Cours 6
Cours 6
(EAMAC)
BP 746, Niamey – Niger
Téléphone : (227) [Link] Fax (227) [Link] Email : sdirection@[Link]
Introduction ........................................................................................ 3
1. Présentation des basses couches atmosphériques ..... 3
1.1. Influence des Propriétés de la Surface sur l’Atmosphère ................................. 4
1.2. Evolution diurne des basses couches .................................................................. 4
1.2.1. Couche Limite de Surface (CLS) ....................................................................... 4
1.2.2. Couche de Mélange, d’entraînement et d’Inversion .......................................... 5
1.2.3. Couche Résiduelle .............................................................................................. 5
1.2.4. Couche Limite Stable ......................................................................................... 6
1.3. Structure du vent ..................................................................................................... 6
1.3.1. Structure Spectrale du Vent Moyen ................................................................... 7
1.3.2. Structure Spectrale des Mouvements Turbulents ............................................... 7
1.4. Structure de la température et de l'humidité ....................................................... 7
1.4.1. Température Virtuelle ........................................................................................ 7
1.4.2. Température Potentielle – Equation de Poisson ................................................. 8
2. Equations du mouvement dans les basses couches ... 8
2.1. Equation de Conservation de la Masse (ou de Continuité) .............................. 8
2.2. Rappel des Equations de Navier-Stockes ........................................................... 9
2.3. EQM de la Composante Verticale - Approximation de Boussinesq .............. 10
2.4. Equation de Continuité - Approximation d’incompressibilité .......................... 11
3. Instabilité Hydrodynamique et Transition vers la
Turbulence ........................................................................................ 12
3.1. Turbulence Mécanique - Expérience de Reynolds .......................................... 12
3.1.1. Ecoulement Laminaire – Faible vitesse ........................................................... 13
3.1.2. Régime turbulent lisse – Moyenne vitesse ....................................................... 13
3.1.3. Régime turbulent rugueux - Forte vitesse ........................................................ 13
3.1.4. Nombre de Reynolds dans la CLA ................................................................... 14
3.2. Turbulence Thermique - Expérience de Benard .............................................. 14
3.2.1. Cellule de Benard et Transition vers la Turbulence ......................................... 14
3.2.2. Paramètre de Stabilité Thermique Atmosphérique .......................................... 14
3.3. Définition de la Turbulence .................................................................................. 15
4. Equations du Mouvement dans la CLA ........................... 15
4.1. Ecoulement moyen de Reynolds ........................................................................ 15
4.2. Equation de l’Energie Cinétique Turbulente...................................................... 17
4.3. Equation de la Quantité de Mouvement ............................................................ 19
5. Couche Limite Tropicale (ou Mélangée=Thermique) .. 19
6. Etude Quantitative de la Turbulence ................................ 20
6.1. Théorie du Gradient de Flux ................................................................................ 21
6.2. Théorie de longueur de Mélange de Prandtl (Prandtl Vérifié) ........................ 21
7. Couche Limite d’Ekman (ou Dynamique) ....................... 23
7.1. Résolution de l’équation de la Couche Limite d’Ekman .................................. 23
7.2. Interprétation des Résultats de l’Equation de la CL d’Ekman ........................ 24
7.3. Epaisseur de la Couche d’Ekman ....................................................................... 24
8. Couche Limite de Surface (CLS) ....................................... 25
9. Couche d’Ekman Modifiée .................................................. 26
1
10. Modélisation de la CLS – Théorie de Monin Obukov .. 27
10.1. Principe de la Méthode Empirique d’Analyse Dimensionnelle ................... 27
10.2. Longueur de Monin-Obukhov et stabilité dans la CLS ................................ 27
10.3. Théorie de similitude Appliquée à la modélisation de la CLS .................... 28
10.4. Equation de l'ECT aux moyens des fonctions universelles ........................ 30
10.5. Epaisseur de la CLA par la Méthode de la Similitude ................................. 30
11. Similitude Spectrale - Théorie Asymptotique de
Kolmogorov ...................................................................................... 31
11.1. Echelles Intégrales d’Euler et Micro Echelle de Kolmogorov ..................... 31
11.2. Représentation des Spectres de la Turbulence ........................................... 32
11.3. Théorie Asymptotique de Kolmogorov ........................................................... 32
11.4. Modèles Spectraux de la Turbulence ............................................................. 34
2
Introduction
L'atmosphère, la couche gazeuse entourant la terre, a une épaisseur de plusieurs milliers
de kilomètres et l'air qui la constitue se raréfie de la base au sommet. Elle est retenue à la terre
par la force gravitationnelle et prend ainsi part à la rotation de la planète.
La couche limite atmosphérique est la partie de l’atmosphère où le champ des flux est
fortement et directement influencé par l’interaction avec la surface du sol (cf. CC, Fig. 1). En
définitif, cette interaction dépend de la viscosité moléculaire de l’air. Toutefois, c’est seulement
à l’intérieur d’une couche de quelques millimètres à partir du sol (Cf. CC, Fig. 8), que les forces
de cisaillement verticales sont intenses et que la diffusion moléculaire est comparable aux
autres termes dans l’équation de la quantité de mouvement (cf. CC, Equ. 4.8 à 4.10).
Ces mouvements de turbulence ont des variations spatiales et temporelles à des échelles
plus petites que celles résolues par le réseau d’observations météorologiques (cf. CC, Fig. 2).
De telles tourbillons induits par les forces de cisaillement, ensemble avec ceux provenant de la
convection thermique du chauffage du sol, sont très efficaces dans le transfert de la quantité
de mouvement vers le sol et dans celui de la chaleur (latente et sensible) provenant du sol à
des taux multiples de celui que peuvent engendrer les processus moléculaires.
3
1.1. Influence des Propriétés de la Surface sur l’Atmosphère
Entre la partie supérieure de la CLA et l'atmosphère libre au-dessus, il existe une couche
dans laquelle la température potentielle (Cf. Eq. R26, CC) croît avec l'altitude et qui constitue
l'inversion thermique "coiffant" la couche limite.
