Université des sciences et technologie houari boumedien
Faculté gm/gm
Departement thermo energetique
Projet rdcm (b1) :
Theme : Désinfection thermique des
filtres
CVC pour la qualité de l’air intérieur
Realisé par : othmani marabout fatah karim
Souag mehdi
Arabe oualid
Chapitre 1 : Généralités et Recherche
Bibliographique .....................................
1.1. Introduction générale ................................................................................
1.2. État de l’art des technologies de désinfection de l’air .............................
1.2.1. Approches basées sur la filtration améliorée ........................................
[Link]. Filtres conventionnels et électrostatiques .........................................
[Link]. Filtres antimicrobiens .........................................................................
1.2.2. Technologies d’inactivation active .......................................................
[Link]. Irradiation germicide ultraviolette (UVGI) .........................................
[Link]. Oxydation photocatalytique ...............................................................
[Link]. Traitement par plasma ........................................................................
[Link]. Ozonation ..........................................................................................
[Link]. Stérilisation par micro-ondes ............................................................
1.3. Focus sur l’inactivation par traitement thermique .....................................
1.3.1. Principe et paramètres clés ....................................................................
1.3.2. Revue des travaux antérieurs en application CVC ..................................
1.4. Synthèse et positionnement de la
recherche .............................................
Chapitre 2 : Méthodes et Solutions – Technologie de Désinfection Thermique
pour les Systèmes CVC ................................................................
2.1. Problématique de la contamination de l’air intérieur par les systèmes
CVC ..............................................................................................................
2.2. Analyse critique des technologies de désinfection existantes .................
2.3. Présentation de la solution innovante de désinfection thermique par air
recirculé ........................................................................................................
2.3.1. Principe de fonctionnement ..................................................................
2.3.2. Modes de fonctionnement du système ................................................
2.4. Protocole d’évaluation expérimentale de la performance .........................
2.4.1. Évaluation de la performance thermique et énergétique ......................
2.4.2. Mesure de l’efficacité de filtration et de la perte de charge .................
2.5. Analyse des résultats et validation de la solution ....................................
2.5.1. Performance thermique ........................................................................
2.5.2. Performance énergétique .....................................................................
2.5.3. Impact sur la filtration et la perte de charge .........................................
2.6. Perspectives pratiques, limites et discussion ..........................................
Chapitre 3 : Résultats ......................................................................................
3.1. Introduction ..............................................................................................
3.2. Performance du transfert de chaleur et conditions opérationnelles
optimales ........................................................................................................
3.3. Évaluation de la performance énergétique ...............................................
3.4. Robustesse thermique face au flux d’air principal ...................................
3.5. Analyse de l’efficacité de filtration des particules ...................................
3.6. Impact sur la chute de pression du système .............................................
Conclusion générale ........................................................................................
Tableau des figures :
Figure 1 (7):Filter temperature profiles over 30 min at varying inlet air
temperatures and recirculation flow rates, including (a) 88 m 3/h at 85 ◦C, (b)
88 m3/h at 95 ◦C, (c) 88 m3/h at 105 ◦C, (d) 148 m3/h at 85 ◦C, (e) 148 m3/h at
95 ◦C, (f) 148 m3/h at 105 ◦C, (g) 223 m3/h at 85 ◦C, (h) 223 m3/h at 95 ◦C, (i)
223 m3/h at 105 ◦C, (j) 296 m3/h at 85 ◦C, (k) 296 m3/h at 95 ◦C, and (l) 296
m3/h at 105 ◦C.
Figure 2 (9) : Comparing energy consumption and required time for
disinfection between cases, meeting the disinfection criteria.
Figure 3 (10) : Investigating the impact of airflow rate within the wind tunnel
ductwork on the average filter temperature at the warm inlet air temperature
of 105 ◦C, and fans’ recirculation flow rate of 296 m3/h.
Figure 1 (12): Comparison of the filtration efficiency between the three cases,
including the standalone MERV-11 filter, open-gate mode (two open units
with MERV-11 filters), and closed-gate mode (one unit closed, one unit open
with the MERV-11 filter) at a duct velocity of (a) 0.5 m/s, (b) 0.75 m/s, and (c)
1 m/s.
Figure 5 (14): Comparison of the pressure drop vs airflow rate between the
three cases, including the standalone MERV-11 filter, the open-gate mode,
and the closed-gate mode.
Introduction Générale
Les agents pathogènes aéroportés, tels que le SARS-CoV-2 (COVID-19),
représentent un défi majeur pour la santé publique, en particulier dans les
environnements intérieurs où les systèmes de Chauffage, Ventilation et
Climatisation (CVC) jouent un rôle crucial dans leur propagation. Selon
l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), plus de 770 millions de cas de
COVID-19 ont été enregistrés mondialement à la fin de 2024, causant
environ 7 millions de décès. Dans ce contexte, la qualité de l'air intérieur
(QAI) devient une préoccupation majeure, d'autant plus que les êtres
humains passent jusqu'à 90% de leur temps dans des espaces clos.
Les filtres CVC, bien qu'indispensables pour capturer les particules en
suspension, présentent une limitation critique : ils peuvent accumuler des
micro-organismes (bactéries, champignons, virus) et devenir des réservoirs
de contamination. Des études ont montré que jusqu'à 25% de ces agents
pathogènes peuvent être relâchés dans l'environnement intérieur lors du
redémarrage des ventilateurs. Cette problématique justifie le développement
de technologies de désinfection efficaces, capables d'inactiver les micro-
organismes accumulés sans compromettre les performances du système
CVC.
Ce mémoire présente une étude approfondie d'un système innovant de
désinfection thermique des filtres CVC par recirculation d'air chaud. L'objectif
principal est de proposer une solution énergétiquement efficace, qui combine
filtration mécanique conventionnelle et inactivation thermique dans une
configuration à deux unités fonctionnant de manière séquentielle. Le
mémoire est structuré en trois chapitres principaux : une revue
bibliographique des technologies existantes, une description détaillée de la
méthodologie expérimentale, et une analyse complète des résultats de
performance thermique, énergétique et de filtration.
