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5 Brevet 10
10 Optimisation VS Evolution 21
10.1 DVORAK VS QWERTY . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
10.2 Le Modèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
10.3 Dynamique de diffusion des technologies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1 Introduction
On va s’intéresser à l’innovation, sa production et sa diffusion. L’innovation est quelque chose
d’incertain : investissement ⇏ réussite. Il faut être le premier à innover, car si on est pas premier,
l’autre peut avoir posé un brevet, ça devient de la compétition. Lorsqu’on a une innovation,
on a fait un investissement et on veut donc un retour sur cet investissement, on pose donc un
brevet pour avoir le monopole d’exploitation pour une certaine durée. La question qui se pose
est sur la durée de vie du brevet, il faut que ça incite à l’innovation, mais pas que ce brevet
dure trop longtemps, c’est au détriment des consommateurs.
Les firmes ont le droit de faire des cartels au niveau de la R&D, on appelle ça un modèle de
cooptation. On va regarder si les firmes ont intérêt à coopérer dans la R&D, si on développe
un laboratoire pour innover on ne peut pas être certain qu’il n’y aura pas de fuite (externalités :
diffusion, espionnage), tout ça ⇒ coût d’organisation donc ça peut inciter à internaliser l’externalité
en coopérant.
On va aussi s’intéresser aux technologies de réseau : biens dont l’utilité augmente avec le nombre
de personne ayant le même bien (e.g. téléphone, autoroute). Souvent si trop d’utilisateur, un
effet de congestion apparaît.
Dans la microéconomie traditionnelle, tout repose sur le fait que les agents sont rationnels, dans
la vraie vie ce n’est pas toujours le cas. Ce qui peut être contre-intuitif est que si on regarde assez
longtemps, le comportement des agents peut tendre vers l’EN, qui est un équilibre qui part de
l’hypothèse de rationalité. On va arriver à montrer que des agents "stupides" peuvent atteindre
l’EN au bout d’un certain nombre de répétitions de la même situation (ils vont apprendre de
leurs erreurs).
1\2 0 s
0 (0, 0) (0, vp − s)
s (vp − s, 0) (vp − p2 v2 − s, vp − p2 v2 − s)
Matrice de paiements
1
⇐⇒ vp − s ≥ 0
s
⇐⇒ p ≥
v
s
Si p < v
alors c’est un EN.
Incitation à investir sachant que l’autre investi :
Ep u(s, s) ≥ Ep u(0, s)
v
⇐⇒ vp − p2 − s ≥ 0
2
p2 s
⇐⇒ p − ≥
2 v
p2
C’est un EN si p − 2
≥ vs , ce qui est plus difficile à satisfaire que la condition précédente.
p2 s
1er cas : p − 2
<p< v
Optimum social/collectif :
B: A × A → R
(0, 0) 7→ B(0, 0)
(s, 0) 7→ B(s, 0) = B(0, s)
(s, s) 7→ B(s, s)
où
B(0, 0) = 0
B(s, 0) = vp − s
B(s, s) = 2vp − p2 v − 2s
s
B(0, 0) ≤ B(0, s) ⇐⇒ p ≥
v
B(0, 0) est la valeur maximale de B (donc (0, 0) est l’optimum social). L’unique EN est (0, 0).
p2 s
2ème cas : p − 2
< v
<p
2
B(s, 0) = B(0, s) est la valeur maximale de B (donc (s, 0) ou (0, s) optimum social). Les deux
EN sont (s, 0) et (0, s).
s p2
3ème cas : p − p2 < v
<p− 2
<p
L’optimum social est obtenu en (s, 0) ou (0, s) et l’unique EN est (s, s).
s
4ème cas : v
< p − p2
(s, s) est l’optimum social et l’unique EN est (s, s).
