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Cours 6

Le document présente un cours sur la couche limite atmosphérique, destiné aux étudiants en météorologie, avec un volume horaire de 40 heures. Il aborde divers aspects des basses couches atmosphériques, y compris leur structure, les équations du mouvement, et les phénomènes de turbulence. L'importance de la paramétrisation de la couche limite pour les modèles de prévision numérique du temps est également soulignée.

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Cours 6

Le document présente un cours sur la couche limite atmosphérique, destiné aux étudiants en météorologie, avec un volume horaire de 40 heures. Il aborde divers aspects des basses couches atmosphériques, y compris leur structure, les équations du mouvement, et les phénomènes de turbulence. L'importance de la paramétrisation de la couche limite pour les modèles de prévision numérique du temps est également soulignée.

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Ecole Africaine de la Météorologie et de l’Aviation Civile

(EAMAC)
BP 746, Niamey – Niger
Téléphone : (227) [Link] Fax (227) [Link] Email : sdirection@[Link]

Couche Limite Atmosphérique


 Couche Tropicale
 Couche d’Ekman
 Couche de Surface

A l'intention des étudiants de la Section Ingénieur des Etudes et de


l’Exploitation – Option Météorologie MI 1

Volume horaire : 40 heures


 CM : 22 heures
 TD : 14 heures
 CT : 4 heures
Nombre d’étudiants : …………

PhD Saleye YAHAYA


Année académique 2023/2024 Dernière révision : Novembre 2023
0
Sommaire

Introduction ........................................................................................ 3
1. Présentation des basses couches atmosphériques ..... 3
1.1. Influence des Propriétés de la Surface sur l’Atmosphère ................................. 4
1.2. Evolution diurne des basses couches .................................................................. 4
1.2.1. Couche Limite de Surface (CLS) ....................................................................... 4
1.2.2. Couche de Mélange, d’entraînement et d’Inversion .......................................... 5
1.2.3. Couche Résiduelle .............................................................................................. 5
1.2.4. Couche Limite Stable ......................................................................................... 6
1.3. Structure du vent ..................................................................................................... 6
1.3.1. Structure Spectrale du Vent Moyen ................................................................... 7
1.3.2. Structure Spectrale des Mouvements Turbulents ............................................... 7
1.4. Structure de la température et de l'humidité ....................................................... 7
1.4.1. Température Virtuelle ........................................................................................ 7
1.4.2. Température Potentielle – Equation de Poisson ................................................. 8
2. Equations du mouvement dans les basses couches ... 8
2.1. Equation de Conservation de la Masse (ou de Continuité) .............................. 8
2.2. Rappel des Equations de Navier-Stockes ........................................................... 9
2.3. EQM de la Composante Verticale - Approximation de Boussinesq .............. 10
2.4. Equation de Continuité - Approximation d’incompressibilité .......................... 11
3. Instabilité Hydrodynamique et Transition vers la
Turbulence ........................................................................................ 12
3.1. Turbulence Mécanique - Expérience de Reynolds .......................................... 12
3.1.1. Ecoulement Laminaire – Faible vitesse ........................................................... 13
3.1.2. Régime turbulent lisse – Moyenne vitesse ....................................................... 13
3.1.3. Régime turbulent rugueux - Forte vitesse ........................................................ 13
3.1.4. Nombre de Reynolds dans la CLA ................................................................... 14
3.2. Turbulence Thermique - Expérience de Benard .............................................. 14
3.2.1. Cellule de Benard et Transition vers la Turbulence ......................................... 14
3.2.2. Paramètre de Stabilité Thermique Atmosphérique .......................................... 14
3.3. Définition de la Turbulence .................................................................................. 15
4. Equations du Mouvement dans la CLA ........................... 15
4.1. Ecoulement moyen de Reynolds ........................................................................ 15
4.2. Equation de l’Energie Cinétique Turbulente...................................................... 17
4.3. Equation de la Quantité de Mouvement ............................................................ 19
5. Couche Limite Tropicale (ou Mélangée=Thermique) .. 19
6. Etude Quantitative de la Turbulence ................................ 20
6.1. Théorie du Gradient de Flux ................................................................................ 21
6.2. Théorie de longueur de Mélange de Prandtl (Prandtl Vérifié) ........................ 21
7. Couche Limite d’Ekman (ou Dynamique) ....................... 23
7.1. Résolution de l’équation de la Couche Limite d’Ekman .................................. 23
7.2. Interprétation des Résultats de l’Equation de la CL d’Ekman ........................ 24
7.3. Epaisseur de la Couche d’Ekman ....................................................................... 24
8. Couche Limite de Surface (CLS) ....................................... 25
9. Couche d’Ekman Modifiée .................................................. 26
1
10. Modélisation de la CLS – Théorie de Monin Obukov .. 27
10.1. Principe de la Méthode Empirique d’Analyse Dimensionnelle ................... 27
10.2. Longueur de Monin-Obukhov et stabilité dans la CLS ................................ 27
10.3. Théorie de similitude Appliquée à la modélisation de la CLS .................... 28
10.4. Equation de l'ECT aux moyens des fonctions universelles ........................ 30
10.5. Epaisseur de la CLA par la Méthode de la Similitude ................................. 30
11. Similitude Spectrale - Théorie Asymptotique de
Kolmogorov ...................................................................................... 31
11.1. Echelles Intégrales d’Euler et Micro Echelle de Kolmogorov ..................... 31
11.2. Représentation des Spectres de la Turbulence ........................................... 32
11.3. Théorie Asymptotique de Kolmogorov ........................................................... 32
11.4. Modèles Spectraux de la Turbulence ............................................................. 34

2
Introduction
L'atmosphère, la couche gazeuse entourant la terre, a une épaisseur de plusieurs milliers
de kilomètres et l'air qui la constitue se raréfie de la base au sommet. Elle est retenue à la terre
par la force gravitationnelle et prend ainsi part à la rotation de la planète.

La couche limite atmosphérique est la partie de l’atmosphère où le champ des flux est
fortement et directement influencé par l’interaction avec la surface du sol (cf. CC, Fig. 1). En
définitif, cette interaction dépend de la viscosité moléculaire de l’air. Toutefois, c’est seulement
à l’intérieur d’une couche de quelques millimètres à partir du sol (Cf. CC, Fig. 8), que les forces
de cisaillement verticales sont intenses et que la diffusion moléculaire est comparable aux
autres termes dans l’équation de la quantité de mouvement (cf. CC, Equ. 4.8 à 4.10).

En dehors de cette sous-couche visqueuse, la diffusion moléculaire n’est pas importante


dans les équations de la couche limite du vent moyen, bien qu’elle reste importante pour les
tourbillons de faible échelle (cf. CC, Fig. 7). Néanmoins, la viscosité a toujours un important
rôle indirect puisqu’elle impose à la vitesse d’être nulle au contact du sol. Comme conséquence
de cette condition de non glissement à la frontière, même une faible vitesse de vent peut
engendrer des importantes forces de cisaillement au voisinage du sol, ce qui conduit au
développement des tourbillons de turbulence.

Ces mouvements de turbulence ont des variations spatiales et temporelles à des échelles
plus petites que celles résolues par le réseau d’observations météorologiques (cf. CC, Fig. 2).
De telles tourbillons induits par les forces de cisaillement, ensemble avec ceux provenant de la
convection thermique du chauffage du sol, sont très efficaces dans le transfert de la quantité
de mouvement vers le sol et dans celui de la chaleur (latente et sensible) provenant du sol à
des taux multiples de celui que peuvent engendrer les processus moléculaires.

L’épaisseur de la couche limite provoquée par le transport turbulent peut varier de 30 m,


dans les conditions d’une forte stabilité statique, à plus de 3 km dans les conditions d’une haute
convection. Dans la CLA, la structure dynamique de l’écoulement n’est pas directement
déterminée par la viscosité. Elle est plutôt largement déterminée par la nature turbulente de
l’écoulement atmosphérique. Dans l’atmosphère libre (c'est-à-dire au-dessus de la CLA), cette
turbulence peut être méconnue dans un traitement approximatif d’écoulement d’échelle
synoptique, excepté peut être dans le voisinage des jets streams, fronts et nuages convectifs
(Cf. CC).

Les échanges de matière, d'énergie et de mouvement se produisant au sein de la CLA sont


primordiaux en météorologie. On y retrouve la plupart des éléments à méso-échelle qui mènent
au déclenchement de la convection profonde et une bonne partie des éléments qui conduisent
aux systèmes à l'échelle synoptique. La paramétrisation de la couche limite est donc primordiale
dans la mise au point des modèles de prévision numérique du temps.

1. Présentation des basses couches atmosphériques


 But de l’étude
 Influence des propriétés de la surface sur l’atmosphère
 Evolution diurne des basses couches
 Structure du vent, de la température et de l’humidité

3
1.1. Influence des Propriétés de la Surface sur l’Atmosphère

Suivant ses caractéristiques physiques variant avec l'altitude, l'atmosphère est


décomposée en plusieurs couches dont la plus basse et la plus dense est la troposphère, allant
de la surface à une dizaine de km d'altitude (voir figure 1, CC).

A son tour, la troposphère est décomposée en deux couches principales en fonction de


l'influence de la rotation terrestre et de l'effet de la surface de la planète sur les mouvements
internes de cette couche. Ainsi, on distingue :

 de la surface du sol à environ 1 km, la couche limite atmosphérique (CLA), dans


laquelle l'écoulement est influencé à la fois par la surface du sol et par les forces de
Coriolis ;

 entre, typiquement, le kilomètre et la dizaine du km, l'atmosphère libre (AL), où


l'influence du sol est négligeable et les mouvements ne sont soumis qu'aux gradients
de pression et de température, ainsi qu'aux effets de la rotation terrestre.