Chapitre 1 : Généralités et Recherche Bibliographique
Chapitre 1 – Généralités et Recherche Bibliographique
1.1 Généralités sur la qualité de l’air intérieur et les systèmes CVC
La qualité de l’air intérieur (QAI) constitue un enjeu sanitaire majeur, en
particulier dans les bâtiments à forte occupation tels que les hôpitaux, les
écoles, les bureaux et les transports publics. Les systèmes de chauffage,
ventilation et climatisation (CVC) ont pour rôle d’assurer le renouvellement
de l’air, le confort thermique et la dilution des polluants intérieurs. Toutefois,
ces systèmes peuvent également contribuer à la propagation des
contaminants biologiques si leur conception ou leur maintenance est
inadéquate.
Les filtres à air sont des composants essentiels des systèmes CVC. Ils
permettent de capturer les particules en suspension, incluant les poussières,
les pollens, les bactéries et les virus transportés par les aérosols. Les filtres
sont généralement classés selon leur efficacité (MERV, F7–F9, HEPA), et leur
choix dépend du niveau de protection requis. Malgré leur efficacité de
captation, plusieurs études ont montré que les micro-organismes piégés
peuvent survivre, voire se multiplier, sur le média filtrant lorsque les
conditions de température et d’humidité sont favorables.
Ainsi, les filtres peuvent devenir des sources secondaires de contamination,
relarguant des agents pathogènes dans le flux d’air. Ce phénomène a été
particulièrement mis en évidence lors des pandémies récentes, ce qui a
renforcé l’intérêt pour des solutions de désinfection intégrées directement au
niveau des filtres CVC.
1.2 Problématique de la désinfection des filtres CVC
La désinfection des filtres vise à inactiver ou détruire les micro-organismes
capturés afin d’éviter leur propagation. Plusieurs technologies ont été
développées, notamment la désinfection par rayonnement ultraviolet (UV-C),
l’ozonation, la photocatalyse, le plasma froid et l’inactivation thermique.
Bien que ces technologies puissent être efficaces, elles présentent des
limites importantes. Les systèmes UV nécessitent une exposition directe et
prolongée, l’ozone peut produire des sous-produits nocifs pour la santé, et le
plasma ainsi que la photocatalyse impliquent des coûts élevés et une
complexité d’intégration. Dans ce contexte, la désinfection thermique
apparaît comme une alternative simple, robuste et sûre, reposant sur
l’élévation de la température du filtre à un niveau létal pour les micro-
organismes.
1.3 Recherche bibliographique sur la désinfection thermique et les
technologies associées
Travail 1 – Kowalski et al.
Kowalski et al. ont étudié l’inactivation thermique des micro-organismes dans
les systèmes de ventilation. Leur travail montre que des températures
supérieures à 60 °C permettent une inactivation efficace des bactéries et
virus en un temps relativement court. Ils concluent que la chaleur constitue
une méthode fiable de désinfection, à condition de garantir une distribution
homogène de la température dans le média filtrant.
Travail 2 – Soni et al.
Soni et al. ont proposé un système de désinfection thermique utilisant
l’énergie solaire pour chauffer l’air traversant un filtre. Leur étude démontre
la faisabilité de la désinfection thermique passive, mais met en évidence des
pertes de charge élevées et une forte dépendance aux conditions
climatiques, ce qui limite son application en milieu urbain.
Travail 3 – Xie et al.
Xie et al. ont développé un dispositif basé sur un mur Trombe afin de
produire de l’air chaud destiné à la désinfection des filtres. Les résultats
montrent une réduction significative de la charge microbienne, mais la
température obtenue reste instable et difficile à contrôler, ce qui pose des
problèmes de reproductibilité.
Travail 4 – Yu et al.
Yu et al. ont conçu des filtres auto-chauffants à base de mousse métallique
conductrice. Ces filtres permettent une désinfection rapide par effet Joule.
Toutefois, les températures élevées requises entraînent une consommation
énergétique importante et une dégradation potentielle du matériau filtrant.
Travail 5 – Zhang et al.
Zhang et al. ont analysé la survie des bactéries et virus sur différents médias
filtrants en conditions CVC. Leur étude montre que l’humidité et la
température influencent fortement la viabilité des micro-organismes,
soulignant l’intérêt des solutions thermiques pour rompre leur cycle de
survie.
Travail 6 – Li et al.
Li et al. ont évalué les performances de filtres combinant filtration
mécanique et désinfection UV. Bien que l’efficacité microbiologique soit
élevée, les auteurs soulignent la production potentielle d’ozone et la
diminution de l’efficacité lorsque le rayonnement UV est partiellement
masqué par la poussière.
Travail 7 – Morawska et al.
Morawska et al. ont étudié la transmission des virus par aérosols dans les
bâtiments climatisés. Leur travail démontre que la ventilation seule n’est pas
suffisante pour limiter la contamination et recommande l’intégration de
technologies de désinfection directement dans les systèmes CVC.
Travail 8 – ASHRAE (Rapports techniques)
Les rapports techniques de l’ASHRAE indiquent que la désinfection thermique
est une méthode reconnue pour l’inactivation des agents pathogènes, à
condition que la température cible soit atteinte de manière uniforme et
maintenue pendant un temps suffisant.
Travail 9 – Qian et al.
Qian et al. ont modélisé la propagation des bioaérosols dans les systèmes de
ventilation. Ils concluent que les filtres peuvent devenir des réservoirs
microbiens et recommandent leur désinfection périodique pour limiter les
risques sanitaires.
Travail 10 – Huang et al.
Huang et al. ont comparé différentes méthodes de désinfection (UV, ozone,
thermique). Leur étude montre que la désinfection thermique présente le
meilleur compromis entre efficacité, sécurité sanitaire et simplicité
d’intégration.
