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Expose Compta

Le document présente les opérations de crédit bancaire, en détaillant le processus d'octroi, la comptabilisation et la gestion des crédits. Il aborde les différentes étapes, de la demande de crédit à la mise en place et au suivi des crédits, tout en soulignant l'importance de la gestion des risques et des garanties. La structure du document inclut une introduction, des sections sur le crédit par caisse et la vie du crédit, ainsi que des aspects comptables liés aux opérations de crédit.

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UNIVERSITE CATHOLIQUE D’AFRIQUE CENTRALE

INSTITUT CATHOLIQUE DE YAOUNDE

FACULTE DES SCIENCES SOCIALES ET DE GESTION

COMPTABILITE BANCAIRE

OPERATIONS DE CREDIT

Membres du groupe 4 :

 MOTTO BEKOLO Francis (Chef)


 YANGO EKANE Marc Adrien
 BIDJOGO MESSANGA Karelle Maeva
 EDZOA ZAMEYO Jean Bernard Nathan
 AVA MBIDA Boris

Sous la coordination de : M. DONOU

Année académique : 2025-2026


UCAC/ICY/FSSG LEG 3 Année académique : 2025-2026

TABLE DES MATIERES


INTRODUCTION...........................................................................................3
PREMIERE PARTIE : LE CREDIT PAR CAISSE................................................4
I- LE PROCESSUS D’OCTROI DU CREDIT.................................................4
1. La demande de crédit...........................................................................4
2. L’analyse du dossier............................................................................5
3. La décision d’octroi.............................................................................6
4. La formalisation du contrat de crédit........................................................6
5. La mise en place du crédit.....................................................................7
6. Le suivi et le contrôle du crédit...............................................................7
II – COMPTABVILISATION ET MISE EN PLACE DU CREDIT........................8
1- Comptabilisation.................................................................................8
2- Déblocage des fonds............................................................................9
DEUXIEME PARTIE : LA VIE DU CREDIT.....................................................12
I- GESTION DU CREDIT AVEC DIFFERES DES INTERETS........................12
1- La gestion différée de crédit partielle......................................................12
2- La gestion de crédit différé total............................................................14
II- GESTION DU CREDIT SANS INCIDENCE DE PAIEMENT....................17
III- GESTION DU CREDIT AVEC REETARD DANS LE REMBOURSEMENT 19
IV- GESTION DES IMPAYES DU CREDIT.................................................21
V- CREANCES EN SOUFFRANCE : DOTATIONS AUX PROVISIONS ET
REPRISES SOUS PROVISIONS...................................................................24
1. CATÉGORIES DE CRÉANCES EN SOUFFRANCE................................25
2. RÈGLES DE PROVISIONNEMENT.....................................................27

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INTRODUCTION

Le crédit bancaire est une opération par laquelle une banque ou un établissement financier
met à la disposition d’un client ou d’un membre une somme d’argent remboursable à une
échéance convenue moyennant le paiement d’intérêt. Les opérations de crédit ont une
importance capitale car celles-ci représentent l’actif principal du bilan d’une banque (créances
sur la clientèle), la principale source de revenus de la banque (intérêts perçus) et permettent
aussi de financer les investissements afin de permettre le développement économique. Aussi,
le crédit bancaire présente la caractéristique d’être hautement risquée d’où sa réglementation
stricte. De plus, on distingue plusieurs formes de crédits bancaires selon plusieurs aspects.
Selon la durée, nous avons les crédits à court terme ou à moins d’un an (découvert bancaire,
escompte commercial), les crédits à moyen terme avec une échéance comprise entre 1 et 5 ans
(crédit d’investissement, crédit-bail) et les crédits à long terme avec une échéance supérieure
à 5 ans (crédit immobilier, prêts hypothécaires). Selon la clientèle, nous avons les crédits aux
particuliers, les crédits aux entreprises et les crédits interbancaires. Selon le champ
géographique aussi, nous avons les crédits internes et les crédits internationaux. Il est donc
crucial pour nous d’apporter des détails détaillés par rapport à la notion de crédit bancaire.
Ainsi, avant de vous parler de la vie du crédit (gestion du crédit avec différés des intérêts,
gestion du crédit sans incidence de paiement, gestion du crédit avec retard dans le
remboursement, gestion des impayés du crédit, dotations aux provisions et reprises sous
provisions), nous vous édifierons sur le processus d’octroi du crédit et la comptabilisation du
crédit.

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PREMIERE PARTIE : LE CREDIT PAR CAISSE


I- LE PROCESSUS D’OCTROI DU CREDIT

Dans le système bancaire, l’octroi d’un crédit constitue un acte majeur qui engage à la fois la
responsabilité financière et juridique de l’établissement prêteur. Il ne s’agit pas d’une simple
transaction, mais d’une décision d’investissement de la part de la banque, qui doit s’assurer de
la rentabilité du prêt tout en maîtrisant le risque de non-remboursement.

Les crédits par caisse regroupent l’ensemble des avances de fonds qu’une banque accorde
directement à ses clients sur leurs comptes courants ou sous forme de facilités de trésorerie.
Ils constituent une forme de financement à court terme, souvent utilisée pour combler un
besoin temporaire de liquidité (décalage de trésorerie, paiement de fournisseurs, avance sur
factures, etc.).

1. La demande de crédit

Le processus d’octroi d’un crédit débute toujours par la demande formelle de financement
présentée par le client à sa banque. Cette étape constitue la porte d’entrée de la relation de
crédit, car c’est à ce moment que l’établissement financier prend connaissance du besoin
exprimé, de son objet et de la situation du demandeur. La demande peut être formulée par un
particulier, une entreprise commerciale, une association, ou tout autre agent économique. Elle
doit être claire, complète et justifiée, car elle servira de base à l’instruction du dossier.
Généralement, cette demande est matérialisée par une lettre de demande de crédit ou par le
remplissage d’un formulaire standardisé fourni par la banque.

Le client y précise :

- Le montant du crédit sollicité, en cohérence avec le besoin réel de financement.

