTS biogas


Bioextrusion : Lehmann
Environ 150 unités vendues dans le monde dont 9 en
France

* Retour d’expérience exploitant Info constructeur Retour d’expérience R&D


Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 101
LES PRÉTRAITEMENTS EN MÉTHANISATION - Fiche 7

Compatibilité
Fumiers
LE CIVE
PRÉTRAITEMENT
À ULTRASONS Résidus de culture
Boues de STEP

Le prétraitement à ultrasons est un prétraitement physique, pouvant être utilisé pour


réduire la viscosité du digestat et améliorer la digestion de la matière pour les procédés
infiniment mélangés. Il peut être mis en œuvre sur les boues d’épuration urbaine, ou sur les
unités de méthanisation pour traiter des substrats fibreux et difficiles à dégrader tels que le
fumier ou l’herbe. Il est généralement positionné sur une partie du digestat ou après le post
digesteur avant renvoi dans le digesteur.

Niveau de maturité technologique : Application industrielle

§ Bénéfice de 10 à 15% sur la production de biogaz, permettant un retour


BIOGAZ
sur investissement de 3 à 5 ans.
§ Diminution de la consommation de substrats

§ Permet de traiter des substrats difficiles


§ Réduit l’usure des agitateurs
TECHNIQUE § Réduit la consommation d’énergie des pompes et agitateurs

BIOLOGIQUE § Stabilisation de la biologie


§ Réduction du taux de MS du digestat

CAPEX § Coût d’investissement : environ 150 000 € pour un méthaniseur d’1MW.

OPEX § Charges liées à la consommation électrique: surproduction de l’ordre de


10%.

QUELQUES MODÈLES:

Une centaine de méthaniseurs (Europe) sont équipés du Ultrawaves: Biosonator


procédé Biopush de Weber Entec en station d’épuration Boipush: Weber Entec
et à la ferme.

* Retour d’expérience exploitant Info constructeur Retour d’expérience R&D


Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 102
LES PRÉTRAITEMENTS EN MÉTHANISATION – Fiche 8
Compatibilité
Fumiers

L’ENSILAGE CIVE
(CONSERVATION) Résidus de culture
Biodéchets
Crédit photo: Arvalis

L’ensilage de la matière végétale est une méthode de prétraitement biologique, connu pour être un
moyen de conservation adapté pour les matières présentant un taux de MS inférieur à 40%. Il
consiste à hacher la matière puis la stocker en tas compact de façon à éliminer l’oxygène afin de
créer un milieu anaérobie. Va alors avoir lieu une fermentation lactique réalisée par des bactéries,
provoquant l’acidification de la matière. L’ensilage est ainsi stabilisé, ce qui permet de conserver la
matière et son potentiel méthanogène.

Niveau de maturité technologique : Application industrielle

§ Conservation du potentiel méthanogène sur de longues durées


BIOGAZ
§ Les acides produits pourraient modifier la structure ligno-cellulosique des
substrats, augmentant ainsi leur potentiel méthanogène

§ Facile de mise en œuvre


TECHNIQUE § Nécessite peu de matériel donc peu coûteux

BIOLOGIQUE § Le pH acide et les conditions anaérobies limitent le développement de micro-


organismes qui pourraient dégrader la matière.

§ Ne s’applique qu’aux cultures agricoles


TECHNIQUE
§ Nécessite de grandes surfaces de stockage
§ Peut causer des pertes de potentiel méthanogène si mal réalisé

PRODUITS CONCERNÉS :

Cultures principales à hauteur de


Des additifs sont commercialisés pour améliorer la qualité 15% maximum en tonnage dans la
de l’ensilage: des sucres pour favoriser la fermentation ration du méthaniseur : maïs
lactique, des acides ou des produits bactériostatiques dédié, prairies temporaires, etc.
pour inhiber la fermentation butyrique qui dégrade la
qualité de l’ensilage, et des additifs biologiques contenant CIVE : sorgho, seigle ainsi que
des bactéries lactiques ou des enzymes. prairies permanentes, etc.

* Retour d’expérience exploitant Info constructeur Retour d’expérience R&D


Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 103
LES PRÉTRAITEMENTS EN MÉTHANISATION – Fiche 9

Compatibilité
Fumiers
ENZYMES et CIVE
MICRO-
Résidus de culture
ORGANISMES
Biodéchets

Les prétraitements par ajout d’enzymes ou de micro-organismes sélectionnés sont une possibilité
de prétraitement biologique pour améliorer la dégradabilité de la matière.
Les enzymes pouvant hydrolyser la cellulose et l’hémicellulose sont des glucosides hydrolases, et
celles dégradant la lignine sont des laccases et des peroxydases. Plusieurs mélanges enzymatiques
sont disponibles dans le commerce pour des applications dédiées à la méthanisation; avec des
domaines d’activité compatibles avec les conditions de pH et de température.
Ces enzymes ou micro-organismes peuvent être introduits en amont de la méthanisation au niveau
du stockage, directement dans le digesteur, dans la fraction liquide du digestat remis en circulation,
ou bien consister en une étape spécifique.
Niveau de maturité technologique : Application industrielle

BIOGAZ § Amélioration de la dégradabilité de la matière


§ Augmentation de la production de méthane
TECHNIQUE § Diminue les contraintes d’agitation
§ Diminue les consommations énergétiques liées à l’agitation
§ Réduit la viscosité dans le digesteur
BIOLOGIQUE
§ Limite la flottation des matières en surface
§ Réduit le croûtage en surface du digesteur

TECHNOLOGIQUE § Peu de données accessibles sur leurs performances et leur coût à


l’échelle industrielle
§ Rapport coût/bénéfice trop élevé compte tenu des concentrations
ECONOMIQUE
nécessaires pour observer un résultat.
§ Performances dépendantes de la nature de la matière traitée
TECHNIQUE § Durée de vie limitée dans le temps
QUELQUES PRODUITS

MéthaPlus : DSM
SOBAC commercialise « Bactériométha », un additif
Axiase: DSM
pour les substrats qui peut être ajouté directement sur
Bacteriometha : SOBAC
la litière des animaux 15 jours avant curage. Il est
Optimash : Dupont
composé d’un mélange de minéraux naturels et de
Metgen : Metzyme Forci
végétaux naturels sur lesquels s’est développé un
Enzymaxx : Agrikomp…
complexe de microorganismes spontanés des composts.
* Retour d’expérience exploitant Info constructeur Retour d’expérience R&D
Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 104
LES PRÉTRAITEMENTS EN MÉTHANISATION – Fiche 10

Compatibilité
L’HYDROLYSE
THERMIQUE À Boues de STEP

HAUTE
Matières agricoles
TEMPÉRATURE
Crédit photo : Véolia

L’hydrolyse thermique consiste à exposer les boues à de fortes températures comprises entre 140
et 180!C sous pression. Des températures plus élevées améliorent la solubilisation des boues mais
provoquent la formation de composés de Maillard, non biodégradables en digestion anaérobie.
La durée est généralement de 20 à 30 minutes. Ce traitement entraine la dégradation de la
structure en gel des boues et la libération de l’eau liée, la déstructuration des flocs et la
solubilisation des exopolymères. De plus, la libération des membranes des cellules libère des
composés qui deviennent alors accessibles pour la digestion anaérobie.
Il existe des technologies en batch, semi-continues ou continues, qui comprennent ou non un
système de détente rapide pour le retour à la pression atmosphérique.

Niveau de maturité technologique : Application industrielle

BIOGAZ § Libération des composés intracellulaires qui deviennent accessibles à la


digestion

TECHNIQUE § Dégradation de la structure des boues, solubilisation des exopolymères


§ Amélioration de l’aptitude des boues à la déshydratation
§ Réduction de la viscosité

OPEX § Coût d’aération augmentés pour éliminer la DCO liée au retour du


surnageant en tête de process

TECHNIQUE
§ Production de composés colorés solubles difficilement biodégradables

QUELQUES MODÈLES:
CambiTHP,
Biothelys : Veolia,
Exelys : Veolia,
Plus de 80 STEP dans le monde sont équipées de procédés
d’hydrolyse à haute température pour améliorer la
HCHS : Haarsley,
méthanisation des boues. Le tout premier procédé a été Turbotec : Sustec,
installé en Norvège en 1995. Lysotherm : Eliquo

* Retour d’expérience exploitant Info constructeur Retour d’expérience R&D


Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 105
LES PRÉTRAITEMENTS EN MÉTHANISATION – Fiche 11

Compatibilité
Fumiers
INOCULANTS ET
CONSERVATEURS CIVE
D’INTRANTS Résidus de culture
VÉGÉTAUX
Biodéchets

Crédit photo: Schaumann Bioenergy

Des additifs sont commercialisés pour améliorer la conservation des matières végétales par
ensilage. Ces produits sont ajoutés à la récolte à l’aide d’un dispositif installé sur l’ensileuse. Il en
existe différents types. Deux produits sont principalement proposés:
- Les inoculants : bactéries lactiques homo et hétérofermentaires
- Conservateurs: produits acides tamponnés à l’ammoniac
C’est un marché très développé en Allemagne, mais qui l’est encore peu en France. Une
cinquantaine d’unités de méthanisation en utilisent, contre la quasi-totalité des installations
allemandes.
Niveau de maturité technologique : Application industrielle