Travail 11 – Wang et al.
Wang et al. ont étudié l’impact de la désinfection thermique sur les
performances aérauliques des filtres. Les résultats montrent que des cycles
thermiques bien contrôlés n’entraînent qu’une légère variation de la perte de
charge.
Travail 12 – Mirzazade et al. (Article B1)
Mirzazade et al. ont proposé un système innovant de désinfection thermique
basé sur la recirculation d’air chaud dans deux unités filtrantes alternées.
Leur étude expérimentale montre que la température de désinfection (65 °C)
est atteinte rapidement avec une consommation énergétique très faible, tout
en maintenant une efficacité de filtration acceptable.
1.4 Synthèse et positionnement du travail
L’analyse bibliographique met en évidence l’intérêt croissant pour la
désinfection thermique des filtres CVC. Toutefois, les solutions existantes
souffrent soit d’une consommation énergétique élevée, soit d’une intégration
complexe, soit de risques sanitaires. Le système étudié dans ce mémoire se
positionne comme une solution intermédiaire innovante, combinant
simplicité, efficacité thermique et sécurité, répondant ainsi aux limites
identifiées dans la littérature.
Chapitre 2 : Méthodes et Solutions - Une Technologie de
Désinfection Thermique pour les Systèmes CVC
1. Introduction au Problème de la Contamination de l'Air Intérieur
par les Systèmes CVC
La propagation des pathogènes aéroportés, mise en évidence par des
pandémies mondiales comme la grippe H1N1 et plus récemment le SARS-
CoV-2, a positionné la qualité de l'air intérieur (QAI) comme un enjeu
stratégique de santé publique. Les systèmes de chauffage, ventilation et
climatisation (CVC) jouent un rôle central dans la gestion de cet enjeu. S'ils
sont conçus pour améliorer la QAI en diluant les contaminants et en
maintenant le confort thermique, ils peuvent paradoxalement devenir des
vecteurs de propagation des maladies si leur conception ou leur
maintenance est inadéquate.
Le composant le plus critique à cet égard est le filtre à air. Sa fonction
première est de capturer les particules, y compris les micro-organismes
pathogènes, en les retirant de la circulation d'air. Cependant, cette fonction
de capture crée un problème secondaire majeur : l'accumulation de microbes
sur le média filtrant. Des études en laboratoire et sur le terrain ont démontré
que les filtres CVC, y compris les modèles à haute efficacité (HEPA), peuvent
se transformer en véritables "terrains de reproduction" pour une variété de
micro-organismes. Des bactéries comme Escherichia coli et Pseudomonas
spp., ainsi que des champignons tels qu'Aspergillus et Penicillium, y
prolifèrent. Plus récemment, il a été prouvé que des particules virales, y
compris l'ARN du SARS-CoV-2, peuvent être récupérées sur ces filtres, les
transformant en réservoirs potentiels de contaminants.
Ce phénomène engendre un risque significatif de recontamination de l'air
intérieur. La littérature scientifique quantifie ce risque de manière
alarmante : un filtre contaminé peut relarguer jusqu'à 1 % des micro-
organismes capturés lors de son fonctionnement normal. Ce taux peut
grimper de manière spectaculaire pour atteindre jusqu'à 25 % lors de
conditions transitoires, comme le redémarrage du système de ventilation.
Face à ce constat, il devient impératif de développer des technologies de
désinfection complémentaires capables d'inactiver les microbes directement
sur les filtres, afin de prévenir la contamination secondaire des bâtiments et
de garantir une protection sanitaire efficace.
2. Analyse Critique des Technologies de Désinfection Existantes
Pour contrer le risque de contamination secondaire par les filtres, de
nombreuses technologies de purification et de désinfection de l'air ont été
développées. Chacune propose une approche distincte pour éliminer ou
inactiver les pathogènes. Cependant, leur application dans le contexte
spécifique des systèmes CVC se heurte à des limites pratiques importantes.
Cette section évalue de manière critique les approches existantes afin
d'identifier leurs lacunes et de justifier la nécessité d'une solution innovante.
Le tableau ci-dessous synthétise les principales technologies, leurs
mécanismes d'action, ainsi que leurs avantages et inconvénients majeurs.
Technologie et Mécanisme Avantages et Inconvénients Majeurs
Avantages : Faible coût, installation
Filtres conventionnels <br> simple, large disponibilité. <br>
Capture les micro-organismes par Inconvénients : Risque de prolifération
impaction, diffusion et microbienne et de contamination
interception au sein d'un secondaire. Les filtres à haute efficacité
matériau fibreux. peuvent générer une perte de charge
élevée.
Avantages : Haute efficacité pour une
large gamme de tailles de particules,
Filtres électrostatiques <br> perte de charge plus faible que les filtres
Collecte les particules chargées fibreux équivalents. <br> Inconvénients
via des forces de Coulomb et de : Coût initial élevé, efficacité dégradée par
polarisation. l'accumulation de poussière, risque de
claquage électrique et de génération
d'ozone.
Filtres antimicrobiens <br> Avantages : Réduit le risque de relargage
Inactive les bioaérosols piégés à en limitant la croissance microbienne sur
l'aide d'agents ou de revêtements le filtre. <br> Inconvénients : Spécificité
antimicrobiens. d'action (n'inactive pas tous les microbes),
coûts initiaux plus élevés, dégradation
potentielle de l'efficacité et augmentation
de la perte de charge.
Avantages : Haute efficacité
Irradiation Germicide
d'inactivation, faible résistance au flux
Ultraviolette (UVGI) <br>
d'air, pas de produits chimiques. <br>
Utilise des ondes
Inconvénients : L'efficacité dépend
électromagnétiques courtes
fortement des conditions (humidité,
(généralement 254 nm) pour
température, vitesse de l'air). La lumière
endommager l'ADN des
UV peut être bloquée, est cancérigène et
pathogènes et empêcher leur
nocive pour la peau et les yeux, et ajoute
réplication.
de la chaleur au système CVC.