Sur les océans, qui constituent 70 % de la surface de la terre, l'épaisseur de la CLA varie
relativement peu dans l'espace et dans le temps car la température de la surface de l'eau change
faiblement au cours du cycle journalier. Ainsi la plupart des changements dans l'épaisseur de la
CLA au niveau des océans proviennent des processus d'échelles synoptiques et de méso-échelle
(Cf. Fig. 2, CC). Aussi bien sur l'eau que sur terre, la CLA est généralement plus épaisse dans
les régions à basse pression que dans celles à haute pression.
Sur terre, dans les régions à haute pression, la CLA a une structure bien définie qui évolue
avec le cycle journalier (Cf. Fig. 3, CC). Les trois composantes essentielles de cette structure
sont : la couche de mélange, la couche résiduelle et la couche limite stable. En présence de
nuages, la couche de mélange se subdivise en couche nuageuse et couche sous-nuageuse. La
couche limite de surface est la partie inférieure de la CLA et se distingue par ses propres
caractéristiques.
La couche limite de surface (CLS) est la région la plus basse de la CLA où les flux
turbulents (de chaleur, de quantité de mouvement, etc.) varient de moins de 10 % de leur valeur
au sol. Cette partie inférieure de la CLA est appelée CLS, indépendamment de son appartenance
à la couche de mélange ou à la couche limite stable. Elle occupe environ les 10 % de l'épaisseur
de la couche limite (Stull, 1988; voir ci-dessous également).
4
Au voisinage immédiat de la surface terrestre, la force de Coriolis et le gradient horizontal
de pression peuvent être considérés comme négligeables devant les forces de frottements. Les
distributions verticales du vent, de la température, etc., sont spécifiques dans cette couche où
les grandeurs physiques, telles les quantités de chaleur (distribution de température), de quantité
de mouvement; l'humidité, les aérosols, sont échangées entre la surface du sol et l'atmosphère.
Enfin, une fine couche, appelée microcouche ou couche inter-faciale ou alors couche
"visqueuse", a été identifiée dans les quelques premiers centimètres à partir du sol, où le
transport moléculaire l'emporte sur le transport turbulent (cf. CC, Section 1.3.4 et Fig. 8).
Dans une journée sans nuage, le développement de la couche de mélange (CM) est lié au
réchauffement du sol par le soleil. Commençant environ 30 minutes après le lever de celui-ci,
le développement de la CM turbulente se caractérise par un intense mélange, dans une situation
d'instabilité statique, entre l'air chaud au voisinage du sol et des couches de plus en plus élevée
de l'atmosphère, où l'écoulement est moins turbulent. L'épaisseur de la CM atteint son
maximum en fin d'après-midi (cf. Fig. 3).
Dans une CM, le profil de la température virtuelle potentielle (cf. Eq. R26) est quasi
adiabatique alors que, dans la CLS, on trouve souvent une couche super-adiabatique adjacente
au sol. Au-dessus de la CM, une couche limite stable constitue un plafond restreignant le
domaine de la turbulence. Cette couche stable est appelée zone d'entraînement car elle est
progressivement entraînée vers la CM par l'entraînement d'air chaud supérieur (de température
potentielle plus grande).
5
La couche résiduelle se forme également le matin, durant quelques instants, avant d'être
entraînée dans la CM naissante. L'échange de chaleur est plus ou moins uniforme à travers
l'épaisseur de la CR ce qui permet au profil de la température potentielle virtuelle de rester quasi
adiabatique.
La CR n'a pas de contact direct avec le sol. Durant la nuit, l'épaisseur de la couche limite
stable nocturne croît progressivement, modifiant ainsi l'état de la base de la CR. Le restant de
la CR n'est pas affecté par le transport turbulent des grandeurs liées au sol, et ne tombe donc
pas dans la définition de la couche limite.
Bien qu'au sol, les vents deviennent fréquemment légers à calmes la nuit, dans les hautes
couches il peut accélérer jusqu'à atteindre des vitesses super-géostrophiques, dans un
phénomène qu'on appelle jet de basse couche ou jet nocturne.
L'air statiquement stable tend à supprimer la turbulence alors que le jet nocturne en
développement renforce le frottement mécanique qui tend à générer de la turbulence. Dans ces
conditions, parfois, la turbulence apparaît par courtes poussées qui peuvent conduire à un
mélange à travers toute la CS.
A l'opposé de la CM dont la limite supérieure est bien définie, il n'existe pas de forte
discontinuité entre le sommet de la CS et la base de la CR. Alors que la limite supérieure de la
CM se définit comme la base de la couche d'inversion, celle de la CS se définit comme le dessus
de la couche turbulente nocturne, soit la hauteur où l'intensité de la turbulence (Cf. Eq. R27,
CC) devient une fraction négligeable de sa valeur au sol (5 % par exemple, Kaimal et
Finnigan, 1994).
Les polluants émis dans la CS diffusent faiblement en hauteur. Mais plutôt, ils diffusent
plus rapidement ou forment des panaches coniques dans les directions horizontales. Parfois, la
nuit, quand les vents sont plus légers, les effluents serpentent à droite à gauche suivant la
direction du vent.
Les spectres du vent montrent l'existence d'une zone centrale où les énergies spectrales
sont beaucoup plus faibles que celles des parties qu'elle sépare de part et d'autre (voir CC, fig.
5). Ce "gap" spectral est une des caractéristiques de l'écoulement au niveau de la CLS. Dans le
tableau 1, CC, on remarque que les valeurs des périodes correspondant au creux du "gap" se
situent dans l'intervalle de 7 à 26 minutes, selon la période de la journée et la taille de
l'échantillon. Il s’agit du gap de Van der Hoven dont il localise les centres du "gap" dans
l'intervalle de 6 à 60 minutes.