- La durée du crédit, qui détermine la nature du prêt (court, moyen ou long terme).

- L’objectif du financement, c’est-à-dire la raison de la demande (besoin de trésorerie,


acquisition d’un équipement, financement d’exploitation, etc.).

- Les garanties offertes, pouvant être réelles (hypothèque, nantissement, gage) ou


personnelles (caution d’un tiers).

- Les informations financières sur sa situation (revenus, relevés bancaires, états


financiers, plan de trésorerie, etc.).

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Pour les particuliers, le dossier comprend souvent des justificatifs de revenus et d’identité.
Pour les entreprises, il s’agit d’un dossier plus complet incluant les bilans, comptes de
résultat, plan de financement et documents juridiques (statuts, registre de commerce, etc.).

2. L’analyse du dossier

Une fois le dossier constitué, il est transmis au service des engagements ou au comité de
crédit de la banque pour étude. Cette analyse constitue le cœur du processus d’octroi. Elle vise
à apprécier la solvabilité, la rentabilité et la capacité de remboursement du client, mais aussi la
qualité du projet à financer.

Pour ce faire, les établissements de crédit se basent sur la célèbre règle des “cinq C du
crédit” :

- Le Caractère, qui renvoie à la probité, la réputation et la moralité financière du


demandeur. Un client connu pour respecter ses engagements inspire confiance et
réduit le risque de défaut.

- La Capacité, qui concerne la faculté du client à générer des revenus suffisants pour
assurer le remboursement du crédit et le paiement des intérêts. Elle se mesure à travers
les états financiers, les revenus stables ou les flux de trésorerie prévisionnels.

- Le Capital, c’est-à-dire la solidité financière de l’emprunteur. Une entreprise bien


capitalisée supporte mieux les aléas économiques, ce qui rassure la banque.

- Les Conditions, qui concernent l’environnement général du projet, notamment la


conjoncture économique, le secteur d’activité, la saisonnalité ou encore la politique
monétaire.

- La Caution ou Garantie, qui constitue la couverture du risque en cas de défaillance


du client (hypothèque, nantissement, caution personnelle, aval, etc.).

À partir de ces éléments, la banque procède à une notation interne du risque et élabore une
fiche d’analyse de crédit. Cette fiche permet de quantifier les éléments financiers (ratios de
solvabilité, rentabilité, liquidité) et d’apprécier la viabilité du projet. Si le client présente une
situation fragile, la banque peut recommander un refus ou exiger des garanties
supplémentaires avant tout accord.

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3. La décision d’octroi

À l’issue de l’analyse, le dossier est soumis à la décision du comité de crédit ou du directeur


d’agence selon le niveau de délégation. Trois issues sont possibles :

- L’accord du crédit, lorsque le dossier est jugé satisfaisant et les garanties suffisantes ;

- Le refus du crédit, si le risque est jugé trop élevé ou le projet non viable ;

- Le report ou l’ajournement, lorsque des éléments complémentaires sont demandés


(documents financiers manquants, clarification d’une garantie, etc.).

Lorsque le crédit est accepté, la banque émet un accord de principe adressé au client. Ce
document précise les conditions financières (montant, taux d’intérêt, durée, modalités de
remboursement), les frais à la charge du client (frais de dossier, assurance, commissions) ainsi
que les garanties exigées.

Cet accord n’a pas encore de valeur comptable, mais il engage moralement les deux parties à
conclure le contrat de crédit.

4. La formalisation du contrat de crédit

Une fois l’accord de principe validé, la banque procède à la formalisation du contrat. Ce


contrat est un acte juridique écrit qui lie la banque et le client. Il fixe avec précision les droits
et obligations de chaque partie. Il mentionne notamment :

- Le montant et la nature du crédit accordé ;

- Le taux d’intérêt et les conditions de calcul des agios ;

- Les échéances et modalités de remboursement ;

- Les garanties constituées (nantissement, hypothèque, caution, etc.) ;

- Les clauses relatives au non-respect des engagements (pénalités, déchéance du terme,


recours judiciaire).

Le contrat de crédit, une fois signé, constitue la base légale de la relation bancaire. Il doit être
archivé dans le dossier du client et transmis au service de la comptabilité après déblocage des
fonds. Le crédit n’est toutefois comptabilisé qu’à partir du moment où les fonds sont

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effectivement mis à disposition du client, conformément au principe de la réalisation du fait


générateur prévu par le SYSCOHADA.

5. La mise en place du crédit

La mise en place du crédit correspond au déblocage effectif des fonds. C’est l’étape qui
matérialise la décision d’octroi. Avant cette opération, la banque vérifie que toutes les
conditions suspensives sont levées : réception des garanties, signature du contrat, assurance
du crédit si nécessaire et autorisation du comité de crédit.

Le déblocage peut se faire selon plusieurs modalités. Dans le cas d’un crédit par caisse, il
s’agit généralement d’un virement sur le compte courant du client, d’une mise à disposition de
liquidités à la caisse, ou encore de l’ouverture d’une ligne de crédit utilisable en tout ou partie
selon les besoins du client.

C’est seulement à partir de ce moment que la banque enregistre comptablement la créance sur
la clientèle à l’actif de son bilan. Le compte concerné est un compte de la classe 3 du Plan
Comptable Bancaire OHADA, généralement intitulé « Crédits à la clientèle ».

La mise en place marque donc la transition entre la phase administrative et juridique du crédit
et sa phase comptable. Elle donne naissance à un lien financier direct entre la banque et son
client : la banque détient une créance, et le client devient débiteur.

6. Le suivi et le contrôle du crédit

L’octroi du crédit ne met pas fin à la responsabilité de la banque. Une fois les fonds
débloqués, celle-ci assure un suivi permanent du dossier. Ce suivi vise à s’assurer que le client
respecte les conditions convenues et que le risque demeure maîtrisé.

Les chargés de clientèle observent le comportement du compte du client, la régularité des


remboursements, la tenue de son activité économique et l’évolution des garanties. Si des
signes de difficultés apparaissent (retard de paiement, découvert prolongé, dégradation du
chiffre d’affaires), la banque doit réagir rapidement en reclassant le crédit dans la catégorie
des créances douteuses et en constituant une provision pour anticiper une éventuelle perte.

