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Le document traite du concept de commerçant irrégulier, défini comme un commerçant non immatriculé, soulignant l'importance de l'immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier (RCCM) pour garantir la transparence et la sécurité des activités commerciales. Il aborde également les conséquences de l'irrégularité, notamment les sanctions civiles et pénales auxquelles s'expose le commerçant non immatriculé. Enfin, le texte souligne que cette irrégularité est susceptible de régularisation, permettant au commerçant de se conformer aux exigences légales.

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Le document traite du concept de commerçant irrégulier, défini comme un commerçant non immatriculé, soulignant l'importance de l'immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier (RCCM) pour garantir la transparence et la sécurité des activités commerciales. Il aborde également les conséquences de l'irrégularité, notamment les sanctions civiles et pénales auxquelles s'expose le commerçant non immatriculé. Enfin, le texte souligne que cette irrégularité est susceptible de régularisation, permettant au commerçant de se conformer aux exigences légales.

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Introduction :

L’exercice de l’activité commerciale ne saurait se réduire à la seule réalisation d’actes de


commerce ; il implique également l’accomplissement de formalités légales prescrites par les
textes, destinées à garantir la transparence ainsi que la sécurité des rapports juridiques et
économiques. Dès lors, la méconnaissance de ces obligations fait naître la figure du
commerçant irrégulier, notion qui retiendra ici notre attention.
Par définition, le commerçant est défini par l’article 2 de l’acte uniforme relatif au droit
commercial général en ces termes « Est commerçant celui qui fait de l’accomplissement
d’actes de commerce par nature sa profession ». Quant au terme irrégulier, il s’entend de ce
qui n’est pas conforme aux règles établies par la loi.
Dans le cadre de ce sujet, l’analyse portera principalement sur la définition du commerçant
irrégulier: le cas du commerçant non-immatriculé.
L’étude de ce sujet permet d’aborder l’autre facette du commerçant, à savoir le commerçant
irrégulier. En effet, l’exercice de l’activité commerciale, qu’il émane d’une personne physique
ou d’une personne morale, demeure subordonné au strict respect des dispositions des
Actes uniformes ainsi que des normes nationales qui leur sont applicables, sous réserve de
leur conformité au droit communautaire OHADA, de sorte que toute méconnaissance de ces
prescriptions normatives justifie la mise en œuvre de mécanismes de sanction, de
sécurisation et d’assainissement destinés à garantir l’ordre juridique des affaires. Par
ailleurs, ce sujet permet également de mettre en lumière la volonté du législateur OHADA de
faire prévaloir la régularité dans l’exercice du commerce, tout en nous permettant de
distinguer le commerçant irrégulier du commerçant régulier au regard des prescriptions
communautaires.
Ainsi se pose donc la question de savoir qu’est-ce qu’un commerçant irrégulier ?
Cette interrogation mérite d’être mise en avant en ce qu’elle permet de comprendre, d’une
part, que le commerçant irrégulier est un commerçant non immatriculé, dont l’irrégularité
trouve sa source dans l’absence d’immatriculation, tout en demeurant susceptible de
régularisation ; et d’une autre, d’un commerçant exposé à un régime de sanctions, tant sur
le plan civil que pénal, en raison de la méconnaissance des formalités légales prescrites par
les textes.
Sous le bénéfice de cette observation, il sied d’examiner dans un premier temps d’examiner
dans un premier temps le commerçant irrégulier, un commerçant non-immatriculé ( I ) et
dans un second le commerçant irrégulier, un commerçant sanctionné ( II ).

I_ Le commerçant irrégulier perçu comme un commerçant non-immatriculé.


Le commerçant irrégulier peut être appréhendé comme un commerçant non immatriculé.
L’irrégularité de ce dernier résulte du non-respect de l’exigence d’immatriculation (A), tout en
demeurant susceptible de régularisation (B).