6
1.3.1. Structure Spectrale du Vent Moyen
L’analyse spectrale du vent moyen, sur une longue période, fait apparaître les différents
cycles caractéristiques et propres à chaque type de vent (Fig. 6).
L'hypothèse d'indépendance des grands nombres d’onde (κ) par rapport aux petits
nombres d’onde est à la base de la théorie de Kolmogorov concernant le spectre aux petites
échelles. Selon cette théorie, le spectre de l'énergie cinétique turbulente comporte les trois zones
suivantes (Figures 7 et 18) :
une zone d'anisotropie ou de production qui se caractérise, d'une part, par le transfert
d'énergie depuis l'écoulement moyen et, d'autre part, par le transfert d'une partie de cette
énergie vers les plus petites structures ;
une zone dite inertielle, dans laquelle l'énergie est simplement transférée vers les plus
petites structures ;
Selon ce schéma, dans la zone inertielle, les tourbillons ne sont soumis ni aux forces de
viscosité, ni à celles du processus de génération de la turbulence. Ils reçoivent leur énergie de
façon inertielle depuis les structures plus grandes de la zone de production et la transfèrent de
la même façon vers les structures plus petites de la zone dissipative. En régime stationnaire, le
taux de cascade d'énergie vers les échelles inférieures doit être égal au taux dissipation de cette
énergie.
La température virtuelle est celle qui prend en compte la présence de la vapeur d’eau dans
l’air. Son expression est la suivante (Cf. CC, Section 0.2.7) :
R Ra
Tv T 1 v q (1.1.a)
Ra
ou:
Tv T 1 0,608 q (1.1.b)
Avec :
Tv la température virtuelle de cet air humide
q le taux d’humidité
Ra et Rv les constantes de gaz de l'air sec et de la vapeur d'eau
7
1.4.2. Température Potentielle – Equation de Poisson
Cette relation est appelée l’équation de Poisson et la température , définit par cette équation,
température potentielle.
Elle s’écrit :
t
div u 0
(2.1)
Où :
ρ la masse volumique
u le vecteur vitesse
t le temps
8
div u 0
(2.2)
Dans le système de coordonnées sphériques, sur lequel nous travaillons, les vecteurs i ,
j , k sont respectivement pris dans la direction de l’est (zonale), du nord et du haut (cf. CC,
Section 0.3).
Les flux, qui conditionnent et façonnent les écoulements fluides, sont décrits par les
équations de la mécanique de fluides de Navier-Stockes qui elle-même traduisent l’équation
de conservation de la quantité de mouvement, soit :
dv
F ext m
dt (2.3)
Où :
Fext , représente les forces extérieures au volume infinitésimal
m, la masse du volume considéré
v , la vitesse
t, le temps
9
Les différents termes de l’équation (2.4), de I à VI ont les significations suivantes :
Terme I : le stockage (ou le déstockage) de la quantité de mouvement (inertie).
Terme II : l’advection spatiale du fluide
Terme III : l'action de la force de gravité.
Terme IV : l’effet de la force de Coriolis liée à la rotation de la terre.
Terme V : l’action des forces de pression
Terme VI : l’effet de la viscosité du fluide
Pour un fluide newtonien, le tenseur de viscosité est une fonction linéaire du cisaillement
de la vitesse. Le terme VI peut alors s’écrire :
Terme VI
1 ij div u
ij
u 2
i
(2.4.b)
x j xi x 2
j
Et si le fluide est incompressible, div u 0 , alors l’équation devient :
1 ij 2ui
Terme VI 2 (2.4.c)
x j x j
10
Toutefois, il est possible d’effectuer d’importantes simplifications dans les équations
dynamiques de la CLA. L’approximation de Boussinesq est une des formes des équations
dynamiques qui reste valable dans cette situation. Dans cette approximation, la densité est
remplacée par sa valeur moyenne, 𝜌0 , partout sauf dans le terme de convection (flottabilité)
dans l’équation du gradient vertical de la quantité du mouvement. Les équations de la quantité
de mouvement (cf. Eq. 2.4) pour les composantes horizontales s’expriment sous la forme :
u u u u 1 p
u v w f c v Frx (2.5a)
t x y z x
v v v v 1 p
u v w f c u Fry (2.5b)
t x y z y
Avec :
u, v et w respectivement les composantes longitudinale, transversale et verticale de la
vitesse du vent
x, y, z respectivement les coordonnées longitudinale, transversale et verticale
f c 2 sin le paramètre de Coriolis car w est négligeable (cf. Equation 2.4.a) et
Frx et Fry les composantes des forces de cisaillement (cf. Eq. 2.4.b et 2.4.c).
Pour la composante verticale, avec l’approximation de Boussinesq (Cf. CC Section 2.3) nous
avons :
w w w w 1 p
u v w g Frz (2.5c)
t x y z 0 z 0
11
d u j
0 (2.8)
dt x j
Dans le cas de la CLA, si U et L représentent, respectivement, les échelles de vitesse et
de longueur, on montre que si l'une des quatre conditions suivantes est réunie : (i) U << 100
m/s, (ii) L << 12 km, (iii) L << Cs2/g, (iv) L << Cs/f, où Cs est la vitesse du son et f la fréquence
de toute onde de pression pouvant intervenir, alors :
1 d u j
(2.9)
dt x j
Cela signifie que la variation de ρ est très faible par rapport à la somme des variations
des uj. Comme ces conditions sont généralement satisfaites dans tout écoulement turbulent
d'échelle moindre que la méso-échelle, l'équation (2.8) s'écrit :
u j
0 (2.10)
x j
Cette équation est appelée approximation d'incompressibilité. Elle équivaut à l’équation (2.2).
Les expériences réalisées par Reynolds lors de l’écoulement d’un fluide dans une
conduite cylindrique rectiligne, ont montré l’existence de deux régimes d’écoulement :
laminaire et turbulent.