Cas Ts :
P(Ts = 1) = p
P(Ts = 2) = (1 − p)p
P(Ts = t) = (1 − p)t−1 p
∞
t(1 − p)t−1 p
X
Ep (Ts ) =
t=1
∞
t(1 − p)t−1
X
=p
t=1
p
=
(1 − (1 − p))2
p
= 2
p
1
=
p
Cas Tss :
P(Ts = 1) = p2 + 2p(1 − p) = 2p − p2 = p(2 − p)
Donc
p(2 − p)
Ep (Tss ) =
(1 − (1 − (p(2 − p))))2
p(2 − p)
⇐⇒ Ep (Tss ) =
(p(2 − p))2
1
⇐⇒ Ep (Tss ) =
p(2 − p)
3
On remarque que Ep (Tss ) < Ep (Ts ) car p(2 − p) > p.
On cherche à maximiser :
1 1
Ep (Ts ) − Ep (Tss ) = −
p p(2 − p)
( ) ( )
1 1 1−p
max − = max
p p p(2 − p) p p(2 − p)
p→0
On cherche :
max
p
{p − p2 }
4
∀i ∈ N ci (x1 , x2 ) = max{50 − xi − βx−i , 0} où β ∈ ]0, 1[.
β est l’externalités positive de la R&D de −i à i.
Coûts d’organisation de la R&D :
Ci (xi ) = x2i /2. Donc le rendement de l’investissement en R&D est décroissant.
qi : R+ × R+ → R+
(x1 , x2 ) 7→ qi (x1 , x2 )
Un ENPSJ est un couple de stratégies ((x∗1 , q1∗ (x∗1 , x∗2 )), (x∗2 , q2∗ (x∗1 , x∗2 ))) tel que :
1) Pour la partie Cournot :
∀(xi , x−i ) ∈ R+ × R+ , ∀i ∈ N,
Résolution :
Cas : concurrence en R&D et en Cournot.
Etape 2 : Calculer l’EN en quantité ∀(x1 , x2 ) ∈ R2+ fixé.
max (100 − (qi + q−i ) − ci (x1 , x2 ))qi − Ci (xi )
qi
∂ui
= 100 − 2qi − q−i − ci (x1 , x2 ) = 0
∂qi
100 − q−i − ci (x1 , x2 )
=⇒ ∀i ∈ N, qi = (A)
2
L’EN en quantité est donc la solution du système d’équations (A) :
100(2 − β)
x∗ (β) =
9 − 2(2 − β)(β + 1)
Coopération :
Etape 1 :
Programme :
max u1 (x1 , x2 ) + u2 (x1 , x2 )
x1 ≥0, x2 ≥0
6
Rappel :
50 (2 − β)xi (2β − 1)x−i 2 x2i
+
ui (xi , x−i ) = ( + ) −
3 3 3 2
Le cartel se comporte comme un monopole :
50 (1 + β)x 2 x2
max ( + ) −
x≥0 3 3 2
100(2 − β)
x∗ (β) =
9 − 2(2 − β)(β + 1)
7
4.1 Concurrence à l’Étape 1
Si chaque firme prend une participation α ∈ [0, 12 ] dans la firme concurrente, les gains finaux
sous concurrence à la première étape sont données par :
∀i ∈ N
Eπi (si , s−i ) = si s−i D + si (1 − s−i )(1 − α)M + (1 − si )s−i αM − (1 − α)τ s2i − ατ s2−i
On cherche l’EN à la première étape, c’est à dire le couple (s∗i , s∗−i ) ∈ [0, 1]2 tel que :
∀i ∈ N, ∀si ̸= s∗i
Eπi (s∗i , s∗−i ) ≥ Eπi (si , s∗−i )
On calcule la fonction de réponse optimale de chaque firme i ∈ N .
Condition du 1er ordre :
∂Eπi
= 0 ⇐⇒ s−i D + (1 − s−i )(1 − α)M − s−i αM − 2(1 − α)τ si = 0
∂si
s−i D + (1 − s−i )(1 − α)M − s−i αM
⇐⇒ si =
2(1 − α)τ
Condition du 2nd ordre :
−2(1 − α)τ < 0
Puisque la situation est symétrique, s’il existe un EN, il est symétrique, c’est-à-dire s∗ = s∗i =
s∗−i . Il suffit de remplacer dans la fonction de réponse optimale :
s∗ D + (1 − s∗ )(1 − α)M − s∗ αM
s∗ =
2(1 − α)τ
∗
⇐⇒ s (2(1 − α)τ − D + M ) = (1 − α)M
(1 − α)M
⇐⇒ s∗ =
2(1 − α)τ + M − D
s∗ ∈ [0, 1] ?
