Cours Descriptive Univari-E
Cours Descriptive Univari-E
Considérons une population P de taille N , P = {1, . . . , N }, sur laquelle on étudie une variable
X. Nous nous restreignons dans ce chapitre au cas des variables quantitative.
Nous disposons donc d’une série statistique univariée à laquelle nous souhaitons associer des
paramètres qui synthétisent (réduisent) l’information. Ils sont essentiellement de trois types :
• les paramètres de position,
• les paramètres de dispersion,
• les paramètres de forme.
Rappelons les notations introduites pour la série statistique.
• Les individus sont numérotés de sorte à ce que les valeurs de la variable X soient crois-
santes. On a alors, la série sous forme brute :
X(1) ≤ · · · ≤ X(N ).
• Si la variable X est quantitative discrète, on regroupe la série selon les valeurs prises par
X en ordre croissant :
x1 < · · · < xp .
• Si la variable X est quantitative continue, on regroupe la série selon les classes de X,
naturellement ordonnées :
[a0 , a1 [, . . . , [ap−1 , ap ].
Pour i ∈ {1, . . . , p}, on note xi = ai−12+ai le centre de la classe [ai−1 , ai [. Rappelons que
lors du regroupement en classes, on perd l’information de la répartition à l’intérieure
des classes. Dans les calculs de paramètres ci-dessous, on approchera les valeurs de la
classes par son centre, et on obtiendra donc des paramètres approchés pour les variables
continues.
Les exemples que nous donnons dans ce chapitre reprennent les données de l’exemple 2.2 (ordi-
nateurs) pour le cas des variables discrètes. Pour rappel, nous avions obtenu le tableau suivant :
21
Chapitre 3. Statistique descriptive univariée
Dans le cas des variables continues, nous utilisons les données de l’exemple 2.3 (moyennes CC) :
Moyenne CC [0, 4[ [4, 8[ [8, 12[ [12, 16[ [16, 20] Total
Effectif 1 4 12 12 7 36
Fréquence 0.0278 0.1111 0.3333 0.3333 0.1944 1
Fréquence cumulée croissante 0.0278 0.1389 0.4722 0.8056 1 pas de sens
Fréquence cumulée décroissante 1 0.9722 0.8611 0.5278 0.1944 pas de sens
3.1.1 Le mode
Le mode contient l’information des valeurs où les données sont les plus “concentrées”.
Définition 3.1.
• Si la variable X est discrète, son mode est la ou les valeurs de la variable correspondant
à la fréquence maximale.
• Si la variable X est continue, sa classe modale, est la ou les classes de densité de proportion
maximale.
Exemple.
• Ordinateurs. Le mode est égal à 2.
• Moyennes CC. Il y a deux classes modales qui sont les classes [8, 12[ et [12, 16[.
Remarque. Si X est discrète, une valeur de fréquence maximale est une valeur d’effectif maximal.
Cette correspondance n’a pas lieu si X est continue car la densité de proportion tient compte
de l’amplitude de la classe.
Définition 3.2.
• Si X est discrète, la moyenne arithmétique, notée x̄, est la somme des valeurs pondérée
par les fréquences :
p p
X 1 X
x̄ = fi xi = ni xi .
N
i=1 i=1
À partir des données brutes, la moyenne arithmétique est le quotient de la somme des
valeurs associées à chaque individu par la taille de la population :
N
1 X
x̄ = X(u).
N
u=1
22
Chapitre 3. Statistique descriptive univariée
1
x̄ = 300 × 0 + 876 × 1 + 1235 × 2 + 984 × 3 + 225 × 4 + 154 × 5 = 2.11,
3774
ou de manière équivalente :
x̄ = 0.08 × 0 + 0.23 × 1 + 0.33 × 2 + 0.26 × 3 + 0.06 × 4 + 0.04 × 5 = 2.11.
• Moyennes CC. La variable étant continue, il faut considérer les centres des classes pour
obtenir :
1
x̄ = 2 × 1 + 6 × 4 + 10 × 12 + 14 × 12 + 18 × 7 = 12.22,
36
ou de manière équivalente :
x̄ = 2 × 0.0278 + 6 × 0.1111 + 10 × 0.3333 + 14 × 0.3333 + 18 × 0.1944 = 12.22,
La moyenne possède une propriété intéressante vis-à-vis des changements de variables affines.
Précisément :
comme souhaité.
23
Chapitre 3. Statistique descriptive univariée
Définition 3.3. Supposons que la variable X soit discrète. La médiane m est un nombre tel
qu’au moins la moitié de l’effectif de la série soit inférieur ou égal à m et au moins la moitié de
l’effectif de la série soit supérieur ou égal à m.
