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533 Devarim

Le document souligne l'importance de réviser l'étude de la Torah, affirmant que celui qui n'examine pas régulièrement ses connaissances ne tire aucun bénéfice de son apprentissage. Il explique que la répétition et la recherche de nouvelles compréhensions dans la Torah sont essentielles pour éviter l'oubli et pour approfondir sa compréhension. Enfin, il met en garde contre l'orgueil d'estimer avoir déjà tout appris, car la sagesse de la Torah est infinie et toujours renouvelable.

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533 Devarim

Le document souligne l'importance de réviser l'étude de la Torah, affirmant que celui qui n'examine pas régulièrement ses connaissances ne tire aucun bénéfice de son apprentissage. Il explique que la répétition et la recherche de nouvelles compréhensions dans la Torah sont essentielles pour éviter l'oubli et pour approfondir sa compréhension. Enfin, il met en garde contre l'orgueil d'estimer avoir déjà tout appris, car la sagesse de la Torah est infinie et toujours renouvelable.

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CELUI QUI ETUDIE LA TORAH SANS REVISER, C’EST COMME

S’IL N’AVAIT RIEN ETUDIE (PAR RABBI DAVID HANANIA PINTO CHLITA)

N
os Sages ont appelé ce livre « Michné Torah révisaient pas leur étude, ainsi qu’il est dit (Bemidbar 25,
» (la répétition de la Torah), parce qu’il ne 1) : « Israël était installé à Chittim, et le peuple commença
contient rien de nouveau. C’est entièrement une à se débaucher avec les filles de Moav. » Qu’est-ce qui les
répétition de choses qui ont été dites dans les a poussés à se débaucher avec les filles de Moav ? Le fait
livres précédents, et on n’y trouve que peu de qu’ils restaient sans rien faire et sans réviser leur étude. Ils
passages ou de mitsvot ayant un élément nouveau. Mais disaient : « J’ai étudié encore et encore, pourquoi est-ce que
pourtant il existe certains passages qui n’ont pas été dits je continuerais à étudier, j’ai déjà tout appris, maintenant
auparavant, alors pourquoi appeler le livre Michné Torah, je vais un peu me reposer ! » Immédiatement, les filles de
puisqu’il contient aussi des choses nouvelles ? Il faut Moav ont réussi à les séduire.
également comprendre pourquoi le livre commence par Il est encore dit (Avot 6, 1) : Quiconque étudie la Torah
des paroles de remontrance. pour l’amour du Ciel devient comme une source jaillissante
On peut l’expliquer en citant le début des paroles de et comme un fleuve qui ne tarit pas. On dit sur le Ari zal que
DEVARIM remontrance de Moché, qui a dit aux bnei Israël (Devarim
1, 6) : « Hachem notre D. nous a parlé au ‘Horev pour
quand il enseignait les paroles de Torah à ses élèves, les
sources de la sagesse s’ouvraient devant lui. Il ne pouvait

533 dire : vous êtes assez restés sur cette montagne. » Il faut
comprendre pourquoi il a dit ‘Horev et non Sinaï. Dans tout
le récit du don de la Torah, cette montagne ne s’appelle
rien faire sortir de sa bouche et devait prier Hachem que les
paroles de Torah lui rentrent dans la tête petit à petit et non
d’un seul coup. Seul celui qui étudie la Torah pour l’amour
09.08.08 pas ‘Horev mais Sinaï, ainsi qu’il est dit (Chemot 19, 20) : «
Hachem descendit sur le mont Sinaï », et aussi (Chemot 19,
du Ciel et révise souvent son étude peut mériter cela.
Nos Sages ont dit à ce propos (Sifri VaEt’hanan 6, 8) : «
8 AV 5768 18) : « Le mont Sinaï était entièrement fumée », ou encore
(Chemot 19, 23) : « Le peuple ne pourra pas monter sur le
Que les paroles de Torah ne soient pas à tes yeux comme
quelque chose de vieux mais comme un enseignement
mont Sinaï. » Par conséquent, pourquoi dire ici ‘Horev et
Publication non Sinaï, comme à propos du don de la Torah ? nouveau vers lequel tout le monde court », car du fait que
HEVRAT PINTO les paroles de Torah sont comme nouvelles aux yeux de
Sous l’égide de C’est que Moché a dit aux bnei Israël : Vous avez une quelqu’un, et qu’il étudie comme s’il n’avait jamais étudié
RABBI DAVID HANANIA mitsva de trouver de nouvelles explications dans la Torah. Le de toute sa vie, il mérite de trouver beaucoup d’explications
PINTO CHLITA mot ‘Horev est formé des mêmes lettres que Ra’hav (large),
nouvelles.