Entre la partie supérieure de la CLA et l'atmosphère libre au-dessus, il existe une couche
dans laquelle la température potentielle (Cf. Eq. R26, CC) croît avec l'altitude et qui constitue
l'inversion thermique "coiffant" la couche limite.

1.2. Evolution diurne des basses couches

Sur les océans, qui constituent 70 % de la surface de la terre, l'épaisseur de la CLA varie
relativement peu dans l'espace et dans le temps car la température de la surface de l'eau change
faiblement au cours du cycle journalier. Ainsi la plupart des changements dans l'épaisseur de la
CLA au niveau des océans proviennent des processus d'échelles synoptiques et de méso-échelle
(Cf. Fig. 2, CC). Aussi bien sur l'eau que sur terre, la CLA est généralement plus épaisse dans
les régions à basse pression que dans celles à haute pression.

Sur terre, dans les régions à haute pression, la CLA a une structure bien définie qui évolue
avec le cycle journalier (Cf. Fig. 3, CC). Les trois composantes essentielles de cette structure
sont : la couche de mélange, la couche résiduelle et la couche limite stable. En présence de
nuages, la couche de mélange se subdivise en couche nuageuse et couche sous-nuageuse. La
couche limite de surface est la partie inférieure de la CLA et se distingue par ses propres
caractéristiques.

1.2.1. Couche Limite de Surface (CLS)

La couche limite de surface (CLS) est la région la plus basse de la CLA où les flux
turbulents (de chaleur, de quantité de mouvement, etc.) varient de moins de 10 % de leur valeur
au sol. Cette partie inférieure de la CLA est appelée CLS, indépendamment de son appartenance
à la couche de mélange ou à la couche limite stable. Elle occupe environ les 10 % de l'épaisseur
de la couche limite (Stull, 1988; voir ci-dessous également).

4
Au voisinage immédiat de la surface terrestre, la force de Coriolis et le gradient horizontal
de pression peuvent être considérés comme négligeables devant les forces de frottements. Les
distributions verticales du vent, de la température, etc., sont spécifiques dans cette couche où
les grandeurs physiques, telles les quantités de chaleur (distribution de température), de quantité
de mouvement; l'humidité, les aérosols, sont échangées entre la surface du sol et l'atmosphère.

Enfin, une fine couche, appelée microcouche ou couche inter-faciale ou alors couche
"visqueuse", a été identifiée dans les quelques premiers centimètres à partir du sol, où le
transport moléculaire l'emporte sur le transport turbulent (cf. CC, Section 1.3.4 et Fig. 8).

1.2.2. Couche de Mélange, d’entraînement et d’Inversion

Dans une journée sans nuage, le développement de la couche de mélange (CM) est lié au
réchauffement du sol par le soleil. Commençant environ 30 minutes après le lever de celui-ci,
le développement de la CM turbulente se caractérise par un intense mélange, dans une situation
d'instabilité statique, entre l'air chaud au voisinage du sol et des couches de plus en plus élevée
de l'atmosphère, où l'écoulement est moins turbulent. L'épaisseur de la CM atteint son
maximum en fin d'après-midi (cf. Fig. 3).

La turbulence dans la CM est d'origine convective et/ou dynamique. Même quand la


convection est le mécanisme dominant, il existe généralement des cisaillements mécaniques
dans la partie supérieure de la CM qui contribuent à la création de la turbulence.

Dans une CM, le profil de la température virtuelle potentielle (cf. Eq. R26) est quasi
adiabatique alors que, dans la CLS, on trouve souvent une couche super-adiabatique adjacente
au sol. Au-dessus de la CM, une couche limite stable constitue un plafond restreignant le
domaine de la turbulence. Cette couche stable est appelée zone d'entraînement car elle est
progressivement entraînée vers la CM par l'entraînement d'air chaud supérieur (de température
potentielle plus grande).

L'épaisseur de la CM se définit comme la hauteur moyenne de la base de la couche


d'inversion.

Comme les sources de pollutions se situent généralement au niveau du sol, les


concentrations en polluants peuvent s'accroître dans la CM pendant qu'elles restent relativement
faibles dans l'atmosphère libre. Les polluants étant transportés par les tourbillons (thermiques
par exemple), l'incapacité de ces derniers à pénétrer assez loin dans la couche stable confère à
cette dernière un caractère de mur anti-polluant, les obligeant ainsi à se concentrer d'avantage
dans la CM.

1.2.3. Couche Résiduelle

Environ 30 minutes avant le coucher du soleil, le sol devient moins chaud et le


mouvement d'air de la CM s'arrête. Dans la nouvelle couche qui en résulte, la turbulence décroît.
Cette nouvelle couche d'air est souvent appelée couche résiduelle (CR) car les valeurs
moyennes ses variables d'état et de concentrations sont initialement les mêmes que celles de la
CM à laquelle elle succède. La couche résiduelle a une stratification neutre donnant lieu à une
turbulence d'égale intensité dans toutes les directions.

5
La couche résiduelle se forme également le matin, durant quelques instants, avant d'être
entraînée dans la CM naissante. L'échange de chaleur est plus ou moins uniforme à travers
l'épaisseur de la CR ce qui permet au profil de la température potentielle virtuelle de rester quasi
adiabatique.

La CR n'a pas de contact direct avec le sol. Durant la nuit, l'épaisseur de la couche limite
stable nocturne croît progressivement, modifiant ainsi l'état de la base de la CR. Le restant de
la CR n'est pas affecté par le transport turbulent des grandeurs liées au sol, et ne tombe donc
pas dans la définition de la couche limite.

1.2.4. Couche Limite Stable

A mesure que la nuit avance, la portion inférieure de la CR est transformée, à travers le


contact avec le sol, en couche limite stable (CS). La couche se caractérise par de l'air
statiquement stable avec de faibles turbulences sporadiques.

Bien qu'au sol, les vents deviennent fréquemment légers à calmes la nuit, dans les hautes
couches il peut accélérer jusqu'à atteindre des vitesses super-géostrophiques, dans un
phénomène qu'on appelle jet de basse couche ou jet nocturne.

L'air statiquement stable tend à supprimer la turbulence alors que le jet nocturne en
développement renforce le frottement mécanique qui tend à générer de la turbulence. Dans ces
conditions, parfois, la turbulence apparaît par courtes poussées qui peuvent conduire à un
mélange à travers toute la CS.

A l'opposé de la CM dont la limite supérieure est bien définie, il n'existe pas de forte
discontinuité entre le sommet de la CS et la base de la CR. Alors que la limite supérieure de la
CM se définit comme la base de la couche d'inversion, celle de la CS se définit comme le dessus
de la couche turbulente nocturne, soit la hauteur où l'intensité de la turbulence (Cf. Eq. R27,
CC) devient une fraction négligeable de sa valeur au sol (5 % par exemple, Kaimal et
Finnigan, 1994).

Les polluants émis dans la CS diffusent faiblement en hauteur. Mais plutôt, ils diffusent
plus rapidement ou forment des panaches coniques dans les directions horizontales. Parfois, la
nuit, quand les vents sont plus légers, les effluents serpentent à droite à gauche suivant la
direction du vent.

1.3. Structure du vent

Les spectres du vent montrent l'existence d'une zone centrale où les énergies spectrales
sont beaucoup plus faibles que celles des parties qu'elle sépare de part et d'autre (voir CC, fig.
5). Ce "gap" spectral est une des caractéristiques de l'écoulement au niveau de la CLS. Dans le
tableau 1, CC, on remarque que les valeurs des périodes correspondant au creux du "gap" se
situent dans l'intervalle de 7 à 26 minutes, selon la période de la journée et la taille de
l'échantillon. Il s’agit du gap de Van der Hoven dont il localise les centres du "gap" dans
l'intervalle de 6 à 60 minutes.

6
1.3.1. Structure Spectrale du Vent Moyen

L’analyse spectrale du vent moyen, sur une longue période, fait apparaître les différents
cycles caractéristiques et propres à chaque type de vent (Fig. 6).

1.3.2. Structure Spectrale des Mouvements Turbulents

L'hypothèse d'indépendance des grands nombres d’onde (κ) par rapport aux petits
nombres d’onde est à la base de la théorie de Kolmogorov concernant le spectre aux petites
échelles. Selon cette théorie, le spectre de l'énergie cinétique turbulente comporte les trois zones
suivantes (Figures 7 et 18) :
 une zone d'anisotropie ou de production qui se caractérise, d'une part, par le transfert
d'énergie depuis l'écoulement moyen et, d'autre part, par le transfert d'une partie de cette
énergie vers les plus petites structures ;

 une zone dite inertielle, dans laquelle l'énergie est simplement transférée vers les plus
petites structures ;

 une zone dissipative où s'opèrent à la fois la dissipation de l'énergie et le transfert vers


des zones associées.

Selon ce schéma, dans la zone inertielle, les tourbillons ne sont soumis ni aux forces de
viscosité, ni à celles du processus de génération de la turbulence. Ils reçoivent leur énergie de
façon inertielle depuis les structures plus grandes de la zone de production et la transfèrent de
la même façon vers les structures plus petites de la zone dissipative. En régime stationnaire, le
taux de cascade d'énergie vers les échelles inférieures doit être égal au taux dissipation de cette
énergie.

1.4. Structure de la température et de l'humidité


1.4.1. Température Virtuelle

La température virtuelle est celle qui prend en compte la présence de la vapeur d’eau dans
l’air. Son expression est la suivante (Cf. CC, Section 0.2.7) :
 R  Ra 
Tv  T 1  v q (1.1.a)
 Ra 
ou:
Tv  T 1 0,608 q  (1.1.b)
Avec :
 Tv la température virtuelle de cet air humide
 q le taux d’humidité
 Ra et Rv les constantes de gaz de l'air sec et de la vapeur d'eau

7
1.4.2. Température Potentielle – Equation de Poisson

La température potentielle,  , d’une cellule d’air, à la température T et à la pression P,


est la température qu’aura prise cette cellule quand on la compresse ou la détend à la pression
standard, Ps, généralement prise à 1000 hPa. Son expression est la suivante (Cf. Eq. R26) :
R
 P Cp
 T  s  (1.2)
P
Où :
 Cp est la chaleur spécifique à pression constante de l’air
 R la constante du gaz parfait

Cette relation est appelée l’équation de Poisson et la température  , définit par cette équation,
température potentielle.