BIOGAZ § Production d’acide acétique (accélère l’étape d’acétogénèse en digestion)


§ L’acide acétique augmente la stabilité aérobie avec une diminution des
pertes sur le front d’attaque
§ Gain de production de 5 à 10%

§ Effet concurrentiel avec des souches produisant des molécules inhibitrices


BIOLOGIQUE
§ Perte de matière sèche réduite de 5 à 10% en ensilage
§ Montée en température du front d’attaque réduite

§ Surcoût par rapport à un ensilage classique :


ECONOMIQUE - Inoculants : 1,5 €/tMB traitée en moyenne
- Acides : 4 €/tMB traitée

§ Le taux de matière sèche doit être inférieur à 45% pour pouvoir utiliser des
TECHNIQUE
inoculants

QUELQUES
FABRIQUANTS:
Conseil unanime des fournisseurs : il est indispensable
de bâcher les silos. L’absence de couverture ou l’ajout Schaumann Bioenergy
d’un couvert végétal induirait des pertes importantes Roullier
jusqu’à 1 mètre de hauteur. Lallemand

* Retour d’expérience exploitant Info constructeur Retour d’expérience R&D


Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 106
LES PRÉTRAITEMENTS EN MÉTHANISATION – Fiche 12

Compatibilité
Fumiers

LA PRÉ- CIVE
HYDROLYSE Résidus de culture
Biodéchets
Crédit photo : Naskeo

La pré-hydrolyse est une méthode de prétraitement biologique de la matière proposée par certains
fournisseurs en amont des digesteurs, pour augmenter la dégradabilité des matières ligno-
cellulosiques afin d’augmenter leur rendement. Il existe des méthodes de pré-hydrolyse anaérobie,
aérobie ou semi-aérobie.
L’hydrolyse semi-aérobie catalysée est par exemple réalisée dans une cuve chauffée à 37!C avec un
temps de séjour de 0,4 à 1 jour et une aération séquencée. Le pH est de l’ordre de 6,5 à 7. Le gaz
produit par l’hydrolyse (CO2, H2S, CH4) est traité par un biofiltre avant rejet dans l’atmosphère.

Niveau de maturité technologique : Application industrielle

BIOGAZ
§ Amélioration de la dégradation de la matière
§ Augmentation de la cinétique de dégradabilité de la matière

CAPEX § Le coût d’investissement est de l’ordre de 100 000 euros.

TECHNIQUE
§ Le taux de matière sèche dans la cuve d’hydrolyse semi-aérobie doit être de
8 à 12%
§ Le gaz produit pendant cette étape n’est pas valorisé

QUELQUES MODÈLES:
Un programme de recherche « BOOST’HYDRO » a
démarré en mars 2020 dans le cadre d’une thèse, en
collaboration avec l’INRAE, axé notamment sur la
BOOST : Evalor
compréhension des phénomènes biologiques, l’étude des Hydrolyse semi-aérobie
voies de valorisation du gaz produit pendant l’hydrolyse catalysée : Biogaz ingénieurie
et les recettages les plus adaptés. Hydrolyse anaérobie : Arkolia

* Retour d’expérience exploitant Info constructeur Retour d’expérience R&D


Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 107
LES PRÉTRAITEMENTS EN MÉTHANISATION – Fiche 13
Compatibilité
Fumiers
LES CIVE
PRÉTRAITEMENTS
FONGIQUES Résidus de culture
Biodéchets
Crédit photo : Solagro

Le prétraitement fongique est un prétraitement biologique faisant appel à la capacité de certains


champignons de dégrader la lignine, qui pourrait être utilisé en fermentation voie sèche. Les
champignons à pourriture blanche ont été identifiés comme les plus performants pour délignifier
un substrat. Ils permettraient une augmentation du BMP jusqu’à 50%. Mais les pertes de MO
estimées entre 10 et 20% sont trop peu mentionnées et peuvent conduire à une surestimation des
gains.
Niveau de maturité technologique : Résultats laboratoire prometteurs

BIOGAZ
§ Augmentation du BMP jusqu’à 50% (Carrere et al., 2016)

§ Implique des surcoûts de 12% pour les investissements et 170% pour les
ECONOMIQUE
charges de fonctionnement (ANR Stockactif , UMR FARE)

§ Pertes de matière organique (estimées entre 10 et 20%) qui


BIOLOGIQUE
contrebalancent l’augmentation du BMP (Carrere et al., 2016).

QUELS LEVIERS POUR RÉDUIRE CES VERROUS?

§ Utiliser les champignons pour traiter des substrats ligneux qui ne sont pas méthanisables
aujourd’hui
§ Les travaux de recherche sur l’optimisation des conditions de prétraitement (humidité,
aération, température, complément nutritionnel et durée) doivent au préalable permettre
d’améliorer les performances au regard des pertes de matière.

• Le projet ANR Stockactif, coordonné par l’UMR FARE et finalisé LABORATOIRES


en 2017 s’est intéressé aux souches de champignons capables de
délignifier la biomasse lignocellulosique (paille de blé et de UR LBE Narbonne, UMR FARE
miscanthus) Reims, UMR BBF Marseille,
• Un brevet associant trois laboratoires publics a été déposé. Il UMR IATE Montpellier, DEEP
s’intitule « prétraitement de biomasses lignocellulosiques par des INSA Lyon
champignons filamenteux pour la production de bioénergies. »

* Retour d’expérience exploitant Info constructeur Retour d’expérience R&D


Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 108
LES PRÉTRAITEMENTS EN MÉTHANISATION – Fiche 14

Compatibilité
Fumiers
LES
PRÉTRAITEMENTS CIVE
CHIMIQUES Résidus de culture
(acides/bases)
Biodéchets

Les prétraitements acides et basiques sont des prétraitements chimiques de la matière qui ont été
largement étudiés à l’échelle du laboratoire à température ambiante ou à des températures allant
de 40 à 90!C. En dépit de résultats prometteurs concernant l’augmentation de la production de
méthane et des cinétiques de dégradation, ils ne sont pas utilisés à l’échelle industrielle à cause de
nombreux freins économiques et biologiques.

Niveau de maturité technologique : Résultats laboratoire prometteurs

BIOGAZ § Bénéfice sur la production de méthane


§ Augmentation de la cinétique de biodégradation

§ Consommation d’eau
ECONOMIQUE
§ Consommation de produits chimiques
§ Consommation d’énergie
§ Augmentation des concentrations en sels dans le digestat
BIOLOGIQUE
§ Formation potentielle d’inhibiteurs tels que les composés phénoliques

TECHNIQUE § Performances très variables selon les matières prétraitées

QUELS LEVIERS POUR RÉDUIRE CES VERROUS?

§ Sélectionner les matrices à prétraiter en fonction de leur faible biodégradabilité et des


performances obtenues par le prétraitement (cinétique et BMP)
§ Utiliser des produits chimiques qui ne pénalisent pas la qualité du digestat. La soude peut
par exemple être remplacée par de la potasse qui apporte du potassium ayant un intérêt
pour les sols au contraire du sodium apporté par la soude.
§ Recycler la fraction liquide issue du prétraitement pour limiter sa consommation en eau et
en produits chimiques.
QUELQUES PROCÉDÉS
ÉTUDIÉS:
Des essais (Thomas, 2019) ont montré qu’un prétraitement à la
soude pouvait permettre d’augmenter le BMP du Miscanthus Prétraitement à la soude, à
jusqu’à +55% l’acide chlorhydrique, à la
potasse, etc.

* Retour d’expérience exploitant Info constructeur Retour d’expérience R&D


Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 109
LES PRÉTRAITEMENTS EN MÉTHANISATION – Fiche 15

Compatibilité
Fumiers
LES CIVE
PRÉTRAITEMENTS
THERMIQUES Résidus de culture
Biodéchets

Crédit photo: Agrikomp

Il existe plusieurs possibilités de prétraitement thermique de la matière :


v Les prétraitements par un dispositif de chauffage installés entre le digesteur et le post-digesteur.
Sont commercialisés pour améliorer la digestion des substrats fibreux en augmentant leur
cinétique de dégradation et en réduisant la viscosité du digestat. Ils fonctionnent par échangeur
thermique tubulaire, qui chauffe le substrat de fermentation pendant 40 minutes de 40 à 80!C.
v Les technologies d’explosion à la vapeur, où les substrats son traités à 150 à 180!C et 8 à 10 bars.
Ces technologies sont encore peu développées à l’échelle industrielle car elles rencontrent des
difficultés d’utilisation, et font encore l’objet de R&D pour être optimisées.
Niveau de maturité technologique : Application industrielle

§ Augmente la production de biogaz avec la même quantité d’intrants


BIOGAZ
§ Augmente la cinétique de biodégradation

§ Améliore la pompabilité du substrat


§ Améliore l’agitation
TECHNIQUE § Chauffage du digestat type Cooker : Facile à intégrer dans une unité existante

BIOLOGIQUE § Améliore la viscosité du digestat


§ À haute température, élimination des pathogènes contenus dans certains
substrats

CAPEX § Coût d’investissement : environ 150 000 € pour un méthaniseur d’1MW.