1. s∗ ≥ 0 car (1 − α)M > 0 et 2(1 − α)τ + M − D > 0
2. Afin que s∗ ≤ 1, il faut que
(1 − α) 14 1−α
s∗ (α, τ ) = 1 = ∈ [0, 1]
2(1 − α)τ + 4
8τ (1 − α) + 1
8
On dérive par rapport à α :
∂s∗ (α, τ ) −(8τ (1 − α) + 1) − (1 − α)(−8τ )
=
∂α (8τ (1 − α) + 1)2
−8τ (1 − α) − 1 + 8τ (1 − α)
=
(8τ (1 − α) + 1)2
−1
= <0
(8τ (1 − α) + 1)2
Donc s∗ (α, τ ) décroissant en fonction de α. Ainsi, plus les participations croisées sont importantes,
moins les firmes investissent dans leur R&D.
1
1
s∗c = 4
1 = > s∗
2τ + 4
8τ + 1
Fin du Bertrand.
(1−α)M
On va comparer les deux situations : s∗ = 2(1−α)τ +M −D
et s∗c = M
2τ +M
Calculons la différence :
M (1 − α)M
s∗c − s∗ = −
2τ + M 2(1 − α)τ + M − D
M (2(1 − α)τ + M − D) − (1 − α)M (2τ + M )
=
(2τ + M )(2(1 − α)τ + M − D)
M (2(1 − α)τ + M − D − (1 − α)(2τ + M ))
=
(2τ + M )(2(1 − α)τ + M − D)
M (2(1 − α)τ + M − D − 2(1 − α)τ − (1 − α)M )
=
(2τ + M )(2(1 − α)τ + M − D)
M (αM − D)
=
(2τ + M ) (2(1 − α)τ + M − D)
| {z }| {z }
>0 >0
D
C’est > 0 ⇐⇒ αM − D > 0 ⇐⇒ α > M
.
Interprétation :
9
— Si les participations croisées sont faibles (α < M D
) : En concurrence (s∗ ), les firmes
sur-investissent pour voler des parts de marché. La coopération (s∗c ) sert alors à limiter
cette concurrence coûteuse (s∗c < s∗ ).
D
— Si les participations croisées sont fortes (α > M ) : Les firmes craignent la cannibalisation
(se nuire mutuellement via les parts détenues) et sous-investissent spontanément ("Monopole
paresseux"). Dans ce cas, la coopération formelle permet de relancer l’investissement pour
maximiser le profit joint (s∗c > s∗ ).
5 Brevet
Un brevet est un droit de propriété sur une innovation, et peut être vu comme une incitation,
car pas protégé =⇒ tout le monde peut me copier, donc je n’ai pas intérêt à investir en R&D.
Donc brevet est une incitation à investir en R&D. Les consommateurs payent toujours le même
prix alors que le coût de production baisse grâce à l’innovation.
Supposons qu’une firme soit protégée pendant k ∈ N périodes grâce à un brevet (k est la durée
de vie du brevet).
Le coût marginal du marché est c = 0.
x2
Après l’innovation, le coût passe à c − x où x = 2
≥ 0 est l’investissement en R&D.
La fonction de prix du marché est P (q) = max{0, a−q} où q ≥ 0 est la quantité totale produite,
et a > 0.
Voir dessin sur feuille.
Pendant k ∈ N ∪ {∞}, l’innovateur est protégé par un brevet.