En utilisant des fluides divers (viscosité différente), en faisant varier le débit et le diamètre
de la canalisation, Reynolds a montré que le paramètre qui permettait de déterminer la nature
de l’écoulement (laminaire ou turbulent) est un nombre sans dimension (Cf. Section 6.3.3, CC)
désormais appelé nombre de Reynold, Re , et donné par :
Force d ' Inertie .U .D
Re (3.1a)
Force de Vis cos ite
𝑈.𝐷
𝑅𝑒 = (3.1b)
𝜈
Avec :
ρ la masse volumique du fluide
U la vitesse moyenne du fluide
D le diamètre de la canalisation
𝛎 la viscosité cinématique
μ la viscosité dynamique
12
3.1.1. Ecoulement Laminaire – Faible vitesse
Dans un régime laminaire, les filets conservent leur individualité tout le long de la
conduite. La chute de pression est faible et ne dépend pas de la rugosité de la paroi du tube. (cf.
Figure ci-dessous)
P
A partir d’une certaine vitesse, les filets fluides commencent par onduler avant de se
mélanger entre eux. La perte de charge augmente brusquement (cf. Figure ci-dessous).
P
Cette situation se produit quand le nombre de Reynolds, Re , est très supérieur au nombre
de Reynolds critique, Rec .
13
P
Les cellules de Bénard sont un concept relatif à la convection qui désigne un phénomène
observé lors d'une expérience réalisée par le physicien Henri Bénard. Ce sont des cellules de
convection qui apparaissent spontanément dans un liquide quand on lui applique une source de
chaleur extérieure. Elles illustrent la théorie des systèmes dissipatifs, d'une façon simple et
aisément compréhensible.
Pour réaliser l'expérience, on dispose d'une couche de liquide, par exemple de l'eau,
enfermée entre deux plaques parallèles qui vont servir de surfaces d'échange thermique Cf. CC,
Section 3.2).
Tout comme pour le nombre de Reynolds, la stabilité thermique est paramétré par le
nombre Rayleigh, noté Ra, dont l’expression est :
14
En effet, pour un gaz parfait, le coefficient de dilation thermique est donné par : β = 1/T0.
Ainsi, dans la CLA, le paramètre de stabilité thermique s’évalue comme suit :
Ra 1017 Rac 50.000 (3.2)
Même si les observations sont faites avec des très courtes intervalles temporelles et
spatiales, un écoulement turbulent a toujours des échelles non résolues parce qu’ayant des
fréquences plus grandes que celles des moyens d’observations et des échelles spatiales plus
petites que les intervalles des moyens d’observations (cf. Figure 2).
15
w ' w ' 0 (4.1)
Par contre, la moyenne du produit des variables fluctuantes (appelé covariance) n’est pas nulle.
Ainsi, on a :
w w w ' ' w w ' ' (4.2)
Pour les règles de ce calcul se référer au CC, Rappel sur les Axiomes de Reynolds, Section
4.1.1.
Avec l’équation (2.2) de continuité (qu’on ajoute en la multipliant par u), l’équation (4.3)
devient:
du u u u u u v w
u v w u (4.4)
dt t x y z x y z
Avec l’équation (4.7), les moyennes équations (2.5a), (2.5b), (2.5c), (2.6) et (2.8) donnent :
du 1 p u ' u ' u ' v ' u ' w '
fc v Frx (4.8a)
dt 0 x x y z
16
dw 1 p u ' w ' v ' w ' w ' w '
g Frz (4.8c)
dt 0 z 0 x y z
u v w
0 (4.10)
x y z
Les différents termes de covariances entre les segments (des éq. 4.8 à 4.10) représentent les
flux turbulents. Par exemple, w ' ' représente le flux de chaleur turbulent vertical. De même,
w ' u ' u ' w ' , représente le flux turbulent vertical de la quantité de mouvement.
Dans beaucoup des cas de la CLA, les flux turbulents sont de même ordre de grandeur que les
autres termes des équations (4.8) à (4.10). Ceci n’est pas le cas en dehors de la CLA, où les
flux turbulents sont assez faibles.
Les étirements et les torsademments des vortex associés aux tourbillons de la turbulence
conduisent toujours l’énergie turbulente à se déplacer vers des échelles plus petites, où elle se
dissipe par diffusion visqueuse. Ainsi, une production continue de la turbulence doit se
maintenir pour que l’état de l’énergie cinétique turbulente reste statistiquement stable dans
l’écoulement. L’origine de la turbulence dans la CLA dépend de façon critique de la structure
du vent et du profil de la température au voisinage du sol. Le rôle de ces paramètres ressort
mieux à travers les équations bilans de l’énergie cinétique turbulente.
2 ui ' p'
2 i (4.11)
t x j v x j x j xi
2
u '
avec i i
x j
17
e e
u u j ' e
1 ui ' p '
t
uj
x j
ui ' u j ' i
x j x j
i3
g
v
ui 'v '
xi
VI
(4.12)
I II III IV V
Avec cette notation, l'expression de ε est alors identique à celle de εi. Les termes de l’équation
ont les significations suivantes :
Terme I : la première partie du terme I représente le stockage (ou le déstockage) local de
l'ECT et la deuxième partie décrit l’advection de l'ECT par le vent moyen
Terme II : représente la production (ou la destruction) mécanique de l'ECT. Le flux de la
quantité de mouvement ui ' u j ' est généralement de signe opposé de celui du
cisaillement du vent moyen, car la quantité de mouvement du vent s'évanouit à
l'approche du sol, sauf près de la surface de la mer, où il peut changer de signe. Ainsi
le terme II, affecté du signe négatif est une contribution positive au bilan de l'ECT.
Avec le terme IV, ils constituent les deux termes de production de la turbulence par
frottement ou par convection.
Terme III : décrit le transport turbulent de l'ECT par les tourbillons de uj'.
Terme IV : le terme de production ou de destruction de la flottabilité, selon le signe du
terme u i ' v ' . Celui-ci est positif de jour, sur la terre ferme, et négatif la nuit.