Avantages : Potentiel d'inactivation
Oxydation Photocatalytique d'une large gamme de micro-organismes
<br> Utilise la lumière (souvent et de dégradation des composés
UV) et un catalyseur (ex: TiO₂) organiques volatils. <br>
pour produire des espèces Inconvénients : Peut produire des sous-
réactives de l'oxygène qui produits nocifs (aldéhydes, cétones),
inactivent les microbes. efficacité réduite par l'encrassement,
durée de vie limitée du catalyseur.
Avantages : Efficace contre un large
éventail de polluants, réduit la croissance
Plasma <br> Génère des
fongique et élimine les odeurs. <br>
espèces chimiques réactives via
Inconvénients : Peut générer des sous-
un champ électrique pour
produits nocifs (ozone, monoxyde de
endommager les micro-
carbone, particules fines), nécessite une
organismes.
maintenance spécialisée, coûteux pour les
grands espaces.
Avantages : Haute efficacité
d'inactivation, excellente pénétration, pas
Traitement Thermique <br> d'additifs chimiques, n'induit pas de perte
Utilise une température élevée de charge excessive. <br>
(chaleur sèche ou humide) pour Inconvénients : Consommation
dénaturer les enzymes et les d'énergie élevée, ajoute de la chaleur au
protéines des bioaérosols. système CVC, non rentable pour les
grands espaces, risque de déformation
thermique des matériaux.
Avantages : Inactive un large éventail de
Ozonation <br> Produit de
micro-organismes, mécanisme de réaction
l'ozone par décharge corona pour
rapide. <br> Inconvénients : Génère de
endommager la membrane
l'ozone et des contaminants secondaires,
cellulaire et les protéines des
cause des problèmes respiratoires, ne doit
microbes.
pas être utilisé dans les espaces occupés.
Avantages : Stérilisation rapide, ne
Micro-ondes <br> Utilise des produit pas de sous-produits. <br>
ondes électromagnétiques non Inconvénients : Faible absorption par
ionisantes pour dénaturer les l'air, nécessite des matériaux absorbants,
cellules par chaleur induite. l'exposition aux radiations présente des
risques.
L'application de ces technologies à la décontamination des filtres CVC révèle
des défis spécifiques. L'irradiation UVGI, par exemple, peine à pénétrer les
structures denses des filtres plissés, compromettant son efficacité. Les
précipitateurs électrostatiques (ESP) et les systèmes plasma, bien
qu'efficaces, sont limités par leur tendance à générer de l'ozone, un polluant
réglementé. Enfin, les revêtements photocatalytiques dépendent d'une
irradiation UV constante et peuvent perdre leur efficacité dans des conditions
de débit d'air élevées.
Ces lacunes critiques positionnent l'approche thermique comme une réponse
directe et délibérée aux faiblesses identifiées. En surmontant les problèmes
de pénétration des UV, en éliminant la génération de sous-produits nocifs
comme l'ozone et en s'affranchissant de la dépendance à une source externe
d'irradiation, une solution thermique innovante peut offrir une désinfection
de filtre sûre, efficace et économe en énergie.
3. Une Solution Innovante : La Désinfection Thermique par Air
Recirculé
En réponse directe aux défis identifiés, une nouvelle technologie de
désinfection a été développée. Son objectif est de fournir une inactivation
microbienne efficace et fiable directement sur les filtres CVC, tout en
minimisant la consommation d'énergie et en éliminant la production de sous-
produits nocifs tels que l'ozone.
Le principe de fonctionnement repose sur une conception modulaire et
séquentielle, où deux unités fonctionnent en alternance (voir Figures 1 et 2).
L'appareil se compose de deux unités de filtration identiques, placées côte à
côte dans la gaine CVC. Chaque unité peut fonctionner alternativement dans
l'un des deux modes suivants :
Mode Filtration : Une des unités est active, avec ses volets ouverts,
permettant à l'air du système CVC de la traverser. Son filtre capture les
particules et les micro-organismes en suspension, assurant sa fonction
de purification classique.
Mode Désinfection : Simultanément, la seconde unité est isolée du
flux d'air principal par la fermeture de ses volets. À l'intérieur de cette
enceinte close, un système dédié est activé. Des ventilateurs axiaux
font recirculer l'air à travers un élément chauffant, puis à travers le
filtre. Ce cycle en boucle fermée élève progressivement la température
du média filtrant jusqu'à une consigne de 65 °C, une température
maintenue pendant 10 minutes pour garantir l'inactivation thermique
complète des pathogènes capturés.
L'un des avantages conceptuels majeurs de cette approche est que le
processus de chauffage se déroule dans une enceinte isolée. Cette isolation
thermique minimise la consommation d'énergie nécessaire pour atteindre et
maintenir la température de désinfection. De plus, elle empêche le rejet
d'une chaleur excessive dans le système CVC, ce qui est particulièrement
critique pendant les saisons de climatisation. Une fois le cycle de
désinfection terminé sur une unité, les rôles sont inversés, assurant une
filtration continue de l'air tout en permettant une désinfection périodique et
efficace.
Pour valider ce concept prometteur, un protocole expérimental rigoureux a
été mis en place afin d'évaluer de manière quantitative ses performances
thermiques, énergétiques et aérauliques.
4. Protocole d'Évaluation Expérimentale de la Performance
La méthodologie d'évaluation de la nouvelle technologie a été conçue pour
quantifier précisément sa performance selon deux axes principaux : la
performance thermique et énergétique du cycle de désinfection, et son
impact sur l'efficacité de filtration et la perte de charge du système CVC. Ces
évaluations ont été menées à l'aide d'un prototype fonctionnel testé au sein
d'une soufflerie aérosol en circuit fermé.
