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Exposé Rhumato

La spondylodiscite est une infection du disque intervertébral et des tissus osseux vertébraux, souvent causée par des germes banals ou spécifiques, avec une forte prévalence en Afrique noire. Le diagnostic repose sur des examens cliniques et paracliniques, tandis que le traitement inclut une antibiothérapie adaptée et des mesures orthopédiques. L'IRM est l'examen de choix pour le diagnostic, et la vigilance est essentielle en raison du risque de complications neurologiques.

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Exposé Rhumato

La spondylodiscite est une infection du disque intervertébral et des tissus osseux vertébraux, souvent causée par des germes banals ou spécifiques, avec une forte prévalence en Afrique noire. Le diagnostic repose sur des examens cliniques et paracliniques, tandis que le traitement inclut une antibiothérapie adaptée et des mesures orthopédiques. L'IRM est l'examen de choix pour le diagnostic, et la vigilance est essentielle en raison du risque de complications neurologiques.

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Plan

Introduction
I. Généralités
II. Signes
III. Diagnostic
IV. Traitement
Conclusion
Introduction

Définition
La spondylodiscite est l'infection d'un disque intervertébral et des tissus osseux vertébraux adjacents.

Intérêts
Épidémiologique :

- Le germe en cause peut être banal (Staphylocoque, salmonelle...), ou spécifique (bacille


tuberculeux)

- Forte prévalence des spondylodiscites infectieuses en Afrique noire liée au sous-


développement et au manque d'hygiène.

-Prédominance masculine, adolescence, âge mur

-Population à risque : les personnes âgées, les diabétiques, les alcooliques, les personnes
immunodéprimés, les toxicomanes

Diagnostique : le diagnostic positif des spondylodiscites infectieuses est radio clinique et leur
diagnostic étiologique repose sur la mise en évidence du germe responsable ou des lésions histologie
spécifiques

Thérapeutique : repose sur l'utilisation des antituberculeux, d'antibiotiques bactéricides et la lutte


contre le manque d'hygiène et le sous-développement

Pronostic : l'évolution peut se faire vers des complications à type de lésions neurologiques (dominés
par les paraplégies)
I. Généralités
1. Rappels anatomiques
Le rachis comprend plusieurs segments : cervical (C1–C7), dorsal (D1–D12), lombaire (L1–L5), et le
sacrum (S1–S5).

Le disque intervertébral est solidarisé aux corps vertébraux par des ligaments (ligament vertébral
commun antérieur, postérieur, ligament jaune, interépineux, supra-épineux, intertransversaire).

2. Facteurs favorisants
On distingue trois catégories :

Facteurs systémiques : diabète, tumeurs malignes, alcoolisme, tabagisme, drépanocytose, VIH/SIDA,


corticothérapie, traitements immunosuppresseurs.

Facteurs locaux : traumatisme, infiltrations, injections intra discales, ponction lombaire.

Facteurs socio-économiques : malnutrition, sous-développement.

3. Physiopathologie
Le germe pénètre dans l'organisme par trois voies :

Hématogène : bactériémie, septicémie

Contiguïté : infection d'un tissu de voisinage

-Inoculation directe : ponction lombaire, infiltration épi ou péridurale

L'infection débute au niveau du tissu osseux spongieux (spondylite), progresse et entraîne une
perforation de la corticale, puis une infection du disque.

L'infection gagne ensuite les corps vertébraux sus et sous-jacents, atteignant les parties antérieures et
postérieures. Cela entraîne un décollement du ligament vertébral antérieur commun et un tassement
vertébral, conduisant à : douleur, cyphose, inflammation, et en cas d'abcès/œdème, une paraplégie.

Cas particulier du Mal de Pott

L'évolution de la tuberculose vertébrale se fait en 3 temps :

- Début : le disque est intact ; deux formes possibles — forme diffuse superficielle (érosions, cavernes
de plusieurs vertèbres entraînent des suppurations) ou forme caverneuse localisée (géodes d'un seul
corps vertébral)

- Destruction : extension des lésions caséeuses à toute la vertèbre → fragilité, affaissement →


tassement cunéiforme → cyphose

- Cicatrisation : arrêt du processus tuberculeux, cicatrisation, fusion vertébrale


II. Signes
1. TDD : Spondylodiscite tuberculeuse du rachis (Mal de Pott)
a) Signes cliniques
 SF

Interrogatoire : il permet de préciser le contexte, l'histoire de la maladie et de retrouver :

-Une douleur rachidienne généralement dorsale ou lombaire. Elle est localisée, généralement
médiane, souvent plus basse que l'étage disco vertébral atteint.

