Cours Regulation
Cours Regulation
I – INTRODUCTION :
Dans de nombreuses applications industrielles ou domestiques, il faut maintenir à des valeurs déterminées des
grandeurs physiques (vitesse, position, température, éclairement, etc.) quelles que soient les perturbations qui peuvent
influer sur ces grandeurs.
Exemple 1 : la température d’un local doit être maintenue à une valeur spécifiée (consigne) quelle que soit la
température extérieure.
Exemple 2 : la fréquence de rotation du moteur d’entraînement d’un monte-charge doit rester constante quelle
que soit la charge à lever.
Il est alors nécessaire de comparer en permanence la grandeur d’exploitation (température du local ou fréquence de
rotation) à la grandeur souhaitée que l’on appelle généralement consigne.
De tels automatismes disposent d’une commande dite en boucle fermée. Cette commande a pour fonction de
contrôler la bonne exécution de l’ordre, c’est à dire de s’assurer que le signal réponse correspond bien au signal
d’entrée.
Tout dispositif automatisé dans lequel la grandeur de sortie s’aligne rigoureusement sur la grandeur de
consigne est dit système à commande en boucle fermée ou système asservi.
Exemple : chauffage d’un four :
On veut chauffer et maintenir un four à une température de 200°C.
a) Résistance Simple :
La résistance est calibrée pour fournir une chaleur proche de la température de consigne, en marche continue. Il n'y a
pas de retour d'information : c'est une boucle ouverte. La courbe de température obtenue est représentée ci-dessous
à droite :
Résistance à 200°C erreur
T°
Consigne P.C.
200°C
marche / arrêt
Four
temps
temps de réponse
Four
temps
temps de réponse
marche / arrêt
détecteur de température
(thermostat)
Avantages : la consigne est réglable, la simplicité du capteur (thermostat), le temps de réponse plus court.
Inconvénients : la température non constante (instabilité), la précision est médiocre.
La résistance est alimentée proportionnellement à , différence entre la consigne et la température mesurée par le
thermocouple. Ainsi, le chauffage diminue progressivement lorsqu'on approche de la température de 200°C : c'est une
boucle fermée et régulée.
Régulateur ( = T°consigne – T°mesurée ) Résistance 0 chauffage nul
T°
200°C
Consigne P.C.
Avantages : la température est précise (boucle fermée), une bonne stabilité (peu d'oscillations), le temps de réponse
est correct.
Inconvénients : son installation est plus complexe, son coût est plus élevé (régulateur coûteux).
Le principe d’une commande en boucle fermée est de mesurer la valeur réelle de la grandeur
commandée (température, vitesse, position, …) et d’en informer le système pour qu’il réagisse dans
le sens souhaité (donné par la consigne).
Un système asservi est donc un système bouclé ; c’est à dire un système possédant une réaction de la sortie sur
l’entrée. Il recopie le comportement de l’homme dans les trois phases de son travail.
………………… …………………
Tache à Effet de
réaliser
………………… L’action
…………………
réflexion
…………… action
……………….
.
observation
Vanne X1
MoteurCC
Pompe Tension U
Réservoir 1
Vers utilisation
Réservoir 0
U Ω Q1 X1
Niveau Système de Pompe
Moteur Réservoir
commande
souhaité
U Ω Q1 X1
Moteur Pompe Réservoir
La Commande en boucle fermée correspond au fonctionnement normal d’une régulation. La mesure de la grandeur
réglée permet de mesurer son écart avec la consigne et d’agir en conséquence pour s’en rapprocher. (Exemples :
contrôle de la température dans un four, climatisation de voiture).
Exemple : Commande du niveau d’un bac par une moto-pompe avec capteur de niveau
Capteur de niveau
Débit Q1
Vanne X1
Moteur CC
Pompe Tension U
Réservoir 1
Vers utilisation
Réservoir 0
U ( X1)
Les systèmes régulés et asservis - 3
AUTOMATIQUE
LES SYSTEMES REGULES ET ASSERVIS
Structure de la régulation par boucle fermée :
U Ω Q1 X1
Niveau
Moteur Pompe Réservoir
souhaité Système de
U Ω Q1 X1
Moteur Pompe Réservoir
commande
U ( X1)
Capteur
Dans un système asservi ou en boucle fermée, un On a pour habitude de représenter une boucle fermée sous
capteur fournit à un comparateur un signal forme de schéma bloc.
représentatif de la grandeur de sortie. CHAINE S : grandeur
Ce comparateur surveille l’écart entre la valeur de E : grandeur D'ACTION de sortie et
la grandeur de sortie (grandeur mesurée) et la d'entrée grandeur
mesurée
valeur de consigne (valeur souhaitée). Cet écart
(ou signal d’erreur) permet de déterminer l’action CHAINE DE S
à exercer sur l’organe de commande afin de M: REACTION
rétablir l’égalité entre les 2 grandeurs. mesure
Chaine d’énergie
……………………………………..
