Main
Main
a
Service d’imagerie médicale, hôpital Sud, CHU de Rennes, 16, boulevard de Bulgarie, 35056
Rennes, France
b
Service de rhumatologie, hôpital Sud, CHU de Rennes, 16, boulevard de Bulgarie, 35056
Rennes, France
c
Service d’imagerie médicale, groupe hospitalier Pitié-Salpétrière, 43-87, boulevard de
l’Hôpital, 75013 Paris, France
d
Service de chirurgie orthopédique, réparatrice et traumatologique, hôpital Pontchaillou,
CHU de Rennes, 2, rue Henri-Le-Guilloux, 35033 Rennes cedex 9, France
MOTS CLÉS Résumé La lombalgie commune est un symptôme fréquent, pouvant aboutir à l’invalidité et à
Lombalgie ; d’importantes répercussions socioprofessionnelles. Malgré les progrès techniques en imagerie,
Imagerie par la cause précise de la douleur est souvent difficile à affirmer. Le vieillissement naturel du
résonance disque s’exprime sous forme de francs remaniements morphologiques en IRM chez des patients
magnétique ; totalement asymptomatiques. La question de la valeur prédictive de ces remaniements se pose
Imagerie lombaire ; donc dans le cadre des lombalgies. À travers cette revue de littérature, nous avons souhaité
Dégénérescence de établir un état des lieux des connaissances sur le sujet et, le cas échéant, en extraire les
disque intervertébral principales notions utiles à la bonne pratique de l’imagerie par IRM. Les segments antérieurs
et postérieurs du rachis seront successivement traités en intégrant à chaque fois des rappels
anatomiques, physiologiques puis sémiologiques. Dans un second temps, la valeur des signes
retenus sera discutée.
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S12 I. Ract et al.
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Valeur des signes IRM dans la lombalgie commune S13
Tableau 1 Classification des modifications discales dégénératives en grade [19] ou en stade [12] utilisées selon les
études.
Grade Stade Modifications corrélées en IRM
Grade 1 et 2 Normal Hypersignal T2 homogène ou avec une ligne centrale en hyposignal T2 sans
anomalie de hauteur du disque
Grade 3 Discret Discrète diminution du signal T2 du disque sans anomalie de hauteur du
disque
Grade 4 Modéré Franc hyposignal T2 du disque et/ou pincement discal inférieur à 50 %
Grade 5 Sévère Hyposignal T2 du disque marqué et pincement discal de plus de 50 %
nette prédominance aux deux derniers étages lombaires Chez les sujets asymptomatiques, sa prévalence varie
[10,20,21]. Si les grades de dégénérescence discale sont entre 12 et 56 % [12,25] et augmente avec l’âge [12]. Dans
peu pris en compte dans la littérature, les modifications l’étude de Stadnik et al., portant sur 36 volontaires asymp-
dites « discrètes » semblent plus fréquentes (26 % à 100 %) tomatiques, 11 % des sujets de moins de 30 ans avaient une
que les modifications dites « modérées à sévères » (35 à 72 %) zone d’hypersignal T2 alors qu’on la retrouvait chez 100 %
[10,12,13,22]. À titre d’exemple, Malghem et al., étudiant des sujets de plus 61 ans. Au total, un peu plus d’un sujet
69 patients indemnes de tout symptôme (20 à 75 ans), ne sur deux en était porteur [12].
constataient des modifications discales sévères que chez un
seul patient (1 %) tandis qu’elles étaient jugées modérées Saillies discales
dans 35 % des cas, même à des âges jeunes [10].