2. Equations du mouvement dans les basses couches


 Rappel des équations de Navier-Stokes
 Notion de viscosité moléculaire et de diffusivité
 Système de Boussinesq

Les différents phénomènes et événements atmosphériques qui se produisent de façon


permanente sont étroitement liés aux flux d’énergie et de matière au sein de l’atmosphère. Ces
flux, qui conditionnent et façonnent l’écoulement de l’air atmosphérique, sont décrits par les
équations de la mécanique des fluides (ou de Navier-Stockes) qui traduisent la conservation
(loi, postulat, axiome, principe) des trois quantités physiques suivantes :
 la masse,
 la quantité de mouvement et
 l'énergie (ou de chaleur dans certain cas).

A la conservation de ces grandeurs physiques, s’ajoutent l'équation du gaz parfait et la


conservation de masse appliquée aux grandeurs scalaires (aérosols physiques et chimiques)
pouvant se trouver dans l'atmosphère.

2.1. Equation de Conservation de la Masse (ou de Continuité)

Elle s’écrit :

t
 
 div  u  0
(2.1)
Où :
 ρ la masse volumique
 u le vecteur vitesse
 t le temps

Un fluide est dit incompressible ou isovolume, quand, en régime permanent, on a :

8

div u  0
(2.2)

2.2. Rappel des Equations de Navier-Stockes

Dans le système de coordonnées sphériques, sur lequel nous travaillons, les vecteurs i ,
j , k sont respectivement pris dans la direction de l’est (zonale), du nord et du haut (cf. CC,
Section 0.3).

Les flux, qui conditionnent et façonnent les écoulements fluides, sont décrits par les
équations de la mécanique de fluides de Navier-Stockes qui elle-même traduisent l’équation
de conservation de la quantité de mouvement, soit :
dv
F ext m
dt (2.3)
Où :
 Fext , représente les forces extérieures au volume infinitésimal
 m, la masse du volume considéré
 v , la vitesse
 t, le temps

En appliquant le principe de la conservation de la quantité de mouvement (ou le deuxième


principe de Newton) à un volume infinitésimal d'un fluide, en mouvement sur la surface de la
terre, on obtient l'équation suivante, formulée selon la notation d’Einstein :
ui u 1 p 1  ij
 u j i   i 3 g  2 ijk  j uk  
t x j  xi  x j (2.4)
I III IV V
II VI

où les termes de l’équation ont les significations suivantes :


 j : indice de sommation
 k : indice de sommation (cf. Figure 9)
  ij : le symbole de Kronecker, nul si les deux indices sont différents et 1 si les indices
sont identiques
  ijk : le tenseur alternatif d'unité, égal à 0 si deux indices sont identiques, égale à +1 si
les indices sont dans les configurations 123, 312 ou 231 et égal à –1 dans les autres
configurations (cf. Figure 9)
 ui : est la composante i de la vitesse de l'écoulement
 t : le temps
 xj : les coordonnées spatiales
 Ωj : les composantes de la force de Coriolis (voir équation (2.4.a), ci-dessous)
 p : la pression
 ρ : la masse volumique
 g : l’accélération de la pesanteur
 τij : les tenseurs des forces de viscosité (voir équation (2.4.b), ci-dessous)

9
Les différents termes de l’équation (2.4), de I à VI ont les significations suivantes :
 Terme I : le stockage (ou le déstockage) de la quantité de mouvement (inertie).
 Terme II : l’advection spatiale du fluide
 Terme III : l'action de la force de gravité.
 Terme IV : l’effet de la force de Coriolis liée à la rotation de la terre.
 Terme V : l’action des forces de pression
 Terme VI : l’effet de la viscosité du fluide

Les composantes de la force de Coriolis s’expriment en fonction de la latitude du lieu, 


, de la vitesse angulaire de la terre,  , et des composantes de la vitesse du vent (u, v, w), cf.
Figure 9 :
2 cos   w  2 sin   v
Terme IV  2 ijk  j uk 2 sin   u (2.4.a) w faible, cm
2 cos   u

Pour un fluide newtonien, le tenseur de viscosité est une fonction linéaire du cisaillement
de la vitesse. Le terme VI peut alors s’écrire :

Terme VI 
1  ij     div u
  ij
      u 2
i
(2.4.b)
 x j  xi x 2
j

  : le coefficient de viscosité dynamique,



  : le coefficient de viscosité cinématique, lié à la viscosité dynamique par  

  : un coefficient tributaire du deuxième coefficient de viscosité,    
2

3


Et si le fluide est incompressible, div u  0 , alors l’équation devient :

1  ij  2ui
Terme VI   2 (2.4.c)
 x j x j

2.3. EQM de la Composante Verticale - Approximation de Boussinesq

La densité de l’atmosphère, à l’état normal, varie seulement de 10 % à travers le premier


kilomètre à partir du sol et la partie fluctuante de cette densité de seulement quelques pourcents.
Ces observations suggèrent que la dynamique de la couche limite peut être modélisée en faisant
l’hypothèse d’une densité constante et en utilisant les théories propres aux fluides homogènes
incompressibles. Toutefois, cela n’est pas généralement le cas. Les fluctuations de la densité ne
peuvent être totalement négligées car elles représentent la force de convection (de flottabilité,
ou buoyancy en anglais).

10
Toutefois, il est possible d’effectuer d’importantes simplifications dans les équations
dynamiques de la CLA. L’approximation de Boussinesq est une des formes des équations
dynamiques qui reste valable dans cette situation. Dans cette approximation, la densité est
remplacée par sa valeur moyenne, 𝜌0 , partout sauf dans le terme de convection (flottabilité)
dans l’équation du gradient vertical de la quantité du mouvement. Les équations de la quantité
de mouvement (cf. Eq. 2.4) pour les composantes horizontales s’expriment sous la forme :
u u u u 1 p
u v w   f c v  Frx (2.5a)
t x y z  x

v v v v 1 p
u v  w    f c u  Fry (2.5b)
t x y z  y

Avec :
 u, v et w respectivement les composantes longitudinale, transversale et verticale de la
vitesse du vent
 x, y, z respectivement les coordonnées longitudinale, transversale et verticale
 f c  2 sin   le paramètre de Coriolis car w est négligeable (cf. Equation 2.4.a) et
 Frx et Fry les composantes des forces de cisaillement (cf. Eq. 2.4.b et 2.4.c).

Pour la composante verticale, avec l’approximation de Boussinesq (Cf. CC Section 2.3) nous
avons :
w w w w 1 p 
u v w   g  Frz (2.5c)
t x y z 0 z 0

avec  et 0 les températures potentielle et potentielle du départ. La force de Corriolis


n’intervient pas car le cos(ϕ) est faible en moyenne latitude (Cf. Equation 2.4a).

Le fait de négliger les variations de la masse volumique dans le terme d'inertie


(stockage) et de le maintenir dans le terme convectif (gravité) est appelé l'approximation de
Boussinesq.

2.4. Equation de Continuité - Approximation d’incompressibilité

De l’équation (A2.13), l’équation de l’énergie dans un processus thermodynamiquement


adiabatique s’écrit :
d d
 w 0 (2.6)
dt dz

De l’équation (2.1), l'équation de conse rvation de masse s'écrit :


 (  .u j )
 0 (2.7)
t x j
Ou, après développement et regroupement :

11
d u j
 0 (2.8)
dt x j
Dans le cas de la CLA, si U et L représentent, respectivement, les échelles de vitesse et
de longueur, on montre que si l'une des quatre conditions suivantes est réunie : (i) U << 100
m/s, (ii) L << 12 km, (iii) L << Cs2/g, (iv) L << Cs/f, où Cs est la vitesse du son et f la fréquence
de toute onde de pression pouvant intervenir, alors :
1 d u j
 (2.9)
 dt x j
Cela signifie que la variation de ρ est très faible par rapport à la somme des variations
des uj. Comme ces conditions sont généralement satisfaites dans tout écoulement turbulent
d'échelle moindre que la méso-échelle, l'équation (2.8) s'écrit :
u j
0 (2.10)
x j
Cette équation est appelée approximation d'incompressibilité. Elle équivaut à l’équation (2.2).

3. Instabilité Hydrodynamique et Transition vers la Turbulence


 Ecoulement laminaire et écoulement turbulent
 Expérience de Reynolds (turbulence mécanique)
 Expérience de Benard (turbulence thermique)
 Essai de définition de la turbulence
 Structure et échelle des tourbillons

3.1. Turbulence Mécanique - Expérience de Reynolds

Les expériences réalisées par Reynolds lors de l’écoulement d’un fluide dans une
conduite cylindrique rectiligne, ont montré l’existence de deux régimes d’écoulement :
laminaire et turbulent.

En utilisant des fluides divers (viscosité différente), en faisant varier le débit et le diamètre
de la canalisation, Reynolds a montré que le paramètre qui permettait de déterminer la nature
de l’écoulement (laminaire ou turbulent) est un nombre sans dimension (Cf. Section 6.3.3, CC)
désormais appelé nombre de Reynold, Re , et donné par :
Force d ' Inertie  .U .D
Re   (3.1a)
Force de Vis cos ite 

𝑈.𝐷
𝑅𝑒 = (3.1b)
𝜈
Avec :
 ρ la masse volumique du fluide
 U la vitesse moyenne du fluide
 D le diamètre de la canalisation
 𝛎 la viscosité cinématique
 μ la viscosité dynamique

12
3.1.1. Ecoulement Laminaire – Faible vitesse

Dans un régime laminaire, les filets conservent leur individualité tout le long de la
conduite. La chute de pression est faible et ne dépend pas de la rugosité de la paroi du tube. (cf.
Figure ci-dessous)

P

Figure : Ecoulement laminaire – les filets individualisés.