§ Explosion à la vapeur : nombreux dysfonctionnements au niveau de
TECHNIQUE
l’introduction/ broyage et extraction de la biomasse lors de
l’automatisation du process.

QUELQUES MODÈLES:
Agrikomp commercialise sa propre unité de prétraitement
thermique, installée sur ses installations de Cooker : Agrikomp
méthanisation.
Explosion à la vapeur :
Des essais sont en cours par BioVantage en Europe pour
démontrer l’efficacité du système AD-Booster (process
Biogas Systems
d’oxydation en voie humique/explosion à la vapeur) déjà BioVantage
en place aux États-Unis.

* Retour d’expérience exploitant Info constructeur Retour d’expérience R&D


Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 110
LES PRÉTRAITEMENTS EN MÉTHANISATION – Fiche 16

Compatibilité

Graisses
LA
SAPONIFICATION
Matières agricoles

Crédit photo : HAL Archives ouvertes

Le prétraitement des graisses par saponification est proposé par la société SAPOVAL pour faciliter
leur digestion anaérobie. Il permet la solubilisation et la stabilisation des matières prétraitées pour
limiter les problématiques physiques et biologiques liées aux graisses. Un brevet a été déposé. Ce
prétraitement se fait dans une cuve agitée, non chauffée, avec addition d’une base de type soude,
potasse ou lait de chaux. Le pH visé est de 8,5 à 9,5. il peut être mis en œuvre sur les graisses de la
station d’épuration et toutes graisses issues des eaux usées.

Niveau de maturité technologique : Application industrielle

BIOLOGIQUE § Solubilisation et stabilisation des matières


§ Limite les problèmes d’inhibition, moussage et capacité de digestion
liés aux graisses

TECHNIQUE § Limite les problèmes de colmatage, encrassement et croûtage liées aux


graisses
§ Fiabilisation du process de digestion
ECONOMIQUE § Rentabilisé en 1 à 4 ans grâce aux gains opérationnels et à la fiabilisation du
processus de digestion

§ Coût d’investissement de l’ordre de 50 à 150k€.


CAPEX

OPEX § Coût de fonctionnement de 5 à 15€/tonne selon le type de graisse traitée.

EXPLOITATIONS
ÉQUIPÉES:

À l’échelle industrielle, la société Sapoval (Albi, 81)


propose un procédé de saponification qui peut être STEP de Vichy
appliqué en amont de stations d’épuration des eaux usées STEP de Limoges
ou en amont d’un méthaniseur

* Retour d’expérience exploitant Info constructeur Retour d’expérience R&D


Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 111
4.3. Fiches par intrants

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 112


Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 113
Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 114
Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 115
Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 116
Annexe 1 : Outil BACUS de SOLAGRO
L’outil BACUS (propriété SOLAGRO) permet de réaliser sur un territoire une analyse fine du potentiel
méthane au niveau communal, cantonal ou régional suivant les besoins.
Cet outil dynamique permet également de produire un état prospectif (horizon 2030, 2050) conforme
au scénario Afterres2050 (scenario type « facteur 4 », modélisé via l’outil MOSUT, propriété Solagro)

C’est un outil comportant plusieurs fichiers de calculs et plusieurs bases de données de plusieurs
milliers de lignes, est le fruit d’un travail rigoureux d’exploitation de plusieurs bases statistiques.
(DISAR, SAA, INSEE, FAO, Agreste, douanes, Recensement Agricole),
BACUS est régulièrement mis à jour en fonction des publications des sources statistiques officielles.

Dans cet outil, il est considérer 3 types de ressources :


• La ressource produite
• La ressource mobilisable
• La ressource mobilisée (ou méthanisée si elle l’est à des fins de méthanisation).

Ressource produite : Il s’agit de la ressource brute produite à un horizon de temps donné. Il est
important de préciser que dans le cas des effluents d’élevages, les ressources produites sont les
fumiers et lisiers c’est-à-dire les déjections animales maîtrisées. Les temps passés en bâtiment sont
donc déjà pris en compte dans la ressource produite. Pour les ressources comme les CIMSE, qui ne
sont pas forcément encore mises en place, nous parlerons de « capacité de production de CIMSE ».

Anciens termes employés : GBP - Gisement Brut Produit

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 117


Ressource mobilisable : Il s’agit de la ressource accessible c’est-à-dire qui peut être mobilisée d'un
point de vue technique et économique à un horizon de temps donné. Cette estimation tient compte
notamment des autres usages (par exemple : paille pour les litières), des conditions économiques
(seuil de rentabilité pour la récolte des CIMSE), des conditions logistiques (taux de collecte des
déchets) etc… Il s’agit du potentiel maximum du territoire.

L’estimation de la ressource mobilisable est réalisée via l’outil interne Solagro « BACUS ».
Le taux permettant d’estimer la ressource mobilisable à partir de la ressource produite est le « taux de
mobilisation maximum ».

Anciens termes employés : GBD – Gisement Brut Disponible, GND - Gisement Net Disponible,
ressource, méthanisable, récoltable

Ressource mobilisée : Il s’agit de la ressource dont on suppose qu'elle sera, dans les faits, réellement
mobilisée à un horizon de temps t. Dans le cas de la méthanisation, partant de l’existant et simulant le
développement d’un parc de méthaniseurs, l’outil « TRAJECTOIRE » permet de définir la part de la
ressource mobilisable qui pourrait effectivement être méthanisée à un horizon de temps t. L’estimation
de la ressource mobilisée peut également provenir des ateliers territoriaux ou de dire d’experts
permettant de rendre compte des probabilités d’utilisation concrète de la ressource mobilisable.
Le taux de concrétisation permet de calculer la part de la ressource mobilisable qui pourrait
concrètement être utilisée in fine, à un horizon de temps t.

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 118


Annexe 2 : Ratios C/N des principaux substrats méthanisés

Ratio C/N
Famille Sous-famille Références
Moyenne Minimum Maximum

Fumier bovin 15 ± 3 9 22
Fumier équin 31 ± 12 11 54
Fumier volaille 10 ± 3 5 17 Base de données
Déjections de l’APESA et
Lisier canard 11 ± 6 3 22
animales outil Méthasim de
Lisier bovin 10 ± 2 6 14 l’IFIP (IFIP, 2018)
Lisier porc 4±2 1 11
Fiente 9±2 7 11
Paille céréale 67 ± 31 37 150
Résidu de maïs
90 ± 45 44 150
(rafle/canne/spathe) Base de données
Résidus
agricoles et Menues paille 63 ± 34 28 108 de l’APESA et
productions outil Méthasim de
végétales CIVE d'hiver 19 ± 3 15 22
l’IFIP (IFIP, 2018)
CIVE d'été 30 ± 12 9 62
Ensilage herbe 20 ± 6 13 26
Tonte 16 ± 5 12 22 Base de données
Déchets verts de l’APESA et
des collectivités Broyat 13 ± 3 9 16 outil Méthasim de
l’IFIP (IFIP, 2018)
Industrie de la
21 ± 26 1 123
viande
Industrie végétale 30 ± 24 1 82
Produits Base de données
26 ± 27 2 92
Déchets et transformés de l’APESA et
effluents des
industries Lactosérum 18 ± 7 7 30 outil Méthasim de
l’IFIP (IFIP, 2018)
Effluents IAA 17 ± 11 6 39
Boues IAA 9±6 5 26
Graisses IAA 160 ± 204 6 848
Boues primaires 44 ± 59 9 112 Base de données
de l’APESA,
Boues et Boues secondaires 5±1 4 8 (Fisgativa et al.,
graisses de
STEP 2018a), outil
Graisse STEP 18 ± 7 8 29 Méthasim de
l’IFIP (IFIP, 2018)
FFOM 23 1 valeur Base de données
de l’APESA,
GMS 18 ± 8 8 27 (Fisgativa et al.,
Biodéchets
Biodéchets de 2018a), outil
cantine et 14 ± 2 11 18 Méthasim de
restauration l’IFIP (IFIP, 2018)
Macroalgues 15 6 25 Base de données
de l’APESA,
Algues Microalgues et (Frigon et al.,
6 4 13 2013; Milledge et
spiruline
al., 2019)

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 119


Annexe 3 : Performances des prétraitements appliqués à l’échelle industrielle ou pilote/laboratoire pour
les matières ligno-cellulosiques

Résultats à l’échelle industrielle, en réacteurs continus à l’échelle pilote ou laboratoire ou en BMP uniquement pour les procédés innovants.