Le profit intertemporel de la firme est :
k
δ t−1 πb (x) − C(x)
X
Π(k, x) =
t=1
1 − δk x2
= (a − c)x −
1−δ 2
La planification de l’innovateur est :
∞ ∞
δ t−1 (S̄ + πb (x)) + δ t−1 S(x) − C(x)
X X
B(k, x) =
t=1 t=k+1
k
1 δ x2
= (S̄ + πb (x)) + S(x) −
1−δ 1−δ 2
On a un modèle stratégique car c’est pas la même chose de fixer k ou k + 1.
Interaction stratégique entre le planificateur et l’innovateur : Étape 1 : Le planificateur choisit
une durée de brevet k ∈ N ∪ {∞}.
Étape 2 : L’innovateur observe parfaitement k ∈ N ∪ {∞} et choisit son investissement en R&D
x ≥ 0.
Dessin sur feuille.
Une stratégie pour P (le planificateur) est un choix k ∈ N ∪ {∞}.
Une stratégie pour I (l’innovateur) est une fonction :
x(·) : N ∪ {∞} → R+
k 7→ x(k)
10
Un ENPSJ est un couple (k ∗ , x∗ (·)) tel que :
∀k ∈ N ∪ {∞},
Π(k, x∗ (k)) ≥ Π(k, x′ ) ∀x′ ̸= x∗ (k)
et
B(k ∗ , x∗ (k ∗ )) ≥ B(k, x∗ (k)) ∀k ̸= k ∗
1 − δk x2
max Π(k, x) = max (a − c)x −
x≥0 x≥0 1−δ 2
Condition du 1er ordre :
1 − δk ∗ 1 − δk
(a − c) − x = 0 ⇐⇒ x (k) = (a − c)
1−δ 1−δ
x∗ (k) est croissant en k.
Programme du planificateur :
max B(k, x)
k∈N∪{∞}
S.C.x
= x∗ (k)
max B(k, x∗ (k))
k∈N∪{∞}
k
S̄ + x∗ (k)(a − c) (x∗ (k))2 δ − (1 − δ)
B(k, x∗ (k)) = ( )+ ·
1−δ 2 1− δ
k
S̄ 1 − δk (x ∗
(k)) 2 δ − (1 − δ)
= + (a − c)2 + ·
1 − δ (1 − δ)2 2 1−δ
Proposition : Si δ ∈ ]0, 21 [, la durée de vie optimale k ∗ du brevet est finie (i.e. k ∗ < ∞).
Preuve : Il suffit de montrer que B(1, x∗ (1)) > B(∞, x∗ (∞)) pour δ ∈ ]0, 21 [.
Calculons B(1, x∗ (1)) :
2
1−δ
S̄ 1−δ 1−δ
(a − c) (δ − (1 − δ))
B(1, x∗ (1)) = + (a − c) 2
+ ·
1 − δ (1 − δ)2 2 1−δ
S̄ (a − c)2 (a − c)2 (2δ − 1)
= + + ·
1−δ 1−δ 2 1−δ
!
2
S̄ (a − c) 2δ − 1
= + 1+
1−δ 1−δ 2
S̄ (a − c)2 1 + 2δ
= + ·
1−δ 1−δ 2
11
Calculons B(∞, x∗ (∞)) :
2
1
S̄ 1 1−δ
(a − c) (0 − (1 − δ))
B(∞, x∗ (∞)) = + (a − c)2 + ·
1−δ (1 − δ)2 2 1−δ
S̄ (a − c)2 (a − c)2
= + −
1−δ (1 − δ)2 2(1 − δ)2
S̄ (a − c)2 1
= + 1−
1−δ (1 − δ)2 2
2
S̄ (a − c)
= +
1−δ 2(1 − δ)2
S̄ (a − c)2 1 + 2δ S̄ (a − c)2
+ · > +
1−δ 1−δ 2 1 − δ 2(1 − δ)2
1
⇐⇒ (1 + 2δ) >
1−δ
⇐⇒ (1 + 2δ)(1 − δ) > 1
⇐⇒ 1 + 2δ − δ − 2δ 2 > 1
⇐⇒ δ − 2δ 2 > 0
⇐⇒ δ(1 − 2δ) > 0
Densité f (x)
Masse unitaire
Agents
0 1
Population [0, 1]
12
L’utilité de l’agent en position x ∈ [0, 1] est donnée par :
n(1 − x) − p si l’agent en position x adopte le bien
Ux (p, n) =
0 si l’agent en position x n’adopte pas le bien
où p ≥ 0 est le prix du bien, et n est la taille du réseau.