4.1. Évaluation de la Performance Thermique et Énergétique
Le montage expérimental visait à simuler les conditions réelles d'un cycle de
désinfection. Le prototype a été fabriqué à partir de feuilles de polycarbonate
à double paroi, choisies pour leurs propriétés d'isolation thermique. Chaque
unité abrite :
Un filtre plissé MERV 11.
Un élément chauffant composé de fils de nichrome.
Quatre ventilateurs axiaux pour la recirculation de l'air.
Seize thermocouples de type T, positionnés stratégiquement sur les
faces avant et arrière du filtre, pour un suivi précis de la distribution de
température.
Les mesures étaient assurées par un enregistreur de données (NI-9213) pour
les températures et un wattmètre (Poniie-PN2000) pour la consommation
d'énergie. Les tests ont été réalisés sous différentes conditions afin de
déterminer les paramètres optimaux :
Quatre débits de recirculation de l'air chauffé : 88, 148, 223 et 296
m³/h.
Trois températures de consigne de l'air en entrée du filtre : 85, 95
et 105 °C.
4.2. Mesure de l'Efficacité de Filtration et de la Perte de Charge
Une soufflerie aérosol en circuit fermé, conçue selon les spécifications de la
norme ASHRAE 52.2, a été utilisée pour évaluer l'impact du système sur la
performance de filtration. Le protocole de test comprenait :
La génération d'aérosols de chlorure de potassium (KCl) de taille
contrôlée.
L'utilisation d'un compteur optique de particules (OPC) unique, couplé
à une vanne de commutation, pour effectuer des mesures précises des
concentrations de particules en amont et en aval du dispositif.
La mesure de la perte de charge à l'aide d'un transmetteur de pression
différentielle.
Trois configurations distinctes ont été testées pour comparer les
performances :
1. Filtre autonome : Un filtre MERV 11 standard, servant de cas de
référence.
2. Système en mode "volets ouverts" : Le dispositif de désinfection
est en place, mais les deux unités sont ouvertes au flux d'air, simulant
le fonctionnement normal de filtration.
3. Système en mode "volets fermés" : Une unité est fermée pour un
cycle de désinfection, forçant ainsi l'intégralité du flux d'air à travers la
seule unité restée ouverte et doublant de ce fait la vitesse de l'air sur
son filtre.
Les résultats obtenus grâce à ce protocole détaillé sont présentés dans la
section suivante et permettent de valider l'efficacité globale de la solution
proposée.
5. Analyse des Résultats et Validation de la Solution
L'objectif de cette section est de présenter et d'interpréter les données
expérimentales afin de démontrer la viabilité et l'efficacité de la technologie
de désinfection thermique. L'analyse se concentre sur quatre indicateurs clés
: la performance thermique, l'efficacité énergétique, l'efficacité de filtration
et la perte de charge.
5.1. Performance Thermique : Atteinte Rapide de la Température de
Désinfection
L'analyse thermique a montré que la vitesse à laquelle le filtre atteint la
température cible de 65 °C dépend fortement de deux paramètres : la
température de l'air d'entrée et le débit de recirculation. L'augmentation de
ces deux facteurs réduit considérablement le temps de chauffe. Les
conditions optimales ont été identifiées comme suit :
Une température d'air en entrée de 105 °C.
Un débit de recirculation de 296 m³/h.
Dans ces conditions, l'ensemble du média filtrant atteint et dépasse la
température de désinfection de 65 °C en un temps remarquablement court,
soit environ 3 minutes.
5.2. Efficacité Énergétique : Un Cycle de Désinfection à Faible Coût
La performance énergétique a été quantifiée dans les conditions optimales
décrites ci-dessus. Le cycle de désinfection complet, comprenant 3 minutes
de montée en température et 10 minutes de maintien, dure au total 13
minutes. La consommation d'énergie électrique pour l'ensemble de ce cycle
est de seulement 0,11 kWh.
Un résultat particulièrement notable est que l'impact du débit d'air principal
dans la gaine CVC sur cette consommation d'énergie est négligeable. Que la
soufflerie fonctionne à son débit maximal (2100 m³/h) ou soit à l'arrêt, la
consommation reste quasi identique. Cela confirme l'excellente performance
de l'isolation de l'unité de désinfection, qui empêche les pertes de chaleur
vers le flux d'air ambiant.
5.3. Impact sur la Filtration et la Perte de Charge
L'évaluation de la performance en conditions de fonctionnement réel a
donné les résultats suivants :
Mode "volets ouverts" (fonctionnement normal) : Lorsque les
deux unités sont ouvertes, l'efficacité de filtration et la perte de charge
du système sont quasiment identiques à celles d'un filtre autonome.
L'augmentation de la perte de charge est inférieure à 5 % (environ 3
Pa à un débit de 2000 m³/h), ce qui est considéré comme négligeable.
Le système n'entrave donc pas la performance du CVC en
fonctionnement normal.
Mode "volets fermés" (cycle de désinfection) : Lorsqu'une unité
est fermée, tout le flux d'air est dirigé vers la seule unité ouverte. Cela
double la vitesse de l'air à travers le filtre actif, entraînant une
augmentation significative de la perte de charge. À 2000 m³/h, la perte
de charge passe de 65 Pa (référence) à 205 Pa, ce qui représente une
perte de charge additionnelle de 140 Pa. Bien qu'une telle
augmentation puisse paraître substantielle, c'est la nature transitoire
de cette augmentation — limitée à un cycle de seulement 13 minutes
— qui rend son impact sur la consommation énergétique globale du
système CVC négligeable. L'énergie supplémentaire consommée par le
ventilateur principal du CVC pour surmonter cette résistance est
estimée à seulement 0,03 kWh par cycle. Ceci démontre un succès
d'ingénierie clé : atteindre une désinfection efficace sans imposer une
pénalité énergétique significative et continue au ventilateur principal
du CVC.