Biomasses / Catégorie de Description Conditions Conditions Production de Site et indicateurs


Autres impacts Référence
Effluents prétraitement prétraitement prétraitements méthanisation méthane de mise en œuvre
Echelle industrielle
Site Aidlingen,
Allemagne
259* à 237
Broyeur à Tests BMP sur Résultats considérés
Nm3CH4/tMVSin Amélioration de
chaînes Broyage en ligne échantillons comme moins fiables
Fumier Bovin + Mécanique (+0 %) 12% de la (Bayard et
Bio-TQZ de sur méthaniseur prélevés en amont que ceux mesurés
ensilage d’herbe (Broyage) BMP déjà très cinétique de al., 2019)
THM recycling à la ferme et en aval du sur le site de
élevé avant le dégradation
solutions broyeur Methelec en raison
broyeur
de difficultés
d’échantillonnage
Broyeur à Tests BMP sur
Mécanique chaîne X- Broyage en ligne échantillons 180* à 270 Forte augmentation
Fumier Bovin + Site Methelec , (Bayard et
Chopper ® de sur méthaniseur prélevés en amont Nm3CH4/tMVSin de la cinétique de
ensilage d’herbe (Broyage) Ennezat (63) al., 2019)
Nature à la ferme et en aval du (+50 %) dégradation : 143%
Energy broyeur
Broyeur à Tests BMP sur
marteaux Amélioration de
Mécanique Broyage en ligne échantillons 268* à 275 Ferme expérimentale
Valormax 14% de la (Bayard et
Fumier Bovin sur méthaniseur prélevés en amont Nm3CH4/tMVSin ENSAIA La Bouzule
(Broyage) cinétique de al., 2019)
BA915D de à la ferme et en aval du (+3 %) (54)
dégradation
Noremat broyeur
Broyeur à Tests BMP sur
Amélioration de
Mécanique marteaux Broyage en ligne échantillons 199* à 224
16% de la Méthanisation à la (Bayard et
Fumier Bovin sur méthaniseur prélevés en amont Nm3CH4/tMVSin
(Broyage) Rotacrex de cinétique de ferme al., 2019)
à la ferme et en aval du (+13 %)
Planet dégradation
broyeur
Lisier / fumier / 2 Digesteurs de La consommation
Durée du
ensilages Broyeur à 800 m3 mésophile électrique du
Mécanique broyage : 15 s à 200* à 272 (Mönch-
d’herbe, de chaîne BIO- fonctionnant en broyeur a été
65% de la Nm3CH4/tMVSin Tegeder et
maïs et de (Broyage) parallèle. L’un est mesurée à 11.3 ±
QZ de Andritz puissance (+36%) al., 2014)
grains / grains alimenté avec un 1,3 kWh/t MB
maximale
concassés substrat broyé pendant les essais

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 120


Biomasses / Catégorie de Description Conditions Conditions Production de Site et indicateurs
Autres impacts Référence
Effluents prétraitement prétraitement prétraitements méthanisation méthane de mise en œuvre
l’autre non. < bénéfice
Augmentation de 6%
Rotacut de la consommation
Diminution de la
(Vogelsang) électrique du site de
viscosité de 31 à
BioBANG®, méthanisation
37% (digesteur 3)
Three-ES – Italy,
et de la
20 kWel- Consommation
granulométrie du
Pression à d’énergie de 470
Méthaniseur digestat avec
Mélasse, l’entrée de 2 bars kJ/kg TS (40 kWé)
mésophile (42°C) comme
ensilage de Physique 2.0 - 2.5 m3/h pour la cavitation,
Biobang® 3 digesteurs conséquence une (Garuti et al.,
résidus de farine installé entre le + 10% compensée à près
(Cavitation) anaérobie en diminution des 2017)
de maïs et digesteur 1 et 2 de 80% par la
série de 1400 m3 consommations
lisiers porcins réduction des
chacun électriques
3 mois de suivi consommation
imputables à
de l’unité sans d’énergie liées au
l’agitation et au
cavitation broyage et à
pompage (-17%) et
(référence) puis l’agitation
l’énergie de
6 mois de suivi
chauffage
avec cavitation Production
d’inhibiteurs possible
MethaPlus® L100
plus L 100 identifié
Le bénéfice lié à la
comme le plus
Test de production
efficace à l’échelle
différentes supplémentaire
laboratoire
enzymes dont compenserait le coût
(production de
MethaPlus® des enzymes
sucres)
Papier filtre, L100 Plus L
Absence de +15% de production (Gerhardt et
concentré 100 à échelle Pilote puis Il faut toutefois
Biologique données sur les de biogaz à l’échelle al., 2007)
alimentaire, fibre laboratoire. industrielle (30 préciser que
modalités pilote d’après
de foin, ensilage (Enzyme) Test de exploitations l’augmentation de la
d’application des +4-35% de (Kaiser,
d'herbe et de MethaPlus® agricoles) production de gaz
enzymes production de 2004)
maïs L100 sur 30 estimée est faite par
biogaz à l’échelle
rapport à la
exploitations industrielle
production attendue
agricoles à comparativement à
en théorie ce qui
taille réelle la production
peut amener des
attendue en théorie
biais
(+18% en
moyenne)
Bouse de Biologique MethaPlus® Dosage non Digesteurs, Augmentation de Réduction des (DSM, 2013)
vache, ensilage (Enzyme) L100 connu mésophile (2 x l’énergie produite : + difficultés de France

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 121


Biomasses / Catégorie de Description Conditions Conditions Production de Site et indicateurs
Autres impacts Référence
Effluents prétraitement prétraitement prétraitements méthanisation méthane de mise en œuvre
d'herbe 2285 m3) 12% pompage et
agitation.
Ensilage de
Biologique MethaPlus® Digesteur Amélioration de la Diminution de la
maïs, fumier, Dosage non (DSM, 2014)
mésophile (2560 conversion de la production de
ensilage de (Enzyme) L100 connu Allemagne
m3 ) biomasse (10%) digestat
culture entière
Enzyme de
2 Digesteurs de
DSM produite à
2000 m3
Biologique partir Incorporation aux + 2,6% à 4,7% de Diminution de la
Ensilage de fonctionnant en (Schimpf et
d’Aspergillus intrants production viscosité du
maïs et seigle (Enzyme) parallèle avec et al., 2013)
niger et 100 g/kg MS électrique digestat
sans enzyme
trichoderma
5-5,8 kg MSV/m3.j
logiderma
Application
directement sur
la litière des
Fumiers,
Biologique animaux à la
Matières Production d’énergie
Micro- création (1/3 de Méthanisation voie Diminution (SOBAC,
stercoraires, Bactériométha supérieure avec
la dose) puis 15 sèche significative des 2018)
Pailles de maïs, organismes ® Bactériométha® :
jours avant 4 garages odeurs des intrants Fournisseur
Digestat sélectionnés 18% d’écart
curage (2/3
réincorporé
dose)
Dose : 0,8 kg/m3
de fumier
Echelle pilote/Laboratoire
Augmentation de la
Bilan énergétique
production de
Rotation des vis négatif à cette
Extrudeur méthane Augmentation de
Paille et litière Mécanique à 600 tour/min Test de potentiel échelle pilote : (Wahid et
pilote de 18 4 à 29% (28 jours l’accessibilité des
accumulée (extrusion) 5 configurations méthanogène Consommation al., 2015)
kg/h de dégradation) sucres
de vis testées énergétique de
-2 à 16% (60 jours
226−324 kWh/t
de dégradation)
Pilote infiniment 193* à 249
Fumier bovin et Physique Fréquence : 24 (Zieliński et
Ultrasons mélangé (21 m3) Nm3CH4/tMVS
paille de blé kHz al., 2019)
35°C (+29 %)
290 à 460 m3
Physique Pilote (18,75 L) (Ormaechea
Fumier bovin Ultrasons 520 kJ/kg TS Nm3CH4/tMVS
55,1°C et al., 2018)
(+59%)
Fumier bovin, 290* à 520
Physique Pilote (18,75 L) (Ormaechea
biodéchets et Ultrasons 1,040 kJ/kgTS. Nm3CH4/tMVS
55,1°C et al., 2016)
glycérine (+79 %)