11, rue du plateau ainsi qu’il est dit (Téhilim 119, 45) : « Je marcherai dans la
largeur », et Rachi explique que le roi David se conduisait Et pour que les bnei Israël ne disent pas : « S’il en est ainsi,
75019 PARIS
Tel: 01 42 08 25 40 de façon large et étendue. Du fait que vous étudierez la s’il faut réviser notre étude et sans cesse la renouveler, nous
Tel: 01 48 03 53 89 Torah en la répétant de nombreuses fois, vous mériterez allons peut-être ajouter au nombre des mitsvot », Moché
Fax 01 42 06 00 33 d’y trouver des explications nouvelles que vous n’aviez pas leur a dit : « Voici les paroles », cela nous enseigne qu’on
[Link] découvertes les premières fois où vous avez étudié, ainsi ne doit ni y ajouter ni en retrancher, ainsi que les Sages
Responsable de publication
qu’il est dit dans la Guemara (‘Haguiga 9b) : « Celui qui ont enseigné (Mekhilta Ba’Hodech 2) : « Voici les paroles
Hanania Soussan
étudie un passage cent fois n’est pas semblable à celui qui (Chemot 9, 6), que vous n’en enleviez pas ni n’en ajoutiez
l’étudie cent et une fois », ou encore dans la Michna (Avot », ici aussi, Moché les mettait en garde : bien que vous ayez
5, 22) : « Creuse-la encore et encore, car elle contient tout une mitsva de revoir votre étude, ne vous imaginez pas que
IL FAIT PARTIE DE CEUX », et plus vous reviendrez sur les paroles de la Torah, plus vous ayez le droit de changer l’essentiel.
QUI AIMENT HACHEM vous mériterez d’y trouver des choses nouvelles. Comme si je ne savais rien
En particulier, si en refusant C’est pourquoi Moché leur a donné plusieurs nouveaux Moché a dit lui aussi à Hachem (Devarim 3, 24) : « Tu as
de raconter cela ne cause passages dans ce livre de Michné Torah, pour leur montrer commencé à montrer à Ton serviteur Ta grandeur et Ta main
aucun dommage financier, mais que plus on étudie la Torah et plus on revient sur l’étude, puissante. » Réfléchissons : est-ce seulement maintenant
simplement des humiliations plus on y trouve de goût. On ne doit pas dire : « J’ai étudié que Hachem a commencé à lui montrer Sa main puissante
et des railleries, il est évident ce passage deux et trois fois, pourquoi le revoir encore, il ? Pourquoi dit-il « Tu as commencé » ? C’est que Moché
que c’est interdit, il n’y a pas le vaut mieux que j’étudie quelque chose de nouveau que je disait aux bnei Israël : « Maintenant que je vais mourir,
n’ai encore jamais étudié ! » Les Sages ont déjà répondu vous croyez que j’en suis arrivé à connaître la grandeur et
moindre doute à ce sujet. On
à cela en disant (Sanhédrin 99a) : « Quiconque étudie la la main puissante de D. ? Sachez qu’il n’y a aucun homme
doit savoir que pour cela, on sera
Torah sans la réviser ressemble à quelqu’un qui sème sans en ce monde-ci qui connaisse les voies de D., et moi aussi,
considéré dans l’avenir comme
moissonner, si bien que son étude n’a servi à rien. » chaque jour mes connaissances de la veille me paraissent
quelqu’un qui aime Hachem, et
dont le visage brillera comme la Nous avons étudié encore et encore comme si je ne savais rien, chaque jour je vois de nouveau
lumière du soleil, ainsi que l’ont Il est dit dans Avot DeRabbi Nathan (chapitre 24) : On la grandeur et la main puissante, et elles m’apparaissent
dit les Sages (Yoma 23a) : « Ceux peut étudier la Torah pendant dix ans, et oublier en deux comme si je ne les avais jamais vues auparavant. » C’est
qui son humiliés et n’humilient pas, ans. Comment ? Si quelqu’un étudie pendant six mois et cela les paroles de remontrance qu’il leur a dites ici, que
entendent qu’on se moque d’eux ne révise pas, il finit par dire que le pur est impur et que les paroles de Torah doivent être nouvelles chaque jour, et
et ne répondent rien etc., d’eux l’impur est pur, pendant douze mois sans réviser, il mélange qu’il faut revenir sur son étude.