• si N est impair, N = 2P + 1, la série sous forme brute classée est :
Tout nombre de l’intervalle [X(P ), X(P + 1)] convient. Il existe différentes conventions,
telles que X(P )+X(P
2
+1)
ou X(P ).
Dans le contexte de ce cours, nous fixons la médiane comme étant égale à X(P ).
Avec cette convention, la médiane dans le cas où N est pair ou impair satisfait à la définition
suivante :
1
m = min xi | i ∈ {1, . . . , p}, φi ≥ .
2
Remarque. La médiane possède une unité : celle des valeurs de X.
Définition 3.4. Supposons que la variable X soit continue. La classe médiane est telle que
au moins la moitié de l’effectif appartienne aux classes “inférieures ou égales” à cette classe et
au moins la moitié appartienne aux classes “supérieures ou égales” à cette classe. De manière
analogue au cas discret, il est plus aisé d’avoir une définition qui donne un nombre que l’on
puisse calculer. On introduit donc la définition suivante.
La médiane d’une variable continue X, notée m, est la plus petite solution de l’équation,
1
FX (x) = , (3.1)
2
où FX est la fonction de répartition empirique de X. Autrement dit,
1
m = min x ∈ [a0 , ap ] FX (x) = .
2
Remarque. Comme X est continue, d’après la proposition 2.1, sa fonction de répartition empi-
rique FX est continue. Donc FX vérifie le théorème des valeurs intermédiaires, ce qui montre que
l’équation (3.1) admet toujours au moins une solution. Comme l’intervalle [a0 , ap ] est compact,
la solution est unique.
24
Chapitre 3. Statistique descriptive univariée
1 φi − φi0 −1
= FX (m) = φi0 −1 + di0 (m − ai0 −1 ) = φi0 −1 + 0 (m − ai0 −1 )
2 ai0 − ai0 −1
• Si la variable X est continue, le quantile d’ordre r, noté Qr , est la plus petite solution de
l’équation FX (x) = r, où FX est la fonction de répartition empirique de X :
Remarque.
1. Comme la médiane, les quantiles possèdent une unité : celle des valeurs de X.
2. En prenant r = 1/2, on retrouve la définition de la médiane, donc m = Q 1 .
2
Définition 3.6.
• Pour tout n ∈ {1, . . . , 99}, le n-ième centile est Q 100
n , le quantile d’ordre n/100.
• Pour tout n ∈ {1, . . . , 9}, le n-ième décile est Q 10 , le quantile d’ordre n/10. Les déciles
n
Remarque. La médiane est également le 50-ième centile et le second quartile. De même, les
premier et troisième quartiles sont respectivement les 25-ième et 75-ième centiles.
Propriété 3.2. Le quantile d’ordre r d’une variable continue X satisfait à l’égalité suivante :
ai0 − ai0 −1
Qr = ai0 −1 + (r − φi0 −1 ), (3.2)
φi0 − φi0 −1
25
Chapitre 3. Statistique descriptive univariée
Remarque. La médiane est plus robuste que la moyenne : une ou plusieurs données erronées ne
font pratiquement pas, voire pas du tout, changer la médiane, alors qu’elles peuvent affecter
considérablement la moyenne.
Exemple. Pour le calcul des quantiles, on regarde les fréquences cumulées croissantes.
• Ordinateurs. On obtient,
m = 2, q1 = 1, q3 = 3, d1 = 1, d9 = 4, Q 1 = 0, Q 99 = 5.
100 100
4 1
m = 12 + − 0.4722 = 12.34
0.8056 − 0.4722 2
4 1
q1 =8+ − 0.1389 = 9.33
0.4722 − 0.1389 4
4 3
q3 = 12 + − 0.4722 = 15.34
0.8056 − 0.4722 4
4 1
d1 =4+ − 0.0278 = 6.60
0.1389 − 0.0278 10
4 9
d9 = 16 + − 0.8056 = 17.94.
1 − 0.8056 10
Les trois paramètres de tendance centrale que sont le mode, la moyenne (arithmétique) et la
médiane possèdent un certain nombre de propriétés en commun. Elles sont définies de façon
objective : à partir des mêmes données, des personnes différentes aboutissent aux mêmes résultats
numériques. Elles s’expriment dans la même unité que celle de la valeur de la variable. Elles
peuvent être interprétées de façon facile et immédiate. Elles sont simples à calculer.