L’agent localisé en x s’abonne si et seulement si :
p
n(1 − x) − p ≥ 0 ⇐⇒ x ≤ 1 −
n
On cherche l’agent marginal localisé en x∗ tel que :
n(1 − x∗ ) = p =⇒ x∗ (1 − x∗ ) = p(x∗ )
= max x2 (1 − x)
x∈[0,1]
où λ = (λ1 , λ2 ).
p = (p1 , p2 ) → variables.
13
Les firmes cherchent à maximiser leur profit :
pi : [0, 1]2 → R+
(λ1 , λ2 ) 7→ pi (λ1 , λ2 )
— (pi (λ1 , λ2 ))i∈N est un EN dans le sous-jeu induit par (λ1 , λ2 ) (Oi → manager).
— (λ1 , λ2 ) est un EN entre les firmes (Πi → profits).
On commence par l’étape 2 :
Chaque manager cherche à maximiser son gain :
∂Oi (λ, p)
=0
∂pi
⇐⇒ (a + αyi − pi + βp−i ) − (pi − λi c) = 0
a + αyi + βp−i + λi c
⇐⇒ pi =
2
Prenons en compte l’hypothèse de rationalité des anticipations des consommateurs : yi = xi :
xi = (a + αxi ) − pi + βp−i
a − pi + βp−i
⇐⇒ xi =
1−α
On remplace dans la réponse optimale du manager :
a−pi +βp−i
a+α· 1−α
+ βp−i + λi c
pi =
2
⇐⇒ 2pi (1 − α) = a(1 − α) + α(a − pi + βp−i ) + (1 − α)βp−i + (1 − α)λi c
⇐⇒ 2pi (1 − α) = a − αpi + βp−i + (1 − α)λi c
⇐⇒ 2pi (1 − α) + αpi = a + βp−i + (1 − α)λi c
a + βp−i + (1 − α)λi c
⇐⇒ pi =
2(1 − α) + α
a + βp−i + (1 − α)λi c
⇐⇒ pi =
2−α
14
Par substitution, on trouve : ∀i ∈ N ,
a+βpi +(1−α)λ−i c
a+β 2−α
+ (1 − α)λi c
pi =
2−α
β(a + βpi + (1 − α)λ−i c)
⇐⇒ (2 − α)pi = a + + (1 − α)λi c
2−α
⇐⇒ (2 − α)2 pi = a(2 − α) + βa + β 2 pi + β(1 − α)λ−i c + (1 − α)(2 − α)λi c
où
x∗i (λ1 , λ2 ) = a + αx∗i (λ1 , λ2 ) − p∗i (λ1 , λ2 ) + βp∗−i (λ1 , λ2 )
⇐⇒ (1 − α)x∗i (λ1 , λ2 ) = a − p∗i (λ1 , λ2 ) + βp∗−i (λ1 , λ2 )
a c(βλ−i (1 − α) − λi ((2 − α) − β 2 ))
x∗i (λi , λ−i ) = +
2−α−β (2 − α)2 − β 2
Solution :
(a − (1 − β)c)(α2 − 2α + β 2 )
λ∗1 = λ∗2 = 1 +
(4 − 2β − β 2 − (2 − β)α)(1 − α)c
a
(a − (1 − β)c) est positif car c ≤ 1−β .
2
(4 − 2β − β − (2 − β)α) est positif car 0 < β < 1 et 0 < α < 1.
(1 − α)c est positif.
Le signe dépend de (α2 − 2α + β 2 ).