Cette situation se produit quand le nombre de Reynolds, Re , est inférieur au nombre de


Reynolds critique, Rec (par exemple 2.000 pour une conduite cylindrique).

3.1.2. Régime turbulent lisse – Moyenne vitesse

A partir d’une certaine vitesse, les filets fluides commencent par onduler avant de se
mélanger entre eux. La perte de charge augmente brusquement (cf. Figure ci-dessous).

Le nombre de Reynolds, Re , est alors supérieur au nombre de Reynolds critique, Rec .

P

Figure : Ecoulement turbulent lisse – Mélange progressif.

3.1.3. Régime turbulent rugueux - Forte vitesse

Si la vitesse augmente, les tourbillons augmentent encore d’amplitude. La perte de charge


dépend principalement de la rugosité de la conduite (cf. Figure ci-dessous).

Cette situation se produit quand le nombre de Reynolds, Re , est très supérieur au nombre
de Reynolds critique, Rec .

13
P

Figure : Ecoulement turbulent rugueux – Mélange quasi immédiat.

3.1.4. Nombre de Reynolds dans la CLA

Dans la CLA les grandeurs caractéristiques sont U = 15 m/s ; D = hauteur de couche


atmosphérique = hCLA = 1.000 m ; et la viscosité cinématique, ν = 1,45 10-5 m2/s, soit :
15  1.000
Re  5
 109  3.000 (3.1c)
1, 45.10

3.2. Turbulence Thermique - Expérience de Benard

3.2.1. Cellule de Benard et Transition vers la Turbulence

Les cellules de Bénard sont un concept relatif à la convection qui désigne un phénomène
observé lors d'une expérience réalisée par le physicien Henri Bénard. Ce sont des cellules de
convection qui apparaissent spontanément dans un liquide quand on lui applique une source de
chaleur extérieure. Elles illustrent la théorie des systèmes dissipatifs, d'une façon simple et
aisément compréhensible.

Pour réaliser l'expérience, on dispose d'une couche de liquide, par exemple de l'eau,
enfermée entre deux plaques parallèles qui vont servir de surfaces d'échange thermique Cf. CC,
Section 3.2).

3.2.2. Paramètre de Stabilité Thermique Atmosphérique

Tout comme pour le nombre de Reynolds, la stabilité thermique est paramétré par le
nombre Rayleigh, noté Ra, dont l’expression est :

Facteur destabilisateur g.L3 .T


Ra   (3.2)
Facteur stabilisateur T0 . .

 g, accélération de la pesanteur, = 10 m/s2 ;


 L, longueur caractéristique = hCLA = 1.000 m
 ΔT, différence de température entre la paroi et loin de la paroi (T0 - T∞), = 1 0C
 ν, la viscosité cinématique, = 1,45 10-5 m2/s
 α, la diffusivité thermique, = 2 10-5 m2/s

14
En effet, pour un gaz parfait, le coefficient de dilation thermique est donné par : β = 1/T0.
Ainsi, dans la CLA, le paramètre de stabilité thermique s’évalue comme suit :
Ra  1017  Rac 50.000 (3.2)

3.3. Définition de la Turbulence

Un écoulement turbulent est fait d’un spectre d’échelles de mouvements irréguliers et


quasi-aléatoires (cf. Figure 5). De tels tourbillons poussent les cellules d’air voisines à dériver
et ainsi assurer le mélange des caractéristiques telles que la quantité de mouvement et la
température potentielle à travers la CLA. Contrairement aux écoulements tourbillonnaires de
grandes échelles, qui ont des échelles verticales plus petites que les échelles horizontales, les
tourbillons en question dans la CLA ont tendance avoir les mêmes échelles verticales et
horizontales.

Même si les observations sont faites avec des très courtes intervalles temporelles et
spatiales, un écoulement turbulent a toujours des échelles non résolues parce qu’ayant des
fréquences plus grandes que celles des moyens d’observations et des échelles spatiales plus
petites que les intervalles des moyens d’observations (cf. Figure 2).

En dehors de la CLA, dans l’atmosphère libre, la question des échelles de mouvement


non résolues ne constitue généralement pas un problème à l’observation ou à la prévision des
circulations d’échelles synoptiques ou supérieures (bien qu’il soit crucial pour la méso-échelle).
Les tourbillons qui contiennent l’essentiel de l’énergie dans l’atmosphère libre sont résolus par
le réseau d’observation synoptique.

4. Equations du Mouvement dans la CLA


 Méthode statistique - définition des moyennes et des fluctuations
 Equations de Reynolds - termes de Reynolds
 Problèmes de fermeture
 Equation de l'énergie cinétique

4.1. Ecoulement moyen de Reynolds

Dans un fluide en écoulement turbulent, les variables, comme la vitesse mesurée en un


point, fluctuent rapidement dans le temps, à mesure que les tourbillons de différentes échelles
se défilent. Pour que les mesures effectuées soient vraiment représentatives des flux de grandes
échelles, il est nécessaire de moyenner les mesures sur un intervalle de temps assez long afin
d’éliminer les fluctuations des tourbillons de petites échelles et assez court pour ne pas inclure
les tendances du mouvement de grandes échelles (cf. Figures 5 et 6). Pour cela, on suppose
que le champ de variables peut être séparé en champ moyen variant lentement auquel est
superposé un champ turbulent fluctuant rapidement. Selon ce schéma introduit par Reynolds,
on peut supposer que pour n’importe quel champ de variables, comme w et  par exemple, est
composé des valeurs moyennes, indiquées par une barre, et des valeurs fluctuantes, indiquées
par le signe « prime ». Ainsi, on a : w  w  w ' et      ' . Par définition, on a:

15
w '  w '  0 (4.1)

Par contre, la moyenne du produit des variables fluctuantes (appelé covariance) n’est pas nulle.
Ainsi, on a :

  
w  w  w '    '  w  w ' ' (4.2)

Pour les règles de ce calcul se référer au CC, Rappel sur les Axiomes de Reynolds, Section
4.1.1.

La dérivée totale de la première composante de la vitesse s’écrit:


du u u u u
 u v w (4.3)
dt t x y z

Avec l’équation (2.2) de continuité (qu’on ajoute en la multipliant par u), l’équation (4.3)
devient:
du u u u u  u v w 
 u v  w u    (4.4)
dt t x y z  x y z 

Sachant que la divergence de la vitesse est nulle.

Alors on a (Cf. CC Section 4.3.2):


du u u 2 uv uw
    (4.5)
dt t x y z

En séparant les composantes moyennes et des composantes fluctuantes et en moyennant,


l’équation (4.5) devient:
du u   
 
dt t x

uu  u ' u ' 
y
 
uv  u ' v ' 
z

uw  u ' w '   (4.6)

En se rappelant que le champ de la vitesse moyenne vérifie l’équation de continuité, l’équation


(4.6) devient (Cf. CC pour plus de détail) :
  
du du  u ' u '  u ' v '  u ' w '
   
  
(4.7)
dt dt x y z

Avec l’équation (4.7), les moyennes équations (2.5a), (2.5b), (2.5c), (2.6) et (2.8) donnent :
du 1 p  u ' u ' u ' v ' u ' w ' 
  fc v       Frx (4.8a)
dt 0 x   x y  z 

dv 1 p  u ' v '  v ' v '  v ' w ' 


  fc u       Fry (4.8b)
dt 0 y  x y z 

16
dw 1 p   u ' w '  v ' w '  w ' w ' 
 g      Frz (4.8c)
dt 0 z  0  x y z 

d d    u ' '  v ' '  w '  ' 


 w 0      (4.9)
dt dz  x y z 

u  v  w
  0 (4.10)
x y z

Les différents termes de covariances entre les segments (des éq. 4.8 à 4.10) représentent les
flux turbulents. Par exemple, w ' ' représente le flux de chaleur turbulent vertical. De même,
w ' u '  u ' w ' , représente le flux turbulent vertical de la quantité de mouvement.

Dans beaucoup des cas de la CLA, les flux turbulents sont de même ordre de grandeur que les
autres termes des équations (4.8) à (4.10). Ceci n’est pas le cas en dehors de la CLA, où les
flux turbulents sont assez faibles.

4.2. Equation de l’Energie Cinétique Turbulente

Les étirements et les torsademments des vortex associés aux tourbillons de la turbulence
conduisent toujours l’énergie turbulente à se déplacer vers des échelles plus petites, où elle se
dissipe par diffusion visqueuse. Ainsi, une production continue de la turbulence doit se
maintenir pour que l’état de l’énergie cinétique turbulente reste statistiquement stable dans
l’écoulement. L’origine de la turbulence dans la CLA dépend de façon critique de la structure
du vent et du profil de la température au voisinage du sol. Le rôle de ces paramètres ressort
mieux à travers les équations bilans de l’énergie cinétique turbulente.