Les saillies discales vers l’extérieur sont classées selon leur
Hypersignal postérieur du disque extension circonférentielle, globale ou plus focale, et leur
morphologie propre lorsqu’elles sont focales. Ces aspects
Le vieillissement du NP s’exprime sous forme de fissurations ont fait l’objet d’un consensus que nous reprenons ici (Fig. 3)
radiaires, transversales ou concentriques. Les fissurations [26].
radiaires et postérieures sont responsables d’un hypersi- Le bombement (ou étalement) discal global se définit
gnal postérieur du disque en pondération T2, de topographie comme une saillie du disque au-delà des contours des pla-
médiane ou paramédiane, appélé High Intensity Zone (HIZ) teaux vertébraux sur plus de 50 % de leur circonférence [26].
dans la littérature anglophone (Fig. 2). L’étude histolo- Il accompagne le plus souvent la perte de hauteur discale.
gique du HIZ montre la présence de tissu de granulation Sa présence est retrouvée chez 15 à 81 % des sujets asymp-
hypervascularisé parfois inflammatoire autour de la fissure, tomatiques [12,25].
favorisant la pénétration de matériel d’origine nucléaire La hernie discale diffère du bombement par son caractère
[23]. En d’autres termes, cette zone de fragilité est un lieu localisé, la saillie de matériel discal s’effectuant plus foca-
de passage privilégié de la hernie discale vers l’extérieur lement à travers un point de fragilité de l’annulus [16]. Elle
de l’espace intersomatique. Elle est plus fréquente en se définit par sa taille, sa position et sa forme. Sa position
L4—L5 et L5—S1, plus rare en L2—L3 et exceptionnelle en peut être médiane (10 %), postéro-latérale (80 %), forami-
L1—L2 [13,24]. nale, extra-foraminale (10 %) ou antérieure (rare) [6,16].
Figure 2. a : coupe sagittale T2 ; b : axiale T2 centrée sur L4—L5. Hyperintensité T2 discale postérieure, médiane (flèche), témoin d’une
rupture radiaire du disque en axial (tête de flèche).
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S14 I. Ract et al.
Figure 3. Classification des bombements et saillies discales. a : disque normal ; b : bombement discal (débordement du disque sur plus
de 50 % de sa circonférence) ; c : protrusion discale focale (débordement de moins de 25 % de la circonférence du disque) ; d : protrusion
à base large (débordement entre 25 et 50 % du disque) ; e : hernie discale à type d’extrusion (base plus fine que le corps du fragment) ; f :
hernie discale à type d’exclusion (perte de continuité fragment-disque).
La forme de la hernie discale est à l’origine d’une classi- vertébral (Fig. 4) [26]. Son origine exacte est source de
fication en trois types [26] : controverse. Elle est parfois retrouvée dans un contexte
• hernie discale à type de protrusion : il s’agit d’un débord traumatique, souvent en charge axiale [29—31] ou dans
focal dont la base est plus large que les autres dimensions. d’autres situations ou le plateau vertébral est fragilisé
Quelques fibres de l’anneau fibreux sont rompues. La her- (maladie de Scheuerman chez l’adolescent, ostéoporose
nie peut être à base étroite, débordant sur moins de 25 % chez les personnes plus agées) [30]. Sa prévalence en IRM
de la circonférence du disque, ou à large base quand elle est de 19 à 24 % chez les sujets asymptomatiques [9,10].
déborde entre 25 à 50 % de sa circonférence [26]. Elle est
fréquemment retrouvée chez le sujet asymptomatique,
avec une prévalence de 20 à 63 % [8—10,12,22,25] ;
• hernie discale à type d’extrusion : il s’agit d’un débord Modification des plateaux des corps
focal dont la base est plus étroite que le corps. La vertébraux
totalité des fibres de l’AF sont rompues. Ce type de
hernie est plus rare chez les sujets asymptomatiques, Sur une étude IRM portant sur 474 patients lombalgiques,
sa prévalence étant retrouvée entre 0 et 24 % des cas Modic et al. ont décrit, dans le cadre de la dégénérescence
[8—10,12,21,22,27] ; discale, des modifications de signal des plateaux répartis en
• hernie discale à type d’exclusion : il s’agit d’une perte trois grades (Fig. 5) :
de la continuité avec le disque. Une hernie migrée de • modifications de type Modic 1 : remaniement d’allure
plus de 6 mm vers le haut et 12 mm vers le bas a de « oedémateux », hypo-intense en pondération T1 et hyper-
grandes chances d’être exclue [28]. Cette dernière n’est intense en pondération T2, avec prise de contraste après