Les résultats expérimentaux valident donc la performance technique de la
solution, démontrant qu'elle est à la fois rapide, économe en énergie et
qu'elle n'impacte que très faiblement le fonctionnement global du système
CVC. Il convient maintenant d'examiner ses implications pratiques.
6. Perspectives Pratiques, Limites et Conclusion
Les résultats expérimentaux confirment que la technologie de désinfection
thermique par air recirculé offre une solution concrète et performante. Cette
section met en perspective ces résultats en abordant les avantages
pratiques, les scénarios d'application, les limites actuelles et les orientations
futures.
Par rapport aux technologies existantes, cette solution présente des
avantages pratiques distincts :
Sécurité : L'approche thermique n'implique aucune réaction chimique
et ne génère donc ni ozone, ni sous-produits nocifs, garantissant une
meilleure qualité de l'air intérieur.
Efficacité énergétique : Avec une consommation de seulement 0,11
kWh par cycle de 13 minutes, le système est nettement plus
économe que d'autres méthodes, comme l'UVGI, dont la
consommation peut être significativement plus élevée pour une
efficacité de décontamination comparable sur un filtre.
Performance : En mode de fonctionnement normal, la technologie
maintient une efficacité de filtration et une perte de charge quasi
identiques à celles d'un filtre standard, préservant ainsi la performance
du système CVC.
Sur le plan du déploiement, la conception modulaire rend le système
adaptable à une large gamme d'applications. Il peut être intégré dans les
systèmes CVC de grande taille, tels que ceux que l'on trouve dans les
bâtiments commerciaux, les écoles ou les établissements de santé, où la
maîtrise de la contamination aéroportée est une priorité.
Il est toutefois important de reconnaître les limites actuelles de la
technologie. Son efficacité a été démontrée sur des filtres plissés de type
MERV 11. Pour des filtres à très haute efficacité (HEPA), qui sont beaucoup
plus denses, le temps de chauffe nécessaire pourrait devenir excessivement
long, limitant l'aspect pratique de la méthode. De plus, l'installation du
système requiert un espace suffisant pour le module de recirculation, ce qui
pourrait être une contrainte dans certaines configurations CVC compactes ou
lors de rénovations. Enfin, il convient de noter que la validation du concept
s'est appuyée sur des données de la littérature concernant l'inactivation
thermique, et non sur des tests avec des micro-organismes vivants.
En conclusion, cette étude démontre qu'un système de désinfection
thermique par air recirculé au sein d'une enceinte isolée représente une
solution prometteuse pour la décontamination des filtres CVC. Les principales
conclusions sont les suivantes :
1. Une augmentation de la température de l'air chaud en entrée et du
débit de recirculation diminue de manière significative le temps
nécessaire pour atteindre la température de désinfection sur le filtre.
2. Avec une température d'air d'entrée de 105 °C et un débit de
recirculation de 296 m³/h, le système proposé élève la température
d'un filtre MERV 11 de la température ambiante à 65 °C en seulement
3 minutes. Le maintien de cette condition pendant 10 minutes
supplémentaires assure l'élimination des virus capturés, pour une
consommation d'énergie totale de 0,11 kWh.
3. Une augmentation de la vitesse de l'air dans la gaine diminue le
mécanisme de capture des aérosols submicroniques. Cependant, pour
les particules de grande taille, une augmentation du débit dans la
gaine accroît l'impaction inertielle et, par conséquent, l'efficacité de
filtration.
4. Le système n'affecte pas l'efficacité de filtration par rapport à un filtre
autonome lorsque les volets des deux unités sont ouverts. Cependant,
pendant la désinfection, lorsqu'une unité est isolée, l'efficacité de
filtration des particules submicroniques diminue, tandis que celle des
particules de grande taille augmente par rapport à un filtre témoin.
5. En conditions de fonctionnement normales (volets ouverts), le système
n'impose pas de résistance significative au flux d'air. Cependant,
pendant la désinfection (volets fermés), la perte de charge augmente
considérablement, mais la courte durée du cycle (environ 13 minutes)
assure que cet impact sur la consommation énergétique totale des
ventilateurs du CVC est négligeable.
Cette technologie offre une approche efficace, sûre et économe en énergie
pour améliorer la qualité de l'air intérieur et réduire les risques de
transmission de maladies via les systèmes CVC. Les travaux futurs se
concentreront sur la réalisation de tests biologiques pour quantifier
directement l'efficacité d'inactivation microbienne sur des filtres chargés de
pathogènes vivants.
Chapitre 3 : Résultats
Introduction
Cette section présente les données expérimentales clés qui valident la
performance de la nouvelle technologie de désinfection thermique pour les
filtres des systèmes de Chauffage, Ventilation et Climatisation (CVC).
L'analyse se concentre sur l'évaluation de quatre aspects critiques qui
déterminent sa performance et son applicabilité pratique : le transfert de
chaleur au sein de l'unité, la performance énergétique du cycle de
désinfection, l'impact sur l'efficacité de filtration des particules, et l'influence
sur la résistance aéraulique du système.
1. Performance du Transfert de Chaleur et Conditions
Opérationnelles Optimales
L'évaluation de la performance thermique du système est d'une importance
stratégique capitale, car elle conditionne la capacité même de la technologie
à atteindre son objectif de désinfection. L'objectif principal est double :
premièrement, déterminer si le filtre peut atteindre et maintenir de manière
uniforme la température de désinfection cible de 65 °C, et deuxièmement,
identifier les conditions opérationnelles qui permettent d'y parvenir de la
manière la plus efficace et la plus rapide possible.
L'analyse des données expérimentales (résumées dans la Figure 7 du rapport
d'étude)
révèle une corrélation directe entre les paramètres de fonctionnement et le
temps de chauffe du filtre. En faisant varier le débit d'air de recirculation
interne (de 88 m³/h à 296 m³/h) et la température de consigne de l'air
d'entrée (85 °C, 95 °C et 105 °C), il a été observé que ces deux facteurs
influencent de manière significative le temps nécessaire pour que l'ensemble
de la surface du filtre atteigne la température cible de 65 °C.