l’Ecriture dit (Choftim 5, 31) : « les Sages, dix-huit mois sans réviser, il oublie les passages Il est écrit dans le Midrach : ce livre ne s’appelle Michné
Ceux qui L’aiment comme le soleil essentiels, vingt-quatre mois sans réviser, il oublie les traités Torah que parce qu’il nous explique ce qui était caché,
qui sort dans toute sa puissance essentiels. ou auquel il manquait des conditions, ou on a répété
». » A plus forte raison est-ce dit De plus, en révisant constamment son étude, on ne tombe des choses par crainte de notre négligence, ou alors une
à propos de celui qui souffre des pas dans la faute, parce que toute la pensée est attachée mitsva qui n’avait jamais été donnée, cela nous apprend
humiliations à cause d’une mitsva aux paroles de la sainte Torah. Les bnei Israël ne se sont que l’essentiel du livre est de renforcer ce qui avait déjà
de Hachem. laissé égarer avec les filles de Moav que parce qu’ils ne été dit.
A PROPOS DE LA PARACHA
C’est ainsi que Rabbi Yéhonatan faisait taire le « Voici les paroles que Moché a dites » (1, 1)
mauvais penchant Rabbeinou ‘Haïm ben Attar explique par allusion : « Voici les
« Ecoutez également tous vos frères et prononcez équitablement entre paroles que Moché a dites », cela signifie que Moché n’a jamais dit
chacun et son frère, entre chacun et l’étranger » (Devarim 1, 16) de paroles superflues, toutes les paroles qui sont sorties de sa bouche
étaient des paroles de Torah et de sainteté, comme l’ont enseigné les
Quand le gaon Yéhonatan Eibeschütz, auteur de « Ourim VéToumim
Sages : Quiconque prononce des paroles profanes transgresse une
», atteignit l’âge de treize ans, sa famille lui fit une fête de bar mitsva
mitsva positive, ainsi qu’il est dit : « Tu parleras d’elles », et non de
[ses parents n’étaient alors plus en vie]. Comme c’est la coutume, le
paroles profanes.
jeune garçon fit un discours pendant le repas, un merveilleux exposé,
qui émerveilla tous ceux qui l’entendaient. Le livre « Tiféret Chelomo » exprime son étonnement. En effet,
Moché avait quatre-vingts ans avant le don de la Torah, et selon le
Entre autres, Rabbi Yéhonatan expliqua l’enseignement des Sages
témoignage des Sages il était roi en Ethiopie, par conséquent, comment
cité par le Midrach (Kohélet Rabba 4, 13) : « « Un enfant pauvre et sage
est-il possible de dire que de toute sa vie il n’avait prononcé que des
est meilleur qu’un roi vieux et sot », « un enfant pauvre et sage », c’est
paroles de Torah et rien d’autre qui ne concerne pas la Torah et les
le bon penchant. Pourquoi s’appelle-t-il un enfant ? Car il ne s’attache
mitsvot ?
à l’homme qu’à partir de treize ans. Et pourquoi s’appelle-t-il pauvre
? Parce que tout le monde ne l’écoute pas. Et pourquoi s’appelle-t-il L’explication en est que lorsque tout le désir de quelqu’un est de
sage ? Parce qu’il enseigne aux gens le droit chemin. » servir Hachem, même ce qu’il fait d’autre pour les besoins du corps
s’appelle aussi « Torah ». Quelqu’un dont tout le désir et toute la
« Un roi vieux et sot », c’est le mauvais penchant. Pourquoi est-il
volonté est de faire la volonté du Ciel, toutes ses actions quotidiennes
appelé roi ? Parce que tout le monde l’écoute. Pourquoi est-il appelé
sont considérées comme des paroles de Torah !