Le contrôle interne et la direction des risques veillent également à la conformité des


opérations aux normes prudentielles fixées par la Commission Bancaire de l’UMOA ou de la
CEMAC, selon le pays concerné.

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Le suivi du crédit assure ainsi la sécurité financière de la banque et participe à la stabilité du


système bancaire, en garantissant que les fonds prêtés sont utilisés à bon escient et que les
risques sont détectés à temps.

II – COMPTABVILISATION ET MISE EN PLACE DU CREDIT

1- Comptabilisation

La première écriture comptable est enregistrée au moment de l’ouverture du crédit, c’est-à-


dire lorsque la banque s’engage à mettre les fonds à la disposition du client. Toutefois, en
pratique, cette écriture n’est passée qu’après notification de l’accord de crédit au client et
acceptation de celui-ci.

À ce stade, la promesse de financement faite par la banque est constatée en comptabilité par :

- Le débit du compte 923 – Autres ouvertures de crédits confirmés,

- Le crédit du compte 9923 – Compte général des engagements donnés sur ordre de la
clientèle.

Ainsi, le schéma d’écriture correspondant traduit l’engagement formel de la banque envers


son client.

N° de N° de Compte Libellé Débit Crédit


Compte Crédit
Débit

923 Autres ouvertures XXXXXXXX


de crédit confirmé

9923 Compte général des XXXXXXXX


engagements

*Libellé : Promesse de financement

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2- Déblocage des fonds

Avant le déblocage effectif des fonds, la banque procède à la réception des garanties offertes
par le client.

La comptabilisation de ces garanties s’effectue de la manière suivante :

- Débit du compte 993 – Compte général des engagements reçus de la clientèle,

- Crédit du compte 93 – Engagements reçus de la clientèle.

Cette écriture traduit la prise en compte, par la banque, des sûretés apportées par le client
avant la mise à disposition du crédit.

N° de N° de Compte Libellé Débit Crédit


Compte Crédit
Débit

993 Compte général des XXXXXXXX


engagements

93 Engagements reçus XXXXXXXX


de la clientèle

*Libellé : Suivant garantie n°…

Au terme du processus, intervient le déblocage des fonds.

Cette opération se traduit comptablement par :

- Le crédit des comptes 371, 372 ou 373, selon le type de compte concerné,

- Le débit des comptes 30, 31 ou 32, en fonction de la nature du crédit accordé.

Autrement dit, le déblocage des fonds marque la mise effective du crédit à la disposition du
client.

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N° de N° de Libellé Débit Crédit


Compte Compte
Débit Crédit

31/32/33 Crédit XXXXXXXX


court/moyen/long
terme

371/372 Compte XXXXXXXX


courant/compte
chèque

*Libellé : MAD du crédit N°…

Cas Pratique :

La société ABC SARL fait une demande de crédit le 12 mars 2016 pour un montant de 12
000 000 F auprès de la CBC. Elle présente tous les documents demandés par la banque et
propose un terrain en garantie d’une valeur estimée à 18 000 000 F.
Le 03/04/2016, la CBC adresse à ABC une lettre d’offre pour un montant de 9 500 000 F.
ABC accepte l’offre le 18/04/2016. La mise en place effective du crédit (déblocage des fonds)
a lieu le 02/05/2016.
TAF : enregistrez toutes les opérations liées à ce dossier dans le journal classique de la CBC
Solution :

Enregistrement au journal de l’ABC SARL :

03/04/2016

923 Autres ouvertures 9 500 000


crédits confirmés

9923 Compte général des 9 500 000


engagements

Promesse de financement

18/04/2016

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993 Compte général des 18 000 000


engagements

93 Engagements reçus de 18 000 000


la clientèle

Suivant Hypothèque n°…

02/05/2016

31 Crédit court 9 500 000


terme

371 Compte courant 9 500 000


ABC SARL

MAD du crédit N°

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DEUXIEME PARTIE : LA VIE DU CREDIT

I- GESTION DU CREDIT AVEC DIFFERES DES INTERETS

La gestion du crédit avec différé d'intérêts, est également appelée différé de paiement
ou différé d'amortissement ; elle permet à l'emprunteur de reporter temporairement le
remboursement du capital emprunté, tout en continuant à supporter certains frais. Ce
dispositif est particulièrement utile pour des projets comme la construction d'une maison ou la
réalisation de travaux importants, où l'occupation du bien est différée, ou pour éviter le cumul
de mensualités de crédit immobilier et de loyers. Il existe deux principaux types de différé : le
différé partiel et le différé total.

1- La gestion différée de crédit partielle

Dans un différé partiel, l'emprunteur ne rembourse que les intérêts d'emprunt, ainsi que
la prime d'assurance et d'éventuels frais, pendant la période de différé. Le capital emprunté
reste inchangé, ce qui signifie que le montant dû à la banque ne diminue pas durant cette
phase. Ce type de différé est souvent utilisé pour gérer les flux de trésorerie, notamment lors
de la construction d'un bien immobilier neuf ou d'une vente en l'état futur d'achèvement
(VEFA). Il permet de maintenir un niveau de vie stable en continuant à payer un loyer
pendant la durée du chantier. Durant la période de différé partiel, les mensualités sont donc
réduites au montant des intérêts, calculés sur le capital emprunté initial, sans amortissement
du capital.

 Comptabilisation

Lors du déblocage partiel des fonds, l'entreprise doit enregistrer l'écriture comptable
correspondante en débitant le compte bancaire (512) et en créditant le compte d'emprunt
(164), en précisant le montant réellement reçu.

Lors des remboursements mensuels, les écritures doivent distinguer le remboursement


du capital, les intérêts et l'assurance. Le capital remboursé est débité au compte 164, les
intérêts sont débités au compte 661 (Intérêts des emprunts et dettes), et l'assurance au compte
616 (Primes d'assurance). Le paiement global est crédité au compte bancaire (512)

 Application

Exemple 1

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Dans la banque BICEC, un emprunt de 250 000 est accordé à un client, à un taux
d'intérêt annuel de 3 %.