Terme V : le terme de corrélation avec la pression qui décrit comment l'ECT est répartie à
travers les perturbations de pression. Il représente un effet d'isotropisation de la
turbulence. Il est le plus souvent associé aux oscillations des ondes de convection ou
de gravité dans l'air. Avec le terme III, ils constituent les deux termes de transports
et représentent l'importation ou l'exportation de l'ECT par la turbulence.
Terme VI : représente la dissipation visqueuse, ou la conversion en chaleur, de l'ECT. C’est
la conversion en chaleur des échelles les plus petites de la turbulence par la viscosité
moléculaire
Le terme de la production (ou destruction) mécanique de l'ECT, Terme II, est proportionnel à :
u v
PDM u ' w ' v 'w' (4.14)
z z
Dans une couche limite statiquement stable (cf. Figure 3) la turbulence ne peut exister que si
le terme PDM de l’ECT est assez grand pour dompter les effets apaisants de la stabilité
thermique et de la dissipation visqueuse. Cette situation s’évalue au moyen du nombre de
Richardson de flux, défini par :
PDF
Ri f (4.15)
PDM
Si la CLA est statiquement instable, alors le nombre de Richardson est négatif. Et la turbulence
est maintenue par la convection. Pour les conditions de stabilité, le nombre de Richardson doit
18
être positif. L’expérience a montré que quand le nombre de Richardson est inférieur à 0,25, la
production mécanique est assez intense pour entretenir la turbulence dans une CL stable.
dv 1 p v ' w '
fc u (4.16b)
dt 0 y z
En général, les équations (4.16a) et (4.16b) ne peuvent être résolues pour u et v que si
l’on connaît la distribution verticale du flux de la quantité de mouvement turbulente. Ainsi, il
n’existe pas de solution générale, mais plutôt un certain nombre d’approximations semi-
empiriques.
v ' w '
fc u ug z
0 (4.17b)
Quand une CL convective est surmontée par une couche stable, la turbulence peut
entraîner la formation d’une couche mélangée (cf. Figure 12). De telle CL arrive généralement
sur terre durant le jour quand le chauffage du sol est intense et sur les océans quand l’air au-
dessus de l’eau est plus frais que l’eau. Les océans tropicaux ont généralement ce type de
couche limite.
19
Dans une CL mélangée, la vitesse de l’air et la température potentielle sont presque
indépendants de la hauteur. La Figure 12 donne les profils de la température potentielle
moyenne 0 et de la vitesse moyenne zonale U, dans une couche mélangée.
Dans de telles situations, l’expérience montre que les flux de la quantité de mouvement
au sol peuvent être représentés par les expressions:
u ' w ' s
Cd V u (5.1a)
v ' w ' s
Cd V v (5.1b)
2 2
où Cd le coefficient adimensionnel de cisaillement, V u v et l’indice s se rapporte à
la surface, selon la hauteur standard des anémomètres. L’expérience montre que Cd est l’ordre
1,5x10-3 au-dessus des océans, mais sûrement plusieurs fois plus élevé sur la terre ferme.
Les équations (4.17a) et (4.17b) approximatives de la CLA peuvent être différentiées du sol
jusqu’à la limite supérieure de la CLA à z=h, pour donner:
u ' w ' Cd V u
f c v vg
h
s
h
(5.2a)
v ' w ' C V v
fc u ug h
s
d
h
(5.2b)
Tout en restant dans la généralité, nous pouvons choisir les axes pour que vg 0 . Les équations
(5.2a) et (5.2b) peuvent s’écrire :
v K s V u
(5.3)
u ug K s V v
Où K s Cd / f c h . Ainsi, dans la couche mélangée, la vitesse du vent est moins élevée que la
vitesse géostrophique et il existe une composante du mouvement orientée vers la basse pression
(ou plus précisément à gauche du vent géostrophique dans l’hémisphère nord, f c 0 , et à
droite dans l’hémisphère sud) dont la magnitude dépend de K s .
L’approche habituellement utilisée pour la clôture des équations est de supposer que les
tourbillons de la turbulence agissent comme la diffusion moléculaire, de façon que le flux d’un
champ donné soit proportionnel au gradient local de la valeur moyenne. Dans ces conditions,
les termes des flux turbulents des équations (4.17a) et (4.17b) peuvent s’écrire sous la forme :
u
u ' w ' Km (6.1a)
z
v
v ' w ' Km (6.1b)
z
Ce schéma de clôture des équations turbulentes est désigné souvent par “théorie en K”. La
théorie en K a quelques limitations. Contrairement au coefficient de la viscosité moléculaire, la
viscosité turbulente dépend de l’écoulement plutôt que des propriétés physiques du fluide et,
doit donc être déterminé empiriquement pour chaque situation. Les modèles les plus simples
font l’hypothèse que le coefficient d’échange turbulent est constant à travers l’écoulement.
La plus simple approche pour déterminer un bon modèle pour le coefficient de la diffusion
turbulente dans la CL est basée sur l’hypothèse de la longueur de mélange introduite par Prandtl.
Cette hypothèse suppose qu’une cellule de fluide déplacée verticalement transporte avec elle
les propriétés moyennes de son niveau d’origine sur une distance caractéristique ' (xi) et
ensuite se mélange avec son nouveau milieu. En comparaison avec le mécanisme moléculaire,
ce déplacement est supposé créer une fluctuation turbulente dont l’amplitude dépend de ' et
du gradient des propriétés moyennes. Comme par exemple :
u
u ' ' (6.2a)
z
21
v
v ' ' (6.2b)
z
Où, il est entendu que ' 0 pour un déplacement ascendant et ' 0 pour un déplacement
descendant.
Pour des propriétés conservatives, comme la température potentielle, cette hypothèse est
raisonnable pourvu que les échelles de tourbillons soient petites par rapport à celle du flux
moyen ou que le gradient moyen soit constant par rapport à la hauteur.
Par contre, l’hypothèse est moins justifiée pour la vitesse, où le gradient des forces de
pression induit des changements substantiels de celle-ci au cours du déplacement du tourbillon.