On fait le discriminant de ce polynôme :
∆ = 4 − 4β 2 = 4(1 − β 2 ) > 0
15
Positif sur ] − ∞, x1 ] ∪ [x2 , +∞[
Négatif sur ]x1 , x2 [
√
Le contrat optimal sera du type λ∗1 = λ∗2 < 1 si 1 > α > 1 − 1 − β2
Concept de solutions :
On cherche un équilibre de Cournot-Nash sous l’hypothèse qu’à l’équilibre, les consommateurs
anticipent parfaitement les quantités (taille du réseau) produites/vendues.
Si on veut, on peut lire KATZ & SHAPIRO, Network externalities, competition and compatibility,
AER 1985.
Chaque firme cherhche à maximiser son profit qui est donné par :
Πi (x, y) = (P (x, y) − c) xi
| {z }
profit unitaire
X X
= ((a + α yj ) − xj − c)xi
j∈N j∈N
∂Πi (x, y)
=0
∂xi
X X
⇐⇒ (a + α yj ) − 2xi − xj − c = 0
j∈N j̸=i
16
xc (α) est croissant en α ∈ [0, 1[.
Le profit associé à cet équilibre :
Πc = ((a + αnxc (α)) − nxc (α) − c)xc (α)
= ((a − c) + n(α − 1)xc (α))xc (α)
a−c a−c
= ((a − c) − n(1 − α) )
1 + n(1 − α) 1 + n(1 − α)
2
(a − c)
=
(1 + n(1 − α))2
Πc est croissant en α ∈ [0, 1[ le paramètres d’externalité, et décroissant en n le nombre de firmes.
m a + αxm − c
x =
2
⇐⇒ 2xm = a + αxm − c
a−c
⇐⇒ xm =
2−α
(a − c)2
=⇒ Πm =
(2 − α)2
Profit de chaque firme dans le cartel :
Πm (a − c)2
ΠCART EL = =
n n(2 − α)2
Par rapport à tout à l’heure, le n a moins d’impact que le α car n n’est pas au carré.
Interprétation :
ΠCART EL > Πc
(a − c)2 (a − c)2
⇐⇒ >
n(2 − α)2 (1 + n(1 − α))2
⇐⇒ (1 + n(1 − α))2 > n(2 − α)2
√
⇐⇒ 1 + n(1 − α) > n(2 − α)
√ √
⇐⇒ 1 + n − αn > 2 n − α n
√ √
⇐⇒ α( n − n) > 2 n − n − 1
√
2 n−n−1
⇐⇒ α < √
n−n
√
n−2 n+1
⇐⇒ α < √
n− n
17
√
( n − 1)2
⇐⇒ α < √ √
n( n − 1)
√
n−1
⇐⇒ α < √
n
1
⇐⇒ α < 1 − √
n
Donc si α est suffisamment petit, les firmes ont une incitation à former un cartel.
Interprétation économique :
Si les externalités sont faibles, les firmes ont intérêt à faire du cartel pour réduire la concurrence.
Si les externalités sont fortes, les firmes ont intérêt à se faire concurrence pour profiter des
externalités positives.
Exemple numérique :
n = 4,
1 1
1− √ =
4 2
Donc si α < 12 =⇒ cartel.
Et si α > 12 =⇒ concurrence.
n = 16,
1 3
1− √ =
16 4
Donc si α < 34 =⇒ cartel.
Et si α > 34 =⇒ concurrence.
1− √1
1 n y=1
0.75
(16, 34 )
(4, 12 )
0.5
n
1 4 16
18
On note xi ≥ 0 la taille du réseau de la firme i ∈ {1, 2} de sorte que x1 + x2 = n.
Trois possibilités :
1. Soit le marché est standardisé sur une technologie
x1 = (|{z} 0 ) ou x2 = (|{z}
n , |{z} 0 , |{z}
n )
x1 x2 x1 x2
xc = (n1 , n2 )
U2 (1) − U2 (0) = (1 − δ) − 0 = 1 − δ
Remarque :
— Si δ > 1, alors n1 ≥ 1−δ
2
puisque n1 > 0 et 1−δ
2
< 0. En conséquence, par la proposition 1,
la coexistence des technologies est l’unique EN.