vieux ? Parce qu’il s’attache à l’homme dès sa naissance et jusqu’à sa
vieillesse. Pourquoi est-il appelé sot ? Parce qu’il enseigne à l’homme « Dans le désert dans la plaine en face de Souf, entre
une mauvaise voie. » Paran et Tofel » (1, 1)
Quand Rabbi Yéhonatan eut terminé son discours, l’une des personnes Le livre « Vayomer Avraham » explique très bien ce verset en rapport
présentes s’adressa à lui pour lui poser une question intéressante : avec la fin de la vie de l’homme :
Dis-moi, mon cher Yéhonatan, étant donné que jusqu’à aujourd’hui, « Dans le désert dans la plaine » : C’est une allusion au moment
le jour où tu as eu treize ans, le bon penchant n’était pas en toi, seul où l’on sera mis en terre, dans un désert aride, et ce qu’il faut à ce
était présent le mauvais penchant qui souhaitait te détourner de la voie moment-là, c’est :
de la Torah, comment te conduisais-tu quand il voulait t’entraîner ?
« En face de Souf » : avoir toujours en face de soi sa propre fin, et
De quelle façon le repoussais-tu ?
se rappeler sans cesse le jour de la mort.
Rabbi Yéhonatan répondit immédiatement, car il était connu pour
« Entre Paran » : Qu’on soit sous le signe de la prospérité (« para
sa vivacité et son intelligence dès son plus jeune âge, pour expliquer
ou rava ») en ce monde-ci,
comment il se conduisait quand le mauvais penchant voulait le
séduire: « Et Tofel » : Ou bien qu’on soit sous un signe mauvais et inférieur
(tafel), il faut se rappeler la mort.
Il est écrit dans la Torah : « Ecoutez également tous vos frères et
prononcez équitablement entre chacun et son frère, entre chacun et « Et Lavan » : De cette façon on sera blanc (lavan), nos actes
l’étranger. » Par conséquent, nos Sages disent dans le traité Sanhédrin deviendront blancs comme neige.
(7b) au nom de Rabbi ‘Hanina : « C’est une mise en garde au beit din « Ve’Hatserot » : On étudiera la Torah avec assiduité dans les cours
pour qu’il n’écoute pas les paroles de l’un des plaideurs avant que (‘hatserot) de la maison de Hachem.
l’autre ne soit présent. Et une mise en garde au plaideur qu’il n’explique « VeDi Zahav » : On dédaignera les cadeaux corrupteurs, on se
pas son cas au juge avant que l’autre partie ne soit présente. » contentera de peu, et on dira « Daï Zahav » (j’ai assez d’or)…
Je me suis attaché de toutes mes forces à cette halakha explicite,
expliqua Rabbi Yéhonatan, et de cette façon j’ai à chaque fois repoussé
« Choisissez parmi vous des hommes » (1, 13)
le mauvais penchant. « Tais-toi, et arrête immédiatement de me parler », Apparemment, le pluriel du mot « homme », « ich », devrait être «
c’est ce que je lui disais, « car selon la halakha, il t’est interdit de faire anachim ». Partout, nous trouvons le mot « anachim », à l’exception
entendre tes arguments, et il m’est interdit à moi de t’écouter le moins d’un seul endroit dans le livre de Michlei (8, 4), où il est dit « Mortels
du monde, jusqu’à ce que la deuxième partie, à savoir le bon penchant, (« ichim »), c’est vous que j’appelle »…
soit également présente. Ce n’est que lorsqu’il sera également là dans le La raison, explique Rabbi Ya’akov Kaminestki zatsal, en est que
jugement que je mènerai en mon cœur que tu pourras me faire entendre comme un groupe nombreux de personnes n’est pas seulement un
tes paroles, et alors je jugerai lequel de vous deux a raison… » assemblage d’individus, mais crée une entité nouvelle et différente,
cela explique le terme « anachim ». Ce n’est que dans le livre de
« Voici les paroles que Moché a dites aux bnei Israël» Michlei, où il n’est pas question de la communauté mais de chacun
(1, 1) en particulier, qu’il est dit « ichim ».