Pour évaluer les données de la production de la turbulence, nous multiplions l'équation


(A4.12) par 2ui' et au moyen de quelques opérations de simplification, on obtient l'équation
simplifiée de la variance sous la forme :
u i ' 2
uj
u i ' 2
 2 i 3 g
ui ' v '
 2ui ' u j ' 
 
u i  u j ' u i '
2


 
2  ui ' p'
 2 i (4.11)
t x j v x j x j  xi
2
 u ' 
avec  i    i 
 x j 

En additionnant les équations des trois composantes de la vitesse du vent, en divisant la


1
nouvelle équation par 2 et en remplaçant les termes de l'énergie cinétique turbulente e  u ' i2 ,
2
(attention, alors i devient indice de sommation au même titre de j) alors on obtient :

17
e e 
u  u j ' e  
1  ui ' p ' 
t
 uj
x j
  ui ' u j ' i 
x j x j
 i3
g
v

ui 'v '  
 xi

VI
(4.12)

I II III IV V

Avec cette notation, l'expression de ε est alors identique à celle de εi. Les termes de l’équation
ont les significations suivantes :
 Terme I : la première partie du terme I représente le stockage (ou le déstockage) local de
l'ECT et la deuxième partie décrit l’advection de l'ECT par le vent moyen
 Terme II : représente la production (ou la destruction) mécanique de l'ECT. Le flux de la
quantité de mouvement ui ' u j ' est généralement de signe opposé de celui du
cisaillement du vent moyen, car la quantité de mouvement du vent s'évanouit à
l'approche du sol, sauf près de la surface de la mer, où il peut changer de signe. Ainsi
le terme II, affecté du signe négatif est une contribution positive au bilan de l'ECT.
Avec le terme IV, ils constituent les deux termes de production de la turbulence par
frottement ou par convection.
 Terme III : décrit le transport turbulent de l'ECT par les tourbillons de uj'.
 Terme IV : le terme de production ou de destruction de la flottabilité, selon le signe du
terme u i ' v ' . Celui-ci est positif de jour, sur la terre ferme, et négatif la nuit.
 Terme V : le terme de corrélation avec la pression qui décrit comment l'ECT est répartie à
travers les perturbations de pression. Il représente un effet d'isotropisation de la
turbulence. Il est le plus souvent associé aux oscillations des ondes de convection ou
de gravité dans l'air. Avec le terme III, ils constituent les deux termes de transports
et représentent l'importation ou l'exportation de l'ECT par la turbulence.
 Terme VI : représente la dissipation visqueuse, ou la conversion en chaleur, de l'ECT. C’est
la conversion en chaleur des échelles les plus petites de la turbulence par la viscosité
moléculaire

Le terme de production ou de destruction de la flottabilité (IV) peut se ramener, après quelques


simplifications, à :
g
PDF  w ' v ' (4.13)
v 0

Le terme de la production (ou destruction) mécanique de l'ECT, Terme II, est proportionnel à :
u v
PDM  u ' w '  v 'w' (4.14)
z z

Dans une couche limite statiquement stable (cf. Figure 3) la turbulence ne peut exister que si
le terme PDM de l’ECT est assez grand pour dompter les effets apaisants de la stabilité
thermique et de la dissipation visqueuse. Cette situation s’évalue au moyen du nombre de
Richardson de flux, défini par :
PDF
Ri f   (4.15)
PDM

Si la CLA est statiquement instable, alors le nombre de Richardson est négatif. Et la turbulence
est maintenue par la convection. Pour les conditions de stabilité, le nombre de Richardson doit

18
être positif. L’expérience a montré que quand le nombre de Richardson est inférieur à 0,25, la
production mécanique est assez intense pour entretenir la turbulence dans une CL stable.

4.3. Equation de la Quantité de Mouvement

Pour le cas particulier d’une turbulence horizontalement homogène au-dessus de la sous-


couche visqueuse, la viscosité moléculaire et les termes de la divergence du flux de la quantité
de mouvement turbulente horizontale peuvent être négligés. Ainsi, les équations de la quantité
de mouvement de l’écoulement moyen (4.8a) et (4.8b) deviennent :
du 1 p u ' w '
  fc v  (4.16a)
dt 0 x z

dv 1 p v ' w '
  fc u  (4.16b)
dt 0 y z

En général, les équations (4.16a) et (4.16b) ne peuvent être résolues pour u et v que si
l’on connaît la distribution verticale du flux de la quantité de mouvement turbulente. Ainsi, il
n’existe pas de solution générale, mais plutôt un certain nombre d’approximations semi-
empiriques.

Dans les écoulements de moyennes latitudes, à l’échelle synoptique, les termes de


l’accélération peuvent, en première approximation, être négligés devant les forces de Coriolis
et celles de gradient de pression dans les équations (4.16a) et (4.16b). Toutefois, les termes de
flux de turbulence doivent être conservés. Ainsi, avec le concours des équations (A.4.31) et
(A.4.32), nous avons :
u ' w '
 
f c v  vg 
z
0 (4.17a)

v ' w '

 fc u  ug   z
0 (4.17b)

Où u g et vg expriment les vitesses du vent géostrophique en équilibre avec le gradient de


pression.

5. Couche Limite Tropicale (ou Mélangée=Thermique)


 Présentation des équilibres de la couche limite tropicale
 Echanges turbulents entre la surface et l'atmosphère

Quand une CL convective est surmontée par une couche stable, la turbulence peut
entraîner la formation d’une couche mélangée (cf. Figure 12). De telle CL arrive généralement
sur terre durant le jour quand le chauffage du sol est intense et sur les océans quand l’air au-
dessus de l’eau est plus frais que l’eau. Les océans tropicaux ont généralement ce type de
couche limite.

19
Dans une CL mélangée, la vitesse de l’air et la température potentielle sont presque
indépendants de la hauteur. La Figure 12 donne les profils de la température potentielle
moyenne 0 et de la vitesse moyenne zonale U, dans une couche mélangée.

Dans de telles situations, l’expérience montre que les flux de la quantité de mouvement
au sol peuvent être représentés par les expressions:
 u ' w ' s
 Cd V u (5.1a)

 v ' w ' s
 Cd V v (5.1b)

2 2
où Cd le coefficient adimensionnel de cisaillement, V  u  v et l’indice s se rapporte à
la surface, selon la hauteur standard des anémomètres. L’expérience montre que Cd est l’ordre
1,5x10-3 au-dessus des océans, mais sûrement plusieurs fois plus élevé sur la terre ferme.

Les équations (4.17a) et (4.17b) approximatives de la CLA peuvent être différentiées du sol
jusqu’à la limite supérieure de la CLA à z=h, pour donner:
 u ' w ' Cd V u

f c v  vg  
h
s

h
(5.2a)

 v ' w ' C V v

 fc u  ug    h
s
 d

h
(5.2b)

Tout en restant dans la généralité, nous pouvons choisir les axes pour que vg  0 . Les équations
(5.2a) et (5.2b) peuvent s’écrire :
v  K s V u

 (5.3)
 u  ug  K s V v

Où K s  Cd /  f c h  . Ainsi, dans la couche mélangée, la vitesse du vent est moins élevée que la
vitesse géostrophique et il existe une composante du mouvement orientée vers la basse pression
(ou plus précisément à gauche du vent géostrophique dans l’hémisphère nord, f c  0 , et à
droite dans l’hémisphère sud) dont la magnitude dépend de K s .

6. Etude Quantitative de la Turbulence


 Coefficients d'échange
 Théorie de la longueur de mélange de Prandtl
 Limitation des théories en K
 Théorie asymptotique de Kolmogorov
20
Dans des CL stable ou en état de neutralité, la vitesse et la direction du vent varient
significativement avec la hauteur. Le modèle simple de la CL mélangé ne suffit plus d’où la
nécessité d’employer d’autres moyens.

6.1. Théorie du Gradient de Flux

L’approche habituellement utilisée pour la clôture des équations est de supposer que les
tourbillons de la turbulence agissent comme la diffusion moléculaire, de façon que le flux d’un
champ donné soit proportionnel au gradient local de la valeur moyenne. Dans ces conditions,
les termes des flux turbulents des équations (4.17a) et (4.17b) peuvent s’écrire sous la forme :
 u 
u ' w '  Km   (6.1a)
 z 

 v 
v ' w '  Km   (6.1b)
 z 

Et le flux de la température potentielle sous la forme :


  
 ' w '  Kh   (6.1c)
 z 

Où K m est le coefficient de la viscosité turbulente et Kh celui de diffusivité turbulente de


chaleur.

Ce schéma de clôture des équations turbulentes est désigné souvent par “théorie en K”. La
théorie en K a quelques limitations. Contrairement au coefficient de la viscosité moléculaire, la
viscosité turbulente dépend de l’écoulement plutôt que des propriétés physiques du fluide et,
doit donc être déterminé empiriquement pour chaque situation. Les modèles les plus simples
font l’hypothèse que le coefficient d’échange turbulent est constant à travers l’écoulement.

6.2. Théorie de longueur de Mélange de Prandtl (Prandtl Vérifié)

La plus simple approche pour déterminer un bon modèle pour le coefficient de la diffusion
turbulente dans la CL est basée sur l’hypothèse de la longueur de mélange introduite par Prandtl.
Cette hypothèse suppose qu’une cellule de fluide déplacée verticalement transporte avec elle
les propriétés moyennes de son niveau d’origine sur une distance caractéristique  ' (xi) et
ensuite se mélange avec son nouveau milieu. En comparaison avec le mécanisme moléculaire,
ce déplacement est supposé créer une fluctuation turbulente dont l’amplitude dépend de  ' et
du gradient des propriétés moyennes. Comme par exemple :
u
u '   ' (6.2a)
z

21
v
v '   ' (6.2b)
z

Et le flux de la température potentielle sous la forme :



 '   ' (6.2c)
z

Où, il est entendu que  ' 0 pour un déplacement ascendant et  ' 0 pour un déplacement
descendant.

Pour des propriétés conservatives, comme la température potentielle, cette hypothèse est
raisonnable pourvu que les échelles de tourbillons soient petites par rapport à celle du flux
moyen ou que le gradient moyen soit constant par rapport à la hauteur.

Par contre, l’hypothèse est moins justifiée pour la vitesse, où le gradient des forces de
pression induit des changements substantiels de celle-ci au cours du déplacement du tourbillon.