Avec des expressions analogues pour le flux de la quantité de mouvement méridional et le flux
de la température potentielle. Afin d’estimer w ' en terme de champ moyen, on fait l’hypothèse
que l’atmosphère est en état de quasi neutralité (ni instable, ni stable) de façon que les effets
de la flottabilité soient négligeable. Alors, l’échelle verticale des tourbillons devient comparable
à l’échelle horizontale, de sorte que w ' V ' et on peut alors écrire :
V
w' ' (6.4)
z
Nous avons alors à prendre la valeur absolue du gradient du flux moyen pour tenir compte du
signe de la corrélation entre ' et w ' . Avec les équations (6.1a) et (6.4), l’équation (6.3)
devient :
V u u
u ' w ' '2 Km (6.5)
z z z
22
Et la longueur de mélange de Prandlt par:
12
l '2 (6.7)
Si l’approximation de gradient de flux des équations (6.1a) et (6.1b) est utilisée pour la
représentation des termes de divergence du flux de la quantité de mouvement turbulent et si le
coefficient K m subséquent est supposé constant, alors dans les équations (4.17a) et (4.17b)
donnent les équations classiques de la couche d’Ekman sous la forme :
2 u
K m 2 f c v vg 0
z
(7.1)
K v f u u 0
2
m
z 2
c g
Les équations de la couche d’Ekman (7.1) peuvent être résolues pour déterminer la
dépendance avec la hauteur du point de départ du champ de vitesse dans la CL à partir du bilan
géostrophique. Pour que l’analyse soit aussi simple que possible, on fait l’hypothèse que ces
équations s’appliquent à travers toute l’épaisseur de la CL. Les conditions aux limites impose
que les composantes horizontales de la vitesse, u et v , soient nulles au sol et qu’elles
approchent les valeurs géostrophiques loin du sol, soit :
u 0, v 0 à z 0
(7.2)
u u g , v vg à z
Pour résoudre les équations (7.1), on les combine en une seule équation complexe sous la
forme:
2 u iv i f
Km
z 2
c u i v i f u
c g i vg (7.3)
En supposant que le vent géostrophique est indépendant de la hauteur et que l’écoulement est
orienté de façon que le vent géostrophique soit dans la direction zonal ( vg 0 ), alors la solution
générale est donnée (Cf. Rappel Mathématique et Section 7 du CC) par :
u i v A exp i f c K m z B exp i f c K m z ug
12 12
(7.4)
23
u i v u g exp 1 i z u g (7.5)
fc 2K m
12
Où
En appliquant la formule d’Euler, exp i cos i sin ,et en séparant les parties réelle
et imaginaire, on obtient, dans l’hémisphère nord :
u ug 1 exp z cos z
(7.6)
v u g exp z sin z
La couche idéal d’Ekman, discuté ici et dans le CC, Section 7 est rarement, sinon jamais
observée dans la CLA. En partie parce que les flux turbulents de la quantité de mouvement ne
sont habituellement pas proportionnels aux données de l’écoulement moyen. Toutefois, même
si le modèle de gradient de flux est correct, il reste non approprié pour assurer un coefficient de
viscosité turbulent constant, comme en réalité K m doit varier rapidement avec la hauteur au
voisinage du sol. Ainsi, la solution de la couche d’Ekman ne peut pas être appliquée au
voisinage du sol.
24
8. Couche Limite de Surface (CLS)
Définition
Profil logarithmique des vitesses en régime neutre
Influence de la stratification sur les profils moyens
Fonctions universelles
Flux aérodynamiques dans la CLS
U*2 u ' w ' S
(8.1)
Les mesures montrent que l’ordre de grandeur du flux de la quantité de mouvements est de
l’ordre de 0,1 m²/s². Ainsi, la vitesse de frottement est typiquement de l’ordre de 0,3 m/s (Cf.
Figures 15 et 16).
Donc la somme des flux moléculaire et turbulent moyens de quantité de mouvement est constant
perpendiculairement à la plaque (au sol). Le modèle découlant de cette hypothèse est dit "à flux
constant" et U*² désigne la valeur constante de la tension totale moléculaire et turbulente.
25
D'après les théories en K, le flux vertical turbulent de la quantité de mouvement peut être
exprimé comme une grandeur proportionnelle au gradient vertical de la vitesse moyenne (cf.
Eq. 6.1a), soit :
u
u ' w ' U *2 K m (8.4)
z
La théorie de la longueur de mélange de Prandtl (cf. Eq. 6.6), permet d'aboutir à une expression
de K m sous la forme :
u
K m l p2 (8.5)
z
Où lp est la longueur de mélange de Prandtl.
Dans le modèle de couche limite à flux constant, on pose souvent lp=k.z avec k la constante de
von Karman, valant 0,4 (constante universelle). En remplaçant lp par cette expression et en
prenant la racine carrée de l'équation (8.6), on aboutit à :
u U *
(8.7)
z k .z
En intégrant l'équation entre Z0, hauteur où la vitesse moyenne est supposée être nulle, et une
hauteur quelque z, on obtient le profil logarithmique de la vitesse moyenne sous-forme :
U z
u * ln (8.8)
k Z0
L'échelle de longueur Z0 est appelée longueur de rugosité aérodynamique (Cf. CC, Section 8).