TAF : quelle est le montant des intérêts mensuels ?

Solution

I = montant d’emprunt *Taux* Nombre de mois /12

I= 250 000 × 3 % / 12

I= 625

Ecriture comptable

Numéro de Numéro de Eléments Débit Crédit


compte débit compte crédit
164 Avance reçue et compte 250000
courant bloqué
661 Intérêt des emprunts et 625
dettes
512 Effet à l’encaissement 250625

Exemple 2

Voici un exemple de calcul des intérêts d’emprunt :

 Montant du capital : 200 000

 Taux nominal : 3 %

 Durée du remboursement : 15 ans

 Dans cet exemple, les intérêts du prêt s’élèvent à : (200 000 x 3) x 15 = 90 000.

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Ecriture comptable

Numéro de Numéro de Débi


Eléments Crédit
compte débit compte crédit t

Avance reçue et
164 200000
compte courant bloqué

Intérêt des
661 90000
emprunts et dettes

Effet à
512 290000
l’encaissement

À la fin de la période de différé, le remboursement du capital reprend normalement, et


les mensualités augmentent pour inclure à la fois les intérêts et le remboursement du capital
restant dû. Cependant, les intérêts accumulés pendant la période de différé ne sont pas
remboursés, mais s'ajoutent au capital emprunté, ce qui augmente le coût total du crédit.

2- La gestion de crédit différé total

En revanche, dans un différé total, l'emprunteur ne paie ni capital ni intérêts durant la


période de différé, à l'exception de la prime d'assurance. Les intérêts non payés s'ajoutent au
capital restant dû, un phénomène connu sous le nom d'amortissement négatif, ce qui entraîne
une augmentation du montant dû. Ce type de différé est généralement limité à une durée
maximale de 36 mois et nécessite le remboursement des intérêts intercalaires, soit en une
seule fois à la fin du différé, soit de façon lissée sur toute la durée d'amortissement.

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 Comptabilisation

Lors de la réception des fonds liés à un emprunt, une écriture doit être passée pour
enregistrer le déblocage du crédit. Cela se traduit par un débit au compte 512 (Banque) et un
crédit au compte 164 (Emprunts auprès des établissements de crédit), reflétant l'augmentation
de la trésorerie et la création d'une dette. Ensuite, Lors des remboursements mensuels, les
écritures doivent être décomposées en deux parties distinctes : le remboursement du capital et
le paiement des intérêts. Le capital remboursé est débité au compte 164 (Emprunts auprès des
établissements de crédit), tandis que les intérêts sont débités au compte 661 (Intérêts des
emprunts et dettes). Le montant total du remboursement est crédité au compte 512 (Banque)
pour refléter le débit effectué sur le compte bancaire. Si l'emprunt est accompagné d'une
assurance, le montant de la prime doit également être débité au compte 616 (Primes
d’assurances).

 Application

Pour calculer le coût et les échéances, il est essentiel de connaître le montant initial
emprunté, le taux d'intérêt annuel, la durée du différé et la durée totale du prêt.

Par exemple, pour un prêt de 250 000 à 3 % sur 25 ans avec un différé total de 12
mois, les intérêts cumulés s'élèvent à 7 500 (625 par mois × 12 mois), portant le capital à
rembourser à 257 500 à la fin de la période de différé.

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Solution

 Ecriture comptable

Ecriture du déblocage des fonds

Numéro Numéro
Elément
de compte de compte Débit Crédit
s
débit crédit

Effet à
512 250000
l’encaissement

Avance
164 reçue et compte 250000
courant bloqué

Ecriture du remboursement avec intérêt

Numéro Numéro
Elément
de compte de compte Débit Crédit
s
débit crédit

Avance

164 reçue et compte 250000


courant bloqué

Intérêt

661 des emprunts et 7500


dettes

Effet à
512 257500
l’encaissement

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Ce montant est ensuite amorti sur les années restantes, ce qui augmente le montant
des mensualités par la suite. Le coût total du crédit est plus élevé avec un différé, car les
intérêts sont calculés quotidiennement sur le capital restant dû, même pendant la période de
différé. Comme la dette est la plus importante au début du crédit, le coût des intérêts est
maximal durant cette phase, ce qui augmente le coût global du prêt. Ce type de crédit peut
également présenter des risques d'endettement excessif si l'emprunteur est tenté de dépenser
plus que prévu, en raison du report des remboursements. Les frais bancaires associés peuvent
également être plus élevés que pour un prêt traditionnel.

II- GESTION DU CREDIT SANS INCIDENCE DE PAIEMENT

La gestion du crédit sans incidence de paiement concerne les crédits dont le rembourse ment
se déroule normalement, c’est-à-dire sans retard, ni impayé. Le client respecte les échéances
fixées au contrat (dates, montants, intérêts). Elle repose sur une gestion rigoureuse des
finances personnelles et de l’entreprise, une bonne évaluation de la solvabilité du client et la
mise en place des processus de suivi.

Pour mieux comprendre la gestion du crédit sans incident de paiement, il est important de
présenter les principales pratiques recommandées, tant pour les particuliers que pour les
entreprises.