Rabbi A’ha fils de Rabbi ‘Hanina a dit : Les remontrances auraient
dû être données par Bilam et les bénédictions par Moché, mais si
« Vous m’avez répondu en disant : nous avons péché
Bilam leur avait fait des remontrances, les bnei Israël auraient dit : envers Hachem, nous allons monter et lutter» (1, 41)
« Notre ennemi nous fait des remontrances », et si Moché les avait Rabbi Chelomo Kluger zatsal a demandé : De deux choses l’une !
bénis, les nations du monde auraient dit : « Celui qui les aime les Si les bnei Israël se sont confessés de leur faute, pourquoi Hachem
a bénis. » n’a-t-il pas accepté leur techouva et les a-t-Il empêchés de combattre,
Le Saint béni soit-Il a dit : Que Moché, qui les aime, leur fasse en disant : « Dis-leur qu’ils ne montent pas et qu’ils ne combattent
des remontrances, et que Bilam leur ennemi les bénisse, afin que les pas, car Je ne suis pas parmi eux » ?
remontrances et les bénédictions soient claires. Il répond dans son livre « Imrei Chefer » : Les bnei Israël se sont
bien confessés en disant « Nous avons péché », mais leur confession « On t’a proscrit dans le Ciel, lui répondit le Ari, parce que tu
n’était que superficielle. A l’intérieur d’eux-mêmes, ils ne se sont pas as des poulets à la maison à qui l’on n’a pas donné de nourriture
véritablement confessés avec regret et résolutions d’avenir, et cela depuis trois jours, et ils crient de faim devant Hachem… »
n’a aucune valeur. Immédiatement l’élève sortit du Beit HaMidrach, rentra chez lui
C’est ce que Moché leur a dit : « Vous m’avez dit : nous avons et ordonna qu’on donne à manger aux poulets. Ensuite il tomba à
péché. » Si vous aviez dit à Hachem, qui connaît les pensées du terre en pleurant amèrement, et pria devant Hachem que cette faute
cœur, « nous avons péché », Il vous aurait certainement pardonnés. ne mène pas le Ari à l’éloigner de lui et à refuser d’étudier avec
Mais c’est à moi que vous l’avez dit, c’est pourquoi Hachem lui. Il jeûna pendant toute cette journée, et le lendemain matin se
m’a dit « Dis-leur qu’ils ne montent pas et ne combattent pas, leva très tôt, alla chez le Ari et tomba à ses pieds.
car Je ne suis pas parmi eux », toutes leurs paroles ne sont que
superficielles. « Ne crains rien, lui dit-il, car Hachem a pardonné ta faute,
mais à la condition que tu prennes sur toi que tous les jours avant
d’aller à la synagogue tu donnes à manger aux poulets, car ce
HISTOIRE VECUE sont des animaux et ils ne peuvent pas parler pour demander leur
nourriture, or la faute de causer de la souffrance aux animaux est
très grande. »
Puni par la mort de ses enfants ! L’élève s’y engagea et respecta cette condition toute sa vie.
« Je donnerai l’herbe dans ton champ pour tes bêtes et tu
mangeras et tu seras rassasié » (Devarim 11, 15)
Nos maîtres ont dit dans la Guemara (Bava Metsia 32b) :
A LA LUMIERE DE LA PARACHAH
«L’interdiction de faire souffrir un animal est de la Torah ». C’est EXTRAIT DE L’ENSEIGNEMENT DU GAON ET
pourquoi il faut donner à manger à sa bête avant de manger soi-même,
comme l’enseigne la Guemara (Berakhot 40a) à partir du verset : « TSADIK RABBI DAVID ‘HANANIA PINTO CHELITA
Je donnerai de l’herbe dans ton champ pour tes bêtes – et ensuite – tu
mangeras et tu seras rassasié », car elles dépendent de l’homme, et
lui dépend de Celui qui a créé le monde. « Moché expliqua cette Torah [HaTorah
On raconte au nom de l’auteur du livre « ‘Harédim » une histoire HaZot] en disant »
de l’époque du Ari zal, sur quelqu’un qui a été puni par la mort de ses On peut expliquer de façon allusive qu’il est dit dans la Guemara
fils, à cause de la souffrance qu’il avait causée à de petits poussins (Mena’hot 53b) « Zot », c’est la Torah, ainsi qu’il est écrit « VéZot
qui avaient un panier qui leur permettait de se surélever par rapport HaTorah », et il est dit plusieurs fois dans le Zohar que la Chekhina
à leur mère. Sa femme, sans faire attention, avait enlevé le panier,
s’appelle « Zot » (III 62a). A cause de la beauté de ses paroles, je
et il a été puni…
vais les citer : Quand Ya’akov a voulu que ses enfants soient bénis
Le sage écoutera, en tirera la leçon, et accomplira le testament de par la mida de « malkhout », qui est la sainte Chekhina, qu’est-il
Rabbi Yéhouda Ha’Hassid de ne pas du tout élever des poussins, car
écrit ? Tous ceux-là sont les tribus d’Israël, douze, et « zot », cela
on ne peut pas surveiller qu’il ne leur arrive aucun mal, et en général
fait treize, car la Chekhina s’est jointe à eux, et les bénédictions se
on n’y réussit pas. La plupart meurent parce qu’ils tombent ou sont
sont accomplies.