La moyenne (arithmétique) possède une propriété supplémentaire importante : sa valeur dépend
de toutes les observations retenues (si on fait varier une des valeurs observées, la moyenne sera
toujours modifiée au contraire du mode et de la médiane qui peuvent rester inchangées). C’est
essentiellement pour cette raison que la moyenne, qui est plus longue à calculer que le mode ou
la médiane, est considérée comme le principal paramètre de tendance centrale.
Il existe des types de moyennes autres que la moyenne arithmétique. Leur utilité sera vue en
exercice. Comme précédemment, si la variable est continue, on prendra comme valeurs de la série
les centres des classes. Strictement parlant, il s’agit dans ce cas d’approximation des moyennes.
Définition 3.7.
1. La moyenne géométrique d’une variable X est :
n 1/N
G = xn1 1 × xn2 2 × · · · × xp p .
26
Chapitre 3. Statistique descriptive univariée
1 Pp
Remarque. On a, ln(G) = N i=1 ni ln(xi ).
Rappelons qu’avec nos conventions, la plus petite valeur de la série est X(1) et la plus grande
est X(N ).
Définition 3.8. L’étendue de la série, notée δe , est la longueur du segment [X(1), X(N )] :
δe = X(N ) − X(1).
Remarque.
1. L’étendue possède une unité : celle des valeurs de X.
2. L’étendue n’est pas très informative car elle ne tient pas compte de la répartition des
données dans le segment [X(1), X(N )].
Définition 3.9. L’intervalle inter-quartile est le segment [q1 , q3 ]. Il contient la moitié « centrale »
des données de la série. La distance inter-quartile, notée δq , est la longueur de l’intervalle inter-
quartile :
δ q = q3 − q1 .
Remarque.
1. La distance inter-quartile possède une unité : celle des valeurs de X.
2. La distance inter-quartile est plus précise que l’étendue car elle ne tient compte que de
des données « proches » de la médiane en un certain sens.
Définition 3.10. Si X est discrète (respectivement continue), sa variance, notée Var(X), est
la moyenne des écarts quadratiques des valeurs (respectivement des centres des classes) de X à
sa moyenne :
p p
X
2 1 X
Var(X) = fi (xi − x̄) = ni (xi − x̄)2 .
N
i=1 i=1
27
Chapitre 3. Statistique descriptive univariée
Remarque.
1. La variance n’a pas la même unité que les valeurs de X, mais celle de leur carré.
2. Lorsque la variable est discrète, avec les données brutes, la variance de X est le quotient
de la somme des distances quadratiques à la moyenne des valeurs associées à chaque
individu par la taille de la population :
N
1 X 2
Var(X) = X(u) − x̄ .
N
u=1
Démonstration. Montrons la première égalité, les deux autres étant simplement des réécritures.
Il s’agit d’utiliser une identité remarquable :
p
X p
X
Var(X) = fi (xi − x̄)2 = fi (x2i − 2xi x̄ + x̄2 )
i=1 i=1
p
X p
X p
X
= fi x2i − 2x̄ fi xi + x̄ 2
fi
i=1 i=1 i=1
Xp
= fi x2i − 2x̄(x̄) + x̄2 (1),
i=1
Exemple 3.1.
• Ordinateurs. On utilise la proposition précédente :
1
Var(X) = 300 × 02 + 876 × 12 + 1235 × 22 + 984 × 32 + 225 × 42 + 154 × 52 − 2.112
3774
= 1.40
ou de manière équivalente :
Var(X) = 0.08 × 02 + 0.23 × 12 + 0.33 × 22 + 0.26 × 32 + 0.06 × 42 + 0.04 × 52 − 2.112
= 1.40.
• Moyennes CC. La variable étant continue, il faut considérer les centres des classes pour
obtenir :
1 2
Var(X) = 2 × 1 + 62 × 4 + 102 × 12 + 142 × 12 + 182 × 7 − 12.222 = 16.39,
36
ou de manière équivalente :
Var(X) = 22 × 0.0278 + 62 × 0.1111 + 102 × 0.3333 + 142 × 0.3333 + 182 × 0.1944 − 12.222
= 16.39,
28
Chapitre 3. Statistique descriptive univariée
Comme somme de carrés, la variance est un nombre positif. C’est un bon indicateur de dispersion
des données car la variance s’annule si et seulement si toutes les observations effectuées sont :
— identiques si X est discrète ;
— dans la même classe si X est continue.