 Chez les particuliers

La gestion repose sur une bonne organisation financière :

-La budgétisation et le suivi de dépenses permettent de connaitre avec précision les revenus
et les dépenses, afin d’éviter les découverts et avoir une vision claire de sa situation financière

-Les alertes bancaires sont utiles pour être informé en temps réel de chaque transaction, il est
aussi essentiel de vérifier régulièrement ses informations bancaires (la validité de la carte ou
les coordonnées de prélèvement) pour éviter un rejet de paiement,

-Un fonds de réserve, il aide à éviter les frais de solde insuffisant

-Communiquer avec la banque, il est important de contactez la banque en cas de difficultés


pour explorer des solutions temporaires comme le report d’échéance,

 Chez les entreprises

Elle repose sur le suivi rigoureux des clients et des flux financiers

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-Il faut évaluer la solvabilité du client avant d’accorder un crédit en analysant l’historique,
la rentabilité et son niveau d’endettement

-Rédiger des contrats précisant les conditions de paiement et s’assurer que les factures
contiennent toutes les informations nécessaires,

-Une communication avec les clients avant ou à la date d’échéance, permet de confirmer la
réception de la facture et de rappeler la date limite de paiement ;

-le suivi des paiements à travers des écrits aide à maintenir une discipline financière ;

-la mise en demeure, si le paiement n’est pas toujours effectué, une mise en demeure est
essentielle pour formaliser la demande et établir un calendrier de résolution ;

Cas pratique :

Le 2 Janvier N+1, la Banque X accorde à Mme Amina un crédit d’équipement de 5000 000
F,5 amortissements annuels constants de 1 000 000 FCFA, taux 10%, %TVA 19,25%

Solution :

Calcul des intérêts : 5000 000*10% = 500 000F

02/01/N+1

Débit Crédit Intitulés Montant débit Montant crédit

372 Cliente AMINA 1 596 250

323 1 000 000

71 500 000

434 96 250

Paiement de la premiere échéance

Chaque mois, la même écriture est enregistrée. Les produits d’intérêts prélevés y compris la
TVA sur les intérêts échus et payés, par le débit du compte ordinaire du client (371/372) selon
le cas

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En Conclusion, la gestion du crédit sans incidence de paiement repose sur la prévention, la


rigueur et la communication. Qu’il s’agisse d’un particulier ou d’une entreprise, la clé est le
suivi régulier des finances et la réactivité face aux moindres difficultés.

III- GESTION DU CREDIT AVEC REETARD DANS LE REMBOURSEMENT

Au Cameroun, la gestion des crédits avec retard de remboursement implique principalement


des mesures de recouvrement par les institutions financières (banques, microfinances) qui
peuvent inclure des rappels, des négociations, des pénalités et, dans les cas extrêmes les
poursuites judiciaires, la saisie. Du côté de l’emprunteur, il est crucial de communiquer avec
la banque dès les premières difficultés pour tenter de trouver une solution, comme un
rééchelonnement des paiements ou une suspension temporaire, afin d’éviter des conséquences
graves comme le surendettement ou l’inscription on au fichier des incidents de
remboursement. Cette situation est prise très au sérieux par les institutions financières car elle
peut affecter leur trésorerie et leur rentabilité.

Les mesures prises par ces dernières sont les suivantes :

 Contact et rappel

Les banques et les institutions de microfinances contactent l’emprunteur (appel, SMS,


courrier) pour rappeler les échéances dues.

 Analyse des causes

Une défaillance de l’emprunteur peut être liée à un surfinancement, un surendettement ou une


mauvaise gestion, la banque cherche à comprendre l’origine du retard.

 Les pénalités et frais

Des pénalités de retard et des frais supplémentaires sont appliqués pour compenser le manque

 Les poursuites judiciaires

En cas de non- paiement, des poursuites judiciaires peuvent être engagées pour recouvrer la
dette ;

 La saisie

Le bien financé ou d’autres actifs peuvent être saisis pour rembourser le crédit impayé ;
l’emprunteur quant à lui doit contacter sa banque dès les premières difficultés de

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remboursement, demander une suspension temporaire des paiements (si possible) pour
surmonter une période difficile.

Il peut s’exposer aux conséquences telles que les difficultés à obtenir de futurs crédits due au
fait de sa mauvaise réputation financière, il peut être inscrit au fichier des incidents de
paiement (le client devient moins solvable aux yeux des banques)

Cas pratique

Madame Amina a obtenu un crédit d’équipement auprès d’ECOBANK de 5 000 000 FCFA, le
02 janvier N, à rembourser en 5 échéances annuelles égales de 1 000 000 FCFA ,Le taux
d’intérêt est de 10 %, et la TVA sur les intérêts est de 19,25 %.Elle paie normalement la 1ʳᵉ
échéance (02 janvier N+1), mais la 2ᵉ échéance (02 janvier N+2) est réglée avec 2 mois de
retard (le 02 mars N+2).Le taux d’intérêt de retard est de 2 % par an. Les intérêts de retard
sont de 4 923 FCFA, TVA incluse de 948 FCFA

Solution

Echéance Capital Amortissemen interets Tva Total à


restant du t payer

N+1 5 000 000 1 000 000 500 000 96 250 1 596 250

N+2 4 000 000 1 000 000 400 000 77 000 1 477 000

02/01/N+1

Débit Crédit Intitulés Montant débit Montant crédit

372 Cliente AMINA 1 596 250

323 1 000 000

71 500 000

434 96 250

Paiement normal de la première échéance

La deuxième échéance échue est non encore payée, on constate juste le retard temporaire

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02/01/N+2

Débit Crédit Intitulés Montant débit Montant crédit

372 Cliente AMINA 1 482 871

323 1 000 000

71 404 923

434 77 948

Paiement normal de la deuxième échéance avec intérêts de retard

IV- GESTION DES IMPAYES DU CREDIT

Les causes des impayés de crédit au Cameroun sont multiples, incluant des facteurs liés au
client, à l'institution financière et à l'environnement économique. Les principaux facteurs
incluent la fragilité financière des emprunteurs (due à une baisse d'activité ou une mauvaise
gestion), le manque de suivi adéquat par les prêteurs, l'insuffisance des garanties, et une
mauvaise gestion du crédit.

 Causes liées au client

- Fragilité financière : C'est une cause fréquente, résultant d'une baisse de chiffre
d'affaires, de charges excessives, d'un endettement élevé ou d'une mauvaise trésorerie.
- Gestion déficiente : Certains clients n'ont pas une bonne gestion de leur trésorerie et
de leurs finances.
- Objectif du crédit : La nature du crédit peut être un facteur, influençant le risque de
remboursement.
- Manque de garanties : L'absence de garanties suffisantes augmente le risque de
défaut de paiement.