Néanmoins, si nous utilisons l’hypothèse de la longueur de mélange, le flux turbulent vertical


de la quantité de mouvement zonal peut s’écrire :
u
u ' w '  w '  ' (6.3)
z

Avec des expressions analogues pour le flux de la quantité de mouvement méridional et le flux
de la température potentielle. Afin d’estimer w ' en terme de champ moyen, on fait l’hypothèse
que l’atmosphère est en état de quasi neutralité (ni instable, ni stable) de façon que les effets
de la flottabilité soient négligeable. Alors, l’échelle verticale des tourbillons devient comparable
à l’échelle horizontale, de sorte que w '  V ' et on peut alors écrire :
V
w'   ' (6.4)
z

Où V ' et V désignent respectivement les parties turbulentes et moyennes du champ de la


vitesse horizontal.

Nous avons alors à prendre la valeur absolue du gradient du flux moyen pour tenir compte du
signe de la corrélation entre  ' et w ' . Avec les équations (6.1a) et (6.4), l’équation (6.3)
devient :
V u u
u ' w '   '2  Km (6.5)
z z z

Où la viscosité turbulente est maintenant définie par :


V V
K m   '2  l2 (6.6)
z z

22
Et la longueur de mélange de Prandlt par:

 
12
l   '2 (6.7)

7. Couche Limite d’Ekman (ou Dynamique)


 Système des forces
 Spirale logarithmique des vitesses

7.1. Résolution de l’équation de la Couche Limite d’Ekman

Si l’approximation de gradient de flux des équations (6.1a) et (6.1b) est utilisée pour la
représentation des termes de divergence du flux de la quantité de mouvement turbulent et si le
coefficient K m subséquent est supposé constant, alors dans les équations (4.17a) et (4.17b)
donnent les équations classiques de la couche d’Ekman sous la forme :
 2 u

 K m 2  f c v  vg  0
 z

 (7.1)
K  v  f u  u  0
 
2



m
z 2
c g

Les équations de la couche d’Ekman (7.1) peuvent être résolues pour déterminer la
dépendance avec la hauteur du point de départ du champ de vitesse dans la CL à partir du bilan
géostrophique. Pour que l’analyse soit aussi simple que possible, on fait l’hypothèse que ces
équations s’appliquent à travers toute l’épaisseur de la CL. Les conditions aux limites impose
que les composantes horizontales de la vitesse, u et v , soient nulles au sol et qu’elles
approchent les valeurs géostrophiques loin du sol, soit :

 u  0, v  0 à z  0
 (7.2)
u  u g , v  vg à z  

Pour résoudre les équations (7.1), on les combine en une seule équation complexe sous la
forme:

 2 u  iv  i f
Km
z 2
c u  i v   i f u
c g  i vg  (7.3)

En supposant que le vent géostrophique est indépendant de la hauteur et que l’écoulement est
orienté de façon que le vent géostrophique soit dans la direction zonal ( vg  0 ), alors la solution
générale est donnée (Cf. Rappel Mathématique et Section 7 du CC) par :
u  i v  A exp  i f c K m  z   B exp    i f c K m  z   ug
12 12
    (7.4)

Sachant que i  1  i  / 2 et en appliquant les conditions aux limites de l’équation (7.2),


dans l’hémisphère nord ( f c  0 ) conduisant à A=0 et B  ug , on a :

23
u  i v  u g exp   1  i  z   u g (7.5)

   fc 2K m 
12

En appliquant la formule d’Euler, exp  i    cos    i sin   ,et en séparant les parties réelle
et imaginaire, on obtient, dans l’hémisphère nord :

u  ug 1  exp   z  cos   z  

 (7.6)
 v  u g exp   z  sin   z 

Cette solution est la fameuse spirale d’Ekman (Cf. Figure 14)

7.2. Interprétation des Résultats de l’Equation de la CL d’Ekman

La couche idéal d’Ekman, discuté ici et dans le CC, Section 7 est rarement, sinon jamais
observée dans la CLA. En partie parce que les flux turbulents de la quantité de mouvement ne
sont habituellement pas proportionnels aux données de l’écoulement moyen. Toutefois, même
si le modèle de gradient de flux est correct, il reste non approprié pour assurer un coefficient de
viscosité turbulent constant, comme en réalité K m doit varier rapidement avec la hauteur au
voisinage du sol. Ainsi, la solution de la couche d’Ekman ne peut pas être appliquée au
voisinage du sol.

7.3. Epaisseur de la Couche d’Ekman

L’épaisseur de la couche d’Ekman correspond à la hauteur où la direction du vent de la


couche limite se superpose avec celui du vent géostrophique. C’est-à-dire la hauteur où v  vg
(égale 0 dans le cas présent). De l’équation (7.6), on :

v  ug exp   De  sin  De   vg  0 (7.7)


Ou:

De  (7.8)

Avec l’équation (7.5), on a :
2Km
De   (7.9)
fc
Cf. Figure 14.

24
8. Couche Limite de Surface (CLS)
 Définition
 Profil logarithmique des vitesses en régime neutre
 Influence de la stratification sur les profils moyens
 Fonctions universelles
 Flux aérodynamiques dans la CLS

Certaines des incompatibilités du modèle de la couche d’Ekman peuvent être surmonté


si on distingue la couche limite de surface (CLS) du reste de la CLA. La CLS, dont l’épaisseur
dépend de l’état de stabilité, mais qui, habituellement représente moins de 10 % de l’épaisseur
de la CLA (Cf. Section 9), est entièrement entretenu par le transfert vertical de la quantité de
mouvement par les tourbillons. Elle ne dépend pas directement de la force de Coriolis ou du
gradient des forces de pression. L’analyse est facilitée en supposant que le vent proche de la
surface du sol est orienté parallèlement à l’axe des abscisses. Le flux de l’ECT de l’équation
(4.17) peut être exprimé en termes de vitesse de frottement, U * qui est définie par :


U*2  u ' w '  S
(8.1)

Les mesures montrent que l’ordre de grandeur du flux de la quantité de mouvements est de
l’ordre de 0,1 m²/s². Ainsi, la vitesse de frottement est typiquement de l’ordre de 0,3 m/s (Cf.
Figures 15 et 16).

Dans les conditions suivantes :


(i) repère lié à la direction du vent, défini par ox = vecteur vent moyen et oz =
verticale ascendante,
(ii) homogénéité horizontale de façon à négliger les variations horizontales des
différentes grandeurs
(iii) régime stationnaire et en négligeant le gradient de la pression moyenne,

l'équation (A.4.11) de conservation de la quantité de mouvement de l'écoulement moyen, selon


x, devient :
  u 
  u ' w'   0
z  z  (8.2a)

soit
u
  u ' w'  cte  U *2 (8.2b)
z

Donc la somme des flux moléculaire et turbulent moyens de quantité de mouvement est constant
perpendiculairement à la plaque (au sol). Le modèle découlant de cette hypothèse est dit "à flux
constant" et U*² désigne la valeur constante de la tension totale moléculaire et turbulente.

A une certaine distance de la paroi, le frottement moléculaire devient négligeable par


rapport au frottement turbulent et l'équation (8.2b) devient :
 u' w'  cte  U*2 (8.3)

25
D'après les théories en K, le flux vertical turbulent de la quantité de mouvement peut être
exprimé comme une grandeur proportionnelle au gradient vertical de la vitesse moyenne (cf.
Eq. 6.1a), soit :
 u 
u ' w '  U *2  K m   (8.4)
 z 

La théorie de la longueur de mélange de Prandtl (cf. Eq. 6.6), permet d'aboutir à une expression
de K m sous la forme :
u
K m  l p2 (8.5)
z
Où lp est la longueur de mélange de Prandtl.

En combinant les équations (8.4) et (8.5), on obtient à l'équation suivante :


2
 u  U *2
   2
 z  (8.6)
  lp

Dans le modèle de couche limite à flux constant, on pose souvent lp=k.z avec k la constante de
von Karman, valant 0,4 (constante universelle). En remplaçant lp par cette expression et en
prenant la racine carrée de l'équation (8.6), on aboutit à :
u U *
 (8.7)
z k .z

En intégrant l'équation entre Z0, hauteur où la vitesse moyenne est supposée être nulle, et une
hauteur quelque z, on obtient le profil logarithmique de la vitesse moyenne sous-forme :
U   z 
u   *  ln   (8.8)
 k   Z0 

L'échelle de longueur Z0 est appelée longueur de rugosité aérodynamique (Cf. CC, Section 8).

9. Couche d’Ekman Modifiée


Comme précédemment souligné, la solution de la couche d’Ekman n’est pas applicable
dans la CLS. Une plus satisfaisante représentation de la CLA peut être obtenue en combinant
le profil logarithmique de la CLS avec la spirale d’Ekman. Dans cette approche, le coefficient
de la viscosité turbulente est encore supposé constant, mais l’équation (7.3) est seulement
appliquée dans la région au-dessus de la CLS et les valeurs de la vitesse et du frottement au-
dessous de la couche d’Ekman compatibles avec celles au-dessus de la CLS. Les résultats de la
spirale d’Ekman modifiée correspondent quelques peu mieux aux données expérimentales que
ceux de la spirale d’Ekman classique (cf. Figure 17 et Tableaux 3 et 4).

Pour des détails supplémentaires se référer au CC.

26
10. Modélisation de la CLS – Théorie de Monin Obukov
10.1. Principe de la Méthode Empirique d’Analyse Dimensionnelle

Quand les équations mathématiques découlant des lois physiques sont très complexes et
la résolution quasi-insurmontable, on utilise souvent la méthode empirique de l’analyse
dimensionnelle pour aboutir des lois empiriques qui, à l’expérience, donne des résultats
satisfaisants. Cette méthode est très utilisée en mécanique des fluides et sa démarche est la
suivante :
a) Une loi physique peut toujours se mettre sous la forme de 0=f(E1, E2, E3, …., Ep) avec p
paramètres. Il faudra donc déterminer l’ensemble des p paramètres qui interviennent dans
le processus ;

b) Ensuite on dimensionne chacun des p paramètres dans un tableau à d dimensions

c) Puis on applique la loi de Raleigh de regroupement des paramètres autour des paramètres
essentielles appelés . On obtient n nombre sans dimension avec n=p-d. D’où 0=f(1, 2,
3, …, n)

d) Des expériences permettront de définir les zones de validité du modèle.