26
10. Modélisation de la CLS – Théorie de Monin Obukov
10.1. Principe de la Méthode Empirique d’Analyse Dimensionnelle
Quand les équations mathématiques découlant des lois physiques sont très complexes et
la résolution quasi-insurmontable, on utilise souvent la méthode empirique de l’analyse
dimensionnelle pour aboutir des lois empiriques qui, à l’expérience, donne des résultats
satisfaisants. Cette méthode est très utilisée en mécanique des fluides et sa démarche est la
suivante :
a) Une loi physique peut toujours se mettre sous la forme de 0=f(E1, E2, E3, …., Ep) avec p
paramètres. Il faudra donc déterminer l’ensemble des p paramètres qui interviennent dans
le processus ;
c) Puis on applique la loi de Raleigh de regroupement des paramètres autour des paramètres
essentielles appelés . On obtient n nombre sans dimension avec n=p-d. D’où 0=f(1, 2,
3, …, n)
Dimensions, d=3
Paramètres
Mètre Seconde Kg
Vitesse U 1 -1 0
Diamètre, D 1 0 0
Viscosité, μ -1 -1 1
Masse Volumique, ρ -3 0 1
Nombre de groupement : n = 4 - 3 = 1
Donc, un seul regroupement autour de μ, soit
D U
En se plaçant dans le repère lié à la direction du vent, défini par ox = vecteur vent moyen
et oz = verticale ascendante, alors on a : V = 0 et W = 0. En supposant l'existence d'une
homogénéité horizontale de façon à négliger les variations horizontales des différentes
grandeurs devant les variations verticales, l’équation (4.12) devient :
27
e g u w ' e
1 w' p '
t v
w ' v ' u ' w '
z z
z
(10.1)
Dans la CLS, où les flux turbulents sont par définition approximativement constants, il
est possible d'utiliser les flux de chaleur et de quantité de mouvement à la surface (désigné par
l'indice s) pour rendre adimensionnelle l'équation de l'ECT. Ainsi, en multipliant l'équation
(10.1) par le paramètre (-k.z/U*3), où k est la constante de von Karman, on obtient la nouvelle
équation suivante :
k z e
k z g w' v ' s k z u ' w' U k z w' e
k z w' p' k z
3 (10.2)
U * t
3
U 3
U 3
z U 3
z U 3
z U*
v * * *
*
I II III IV V VI
Le terme II de cette équation est généralement désigné par le symbole ζ (zeta) et s'écrit
sous la forme :
z k z g w ' v ' s
g / w ' ' 0
(10.3) II
L vU *3 3
U / kz
*
et la longueur de Monin-Obukhov est alors définie et donnée par :
vU *3
L
w ' '
(10.4)
k g v
s
La longueur de Monin-Obukhov s'interprète comme étant proportionnelle à la hauteur à
partir de laquelle les forces convectives prévalent sur les forces de frottement. Dans la couche
limite convective, les forces de convection sont égales aux forces de frottement à la hauteur z
≈ -L/2 (cf. Figure 17).
Le paramètre adimensionnel ζ est parfois appelé paramètre de stabilité. Son signe indique
l'état de stabilité atmosphérique, négatif pour instable et positif pour stable (cf. Figure 17).
Des nombreuses situations de la CLA ne peuvent être suffisamment décrites par des
relations issues des applications des lois fondamentales de la physique (de Navier-Stocks).
Néanmoins, beaucoup de phénomènes observés au niveau de la CLA présentent des
caractéristiques régulières et cohérentes qui permettent d'avancer des lois empiriques
susceptibles de les décrire.
La théorie de la similitude (Cf, Section 10.2.1, CC, Section 10.2.1 du CC) fournit les
voies et moyens de définir et de regrouper les variables concourant à la description du
phénomène. Elle permet aussi de définir les protocoles d'expérience pour la vérification des lois
proposées.
28
Pour l'étude de la CLA, diverses classes d'échelles de similitude ont été proposées dont
celle de Monin-Obukhov (Monin et Obukhov, 1954 ; Wyngaard, 1973 ; Sorbjan, 1986)
généralement appliquée à la CLS et parfois appelée similitude de la couche de surface. La
similitude de Monin-Obukhov ne s'applique que lorsque le vent n'est pas calme et que la vitesse
de frottement est non nulle. Le tableau ci-dessous présente les paramètres pertinents du
modèle, basés sur les différents flux, ainsi que leurs ordres de grandeurs.
Les principales relations issues du modèle de Monin-Obukhov ainsi que des données
bibliographiques s'y rattachant sont rapportées dans le Tableau ci-dessous. Il s’agit des
données relatives à un écoulement au-dessus d’un terrain plat uniforme. Il est à noter qu’il n’y
a pas de valeur de z/L=0 qui correspond à la neutralité absolue (cf. Figure 17).
29
Equations (10.6) : principales relations issues du modèle de Monin-Obukhov
Paramètre de la CLS comme Longueur de Monin-Obukhov normalisée
fonction de z/L - 2 < z/L < 0 0 < z/L < 1
1/ 4
z 5z
Frottement Mécanique, m 1
1 16 L L
1/ 2
z 5z
Stratification Thermique, h 1
1 16 L L (10.6)
0, 2 z
1/ 4
z 1, 25 1
Variabilité de w, w 1, 25 1 3
L L
1/ 3 1
z 0, 5 z
Variabilité de θ, 2 1 9,5 2 1
L L
3/ 2
23
5z
Dissipation de l’ECT,
z 1
1 0,5 L
L
30
Pour une atmosphère au voisinage de l'équateur, on définira la couche limite
dynamique comme la zone à partir de laquelle on retrouve les alizés (à la limite supérieure du
flux de mousson par exemple). Pour la couche limite stable (Cf. Section 1.2.4), son épaisseur
se définit comme le dessus de la couche turbulente nocturne, soit la hauteur où l'intensité de la
turbulence (cf. Section 0.2.9, Equation (R27 du CC) devient une fraction négligeable de sa
valeur au sol (5 % par exemple).
Comme indiqué dans la Section 8, l'épaisseur de la CLS se définit par rapport à celle de
la CLA. Le rapport entre les épaisseurs de la CLS et de la CLA est constant et indépendant de
la stratification atmosphérique. Toutefois, ce rapport varie selon les auteurs Si Stull (1988)
l'évalue à 0,1, Foster et Brown (1994) avancent la valeur de 0,15 de 0,1 à 0,15.