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 122


Biomasses / Catégorie de Description Conditions Conditions Production de Site et indicateurs
Autres impacts Référence
Effluents prétraitement prétraitement prétraitements méthanisation méthane de mise en œuvre
Pompe Pilote infiniment 193* à 228
Fumier bovin et Physique (Zieliński et
Cavitation hydrosonique mélangé (21 m3) Nm3CH4/tMVS
paille de blé al., 2019)
2 kW 35°C (+18 %)
Diminution de la
production après 22
Macrophyte Pilote infiniment +42 % en
Thermo- 80°C, 3h 20 g jours de digestion (Koyama et
Potamogeton Alcalin mélangé (4,5L) mésophile et +8%
chimique NaOH/100 gMS (inhibition lié à la al., 2017)
maackianus 37 et 55°C en thermophile
lignine dissoute) puis
acclimatation
Meilleure stabilité
du pilote alimenté
Pilote infiniment 237* à 297
Ensilage de Thermo- 40°C, 24h 10 g par l’ensilage (Sambusiti et
Alcalin mélangé (1,5L) Nm3CH4 t-1 MVS
sorgho fourrager chimique NaOH/100 gMS prétraitée al., 2013)
35°C (+25 %)
(augmentation de
l’alcalinité)
Pilote infiniment 152* à 191
Tige de Thermo- 55°C, 24h 4 g (Monlau et
Alcalin mélangé (1,5 L) Nm3CH4 t-1 MVS
tournesol chimique NaOH/100 gMS al., 2015)
35°C (+26 %)
Fibres des Pilote infiniment +25% avec 30%
Thermo- 121°C, 24h 4 g (Tsapekos et
fumier bovin Alcalin mélangé (2,4 L) MVS intrant
chimique NaOH/100 gMS al., 2016)
digéré 53°C prétraitée
Déchets de Pilote infiniment 102* à 537
Thermo- Explosion à la 150°C, 20 min, Dégradation du D (Forgács et
citron et déchets mélangé (5 L) Nm3CH4/tMVS
chimique vapeur 60 bars Limonene (94,3%) al., 2012)
ménagers 55°C +426% (BMP)
Pilote infiniment 70* à 320 Amélioration de la
Thermo- Explosion à la 170°C, 25 min, 4 (Ahring et
Fumier mélangé (30 L) Nm3CH4/tMVS dégradation de la
chimique vapeur bars oxygène al., 2015)
55°C (+357 %) lignine
Fraction Inoculation avec
Pilote infiniment (Fernandez.-
fermentescible Pré- du compost
Biologique mélangé 4,5 L +73,3% Güelfo et al.,
des ordures compostage mature 2,5%vol
55°C 2011)
ménagères 24h à T ambiante
Introduction avec Pilote (50 L), pH
les intrants à une 8,4, 37°C,
concentration de alimenté 3 fois par
MethaPlus® Pas Stabilise la teneur
200 mg/kg de semaine,
Biologique L100 d’augmentation de en MS dans le (De Moor et
Herbe ensilée MS puis niveau homogénéisation
(enzyme) Application la production de réacteur et diminue al., 2013)
d’entretien à 100 manuelle lors des
directe biogaz la viscosité
mg/kg de MS à introductions,
partir de la 10ème ensilage avant
semaine. méthanisation
Ensilage de Biologique Différentes Application Pilote (150 à 400 Aucun effet sur la Dégradation (Binner et

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 123


Biomasses / Catégorie de Description Conditions Conditions Production de Site et indicateurs
Autres impacts Référence
Effluents prétraitement prétraitement prétraitements méthanisation méthane de mise en œuvre
maïs (enzyme) enzymes directe L), 40 ou 50°C production de partielle ou totale al., 2011)
testées dont pour 2 enzymes : méthane des enzymes dans
Méthaplus et Optimase le digesteur en
Viscozym (Schmack Biogas moins d’1 h
AG) et
Biogasverstärker
(Bioreact)
* performance de la méthanisation sans prétraitement

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 124


Annexe 4 : Performances des prétraitements appliqués à l’échelle industrielle ou pilote/laboratoire pour
les boues de stations d’épuration
Résultats à l’échelle industrielle, en réacteurs continus à l’échelle pilote ou laboratoire ou en BMP uniquement pour les procédés innovants

Biomasses / Type de Conditions Conditions Production de


Autres impacts Site et indicateurs de mise en œuvre Référence
Effluents prétraitement prétraitements méthanisation méthane
Echelle industrielle
Stérilisation
Réduction de la Procédé Cambi
viscosité Résultats sur STEP de Hamar
Hydrolyse Sur boues Meilleure (Norvège) de 90 000 EH
thermique épaissies à 16- CSTR 243* à 274 déshydratabilité
Boues mixtes injection de 18 MS TSH 17 j m3/tMS Accélération de la Phase liquide du digestat doit être Kepp et
al.2000
vapeur + 165-180°C (+13 %) dégradation retournée en tête de STEP (DCO
détente(Flash) 30-60 min Augmentation de la « colorée » et composés azotés)
charge Procédé Cambi implanté sur > 60 sites
Réduction des dans le monde (Barber, 2016)
odeurs
Biogaz
140°C CSTR (Zabransk
Explosion 507* à 599 Résultats sur station de Liberec,
Boues mixtes 1 min 2 étapes a et al.,
vapeur m3/tMVin (République Tchèque) 100 000 EH
0,6 MPa 55-53°C 2006b)
(+18%)
Hydrolyse Augmentation de Procédé Biothélys (Véolia)
Boues activée (Chauzy et
thermique + 160°C, 30 min CSTR l’abattement des Résultats sur STEP de Saumur
(aération prolongée) al., 2008)
détente MV de 35 à 50% (France)
Déshydratabilité
augmente de 19,3
Hydrolyse
CSTR à 25% MS
thermique Sur boues 220* à 263 Procédé Cambi (Barber B.
Boues mixtes (40% TSH 22 j Réduction de
injection de activées m3/tMS Résultats sur STEP Amperverbang et al.,
boues activées) Mésophile boues solides
vapeur + seulement (+20 %) (Allemagne) 2017)
après séparation
détente(Flash)
de phase de 13145
à 9454 t/an
Boues mixtes (40% Hydrolyse Cambi sur CSTR 220* à 317 Déshydratabilité Procédé Cambi Solid Stream (Barber B.
et al.,

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 125


Biomasses / Type de Conditions Conditions Production de
Autres impacts Site et indicateurs de mise en œuvre Référence
Effluents prétraitement prétraitements méthanisation méthane
boues activées) thermique boues digérées TSH 22 j m3/tMS augmente de 19,3 Résultats sur STEP Amperverbang 2017)
injection de épaissies, Mésophile (+44 %) à 36,6% MS (Allemagne)
vapeur + séparation de Réduction de
détente(Flash) phase et boues solides
recirculation de après séparation
la phase liquide de phase de 13145
dans le à 5203 t/an
digesteur
Augmentation
Hydrolyse 165°C, 30 min 2 CSTR de 15-20%
thermique 0,9 MPa, HRT = 12 j Biogaz Réduction de 30% Procédé Exélys (Véolia)
Boues digérées continue Configuration dans le 1er 10 000 Nm3/j de la quantité de Résultats sur STEP de Marquette-lez- (Zhao et
al., 2015)
Injection de digestion, lyse, HRT = 16 j dans 1er et boues Lille (France) 700 000 EH
vapeur digestion dans le 2nd 9287 Nm3/j
dans le 2nd).
CSTR
2 glycosilases TRH = 24 j
(Novosyme 35°C mais
A/S) 2.5 kg de boucle
Amélioration de la (Wawrzync
Boues mixtes Enzymatique chaque échangeur +10 à 20% Essai de 6 mois sur une STEP
déshydratatbilité zyk, 2007)
enzyme/tonne thermique à
MS) ajout dans 55°C pendant
le digesteur 30 à 40 min
toutes les 4 h
Augmentation de la
dégradation de MO
de 42% (sans
Appliqué à 25% Biogaz Résultats sur STEP de Meldorf
Boues mixtes (62% CSTR sonication) à 54% (Neis et
Sonication des boues 7680 m3/j Allemagne (65 000 EH).
boues activées) TSH= 18 j et réduction de la al., 2008)
activées +30% Technologie Ultrawaves GmBH
MV dans le
digestat (de 60% à
54%)
20kHz Elimination des Résultats sur STEP de Meldorf
CSTR Biogaz (Neis et
Boues Sonication Appliqué à filamenteuses Allemagne (65 000 EH).
TSH= 18 j +30% al., 2008)
100% des Réduction de la Technologie Ultrawaves GmBH

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 126


Biomasses / Type de Conditions Conditions Production de
Autres impacts Site et indicateurs de mise en œuvre Référence
Effluents prétraitement prétraitements méthanisation méthane
boues activées MV dans le
digestat (de 60% à
45%)
+13 à +58%
pendant
l’essai.
20 kHz
CSTR 5000 En fin d’essai
Boues mixtes (66% 13.7 W/cm2
Sonication m3 de 620* à 900 Résultats sur STEP Ulu Pandan Plant (Xie et al.,
secondaires) Débit de boues
29-33°C L biogaz/j Singapour 2007)
8.33 m3/s
TSH 22,5 j, (+45%)
TSH 1.5 s
charge env
120 m3 boues
/j
Homogénéisate
150 bars débit : (Onyeche,
Boues concentrées ur haute +30% Démonstration sur STEP
2,7 m3.h-1 2007)
pression
Augmentation
830 bar +NaOH élimination MO
8000 Lboues/h +14 %
Démonstration STEP Las Angeles
Hautte pression Prétraitement CSTR Réduction de la (Stephens
Boues mixtes (32% Très faible (Joint Water Pollution Control Plant)
+ alcalin: des boues Mésophile viscosité des on et al.,
secondaires) impact. Etas-Unis
activées TSH 19 j boues secondaires 2007)
Procédé Microsuldge
uniquement de 258 centistokes
à 25 centistokes

Amélioration
abattement MO :
20–30 kV de 52 à 56% et
CSTR
quelques msec augmentation de la
3,300 m3 De 38 000 à (Rittmann
Boues mixtes Electroporation Traitement de charge Procédé OpenCelTM. Résultats sur
Mesophile 60 500 kWh/j et al.,
épaissies Champs pulsés 65% du débit Augmentation de la STEP de Mesa-Etats Unis
TSH: 30-35 j (+59 % ) 2008)
de boues température des
boues (réduction
de la
consommation de