Exemple de Nombre de Reynolds :


 Nombre de paramètres, p = 4 : Ecoulement, U – Tuyau, D - Fluide, ρ, μ
 Dimensionnement Voir Tableau

Dimensions, d=3
Paramètres
Mètre Seconde Kg
Vitesse U 1 -1 0
Diamètre, D 1 0 0
Viscosité, μ -1 -1 1
Masse Volumique, ρ -3 0 1

 Nombre de groupement : n = 4 - 3 = 1


Donc, un seul regroupement autour de μ, soit  
D U  

10.2. Longueur de Monin-Obukhov et stabilité dans la CLS

La longueur de Monin-Obukhov, désignée par la lettre L, est un paramètre d'échelle


important pour l'étude de la CLS puisqu'elle est directement liée aux flux de l'énergie cinétique
turbulente.

En se plaçant dans le repère lié à la direction du vent, défini par ox = vecteur vent moyen
et oz = verticale ascendante, alors on a : V = 0 et W = 0. En supposant l'existence d'une
homogénéité horizontale de façon à négliger les variations horizontales des différentes
grandeurs devant les variations verticales, l’équation (4.12) devient :

27
e g u  w ' e  
1  w' p '  

t  v
 
w ' v '  u ' w ' 
z z

 z
  (10.1)

Dans la CLS, où les flux turbulents sont par définition approximativement constants, il
est possible d'utiliser les flux de chaleur et de quantité de mouvement à la surface (désigné par
l'indice s) pour rendre adimensionnelle l'équation de l'ECT. Ainsi, en multipliant l'équation
(10.1) par le paramètre (-k.z/U*3), où k est la constante de von Karman, on obtient la nouvelle
équation suivante :


k z e

 
  
k z g w' v ' s k z u ' w' U k z  w' e
 
k z  w' p' k z   
 3 (10.2)
 
U * t
3
 U 3
U 3
z U 3
z U 3
z U*
   
v * *    *
  *
 
I II III IV V VI

Le terme II de cette équation est généralement désigné par le symbole ζ (zeta) et s'écrit
sous la forme :

  

z  k z g w ' v '  s


 g /  w ' ' 0
(10.3) II
L  vU *3 3
U / kz
*
et la longueur de Monin-Obukhov est alors définie et donnée par :
 vU *3
L
 w ' ' 
(10.4)
k g v
s
La longueur de Monin-Obukhov s'interprète comme étant proportionnelle à la hauteur à
partir de laquelle les forces convectives prévalent sur les forces de frottement. Dans la couche
limite convective, les forces de convection sont égales aux forces de frottement à la hauteur z
≈ -L/2 (cf. Figure 17).

Le paramètre adimensionnel ζ est parfois appelé paramètre de stabilité. Son signe indique
l'état de stabilité atmosphérique, négatif pour instable et positif pour stable (cf. Figure 17).

Les autres termes de l'équation sont traités dans la section suivante.

10.3. Théorie de similitude Appliquée à la modélisation de la CLS

Des nombreuses situations de la CLA ne peuvent être suffisamment décrites par des
relations issues des applications des lois fondamentales de la physique (de Navier-Stocks).
Néanmoins, beaucoup de phénomènes observés au niveau de la CLA présentent des
caractéristiques régulières et cohérentes qui permettent d'avancer des lois empiriques
susceptibles de les décrire.

La théorie de la similitude (Cf, Section 10.2.1, CC, Section 10.2.1 du CC) fournit les
voies et moyens de définir et de regrouper les variables concourant à la description du
phénomène. Elle permet aussi de définir les protocoles d'expérience pour la vérification des lois
proposées.

28
Pour l'étude de la CLA, diverses classes d'échelles de similitude ont été proposées dont
celle de Monin-Obukhov (Monin et Obukhov, 1954 ; Wyngaard, 1973 ; Sorbjan, 1986)
généralement appliquée à la CLS et parfois appelée similitude de la couche de surface. La
similitude de Monin-Obukhov ne s'applique que lorsque le vent n'est pas calme et que la vitesse
de frottement est non nulle. Le tableau ci-dessous présente les paramètres pertinents du
modèle, basés sur les différents flux, ainsi que leurs ordres de grandeurs.

D'autres grandeurs de référence, combinaisons dimensionnelles des paramètres


précédents ou à la base de la formation de ces paramètres, sont définies comme suit :
 la masse volumique au sol, ρ0 ;
 le paramètre de flottabilité,   g /  v avec g l'accélération de la pesanteur et  v la
température potentielle virtuelle ;
 la longueur de Monin-Obukhov, L (Equation 10.4)

Tableau : Paramètres pertinents du modèle avec leurs ordres de grandeur


Paramètre Symbole Ordre de grandeur ou
intervalle de variation
Altitude Z 1 à 200 m
Longueur de rugosité Z0 1 à 1.000 mm
Vitesse de frottement U* 0,05 à 0,5 m/s
Echelle de température  
 *   w' v ' / U * 0,1 à 2,0 °C
Echelle d'humidité  
q*   w' q' / U * 0,1 à 5 geau/kgair

Selon l'hypothèse de Monin-Obukhov, divers paramètres atmosphériques et statistiques,


comme les gradients, les variances et les covariances, normalisés par les puissances appropriées
de la vitesse de frottement, U*, et de l'échelle de température, θ*, deviennent des fonctions
universelles de z/L. Ci-après les formes adimensionnelles caractéristiques de la CLS relatives
aux :
k z u
 frottement mécanique m  (10.5.a) III
U * z
k z 
 stratification thermique h  (10.5.b)
 * z

 variabilité de w w  w (10.5.c)
U*

 variabilité de θ    (10.5.d)
*
k z
 dissipation de l'ECT   3 (10.5.e) VI
U*

Les principales relations issues du modèle de Monin-Obukhov ainsi que des données
bibliographiques s'y rattachant sont rapportées dans le Tableau ci-dessous. Il s’agit des
données relatives à un écoulement au-dessus d’un terrain plat uniforme. Il est à noter qu’il n’y
a pas de valeur de z/L=0 qui correspond à la neutralité absolue (cf. Figure 17).

29
Equations (10.6) : principales relations issues du modèle de Monin-Obukhov
Paramètre de la CLS comme Longueur de Monin-Obukhov normalisée
fonction de z/L - 2 < z/L < 0 0 < z/L < 1
1/ 4
 z  5z
Frottement Mécanique,  m 1
1  16 L  L
 
1/ 2
 z  5z
Stratification Thermique,  h 1
1  16 L  L (10.6)
 
 0, 2 z 
1/ 4
 z  1, 25 1 
Variabilité de w,  w 1, 25 1  3  
 L  L 
1/ 3 1
 z   0, 5 z 
Variabilité de θ,  2 1  9,5  2 1  
 L  L 
3/ 2
 23
 5z
Dissipation de l’ECT, 
z 1
1  0,5  L
 L 

10.4. Equation de l'ECT aux moyens des fonctions universelles

En empruntant aux notations précédentes (Equation 10.5) et en utilisant l'expression du


paramètre de stabilité (voir Section 10.1), l'équation (10.2) de l'ECT normalisée devient :
z
m   t    0 (10.7)
L
avec Φt représentant les termes de transport vertical de la turbulence relatifs à l'énergie cinétique
et à la pression, soit la somme des termes IV et V de l'équation (10.2).

10.5. Epaisseur de la CLA par la Méthode de la Similitude

A partir des considérations de la similitude, on Tennekes (1982) arrive à la conclusion


que l'épaisseur de la couche limite dynamique (stable, neutre ou instable), Zh, est
proportionnelle à U*/fc, où U* est la vitesse de frottement (cf. Eq. 8.2b) et fc le paramètre de
Coriolis. Ainsi, on aboutit à la relation :
U*
Zh  C (10.8)
fc
où C une constante à déterminer et l'expression de fc est donnée par l’équation (2.4a).

Durant la journée, l'expérience a montré qu'avec C=0,25, on trouve des valeurs de Zh


assez proche des mesures expérimentales, comme le rapporte Kaimal et Finnigan (1994). En
réalité, les effets de frottement et de Coriolis sont le plus souvent contrebalancés par des facteurs
externes découlant des instabilités, de telle sorte que les données issues de l'équation (7.9) sont
peu fiables. Mais à défaut d'autres alternatives, la relation peut toujours être utile, sauf à
l'équateur où elle donne une hauteur infinie.

30
Pour une atmosphère au voisinage de l'équateur, on définira la couche limite
dynamique comme la zone à partir de laquelle on retrouve les alizés (à la limite supérieure du
flux de mousson par exemple). Pour la couche limite stable (Cf. Section 1.2.4), son épaisseur
se définit comme le dessus de la couche turbulente nocturne, soit la hauteur où l'intensité de la
turbulence (cf. Section 0.2.9, Equation (R27 du CC) devient une fraction négligeable de sa
valeur au sol (5 % par exemple).

Comme indiqué dans la Section 8, l'épaisseur de la CLS se définit par rapport à celle de
la CLA. Le rapport entre les épaisseurs de la CLS et de la CLA est constant et indépendant de
la stratification atmosphérique. Toutefois, ce rapport varie selon les auteurs Si Stull (1988)
l'évalue à 0,1, Foster et Brown (1994) avancent la valeur de 0,15 de 0,1 à 0,15.