Précisément, on a le résultat suivant :
Théorème 3.1. La variance de X s’annule si et seulement si :
Auquel cas, un tel i0 est unique, donc toutes les observations sont identiques (respectivement
dans la même classe) si X est discrète (respectivement continue).
Définition
p 3.11. L’écart-type de X, noté σX , est la racine carrée de la variance : σX =
Var(X).
Remarque. L’écart-type est également un bon indicateur de dispersion car il vérifie la propriété
du théorème 3.1. Mais de plus, l’écart-type a la même unité que les valeurs de X.
Exemple. Grâce aux calculs de l’exemple 3.1, on obtient directement σX = 1.18 pour le nombre
d’ordinateur et σX = 4.05 pour les notes.
29
Chapitre 3. Statistique descriptive univariée
Reste donc à montrer l’égalité sur les variances. Pour ce faire, on écrit :
p
X
Var(Y ) = fi (yi − ȳ)2 ,
i=1
comme escompté.
La boîte à moustaches, ou “box plot” en anglais, est une représentation graphique mettant en
exergue certains des paramètres de position et de dispersion précédents. Elle permet de visualiser
sommairement la répartition des données de la série statistique et les données “extrêmes”. Elle
est constituée :
• d’un diagramme en boîte : un rectangle de bornes q1 , q3 coupé au niveau de la médiane
m et éventuellement également au niveau de la moyenne x̄ (alors signifié en pointillés) ;
• de moustaches : deux segments joignant q1 à X(1) pour l’un et q3 à X(N ) pour l’autre.
La figure 3.1 représente l’allure générale d’une telle représentation.
de
dq
xm q1 m xb q3 xM
Remarque. Il existe des variantes sur les bornes des moustaches. Plutôt que de les faire aller
jusqu’à X(1), X(N ), on peut les faire aller jusqu’aux premier et neuvième déciles, ou aux
cinquième et 95-ième centiles, ou aux premier et 99-ième centiles, etc. On appelle alors outliers
les données à l’extérieur des moustaches.
30
Chapitre 3. Statistique descriptive univariée
Définition 3.12. Une variable X est dite centrée si elle est de moyenne arithmétique nulle. Elle
est dite réduite si elle est de variance égale à 1.
Propriété 3.4. Soit X une variable, et Y la variable définie par,
X − x̄
Y = .
σX
Alors, la variable Y est centrée et réduite. Elle est appelée la variable centrée-réduite associée à
la variable X.
Quand on transforme une variable en la variable centrée réduite associée, on retire à cette
variable toute l’information concernant son échelle ou unité, et sa localisation. Il ne reste plus
que des informations sur la forme de la distribution. Cette transformation permet de comparer
plusieurs variables sur le plan de la forme, même si ce sont des variables exprimées dans des
échelles différentes ou qui ont des moyennes complètement différentes.
Définition 3.13.
1. On appelle moment à l’origine d’ordre r ∈ N le paramètre
p p
X 1 X
m0r = fi · xri = ni · xri .
N
i=1 i=1
31
Chapitre 3. Statistique descriptive univariée
Une distribution est parfaitement symétrique, si les valeurs qu’elle prend sont également disper-
sées de part et d’autre de la moyenne. Dans ce cas, son mode, sa moyenne et sa médiane sont
confondues, ses quartiles q1 et q3 , ses déciles d1 et d9 sont équidistants de la valeur centrale, et
son histogramme admet un axe de symétrie (symétrie par rapport à la valeur de la moyenne).
Ce n’est pas le cas pour les distributions asymétriques ou obliques. On peut mesurer l’asymétrie
d’une distribution au moyen du moment centré d’ordre 3 :
• Moyennes CC. En rappelant que x̄ = 12.22, σX = 4.05, et en utilisant les données (la
variable étant continue, il faut considérer les centres des classes), on obtient :
1 1
γ1 = (2 − 12.22)3 × 1 + (6 − 12.22)3 × 4 + (10 − 12.22)3 × 12
4.053 36
+ (14 − 12.22)3 × 12 + (18 − 12.22)3 × 7 = −0.31.
L’aplatissement (ou kurtosis en anglais) est mesuré à l’aide du moment centré d’ordre 4 :
Définition 3.15.
1. Le coefficient d’aplatissement de Pearson est la quantité suivante :
Pp p 4
− x̄i )4
m4 i=1 fi (xi
X xi − x̄i
β2 = 4 = 4 = fi .
σX σX σX
i=1
32
Chapitre 3. Statistique descriptive univariée
1 1
γ2 = 300 × (0 − 2.11)4 + 876 × (1 − 2.11)4 + 1235 × (2 − 2.11)4 )
1.184 3774
+ 984 × (3 − 2.11)4 + 225 × (4 − 2.11)4 + 154 × (5 − 2.11)4 − 3 = −0.11.