La conclusion clé de cette analyse est sans équivoque : des débits de
recirculation et des températures d'air d'entrée plus élevés réduisent
considérablement le temps de chauffe. Cette accélération du transfert de
chaleur est due à l'amélioration de la convection forcée à la surface du filtre.
Comme l'illustre la Figure 7(l), les conditions opérationnelles optimales (un
débit d'air de recirculation de 296 m³/h et une température d'air d'entrée de
105 °C) permettent à l'ensemble de la surface du filtre d'atteindre la
température cible de 65 °C en environ 3 minutes, bien en deçà du seuil de
5 minutes.
Après avoir déterminé ces conditions optimales pour le transfert de chaleur,
il est essentiel d'évaluer la consommation d'énergie associée à ce cycle de
désinfection rapide et efficace.
fig7 :
2. Évaluation de la Performance Énergétique
Au-delà de l'efficacité thermique, la consommation d'énergie est un facteur
déterminant pour la viabilité pratique et l'adoption à grande échelle de cette
technologie. Une consommation excessive rendrait le système peu attractif
d'un point de vue économique et environnemental. Cette section vise donc à
quantifier avec précision l'énergie requise pour réaliser un cycle de
désinfection complet dans les conditions les plus performantes.
L'analyse de la relation entre la consommation d'énergie et le temps de
désinfection (présentée dans la Figure 9 du rapport) confirme que les
conditions optimales identifiées précédemment offrent la meilleure
performance globale. Le cas le plus performant est celui qui combine le
temps de désinfection le plus court avec la consommation d'énergie la plus
faible parmi toutes les configurations testées ayant atteint la cible.
Dans les conditions optimales (débit de 296 m³/h et température de 105 °C),
la performance énergétique est particulièrement notable :
Le filtre atteint la température cible de 65 °C en environ 3 minutes.
En ajoutant les 10 minutes de maintien à cette température, requises
pour une inactivation virale efficace, la durée totale du cycle de
désinfection est de 13 minutes.
La consommation d'énergie totale pour ce cycle complet est de
seulement 0,11 kWh.
Cette faible consommation positionne la technologie comme une solution
potentiellement rentable. Il reste cependant à vérifier si cette performance
énergétique reste stable indépendamment des conditions de fonctionnement
variables du système CVC principal.
Fig9 :
3. Robustesse Thermique du Système face au Flux d'Air Principal
Une préoccupation majeure lors de l'intégration d'un tel dispositif dans un
conduit CVC est l'interférence potentielle du flux d'air principal avec le
processus de désinfection. Un flux d'air froid circulant à grande vitesse
autour de l'unité pourrait dissiper la chaleur et compromettre sa capacité à
maintenir la température cible. Cette analyse évalue donc la robustesse
thermique du système, qui est directement liée à l'efficacité de son isolation.
Les résultats d'un test comparatif (illustrés à la Figure 10 du rapport) sont
particulièrement révélateurs. Les profils de température moyens du filtre ont
été mesurés dans deux scénarios : avec le tunnel aéraulique en
fonctionnement à son débit maximal (2100 m³/h) et avec le tunnel à l'arrêt
(débit nul). La comparaison des deux courbes montre une superposition
quasi parfaite.
La conclusion est claire : le débit d'air dans le conduit CVC a un impact
négligeable sur la performance thermique de l'unité de désinfection. Cette
remarquable robustesse est attribuée à l'excellente isolation thermique
fournie par les feuilles de polycarbonate à double paroi utilisées pour la
construction du boîtier, qui minimisent efficacement les pertes de chaleur
vers l'environnement extérieur.
L'analyse thermique ayant confirmé l'efficacité et la robustesse du processus
de chauffe, l'attention se porte maintenant sur la fonction première du filtre :
sa capacité à capturer les particules en suspension dans l'air.
Fig10
4. Analyse de l'Efficacité de Filtration des Particules
L'intégration d'un dispositif de désinfection ne doit en aucun cas
compromettre la fonction première du filtre, qui est de capturer efficacement
les particules en suspension pour maintenir la qualité de l'air intérieur. Il est
donc impératif de vérifier que la nouvelle structure n'altère pas
négativement cette performance. Cette section compare l'efficacité de
filtration du système à celle d'un filtre standard équivalent.
La comparaison de l'efficacité de retrait des particules en fonction de leur
taille (données de la Figure 12) a été effectuée pour trois configurations
distinctes : le filtre MERV 11 autonome, le système en mode de
fonctionnement normal ("portes ouvertes") et le système en mode de
désinfection ("portes fermées").
Les observations clés pour chaque mode sont les suivantes :
Mode "portes ouvertes" (fonctionnement normal) : Il n'y a
aucune différence significative d'efficacité de filtration par rapport
au filtre autonome. Cette observation confirme que le châssis et les
portes du dispositif, lorsqu'ils sont ouverts, n'ont qu'un impact mineur
et n'entravent pas la performance de filtration standard du système.
Mode "portes fermées" (pendant la désinfection) : Un double
effet intéressant est observé.
o Premièrement, une diminution de l'efficacité pour les particules
les plus fines (submicroniques). Cela s'explique par le fait que la
vitesse de l'air est doublée à travers l'unité restante, réduisant le
temps disponible pour que la capture par diffusion (mouvement
brownien) soit efficace.
o Deuxièmement, une augmentation de l'efficacité pour les
particules plus grosses. La vitesse accrue améliore la capture par
impaction inertielle, où les particules plus lourdes ne peuvent
suivre les lignes de courant de l'air et entrent en collision avec
les fibres du filtre.
La modification des caractéristiques de filtration est directement liée aux
changements de vitesse de l'air, qui influencent également la résistance à
l'écoulement, un paramètre connu sous le nom de chute de pression.