11. Similitude Spectrale - Théorie Asymptotique de Kolmogorov


11.1. Echelles Intégrales d’Euler et Micro Echelle de Kolmogorov

Les zones de conservation (ou de transfert) et de dissipation de l’ECT ont leurs propres
échelles de longueur caractéristiques : pour la première, il s’agit de l’échelle de longueur
intégrale d’Euler, Lu ; et dans la seconde, de la fameuse micro échelle de Kolmogorov, ƞ.
Comme le montre la Figure 18, la densité spectrale atteint sa valeur maximal à un nombre
d’onde correspondant à l’échelle intégrale d’Euler   1 Lu  . L’échelle intégrale d’Euler
correspond à l’intégrale de la fonction d’autocorrélation, ρ(Ƭ), entre 0 et l’infini, et représente
la période pendant laquelle la variable turbulente reste auto-corrélée. Soit :
  u ' t  u ' t   
Lu  TuU  U  u ( ) d  U  d (11.1)
0 0  u2
Avec :
 t le temps
 Ƭ l’intervalle glissant d’autocorrélation (cf. Figure 19)

Le Tableau 5 présente des données expérimentales des échelles intégrales d’Euler (du
temps et de longueur) obtenues sur deux terrains distincts CT et RT, distants de quelques mètres
et à cinq niveaux de hauteur. Généralement, l’ordre de grandeur de l’échelle Lu est de 10 à 500
m.

Dans la zone de dissipation visqueuse, l’échelle de longueur est représentée par la micro
échelle de Kolmogorov (cf. Figure 18), ƞ, dont l’expression est :
14
 3 
d      (11.2)
 
Où :
 ν est la viscosité cinématique de l’air
 ε, le taux de dissipation visqueuse de l’écoulement (cf. Equation 10.6)
 λd, longueur d’onde de dissipation visqueuse.
L’ordre de grandeur de la micro échelle Kolmogorov est de 0,001 m

31
11.2. Représentation des Spectres de la Turbulence

Bien que les variables turbulentes ne soient ni périodiques, ni intégrables (du point de vue
spatial), il est cependant possible d'en effectuer une analyse de Fourier (Fourier vérifié) (Cf.
Section 6.3.1 et 6.3.2, CC). Par ce moyen, il devient possible de donner un sens à la notion
intuitive d'échelle de mouvement et d'attribuer une énergie à chaque échelle de mouvement. Le
mouvement turbulent apparaît alors comme une superposition de mouvements composants
périodiques, de vecteurs nombre d'onde  (kappa) dont chacun s'interprète comme un
2
tourbillon de taille   (avec    et λ la longueur d’onde). La distribution de l'énergie

cinétique moyenne selon les nombres d'onde définit le spectre du mouvement qui est alors
continu. En désignant par S la densité spectrale d'énergie, l’expression de l'énergie cinétique
moyenne, eT, s’écrit sous la forme :

eT   Su ( ) d  (11.3)
0
Où u est l’indice de la composante u de la vitesse.

Si Fu(f) représente le coefficient de la transformée de Fourier du vent turbulent relatif à la


fréquence f, alors la densité spectrale de l'ECT, Su(f), est donnée par :
1 1
Su ( f ) 
2
Fu ( f ) avec f  (11.4)
f Te
Te étant l'intervalle d'échantillonnage.

Le tracé en coordonnées linéaires de Su(f) en fonction de f n'est pas exploitable à cause


de la trop large gamme des valeurs qui se traduit par un tassement du graphique le long des
axes. Pour pallier cette difficulté, plusieurs types de graphiques ont été développés en
combinant le renforcement des faibles valeurs à l'amoindrissement des valeurs trop élevées.
Dans beaucoup des cas d’étude, on fait appel aux deux types représentations suivantes :
 la représentation en log-log (log(Su(f)) en fonction de log(f)) qui permet de faire
apparaître nettement des larges bandes de données aussi bien en fréquence qu'en densité
spectrale. Elle a aussi l'avantage de mieux faire apparaître les lois en puissance, dont
notamment celle en "- 5/3" de Komogorov. Par contre elle a l'inconvénient de ne pas
conserver la proportionnalité des aires sous la courbe par rapport aux valeurs
correspondantes de la variance (cf. Figure 20);

 la représentation en semi-log ([Link](f) en fonction de log(f)) qui, d'une part, étale la


portion relative aux basses fréquences du graphique et, de l'autre, renforce les valeurs
correspondant aux hautes fréquences. Mais, elle a surtout l'excellente qualité de
conserver la proportionnalité entre l'aire embrassée par la courbe et la valeur
correspondante de la variance (Cf. Figure 21).

11.3. Théorie Asymptotique de Kolmogorov

L'examen de ces équations et de la forme générale de Su() (cf. figures 6 et 21) indique
que ce ne sont pas les mêmes échelles qui contribuent aux intégrales d'énergie et de dissipation.
La production de la turbulence a lieu dans les grandes échelles : seules les échelles situées au
voisinage de κe sont excitées directement par le processus engendrant la turbulence. Ce sont
32
ensuite les termes non linéaires et de pression des équations qui transfèrent une partie de cette
énergie aux tourbillons de tailles différentes, essentiellement vers les tourbillons plus petits.

Ainsi, l'énergie cascade de proche en proche, depuis les grandes échelles voisines de κe
jusqu'aux aux petites échelles voisines de κd. Ce processus de cascade s'accompagne d'une
"perte d'information" sur les conditions de génération de la turbulence, d'autant plus grande que
le nombre d'onde concerné est plus grand. On admet ainsi que la structure de la turbulence aux
très grands nombres d'onde ne dépend pas du mécanisme d'excitation aux petits nombres
d'onde. La structure de petites échelles de la turbulence serait ainsi stationnaire, homogène et
isotrope.

L'hypothèse d'indépendance des grands nombres d’onde (κ) par rapport aux petits
nombres est à la base de la théorie de Kolmogorov concernant le spectre aux petites échelles.
Selon cette théorie, le spectre de l'énergie cinétique turbulente comporte les trois zones
suivantes (cf. Figures 6 et 18) :
 une zone d'anisotropie ou de production qui se caractérise, d'une part, par le transfert
d'énergie depuis l'écoulement moyen et, d'autre part, par le transfert d'une partie cette
énergie vers les petites structures ;

 une zone dite inertielle, dans laquelle l'énergie est simplement transférée vers les plus
petites structures ;

 une zone dissipative où s'opèrent à la fois la dissipation de l'énergie et le transfert vers


des zones associées.

Selon ce schéma, dans la zone inertielle, les tourbillons ne sont soumis ni aux forces de
viscosité, ni à celles du processus de génération de la turbulence. Ils reçoivent leur énergie de
façon inertielle depuis les structures plus grandes de la zone de production et la transfèrent de
la même façon vers les structures plus petites de la zone dissipative. En régime stationnaire, le
taux de cascade d'énergie vers les échelles inférieures doit être égal au taux dissipation de cette
énergie.

De la théorie de similitude de la Section 10.1, les paramètres pertinents de ce flux


d'énergie sont : la densité spectrale Su, le nombre d'onde κ et le taux de dissipation, ε. Ainsi on
peut écrire f  , Su ,    0 . Appliquons donc le principe de la similitude à ce phénomène
physique :
 les paramètres pertinents de ce flux d'énergie sont : la densité spectrale Su, le nombre
d'onde κ et le taux de dissipation, ε ; soit p = 3.
 Dimensionnement Voir Tableau

Paramètres Dimensions, d=2


Mètre Seconde
Densité spectrale, Su 2 -2
Nombre d’onde, κ -1 0
Taux de dissipation visqueuse, ε 2 -3

 Nombre de groupement : n = 3 – 2 = 1

33
Su
Donc, un seul regroupement autour de Su, soit   . Après le calcul du document CC,
 

on aboutit à :
Su3 5
 (11.5)
2
Comme π est le seul groupe sans dimension, alors il doit être égal à une constante puisqu'il
n'existe aucune autre variable sans dimension dont il doit en dépendre. Cette constante, notée
αK, est appelée constante de Kolmogorov et se situe entre 0,5 et 0,6. La formule précédente
s'écrit alors :
Su ( )   K  2/3 5/3 (11.6)

Cette relation montre que, dans le domaine inertiel, la fonction S(κ), tracée dans un repère
logarithmique, présente une pente de "-5/3". Pour cette raison, la relation est communément
appelée "loi en -5/3" de Kolmogorov.

11.4. Modèles Spectraux de la Turbulence

Dans la zone d'anisotropie ou de production, on observe également que les spectres de la


turbulence, normalisés par les paramètres appropriés de la similitude, adoptent des profils
caractéristiques obéissant à des modèles précis.

Implicitement, le développement des modèles spectraux de la turbulence, dans cette zone,


admet l'existence du trou méso météorologique dont la localisation spectrale se situe entre 10-4
et 10-3 Hz (Kaimal et Finnigan, 1994), soit de quelques heures au quart d'heure. Les modèles
spectraux de la turbulence sont soumis à deux contraintes qui consistent à faire la jonction de
part et d'autre avec le trou méso météorologique et la zone inertielle. La première zone, qui
correspond au trou méso météorologique, se caractérise par un bas niveau d'énergie alors que
la zone inertielle se reconnaît à travers la "loi en -5/3" de Kolmogorov. Dans la littérature, on
dispose de plusieurs modèles spectraux dont celui de Von Karman pour la composante
longitudinale dans une turbulence homogène et isotrope donné par (cf. Figures 20 et 21) :
f Su ( f ) 4x

1  70,8 x 
(11.7)
 2
u
2 5/ 6

Avec :
Lu f
 x , (11.8)
U
 Su  f  , la densité spectrale d’énergie de la vitesse u
 f, la fréquence
 U, la vitesse moyenne du vent
  u2 , la variance du vent longitudinale
 Lu, l’échelle intégrale de longueur, donnée par Lu  TuU
 Tu, l’échelle intégrale d’Euler du temps.

34

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