……………………..
régulateur
…………………..
perturbation
…………..
comparateur ……………
Sortie
consigne asservie
……………
………….. + ………...
ecart ……………………
Actionneur+
… ………………
correcteur ……………………
procéssus
……………………
-_
mesure
…………………
…………………
capteur
…………………………………
Chaine d’information
Comparateur REGULATEUR
W Amplificateur Y Dispositif
Correcteur Système
grandeur de puissance actionneur
d'entrée ou X = grandeur mesurée
grandeur de Y = grandeur réglante
consigne X Capteur de
Transmetteur
Contre réaction mesure
(Xc)
X
0
(Xm)
Temps
Asservissement :
La fonction ASSERVISSEMENT caractérise l'aptitude d'un système à
obéir le plus fidèlement possible à des variations de la grandeur
Sortie
d'entrée (Consigne).
Consigne
Temps
C'est une représentation fonctionnelle sous forme de blocs représentant chaque « maillon » de la chaîne :
Avec la représentation par schéma bloc, on voit qu’une commande en boucle fermée est composée de deux chaînes :
la chaîne directe et la chaîne inverse.
La chaîne directe se compose du comparateur, du correcteur, de l’amplificateur et de l’actionneur. Elle permet de
corriger les effets d’une perturbation sur le système.
La chaîne inverse (ou boucle de rétroaction) se compose du capteur et du transmetteur. Elle « surveille » en
permanence l’état de la sortie pour informer le régulateur des modifications à apporter sur la chaîne directe.
Le régulateur :
Il est composé de deux parties :
le comparateur qui mesure l'écart entre la grandeur de consigne et la grandeur réelle ( = W – X).
le correcteur qui envoie un signal de réglage à l’actionneur (grandeur réglante), via l'amplificateur.
L’amplificateur de puissance :
Il amplifie le signal de sortie du régulateur, pour commander l’actionneur.
L’actionneur :
Il agit sur le système : il peut s’agir d’une vanne, d’un moteur, d’une résistance chauffante…
Le capteur et le transmetteur :
o L’échelon est représentatif d’un signal passant instantanément d’un niveau à un autre et s’y maintenant.
o L’impulsion est l’image d’un signal caractérisé par son amplitude (hauteur) e0 et sa durée (largeur) t.
o La rampe reproduit une entrée variant de façon continue et régulière.
53 – La précision :
Elle est définie principalement par deux grandeurs :
o erreur statique, ou écart de position
o erreur dynamique ou erreur de traînage
Erreur statique :
Le système est soumis à une entrée d’amplitude constante e(t) = E0 : c’est la consigne en échelon. La réponse du
système atteint une valeur stable au bout d’un certain temps : c’est le régime permanent. On mesure alors l’écart s entre
la consigne (valeur souhaitée) et la valeur atteinte en régime permanent.
s s=0
E0 E0
Système possédant une erreur statique Système précis, à erreur statique nulle
Erreur dynamique :
Le système est, cette fois, soumis à une entrée d’amplitude variable sous forme d’une droite de pente a : e(t) = a.t.
C’est une consigne en rampe. De même que dans le cas de l’entrée en échelon, on mesure l’écart en régime
permanent qui est alors v.
v v=0
54 – La rapidité :
Elle est caractérisée par le temps de réponse (en
général à 5%). On mesure ou on calcule le temps
nécessaire pour que la réponse du système ne
1.05.E0
s’écarte plus de plus de 5% de la valeur finale. E0
0.95.E0
Si le système est quelque peu précis, la valeur finale
est assez proche de la valeur de consigne, et on
peut alors considérer que le temps de réponse à 5%
est le temps au bout duquel la réponse est confinée
dans une bande de largeur 5% autour de la
consigne. Cette approximation est un peu rapide
mais souvent acceptable.
Tr5%
Tr5%
55 – La stabilité ou l’amortissement :
Un bon amortissement caractérise la capacité d’un système oscillant à se stabiliser rapidement et à ne pas présenter
de dépassement trop important. Cela peut s’illustrer par :
o Le premier pic de la réponse ne devra pas excéder une certaine valeur ( par exemple 10% de la consigne) ;
S(t) S(t)
1 2
0 0
t t
1 système
Consigne+5 stable
S(t)
3 %
système
2
instable
système
Consigne- 3
oscillant
5%
0
t
RAPIDITE : Un système est jugé rapide s’il se stabilise en un temps jugé satisfaisant (+/-5%).