— n1 = 0.3, n2 = 0.7, δ = 12 DEMANDER SUITE à PIERRE
19
Preuve : Prenons la situation xc = (n1 , n2 ) : un consommateur de type i n’a pas intérêt à
dévier ⇐⇒
ni ≥ n−i − δ
⇐⇒ ni + ni ≥ ni + n−i − δ
⇐⇒ 2ni ≥ 1 − δ
1−δ
⇐⇒ ni ≥
2
— Si δ > 1, xc est le seul EN.
— Si δ < 1, x1 et x2 sont des EN.
— Si δ < 1 et ni ≥ 1−δ
2
, alors xc , x1 et x2 sont des EN.
Optimum Social : La fonction de bien-être naturelle est la fonction de Bentham qui somme les
utilités des agents :
B :[0, 1]2 → R
2
X
(x1 , x2 ) 7→ B(x1 , x2 ) = ni Ui (xi ) = n1 U1 (x1 ) + (1 − n1 )U2 (x2 )
i=1
Standardisation :
B(1, 0) = n1 · 1 + (1 − n1 )(1 − δ) = 1 − (1 − n1 )δ
B(0, 1) = n1 (1 − δ) + (1 − n1 ) · 1 = 1 − n1 δ
Coexistence :
B(n1 , n2 ) = n21 + (1 − n1 )2
Proposition 1
B(1, 0) > B(0, 1) ⇐⇒ n1 > n2
⇐⇒ n1 > 1 − n1
⇐⇒ 2n1 > 1
1
⇐⇒ n1 >
2
Preuve
B(1, 0) > B(0, 1) ⇐⇒ 1 − (1 − n1 )δ > 1 − n1 δ
⇐⇒ n1 δ > (1 − n1 )δ
⇐⇒ n1 > 1 − n1
⇐⇒ 2n1 > 1
1
⇐⇒ n1 >
2
20
Preuve :
(ni )2 + (n−i )2 > ni + n−i − δn−i
⇐⇒ (ni )2 + (n−i )2 > 1 − δn−i
1 − (ni )2 − (n−i )2
⇐⇒ δ >
n−i
1 − ni − (1 − ni )2
2
⇐⇒ δ >
1 − ni
1 − ni − 1 + 2ni − n2i
2
⇐⇒ δ >
1 − ni
2ni − 2n2i
⇐⇒ δ >
1 − ni
1 − ni
⇐⇒ δ > 2ni ·
1 − ni
⇐⇒ δ > 2ni
10 Optimisation VS Evolution
Si on a plusieurs équilibres, lequel va-t-on choisir ?
En ajoutant des critères tels que Bentham par exemple.
Une première justification de l’EN est une justification cognitive qui essaye de spécifier les
anticipations que les agents doivent formuler pour parvenir à se coordonner sur un EN, ce sont
des anticipations croisées.
La deuxième justification est comportementale et ne nécessite pas de supposer que les participants
du jeu ont une capacité à faire des raisonnements complexes (i.e. une infinité d’anticipations). Ils
accumulent une expérience sur les conséquence de leurs actions et vont comparer les avantages
relatifs des différentes actions en fonction de leur expérience, ce qui suppose une répétition du
jeu.
21
verrouillé (lock-in) cette trajectoire.
Si on rajoute l’effet de réseau, on peut expliquer la persistance du QWERTY.
On n’a pas choisi la meilleure technologie au début mais elle est devenue la meilleure technologie
à cause de l’effet de réseau.
P. David (1985, AER).
Un autre exemple est pourquoi on conduit à droite en France et à gauche en Angleterre ?
Comment faire pour transposer cette histoire dans un modèle microéconomique ?
(L’histoire économique est un domaine de l’économie aussi)
10.2 Le Modèle
On veut un modèle d’évolution des technologies qui dérive les trajectoires de ces technologies
dans le temps.