• Moyennes CC. En rappelant que x̄ = 12.22, σX = 4.05, et en utilisant les données (la
variable étant continue, il faut considérer les centres des classes), on obtient :
1 1
γ2 = (2 − 12.22)4 × 1 + (6 − 12.22)4 × 4 + (10 − 12.22)4 × 12
4.054 36
+ (14 − 12.22)4 × 12 + (18 − 12.22)4 × 7 − 3 = −0.40.
On dispose d’observations d’une variable décrivant une quantité correspondant à une richesse,
par exemple le chiffre d’affaires, le patrimoine, les salaires. Il est donc naturel de supposer les
données positives, ce qui implique en particulier que x̄ > 0.
On se pose alors des questions sur la répartition égalitaire ou non de ces richesses : les salaires
sont-ils répartis de manière égalitaire ? Le chiffre d’affaire des entreprises d’un secteur est-il
concentré entre les mains d’une poignée d’entreprises au détriment de toutes les autres ? Quelle
fortune représentent les 3% de familles les plus riches de France ?
Définition 3.16.
1. On appelle masses cumulées de la variable X les quantités définies, pour 1 ≤ i ≤ p, par :
i
X
nj xj .
j=1
33
Chapitre 3. Statistique descriptive univariée
4. On appelle courbe de concentration de Lorenz la ligne polygonale qui joint les points O
et P1 , · · · , Pp définis par leurs coordonnées :
O = (0, 0), P1 = (φ1 , M1 ), P2 = (φ2 , M2 ), · · · , Pp = (φp , Mp ) = (1, 1), (3.4)
où on rappelle que les (φi )i∈{1,··· ,p} sont les fréquences cumulées croissantes.
Propriété 3.5. Pour tout i ∈ {1, . . . , p} on a, 0 ≤ Mi ≤ 1. De plus, la courbe de concentration
de Lorenz est toujours située sous la droite d’équation y = x.
Démonstration. La première partie est une conséquence du fait que les données soient supposées
positives. Pour démontrer la seconde partie, il suffit de voir que, pour tout i ∈ {1, · · · , p},
Mi ≤ φi . On rappelle que,
Pi i
j=1 nj xj nj
X
Mi = et φi = .
N x̄ N
j=1
Or,
i
X p
X
nj (xj − x̄) ≤ nj (xj − x̄), car les termes que l’on rajoute sont positifs
j=i0 +1 j=i0 +1
p
X i0
X
= nj (xj − x̄) − nj (xj − x̄)
j=1 j=1
p
X i0
X
= nj (xj − x̄) + nj (x̄ − xj )
j=1 j=1
i0
X
= nj (x̄ − xj ),
j=1
34
Chapitre 3. Statistique descriptive univariée
Afin de tracer la courbe de Lorenz, il faut calculer les fréquences cumulées ainsi que les masses
cumulées relatives. On obtient le tableau suivant :
35
Chapitre 3. Statistique descriptive univariée
Remarque. On a toujours 0 ≤ IG ≤ 1. Plus IG est élevé, plus la série est inégalitaire, car la courbe
de Lorenz est d’autant plus éloignée de la diagonale. Cependant, IG donne moins d’information
que la courbe étant donné qu’il représente l’aire sous la courbe et non pas la courbe elle-même.
Démonstration. Pour calculer l’indice de Gini, on utilise la méthode des trapèzes. On observe
que la surface S est égal à l’aire du triangle dont les sommets sont (0, 0), (0, 1), (1, 1), soit
1
2 , à laquelle il faut retrancher l’aire A comprise entre la courbe de Lorenz et l’axe des abs-
cisses. Cette aire A n’est autre que la somme des aires des trapèzes dont les sommets sont
(φi−1 , 0), (φi−1 , Mi−1 ), (φi , Mi ), (φi , 0) pour i ∈ {1, · · · , p} (avec la convention φ0 = M0 = 0).
On rappelle que l’aire d’un trapèze se calcule de la façon suivante :
petite base + grande base
× hauteur,
2
ce qui donne :
p
X Mi−1 + Mi
IG = 2S = 2(0.5 − A) = 1 − 2A = 1 − 2 × (φi − φi−1 )
2
i=1
p
X p
X
=1− (Mi−1 + Mi ) × (φi − φi−1 ) = 1 − (Mi−1 + Mi ) × fi .
i=1 i=1
36