Il s'agit d'une rachialgie d'installation progressive, persistante et d'horaire inflammatoire. Elle est
rebelle aux antalgiques usuels et aux AINS.

On retrouve également comme signes associés chez certains patients une radiculalgie ou une raideur
rachidienne ressenti.

 SG

Traduisant l'infection tuberculeuse.

Il s'agit de :

-une fièvre modérée souvent vespérale

-une asthénie

-un amaigrissement non chiffré pour la plupart des cas

-une anorexie

Mais également de sueurs nocturnes.

 SP

L'examen physique sera réalisé sur un patient dévêtu, déchaussé, debout, à la marche, assis puis
couché.

Inspection : On observe le patient à la recherche d'une

-Rectitude du rachis

-Déformation rachidienne (gibbosité ou cyphose angulaire)

-Tumefaction visible évocatrice d'un abcès froid ou encore d'une fistule cutanée pour les formes plus
évoluées.

Palpation : on recherche

-une douleur provoquée à la pression de épineuses (signe clé permettant de localiser la région
atteinte),

-une contracture des muscles para vertébraux (muscles tendus “ en corde”).

La palpation des parties molles révèle parfois une masse fluctuante indolore (abcès froid).

Mobilisation : On teste la mobilité à la recherche de


-une raideur rachidienne globale

-une limitation des mouvements (flexion, extension, inclinaison)

Les mouvements sont généralement douloureux et limités.

Examen Neurologique (à ne pas oublier) : il faudra tester :

-La motricité à la recherche d'un déficit des MI (para parésie, paraplégie)

-La sensibilité pour retrouver éventuellement une hypoesthésie ou une perte totale de la sensibilité.

-Les réflexes ostéo tendineux

-Les sphincters.

b) Signes paracliniques
 Biologie :

L'hémogramme révèle généralement une VS accéléré, une hyperleucocytose à PN (inconstante). On


retrouve une CRP élevée.

On réalise une hémoculture (si fièvre) à la recherche du BK.

 Imagerie

Phase de début : Les RX standards sont normales la première année pour le mal de Pott dans la
plupart des cas. Ainsi, l'examen de choix est l'imagerie par résonance magnétique (IRM).

On y retrouve :

-Une perte de visibilité du plateau vertébral en T1

-Un hypersignal du disque et des plateaux vertébraux adjacents en T1 et un hypersignal en T2.

Les éventuels abcès sont vu si les coupes sont faites dans un plan coronal ou transversal.

Phase d'état : Les radio montrent un pincement global du disque et des images de destruction
limitées en bordure du disque atteint : érosions ou encoches des plateaux vertébraux, géodes
ouvertes dans les disques. Des abcès paravertébraux peuvent également être observés.
2. Formes cliniques
a) Formes selon le germe
 Spondylodiscite à germe banal :

Clinique :

On retrouve

-une rachialgie inflammatoire

-Un sdf infectieux

-Une porte d'entrée infectieuse

-Des troubles sphinctériens

-Une déformation en cyphose

A l'examen neurologique on retrouve des signes de compression médullaire, un syndrome de la


queue de cheval.

Paraclinique

Biologie (non spécifique) : VS accéléré, Hyperleucocytose inconstante, CRP élevée.

Un examen bactériologique sera réalisé en vue d'isoler le germe en cause et réaliser un


antibiogramme.

Imagerie : La radiographie est normale les 3 premières semaines. Ensuite, on observe :

-Un pincement distal modéré

-Des érosions des plateaux vertébraux (flous, estompés, irréguliers)

-des géodes sous chondrale

-Au max, on a un bloc vertébral avec une déformation rachidienne.

b) Formes compliquées
 Epidurite infectieuse

Clinique : Radiculalgie et déficit sensitivo-moteur,sd de la queue de cheval.