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 127


Biomasses / Type de Conditions Conditions Production de
Autres impacts Site et indicateurs de mise en œuvre Référence
Effluents prétraitement prétraitements méthanisation méthane
chaleur du
digesteur
CSTR Biogaz
Centrifugeuse 3140 rpm 2*4400 m3 335* à 422 Résultats sur la station de Liberec, (Zabransk
Boues urbaines a et al.,
lyseuse 39 m3 h-1 TSH = 40 j Nm3/tMVSin (République Tchèque) 100 000 EH
2006a)
mésophile (+26 %)
CSTR Biogaz
Résultats sur station de (Zabransk
Centrifugeuse 2250 rpm 2*1800 m3 462* à 529
Boues urbaines Fürstenfeldbruck, (Allemangne) 70 a et al.,
lyseuse 12 m3 h-1 TSH = 35 j Nm3/tMVSin
000 EH 2006a)
mésophile (+15 %)
Echelle pilote/Laboratoire
Hydrolyse
CSTR 5 L
thermique, 70°C 150* à 180 Besoin en chaleur couvert par
55 ºC (Ferrer et
Boues mixtes faible 9-48 h m3/tMVSin l’augmentation de la production de
TSH: 10 d al., 2008)
température: (+20 %) méthane

CSTR 30 L
Flacons fermés
35 ºC
autohydrolyse 25%vol boues, 10 L/j
TSH: 20 d (Souza et
Boues activées microaerobie: 75% vol air
charge=3,8 kg al., 2013)
55°C + 20 %
DCO/ m3 d
12 h

détérioration
4volumes CSTR 14 L 120 m3/tMVSin
Microaeration: déshydratabilité et (Ruan et
Boues mixtes d’air/gTS 35 ºC
augmentation de la al., 2019)
35 °C, 4 h TSH: 20 d +16,4%
viscosité
Bilan énergétique
134°C 3.4 bar 107* m /tMVSin
3

Thermique 30 min CSTR 50 L


+2.50 kJ/g MVS
TSH=25 j, (Chen et
Boues activées
Thermique + 134°C 3.4 bar 37°C +49% al., 2020)
+4.17 kJ/g MVS
alcalin 30 min, pH 12
Mais la consommation de NaOH n’est
(NaOH) +142 %
pas considérée (dose non donnée dans
l’article)

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 128


Biomasses / Type de Conditions Conditions Production de
Autres impacts Site et indicateurs de mise en œuvre Référence
Effluents prétraitement prétraitements méthanisation méthane

KOH
CSTR 2.5 L Augmentation de la
5 g KOH/100 g 109* m3/tMVSin KOH doit être favorisé par rapport à
TSH=20 j, fraction d’azote (Elalami et
Boues activées Alcalin MS NaOH si valorisation agronomique du
37°C minéralisée dans le al., 2020)
20gMV/L +39% digestat
digestat (NH4+)
25 °C, 2 jours
Amélioration
Semi-continu
HCl, pH 2, 24h 141* m3/tMVSin déshydratabilité (- (Devlin et
Boues mixtes Acide 22L, 35°C,
à 4°C +10% 40% de polymères al., 2011)
TSH=12j,
pour même MS)
Acide nitreux
HNO2
Semi-continu Amélioration de la
Produit in situ
1L, 35°C, déshydratabilité
NaNO2, 20 g 132* m /tMVSin
3
Bilan économique positif sur une STEP (Wei et al.,
Boues activées Acide TSH=15j, +14% (MS des
N/L +HCl 1M + 16% hypothétique de 400 000 EH. 2018)
charge=2.1gM boues
Ajout acide 1.8
V/Lj déshydratées
mg N/L
24 h, 25°C
Précédé utilisé industriellement sur la
0.05 gO3 g−1
ligne eau pour la réduction des boues
MS en 120* m /tMVSin
3
Amélioration (Biolysis O-Suez, Aspal-Air Liquide,
prétraitement
élimination MS de Praxair Lyso)
CSTR2 L +108%
31% à 59% Couteux en prétraitement de (Goel et
Boues activées Ozonation 0.045 gO3 g−1 35 ºC
méthanisation, risque de minéralisation al., 2003)
MS en post- TSH: 28 d 360* m /tMVSin
3
et perte de potentiel méthane
traitement +
De 31% à 85% Limité en post-traitement (milieu
recirculation 0%
réducteur complexe, nombreuses
réactions)
Procédé Fenton Diminution du
pH3 (H2SO4) temps de succion
Semi-continu 400* m /tMVSin
3
(Erden &
0.067 g Fe(II)/ g capillaire mais pas
Oxydation 13L, 55°C, Filibeli,
H2O2 et 60 g d’effet sur la
TSH=5j +36% 2010)
H2O2/kg MS déhydratation sur
60 min filtre presse
CSTR 50 L
800 W
TSH=20 j, Bilan énergétique <0
3,5 min *3367 L/m3boue
37°C -279 MJ/m3boue (Appels et
Boues urbaines Microondes 336 kJ/kg
Cva= 1.425 Bilan économique <0 al., 2013)
boues +50%
kg/m3j -2,66 €/m3boue
Tfinale=80°C

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 129


Biomasses / Type de Conditions Conditions Production de
Autres impacts Site et indicateurs de mise en œuvre Référence
Effluents prétraitement prétraitements méthanisation méthane
Digestats
2450 MHz Codigestion « class B Bilan production d’électricité négatif
Rampe avec boues biosolids » après
2.25°C/min primaires digestion
préfermentées mésophile (Kor-
Boues activées
Microondes 80°C 1 min (33%) Semi- +6% -2,1kJ/g MVSin Bicakci et
épaissies
continu, « class A al., 2019)
CSTR 1 L biosolids » après
TSH= 20 j digestion
160°C 1 min mésophile +11% thermophile -15,6 kJ/g MVSin

MO 2450MHz
Semi-continu
600W 215* m3/tMVSin
2L, 37°C,
Boues activées Microondes+ 80°C Diminution de la (Liu et al.,
TSH=20j, Coût élevé
épaissies 8% TS H2 O 2 0,2 gH2O2/gTS viscosité 2018)
charge=2.92g
50% des boues +20%
MV/Lj
traitées
Testé en BMP
K2FeO4 200mg
Boues activées (FeVI)/L Batch, 37°C 89 m3/tMVSin (He et al.,
Oxydation
12gMS/L 1 h 600 rpm, 30 j +42% 2018)
25°C
0,346* kJ/g Bilan production d’énergie (énergie
RF :13,56 MHz
boues nette) plus favorable dans le cas des
MO :2,45 GHz
radiofréquences
Rampes :3°C/m
in
RF= +5% RF=0,32 kJ.g-1boue
Radiofréquence 60°C, palier 0 (Hosseini
MO=+7% MO= 0,14 kJ.g-1boue
Boues activées RF min BMP Koupaie et
Microonde MO al., 2018)
RF= +14% RF=0,30 kJ.g-1boue
120°C palier 0
MO=+12% MO= -0,28 kJ.g-1boue
min
RF= +20% RF=-0,60 kJ.g-1boue
120°C palier 2h
MO=+17% MO= 0,28 kJ.g-1boue

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 130


Annexe 5 : Performances des prétraitements appliqués à l’échelle pilote/laboratoire sur les déchets
graisseux et coproduits animaux

Biomasses / Catégorie de Description Conditions Conditions Production de Site et indicateurs


Autres impacts Référence
Effluents prétraitement prétraitement prétraitements méthanisation méthane de mise en œuvre
Echelle laboratoire
Mésophile 720
CSTR 10 L, 35 °C m3/tMVS
et 55°C Thermophile :
Déchets Thermique Stérilisation 133°C, 20 min, > (Bayr et al.,
HRT= 50 j réacteur instable :
d’abattoir 3 bars 2012b)
Charge 1,5 accumulation AGV,
gMVS/L j NH4+, et acides
gras longue chaine
1070 m3
Déchets
biogaz/tMVSin
d’abattoir de CSTR, 35°C Accumulation d’AGV
Pasteurisation 65-70% CH4
bœuf, catégorie Thermique TSH 125 j et acides gras (Escudero et
70°C, 2 h Diminution de la
3, taille 2/3 cm Charge 1,3 longue chaîne si al., 2014)
production à HRT=
Dilution dans gMVS/L j charge trop élevée
105 j et charge1,6
eau 1 :2,7
gMVS/Lj
Pas d’impact à la
charge de 0,95
CSTR 5 L Semi- gDCO/L j
continu, avec +13% : 341 m3/tDCO
recirculation du à charge de 2,2 Emulsification des
Thermo- 0.04 mol NaOH/g
Graisses de Saponification digestat (20%) gDCO/Lj déchets et (Affes et al.,
DCO (pH 12)
carcasses chimique HRT=33 j Amélioration de la amélioration de 2013)
70°C, 1 h
Charge 0,95 et cinétique : +53% leur biodisponibilité
2,2 gDCO/Lj pour la production
journalière
maximale pour les
deux charges
Légère
70°C, 1 h augmentation +7%
Codigestion
Thermique Pasteurisation Appliqué au CSTR 5 L, 35 °C 290 ± 10 m3/tMVSin
déchets
mélange HRT= 21 j pasteurisé vs 270 ± (Luste et al.,
d’abattoir
Taille (<12 mm) Charge 2,1-2,4 10 m3/tMVSin non 2012)
+lisier bovin
gMVS/Lj pasteurisé
(1 :3)
Mécanique Ultrasons Pas d’effet
1000 kJ/kgMS
significatif (+11%)