 Causes liées à l'institution financière

- Manque de suivi : Un suivi et un contrôle des remboursements inadéquats peuvent


mener à des impayés.

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- Système d'information défaillant : Des systèmes informatiques qui ne fournissent


pas de données fiables et à jour peuvent entraver la gestion des impayés.
- Erreurs administratives : Des erreurs dans la gestion des dossiers peuvent aussi être
à l'origine du problème.

 Facteurs externes et autres causes

- Environnement économique : Des facteurs externes comme une crise économique


peuvent limiter les capacités de paiement des clients, en particulier des petites
entreprises.

La gestion des impayés de crédit au Cameroun suit une approche structurée, commençant par
le recouvrement amiable (relances par téléphone, SMS ou visites) et évoluant vers des
procédures plus formelles (poursuites judiciaires ou la saisie) si le problème persiste. Ces
étapes comprennent l'envoi d'une mise en demeure, suivie d'une éventuelle sommation de
payer par voie d'huissier. Si le recouvrement reste infructueux, une procédure judiciaire peut
être engagée pour obtenir un titre exécutoire permettant des saisies.

Cas pratique : Gestion du crédit avec impayé

Madame Amina a obtenu auprès d’ECOBANK un crédit d’équipement d’un montant de 5 000
000 FCFA, le 02 janvier N, remboursable en 5 échéances annuelles égales (amortissement
constant de 1 000 000 FCFA par an).Le taux d’intérêt annuel est de 10 %, et la TVA sur les
intérêts est de 19,25 % ,

Les intérêts sont calculés chaque année sur le capital restant dû.

 La 1ʳᵉ échéance (02 janvier N+1) a été payée normalement.

 La 2ᵉ échéance (02 janvier N+2) n’a pas été payée à la date prévue : il y a donc
impayé.

 Cette échéance devient une créance impayée jusqu’à son règlement le 02 mars N+2.

 Les intérêts de retard sont de 4 923 FCFA, TVA incluse de 948 FCFA.

Solution : Les calculs annexes

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Echéance Capital Amortissemen Intérêts Tva Total à


restant du t payer

N+1 5 000 000 1 000 000 500 000 96 250 1 596 250

N+2 4 000 000 1 000 000 400 000 77 000 1 477 000

On constate que la 2eme échéance est impayée, on passe donc les écritures de constatation ;

02/01/N+2

Débit Crédit Intitulés Montant débit Montant


crédit

341 Créance 1 477 000


impayée de la
2eme échéance

372 Transfert du 1 477 000


montant
impayé

Constatation de l’impayé de la 2 -ème échéance

On comptabilise maintenant les produits sur créances en souffrances

02/01/N+2

Débit Crédit Intitulés Montant débit Montant crédit

9851 400 000

9853 77 000

9971 400 000

9973 77 000

Comptabilisation des produits sur créances en souffrance

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Ces comptes permettent de constater les produits à recevoir sans les intégrer dans les produits
encaissés tant que la créance n’est pas réglée.

V- CREANCES EN SOUFFRANCE : DOTATIONS AUX PROVISIONS ET


REPRISES SOUS PROVISIONS

Le crédit est la principale activité des banques, si son octroi est toujours soumis à la volonté
du banquier, il n'en est pas ainsi de son remboursement. Lorsque le remboursement d'un crédit
bancaire ne s'effectue pas conformément aux dispositions contractuelles, la créance née de ce
crédit devient une créance en souffrance. Elles sont différentes des autres types de créances
bancaires, et ont un régime adapté à leurs spécificités.

Les créances en souffrance sont classées minutieusement et soumises à des règles pour
protéger le banquier contre leur perte éventuelle. Cependant le banquier doit procéder à leur
recouvrement. Il dispose de plusieurs moyens pour cela, le recouvrement amiable avec la
restructuration de la créance, les modes alternatifs de réalisation des suretés, les procédures
simplifiées de recouvrement et les voies d'exécution. Mais de nombreuses lacunes tant
institutionnelles que pratiques entachent le recouvrement des créances en souffrance et il est
récurent qu'elles se transforment en pertes. Le banquier est alors obligé de les reclasser en
créances irrécouvrables, ensuite en perte. La perte des créances en souffrance a un impact
négatif sur la banque. Elle crée un manque à gagner pour la banque, et peut être source de
sanctions pour cette dernière allant des mesures d'assainissement à la liquidation de
l'établissement de crédit. À une plus grande échelle, la perte des créances en souffrance peut
fragiliser l'économie de tout un pays.

Les créances en souffrance matérialisent la réalisation d'un des multiples risques qui peuplent
le paysage bancaire : le risque de crédit. C'est le risque pour un établissement de crédit que
les débiteurs n'honorent pas totalement leurs engagements. Autrement dit, il est le risque de
perte consécutive au défaut d'un emprunteur d'honorer un engagement de remboursement des
dettes (prêts bancaires) qu'il a contractées ; le risque de crédit se décline en deux variantes : le
risque de non remboursement et le risque d'immobilisation.

Le risque de non remboursement est le risque le plus redouté par les banquiers. Il apparait
quand le client en raison d'une dégradation de sa situation financière ou par mauvaise foi, n'est
plus en mesure ou refuse tout simplement de rembourser les prêts qui lui ont étés octroyés. Le
risque d'immobilisation est un risque proprement bancaire, un simple retard dans le
remboursement d'une créance ou le décalage entre les ressources et les emplois peut être

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préjudiciable à la banque. Si ce retard ou ce décalage venait à se généraliser à cause de la


mauvaise gestion de la distribution des crédits, il pourrait résulter une forte immobilisation de
capitaux. Celle-ci se traduirait par un grave déséquilibre de la trésorerie et mettrait la banque
en état de cessation de paiements.