pas retrouvée chez le sujet asymptomatique [9,10,13]. injection de gadolinium ;
• modifications de type Modic 2 : remaniement de type
La hernie intravertébrale (nodule de Schmorl) est une « graisseux », hyper-intense en pondération T1 et hyper-
entité différente. Elle correspond à la migration d’un frag- intense en pondération T2 (ou hypo-intense en pondéra-
ment discal à travers des zones de faiblesse du plateau tion T2 avec Fat-Sat) ;
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Valeur des signes IRM dans la lombalgie commune S15
• modifications de type Modic 3 : remaniement fibreux/ Les études portant sur les sujets asymptomatiques sont
ostéosclérose, hypo-intense en pondération T1 et hypo- peu nombreuses et rapportent une prévalence de 0 à 13,5 %
intense en pondération T2. pour le Modic 1, 3 à 25 % pour le Modic 2 tandis que le Modic
3 est absent [10,13,25]. La prévalence de ces remaniements
L’étiologie et la physiopathologie du Modic 1 restent augmente avec l’âge. Les modifications de type Modic 1 et
inconnues. Il semblerait y avoir une association entre pro- 2 n’excèdent pas 3 à 10 % avant 50 ans, pour atteindre 20 %
cessus mécanique, microtraumatique et biochimique secon- après 50 ans [10,13]. Enfin, les modifications de type Modic
daires à l’augmentation des contraintes sous-chondrales des 2 sont, trois fois plus fréquentes que celles de type 1.
plateaux responsables de microfractures.
Des formes mixtes ont été décrites avec coexistence sur
un même plateau vertébral de remaniements de type Modic Segment postérieur
1 et 2 ou Modic 2 et 3 suggérant, pour certains auteurs, la
possibilité d’une progression d’un type à l’autre chez un Rappel anatomique
patient donné [32,33]. Le type 1 peut être stable, se norma-
liser, s’aggraver ou évoluer en type 2. Le type 2, longtemps L’articulation zygapophysaire postérieure est une diar-
considéré comme stable, peut évoluer vers le type 1 [34,35]. throse formée des facettes articulaires postérieures de
Le type 3, très rare, correspond au stade ultime de conden- deux vertèbres adjacentes. Elle est recouverte d’une cap-
sation des plateaux. sule fortement innervée, par les rameaux médiaux des
La localisation des types 1 et 2 prédomine nettement branches postérieures des nerfs rachidiens, pouvant être
au tiers antérieur du corps vertébral et aux deux derniers source de douleurs en cas d’étirement ou d’irritation.
étages lombaires [25,34]. Ces rameaux émettent aussi des collatérales notamment
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S16 I. Ract et al.
Figure 5. Sagittales T1 (colonne de gauche) et STIR (colonne de droite). a et b : hyposignal T1 et hypersignal STIR des des plateaux
vertébraux au pourtour du disque L5—S1 en faveur de remaniements de type Modic 1 ; c et d : hypersignal T1 et hyposignal STIR des des
plateaux vertébraux au pourtour du disque L4—L5 de type Modic 2.
sensitives musculaires [36]. Cette anatomie pourrait expli- évalue, en IRM, la sévérité de la dégénérescence en quatre
quer l’association de l’arthrose zygapophysaire et des grades pour l’atteinte cartilagineuse (épaisseur et recouvre-
contractures musculaires paravertébrales. Les articulations ment osseux), la sclérose sous-chondrale (épaississement de
zygapophysaires sont obliques en bas, en arrière et en la corticale) et la présence d’ostéophytes. À ces dernières
dehors et jouent un rôle important dans la transmission s’ajoute la présence d’un épanchement intra-articulaire, de
des charges, dans la stabilisation des segments lors des plages oedémateuses au sein de l’os et des parties molles
mouvements de flexion—extension et permettent de limi- périarticulaires [40], visibles en IRM (Fig. 6).
ter la rotation axiale [37,38]. Au sein d’une masse latérale, L’arthrose zygapophysaire prédomine en L4—L5, dont
l’isthme représente la jonction entre les massifs articulaires l’orientation très sagittale des processus articulaires les
supérieur et inférieur. rend plus instables qu’en L5—S1. Sa prévalence chez le sujet
asymptomatique est élevée en scanner, estimée entre 64 et
67 % et moins facilement évaluée en IRM où les chiffres
Souffrance et prévalence chez le sujet rapportés oscillent ente 3 et 18 % [9,13,41,42]. Elle aug-
asymptomatique mente avec l’âge et devient même banale après 45—50 ans
[41—45].