A. Une irrégularité résultant du non-respect de l’exigence d’immatriculation


L’immatriculation au RCCM est une obligation légale à laquelle tout commerçant doit se
soumettre. Elle conditionne non seulement la reconnaissance officielle de son activité, mais
également l’accès au statut juridique de commerçant.
En effet, aux termes de l’Acte uniforme relatif au droit commercial général (AUDCG), toute
personne physique ou morale exerçant des actes de commerce à titre habituel est tenue de
solliciter son immatriculation dans un délai de trente jours à compter du début de son activité
au RCCM ( art. 44 ). Cette exigence répond à plusieurs objectifs fondamentaux. D’une part,
elle assure la publicité légale des activités commerciales, permettant ainsi aux tiers d’être
informés de l’existence et de la situation du commerçant. D’autre part, elle garantit la
transparence des relations économiques en facilitant la traçabilité des opérations
commerciales. Enfin, elle permet l’identification des commerçants par les administrations et
les partenaires économiques, contribuant ainsi à la sécurité juridique des échanges.
Par conséquent, l’immatriculation apparaît comme une condition indispensable pour
bénéficier pleinement du statut de commerçant et des prérogatives qui y sont attachées.
Dès lors, le non-respect de cette obligation entraîne une irrégularité. Le commerçant qui ne
procède pas à son immatriculation dans les délais légaux se place en dehors du cadre
juridique prévu par le droit commercial. Cette situation se traduit notamment par l’absence
de numéro d’immatriculation , qui constitue pourtant un élément essentiel d’identification.
Elle révèle également la violation d’une obligation légale impérative, ce qui fragilise la
situation juridique de l’intéressé.
En outre, cette irrégularité a des conséquences importantes, puisque le commerçant ne peut
pas revendiquer certains droits liés à son statut. Il est techniquement considéré comme un
commerçant de fait, exerçant une activité commerciale sans avoir accompli les formalités
requises. Cependant, cette irrégularité n’est pas irréversible ; bien au contraire, elle demeure
susceptible de régularisation.

B. Une irrégularité susceptible de régularisation.


Si le défaut d’immatriculation constitue une irrégularité, le droit ne l’envisage pas comme
une situation irréversible. Au contraire, il organise des mécanismes permettant au
commerçant de régulariser sa situation, soit de sa propre initiative, soit sous l’impulsion des
autorités compétentes.
D’une part, la régularisation peut intervenir à l’initiative de l’assujetti lui-même. En effet,
même en cas de dépassement du délai légal, l’obligation d’immatriculation ne disparaît pas.
L’article 60 de l’AUDCG prévoit clairement que toute personne tenue de s’immatriculer qui
ne l’a pas fait dans les délais ne peut se prévaloir de la qualité de commerçant tant qu’elle
n’a pas procédé à cette formalité. Cela signifie que l’obligation subsiste et que le
commerçant conserve la possibilité de régulariser sa situation à tout moment. Toutefois, tant
que cette régularisation n’est pas intervenue, il demeure privé des avantages liés au statut
de commerçant. Par ailleurs, le texte ne fixe aucun délai strict pour procéder à cette
régularisation, ce qui confère une certaine souplesse au dispositif, tout en maintenant une
pression juridique sur le commerçant défaillant.
D’autre part, la régularisation peut être imposée par les autorités publiques. L’article 68 de
l’AUDCG prévoit à cet effet que la juridiction compétente peut, dans un délai bref, enjoindre
au commerçant de procéder à son immatriculation. Cette injonction peut être prononcée
d’office par le juge, ce qui traduit la volonté du législateur de faire respecter les règles du
droit commercial. Elle peut également intervenir à la demande du greffe, de l’organe chargé
de la tenue du RCCM ou encore de tout tiers intéressé. Dans ce cas, le juge fixe un délai
dans lequel le commerçant doit se conformer à son obligation.
Toutefois, si le droit OHADA admet la possibilité d’une régularisation, il n’en demeure pas
moins que la persistance de cette irrégularité expose le commerçant à un ensemble de
sanctions prévues par les textes, tant sur le plan civil que pénal.
II_ Le commerçant irrégulier perçu comme un commerçant sanctionné.
Le commerçant irrégulier, en méconnaissant les formalités légales, s’expose tant à des
sanctions civiles (A) qu’à des sanctions pénales (B).