1. CATÉGORIES DE CRÉANCES EN SOUFFRANCE

Les créances en souffrance, compte tenu de leur degré de risque de perte sont reparties en
trois catégories :

- Les créances immobilisées

- Les créances impayées

- Les créances douteuses

a. Les créances immobilisées


Les créances immobilisées sont des créances directes sur l’Etat ou garanties par ce dernier,
les avances sur les marchés publics inscrits au budget de l'Etat et nantis et dont les paiements
sont domiciliés de façon irrévocable dans les livres de l'établissement de crédit, et les avances
sur les titres émis par l'Etat, échues depuis plus de 90 jours mais dont le remboursement final,
sans être compromis, ne peut être effectué immédiatement par l'Etat ou le débiteur garanti. Un
compte courant ou ordinaire débiteur de l'Etat ou garanti par celui-ci est considéré comme
immobilisé si, bien que le recouvrement du solde ne soit pas compromis, l'on n'y observe pas
de mouvements créditeurs significatifs depuis plus de 90 jours. Sont considérés comme
mouvements créditeurs significatifs, les mouvements enregistrés au crédit d'un compte
courant ou ordinaire dont le montant cumulé couvre au moins les intérêts, commissions et
frais imputés à ce compte sur la période considérée.

b. Les créances impayées

Les créances impayées sont des sommes non payées à l'échéance contractuelle. Elles sont
notamment constituées :

- Des échéances de crédits autres qu'immobiliers impayées pendant une durée inférieure ou
égale à 90 jours ;

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- Des loyers de location-simple, de location avec option d'achat ou de crédit-bail afférents à


des biens immobiliers et des échéances de crédits immobiliers impayés pendant une durée
inférieure ou égale à 180 jours ;

- Des loyers de location-simple, de location avec option d'achat ou de crédit-bail afférents à


des biens mobiliers, impayés pendant une durée inférieure ou égale à 90 jours ;

- Des dépassements par rapport aux limites de crédit autorisées (montant et/ou période de
validité) enregistrés sur les comptes courants, qui ne sont pas régularisés dans un délai
inférieur ou égal à 90 jours ;

- Des intérêts et/ou du principal des titres de créance échus et impayés pendant une durée
inférieure ou égale à 90 jours. Sont également considérés comme impayés les concours
frappés de déchéance de terme depuis moins de 90 jours, pour tout motif autre que la
survenance d'impayés ou l'incapacité de remboursement du débiteur.

Les créances douteuses


Les créances douteuses sont des créances de toute nature, même assorties de garantie, qui
présentent un risque probable de non-recouvrement total ou partiel. Elles sont notamment
constituées par :

- Les concours autres que les crédits immobiliers comportant au moins une échéance impayée
depuis plus de 90 jours ;

- Les encours des crédits immobiliers comportant au moins une échéance impayée depuis plus
de 180 jours ;

- Les encours des opérations de location-simple, de location avec option d'achat ou de crédit-
bail afférents à des biens immobiliers comportant au moins un loyer impayé depuis plus de
180 jours ;

- Les encours des opérations de location-simple, de location avec option d'achat ou de crédit-
bail afférents à des biens mobiliers comportant un loyer impayé depuis plus de 90 jours ;

- Les soldes débiteurs des comptes courants ou ordinaires sans aucun mouvement créditeur
significatif depuis plus de 90 jours ;

- Les soldes débiteurs des comptes courants ou ordinaires en dépassement par rapport aux
limites de crédit autorisées (montant et/ou période de validité), qui n'est pas régularisé dans un
délai supérieur à 90 jours ;

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- Les créances ayant un caractère contentieux (concours ayant fait l'objet d'une mise en
recouvrement judiciaire, d'une procédure collective engagée à rencontre du débiteur -
règlement préventif, redressement judiciaire, liquidation de biens, faillite personnelle -,
créances donnant lieu à un recouvrement litigieux ou à une procédure arbitrale, résiliation du
contrat de crédit-bail) ;

- Les titres de créance échus et impayés depuis plus de 90 jours. Sont également considérés
comme créances douteuses :

- Les concours frappés de déchéance du terme depuis plus de 90 jours, autres que ceux visés
par l'article 8 ; - les engagements par signature Irrévocables, en faveur de contreparties qui
présentent un risque probable ou certain de défaillance partielle ou totale ou dont les concours
sont classés comme douteux.

2. RÈGLES DE PROVISIONNEMENT

Les établissements de crédit sont tenus de constituer des provisions spécifiques et des
provisions à caractère général pour couvrir leur risque de crédit. Les provisions à caractère
général portent sur l'encours global des créances saines, des créances sensibles, des créances
immobilisées et des créances impayées inscrites au bilan. Les provisions spécifiques sont
constituées pour la couverture des créances douteuses.

A- LES DOTATIONS AUX PROVISIONS


a. Notion de dotation aux provisions

La « dotation » signifie ici : l’enregistrement comptable d’une charge pour couvrir une
créance identifiée comme à risque (imputable aux résultats de l’établissement). C’est le
mécanisme par lequel l’établissement constitue une « couche de sécurité » face à la perte
probable.

b. Règles selon le règlement COBAC R-2018/01

Voici les principales prescriptions :

 L’article 18 du règlement dispose que la constitution de provisions est facultative pour


les créances « immobilisées », « impayées » et « douteuses » lorsque celles-ci sont sur
l’État ou garanties par l’État.

 Pour les créances douteuses non couvertes par une garantie de l’État ou équivalente :

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o Si la créance est entièrement couverte par une garantie « éligible » (selon


l’article 19 du règlement) – alors aucune provision n’est exigée.

o Si la créance est partiellement couverte par une garantie éligible – alors on


provisionne pour la partie non couverte, selon les taux et délais prévus.

o Si la créance n’est pas garantie par une garantie éligible – alors la provision
doit couvrir : au minimum 50 % la 1ʳᵉ année, 100 % la 2ᵉ année.

 Les provisions spécifiques doivent être comptabilisées «au plus tard à la date d’arrêté
annuel des comptes suivant le déclassement en créances douteuses ».

c. Application pratique

 L’établissement repère qu’une créance devient douteuse : par exemple, un retard de


paiement important, l’absence de perspective de recouvrement.

 Il vérifie s’il existe une garantie éligible (gage, hypothèque, caution…) et quel est son
taux de couverture.