S(t) S(t)
1 2
consigne
0 0
Tr à 5% t Tr à 5% t
S(t)
3 système
1
lent
système
consigne
2 rapide
3 dépassements le système est
3 lent
0
Tr à 5% t
consigne
0 0
t t
perturbation
………………………………
l’effet de la perturbation est
1
…………………………………
annulée, le système est précis
t
la………………………………
sortie évolue en suivant la
…………………………………
consigne.
2
…………………………………
Le système est précis
…….
Les correcteurs ont donc pour but D’AMELIORER LES PERFORMANCE D’UN SYSTEME ASSERVI
Ils permettent de contrôler les trois critères :
Vitesse
Précision
Stabilité
Sc
e>e+sc=1
sc e<e-sc=0
e
+
-
e- e+
Seuil haut
T°(t)
Hystérésis de
réglage
Seuil bas
Valeur réglante Consigne
(soit ici Puiss de
chauffe)
c k e e c
e
Symbole
Kp x e
e
+ P
-
Dans ce type de correcteur, le signal de commande est proportionnel au signal d’erreur. Le coefficient K de
proportionnalité est le gain du régulateur. Le signal de sortie du correcteur a même forme que le signal d’entrée. Seule
son amplitude a varié.
Ce correcteur agit sur le signal d’écart e comme des lunettes grossissantes : le système « croit » que l’écart est plus
grand qu’il ne l’est en réalité.
La réaction va donc être plus nerveuse (on dit que l’asservissement se raidit) : la rapidité augmente.
Par exemple, dans le cas d’un asservissement de température, un correcteur de gain K=5, va transformer un écart
mesuré de 10°C en un écart apparent de 50°C : le système réagira plus fortement.
D’autre part, l’accroissement du gain réduit l’erreur statique : la précision augmente.
Dans les systèmes réels, il existe un seuil 0 en deçà duquel l’erreur statique ou dynamique n’est pas prise en compte
(<0 équivaut à =0). Le correcteur proportionnel, en augmentant l’écart apparent, permet au système de prendre en
compte des écarts mesurés plus petits.
Si on augmente trop le gain, le système peut devenir instable : il va réagir trop nerveusement à un faible écart,
dépasser très largement la valeur de consigne et donc créer un écart encore plus fort dans le sens inverse, etc. Le
phénomène de pompage va alors apparaître.
En résumé, on peut dire que si le gain augmente, alors :
o La précision augmente
o La rapidité augmente
o La stabilité diminue
C’est le dilemme « Stabilité – Précision ».
Le réglage du gain d’un asservissement va consister en un compromis : augmentation du gain au maximum sans
atteindre la limite de stabilité. En pratique, on prendra une marge de sécurité appelée marge de gain.
64 – Compensation des systèmes asservis :
Dans la plupart des cas, l’augmentation possible du gain n’est pas suffisante pour assurer la précision et la rapidité
désirées tout en restant stable. On utilise alors des correcteurs qui modifient plus finement le signal d’écart. Il existe
deux types usuels de compensation :
o Intégrale : correcteur intégral
o Dérivée : correcteur dérivé
Ils sont toujours utilisés avec un correcteur proportionnel, dans diverses configurations : PI, PD, PID.
+ + KP
- +
KI
+ KD + +
- +
KI
d dt
dt
Il permet d’accélérer la réponse du système lors de variations rapides de consignes ou de perturbations. Le coefficient
Kd s’exprime en secondes.
dt
dt
Kd x de /dt
de
+ D
-
Le principe de correction dérivée consiste en une correction par anticipation en fonction de l’évolution de l’écart. Plus
l’écart varie rapidement, plus la commande est importante pour compenser rapidement cette variation.
Mathématiquement, la variation du signal d’écart (t) est donnée par sa dérivée d(t)/dt et le sens de la variation par le
signe de la dérivée (d’où le nom du correcteur).
Le correcteur dérivé, c’est « agir au plus tôt pour agir peu ». Pour un signal d’écart identique, la correction dérivée
fournira donc un signal de commande différent suivant que ce signal d’écart est en train d’augmenter ou de diminuer,
vite ou lentement.
Prenons l’exemple (théorique) d’une régulation de température dans une pièce par un système de climatisation.