Les zones de conservation (ou de transfert) et de dissipation de l’ECT ont leurs propres
échelles de longueur caractéristiques : pour la première, il s’agit de l’échelle de longueur
intégrale d’Euler, Lu ; et dans la seconde, de la fameuse micro échelle de Kolmogorov, ƞ.
Comme le montre la Figure 18, la densité spectrale atteint sa valeur maximal à un nombre
d’onde correspondant à l’échelle intégrale d’Euler 1 Lu . L’échelle intégrale d’Euler
correspond à l’intégrale de la fonction d’autocorrélation, ρ(Ƭ), entre 0 et l’infini, et représente
la période pendant laquelle la variable turbulente reste auto-corrélée. Soit :
u ' t u ' t
Lu TuU U u ( ) d U d (11.1)
0 0 u2
Avec :
t le temps
Ƭ l’intervalle glissant d’autocorrélation (cf. Figure 19)
Le Tableau 5 présente des données expérimentales des échelles intégrales d’Euler (du
temps et de longueur) obtenues sur deux terrains distincts CT et RT, distants de quelques mètres
et à cinq niveaux de hauteur. Généralement, l’ordre de grandeur de l’échelle Lu est de 10 à 500
m.
Dans la zone de dissipation visqueuse, l’échelle de longueur est représentée par la micro
échelle de Kolmogorov (cf. Figure 18), ƞ, dont l’expression est :
14
3
d (11.2)
Où :
ν est la viscosité cinématique de l’air
ε, le taux de dissipation visqueuse de l’écoulement (cf. Equation 10.6)
λd, longueur d’onde de dissipation visqueuse.
L’ordre de grandeur de la micro échelle Kolmogorov est de 0,001 m
31
11.2. Représentation des Spectres de la Turbulence
Bien que les variables turbulentes ne soient ni périodiques, ni intégrables (du point de vue
spatial), il est cependant possible d'en effectuer une analyse de Fourier (Fourier vérifié) (Cf.
Section 6.3.1 et 6.3.2, CC). Par ce moyen, il devient possible de donner un sens à la notion
intuitive d'échelle de mouvement et d'attribuer une énergie à chaque échelle de mouvement. Le
mouvement turbulent apparaît alors comme une superposition de mouvements composants
périodiques, de vecteurs nombre d'onde (kappa) dont chacun s'interprète comme un
2
tourbillon de taille (avec et λ la longueur d’onde). La distribution de l'énergie
cinétique moyenne selon les nombres d'onde définit le spectre du mouvement qui est alors
continu. En désignant par S la densité spectrale d'énergie, l’expression de l'énergie cinétique
moyenne, eT, s’écrit sous la forme :
eT Su ( ) d (11.3)
0
Où u est l’indice de la composante u de la vitesse.
L'examen de ces équations et de la forme générale de Su() (cf. figures 6 et 21) indique
que ce ne sont pas les mêmes échelles qui contribuent aux intégrales d'énergie et de dissipation.
La production de la turbulence a lieu dans les grandes échelles : seules les échelles situées au
voisinage de κe sont excitées directement par le processus engendrant la turbulence. Ce sont
32
ensuite les termes non linéaires et de pression des équations qui transfèrent une partie de cette
énergie aux tourbillons de tailles différentes, essentiellement vers les tourbillons plus petits.
Ainsi, l'énergie cascade de proche en proche, depuis les grandes échelles voisines de κe
jusqu'aux aux petites échelles voisines de κd. Ce processus de cascade s'accompagne d'une
"perte d'information" sur les conditions de génération de la turbulence, d'autant plus grande que
le nombre d'onde concerné est plus grand. On admet ainsi que la structure de la turbulence aux
très grands nombres d'onde ne dépend pas du mécanisme d'excitation aux petits nombres
d'onde. La structure de petites échelles de la turbulence serait ainsi stationnaire, homogène et
isotrope.
L'hypothèse d'indépendance des grands nombres d’onde (κ) par rapport aux petits
nombres est à la base de la théorie de Kolmogorov concernant le spectre aux petites échelles.
Selon cette théorie, le spectre de l'énergie cinétique turbulente comporte les trois zones
suivantes (cf. Figures 6 et 18) :
une zone d'anisotropie ou de production qui se caractérise, d'une part, par le transfert
d'énergie depuis l'écoulement moyen et, d'autre part, par le transfert d'une partie cette
énergie vers les petites structures ;
une zone dite inertielle, dans laquelle l'énergie est simplement transférée vers les plus
petites structures ;
Selon ce schéma, dans la zone inertielle, les tourbillons ne sont soumis ni aux forces de
viscosité, ni à celles du processus de génération de la turbulence. Ils reçoivent leur énergie de
façon inertielle depuis les structures plus grandes de la zone de production et la transfèrent de
la même façon vers les structures plus petites de la zone dissipative. En régime stationnaire, le
taux de cascade d'énergie vers les échelles inférieures doit être égal au taux dissipation de cette
énergie.
Nombre de groupement : n = 3 – 2 = 1
33
Su
Donc, un seul regroupement autour de Su, soit . Après le calcul du document CC,
on aboutit à :
Su3 5
(11.5)
2
Comme π est le seul groupe sans dimension, alors il doit être égal à une constante puisqu'il
n'existe aucune autre variable sans dimension dont il doit en dépendre. Cette constante, notée
αK, est appelée constante de Kolmogorov et se situe entre 0,5 et 0,6. La formule précédente
s'écrit alors :
Su ( ) K 2/3 5/3 (11.6)
Cette relation montre que, dans le domaine inertiel, la fonction S(κ), tracée dans un repère
logarithmique, présente une pente de "-5/3". Pour cette raison, la relation est communément
appelée "loi en -5/3" de Kolmogorov.
Avec :
Lu f
x , (11.8)
U
Su f , la densité spectrale d’énergie de la vitesse u
f, la fréquence
U, la vitesse moyenne du vent
u2 , la variance du vent longitudinale
Lu, l’échelle intégrale de longueur, donnée par Lu TuU
Tu, l’échelle intégrale d’Euler du temps.
34