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 131


Biomasses / Catégorie de Description Conditions Conditions Production de Site et indicateurs
Autres impacts Référence
Effluents prétraitement prétraitement prétraitements méthanisation méthane de mise en œuvre
300 ± 20 m3/tMVSin
prétraité vs 270 ±
10 m3/ tMVSin non
traité
Déchets CSTR 3 L Formation de
d’abattoir 34°C composés
(volailles) 40% TSH 36 j -9 % (2,9 L/j) récalcitrants
(base MS) de Charge 1,2 (polymères
graisses gMVS/Lj complexes
comprenant de
l’azote) dans
Mécanique+ Broyage < substrat prétraité
Codigestion 133°C, 20 min, > (Cuetos et
3mm Digesteurs
Déchets Thermique 3 bars CSTR 3 L al., 2010)
Stérilisation instables avec ou
d’abattoir 34°C
sans
(volailles 40% TSH 36 j
prétraitements,
graisses) + Charge 2,6
accumulation de
FFOM (0.7% gMVS/Lj
d’AGV et d’acides
graisses)
gras longue
chaine. Problèmes
de moussage
Méthaniseur
industriel d’Uppsala-
Suède)
Pasteurisation
2 pulpeurs
FFOM (tri à la Aucun impact : nécessite 1.72± 0.14
(addition d’eau)+
source) 82% CSTR 5 L 17,0 ± 0,9 MJ/kgMVS (9% de
Mécanique + Dilution, disperseur
massique + 52°C MJ/kgMVS après l’énergie produite par
thermique élimination des +tamisage (Grim et al.,
Déchets TSH 35 j pasteurisation le méthaniseur)
Echelle sacs puis Pasteurisation 2015)
alimentaires 3% Charge 3 g contre 17,3 ± 0,9 Simulation
industrielle pasteurisation dans tank 8 m3
+ déchets MVS/Lj MJ/kgMVS sans d’hygiénisations
70°C, 1 h
abattoirs 15% pasteurisation thermophiles
intégrées (52°C, 10h
nécessiterait 1 MJ/kg
VS, soit 5% de
l’énergie produite)
Codigestion
133°C, 20 min > Pas de différence
graisses de CSTR 5,5 L
Thermique stérilisation 3 bar significative (3%) (Grosser et
STEP + boues semicontinu 37°C,
Sur graisses sur la production al., 2020)
mixtes TSH 10 j
seulement de méthane
5 : 95 (%MV)

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 132


Biomasses / Catégorie de Description Conditions Conditions Production de Site et indicateurs
Autres impacts Référence
Effluents prétraitement prétraitement prétraitements méthanisation méthane de mise en œuvre
Pas d’impact
significatif sur le
rendement
spécifique:
Codigestion
430 ± 40 m3/tMVS Substrat plus
déchets
70°C, 1 h pasteurisé vs 400 ± homogène (Luste &
d’abattoir Pasteurisation CSTR 4 L, 35 °C
Appliqué au 30 m3/tMVS non Diminution de 10% Luostarinen,
+boues HRT= 20 j
mélange pasteurisé mais de la taille des 2010)
d’épuration
augmentation de la déchets d’abattoir
(1 :7)
concentration de
l’alimentation et de
la production
journalière
Mélange 70 : 30
Codigestion
+ 65 % Meilleur bilan
Graisses et
576 ± 19 vs 349 ± énergétique pour le
Huiles (FOG en Hydrolyse CSTR 55°C
CSTR 54 m3/tMVS système à 2 étapes
anglais) + boues Biologique hyperthermop HRT = 15 j Hygiénisation (Garuti et al.,
70°C hyperthermophile/the
activées (contrôle) ou 13 j (Class A biosolids) 2017)
hile HRT = 2 j Mélange 60 : 40 + rmophile que le
70 : 30 après hydrolyse
21% thermophile
534 ± 33 vs 440 monoétape
ou 60 : 40
±20 m3/tMVS
Codigestion
Méthanisation 2
Graisses et
étapes +37% sur
Huiles
Thermo- CSTR 15 L production
(FOG)+boues pH=10 (NaOH), (Li et al.,
55°C HRT=24 j + journalière (17,7 L/j
primaires chimique 55°C, 24 h 2015)
24 j avec prétraitement
1 : 33 (vol/vol)
Charge = 1,83 vs 12,9 L/j sans
gMVS/L j
Codigestion
boues
secondaires + Thermo- 80°C, 30 min,
Thermo- CSTR 2 L, 35°C, +58% de 172 à (Carrere et
eaux alcalins/saponi pH=8, Coût élevé de KOH
chimique TSH=21 j 271 m3/tMVS al., 2012)
graisseuses de fication 0,14gKOH/gMVS
restaurant
(90/10)

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 133


Annexe 6 : Performances des prétraitements appliqués à l’échelle industrielle et pilote/laboratoire sur les
biodéchets

Biomasses / Catégorie de Description Conditions Conditions Production de Site et indicateurs


Autres impacts Référence
Effluents prétraitement prétraitement prétraitements méthanisation méthane de mise en œuvre
Echelle industrielle
Déchets
municipaux
Forte réduction de
alimentaires,
60 m3 CH4 la viscosité des
déchets verts, Tamisage et
à partir de 620 kg déchets, ce qui Méthaniseur
papiers et séparation des
Procédé de déchets triés permet la Lilleharmmer (Panter &
couches ainsi Thermique déchets les plus
(sur 1000 kg de séparation des (Norvège) Kleiven,
que des déchets Cambi lourds
déchets entrant) déchets 14 000 t/an de 2005)
triés 170°C,
+ production 150 indésirables déchets
incorrectement Flash détente
kg digestat (plastiques)
(métaux,
pierres,
plastiques…
Echelle pilote
Maximum 820 et
900 m3biogaz/tMVS
Seulement la à 4,5 gMVS/L j en
CSTR 0,23 m3
fraction liquide mésophile et
37 °C et 55°C 33 kWh consommés
Mécanique Presse est utilisée pour thermophile (Micolucci et
FFOM TSH=20j par tonne de
la méthanisation Moyenne al., 2016)
Charge = 3-6 biodéchets traités
(la fraction solide 520 m3CH4/tMVS
gMVS/L j
est compostée) (mésophile) et 619
m3CH4/tMVS
(thermophile)
CSTR, 1 m3
10% TS (Novarino &
FFOM diluée Mécanique Extrusion Grille 8 mm 40°C 508 m3 biogaz/tMVS Zanetti,
avec des boues
Charge 4,3 gMVS/ 2012)
Lj
« pré Réacteur agité, -11%
compostage » 3 m3 55°C TSH 6 j (Mata-
Biologique Durée < 1
FFOM 16-22% MS 230 vs 350 m3/tMVS Alvarez et
auto semaine
HRT=6 j al., 1993)
échauffement Charge 17,8 +32 %

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 134


Biomasses / Catégorie de Description Conditions Conditions Production de Site et indicateurs
Autres impacts Référence
Effluents prétraitement prétraitement prétraitements méthanisation méthane de mise en œuvre
gMVS/ L j TSH12 j
410 vs 320 m3/tMVS
HRT=12 j
Charge 9,7 gMVS/
Lj
Echelle laboratoire
Prétraité la charge
peut être
Stérilisation + Prétraité 482 augmentée à 1,84
Thermique + élimination de 121°C 30 min
CSTR 22 L m3/tMVS stable gMVS/L j
Graisses
séparation la phase 3% TS Non traité 479 Non traité la
éliminées 33%
Déchets de graisseuse 35°C m3/tMVS instable charge doit être (Zhang et
cantine TSH=20j diminuée à 1,1 al., 2018c)
Charge 1,39 gMVS/L j
Ajout de gMVS/L j Avec bentonite 584
Adsorption bentonite dans m3/tMVS stable
Non traité 479
le méthaniseur m3/tMVS instable
134°C, 3,2 bars
55kJ/kg pour le
30 min
traitement thermique
Seule la fraction +19% Diminution de 34%
Valeur économique :
Thermique + solide est CSTR 10 L 310 m3/tMVS de la DCO solide et
Déchets de Stérilisation + AGV+CH4 : 83 US (Gianico et
méthanisée, la TSH=20j prétraité augmentation de
cafétéria séparation $/ton de déchet al., 2021)
centrifugation fraction liquide Charge 2 gDCO/Lj 260 m3/tMVS non 170% de la DCO
contre 29,5 US $/ton
est utilisée pour traité de la fraction liqude
de déchet pour CH4
la production
seul
d’AGV
Déchets
Explosion à la 150°C Semi-continu
municipaux et Thermique (Forgács et
20 min 55°C, 560 m3/tMVS
déchets de vapeur al., 2012)
60 bar TSH 21j
citron
Inoculé avec du
FFOM taille
compost mature
particules 30 « Compostage CSTR 5 L, 55°C +73% (Fernandez.-
Biologique 2,5% (vol/vol)
mm en 30% TS 0,26 vs 0,15 Güelfo et al.,
» Température
moyenne TSH =15 j L/Lréacteur j 2011)
ambiante
24 h
Réacteur voie - 4% par rapport au
Déchets de Biologique Aérobie 39°C 2 j solide discontinu à frais (Fisgativa et
cantine 50 L/h air recirculation de + 144% par rapport al., 2019)
+ lixiviat au stocké non aéré