mangés par des chats, des souris etc., et c’est une souffrance pour eux,
c’est pourquoi il vaut mieux s’abstenir. Il est toujours possible que Ou encore (III 297b) : Rabbi Abba a dit « Af gam zot », cela
ce soient d’autres qui s’en occupent, à qui il convient de s’occuper aussi. Voyez combien le Saint béni soit-Il aime les bnei Israël ! Bien
de l’habitation de ce monde-ci. qu’ils aient provoqué leur propre exil parmi les nations du monde,
Il n’est pas non plus bon d’élever des poulets, puisque quand on en la Chekhina ne s’éloignera jamais d’eux, pour qu’on ne dise pas
a besoin on peut les acheter et les égorger. Si on n’en trouve pas quand qu’ils se trouvent seuls en exil, mais « af gam zot », cela désigne la
on en veut et qu’il est nécessaire d’en avoir sous la main, on fera très Chekhina, se trouve avec eux, et c’est ce qui est écrit « même (af
attention à mettre en garde sa famille de porter la plus grande attention gam zot) quand ils seront dans le pays de leurs ennemis etc. » Cela
à leur donner leur nourriture à temps, car on est responsable de leur ressemble à un roi qui s’était fâché contre son fils. Il l’a condamné
nourriture, et le châtiment de la retarder est grave. En particulier à être éloigné de lui dans un pays lointain. La reine a entendu, et a
s’ils sont enfermés dans une cage, il faut avoir beaucoup pitié d’eux dit : « Comme mon fils part dans un pays lointain, et que le roi l’a
et leur donner leur nourriture en premier, de peur de tomber dans la renvoyé de son palais, je ne vais pas l’abandonner, mais ou bien nous
faute de causer de la peine à un animal. rentrerons tous les deux dans le palais du roi, ou bien nous resterons
Il faut apprendre de là pour tous ceux qui nous entourent, comme tous les deux dans le pays lointain. »
la famille, les serviteurs de la maison et ceux de la communauté, qui
Un jour, le roi a voulu aller voir la reine et ne l’a pas trouvée, parce
sont comme des coqs enfermés dans une cage, dont les yeux sont
qu’elle était en exil avec son fils. Il a dit : « Comme la reine est là-
tournés vers le maître de maison. Il faut s’empresser de leur donner
bas, que les deux reviennent ! » Au moment où le Saint béni soit-Il
leur nourriture et tout ce qui leur manque en son temps avant de
manger soi-même. Du Ciel, on se conduit avec l’homme en fonction voudra aller voir la reine (la sainte Chekhina), c’est elle qu’Il visitera
de sa propre conduite, et Hachem nous donnera aussi tout ce qui nous en premier, et c’est pour elle qu’Il visitera aussi Ses enfants. C’est ce
manque en son temps (« Pelé Yoets »). qui est écrit : « Moi aussi J’ai entendu le gémissement des bnei Israël
On raconte encore qu’une fois où le Ari zal enseignait à ses élèves » (même si au début le Saint béni soit-Il a visité la Chekhina et à cause
dans le Beit HaMidrach, il regarda l’un d’eux, se tourna vers lui et d’elle a visité également Ses enfants). Qui a causé que J’entende leurs
dit : « Sors d’ici, car aujourd’hui tu es proscrit dans le Ciel ! » gémissement ? Pour ainsi dire, la reine que J’ai visitée.
L’homme se mit à trembler en entendant cela, il tomba aux pieds du D’après cela, on peut dire que le verset « Moché a expliqué cette
Rav en pleurant, et dit : « Qu’est-ce que j’ai fait, quelle est ma faute Torah (HaTorah HaZot) », signifie que par l’étude de la Torah, qui
pour que je sois proscrit dans le Ciel ? Je vous en supplie, dites-moi s’appelle Zot, on méritera que la Chekhina, qui s’appelle également
ce que cela signifie et je me repentirai. » Zot, vienne reposer sur nous.