A_ La mise en œuvre de sanctions civiles


Le commerçant non immatriculé, ou commerçant irrégulier, exerce son activité sans
accomplir la formalité obligatoire d’immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit
Mobilier (RCCM). Ce manquement entraîne l’inopposabilité de son statut de commerçant,
tant à lui-même qu’aux tiers. Le fait générateur de cette inopposabilité est l’absence de
demande d’immatriculation dans le délai légal de trente jours suivant le début de l’activité.
Cette inopposabilité a pour effet d’empêcher le commerçant de bénéficier des droits
attachés à son statut, c’est-à-dire la liberté de la preuve, le renouvellement du bail
commercial, ou encore la possibilité de donner son fonds de commerce en location-gérance.
Il ne peut pas non plus déroger aux règles de compétence territoriale ni recourir aux
procédures collectives de faveur.
Malgré son irrégularité, le commerçant non immatriculé reste soumis à certaines obligations.
Il doit tenir une comptabilité, disposer d’un compte bancaire, délivrer des factures, affilier ses
salariés à la sécurité sociale et respecter ses obligations vis-à-vis des clients, créanciers et
autres commerçants.
Il engage également sa responsabilité civile et fiscale, que ce soit pour ses actes
contractuels, délictuels ou pour le paiement des impôts et taxes. Cette responsabilité civile
s’inscrit dans une logique plus large de sanctions patrimoniales en droit civil. À cet égard, la
doctrine souligne que toute obligation de faire ou de ne pas faire se résout en dommages et
intérêts en cas d’inexécution, consacrant ainsi la réparation du préjudice subi par la victime .
De même, il est rappelé que « tout fait quelconque de l’homme causant un dommage à
autrui oblige celui par la faute duquel il est arrivé à la réparer ». Cette analyse est
développée par SOH FOGNO Denis Roger, dans L’assainissement de la profession
commerciale dans l’espace OHADA, Revue Penant n°862, à la page 102.
Cependant, au-delà des sanctions civiles, le commerçant irrégulier s’expose également à
des sanctions pénales prévues par les textes, lesquelles visent à réprimer plus strictement la
méconnaissance des formalités légales.

B_ La mise en œuvre de sanctions pénales


Le défaut d’immatriculation au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier constitue une
infraction sanctionnée par le droit OHADA et les législations pénales nationales, en ce qu’il
traduit la violation d’une obligation légale essentielle à la régularité de l’activité commerciale.
En effet, l’article 69 de l’Acte uniforme portant sur le droit commercial général dispose que
toute personne tenue d’accomplir les formalités prescrites et qui s’en abstient, ou qui les
accomplit frauduleusement, encourt les peines prévues par la loi pénale nationale ou par
une loi pénale spéciale prise par l’État partie.
Ce texte consacre ainsi un renvoi au droit pénal national, laissant aux États le soin de
déterminer les sanctions applicables afin d’assurer l’effectivité des obligations
d’immatriculation au RCCM.
En droit sénégalais, la loi n°2018-13 du 27 avril 2018 précise ce régime répressif. Ainsi, son
article 8 sanctionne d’une amende de 250.000 à 1.000.000 FCFA le simple défaut
d’accomplissement des formalités d’immatriculation prévues par l’AUDCG. En revanche,
l’article 9 prévoit une sanction plus sévère en cas de fraude, combinant une peine
d’emprisonnement de trois mois à trois ans et une amende de même montant, traduisant
une aggravation liée à la gravité du comportement.
Ces dispositions illustrent la volonté du législateur de garantir la transparence et la sécurité
du commerce, en réprimant tant l’omission que la fraude dans l’accomplissement des
formalités légales.
Au-delà de leur fondement normatif, ces sanctions présentent également une forte portée
dissuasive. Selon SOH FOGNO Denis Roger, dans L’assainissement de la profession
commerciale dans l’espace OHADA, Revue Penant n°862, « les sanctions pénales ont un
effet plus dissuasif que toutes les autres. En effet, s’il y a une chose redoutée par les
commerçants et certains dirigeants sociaux, c’est bien la prison ; ils supportent les autres
sanctions tant qu’elles ne visent que leur patrimoine ou leur richesse ; mais les priver de la
liberté d’aller et venir et l’opprobre de la condamnation constitue pour eux un véritable
cauchemar ».

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