Supposons qu’à l’origine de la compétition technologique, n ≥ 2 technologies sont en concurrence.
n
Le vecteur x = (x1 , x2 , . . . , xn ) où ∀i ∈ {1, . . . , n}, xi ≥ 0 et
P
xi = 1 représente la distribution
i=1
des technologies dans la population étudiée.
On propose un système d’équations différentielles f tel que :
1. f a un effet sur x.
2. f est bénéfique pour les technologies dont l’adaptation à l’environnement économique
(mesuré par l’utilité qu’elles procurent aux adoptants) est supérieure à l’adaptation
moyenne dans la population.
3. la relation fonctionnelle n’est pas le résultat d’un calcul rationnel des agents.
4. f décrit les causalités circulaires dans le sens où la sélection des technologies (trajectoires
technologiques) opèrent lentement.
Si un agent du type i interagit avec un agent du type i, une externalité positive se matérialise,
elle vaut ei > 0.
Le coût d’adoption de la technologie i est ci > 0.
On suppose que ei − ci > 0.
a\b 1 2
22
Deux EN : (1, 1) et (2, 2).
On est donc en présence d’un jeu de coordination (on a intérêt à jouer la même chose).
Hypothèse : c1 > c2 mais e1 − c1 > e2 − c2 . Donc (1, 1) Pareto-domine (2, 2).
De manière générale, le jeu précédent est du type suivant :
k\l 1 2
1 (a, a) (b, c)
2 (c, b) (d, d)
k\l 1 2
∂E(u(1, x))
=⇒ =a−b>0
∂x1
(a − b) est l’effet du réseau 1 sur un agent de type 1.
De même, l’utilité espérée d’un agent de type 2 est :
E(u(2, x)) = x2 d + (1 − x2 )c
= x2 (d − c) +c
| {z }
>0
23
∂E(u(2, x))
=⇒ =d−c>0
∂x2
(d − c) est l’effet du réseau 2 sur un agent de type 2.
Si
E(u(1, x)) = E(u(2, x)) ⇐⇒ x1 (a − b) + b = x2 (d − c) + c
⇐⇒ x1 (a − b) + b = (1 − x1 )(d − c) + c
⇐⇒ x1 (a − b) + b = (d − c) + c − x1 (d − c)
⇐⇒ x1 ((a − b) + (d − c)) = d − c + c − b
d−b
⇐⇒ x1 = ∈ ]0, 1[
(a − b) + (d − c)
1−(−2)
Si on reprend l’exemple numérique, on trouve x1 = (3−(−2))+(1−(−1))
= 37 .
Trois situations d’équilibre :
d−b
x1 = 1, x1 = (a−b)+(d−c) , x1 = 0.
Si x1 = 1 le marché est verrouillé sur la technologie 1.
Si x1 = 0 le marché est verrouillé sur la technologie 2.
d−b
Si x1 = (a−b)+(d−c) , les deux technologies coexistent.
Etant donné un profil x, l’utilité espérée moyenne dans la population est :
Equation d’évolution :
24
Taux de variation :
xt+τ
i − xti xt (1 + τ E(u(i, xt ))) − xti (1 + τ E(u(xt )))
= i
τ τ (1 + τ E(u(xt )))
xi (E(u(i, x )) − E(u(xt )))
t t
=
1 + τ E(u(xt ))
xt+τ − xti dxt
=⇒ lim i =: i = ẋi = xti (E(u(i, xt )) − E(u(xt )))
τ →0 τ dt
Remarque :
— E(u(i, xt )) > E(u(xt )) =⇒ ẋi > 0 pour xti > 0.
— xti = 0 =⇒ ẋi = 0.
Un point de repos de la dynamique est un profil x tel que ẋi = 0, ∀i ∈ {1, 2}.
On a :
E(u(i, x)) > E(u(x)) ⇐⇒ E(u(i, x)) > xi E(u(i, x)) + (1 − xi )E(u(−i, x))
⇐⇒ (1 − xi )E(u(i, x)) > (1 − xi )E(u(−i, x))
⇐⇒ E(u(i, x)) > E(u(−i, x))
25