Arthrose zygapophysaire postérieure
La subluxation craniocaudale des articulations zygapophy-
saires lors des mouvements est à l’origine de remaniements Bursite interépineuse
dégénératifs qui, bien qu’elle ne soit pas utilisée en routine, La bursite interépineuse, dans le cadre des phénomènes
se trouve résumée dans la classification de Grogan [39]. Elle dégénératifs (maladie de Baastrup), est une néoarticulation
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Valeur des signes IRM dans la lombalgie commune S17
Spondylolyse
La spondylolyse correspond à une fracture de fatigue de
l’isthme et peut être uni- ou bilatérale [49]. Quand elle
est bilatérale, elle peut également mener à un spondylo-
Figure 6. Parasagittale STIR. Hypersignal des pédicules de L5 et listhésis. La lyse peut, rarement, être aiguë et traumatique
S1 (flèche) et des parties molles (tête de flèche) associées à une ou, plus souvent, résulter de microtraumatismes répétés.
athrose zygapophysaire postérieure. Elle prédomine à l’étage L5 (85 à 90 %) où la morphologie de
l’isthme l’expose à un effet tenaille entre les processus arti-
culaires sus-et sous-jacents en extension. La visualisation
synoviale secondaire à un pincement et des mouvements directe de la lyse est parfois difficile en IRM dans le plan,
de friction répétés entre les apophyses épineuses (Fig. 7). sagittal compte tenu de phénomènes de volume partiel sur
Elle est favorisée par l’hyperlordose, l’antélisthesis, la cette étroite structure anatomique. Parmi les signes indi-
diminution des espaces intersomatiques et les phénomènes rects de lyse, on compte la présence d’un œdème spongieux
dégénératifs sévères. Visible par un hypersignal T2 et hypo- de l’isthme ainsi que la présence de graisse épidurale entre
signal T1 interépineux en IRM, elle est souvent multiétagée, le feuillet dural postérieur et la partie antérieure du proces-
prédominant en L4—L5 et augmente avec l’âge [46]. Sa pré- sus épineux de la vertèbre sur une coupe sagittale médiane
valence chez le sujet asymptomatique n’est pas retrouvée (Fig. 8), secondaire à l’élargissement du canal central. Ce
dans la littérature. signe indirect, décrit par Sherif et al., offre une spécificité
de 96,7 % et une sensibilité de 78,8 % [50].
Spondylolisthésis dégénératif En IRM, la spondylolyse peut être décrite en 4 grades,
Le spondylolisthésis résulte du glissement du corp vertébral selon Hollenberg et al. [51] :
• grade 1 (stress reaction) : œdème isthmique avec ou sans
sus-jacent par rapport au sous-jacent du fait d’une sagitta-
lisation dégénérative des facettes articulaires [47]. Il est le œdème du pédicule ou articulation adjacente mais sans
anomalie corticale ;
• grade 2 : œdème isthmique associé à une fracture incom-
plète de l’isthme ;
• grade 3 :œdème isthmique sur une fracture isthmique
complète ;
• grade 4 : fracture isthmique complète sans œdème.
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S18 I. Ract et al.
Figure 8. Sagittale T1. a : présence de graisse épidurale entre le feuillet dural postérieur et la partie antérieure du processus épineux de
la vertèbre L5 (flèche) sur une coupe sagittale médiane ; b : visualisation de la lyse isthmique de L5 (tête de flèche).