Kp
consigne écart + commande
Système
+
- Kd +
capteur
Pente
Ki e / Ki
e
e
+ I
-
Il permet d’annuler l’erreur statique. La sortie croît jusqu’à ce que l’erreur disparaisse. Le coefficient Ki s’exprime en
secondes ; s’il est trop faible la réponse est rapide mais risque d’être oscillante.
L’action intégrale est une action progressive et
persévérante. Le correcteur intégral permet de prendre I=VoT
I V (t )dt
en compte des erreurs statiques très faibles par un
processus d’accumulation. En effet, soit une valeur
constante dans le temps : V(t)=V0. L’intégrale de cette
T
I V (t )dt V0T
V(t)=Vo
valeur est :
0
Ki
Sc(t ) K p (t ) (t )dt
Géné Tachy
avec Kp coefficient d’action proportionnelle et Ki
coefficient d’action intégrale. En régime permanent (vitesse visée Vc) il existe un écart (t) non nul permettant le pilotage
du moteur à la vitesse Vm. Dès sa mise en action, le correcteur intégral va commencer à accumuler l’écart.
Mise en action
Vc
Vm Commande
Action
0 Intégrale
Action proportionnelle
Consigne Réponse
perturbée
Réponse
idéale
- Potentiomètre
Génératrice
- Clavier Kd tachymétrique
- Automate G
- etc ….
B
A
La courbe A représente la consigne que l'on désire atteindre, c'est un échelon de valeur 32. La courbe B représente la
vitesse réelle du système.
Plus Kp est grand, plus le système converge vite vers sa valeur finale. Mais en contrepartie, pour des valeurs de Kp
trop grandes, le système oscille.
Mais ce n'est pas forcément le plus gros problème. En effet, sur ces courbes on voit nettement que la vitesse du moteur
n'atteint jamais la vitesse désirée. C'est ce que l'on appelle l'erreur statique.
On voit cette fois-ci que le terme intégral a bien fonctionné et que l'erreur statique est nulle.
On constate aussi que plus le gain Ki est grand, plus le système converge vite.
En revanche, plus Ki est grand, plus le système oscille et plus le dépassement est grand. Sur des asservissements en
position le terme dérivé permet de diminuer, le dépassement et les oscillations.
Kp = 1
Ki = 0.14
Kd = 10
Nota : toutes la difficulté sera de bien doser chacune des valeurs. Chaque système aura ses propres paramètres.
C’est pour cela que c’est une affaire de spécialiste.
X – REGULATION DE TEMPERATURE :
101 – Présentation :
Dans les systèmes industriels tels que les fours, les étuves, les climatisations, on trouve de la régulation de
température. Les régulateurs de température employés ont pour rôle de maintenir une température autour d’une
consigne fixée par l’utilisateur du système (température de cuisson, température d’une pièce, d’une étuve, de rétraction
d’un film thermo formable, etc.).
On dit régulation parce que le système doit maintenir la température autour du point de consigne.
1 2
Temps Temps
Une bonne régulation peu être imagée par la courbe 1, la courbe 2 étant le cas à éviter.
Tout dépendra du système à réguler et du temps de réaction des éléments chauffants. Le rôle du technicien de
maintenance sera de relever ces courbes et de modifier les paramètres du régulateur pour obtenir le réglage désiré par
l’utilisateur.
102 – Synoptique d’une régulation de température :
Puissance
Contacteur
+ Régulateur de
- puissance
Consigne
- Potentiomètre Résistances
- Clavier chauffantes
- Automate Capteur de température
- etc ….
Soudure
A
f.e.m en mV continu
Dans les deux cas le régulateur traitera l’information pour la comparer avec la consigne.
Le thermocouple à une capacité calorifique plus faible (temps de réponse plus court) et une température de
fonctionnement (2700 °C) plus élevée que les capteurs à variation de résistance.
104 – Les régulateurs de température :
Ils peuvent être plus ou moins sophistiqués suivant la précision et l’usage que l’on souhaite.
Le réglage de la consigne peut être la simple rotation d’un bouton ou bien se faire à l’aide d’un clavier numérique :
NOTA :
Le technicien de maintenance interviendra au premier niveau de la régulation ; après c’est une affaire de spécialistes.
Opérations possibles :
Installation et câblage
Réglage d’une consigne
Changement d’un capteur et modification du paramétrage
Relever et tracer de courbes : température en fonction du temps, tension du thermocouple en fonction du temps
ou de la température, etc.
Modification de paramètre complexe tel que la rampe de montée en température,
Changement des valeurs P (proportionnel), I (intégration) et D (dérivation)