TES YEUX VERRONT TES MAITRES
RABBI CHELOMO DE KARLIN, ZATSAL
Le tsadik Rabbi Chelomo de Karlin zatsal est né en 5498. C’était un toute l’armée et la population civile, et ils purent tenir bon jusqu’à la
disciple du Maguid de Mezritch, et le plus grand des disciples de Rabbi victoire totale.
Aharon de Karlin zatsal. Quand son Rav, Rabbi Aharon, disparut, il Parfois, il y a une accusation au ciel, et on ne laisse pas les prières
hérita à l’âge de trente-quatre ans de son poste, et devint le chef spirituel importantes et utiles des grands de la génération monter aux cieux.
de la magnifique communauté des ‘hassidim de Karlin. Mais les prières qui ressemblent à des « miettes », personne n’y fait
Rabbi Chelomo était détaché de toutes les considérations de ce attention, et ce sont justement celles-là qui sont plus fortes que les
monde-ci. Il était attaché au Créateur vingt-quatre heures par jour, accusateurs, percent les Cieux, montent et sont acceptées au plus
et faisait partie des personnalités uniques de la génération. Sa prière, haut.
grâce à laquelle il déracinait des montagnes et abolissait des décrets La tsedaka et le ‘hessed étaient chez lui à un niveau extrêmement
sévères, était innocente et pure, totalement dévouée. élevé. Rabbi Chelomo n’hésitait pas à donner tout l’argent qu’il avait
Quand il fut nommé chef de la communauté, sa grandeur et sa en mains jusqu’au dernier sou. On raconte qu’après la mort du Maguid
droiture se firent connaître dans tout le pays, et beaucoup de gens de Zlotchow, alors que Rabbi Chelomo était déjà célèbre, il alla chez
se mirent à affluer pour contempler son service de D. et admirer sa le tsadik Rabbi Baroukh de Medziboz, le petit-fils du saint Ba’al Chem
prière qui déchirait les Cieux. Rabbi Chelomo encourageait beaucoup Tov, et ils convinrent entre eux d’un mariage. Le fils de Rabbi Chelomo,
ses élèves à accentuer les mitsvot qui ont trait à la joie, en particulier Rabbi Dov Ber, devait épouser Reisel, la fille de Rabbi Baroukh.
pendant les jours d’une joie de mitsva, par exemple une circoncision Rabbi Chelomo vivait déjà à ce moment-là à Ludmir, après avoir été
ou un mariage. Car alors, si la moindre trace de tristesse ou de colère obligé de quitter Karlin, à la suite de persécutions des « mitnagdim
tombe sur l’homme, c’est pour lui une grande perte, et il sera amené à » qui battaient alors leur plein, alors que lui était par nature modeste
en rendre compte. Il avait l’habitude de dire : « Si tu veux faire sortir et silencieux, et incapable de répondre à cette guerre orageuse. La
quelqu’un d’un endroit quelconque où il se trouve, ne crois pas qu’il dissension ne lui convenait pas, il partit donc vivre à Ludmir.
te suffise de te tenir en haut et de lui tendre la main. Tu dois descendre Au moment où il conclut le mariage avec Rabbi Baroukh de
entièrement en bas, vers lui, et là lui saisir la main, et le faire remonter Mezritch zatsal, Rabbi Chelomo distribua aux pauvres tout l’argent
en même temps que toi. » qu’il possédait et qu’il avait préparé pour que son fils paie la dot.
Un jour, un groupe de juifs vint trouver Rabbi Chelomo pour lui Après que les ‘hassidim eurent ramassé pour lui la somme nécessaire
raconter l’effondrement spirituel que connaissait la génération et le et lui eurent remis l’argent, comme une mitsva s’était présentée, Rabbi
renforcement de la puissance du mauvais penchant. Il leva les yeux Chelomo remit tout l’argent qu’il avait en main. En fin de compte, les
au Ciel et s’écria : ‘hassidim décidèrent de ramasser de nouveau l’argent nécessaire, mais
de ne pas le lui remettre, jusqu’à ce qu’il soit effectivement dans le
« Sauve-moi, maître du monde, du mauvais penchant, dont la force
chariot qui devait le mener au mariage. C’est ce qu’ils firent.