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 135


Biomasses / Catégorie de Description Conditions Conditions Production de Site et indicateurs
Autres impacts Référence
Effluents prétraitement prétraitement prétraitements méthanisation méthane de mise en œuvre
Contrôle Liq/solide : 2,1 : 1 356 m3/tMVS
stockage dans 371 m3/tMVS frais
une fiole 146 m3/tMVS stocké
ouverte , 2 j à
température
ambiante
Biodéchets triés
à la source
(Danemark)
broyés (<1cm)
et retrait des 185°C, CSTR 3 L 55°C
Pas d’impact 360
sacs plastiques 12 bar O2, TSH=20j
m3/tMVS avec ou
par tambour 10 min charge 2,1
sans prétraitement
rotatif avec 2 g/L Na2CO3 gMVS/Lj
addition de 8%
de paille de blé
pour augmenter Oxydation voie
Chimique (Lissens et
les MS
humide al., 2004)
Digestat solide
(après presse à
vis, méthanieur
CSTR 3 L 55°C
Dranco 50000
185°C, TSH=15j
t/an de +31%
12 bar O2, charge 1,45 Perte de 16 % de
biodéchets et 340± 20 vs 260 ±
15 min gMVS/Lj brut et la DCO
déchets verts, 30 m3/tMVS
2 g/L Na2CO3 0,9-1,2 gMVS/Lj
broyés <
prétraité
5cmx2cm
adition d’eau
pour TS=40g/L

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 136


Annexe 7 : Performances des prétraitements appliqués à l’échelle industrielle et pilote/laboratoire sur les
algues

* performance de la méthanisation sans prétraitement


Biomasses / Eau Catégorie de Conditions Conditions Production de Freins/ indicateurs
Autres impacts Référence
Effluents douce/saline prétraitement prétraitements méthanisation méthane de mise en œuvre
Echelle pilote/Laboratoire : essais en continu ou semi-continu
Monoraphidium Performances
sp., diminuées pour des
nfiniment
Stigeoclonium 900W 3 min 170* à 270 TSH de 15 j
Physique mélangé (1,5 L) (Passos et
sp., Eau douce 70 MJ/kg MVS Nm3CH4/tMVS
(micro-ondes) 35°C al., 2014)
Scenedesmus 26 g MS/L (+59%) 130* à 170
TSH : 20 j
sp. and Nitzchia Nm3CH4 t-1 MVS
sp. (+31%)
nfiniment
190* à 170
Spirulina Physique mélangé (1,5 L) (Samson &
Eau douce 10 min Nm3CH4/tMVS
maxima (Ultrasons) 35°C Leduy, 1983)
(-10 %)
TSH : 20 j
nfiniment Les cellules
120* à 170
Thermique 130ºC, 15 min mélangé (1,5 L) Oocystis sp ont été (Passos &
Oocystis sp Eau douce Nm3CH4/tMVS
(Hydrothermal) 1,7 bars 37°C endommagées par Ferrer, 2015)
(+42 %)
TSH : 20 j le prétraitement
120°C, 40
min Infiniment 85 à 126 m3CH4/t
Aucune inhibition à (Mendez et
C. vulgaris Eau douce Thermique mélangé (1 L), DCOin
l’ammonium al., 2015)
35°C (+48 %)
TSH : 15 j
Des résultats
90% microalgae Infiniment 180* à 310
proches sont (Passos &
and 10% Eau douce Thermique 95°C, 10h mélangé (1,5 L) Nm3CH4/tMVS
obtenus à 75°C Ferrer, 2014)
bacteria TSH : 20 j (+72 %)
(+67 %)
Pediastrum sp.,
103* à 136
Micractinium sp. SBR (20L) à 20°C (Kinnunen et
Eau douce Thermique 60°C, 2, 4, 6h Nm3CH4/tMVS
Scenedesmus TSH: 14-16 j al., 2014)
(+32 %)
sp.
Accumulation d’AGV
nfiniment en raison de
130* à 270
Nannochloropsi 100°C, 120°C mélangé (22 L), concentrations (Schwede et
Eau Saline Thermique Nm3CH4/tMVS
s salina 2h 38°C élevées en al., 2013)
(+108%)
TSH : 120 j ammonium et sel
Diminution des

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 137


Biomasses / Eau Catégorie de Conditions Conditions Production de Freins/ indicateurs
Autres impacts Référence
Effluents douce/saline prétraitement prétraitements méthanisation méthane de mise en œuvre
performances
nfiniment
190* à 210 Neutralisation du pH
Spirulina Thermo- 50°C, pH 11 mélangé (1,5 L) (Samson &
Eau douce Nm3CH4/tMVS à 7 avant digestion
maxima chimique (NaOH) 35°C Leduy, 1983)
(+10 %) anaérobie
TSH : 20 j
Inhibition liée à la
production de
nfiniment sous-produits de
190* à 110 Neutralisation du pH
Spirulina Thermo- mélangé (1,5 L) dégradation (Samson &
Eau douce 50°C, pH 3 (HCl) Nm3CH4/tMVS à 7 avant digestion
maxima chimique 35°C toxiques ou à la Leduy, 1983)
(-42 %) anaérobie
TSH : 20 j présence de
chlorures (addition
d’HCl)
nfiniment
190* à 240 Neutralisation du pH
Spirulina Thermo- 150°C, pH 11 mélangé (1,5 L) (Samson &
Eau douce Nm3CH4/tMVS à 7 avant digestion
maxima chimique (NaOH) 35°C Leduy, 1983)
(+26 %) anaérobie
TSH : 20 j
Alcalase 2.5 L de
Infiniment
Novozymes 128,4
Chlorella Biologique mélangé (1 L) Légère inhibition à (Mahdy et
Eau douce (protéase) à la m3CH4/tDCOin
vulgaris (enzymes) 35°C l’azote al., 2015)
dose de 0,585 (+260%)
TSH : 20 j
AU /g MS. pH 8
Enzymes
Novozymes. 3h
50°C puis 75°C
30 min
235* à 65
Viscozyme m3CH4/tDCOin
(mixture de Infiniment (+182%) avec
Chlorella Biologique carbohy rases) à mélangé (1 L) carbohydrase et Solubilisation de la (Mahdy et
Eau douce
vulgaris (enzymes) la dose de 36,3 35°C 233* à 137 DCO al., 2016)
FBG/ g MS : pH TSH : 20 j m3CH4/tDCOin
5,5. (+495%) avec
protéase
Alcalase 2.5 L
(protéase) à la
dose de 0,585
AU /g MS. pH 8
Echelle pilote/Laboratoire : essais en batch

5
Estimé par rapport aux données publiées

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 138


Biomasses / Eau Catégorie de Conditions Conditions Production de Freins/ indicateurs
Autres impacts Référence
Effluents douce/saline prétraitement prétraitements méthanisation méthane de mise en œuvre
Autoclave
Thermique industriel de 8 m3 158* à 255
Mix de (Lavric et al.,
Eau douce (Explosion à la 0,2-1,7 bars Batch, 55°C Nm3CH4/tMVS
microlagues 2017)
vapeur) 20 min (+61%)
100, 130°C
104-163* à
Scenedesmus Thermo- 150 °C, 60 min 204-316 (Marques et
Eau douce Batch, 37°C
sp chimique H2SO4 : 0.1% v/v Nm3CH4/tMVS al., 2018)
(+95% moyenne)
Augmentation de
Application 158* à 176 l’hydrolyse de la
Mix de Biologique (C. (Lavric et al.,
Eau douce directe 10% Batch, 55°C Nm3CH4/tMVS paroi cellulaire par
microlagues thermocellum) 2017)
volumique (+12%) les enzymes
bactériennes
Enzyme/substrat
rat o : 1%, pH 7,
24 h à 37°C. 318* à 546
Chlorella Biologique (Cordova et
Eau douce Enzyme : Batch, 37°C Nm3CH4/tMVS
sorokiniana enzymatique) al., 2018)
Ns22128 (+72%)
(cellulose) de
Novozymes®

Etude RECORD n°20-0420/1A - FINAL 139


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