 Selon le cas :

o Si garantie éligible = 100 % → pas de provision nécessaire.

o Si garantie partielle → provisionner la partie non couverte.

o Si pas de garantie → provisionner selon taux 50 % puis 100 % l’année


suivante.

 L’écriture comptable typique : débit d’un compte 681 « Dotation aux provisions »
(charge) / crédit d’un compte 791 « Provision pour créances douteuses » (passif ou
réduction d’actif selon régime) dans le plan comptable de l’établissement.

Le règlement distingue aussi entre :

 Provisions à caractère général : pour l’ensemble de l’encours (créances saines,


sensibles…) afin de couvrir un risque latent.

 Provisions spécifiques : liées à des créances identifiées comme douteuses et


nécessitant une couverture ciblée.

Cet aspect est important car la dotation pour créance douteuse s’inscrit dans le cadre des
provisions spécifiques.

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EXERCICE D’APPLICATION

ECOBANK Cameroun a accordé le 5 janvier 2023 un prêt de 50 000 000 FCFA à


l’entreprise BTP Horizon Sarl, remboursable sur 24 mois.
Depuis juin 2024, l’entreprise n’a plus effectué aucun paiement, et malgré plusieurs relances,
la situation financière de l’entreprise s’est fortement dégradée.

Une hypothèque d’une valeur estimée à 30 000 000 FCFA avait été prise comme garantie.
La banque décide au 31 décembre 2024 de classer cette créance comme douteuse et
d’appliquer le règlement COBAC R-2018/01 relatif au provisionnement des créances.

Travail à faire :

1. Déterminer le montant de la partie non garantie de la créance.

2. Calculer la provision à constituer selon les prescriptions COBAC (première année de


doute).

3. Présenter la comptabilisation de la dotation à la provision

Solution

 Partie non garantie :

Montant du crédit – valeur de la garantie


50 000 000 – 30 000 000 = 20 000 000 FCFA

 Provision à constituer :

Selon le règlement COBAC R-2018/01, pour une créance douteuse non entièrement garantie,
la banque doit provisionner 50 % de la partie non garantie la première année.

Provision = 20 000 000 × 50 % = 10 000 000 FCFA

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Écriture comptable :

Comptes Intitulé Débit Crédit


(FCFA) (FCFA)

Dotations aux

68174 Provisions pour créances 10 000


douteuses 000

29174 Provisions pour 10 000


000
Créances douteuses clients

 Cette dotation traduit le principe de prudence en comptabilité bancaire.

 Elle permet à ECOBANK Cameroun de reconnaître une perte probable sur cette
créance.

 Elle réduit le résultat de la banque, mais donne une image fidèle de ses actifs.

 Elle renforce la solidité financière face au risque de non-remboursement.

B- LES REPRISES SUR PROVISIONS

a. Qu’est-ce qu’une reprise sur provision ?

Une « reprise sur provision » est l’opération comptable inverse de la dotation : lorsqu’une
charge (provision) avait été constituée mais que l’événement incertain (la perte) ne se réalise
pas ou partiellement, on « reprise » c’est-à-dire on réduit la provision ou on l’annule, et on
comptabilise un produit (ou une diminution de charge).

b. Conditions de reprise

Dans le contexte bancaire/coûts de crédit (zone CEMAC, COBAC) :

 Lorsque l’établissement juge que la créance classée douteuse est recouvrable ou que la
garantie couvre le montant engagé.

 Lorsque l’arriéré est apuré et que les paiements reprennent de façon régulière.

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 Il faut que l’événement qui avait justifié la provision soit levé ou partiellement
supprimé.

 Le règlement rappelle que les intérêts générés par les créances douteuses ne sont pas
comptabilisés dans les produits tant que la classification demeure.

c. Traitement comptable typique

 On débite le compte 291 « Provision pour créances douteuses » (réduction de la


provision)

 On crédite un compte 781 « Reprise sur provision » (produit ou réduction de charge)

 Si la créance était recouvrée : on comptabilise l’encaissement, on éteint la créance ou


on ajuste la valeur nette.

 Si la créance est nettoyée (irrécupérable) : on utilise la provision et on passe la perte si


reste à charge.

d. Importance de la reprise

 Elle évite que des provisions « inutiles » pèsent indûment sur le résultat.

 Elle permet de redonner à l’actif sa juste valeur nette après recouvrement.

 Elle améliore la visibilité du bilan et des résultats futurs de l’établissement.

EXERCICE D’APPLICATION

Un an après, au 31 décembre 2025, l’entreprise BTP Horizon Sarl a pu redresser


partiellement sa situation.
Elle a remboursé 25 000 000 FCFA sur les 50 000 000 FCFA dus.
La banque estime que le risque de perte sur la partie restante (25 000 000 FCFA) demeure,
mais diminue de moitié.

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La provision constituée au 31 décembre 2024 était de 10 000 000 FCFA.

Travail à faire :

1. Déterminer le nouveau niveau de risque et le montant de la provision à maintenir.

2. Calculer le montant de la reprise sur provision à enregistrer.

3. Présenter l’écriture comptable correspondante.

4. Expliquer la portée comptable et financière de cette reprise.

Solution

 Nouveau niveau de risque :

Le risque résiduel diminue de moitié sur la partie restante (25 000 000 FCFA).

Nouvelle provision = 10 000 000 × 50 % = 5 000 000 FCFA à maintenir.

 Montant de la reprise :

Reprise = Provision initiale – Provision à maintenir


10 000 000 – 5 000 000 = 5 000 000 FCFA

Écriture comptable :

Comptes Intitulé Débit Crédit


(FCFA) (FCFA)

29174 Provisions pour 5 000


créances douteuses 000
clients

78174 Reprises sur provisions 5 000


pour créances douteuses 000

Portée de l’opération :

 La reprise traduit une amélioration de la situation du débiteur.

 Elle augmente le résultat net de la banque (produit comptable).

 Elle ajuste la provision au niveau réel du risque restant.

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 Elle permet une présentation sincère du portefeuille de créances d’ECOBANK


Cameroun.

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