est plus grande que la mienne ! Lui est un ange, et moi je suis un
homme. Le mauvais penchant n’a pas besoin de manger ni de boire, ni L’introduction à la délivrance à venir
de nourrir sa femme et ses enfants, comme moi. Il accomplit sa mission Une vingtaine d’années après son installation dans la ville éclata une
en poussant à la faute, et il n’a pas de mauvais penchant qui le séduise révolte des Polonais contre les Russes. Les premiers s’enfermèrent dans
afin qu’il ne remplisse pas sa mission. Alors que moi… » la célèbre ville de Ludmir, et les Russes vinrent avec le gros de leurs
Un immense amour pour Israël troupes pour écraser la révolte. C’était un vendredi soir quand la ville
tomba entre leurs mains, et les habitants juifs de la ville furent frappés
L’amour de Rabbi Chelomo pour tout juif, même le moindre d’entre
de terreur. Ils savaient parfaitement sur qui allait porter la vengeance
eux, et même des gens totalement méchants, était très grand, et il est
des Russes, évidemment sur les juifs, qu’ils haïssaient tant !
dit en son nom dans le livre « Beit Aharon » : « Je me souhaite d’aimer
Il ne se passa pas longtemps avant que tous les habitants de la ville,
le plus grand tsadik d’Israël autant que Hachem aime le plus grand
des plus petits aux plus grands, du plus jeune au plus vieux, avec les
scélérat d’Israël ! »
femmes et les enfants, se rassemblent à la synagogue, en versant leurs
On raconte qu’une nuit, à la fin du moment de kidouch halevana, la supplications devant Hachem.
lune s’est tout à coup montrée, et Rabbi Chelomo a dit à son disciple
La nuit tomba. Le tsadik Rabbi Chelomo, dans son immense piété,
Rabbi Mordekhaï Malkovitz zatsal qu’il se prépare au kidouch
se tenait debout en prière et ne sentait pas ce qui se passait autour de
halevana. Il y avait également là un cocher. Quand il vit tout à coup
lui. Et voici que passa devant le Beit HaMidrach un cosaque russe
la lune, il se frotta les mains contre les roues de son chariot et se mit
infirme avec un pistolet tiré. Il s’arrêta et jeta un regard plein de haine
immédiatement à dire le kidouch halevana. Quand Rabbi Mordekhaï vit
sur les juifs en prière. Au même instant, un cri sortit de la bouche de
ce juif en train de prier, il dit d’un air amusé : « Dans quel endroit du
Rabbi Chelomo : « Car à Toi, Hachem, est la royauté ! »
ciel va aller un kidouch levana de ce genre ? » Immédiatement, son Rav
le rabroua : « Il est interdit de se moquer même de la personne la plus « Grand-père ! » s’écria son petit-fils en tremblant, et il tira le pan
insignifiante. » A quoi est-ce que cela ressemble ? Un roi avait donné du manteau de son grand-père. Alors, une balle sortie du pistolet du
un ordre à ses armées de ramasser toutes les miettes de nourriture qui cosaque frappa Rabbi Chelomo et lui causa une blessure mortelle.
tomberaient et seraient restées de ce que mangeait chaque soldat. Au Pendant quatre jours, il subit de terribles souffrances, en gardant
fil du temps, un entrepôt entier de nourriture s’accumula. Partout où ouvert devant lui le livre du Zohar. C’est ainsi que le 27 Tamouz 5552,
allait l’armée, elle prenait avec elle des trésors de miettes de nourriture. son âme sainte monta au Ciel.
Tout le monde s’étonnait, sans comprendre les raisons du roi. Pourquoi A son enterrement, ses ‘hassidim évoquèrent ce que disait leur Rav
se donner tout ce mal pour transporter des miettes ? Jusqu’à ce qu’un : « Je n’ai pas peur même du cosaque infirme. »
jour, la guerre éclata. L’ennemi assiégea la ville et bloqua tout envoi Les ‘hassidim racontent que le nom de ce cosaque était Armilus,
de nourriture vers l’intérieur, mais il n’accorda aucune attention aux et qu’en Rabbi Chelomo de Karlin reposait l’âme du Machia’h fils
miettes. Quand la famine menaça, le roi ordonna d’ouvrir le trésor de Yossef. Dans son abnégation, Rabbi Chelomo avait avancé la
des miettes et d’en faire sortir tout le contenu. Cela suffit à nourrir délivrance d’Israël par le Machia’h fils de Yossef.

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