Fig 12
5. Impact sur la Chute de Pression du Système
La chute de pression est un indicateur de performance critique pour tout
composant d'un système CVC. Elle représente la résistance à l'écoulement
de l'air et se traduit directement par une consommation d'énergie
supplémentaire pour le ventilateur principal, qui doit travailler plus dur pour
maintenir le débit d'air souhaité. Il est donc essentiel de quantifier l'impact
du dispositif sur ce paramètre.
L'évaluation des données de la Figure 13 permet de quantifier et de
comparer la chute de pression à travers les trois configurations (filtre
autonome, portes ouvertes, portes fermées) pour différents débits d'air.
Les résultats se présentent comme suit :
Mode "portes ouvertes" : L'augmentation de la chute de pression
par rapport au filtre autonome est négligeable. À un débit élevé de
2000 m³/h, cette augmentation est inférieure à 5 %, soit environ 3
Pascals (Pa). En fonctionnement normal, le dispositif n'impose donc pas
de charge énergétique significative supplémentaire au système.
Mode "portes fermées" : L'augmentation de la chute de pression est
substantielle. À 2000 m³/h, elle passe de 65 Pa pour le filtre seul à
environ 205 Pa, ce qui représente une charge additionnelle de 140 Pa.
Cette hausse spectaculaire s'explique par le doublement de la vitesse
de l'air qui est forcé de passer à travers la seule unité ouverte,
augmentant ainsi considérablement la résistance à l'écoulement.
Fig13
Les résultats expérimentaux valident la performance et la viabilité de la
technologie proposée. Le système atteint la température de désinfection
cible de 65 °C en un temps remarquablement court de 3 minutes,
nécessitant seulement 0,11 kWh pour un cycle de désinfection complet de
13 minutes. Cette performance s'avère robuste et indépendante du flux d'air
principal du système CVC. Bien que ce cycle augmente temporairement la
chute de pression à travers le dispositif, la pénalité énergétique associée
pour le ventilateur principal est négligeable, s'élevant à seulement 0,03
kWh par cycle. L'ensemble de ces résultats démontre que les impacts
opérationnels majeurs, à la fois en termes de consommation énergétique et
de résistance aéraulique, sont minimes et circonscrits à une période de
désinfection brève et efficace, confirmant ainsi le potentiel d'intégration de
cette technologie dans les systèmes CVC modernes.
Conclusion générale
Les figures analysées mettent clairement en évidence les performances
thermiques, énergétiques et aérauliques du dispositif de désinfection
proposé, basé sur la recirculation d’air chaud à travers des filtres HVAC. Les
résultats montrent tout d’abord que l’élévation de la température du filtre
dépend fortement du débit de recirculation et de la température de l’air
entrant. Les profils de température révèlent une montée rapide et homogène
de la température du filtre lorsque des débits élevés de recirculation sont
combinés à une température d’entrée élevée. En particulier, l’ensemble de la
surface filtrante atteint le seuil critique de 65 °C en un temps réduit, inférieur
à quelques minutes dans les conditions optimales, ce qui garantit le respect
des critères de désinfection thermique.
Les figures relatives à la distribution spatiale de la température indiquent
également une bonne homogénéité thermique du filtre lorsque le débit de
recirculation est suffisant. L’augmentation du débit améliore le transfert
convectif et réduit les écarts de température entre les différentes zones du
filtre, ce qui est essentiel pour assurer une inactivation uniforme des micro-
organismes sur l’ensemble du média filtrant. Ces résultats confirment que la
combinaison d’une température d’air élevée et d’un débit de recirculation
important constitue un paramètre clé pour une désinfection rapide et
efficace.
Du point de vue énergétique, les figures montrent que la durée totale du
cycle de désinfection reste courte, de l’ordre d’une dizaine de minutes,
incluant la phase de montée en température et le temps de maintien requis.
L’énergie consommée par cycle demeure faible, ce qui traduit une bonne
efficacité énergétique du système. De plus, la comparaison des résultats
obtenus avec et sans écoulement principal dans la gaine met en évidence
une influence négligeable du débit d’air du système HVAC sur la performance
thermique et la consommation énergétique, soulignant l’efficacité de
l’isolation du dispositif.
Concernant les performances de filtration, les figures comparant l’efficacité
de capture des particules montrent que, en mode normal de fonctionnement
(unités ouvertes), le dispositif présente une efficacité équivalente à celle
d’un filtre autonome. Aucun impact significatif sur l’efficacité de filtration
n’est observé, ce qui indique que l’intégration du système de désinfection
n’altère pas les performances de filtration en conditions standards. En
revanche, lors de la phase de désinfection, lorsque l’une des unités est
isolée, une diminution de l’efficacité pour les particules submicroniques est
observée, tandis que l’efficacité augmente pour les particules de plus grande
taille. Ce comportement est directement lié à l’augmentation de la vitesse
frontale de l’air sur le filtre actif, modifiant les mécanismes dominants de
capture.
Enfin, les figures relatives à la perte de charge montrent que, en mode
normal, l’ajout du dispositif n’entraîne qu’une augmentation négligeable de
la perte de charge par rapport à un filtre seul. En mode désinfection, une
augmentation significative de la perte de charge est observée en raison du
doublement du débit à travers le filtre actif. Toutefois, cette augmentation
reste temporaire et limitée à une courte durée, ce qui réduit fortement son
impact sur la consommation énergétique globale du ventilateur du système
HVAC.
En résumé, l’analyse des figures sélectionnées démontre que le système
proposé permet d’atteindre rapidement et de manière homogène la
température de désinfection requise, avec une faible consommation
énergétique, tout en maintenant des performances de filtration comparables
à celles d’un filtre conventionnel en fonctionnement normal. L’augmentation
ponctuelle de la perte de charge et la variation de l’efficacité de filtration
pendant la phase de désinfection restent limitées dans le temps et
n’affectent pas significativement les performances globales du système. Ces
résultats confirment la pertinence et la faisabilité du concept pour une
intégration efficace dans les systèmes HVAC.
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