Segment antérieur discale est forte (98 %), signifiant que son absence rend peu
probable la présence d’une douleur d’origine discale, leur
Remaniements des plateaux vertébraux VPP et leur spécificité restent modestes même en utilisant
Parmi l’ensemble des signes radiologiques du segment les grades 3 et 4 de la classification de Pfirrmann [27]. Han-
antérieur, le principal signe dont la valeur prédictive est cock et al. rapportent des rapports de vraisemblance positifs
reconnue dans le cadre des douleurs est la modification mais peu élevés à partir du grade 3 de Pfirrmann (entre
de type Modic 1, en particulier chez les sujets de moins 2,8 et 5,7) et restant bien inférieur à celle du Modic 1 [58].
de 50 ans. Sa prévalence est plus élevée chez le patient
symptomatique (19 à 50 %) que chez le sujet asymptoma- La hernie discale
tique (0 à 13,5 %) [27,55,56]. Dans une étude rétrospective Si la fréquence des hernies de petites tailles (moins de 5 mm)
de 2457 disques de patients symptomatiques utilisant est élevée chez le sujet asymptomatique, celle des hernies
comme examen de référence le test de provocation par plus volumineuses, des extrusions et exclusions reste faible
discographie, le remodelage de type Modic 1 montrait une voire quasiment nulle [8—10]. La présence de hernies à type
valeur prédictive positive (VPP) de 81 % pour une spécificité d’extrusion, d’exclusion ou d’un conflit discoradiculaire est
de 98 % [57]. L’intensité et l’extension des remaniements corrélée à la douleur radiculaire mais pas à la lombalgie
de type Modic 1 ont, pour Weishaupt et al., une forte valeur [7].
prédictive dans le cadre des douleurs sur la population
étudiée (âge moyen : 42 ans ; n = 50) [27]. De plus, Hancock Le HIZ
et al. rapportent un rapport de vraisemblance positif élevé Son implication dans les douleurs plaît à l’esprit car on
(estimé à 32) pour le Modic 1 s’étendant sur plus de 25 % de connaît la riche innervation du disque postérieur et postéro-
la hauteur du corps vertébral, signifiant qu’il y 32 fois plus de latéral. La valeur du HIZ reste toutefois très controversée,
chance de présenter ce signe lorsque la personne est lombal- sa prévalence chez le sujet lombalgique oscillant entre 28 et
gique que lorsque la personne ne l’est pas [58]. Lors du suivi 59 % pour des valeurs très variables de sensibilité (27 à 81 %),
longitudinal, Mitra et al. montrent enfin une corrélation spécificité (79 à 97 %) et VPP (53 à 95 %) selon les séries
entre l’évolution favorable des lombalgies et la transfor- [24,64—68]. Cette forte variabilité résulte vraisemblable-
mation des remaniements de type Modic 1 en type Modic 2, ment de l’hétérogénéité des populations étudiées, de la
soulignant le continuum probable qui existe entre ces deux taille des échantillons ou des paramètres d’acquisition et
entités [59]. Dans une population de lombalgies chroniques de l’inclusion du HIZ de position postéro-latérale ou laté-
invalidantes, la discopathie de type Modic 1 est associée rale. Si sa valeur prédictive de lombalgie du signe est
à un rythme inflammatoire des douleurs, contrairement donc pour le moins incertaine lorsqu’il est isolé, sa perfor-
au Modic 2 [60]. Pour clore le chapitre des modifications mance en association à une protrusion discale a été évoquée
de signal de plateaux, soulignons qu’un œdème osseux (Odds Ratio = 36,3 [8,2—161,1]) [64]. Cette étude, seule à
périphérique aux hernies intraspongieuses a également été défendre cette association, souffre cependant d’un faible
corrélé à la présence d’une lombalgie [61—63]. effectif et ne traite que de patients aux symptômes très
marqués, candidats à l’arthrodèse. À l’opposé, l’étude de
Pincement, déshydratation et bombement discal Standik et al. montre que le HIZ chez le sujet asympto-
La dégénérescence discale regroupe initialement la perte matique est souvent associé à une protrusion [12]. Mitra
de hauteur discale, l’hyposignal T2 et le bombement discal. et al. ne montrent, quant à eux, pas de concordance entre
Si leur valeur prédictive négative de la dégénérescence l’évolution des HIZ et celle des lombalgies [69].
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Valeur des signes IRM dans la lombalgie commune S19
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S20 I. Ract et al.
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