Paraclinique : L'IRM montre des lésions épidurales

 Abces du psoas

Clinique : Douleur crurale et psoïtis

Paraclinique : IRM+++
III. Diagnostic
1. Diagnostic positif
2. Diagnostic différentiel
 Pathologies tumorales
- Métastases vertébrales : elles touchent le corps vertébral mais conserve généralement le disque
intervertébral
- Myélomes multiples : lésions lytiques, n'atteint pas le disque
- Tumeurs primitives rachidiennes : moins fréquentes

 Pathologies inflammatoires et rhumatologiques


- Spondylarthrite ankylosante : peut présenter des "spondylodiscite aseptique " souvent dans un
contexte de rachis déjà enraidi et très érosif
- Rhumatisme psoriasique
- Pathologies dégénératives
- Arthroses destructrices rapides : destruction sévère du disque et des plateaux parfois difficiles à
différencier sans biopsie

3. Diagnostic étiologique
a) ENQUÊTE CLINIQUE
 Terrain : Diabète, immunodépression, toxicomanie intraveineuse, éthylisme, âge avancé
 Porte d’entrée
 Notion de voyages/expositions
 Mode de début : aigu (pyogènes), subaigu/chronique (tuberculose)
b) PARACLINIQUE

Il repose principalement sur la recherche du germe à partir de certains examens comme

HEMOCULTURE à réaliser en priorité ; Faire plusieurs prélèvements même sans fièvre



PONCTION BIOPSIE DISCO VERTEBRALE Indispensable si l’hémoculture est négative. Elle

permet l’examen direct, la culture et la recherche du BK
c) PRINCIPALES ETIOLOGIES

Infection spécifique

 Mycobacterium tuberculosis (mal de Pott), est à évoquer dans un contexte épidémiologique


favorable
 Brucellose dans un contexte de profession exposée aux animaux domestiques ou
consommation de produits laitiers non pasteurisés

Infection a germe banal

 Staphylococcus aureus est le plus fréquent. Souvent la porte d’entrée est cutanée ou
vasculaire
 Bacilles Gram Négatif : E. col, Klebsiella, Proteus mirabilis dans un contexte de sujets âgés,
infections urinaires à répétition
 Streptocoques et Entérocoques ; souvent associés à une porte d’entrée buccodentaire ou
digestive. Leur présence doit faire rechercher une endocardite infectieuse
Infection fongique

Rares souvent dues à Candida albicans, Aspergillus dans un contexte d’immunodépression sévère

Infection parasitaire

Exceptionnelle : Échinococcose (kyste hydatique)

IV. TRAITEMENT

1. But
 Soulager le patient
 Steriliser le foyer infectieux
 Eviter/traiter les complications évolutives
 Améliorer la qualité de vie

2. Moyens
a) Moyens médicaux

Repose sur une antibiothérapie. Généralement une bi-antibiothérapie parentérale à large spectre
probabiliste mais adaptée aux germes habituellement observés ainsi qu’aux terrain (allergie,
fonction rénale, âge, etc…)

 Pénicilline M à forte dose et aminoglycoside (adaptés à la fonction rénale, administrés


pendant quelques jours)
 Rifampicine et fluoroquinolone
 En cas de contamination ou d’inoculation directe, une bi-antibiothérapie
antistaphyloccocique active sur les germes résistant à la méticilline (Méti-R).

b) Moyens orthopédiques

Le décubitus strict ne doit pas être prolongé (supérieur à 15jours) et sous couvert d’une
complications thromboembolique.

L’immobilisation par un corset rigide sur mesure est utile en début de traitement.

c) Moyens chirurgicaux

La chirurgie n’est pas nécessaire sauf en cas de complications ; ce qui est exceptionnel.

3. Indications :
Selon les résultats bactériologiques, on peut proposer :

Germes Antibiotiques
Staphylocoque doré Nafcilline
Streptocoque Pénicilline G
Entérocoque Pénicilline ou ampicilline
Haemophilus Ampicilline

Si c’est d’origine tuberculeux, 3 ou 4 antituberculeux administré pendant les deux premiers mois :
Rifampicine (10mg/kg/j), Isoniazide (5mg /Kg/j), éthambutol (20mg/Kg/j) et la Pyrazinamide
(30mg/Kg/j)

L’immobilisation par un corset rigide sur mesure est indiquée en cas de risque neurologiques et si
le patient est indiscipliné.

-La chirurgie est indiqué en cas de compression neurologique sévère à la phase aigue ; en cas
d’une déformation cyphotique résiduelle compliquée de compression médullaire et/ou
radiculaire.

Conclusion
-La spondylodiscite est la forme la plus fréquente d'ostéomyélite acquise après 50 ans. Elle est en
augmentation ces dernières années en raison de l'accroissement de la population.

-L'IRM est l'examen radiologique de choix avec une sensibilité de 97%

-Le traitement est parfois multidisciplinaire

-Néanmoins ,son diagnostic est souvent retardé soulignant l'importance d'une vigilance face au
lombalgie traînante.

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